Les Romains Au Hoggar?

5112018

D’après les Fouilles de M. REYGASSE Au Sahara algérien 1933

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Romains Au Hoggar?  dans Archéologie 1538226380-450px-reygasse-maurice

Maurice Reygasse

 

 

 

 

 

 

Si l’auto a triomphé des dunes de sable du Sahara, le grand désert est encore loin d’avoir livré ses secrets aux savants, géologues, archéologues, préhistoriens qui fouillent ce squelette énorme, où vivaient autrefois des plantes, des arbres, des hommes. 

 

Parmi ces savants, M. Reygasse a voué son existence à l’étude archéologique et préhistorique du Sahara. D’après ses fouilles au Hoggar: 

 

Nous nous demanderons si les Romains ont connu, et jusqu’à quel point, le Hoggar. Auparavant, il faut noter que, jusqu’à ces derniers temps, 

on n’avait découvert aucun vestige de l’âge préhistorique au Sahara. M. Reygasse vient de faire à ce sujet les observations les plus étonnantes : un atelier paléolithique, très riche, un peu au Nord du Hoggar, sur environ deux kilomètres de long, avec des vestiges, par milliers, d’une industrie de l’âge de pierre. 

 

Dans cette même région, et pour la première fois, nous apprenons de M. Reygasse que les haches polies abondent, et qu’on en trouve de très belles chez tous les nobles Touaregs ; comme tous les primitifs, ils voient en elles des pioches envoyées du Ciel, et qui protègent de la foudre. Ne sait-on pas qu’au moyen âge, on mettait de telles haches polies sur le seuil des maisons pour les protéger contre le feu du ciel et, comme chez les Touaregs du Hoggar, beaucoup de personnes conservent avec soin ces sortes de pierres. 

 

Il y a plus : dans ces lieux riches en vestiges préhistoriques, comme aussi dans certains coins du Ténéré, à peu près inexplorés et si totalement morts aujourd’hui, le capitaine Wauthier a découvert des tombes extrêmement nombreuses. 

 

De cet ensemble de découvertes, il ne fait point de doute pour M. Reygasse qu’il y a eu, à la période néolithique, et à l’âge des métaux, pendant des siècles, des habitats humains durables ; des sédentaires ont vécu dans ces régions sahariennes, où aujourd’hui il n’y a plus aucune possibilité de vie ni végétale, ni humaine. 

 

Nous avons, grâce à ces découvertes, grâce aussi aux nécropoles préhistoriques, ou plus exactement préislamiques, découvertes par M. Reygasse au Hoggar, la preuve que le dessèchement du Sahara est beaucoup plus récent qu’on le suppose. 

 

Nous en arrivons au point capital des fouilles de M. Reygasse : elles ont porté sur le fameux tombeau de Tin-Hinan, fouillé déjà à plusieurs reprises  par M. Reygasse lui-même et la mission franco-américaine. On se souvient que ce monument se dresse en plein Hoggar sur une 

petite colline de 40 mètres d’altitude et que, d’après la légende touareg, il renferme le tombeau de la première reine du Hoggar, venue là avec de nobles Touaregs. 

 

 Grâce à ses travaux on a mis à jour une chambre de 4m,50 de long et, sous des dalles énormes, on y découvrit un lit en bois sur lequel une femme avait été inhumée. Elle était parée de bijoux splendides : 7 bracelets en or à un bras, 7 bracelets en argent à l’autre bras et, autour du cou, un collier avec des éléments byzantins d’or et de pierres précieuses. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un des quatorze squelettes trouvés dans un des chouchets du monument de TinHinan. (Fouilles de M. Reygasse). 

 

 

 

 

 

 

 

Le squelette étudié par le docteur Leblanc a révélé que cette femme était probablement de race noble égyptienne. 

 

En reprenant les fouilles du monument de Tin-Hinan, M. Reygasse y a trouvé, à 8 mètres de la partie supérieure, 14 tombes avec 14 squelettes qui sont, d’après la légende touareg, les premiers nobles qui ont accompagné la première reine venue au Hoggar. 

 

Ces squelettes ont été transportés à Alger où ils font l’objet des études du docteur Leblanc. 

 

Mais d’ores et déjà, cette nouvelle fouille du monument de Tin-Hinan apporte des révélations sensationnelles : il ne s’agit pas, en elfet, comme on le croyait, jusqu’à ces derniers mois, d’une immense nécropole comparable au fameux tombeau de la chrétienne, mais plutôt, semble-t-il à M. Reygasse, d’un petit fortin. 

 

Dans une salle à proximité de celle où se trouvait le tombeau de Tin-Hinan, M. Reygasse a trouvé du verre, un fragment de lampe romaine, de gros éléments en fer qui ont dû servir à réunir des poutres, des clous énormes, des pointes de flèches ; matériel plutôt romain. 

 

Deux hypothèses se présentent : ou bien ces éléments romains ont appartenu à des Romains qui ont habité ce coin du Hoggar ; ou bien ils ont été apportés et mis là par des individus qui avaient été en relations avec les Romains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A gauche, le tombeau de TinHinan. Sous ces dalles énormes, on a découvert un lit en bois sur lequel reposait la reine du Hoggar, et les tombes de 14 chefs Touaregs, venus au Hoggar avec la reine. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette deuxième hypothèse est difficile à admettre : on ne conçoit pas, en effet, que des nomades se soient donné la peine de rapporter le long de plusieurs centaines de kilomètres, des objets aussi fragiles et sans signification comme sans valeur pour eux. Il est certain que ces éléments avaient pour ceux qui les ont déposées dans ce fortin une valeur rituelle ou une valeur de souvenir. Qu’ils aient été transportées par un Romain, ceci ne veut pas dire d’ailleurs qu’il y ait eu dans cette région un peuplement romain. Il semble que nous soyons en présence d’un fort. La situation du monument de Tin-Hinan, la disposition des salles, l’épaisseur des murs extérieurs qui ont parfois jusqu’à 30 mètres de large au 

sommet d’une colline escarpée sans aucune facilité d’accès : tout cela donne l’impression d’un fort. 

 

Notez qu’il n’y a qu’une seule porte de 1m,70 de large, mettant cet énorme monument en communication avec l’extérieur, ceci pour la facilité de la défense. 

 

M. Reygasse songe aux petits postes que nous avons dans l’extrême Sud saharien sur la limite soudanaise, où il y a parfois un seul sous-officier 

et un seul lieutenant qui habitent des constructions analogues à celles des indigènes et qui vivent de la vie de ceux-ci. 

 

Supposez que dans trois cents ans, c’est-à-dire dans un temps beaucoup plus court que celui qui nous sépare du monument de Tin-Hinan, un voyageur archéologue passe par là ; s’il trouve un bouton de métal, un bidon de pétrole, comme vestige de notre occupation, c’est qu’il aura eu de la chance. 

 

Nous concluons donc, avec M. Reygasse, que le monument de Tin-Hinan représente un fortin romain qui servait sans doute à protéger les com-merçants qui allaient vers le Niger chercher de l’ivoire et de la poudre d’or. 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le campement préhistorique de Bordj Melalla, Ouargla

26092018

 

 

 

 

 

  

 

 

 

Gisement préhistorique situé sur un petit plateau, avec une légère dépression au centre, dégagé par le déplacement des dunes et qui a permis à J. Tixier, aidé de F. Marinier et du Dr G. Trécolle, de découvrir et d’étudier un très intéressant campement préhistorique, à proximité d’une sebkha et de deux points d’eau. Des ramassages de surface y ont été effectués en 1965, 1966 et 1967 sur deux hectares, mais de manière systématique avec repérage dans un carroyage de 10 m sur 10 m. Certains des carrés ainsi obtenus (100 m²) ont été subdivisés en sous-carrés de 5 m sur 5 m (25 m²). Ainsi purent être recueillies plus de 20.000 pièces (industrie lithique, céramique, œufs d’autruche).

 

 

 

Dans ce campement, les auteurs ont pu distinguer des espaces d’habitat, des aires spécialisées d’activités domestiques et techniques, avec des ateliers de taille, correspondant à des groupes de spécialistes se livrant à des activités particulières dans des lieux distincts. Des calques superposés utilisant plusieurs couleurs montrent les divers agencements des habitats et des ateliers.

 

 

 

Ont également été étudiés la matière première et le débitage de l’industrie lithique, montrant l’existence des raccords d’éclats, de lames ou de lamelles bruts entre eux ou/et sur nucléus, ainsi que des raccords d’outils retouchés ou de déchets caractéristiques entre eux ou /et sur un nucléus. La répartition des outils comme des déchets est également reportée sur des calques correspondant au carroyage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le campement préhistorique de Bordj Melalla, Ouargla dans Archéologie 1531835265-img-12 

Coquilles perforées pour servir de bouteilles. Gisement néolithique de Bordj Mellalla (Photo J. Trécolle)

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

Si la céramique est rare (décor impressionné), le matériel de broyage (meules et molettes) peu abondant et s’il n’y a que quelques pièces en pierre polie, les œufs d’autruche sont largement représentés ; d’après le nombre de fragments ayant un bord de trou, il devait y avoir une quarantaine d’œufs percés, de  »bouteilles » ; ces dernières étaient pratiquement toutes dans les espaces d’habitat.

Certaines possèdent à l’intérieur et autour du trou des « traces de coulées d’ocre rouge, ,fait unique jusqu’à présent au Néolithique », d’autres portent également autour du trou des motifs gravés, tous différents, généralement linéaires. On trouve aussi à Bordj Mellala de petits disques et des rondelles d’enfilage en œuf d’autruche. On peut enfin y signaler quelques coquillages marins ou terrestres percés et des fragments d’ocre.

 

 

 

Il y avait enfin d’importants témoins de combustion (pierres chauffées, traces de cendres ou de couches cendreuses, modifications de couleur de sol limoneux). Des fragments de test d’œuf d’autruche ont fourni des datations absolues de 5 000 et 5 175 ± 120 av. J.-C.

 

 

 

On a ainsi de nouveaux renseignements sur la civilisation capsienne, son industrie et surtout les genres de vie. On établissent des rapprochements avec un faciès tunisien. « C’est donc avec une certaine réticence que nous dénommons l’ensemble des témoins du campement de Bordj Melalla « Capsien de type Ain Aachena néolithisé » . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Poteries Funéraires au Maghreb antique

17072018

 

 

 

 

 

 

Le mobilier d’accompagnement déposé dans les monuments sans âge, généralement appelés protohistoriques, est constitué essentiellement de poterie modelée à la main sans usage de tour.  

 

Cette poterie se répartit en trois classes répondant à des fonctions distinctes : 

  • La microcéramique votive que l’on retrouve aujourd’hui, identique, déposée dans les sanctuaires ruraux
  • Les vases rituels qui sont parfois décorés (style de Gastel, style de Tiddis)
  • Les imitations de la vaisselle domestique, généralement de taille réduite et de formes simplifiée. 

 

 

 

 

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Poterie funeraire decorée Tiddis 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette dernière catégorie, qui est la plus nombreuse, les formes les plus fréquentes sont les bols et leurs dérivés (jattes et gobelets), un grand nombre de coupes, d’assiettes, de couvercles, quelques bols et jattes possèdent deux perforations traversant le bord près de l’orifice ou plus rarement le pied d’une coupe. Ces perforations ont pour l’archéologue (à condition qu’il soit quelque peu ethnologue) une valeur de témoignage. Il suffit de pénétrer dans n’importe quelle maison rurale pour voir pendue au mur plus grande partie de la vaisselle domestique dont la technique de modelage, les formes et le décor sont restés pratiquement inchangés depuis les temps protohistoriques. Or ce simple détail de suspension de la vaisselle en terre cuite apporte sur les constructeurs de ces tombeaux un renseignement d’importance : ces sépultures sont celles de sédentaires, de cultivateurs possédant des rudiments de vie sociale qui se révèlent dans l’organisation spatiale de certaines grandes nécropoles. 

 

 

 

 

Les monuments funéraires protohistoriques du Maghreb ne renferment pas tous des poteries, et ceux qui ont livré ne sont pas répartis au hasard. Les quelques soixante nécropoles protohistoriques dont les monuments renferment des poteries se répartissent, sur la carte, en plusieurs nébuleuses : la première s’inscrit dans un vaste triangle dont le golfe de Hammamet, le Sud des Némencha et Alger seraient les sommets. Plus à l’Ouest, un autre ensemble, moins vaste, s’étend du Haut-Chelif à la région d’Oran. Après un vide correspondant au Maroc oriental, on retrouve des tombeaux renfermant des poteries dans une région occidentale délimitée par Taza, Tanger et l’embouchure du Sebou. 

 

 

A l’exception de 4 sites, sur 60 étudiés, toutes ces nécropoles sont donc situées à l’intérieur d’une limite bien connue des géographes et des agronomes, celle de la culture sèche des céréales. La concordance est trop grande pour être le fruit du hasard ; la conclusion s’impose donc avec une clarté et une rigueur que rien ne saurait infirmer : les vases trouvés dans les monuments funéraires protohistoriques présentent les caractères de la vaisselle domestique des populations sédentaires d’aujourd’hui et ces tombes à céramiques se situent à l’intérieur de la zone de culture sèche des céréales. Les populations qui modelaient ces vases et les plaçaient dans leurs tombes étaient donc des sédentaires. 

  

 

 

 

 

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Mzara avec poteries votives. Douar Déhemcha, région d’Aïn Kebira (Sétif).Photo G. Camps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 




Le Développement de l’Archéologie Islamique

30052018

 

 

 

 

 

Les terres riveraines de la Méditerranée orientale comme les régions de Mésopotamie ou de Perse illustrent bien, avec la naissance de l’archéologie islamique, ses apports et ses lacunes. Un travail considérable a été accompli, souvent par un personnel très hétéroclite : fonctionnaires ou militaires, praticiens de la langue comme islamologues d’autres spécialités se sont parfois consacrés à l’étude des monuments et des sites ; certains omirent seulement d’apprendre l’archéologie. On s’étonne de même que seules les séries monumentales antérieures au XIIe siècle aient surtout été retenues. Il faut regretter aussi que les vestiges les plus humbles, ceux de la vie quotidienne, n’aient guère été abordés. Mais dans l’ensemble l’effort surtout consacré à l’âge des Omeyyades syriens et des Abbassides mésopotamiens nous révèle, avec des progrès constants de la discipline, une claire vision de ce que le document archéologique peut apporter à la connaissance de l’Islam naissant. 

 

 

 

L’archéologie, élaborée pour des périodes plus anciennes, dut s’adapter à ce nouvel objet d’étude où la faille paraît dès l’abord trop rare. Il est vrai que bien des monuments ont conservé leur fonction originelle ; un lieu de pèlerinage comme la Coupole du Rocher de Jérusalem, très restaurée sans doute, ou encore la Grande Mosquée de Damas, en partie refaite après l’incendie de 1893, présentent toutefois en élévation des architectures et des décors parfaitement utilisables. La première évolution de la discipline fut donc un changement de mentalité : il fallut substituer aux idées reçues celles que dictaient l’analyse méthodique du document archéologique considéré à la fois dans sa totalité et dans son histoire. On voit ainsi qu’à un projet d’étude exhaustive et surtout monographique de séries privilégiées, conçu selon les modes scientifiques du XIXe siècle, s’est peu à peu substituée une étude plus modeste, moins sûre d’elle-même mais plus soucieuse de la réalité originale du monde islamique qu’elle tente de pénétrer.  

 

 

 

 

Le cas des célèbres « château omeyyade » est, à ce propos, tout à fait éclairant. Un vaste travail de repérage avait identifié de nombreuses enceintes fortifiées. A quoi servaient jadis ces ruines de situations et de tailles très diverses ? Elles devinrent, selon une ingénieuse théorie, des « châteaux du désert ». leur position ne permettait pas d’y reconnaître des architectures défensives ; on fit donc de leurs bâtisses, ménagées le plus souvent entre une cour à portique et l’enceinte, des refuges que justifiaient les goût supposés de princes arabes nomades, incapables de vivre dans les villes syriennes sans de périodiques retours à la vie du désert ; les califes omeyyades avaient adopté cette « mode ». 

 

Mais on s’aperçut ensuite que ces « villégiatures bédouines » étaient parfois accompagnées de barrage et de réseaux hydrauliques, voire d’enclos enserrant des zones jadis irriguées et cultivées et même de traces de villages sans doute destinés à des cultivateurs. C’était le cas au Qasr al-Hayr l’Oriental où Sauvaget avait bien vu qu’il ne s’agissait pas d’un décor pour mode champêtre mais d’un document d’histoire rurale. Les fouilles d’Oleg Grabar ont permis d’identifier comme un caravansérail et une ville les deux édifices majeurs de ce complexe agricole. Ces exploitations attestent qu’une mise en valeur des terres du califat avaient été entreprise très tôt. On sent bien ici le bénéfice des progrès de la discipline.  

 

 

 

 

 

 

 

Le Développement de l'Archéologie Islamique  dans Archéologie 1522402341-plan

Qasr al-Hayr al-Sharqi (château de l’enclos oriental), Syrie. Château de l’enclos oriental situé en Syrie  à une centaine de kilomètre au nord-est de Palmyre, fut connu, dès le XVIIe – XVIIIe siècle, par les voyageurs qui empruntaient la route d’Alep à Bagdad. Oublié au début du XIXe siècle et redécouvert en 1923, il a pu être fouillé et publié par l’équipe qu’a dirigée Oleg Grabar. La « grande enceinte » en forme de quadrilatère irrégulier de près de 170 mètres de côté, se situe vers le nord d’un enclos bordé d’un mur d’environ 15 kilomètres où se reconnaissent les traces d’installations hydrauliques et agricoles. Une autre enceinte, de taille plus réduite, que l’ont tend à identifier à un caravansérail et une zone de constructions plus modestes avoisinent vers l’est et le nord-nord-est le complexe majeur. 

Au cœur de cette « cité du désert », il regroupait autour d’une vaste cour centrale (1), munie d’une citerne (2) et bordée d’un portique, une série d’ensembles architecturaux de plan barlong (6). Une mosquée de type omeyyade (3) identifiable dans l’angle sud-est était flanquée au nord d’un bain et vers l’ouest d’une partie officielle: près de l’entrée sud, un ensemble de réception et d’administration (4) et la résidence du responsable de cette ville (5) auraient aussi été prévus. Les autres angles de l’enceinte étaient occupés par des espaces découverts liés aux demeures disposées de part et d’autre du passage qui, au milieu de chaque côté, conduisait de la porte à la cour.  Ces maisons présentent, elles aussi, une cour à portique desservant les diverses pièces d’habitation et de service ; on remarquera en particulier la présence de groupements de pièces, les bayts ou appartements (en grisé clair), conçus selon un schéma caractéristique de l’époque omeyyade. Nous avons là à coup sûr une architecture de qualité que l’on ne saurait pourtant isoler des bâtisses utilitaires ou des vestiges plus humbles dont on a dit la présence. Ainsi les célèbres « châteaux omeyyades », que l’on avait pris jadis pour des lieux de retraite princiers en terre désertique, apparaissent-ils aujourd’hui liés à la vie économique de la Syrie médiévale : ils sont les témoins de la mise en valeur et de l’exploitation aux VIIe et VIIIe siècles des terres du premier empire islamique. 

 

 

 

 

 

 

L’apport de cette archéologie des premiers moments de l’empire est d’ailleurs considérable. Ainsi, on avait cru, à découvrir les ruelles tortueuses des villes islamiques du début du siècle, qu’il s’agissait là d’un des caractères permanents de ces cités : or la mad na de ‘Anjar fouillée au Liban par l’émir Chehab démontre qu’on était fidèle à un schéma hellénistique aux îlots rectangulaires situés dans une enceinte barlongue, parcourue d’axes orthogonaux semblables à un decumanus et à un cardo : cet exemple après celui de Laodicée impose donc de réviser quelques idées reçues. Surtout, villes châteaux avaient ainsi mis en évidence la parenté entre les œuvres islamiques et l’architecture héritée par les Omeyyades de leurs prédécesseurs byzantins. Le bain Khirbat al-Mafjar publié par R. W. Hamilton, le plan de la Coupole du Rocher ou les décors de la Grande Mosquée de Damas confirment la fidélité des Omeyyades aux leçons de l’architecture locale. Nulle copie servile n’appaît mais l’archéologie a démontré par des documents irréfutables qu’une fructueuse pérennité des formes locales s’était très vite imposée en terre islamique. 

 

 

 

 

Une autre continuité fut de même rendue évidente par les travaux effectués sur les terres d’Irak. Dès 750, le siège du pouvoir, devenu celui des califes abbassides, fut transféré en Mésopotamie. Pouvait-on rester fidèle à l’architecture de pierre syrienne tandis qu’on bâtissait aux rives du Tigre ou de l’Euphrate ? A défaut de Bagdad, trop détruite, les villes palatines de Samarra, connues en particulier par les travaux de Herzfeld, nous montrent que se sont alors imposés à l’Islam de tout autres partis.

Sur plus de trente kilomètres, la rive du Tigre est bordée de bâtisses immenses : de longs murs de briques crues ou parfois cuites, allégés de défoncements ou décorés de stucs ont commencé d’être explorés. La photographie aérienne permet seule de donner une juste vision d’un site qui semble échapper aux possibilités de l’archéologue. Des luxueux palais dictés par le cérémonial abbasside aux réalisations plus techniques des canaux et aux formes de détail, c’est l’architecture de l’Asie qui vient ici s’imposer. L’évocation de ces découvertes d’un particulier retentissement le rappelle, cette première archéologie situe les œuvres et le cadre de vie du centre de l’Islam à la confluence de courants asiatiques et méditerranéens recueillis et adaptés pas les conquérants arabes et leur personnel de cour. La fidélité aux traditions locales, perçue dès l’abord, permet-elle de penser qu’une même archéologie peut traiter, avec de semblables références et des méthodes identiques, de l’ensemble de l’empire ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Atlanthrope, le plus vieil Algérien connu

16042018

 

 

 

 

 

L’Atlanthrope, le plus vieil Algérien connu  dans Archéologie 1518784463-da65419e

Mandibule d’Atlanthrope mauritanicus trouvé à Thignif

 

 

Cette mandibule fut retrouvée en 1954, dans la sablière de Tighnif, à la faveur de fouilles paléontologiques menées par le pr C. Arambourg. Elle appartient à une ancienne forme humaine du nord de l’Afrique qui vivait là il y a quelque 650 000 ans. Nommé alors Atlanthropus mauritanicus, aujourd’hui, sous le nom de Homo erectus, cet homme est regroupé avec de nombreux autres dont les restes ont été découverts de par le monde (d’après Balout 1955). 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au début des années 1950, Tighnif (Ternifine), lieu-dit de la région de Mascara, prenait une importance mondiale en livrant les restes d’un homme qui vivait là, il y a bien plus de cinq cent mille ans. Ces restes mettaient en valeur de nombreux outils connus depuis longtemps dans diverses parties du pays et bien d’autres qui allaient être retrouvés par la suite. L’une de ces trouvailles les plus récentes se situe entre M’sila et Barika, non loin de N’Gaous, et elle est particulièrement riche en promesses. 

 

 

 

 

En 1954, trois mandibules et des dents appartenant à une forme humaine primitive étaient retirées de la sablière de Tighnif (Ternifine). Cet homme ancien a reçu le nom « Atlanthropus mauritanius ». C’est une branche des « Homo erectus » qui regroupent les restes humains aux caractères semblables, trouvés dans différentes parties du monde. Le site d’où proviennent ces vestiges était connu de longue date. Des ossements fossiles puis des pierres taillées en avaient été retirés dès 1875 au cours de l’exploitation de la carrière. Balavoine, l’exploitant, avait dès l’abord saisi l’intérêt de cette découverte à laquelle s’associèrent très vite les noms de Tommasini, de Pomel et Pallary, spécialistes d’alors. Une première campagne de fouilles fut menée par P. Pallary en 1886. Le paléontologue C. Arambourg reprenait les travaux en 1931, puis de 1954 à 1956. Ces dernières campagnes ont livré plus de mille pièces, essentiellement des pierres taillées dites bifaces, et un imposant matériel osseux qui, associés aux restes humains, donnent au gisement un intérêt exceptionnel et le placent parmi les hauts lieux de la préhistoire mondiale. 

 

 

 

A la fin du XIXe siècle, les découvertes d’outils semblables à ceux de Ternifine se multipliaient dans l’ensemble de l’Algérie tant dans le Nord que dans le Sud où diverses missions d’exploration saharienne en trouvaient sur leurs trajets.  Ces découvertes s’inscrivaient parfaitement dans l’ensemble des connaissances qui se dessinait alors dans le monde et faisaient valoir la présence, en Algérie, d’un homme ancien utilisant des outils semblables à ceux que Boucher de Perthes avait formellement identifiés pour la première fois, en 1832, en France, dans la vallée de la Somme. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Timgad: L’Arc de Triomphe (De Trajan)

3032018

 

 

 

 

 

Timgad: L'Arc de Triomphe (De Trajan) dans Archéologie 1515340907-timgad-une

 

 

 

 

Il importe de distinguer entre l’arc [fornix], élevé par un particulier pour rappeler sa mémoire ou pour orner une ville et l’arc de triomphe (arcus triumphalis), érigé pour perpétuer la gloire d’une victoire.

Sous la République romaine, les arcs permanents dont il est fait mention, rentrent dans la première catégorie; à cette époque, on n’employait que des constructions provisoires en bois, jetées en travers de la rue par où passait le triomphe et retirées après la pompe.

Plus tard, sous l’Empire, ils lurent convertis en édifices permanents, bâtis en marbre et élevés dans différentes parties des villes, aussi bien à Rome que dans les provinces. Petits d’abord et sans faste avec une seule arcade, ils prirent dans la suite des proportions plus grandes et furent recouverts de sculptures et de statues, comme, par exemple, l’arc de Septime Sévère à Rome, ceux de Titus, de Constantin, etc.

L’arc formant une des entrées du Forum à Pompéi s’appelait Fornix; il en était de même des arcs élevés par Scipion l’Africain avant le commencement d’une campagne, et par L. Sterninius à l’expiration de son commandement qui se termina sans qu’il obtint les honneurs du triomphe.

« Les portes et les arcs de triomphe, très rares chez les Grecs, sont très fréquents chez les Romains. Aussi ces monuments, issus des circonstances politiques du peuple romain, portent-ils l’empreinte exclusive du génie artistique de Rome » (1)

La différence entre les portes grecques et les portes romaines au point de vue de la structure est dans l’emploi de la voûte qui caractérise ces dernières. Le système de plates-bandes des Grecs et leurs savantes superpositions de pierres en surplomb ne put jamais atteindre l’effet produit par l’arc des Romains.

La forme la plus simple pour les portes est l’arcade unique; il y en a des exemples nombreux et notamment en Afrique à Lambèse , à Marcouna, à Djemilah, à Khremissa, à Announa, à Zana, à Haydra, etc., etc. Viennent ensuite les portes à trois passages, dont celui du milieu est plus élevé que les deux autres. Tels sont : la principale entrée de Pompéi en venant d’Herculanum; les arcs de Septime Sévère et de Constantin à Rome; de Septime Sévère à Lambèse; de Trajan à Thamugadi, etc. 

Ce dernier monument est fort bien conservé. Une inscription (2) dont quelques fragments ont été trouvés en 1853 par un officier, M. Becker, et revus plus tard par Masqueray, ne laisse aucun doute sur l’époque de sa construction. En voici la traduction:

« L’empereur César Nerva Trajan Auguste le Germanique, 

fils du divin Nerva, 

souverain pontife, revêtu pour la quatrième fois de la 

puissance tribunice, trois fois consul, père de la patrie, fonda la colonie Marciane Trajane de

Thamugadi par les soins de la IIIe légion Auguste, Lucius Munatius Gallus étant légat 

impérial propréteur. »

 

C’est donc bien en l’an 100 de notre ère qu’il faut faire remonter la fondation de la cité, le troisième consulat de Trajan coïncidant avec cette date. 

 

 

 

L’Arc de Trajan est le plus élégant de proportions de tous ceux qu’on rencontre en Afrique où ils sont fort nombreux. Le style de ses sculptures, fort soigné, est très particulier et son ordonnance architecturale est remarquable. Les matériaux qui le composent sont : le grès du pays, le calcaire blanc de Menah et le marbre; ce mélange produit une diversité de tons du plus heureux effet.

 

La grande arcade du milieu a 6 m. 93 de hauteur sur 4 m. 20 de largeur et 3 m. 10 d’épaisseur. Elle est surmontée d’un entablement complet et d’un attique n’ayant plus qu’une partie de son architrave . Au-dessus des deux arcades des côtés se trouvaient des niches rectangulaires ornées de statues et décorées de colonnes en marbre coloré reposant sur des corbeaux finement sculptés en pierre calcaire de Menah. Des frontons circulaires (3) couronnaient ces travées latérales : ils n’existent plus dans la partie Sud. Quatre belles colonnes détachées, à cannelures garnies de rudentures dans la partie basse, flanquent les deux faces principales du monument; elles sont en calcaire blanc (et non pas en marbre, comme on l’a dit souvent). Portées sur des piédestaux en grès jaune, elles ont 0 m. 60 de diamètre à la base et 5 m. 7o de hauteur; l’ordre en est corinthien et les chapiteaux des colonnes du milieu de la face occidentale ont des aigles sculptés en forme de caulicoles. Suivant l’usage, un groupe de figures avec quadrige devait occuper le dessus de l’attique. En ce qui concerne l’appareil, le clavage des arcades dépasse la largeur des archivoltes, ainsi qu’on en rencontre tant d’exemples dans la construction des édifices romains.

 

Des bornes milliaires, qui se trouvent du côté Ouest de l’Arc de Trajan, prouvent que ce monument servait de point de départ pour compter les distances. Deux piédestaux hexagonaux (4) sont placés devant les colonnes qui encadrent la grande baie centrale de l’arc, sur la face Est. Sur celui de droite on voit une dédicace à Mars, malheureusement très mutilée; celui de gauche porte une inscription dont voici la traduction:

« A la concorde des Augustes, nos maîtres : l’empereur L. Septime Sévère et Marc-Aurèle Antonin-le Pieux, heureux, Auguste, Parthique-le-Grand, Britannique-leGrand, Germanique; Augustes, et de Julia Augusta, L. Licinius Optatianus, à 

cause de l’honneur du flaminât perpétuel, avait promis d’élever des statues moyennant 20 mille sesterces, avec leurs bases, et cela en plus de la somme légale qu’il devait pour cet honneur; il a augmenté encore la somme et, finalement, a élevé les dites statues pour 35 mille sesterces; il a distribué en outre des cadeaux aux 

décurions, a offert un repas aux curies, a donné des

 jeux scéniques et a dédié le monument. »

1515341403-201305-timgad-048-1378115-w630 dans Archéologie

Decumanus maximus vers l’Arc

Le decumanus maximus est un axe routier est ouest.

 

 

 

 

 

 

En suivant le Decumanus dans la direction de Mascula et de Théveste, on rencontre les ruines de l’arc  dont les colonnes gisent à terre; il en est de même de la porte orientale de la ville située plus loin et qu’on peut désigner sous le nom de porte de Mascula. Nous n’avons aucun renseignement sur celle qui se trouvait au sud de la cité; jusqu’ici son emplacement ne saurait être déterminé. Il est fort probable qu’elle a été démolie pour être réemployée dans la construction du Fort byzantin qui a été élevé près de là.

La porte Ouest ou de Lambèse, au contraire, a été mise à jour par soins; elle était ornée de quatre colonnes (5) sur chaque face et percée d’une seule ouverture, large de 4 m. 12; les trous destinés à recevoir les pivots de la fermeture existent encore.

La porte Nord  qui conduisait à Cirta, a été également déblayée; elle est bien plus épaisse que la précédente. Son unique ouverture était flanquée de deux pièces servant de corps de garde ou de postes pour les gardiens; on y pénétrait par une petite entrée disposée latéralement. Une colonne engagée et un pilastre de même saillie, d’ordre corinthien, décoraient chaque côté des deux faces Nord et Sud. La largeur de l’arcade est de 3 m. 50; là aussi on voit les trous des pivots creusés dans une dalle. Les pilastres et les colonnes ont 0 m. 75 de largeur à la base; l’épaisseur des bâtiments de la porte est de 4 m. 20; les portes ont 2 m. 75 sur 2 m. 65. En avant de la porte, de chaque côté de l’ouverture centrale, nous avons constaté sur le dallage la trace de piédestaux, aujourd’hui disparus, dont la base mesurait 2 m. 15 x 2 m. 15.

Deux inscriptions ornaient les faces Nord et Sud de l’attique de l’édifice : l’une est identique à celle de l’Arc de triomphe, à part de légères différences dans la disposition des lettres; l’autre est une dédicace à Antonin-le-Pieux et nous reporte à l’année 148. On la traduit ainsi:

« A l’empereur César, fils du divin Hadrien, petit fils du divin Trajan le Parthique, arrière-petit fils du divin Nerva, à T. Hadrien Antonin-le Pieux, Auguste, père de la patrie, empereur pour la deuxième fois, grand pontife, revêtu pour la vingt-deuxième fois de la puissance tribunice, consul pour la quatrième, L. Novius Crispinus, légat impérial propréteur, consul désigné, patron de la colonie, dédia ce monument par décret des décurions, avec les deniers publics. »

 

De la présence de ces deux inscriptions, il résulte que la porte Nord étant, comme l’arc dit de Trajan, datée de l’an 100, pourrait, aussi bien que l’Arc de triomphe, porter le nom du grand empereur. En second lieu, la dédicace de l’an 149 semble indiquer que le monument a été terminé à cette date ou, plus probablement, a été l’objet de quelques remaniements.

Le même raisonnement doit s’appliquer à la porte de Lambèse, au bas de laquelle L. Renier a découvert une inscription incomplète, nous reportant à vingt années plus tard. Elle est ainsi conçue:

« A l’empereur César MarcAurèle Antonin Auguste, l’Arménien, le grand Parthique et Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la vingtième fois de la puissance tribunice……….empereur pour la……fois, consul pour la troisième; et à l’empereur César L. Aurelius Verus, Auguste, F Arménien, le grand Parthique, Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la septième fois de la puissance tribunice…. empereur pour la…….fois, consul pour la troisième »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): La vie antique, par 0. Riemann, p. 143.

 

(2): Cette inscription était jadis gravée sur la face Ouest de l’attique de l’arc: elle avait t m. 10 de haut et 2 mètres de largeur. Celle qui figurait sur l’autre face n’a pas été retrouvée.

 

(3): L’arc de triomphe de Timgad est peut-être le seul ayant cette disposition de frontons circulaires.

 

(4): En examinant avec soin le dallage sur lequel reposent ces piédestaux, on remarque la trace de deux autres bases rectangulaires qui ornaient primitivement le bas de l’arc de triomphe.

 

(5): Ces colonnes cannelées avec rudentures à la partie inférieure ont 0 m. 65 de diamètre inférieur; 0 m. 55 de diamètre supérieur. La hauteur du chapiteau est de 0 m. 65 ; de la base, 0 m. 29. Les colonnes, détachées, sont adossées à des pilastres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman

18012018

 

 

 

 

 

Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman dans Archéologie 1513493897-p1000254-palais-omeyyade-citadelle-amman

Le palais des Omeyades vraisemblablement érigé vers 720 est le monument le plus impressionnant de la citadelle d’Amman. C’est un bel exemple de l’architecture omeyyade.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir établi leur capitale à Damas, les Omeyyades prennent la citadelle d’Amman pour résidence des gouverneurs. La terrasse supérieure est restructurée et divisée en trois zones entourées de murs, dominées au centre par la salle des audiences, qui sert aussi de porte monumentale. Selon les archéologues, cet emplacement correspondrait à l’entrée vestibule d’un ancien édifice romain qui continuera d’être utilisé pendant la première période byzantine et sera reconstruit par les Omeyyades.  

 

 

 

 

la porte monumentale, presque carrée (24.50 m sur 26.10 m), est construite selon un plan cruciforme ; elle est surmontée d’un dôme central, et chaque bras de la croix est recouvert de coupoles en cul-de-four. Une porte s’ouvre sur chacun des côtés nord et sud. Les deux bancs qui flanquent la porte sud étaient probablement destinés aux gardes. 

 

 

L’intérieur est organisé autour d’un carré central de 10.30 m de côté d’où partent les quatre bras de la croix. Chacun des quatre angles du bâtiment forme une pièce : celle du sud-ouest possède un escalier qui conduit au toit ; celle du nord-est renferme une volée de marches conduisant à la porte nord. Ce passage mène aux bains et à la citerne. 

 

 

 

La décoration intérieure de la salle des audiences, sculptée dans la pierre, est absolument remarquable. Les décors sont ordonnés en plusieurs registres : du sol jusqu’à une hauteur de 1.60 m, deux couches de gros blocs de pierre de taille qui sont probablement des réemplois de constructions romaines. Une corniche moulée sépare cet appareillage inférieur d’une rangée de niches aveugles, chacune encadrée par deux petites colonnes engagées supportant un arc dentelé. Au-dessus d’une autre corniche, on retrouve un second étage de niches aveugles, plus grandes celles-ci. Ces niches, bordées elles aussi de colonnes miniatures, sont ornées de médaillons avec des palmettes ou des rosettes. Une troisième rangées de niches aveugles, plus petites, reprend le même décor jusqu’en haut du mur. Une frise merlée couronne la façade. Une canalisation couverte traverse toute la salle sur un axe sud-nord. Une autre canalisation couverte part de l’enceinte sur pour déboucher dans une citerne circulaire. Des gouttières ménagées sur le côté est du mur recueillent l’eau de pluie, qui est récupérée dans le réservoir circulaire. 

 

 

Au début du XIXe siècle, des voyageurs avaient identifié dans le monument « le tombeau d’Urie », du fait qu’il est raconté dans la Bible comment Urie le Hittite trouva la mort devant les murs de Rabbath Ammon (cf. ‘Amman, la résidence des gouverneurs’). D’après des recherches récentes, il s’agit simplement de la porte monumentale qui permettait d’accéder aux bâtiments de la seconde enceinte. S’il est certain que certaines parties de l’édifice sont d’origine romaine –en particulier la cour pavée et le mur d’enceinte, avec sa décoration de niches- l’étude du monument montre que ces vestiges ont été remaniés par les Omeyyades pour aménager la salle des audiences, comme dans le Dar al-lmara d’Abou Mouslim al-Khorasani, à Merv.  De même, l’ancienne interprétation donnant le monument pour une église byzantine est considérée comme caduque en raison des caractéristiques clairement persanes du décor : les palmettes, les rosettes et les dentelures sont très similaires aux décors en stuc des constructions sassanides. Toutefois, les influences irano-sassanides indubitables pourraient aussi bien s’expliquer par l’intervention courante d’artisans irakiens en Jordanie après la conquête islamique. Ces problèmes d’interprétation doivent surtout tenir compte de l’existence dans la région d’un certain nombre de monuments similaires : la porte du palais omeyyade de Khirbat Al-Minyeh, sur le lac de Tibériade, la salle des audiences d’al-Mouchatta, au sud d’Amman, ou encore celle de Khirbat Al-Mafjar, près de Jéricho.  

 

 

 

 

 

 

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Le palais d’Amman, plus communément nommé ‘palais d’Hicham’, a été attribué à tort à Hicham Ibn Abd al-Malik (105/724 – 125/743), qui, par contre, a fait édifier la célèbre salle des audiences de Rousafa, en Syrie, sur le modèle de celle d’Amman. C’est toutefois sous son règne qu’on doit faire remonter la construction du palais. 

 

 

 

 

Les bains, à l’est de la salle des audiences, ont été fouillés et restaurés récemment. Cet ensemble comporte un vestiaire équipé de bancs, un tepidarium avec des bassins d’eau et un caldarium avec sa chaufferie (cf. ‘Qousayr Amra’). 

 

 

 

La citerne est un réservoir circulaire situé à l’est de la salle des audiences et au sud de l’enceinte romaine. Elle mesure 16 m de diamètre et au moins 5 m de profondeur. Le mur de retenue, de 2 m d’épaisseur, est maçonné avec de solides blocs de pierre et renforcé par des fûts de colonnes. Les deux canalisations couvertes qui alimentent la citerne recueillent l’eau des gouttières du toit de la salle des audiences, à l’ouest, et de celles de l’enceinte romaine, au nord. La seconde canalisation passe par un puits carré qui faisait probablement fonction de filtre. On peut donc imaginer que le réservoir est d’origine romaine, que les Byzantins ont à leur tour utilisé le dispositif romain, le tout étant finalement réaménagé par les Omeyyades. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, pour construire leur citerne, les Omeyyades ont dû détruire un quartier résidentiel byzantin au centre duquel on a retrouvé un pressoir à olives.  

 

 

 

Il a fallu des recherches patientes et systématiques pour identifier la localisation de la mosquée de la résidence des gouverneurs omeyyades sur la terrasse supérieure. Un travail qui a trouvé sa récompense en 1997. Le monument a été érigé sur un terre-plein artificiel au sud-est de la salle des audiences. Venant de la cour inférieure, devant la salle des audiences, on y pénètre par un escalier monumental qui conduit à un portique à six colonnes. La façade nord de la mosquée était décorée d’arcs-boutants et d’une frise de petites niches aveugles ou ouvertes. Il y avait une porte dans le mur nord et une autre du côté sud. Il est possible qu’une troisième porte ait été ménagée spécialement pour l’imam dans le mur est, non loin de la niche de prières. 

 

 

La salle de prière est trapézoïdale ; elle mesure 34.10 m d’est en ouest et 33.67 m du nord au sud. Son sol était revêtu d’un fin pavage irrégulier recouvert d’une couche de plâtre à la chaux. Les murs intérieurs étaient probablement recouverts d’un enduit, comme de petits fragments résiduels près du mihrab le laissent supposer. Cette niche, qui prend place dans le long mur sud de la salle de prière, mesure 2.93 m de large sur une profondeur de 1.52 m. A l’origine, deux petits pilastres décoraient l’entrée à l’intérieur de la niche. La salle de prière comporte quatre nefs de six colonnes parallèles au mur de la qibla. Il y a enfin une cour à péristyle laquelle a été retrouvée une citerne souterraine. 

 

 

 

Sur les côtés est et ouest de la grande cour, donnant sur la porte monumentale et la mosquée, une enfilade de onze petites pièces servaient de boutiques. Au centre de la cour, un réservoir circulaire était alimente en eau de pluie par des rigoles dont l’une partait de la mosquée. Après les destructions massives causées par le tremblement de terre catastrophique de 131/749, les boutiques furent transformées en logements. 

 

Face à l’entrée nord de la monumentale, une rue à colonnades conduit vers le nord à la porte d’enceinte. La base carrée et le premier tambour des colonnes sont sculptés en un seul bloc. Il a été retrouvé sur l’un de ces socles une croix byzantine : un indice qui permet de dire avec certitude qu’on a utilisé des matériaux de récupération. L’imposte encore visible sur la façade sud de la porte d’entrée montre que les colonnades étaient reliées par des arches. Sur les côtés est et ouest de la rue, les deux passages couverts donnaient sur des logements. Derrière, côté est, se succédaient trois cours fermées par des portiques à colonnes du même type que celle de la rue. Quatre pièces s’ouvreraient généralement sur chaque cour, et certaines disposaient d’un escalier pour gagner les terrasses ou l’étage. Dans l’une des cours, à l’ouest de la rue, on a retrouvé le squelette d’un chameau, possible victime du tremblement de terre de 131/749. 

 

 

 

La porte nord de la rue conduit à la résidence princière. On accède à ce palais par un vestibule qui était recouvert d’une voûte en berceau. Le sol en est pavé de cailloux –probablement les restes de la sole d’une mosaïque disparue. L’entrée du vestibule était décorée de colonnes engagées habillées de stucs. 

 

 

 

 

Entrant par le vestibule, le visiteur pénètre dans la salle du Trône, grande pièce cruciforme recouverte autrefois d’un dôme. D’après les fragments de pierre sculptée retrouvés dans les ruines, il semble que la technique de construction utilisée pour cette salle soit exactement la même que celle de la porte monumentale. Sur le côté sud de la salle, une petite pièce rectangulaire était ornée de mosaïques et servait probablement de toilettes. Une porte conduit de la salle du trône à un portique, orienté au nord, qui surplombe la ville et regarde vers le Djebel al-Hussein. De ce côté de la citadelle, on peut voir encore les vestiges massifs de fortifications datant de l’âge du fer et de l’époque romaine. Ils ont encore plusieurs mètres de haut. Sous l’enceinte romaine, une citerne a été creusée à même la roche.  

 

 

 

La salle du Trône est flanquée de deux séries de quatre pièces : dans celles du côté est étaient probablement aménagés les appartements du prince, originellement décorés de stuc. Dans l’un des murs, on peut encore voir un bloc de pierre de réemploi qui porte une inscription grecque dédiée à un empereur romain et qui fait allusion à la Philadelphie de Coele (Syrie). L’inscription date du IIe siècle et provient certainement d’un temple. Les quatre pièces de l’ouest faisaient fonction de réserves et de cuisines pour les appartements. 

 

 

 

Par sa similitude au Dal al-Imara de Koufa, il est à peu près certain que l’ensemble servit de résidence au gouverneur d’Amman pendant toute la période omeyyade. 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les monnaies de l’Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs

9122017

(203 – 60 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

Avec ces monnayages, nous abordons un numéraire extrêmement abondant, qui correspond au véritable développement de l’économie monétaire numide, et qui constituera plus largement l’ossature du système monétaire africain d’un bout à l’autre de la région, le seul, en somme, qui fut utilisé de l’Atlantique aux autels des Philènes.

 

L’analyse de ces monnaies que l’on appelle habituellement « de Massinissa et de ses successeurs » soulève de nombreuses difficultés. D’abord ce sont dans l’ensemble des émissions d’iconographie très peu différenciée, produites en masses sur une très longue période et sans indication explicite d’atelier émetteur. Il est donc difficile de les répartir suivant une chronologie interne et de distinguer ensuite les éventuelles évolutions pondérales. Quant aux ateliers émetteurs c’est essentiellement, pour l’instant, par déduction et probabilité que l’on peur les suggérer.

 

L’épigraphie de la quasi-totalité de ces monnaies est bien laconique puisqu’elle se réduit le plus souvent à deux lettres indiquant l’initiale et la finale du nom royal. Cela laisse place à beaucoup d’incertitudes dans la mesure où nous ne connaissons pas le nom de tous les souverains, où ces noms ne sont souvent attestés que par les sources gréco-latines qui peuvent les déformer gravement, et où ces lettres sont parfois susceptibles de se rapporter à deux souverains.

 

 

 

Les monnaies de l'Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs  dans Archéologie 1509448306-nouvel342 

Bronze du Roi Massinissa ou Micipsa

Atelier : Cirta, (203-118) Av -JC

A/ Anépigraphe
Tête laurée et barbue du roi à gauche.

R/ Anépigraphe
Cheval bondissant à gauche ; au-dessous, un globule

 

 

 

 

 

Toutes ces monnaies sont bien connues des archéologues, puisqu’on les retrouve d’un bout à l’autre de l’Afrique du nord. Leur banalité même les a souvent fait dédaigner et a empêché que les trouvailles en soient systématiquement signalées. Leur situation est ici comparable à celle des bronzes puniques souvent négligés, et, longtemps, la seule trouvaille importante de bronzes numides qui ait donné lieu à une étude fut celle de Mazin en Croatie. Ce n’est que depuis peu qu’on note un intérêt nouveau pour l’étude de ces monnayages, maintenant mieux répertoriés.

 

 

 

 

 

Les deux ateliers : Cirta et Siga

  

L’ensemble de toutes ces monnaies dites de Massinissa et de ses successeurs se divise en deux groupes d’importance très inégale et de caractéristiques très distinctes. Le groupe le moins abondant comporte des pièces caractérisées par l’effigie diadémée du roi alors qu’elle est laurée sur les monnaies de l’autre groupe. Il existe aussi des différences stylistiques dans l’effigie royale. Si certains types de portraits sont communs aux deux groupes, la distinction ne tenant qu’au port du diadème ou de la couronne laurée, une variété d’effigie, en revanche, ne se retrouve que dans le groupe au diadème. L’exécution en est très soignée, en particulier pour le traitement des boucles de la barve et de la chevelure. La forme générale de la tête est plus allongée en hauteur que sur les autres monnaies, la barbe plus longue et plus tombante.

 

L’iconographie du revers est différente pour les deux groupes. Sur les monnaies à tête laurée on trouve un cheval au galop ou à l’arrêt, sur les autres un cheval au trot ou au pas accompagné d’un astre ou d’une palme.

 

 

 

 

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Bronze du roi Syphax

Atelier : Siga (213-202 av. J.-C.)

A/ Tête barbue et diadémée

R/ Cavalier galopant à g. sur un cheval bridé, globule et légende punique dessous dans un cartouche

 

 

 

 

 

 

Toutes ces différences, révèlent-elles deux ateliers différents ou deux époques d’un même atelier ? L’étude de la répartition des trouvailles, indispensable ici, pâtit de l’absence de documentation. Il semblerait cependant que les monnaies à tête diadémée soient beaucoup plus rares en Tunisie que les autres, qui y sont très communes. Même s’il faut tenir compte du fait que les monnaies diadémées ont été émises en moindre quantité, l’observation garde tout de même une certaine valeur. Elle est renforcée par l’analyse de deux trouvailles de monnaies numides, l’une de Cherchell (Algérien centrale), l’autre de Tarhouna (Tripolitaine) : à Cherchell sur un total de 80 monnaies, on retrouve 29 monnaies à tête diadémée, alors qu’à Tarhouna il ne s(en trouve qu’une sur 176 monnaies. Il semble donc que l’on trouve de moins en moins de monnaies à tête diadémée à mesure que l’on quitte le Maghreb central pour son extrémité orientale. D’autre part, les deux groupes obéissent à une métrologie très différente. Tout cela nous amène à imaginer qu’il y eut en réalité deux ateliers. On pense naturellement aux deux grandes capitales du royaume numide : Siga et Cirta. Et dans ce cas, les monnaies à tête diadémée seraient émises à Siga, à laquelle d’ailleurs on propose d’attribuer les monnaies de Syphax, elles aussi diadémées. La métrologie de toutes ces monnaies de Siga semble identique, ce qui paraît un argument supplémentaire décisif. Et c’est donc à Cirta qu’il faudrait attribuer les monnaies à tête laurée, de loin les plus nombreuses, et dont la métrologie est claquée sur celle de Carthage.

 

L’existence de portraits quelquefois très proches sur les deux séries n’est pas une objection décisive à cette hypothèse.

 

 

 

 

On remarquera que les seuls souverains mentionnés sur les monnaies « de Siga » sont Massinissa ou Micipsa, tandis que celles « de Cirta » font également mention de leurs successeurs, Adherbal et GN. Il semblerait donc que l’atelier de Siga ait fermé sous Micipsa ou juste après sont règne, au profit d’une centralisation des frappes à Cirta, plus proche du lieu d’origine de la dynastie Massyle et ainsi promue au rang de véritable capitale. Il y aurait là un processus de centralisation étatique conforme à l’idée faite de l’évolution du royaume numide. Et cela expliquerait la large prédominance numérique des monnaies de Cirta.

 

 

 

Une dernière précision à propos de ces ateliers. La proposition de Cirta et Siga car ce sont les deux « capitales » (avec toutes les nuances qu’il faut apporter ici à ce terme) du royaume numide, l’une située en Massylie, et l’autre en Masaesylie. Mais il est bien évident, compte tenu du nombre impressionnant de monnaies frappées, que l’on ne saurait exclure l’existence momentanée d’ateliers parallèles officiels semi-officiels, et cela sans parler des ateliers vraisemblablement marginaux. La centralisation évoquée plus haut se serait donc faite en réalité au profit de la Massylie en général, avec pour foyer monétaire principal la ville de Cirta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La mosquée el Bey Salah à Annaba

25102017

 

 

 

 

 

Une plaque commémorative en marbre portant un poème à la gloire de Salâh, bey de la province de Constantine, en cursif oriental. Le 5e vers du poème donne la datation de la construction du monument en abjad par la somme de la valeur numérique de chacune des lettres : 1206 H. qui correspond à l’an 1791.

 

 

 

La mosquée el Bey Salah à Annaba  dans Archéologie 1506244262-18061912

Poème en l’honneur de Salah Bey  

 

 

 

 

 

 

Le plan de type anatolien et ses proportions font de cette mosquée un édifice extrêmement original de l’époque ottomane. Une cour précède la mosquée; un portique extérieur ajouté en 1852 précède un corps de bâtiment dont l’une des pièces
servait de salle d’audience et l’autre d’école coranique. On accède à la salle de prière par une entrée située dans l’axe du mihrâb qui ouvre sur une galerie délimitant sur trois côtés un espace devant le mihrâb ; divisée en neuf travées, la galerie est couverte de coupoles : trois coupoles latérales identiques se font face, alors qu’à l’ouest, les travées plus petites
délimitent des coupoles légèrement elliptiques. Au centre, l’espace est couvert d’une coupole outrepassée sur pendentifs, percée de huit fenêtres en arc surhaussé et d’une corniche ; l’ensemble fut couvert de dessins polychromes à l’époque coloniale.

 

 

 

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Djama El Bey – Bône 1880   

 

 

 

 

 

Ce plan très rare pour une mosquée se retrouve à Alger dans la mosquée Kafar. C’est la deuxième mosquée à coupole hémisphérique avec celle de Ketchawa, en Algérie. La mosquée fait également partie des rares mosquées dotées de plusieurs galeries latérales et en fond de cour sans piliers.

Dans la salle de prières alternent à la fois des piliers et des colonnes, comme dans les mosquées de Raqqa, de Tinmal, de la Qarawiyyîn de Fès. La mosquée Salah bey fait partie des rares mosquées bâties à l’époque turque qui ont utilisé des impostes
au dessus de ses colonnes galbées. On relève l’emploi de l’arc surbaissé, fréquent dans l’architecture ottomane de Turquie (ouverture du portail de la Yesil Camii à Brousse et portail extérieur de la mosquée aux trois balcons à Edirne). On trouve également des arcs en plein-cintre, fréquents chez les Romains, apparus pour la première fois dans l’architecture musulmane à la Coupole du Rocher à Jérusalem, et des arcs en plein-cintre outrepassé caractéristiques de l’architecture musulmane.

Le mihrâb à niche hexagonale est coiffé d’un cul de four lisse comme ceux qui apparaissent dans le mihrâb du musée de  Baghdad, qui proviendrait de la mosquée édifiée par al-Mansûr, dans celui de l’ancienne mosquée al-Dazz à Monastir (XIe siècle), et aussi dans un ancien mihrâb du mausolée al-Shabîh (950 H./1543). Unique en Algérie, sa partie supérieure est ornée d’un arc surbaissé à la voussure formée d’une seule bordure ; la plus ancienne voussure de ce type en Algérie est celle de la grande mosquée de Tlemcen, elle-même inspirée des mihrâb de la Grande Mosquée de Cordoue et de l’Aljaféria de Saragosse.
Les écoinçons du mihrâb sont ornés d’une inscription alors que dans les autres mosquées d’Algérie ils comportent un décor géométrique et floral, à l’instar de la grande mosquée de Kairouan et de celle de Cordoue.
La mosquée de Salah Bey se distingue par la variété de ses chapiteaux.

 L’influence de l’architecture antique est sensible dans les sommiers cruciformes au dessus des colonnes prismatiques et
des chapiteaux à feuilles d’acanthes inspirés des chapiteaux composites romains. Le minaret cylindrique, qui se trouve au nord-ouest de la salle de prière, est un prototype simplifié des minarets ottomans de Turquie (mosquée de Bâyazîd à
Istanbul).  La tradition dit que la construction du minaret a suscité de forts remous parmi la population, entre les Ottomans qui voulaient une mosquée selon le rite hanafite (avec un minaret cylindrique) et les autochtones qui exigeaient un
minaret carré.
Le lanternon de la tour principale du minaret, surmonté d’un épi de faîtage composé de trois éléments circulaires achevés par un croissant, est semblable à ceux des mosquées maghrébines, notamment Agadir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Inscription du Tombeau d’Othmane, bey de Constantine

10092017

 

 

 

 

 

Inscription du Tombeau d'Othmane, bey de Constantine  dans Archéologie 1503303089-efdc7452

Source: HISTOIRE(S) DE LA VILLE… 

 

 

 

 

Tombeau d’Othmane, bey de Constantine, non loin du petit hameau de Demine, tribu des Ouled Aouat (environs d’El Milia).  
 
L’inscription (en arabe) est gravée sur une dalle de marbre blanc qui recouvre la tombe, surmontée d’une petite colonne turbannée .  

 

هذا ضريح المرحوم السيد  

عثمان بن محمد باي قسنطينة الذي كان  

قتل بهاته الأرض المسماة اخناق عليهم 

من بلاد اواد عواط 

في سنة 1219       
 
 

 

 TRADUCTION. —

« Ceci est le tombeau de celui qui a obtenu miséricorde,

Sid Othmane ben Mohammed, bey de Constantine, 

lequel a été tué en ce lieu dit Khenag Alihem,

territoire des Oulad Aouat, en l’année 1219. »

 

 

 

Le bey Othmane, nommé au beylicat l’an de l’égire 1217 (1803), a régné jusqu’en 1218 (1804).  Durée du règne, 1 an. 
 
Peu de temps après sa nomination au beylicat, il marcha sur Oran avec une forte armée et l’enleva aux Espagnols. Revenu à Constantine, il eut également à châtier quelques tribus kabyles voisines de Stora; mais son camp, placé sur les bords de la rivière Zokora, fut surpris une nuit par les Kabyles, qui ne firent aucun quartier et massacrèrent impitoyablement le chef Othmane. Il fut longtemps regretté du pays.  

 

 

 

 

Voici dans quelles circonstances il périt :   

  

Au commencement du siècle, un cherif marocain, El Hadj Mohammed ben L’Ahrech, fut nommé chef de la caravane des pèlerins du Maghreb, et accomplit en cette qualité le pèlerinage de la Mecque. Il y gagna une réputation de sainteté, et, après maintes aventures que nous n’avons point à rapporter ici, revint se fixer dans le pays kabyle où il entretint, au profit de son ambition, l’agitation toujours remuante des montagnards. S’alliant à un marabout de Redjas (environ de Mila), Si Abdallah-Zebbouchi, il poussa l’audace jusqu’à marcher sur Constantine, en l’absence du bey, alors en colonne chez les Righas. Prévenue temps, Othmane ne tarda pas à lui faire lever le siège, et poursuivit les rebelles à la tête de ses troupes régulières jusqu’à El-Milia.  
 
Un marabout des Béni Sebih, ben Bagherich, vint sur ces entrefaites offrir ses services au bey, se faisant fort de capturer le Cherif avec l’aide d’un corps de troupes. Othmane eut l’imprudence d’écouter ses propositions, et se laissa entraîner par son faux allié jusqu’au cœur des montagnes insurgées. Des nuées d’ennemis ne tardèrent pas à paraître : il en résulta une effroyable mêlée, ou Ben Bagherich périt l’un des premiers. Le bey roula avec son cheval dans une fondrière, et Zebbouchi, qui avait des ressentiments personnels à venger, le perça de coups. 

 La tradition rapporte qu’il posa le pied sur son œil borgne, ainsi qu’il se l’était promis, après quoi il le fit décapiter par un nommé Saïd ben Amer, des Djebala.  

 

 

  

 

 

 







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