Dar-inkacheria (دار الانكشارية) maison de l’infanterie

4092017

 

 

 

Dar-inkacheria (دار الانكشارية) maison de l'infanterie dans Attributs d'Algérienneté 1503292726-alger1821-jpg-973160569765b5a222135f9c85c28d4d

La porte  Bab-Azoun vers 1820 

 

 

 

 

 

Il y avait à la régence d’Alger sept casernes, savoir:

 

 Dar-inkacheria-el—Kedima, la vieille caserne, à Bab-Azoun. 

 

 

2° Dar-inkacheria-mtâa-el-Arich, la caserne de la treille, à BabAzoun.

 

 

3° Dar-inkacheria-mtâa-el-Kherattin, la caserne des tourneurs, rue Bab-Azoun (plus tard hôpital Caratine).

 

 

4° Dar-inkiicheria-mtâa-el-Themakin, la caserne des faiseurs de themuks (botte; dont les cavaliers arabes se servent pour monter à cheval).

 

 

5° Dar- inkiicheria -mtâa—el-Makaroun, caserne des vendeurs de sucreries (plus tard caserne Macaron).

 

 

6° Dar-inkacheria-mtâa-Bab-el-Behar, caserne de la porte de la mer.

 

 

7° Dar-inkacheria-mtâa-Bab-ez-Zira, caserne de la porte de l’île.

 

 

  

 

Ces diverses casernes possédaient des habous, constitués en faveur des oudjacs qui y logeaient, par des Turcs appartenant à ces oudjacs, morts sans enfants, ou bien par ceux qui s’élevaient à de hautes fonctions dans le gouvernement. Les fonds provenant de ces habous étaient administrés par les soins des kobdjis (قبجي) ou gouverneurs des casernes. Les kobdjis étaient en outre chargés de l’éducation des tchelakats (ﭼلاﮜة), enfants orphelins ou autres, qui, dans le recrutement de la milice, étaient amenés à Alger.

L’éducation des tchelakats consistait à apprendre à lire en arabe, et à tirer à la cible tous les cinq jours. C’était d’eux que sortaient généralement les interprètes du diwan. Les kobdjis avaient une grande influence sur les soldats turcs : lors de la mise à mort d’un pacha, ils se formaient généralement en diwan, et dirigeaient le choix de la milice sur le pacha à élire.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les derniers jours de Salah Bey de Constantine

2092017

 

 

 

Les derniers jours de Salah Bey de Constantine  dans Histoire 1502957354-sans-titre

Médersa de Sidi El Kettani Tombeaux de Salah Bey et de sa famille / CPA 1837

 

 

 

 

 

Si Ibrahim Chergui, Caïd du Sebaou a été nommé Bey de la province de l’Est dimanche, après la prière de midi, le 19 de Hidja 1206 (8 août 1792). Dans la même journée, le nouvel élu est parti pour Constantine dans l’intention à son arrivée d’arrêter simplement Salah Bey, son prédécesseur destitué, bien que Hussein Pacha lui eût, donné l’ordre de le tuer. 

Ibrahim était accompagné dans son voyage par plus de soixante-dix cavaliers. En approchant de Constantine, la nouvelle de son arrivée prochaine s’est répandue. Salah Bey apprenant cela a voulu fuir; mais le goum l’en a empêché et alors il s’est réfugié dans la lente des Zebantout* (soldats turcs célibataires). Ils, l’ont préservé, durant toute la journée et quand la nuit est venue, ils l’ont sorti de la tente et l’ont conduit à Ibrahim Bey, qui l’a accueilli gracieusement, l’a embrassé et l’a fait, asseoir à ses côtés, Il l’a rassuré en lui promettant par serment qu’il ne lui adviendrait aucune mésaventure. « Si tu veux, lui a même dit Ibrahim, rentre dans ta maison auprès de la femme, et de tes enfants, tu n’as rien à redouter de personne, à moins 
que nous ne succombions toi et moi en même temps. » 

 

 

Salah a répondu : Non, je ne rentrerai pas dans ma maison, je préfère rester ici auprès de vous. » Ibrahim Bey a pris un logement au-dessus delà salle du conseil, où ses propres esclaves le servaient selon son habitude. Il est resté dans celle situation, environ quatre jours. Dans la nuit du quatrième, le Caïd, el-Kasba, Seliman Zemirli, le Caïd des troupeaux du beylik, le Khaznadâr et le Caïd el-Meksoura sont allés; heurter contre la porte du logement occupé par Ibrahim Bey. 

Un esclave chrétien qu’il avait amené d’Alger leur a ouvert la porte. Les conjurés ont d’abord tué cet esclave, puis ont pénétré dans la chambre d’Ibrahim Bey. Les premiers entrés sont Seliman et Ali el-Gherbi Kaïd el-Meksoura. Le premier qui s’est posé devant le Bey, le sabre, à la main, est Soliman Zemirli,. Il a piqué d’un coup de son sabre le Bey endormi, et l’a réveillé en lui disant: 

C’est toi qui es nommé notre Bey ?

Oui, ;a répondu Ibrahim en essayant de se lever.

 

Soliman lui a alors ; porté un coup de sabre qui lui a coupé un bras. Alors, tous à l’envi ont frappé, au point qu’ils l’ont mis en lambeaux.

Le Siar (courrier de cabinet) qui dormait dans lanterne pièce à été tué aussi. Cela fait, les meurtriers se sont rendus auprès de Salah Bey et lui ont dit. : Lève-toi, viens siéger sur ton trône de Souverain : car nous avons massacré ton remplaçant Ibrahim
— «Vous êtes cause de ma-perte ; leur a répondu Salah Bey.» 
— «. Tu n’as rien a redouter pour ton compte. Quant à nous, nous sommes à tes ordres. »

 

Alors, Salah Bey s’est levé, est allé dans la chambre d’Ibrahim et a vu son cadavre coupé; en; morceaux. Il a ordonné d’ouvrir le ventre de la victime, dans lequel on a introduit sa tête détachée dû tronc et les parties génitales coupées, ont été mises dans sa bouche. Le corps ainsi mutilé a été enfermé dans un serouel (large culotte turque) puis on a jeté ce paquet hideux hors de la salle du conseil, devant là Driba. 

 

Salah Bey a immédiatement ordonné de mettre à mort les cavaliers qui avaient servi d’escorte à, Ibrahim- Les Kobdjiâ (sorte de chaouchs) ont exécuté la sentence. Quelques-uns ont été massacrés dans la maison dé Si Bou Rennan le bach siar ; d’autres ont péri dans la maison de Sid el-Hadj Ahmed ben Nâmoune Caïd D’jabri. Des soixante-dix cavaliers venus d’Alger, un seul s’est sauvé.

 

Salah Bey a envoyé ensuite dans; les tentes des Zebantout choisir cinquante Turcs environ, avec lesquels il a fait échange de promesses et de serment pour qu’il y ait solidarité entre-eux dans l’éventualité de la résistance. Il a donné à chacun de ces Turcs cinq cents mahboub (pièces d’or) et a inscrit leurs noms sur un étal spécial.

 

Le lendemain, cinquième jour du mois, les tambours ont battu aux champs en l’honneur de Salah Bey les drapeaux ont été déployés; tous ses serviteurs et ses cavaliers sont allés le complimenter d’être remonté sur le trône. Tous-ceux qui étaient ses ennemis et qui se sont présentés à lui pour le féliciter ce jour là, ont été décapités. Il y a eu dans la ville une émotion extrême. Les cavaliers arabes ont pillé les boutiques situées hors la ville. Quant aux troupes campées sur les bords de l’Oued Rumel, elles ne savaient quel parti prendre. 

 

 

Voilà quelles sont les nouvelles parvenues à Alger jeudi, après la prière de midi, le cinquième jour de moharrem 1207 (jeudi, 23 août 1792).  

Sid Hussein-Pacha a nommé Hussein Pacha (ben Bou-Hanak), aux fonctions de bey de Constantine, Celui-ci est parti d’Alger après la prière de l’acer (3 heures du soir). Il est accompagné par Moustapha-Agha, Ali oukil el-khardj, El-Hadj Mohammed ben Sidi Ali-Pacha, par les caïds de la Mitidja, avec un goum nombreux de cavaliers, avec des forces imposantes pour faire respecter l’autorité de notre souverain, l’illustre Hussein Pacha. Ce déploiement de forces a pour but de s’emparer de l’ex-bey Salah et de ses complices. 

 

En arrivant à Hamza, les personnages sus-désignés ont eu quelques appréhensions à cause des moyens puissants de résistance dont dispose Salah-Bey, et ils ont écrit au pacha pour qu’il leur envoie un hamba (officier supérieur de troupe). Le hamba est parti dimanche; quand il lésa rejoints, ils ont expédié des proclamations à l’agha du camp de Constantine, à ses chaouchs et aux habitants de la ville, leur disant : Il faut tous vous entendre, vous concerter, vous emparer de Salah-Bey et l’enchaîner en attendant notre arrivée parmi vous. Dieu nous conseillera alors ce que nous aurons à faire. » 

Ces proclamations ont été confiées à un janissaire du nom de Hatchi, qui les a portées immédiatement, en passant par le Ouennougha, et qui est parvenu auprès de l’agha du camp et des 
chaouchs. 

Aussitôt, les janissaires du camp et leurs chaouchs sont allés en ville, mais ils en ont trouvé les portes gardées par des Zouaoua. Ils leur ont montré la proclamation du pacha aux habitants de Constantine et, devant un tel écrit, ils ont laissé libre l’entrée de la ville. Alors les janissaires, les Zouaoua el les habitants se sont précipités tous ensemble vers la porte du palais du bey. On a tué quiconque a fait résistance ; les Turcs se sont rendus chez Salah-Bey qui avait fui dans sa maison. Sidi Cheikh est allé le trouver et lui a dit : Viens avec moi dans la demeure de mes ancêtres, tu n’auras rien à craindre. 
Salah-Bey a demandé : Qui est donc nommé bey à ma place ? 

C’est Hussein Pacha ben Bou-Hanak. 

Alors, a ajouté Salah-Bey, la domination turque est anéantie
Salah est rentré chez lui et a tué une esclave chrétienne, d’une grande beauté, qu’il affectionnait beaucoup. Les autres esclaves, effrayées de la triste fin de leur compagne, ont fermé les portes sur lui et ne l’ont plus laissé rentrer. La foule s’est ruée à ce moment sur Salah-Bey et les chaouchs se sont emparés de sa personne. 

Dans cette même journée a péri Soliman Zemirli tué d’un coup de feu que lui a tiré Hammou ben Nâmoune. On a coupé la tête du cadavre. 

 

 

Salah-Bey a été conduit à la Kasba, on lui a mis des chaînes et des anneaux aux pieds, au cou et aux mains. Il est resté dans cet état jusqu’à l’arrivée de Si Moustapha, l’agha, de Si Alil’oukil el-khardj, de Sid El-Hadj Mahommed ben Ali-Pacha, et enfin du nouveau bey Hussein, surnommé le pacha Bou-Hanak. 

Leur arrivée à Constantine a eu lieu le samedi. Ils se sont emparés de la fortune de Salah-Bey, de celle du bach-kateb, du bach-siar, et enfin le 14 de moharrem (1er septembre 1792), on a étranglé Salah-Bey dans la nuit de samedi à dimanche, que Dieu lui fasse miséricorde et l’admette au paradis. 

En même temps que le bey, on a étranglé aussi ses chaouchsl’agha IbrahimAhmed-Khodjacaïd de là Kasbah et le caïd de Bône ; le bach-siar à eu les membres brisés et on l’a laissé dans cet état pitoyable sans l’achever ; beaucoup d’autres individus ont été suppliciés également. La nouvelle de ces exécutions est arrivée à Alger mercredi, 18 du mois (5 septembre). 

Les hauts fonctionnaires sus-désignés, revenant de Constantine, ont ramené ici deux cent cinquante mulets chargés, et chaque mulet pot tant quatre mille réaux. Quinze mulets portaient chacun vingt-cinq mille dinars d’or. En outre, des objets en .or, en argent, des diamants, des pierres fines eh nombre incalculable.

 

Au moment d’étrangler Salah, on a trouvé sur lui une amulette, ornée de dix pierres précieuses qui ont été estimées 275,000 dinars. Tout cela a été versé au trésor du pacha.

  

 

 

 

 

 

 

: Les Zebantot étaient des espèces des vétérans, dont la tenue habituelle ne devait pas être des plus satisfaisantes, puisqu’elle a donné naissance à ce proverbe algérien qu’on applique aux gens mal vêtus: 
                        Comme un Zebantot, 
                        Sans chachïa ni capote ! 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir aussi: L’histoire de Salah Bey 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Elixir du Dey ’SARDNA’

13072017

 

 

 

Recette incomparable trouvée à la Casbah après la chute de la régence. Elle avait appartenu à la belle Circassienne du dey d’Alger, qui avait été enfouie par elle à l’approche des Français.

 

Le lieutenant-colonel ANDRAS, ex-inspecteur général des prisons militaires et ateliers des condamnés de la régence d’Alger, était le seul possesseur de cette heureuse découverte. Depuis 1831, il n’a cessé de faire des essais sur sa personne même; on peut se convaincre des résultats qu’il a obtenus. — Ayant était approuvé par la haute société et ordonné par un célèbre médecin cet Elixir était commercialisé par le lieutenant-colonel ANDRAS sous le nom ELIXIR SARDNA  

 

 

 

 

Il est fabriqué par la distillation, composé de plantes cueillies au pied du petit mont Atlas. Cet ELIXIR est généralement employé dans la Circassie; c’est à l’usage habituel qu’en font les Circassiennes, qu’il faut attribuer cette blancheur et le lisse de la peau tant enviés de nos dames. Le parfum en est suave et surpasse toutes les odeurs. Il conserve et rend la jeunesse à la figure, fait disparaître les rides, boutons et rousseur de la peau, guérit les dartres, rend l’éclat primitif à la vue et la fortifie, guérit la mauvaise odeur de la bouche, ôte les maux de tête et tintements d’oreilles, cicatrise les coupures, ôte le feu du rasoir et tend la peau. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les trésors des Beni-Zian

11072017

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian   dans Croyances & Légendes

 

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian sont un thème sur lequel l’imagination des Arabes a brodé mille contes merveilleux. D’après les croyances populaires, les Beni-Zian cachèrent à cette époque leurs richesses dans la Sebkha d’Arziou (1), dans un endroit appelé Djira (2), et lorsque les successeurs de Grammeur-Hassan redevinrent puissants dans le pays, la caverne de Djira fut encore le point où ils déposèrent leurs nouveaux trésors. Quelques talebs seuls, au moyen d’un djedouel mystérieux connu d’un petit nombre, ont le droit de pénétrer dans cette caverne, invisible aux yeux des profanes qui ne connaissent pas la formule enchantée, le sésame merveilleux. Ce droit ne procure du reste que la vue de ces trésors; entré dans la caverne, vous arrivez après maints détours sur les bords d’un courant d’eau large et profond, qui roule les flots rapides d’une eau plus chaude que l’huile bouillante; de l’autre cote de cet infranchissable obstacle, vous apercevez distinctement une multitude innombrable de Tellis (3) remplis de pièces d’or.

 

 

Mohammed-el-Kebir, un des beys les plus remarquables qui  ait gouverné la province d’Oran pour les Turcs, chercha s’il ne pourrait pas découvrir ces fabuleuses richesses. Il fit sonder dans tous les sens la Sebkha pour trouver la caverne enchantée, et ne rencontra rien. Honteux de sa crédulité, il se vengea en faisant une ghazia sur la tribu insoumise des Harrar. Il rapporta en effet un trésor, disent les Arabes; mais il le devait à ses éperons et non à ses fouilles dans la Sebkha (4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) سبخة : Terrains salants. 

(2) جيرة : Djira. 

(3) تليس : Tellis, espèce de grand sac en laine servant à mettre le blé. 

(4) خزنة متاع شبير : Le trésor de l’éperon, kiozna-mtâa chabir. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La langue officielle des Rois Numides

9072017

 

 

 

 

La langue officielle des rois numides fut le punique, et non le berbère. Ce fut en punique qu’ils firent rédiger, jusque vers le milieu du premier siècle avant notre ère, les légendes de leurs monnaies. 

 

Après la ruine de Carthage, ils héritèrent des bibliothèques qu’avait épargnées l’incendie allumé par les soldats romains. La connaissance du punique se répandit chez leurs sujets, surtout dans les territoires voisins de la province carthaginoise.

 

 

 

 

 

La langue officielle des Rois Numides  dans Attributs d'Algérienneté 1496780797-13-520741

Inscription néo-punique, provenant Aïn Nechma près de Guelma / période punique (fin du 9e siècle av J.-C.-146 av J.-C.)

 

 

 

 

 

 

 

Au temps de Saint-Augustin, on le parlait encore aux environs de Bône et de Guelma. Ce n’était pas à cette époque un idiome que les savants étudiaient et dont ils aimaient à faire parade : au contraire, les puristes qui enseignaient la rhétorique classique affectaient de l’ignorer. Il était en usage chez les gens de la campagne, dont beaucoup ne comprenaient pas le latin : il fallait des interprètes puniques pour parlementer avec des paysans révoltés. Autour de Guelma et à Guelma même, à Constantine, à Mila, ou a trouvé des épitaphes et des ex-voto phéniciens, postérieurs à la chute de l’État Carthaginois.

 

Les princes numides donnèrent parfois des noms puniques à leurs enfants : un fils et un petit-fils de Masinissa s’appelèrent Mastanabal et Adherbal. Le peuple fit de même pendant des siècles, Des noms carthaginois, Namphamo, Asdrubal, Barigbal, Bomilcar, etc., se lisent sur des inscriptions latines gravées au pied de l’Aurès, dans les plaines de Sétif et dans les montagnes d’Aumale,c’est-à-dire dans des pays qui n’ont jamais été soumis à Carthage.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Art du Zellige au Maroc

7072017

 

 

 

 

 

Le zellige est une terre cuite émaillée dans différentes teintes et taillée à la main dans diverses formes qui sert à décorer les murs, les colonnes et parfois les pavements.

 

 

 

 

 

L’Art du Zellige au Maroc   dans Art 1497019909-15-577218

Panneau de revêtement / Fès 19e siècle

 

 

 

 

 

Le départ historique des zelliges 

 

Certains historiens affirment que l’art du zellige dérive, dans un premier temps, de la mosaïque byzantine faite de pierres colorées et de smalt. Il faut cependant attendre le 10ème siècle pour que cette tradition architecturale devienne populaire au Maroc. En effet, les échanges artistiques et culturels entre le Maroc et l’Andalousie auraient donné naissance à la créativité qui a longtemps caractérisé la céramique utilitaire du Maroc, mais aussi les ornementations de l’architecture religieuse et domestique. La mosquée Karaouine à Fès (11ème siècle), présente les plus anciens spécimens de zelliges connus au Maroc.

 

Au 14ème siècle la vogue du zellige est en plein essor. Fès regorge d’artisans spécialistes qui décorent les murs des mosquées et les villas des riches Fassis. Au 16ème siècle, apparaît l’école de Tétouan, qui pratique l’art du zellige aux tons prédominants de vert turquoise, bleu pâle, jaune, brun et blanc, composé d’étoiles à seize pointes ou à damiers.

 

 

Les couleurs sont caractéristiques d’une époque :

Vers le Xème siècle : nuance de blanc et de vert

-   XIVème siècle : prédominance du vert et du jaune

-   Au XVIIème siècle : le rouge apparaît.


 

 

 

 

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Panneau de zellige de la madrasa Bu‘Inaniya. Fès, Musée Dar Batha. 

© Fondation nationale des musées marocains.

 

 

 

 

 

 

La création du zellige 

Le travail du maalem (le maître zelligeur)

 

La création doit cependant être considérée comme une fantaisie habile, mais tout à fait inhabituelle. Quelle que soit la dimension des pièces de zelliges, le maalem zlaiji a dû réaliser un échantillon de forme et de motif. Cette création est faite à l’endroit, c’est-à-dire avec émail visible, mais nous verrons ensuite qu’en fait le zellige se travaille et se pose à l’envers. Pour sélectionner les motifs et les couleurs, le maalem exécute son panneau originel sur le sable. Les ferrägha se baseront ensuite sur cet échantillon pour effectuer le travail.

 

 


 

 

 

 

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Avant de procéder à la pose et à l’assemblage des zelliges, le maalem « khattät », ou dessinateur prend des dimensions avec un mètre qui lui sert de règle, et marque des repères au crayon.

 

Une fois le panneau de zelliges composé (à l’envers à terre), le ghabbär le saupoudre de plâtre et de ciment qui sont ensuite mouillés afin de coller les différentes pièces entre elles. Le hamri ou terre ma’den (minérale) – sorte de mortier de support – est ainsi préparé pour servir le liant.

 

Après quoi, il ne restera plus qu’à fixer le panneau constitué au mur auquel il adhérera par un lait de mortier coulé entre ce panneau et le mur lui-même, les panneaux se posent ainsi côte à côte, mais il faudra bien entendu, exécuter entre ceux-ci le raccord de zelliges. Plus les motifs sont compliqués, plus le raccord est difficile. Les petites pièces de zelliges seront posées minutieusement, mais il faudra souvent les limer souvent sur une pierre afin de rectifier les formes pour permettre une parfaite intégration.

Il s’agit alors de procéder à la taille des zelliges. Mais, au préalable, s’impose l’exécution du rachm, ou dessin en forme de tatouage. Au moyen d’un bâtonnet de bambou (oud el khizran) trempé dans un encrier, l’artisan trace le contour de la pièce à tailler en se servant d’un gabarit. Il répartit en fonction des dimensions du dessin un maximum de tracés sur chaque carré.

 

Enfin l’opération la plus délicate est la découpe même du zellige : le taksir. Tenu d’une main ferme est sûre, le gros marteau aiguisé, menqach, du zelligeur taille les différentes pièces en formes ou en biais.

Lorsque le motif est composé d’une rosace centrale, l’artisan commence son travail par cette rosace qui, comme une mère dans le tracé régulateur, commande la poursuit de la pose des autres motifs. Inspiré par le panneau originel fait par le maallem zelligeur, le maallem ferragh connaît toujours le départ de la composition d’un panneau. Ses aides posent ensuite les pièces à l’envers. Ce travail semble mystérieux et d’une habileté rare pour le profane.

 

En réalité, il est plus simple qu’on en le pense, car chaque motif a une couleur donnée. La pose s’effectue donc en fonction de chacune des pièces qui dans l’esprit du ferrägh détermine automatiquement la couleur.

Les Ferrägha connaissent toutes les formes des pièces et savent par habitude que telle pièce vient automatiquement autour d’une rosace centrale ou que telle autre pièce sert de joint entre une grande rosace et les petites rosaces satellites.

Un panneau de zelliges peut être composé par plusieurs ferrägha à la fois. Il arrive même que les zelliges soient posés assez loin les un des autres et regroupés ensuite, car chacun en connaît d’avance l’emplacement.

 

 


 

 

 

La symbolique des formes et des nombres

 

-     Le CARRE symbolise la matérialité et la terre

-     Le TRIANGLE symbolise la conscience et l’esprit

-     L’HEXAGONE symbolise le bonheur, le ciel

-     L’OCTOGONE symbolise le passage de la Terre (carré) au Ciel (le cercle)

 

 

 

Auxquels se surajoutent les symboles berbères :

-          Le losange : la femme

-          Le triangle : le bélier

-          Le zig-zag : la virilité.

 

 


 

 

 

 

 

Les nombre :

 

-     Un : unité du monde islamique ou appartenance à la communauté

-     Trois et Quatre : les minarets symbolisent les trois mondes par les trois boules : céleste, intermédiaire et terrestre ; le croissant étant le monde inaccessible

-     Cinq : les obligations légales ou piliers de la religion islamique ainsi que les personnes du manteau : Mohammed, Ali, Fatima, Hasan et Husayn.

-     Sept : nombre de versets de la sourate liminaire du Saint Coran.

 

 

L’Art se l’Islam est allusif, il est aussi affleurement, il est surtout humilité devant Celui qui Toute Grandeur, et cette humilité se traduit dans le choix des matériaux souvent périssables, comme le stuc ou le plâtre, et jusque dans les instruments, car ‘’la pauvreté de l’instrument n’est autre que celle du serviteur (‘abd) alors que la beauté de l’œuvre ne peut être que le reflet de la qualité du Seigneur (rabb)’’.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Architecture Islamique

3072017

 

 

 

 

 

De façon générale, l’architecture islamique peut être classée en deux catégories : religieuse, avec notamment les mosquées, les madrasas, les mausolées, et séculaire, tout particulièrement avec les palais, les caravansérails, les fortifications, etc.

 

 

 

 

 

 

Architecture religieuse

 

 

° Les Mosquées : 

Pour des raisons évidentes, la mosquée se trouve au cœur de l’architecture islamique. Elle représente le clair symbole de la foi qu’elle sert. Très tôt, les musulmans comprennent ce rôle symbolique qui constitue un facteur important dans la création d’indices visuels appropriés dans le domaine de la construction : les minarets, coupoles, mihrabs, minbars, etc.

 

La cour de la maison du Prophète à Médine représente la première mosquée de l’islam, sans raffinements architecturaux. Les premières mosquées construites par les musulmans au fur et à mesure de l’expansion de leur empire sont simples. A partir de ces édifices se développe la mosquée du vendredi (jami’ ; جامع), dont les traits essentiels n’ont pas changé depuis 1400 ans. Son plan général consiste en une grande cour entourée d’arcades, avec un nombre de rangées plus élevé sur le côté orienté vers la Macque (qibla) que sur les autres côtés. La Grande Mosquée omeyyade de Damas, dont le plan s’inspire de celui de la mosquée du Prophète, sert de modèle aux nombreuses mosquées construites dans les différentes provinces du monde islamique.

 


 

 

 

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Deux autres types de mosquées se développent en Anatolie et, plus tard, sur les territoires ottomans : les mosquées basilicales et les mosquées à coupoles. Le premier type consiste en une simple salle à piliers ou basilique, style influencé par la tradition romaine tardive et par la tradition byzantine de Syrie, introduite avec quelques modifications au Ve / XIe siècle.

 

Le deuxième type de mosquées, qui se développe au cours de la période ottomane, organise l’espace intérieur sous un dôme unique. Les architectes ottomans créent dans les grandes mosquées impériales un nouveau style de construction à coupoles qui réunit la tradition de la mosquée islamique et la construction des édifices à coupoles en Anatolie. Le dôme unique devient le point de départ d’un style diffusé au Xe/XVIe siècle. Au cours de cette période, les mosquées deviennent des complexes multifonctionnels à caractère social, composés d’une zaouïa, d’une madrasa, d’une cuisine publique, de bains, d’un caravansérail et du mausolée du fondateur. La Mosquée Süleymaniye à Istanbul, construite en 965/1557 par le grand architecte Sinan, construite à l’exemple suprême de ce style.

 


 

 

L’Architecture Islamique  dans Architecture & Urbanisme floor-plan-of-the-suleymaniye-mosque-2

La Mosquée Süleymaniye

 

 

 

 

 

Le minaret du haut duquel le muezzin appelle les fidèles à la prière constitue l’indice le plus saillant de la mosquée. En Syrie, le minaret traditionnel consiste en une tour carrée construite en pierre. Dans l’Égypte mamelouke, les minarets sont divisés en trois zones distinctes : une section carrée à la base, une section médiane octogonale et une section cylindrique au sommet, surplombée d’une petite coupole. Les fûts sont richement décorés et la transition entre deux sections se fait au moyen d’un bandeau de mouqarnas. Les minarets d’Afrique du Nord et d’Espagne, qui partagent leur tour carrée avec la Syrie, sont décorés de panneaux à motifs autour de fenêtres jumelées. Pendant l’époque ottomane, les minarets octogonaux ou cylindriques remplacent la tour carrée. Il s’agit souvent de hauts minarets effilés, et bien que les mosquées ne possèdent généralement qu’un seul minaret, dans les grandes villes, elles peuvent avoir deux, quatre, voir six minarets.


 

 

 

 

 °Les Madrasas :

 

Il est probable que les Seldjoukides ont construit leurs premières Madrasas en Perse au début du Ve/XIe siècle. Il ne s’agit encore que de petites structures dotées d’une cour surmontée d’un dôme et de deux iwans latéraux.  Un autre type de Madrasas se développe ultérieurement avec une cour ouverte et un iwan central entouré d’arcades. Au cours du VIe/XIIe siècle en Anatolie, la madrasa devient multifonctionnelle et sert d’école de médecine, d’hôpital psychiatrique, d’hospice équipé d’une cuisine publique (imaret) et d’un mausolée. 


 

 

 

 

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©GEO La madrasa de Sifaiye – Sivas (Anatolie) / Turquie

 C’est notamment sous l’empire seldjoukide, qui régna sur la région du XIe au XIIIe siècle, que Sivas connut une période de grande modernité. La madrasa de Sifaiye en est un très bel exemple. Construit en 1217, cet ensemble architectural (aussi appelé « médersa ») fut un des premiers hôpitaux de l’histoire, et la plus grande faculté de médecine de l’époque en Anatolie. A l’intérieur, autour de la cour centrale (ici à l’image) se croisaient patients et étudiants. La madrasa de Sifaiye, bâtie en briques, en pierre et en mortier, et finement décorée de mosaïques colorées, est considérée comme l’un des plus beaux achèvements de style seldjoukide.

 

 

 

 

 

 

Le développement de l’islam sunnite orthodoxe atteint un nouvel apogée en Syrie et en Egypte avec les Zengides et les Ayyoubides (VIe/XIIe – début VIIe/XIIIe siècle). Cette époque voit l’introduction de la Madrasa fondée par un dirigeant civique ou politique, dans le but de développer la jurisprudence islamique. Ce type d’établissement est financé par des biens de mainmorte (waqf), généralement les revenus de terres ou de propriétés, comme les vergers, les échoppes dans un marché (souk) ou les bains publics (hammam). La madrasa suit généralement un plan cruciforme avec une cour centrale entourée de quatre iwans. Très vite, la madrasa devient une forme architecturale dominante avec des mosquées adoptant leur plan à quatre iwans. La madrasa perd progressivement son seul rôle religieux et de fonction politique comme instrument de propagande et tend à avoir une fonction civique plus large, servant de mosquée du prêche et de mausolée pour le bienfaiteur.  

 

 

 

 

 

 

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Madrasa du Sultan Hassan, Caire / Egypte

 

 

 

 

 

La construction de madrasas en Égypte, et tout particulièrement au Caire, apporte un nouveau souffle avec l’arrivée des Mamelouks. La Madrasa cairote typique de cette époque est une structure multifonctionnelle à quatre iwans avec un portail à stalactites (mouqarnas) et de splendides façades. Avec l’arrivée des Ottomans au début du Xe/XVIe siècle, la double fondation – généralement une mosquée-madrasa – devient un grand centre très répandu qui jouit de la protection impériale. L’Iwan disparaît progressivement, remplacé par une seule salle à coupole dominante. L’augmentation considérable du nombre de cellules pour étudiants surmontées de coupoles constitue l’un des éléments qui caractérisent les madrasas ottomanes.  

 

 

la khanqa constitue l’un des types d’édifices qui, du fait de sa fonction et de sa forme, peut être associé à la madrasa. Ce terme indique une institution plutôt qu’un type particulier d’édifice, qui abrite les membres d’un ordre mystique musulman. Il existe de nombreux autres termes synonymes de khanqa, utilisés par les historiens musulmans: au Maghreb, zaouïa; dans les territoires ottomans, tekke et, le terme le plus généralement utilisé, ribat. Le soufisme domine constamment la khanqa, en provenance de Perse orientale au cours du IVe/Xe siècle. Dans sa forme la plus simple, une khanqa est une maison rassemblant un groupe d’étudiants autour d’un maître (cheikh). Celle-ci est dotée de salles de réunion, de prière et communautaires. La création de khanqas se développe sous les Seldjoukides au cours des Ve/XIe et VIe/XIIe siècles et bénéficie de l’étroite association entre le soufisme et le madhhab (doctrine) shafiite favorisés par l’élite au pouvoir.   

 

 

 

 

 

 

 

 

Le khanqah Nadir Divan-Begui/ Ouzbékistan


 

 

 

 

 

 

° Les Mausolées:  

 

Dans les sources islamiques, la terminologie servant à désigner le type de construction des mausolées est très riche. Le terme descriptif usuel turbé se réfère à la fonction d’inhumation de l’édifice. Un autre terme, la koubba, se réfère à son élément le plus identifiable, la coupole, et s’applique souvent à une construction qui commémore les prophètes bibliques, les compagnons du Prophète Mohammed et des notables religieux ou militaires. La fonction des mausolées ne se limite pas simplement à un lieu d’inhumation et de commémoration, mais joue également un rôle important dans la religion « populaire ». Ils sont vénérés comme des tombeaux de saints locaux et sont devenus des lieux de pèlerinage. Très souvent, la structure du mausolée est embellie par des citations du Coran et est dotée d’un mihrab, afin d’en faire un lieu propice à la prière. Dans certains cas, le mausolée fait partie d’une institution commune. Les formes des mausolées islamiques de l’époque médiévale sont variées mais la forme traditionnelle consiste en un quadrilatère recouvert d’une coupole.                                                                                                                                                                                                                                                                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Architecture séculaire    

 

 

 

 

° Les Palais: 

 

La période Omeyyade se caractérise par des palais et des bains publics somptueux dans les lointaines régions désertiques. Leur plan de base découle des modèles de campements militaires romains. Malgré leur décoration éclectique, ils constituent les meilleurs exemples du style décoratif islamique naissant. Les mosaïques, les peintures murales, les sculptures en stuc ou en pierre sont les moyens utilisés pour cette remarquable variété de décorations et de thèmes. Les palais abbassides en Irak, notamment ceux de Samarra et d’Ukhaidir, suivent le même plan que leurs prédécesseurs Omeyyades mais se caractérisent par des dimensions plus imposantes, par l’utilisation de grands iwans, de coupoles et de cours, et par l’utilisation intensive de décorations en stuc. Les palais de la fin de la période islamique élaborent un nouveau style distinctif, plus décoratif et moins monumental. L’Alhambra constitue probablement l’exemple le plus remarquable de palais royaux ou princiers. La grande superficie du palais est fragmentée en une série d’unités indépendantes: jardins, pavillons et cours. Cependant, l’élément le plus singulier de l’Alhambra est la décoration qui produit un effet extraordinaire à l’intérieur de l’édifice.  

 

 

 

 

 

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° Les Caravansérails:  

 

Un caravansérail se réfère généralement à une grande structure qui offre le gête aux voyageurs et aux commerçants. Il s’agit normalement d’un espace carré ou rectangulaire, avec une entée monumentale en saillie et des tours qui flanquent l’enceinte extérieure. Une cour centrale est entourée de portiques et de pièces réservées à l’hébergement des voyageurs et au stockage des marchandises, et qui abritent également des écuries pour les animaux. Cette typologie d’édifice répond à une grande variété de fonctions, comme le démontrent ses différentes dénominations: khan, han, fondouk, ribat. Ces termes ne sont que le reflet de différences linguistiques régionales et ne désignent pas véritablement des fonctions ou des types distinctifs. Les sources architecturales des différents types de caravansérails ne sont pas aisément identifiables. Certaines découlent probablement du castrum ou campement militaire romain, dont les palais Omeyyades du désert se rapprochent. D’autres types d’édifices qui existent en Mésopotamie et en Perse sont associés à l’architecture domestique.  

 


 

 

 

 

 

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 le wikala (caravansérail) de Bazar’a(quartier Darb al Asfar)/ Caire ,
centre d’accueil de l’époque ottomane (17ème siècle) pour commerçants ambulants et leurs marchandises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Organisation urbaine    

 

A partir du IIIe/Xe siècle, chaque ville, quelle que soit son importance, se dote d’enceintes fortifiées et de tours, de grandes portes élaborées et d’une puissante citadelle (qal’a ou casbah), symbole du pouvoir établi. Celles-ci sont des constructions massives réalisées avec des matériaux typiques de la région où elles sont édifiées: pierre de taille en Syrie, Palestine et Egypte ou brique, pierre de taille et terre battue dans la péninsule ibérique et en Afrique du Nord. Le ribat constitue un exemple unique d’architecture militaire. Techniquement, il s’agit d’un palais fortifié conçu pour les guerriers de l’islam engagés, temporairement ou de façon permanente, à défendre les frontières. Le ribat de Sousse en Tunisie comporte des similitudes avec les premiers palais islamiques, mais présente des différences dans l’organisation intérieure pour ce qui de la grande salle, de la mosquée et du minaret.  

 

La division de la plupart des villes islamiques en quartiers est basée sur l’affinité ethnique et religieuse et constitue, par ailleurs, un système d’organisation urbaine qui facilite l’administration de la population. La mosquée est toujours présente dans le quartier. Un bain public, une fontaine, un four et un ensemble de magasins se trouvent soit à l’intérieur du périmètre du quartier, soit à proximité. Sa structure se compose d’un réseau de rues et d’impasses, et d’un ensemble de maisons. en fonction de la région et de l’époque, les maisons présentent différentes caractéristiques régies par les traditions historiques et culturelles, le climat et les matériaux de construction disponibles.    

Le marché (souk), qui fonctionne comme le centre névralgique du commerce local, constitue l’élément le plus caractéristique des villes islamiques. Sa distance par rapport à la mosquée détermine l’organisation spatiale par corps de métiers. Par exemple, les professions considérées comme propres et honorables (libraires, parfumeurs, tailleurs) se trouvent à proximité immédiate de la mosquée, tandis que les métiers bruyants et nauséabonds (forgeron, tanneurs, teinturiers) s’en éloignent progressivement. Cette distribution géographique répond à des impératifs qui s’appuient sur des critères purement techniques.                    

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




M’Hamed Ben Daoud El Mili Bey

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 Surnommé Bou-Chettabia (le piocheur)

 

 

 

 

 

Bey de Constantine, règne deux ans (août 1818 - mai 1819), et est destitué.

 

 

Dans ses moments de loisir, il avait imaginé de remplacer le yatagan, cette arme pourtant si sûre aux mains du chaouch, par une sorte de pioche (chettabia) au tranchant large et bien affilé, qui servait en même temps de décoration au café des chaouchs, où elle restait toujours suspendue, comme un épouvantail pour les passants.

 

 

Voici comment on procédait : 
Le patient était agenouillé à terre dans la posture de la prostration, le fer s’abattait sur son col tout comme la pioche du fossoyeur dans la motte de terre ; en sorte que l’on pouvait dire de cet instrument qu’il piochait les têtes, comme on a dit du glaive qu’il les moissonne.

 

C’est à l’invention de cet ignoble couperet que le bey El-Mili dut le surnom de Bou Chettabia (l’homme à la pioche) par lequel on l’a désigné depuis. 

 

 

Le Caïd Ed-derbia et Si Tahar ez-Zemouri, secrétaire du Caïd-dar, furent les premiers qui expérimentèrent cet odieux instrument de mort, sous lequel tombèrent également les têtes du bache-seïar, de Sliman ben Dali, à la fois agha ed-deïra et Caïd ez-zemala, et d’un grand nombre d’arabes du dehors. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le jeu rituel : Mata

29062017

 

 

 

 

Une étrange coutume subsiste parmi les habitants de la compagne marocaine (la tribu des Beni Arous en particulier et d’autres tribus voisines :Beni Gorfet, Souk Tolba, etc.), et ça paraît un legs de leurs prédécesseurs païens, qui firent de ce pays et des régions environnantes, dans le nord de l’Afrique, le principal grenier de Rome.

 

 

 

 

Le jeu rituel : Mata  dans Coutumes & Traditions 1111

 

 

 

 

 

 

Quand les jeunes pousses de blé sont sorties de terre, ce qui arrive vers la mi-février, les villageoises façonnent, en figure de femme, une grande et grosse poupée, et l’habillent le plus somptueusement qu’elles peuvent, la couvrant de toutes sortes de clinquants et d’ornements, et l’affublant d’un haut bonnet pointu. Elles la promènent en procession tout autour des cultures, criant et chantant sans relâche un chant particulier. La femme qui marche en tête porte cette image, qu’elle doit céder à celle de ses compagnes assez agile pour la dépasser : ce qui devient l’occasion de beaucoup dé courses et de luttes. Les hommes exécutent également la même cérémonie, mais à cheval : ils nomment l’image Mata. 

 

 

 

 

 

1510 dans Coutumes & Traditions

 

 

 

 

 

D’après les croyances populaires, ces cérémonies portent bonheur. Leur efficacité doit être grande, à en juger par la foule de gens que vous voyez se ruer en galopant sur les jeunes pousses de froment et d’orge qu’ils écrasent sans pitié.

 

Ces coutumes sont en opposition directe avec la foi de l’islamisme ; aussi jamais n’est-on trouvé qui pût donner quelques lumières sur leur origine. On est assez portés, en pareil cas, à attribuer à la superstition, à l’ignorance, des usages fondés sur l’observation, et que les anciens n’ont rendus religieux que pour qu’ils devinssent obligatoires. Socrate, dans les Économiques de Xénophon, conseille à Ischomaque, pour doubler sa récolte, de renverser son blé en herbes, en lui donnant un léger labour. Pline, qui joint volontiers les récits aux préceptes, raconte qu’autrefois les habitants de Saluces et de Verceil, étant en guerre avec ceux du val d’Oste, couraient les terres de leurs ennemis pour les ravager. Comme ils ne pouvaient en brûler les blés encore en herbe, ils imaginèrent de labourer de nouveau, avec des bœufs, les champs tout couverts de vertes céréales. Ils se flattaient d’affamer l’ennemi en détruisant ainsi tout espoir de récolte. Mais le résultat fut tout autre. Les tiges provignèrent, et s’épandirent en branches terminées par de riches épis. Cet incident fut depuis érigé en une coutume qui dure encore en Italie. Retrouvant en Afrique l’antique manière de dépiquer le grain, l’antique vénération pour l’aire,  semble naturel de penser que l’usage de fouler aux pieds le blé vert est venu aussi des Romains.

 

Certains d’autres pensent que le Mata  est probablement inspiré du bouzkachi, un jeu similaire mais plus violent, importé, selon la légende, par Moulay Abdessalam Ben Machich lors de sa visite à Ibn Boukhari.

 

 

 

 

 

 

 

 

Source photos : mata

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’aspect communicatif des bijoux berbères d’Algérie

27062017

 

 

 

 

 

 

La communication est un besoin vital qui remonte à l’existence de l’être humain.  Ce dernier a cherché à travers les siècles à surmonter les difficultés rencontrées pour entrer en contacte avec son entourage. Avant qu’il ne développe la parole, l’homme a créé des canaux et des modes de communication non verbaux basés sur des codes communs dans leurs contextes et à travers lesquels il transmettait des messages et  des significations tels que la danse, le feu, l’écriture murale et les différents supports artisanaux qu’on retrouve aujourd’hui dans notre vie quotidienne.

En notre ère, ces richesses ont malheureusement tendance à perdre leur fonction communicative.

 

 

 

 

 

 

Le Langage des objets (BIJOUX)

 

 

C’est un type de communication non verbale regroupant des objets à travers lesquels on peut comprendre l’aspect comportemental d’une société. Parmi ces objets, on peut citer par exemple les parfums, les vêtements, la coiffure, les meubles, les fantaisies, le décor et les couleurs.

A l’instar des objets sus cités, les bijoux ont aussi leur force d’expression et d’information pas uniquement dans leur aspect esthétique mais encore davantage dans ce qu’ils portent comme information sur bien entendu les secrets que déguise l’aspect sociologique et comportemental d’une communauté.

 

Ci-après, on va montrer comment cet objet peut nous donner des informations sur la classe sociale notamment ceux relatifs à la situation familiale de l’individu et à son âge etc. notamment ceux de la région de Beni-Yenni dans la région de la Grande Kabylie et ceux de la région d’Ouled Fatma de la région des Aurès, car les bijoux peuvent être appréhendés, comme tout objet fait par l’homme, à un double niveau, l’un esthétique au sens exact du terme, c’est à-dire selon le sentiment immédiat du plaisir qu’il procure celui qui le perçoit, et l’autre conceptuel ou sémiologique, et à ce moment là l’objet tend à s’élever au-dessus de son utilité et de sa fonction pour exprimer l’esprit d’un groupe.

 

 

 

 

 

Les fonctions du bijou

 

 

  1. La fonction de thésaurisation Lors de son mariage, la femme reçoit un nombre de bijoux proportionnel à l’importance de sa dot, l’ensemble de ces bijoux représente un capital monnayable en cas de difficultés imprévues ou de frais occasionnels au sein du foyer familial et là on peut citer le proverbe algérois qui illustre l’usage des bijoux aux moments de crise « Elhadaïd lil chadaïd ».

 

 

  1.  La fonction de protection Cette fonction peut être déterminée par l’usage des bijoux pour la protection contre l’effet du mauvais œil provoqué par l’envieux et le jaloux, ou les maladies, le malheur et les dangers et pour cette fonction on peut citer la main protectrice dite « KHAMSA ».

 

 

 

  1. La fonction communicative Celle-ci dépasse la fascination et la protection que peut porter le bijou pour le corps afin qu’il devienne un objet témoin de son contexte socioculturel, car il dévoile à travers ses symboles et son port des vérités et des informations,  qui remontent à l’histoire profonde de nos ancêtres, accompagnées des croyances, cultes, mythes…

 

 

 

 

 

 

Symboles

 

Ces symboles qui caractérisent les bijoux en forme de figures animales, florales et géométriques continuent toujours de survivre sur tous les objets d’art populaires car les artisans qui les ont conçus, depuis l’antiquité, les ont chargés de significations et les auteurs considèrent que ces signes (symboles) relèvent d’une intention magico-religieuse : conservation de soi et de l’espèce, fertilité de la terre et des hommes, cultes des morts. 

 

 

 

 

Le port du bijou

Aujourd’hui chaque femme peut porter un bijou de la manière dont elle le perçoit tandis  qu’auparavant il y avait des règles qui déterminaient le port de certaines pièces de bijou par une catégorie de femmes, car ces dernières, et suite à un code commun, se servait de la manière dont elles les portaient  pour communiquer des messages non verbaux concernant des événements qui marquaient leurs vie dans leur société (naissance, puberté, mariage, divorce…)

 

 

 

 

 

 

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Portrait de femme kabyle entre 1880-1899 © Prince Roland Bonaparte

 


 

 

 

 

La région de ben-yenni

 

 

Les bijoux de Ben-Yenni sont très célèbres par leurs grandes tailles, l’usage de corail et de décor émaillé.

 

 

 

 

  • Diadème (Thaassabth) C’est un bijou connu par sa grande dimension, d’une longueur de 54 cm et d’une hauteur totale environ 15 à 16 cm. C’est une pièce qui a son histoire et sa grande force symbolique, car elle n’est portée dans cette région que sur le front des femmes mariées comme signe d’alliance entre les familles, donc  auparavant il suffisait de remarquer « thaassabth » sur le front d’une femme pour comprendre qu’elle est mariée.

 


 

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Très grande Thaassabth ; diadème kabyle ancien en argent émaillé à décor floral polychrome serti de 40 gros cabochons de corail.
Poids Brut : 735g./ Dim. 60 x 18 cm
Grande Kabylie, Beni Yenni

 

 

 

 

 

 

  • Thialloukin C’est un type de boucles d’oreilles arrondies ; elle est constituée d’une pièce d’argent unique qui ne contient ni corail ni email. Ce genre de boucles d’oreilles est porté dans cette région par les petites filles qui n’ont pas encore atteint l’âge de la puberté, donc les parents les mettent à leurs fillettes afin de dire aux membres de leur tribu qu’elles sont encore jeunes pour le mariage et qu’elles ne possèdent pas encore les forces de la fécondité.


 

 

 

 

  • Thigoudhmathin C’est un type de boucles d’oreilles sous forme d’anneau qui porte dans l’une de ses extrémités un cabochon de corail comme il a une petite ouverture dans l’autre. Ce genre de boucles d’oreilles est porté dans la région par les vieilles femmes afin d’exprimer aux autres et au sein de leur tribu leurs phase transitoire vers la stérilité (la ménopause).


 

 

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  • Thafzimth C’est une pièce arrondie riche en email et en cabochon de corail. Le premier usage de cette pièce était d’après EUDEL, lors de la victoire des Béni-Yenni sur les Béni-Abbes ; à cette époque-là les femmes de Beni-Yenni la portaient comme signe de joie et de victoire. Mais cette fibule est devenue après un signe approprié aux femmes qui donnent naissance à un garçon, et à ce moment-là, si on rencontre dans la région de Beni-Yenni une femme qui porte sur son front Thafzimth, on comprendra, d’une manière non verbale, qu’elle est fière de mettre au monde un garçon.  


 

 

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Grande fibule ronde, Algérie,Grande Kabylie, Benni Yenni, fin du XIXe – début du XXe siècle Argent ciselé, décoré d’émaux cloisonnés jaune, vert et bleu, serti de gros cabochons de corail.


 

 

 

 

 

  • Thafzimth de petite taille Celle-ci n’est portée au milieu du buste que par la mère, au lendemain du mariage de sa fille. Ce port est une manière de marquer sa joie et sa fierté d’avoir bien élevé sa fille qui a su à son tour garder et protéger la dignité de sa famille.

 


 

 

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2 petites fibules / Beni Yenni, Grande Kabylie XXe siècle


 

 

 

 

  • Afzim C’est une fibule triangulaire riche en email cloisonné et au corail. Elle été portée auparavant que pas la jeune fiancée, ce port a comme fonction d’émettre aux jeunes de sa tribu le message qu’elle est déjà promise.


 

 

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Importante fibule triangulaire, en argent émaillé en vive polychromie, serti de cabochons en corail. Le revers est entièrement émaillé. Algérie, Grande Kabylie. L : 22 cm.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La region des ouled fathma: (therwent en fathem)

 

 

Le bijou traditionnel dans cette région constitue, comme dans toutes les régions Aurasiènnes une réalité complexe comportant des particularités accumulées à diverses époques de l’histoire locale.

 

 

 

 

. Diadème (L’djbin)

Ce type de diadème aurésien peut envoyer deux messages non verbaux selon la manière dont il est porté, car il peut exprimer le mariage de la femme qui le porte s’il est mis sur son front comme il peut aussi transmettre le sens du célibat de celle qui le met sur son buste.


 

 

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  • Thit Yir Ce type de boucles d’oreilles sous forme d’un simple anneau transmet dans la région des Ouled Fathma deux sens différent selon son port car en l’observant chez une femme de cette région on pourra déterminer soit qu’elle est enceinte ou bien qu’elle veut dire aux autres qu’elle est ménopausée et qu’elle a perdu ses forces de fécondité.


 

 

 

 

 

  • Thimshrefth C’est un type de boucle d’oreilles qui est dans le demi-cercle inférieur en dents de scie. Ce bijou veut dire, dans la région des Ouled Fathma, que la femme qui le porte est célibataire si seulement si elle l’accompagne avec un bracelet à la main, mais si elle le porte tout seul en impair celle-ci a comme objet de dire à son entourage qu’elle est soit veuve ou divorcée.


 

 

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  • Tabzimt

Ce bijou peut être sous différentes formes. Celle-ci (triangulaire) véhicule deux messages non verbaux ; si on aperçoit dans la région des Ouled Fathma une femme qui porte ce bijou sur son buste du côté gauche, cela veut dire qu’elle a donné naissance à un garçon, mais si cette pièce est mise sur le coté droit on comprendra que cette femme veut nous transmettre le message de la naissance d’une fille.


 

 

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Superbe et rare paire de petites fibules en provenance du pays Chaouia (Aurès), fin du XIXe début du XXe siècle.

 

 

 

 

 

 

Les bijoux jouent un rôle très important dans une communauté quelconque pas seulement par leur aspect esthétique mais aussi par les vérités qu’ils cachent, tels qu’ils  permettent une transmission non verbale entre les différentes catégories de la société. De cette manière, ils permettent d’une façon efficace d’apporter une contribution appropriée pour le développement d’une communauté, particulièrement sur le plan structurel et communicatif.

 

Ainsi, en valorisant cet objet de double importance, on peut conclure  que l’être humain par son intelligence a su surmonter les difficultés qu’il a rencontré depuis son existence à nos jours afin de créer des modes de communication non verbaux fiables et qui expriment ses préoccupations et ses croyances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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