Palenque: Un Joyau du Chiapas

9062019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palenque: Un Joyau du Chiapas  dans Archéologie 1555502822-palenque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cité baptisée Palenque est bâtie sur les contreforts de la chaîne montagneuse du Chiapas, dominant la plaine de l’Usumacinta et du Tabasco qui court sans limite jusqu’au Golfe du Mexique.

 

Découverte en 1746 non loin de Santo Domingo de Palenque, par le père missionnaire De Solis, elle est considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles cités précolombiennes qui ait jamais existé.

 

 

Elle est certes moins imposante que d’anciennes cités géantes comme Tikal et El Mirador au Guatemala, ou encore l’énigmatique Calakmul, encore enfouie dans la jungle séparant le Petén du Yucatán.

 

 

Elle mérite cependant son qualificatif “d’Athènes de Nouveau Monde ”, tant l’harmonie de son architecture, ses entablements, ses bas-reliefs et ses œuvres en ronde-bosse atteignent des sommets inégales dans l’art pré-hispanique.

 

 

Au même titre que d’autres cités voisines comme Yaxchilan ou Piedras Negras (au Guatemala), ou encore la baroque Copan au Honduras.

 

Les créations des artistes de Palenque, qui excellaient dans le travail du stuc, sont même entrées dans le panthéon du patrimoine artistique de l’humanité.

 

Ce qui distingue peut-être cette cité de ses rivales est le nombre considérable de ses hiéroglyphes, cartouches gravés sur la pierre et en voie de déchiffrement.

 

 

Cette véritable écriture, dont Palenque est une somptueuse vitrine, est sans doute la plus aboutie du Nouveau Monde.

 

Elle s’avère aujourd’hui aussi complexe et élaborée que la prestigieuse écriture égyptienne déchiffrée par Champollion.

 

La multiplicité de ses représentations et la variété de ses métaphores révélaient toute la richesse de l’imaginaire des anciens Mayas:

 

Maïs et nénuphar pour la fécondité, ossements ou coquillage pour l’offrande, couteau, hache ou gouttes de sang pour le sacrifice, jeune homme, vieillard, jaguar -la nuit- et oiseau -à l’aube- pour le soleil.

 

 

L’omniprésence des divinités dans leur regard: ainsi le jour 8 Soleil pouvait être représenté de trois manières différentes:

 

- par un 8 (une barre et 3 points) et une fleur à quatre pétales symbole du jour Soleil

 

- par une tête de profil du dieu Maïs divinité associée au nombre 8 et une tête de la divinité solaire pour le Soleil

 

- par les corps de ces deux divinités

 

 

 

 

 

 

palenque-templo-XIV-offrande-bas-relief dans Archéologie

Bas Relief de l’Offrande entouré de hiéroglyphes mayas, Palenque Templo XIV

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la caractéristique la plus marquante de cette écriture restera peut-être sa vision divine de la marche du temps:

 

Leurs hiéroglyphes représentaient souvent un personnage transportant un signe calendaire sur le dos.

 

Cela signifiait qu’une divinité prenait en charge et influençait une certaine période de temps.

 

Outre les trois calendriers usuels, ils poussaient le calcul du temps à son paroxysme avec le Compte Long, l’unique calendrier linéaire des précolombiens (d’origine probablement olmèque):

 

Additionnant des périodes de temps généralement multiples de 20, il servait notamment à dater les stèles commémoratives érigées tous les 20 ans sur de nombreux sites mayas.

 

Mais certaines dates étaient vertigineuses, remontant le temps sur 90 ou 400 millions d’années: elles dataient peut-être les mythes de création ou de destruction des mondes précédents.

 

De nombreuses correspondances temporelles entre calendriers et dynasties étaient immortalisées dans les codex ou sur les stèles en pierre.

 

Elles trahissaient la relation étroite qui s’instaurait entre la vie des hommes et la marche du cosmos:

 

Les dirigeants voulaient inscrire leur pouvoir dans le cycle des combats divins, associant la bonne tenues de l’univers à leurs actions….

 

Une tentative illusoire du genre humain de communier avec le cosmos indifférent, ou le signe d’une culture intégrée à son environnement naturel jusqu’à son paroxysme?

 

 

Les glyphes désignaient aussi des ornements, des fonctions sociales, des animaux, des plantes, des danses variées:

Danses du Serpent céleste à Yaxchilan ou du Quetzal à Bonampak; danses du Maïs précieux, du Nain rouge, du Bâton d”étoffe, de l’oiseau “Momot”, du Jaguar…

 

En dehors du contenu mythique des céramiques funéraires cachées au profane, on trouvait enfin quelques références à des pratiques chamaniques:

 

L’image d’un serpent redressé pour symboliser les visions hallucinatoires, ou la représentation de l’Esprit-Gardien animal cher à tout Indien, à côté du glyphe du Serpent-Vision.

 

L’écriture fut plus utilisée dans les codex comme aide-mémoire aux protiques divinatoires des prêtres devins du Soleil:

 

Cela causa la perte dramatique de nombre d’entre eux, brûlés par des missionnaires espagnols zélés qui les jugèrent démoniaques et remplis de superstitions..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cœur de la jungle mexicaine, se trouve la cité perdue de Palenque, construite par la civilisation maya il y a 1500 ans. Elle a été mystérieusement abandonnée par ses habitants au IXe siècle de l’ère chrétienne. Sa redécouverte, mille ans plus tard, au XIXe siècle, a permis aux historiens et aux archéologues d’approfondir leurs connaissances sur la civilisation maya, et en particulier sa maîtrise de la géométrie, de l’astronomie ou encore de l’hydraulique. Les édifices très élaborés, notamment certains temples, ont aussi apporté de nombreux renseignements sur les techniques de construction particulières employées par les Mayas.

 

 

 

 

 

 Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La grande mosquée d’Alger

30042019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La grande mosquée d'Alger dans Archéologie s-l1600

Alger. Grande mosquée de la rue de la Marine – photochromie 1897 -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On lit sur le minbar de la Grande Mosquée d’Alger « Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. Ce minbar a été achevé le 1er du mois de Redjeb de l’an 409. Il est l’ouvrage de Mohammed ». 409 correspond à l’année 1018 de notre ère . Une seconde inscription, à l’intérieur du bâtiment, nous apprend qu’en 1323, un roi de Tlemcen fit construire le minaret, auquel le document épigraphique prête cet hymne de reconnaissance : « La lune du firmament s’est présentée à moi dans tout son éclat et m’a dit : sur toi mon salut, ô toi la seconde lune ! Aucune vue, en effet, ne captive les cœurs comme la mienne. Allons, venez donc contempler ma beauté et l’aspect réjouissant de mes couronnes. Puisse mon Dieu accroître l’élévation de celui qui m’a achevé comme ce dernier l’a fait à mon égard et comme il a exhaussé mes parois. Que l’assistance de Dieu ne cesse d’être autour de son étendard, le suivant comme un compagnon et lui servant de seconde armée » (version Devoulx).

 

 

 

 

 

 

 

 

s-l1600 dans Archéologie

Intérieur de la grande mosquée El Kebir – 1880 -

 

 

 

 

 

 

 

 

Une tradition reporte à Ibn Tachfin (1061-1106) la fondation de cet établissement. Rien ne permet, en l’absence de texte, de se prononcer définitivement. Mais il est vraisemblable qu’Ibn Tachfin, almoravide dévot, à, la fois mystique et guerrier, ambitieux d’ouvrir dans chaque rue un oratoire, ait voulu doter la ville d’une Mosquée.

 

 

 

 

Nous ne pouvons guère aujourd’hui en reconstituer l’économie primitive. De nombreuses modifications y ont été successivement apportées, ne serait-ce que, sans remonter très loin, la galerie d’arcades, soutenue par des piliers de l’ancienne mosquée El-Sida, et qui a été construite par l’administration française (coloniale) en 1837.

 

 

 

 

 

 

 

 

1549964408-sans-titre

Cour de la Mosquée Djama El Kebir vers 1870 - 1875 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’édifice suit dans son axe l’orientation Nord-Ouest Sud-Est. Il emplit un quadrilatère d’environ 2,000 m², 48 mètres environ à la façade Nord-Ouest, 40 au Nord-Est et au Sud-Ouest. En 1866, avant les transformations, de voirie du quartier, Devoulx signalait contre le mur sud-ouest une annexe, El Djenina, et du côté nord-est, le Msolla, oratoire des dernières prières prononcées aux enterrements. Il mentionnait, en outre, 5 portes au nord-ouest, 2 au nord-est et au sud-ouest. A la porte des Bocaux, le passant altéré pouvait se rafraîchir, avec l’eau contenue dans de grandes jarres et renouvelée chaque jour.

 

L’intérieur comporte 72 piliers en maçonnerie, rectangulaires ou cruciformes, distants de 3m.40 et formant onze nefs parallèles orientées du nord-ouest au sud-est. La nef médiane a une largeur de 5 mètres. Elle aboutit, au milieu du mur oriental, au mihrab, niche à fond plat à pans coupés,

Des analogies saisissantes rapprochent la grande Mosquée d’Alger de la grande Mosquée de Tlemcen l’allure des nefs allant de la cour au mur oriental centré du mihrab ; le nombre impair de ces nefs dont la médiane est, dans les deux mosquées, plus large que les autres; — la forme des arcs, tantôt en fer à cheval déformé, tantôt bordés de lobes incurvés; — la forme rectangulaire ou cruciforme des piliers, etc…

Le minbar (chaire à prêcher) de la grande Mosquée d’Alger a une haute valeur documentaire. Il va nous permettre de surprendre les premières influences andalouses. 

 

 

 

 

 

Il a fait dans Hespéris (1921, 4e trimestre) l’objet d’une monographie très fouillée et très suggestive de M. Marçais .

D’abord, en avant des 8 marches, le grand arc, en fer à cheval brisé. Or, cette forme n’est pas spécifiquement orientale; elle est devenue comme la signature de l’architecture maghrébine et andalouse. – L’inscription ensuite.

 

 

 

 

 

 

 

 

1549964570-s-l1600

 

 

 

 

 

 

 

 

La décoration musulmane a admirablement utilisé l’écriture, sous deux formes, le koufique et le cursif, dont il faut ici dire un mot. Le koufique, épigraphie géométrique, d’abord anguleux, rigide, isolé du reste du décor, s’est peu à peu dégagé de sa gangue primitive assez fruste. Il a évolué de manière à s’arrondir, à s’assouplir, à se lier aux buissons voisins de l’arabesque. Le cursif, généralement privé d’angles, arrondi, délié, d’un mouvement rapide et échevelé, est allé en s’enroulant en de gracieux écheveaux, en s’affinant, en jetant de longues tiges flexibles et flottantes. – Or, l’inscription du minbar n’a pas le type fleuri du Koufique oriental du XIème siècle. Elle évoque le genre qui sera usité à la grande mosquée de Tlemcen. – L’ornementation des 48 panneaux de bois, enfin, est significative : la décoration végétale, tant par les jeux divers de la tige que par les combinaisons de la flore, acanthe ou feuille de vigne, rappelle certains motifs de l’Aljaferia de Saragosse. Elle inclut le minbar de la grande Mosquée d’Alger dans l’art musulman de l’Occident: « Le meuble de 1097 montre le rattachement d’Alger, la ville sanhadjienne, à l’influence civilisatrice de l’Andalousie et du Maghreb » (Marçais).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les villes mortes du Mzab

17032019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les villes mortes du Mzab dans Archéologie 1545577556-m-zab

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour si intéressants à étudier que soient les Ksours actuels du Mzab, il ne faut pas se dissimuler que l’histoire des villes mortes et des lieux de refuge ne leur cède en rien comme intérêt. Là, de même que dans beaucoup d’autres régions de l’Afrique et de l’Orient, l’attrait du passé égale au moins, s’il ne le dépasse, celui du présent. L’époque pré-ibadite nous est insuffisamment connue, les premières phases de l’occupation définitive du Mzab par les ibadites n’ayant pas jusqu’ici été l’objet d’investigations minutieuses de la part des historiens. De là une valeur trop grande attribuée à des relations émanées d’auteurs mzabites souvent intéressés à ne point dire vrai; de là aussi des interprétations inexactes de plusieurs commentateurs qui, trompés par les versions de ces sectaires, se sont parfois déclarés à contretemps leurs trop aveugles admirateurs.

 

 

 

 

Parmi ces villes mortes et enceintes fortifiées sont:

Ksar-el-Amhar, au nord-ouest de Guerara, Mbertackh au sud de Guerara; Thilez d’Ith et Ksar Aoualaoual, en aval d’El Ateuf; Bordj Lalla-Rhira, Krima Châr, Ksar Hannoucha, le Ksar des Oulad Nçer, au nord de Bou Noura supérieur; Tmizert, Ksar Lououal, au-dessous de Mélika; Ksar Sidi Saâd sur une montagne en avant de Ghardaïa, dominant la vallée de l’Oued-Mzab.

 

 

 

 

Mais les agglomérations habitées furent autrefois bien plus considérables, puisque les Chroniques signalent l’existence dans la vallée de l’Oued-Mzab de 25 petits ksours. Parmi ceux dont il ne reste plus trace mentionnons ceux dont les auteurs mzabites ont fait mention : c’est ainsi que des groupes de familles étaient établis sur les lieux dits Bou-a-Kiaou, Tirechine, le ravin Mammou, autour de Beni-Isguen; sur le Meurki, entre Beni-Isguen et Bou-Noura; enfin dans d’autres endroits moins déterminés, par exemple au-dessous de l’emplacement de Bou-Noura supérieur, dans la partie inférieure du Chabet Dherbon, à El Ateuf, etc. A côté de ces emplacements que connaissent encore les savants du Mzab, il faut rappeler que d’autres ont été habités, dont l’indication n’a pu parvenir jusqu’à nous. C’est ainsi que Ibn Khaldoun parle dans son Histoire des Berbères d’une localité du Mzab, Beni-Jesid, dont il ne reste aucune trace.

 

 

 

Tous ces villages étaient depuis le v° siècle, date de leur fondation, occupés par des Zenata, les Beni-Mzab et par d’autres Berbères, les Our-fedjouma  (Fordjoumia comme disent les Mzabites), branche des Oulhaça eux-mêmes fraction des Nefzaoua.

 

 

 

 Ces populations se rattachaient au point de vue religieux aux sectes islamiques des Ouaçlia, des Sofria et des Moatazila; ceux d’entre eux qui se nommaient les Beni-Mzab étaient Moatazila. Les opinions religieuses étaient d’ailleurs assez partagées. Tandis que les gens de Thilez d’Ith étaient tous Moatazila, ceux de Tmizert étaient les uns Sofria les autres Moatazila. Cependant les Moatazila devaient être en plus grand nombre. Voici, à cet égard, ce que dit une chronique : « Le pays fut d’abord rempli de Moatazila s qui professaient des opinions religieuses connues de chacun et de tous, puis vinrent les Ibadites de l’ouest et du sud. Le Cheikh Mohammed-ben-Boukker (que Dieu lui fasse miséricorde) vint du sud chez les gens du Mzab et les convertit à l’ibadisme. »

 

 

 

Dans un autre texte copié, ainsi que le premier chez Atfièch, nous lisons ce qui suit : « Quand l’ibadisme fut vaincu et ses partisans chassés des Tiaret, Cheikh Mohammed-ben-Boukker vint du sud et ramena les gens à l’ibadisme et on lui tua un de ses fils. »

 

 

 

 C’est en effet ce Mohammed-ben-Boukker qui, venu non point du sud (sur ce point les Chroniques sont inexactes) mais de l’est ou du nord, se fit au ve siècle de l’Hégire l’apôtre de l’ibadisme au Mzab. Cependant la mention de la mort violente d’un de ses enfants semble indiquer que les habitants ne se laissèrent pas tous facilement orienter vers une foi nouvelle. Lorsque par exemple en 494 de l’hégire (1100-1101 après J.-C), les premiers Ibadites vinrent à Tmizert, les indigènes qui appartenaient aux sectes mentionnées plus haut se comportèrent de diverses façons; les uns consentirent à suivre la doctrine ibadite, les autres s’y refusèrent et, cédant probablement à la violence, quittèrent le pays. L’ancien cimetière désigné sous le nom de Djebana Aïssa ou Aïssis qui se trouve à Ghardaïa, contient deux tombeaux en assez bon état de conservation. D’après les savants de Mélika, ils abritent les restes de deux personnages influents Moatazila, mariés à des femmes ibadites et convertis à cette dernière secte.

 

 

 

 

 La cause de la ruine du Ksar Lououal, au-dessus de Mélika, ne doit du reste être recherchée que dans les luttes violentes entre les Moatazila et les Ibadites.

Au moment où les Ibadites d’Ouargla vinrent s’établir dans le Mzab qu’ils devaient occuper désormais, le pays n’était pas seulement occupé par des Berbères, les Beni-Mzab et les Ourfedjoum : ceux-ci avaient à compter avec une population arabe rivale venue progressivement elle aussi depuis le Ve siècle de l’hégire et qui comptait parmi ses unités les plus puissantes des Ghorfa et la grande tribu des Oulad-Nçer, fraction des Mekhadema.

 

 

 

 Recherchons maintenant à la suite de quelles circonstances les premiers ksour importants du Mzab furent détruits ; et parlons tout d’abord de celui qui, tout en étant le plus isolé, doit être considéré comme un des plus anciens.

 

 

 

 Ksar-el-Ahmar se trouve à 4 kilomètres environ de Guerara, vers l’ouest- nord-ouest, au delà de Saguet-et-Aïn. Les habitants étaient des Zenakhra venus de la région de Tiaret. Des luttes incessantes furent soutenues par eux contre les tribus rivales des Ftaït, Draïssa, Abadlia, Ouled MouIet. A l’heure de sa prospérité, le ksar comprenait 300 maisons ; depuis longtemps il ne reste plus de ce ksar abandonné que quelques habitations pouvant tout au plus être utilisées comme magasins de dattes; c’est ce à quoi servent encore celles que le temps a laissées debout. Tandis que M. de Motylinski pense que la fondation de Ksar-el-Ahmar remonte seulement à la seconde moitié du XVIIe siècle, certains érudits indigènes le considèrent comme datant d’une époque beaucoup plus ancienne. D’après quelques-uns d’entre eux, il aurait été édifié en 948 de notre ère, mais c’est là une grosse erreur de date, car les tribus arabes dont il vient d’être parlé appartiennent à la branche hilalienne.

 

 

 

Au contraire de Ksar-el-Ahmar, Mbertakh est une des plus récentes parmi les villes du Mzab aujourd’hui disparues. Son histoire est à vrai dire moderne puisque ce ksar a été fondé 42 ans seulement avant Guerara. Aussi, quoi qu’il y ait maints faits nouveaux à mentionner à son sujet, son histoire étant étroitement liée à celle de Guerara qui devait en quelque sorte naître de ses cendres.

 

 

 

Si du voisinage de l’Oued-Zeghrir on passe dans la vallée de l’Oued- Mzab, on peut distinguer au delà du grand barrage d’El-Ateuf les vestiges des Thilèz-d’Ith (en zenatia, flocon de laine). Il est le plus ancien et se trouve situé en aval de tous les autres ksour. Ses ruines consistent en débris de murs de deux ou trois habitations sur la partie culminante d’un petit mamelon rocheux isolé et en un pan de muraille qui, au niveau du lit de l’oued, paraît rappeler une partie du tracé de l’enceinte. Ce ksar qui ne pouvait guère comprendre qu’une trentaine de maisons existait à l’époque pré mzabite.

 

 

Une chronique nous dit, en effet, qu’il était habité par des Moutazilites et que ceux-ci furent obligés d’émigrer après avoir vu massacrer la plupart d’entre eux. Cette version doit être considérée comme beaucoup plus exacte que la suivante, qui mentionne comme habitants de Thilèz-d’Ith des Oulad-Mhammoud, des Oulad-Nçer et des Oulad-Ba-Addi. Ces tribus ne devaient, en effet, apparaître qu’avec l’invasion hilalienne, c’est-à-dire beaucoup plus tard. Ce qui est plus certain, c’est que le sultan de Ngouça venait y passer l’été, et que plus tard, toujours pour fuir les fièvres du pays d’Ouargla il se rendit pendant quelques années au ksar de Bou-Noura supérieur.

 

 

Les chroniques ont donné deux versions très différentes de la ruine de Thilèz-d’Ith. Dans l’une il est dit que ce sont les débordements du cheikh qui furent le point de départ d’une attaque de la ville par les Saïd et la cause de sa destruction.

 

 

 Le ksar était gouverné par un cheikh ; quand quelqu’un désirait épouser une jeune fille, il ne le pouvait que lorsque le cheikh « serait entré contre elle ». Un Saïdi vint un jour à passer conduisant sur un chameau un bassour à l’intérieur duquel était une jeune fille. Le cheikh lui dit : « Qu’est-ce là? — « Une jeune fille mariée, dit le Saïdi, nous la conduisons à son époux, notre chef. » — « Revenez sur vos pas, répliqua le cheikh, je serai le premier. » Le Saïdi se mit en marche comme pour obéir au cheikh, s’avança vers lui, le tua. Ce fut cause d’un combat entre les Saïd et Thilèz-d’Ith, combat qui avança la ruine de ce village. Cette lutte une fois terminée, une convention aurait été passée entre les Saïd et les futurs fondateurs d’El-Ateuf.

 

 

Dans une autre chronique, il est raconté que le ksar aurait été détruit par les Oulad Nçer, les autres habitants de la région d’El-Ateuf ayant été les premiers à passer à l’ibadisme.

« Les gens qui survécurent à ce massacre se portèrent du ksar Aoulaoual, ensuite à celui dont la fondation est attribuée à Lalla-Rheira, puis au lieu qui existe maintenant (emplacement actuel d’El-Ateuf) et qui précéda le Mzab de « 40 ans ». Une autre chronique nous dit : « Le premier Ksar fut celui de Lalla-Rheira que ruinèrent les Oulad-Necir. »

 

 

Il est aujourd’hui établi que Thilèz-d’Ith fut bien le premier ksar de l’Oued Mzab et que les Ibadites n’y habitèrent jamais. N’ayant pas été accueillis, ils allèrent fonder Ksar Aoulaoual, sur un mamelon en lisière le long de la rive droite de l’Oued., en amont et à peu de distance de Thilèz- d’Ith, affirmant ainsi leur intention de chercher à occuper définitivement la région.

 

 

 

 

Aujourd’hui les ruines d’Aoulaoual sont en partie masquées par des jardins, et un voyageur non prévenu risquerait fort de les laisser passer inaperçues ou de prendre ces vestiges pour des constructions sans signification historique. De la position même de Ksar Aoulaoual il résulte que ce village n’a pu être habité par les mêmes gens que Thilèz-d’Ith, que les deux ksour étaient certainement rivaux, et que celui qui est en amont de l’autre doit logiquement être considéré comme moins ancien.

 

 

 

 

 Le bordj de Lalla Rheira situé à l’entrée du chalet du même nom (à la hauteur d’El Ateuf, à l’est et sur la rive opposée de l’Oued) se présente sous l’aspect d’une petite construction carrée de dimensions peu considérable et de faible hauteur. Bâti et occupé par des Chorfa, il fut ruiné il y environ 400 ans a la suite d’une lutte inégale avec les Oulad Nçer. Il est probable que le Ksar Hannoucha qui, élevé lui aussi par les Chorfa, dominait le premier mamelon rocheux au delà du bordj Assa m’ta Bou- Noura sur la rive gauche de l’oued, fut détruit à la même époque. Les faits d’histoire qui se rattachent à la disparition de ces deux ksour ne nous ont pas été transmis ; une légende seule subsiste, relativement à Ksar Hannoucha : « Ce village possédait autrefois vingt et une maisons et une mosquée; il fut anéanti en quelques jours, les habitants ayant été tués par des serpents, qui, survenus en grand nombre, en faisaient mourir jusqu’à quatre, cinq, dix et jusqu’à douze par jour. » Non loin du bordj de Lalla Rheira se trouve le cimetière des Chorfa. On y montre encore les tombeaux des plus considérables d’entre eux, Sidi Mohammed ben Smaïl et ses deux fils.

 

 

Refoulés à leur tour de la région d’El-Ateuf par les Mzabites, les Oulad Nçer allèrent s’établir, vers l’année 1550, en un point situé au nord, de Bou-Noura et se créèrent un ksar assez important qui ne devait avoir qu’une durée relativement éphémère ; ses habitants durent émigrer progressivement et remonter vers le pays d’Ouargla. D’ailleurs les Mekhadema n’ont jamais cessé, depuis des siècles, de venir chaque année au Mzab ; ils viennent camper de préférence à l’endroit dit Kima Char, non loin du cimetière des Chorfa, en face d’El Ateuf et sur le théâtre de leurs anciens exploits.

 

 

 

 

Tmizert était situé entre Mélika et Bou-Noura dans la vallée de Tighzert. Quand on explore l’emplacement occupé jadis par ce ksar, on y rencontre un certain nombre de tours et de monuments, mais d’une date bien postérieure. Cependant ils peuvent nous servir à indiquer, d’après les traditions mzabites, l’étendue probable du territoire de Tmizert. C’est tout le bas fond limité par une vaste ellipse passant vers le nord à la hauteur des Koubbas de Si Abbaz et de Cheikh ba Abder rahman et vers le sud au bas de la montagne de Meurkhi. Comme ancienneté, Tmizert doit dater de la même époque que Ksar Lououal; avec Ksar el Ahmar et Thilèz-d’Ith ce sont les premiers fondés dans le Mzab.

 

Si on remonte l’Oued Mzab vers le nord jusqu’à la hauteur de Mélika, une construction blanche à mi-distance entre la rive gauche de l’oued et le ksar attire l’attention du touriste. Désignée sous le nom d’Arr’oum Oud’aï, elle représente tout ce qui subsiste de Ksar Laououal.

 

Il fut fondé en 945 de notre ère et habité pendant 250 ans par les ancêtres de ceux qui plus tard devaient fonder Mélika. La ruine fut causée par la série des luttes dans lesquelles des Ouaçlia défendant leur doctrine contre les Moatazila avaient eu le dessous.

 

 

 

 

 Pour en finir avec l’énumération un peu longue  mais indispensable à faire des villes mortes, il ne reste qu’à parler de Ksar-Sidi-Saâd.

 

 

A 600 mètres environ au nord-ouest de Ghardaïa, le touriste qui se rend du ksar vers l’oasis aperçoit sur sa gauche, couronnant le sommet d’une montagne abrupte (Absil Baba Saad) des murailles en grande partie détruites. Si j’ajoute que dans l’enceinte il existe quelques ruines de maisons et quelques réservoirs d’eau, j’aurai énuméré tout ce qui reste de Ksar Sidi-Saâd.

 

 

La légende de la fondation du ksar telle qu’elle est racontée paraît devoir être rapportée, malgré qu’elle contienne plusieurs erreurs historiques très grossières : « Il y a plus de huit cents ans, le dey d’Alger était venu pour faire la guerre aux gens du Mzab. Il commença par marcher contre les habitants de Mélika et les bloqua si étroitement qu’ils se voyaient tous condamnés à mourir de soif. Le marabout Sidi Aïssa étant heureusement parmi eux, ils vinrent le supplier de les aider à sortir de cette situation difficile. Aussitôt la nuit venue, Sidi Aïssa se dirigea hors des murs et, sans être troublé par les soldats ennemis qui, en vertu d’une faveur spéciale du Seigneur, dormaient d’un profond sommeil, il se mit à creuser le sol avec une corne de mouton. Après avoir travaillé quelque temps, il appela les fidèles : ceux-ci furent frappés d’admiration en apercevant à quelque distance de Bab-Benthrach l’ouverture d’un puits de 50 mètres abondamment pourvu d’eau et connu sous le nom de Hassi-Hanou.

Avec la confiance, le courage revint aux Beni-Mzab, qui s’acharnèrent dans leur résistance. Découragés, mais désireux de ne point reculer, le bey demanda à Sidi-Aïssa de lui donner la main de sa fille. Le marabout eut l’air d’y consentir, mais sans plus tarder, traça sur la figure et les mains de son enfant, des inscriptions dont la vue seule devait faire fuir les ennemis. Dès que le bey eut aperçu la fille de Sidi-Aïssa descendant les pentes de Mélika, il se hâta de partir avec ses troupes et se réfugia à Sidi-Saâd où il commença à construire un ksar. Sa frayeur était telle qu’il ne voulait pas autoriser ses soldats à aller chercher de l’eau; mais l’accomplissement d’un nouveau fait extraordinaire devait pour quelques temps leur rendre du courage.

Un jour une des femmes qui avaient suivi l’armée voulut descendre seule vers l’oued. Sans prendre le moindre repos, elle gravit successivement quatre-vingt-dix-neuf fois la montagne en portant une guerba d’eau. A la centième, au moment où elle arrivait près du mur au haut du chemin de Sidi-Belal, elle mit au monde un fils qui mourut sur l’heure. A cet endroit si miraculeusement désigné, on creusa le sol et à 20 mètres l’eau fut trouvée.

Malgré tout, les Mzabites s’étant coalisés parvinrent à chasser le Dey, son ksar fut démoli et désigné depuis sous le nom de Ksar-el-Kali ».

 

 

Plusieurs versions, différentes de celle reproduite plus haut, sont bien connues des savants du Mzab, c’est ainsi que Ksar Sidi-Saad aurait été fondé par un Abbassi sultan du Quelâa des Beni-Abbês (entre Akbou et Bordj-bou-Arréridj) venu au Mzab pour exercer des représailles contre ses habitants. Ce chef devait être assez bien pourvu de matériel de guerre, si l’on en juge par les cinq ou six énormes canons en bronze trouvés au Quelâa.

 

 

Pour d’autres, ce n’est point El Abassi, mais bien les Beni-Mzab habitant Ghardaïa qui, dans la crainte de ne pas pouvoir lui résister, auraient il y a quatre cents ans bâti la première enceinte, afin de s’y retrancher au cas où leur ville serait prise. Ils auraient échappé du reste à cette extrémité, leur ennemi ayant été forcé de lever le siège et départir en, abandonnant une partie de ses bagages.

 

 

Le commandant Coyne dit : « que d’après la tradition arabe, ce ksar avait été assiégé, dans le temps, par un bey turc qui aurait péri avec sa troupe ».

 

 

Il reste probable que le Mzab a dû être envahi vers le XVe  siècle, mais ce qui ne saurait soulever de discussion, c’est ce fait bien établi que les Mzabites n’ont pas été les fondateurs de Ksar Sidi-Saad et ne l’ont jamais occupé d’une façon permanente. Aussi doit-on considérer comme dénuée de fondement l’opinion ainsi formulée par le commandant Coyne : « Tout porte à croire que ce petit ksar a été édifié par les Mzabites de Ghardaïa, afin de protéger les débouchés de la rivière et de garder la ligne des hauteurs qui dominent la ville du côté du sud et qui s’étend d’une manière continue jusqu’aux limites de la Chebka vers l’ouest. »

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 




Cheminement des graphies préhistoriques africaines

1022019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Durant la période préhistoriques, l’apparition progressive de la parole et des langues à travers lesquelles les homo sapiens communiquent, dans une mesure et à une échelle jusque-là inconnues, représentent la première rupture fondamentale dans le phénomène de socialisation de l’homme, en Afrique d’abord, et, graduellement, à travers l’Eurasie. Cette période voit la taille crânienne des hominidés s’affiner avec une complexification croissante du cerveau et de ses fonctions. Pour la première fois, mais probablement sur une très longue période, l’homme acquiert l’intelligence, et, avec elle, la mémoire qui déculpe ses fonctions analytiques, d’archivage et de stockage, métaphysique et de sa relation au temps, à la distance et à la vitesse. D’où l’importance de l’astronomie durant toute l’antiquité comme l’indiquent les ouvrages phares de Mayassis et d’Antoniadi sur les classiques grecs, élèves studieux des anciens prêtres égyptiens. La relation entre l’observation astronomique et l’apparition des signes graphiques et de l’écriture a été établie par Antoniadi dans une mesure rarement égalée dans la littérature disponible.

 

 

Dès son Afrique dans l’antiquité publié en 1973, Obenga identifie les foyers culturels de l’Afrique antique avec leurs graphismes et leurs systèmes d’écriture respectifs sur la base d’une périodisation qui trouve ses dérivés que sont le démotique et le méroïtique, ainsi que toutes les graphies utilisées par la suite en Afrique même, et dans les principaux foyers de civilisation de l’antiquité, y compris, notamment, en son rameau égypto-nubien.

 

L’auteur conclut ainsi ses observations :

Si l’on prend en considération les civilisations du Nil moyen, de l’ensemble égypto-nubien, du croissant fertile Nil-Sahara, du Sahara montagnard, du Soudan occidental (plateau central nigérien ; ruines Lobi), de Nok, au Nigéria (plateau de Jos), entre 900 avant notre ère et 200 de notre ère, de Ntereso, au Ghana, des villes fortifiées de jadis (San, Zimbabwe), des pétroglyphes sénégambiens, maliens, nigérians, éthiopiens, sud-africains, des centres métallurgiques nubiens, des ruines du Soudan méroïtique, des temples et tombeaux (pyramides) de l’Egypte pharaonique, une seule conclusion s’impose : dans l’Antiquité négro-africaine, l’Afrique noire était littéralement couverte, sur la presque totalité de son étendue (l’Afrique noire s’étendait alors au Sahara, au nord de celui-ci, au bord de la Méditerranée), d’importants foyers culturels qui n’ont pas manqué de diffuser des éléments de civilisation tant matériels que spirituels, à travers le continent noir tout entier.

 

Ce sont indubitablement les mêmes traits culturels dérivés du principe vitaliste selon liquel le verbe créateur, le nommo dogon se fond dans le principe même de la création de l’univers, de l’ici-bas et de l’au-delà, de l’esprit et de la matière unis en un même jaillissement dialectique, que l’on retrouve dans les éléments fondateurs de l’écriture inscrits dans le sacré et confondus dans l’émergence de Ptah en tant que siège même de l’invention de l’univers et de « l’engendrement des paroles divines circonscrites dans les hiéroglyphes ». Thot inventeur de l’écriture, nous dit Obenga, apprend aux humains les signes de l’écriture en se servant de graphèmes « habillant » une langue, la prêtant à l’intelligibilité du sens, de la spéculation et de l’analyse. Ainsi, « pour les anciens Egyptiens, l’Ecriture comporte encore une autre dimension : la graphie d’un étant, le sens de l’être, de l’étant en tant qu’étant se présentant derrière la graphie même. L’Etre s’ordonne derrière l’Ecriture. Lire un texte hiéroglyphe, c’est faire apparaître la présence (souligné par l’auteur) de l’être. »  

 

En dehors des témoignages de la prodigieuse activité néolithique dans le plateau central nigérien (ce même site où furent découvertes les premières activités artistiques des Africains du néolithique inscrites dans les grottes ou des abris rocheux), on note l’existence de pétroglyphes à travers toute l’Afrique, souvent sculptés dans la pierre même, de forme phallique, appelant les divinités mâles et femelles à s’accoupler pour produire la végétation, source de vie et d’élévation matérielle et spirituelle.

 

Ces pétroglyphes annoncent déjà, comme le suggère Cheikh Anta Diop, la « forme transposée, déguisée, d’une métaphysique qui évoluera sans interruption vers l’idéalisme ».  En dehors des signes sacrés architecturaux d’Egypte, du Zimbabwe, du pays Yorouba ou Nok du Nigéria, les courants civilisateurs liés à la métallurgie, la poterie, l’habitat sous les formes les plus variées, notamment dans le Croissant fertiles (Nil moyen – Egypte, Nil moyen – Sahara central), aux alentours du lac Tchad, les hommes et femmes néolithiques, soudanais en particulier, ont laissé des traces indélébiles attestées et datées par l’archéologie et la paléontologie. Comme le montrent les études de terrain remarquables d’Henri Lhote, les palettes artistiques riches et variées inscrites dans les grottes du Tassili et qui ne cessent de nous émerveiller aujourd’hui encore, sont en partie et suivant les périodes, d’inspiration négro-africaine, comme le montrent si éloquemment les Peuls de l’ère néolithique dessinés et peints avec un réalisme saisissant.

 

Ces premières tentatives d’abstraction, d’analyse et de reproduction fidèle ou idéalisée, réaliste ou métaphysique, de l’environnement immédiat et de la totalité cosmique dans lesquels évoluent les populations néolithiques du Sahara sont d’une importance considérable. Car elles marquent la deuxième rupture fondamentale dans tous les processus de communication connus jusque-là (langage, parole sacrée, incantations individuelles ou de groupe, en public ou dans la sphère du sacré et donc du message caché, codé qui ne se donne au déchiffrement qu’à l’initié).

En effet, pour la première fois, l’humanité pensante réussit la séparation physique entre le messager et le message dont il est porteur. Elle fixe sur un médium de type nouveau (la roche sculptée ou peinte), les préoccupations sociales des élites sociales par rapport au règne animal (en abondance dans le Sahara néolithique avant la période des grandes sécheresses et la désertification) et par rapport aux cultes religieux, en tous cas métaphysiques.

 

C’est ce premier élan de l’homme vers la pensée et la spéculation scientifique qui marque entre -6000 et -3000, la première utilisation organisée, et attestée à une échelle jusque-là inconnues, du tracé, de la ligne, de la courbe et de toutes sortes de figures géométriques, de masques ou de symboles en tant que reproduction du réel et/ou médiation entre le Verbe créateur et la manière, le créé, que ce dernier soit extrait ou l’expression du règne animal, végétal ou minéral voire humain. Les ateliers découverts dans les principaux sites culturels préhistoriques montrent que dans leurs activités, les premiers « dessinateurs » ou « peintures » du néolithique africain se sont surtout servis de macérés végétaux ou de poudres rocheuses, d’excréments d’oiseaux ou d’essences  ligneuses carbonisées destinées à reproduire des nuances coloriées au détail près et des plans exécutés de main de maître et encore inconnus de l’Homme. Les processions magico-religieuses et les masques de cette période montrent des postures, une vision artistique et des antécédents ontologiques qui se rapprochent en tous points des registres artistiques et culturels découvertes dans la période historique à travers le continent africain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cheminement des graphies préhistoriques africaines   dans Archéologie 1543843715-29

Jeunes filles peules. Abri de Jabbaren (Tassili-n’Ajjer).

 

 

 

 

 

 

 

Les images laissées par l’homme préhistorique à la postérité restent le premier livre ouvert d’histoire naturelle et d’art, et, sans doute, les premiers signes qui précèdent l’écriture et rendent dans le détail les premières pulsions de l’organisation humaine, de son degré d’ingéniosité technologique, mais aussi, de sa capacité à élever l’esprit aux abstractions métaphysiques et religieuses.

 

Exécutés avec brio, ces dessins, ces peintures et ces engravures sur  pierre annoncent, à travers plus d’un million de sites africains dispersés parmi les hauts plateaux, les falaises et les abris élevés qu’offre parfois l’environnement saharien, les premières abstractions idéogrammatiques découvertes au amont de la chronologie scripturaire africaine et universelle. La dispersion géographique des arts rupestres se déroule suivant les axes suivants :

 

-          A n’en pas douter, le Sahara représente le site le plus diversifié avec un nombre inégalé de graphismes et de peintures rupestres du Tassili N’Ajjer en territoire algérien, au sud marocain, à la Libye aux massifs du Ténéré (Niger), au Tibesti tchadien et aux monts sablonneux et rocailleux de Tichitt en Mauritanie ;

 

-          En Afrique de l’Est, en Tanzanie et dans les hauts plateaux éthiopiens ;

 

 

-          En Afrique australe, à travers l’Etat d’Orange, la rivière du Vaal, le Transvaal et les cavernes du Congo.

 

 

Du point de vue de la chronologie, on peut admettre les principales périodes suivantes :

 

Pour s’affranchir de la tyrannie de la communication gestuelle, puis orale, de personne à personne, de personne à groupe ou de groupe à groupe, le processus d’osmose entre la parole et sa signification écrite, codifiée et pensée au bout de très longues périodes, l’homo sapiens est passé par plusieurs ruptures dans son évolution :

-          Domestication du Verbe, donc de la parole et des langues ;

-          Invention de l’abstraction graphique à travers les abris se distribuant du Sahara néolithique au Finistère de Bloemfontein, en Afrique du Sud, sous la forme de peintures et de graphismes inscrits, peints ou gravés dans la roche durant de longues périodes qui témoignent de peuplements très anciens par diverses civilisations soudanaises, peules puis berbères ;

-          Invention de l’écriture hiéroglyphique en Egypte, dans les bas-reliefs d’Abydos, avec en toile de fond la notion du Verbe créateur, de Ptah et son corollaire Thot, Dieu de l’écriture, clés de voûte du système graphique africain inscrit dès le départ dans le registre du sacré, donc des cosmogonies et du vitalisme qui en constituent la substantifique moelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Champ de Bataille d’Alarcos

19122018

 

 

 

 

 

Le 19 juillet 1195, l’armée du calife almohade Abu Yusuf Ya’qub, commandée par le souverain en personne, remporte sur les Castillans et quelques contingents portugais dirigés par le roi Alphonse VIII de Castille la grande victoire d’Alarcos, dans la zone frontière de la Castille avec l’Empire Almohade. Cette région située au sud de Tolède avait été occupée par les chrétiens au milieu du XII siècle (1147), lors de l’effondrement du régime almoravide qui avait permis de notables avancées chrétiennes (c’est à ce moment que sont prises Lisbonne et Tortosa). Le centre principal en était la ville fortifiée de Calatrava (Qal’at Rabah), localité d’une certaine importance existant depuis les premiers temps de la conquête sur la rive sud du Guadiana. La pression almohade avait amené le roi de Castille à en confier la défense à un ordre militaire nouvellement créé, qui prit le nom de la cité. Après Alarcos, les musulmans reprennent Calatrava, qui redevient almohade jusqu’à la bataille de Las Navas de Tolosa (1212), qui dix-sept ans plus tard reverse définitivement l’équilibre des forces en faveur des chrétiens. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Champ de Bataille d'Alarcos  dans Archéologie 1541332243-la-muralla

La muraille d’Alarcos

  

 

 

 

 

 

 

 

 

L’archéologie de la région est particulièrement riche. Sur le site de Calatrava, abandonné après 1212, subsiste l’enceinte urbaine, renforcée de 37 tours, qui enserre une superficie de 5 ha environ, sur une hauteur de faible importance (5 à 10 m) renforcée par un fossé dont l’eau était prise directement dans le Guadiana. Cet espace était celui de la madina musulmane, c’est-à-dire de la ville, qui comprenait sa qasaba ou citadelle. Tout autour on relève des traces d’habitats constituant des faubourgs, qui semblent avoir été actifs et plutôt en expansion durant cette période d’occupation almohade. Il existait une seule porte d’entrée coudée, et une importante tour albarrana en avancée jusqu’au cours du fleuve. 

 

 

D’importantes compagnes de fouilles ont été réalisées, qui ont fourni un abondant matériel archéologique de toute nature (céramique, outillage et armes de métal), particulièrement intéressant pour la connaissance de la civilisation matérielle durant l’occupation almohade de la cité. 

 

 
 

A quelque 8 km au sud-est de Calatrava, sur une hauteur où l’archéologie a retrouvé des vestiges importants d’un peuplement d’époque ibérique, mais où il ne semble pas y avoir eu ensuite d’établissement jusqu’au Moyen Âge central, il existait depuis le XI e siècle au moins un petit ensemble fortifié, peut être assorti d’un peuplement rural, qui portait le nom de« Château d’Alarcos» . Le roi Alphonse VIII de Castille décida de le renforcer et d’établir sur les pentes de la colline, en contrebas, une ville de colonisation chrétienne importante, qui aurait eu une superficie de trentaine d’hectares. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1541332243-torre-templaria-y-foso-seco dans Archéologie

Tour sud du chateau d’Alarcos

 

 

 

 

 
 
 
 

 L’enceinte de celle-ci était en cours de construction lorsque se produisait la bataille en 1195, qui se déroula sur le lieu même où l’on était en train d’édifier la nouvelle ville et dans ses abords immédiats. Les fouilles effectuées depuis 1984 dans le château, mais aussi le long du tracé de l’enceinte en construction, ont bien mis en évidence la structure de celle-ci, édifiée comme la plupart des constructions militaires de cette époque en branchées de tabiya, et ont surtout permis la découverte d’une grande quantité d’armes et de pièces d’équipement (pointes de flèche, balles de fronde, lances, couteaux, éperons) en liaison directe avec le célèbre combat. Ce lot constitue l’un des ensembles d’armes les plus importants de l’Europe retrouvé dans un tel contexte archéologique.

 

 

La construction de la ville, interrompue par la victoire musulmane, ne fut pas reprise au même endroit après la réoccupation de la zone consécutive à Las Navas de Tolosa. La sécurité de la région étant complètement assurée par l’avancée chrétienne du second quart du siècle, c’est dans la plaine que s’établit la nouvelle ville de colonisation, sur le site actuel du Ciudad Real, fondée officiellement en 1255. 

 

 

 Entre temps, et dans l’incertitude où l’on était après Las Navas de l’évolution du rapport des forces – les souverains vainqueurs sont morts quelques mois plus tard laissant une situation de crise aussi bien en Aragon qu’en Castille, et l’on ne peut prévoir l’effondrement prochain de l’Empire almohade – les chevaliers de Calatrava réinstallés dans la région décident d’édifier, sur une hauteur assez fortement défendue où se trouvait déjà semble-t-il une petite fortification, un très puissant château, l’actuel Calatrava la Nueva. Celui-ci est impressionnant par sa situation et son ampleur – 4.5 ha au total et 3 enceintes concentriques – plus que pas sa construction en pierre de médiocre appareil, qui semble témoigner d’une certaine hâte ou de moyens peu en accord avec l’ambition apparente du projet. 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

L’iconographie chrétienne de la fin du XIII e siècle propose des représentations des combattants des deux camps, mais ce n’est qu’avec prudence que l’on peut tirer des données sur l’équipement et l’armement des armées à la fin de l’époque almohade. 

 

 

1541332383-batalla-de-alarcos-600x350

 

 

Dans les scènes de batailles, apparaît le même contraste entre l’armement lourd des chevaliers chrétiens, complètement protégés, et celui, plus léger, des guerriers montés musulmans, dont la tactique habituelle était le  »torna-fuye », fait d’attaque rapides et tournoyantes suivies de retraites aussi rapides; on cherchait à entraîner les cavaliers chrétiens plus lords à la poursuite de leurs adversaires de façon à les attirer dans des embuscades.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 



Les Romains Au Hoggar?

5112018

D’après les Fouilles de M. REYGASSE Au Sahara algérien 1933

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Romains Au Hoggar?  dans Archéologie 1538226380-450px-reygasse-maurice

Maurice Reygasse

 

 

 

 

 

 

Si l’auto a triomphé des dunes de sable du Sahara, le grand désert est encore loin d’avoir livré ses secrets aux savants, géologues, archéologues, préhistoriens qui fouillent ce squelette énorme, où vivaient autrefois des plantes, des arbres, des hommes. 

 

Parmi ces savants, M. Reygasse a voué son existence à l’étude archéologique et préhistorique du Sahara. D’après ses fouilles au Hoggar: 

 

Nous nous demanderons si les Romains ont connu, et jusqu’à quel point, le Hoggar. Auparavant, il faut noter que, jusqu’à ces derniers temps, 

on n’avait découvert aucun vestige de l’âge préhistorique au Sahara. M. Reygasse vient de faire à ce sujet les observations les plus étonnantes : un atelier paléolithique, très riche, un peu au Nord du Hoggar, sur environ deux kilomètres de long, avec des vestiges, par milliers, d’une industrie de l’âge de pierre. 

 

Dans cette même région, et pour la première fois, nous apprenons de M. Reygasse que les haches polies abondent, et qu’on en trouve de très belles chez tous les nobles Touaregs ; comme tous les primitifs, ils voient en elles des pioches envoyées du Ciel, et qui protègent de la foudre. Ne sait-on pas qu’au moyen âge, on mettait de telles haches polies sur le seuil des maisons pour les protéger contre le feu du ciel et, comme chez les Touaregs du Hoggar, beaucoup de personnes conservent avec soin ces sortes de pierres. 

 

Il y a plus : dans ces lieux riches en vestiges préhistoriques, comme aussi dans certains coins du Ténéré, à peu près inexplorés et si totalement morts aujourd’hui, le capitaine Wauthier a découvert des tombes extrêmement nombreuses. 

 

De cet ensemble de découvertes, il ne fait point de doute pour M. Reygasse qu’il y a eu, à la période néolithique, et à l’âge des métaux, pendant des siècles, des habitats humains durables ; des sédentaires ont vécu dans ces régions sahariennes, où aujourd’hui il n’y a plus aucune possibilité de vie ni végétale, ni humaine. 

 

Nous avons, grâce à ces découvertes, grâce aussi aux nécropoles préhistoriques, ou plus exactement préislamiques, découvertes par M. Reygasse au Hoggar, la preuve que le dessèchement du Sahara est beaucoup plus récent qu’on le suppose. 

 

Nous en arrivons au point capital des fouilles de M. Reygasse : elles ont porté sur le fameux tombeau de Tin-Hinan, fouillé déjà à plusieurs reprises  par M. Reygasse lui-même et la mission franco-américaine. On se souvient que ce monument se dresse en plein Hoggar sur une 

petite colline de 40 mètres d’altitude et que, d’après la légende touareg, il renferme le tombeau de la première reine du Hoggar, venue là avec de nobles Touaregs. 

 

 Grâce à ses travaux on a mis à jour une chambre de 4m,50 de long et, sous des dalles énormes, on y découvrit un lit en bois sur lequel une femme avait été inhumée. Elle était parée de bijoux splendides : 7 bracelets en or à un bras, 7 bracelets en argent à l’autre bras et, autour du cou, un collier avec des éléments byzantins d’or et de pierres précieuses. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1538395061-squelette dans Archéologie 

Un des quatorze squelettes trouvés dans un des chouchets du monument de TinHinan. (Fouilles de M. Reygasse). 

 

 

 

 

 

 

 

Le squelette étudié par le docteur Leblanc a révélé que cette femme était probablement de race noble égyptienne. 

 

En reprenant les fouilles du monument de Tin-Hinan, M. Reygasse y a trouvé, à 8 mètres de la partie supérieure, 14 tombes avec 14 squelettes qui sont, d’après la légende touareg, les premiers nobles qui ont accompagné la première reine venue au Hoggar. 

 

Ces squelettes ont été transportés à Alger où ils font l’objet des études du docteur Leblanc. 

 

Mais d’ores et déjà, cette nouvelle fouille du monument de Tin-Hinan apporte des révélations sensationnelles : il ne s’agit pas, en elfet, comme on le croyait, jusqu’à ces derniers mois, d’une immense nécropole comparable au fameux tombeau de la chrétienne, mais plutôt, semble-t-il à M. Reygasse, d’un petit fortin. 

 

Dans une salle à proximité de celle où se trouvait le tombeau de Tin-Hinan, M. Reygasse a trouvé du verre, un fragment de lampe romaine, de gros éléments en fer qui ont dû servir à réunir des poutres, des clous énormes, des pointes de flèches ; matériel plutôt romain. 

 

Deux hypothèses se présentent : ou bien ces éléments romains ont appartenu à des Romains qui ont habité ce coin du Hoggar ; ou bien ils ont été apportés et mis là par des individus qui avaient été en relations avec les Romains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1538395067-tombeau

A gauche, le tombeau de TinHinan. Sous ces dalles énormes, on a découvert un lit en bois sur lequel reposait la reine du Hoggar, et les tombes de 14 chefs Touaregs, venus au Hoggar avec la reine. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette deuxième hypothèse est difficile à admettre : on ne conçoit pas, en effet, que des nomades se soient donné la peine de rapporter le long de plusieurs centaines de kilomètres, des objets aussi fragiles et sans signification comme sans valeur pour eux. Il est certain que ces éléments avaient pour ceux qui les ont déposées dans ce fortin une valeur rituelle ou une valeur de souvenir. Qu’ils aient été transportées par un Romain, ceci ne veut pas dire d’ailleurs qu’il y ait eu dans cette région un peuplement romain. Il semble que nous soyons en présence d’un fort. La situation du monument de Tin-Hinan, la disposition des salles, l’épaisseur des murs extérieurs qui ont parfois jusqu’à 30 mètres de large au 

sommet d’une colline escarpée sans aucune facilité d’accès : tout cela donne l’impression d’un fort. 

 

Notez qu’il n’y a qu’une seule porte de 1m,70 de large, mettant cet énorme monument en communication avec l’extérieur, ceci pour la facilité de la défense. 

 

M. Reygasse songe aux petits postes que nous avons dans l’extrême Sud saharien sur la limite soudanaise, où il y a parfois un seul sous-officier 

et un seul lieutenant qui habitent des constructions analogues à celles des indigènes et qui vivent de la vie de ceux-ci. 

 

Supposez que dans trois cents ans, c’est-à-dire dans un temps beaucoup plus court que celui qui nous sépare du monument de Tin-Hinan, un voyageur archéologue passe par là ; s’il trouve un bouton de métal, un bidon de pétrole, comme vestige de notre occupation, c’est qu’il aura eu de la chance. 

 

Nous concluons donc, avec M. Reygasse, que le monument de Tin-Hinan représente un fortin romain qui servait sans doute à protéger les com-merçants qui allaient vers le Niger chercher de l’ivoire et de la poudre d’or. 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le campement préhistorique de Bordj Melalla, Ouargla

26092018

 

 

 

 

 

  

 

 

 

Gisement préhistorique situé sur un petit plateau, avec une légère dépression au centre, dégagé par le déplacement des dunes et qui a permis à J. Tixier, aidé de F. Marinier et du Dr G. Trécolle, de découvrir et d’étudier un très intéressant campement préhistorique, à proximité d’une sebkha et de deux points d’eau. Des ramassages de surface y ont été effectués en 1965, 1966 et 1967 sur deux hectares, mais de manière systématique avec repérage dans un carroyage de 10 m sur 10 m. Certains des carrés ainsi obtenus (100 m²) ont été subdivisés en sous-carrés de 5 m sur 5 m (25 m²). Ainsi purent être recueillies plus de 20.000 pièces (industrie lithique, céramique, œufs d’autruche).

 

 

 

Dans ce campement, les auteurs ont pu distinguer des espaces d’habitat, des aires spécialisées d’activités domestiques et techniques, avec des ateliers de taille, correspondant à des groupes de spécialistes se livrant à des activités particulières dans des lieux distincts. Des calques superposés utilisant plusieurs couleurs montrent les divers agencements des habitats et des ateliers.

 

 

 

Ont également été étudiés la matière première et le débitage de l’industrie lithique, montrant l’existence des raccords d’éclats, de lames ou de lamelles bruts entre eux ou/et sur nucléus, ainsi que des raccords d’outils retouchés ou de déchets caractéristiques entre eux ou /et sur un nucléus. La répartition des outils comme des déchets est également reportée sur des calques correspondant au carroyage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le campement préhistorique de Bordj Melalla, Ouargla dans Archéologie 1531835265-img-12 

Coquilles perforées pour servir de bouteilles. Gisement néolithique de Bordj Mellalla (Photo J. Trécolle)

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

Si la céramique est rare (décor impressionné), le matériel de broyage (meules et molettes) peu abondant et s’il n’y a que quelques pièces en pierre polie, les œufs d’autruche sont largement représentés ; d’après le nombre de fragments ayant un bord de trou, il devait y avoir une quarantaine d’œufs percés, de  »bouteilles » ; ces dernières étaient pratiquement toutes dans les espaces d’habitat.

Certaines possèdent à l’intérieur et autour du trou des « traces de coulées d’ocre rouge, ,fait unique jusqu’à présent au Néolithique », d’autres portent également autour du trou des motifs gravés, tous différents, généralement linéaires. On trouve aussi à Bordj Mellala de petits disques et des rondelles d’enfilage en œuf d’autruche. On peut enfin y signaler quelques coquillages marins ou terrestres percés et des fragments d’ocre.

 

 

 

Il y avait enfin d’importants témoins de combustion (pierres chauffées, traces de cendres ou de couches cendreuses, modifications de couleur de sol limoneux). Des fragments de test d’œuf d’autruche ont fourni des datations absolues de 5 000 et 5 175 ± 120 av. J.-C.

 

 

 

On a ainsi de nouveaux renseignements sur la civilisation capsienne, son industrie et surtout les genres de vie. On établissent des rapprochements avec un faciès tunisien. « C’est donc avec une certaine réticence que nous dénommons l’ensemble des témoins du campement de Bordj Melalla « Capsien de type Ain Aachena néolithisé » . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Poteries Funéraires au Maghreb antique

17072018

 

 

 

 

 

 

Le mobilier d’accompagnement déposé dans les monuments sans âge, généralement appelés protohistoriques, est constitué essentiellement de poterie modelée à la main sans usage de tour.  

 

Cette poterie se répartit en trois classes répondant à des fonctions distinctes : 

  • La microcéramique votive que l’on retrouve aujourd’hui, identique, déposée dans les sanctuaires ruraux
  • Les vases rituels qui sont parfois décorés (style de Gastel, style de Tiddis)
  • Les imitations de la vaisselle domestique, généralement de taille réduite et de formes simplifiée. 

 

 

 

 

Poteries Funéraires au Maghreb antique  dans Archéologie 1524732772-54d5bc505db5107811ee7b76eaec19c8

Poterie funeraire decorée Tiddis 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette dernière catégorie, qui est la plus nombreuse, les formes les plus fréquentes sont les bols et leurs dérivés (jattes et gobelets), un grand nombre de coupes, d’assiettes, de couvercles, quelques bols et jattes possèdent deux perforations traversant le bord près de l’orifice ou plus rarement le pied d’une coupe. Ces perforations ont pour l’archéologue (à condition qu’il soit quelque peu ethnologue) une valeur de témoignage. Il suffit de pénétrer dans n’importe quelle maison rurale pour voir pendue au mur plus grande partie de la vaisselle domestique dont la technique de modelage, les formes et le décor sont restés pratiquement inchangés depuis les temps protohistoriques. Or ce simple détail de suspension de la vaisselle en terre cuite apporte sur les constructeurs de ces tombeaux un renseignement d’importance : ces sépultures sont celles de sédentaires, de cultivateurs possédant des rudiments de vie sociale qui se révèlent dans l’organisation spatiale de certaines grandes nécropoles. 

 

 

 

 

Les monuments funéraires protohistoriques du Maghreb ne renferment pas tous des poteries, et ceux qui ont livré ne sont pas répartis au hasard. Les quelques soixante nécropoles protohistoriques dont les monuments renferment des poteries se répartissent, sur la carte, en plusieurs nébuleuses : la première s’inscrit dans un vaste triangle dont le golfe de Hammamet, le Sud des Némencha et Alger seraient les sommets. Plus à l’Ouest, un autre ensemble, moins vaste, s’étend du Haut-Chelif à la région d’Oran. Après un vide correspondant au Maroc oriental, on retrouve des tombeaux renfermant des poteries dans une région occidentale délimitée par Taza, Tanger et l’embouchure du Sebou. 

 

 

A l’exception de 4 sites, sur 60 étudiés, toutes ces nécropoles sont donc situées à l’intérieur d’une limite bien connue des géographes et des agronomes, celle de la culture sèche des céréales. La concordance est trop grande pour être le fruit du hasard ; la conclusion s’impose donc avec une clarté et une rigueur que rien ne saurait infirmer : les vases trouvés dans les monuments funéraires protohistoriques présentent les caractères de la vaisselle domestique des populations sédentaires d’aujourd’hui et ces tombes à céramiques se situent à l’intérieur de la zone de culture sèche des céréales. Les populations qui modelaient ces vases et les plaçaient dans leurs tombes étaient donc des sédentaires. 

  

 

 

 

 

1524733407-img-6-small4802 dans Archéologie

Mzara avec poteries votives. Douar Déhemcha, région d’Aïn Kebira (Sétif).Photo G. Camps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 




Le Développement de l’Archéologie Islamique

30052018

 

 

 

 

 

Les terres riveraines de la Méditerranée orientale comme les régions de Mésopotamie ou de Perse illustrent bien, avec la naissance de l’archéologie islamique, ses apports et ses lacunes. Un travail considérable a été accompli, souvent par un personnel très hétéroclite : fonctionnaires ou militaires, praticiens de la langue comme islamologues d’autres spécialités se sont parfois consacrés à l’étude des monuments et des sites ; certains omirent seulement d’apprendre l’archéologie. On s’étonne de même que seules les séries monumentales antérieures au XIIe siècle aient surtout été retenues. Il faut regretter aussi que les vestiges les plus humbles, ceux de la vie quotidienne, n’aient guère été abordés. Mais dans l’ensemble l’effort surtout consacré à l’âge des Omeyyades syriens et des Abbassides mésopotamiens nous révèle, avec des progrès constants de la discipline, une claire vision de ce que le document archéologique peut apporter à la connaissance de l’Islam naissant. 

 

 

 

L’archéologie, élaborée pour des périodes plus anciennes, dut s’adapter à ce nouvel objet d’étude où la faille paraît dès l’abord trop rare. Il est vrai que bien des monuments ont conservé leur fonction originelle ; un lieu de pèlerinage comme la Coupole du Rocher de Jérusalem, très restaurée sans doute, ou encore la Grande Mosquée de Damas, en partie refaite après l’incendie de 1893, présentent toutefois en élévation des architectures et des décors parfaitement utilisables. La première évolution de la discipline fut donc un changement de mentalité : il fallut substituer aux idées reçues celles que dictaient l’analyse méthodique du document archéologique considéré à la fois dans sa totalité et dans son histoire. On voit ainsi qu’à un projet d’étude exhaustive et surtout monographique de séries privilégiées, conçu selon les modes scientifiques du XIXe siècle, s’est peu à peu substituée une étude plus modeste, moins sûre d’elle-même mais plus soucieuse de la réalité originale du monde islamique qu’elle tente de pénétrer.  

 

 

 

 

Le cas des célèbres « château omeyyade » est, à ce propos, tout à fait éclairant. Un vaste travail de repérage avait identifié de nombreuses enceintes fortifiées. A quoi servaient jadis ces ruines de situations et de tailles très diverses ? Elles devinrent, selon une ingénieuse théorie, des « châteaux du désert ». leur position ne permettait pas d’y reconnaître des architectures défensives ; on fit donc de leurs bâtisses, ménagées le plus souvent entre une cour à portique et l’enceinte, des refuges que justifiaient les goût supposés de princes arabes nomades, incapables de vivre dans les villes syriennes sans de périodiques retours à la vie du désert ; les califes omeyyades avaient adopté cette « mode ». 

 

Mais on s’aperçut ensuite que ces « villégiatures bédouines » étaient parfois accompagnées de barrage et de réseaux hydrauliques, voire d’enclos enserrant des zones jadis irriguées et cultivées et même de traces de villages sans doute destinés à des cultivateurs. C’était le cas au Qasr al-Hayr l’Oriental où Sauvaget avait bien vu qu’il ne s’agissait pas d’un décor pour mode champêtre mais d’un document d’histoire rurale. Les fouilles d’Oleg Grabar ont permis d’identifier comme un caravansérail et une ville les deux édifices majeurs de ce complexe agricole. Ces exploitations attestent qu’une mise en valeur des terres du califat avaient été entreprise très tôt. On sent bien ici le bénéfice des progrès de la discipline.  

 

 

 

 

 

 

 

Le Développement de l'Archéologie Islamique  dans Archéologie 1522402341-plan

Qasr al-Hayr al-Sharqi (château de l’enclos oriental), Syrie. Château de l’enclos oriental situé en Syrie  à une centaine de kilomètre au nord-est de Palmyre, fut connu, dès le XVIIe – XVIIIe siècle, par les voyageurs qui empruntaient la route d’Alep à Bagdad. Oublié au début du XIXe siècle et redécouvert en 1923, il a pu être fouillé et publié par l’équipe qu’a dirigée Oleg Grabar. La « grande enceinte » en forme de quadrilatère irrégulier de près de 170 mètres de côté, se situe vers le nord d’un enclos bordé d’un mur d’environ 15 kilomètres où se reconnaissent les traces d’installations hydrauliques et agricoles. Une autre enceinte, de taille plus réduite, que l’ont tend à identifier à un caravansérail et une zone de constructions plus modestes avoisinent vers l’est et le nord-nord-est le complexe majeur. 

Au cœur de cette « cité du désert », il regroupait autour d’une vaste cour centrale (1), munie d’une citerne (2) et bordée d’un portique, une série d’ensembles architecturaux de plan barlong (6). Une mosquée de type omeyyade (3) identifiable dans l’angle sud-est était flanquée au nord d’un bain et vers l’ouest d’une partie officielle: près de l’entrée sud, un ensemble de réception et d’administration (4) et la résidence du responsable de cette ville (5) auraient aussi été prévus. Les autres angles de l’enceinte étaient occupés par des espaces découverts liés aux demeures disposées de part et d’autre du passage qui, au milieu de chaque côté, conduisait de la porte à la cour.  Ces maisons présentent, elles aussi, une cour à portique desservant les diverses pièces d’habitation et de service ; on remarquera en particulier la présence de groupements de pièces, les bayts ou appartements (en grisé clair), conçus selon un schéma caractéristique de l’époque omeyyade. Nous avons là à coup sûr une architecture de qualité que l’on ne saurait pourtant isoler des bâtisses utilitaires ou des vestiges plus humbles dont on a dit la présence. Ainsi les célèbres « châteaux omeyyades », que l’on avait pris jadis pour des lieux de retraite princiers en terre désertique, apparaissent-ils aujourd’hui liés à la vie économique de la Syrie médiévale : ils sont les témoins de la mise en valeur et de l’exploitation aux VIIe et VIIIe siècles des terres du premier empire islamique. 

 

 

 

 

 

 

L’apport de cette archéologie des premiers moments de l’empire est d’ailleurs considérable. Ainsi, on avait cru, à découvrir les ruelles tortueuses des villes islamiques du début du siècle, qu’il s’agissait là d’un des caractères permanents de ces cités : or la mad na de ‘Anjar fouillée au Liban par l’émir Chehab démontre qu’on était fidèle à un schéma hellénistique aux îlots rectangulaires situés dans une enceinte barlongue, parcourue d’axes orthogonaux semblables à un decumanus et à un cardo : cet exemple après celui de Laodicée impose donc de réviser quelques idées reçues. Surtout, villes châteaux avaient ainsi mis en évidence la parenté entre les œuvres islamiques et l’architecture héritée par les Omeyyades de leurs prédécesseurs byzantins. Le bain Khirbat al-Mafjar publié par R. W. Hamilton, le plan de la Coupole du Rocher ou les décors de la Grande Mosquée de Damas confirment la fidélité des Omeyyades aux leçons de l’architecture locale. Nulle copie servile n’appaît mais l’archéologie a démontré par des documents irréfutables qu’une fructueuse pérennité des formes locales s’était très vite imposée en terre islamique. 

 

 

 

 

Une autre continuité fut de même rendue évidente par les travaux effectués sur les terres d’Irak. Dès 750, le siège du pouvoir, devenu celui des califes abbassides, fut transféré en Mésopotamie. Pouvait-on rester fidèle à l’architecture de pierre syrienne tandis qu’on bâtissait aux rives du Tigre ou de l’Euphrate ? A défaut de Bagdad, trop détruite, les villes palatines de Samarra, connues en particulier par les travaux de Herzfeld, nous montrent que se sont alors imposés à l’Islam de tout autres partis.

Sur plus de trente kilomètres, la rive du Tigre est bordée de bâtisses immenses : de longs murs de briques crues ou parfois cuites, allégés de défoncements ou décorés de stucs ont commencé d’être explorés. La photographie aérienne permet seule de donner une juste vision d’un site qui semble échapper aux possibilités de l’archéologue. Des luxueux palais dictés par le cérémonial abbasside aux réalisations plus techniques des canaux et aux formes de détail, c’est l’architecture de l’Asie qui vient ici s’imposer. L’évocation de ces découvertes d’un particulier retentissement le rappelle, cette première archéologie situe les œuvres et le cadre de vie du centre de l’Islam à la confluence de courants asiatiques et méditerranéens recueillis et adaptés pas les conquérants arabes et leur personnel de cour. La fidélité aux traditions locales, perçue dès l’abord, permet-elle de penser qu’une même archéologie peut traiter, avec de semblables références et des méthodes identiques, de l’ensemble de l’empire ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Atlanthrope, le plus vieil Algérien connu

16042018

 

 

 

 

 

L’Atlanthrope, le plus vieil Algérien connu  dans Archéologie 1518784463-da65419e

Mandibule d’Atlanthrope mauritanicus trouvé à Thignif

 

 

Cette mandibule fut retrouvée en 1954, dans la sablière de Tighnif, à la faveur de fouilles paléontologiques menées par le pr C. Arambourg. Elle appartient à une ancienne forme humaine du nord de l’Afrique qui vivait là il y a quelque 650 000 ans. Nommé alors Atlanthropus mauritanicus, aujourd’hui, sous le nom de Homo erectus, cet homme est regroupé avec de nombreux autres dont les restes ont été découverts de par le monde (d’après Balout 1955). 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au début des années 1950, Tighnif (Ternifine), lieu-dit de la région de Mascara, prenait une importance mondiale en livrant les restes d’un homme qui vivait là, il y a bien plus de cinq cent mille ans. Ces restes mettaient en valeur de nombreux outils connus depuis longtemps dans diverses parties du pays et bien d’autres qui allaient être retrouvés par la suite. L’une de ces trouvailles les plus récentes se situe entre M’sila et Barika, non loin de N’Gaous, et elle est particulièrement riche en promesses. 

 

 

 

 

En 1954, trois mandibules et des dents appartenant à une forme humaine primitive étaient retirées de la sablière de Tighnif (Ternifine). Cet homme ancien a reçu le nom « Atlanthropus mauritanius ». C’est une branche des « Homo erectus » qui regroupent les restes humains aux caractères semblables, trouvés dans différentes parties du monde. Le site d’où proviennent ces vestiges était connu de longue date. Des ossements fossiles puis des pierres taillées en avaient été retirés dès 1875 au cours de l’exploitation de la carrière. Balavoine, l’exploitant, avait dès l’abord saisi l’intérêt de cette découverte à laquelle s’associèrent très vite les noms de Tommasini, de Pomel et Pallary, spécialistes d’alors. Une première campagne de fouilles fut menée par P. Pallary en 1886. Le paléontologue C. Arambourg reprenait les travaux en 1931, puis de 1954 à 1956. Ces dernières campagnes ont livré plus de mille pièces, essentiellement des pierres taillées dites bifaces, et un imposant matériel osseux qui, associés aux restes humains, donnent au gisement un intérêt exceptionnel et le placent parmi les hauts lieux de la préhistoire mondiale. 

 

 

 

A la fin du XIXe siècle, les découvertes d’outils semblables à ceux de Ternifine se multipliaient dans l’ensemble de l’Algérie tant dans le Nord que dans le Sud où diverses missions d’exploration saharienne en trouvaient sur leurs trajets.  Ces découvertes s’inscrivaient parfaitement dans l’ensemble des connaissances qui se dessinait alors dans le monde et faisaient valoir la présence, en Algérie, d’un homme ancien utilisant des outils semblables à ceux que Boucher de Perthes avait formellement identifiés pour la première fois, en 1832, en France, dans la vallée de la Somme. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45