L’Atlanthrope, le plus vieil Algérien connu

16042018

 

 

 

 

 

L’Atlanthrope, le plus vieil Algérien connu  dans Archéologie 1518784463-da65419e

Mandibule d’Atlanthrope mauritanicus trouvé à Thignif

 

 

Cette mandibule fut retrouvée en 1954, dans la sablière de Tighnif, à la faveur de fouilles paléontologiques menées par le pr C. Arambourg. Elle appartient à une ancienne forme humaine du nord de l’Afrique qui vivait là il y a quelque 650 000 ans. Nommé alors Atlanthropus mauritanicus, aujourd’hui, sous le nom de Homo erectus, cet homme est regroupé avec de nombreux autres dont les restes ont été découverts de par le monde (d’après Balout 1955). 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au début des années 1950, Tighnif (Ternifine), lieu-dit de la région de Mascara, prenait une importance mondiale en livrant les restes d’un homme qui vivait là, il y a bien plus de cinq cent mille ans. Ces restes mettaient en valeur de nombreux outils connus depuis longtemps dans diverses parties du pays et bien d’autres qui allaient être retrouvés par la suite. L’une de ces trouvailles les plus récentes se situe entre M’sila et Barika, non loin de N’Gaous, et elle est particulièrement riche en promesses. 

 

 

 

 

En 1954, trois mandibules et des dents appartenant à une forme humaine primitive étaient retirées de la sablière de Tighnif (Ternifine). Cet homme ancien a reçu le nom « Atlanthropus mauritanius ». C’est une branche des « Homo erectus » qui regroupent les restes humains aux caractères semblables, trouvés dans différentes parties du monde. Le site d’où proviennent ces vestiges était connu de longue date. Des ossements fossiles puis des pierres taillées en avaient été retirés dès 1875 au cours de l’exploitation de la carrière. Balavoine, l’exploitant, avait dès l’abord saisi l’intérêt de cette découverte à laquelle s’associèrent très vite les noms de Tommasini, de Pomel et Pallary, spécialistes d’alors. Une première campagne de fouilles fut menée par P. Pallary en 1886. Le paléontologue C. Arambourg reprenait les travaux en 1931, puis de 1954 à 1956. Ces dernières campagnes ont livré plus de mille pièces, essentiellement des pierres taillées dites bifaces, et un imposant matériel osseux qui, associés aux restes humains, donnent au gisement un intérêt exceptionnel et le placent parmi les hauts lieux de la préhistoire mondiale. 

 

 

 

A la fin du XIXe siècle, les découvertes d’outils semblables à ceux de Ternifine se multipliaient dans l’ensemble de l’Algérie tant dans le Nord que dans le Sud où diverses missions d’exploration saharienne en trouvaient sur leurs trajets.  Ces découvertes s’inscrivaient parfaitement dans l’ensemble des connaissances qui se dessinait alors dans le monde et faisaient valoir la présence, en Algérie, d’un homme ancien utilisant des outils semblables à ceux que Boucher de Perthes avait formellement identifiés pour la première fois, en 1832, en France, dans la vallée de la Somme. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Timgad: L’Arc de Triomphe (De Trajan)

3032018

 

 

 

 

 

Timgad: L'Arc de Triomphe (De Trajan) dans Archéologie 1515340907-timgad-une

 

 

 

 

Il importe de distinguer entre l’arc [fornix], élevé par un particulier pour rappeler sa mémoire ou pour orner une ville et l’arc de triomphe (arcus triumphalis), érigé pour perpétuer la gloire d’une victoire.

Sous la République romaine, les arcs permanents dont il est fait mention, rentrent dans la première catégorie; à cette époque, on n’employait que des constructions provisoires en bois, jetées en travers de la rue par où passait le triomphe et retirées après la pompe.

Plus tard, sous l’Empire, ils lurent convertis en édifices permanents, bâtis en marbre et élevés dans différentes parties des villes, aussi bien à Rome que dans les provinces. Petits d’abord et sans faste avec une seule arcade, ils prirent dans la suite des proportions plus grandes et furent recouverts de sculptures et de statues, comme, par exemple, l’arc de Septime Sévère à Rome, ceux de Titus, de Constantin, etc.

L’arc formant une des entrées du Forum à Pompéi s’appelait Fornix; il en était de même des arcs élevés par Scipion l’Africain avant le commencement d’une campagne, et par L. Sterninius à l’expiration de son commandement qui se termina sans qu’il obtint les honneurs du triomphe.

« Les portes et les arcs de triomphe, très rares chez les Grecs, sont très fréquents chez les Romains. Aussi ces monuments, issus des circonstances politiques du peuple romain, portent-ils l’empreinte exclusive du génie artistique de Rome » (1)

La différence entre les portes grecques et les portes romaines au point de vue de la structure est dans l’emploi de la voûte qui caractérise ces dernières. Le système de plates-bandes des Grecs et leurs savantes superpositions de pierres en surplomb ne put jamais atteindre l’effet produit par l’arc des Romains.

La forme la plus simple pour les portes est l’arcade unique; il y en a des exemples nombreux et notamment en Afrique à Lambèse , à Marcouna, à Djemilah, à Khremissa, à Announa, à Zana, à Haydra, etc., etc. Viennent ensuite les portes à trois passages, dont celui du milieu est plus élevé que les deux autres. Tels sont : la principale entrée de Pompéi en venant d’Herculanum; les arcs de Septime Sévère et de Constantin à Rome; de Septime Sévère à Lambèse; de Trajan à Thamugadi, etc. 

Ce dernier monument est fort bien conservé. Une inscription (2) dont quelques fragments ont été trouvés en 1853 par un officier, M. Becker, et revus plus tard par Masqueray, ne laisse aucun doute sur l’époque de sa construction. En voici la traduction:

« L’empereur César Nerva Trajan Auguste le Germanique, 

fils du divin Nerva, 

souverain pontife, revêtu pour la quatrième fois de la 

puissance tribunice, trois fois consul, père de la patrie, fonda la colonie Marciane Trajane de

Thamugadi par les soins de la IIIe légion Auguste, Lucius Munatius Gallus étant légat 

impérial propréteur. »

 

C’est donc bien en l’an 100 de notre ère qu’il faut faire remonter la fondation de la cité, le troisième consulat de Trajan coïncidant avec cette date. 

 

 

 

L’Arc de Trajan est le plus élégant de proportions de tous ceux qu’on rencontre en Afrique où ils sont fort nombreux. Le style de ses sculptures, fort soigné, est très particulier et son ordonnance architecturale est remarquable. Les matériaux qui le composent sont : le grès du pays, le calcaire blanc de Menah et le marbre; ce mélange produit une diversité de tons du plus heureux effet.

 

La grande arcade du milieu a 6 m. 93 de hauteur sur 4 m. 20 de largeur et 3 m. 10 d’épaisseur. Elle est surmontée d’un entablement complet et d’un attique n’ayant plus qu’une partie de son architrave . Au-dessus des deux arcades des côtés se trouvaient des niches rectangulaires ornées de statues et décorées de colonnes en marbre coloré reposant sur des corbeaux finement sculptés en pierre calcaire de Menah. Des frontons circulaires (3) couronnaient ces travées latérales : ils n’existent plus dans la partie Sud. Quatre belles colonnes détachées, à cannelures garnies de rudentures dans la partie basse, flanquent les deux faces principales du monument; elles sont en calcaire blanc (et non pas en marbre, comme on l’a dit souvent). Portées sur des piédestaux en grès jaune, elles ont 0 m. 60 de diamètre à la base et 5 m. 7o de hauteur; l’ordre en est corinthien et les chapiteaux des colonnes du milieu de la face occidentale ont des aigles sculptés en forme de caulicoles. Suivant l’usage, un groupe de figures avec quadrige devait occuper le dessus de l’attique. En ce qui concerne l’appareil, le clavage des arcades dépasse la largeur des archivoltes, ainsi qu’on en rencontre tant d’exemples dans la construction des édifices romains.

 

Des bornes milliaires, qui se trouvent du côté Ouest de l’Arc de Trajan, prouvent que ce monument servait de point de départ pour compter les distances. Deux piédestaux hexagonaux (4) sont placés devant les colonnes qui encadrent la grande baie centrale de l’arc, sur la face Est. Sur celui de droite on voit une dédicace à Mars, malheureusement très mutilée; celui de gauche porte une inscription dont voici la traduction:

« A la concorde des Augustes, nos maîtres : l’empereur L. Septime Sévère et Marc-Aurèle Antonin-le Pieux, heureux, Auguste, Parthique-le-Grand, Britannique-leGrand, Germanique; Augustes, et de Julia Augusta, L. Licinius Optatianus, à 

cause de l’honneur du flaminât perpétuel, avait promis d’élever des statues moyennant 20 mille sesterces, avec leurs bases, et cela en plus de la somme légale qu’il devait pour cet honneur; il a augmenté encore la somme et, finalement, a élevé les dites statues pour 35 mille sesterces; il a distribué en outre des cadeaux aux 

décurions, a offert un repas aux curies, a donné des

 jeux scéniques et a dédié le monument. »

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Decumanus maximus vers l’Arc

Le decumanus maximus est un axe routier est ouest.

 

 

 

 

 

 

En suivant le Decumanus dans la direction de Mascula et de Théveste, on rencontre les ruines de l’arc  dont les colonnes gisent à terre; il en est de même de la porte orientale de la ville située plus loin et qu’on peut désigner sous le nom de porte de Mascula. Nous n’avons aucun renseignement sur celle qui se trouvait au sud de la cité; jusqu’ici son emplacement ne saurait être déterminé. Il est fort probable qu’elle a été démolie pour être réemployée dans la construction du Fort byzantin qui a été élevé près de là.

La porte Ouest ou de Lambèse, au contraire, a été mise à jour par soins; elle était ornée de quatre colonnes (5) sur chaque face et percée d’une seule ouverture, large de 4 m. 12; les trous destinés à recevoir les pivots de la fermeture existent encore.

La porte Nord  qui conduisait à Cirta, a été également déblayée; elle est bien plus épaisse que la précédente. Son unique ouverture était flanquée de deux pièces servant de corps de garde ou de postes pour les gardiens; on y pénétrait par une petite entrée disposée latéralement. Une colonne engagée et un pilastre de même saillie, d’ordre corinthien, décoraient chaque côté des deux faces Nord et Sud. La largeur de l’arcade est de 3 m. 50; là aussi on voit les trous des pivots creusés dans une dalle. Les pilastres et les colonnes ont 0 m. 75 de largeur à la base; l’épaisseur des bâtiments de la porte est de 4 m. 20; les portes ont 2 m. 75 sur 2 m. 65. En avant de la porte, de chaque côté de l’ouverture centrale, nous avons constaté sur le dallage la trace de piédestaux, aujourd’hui disparus, dont la base mesurait 2 m. 15 x 2 m. 15.

Deux inscriptions ornaient les faces Nord et Sud de l’attique de l’édifice : l’une est identique à celle de l’Arc de triomphe, à part de légères différences dans la disposition des lettres; l’autre est une dédicace à Antonin-le-Pieux et nous reporte à l’année 148. On la traduit ainsi:

« A l’empereur César, fils du divin Hadrien, petit fils du divin Trajan le Parthique, arrière-petit fils du divin Nerva, à T. Hadrien Antonin-le Pieux, Auguste, père de la patrie, empereur pour la deuxième fois, grand pontife, revêtu pour la vingt-deuxième fois de la puissance tribunice, consul pour la quatrième, L. Novius Crispinus, légat impérial propréteur, consul désigné, patron de la colonie, dédia ce monument par décret des décurions, avec les deniers publics. »

 

De la présence de ces deux inscriptions, il résulte que la porte Nord étant, comme l’arc dit de Trajan, datée de l’an 100, pourrait, aussi bien que l’Arc de triomphe, porter le nom du grand empereur. En second lieu, la dédicace de l’an 149 semble indiquer que le monument a été terminé à cette date ou, plus probablement, a été l’objet de quelques remaniements.

Le même raisonnement doit s’appliquer à la porte de Lambèse, au bas de laquelle L. Renier a découvert une inscription incomplète, nous reportant à vingt années plus tard. Elle est ainsi conçue:

« A l’empereur César MarcAurèle Antonin Auguste, l’Arménien, le grand Parthique et Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la vingtième fois de la puissance tribunice……….empereur pour la……fois, consul pour la troisième; et à l’empereur César L. Aurelius Verus, Auguste, F Arménien, le grand Parthique, Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la septième fois de la puissance tribunice…. empereur pour la…….fois, consul pour la troisième »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): La vie antique, par 0. Riemann, p. 143.

 

(2): Cette inscription était jadis gravée sur la face Ouest de l’attique de l’arc: elle avait t m. 10 de haut et 2 mètres de largeur. Celle qui figurait sur l’autre face n’a pas été retrouvée.

 

(3): L’arc de triomphe de Timgad est peut-être le seul ayant cette disposition de frontons circulaires.

 

(4): En examinant avec soin le dallage sur lequel reposent ces piédestaux, on remarque la trace de deux autres bases rectangulaires qui ornaient primitivement le bas de l’arc de triomphe.

 

(5): Ces colonnes cannelées avec rudentures à la partie inférieure ont 0 m. 65 de diamètre inférieur; 0 m. 55 de diamètre supérieur. La hauteur du chapiteau est de 0 m. 65 ; de la base, 0 m. 29. Les colonnes, détachées, sont adossées à des pilastres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman

18012018

 

 

 

 

 

Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman dans Archéologie 1513493897-p1000254-palais-omeyyade-citadelle-amman

Le palais des Omeyades vraisemblablement érigé vers 720 est le monument le plus impressionnant de la citadelle d’Amman. C’est un bel exemple de l’architecture omeyyade.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir établi leur capitale à Damas, les Omeyyades prennent la citadelle d’Amman pour résidence des gouverneurs. La terrasse supérieure est restructurée et divisée en trois zones entourées de murs, dominées au centre par la salle des audiences, qui sert aussi de porte monumentale. Selon les archéologues, cet emplacement correspondrait à l’entrée vestibule d’un ancien édifice romain qui continuera d’être utilisé pendant la première période byzantine et sera reconstruit par les Omeyyades.  

 

 

 

 

la porte monumentale, presque carrée (24.50 m sur 26.10 m), est construite selon un plan cruciforme ; elle est surmontée d’un dôme central, et chaque bras de la croix est recouvert de coupoles en cul-de-four. Une porte s’ouvre sur chacun des côtés nord et sud. Les deux bancs qui flanquent la porte sud étaient probablement destinés aux gardes. 

 

 

L’intérieur est organisé autour d’un carré central de 10.30 m de côté d’où partent les quatre bras de la croix. Chacun des quatre angles du bâtiment forme une pièce : celle du sud-ouest possède un escalier qui conduit au toit ; celle du nord-est renferme une volée de marches conduisant à la porte nord. Ce passage mène aux bains et à la citerne. 

 

 

 

La décoration intérieure de la salle des audiences, sculptée dans la pierre, est absolument remarquable. Les décors sont ordonnés en plusieurs registres : du sol jusqu’à une hauteur de 1.60 m, deux couches de gros blocs de pierre de taille qui sont probablement des réemplois de constructions romaines. Une corniche moulée sépare cet appareillage inférieur d’une rangée de niches aveugles, chacune encadrée par deux petites colonnes engagées supportant un arc dentelé. Au-dessus d’une autre corniche, on retrouve un second étage de niches aveugles, plus grandes celles-ci. Ces niches, bordées elles aussi de colonnes miniatures, sont ornées de médaillons avec des palmettes ou des rosettes. Une troisième rangées de niches aveugles, plus petites, reprend le même décor jusqu’en haut du mur. Une frise merlée couronne la façade. Une canalisation couverte traverse toute la salle sur un axe sud-nord. Une autre canalisation couverte part de l’enceinte sur pour déboucher dans une citerne circulaire. Des gouttières ménagées sur le côté est du mur recueillent l’eau de pluie, qui est récupérée dans le réservoir circulaire. 

 

 

Au début du XIXe siècle, des voyageurs avaient identifié dans le monument « le tombeau d’Urie », du fait qu’il est raconté dans la Bible comment Urie le Hittite trouva la mort devant les murs de Rabbath Ammon (cf. ‘Amman, la résidence des gouverneurs’). D’après des recherches récentes, il s’agit simplement de la porte monumentale qui permettait d’accéder aux bâtiments de la seconde enceinte. S’il est certain que certaines parties de l’édifice sont d’origine romaine –en particulier la cour pavée et le mur d’enceinte, avec sa décoration de niches- l’étude du monument montre que ces vestiges ont été remaniés par les Omeyyades pour aménager la salle des audiences, comme dans le Dar al-lmara d’Abou Mouslim al-Khorasani, à Merv.  De même, l’ancienne interprétation donnant le monument pour une église byzantine est considérée comme caduque en raison des caractéristiques clairement persanes du décor : les palmettes, les rosettes et les dentelures sont très similaires aux décors en stuc des constructions sassanides. Toutefois, les influences irano-sassanides indubitables pourraient aussi bien s’expliquer par l’intervention courante d’artisans irakiens en Jordanie après la conquête islamique. Ces problèmes d’interprétation doivent surtout tenir compte de l’existence dans la région d’un certain nombre de monuments similaires : la porte du palais omeyyade de Khirbat Al-Minyeh, sur le lac de Tibériade, la salle des audiences d’al-Mouchatta, au sud d’Amman, ou encore celle de Khirbat Al-Mafjar, près de Jéricho.  

 

 

 

 

 

 

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Le palais d’Amman, plus communément nommé ‘palais d’Hicham’, a été attribué à tort à Hicham Ibn Abd al-Malik (105/724 – 125/743), qui, par contre, a fait édifier la célèbre salle des audiences de Rousafa, en Syrie, sur le modèle de celle d’Amman. C’est toutefois sous son règne qu’on doit faire remonter la construction du palais. 

 

 

 

 

Les bains, à l’est de la salle des audiences, ont été fouillés et restaurés récemment. Cet ensemble comporte un vestiaire équipé de bancs, un tepidarium avec des bassins d’eau et un caldarium avec sa chaufferie (cf. ‘Qousayr Amra’). 

 

 

 

La citerne est un réservoir circulaire situé à l’est de la salle des audiences et au sud de l’enceinte romaine. Elle mesure 16 m de diamètre et au moins 5 m de profondeur. Le mur de retenue, de 2 m d’épaisseur, est maçonné avec de solides blocs de pierre et renforcé par des fûts de colonnes. Les deux canalisations couvertes qui alimentent la citerne recueillent l’eau des gouttières du toit de la salle des audiences, à l’ouest, et de celles de l’enceinte romaine, au nord. La seconde canalisation passe par un puits carré qui faisait probablement fonction de filtre. On peut donc imaginer que le réservoir est d’origine romaine, que les Byzantins ont à leur tour utilisé le dispositif romain, le tout étant finalement réaménagé par les Omeyyades. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, pour construire leur citerne, les Omeyyades ont dû détruire un quartier résidentiel byzantin au centre duquel on a retrouvé un pressoir à olives.  

 

 

 

Il a fallu des recherches patientes et systématiques pour identifier la localisation de la mosquée de la résidence des gouverneurs omeyyades sur la terrasse supérieure. Un travail qui a trouvé sa récompense en 1997. Le monument a été érigé sur un terre-plein artificiel au sud-est de la salle des audiences. Venant de la cour inférieure, devant la salle des audiences, on y pénètre par un escalier monumental qui conduit à un portique à six colonnes. La façade nord de la mosquée était décorée d’arcs-boutants et d’une frise de petites niches aveugles ou ouvertes. Il y avait une porte dans le mur nord et une autre du côté sud. Il est possible qu’une troisième porte ait été ménagée spécialement pour l’imam dans le mur est, non loin de la niche de prières. 

 

 

La salle de prière est trapézoïdale ; elle mesure 34.10 m d’est en ouest et 33.67 m du nord au sud. Son sol était revêtu d’un fin pavage irrégulier recouvert d’une couche de plâtre à la chaux. Les murs intérieurs étaient probablement recouverts d’un enduit, comme de petits fragments résiduels près du mihrab le laissent supposer. Cette niche, qui prend place dans le long mur sud de la salle de prière, mesure 2.93 m de large sur une profondeur de 1.52 m. A l’origine, deux petits pilastres décoraient l’entrée à l’intérieur de la niche. La salle de prière comporte quatre nefs de six colonnes parallèles au mur de la qibla. Il y a enfin une cour à péristyle laquelle a été retrouvée une citerne souterraine. 

 

 

 

Sur les côtés est et ouest de la grande cour, donnant sur la porte monumentale et la mosquée, une enfilade de onze petites pièces servaient de boutiques. Au centre de la cour, un réservoir circulaire était alimente en eau de pluie par des rigoles dont l’une partait de la mosquée. Après les destructions massives causées par le tremblement de terre catastrophique de 131/749, les boutiques furent transformées en logements. 

 

Face à l’entrée nord de la monumentale, une rue à colonnades conduit vers le nord à la porte d’enceinte. La base carrée et le premier tambour des colonnes sont sculptés en un seul bloc. Il a été retrouvé sur l’un de ces socles une croix byzantine : un indice qui permet de dire avec certitude qu’on a utilisé des matériaux de récupération. L’imposte encore visible sur la façade sud de la porte d’entrée montre que les colonnades étaient reliées par des arches. Sur les côtés est et ouest de la rue, les deux passages couverts donnaient sur des logements. Derrière, côté est, se succédaient trois cours fermées par des portiques à colonnes du même type que celle de la rue. Quatre pièces s’ouvreraient généralement sur chaque cour, et certaines disposaient d’un escalier pour gagner les terrasses ou l’étage. Dans l’une des cours, à l’ouest de la rue, on a retrouvé le squelette d’un chameau, possible victime du tremblement de terre de 131/749. 

 

 

 

La porte nord de la rue conduit à la résidence princière. On accède à ce palais par un vestibule qui était recouvert d’une voûte en berceau. Le sol en est pavé de cailloux –probablement les restes de la sole d’une mosaïque disparue. L’entrée du vestibule était décorée de colonnes engagées habillées de stucs. 

 

 

 

 

Entrant par le vestibule, le visiteur pénètre dans la salle du Trône, grande pièce cruciforme recouverte autrefois d’un dôme. D’après les fragments de pierre sculptée retrouvés dans les ruines, il semble que la technique de construction utilisée pour cette salle soit exactement la même que celle de la porte monumentale. Sur le côté sud de la salle, une petite pièce rectangulaire était ornée de mosaïques et servait probablement de toilettes. Une porte conduit de la salle du trône à un portique, orienté au nord, qui surplombe la ville et regarde vers le Djebel al-Hussein. De ce côté de la citadelle, on peut voir encore les vestiges massifs de fortifications datant de l’âge du fer et de l’époque romaine. Ils ont encore plusieurs mètres de haut. Sous l’enceinte romaine, une citerne a été creusée à même la roche.  

 

 

 

La salle du Trône est flanquée de deux séries de quatre pièces : dans celles du côté est étaient probablement aménagés les appartements du prince, originellement décorés de stuc. Dans l’un des murs, on peut encore voir un bloc de pierre de réemploi qui porte une inscription grecque dédiée à un empereur romain et qui fait allusion à la Philadelphie de Coele (Syrie). L’inscription date du IIe siècle et provient certainement d’un temple. Les quatre pièces de l’ouest faisaient fonction de réserves et de cuisines pour les appartements. 

 

 

 

Par sa similitude au Dal al-Imara de Koufa, il est à peu près certain que l’ensemble servit de résidence au gouverneur d’Amman pendant toute la période omeyyade. 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les monnaies de l’Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs

9122017

(203 – 60 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

Avec ces monnayages, nous abordons un numéraire extrêmement abondant, qui correspond au véritable développement de l’économie monétaire numide, et qui constituera plus largement l’ossature du système monétaire africain d’un bout à l’autre de la région, le seul, en somme, qui fut utilisé de l’Atlantique aux autels des Philènes.

 

L’analyse de ces monnaies que l’on appelle habituellement « de Massinissa et de ses successeurs » soulève de nombreuses difficultés. D’abord ce sont dans l’ensemble des émissions d’iconographie très peu différenciée, produites en masses sur une très longue période et sans indication explicite d’atelier émetteur. Il est donc difficile de les répartir suivant une chronologie interne et de distinguer ensuite les éventuelles évolutions pondérales. Quant aux ateliers émetteurs c’est essentiellement, pour l’instant, par déduction et probabilité que l’on peur les suggérer.

 

L’épigraphie de la quasi-totalité de ces monnaies est bien laconique puisqu’elle se réduit le plus souvent à deux lettres indiquant l’initiale et la finale du nom royal. Cela laisse place à beaucoup d’incertitudes dans la mesure où nous ne connaissons pas le nom de tous les souverains, où ces noms ne sont souvent attestés que par les sources gréco-latines qui peuvent les déformer gravement, et où ces lettres sont parfois susceptibles de se rapporter à deux souverains.

 

 

 

Les monnaies de l'Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs  dans Archéologie 1509448306-nouvel342 

Bronze du Roi Massinissa ou Micipsa

Atelier : Cirta, (203-118) Av -JC

A/ Anépigraphe
Tête laurée et barbue du roi à gauche.

R/ Anépigraphe
Cheval bondissant à gauche ; au-dessous, un globule

 

 

 

 

 

Toutes ces monnaies sont bien connues des archéologues, puisqu’on les retrouve d’un bout à l’autre de l’Afrique du nord. Leur banalité même les a souvent fait dédaigner et a empêché que les trouvailles en soient systématiquement signalées. Leur situation est ici comparable à celle des bronzes puniques souvent négligés, et, longtemps, la seule trouvaille importante de bronzes numides qui ait donné lieu à une étude fut celle de Mazin en Croatie. Ce n’est que depuis peu qu’on note un intérêt nouveau pour l’étude de ces monnayages, maintenant mieux répertoriés.

 

 

 

 

 

Les deux ateliers : Cirta et Siga

  

L’ensemble de toutes ces monnaies dites de Massinissa et de ses successeurs se divise en deux groupes d’importance très inégale et de caractéristiques très distinctes. Le groupe le moins abondant comporte des pièces caractérisées par l’effigie diadémée du roi alors qu’elle est laurée sur les monnaies de l’autre groupe. Il existe aussi des différences stylistiques dans l’effigie royale. Si certains types de portraits sont communs aux deux groupes, la distinction ne tenant qu’au port du diadème ou de la couronne laurée, une variété d’effigie, en revanche, ne se retrouve que dans le groupe au diadème. L’exécution en est très soignée, en particulier pour le traitement des boucles de la barve et de la chevelure. La forme générale de la tête est plus allongée en hauteur que sur les autres monnaies, la barbe plus longue et plus tombante.

 

L’iconographie du revers est différente pour les deux groupes. Sur les monnaies à tête laurée on trouve un cheval au galop ou à l’arrêt, sur les autres un cheval au trot ou au pas accompagné d’un astre ou d’une palme.

 

 

 

 

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Bronze du roi Syphax

Atelier : Siga (213-202 av. J.-C.)

A/ Tête barbue et diadémée

R/ Cavalier galopant à g. sur un cheval bridé, globule et légende punique dessous dans un cartouche

 

 

 

 

 

 

Toutes ces différences, révèlent-elles deux ateliers différents ou deux époques d’un même atelier ? L’étude de la répartition des trouvailles, indispensable ici, pâtit de l’absence de documentation. Il semblerait cependant que les monnaies à tête diadémée soient beaucoup plus rares en Tunisie que les autres, qui y sont très communes. Même s’il faut tenir compte du fait que les monnaies diadémées ont été émises en moindre quantité, l’observation garde tout de même une certaine valeur. Elle est renforcée par l’analyse de deux trouvailles de monnaies numides, l’une de Cherchell (Algérien centrale), l’autre de Tarhouna (Tripolitaine) : à Cherchell sur un total de 80 monnaies, on retrouve 29 monnaies à tête diadémée, alors qu’à Tarhouna il ne s(en trouve qu’une sur 176 monnaies. Il semble donc que l’on trouve de moins en moins de monnaies à tête diadémée à mesure que l’on quitte le Maghreb central pour son extrémité orientale. D’autre part, les deux groupes obéissent à une métrologie très différente. Tout cela nous amène à imaginer qu’il y eut en réalité deux ateliers. On pense naturellement aux deux grandes capitales du royaume numide : Siga et Cirta. Et dans ce cas, les monnaies à tête diadémée seraient émises à Siga, à laquelle d’ailleurs on propose d’attribuer les monnaies de Syphax, elles aussi diadémées. La métrologie de toutes ces monnaies de Siga semble identique, ce qui paraît un argument supplémentaire décisif. Et c’est donc à Cirta qu’il faudrait attribuer les monnaies à tête laurée, de loin les plus nombreuses, et dont la métrologie est claquée sur celle de Carthage.

 

L’existence de portraits quelquefois très proches sur les deux séries n’est pas une objection décisive à cette hypothèse.

 

 

 

 

On remarquera que les seuls souverains mentionnés sur les monnaies « de Siga » sont Massinissa ou Micipsa, tandis que celles « de Cirta » font également mention de leurs successeurs, Adherbal et GN. Il semblerait donc que l’atelier de Siga ait fermé sous Micipsa ou juste après sont règne, au profit d’une centralisation des frappes à Cirta, plus proche du lieu d’origine de la dynastie Massyle et ainsi promue au rang de véritable capitale. Il y aurait là un processus de centralisation étatique conforme à l’idée faite de l’évolution du royaume numide. Et cela expliquerait la large prédominance numérique des monnaies de Cirta.

 

 

 

Une dernière précision à propos de ces ateliers. La proposition de Cirta et Siga car ce sont les deux « capitales » (avec toutes les nuances qu’il faut apporter ici à ce terme) du royaume numide, l’une située en Massylie, et l’autre en Masaesylie. Mais il est bien évident, compte tenu du nombre impressionnant de monnaies frappées, que l’on ne saurait exclure l’existence momentanée d’ateliers parallèles officiels semi-officiels, et cela sans parler des ateliers vraisemblablement marginaux. La centralisation évoquée plus haut se serait donc faite en réalité au profit de la Massylie en général, avec pour foyer monétaire principal la ville de Cirta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La mosquée el Bey Salah à Annaba

25102017

 

 

 

 

 

Une plaque commémorative en marbre portant un poème à la gloire de Salâh, bey de la province de Constantine, en cursif oriental. Le 5e vers du poème donne la datation de la construction du monument en abjad par la somme de la valeur numérique de chacune des lettres : 1206 H. qui correspond à l’an 1791.

 

 

 

La mosquée el Bey Salah à Annaba  dans Archéologie 1506244262-18061912

Poème en l’honneur de Salah Bey  

 

 

 

 

 

 

Le plan de type anatolien et ses proportions font de cette mosquée un édifice extrêmement original de l’époque ottomane. Une cour précède la mosquée; un portique extérieur ajouté en 1852 précède un corps de bâtiment dont l’une des pièces
servait de salle d’audience et l’autre d’école coranique. On accède à la salle de prière par une entrée située dans l’axe du mihrâb qui ouvre sur une galerie délimitant sur trois côtés un espace devant le mihrâb ; divisée en neuf travées, la galerie est couverte de coupoles : trois coupoles latérales identiques se font face, alors qu’à l’ouest, les travées plus petites
délimitent des coupoles légèrement elliptiques. Au centre, l’espace est couvert d’une coupole outrepassée sur pendentifs, percée de huit fenêtres en arc surhaussé et d’une corniche ; l’ensemble fut couvert de dessins polychromes à l’époque coloniale.

 

 

 

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Djama El Bey – Bône 1880   

 

 

 

 

 

Ce plan très rare pour une mosquée se retrouve à Alger dans la mosquée Kafar. C’est la deuxième mosquée à coupole hémisphérique avec celle de Ketchawa, en Algérie. La mosquée fait également partie des rares mosquées dotées de plusieurs galeries latérales et en fond de cour sans piliers.

Dans la salle de prières alternent à la fois des piliers et des colonnes, comme dans les mosquées de Raqqa, de Tinmal, de la Qarawiyyîn de Fès. La mosquée Salah bey fait partie des rares mosquées bâties à l’époque turque qui ont utilisé des impostes
au dessus de ses colonnes galbées. On relève l’emploi de l’arc surbaissé, fréquent dans l’architecture ottomane de Turquie (ouverture du portail de la Yesil Camii à Brousse et portail extérieur de la mosquée aux trois balcons à Edirne). On trouve également des arcs en plein-cintre, fréquents chez les Romains, apparus pour la première fois dans l’architecture musulmane à la Coupole du Rocher à Jérusalem, et des arcs en plein-cintre outrepassé caractéristiques de l’architecture musulmane.

Le mihrâb à niche hexagonale est coiffé d’un cul de four lisse comme ceux qui apparaissent dans le mihrâb du musée de  Baghdad, qui proviendrait de la mosquée édifiée par al-Mansûr, dans celui de l’ancienne mosquée al-Dazz à Monastir (XIe siècle), et aussi dans un ancien mihrâb du mausolée al-Shabîh (950 H./1543). Unique en Algérie, sa partie supérieure est ornée d’un arc surbaissé à la voussure formée d’une seule bordure ; la plus ancienne voussure de ce type en Algérie est celle de la grande mosquée de Tlemcen, elle-même inspirée des mihrâb de la Grande Mosquée de Cordoue et de l’Aljaféria de Saragosse.
Les écoinçons du mihrâb sont ornés d’une inscription alors que dans les autres mosquées d’Algérie ils comportent un décor géométrique et floral, à l’instar de la grande mosquée de Kairouan et de celle de Cordoue.
La mosquée de Salah Bey se distingue par la variété de ses chapiteaux.

 L’influence de l’architecture antique est sensible dans les sommiers cruciformes au dessus des colonnes prismatiques et
des chapiteaux à feuilles d’acanthes inspirés des chapiteaux composites romains. Le minaret cylindrique, qui se trouve au nord-ouest de la salle de prière, est un prototype simplifié des minarets ottomans de Turquie (mosquée de Bâyazîd à
Istanbul).  La tradition dit que la construction du minaret a suscité de forts remous parmi la population, entre les Ottomans qui voulaient une mosquée selon le rite hanafite (avec un minaret cylindrique) et les autochtones qui exigeaient un
minaret carré.
Le lanternon de la tour principale du minaret, surmonté d’un épi de faîtage composé de trois éléments circulaires achevés par un croissant, est semblable à ceux des mosquées maghrébines, notamment Agadir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Inscription du Tombeau d’Othmane, bey de Constantine

10092017

 

 

 

 

 

Inscription du Tombeau d'Othmane, bey de Constantine  dans Archéologie 1503303089-efdc7452

Source: HISTOIRE(S) DE LA VILLE… 

 

 

 

 

Tombeau d’Othmane, bey de Constantine, non loin du petit hameau de Demine, tribu des Ouled Aouat (environs d’El Milia).  
 
L’inscription (en arabe) est gravée sur une dalle de marbre blanc qui recouvre la tombe, surmontée d’une petite colonne turbannée .  

 

هذا ضريح المرحوم السيد  

عثمان بن محمد باي قسنطينة الذي كان  

قتل بهاته الأرض المسماة اخناق عليهم 

من بلاد اواد عواط 

في سنة 1219       
 
 

 

 TRADUCTION. —

« Ceci est le tombeau de celui qui a obtenu miséricorde,

Sid Othmane ben Mohammed, bey de Constantine, 

lequel a été tué en ce lieu dit Khenag Alihem,

territoire des Oulad Aouat, en l’année 1219. »

 

 

 

Le bey Othmane, nommé au beylicat l’an de l’égire 1217 (1803), a régné jusqu’en 1218 (1804).  Durée du règne, 1 an. 
 
Peu de temps après sa nomination au beylicat, il marcha sur Oran avec une forte armée et l’enleva aux Espagnols. Revenu à Constantine, il eut également à châtier quelques tribus kabyles voisines de Stora; mais son camp, placé sur les bords de la rivière Zokora, fut surpris une nuit par les Kabyles, qui ne firent aucun quartier et massacrèrent impitoyablement le chef Othmane. Il fut longtemps regretté du pays.  

 

 

 

 

Voici dans quelles circonstances il périt :   

  

Au commencement du siècle, un cherif marocain, El Hadj Mohammed ben L’Ahrech, fut nommé chef de la caravane des pèlerins du Maghreb, et accomplit en cette qualité le pèlerinage de la Mecque. Il y gagna une réputation de sainteté, et, après maintes aventures que nous n’avons point à rapporter ici, revint se fixer dans le pays kabyle où il entretint, au profit de son ambition, l’agitation toujours remuante des montagnards. S’alliant à un marabout de Redjas (environ de Mila), Si Abdallah-Zebbouchi, il poussa l’audace jusqu’à marcher sur Constantine, en l’absence du bey, alors en colonne chez les Righas. Prévenue temps, Othmane ne tarda pas à lui faire lever le siège, et poursuivit les rebelles à la tête de ses troupes régulières jusqu’à El-Milia.  
 
Un marabout des Béni Sebih, ben Bagherich, vint sur ces entrefaites offrir ses services au bey, se faisant fort de capturer le Cherif avec l’aide d’un corps de troupes. Othmane eut l’imprudence d’écouter ses propositions, et se laissa entraîner par son faux allié jusqu’au cœur des montagnes insurgées. Des nuées d’ennemis ne tardèrent pas à paraître : il en résulta une effroyable mêlée, ou Ben Bagherich périt l’un des premiers. Le bey roula avec son cheval dans une fondrière, et Zebbouchi, qui avait des ressentiments personnels à venger, le perça de coups. 

 La tradition rapporte qu’il posa le pied sur son œil borgne, ainsi qu’il se l’était promis, après quoi il le fit décapiter par un nommé Saïd ben Amer, des Djebala.  

 

 

  

 

 

 




Le château de Sahyûn en Syrie (Xe – XIIIe siècle)

17062017

 

 

 

 

Le château de Sahyûn en Syrie (Xe – XIIIe siècle)  dans Archéologie 1495453927-89-sy-v1-02-33

 

 

 

 

 

 

La forteresse de Sahyûn, le Saône des Croisés (rebaptisé Qal’at Salah ed-Dîn par le gouvernement syrien), fait partie d’un réseau de châteaux qui constituaient un véritable maillage du territoire conquis lors des croisades. La mise en place de ces édifices permit, notamment, de défendre les frontières des Etats et de contrôler les voies de passages ou les points stratégiques. La plupart des études sur les édifices fortifiés de Syrie ont été menées durant la période du Mandat français et les chercheurs ont négligé la plupart des structures qui n’étaient pas attribuées aux occidentaux ou moins bien documentées par les chroniqueurs francs, les édifices musulmans en particulier. Certains de ces travaux ont donné lieu à de volumineuses monographies dans lesquelles les chercheurs puisent, aujourd’hui encore, de multiples informations.

 

Le château de Sahyûn constitue un très bon exemple de ces forteresse dites franques, réoccupées postérieurement  par les musulmans. Situé au nord de la Syrie, à 24 km à l’est de Lattaquié, dans une chaîne montagneuse appelée le djebel Ansarié, il occupe un site stratégique de premier plan, contrôlant une des routes entre la vallée de l’Oronte et la côte. Cette plate-forme calcaire a été fortifiée par les Byzantins au Xe siècle. La construction la plus élevée du site est traditionnellement attribuée à cette période. Les Francs (principalement d’Antioche) s’y sont installés au début du XIIe siècle et l’ont utilisé comme une forteresse seigneuriale, contrairement aux autres châteaux qui étaient tenus, en majorité, par les ordres militaires, templiers et hospitaliers.

 

 

 

 

 

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Sahyûn symbolise à bien des égards les multiples interpénétrations culturelles entre les trois civilisations, byzantine, franque mais aussi et surtout, musulmane. En effet, Saladin, après la bataille de Hattin (1187), s’empara du site comme de la plupart des autres chateaux francs de l’intérieur du pays et le réaménagea.

 

 

 

 

 

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les murailles du château (©C.Bélingard, août 2010)

 

 

 

 

 

Ce gigantesque ensemble fortifié s’étend sur un promontoire rocheux long de 600 mètres environ, orienté d’est en ouest. Sur ses faces nord et sud, le château est naturellement protégé par de profonds ravins. La zone orientale de cet éperon calcaire est la plus élevée (439 mètres d’altitude). L’enceinte de la basse-cour épouse la topographie du terrain dans sa partie occidentale. Elle est séparée de la forteresse par un fossé renforcé par une ligne de murailles. Cette coupure artificielle, inachevée, fut la brèche par laquelle Saladin et ses troupes envahirent le château. Dans la partie orientale, un fossé beaucoup plus profond a été creusé dans le roc, d’une profondeur de 28 mètres environ, pour séparer le plateau situé à l’est de l’ensemble castral proprement dit. Cet ouvrage a particulièrement retenu l’attention des chercheurs et plusieurs phases de creusement ont pu être mises en évidence.

 

 

 

 

 

 

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source: Ruines de châteaux

 

 

 

 

 

Le front est, donnant sur ce grand fossé, présente, au sud, une tour circulaire flanquant les courtines sud et est. C’est dans ce secteur que se situent la citerne et les écuries du château. Les ouvrages francs ont intégré les tours rondes byzantines préexistantes. Les tours sont relativement peu élevées mais présentent des ouvertures de tir dans trois directions : elles permettent de prendre d’enfilade le fossé mais surtout de pouvoir atteindre   le plateau qui lui fait face. A cela s’est ajouté un imposant donjon carré dont la technique de construction est celle du grand appareil à brossage.

 

 

Du côté nord s’élève l’ancien massif d’entrée, la pile monolithe matérialisant toujours le passage anciennement aménagé au-dessus du vide. Sur toute la façade nord, le dispositif défensif est relativement peu important, l’escarpement étant assez abrupt pour protéger l’accès à la forteresse. Cependant, ce secteur était particulièrement exposé aux coups des engins musulmans (mangonneaux) lors du siège de 1188. Il dut ensuite être restauré par Saladin (murs épaissis, courtines rehaussées). De nombreux réemplois figurent dans la maçonnerie et des éléments architecturaux musulmans caractéristiques ont été ajoutés. Le côté sud présente trois grands ouvrages rectangulaires dont le plus occidental sert aujourd’hui d’entrée. Deux de ces tours, ainsi que le donjon carré du front est, sont indépendants des courtines qui les flanquent. Ils restent ainsi autonomes en cas de prise du château. Derrière la ligne de défense principale orientée est-ouest, préexistait une enceinte byzantine (courtine flanquée de tours rondes présentant une succession de petits appareils géométriques, de type opus quadratum). Sur la partie sommitale se dresse la citadelle dite byzantine ainsi que la chapelle des Croisés qui est en grande partie ruinée et dont il reste peu d’éléments architecturaux mis à part le portail d’entrée.

 

 

 

 

De nombreux vestiges de la présence musulmane, relativement bien préservés, sont encore visibles et témoignent d’une fonction plus résidentielle que défensive de la citadelle pendant cette troisième période d’occupation. Le lieu fut réaménagé et une mosquée fut construite. Son minaret carré, atteignant près de 30 mètres de haut, domine les constructions franques. Un espace d’habitation ainsi que des bains furent bâtis à proximité, ils dateraient vraisemblablement de la fin du XIIIe siècle.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Eléments provenant de La Qal’a des Banu Hammad (11e – 12e siècle)

8052017

 

 

 

 

 

Ce qui frappe plus particulièrement à la Qala des Beni­Hammad, c’est l’usage de la céramique, soit dans le décor architectural, soit dans les poteries ménagères et les vases décoratifs.

 

- A la face sud du minaret, subsistent des spécimens d’incrustations; deux arcatures des parties hautes sont ornées d’émail vert en treillis; des motifs vernis en forme de croix parsèment une niche de la façade. Il semble aussi que les ornemanistes aient garni de faïence et d’émail les vides des édifices qalaens.

 

 

En même temps, les potiers créaient, pour l’usage domestique, des vases d’un galbe élégant dont de nombreux débris ont pu être retrouvés et étudiés par le général de Beylié, MM. Van Gennep et Marçais. Citons un pot à col large et à anses arrondies, une bouteille à goulot étiré avec une seule anse, des anses de pots ou de bouteilles avec une pastille très saillante qui offre au pouce de la main un point d’appui commode; des pots à couvercles, des brûle-parfums, des coupes, des vases décoratifs sur pieds ajourés, de nombreuses lampes suivant le modèle antique, une sorte d’écritoire avec godets pour couleurs différentes, etc…  

La décoration des poteries peut se grouper comme il suit: décor gravé, d’une géométrie élémentaire avec fréquence de parallèles ou de quadrillages; décor en petits motifs gravés, motifs géométriques ou fleurs stylisées; décor à garniture continue souvent avec étoiles à 4 ou 8 pointes qui laissent pressentir l’art futur de la gypsoplastie maghrébine et andalouse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Eléments  provenant de La Qal'a des Banu Hammad (11e -  12e  siècle)  dans Archéologie 1492859430-14-516285

Elément de décor architectural en croix

 

 

 

 

 

 

 

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Fragment de décoration murale en plâtre

 

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Fragment de bord de plat

 

 

 

 

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Carreau de revêtement : bord  / engobe argileux, glaçure, peint

 

 

 

 

 

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Fragment de bord de vase / engobe argileux, glaçure, peint

 

 

 

 

 

 

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Brique / glaçure colorée

 

 

 

 

 

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Tuile / glaçure colorée

 

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Fragment de bord de jarre

 

 

 

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Fragment de jarre

 

 

 

 

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Fragment de col à lambrequins festonnés

 

 

 

 

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Fragment de jarre

 

 

 

 

 

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Fragment d’anse

 

 

 

 

 

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Châssis de vitrail

 

 

 

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Lampe

 

 

 

 

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Fragment de panse de jarre

 

 

 

 

 

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Fragment de récipient

 

 

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Élément de décor architectural

 

 

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Etoile

 

 

 

 

 

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Fragment de panse de jarre

 

 

  

  

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Fragment de décoration

 

 

 

  

 

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Fragment de décoration

 

 

 

 

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Clou de porte côtelé

 

 

 

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Fragment

 

 

  

 

 

 

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Fragment de vase

 

 

 

 

  

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Fond de vase

 

 

  

 

 

 

 

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Fragment de jarre

 

 

 

  

 

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Fragment de plat

 

 

 

 

 

 

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Objet en forme d’oiseau

 

 

  

  

  

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Fragment de fond de coupe en Faïence

 

 

 

 

  

  

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Fragment de marli de coupe à décor d’entrelacs

 

 

 

 

 

 

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Élément de décor architectural

 

 

  

 

 

 

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Fragment de vase

 

 

 

 

  

  

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Fragment de stèle funéraire

 

 

  

 

 

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Fragment de jarre à décor d’entrelacs fleuronnés

 

 

  

 

 

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Fragment de jarre

  

 

  

 

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Fragment de balustre ou stèle funéraire

 

 

  

  

  

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Fragment d’arc de mosquée

 

 

 

 

 

 

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Fragment de balustre ou stèle funéraires

 

 

 

 

  

 

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Élément de décor architectural

 

 

 

 

  

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Fragment de plat

 

 

 

  

 

  

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Fragments de croix

 

 

 

 

  

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Bord de coupe ornée d’entrelacs et d’un ruban

 

 

  

 

 

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Fragment de faïence usuelle

 

 

 

  

  

 

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Fragment de faïence usuelle

 

 

 

 

  

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Les peintures rupestres en Libye

29032017

 

 

 

 

Il y a 420 millions d’années, des fragments de notre planète dérivaient le long du pôle sud. Des lambeaux de continents remontèrent vers le nord en se reconstituant mais une partie se trouva immergée par les eaux. Suite à ce chambardement, le sous-sol remplit d’eau, de gaz, d’hydrocarbures. Plus près de nous, il y a 20 000ans, l’Europe fut recouverte d’un linceul de glace tandis qu’un vaste désert recouvrait les rivages de la Méditerranée sur une bande de 500 km. Tout changea entre 10 000 et 6 000 ans avant notre ère, lors d’une période de « Grand Humide » qui bouleversera le paysage africain et recouvrit le Sahara de mers, de lacs, de marécages, et d’une végétation tropicale. Les faunes soudanaises remontèrent loin vers le nord, hommes et animaux se retrouvèrent face à face. Les populations de pasteurs se sédentarisèrent, découvrirent l’agriculture, la chasse, la guerre, l’art. C’est alors que l’Homme ressentit le besoin de décrire leur environnement, d’exprimer leurs sentiments, de dessiner sur les falaises tout ce qui avait été dit et observé, en constituant une « bibliothèque sur pierre » pour les hommes du futur.  

 

 

 

 

 

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Pétroglyphe de crocodile, Messak en Libye

 

 

 

 

 

Les premiers hommes et l’Art

 

L’art rupestre préhistorique constitue la plus riche source de connaissances dont nous disposons sur les débuts artistiques, intellectuels et cultuels de l’humanité. Cet « art de plein air » présent en Libye et au Sahara, se retrouve dans toutes les régions du globe aussi bien dans des grottes souterraines que sur de hautes montagnes. Le répertoire fantastique de dessins et de signes est non seulement un témoignage direct sur le cheminement des hominiens vers l’homme, il permet aussi de comprendre le mécanisme des systèmes sociaux.

 

Dans le domaine de l’art rupestre, les œuvres les plus anciennes qu’on connaisse sont des lignes en zigzag qui datent de 300 000 ans. Le témoignage archéologique le plus reculé est l’utilisation ornementale de l’ocre et de l’hématite, un pigment minéral rouge que nos ancêtres utilisaient il y a des centaines de milliers d’années. Au Paléolithique moyen, entre 150 000 et 35 000 ans, l’homme exploite des gisements d’ocre et de silex ; on trouve la fin de cette période des empreintes de mains sur les parois des grottes. Vers la fin de cette période glaciaire, il y a 10 000 ans, les peintures rupestres se développent à l’extérieur des grottes, ce qui sans doute est lié au changement et au développement de l’environnement. Emergent deux formes artistiques : les pétroglyphes  ou sculptures obtenues par gravure, martèlement, profonde incision ou par grattage des surfaces rocheuses (grès ou granit), et les pictographes ou peintures pariétales.

 

 

 

 

Ecriture ou message ?  

 

L’art rupestre a la particularité d’être pratiqué par des populations non lettrées. Il commence avec l’apparition de l’Homo sapiens et s’achève au moment où les populations acquièrent un mode de communication efficace, en l’occurrence l’écriture. La relation entre l’œuvre et son environnement est conditionnée par trois facteurs principaux :

 

 

1- L’espace : l’emplacement choisi sur la paroi rupestre répond à un choix précis de « l’artiste ».

 

2- L’individu : l’artiste peut être exercé par un homme ou une femme, jeunes ou âgés, initiés ou profanes.

 

3- Le temps : le signe graphique est tracé de jour ou de nuit, en été ou en hiver. Il est tracé avant, pendant ou après certaines rencontres, réflexions ou activités (chasse, guerre, repas,..), seul ou en collectivité.

 

 

 

Signes et thèmes artistiques

Plusieurs signes peuvent s’associer par juxtaposition, par séquence, par affiliation et former une syntaxe ; l’étude de chaque signe devient en quelque sorte une grammaire. Les pictogrammes sont des figures dans lesquelles on reconnaît un être humain, un animal, un objet réel ou imaginaire. Les idéogrammes sont des signes (disques, flèches, roues, étoiles) qui véhicule des idées. Les psychogrammes ne représentent ni objets ni symboles, mais l’occasion de pictogrammes et d’idéogrammes.

L’art pariétal découle de cinq classifications sociales que l’on retrouve sur un échelon universel :

 

1- Les chausseurs primitifs : art pratiqué par des peuples qui ne connaissent ni l’arc, ni les flèches et associent signes et figures sans représenter une scène explicative.

 

2- Les cueilleurs primitifs : art pratiqué par des peuples dont l’économie se fonde sur la cueillette de fruits sauvages. Les scènes sont naïves.

 

3- Les chasseurs évolués : art pratiqué par des peuples chasseurs connaissant l’usage de l’arc. Les scènes sont anecdotiques et descriptives.

 

4- Les pasteurs éleveurs : art pratiqué par des peuples qui pratiquent l’élevage du bétail. Les scènes mettent en valeur les animaux domestiques et décrivent la vie pastorale.

5- Les sociétés à économie complexe : art pratiqué par des peuples qui se livrent à diverses activités agricoles. Les scènes sont de caractère mythologique.

 

 

 

 

 

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Art rupestre (Tadrart Acacus, Libye)  

 

 

 

 

 

 

La Préhistoire en Libye   

 

De nombreux fossiles témoignent de la période humide du Sahara néolithique. A cette époque, les poissons les plus courants sont le Lates Niloticus et le Silure qui vivent à présent dans le Nil, au Tchad, au Niger, au Sénégal ainsi que dans des lacs et des mares du Sahel. Le Néolithique abonde en reptiles, surtout tortues et crocodiles. Les mammifères sont représentés par les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, les sangliers, les antilopes. Le Sahara est alors peuplé de chasseurs (on retrouve un grand nombre de pointes de flèches et de harpons), de pasteurs et d’agriculteurs (haches polies). On retrouve aujourd’hui de nombreux restes fossilisées de mollusques, poissons, reptiles et mammifères. A partir du Ve millénaire, les forêts du Hoggar disparaissent, ainsi que les steppes et les lacs. Tout le réseau hydrographique s’affaiblit progressivement.

 

 

Le Sahara entier, de la Mauritanie à l’Egypte, se couvre de dessins et de peintures rupestres ; les premières découvertes auront lieu d’abord au Hoggar puis au Fezzan par les missions italiennes. Les gravures rupestres  du Fezzan seront signalées pour la première fois en 1850 par l’explorateur allemand Heinrich Barth au cours d’un voyage qui devait le conduire de Tripoli à Tombouctou par le Fezzan et le Tchad. Barth constatera, comme plus tard d’autres savants, que pétroglyphes et peintures doivent être classifiées en fonction de l’entrée du cheval et du dromadaire en Afrique du Nord et au Sahara. En effet, le cheval domestique est introduit par les peuples Hyksos vers 1 500 av. J.-C. ; le dromadaire, diffusé par les Perses apparaît vers le Ve siècle avant notre ère.

 

 

 

 

 

Evolution de la gravure pariétale   

 

 

Période du bubale   

 

 

 

 

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gravure rupestre néolithique – Le plateau du Messak au Sud-Ouest de la Libye

 

 

 

Le bubale (bubalus antiquus) est un buffle à grandes cornes effilées tournées vers le haut ; sa ligne de dos est inclinée vers l’arrière. Les populations ont leurs activités tournées vers la chasse à différentes espèces sauvages : éléphant, rhinocéros, hippopotame, girafe, grandes antilopes, autruches. On ne sait pas, en revanche, si le bélier est représenté à l’état sauvage ou domestiqué. Le style est naturaliste. Le contour est indiqué par un trait poli à profil en U surbaissé ou en V. La patine est foncée de la même couleur que le support rocheux. Les gravures peuvent être grandes ou moyennes. Les personnages sont armés soit d’une massue, d’un bâton de jet, soit d’une hache ou d’un arc. Il n’y a pas de javelot.

 

 

 

 

Période des pasteurs

 

 

 

 

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Un ensemble de bovins signifiant que l’élevage des animaux était une pratique commune. Tadraret – Fezzan

 

 

 

 

Le bubale antique a disparu. Le style devient semi-naturaliste, la figure peut être schématisée. Le contour est indiqué par un trait poli à profil en U surbaissé, rarement en V. la patine est foncée mais un peu plus claire que le support rocheux. Les gravures sont de taille moyenne de 50cm à 120cm. Les personnages sont armés d’un arc.

 

 

 

 

 

Période du cheval

 

 

 

 

 

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1/- Période des chars : les grands pachydermes ont disparu sauf l’éléphant accidentellement évoqué. Mouflons, chiens domestiques et plus rarement le bœuf domestique sont représentés. L’antilope chevaline a disparu. Les chars ne possèdent qu’un seul timon, les coursiers sont surtout montrés de profil, les bêtes placées dos à dos. Les chars plus récents sont représentés d’une façon stylisée par les roues et le timon. Les personnages sont schématisés, de forme bitriangulaire. La technique consiste en un pointillé serré sur la surface, le plus souvent jointif avec un léger polissage. La patine est de couleur chamois foncé. Les gravures sont de petite taille, de 25cm à 50cm. Apparaissent des changements dans l’armement : un javelot et un bouclier rond, parfois l’introduction de l’arc.

 

 

2/- Période des cavaliers : le cheval monté remplace le char. La faune ne reçoit aucun changement. Le style est semi-naturaliste pour l’animal, schématique pour les personnages bitriangulaires. La technique est un pointillé serré mais de qualité inférieure à la période précédente. Le polissage interne est restreint. La patine est de teinte chamois. Les gravures sont de petite taille, de 20cm à 50cm. Les personnages portent des javelots, des boucliers ronds et un couteau pendant de bras, semblable au poignard actuel des Touaregs. Des plumes ornent la coiffure des guerriers. Apparaissent des signes graphiques libyco-berbères introduits par des cavaliers.

 

 

 

3/- Sous-période du cheval et du dromadaire : le bœuf devient de plus en plus rare. Le style semi-naturaliste accuse une certaine décadence. La technique est un pointillé plus grossier qu’à la période précédente. Le polissage est exceptionnel. La patine est chamois. Les gravures sont de petite taille, entre 18cm et 40cm. L’armement est le même qu’à la période des cavaliers.

 

 

 

4/- Période du dromadaire : c’est la période la plus récente. La faune représente les espèces actuelles : oryx, gazelle, mouflon, zébu, chèvre,…Le style naïf est comparable à des dessins d’enfants. La forme bitriangulaire des personnages est remplacée par des formes linéaires. La technique est une percussion assez grossière sur toute la surface de la gravure. La patine est très claire, presque blanche. Les gravures sont de petite taille, de 15 à 20 cm. Le javelot persiste.

 

 

 

 

 

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Les archéologues distinguent divers écoles de peinture qui se seraient succédées sur une période de 6000 ans.
Ici on a admiré cette chasse au mouflon avec des chiens.

  

 

 

 

 

 

 

Evolution de la peinture pariétale

 

 

 

Les peintures ne peuvent exister que dans des endroits abrités des intempéries, c’est-à-dire dans des abris sous roche et en particulier dans des régions gréseuses. En général, les lieux de gravure ne comportent pas de peinture et inversement. On a constaté d’une part, qu’en peinture la représentation humaine est importante alors qu’elle est rare en gravure ; d’autre part, que les peintures comportent de grands ensembles « théâtraux » alors que les sujets sont presque toujours isolés sur les gravures. Ces conventions artistiques pourraient s’expliquer par l’existence de groupes humains d’origine différente.

 

 

 

 

 

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Les peintres racontent la vie quotidienne des pasteurs : ici un chasseur marchant à coté de son chien

 

 

 

 

 

1/- Période des hommes à têtes rondes (8 500 à 5 500 av. J.C) les personnages à corps rond sont schématisés (Tassili à proximité de la frontière algérienne). Le corps est peint en ocre clair, cerné d’une bordure ocre foncée. Les personnages féminins ont les jambes ployées. Cet art négroïde annonce l’art africain classique des masques et, à la fin de cette période, se devine une influence égyptienne. Les peintures ont augmenté de taille avec le temps, allant jusqu’à représenter des personnages de plus de 5 m de haut et des animaux peints, grandeur nature, ce qui nécessite de grandes surfaces de travail.

 

 

 

 

 

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 chasseurs de mouflons représentés avec leurs arcs et flèches

 

 

 

 

2/- Période bovine ou pastorale c’est la période la plus diversifiée en art pariétal (10 000 figures) alors que tout le Sahara, peuplé de pasteurs, possède de beaux pâturages et des rivières grouillant d’hippopotames. L’économie est basée sur l’élevage du bœuf (introduit par les régions du haut Nil) et, dans une moindre mesure, du mouton et de la chèvre.

Pasteurs de Uan Amil (5 500 – 4 000 av. J.-C.) : nombreuses scènes pastorales ; les personnages portent une épaisse touffe de cheveux sur le front (peut être par souci de représenter un type physique particulier). Quelques types négroïdes (esclaves ?). trait fin avec ou sans remplissage de l’intérieur du dessin.

Pasteurs de Ti-n Anneuin (4 000 – 1 500 av. J.-C.) : personnages longilignes à nez sémitique et à front fuyant qui rappellent les Ethiopiens (« faces brûlées ») et les Peuls, dessinés corps de face, tête et pieds de profil.

 

 

 

 

 3/- Période caballine : (1 500 av. J.-C. à notre ère) introduction du cheval domestiqué dans le Sahara et du char de guerre ou de chasse dit « garamantique » représenté en « galop volant ». Silhouette des personnages traitées en aplat, sans souci du détail. Tête en bâtonnet (comme si la représentation du visage était interdite) sur une poitrine et un tronc triangulaires. Chasse au mouflon avec des chiens domestiqués. Apparition des caractères libyco-berbères qui accompagnent les scènes de cavalerie. 

 

 

 

 

 

4/- Période cameline (cinq siècle avant l’ère chrétienne) le chameau est introduit au Sahara par le nord-est. Dessins naïfs.          

           

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Fragment de peigne en ivoire (Annaba / 6e siècle ap J.-C)

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Face A : Daniel dans la fosse aux lions secouru par Habacuc

 

 

 

 

 

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 Face B : trois personnages, deux drapés et un militaire

 

 

 

 

 

 

Période : période romano-byzantine (4e-7e siècle après J.-C.)

Site de production : Annaba

Technique/Matière : ivoire, os

Dimensions : Hauteur : 0.075 m, Largeur : 0.068 m

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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