Administration de la province de Constantine sous Ahmed Bey – 1ère partie –

13032018

 

 

 

 

 

Administration de la province de Constantine sous Ahmed Bey - 1ère partie -  dans Attributs d'Algérienneté 1515682825-salle-trone

Salle du trône des anciens Beys de Constantine

 

 

 

 

 

 

 

 

La province de Constantine, telle que la possédait Hadj Ahmed Bey, lorsqu’elle est tombée en 1837, était limitée : au nord, par la Méditerranée; au sud, par les déserts inhabitables que l’on rencontre après le Sahara; à l’est, par la frontière de Tunis, depuis l’Oued Souf, passant par Tébessa et à l’ouest du Kef, jusqu’à Tabarque; à l’ouest, par la chaîne des Biban, jusqu’aux villages des Béni Mansour (Bougie et la vallée de l’Oued Sahel n’étaient pas comprises dans ce territoire) ; plus au sud, sa frontière occidentale était marquée par les petits centres de Sidi Hadjeres et de Sîdi Aïssa, qui la séparaient de la province de Titteri 

 

 

 

 

 

Ses habitants se rattachent à trois races, se distinguant les unes des autres par les mœurs, le caractère et le langage. Ce sont:

1° Les Arabes, qui habitent plus particulièrement les régions méridionales de la province; 

2° Les Chaouia, établis dans la zone centrale; 

3° Les Kabyles, fixés dans là partie septentrionale, sur le littoral de la Méditerranée, et aussi dans les montagnes de l’Aurès.

 

 

 

 

 

 

Ces populations étaient divisées en arch, ou tribus, administrées chacune par un Caïd ou Grand Cheikh, qui était à la nomination du bey. La tribu se divisait en ferkas (séparation, fraction ), ayant à leur tête un Cheikh: La ferka se subdivisait elle-même en douar (réunion de tentes rangées en cercle); et le douar en familles ou tentes. Le plus âgé du douar et le plus riche en était ordinairement le Chef
Le Caïd relevait directement du bey, correspondait avec lui, recevait ses ordres et ne se trouvait en relation administrative qu’avec lui. Il faisait la police, arrêtait les malfaiteurs, jugeait les différends qui s’élevaient entre ses administrés, veillait à la sûreté des routes, présidait à la distribution des terres pour le labour, aidait les agents spéciaux du beylik pour la répartition de l’impôt, demeurait chargé du recouvrement, comme collecteur; enfin, il rassemblait les cavaliers de la tribu et marchait à leur tête, lorsqu’on les appelait sous les drapeaux. Il était aidé dans ses fonctions par un taleb, ou kateb (secrétaire), par un bach-mekaheli et par sa zmala. Il avait sous ses ordres les cheikh des ferka de la tribu. 
Dans les tribus douaouda (nobles), où une aristocratie puissante n’aurait pas accepté pour chef un étranger, le pouvoir était héréditaire dans quelques familles rivales ou alliées et, dans ce cas, le chef de la tribu conservait le titre de Cheikh.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici les principaux Caïd ou grands cheikh de la province, avec le nombre de tribus qu’ils administraient. 

 

Le cheïkh des Hanencha : 12 tribus ; 

Le cheïkh el-Arab : tout le Zab de Biskra et 11 tribus nomades; 

Le Caïd des Haracta, qui prenait le titre de Caïd el- Aouassi, et qui, à cause de son importance, résidait à Constanline, où il avait une petite cour : 32 petites tribus composées presque toutes de Chaouia; 

Le Caïd des Hanencha

Le Caïd des Zemoul, tribu militaire : administrait les Zemoul et une vingtaine de tribus; 

Le Caïd des Aurès :12 tribus; 

Le caïd des Ameur Cheraga : 6 tribus ; 

Le cheïkh ed-Dir, ou des Oulad Yahia ben Taleb, du côté de Tebessa; 

Le cheïkh du Belezma : 13 tribus ; 

Tous ces Caïdats se trouvaient dans la direction du sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sahel et le sud-ouest comprenaient : 

 

Le Caïd des Oulad Braham : 11 tribus; 

Le Caïd de Skikda (Philippeville) : 9 tribus ; 

Le Caïd des Zardéza : plusieurs tribus kabyles; 

 Le Cheïkh des Zouagha: 4 tribus; 

Le Cheïkh du Ferdjioua : 6 tribus;  

Le Caïd des Abd en-Nour : 31 tribus;

Le Caïd des Tlaghmâ

Le Caïd des Âmeur Gheraba : 5 tribus.

Le Cheikh de Ksar et-Teïr, des Righa;

Le Cheïkh des Oulad Mokran, administrant là Medjana: 13 tribus. 

Le Caïd des Oulad Darradj, dans le Hodna.

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

En somme, la nomenclature des Chefs de la province, dont nous venons d’énumérer les principaux, peut se résumer ainsi : 

11 fonctionnaires avec le titre de Cheikh;
22 fonctionnaires avec le titre de Caïd;  
4 Caïds Commandant les villes de; Tébessa, Mila, Zarmoura et Msila 

En tout trente cinq fonctionnaires, sans y comprendre les tribus relevant directement du beylik.

 

 

 

 

 

 

Telle était l’organisation du chef-lieu et du beylik de Constantine; mais cette organisation basée sur l’arbitraire du chef et la vénalité des charges, incomplète,sans influence directe, sans contrôle; eut été bien faible pour soutenir la politique sanguinaire, mais énergique, des Turcs, et les maintenir dans un pays où leur: despotisme leur avait attiré tant de haines, si cette organisation n’avait eu pour puissant levier et pour raison,suprême, la force publique, le droit inexorable du sabre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 




Les périodes pluviales dans le Massif de l’ATAKOR

11032018

 

 

 

 

Les périodes pluviales dans le Massif de l’ATAKOR dans Nature 1515595889-5346-massif-de-l-atakor

Massif de L’Atakor (Sud Algérien) / ©Yann Arthus Bertrand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le massif de l’Atakor et ses bordures, trois périodes pluviales ont été mises en évidence d’après l’étude des sédiments et de leur faune. Des outillages y sont associés et ces trois périodes peuvent être identifiées avec le Villafranchien, l’Acheuléen et l’Atérien. En outre, on observe un court épisode humide au Néolithique. 
 

Dans cette région, les périodes acheuléenne et néolithique correspondraient à des avances de courte durée de la frange climatique tropicale, alors que le pluvial atérien pourrait être d’origine méditerranéenne. Ici aussi les périodes pluviales n’apparaissent pas sans ordre, mais semblent alterner régulièrement comme si cette région avait été successivement dans les zones de savane, désert, frange méditerranéenne, désert, savane et ainsi de suite. Des facteurs locaux : hauts sommets, grands bassins, ont pu intervenir, mais à la suite des actions anthropiques, en particulier depuis le Néolithique, on peut se demander si les aspects du paysage actuel sont ceux des anciennes périodes sèches. 

 

 

 

 

 

 

 

  •  a. La Villafranchien

Les « vieux glacis » et les sédiments les plus anciens à la base des versants peuvent être rapportés à la période villafranchienne. 

De tels glacis prennent une ampleur remarquable dans les Tassilis. A cette période a pu correspondre un climat tropical à saison sèche accentuée.  

La dalle calcaire, épaisse et très étendue, date au moins du Villafranchien et semble s’être formée lors d’un épisode de lac à sédimentation calcaire : succédant à des argiles grises à faune d’eaux tièdes (crocodiles, rhinocéros), cette accumulation calcaire a pu avoir lieu lors d’une « lente modification climatique amenant le paysage de l’Atakor de la zone d’influence tropicale sèche 

(Mio-Pliocène) à celle d’un climat plus frais ».

 

La flore pontique arborée est présente jusqu’au centre du Hoggar. Le gisement villafranchien de diatomites lacustres de l’Ilamane, à 2 300 m, témoigne d’un climat humide avec une flore marquée par l’influence irano-caucasienne et des espèces ligneuses tropicales: il s’agirait d’une forêt ouverte mixte. La flore du Hoggar, remarquablement hétérogène depuis la fin du Tertiaire, s’appauvrit au cours du Quaternaire, en nombre de genres et en espèces. 

 

 

Sur les bordures du massif, le climat de cette période correspond à la dernière phase d’altération importante : glacis supérieurs plus ou moins rubéfiés. 

Des vestiges de sol brun épais semble témoigner d’un abaissement de la température après l’époque des lacs à accumulation calcaire, avec une phase active de creusement et de façonnement des versants, cette période étant liée à une phase de déformation importante (éruptions de lave acide). 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • b. Le Pléistocène moyen

Depuis la fin du Villafranchien jusqu’à la formation de la « Terrasse graveleuse », datée de la fin du Paléolithique supérieur, deux séries de glacis d’érosion sont façonnées dans les basaltes altérés alors que sur les bordures se développent seulement un glacis moyen et une seule grande terrasse de gros blocs le long des oueds.  Alors que le réseau de vallées est hérité de cette période, l’épisode de la terrasse « moyenne » graveleuse correspond à l’ennoyage généralisé de ces vallées et signifie un retour à des conditions semi-arides, mais sans doute moins arides que l’actuel. 

 

 

Cette terrasse moyenne est présente partout et fournit un excellent repère chronologique: d’après l’outillage, cette « crise morphoclimatique » se place au Paléolithique, dans l’Acheuléen moyen à supérieur, et elle a affecté tout le Sahara central. 
 

Ainsi le gisement de Tihodaïne, au pied du Tassili des Ajjer, a fourni une faune typique de savane africaine. Les diatomées et les pollens tropicaux de cette période appartiennent aux seuls espèces chaudes connues dans le Quaternaire de l’Atakor. 

 

 

Les flores du Pléistocène moyen ont confirmé la juxtaposition des éléments tropicaux et subtropicaux de plaine, des éléments montagnards et d’une majorité d’éléments méditerranéens et surtout subméditerranéens et désertiques. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • c. Le Pléistocène supérieur

 Au pluvial froid le plus récent, ce sont formés en abondances des dépôts marécageux et des sols bruns, noirs ou gris. Sur les bordures de l’Atakor, les nappes d’eaux ont pu exister, presque en permanence, jusqu’au Néolithique compris. 

 

 

Les sols de cette période se caractérisent par une transformation chimique réduite et une fraction argileuse où dominent la montmorillonite et l’illite, caractères qui peuvent bien s’expliquer dans le contexte d’un climat méditerranéen. En outre, l’étude des pollens montre l’existence, après une période aride accusée, d’une flore méditerranéenne à nuance assez fraîche (cèdre, pin d’Alep). Cette végétation pourrait être contemporaine de l’Atérien, par conséquent du cycle saourien, mais on y trouve également des éléments tropicaux, d’origine est-africain, et balkano-caucasiens.

 

 

On observe à cette époque un comportement anarchique de l’érosion linéaire et  du développent du glacis récent. Les témoignages de sédimentation calcaire sont fréquents. La faune de mollusques dans les dépôts calcaires comprend un grand nombre d’espèces hygrophiles et les espèces à affinités paléocratiques ou méditerranéennes dominent. 

 

 

L’ancienneté des lacs calcaires est datée sur des formations semblables de 11 850 ± 350 (sud-est de Tamanrasset) à 8 380 ± 300 ans B. P. (ouest d’Hirafok), c’est-à-dire l’époque atérienne, caractérisée par l’importance de l’humidité et des pluies, mais ces auteurs la relient à une extension vers le nord du climat subtropical. 

 

Le court épisode humide néolithique, dont plusieurs gisements ont été datés de 5 030 à 4 680 ± 300 B. P. est caractérisé par un cortège d’espèces méditerranéennes xérophiles.   

 

 

En de nombreux points, ce Néolithique a un caractère nettement chaud (faunes tropicales à Meniet et à In Guezzam) mais ne semble pas avoir été très humide. Son influence sur l’évolution morphologique a été pratiquement nulle. 

 

 

La terrasse limoneuse récente, de couleur brune, s’est formée en pleine période historique, alors qu’en montagne le creusement s’affirme surtout après le Néolithique jusqu’à l’incision généralisée qui caractérise la période actuelle. 

 

Il semble donc que le Sahara central est resté largement ouvert aux influences méditerranéenne et tropicale, même extérieures au continent africain, aux périodes du Quaternaire ancien. Ceci explique l’hétérogénéité de la flore et aussi de la faune. La fin de la dernière période humide et par conséquent la disparition de la végétation sylvatique de type méditerranéen correspondrait à la fin de l’optimum climatique du Post-Würm européen, à forte pluviosité. 

 

 

la succession des épisodes climatiques apparaît ainsi relativement simple en montagne, chaque cycle comprenant un Pluvial frais devenant froid, puis une phase sèche. En plaine, la succession est plus complexe, semble-t-il, mais les phases de stabilité correspondent aux périodes sèches. Dans les deux cas, chaque cycle ne donne naissance qu’à une seule forme durable, le glacis 

d’érosion, qui se forme lors du passage de l’Aride au Pluvial. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

oued+d+afilal+tamanrasset dans Nature

L’oued Afilal constituent le cours d’eau le plus important du massif de l’Atakor (région de Tamanrasset) qui culmine à plus de 3000 mètres. Les gueltas se présentent sous forme de petites terrasses, marmites et petites cascades dans lesquelles l’eau coule en permanence dans un milieu environnant complètement désertique, elles renferment une végétation riche et diversifiée ainsi qu’une faune diversifiée complétée par la présence insolite d’une ichtyofaune représentée par le barbeau du désert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




50 ans, 50 femmes

9032018

 

 

 

 

 

Série de 50 portraits de 13 minutes réalisés dans toute l’Algérie. Découvrir ces portraits de femmes: elles sont médecin, pompier, marin pêcheur, avocate, directrice de musée, chef de chantier, chauffeur, militante féministe, combattante, douanière. Elles se sont battues pour se faire une place dans une société d’homme, dans une société musulmane où les traditions pèsent encore de tout leur poids sur la destinée des filles.

 

Produit par HKE Production Algérie, pour l’ENTV dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

N°1: Portrait de Sabrina Khelaf, taxieuse à Sétif

 

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N°2: Portrait de Fatima Hechaichi, chanteuse de Sraoui à Sétif

 

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N°3: Hasna Merzougui, Policier à Sétif

 

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N°4: Fatouma Ouzgane, Moudhahidate, militante à Alger

 

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N°5: Samia Moulay, Animatrice radio à Alger

 

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N°6: Zafira Baba Ouartsi, directrice de l’école Artissimo à Alger

 

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N°7: Fatima Dahmani chanteuse d’Ahellil à Timimoun

 

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N°8: Mahdjouba Benbakhta médecin chef à l’hôpital de Timimoun

 

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N°9: Fatiha Kadiri artisan tapis à Timimoun

 

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N°10: Sonia, comédienne et directrice du théâtre de Annaba

 

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N°11: Zahia Dahal, Sculptrice à Annaba

 

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N°12: Fatiha Baghdadi, avocate à Constantine

 

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N° 13: Badiaa Boufama, association pour enfants autistes à Constantine

 

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N° 14: Keltoum Dahou, directrice du musée Cirta à Constantine

 

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N°15: Tata Sadaoui, maman de centaines d’orphelins à Constantine

 

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N°16: Dalila Aberkane, éleveuse et apicultrice à Béjaïa

 

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N°17: Fatima Atoumi, infirmière à Béjaïa

 

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N°18: Dalila Boukertite, Présidente ligue des sports mécaniques de Béjaïa

 

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 N°19: Fatiha Ouyad photographe à Tizi Ouzou

 

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N°20: Malika Bellabas, Architecte à Tizi Ouzou

 

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N°21: Tassidit Bayoudh, écologiste à Tizi Ouzou

 

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N°22: Kaloudya Mohamed Kara, artisan à Tlemcen

 

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N°23: Lila Hamadou, réparatrice de téléviseurs à Sétif

 

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N°24: Assia Khedime, céramiste et peintre à Tlemcen

 

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N°25: Basma Kharadja, footballeuse à Oran

 

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N°26: Fatima Boufenik de l’Association FARD

 

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N°27: Fatima Benahmed, pêcheuse à Oran

 

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N°28: Fatiha Boudjemaa, comédienne à Mostaganem

 

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N°29:Amina Hamadi, peintre à Mostaganem

 

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N°30: Zhor Gounni active au Croissant Rouge à Touggourt

 

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N°31:Fatima Zohra Gouas directrice d’école à Ouargla

 

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N°32: Safia Bouragaa, chef de chantier à Hassi Messaoud

 

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N°33: Souad Boualeg artisan couturière à Hassi Messaoud

 

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N°34: Fatima Hadmi agricultrice à Tamanrasset

 

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N°35: Messaouda Benmessaoud, archéologue à Tamanrasset

 

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N°36: Fatima Chana Amarwad joueuse d’Imzad à Tamanrasset

 

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N°37: Houria Boudia, agricultrice à Biskra

 

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N°38: Nadia Zarwel, pompier à Batna

 

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N°39: Leïla Ameddah, dentiste à Batna

 

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N°40: Nadia Aït Zai, avocate à Alger

 

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N°41: Marie-France Grangaud, retraitée à Alger

 

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N°42: Imen Benkessirat, femme de chambre à Alger

 

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N°43: Naïma Zaïdi, clown à Blida

 

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N°44: Keltoum Bensalem conductrice de tramway à Alger

 

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N°45: Karima Bentaleb, directrice d’une auto-école à Sétif

 

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N°46: Saïda Chennaf Douanière à Sétif

 

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N°47: Sabah Mecheri lutteuse à Bordj Bou Arreridj

 

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N°48: Taous Amirat, pâtissière à BBA

 

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N°49: Hasna Nouioua, Enseignante de coran à BBA

 

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N°50: Samia Balistrou, Prof de plongée sous-marine à Tipaza

 

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Histoire de la Gazelle et du Lion de Mansoura

7032018

Conte de Tlemcen

 

 

 

 

 

Histoire de la Gazelle et du Lion de Mansoura dans Littérature lion-blanc-et-gazelle_500x500

 

 

 

 

 

Tlemecen est une ville florissante et riche où s’arrêtent les caravanes du grand désert; ses guerriers sont nombreux et intrépides, les beys des princes magnifiques; ils sont aimés d’Allah et adorés des tribus. Ali, le bey, avait une fille plus belle que la plus belle Heur de ses jardins; sa voix était plus douce que la voix de l’ange, ses yeux étaient fendus et timides comme ceux d’une gazelle effrayée. Lorsque, par hasard, un mortel la voyait, il en devenait fou s’il n’en perdait la vie.

 

Elle s’entourait toujours d’un long voile qui couvrait sa tête et son corps, et retombait sur la pointe de ses sandales, laissant entrevoir le pied d’une biche. — Les femmes esclaves la suivaient dans ses promenades et ne la quittaient jamais.

 

Mais le Seigneur Dieu avait mis dans la florissante ville de Tlemecen, en même temps que le bey Ali et sa fille, un homme pauvre qui gagnait sa vie à de petits trafics avec les chameliers des caravanes. Il s’appelait Kaddour, les pauvres l’aimaient, les riches ne le connaissaient pas, car les riches ne sont pas bons mahométans, et ne vont pas au devant des pauvres. Kaddour avait un fils jeune, déjà renommé dans les guerres, et beau comme l’ange des batailles. Sa taille était droite et hardie comme celle d’un pin de la montagne, ses yeux vifs et braves comme ceux du lion magnanime, et sa voix forte, comme celle d’un soldat du Prophète. Un jour, après s’être promené dans les grands et magnifique jardins qui entourent la ville, le fils de Kaddour s’assit près d’un ruisseau et s’endormit sous le feuillage d’un citronnier chargé de fleurs. Le Seigneur lui apparaissait en songe, car ses lèvres laissaient échapper un doux sourire. — Tout-à-coup un bruit léger le réveille; il aperçoit une femme à demi-voilée qui venait à lui. Il se cache, et cette femme, appelant ses esclaves, leur donne son voile. — C’est la fille du Bey ; le jeune homme la voit, sa raison s’égare, il veut sortir du bosquet, mais la jeune fille, effrayée par le bruit des feuilles, s’enfuit et disparaît à ses yeux.

 

 

Depuis, le malheureux enfant de Kaddour ne put chasser l’amour qui s’était glissé dans son âme. Il revenait à chaque heure du jour dans les jardins, mais sans rencontrer celle qu’il y cherchait.

Le pauvre marchand, qui voyait dépérir son fils, voulut savoir la cause de son chagrin, et n’y parvint qu’après l’avoir bien tourmenté. Effrayé des dangers qu’il affrontait, craignant la colère du Bey, il va trouver le fou Ben-Meida, saint homme que tout le monde adorait, et qui faisait des miracles.—Après s’être prosterné devant le saint, Kaddour lui conta ses peines et lui demanda conseil. — Je sais, répondit le fou, que la fille du Bey, est amoureuse comme une tourterelle, de ton fils, l’heureux Salem; mais les deux amants ne pourront parler de leurs amours qu’en échangeant leurs formes humaines contre celles des animaux qui courent la plaine et le désert. Si ton fils veut prendre la peau d’un lion, elle prendra la tunique d’une gazelle, et le bois d’oliviers de Mansoura sera le heu de leurs rendez-vous amoureux.

 

Après avoir baisé les haillons du fou, le marchand le remercia, et fut trouver son fils auquel il raconta les paroles saintes et prophétiques du marabout. Salem, au comble du bonheur, consentit avec joie aux conditions imposées, et disparut aussitôt de la maison de son père. Les gardes de la porte de Maghreb furent effrayés par l’apparition subite d’un lion qui s’élança vers Mansoura, et les soldats qui gardaient la porte du Levant (men el-Chark), ne furent pas moins surpris du passage rapide d’une jeune gazelle qui franchit les barrière et se perdit dans la plaine.

 

Dès le lendemain, tout le beylick fut en grande rumeur, les cavaliers couraient les plaines et les montagnes, pour retrouver la jeune fille du bey, disparue. Le bey Ali, après l’avoir redemandée au Seigneur Dieu et à tous les hommes, mourut de chagrin.

 

Le marchand Kaddour riait seul dans sa barbe. Cependant, ne voyant pas revenir son fils chéri, le seul espoir de sa vieillesse, il fut trouver le saint, pour lui demander à faire redevenir homme le lion.—Mais le fou fit d’horribles grimaces, et se mit à rire aux éclats, en lui disant qu’il ne le comprenait pas. — Jamais il ne put se ressouvenir de la métamorphose qu’il avait faite !!!

 

Souvent les chasseurs ont poursuivi une jolie gazelle, légère comme le vent qui souille sur la mer des tourbillons du désert. Mais ils ont toujours entendu des rugissements terribles qui grondaient dans les ruines de Mansoura et qui effrayaient leurs chevaux. — On voit souvent dans la forêt des oliviers, un lion superbe, qui protège et défend une timide gazelle, —c’est le malheureux Salem près de sa belle amante.

 

 

Dieu seul est Dieu, il est juste et punit les ambitieux comme les femmes infidèles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Halilifa: La Salvatrice de Constantine

5032018

 

 

 

 

 

Dès que son autorité fut bien établie (1700), Mourad-Bey (de Tunis) résolut de tirer vengeance des Turcs d’Alger et de Constantine, il fut encouragé dans ses entreprises par les Henancha, parents de sa mère. Selon l’auteur tunisien Ben-Abd-El-Aziz, la rupture éclata à la suite du refus des cadeaux qu’il avait 
expédiés au dey d’Alger, Hassan Chaouch. Dès lors, Mourad prépara une grande expédition et entra en relations, si déjà cela n’avait pas eu lieu, avec Moulaï-Ismaïl, le sultan de la dynastie chérifienne du Maroc. Il fut convenu entre eux que celui-ci envahirait la province d’Oran, à la tête d’une puissante armée, tandis que Mourad arriverait de l’est. 

 

Au commencement de l’été 1700, le bey tunisien se mit en route vers l’ouest avec des forces imposantes et vingt-cinq canons. Lorsqu’il fut arrivé près de Constantine, il rencontra le bey de cette ville, Ali-Khodja, sorti à sa rencontre, à la tête des troupes turques. La bataille eut lieu à El-Melâb (l’hippodrome) et se termina par la défaite complète du bey qui perdit ses meilleurs guerriers. Mourad fit couper les têtes des ennemis morts et les envoya à Tunis avec ordre de les pendre aux créneaux.  

 

 

Un deuxième combat fut encore plus funeste aux assiégés et chacun s’accorde à dire que si les Tunisiens avaient profité de la stupeur causée par ces revers, ils seraient entrés sans difficultés à Constantine. Mourad préféra entreprendre le blocus régulier de la ville; il le maintint durant trois longs mois, dans le cours desquels il s’empara d’un fort situé, sans doute, sur le mamelon du Koudiat et fut rejoint par Khalil, gouverneur de Tripoli, lui amenant des renforts. 

 

 

 

Selon une tradition recueillie à Constantine,  les assiégés, se voyant perdus,envoyèrent un courrier à Alger pour demander des renforts.
Par une nuit sombre, ils descendirent Ben-Zekri, le Bach-seiar du bey (courrier du cabinet) du haut de la cour romaine, dans un panier de palmier nain. Sa jument Halilifa fut descendue en même temps dans un filet. L’ennemi ne put voir ce manège. Ben-Zekri se rendit auprès du pacha, en trois jours, par la route de Hamza. Il dépeignit si éloquemment la situation qu’il provoqua un mouvement populaire, dans lequel Hassan-Chaouch fut déposé. Le nouveau dey, Hadj-Moustafa, se hâta d’envoyer vers l’est toutes les troupes disponibles pour sauver Constantine. 

 

En mémoire de l’avantage remporté sur Mourad-bey, les gens de Constantine composèrent un mahdjouz, محجوز‘ ou chant de guerre dont on a que les premières strophes. En voici le commencement: 

 

 

Chut! Voici l’armée d’Alger! 
C’est Ben-Zekri qui l’amène, 
Ben-Zekri, l’intrépide cavalier. 
Monté sur Halilifa, 
La mignonne et la soyeuse. 
Halilifa va paître avec les gazelles, 
Et revient avec les vaches. 
Elle se lave les mains 
Et dîne avec le sultan. 
Sa litière est un lit de soie ; 
On emmaillote son corps avec de la mousseline. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Halilifa: La Salvatrice de Constantine dans Attributs d'Algérienneté 1515432458-520px-blason-de-constantine2

Blason de Constantine: L’Azur représente le ciel d’Algérie, les gueules (d’un mot persan signifiant les couleurs) symboliseraient le désert ; ou, selon une autre signification, les gorges du Rhumel (décrites par Guy de Maupassant telles q’un « Abîme rouge comme si les flammes éternelles l’avaient brûlé« ).

Le chevron représente le confluent en amont et près de Constantine des Oueds Rhumel et Bou Merzoug. Certains croient y voir l’éperon des cavaliers arabes. Le barbeau est l’évocation du Rhumel qui traverse la ville ; poisson commun des oueds algériens. La couronne murale est le timbre normal des blasons des cités. Ici, elle a une signification particulière. Constantine (ex. Cirta) était dès la plus haute antiquité, un place forte, entourée de solides fortifications. Quant au cheval, à robe noir de Numidie (gai signifiant nu c’est à dire ni sellé ni bridé), il rappelle l’importance de l’animal de selle pour les populations de la région. Il peut rappeler aussi le souvenir de la célèbre jument noire Halilifa, passée dans la légende arabe, qui par son instinct, sa vigueur et son galop, contribua à la délivrance de Constantine assiégée par les Tunisiens en 1700.


 

 

 

 

 

 

 

A cette nouvelle, Mourad leva le siège de Constantine et s’avança à la rencontre des Algériens. Les deux troupes se trouvèrent en présence à Djouamâ-El-Eulma, auprès de la zaouia de Mâmmra, à une journée à l’est de Sétif. Pour contrebalancer l’avantage du nombre qui était aux Tunisiens, les Algériens attaquèrent courageusement, à l’improviste et sans doute de nuit, leurs adversaires, dans leur camp, et 
en firent un carnage horrible; bientôt les débris de l’armée tunisienne, avec le bey en tête, furent en déroute (3 octobre 1700). Le butin recueilli par les Algériens et le nombre des prisonniers qu’ils arrêtèrent furent considérables. Ils ne tardèrent pas à arriver à Constantine, tandis que Mourad gagnait Tunis, sans avoir pu rallier ses fuyards, avant le Kef. 

Peu après, le cherif Moulaï-Ismaïl était entièrement défait, dans la région du Chelif, par l’heureux dey d’Alger, 

 

Ali Khoudja, bey de Constantine, avait été tué, soit dans une sortie, soit dans la dernière bataille. Il fut remplacé par Ahmed, fils de l’ancien bey 
Farhate, dont la famille avait déjà fourni trois beys au pays. 

Cependant, à Tunis, Mourad, en dépit des bons offices de la Porte qui avait voulu amener ses représentants de Berbérie à conclure la paix, se préparait à une nouvelle campagne. Au mois de mai 1702, il sortit de Tunis à la tête de toutes ses troupes; mais parvenu à l’Ouad-Zerga, 
près de Badja, une sédition, depuis longtemps préparée par ses officiers, éclata dans son camp et il périt massacré. Son agha des spahis, Ibrahim-Chérif le frappa le premier et recueillit son héritage. Les parents du malheureux Mourad furent recherchés et mis à mort, ce qui détermina son aïeul maternel, le cheikh des Henanecha à se rapprocher des Turcs de Constantine. Bientôt, cet Ibrahim-Chérif réunit en sa personne les fonctions de bey, de dey et de pacha et ainsi fut détruite une division de pouvoirs qui avait été si funeste à l’autorité turque, à Tunis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Timgad: L’Arc de Triomphe (De Trajan)

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Timgad: L'Arc de Triomphe (De Trajan) dans Archéologie 1515340907-timgad-une

 

 

 

 

Il importe de distinguer entre l’arc [fornix], élevé par un particulier pour rappeler sa mémoire ou pour orner une ville et l’arc de triomphe (arcus triumphalis), érigé pour perpétuer la gloire d’une victoire.

Sous la République romaine, les arcs permanents dont il est fait mention, rentrent dans la première catégorie; à cette époque, on n’employait que des constructions provisoires en bois, jetées en travers de la rue par où passait le triomphe et retirées après la pompe.

Plus tard, sous l’Empire, ils lurent convertis en édifices permanents, bâtis en marbre et élevés dans différentes parties des villes, aussi bien à Rome que dans les provinces. Petits d’abord et sans faste avec une seule arcade, ils prirent dans la suite des proportions plus grandes et furent recouverts de sculptures et de statues, comme, par exemple, l’arc de Septime Sévère à Rome, ceux de Titus, de Constantin, etc.

L’arc formant une des entrées du Forum à Pompéi s’appelait Fornix; il en était de même des arcs élevés par Scipion l’Africain avant le commencement d’une campagne, et par L. Sterninius à l’expiration de son commandement qui se termina sans qu’il obtint les honneurs du triomphe.

« Les portes et les arcs de triomphe, très rares chez les Grecs, sont très fréquents chez les Romains. Aussi ces monuments, issus des circonstances politiques du peuple romain, portent-ils l’empreinte exclusive du génie artistique de Rome » (1)

La différence entre les portes grecques et les portes romaines au point de vue de la structure est dans l’emploi de la voûte qui caractérise ces dernières. Le système de plates-bandes des Grecs et leurs savantes superpositions de pierres en surplomb ne put jamais atteindre l’effet produit par l’arc des Romains.

La forme la plus simple pour les portes est l’arcade unique; il y en a des exemples nombreux et notamment en Afrique à Lambèse , à Marcouna, à Djemilah, à Khremissa, à Announa, à Zana, à Haydra, etc., etc. Viennent ensuite les portes à trois passages, dont celui du milieu est plus élevé que les deux autres. Tels sont : la principale entrée de Pompéi en venant d’Herculanum; les arcs de Septime Sévère et de Constantin à Rome; de Septime Sévère à Lambèse; de Trajan à Thamugadi, etc. 

Ce dernier monument est fort bien conservé. Une inscription (2) dont quelques fragments ont été trouvés en 1853 par un officier, M. Becker, et revus plus tard par Masqueray, ne laisse aucun doute sur l’époque de sa construction. En voici la traduction:

« L’empereur César Nerva Trajan Auguste le Germanique, 

fils du divin Nerva, 

souverain pontife, revêtu pour la quatrième fois de la 

puissance tribunice, trois fois consul, père de la patrie, fonda la colonie Marciane Trajane de

Thamugadi par les soins de la IIIe légion Auguste, Lucius Munatius Gallus étant légat 

impérial propréteur. »

 

C’est donc bien en l’an 100 de notre ère qu’il faut faire remonter la fondation de la cité, le troisième consulat de Trajan coïncidant avec cette date. 

 

 

 

L’Arc de Trajan est le plus élégant de proportions de tous ceux qu’on rencontre en Afrique où ils sont fort nombreux. Le style de ses sculptures, fort soigné, est très particulier et son ordonnance architecturale est remarquable. Les matériaux qui le composent sont : le grès du pays, le calcaire blanc de Menah et le marbre; ce mélange produit une diversité de tons du plus heureux effet.

 

La grande arcade du milieu a 6 m. 93 de hauteur sur 4 m. 20 de largeur et 3 m. 10 d’épaisseur. Elle est surmontée d’un entablement complet et d’un attique n’ayant plus qu’une partie de son architrave . Au-dessus des deux arcades des côtés se trouvaient des niches rectangulaires ornées de statues et décorées de colonnes en marbre coloré reposant sur des corbeaux finement sculptés en pierre calcaire de Menah. Des frontons circulaires (3) couronnaient ces travées latérales : ils n’existent plus dans la partie Sud. Quatre belles colonnes détachées, à cannelures garnies de rudentures dans la partie basse, flanquent les deux faces principales du monument; elles sont en calcaire blanc (et non pas en marbre, comme on l’a dit souvent). Portées sur des piédestaux en grès jaune, elles ont 0 m. 60 de diamètre à la base et 5 m. 7o de hauteur; l’ordre en est corinthien et les chapiteaux des colonnes du milieu de la face occidentale ont des aigles sculptés en forme de caulicoles. Suivant l’usage, un groupe de figures avec quadrige devait occuper le dessus de l’attique. En ce qui concerne l’appareil, le clavage des arcades dépasse la largeur des archivoltes, ainsi qu’on en rencontre tant d’exemples dans la construction des édifices romains.

 

Des bornes milliaires, qui se trouvent du côté Ouest de l’Arc de Trajan, prouvent que ce monument servait de point de départ pour compter les distances. Deux piédestaux hexagonaux (4) sont placés devant les colonnes qui encadrent la grande baie centrale de l’arc, sur la face Est. Sur celui de droite on voit une dédicace à Mars, malheureusement très mutilée; celui de gauche porte une inscription dont voici la traduction:

« A la concorde des Augustes, nos maîtres : l’empereur L. Septime Sévère et Marc-Aurèle Antonin-le Pieux, heureux, Auguste, Parthique-le-Grand, Britannique-leGrand, Germanique; Augustes, et de Julia Augusta, L. Licinius Optatianus, à 

cause de l’honneur du flaminât perpétuel, avait promis d’élever des statues moyennant 20 mille sesterces, avec leurs bases, et cela en plus de la somme légale qu’il devait pour cet honneur; il a augmenté encore la somme et, finalement, a élevé les dites statues pour 35 mille sesterces; il a distribué en outre des cadeaux aux 

décurions, a offert un repas aux curies, a donné des

 jeux scéniques et a dédié le monument. »

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Decumanus maximus vers l’Arc

Le decumanus maximus est un axe routier est ouest.

 

 

 

 

 

 

En suivant le Decumanus dans la direction de Mascula et de Théveste, on rencontre les ruines de l’arc  dont les colonnes gisent à terre; il en est de même de la porte orientale de la ville située plus loin et qu’on peut désigner sous le nom de porte de Mascula. Nous n’avons aucun renseignement sur celle qui se trouvait au sud de la cité; jusqu’ici son emplacement ne saurait être déterminé. Il est fort probable qu’elle a été démolie pour être réemployée dans la construction du Fort byzantin qui a été élevé près de là.

La porte Ouest ou de Lambèse, au contraire, a été mise à jour par soins; elle était ornée de quatre colonnes (5) sur chaque face et percée d’une seule ouverture, large de 4 m. 12; les trous destinés à recevoir les pivots de la fermeture existent encore.

La porte Nord  qui conduisait à Cirta, a été également déblayée; elle est bien plus épaisse que la précédente. Son unique ouverture était flanquée de deux pièces servant de corps de garde ou de postes pour les gardiens; on y pénétrait par une petite entrée disposée latéralement. Une colonne engagée et un pilastre de même saillie, d’ordre corinthien, décoraient chaque côté des deux faces Nord et Sud. La largeur de l’arcade est de 3 m. 50; là aussi on voit les trous des pivots creusés dans une dalle. Les pilastres et les colonnes ont 0 m. 75 de largeur à la base; l’épaisseur des bâtiments de la porte est de 4 m. 20; les portes ont 2 m. 75 sur 2 m. 65. En avant de la porte, de chaque côté de l’ouverture centrale, nous avons constaté sur le dallage la trace de piédestaux, aujourd’hui disparus, dont la base mesurait 2 m. 15 x 2 m. 15.

Deux inscriptions ornaient les faces Nord et Sud de l’attique de l’édifice : l’une est identique à celle de l’Arc de triomphe, à part de légères différences dans la disposition des lettres; l’autre est une dédicace à Antonin-le-Pieux et nous reporte à l’année 148. On la traduit ainsi:

« A l’empereur César, fils du divin Hadrien, petit fils du divin Trajan le Parthique, arrière-petit fils du divin Nerva, à T. Hadrien Antonin-le Pieux, Auguste, père de la patrie, empereur pour la deuxième fois, grand pontife, revêtu pour la vingt-deuxième fois de la puissance tribunice, consul pour la quatrième, L. Novius Crispinus, légat impérial propréteur, consul désigné, patron de la colonie, dédia ce monument par décret des décurions, avec les deniers publics. »

 

De la présence de ces deux inscriptions, il résulte que la porte Nord étant, comme l’arc dit de Trajan, datée de l’an 100, pourrait, aussi bien que l’Arc de triomphe, porter le nom du grand empereur. En second lieu, la dédicace de l’an 149 semble indiquer que le monument a été terminé à cette date ou, plus probablement, a été l’objet de quelques remaniements.

Le même raisonnement doit s’appliquer à la porte de Lambèse, au bas de laquelle L. Renier a découvert une inscription incomplète, nous reportant à vingt années plus tard. Elle est ainsi conçue:

« A l’empereur César MarcAurèle Antonin Auguste, l’Arménien, le grand Parthique et Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la vingtième fois de la puissance tribunice……….empereur pour la……fois, consul pour la troisième; et à l’empereur César L. Aurelius Verus, Auguste, F Arménien, le grand Parthique, Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la septième fois de la puissance tribunice…. empereur pour la…….fois, consul pour la troisième »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): La vie antique, par 0. Riemann, p. 143.

 

(2): Cette inscription était jadis gravée sur la face Ouest de l’attique de l’arc: elle avait t m. 10 de haut et 2 mètres de largeur. Celle qui figurait sur l’autre face n’a pas été retrouvée.

 

(3): L’arc de triomphe de Timgad est peut-être le seul ayant cette disposition de frontons circulaires.

 

(4): En examinant avec soin le dallage sur lequel reposent ces piédestaux, on remarque la trace de deux autres bases rectangulaires qui ornaient primitivement le bas de l’arc de triomphe.

 

(5): Ces colonnes cannelées avec rudentures à la partie inférieure ont 0 m. 65 de diamètre inférieur; 0 m. 55 de diamètre supérieur. La hauteur du chapiteau est de 0 m. 65 ; de la base, 0 m. 29. Les colonnes, détachées, sont adossées à des pilastres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




تعليلة / La Ta’lîla Blidéenne

1032018

 

 

 

 

 

تعليلة / La Ta'lîla Blidéenne dans Attributs d'Algérienneté 1514833448-mariage-algerie

 

 

 

 

 

 

La ta’lîla se chante à Blida à l’entrée de la mariée dans la maison du mari; le lendemain, pendant que la coiffeuse la pare pour la taçdira; pendant la taçdira (présentation) qui est le défilé des connaissances et amies; le jour de la circoncision de l’enfant, au moment où on lui change ses habits ; enfin, (et quoiqu’il ait un caractère tout à fait féminin) quand l’enfant célèbre une khatma, c’est-à-dire clôture une période de ses études coraniques, ainsi qu’au retour d’un membre de la famille revenant du pèlerinage. Il est chanté dans l’appartement des femmes par des femmes, ordinairement un trio composé d’une meddah’a ou mo’allema, frappant sur des t’bilât (doubles tambourins) avec deux baguettes (mat’rîqât), tandis que deux khmâmsa (ou accompagnatrices) jouent du bendair (grand tambourin). C’est une vieille coutume, ce semble, qui n’est pas sans avoir gardé un sens religieux. 

 

 

 

 

La ta ‘lîla que nous donnons étaient le seule en usage à Blida, voire à Coléa et Cherchel. 

 

 

 

 

Elle se compose ; 
1° d’un souhait de bonheur (passage ne. 2) ; 

2° de l’éloge de la femme en l’honneur de qui on la chante (passage n° 3); 

3° au début et à la fin, d’un éloge du prophète (passage 1 et 4), qui doit atténuer ce que pourrait comporter de dangereux les compliments et les vœux formulés.

La rime se réduit à une assonance dans l’avant dernier vers. Elle ne se trouve pas dans le 4e avant dernier, pas plus que dans le 3e; en revanche les 
syllabes sont exactement comptées dans tous les vers. 

 

 

 

 

 

 

 

-1-

 

المداحة: اسمعوا يا الحاضرين المقربين * يا النبي خير الورى صلوا عليه 

 

الخمامسة يعاودوا

 

المداحة: النبي ريته 

جواب: صلى الله عليه 

 

المداحة: داخل لبيته 

ج: صلى الله عليه 

 

المداحة: آه يا على ولولوا علينا 

الخمامسة يعاودوا و النسا يولولوا 

 

المداحة: ما ولدت يامينة 

ج: صلى الله عليه

 

المداحة: ما ربّات حليمة 

ج: صلى الله عليه

 

 

 

-2- 

 

المداحة: يا بياضي يا مسّعدي 

الخمامسة يعاودوا 

 

 

المداحة: يا بياضي السّعد عليها

الخمامسة يعاودوا 

 

 

 

-3-

 

المداحة: قعدوها فوق الكرسي 

الخمامسة 

المداحة: و الاميمة عليها توصي 

المداحة: قعدوها فوق المطرح 

المداحة: و الاميمة عليها تفرح 

 

 

 

 

-4-

 

المداحة: الصلاة على رسول الله * و الكمال على الحبيب ربي 

الخمامسة يعاودوا 

 

المداحة: وين راه محمد الهادي * فرحي به يا فرحة كبادي 

الخمامسة يعاودوا 

 

المداحة: وين راه محمد المحبوب * سيدي صاحب العطا و الجود 

الخمامسة يعاودوا 

 

المداحة: اسمعوا يا الحاضرين المقربين * يا النّبي خير الورى صلوا عليه 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On reconnait nettement le remel d’où est sorti cette forme de vers; il suffirait de prononcer « اسمعوا » par exemple, pour qu’il fut parfait dans le 1er hémistiche.

 

Mesure : 2 hémistiches à 10 pieds 2 hémistiches de 4 pieds + 1 vers de 7 pieds + 2 hémistiches de 6 syllabes 

 12 hémistiches de 7 syllabes + les 2 hémistiches du début à 10 pieds. 

 

 

 

 

 

 

 

 

TRADUCTION

 

 

 

 

 

La chanteuse (meddali ‘a ou mo ‘allema) seule : 

Écoutez, honorables personnes ici présentes! 

Le Prophète, la meilleure des créatures ! Bénissez-le ! 
[Les Khemamsa (accompagnatrices) répètent ]

 

 

La Meddah’a : Le Prophète je l’ai vu ! 
Les Khemamsa : Que Dieu le bénisse ! 

 

 

La Meddah’a : Dans l’intérieur de sa maison ! 
Les Khemamsa : Que Dieu le bénisse ! 

 

 

La Meddah’a : Ah! ah! pour nous ! Poussez des you you pour nous ! 
[Les Khemamsa répètent et les femmes de l'assistance
poussent leurs cris de joie.]

 

 

La Meddah’a : Ah ! qu’est-ce qu’a enfanté Yamina?
Les Khemamsa : Que Dieu le bénisse ! 

 

 

La Meddah’a : Qu’est-ce qu’a élevé H’alîma?
Les Khemamsa : Que Dieu le bénisse ! 

 

 

 

 

 

 

 

2° La Meddah’a : Ô ma blancheur (chance), ô mon porte-bonheur. 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

La Meddah’a : Ô ma blancheur, que le bonheur soit sur celle-ci ! 
[Les Khemamsa répètent.] 

 

 

 

 

 

 

 

 

3° La Meddah’a : On l’a assise sur la chaise ! 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

La Meddah’a : Et sa mère lui a fait ses recommandations !
[Les Khemamsa répètent.]

 

La Meddah’a : On l’a assise sur le matelas ! 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

La Meddah’a : Et sa mère s’est réjouie en elle ! 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

 

 

 

4° La Meddah’a : Bénédiction sur le Prophète de Dieu 

et que la plénitude (des vœux) soit sur l’ami de mon Maître ! 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

La Meddah’a : Où est Mohammed, le guide? Ma joie est 
en lui (comme en toi), ô réjouissance de mes entrailles ! 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

La Meddah’a : Où est Mohammed, le bien-aimé, mon 
seigneur, celui qui sait donner et se montre généreux! 
[Les Khemamsa répètent.]

 

 

La Meddah’a : Écoutez, honorables personnes ici présentes. 

Le Prophète, la meilleure des créatures! Bénissez-le !  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les zdjûl ou le membre oublié du répertoire constantinois

27022018

 

 

 

 

 

Le zadjal appartient à la poésie postclassique arabe, genre souvent présenté comme un dérivé du Muwashshah, qui signifie « émouvoir avec la voix chantée ». Ces formes poétiques sont réputées être nées en al-Andalus à partir du XIIe siècle.  

Zdjûl (sing. Zdjal) qui, notons-le, est le plus souvent au pluriel, est employé ici dans le sens de forme musicale constantinoise semi-populaire citadine.  

Dans le répertoire constantinois, ces genres poétiques se retrouvent dans les pièces dites classiques, c’est-à-dire les nûbât (sing. Nûbâ), les silsilât (sing. Silsila) et les naqlabât (sing. Naqlâb).    

  

Les interprètes des zdjûl étaient nommés les zddjâlâ (sig. Zaddjâl) ou bukhalfi ou encore hshâyshiya (sing. Hshayshi) de haschisch. Ils font l’objet de récits légendaires. Ils avaient, dit-on, la passion des fleurs, des oiseaux et des zdjûl d’où fut tiré leur principal nom. Les zaddjâlâ étaient pour la plupart des fumeurs invétérés de haschisch et se retrouvaient dans les lieux que l’on appelait les mahshâshât (sing. mahshasha) ou dans les fnâdiq (sing. Funduq) où les zaddjâlâ célibataires louaient des chambres à l’année. Ils étaient le plus souvent artisans. Ils se livraient à nombreuses activités en groupe, comme la chasse au porc-épic et au hérisson, la capture des oiseaux réputés pour leurs chants, la culture des fleurs.  

 

 

 

 

 

 

 

Aperçu sur le contenu du répertoire constantinois  

  

Les zaddjâlâ se retrouvaient dans les mahshasha ou dans les byût situés intra-muros dans la médina constantinoise ; ceux qui s’adonnaient au mâlûf avaient leurs espaces, leurs territoires dans les funduq. Il existait des différences sociologiques et esthétiques entre ces milieux. Cependant, la société constantinoise était structurée de telle sorte que les milieux n’étaient pas totalement étanches.  

Pour chaque forme existe une structure orchestrale particulière. S’agissant de l’interprétation du répertoire dit classique, l’orchestre typique est constitué de cinq instruments : le ‘ûd al-‘arbi (luth constantinois), le kamandja (violon alto), le djuwâq (flûteoblique traditionnelle), la darbûka et le târ (tambourin). En matière de répertoire populaire, l’orchestre est sensiblement le même à l’exception du djuwâq remplacé par la zurna ou zukra. En plus de la darbûka, l’orchestre compte les zunûdj et les nogharât.  

Le répertoire constantinois, terrain vièrge de toutes définitions musicologiques ou ethnomusicologiques, reste difficile à structurer tant il foisonne de formes. Le premier classique, et le second, populaire se compose de mhâdjaz (sing. Mahjûz), de hwâza (sing. Hawzi), de ‘rûbî, de qadryât (sing. Qadrya). Les maîtres classent sans aucune hésitation les zdjûl dans le répertoire populaire. Cependant, on a quelque difficulté à accepter ce classement , puisque des zdju^l nommés mshâglin font partie de nûba constantinoises, à l’initiative de Ali Khodja Ali Hsouna (1896 – 1971), selon plusieurs sources.     

Les zaddjâlâ interprétaient également les madâyh (sing. Madh ou madha) : louanges. La facture des textes dans le genre madh est locale et concerne aussi la forme populaire mahdjûz. Les thèmes, toujours relevant du sacré, sont voués à la glorification de Dieu, du Prophète Mohammed et des Saints patrons de la ville.  

 

Pour le répertoire classique malouf, on retient la définition suivante : المألوف سماعه (ce que l’on s’est habitué à écouter) ou تأليف (composition). Cependant Stofa Msamri a une autre explication étymologique de ce terme. En tant que zadjâl, sa définition ne pouvait qu’avoir un lien avec les oiseaux. Le mulet, croisement entre le chardonneret et le canari, était nommé par les habitants de al-Andalus mu’alif (composé) puis mâlûf, nom également donné aux pièces composées aux formes poétiques muwashshah et zadjel réunies. Si les pièces n’étaient composées que de muwashshah, elles étaient nommées nûba.  Cette définition paraît raisonnable et surtout passionnante. Elle rejoint la racine تأليف (composer). Elle oblige à reconsidérer une grande partie du répertoire, à poser la question de savoir si à l’origine les nûba au Maghreb n’étaient pas constituées que de muwashshah, ce qui n’est pas le cas du répertoire constantinois, enfin s’interroger sur le classement possible de ces pièces actuellement. Pourquoi ne pas imaginer qu’à l’avènement du zadjal, l’on a commencé à composer des pièces faites d’un mélange des deux formes poétiques appelées mu’alafa, puis mâlûf ?  

  

 

 

 

 

 

Le répertoire des Zdjûl  

 

Les vieux maîtres Constantinois se souviennent que leurs prédécesseurs témoignaient d’une interprétation très ancienne des zdjûl exécutée uniquement par le shaykh (maître) sans l’aide de choristes ou khmâmsa (sing. Khamâs). Il est difficile, voire impossible, de mettre une date sur une composition ou un changement survenu dans l’interprétation des pièces de ce répertoire – tradition orale oblige -, on la situe approximativement entre le XVIe et le début du XXe siècle.  

  

La musique pratiquée dans les funduq à cette époque n’était pas un exercice obligé, rétribué, mais un exercice de type quasi identitaire. Ces musiciens étaient des amateurs avertis et non des professionnels. Pour interpréter les zdjûl, les zaddjâlâ s’asseyaient à même le sol en cercle sur des nattes. Les meilleurs éléments de la chorale se tenaient en face du maître selon belakahal et en cercles successif selon Lemsamri. L’emplacement du shaykh était appelé صدر المكان (cœur de l’emplacement). L’instrument de prédilection de cette forme est la darbûka tenue par le shaykh. Le rythme était orné et accentué par les zunûdj et les nagharât. Hormis la darbûka, les instruments exclusivement à percussion des zaddjâlâ sont aujourd’hui utilisés dans les orchestres de la confrérie isâwâ. Le rôle des khmâmsa par rapport au rythme est important, car à l’aide de claquements secs des mains ils l’accentuent au début de la pièce puis, au fur et à mesure que le tempo accélère. Pour y avoir assisté, Toumi témoigne de ces pratiques.  

Voici, selon Lemsamri, la description d’une séance musicale ou hadrâ de zaddjâla, d’après le témoignage de son mâtre Berrashi, lui-même n’y ayant jamais assisté. Avant la séance musicale, le groupe aménageait la pièce du concert, veillant à la propreté, l’ornant de fleurs, de cages d’oiseaux, de poissons dans un dâgura (bocal), préparant une mixture à base de miel pur et de beurre (mukh al shaykh) pour adoucir la voix du chanteur, remplissant les étuis (mtâwî ) de kif pour bourrer les pipes traditionnelles. Puis les membres réunis s’installent selon une hiérarchie définie 

 

 

 

 

 

 

Structure des zdjûl  

Les textes se présentent sous la forme de couplet (bayt بيت prononcé bît à Constantine) et de refrain (matla’ مطلع prononcé tâlâ’ طالع). La rime n’est pas toujours respectée et les poèmes ont une disposition différente selon l’origine du texte et la date de création. Il existe une forme de zdjûl rare appelée qaçdawât (sing. Qçida). Ces textes intercalent entre le couplet et le refrain quelques vers que l’on appelle qçida. La technique, quant au chant de la partie qçida, consiste en la répétition par la chorale du dernier hémistiche du vers.  

Nous ne pouvons traiter des textes des zdjûl sans signaler le genre madh qui concerne aussi la forme populaire mahdjûz. Par ailleurs les termes techniques relatives à la poésie sont identiques à ceux employés par les musiciens. Ces termes n’ont aucune commune mesure avec ceux de la poésie classique. Le madh débute le plus souvent par un refrain, il enchaîne avec un couplet appelé rkâb, puis la tarqîsa, puis un autre refrain nommé cette fois turîda pour retomber sur le rkâb et ainsi de suite. Les Zaddjâlâ interprètent le madh en début de séance musicale, et lorsque la chorale n’est pas au complet. 

 

 

 

 

 

 

 

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Exemple d’une Structure Mélodique   

 

Les Zaddjâlâ appelaient la partie musicale de la pièce hula (parure), car une fois le texte écrit, la musique que lui était adaptée était considérée tel un habillage luxueux. Ce style de poésie, nouveau pour l’époque, possède une structure poétique spécifique, des variations de mètres en liaison étroite avec l’art musical. Cette forme ainsi définie est exclusivement interprétée à Constantine.  

 

On a choisi de transcrire le premier couplet de la pièce « الفجر حين يشرق » (Lorsque l’aube paraît) qui sera utilisé pour l’analyse du rythme. L’enregistrement sur lequel le travail a été fait est très ancien.  

Voici l’extrait de la poésie dont la mélodie est transcrite xi-après:  

 

 

 

 الفجر حين يشرق 1     

من صياه الآفاق 2  

و الطير متقلق 3 

و كل نائم فاق 4   

 

 

 

Ces deux vers comptent deux thèmes mélodiques. Chaque thème couvre un hémistiche. le premier thème est contenu dans les hémistiches1, 2, et 4. Le troisième hémistiche est interprété dans le second thème. Le chant est marqué d’une sorte de mélismes appelés des taranumât, ici du type suivant: la lu yâ lalâ a lal.  

 

 

 

 

 

       

 

Les zdjûl ou le membre oublié du répertoire constantinois  dans Musique 1515057565-sans-titre

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Structure Rythmique, Instrument à Percussion et Gestuelle liée au Quatrième Temps 

 

 

 

Chaque pièce commence sur un tempo lent thaqîl (lent) et enchaîne avec une seconde partie khafif (léger) à trois allures. Dans cette dernière partie, les choristes interviennent en accentuant le rythme par un claquement des mains. le meneur met quelques accents sur des points précis de la cellule rythmique que nous représentons ainsi: ‘<’ et le claquement des mains est représenté comme suit: ‘- – X – -’ . A côté de la darbûka nous retrouvons les naghrât; le nagharadji exécute exactement la même cellule rythmique que le drâbki, le rôle des zunûdj est d’orner le rythme.  

 

  

 

 

 

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Lorsque le tempo est de plus en plus accéléré, les khmâmsa marquent par le claquement des mains chaque temps et pour le quatrième temps qui est un silence, ils font certains gestes tel que croiser les mains sur la poitrine ou croiser les poignets, rouler les mains en un demi-cercle. Certains de ces gestes rappellent ceux pratiqués par la confrérie ‘Isâwâ’. 

 

 

 

 

 

 

Interprétation de Cherif Berrashi (petit-fils du maître M’ammar Berrashi)

 

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Vie et Mœurs des Interprètes des Zdjûl   

 

 

Ils n’étaient ni épicuriens, ni membres de confréries religieuses, ni adhérents d’associations artistiques et encore moins membres d’une corporation professionnelle spécifique. Parmi ces hommes, on croisait le brodeur, le tisserand, le sellier, l’ébéniste, le cordonnier. Une fois leur travail terminé, ils prenaient le chemin du funduq pour s’adonner à leur passion du chant des zdjûl. Était-il possible pour un Zaddjâl d’échapper à la règle du Hshâyshi? Rarement, selon de nombreux Constantinois. Les Zaddjâlâ fumaient pour le plaisir et aimaient ce qui leur reppelait la lointaine al-Andalus. De même, la chasse à l’ortolan était empreinte de nostalgie : ils préféraient ce petit migrateur au chardonneret, et même au rossignol, en tant que symbole d’une Andalousie perdue. Ils se retrouvaient dans les cours (tabi’ât) et les pièces des funduq, dans certains cafés dont celui de Sidi Guessouma, dans certaines demeures privées.  

 

 

Parmi les maîtres connus des zdjûl, citons: Sâlah Dj’îdar; Abd al-Krîm Chikarli « Ben CIgâr« ; Ben Abd Lahfidh « Ba’çûç » (décédé le 27 mai 1957); Khodja « Zmîto« ; Abûd Ben Kashkash « Qwâq« ; Ahmed Qisarli « Shaykh piaono« ; Ismaïl Qradshi, Bouhouala Omar « Fard Tabia« *; M’ammar Muhamad Berrashi; Lemsamri Mustafa. La date de naissance de certains reste difficile à déterminer.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visites des Funduq Constantinois   

 

 

 

L’exercice musical était significativement lié aux funduq, passage obligé pour toute acquisition musicale. Les plus importants funduq à Constantine étaient: Azûz Ben Hadj Mustafa, Ben Azéim pour le quartier (suiqa), Qisarli (sûq al-açar), Sidi Gsûm (rahbat aç-çûf) et funduq az-Zayt. C’était des lieux de pratique musicale où se retrouvaient après les heures de travail mélomanes et musiciens amateurs ou professionnels. Les Zaddjâlâ célibataires habitaient dans les funduq. Ces espaces d’une  propreté  méticuleuse comprenaient une cour intérieur tarbî’a – car elles sont de forme carrée – tapissée de mosaïques et ornée de pots de fleurs et de cages d’oiseaux. Par extension, ce mot désignait toute cour intérieure spacieuse des maisons traditionnelles, les cafés maures tapissés de nattes, des espaces situés devant des maisons privées, les chambres spacieuses des funduq ou autre…. 

 

La musique pratiquée dans les funduq n’était pas un exercice obligé, rétribué,  c’était un exercice de type quasi identitaire. Dans chaque funduq, une pièce était réservée à un shaykh. Les Zaddjâlâ se réunissaient surtout les jeudis après-midis après la prière de l’après-midi (al-’açr) et les vendredis soirs jusqu’aux environs de minuit. 

 

 

 

 

 

 

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Foundouk Beni Abbes – Place des Chameaux / © Constantine Hier et Aujourd’hui

Le foundouk a  joué un grand rôle dans la transmission de la musique savante.Ils furent, à côté des zaouïas, et dans un tout autre genre, «des lieux de référence des pratiques les plus régulières de la médina qui disposent de leurs codes d’accès et de leurs rites d’appartenance», analyse Abdelmadjid Merdaci dans son Dictionnaire des musiques citadines de Constantine.

 

 

 

 

 

 

 

Le Rituel lié à La Chasse                           

 

 

 

L’hiver, les Zaddjâlâ chassaient le porc-épic et le hérisson. Les préparatifs duraient plusieurs jours et cette chasse se déroulait non loin de la ville parfois à Barika à quelques kilomètres de Constantine. Le départ des chasseurs était, selon certaines sources écrites, un véritable spectacle. La rayas (chef, capitaine) était en tête , suivi de son groupe et des chiens, et tenait le guarguît, lance pour neutraliser l’animal. Ils choisissaient l’hiver pour chasser le porc-épic engourdi par le froid dans son terrier appelé madîna (ville), abrupt et rocheux, fait d’un dédale de plusieurs ouvertures. A l’aide de pioches, ils élargissent l’une des ouverture du terrier, puis au tour des chiens de déloger l’animal. Une fois à l’extérieur, le chasseur lui enfonce la flèche dans les flancs, puis l’égorge. de retour au funduq, ils exposaient leurs prises recouvertes d’un régime de dattes. la chair du porc-épic était très appréciée des Constantinois. après la cuisson, ils coupaient du pain traditionnel et versaient des_sus la sauce; ce plat était appelé à Constantine ‘shakhshûkhat al-gualîl’ (ratatouille du pauvre). Avant de servir les membres du funduq, ils en offraient aux maisons avoisinantes. Le soir même , un concert était donné en l’honneur de cette chasse. La patte de l’animal servait de porte-bonheur et les piques étaient utilisés pour orner les chambres et fabriquer des cages d’oiseaux.  

 

 

 

 

 

 

 

 

La Capture des Oiseaux et La Culture des Fleurs  

 

Selon Toumi, au mois d’Avril, les Zaddjâlâ capturaient des oiseaux tels que l’ortolan, le rossignol, le chardonneret, qui migraient par Constantine, à Hanana ou H’djar an-çara, non loin de al-ghrâb à proximité de la ville. De tous les oiseaux, les Zaddjâlâ préféraient l’ortolan, ‘al-uçfur’, car, disaient-ils, il chante peu mais harmonieusement. Ils organisaient une sélection ‘içafiw entre leurs captifs, en posant les cages dans la verdure et en écoutant leurs chants dans un silence religieux. La qualification se faisait selon la qualité du chant et lo mode: celui-ci est un hsayn bu zûdj (hsayn à deux), l’autre est un hsayn ou rab’a (hsayn à quatre), le troisième est un guarab’i, et le quatrième est un tâlib. De tous, le tâlib était le moins bien classé.  

J’ai assisté à cette sélection raconte Toumi avec nostalgie. A Maiza complète ainsi: « […] Celui-ci est un hsayn car son chant est aussi mélodieux que celui du rossignol; d’après eux il chante la gloire de Dieu. Sa mélopée veut dire Est venu, venu, venu Sidi est venu […]. Celui-là est un talîb (maître d’école coranique) considéré comme avare parce qu’il garde son savoir rien que pour lui.[…] Il semble dire donne, donne, donne et cache. Cet autre est un haddad (forgeron) du fait que son chant est saccadé et métallique. Le quatrième est un guarb’i: son chant rappelle le vacarme des ustensiles de cuisine. Le cinquième est un qazqâz ou qzâqzi, car son chant est entaché de bégaiement. En dernier vient le tozân. C’est celui qui chante faux et rauque donc sans intérêt.

Lamsamri explique que les Zaddjâlâ préféraient l’ortolan mais qu’ils capturaient aussi les autres espèces et pour chacune d’elles, ils réservaient des noms qui servaient à qualifier leurs chants. Voici selon ce musicien les noms réservés à l’ortolan, il en existait quatorze, mail il ne se souvient que de dix: hsaynî; guarab’î; qarâr; zandjalî, barwâlî; qzâqzî; tarâr; buwâq; talîb; tiyâ….Cette chasse était bien sûr l’occasion de chanter les zdjûl de louanges à la nature et à la puissance divine.  

 

Dans les funduq, les Zaddjâlâ cultivaient des fleurs et des plantes en pot ghrîsâ: le jasmin, les roses, le narcisse blanc, les œillets, le basilic, etc.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anecdote Autour des Zaddjâlâ  

 

 

 

 

Le légendaire Fard Tabia connaissait plus de 1 500 zadjal auxquels il faut rajouter les madh (louanges). Lors des veillées du mois de Ramadan, il interprétait trois zdjûl et un madh. On raconte qu’il ne chantait jamais la même pièce pendant tout le mois saint. Un des lieux mythiques des veillées du mois de Ramadan était les douches Ben Zekri. Situé au bord de la falaise du rocher portant la ville de Constantine, ce leir de rencontre des ‘âladjiyâ (musiciens instrumentalistes) surplombait le Rhumel. Après la rupture du jeûne, les hommes s’y retrouvaient pour se détendre, prendre une douche et écouter les plus grands noms du répertoire constantinois. Non loin des douches Ben Zekri se trouvait le café al-Nadjma appelé aussi al-Gufla, où se produisaient les plus grands maître du genre constantinois. Il y avait aussi le café Sidi Gsûm.  

 

 

 

   

 

 

 

 

La Dispute de Berrashi et Fard Tabia

 

 

 

 

 

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 © Constantine Hier et Aujourd’hui

 

 

 

 

 

On rapporte que dans le funduq de Sidi Slimân eut lieu une soirée de Zaddjâlâ. Alors que Fard Tabia était allé faire sa prière, Berrashi M’ammar prit la liberté d’interpréter une pièce. A son retour Fard Tabya chanta les khâwâ**, c’est-à-dire interpréta ce que M’ammar venait de chanter, mais aussi deux autres pièces jumelées que ce dernier ne connaissait pas. Cette intrusion dans le monde du maître par Berrashi était inacceptable. Furieux, Fard Tabia s’adressa violemment au musicien téméraire en ses termes: Tu n’es rien d’autres qu’un bon khamâs (choriste).  

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une séance de Zaddjâlâ, le chef est appelé al-râyas (capitaine), les textes sont des bhûr (des mers) et les recueils sfina (navire). Comment peut-on avoir tant de termes relatifs à la mer en habitant une ville de l’intérieur au climat sec et perchée tel un nid d’aigle sur le rocher? C’est pourquoi nous croyons à l’hypothèse de cette tradition venue d’ailleurs, d’al-Andalus.                                                    

 

               

  

 

 

 

 

 

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*: Fard: signifie ‘unique’; Tabia (plur. Tawâbi) est le génie inspirateur

**: al-Khawâ: signifie les frères. Dans le répertoire constantinois, ce sont des pièces qui ont une même mélodie et des textex différents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: 

Article de: Maya Saïdani

Livre: Musiques d’Algérie Par Rachid Aous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Domaine de l’Etat

25022018

 

 

 

 

En dehors, et comme complément de la division territoriale que l’on vient d’indiquer, existent, soit réunis en un large faisceau, comme dans la province de Constantine, soit dispersés, comme dans les provinces d’Alger et d’Oran, de nombreux domaines appartenant a l’ancien gouvernement turc, qui les exploitait de diverses manières. Ils portaient le nom général d’azel ( terres de dépossession ) ; c’étaient, en général, des biens confisqués.

 

Quelques-unes de ces propriétés étaient cultivées directement par l’État, au moyen de khammas (quinteniers);

D’autres, exploitées par touiza ; la touiza était une corvée que chaque charrue devait à l’État, et qui faisait partie de la contribution;

D’autres, affectées au pacage des troupeaux de l’État, chevaux, juments, poulains, chameaux, mulets, moutons;

D’autres, réservées pour les émigrations sahariennes;

D’autres, constituées en apanages et affectées à certaines charges ou dignités;

D’autres, louées à des fermiers qui, moyennant une redevance annuelle en argent et en nature, les exploitaient à leurs risques et périls.

 

 

 

Dans la province de Constantine, les azel occupent un espace presque continu, interrompu seulement par quelques propriétés particulières, dont la contenance s’élève à peine à 10,000 hectares.

Ce sont les habitants de la ville qui, généralement, obtiennent l’adjudication de ces fermages, et ils font cultiver les terres par les habitants de la campagne. Il existe donc un lien étroit entre l’État propriétaire, le citadin fermier, et le paysan laboureur. C’est par suite de cette connexité d’intérêts que la prise de Constantine détermina la soumission immédiate de toute la partie centrale de la province occupée par les azel ; de même que la solidarité d’intérêts entre les grands vassaux ou cheikhs héréditaires et le gouvernement, détermina bientôt après, et maintenue plus tard, la soumission entière de cette province à l’autorité colonial.

 

 

 

 Dans les provinces d’Alger et d’Oran, le domaine propre de l’État se trouve dispersé sur toute l’étendue du terriloire par lots de quelques centaines d’hectares. Il s’est accru à la fin du XIXe siècle, des biens des tribus et des familles émigrées ou rebelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Bouqâla

23022018

 

 

 

 

 

La Bouqâla dans Coutumes & Traditions 1514802884-338

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 On choisit, pour pratiquer la bouqâla, une des nuits « chaudes » de la semaine, la vigile du vendredi, du dimanche ou du mercredi. Mais c’est avec le mercredi qu’elle semble présenter le plus d’affinités, si l’on en croit les matrones d’expérience. Elle ne s’est étendue aux deux autres jours qu’à cause de sa vogue et de leur puissance d’attraction. On s’y livre dans le gynécée entre soi, comme à un mystère féminin. Le mardi soir, les hommes étant sortis à leur ordinaire, devant les voisines réunies ou des parentes en visite, on apporte la cruche en terre appelée bouqâla (le bocal français, le boukalion grec). On la remplit d’eau et l’on y dépose un anneau d’argent, ou bien un bracelet. « C’est pour y faire entrer les génies, ceux-ci ayant la passion des bijoux ». Chacune des assistantes reçoit une fève, à laquelle elle fait une marque nui lui permettra de la reconnaître. Il faut relever ici la relation de la fève (foul) avec les présages (fâl) elle sert à un tirage au sort. 

 

Toutes les fèves ayant reçu leur signe, elles sont rassemblées dans la bouqâla, dont on recouvre l’ouverture avec la chachia d’une jeune fille vierge. On jette alors sur la braise d’un réchaud du benjoin, du henné, des effilures enlevées au vêtement d’une femme sans mari, quelques  gouttes d’huile et des esquilles de bois arrachées aux chambranles de sept portes différentes dans le voisinage du gond inférieur. On expose la cruche aux fumées du réchaud, de manière à ce qu’elles l’enveloppent de toute part, en prononçant cette incantation : « Nous t’avons fumigée avec le benjoin, apporte-nous de bons (présages) des cafés. — Nous t’avons fumigée avec le henné, apporte- nous de bons (présages) d’Alger. —Nous t’avons fumigée avec les effilures de la femme sans mari, apporte-nous de bons (présages) de chez les hommes. — Nous t’avons fumigée avec de l’huile, apporte-nous de bons (présages) de chaque maison. — Nous t’avons fumigée avec les esquilles du gond, apporte-nous de bons (présages) de chez les pèlerins ». Après cet encensement, le vase est déposé à terre au milieu de l’assistance. Alors les femmes qui savent des « bouqâla » les récitent. On désigne ainsi, du nom même de l’ustensile qui sert à la cérémonie, de petites pièces de vers en langue populaire, traditionnelles la plupart du temps, rarement composées pour la circonstance . 

 

Quand la récitation d’une bouqâla prend fin, une fille vierge de la compagnie tire une fève ; et la personne dont la marque est sortie se fait l’application de l’oracle qui lui est tombé en lot. Il est rare que, sa subtile imagination de maghrébine et son sens du symbolisme aidant, elle ne découvre pas d’étranges rapports entre les paroles fatidiques qui lui sont échues et des préoccupations intimes. Toutes les fèves étant sorties, on les replonge dans l’eau de la cruche, pour recommencer, car l’épreuve doit être renouvelée trois fois. 

 

 

 

 

On donne aussi, par assimilation, le nom de bouqâla à un autre procédé divinatoire fondé, non plus sur la vertu prophétique de l’eau, mais sur celle de l’enfance et de la virginité. C’est la bouqâla du cordon-ceinture de la vierge (1). Une fillette, d’ordinaire âgée de dix ans au plus, prenant dans ses mains le cordon de coulisse de son pantalon bouffant (serouâl), y fait un nœud en nommant mentalement l’une des assistantes. Celles-ci récitent à tour de rôle les épigrammes qui leur viennent à la mémoire. Quand elles ont fini, ou auparavant, à son choix, elle doit sur ce point n’écouter que son inspiration, l’enfant dénoue son cordon en déclarant : « Cela s’applique à ma tante une Telle (2) ». Toutes ayant eu leur consultation, « elle noue la tekka », à son propre sujet et elle tire de ce qui est dit à son intention un présage pour « ce qu’elle a dans l’esprit ». 

 

 

 

La bouqâla peut se passer en principe du concours de la poésie. Deux femmes, se plaçant en face l’une de l’autre, soulèvent la cruche et la tiennent en suspens entre elles au bout de leurs quatre doigts majeurs. La consultante s’avance alors vers elles, pense fortement à la question qu’elle se propose d’élucider et la formule à haute voix, en regardant et interrogeant la cruche. « Me naîtra-t-il un garçon ? Me marierai-je ? Préfère-t-il ma rivale ? Si ce que je désire doit se réaliser, tourne à droite ; sinon, tourne du côté gauche ». Et la cruche « d’elle- même » esquisse un mouvement dans l’un ou l’autre sens ; son immobilité compte pour une réponse négative (3)

 

 

 

L’eau qui a servi à la bouqâla ne se jette dans la rue que dans la nuit profonde après que tout bruit de pas a cessé sur les trottoirs ; on ne vaudrait pas que le pied d’un homme la foulât, par respect pour elle et par crainte pour lui. On la répand dans un jardin clos, dans un parterre de fleurs de la cour intérieure et, le plus souvent, en ville, sur la terrasse. C’est la coutume que les consultantes se la partagent en fin de séance, chacune en emportant une gorgée qu’elle garde dans la bouche autant qu’elle le peut, sans l’absorber cependant, dans la pensée de bénéficier de quelque nouvelle révélation au cours de la nuit. Dans les nuits d’encensements (lîlt el bkhour), il n’est pas rare que les gens de la maison aient des songes. Ils s’entretiennent avec les djnoun ; ceux-ci les conseillent : « Allez visiter tel marabout pour telle maladie » ; ils leur révèlent le sort d’un absent, etc. Mais dans la nuit du mercredi, après la cérémonie de la bouqâla, immanquablement, avec la permission d’Allah, vous recevez un avertissement du ciel sur la question qui vous préoccupe. La femme qui se couche, après avoir rejeté en lieu propre et sûr sa gorgée d’eau sacralisée, si elle demande un enfant, croit en entendre un pleurer dans les environs : ce sont les génies qui lui promettent une progéniture. Une autre, qui désire se marier, distingue des youyou ténus imperceptibles pour les autres : ils annoncent ses noces prochaines qui auront lieu dans la ville même, tandis que le sifflet d’une locomotive l’avertit qu’elle trouvera un mari bientôt, mais au loin. Les hallucinations ne sont pas les seuls moyens dont disposent les Esprits. Les rêves viennent souvent d’eux et ils sont fréquents et explicites après la bouqâla. Enfin, les incidents réels ont. aussi leurs significations que l’on déduit d’après un système traditionnel d’interprétation. Ainsi, à Douera, « quand on a jeté les présages dans là cruche » (4), si l’on entend aboyer des chiens dans la nuit, c’est que l’on a des ennemis à ses trousses. Bref, les prédictions des génies empruntent, dans les circonstances dont nous parlons, toutes les formes ; ou plutôt dans l’état d’esprit où se trouvent les femmes, la nature entière se peuple, pour elles, de prodiges : un bourdonnement d’oreilles devient un oracle, le phénomène le plus commun un signe, tout songe une révélation. 

 

 

 

La pratique de la bouqâla tombe en décadence sous nos yeux. Elle ne se perd pas, mais elle évolue. On peut le constater dans le langage : certains milieux, les plus rustiques, où elle conserve son caractère primitif, lui gardent son ancien nom de d’erb el bouqâla, de consultation magique de la cruche, tandis que d’autres, plus modernisés, dans les villes principalement, oubliant son origine ou la cachant, la désignent sous la dénomination de jeu de la bouqâla (la’b el bouqâla). La vieille opération de sorcellerie se transforme insensiblement en un petit jeu de société. Les dames de la classe instruite ne croient à sa vertu prophétique qu’à demi, par déférence, comme on croit aux anciens préjugés de son pays ; mais 
elles se plaisent à la perpétuer comme une tradition et un divertissement. Elle est la bienvenue dans le programme d’une soirée féminine. Elle fournit l’occasion, dans les longues veillées, de parler de l’amour entre femmes, de pronostiquer ou préparer des mariages, de glisser de délicats compliments, des critiques voilées, des allusions piquantes, tout en se procurant ce petit frisson mystérieux que causent encore aux nerfs les superstitions ancestrales que la raison n’admet plus. Surtout, elle permet de montrer son esprit, ce qu’aucun monde ne dédaigne. Enfin, elle donne satisfaction à certains penchants naturels, plus développés qu’on ne croit chez la mauresque, le goût du bien dire, le culte de la langue, la recherche de l’art. C’est ainsi qu’une pratique née des croyances animistes se survit à elle-même en se faufilant dans les usages du monde musulman et en se faisant une place dans la littérature populaire du Maghreb. 

 

 

 

 

 

 

On donne ici quelques échantillons des bouqâla recueillies à Blida de 1902 à 1913

 

 

 

 



Moi, mon cœur, à cause de ses soucis, est devenu un foyer ; 

 — les tisons du feu à chaque instant s’y enflamment. 

— Mon cœur a supporté ce que supportent les baies de l’olivier (dans le pressoir) ,

— ou le petit de l’autruche sur lequel l’aigle s’est abattu — ou la tourterelle emprisonnée dans sa cage :

— pour voir, elle voit, mais il lui est défendu de sortir ;

— ou encore le musulman que les troupes des chrétiens ont mis en une geôle :
— pour travailler, il travaille, mais les fers aux pieds.

— Cela s’applique à la personne qui m’a fait ses adieux et
à qui je n’ai pas la force de faire les miens. 

 

 

 

 

 

II 

Mon bouquet, je le flairais au milieu de mes amis ; 

— mais, quand il s’est flétri, je l’ai jeté au fumier.

— On le disait du miel : il n’en reste que du goudron. 

— Ce qui m’en revenait, je l’ai absorbé ; et j’ai laissé ce qui était à d’autres.

— Qu’est-il resté dans ma gazelle le jour où je l’ai rejetée ?  

 

 

 

 

 

 

III

L’amour est chez nous ; l’amour nous a nourri.

— L’amour est dans notre puits, si bien que notre eau en est douce.

—L’amour est un pot de basilic, si bien qu’il a jeté des rameaux nouveaux.

— L’amour ! ni cadi ni sultan ne peut le déraciner. 

 

 

 

 

 

 

IV

L’oiseau pour lequel j’avais dressé un treillis de soie 
— et qui, je le croyais, ne devait pas s’envoler après s’y être habitué,

— m’a abandonné ma cage et habite la cage d’un autre. 

— Il m’a jeté dans les mers ; il m’a laissé désespéré. 

— Telles sont, les vicissitudes du temps : il nous montre le but et nous égare. 

 

 

 

 

 

 

V

J’étais tranquille avant de vous connaître. 

— Je régnais sur nies terres comme le roi.

—- Et aujourd’hui, les arrêts de Dieu par vous m’ont atteint. 

— Vous me possédez comme les génies possèdent (un homme). 

— Par Allah ! je ne vous oublierai que dans le linceul. 

 

 

 

 

 

 

VI

Pied de jasmin, qui as poussé dans la maison, 

— tes racines sont du gingembre, tes branches du verdet. 

—Feuilles d’amour sur feuilles d’amour 

 Comme il est doux de s’aimer entre voisins 

— Les yeux croisent, leurs regards et le cœur est plein de feu. 

 

 

 

 

 

 

VII

Toi, qui es assise dans le parterre avec un métier à broder à tes côtés, 

— bois d’aloès se dressant entre deux masses de musc, 

— pendant le jour je le désire et pendant la nuit je t’attends, 

— et mon œil te regarde sans cesse et mon cœur n’ose t’aborder. 

 

 

 

 

 

 

VIII

Passant devant la porte de notre maison en criant : « Un esclave blanc ! 

—, il m’a dit : « Mademoiselle, votre père, ne veut-il pas m’acheter ?

— 11 ne t’achètera pas, lui ai-je dit ; un homme libre n’est pas à vendre.

— Amasse de l’or sur de l’or et ne sois pas avare.

— Je travaillerai pour vous, m’a-t-il dit, je ferai les plus fortes dépenses, 

— et pour les filles des hommes j’emploierai 
tout mon bien ». 

 

 

 

 

 

 

IX

Ta joue est du kermès, ton sourcil ne peut s’empêcher de décocher des œillades ! 

— Bouche sans défaut et lèvre de vermillon ; poitrine hors des rangs que je compare aux petits de l’oie, 

— lorsqu’elle marche en piaffant dans les campagnes, ô mon frère !

— Tu m’as torturé le cœur, Dieu t’en demandera compte, ô jeune fille ! 

 

 

 

 

 

 

X

Mon cœur t’aime et moi je ne te le dis pas.

— Et mon œil te guette aussi loin qu’il peut aller.

— Là Mecque, le puits de Zemzem et le Prophète Koréïchite ! 

— Je ne t’oublierai que lorsqu’on soulèvera ma civière mortuaire. 

 

 

 

 

 

 

XI

Mon cœur, ne te rétrécis pas : la consolation d’Allah est proche.

— Dieu rend la liberté à qui est en prison. 

— Regarde le petit du pigeon, après qu’on lui a rogné les pennes : 

— la divinité lui en donne d’autres et il bat des ailes. 

— L’amoureux aussi, Dieu le délivrera bien-tôt !  

 

 

 

 

 

 

 

 

En principe, le Klam el bouqâla (proprement la parole de la bouqâla), peut n’être qu’un mot échappé à un assistant, mot considéré comme inspiré par les génies que l’on interroge et comme exprimant leur réponse. Et, de fait, dans certains milieux plus agrestes, on voit souvent prendre pour présage une sentence dite au hasard, une phrase irréfléchie, même une exclamation. Bien différents de ce genre d’oracles primitifs, les petits poèmes dont nous venons de donner des spécimens accusent une préoccupation artistique assez raffinée. Aussi représentent-ils un type de poésie particulier. Ils revêtent une forme consacrée, ou variable dans d’étroites limites : ce sont presque toujours des quatrains, parfois redoublés, complétés d’un envoi ou d’une pointe ; plus rarement des sixains. Leurs vers est l’hexamètre ou, le plus souvent, le pentamètre. Leur sujet roule sur tous les événements de la vie féminine, de préférence normaux et heureux. Leur perfection consiste à provoquer des applications ingénieuses et des interprétations spirituelles. N’était le caractère sibyllin qu’ils gardent de leur origine, ils se rapprocheraient de madrigal par leur tournure galante et mignarde, ou, mieux encore, de l’épigramme grecque ancienne, avec son inspiration variée, sentimentale, morale, satirique. Les jeunes moresques les apprennent comme un élément de leur éducation.; elles se piquent d’en composer. Les hommes ne les ignorent pas. Bref, la bouqâla nous présente un genre littéraire aussi caractérisé, aussi développé qu’aucun autre dans cette région indécise de la poésie populaire du Maghreb dont nul ne peut dire aujourd’hui si c’est un pays de larves ou de morts-nés, s’il faut y voir un Tartare d’attente ou des Limbes définitifs. Et n’est-il pas curieux et digne de notre attention qu’elle sorte d’une pratique de sorcellerie ? De même que, dans l’antiquité (si porva licet componere magnis), l’histoire nous montre la tragédie grecque naissant d’un cérémonie de la fête de Bacchus, de même l’observation nous permet de voir aujourd’hui encore, en Algérie, la Magie, mère de tant d’arts et de sciences, donner naissance à une forme originale de poésie, sous l’influence lointaine de l’astre de Mercure, dans la « chaleur » mystique de la nuit du mercredi.

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): البوقالة متاع تكت العاتق 

 

(2): هذي على خاتي فلانة

 

(3): On retrouve un emploi du même procédé pour la découverte des voleurs ; la bouqâla est remplacée par un broc (ibriq) l’opération s’accompagne de la lecture de la sourate Yassine ; le nom du voleur soupçonné est écrit sur le vase : c’est le même principe paré de quelques accessoires savants. 


(4): ارمي الفال فالبوقالة

 

 

 

 

 

 

 

 

eeeeeeeeeeee

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 






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