Les monnaies de l’Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs

9122017

(203 – 60 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

Avec ces monnayages, nous abordons un numéraire extrêmement abondant, qui correspond au véritable développement de l’économie monétaire numide, et qui constituera plus largement l’ossature du système monétaire africain d’un bout à l’autre de la région, le seul, en somme, qui fut utilisé de l’Atlantique aux autels des Philènes.

 

L’analyse de ces monnaies que l’on appelle habituellement « de Massinissa et de ses successeurs » soulève de nombreuses difficultés. D’abord ce sont dans l’ensemble des émissions d’iconographie très peu différenciée, produites en masses sur une très longue période et sans indication explicite d’atelier émetteur. Il est donc difficile de les répartir suivant une chronologie interne et de distinguer ensuite les éventuelles évolutions pondérales. Quant aux ateliers émetteurs c’est essentiellement, pour l’instant, par déduction et probabilité que l’on peur les suggérer.

 

L’épigraphie de la quasi-totalité de ces monnaies est bien laconique puisqu’elle se réduit le plus souvent à deux lettres indiquant l’initiale et la finale du nom royal. Cela laisse place à beaucoup d’incertitudes dans la mesure où nous ne connaissons pas le nom de tous les souverains, où ces noms ne sont souvent attestés que par les sources gréco-latines qui peuvent les déformer gravement, et où ces lettres sont parfois susceptibles de se rapporter à deux souverains.

 

 

 

Les monnaies de l'Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs  dans Archéologie 1509448306-nouvel342 

Bronze du Roi Massinissa ou Micipsa

Atelier : Cirta, (203-118) Av -JC

A/ Anépigraphe
Tête laurée et barbue du roi à gauche.

R/ Anépigraphe
Cheval bondissant à gauche ; au-dessous, un globule

 

 

 

 

 

Toutes ces monnaies sont bien connues des archéologues, puisqu’on les retrouve d’un bout à l’autre de l’Afrique du nord. Leur banalité même les a souvent fait dédaigner et a empêché que les trouvailles en soient systématiquement signalées. Leur situation est ici comparable à celle des bronzes puniques souvent négligés, et, longtemps, la seule trouvaille importante de bronzes numides qui ait donné lieu à une étude fut celle de Mazin en Croatie. Ce n’est que depuis peu qu’on note un intérêt nouveau pour l’étude de ces monnayages, maintenant mieux répertoriés.

 

 

 

 

 

Les deux ateliers : Cirta et Siga

  

L’ensemble de toutes ces monnaies dites de Massinissa et de ses successeurs se divise en deux groupes d’importance très inégale et de caractéristiques très distinctes. Le groupe le moins abondant comporte des pièces caractérisées par l’effigie diadémée du roi alors qu’elle est laurée sur les monnaies de l’autre groupe. Il existe aussi des différences stylistiques dans l’effigie royale. Si certains types de portraits sont communs aux deux groupes, la distinction ne tenant qu’au port du diadème ou de la couronne laurée, une variété d’effigie, en revanche, ne se retrouve que dans le groupe au diadème. L’exécution en est très soignée, en particulier pour le traitement des boucles de la barve et de la chevelure. La forme générale de la tête est plus allongée en hauteur que sur les autres monnaies, la barbe plus longue et plus tombante.

 

L’iconographie du revers est différente pour les deux groupes. Sur les monnaies à tête laurée on trouve un cheval au galop ou à l’arrêt, sur les autres un cheval au trot ou au pas accompagné d’un astre ou d’une palme.

 

 

 

 

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Bronze du roi Syphax

Atelier : Siga (213-202 av. J.-C.)

A/ Tête barbue et diadémée

R/ Cavalier galopant à g. sur un cheval bridé, globule et légende punique dessous dans un cartouche

 

 

 

 

 

 

Toutes ces différences, révèlent-elles deux ateliers différents ou deux époques d’un même atelier ? L’étude de la répartition des trouvailles, indispensable ici, pâtit de l’absence de documentation. Il semblerait cependant que les monnaies à tête diadémée soient beaucoup plus rares en Tunisie que les autres, qui y sont très communes. Même s’il faut tenir compte du fait que les monnaies diadémées ont été émises en moindre quantité, l’observation garde tout de même une certaine valeur. Elle est renforcée par l’analyse de deux trouvailles de monnaies numides, l’une de Cherchell (Algérien centrale), l’autre de Tarhouna (Tripolitaine) : à Cherchell sur un total de 80 monnaies, on retrouve 29 monnaies à tête diadémée, alors qu’à Tarhouna il ne s(en trouve qu’une sur 176 monnaies. Il semble donc que l’on trouve de moins en moins de monnaies à tête diadémée à mesure que l’on quitte le Maghreb central pour son extrémité orientale. D’autre part, les deux groupes obéissent à une métrologie très différente. Tout cela nous amène à imaginer qu’il y eut en réalité deux ateliers. On pense naturellement aux deux grandes capitales du royaume numide : Siga et Cirta. Et dans ce cas, les monnaies à tête diadémée seraient émises à Siga, à laquelle d’ailleurs on propose d’attribuer les monnaies de Syphax, elles aussi diadémées. La métrologie de toutes ces monnaies de Siga semble identique, ce qui paraît un argument supplémentaire décisif. Et c’est donc à Cirta qu’il faudrait attribuer les monnaies à tête laurée, de loin les plus nombreuses, et dont la métrologie est claquée sur celle de Carthage.

 

L’existence de portraits quelquefois très proches sur les deux séries n’est pas une objection décisive à cette hypothèse.

 

 

 

 

On remarquera que les seuls souverains mentionnés sur les monnaies « de Siga » sont Massinissa ou Micipsa, tandis que celles « de Cirta » font également mention de leurs successeurs, Adherbal et GN. Il semblerait donc que l’atelier de Siga ait fermé sous Micipsa ou juste après sont règne, au profit d’une centralisation des frappes à Cirta, plus proche du lieu d’origine de la dynastie Massyle et ainsi promue au rang de véritable capitale. Il y aurait là un processus de centralisation étatique conforme à l’idée faite de l’évolution du royaume numide. Et cela expliquerait la large prédominance numérique des monnaies de Cirta.

 

 

 

Une dernière précision à propos de ces ateliers. La proposition de Cirta et Siga car ce sont les deux « capitales » (avec toutes les nuances qu’il faut apporter ici à ce terme) du royaume numide, l’une située en Massylie, et l’autre en Masaesylie. Mais il est bien évident, compte tenu du nombre impressionnant de monnaies frappées, que l’on ne saurait exclure l’existence momentanée d’ateliers parallèles officiels semi-officiels, et cela sans parler des ateliers vraisemblablement marginaux. La centralisation évoquée plus haut se serait donc faite en réalité au profit de la Massylie en général, avec pour foyer monétaire principal la ville de Cirta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La mosquée el Bey Salah à Annaba

25102017

 

 

 

 

 

Une plaque commémorative en marbre portant un poème à la gloire de Salâh, bey de la province de Constantine, en cursif oriental. Le 5e vers du poème donne la datation de la construction du monument en abjad par la somme de la valeur numérique de chacune des lettres : 1206 H. qui correspond à l’an 1791.

 

 

 

La mosquée el Bey Salah à Annaba  dans Archéologie 1506244262-18061912

Poème en l’honneur de Salah Bey  

 

 

 

 

 

 

Le plan de type anatolien et ses proportions font de cette mosquée un édifice extrêmement original de l’époque ottomane. Une cour précède la mosquée; un portique extérieur ajouté en 1852 précède un corps de bâtiment dont l’une des pièces
servait de salle d’audience et l’autre d’école coranique. On accède à la salle de prière par une entrée située dans l’axe du mihrâb qui ouvre sur une galerie délimitant sur trois côtés un espace devant le mihrâb ; divisée en neuf travées, la galerie est couverte de coupoles : trois coupoles latérales identiques se font face, alors qu’à l’ouest, les travées plus petites
délimitent des coupoles légèrement elliptiques. Au centre, l’espace est couvert d’une coupole outrepassée sur pendentifs, percée de huit fenêtres en arc surhaussé et d’une corniche ; l’ensemble fut couvert de dessins polychromes à l’époque coloniale.

 

 

 

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Djama El Bey – Bône 1880   

 

 

 

 

 

Ce plan très rare pour une mosquée se retrouve à Alger dans la mosquée Kafar. C’est la deuxième mosquée à coupole hémisphérique avec celle de Ketchawa, en Algérie. La mosquée fait également partie des rares mosquées dotées de plusieurs galeries latérales et en fond de cour sans piliers.

Dans la salle de prières alternent à la fois des piliers et des colonnes, comme dans les mosquées de Raqqa, de Tinmal, de la Qarawiyyîn de Fès. La mosquée Salah bey fait partie des rares mosquées bâties à l’époque turque qui ont utilisé des impostes
au dessus de ses colonnes galbées. On relève l’emploi de l’arc surbaissé, fréquent dans l’architecture ottomane de Turquie (ouverture du portail de la Yesil Camii à Brousse et portail extérieur de la mosquée aux trois balcons à Edirne). On trouve également des arcs en plein-cintre, fréquents chez les Romains, apparus pour la première fois dans l’architecture musulmane à la Coupole du Rocher à Jérusalem, et des arcs en plein-cintre outrepassé caractéristiques de l’architecture musulmane.

Le mihrâb à niche hexagonale est coiffé d’un cul de four lisse comme ceux qui apparaissent dans le mihrâb du musée de  Baghdad, qui proviendrait de la mosquée édifiée par al-Mansûr, dans celui de l’ancienne mosquée al-Dazz à Monastir (XIe siècle), et aussi dans un ancien mihrâb du mausolée al-Shabîh (950 H./1543). Unique en Algérie, sa partie supérieure est ornée d’un arc surbaissé à la voussure formée d’une seule bordure ; la plus ancienne voussure de ce type en Algérie est celle de la grande mosquée de Tlemcen, elle-même inspirée des mihrâb de la Grande Mosquée de Cordoue et de l’Aljaféria de Saragosse.
Les écoinçons du mihrâb sont ornés d’une inscription alors que dans les autres mosquées d’Algérie ils comportent un décor géométrique et floral, à l’instar de la grande mosquée de Kairouan et de celle de Cordoue.
La mosquée de Salah Bey se distingue par la variété de ses chapiteaux.

 L’influence de l’architecture antique est sensible dans les sommiers cruciformes au dessus des colonnes prismatiques et
des chapiteaux à feuilles d’acanthes inspirés des chapiteaux composites romains. Le minaret cylindrique, qui se trouve au nord-ouest de la salle de prière, est un prototype simplifié des minarets ottomans de Turquie (mosquée de Bâyazîd à
Istanbul).  La tradition dit que la construction du minaret a suscité de forts remous parmi la population, entre les Ottomans qui voulaient une mosquée selon le rite hanafite (avec un minaret cylindrique) et les autochtones qui exigeaient un
minaret carré.
Le lanternon de la tour principale du minaret, surmonté d’un épi de faîtage composé de trois éléments circulaires achevés par un croissant, est semblable à ceux des mosquées maghrébines, notamment Agadir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Inscription du Tombeau d’Othmane, bey de Constantine

10092017

 

 

 

 

 

Inscription du Tombeau d'Othmane, bey de Constantine  dans Archéologie 1503303089-efdc7452

Source: HISTOIRE(S) DE LA VILLE… 

 

 

 

 

Tombeau d’Othmane, bey de Constantine, non loin du petit hameau de Demine, tribu des Ouled Aouat (environs d’El Milia).  
 
L’inscription (en arabe) est gravée sur une dalle de marbre blanc qui recouvre la tombe, surmontée d’une petite colonne turbannée .  

 

هذا ضريح المرحوم السيد  

عثمان بن محمد باي قسنطينة الذي كان  

قتل بهاته الأرض المسماة اخناق عليهم 

من بلاد اواد عواط 

في سنة 1219       
 
 

 

 TRADUCTION. —

« Ceci est le tombeau de celui qui a obtenu miséricorde,

Sid Othmane ben Mohammed, bey de Constantine, 

lequel a été tué en ce lieu dit Khenag Alihem,

territoire des Oulad Aouat, en l’année 1219. »

 

 

 

Le bey Othmane, nommé au beylicat l’an de l’égire 1217 (1803), a régné jusqu’en 1218 (1804).  Durée du règne, 1 an. 
 
Peu de temps après sa nomination au beylicat, il marcha sur Oran avec une forte armée et l’enleva aux Espagnols. Revenu à Constantine, il eut également à châtier quelques tribus kabyles voisines de Stora; mais son camp, placé sur les bords de la rivière Zokora, fut surpris une nuit par les Kabyles, qui ne firent aucun quartier et massacrèrent impitoyablement le chef Othmane. Il fut longtemps regretté du pays.  

 

 

 

 

Voici dans quelles circonstances il périt :   

  

Au commencement du siècle, un cherif marocain, El Hadj Mohammed ben L’Ahrech, fut nommé chef de la caravane des pèlerins du Maghreb, et accomplit en cette qualité le pèlerinage de la Mecque. Il y gagna une réputation de sainteté, et, après maintes aventures que nous n’avons point à rapporter ici, revint se fixer dans le pays kabyle où il entretint, au profit de son ambition, l’agitation toujours remuante des montagnards. S’alliant à un marabout de Redjas (environ de Mila), Si Abdallah-Zebbouchi, il poussa l’audace jusqu’à marcher sur Constantine, en l’absence du bey, alors en colonne chez les Righas. Prévenue temps, Othmane ne tarda pas à lui faire lever le siège, et poursuivit les rebelles à la tête de ses troupes régulières jusqu’à El-Milia.  
 
Un marabout des Béni Sebih, ben Bagherich, vint sur ces entrefaites offrir ses services au bey, se faisant fort de capturer le Cherif avec l’aide d’un corps de troupes. Othmane eut l’imprudence d’écouter ses propositions, et se laissa entraîner par son faux allié jusqu’au cœur des montagnes insurgées. Des nuées d’ennemis ne tardèrent pas à paraître : il en résulta une effroyable mêlée, ou Ben Bagherich périt l’un des premiers. Le bey roula avec son cheval dans une fondrière, et Zebbouchi, qui avait des ressentiments personnels à venger, le perça de coups. 

 La tradition rapporte qu’il posa le pied sur son œil borgne, ainsi qu’il se l’était promis, après quoi il le fit décapiter par un nommé Saïd ben Amer, des Djebala.  

 

 

  

 

 

 




Le château de Sahyûn en Syrie (Xe – XIIIe siècle)

17062017

 

 

 

 

Le château de Sahyûn en Syrie (Xe – XIIIe siècle)  dans Archéologie 1495453927-89-sy-v1-02-33

 

 

 

 

 

 

La forteresse de Sahyûn, le Saône des Croisés (rebaptisé Qal’at Salah ed-Dîn par le gouvernement syrien), fait partie d’un réseau de châteaux qui constituaient un véritable maillage du territoire conquis lors des croisades. La mise en place de ces édifices permit, notamment, de défendre les frontières des Etats et de contrôler les voies de passages ou les points stratégiques. La plupart des études sur les édifices fortifiés de Syrie ont été menées durant la période du Mandat français et les chercheurs ont négligé la plupart des structures qui n’étaient pas attribuées aux occidentaux ou moins bien documentées par les chroniqueurs francs, les édifices musulmans en particulier. Certains de ces travaux ont donné lieu à de volumineuses monographies dans lesquelles les chercheurs puisent, aujourd’hui encore, de multiples informations.

 

Le château de Sahyûn constitue un très bon exemple de ces forteresse dites franques, réoccupées postérieurement  par les musulmans. Situé au nord de la Syrie, à 24 km à l’est de Lattaquié, dans une chaîne montagneuse appelée le djebel Ansarié, il occupe un site stratégique de premier plan, contrôlant une des routes entre la vallée de l’Oronte et la côte. Cette plate-forme calcaire a été fortifiée par les Byzantins au Xe siècle. La construction la plus élevée du site est traditionnellement attribuée à cette période. Les Francs (principalement d’Antioche) s’y sont installés au début du XIIe siècle et l’ont utilisé comme une forteresse seigneuriale, contrairement aux autres châteaux qui étaient tenus, en majorité, par les ordres militaires, templiers et hospitaliers.

 

 

 

 

 

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Sahyûn symbolise à bien des égards les multiples interpénétrations culturelles entre les trois civilisations, byzantine, franque mais aussi et surtout, musulmane. En effet, Saladin, après la bataille de Hattin (1187), s’empara du site comme de la plupart des autres chateaux francs de l’intérieur du pays et le réaménagea.

 

 

 

 

 

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les murailles du château (©C.Bélingard, août 2010)

 

 

 

 

 

Ce gigantesque ensemble fortifié s’étend sur un promontoire rocheux long de 600 mètres environ, orienté d’est en ouest. Sur ses faces nord et sud, le château est naturellement protégé par de profonds ravins. La zone orientale de cet éperon calcaire est la plus élevée (439 mètres d’altitude). L’enceinte de la basse-cour épouse la topographie du terrain dans sa partie occidentale. Elle est séparée de la forteresse par un fossé renforcé par une ligne de murailles. Cette coupure artificielle, inachevée, fut la brèche par laquelle Saladin et ses troupes envahirent le château. Dans la partie orientale, un fossé beaucoup plus profond a été creusé dans le roc, d’une profondeur de 28 mètres environ, pour séparer le plateau situé à l’est de l’ensemble castral proprement dit. Cet ouvrage a particulièrement retenu l’attention des chercheurs et plusieurs phases de creusement ont pu être mises en évidence.

 

 

 

 

 

 

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source: Ruines de châteaux

 

 

 

 

 

Le front est, donnant sur ce grand fossé, présente, au sud, une tour circulaire flanquant les courtines sud et est. C’est dans ce secteur que se situent la citerne et les écuries du château. Les ouvrages francs ont intégré les tours rondes byzantines préexistantes. Les tours sont relativement peu élevées mais présentent des ouvertures de tir dans trois directions : elles permettent de prendre d’enfilade le fossé mais surtout de pouvoir atteindre   le plateau qui lui fait face. A cela s’est ajouté un imposant donjon carré dont la technique de construction est celle du grand appareil à brossage.

 

 

Du côté nord s’élève l’ancien massif d’entrée, la pile monolithe matérialisant toujours le passage anciennement aménagé au-dessus du vide. Sur toute la façade nord, le dispositif défensif est relativement peu important, l’escarpement étant assez abrupt pour protéger l’accès à la forteresse. Cependant, ce secteur était particulièrement exposé aux coups des engins musulmans (mangonneaux) lors du siège de 1188. Il dut ensuite être restauré par Saladin (murs épaissis, courtines rehaussées). De nombreux réemplois figurent dans la maçonnerie et des éléments architecturaux musulmans caractéristiques ont été ajoutés. Le côté sud présente trois grands ouvrages rectangulaires dont le plus occidental sert aujourd’hui d’entrée. Deux de ces tours, ainsi que le donjon carré du front est, sont indépendants des courtines qui les flanquent. Ils restent ainsi autonomes en cas de prise du château. Derrière la ligne de défense principale orientée est-ouest, préexistait une enceinte byzantine (courtine flanquée de tours rondes présentant une succession de petits appareils géométriques, de type opus quadratum). Sur la partie sommitale se dresse la citadelle dite byzantine ainsi que la chapelle des Croisés qui est en grande partie ruinée et dont il reste peu d’éléments architecturaux mis à part le portail d’entrée.

 

 

 

 

De nombreux vestiges de la présence musulmane, relativement bien préservés, sont encore visibles et témoignent d’une fonction plus résidentielle que défensive de la citadelle pendant cette troisième période d’occupation. Le lieu fut réaménagé et une mosquée fut construite. Son minaret carré, atteignant près de 30 mètres de haut, domine les constructions franques. Un espace d’habitation ainsi que des bains furent bâtis à proximité, ils dateraient vraisemblablement de la fin du XIIIe siècle.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Eléments provenant de La Qal’a des Banu Hammad (11e – 12e siècle)

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Ce qui frappe plus particulièrement à la Qala des Beni­Hammad, c’est l’usage de la céramique, soit dans le décor architectural, soit dans les poteries ménagères et les vases décoratifs.

 

- A la face sud du minaret, subsistent des spécimens d’incrustations; deux arcatures des parties hautes sont ornées d’émail vert en treillis; des motifs vernis en forme de croix parsèment une niche de la façade. Il semble aussi que les ornemanistes aient garni de faïence et d’émail les vides des édifices qalaens.

 

 

En même temps, les potiers créaient, pour l’usage domestique, des vases d’un galbe élégant dont de nombreux débris ont pu être retrouvés et étudiés par le général de Beylié, MM. Van Gennep et Marçais. Citons un pot à col large et à anses arrondies, une bouteille à goulot étiré avec une seule anse, des anses de pots ou de bouteilles avec une pastille très saillante qui offre au pouce de la main un point d’appui commode; des pots à couvercles, des brûle-parfums, des coupes, des vases décoratifs sur pieds ajourés, de nombreuses lampes suivant le modèle antique, une sorte d’écritoire avec godets pour couleurs différentes, etc…  

La décoration des poteries peut se grouper comme il suit: décor gravé, d’une géométrie élémentaire avec fréquence de parallèles ou de quadrillages; décor en petits motifs gravés, motifs géométriques ou fleurs stylisées; décor à garniture continue souvent avec étoiles à 4 ou 8 pointes qui laissent pressentir l’art futur de la gypsoplastie maghrébine et andalouse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Eléments  provenant de La Qal'a des Banu Hammad (11e -  12e  siècle)  dans Archéologie 1492859430-14-516285

Elément de décor architectural en croix

 

 

 

 

 

 

 

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Fragment de décoration murale en plâtre

 

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Fragment de bord de plat

 

 

 

 

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Carreau de revêtement : bord  / engobe argileux, glaçure, peint

 

 

 

 

 

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Fragment de bord de vase / engobe argileux, glaçure, peint

 

 

 

 

 

 

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Brique / glaçure colorée

 

 

 

 

 

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Tuile / glaçure colorée

 

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Fragment de bord de jarre

 

 

 

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Fragment de jarre

 

 

 

 

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Fragment de col à lambrequins festonnés

 

 

 

 

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Fragment de jarre

 

 

 

 

 

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Fragment d’anse

 

 

 

 

 

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Châssis de vitrail

 

 

 

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Lampe

 

 

 

 

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Fragment de panse de jarre

 

 

 

 

 

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Fragment de récipient

 

 

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Élément de décor architectural

 

 

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Etoile

 

 

 

 

 

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Fragment de panse de jarre

 

 

  

  

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Fragment de décoration

 

 

 

  

 

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Fragment de décoration

 

 

 

 

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Clou de porte côtelé

 

 

 

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Fragment

 

 

  

 

 

 

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Fragment de vase

 

 

 

 

  

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Fond de vase

 

 

  

 

 

 

 

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Fragment de jarre

 

 

 

  

 

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Fragment de plat

 

 

 

 

 

 

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Objet en forme d’oiseau

 

 

  

  

  

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Fragment de fond de coupe en Faïence

 

 

 

 

  

  

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Fragment de marli de coupe à décor d’entrelacs

 

 

 

 

 

 

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Élément de décor architectural

 

 

  

 

 

 

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Fragment de vase

 

 

 

 

  

  

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Fragment de stèle funéraire

 

 

  

 

 

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Fragment de jarre à décor d’entrelacs fleuronnés

 

 

  

 

 

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Fragment de jarre

  

 

  

 

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Fragment de balustre ou stèle funéraire

 

 

  

  

  

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Fragment d’arc de mosquée

 

 

 

 

 

 

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Fragment de balustre ou stèle funéraires

 

 

 

 

  

 

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Élément de décor architectural

 

 

 

 

  

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Fragment de plat

 

 

 

  

 

  

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Fragments de croix

 

 

 

 

  

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Bord de coupe ornée d’entrelacs et d’un ruban

 

 

  

 

 

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Fragment de faïence usuelle

 

 

 

  

  

 

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Fragment de faïence usuelle

 

 

 

 

  

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Les peintures rupestres en Libye

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Il y a 420 millions d’années, des fragments de notre planète dérivaient le long du pôle sud. Des lambeaux de continents remontèrent vers le nord en se reconstituant mais une partie se trouva immergée par les eaux. Suite à ce chambardement, le sous-sol remplit d’eau, de gaz, d’hydrocarbures. Plus près de nous, il y a 20 000ans, l’Europe fut recouverte d’un linceul de glace tandis qu’un vaste désert recouvrait les rivages de la Méditerranée sur une bande de 500 km. Tout changea entre 10 000 et 6 000 ans avant notre ère, lors d’une période de « Grand Humide » qui bouleversera le paysage africain et recouvrit le Sahara de mers, de lacs, de marécages, et d’une végétation tropicale. Les faunes soudanaises remontèrent loin vers le nord, hommes et animaux se retrouvèrent face à face. Les populations de pasteurs se sédentarisèrent, découvrirent l’agriculture, la chasse, la guerre, l’art. C’est alors que l’Homme ressentit le besoin de décrire leur environnement, d’exprimer leurs sentiments, de dessiner sur les falaises tout ce qui avait été dit et observé, en constituant une « bibliothèque sur pierre » pour les hommes du futur.  

 

 

 

 

 

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Pétroglyphe de crocodile, Messak en Libye

 

 

 

 

 

Les premiers hommes et l’Art

 

L’art rupestre préhistorique constitue la plus riche source de connaissances dont nous disposons sur les débuts artistiques, intellectuels et cultuels de l’humanité. Cet « art de plein air » présent en Libye et au Sahara, se retrouve dans toutes les régions du globe aussi bien dans des grottes souterraines que sur de hautes montagnes. Le répertoire fantastique de dessins et de signes est non seulement un témoignage direct sur le cheminement des hominiens vers l’homme, il permet aussi de comprendre le mécanisme des systèmes sociaux.

 

Dans le domaine de l’art rupestre, les œuvres les plus anciennes qu’on connaisse sont des lignes en zigzag qui datent de 300 000 ans. Le témoignage archéologique le plus reculé est l’utilisation ornementale de l’ocre et de l’hématite, un pigment minéral rouge que nos ancêtres utilisaient il y a des centaines de milliers d’années. Au Paléolithique moyen, entre 150 000 et 35 000 ans, l’homme exploite des gisements d’ocre et de silex ; on trouve la fin de cette période des empreintes de mains sur les parois des grottes. Vers la fin de cette période glaciaire, il y a 10 000 ans, les peintures rupestres se développent à l’extérieur des grottes, ce qui sans doute est lié au changement et au développement de l’environnement. Emergent deux formes artistiques : les pétroglyphes  ou sculptures obtenues par gravure, martèlement, profonde incision ou par grattage des surfaces rocheuses (grès ou granit), et les pictographes ou peintures pariétales.

 

 

 

 

Ecriture ou message ?  

 

L’art rupestre a la particularité d’être pratiqué par des populations non lettrées. Il commence avec l’apparition de l’Homo sapiens et s’achève au moment où les populations acquièrent un mode de communication efficace, en l’occurrence l’écriture. La relation entre l’œuvre et son environnement est conditionnée par trois facteurs principaux :

 

 

1- L’espace : l’emplacement choisi sur la paroi rupestre répond à un choix précis de « l’artiste ».

 

2- L’individu : l’artiste peut être exercé par un homme ou une femme, jeunes ou âgés, initiés ou profanes.

 

3- Le temps : le signe graphique est tracé de jour ou de nuit, en été ou en hiver. Il est tracé avant, pendant ou après certaines rencontres, réflexions ou activités (chasse, guerre, repas,..), seul ou en collectivité.

 

 

 

Signes et thèmes artistiques

Plusieurs signes peuvent s’associer par juxtaposition, par séquence, par affiliation et former une syntaxe ; l’étude de chaque signe devient en quelque sorte une grammaire. Les pictogrammes sont des figures dans lesquelles on reconnaît un être humain, un animal, un objet réel ou imaginaire. Les idéogrammes sont des signes (disques, flèches, roues, étoiles) qui véhicule des idées. Les psychogrammes ne représentent ni objets ni symboles, mais l’occasion de pictogrammes et d’idéogrammes.

L’art pariétal découle de cinq classifications sociales que l’on retrouve sur un échelon universel :

 

1- Les chausseurs primitifs : art pratiqué par des peuples qui ne connaissent ni l’arc, ni les flèches et associent signes et figures sans représenter une scène explicative.

 

2- Les cueilleurs primitifs : art pratiqué par des peuples dont l’économie se fonde sur la cueillette de fruits sauvages. Les scènes sont naïves.

 

3- Les chasseurs évolués : art pratiqué par des peuples chasseurs connaissant l’usage de l’arc. Les scènes sont anecdotiques et descriptives.

 

4- Les pasteurs éleveurs : art pratiqué par des peuples qui pratiquent l’élevage du bétail. Les scènes mettent en valeur les animaux domestiques et décrivent la vie pastorale.

5- Les sociétés à économie complexe : art pratiqué par des peuples qui se livrent à diverses activités agricoles. Les scènes sont de caractère mythologique.

 

 

 

 

 

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Art rupestre (Tadrart Acacus, Libye)  

 

 

 

 

 

 

La Préhistoire en Libye   

 

De nombreux fossiles témoignent de la période humide du Sahara néolithique. A cette époque, les poissons les plus courants sont le Lates Niloticus et le Silure qui vivent à présent dans le Nil, au Tchad, au Niger, au Sénégal ainsi que dans des lacs et des mares du Sahel. Le Néolithique abonde en reptiles, surtout tortues et crocodiles. Les mammifères sont représentés par les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, les sangliers, les antilopes. Le Sahara est alors peuplé de chasseurs (on retrouve un grand nombre de pointes de flèches et de harpons), de pasteurs et d’agriculteurs (haches polies). On retrouve aujourd’hui de nombreux restes fossilisées de mollusques, poissons, reptiles et mammifères. A partir du Ve millénaire, les forêts du Hoggar disparaissent, ainsi que les steppes et les lacs. Tout le réseau hydrographique s’affaiblit progressivement.

 

 

Le Sahara entier, de la Mauritanie à l’Egypte, se couvre de dessins et de peintures rupestres ; les premières découvertes auront lieu d’abord au Hoggar puis au Fezzan par les missions italiennes. Les gravures rupestres  du Fezzan seront signalées pour la première fois en 1850 par l’explorateur allemand Heinrich Barth au cours d’un voyage qui devait le conduire de Tripoli à Tombouctou par le Fezzan et le Tchad. Barth constatera, comme plus tard d’autres savants, que pétroglyphes et peintures doivent être classifiées en fonction de l’entrée du cheval et du dromadaire en Afrique du Nord et au Sahara. En effet, le cheval domestique est introduit par les peuples Hyksos vers 1 500 av. J.-C. ; le dromadaire, diffusé par les Perses apparaît vers le Ve siècle avant notre ère.

 

 

 

 

 

Evolution de la gravure pariétale   

 

 

Période du bubale   

 

 

 

 

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gravure rupestre néolithique – Le plateau du Messak au Sud-Ouest de la Libye

 

 

 

Le bubale (bubalus antiquus) est un buffle à grandes cornes effilées tournées vers le haut ; sa ligne de dos est inclinée vers l’arrière. Les populations ont leurs activités tournées vers la chasse à différentes espèces sauvages : éléphant, rhinocéros, hippopotame, girafe, grandes antilopes, autruches. On ne sait pas, en revanche, si le bélier est représenté à l’état sauvage ou domestiqué. Le style est naturaliste. Le contour est indiqué par un trait poli à profil en U surbaissé ou en V. La patine est foncée de la même couleur que le support rocheux. Les gravures peuvent être grandes ou moyennes. Les personnages sont armés soit d’une massue, d’un bâton de jet, soit d’une hache ou d’un arc. Il n’y a pas de javelot.

 

 

 

 

Période des pasteurs

 

 

 

 

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Un ensemble de bovins signifiant que l’élevage des animaux était une pratique commune. Tadraret – Fezzan

 

 

 

 

Le bubale antique a disparu. Le style devient semi-naturaliste, la figure peut être schématisée. Le contour est indiqué par un trait poli à profil en U surbaissé, rarement en V. la patine est foncée mais un peu plus claire que le support rocheux. Les gravures sont de taille moyenne de 50cm à 120cm. Les personnages sont armés d’un arc.

 

 

 

 

 

Période du cheval

 

 

 

 

 

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1/- Période des chars : les grands pachydermes ont disparu sauf l’éléphant accidentellement évoqué. Mouflons, chiens domestiques et plus rarement le bœuf domestique sont représentés. L’antilope chevaline a disparu. Les chars ne possèdent qu’un seul timon, les coursiers sont surtout montrés de profil, les bêtes placées dos à dos. Les chars plus récents sont représentés d’une façon stylisée par les roues et le timon. Les personnages sont schématisés, de forme bitriangulaire. La technique consiste en un pointillé serré sur la surface, le plus souvent jointif avec un léger polissage. La patine est de couleur chamois foncé. Les gravures sont de petite taille, de 25cm à 50cm. Apparaissent des changements dans l’armement : un javelot et un bouclier rond, parfois l’introduction de l’arc.

 

 

2/- Période des cavaliers : le cheval monté remplace le char. La faune ne reçoit aucun changement. Le style est semi-naturaliste pour l’animal, schématique pour les personnages bitriangulaires. La technique est un pointillé serré mais de qualité inférieure à la période précédente. Le polissage interne est restreint. La patine est de teinte chamois. Les gravures sont de petite taille, de 20cm à 50cm. Les personnages portent des javelots, des boucliers ronds et un couteau pendant de bras, semblable au poignard actuel des Touaregs. Des plumes ornent la coiffure des guerriers. Apparaissent des signes graphiques libyco-berbères introduits par des cavaliers.

 

 

 

3/- Sous-période du cheval et du dromadaire : le bœuf devient de plus en plus rare. Le style semi-naturaliste accuse une certaine décadence. La technique est un pointillé plus grossier qu’à la période précédente. Le polissage est exceptionnel. La patine est chamois. Les gravures sont de petite taille, entre 18cm et 40cm. L’armement est le même qu’à la période des cavaliers.

 

 

 

4/- Période du dromadaire : c’est la période la plus récente. La faune représente les espèces actuelles : oryx, gazelle, mouflon, zébu, chèvre,…Le style naïf est comparable à des dessins d’enfants. La forme bitriangulaire des personnages est remplacée par des formes linéaires. La technique est une percussion assez grossière sur toute la surface de la gravure. La patine est très claire, presque blanche. Les gravures sont de petite taille, de 15 à 20 cm. Le javelot persiste.

 

 

 

 

 

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Les archéologues distinguent divers écoles de peinture qui se seraient succédées sur une période de 6000 ans.
Ici on a admiré cette chasse au mouflon avec des chiens.

  

 

 

 

 

 

 

Evolution de la peinture pariétale

 

 

 

Les peintures ne peuvent exister que dans des endroits abrités des intempéries, c’est-à-dire dans des abris sous roche et en particulier dans des régions gréseuses. En général, les lieux de gravure ne comportent pas de peinture et inversement. On a constaté d’une part, qu’en peinture la représentation humaine est importante alors qu’elle est rare en gravure ; d’autre part, que les peintures comportent de grands ensembles « théâtraux » alors que les sujets sont presque toujours isolés sur les gravures. Ces conventions artistiques pourraient s’expliquer par l’existence de groupes humains d’origine différente.

 

 

 

 

 

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Les peintres racontent la vie quotidienne des pasteurs : ici un chasseur marchant à coté de son chien

 

 

 

 

 

1/- Période des hommes à têtes rondes (8 500 à 5 500 av. J.C) les personnages à corps rond sont schématisés (Tassili à proximité de la frontière algérienne). Le corps est peint en ocre clair, cerné d’une bordure ocre foncée. Les personnages féminins ont les jambes ployées. Cet art négroïde annonce l’art africain classique des masques et, à la fin de cette période, se devine une influence égyptienne. Les peintures ont augmenté de taille avec le temps, allant jusqu’à représenter des personnages de plus de 5 m de haut et des animaux peints, grandeur nature, ce qui nécessite de grandes surfaces de travail.

 

 

 

 

 

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 chasseurs de mouflons représentés avec leurs arcs et flèches

 

 

 

 

2/- Période bovine ou pastorale c’est la période la plus diversifiée en art pariétal (10 000 figures) alors que tout le Sahara, peuplé de pasteurs, possède de beaux pâturages et des rivières grouillant d’hippopotames. L’économie est basée sur l’élevage du bœuf (introduit par les régions du haut Nil) et, dans une moindre mesure, du mouton et de la chèvre.

Pasteurs de Uan Amil (5 500 – 4 000 av. J.-C.) : nombreuses scènes pastorales ; les personnages portent une épaisse touffe de cheveux sur le front (peut être par souci de représenter un type physique particulier). Quelques types négroïdes (esclaves ?). trait fin avec ou sans remplissage de l’intérieur du dessin.

Pasteurs de Ti-n Anneuin (4 000 – 1 500 av. J.-C.) : personnages longilignes à nez sémitique et à front fuyant qui rappellent les Ethiopiens (« faces brûlées ») et les Peuls, dessinés corps de face, tête et pieds de profil.

 

 

 

 

 3/- Période caballine : (1 500 av. J.-C. à notre ère) introduction du cheval domestiqué dans le Sahara et du char de guerre ou de chasse dit « garamantique » représenté en « galop volant ». Silhouette des personnages traitées en aplat, sans souci du détail. Tête en bâtonnet (comme si la représentation du visage était interdite) sur une poitrine et un tronc triangulaires. Chasse au mouflon avec des chiens domestiqués. Apparition des caractères libyco-berbères qui accompagnent les scènes de cavalerie. 

 

 

 

 

 

4/- Période cameline (cinq siècle avant l’ère chrétienne) le chameau est introduit au Sahara par le nord-est. Dessins naïfs.          

           

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Fragment de peigne en ivoire (Annaba / 6e siècle ap J.-C)

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Fragment de peigne en ivoire (Annaba / 6e siècle ap J.-C)   dans Archéologie 1484480534-09-539305

Face A : Daniel dans la fosse aux lions secouru par Habacuc

 

 

 

 

 

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 Face B : trois personnages, deux drapés et un militaire

 

 

 

 

 

 

Période : période romano-byzantine (4e-7e siècle après J.-C.)

Site de production : Annaba

Technique/Matière : ivoire, os

Dimensions : Hauteur : 0.075 m, Largeur : 0.068 m

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les anciennes Mosquées de Tlemcen

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Restée de 1069 à 1144 sous la domination des Almoravides, Tlemcen continua à se développer avec les Almohades. Vers 1227, un gouverneur, Yarmorasen ben Zian, se déclara indépendant. Tlemcen devint sa capitale et le siège d’une dynastie nouvelle (les Béni-Zians ou Abdelouadites). Les successeurs de Yarmorasen restèrent sur le trône pendant près de trois cents ans, avec une interruption de vingt-cinq ans: l’entracte mérinide au XIVème siècle.

L’histoire de Tlemcen est dominée par une longue lutte contre les bandes arabes venues de l’Ouest et les rois mérinides de Fez. Ceux-ci, en 1299, investissent la ville. Pendant le siège qui dure huit ans, ils bâtissent en banlieue un camp fortifié, avec mosquée et édifices divers, dans une enceinte de remparts mesurant près de 4 kilomètres: c’est Mansoura. Tlemcen, cependant, demeura inviolée. Mais, en 1337, après un nouveau siège de deux ans, elle fut cette fois prise d’assaut par les Mérinides. Ils y restèrent jusqu’en 1359. Cette date marque la restauration des Abdelouadites. Leurs descendants occupent le trône cent quatre vingt-seize ans. En 1555, enfin, les Turcs s’empareront de la vieille cité.

 

Malgré ces luttes continuelles, les Abdelouadites, les premiers surtout, ne cessèrent d’embellir leur capitale. Eux et les Mérinides ont fait de Tlemcen la « perle du Maghreb », le pur diamant de l’art musulman algérien. Du wagon qui roule à travers tant de méandres, on attend avec fièvre Tlemcen. On la désire du cœur et des lèvres. Une dernière courbe: la voici enfin. Elle est toute féminité. Elle s’appuie nonchalamment à l’épaule des collines. Ses hanches frôlent de leurs tendres inflexions la campagne ardente. Et quelle envolée d’inspiration! Les panneaux des monuments grouillent d’arabesques: elles font comme un bruissement de formes agiles dans le silence odorant des mosquées. Ici, la matière docile s’est amoureusement pliée aux fantaisies de l’homme. Art voluptueux. Art mystique. Art de subtilité délirante.

Le paysage est un parterre de souvenirs. Tlemcen n’a point voulu que le passé demeurât inerte. La nature anime les vieilles pierres. A Mansoura, elle leur verse ses ondes frémissantes. Le soleil met aux ruines un sourire. Secouées de frissons dans les pollens de l’aurore, toutes roses de chaudes carnations, elles désertent les temps révolus. Elles s’incorporent au siècle. Et ces mosquées bourdonnent encore de prières. Elles réconcilient le passé et le présent. Elles enlacent le rêve à la vie. L’heure n’a plus un timbre désuet; elle vibre des sonorités de l’actuel. Admirable leçon de Tlemcen : l’art ne doit pas être un cimetière; la fleur n’est rien sans le fruit, la pensée sans l’action n’est qu’une fleur stérile…

Sous les Beni Zians, Tlemcen devint un marché commercial de premier ordre. C’est là qu’aboutissaient pour se croiser les courants d’affaires, allant de l’Occident à l’Orient, et du port voisin d’Honaïn, aujourd’hui ruiné, au Tafilalet et au Soudan. Cette position cardinale, les influx divers qui se mêlèrent à Tlemcen, expliquent bien des affinités artistiques. Mentionnons aussi la présence de chrétiens, esclaves, soldats ou ouvriers et d’andalous qui vinrent d’Espagne, nous confie Ibn-Khaldoun, à la demande d’un abdelouadite. Petit fait, mais considérable. La Tlemcen de l’époque a, avec l’esthétique de Grenade, une étroite amitié.

 

 

 

 

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Le commencement du XIe siècle est une époque de prospérité pour Tlemcen, dont les beaux monuments, surtout les mosquées, sont d’un style remarquable :

 

 

 

 

Mosquée de Sidi-Bel-Hassen

 

 

 

Les anciennes Mosquées de Tlemcen   dans Archéologie 1481103577-mosquee

TLEMCEN – Le Musée – Ancienne Mosquée de Sidi-bel-Hassen

 

 

 

 

Deux inscriptions la situent (696-1296 de J.-C.) et précisent qu’elle fut érigée en mémoire de l’émir Abou-Amer-Ibrahim, fils de Yarmorasen, en exécution sans doute de la volonté testamentaire de ce prince, On ignore encore pourquoi la mosquée, bâtie pour assurer au défunt émir les félicités éternelles, a changé de destinataire au cours des âges. La piété publique l’a vouée au vertueux, au savant Abou­ L’hassen-et-Tenesi.
 

Salle de prières partagée en trois nefs par deux séries de colonnes d’onyx que relient des arcs outrepassés. Autour de la pièce, frise géométrique. Les arcades étaient autrefois décorées; les murs se peuplent encore çà et là de larges arabesques et de losanges lobés contenant des motifs. Le mihrab  sous coupole à stalactites, s’arque en plein cintre outrepassé; le fer à cheval est couronné de trois bordures, la première circulaire, les deux autres rectangulaires, avec arabesques et inscriptions en koufique. Au-dessus trois fenêtres plein cintre, ajourées d’une ténue dentelle de rosaces. Les chapiteaux, trop massifs peut-être pour les fûts, révèlent deux types: une zone inférieure de méandres sous un turban de palmettes entrecroisées – des feuillages pressant un court bandeau; – la facture en est un peu surchargée. Le minaret est illustré d’un réseau d’arcades et de céramique verte, brune et blanche.

 

 

 

 

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Intérieur de la Mosquée de Sidi Bel Hassen

 

 

 

 

La décoration. - Epigraphie d’un Koufique aminci plus élancé que le Koufique almoravide de la grande Mosquée. Il projette ses tiges, les termine en biseaux, en feuilles, en replis angulaires capricieusement noués aux motifs voisins. En même temps, les vides se comblent d’arabesques: c’est comme un lierre qui grimpe aux longues hampes des lettres. Modèle fréquent dans les inscriptions de l’époque. Le cursif, employé au mihrab sur une partie du cadre, emprunte les belles formes, courtes, grasses, mais ingambes, de l’Andalousie.

La géométrie a pris de l’importance. Elle use de l’étoile octogonale, de la rosace à seize pointes, de dodécagones qui se relient, se prolongent, se répètent en un délire linéaire d’une hallucinante obsession. La flore, nettement andalouse, ne garde plus qu’une lointaine affinité byzantine. Elle jaillit avec une luxuriance de forêt vierge. La broussaille ornementale répète à l’infini un système de palmes, trèfle trilobé et acanthe. L’ensemble est saisissant: c’est un feu d’artifice d’arabesques qui éclatent et couvrent les panneaux de leurs gerbes étincelantes.
 

 

De tous les monuments de Tlemcen, la Mosquée de Sidi-Bel-Hassen est celle qui se rapproche le plus des chefs-d’œuvre espagnols. Avec son mihrab, véritable joyau d’une ciselure infinie, elle est un fleuron splendide de l’art musulman. Elle porte, disent MM. W. et G. Marçais, la trace d’une culture artistique qui ne sera guère dépassée.

 

 

 

 

 

 

 

La mosquée des Oulad-El-Imam

 

 

Cette petite mosquée où Bargès ne trouve « rien de remarquable sous le rapport de l’art » mérite cependant d’être mentionnée. Elle a, sans doute, été assez maladroitement réparée, mais ses beaux spécimens de l’art hispano-moresque attirent encore le dilettante.

 

 

 

 

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La mosquée des Ouled-El-Imam

 
 

 

 

Elle fut fondée en 710 (1310 de J.-C.) par ordre d’Abou Hammou Ier, avec une médersa (El-Médersa El Qadima) et des annexes aujourd’hui disparues. L’ensemble était destiné à deux frères Abou Zeid Abderrahmane et Abou Moussa, savants réputés que le roi voulait retenir à Tlemcen. Ils étaient fils d’un iman de Ténès. De là, l’appellation de l’oratoire. En 1859, date où Bargès l’étudia, il était déjà abandonné. « Il ne sert plus au culte, à cause de la « solitude du lieu où il se trouve… ».
 

Dans les deux travées et les trois nefs de la salle de prières. Rien n’a survécu de l’ancienne ornementation. Le cadre du mihrab conserve les vestiges d’une décoration sur plâtre à maille délicate et légère. La niche se creuse sous une coupole à stalactites que dominent trois petites fenêtres en plein cintre. L’écriture koufique, les palmettes, les courts rinceaux, sont de la même frappe qu’à Sidi-Bel-Hassen.
Le minaret, de 17 mètres, développe sur les quatre faces, comme à Sidi-Bel-Hassen encore, des damiers losangés, des céramiques vertes, blanches et brunes. Dans le sens vertical, deux panneaux, l’un avec arc festonné, le second à deux arcades lobées et jumelées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mosquée de Mechouar

 

 

 

 

 

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© said bali via Panoramio

 

 

 

Le Mechouar est l’ancien palais-forteresse des rois de Tlemcen. Il dut être superbement aménagé. Mohammed Et-Tenesi parle de ses « édifices splendides, de pavillons « très élevés, de jardins ornés de berceaux de verdure » … Au XVIème siècle, Léon l’Africain évoque la « magnifique « architecture des bâtiments ». Bargès décrit une horloge que les rois de Tlemcen conservaient jalousement. Le passage mérite d’être cité :

« Elle était ornée de figures d’argent d’un travail ingénieux et d’une structure solide. Sur le plan supérieur de l’appareil s’élevait un buisson sur lequel était perché un oiseau avec ses deux petits sous les ailes. Un serpent, sortant de son repaire situé au pied de l’arbuste, grimpait doucement et sans bruit vers les deux petits qu’il guettait et qu’il voulait surprendre. Sur la partie antérieure il y avait dix portes, c’est-à-dire autant que l’on comptait d’heures dans la nuit, et à toutes les heures une de ces portes tremblait et faisait entendre un frémissement. Aux deux coins de l’appareil et de chaque côté était une porte ouverte, plus longue et plus large que les autres. Au-dessus de toutes ces portes et près de la corniche, l’on voyait le globe de la lune qui tournait dans un grand cercle et marquait par son mouvement la marche naturelle que ce satellite suivait dans la sphère céleste pendant cette nuit. Au commencement de chaque heure,… »

« …..au moment où la porte qui la représentait frémissait, deux aigles sortaient du fond des deux grandes portes et venant s’abattre sur un bassin de cuivre, ils laissaient tomber dans ce bassin un poids également de cuivre qu’ils tenaient dans leur bouche; ce poids entrait par un trou qui était pratiqué dans le milieu du bassin et arrivait ainsi dans l’intérieur de l’horloge. Alors le serpent a qui était parvenu au haut du buisson, poussait un sifflement et mordait l’un des petits oiseaux que son père cherchait en vain a défendre par ses cris redoublés. Dans ce moment, la porte qui marquait l’heure présente s’ouvrait toute seule, et il paraissait une jeune esclave ornée d’une ceinture et douée d’une rare beauté. De la main droite elle présentait un cahier ouvert où le nom de l’heure se lisait dans une petite pièce écrite en vers; la main gauche, elle la tenait placée sur sa bouche comme pour saluer le souverain qui présidait la réunion et le reconnaître par ce geste en qualité de khalife. »

 

 

Tout cela avait disparu avant 1830 . En 1836, quand elles pénétrèrent dans le Mechouar, les troupes françaises n’y trouvèrent que des ruines – seule subsistait la Mosquée.
Elle est contemporaine de l’oratoire des Ouled-El-Imam. Mais la salle de prières a été remaniée à diverses reprises, parles Turcs notamment, qui en modifièrent le plan et détruisirent la décoration intérieure. Elle n’a plus guère aujourd’hui de cadence artistique.

Il en est de même du minaret. Cependant il a gardé, surtout sur la façade Sud, des survivances de beauté. Il se rapproche sensiblement de celui des Oulad-El-Imam. On voit, dans un cadre de faïence vernissée, une épigraphie un peu déclamatoire et décadente: « O ma Confiance, O mon Espérance, c’est Toi l’Espoir, c’est Toi le Protecteur, scelle mes actions pour le Bien ».

 

 

 

 

 

 

 

 

La mosquée de Mansoura

 

 

 Mansoura est le camp fortifié devenu une véritable ville, que les rois mérinides construisirent pendant le siège de Tlemcen. Les ruines en ont été exploitées, notamment par les Abdelouadites. Ils y trouvèrent dalles, chapiteaux d’onyx, marbres, colonnes, ultérieurement utilisés pour l’ornementation des monuments tlemcéniens.

 

 

 

 

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On a pu, à la suite : de fouilles, reconstituer le plan de la Mosquée, édifiée en 1303 ou en 1336. Elle occupait un rectangle de 85 x 60 mètres. La cour, de 30 mètres de côté, de forme carrée, entourée sur les flancs gauche et droit de trois nefs parallèles, précédait la salle de prières, longue elle aussi de 30 mètres et divisée en 13 nefs par des colonnes d’onyx. Le mihrab était flanqué de deux portes latérales donnant sur la salle des morts. Suivant Bargès, six fenêtres l’éclairaient encore en 1839. 13 portes, dont la principale sous le minaret, ouvraient l’accès de la mosquée. Bargès parle de « quatre portes ornées de sculptures ». Seule, celle du minaret a été conservée.
 

Le minaret dont une moitié subsiste, fut consolidé en 1877-1878. Haut de 40 mètres, il est, écrit M. G. Marçais, un des plus fiers monuments que nous ait laissé l’art musulman occidental. Sa construction a donné lieu à une légende d’un savoureux accent algérien. La voici (Ici)

 

En bas, la porte monumentale, l’entrée principale à la fois du Minaret et de la Mosquée, encadrée dans un rectangle large de 8 mètres qui porte, sur une bordure, gravée en style andalou, la dédicace du monument. Ce rectangle enchâsse lui-même trois arcs plein cintre, le premier festonné, le second lobé, le troisième sans dentelures. L’étage de dessus prolonge sur le portail, en guise d’auvent, un balcon ruisselant de stalactites. Les autres façades du minaret ouvraient, à la hauteur du balcon, des fenêtres cernées d’arcades. Plus haut, un large panneau réticulé, comme emprisonné d’une cotte de mailles en losanges, avec des miroitements de céramique verte, brune et bleue. A l’étage supérieur, fausses galeries d’arcs brisés tendus sur de fines colonnes. Il ne reste rien du sommet de la tour qui, suivant la légende, portait des globes d’or. La décoration rappelle la Giralda de Séville, la Kou­toubia de Merrakech, la Tour de Hassan à Rabat, la Puerta del Vino à Grenade.
Oui c’est, bien ici l’un des plus fiers élans de l’art maghrébin. Mais la note esthétique, cependant vibrante, pâlit dans l’ensemble: le minaret efface tout. Il monte vers le ciel- comme un sanglot déchiré. Il crie, dans cette Mansoura si vivante, le désespoir mystique que l’époque n’entend plus. Ardentes oraisons, syllogismes compliqués et gauches, affirmation de l’Unité divine, voilà ce qu’il symbolise. Notre Occident, certains de nos élèves musulmans, veulent d’autres métaphysiques. Nous cherchons, dans des systèmes moins rigides, des règles de vie- Le minaret de Mansoura n’est qu’un Dogme, glorieux, magnifique, mais isolé : la moitié en a déjà croulé.

 

 

 

 

 

La Qoubba de Sidi Boumédien et la Mosquée d’El-Eubbad

 

 

Petit village arabe à environ 2 kilomètres au Sud-est de Tlemcen, « El-Eubbad » est le pluriel de « Abed », pieux. Les Européens appellaient l’agglomération: Sidi­ Boumédine. « El-Eubbad » est plus doux. Le mot sur les lèvres a une saveur de miel. Et voyez! La colline vibre du zig-zag doré des abeilles…

 

Sidi-Boumédien, l’une des figures les plus saillantes de l’hagiographie maghrébine, naquit à Séville, vers 1126. Il fit ses études à Fez, puis à la Mecque. Il embrassa le soufisme: manière de quiétisme ascétique, à fond de panthéisme inavoué, où se mêlent des réminiscences alexandrines et hindoues. Les miracles de Sidi-Boumédien sont célèbres: d’un regard il domptait les lions; sa pensée arrêtait un bateau chargé d’esclaves qu’il voulait délivrer; il rendait ses disciples invulnérables au feu. Sa renommée s’étendit dans l’Islam tout entier. Quittant Bougie où il avait enseigné, il allait à Merrakech, quand arrivé à quelque distance de Tlemcen, il s’écria, désignant la colline d’El-Eubbad : « Quel lieu admirable pour dormir le dernier sommeil ! » Il mourut le jour même et fut enseveli à El-Eubbad (1197), sous la qoubba ou il repose encore. Son tombeau, devenu lieu de pèlerinage, a été magnifié par les poètes arabes. « Si nos corps sont loin de l’endroit où tu reposes; nos cœurs ne soupirent pas moins après le moment où il nous sera permis de te revoir. Tu as couru dans la lice de la vie et tes pas ne t’ont pas trahi car ils ont glorieusement atteint le but; tu reçois maintenant le prix de ta course…»
 

Un autre termine ainsi son poème: « Que la bénédiction de Dieu repose sur notre puissant intercesseur Sidi­ Boumédien), et cela, tant que les oiseaux feront entendre dans le ciel leur langage harmonieux. »

 

 

 

 

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La Qoubba. La Qoubba ou dort Sidi-Boumédien remonte aux dernières années du XIIème siècle. L’édifice fut remanié plusieurs fois, lors de la fondation de la Mosquée voisine, à l’époque turque et en 1793 après un incendie. C’est le type classique uniformément usité en Berbérie : cube couvert d’une coupole. Sur les quatre murs intérieurs; défoncements à arc outrepassé, et dans la partie supérieure de l’arcade, une fenêtre qu’ajoure un treillis en plâtre.
La décoration, de date récente, serait l’œuvre d’un artiste turc. « Les parois, de la base au faîte, écrivait Brosselard en 1859, sont entièrement refouillées. C’est une étonnante profusion d’arabesques du style le plus pur le plus correct, le plus gracieux. »


 

 

 

 

La mosquée de Sidi-Boumedien

 

 

 

 

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Annexe de la Qoubba construite en 1339.
Le porche est prestigieux. Une grande arcade outrepassée, dépassant 7 mètres, large de 3, encadre la porté. Dans le rectangle qui la chevauche, s’entrelacent des arabesques en faïences blanches, brunes, vertes et jaunes, combinaisons diaprées de palmettes doublés symétriquement affrontées. Au-dessus, une bande de mosaïques déroule une inscription dédicatoire à hampes élancées: « Louange au Dieu unique ! L’érection de cette mosquée bénie a été ordonnée par notre maître, le Sultan serviteur de Dieu, Ali fils de notre seigneur le Sultan Abou Saïd Otman, fils de ……. etc… que Dieu le fortifie et lui accorde son secours – en l’année 739 (1339) », Dominant le ruban épigraphique, une frise de 5 rosaces dont le centre est une étoile octogonale et qui se joignent les unes aux autres, au moyen de chevrons disposés sur quatre bandes verticales. Un auvent à consoles géminées fait saillie sur l’ensemble. A environ 2 mètres du sol, les faces intérieures du porche sont sillonnées d’arabesques et d’inscriptions.

 

 

 

 

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Une lourde porte en cèdre, à deux battants, revêtue de lames de bronze, sépare le vestibule de l’oratoire. Les thèmes décoratifs en sont les suivants: (a) – un polygone à 16 sommets d’où rayonne une grande rosace rectiligne. Également à 16 sommets; (b) — entre ce groupe géométrique et sa reproduction voisine dans le sens vertical, une petite rosace octogonale; (c) – des remplissages curvilignes et floraux; (d) – de gros clous en dômes cannelés; (e) -­enfin un heurtoir de bronze, de forme à peu près circulaire avec, à l’intérieur, une rosace à huit pointes sertie de palmes trilobées.

 

 

 

 

 

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Cette belle porte a sa légende. Un captif espagnol détenu à Tlemcen obtint sa libération contre la promesse d’envoyer une porte à la mosquée de Sidi-Boumédien. 

Le prisonnier, revenu en Andalousie, confia les deux lourds battants à la Méditerranée. Docilement, la mer latine les déposa sur la colline d’El-Eubbad. Ce miracle géographique a peut-être sa signification. Suivant MM. W. et G. Marçais, il révèle l’origine espagnole des vantaux d’ailleurs en partie confirmée par certaines analogies. Souvenez-vous du rameau de Salzbourg cher à Stendhal : une source le vêt de diamants calcaires. Brisez les cristallisations de la légende: le petit fait historique qu’avait enrichi l’imagination du peuple apparaît aussitôt dans sa sécheresse dépouillée.

 

La cour de la Mosquée (10m x 11) est entourée sur trois côtés de galeries: arcades en fer à cheval plein cintre. Le quatrième côté, au sud, s’ouvre sur la salle de prières large de 19 mètres et longue de 15. Cinq nefs supportées par seize colonnes quadrangulaires, la nef médiane large de 3m50, alors que les autres ont seulement 3m10. Des arcs outrepassés relient les colonnes.
 
 

Le mihrab ressemble beaucoup à celui de Sidi-Bel-Hassen : arcature en fer à cheval, cintre à claveaux, cadre sculpté d’inscriptions koufiques, etc. Les deux colonnes d’onyx qui le supportent sont coiffées de chapiteaux qui réalisent un grand progrès pour l’époque: meilleure coordination des éléments (tailloir bien lié au reste, fût se fondant plus harmonieusement dans le chapiteau), accentuation des reliefs, chaleur de l’invention ornementale toute en méandres, volutes d’angles, festons floraux, entrelacs géométriques.
 Le chapiteau de chacune des deux colonnes d’onyx étale une inscription glorifiant le Sultan Abou-L’hassen qui les fit exécuter. L’une d’elles porte: « Ce qu’il a ambitionné, c’est de se rendre agréable au Dieu tout-puissant et il espère en sa récompense magnifique. Que Dieu, à cause de cette œuvre, daigne lui réserver ses grâces les plus efficaces et lui donne la place la plus haute. »
   

Le minaret, d’un galbe élégant, est remarquable à deux points de vue: la délicatesse linéaire des réseaux qui garnissent les façades (arcade festonnée continuée par une série d’arcs brisés, composant des octogones curvilignes allongés et déformés) — parfois, palme trilobée; en outre, surtout au sommet, l’éclat de l’incrustation céramique, dans une frise en mosaïque toute scintillante de belles étoiles à vingt-quatre pointes. Sur la face ouest, traces d’ornements peints en brun rouge.

Le décor de la salle de prières est géométrique, floral et épigraphique.
Géométrique : peu important, sauf sur le minaret.
Floral: les types foliacés se simplifient encore alors que la tige croît et meuble les vides. Mais le tout est traité avec une virtuosité, une science des rythmes décoratifs, un sens de l’orchestration sculpturale qui confondent et éblouissent. Nous sommes en pleine maturité de l’arabesque, minée, lisse sans doute, mais d’un envol extraordinaire. Elle s’enroule, se déroule, s’élance, se tord à nouveau, enlace les panneaux, dans un mouvement de ferveur incomparable.
Épigraphie: très développée sur le décor de plâtre. Beaux spécimens de cursif andalou. Du koufique fleuri, enguirlandé d’arabesques et dont les hautes lettres, les alif, les lam, les kaf partent comme de longues fusées verticales qui éclatent en pluies de fleurons et d’étoiles, C’est « l’âge d’or » de cette écriture hiératique qui, à partir du XVème siècle, entrera en décadence.

A signaler, à titre tout à fait exceptionnel dans la décoration épigraphique maghrébine, un exemple de koufique quadrangulaire : les lettres allongées en rectangles s’assemblent en un carré que l’on prendrait pour un simple motif géométrique.

 

 

 

 

 

La médersa d’El-Eubbad

 

 

La Médersa est, en pays d’Islam, une école de théologie, de droit coranique, de jurisprudence. C’est ici que l’on étudie la philosophie et la science musulmane. Renan a raillé avec beaucoup de douceur la métaphysique arabe. Est-elle vraiment si méprisable ? Disons que nous avons perdu le sens théologique. L’Islam a eu ses grands docteurs, subtils et embrouillés comme les nôtres. Son Ghazali, entre autres, reste considérable. Il fut le plus beau drame intellectuel de son temps. Figure grave, douloureuse, nostalgique où l’âpre renoncement pascalien se tempère déjà des mélancolies d’un Jouffroy…

 

 

 

 

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La Médersa d’El-Eubbad, terminée en 747 (1347 de J.-C.), est, comme la Mosquée, un hommage à la mémoire de Sidi­ Boumedien. Portail en arc outrepassé inscrit dans deux rectangles de mosaïque et de losanges festonnés. Un auvent protège le porche. Cour à galeries: celles de droite et de gauche sont flanquées chacune de six chambres d’étudiants; quatre autres chambres à l’est. Ces cellules ont 2m85 sur 2m.

 

 

 

 

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Un premier étage répète cette disposition. La salle de prières, qui servait également pour le cours des professeurs, était couverte d’une coupole en bois, restaurée à l’époque turque. L’ornementation, dont il ne reste que quelques fragments, s’apparentait à celle de la mosquée voisine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mosquée de Sidi-Lhaloui

 

 

 

Un cadi andalou quitte soudain sa ville natale. Est-il écœuré de l’argutie juridique ? Veut-il échapper à la mollesse sévillane ? Fuit-il le désenchantement d’un grand amour brisé ? Peu importe. Le voici à Tlemcen. Son mysticisme cocasse séduit la plèbe. En ratiocinant sur l’éternel, pour vivre, il vend des gâteaux. A ce commerce, il gagne un surnom: El-Haloui. Hélas! Que ne reste-t-il dans le beignet frit à l’huile!
Mais l’ambition est le démon des saints. Elle l’attire à la cour. Il y perd sa tête, non par métaphore, mais sur le billot. Au delà des remparts, on jette aux chiens son cadavre. Miracle ! Quand à la chute du jour, le veilleur de nuit clame qu’il va fermer la porte Bab-Ali, il entend la voix du pauvre Sidi Lhaloui « Gardien, gardien, ferme ta porte! Il n’y a plus personne dehors, personne, sauf Sidi-Lhaloui, Sidi Lhaloui l’opprimé ! »

Grand émoi dans la ville. Ces bons Tlemcéniens s’émeuvent. Ils donnent enfin une sépulture à Sidi Lhaloui.

 

Le cadi marchand de gâteaux, l’ascète à la pacotille de bouche, dont la voix lamentable emplissait les soirs bleus de Tlemcen, repose encore dans un modeste mausolée, près de la mosquée qui porte son nom. Suivant une inscription du portail d’entrée, elle fut bâtie en 754 (1353) sur l’ordre du sultan Méridine Abou-Inan-Farès. L’arcade portale ouvre un cintre outrepassé qu’entouraient des céramiques. On voit encore le second cadre, bandeau rectangulaire avec entrelacs, rosaces de faïence, riantes couleurs bleues, vertes, jaunes, brunes et blanches. Au-dessus, l’inscription dédicatoire à Abou-Inan. Sur la frise, quatre rosaces octogonales. L’auvent est porté par treize consoles appuyées sur une bande de bois à épigraphie koufique : « La prospérité durable, la bénédiction parfaite et la félicité ».
 

La cour intérieure a 10m10 x 10m60. Bordure d’arcades. La salle de prières, 13m68 x 17m50, comporte 5 nefs de 3m de large, celle du milieu de 3m35. Les arceaux des travées, en fer à cheval, reposent sur des colonnes d’onyx hautes de 2 mètres. Les chapiteaux d’un très bel effet, ressemblent à ceux des ruines de Mansoura. Deux colonnes de la salle de prières, prés de l’entrée, offrent une inscription commémorative et l’une d’entre elles un cadran solaire. Un cadran solaire à une place abritée du soleil ? Cette anomalie, l’étroite parenté des chapiteaux et de ceux de Mansoura, sont révélatrices : on estime depuis Brosselard, que les colonnes, d’abord destinées à la ville des assiégeants, furent ensuite employées à la Mosquée de Sidi-Lhaloui.

 

 

 

 

 

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Le mihrab, entre deux fûts d’onyx, dans un cadre dont le décor a disparu, s’abrite sous une coupole à stalactites. Sur les chapiteaux de ses deux colonnes d’ouverture, des inscriptions psalmodient: « Mosquée du tombeau du cheikh aimé de Dieu, l’élu de sa grâce El-Lhaloui, que sa miséricorde divine soit avec lui! L’ordre d’édifier cette mosquée bénie est émané du serviteur de Dieu, celui qui met sa confiance dans le Très Haut, Farès, prince des Croyants.»

 

Le minaret, campé à droite de la façade nord, a un visible cousinage avec celui de Sidi-Boumédien. On y remarque des défoncements, cerclés d’arcades découpées, avec écoinçons géométriques. Au-dessus, comme une toile d’araignée, un grand réseau à lambrequins et à fleurons.
 

Le décor des plafonds, en bois ouvragé, rappelle ceux de la Médersa Bouanania, élevée à Fez sensiblement à la même époque, et du « Tailler del Moro » de Tolède. Ils dessinent, de leurs entrelacs géométriques très régulièrement disposés, rosaces, octogones, losanges et carrés. Nous sommes, en effet, à l’ère où l’ébénisterie hispano-moresque amenuise et découpe le bois pour lui faire rendre sa pleine tonalité d’art. Les lattes assemblées encadrent généralement des polygones traités à la peinture. La frise est une planche sculptée de koufique voisinant avec des arabesques.
N’oublions pas les consoles de l’auvent, sur le portail, avec leurs panneaux latéraux supérieurs à entrelacs et à palmettes.

 

 

 

 

 

 

 

Mosquée et Qoubba de Sidi-Brahim

 

 

 

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Fondée vers 1363 par Abou-Hamou II, avec une médersa aujourd’hui disparue. Elle fut surtout importante au temps des Turcs qui la firent réparer et embellir plusieurs fois, notamment vers 1830. Ils l’avaient réservée aux Kouloughlis. Le plan est celui des mosquées Mérinides. Une arcature avec auvent borde la cour intérieure. La salle de prières, 19m x 15, a cinq nefs délimitées par des piliers supportant des arcs brisés. Mihrab, enfoncé dans un cadre faïencé et fleuri où s’aiguise le croissant turc.
 

Le minaret engoncé, lourdaud, est revêtu, d’abord d’arcatures lobées, puis d’un ruban de faïences en damier blanches, brunes, vertes et jaunes; des réseaux à lambrequins viennent ensuite et, enfin, au dernier étage, un panneau d’arcades sur fond de petits carreaux.
En même temps que la Mosquée et la Médersa, Abou Hamou II fit élever un mausolée (Qoubba) pour servir de sépulcre à son père et à ses oncles. Sidi-Brahim El Masmoudi, mort en 1401, y fut également inhumé. Encore un saint homme, plein de piété et de science, prompt aux miracles et que la ferveur populaire n’a pas abandonné, D’abord une cour carrée de 6 mètres environ avec galeries circulaires en arc à fer à-cheval brisé. Les colonnes d’onyx proviennent sans doute des ruines de Mansoura. La qoubba est, comme toujours, sur plan carré avec coupole à huit pans. Aux quatre murs de la chambre sépulcrale, arcature’ en fer à cheval légèrement déformé au sommet. Sur les panneaux intercalaires, polygones étoilés sertissant des inscriptions. Soubassements de céramique. Décor de plâtre sculpté, avivé de peinture.

 

Le décor floral se réduit à la palmette ordinaire, de moins en moins végétale et évoluant sans cesse vers la stylisation. Le koufique tend à disparaître et cède la place au cursif. Par contre, la géométrie joue un rôle très accentué. Elle forme l’élément principal de l’ornementation des grandes surfaces, symptôme très rare dans les belles époques et qui accuse une incontestable décadence. Le thème polygonal, toutefois, est nouveau à Tlemcen, bien qu’il soit représenté à Grenade: une étoile à douze pointes inscrite dans un grand triangle et centrée d’un fleuron.
En résumé, bien que l’on y trouve encore des parties remarquablement exécutées, la Mosquée et la qoubba de Sidi-Brahim révèlent un style déjà anémique, des gaucheries de dessin, une adresse artificielle qui n’arrive pas toujours à masquer, sous la redondance et l’emphase du détail, la débilité de l’inspiration créatrice.

 

 

 

 

 

 

 

Le minaret d’Agadir

 

 

 

 

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Agadir est l’ancien Tlemcen. Idriss Ier et son fils le pourvurent, au IIème siècle (vite de J.-C.), d’une belle mosquée qui fut ornée d’une chaire. Il ne reste rien de la Mosquée. Çà et là quelques débris de remparts où M. Alfred Bel a retrouvé l’emplacement d’ateliers de potiers et de céramistes (Xème siècle de notre ère). Seul, le minaret quadrangulaire dont Yarmorasen dota la mosquée, vers 1280, se silhouette encore: grande pensée solitaire, agonisante, qui, pierre à pierre, tombe dans l’oubli.

Le soubassement qui atteint 6 mètres est formé de pierres de taille provenant de ruines romaines. Le reste du monument est en briques. Le décor ne commence qu’au tiers de la hauteur totale. C’est d’abord un cadre rectangulaire avec arcade festonnée ou deux arcs découpés de lobes; au-dessus grands réseaux à losanges reposant sur deux arcades lobées. Entre chaque maille, un fleuron incrusté d’émail vert. A la galerie supérieure, cinq arcades lobées.

Les pierres de taille du soubassement portent des inscriptions romaines dont Bargès a donné la traduction. Le savant abbé ajoute avec une bonhomie savoureuse qui dédaigne l’anachronisme :
« Nous ferons remarquer en passant que l’architecte musulman qui a présidé à la construction du minaret, a fait preuve d’intelligence en plaçant dans le mur les inscriptions latines, de manière à pouvoir être lues, car il aurait pu cacher dans la partie intérieure du mur le côté de ces pierres sur lequel ont été gravés les caractères; et la science historique eût été peut-être à jamais privée des données utiles fournies par la lecture de ces antiques monuments ».

 

 

 

 

 

La grande mosquée de Tlemcen

 

 

 

 

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Les Almoravides posèrent la première pierre; cela résulte d’une inscription sur la coupole du mihrab. « Que Dieu bénisse Mohammed, sa famille et lui donne le salut! L’ordre d’exécuter cet ouvrage est émané de l’Émir très illustre… ». Le nom qui manque fut plus tard effacé, biffé d’un trait rageur, peut-être par un puritain almohade haineux du dithyrambe épigraphique. Mais la date de la construction subsiste: 530 ou l135 de J.-C.

 

Yarmorasen, fondateur de la dynastie royale de Tlemcen, fit vers 1280, bâtir le minaret. Depuis, de nombreuses corrections, au XIVème siècle notamment, modifièrent l’ensemble.
Et c’est l’une des originalités du sanctuaire : les autres mosquées de Tlemcen sont chacune l’œuvre d’une seule époque, d’un seul prince. Elles portent comme un sceau d’origine.
 

Dimensions : 60m x 50. Cour carrée de 20 mètres de côté. Dans la salle de prières, 13 nefs de 3m20 parallèles au grand axe, perpendiculaires au mur du mihrab. Celle du milieu a 4m60. Forêt de 72 colonnes: comme à la grande Mosquée algéroise, leur forme est rectangulaire ou cruciale. Toutes sont en maçonnerie, sauf dans la nef centrale où jaillissent, d’un élan spontané, deux beaux fûts de pierre. Trois types d’arc: le plein cintre outrepassé, le brisé outrepassé, le lobé.
 

Le mihrab rappelle celui de Cordoue. Sa coupole est intaillée de cannelures oblongues. Décor en plâtre, avec feuilles d’acanthe et motifs épigraphiques.

 

 

 

 

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© Happy Boy via Panoramio

Mihrab de la grande mosquée de Tlemcen : La zone du mihrâb est magnifiée par une nef plus large ponctuée de deux magnifiques coupoles, héritières des coupoles de la Grande Mosquée de Cordoue, de Kairouan en Tunisie et d’al-Azhar au Caire.

 

 

 

 

Chapiteaux. – Les premiers décorateurs musulmans ont emprunté leurs chapiteaux aux ruines antiques. C’est pourquoi, vers les débuts, dominent le corinthien et le composite déliquescent. Plus tard, le réservoir classique épuisé, il fallut bien inventer. On reproduisit d’abord la superposition d’acanthes corinthiennes; peu à peu, elles se réduisirent à une seule rangée; l’ancien feuillage se cristallisa en un méandre continu incurvé au sommet. Deux chapiteaux de la grande Mosquée ont encore l’acanthe disposée en étages, mais sans nervures ni découpures profondes. L’acanthe tlemcénienne de l’époque est un moment de l’évolution qui, partie des modèles corinthiens, a fondu le dessin primitif pour aboutir à la formule du XIVème siècle.

Autre innovation, déjà virtuelle, vu, à la Qala des Beni-Hammad : la stalactite ainsi nommée parce qu’elle ressemble aux concrétions calcaires des grottes. A la grande mosquée de Tlemcen, les angles de la coupole – avant du mihrab – s’en revêtent; mais c’est encore un tâtonnement, une gauche réplique de Cordoue.

 

L’élément floral et géométrique – En thèse générale, il faut toujours, dans la décoration végétale, distinguer la tige de la palmette. La tige peut, à elle seule, si elle sait s’épandre, masquer la nudité des surfaces. La feuille a un double rôle; elle aussi remplit les vides des panneaux et elle habille de frondaisons les rinceaux trop grêles. L’art musulman occidental demandera à la tige un immense effort; il l’étirera et l’assouplira, la courbera en de savantes involutions. Par contre, il va réduire de plus en plus la palmette. La voici qui perd sa riche variété. Elle se recroqueville comme une feuille que flétrit l’automne. Tige et feuille s’écartent sans cesse de la nature pour aboutir à un dessin intellectualiste, stylisé, qui dédaigne l’observation.

 

La flore tient une place considérable à la grande Mosquée de Tlemcen. Elle est d’une verve fougueuse et drue. Elle va cependant point les foisonnements de Cordoue dont elle s’inspire visiblement. Son alphabet se réduit, en somme, à une lettre: l’acanthe simplifiée, souvent présentée de profil et tendant déjà à s’ossifier dans la sèche abstraction d’un triangle. La nervure est encore gonflée de vie; elle va se faire plus molle; la palme devient lisse et s’affranchit du détail patient qui pourtant l’individualise, pour devenir une vague généralité. Ainsi elle traduira plus tard le mouvement unitaire de l’esprit almohade. Quant à la tige, elle n’a plus cette rainure médiane, héritée des techniques byzantino chrétiennes, que l’on pouvait encore voir au minbar d’Alger.

 

L’élément géométrique est hésitant. A Tlemcen, comme partout ailleurs, en débutant dans la carrière décorative, il s’exerce d’abord timidement aux grilles, aux panneaux ajourés, aux claustras. Puis, il s’enhardit: des étoiles à huit pointes rayonnent déjà sur l’encadrement du Mihrab : ailleurs, polygones curvilignes à six pointes.

 

Enfin, le minaret quadrangulaire de 35 mètres, qui domine Tlemcen : vieux pasteur, troupeau moutonnant et serré de maisons…

 

 

La grande Mosquée de Tlemcen est peut-être un recul sur l’art espagnol contemporain. Elle constitue, pour l’Algérie, un immense progrès. Par les innovations et l’audace de son décor, le lyrisme de ses arabesques, par ses coupoles, ses stalactites, ses essais de géométrie élégante, elle garde dans l’anthologie des œuvres almoravides une valeur de premier plan.
En somme, l’art almoravide algérien élargit l’utilisation des systèmes d’arcs. Il prépare un chapiteau dont les hérédités corinthiennes s’allègent. Ses ébauches de stalactites et de géométrie ornementale, la générosité de son décor floral, lui donnent une haute valeur d’initiative. Il se, relie étroitement à l’Espagne voisine. L’objection d’influences orientales directes, tirée d’éléments d’apparence asiatique est loin d’être décisive. Au surplus, on n’irrite que ce que l’on crée. Seule est admirée l’œuvre qui, du dehors, vient se superposer au dessin intérieur de la mémoire. Reproduire une sculpture, un tableau, c’est les tirer de l’inconscient. « On n’assimile bien que ce que l’on a soi-même presque inventé ».

 

 

 

 

 

 

Prière du vendredi dans la Grande Mosquée de Tlemcen, début du 20ème siècle.

 

 

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Autres mosquées

 

 

 

 

Mosquée de Sidi-Senoussi. Seules caractéristiques d’une part, la salle de prières au premier étage; d’autre part, le minaret bien pris et svelte, avec ses trois étages d’arcatures; sur une face  » quelques plaques de faïence stannifère à décor bleu et jaune incrustées dans l’un des cadres d’arcade, seul exemple de ce genre que nous ayons observé comme décor extérieur du minaret tlemcénien  » (W. et G. Marçais).

 

 

 

 

 

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Mosquée de Sidi-Lhassen.- Élevée en 1453, en l’honneur du savant Sidi-Lhassen ben Makhloouf erRachidi. Elle est aujourd’hui à demi ruinée. Le minaret tresse de longs réseaux de mailles, sur colonnettes à chapiteaux. A la galerie supérieure, belles arcades dentelées. Décorations de faïences vertes et jaunes.
 

 

 

 

 

A la Mosquée Bab-Zir, chapiteau ancien qui évoque ceux des vieux oratoires de Cordoue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Qoubbas

 

 

La Qoubba de l’Afrique mineure est, dans l’immense majorité des cas, une pièce cubique surmontée d’un dôme. Tantôt l’un des murs, tantôt les quatre sont évidés. L’ingéniosité de la science nord-africaine explique la forme spéciale de la coupole par la rareté du bois. Comment, sans une forêt voisine, soutenir la terrasse et le toit? M. Ricard cite l’exemple d’El-Oued:  » Cette agglomération apparaît, en effet, comme une immense taupinière établie dans une région où les dunes règnent à cent kilomètres à la ronde. La seule végétation arbustive réside dans le palmier, arbre infiniment précieux, que l’on protège sans cesse contre l’envahissement des sables et dont on a prolongé la vie par tous les moyens pour en récolter les fruits. On n’y dispose donc pas de bois. Ce pays, heureusement, est riche en gypse d’où l’on extrait un excellent plâtre, suprême ressource pour la construction. « 

 

Ce type de mausolée, très fréquent en Berbérie, abrite la tombe d’un personnage vénéré ou d’un inconnu dont l’anonymat enchante la masse. C’est là que brûlent les bougies expiatoires. Ici, le voleur qui, en pays arabe, porte toujours d’audacieuses moustaches, jure sous l’œil sévère des plaignants, qu’il n’a pris ni la femme, ni la chèvre du voisin. Ce serment laisse sceptique le vieux mari soucieux lui-même, dans sa lointaine jeunesse, ne vint-il pas ici bien des fois, après des nuits de belle aventure, témoigner de la pureté de ses mœurs ? Mais le bon marabout est indulgent. Il absout tout le monde et son descendant fait la quête. Autour du mausolée, au printemps et à l’automne, auront lieu les zerdas et les ouadas, sortes de foires religieuses où les anciens rites agraires se fondent dans les pratiques de l’Islam berbère.

 

Aux environs de Tlemcen, cent notes blanches éclatent dans la verdure. On dirait un chapelet d’onyx dont le fil s’est rompu. Ce sont les qoubbas. Leur gaîté vive détend la solennité des oliviers séculaires. Aucun aspect funèbre. L’Islam a conservé à la mort une noblesse apaisée, résignée, souriante que nos civilisations occidentales ne comprennent plus. Le fameux fatalisme de l’Orient, dont on n’a guère saisi le tonus psychologique, s’éclaire et s’humanise à la douce blancheur de ces coupoles.

 

 

 

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 koubba de Sidi Yacoub

 

 

 

Citons les qoubbas de Sidi Yakoub, de Sidi Ouahab, de Sidi Senoussi, d’Aïn-el-Hout, dont on trouvera dans le beau livre de M. M. Marçais, de précieuses monographies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Cadran solaire antique (provenant de Lambèse)

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L’observation des transformations de l’ombre solaire est certainement le plus ancien des procédés employés pour déterminer le temps. On peut utiliser pour ce faire les ombres des arêtes de bâtiments, mais aussi la propre ombre de son corps, dont la longueur, exprimée en « pieds » ou en « chausses », a été dans l’Antiquité un moyen très populaire de déterminer le temps.

 

Les cadrans solaires dotés d’un indicateur et de graduations étaient en usage depuis le IIIe millénaire avant J. –C. Ils servirent sans doute d’abord uniquement à la tenue du calendrier. La division des journées s’y est ajoutée ultérieurement.

 

Les cadrans solaires grecs et romains portaient leur quadrillage sur différentes formes le plus souvent gravées dans la pierre (sphères, sections de sphère, forme coniques et cylindriques, surfaces verticales et horizontales). Ils ornaient les bâtiments publics, les temples, les maisons privées et les villas. Ils étaient répandus dans tout l’Empire romain.

 

 

 

 

 

 

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Cadran solaire, avec une base ornée de degrés

Période : Rome antique

Site d’origine & lieu de découverte : Lambèse (Batna)

Technique/Matière : roche (matériau), sculpture (technique)

Dimensions Hauteur : 0.43 m

                    Largeur : 0.28 m

Se trouve actuellement au musée du Louvre, Paris

 

 

 

 

 

 

Ces instruments de la mesure du temps représentent les rares témoignages matériels d’activité scientifique dans l’Antiquité. De nos jours, on totalise plus de 500 cadrans solaires pour l’ensemble du monde gréco-romain ; pour l’Algérie on a pu en recenser une trentaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Mausolée d’Ahmed Yasawi (Turkestan / Kazakhstan)

23102016

 

 

 

 

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Vue du mausolée : En 2002, il devint le premier patrimoine kazakh reconnu par l’UNESCO comme patrimoine mondial de l’humanité.

 

 

 

 

Ahmed Yasawi était un poète et philosophe du XIIe siècle. A sa mort en 1166, ses disciples lui construisent un petit mausolée, actuellement situé à l’intérieur du grand bâtiment. Le grand mausolée date pour sa part de 1397, et a été construit sur ordre de Tamerlan. La construction de cet imposant complexe aurait été interrompue à la mort de Tamerlan en 1405, avant de reprendre en 1595 sous la direction du khan de Boukhara, Abdulah Khan. Les parties supérieures des arches datent de cette période. Le portail est le plus grand d’Asie centrale : il mesure 38 mètres de hauteur, pour une façade de 50 m de largeur et une arche de 18 m. le système défensif que l’on observe sur la façade date du XIXe siècle, et a été construit sous le règne du sultan de Kokand. Les minarets auraient à cette époque-là été reconvertis en postes d’observation pour les soldats qui défendaient la région de Turkestan. Les poutres en bois que l’on voit encore dépasser de la façade servaient à hisser les matériaux nécessaires à la construction des parties supérieures du moment. La façade du mausolée présente une spécificité de construction : toutes les briques sont horizontales, et toutes les céramiques de couleur sont verticales. Les céramiques de couleur bleu clair dessinent des lettres arabes, alors que celles de couleur bleu foncé servent en fait de ponctuation entre les différentes inscriptions. Les portes originales du mausolée, en bois massif, datent de 1399. Elles sont actuellement exposées à l’intérieur de la salle principale. Les portes aujourd’hui en place sont plus récentes. En haut, l’inscription en arabe prévient que les portes s’ouvriront pour les amis et resteront fermées pour les ennemis.

 

 

 

 

 

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 L’intérieur du dôme

 

 

 

 

La pièce centrale du mausolée est surmontée d’un dôme de 15 mètres de diamètre, l’un des plus grands d’Asie centrale. Au centre de la pièce se trouve un gigantesque chaudron en bronze, argent, fer et or qui contient une eau sacrée. Huit portes s’ouvrent sur les côtés de cette première pièce, qui donnent accès à 35 salles. Le « palais blanc », dont l’accès se trouve au fond à droite, servait de salle de réunion aux rois kazakhs et de pièce de réception pour accueillir les dignitaires étrangers. A partir du XVIe siècle, la plupart des khans locaux ont été enterrés sous cette pièce. La proximité de la tombe de Yasawi est censée leur apporter protection. A côté se trouve le « petit palais blanc », réservé aux conversations intimes. D’autres dignitaires sont enterrés sous cette salle. Une porte au fond à droite permet de voir le tombeau de Yasawi. La tombe est en marbre vert, sans aucune inscription. Yasawi est enterré avec sa femme et son fils. Des pèlerinages ont lieu tous les vendredis, mais l’accès à cette pièce, la plus sacrée de tout le complexe, est réservé aux musulmans. A côté de la fenêtre par laquelle les non-musulmans peuvent voir le tombeau se trouve une pierre gravée, représentant la généalogie des khans kazakhs. La porte à gauche de la salle principale donne accès à la mosquée. Celle-ci est surmontée d’un petit dôme joliment décoré, et percé de seize petites fenêtres. Au fond de la mosquée, sur la gauche, se trouve une cellule de pèlerin. Il ne s’agit que d’un modèle, car les cellules se trouvaient en réalité au premier étage. A côté de la mosquée se trouvait la bibliothèque. Deux Corans datés du XIIe et XVIIe siècle y ont été préservés, avant d’être transférés vers la Bibliothèque nationale du pays. La porte qui s’ouvre à gauche immédiatement après l’entrée de la pièce principale donne accès aux cuisines. Les soupes à base d’eau salée, de blé et de mouton étaient préparées dans les grands chaudrons avant d’être transférées dans les « auges » en bois (celles qui sont exposées datent du XIVe siècle) qui permettaient de distribuer les repas aux pèlerins. Un puits se trouve également à l’intérieur du mausolée, mais son accès n’est pas autorisé à l’heure actuelle.

 

 

 

 

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© Dmitry Chulov

 

 

 

 

 

 

Devant le mausolée de Yasawi se trouvent plusieurs petits mausolées, ou au moins leurs fondations. Celui sur la gauche (si l’on est face au mausolée principal) date du XVIe siècle, mais a été renové récemment. A droite se trouvent les fondations d’un autre mausolée. En face se trouve selui de la fille d’Oybek, qui était l’un des petits-fils de Tamerlan. La jeune femme, morte en 1485, avait épousé un khan local, et donné naissance à deux futurs khans kazakhs. Son mausolée date donc de la fin du XVe siècle, mais il a été rénové il y a une vingtaine d’années.

 

Derrière le mausolée se trouve une petite structure en briques. Elle servait de salle de réunion pour les prières collectives et les périodes de jeûne du Ramadan. Elle a depuis été transformée elle-même en mausolée.

 

Une mosquée datée de 1878 domine le complexe du mausolée depuis une petite colline située juste au-dessus. Cette mosquée n’est plus active, et a été transformée en musée. Des quarante et quelques mosquées actives à Turkestan, celle-ci est la plus ancienne et la seule a avoir été préservée. Toutes les autres mosquées actuellement en activité dans la ville sont de construction moderne.

 

La mosquée souterraine du XIIe siècle, également située sur la colline, est une véritable curiosité locale. Elle abrite dans une pièce tout au fond de l’établissement la cellule souterraine où Yasawi s’était retiré à l’âge de 63 ans (en référence à l’âge de la mort du prophète Mohammed). La première pièce est une salle de vie, dont les murs sont entièrement recouverts de fresques représentant les 99 noms de Dieu en kazakh, en arabe et en russe. La mosquée proprement dite est une petite pièce qui s’ouvre au fond à droite de la salle commune. On peut y voir un puits éclairé menant à la cellule de Yasawi. L’entrée de celle-ci se fait par un escalier situé dans la pièce la plus au fond du bâtiment. Cette très jolie construction en pierre et brique est en fait une reconstitution…on peut en revanche jeter un coup d’œil sur les ruines du bâtiment original juste en face de l’entrée.

 

Les bains du XVIe siècle sont en revanche  originaux. Ils ont été actifs jusqu’en 1975, et sont aujourd’hui reconvertis en musée. La première pièce était consacrée au repos et à la dégustation de multiples tasses de thé. La pièce principale était celle où on se lavait : elle présente une architecture très fine, avec ses arcades pointues, ses dômes en brique et son éclairage naturellement tamisé. Un petit renfoncement était réservé aux bains à l’eau chaude, un autre aux bains à l’eau froide, et les bancs du fond servaient de salon de massage.

 

Le musée se trouve dans le grand bâtiment rectangulaire à l’est du mausolée de Yasawi. Il retrace l’histoire locale et présente quelques belles pièces (la maquette du mausolée est assez intéressante), même si l’on peut regretter le manque d’explications en anglais.

 

 

 

 

 

 

 

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Source: Asie Centrale Par Collectif,Dominique Auzias,Jean-Paul Labourdette
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 







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