Bassins des Aghlabides

14092018

 

 

 

 

 

Les bassins des Aghlabides sont considérés parmi les plus importants et les plus célèbres ouvrages hydrauliques dans le monde musulman. Ils faisaient partie d’une quinzaine des bassins qui se trouvaient extra-muros et qui approvisionnaient la ville en eau. Les chroniqueurs et géographes arabes furent toujours émerveillés par la majesté impressionnante de ces installations, ce qui a valu à Kairouan de porter, au Moyen Âge, le nom de la  »ville des citernes ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Leur alimentation se faisait par le drainage des eaux de pluie et les affluents de l’Oued Merguelil qui déversent la dépression environnante. Ses eaux étaient captées par de petits barrages et un canal d’adduction pourvu d’un prise-lame qui les amenait jusqu’au petit bassin. Mais en 350/961 le calife fatimide el-Mu’izz édifia un aqueduc qui amène l’eau des sources de Chréchira, située à 40 km à l’ouest de Kairouan, jusqu’aux citernes de la ville après avoir alimenté sa capitale Sabra.

 

Les kairouanais disposaient généralement de puits et de citernes dans leurs maisons; et il semble que l’eau récupérée dans ces bassins servait en temps de sécheresse et aux plus démunis parmi la population, mais aussi à approvisionner les caravanes et abreuver les troupeaux. Ces fameux bassins furent édifiés en 246/860 – 248/862 par le prince aghlabide Abou Ibrahim Ahmed. Ils sont construits en moellons revêtus d’un enduit étanche et arrondi au sommet. Ils se composent de trois organes essentiels: 

 

 

 

 

Le petit bassin, de 17 m de diamètre, est circonscrit dans un mur polygonal constitué de 17 contreforts intérieurs et 26 contreforts extérieurs qui s’alternent et permettent ainsi de consolider l’édifice afin de résister à la pression. Ces contreforts sont de forme semi-cylindrique et coiffés de demi-sphère. Ce bassin, d’une contenance de 4 000 m3  , sert à décanter les eaux des débris et alluvions qu’elles charrient. L’eau ainsi purifiée s’écoule dans le grand bassin par une ouverture en plein cintre appelée le déversoir. 

 

 

 

 

Le grand bassin, de forme polygonale, est flanqué de 64 contreforts internes et 118 externes. De 128 m de diamètre et 4,8 m de profondeur, sa contenance dépasse les 57 000 m3 . Au milieu s’élève un gros pilier polylobé qui jadis fut surmonté d’une coupole et servit de pavillon de loisir. Ce grand bassin sert aux stockage des eaux nécessaires aux besoins de la vie quotidienne. Cependant, cette opération permet une meilleure décantation de l’eau dont la partie la plus pure servira d’eau potable et sera versée dans les citernes de puisage. 

 

 

 

 

Les citernes de puisage sont constituées par deux réservoirs parallèles et perpendiculairement adossés aux bassins. Elles sont couvertes en voûtes en berceau soutenues par des arcs doubleaux qui reposent sur des piliers. Six ouvertures, placées au sommet des voûtes, permettent d’y puiser de l’eau. La contenance de chacune d’entre elles dépasse les 1 000 m3 .

 

 

 

 

 

 

 

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 Détails des contreforts  

 

 

 

 

 

Ces bassins aux dimensions gigantesques sont un rappel de la gloire de la ville et de sa lutte passée contre la soif et le manque en eau. Ils séduisent par leur sobriété et leur impressionnante majesté et enchante par l’élégance de leur style et l’harmonie de leurs formes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    




La Créativité de l’Architecture Mamelouk

27062018

 

 

 

 

 

 

Nombreux sont les aspects créatifs qui ont marqué les différents domaines de l’architecture islamique à l’époque mamelouke. S’il est bien évident que les Mamelouks conservèrent certaines caractéristiques des modèles traditionnels dans quelques constructions, comme le plan hypostyle des mosquées qui se maintient clairement dans la mosquée de al-Dahir Baybars, dans celle de al-Nasir Muhammad dans la Citadelle du Caire, ou dans celle de al-Tunbugha al-Maridani entre autres, le désir d’innovation n’en a pas moins caractérisé cette période. L’époque mamelouke a donc contribué aux réussites architecturales les plus représentatives, dans lesquelles le vocabulaire architectural s’est modifié de différentes façons. 

 

 

 

Les édifices destinés à des fonctions diverses (religieuses, éducatives et charitables) sont rassemblés en d’impressionnants complexes - abritant souvent la tombe du mécène – conçus pour glorifier la mémoire du fondateur. Dans le quartier al-Nahhasin, le complexe du sultan al-Mansour Qalawun, qui combine une madrasa et un mausolée avec un hôpital, est considéré comme le plus ancien et le plus grand du nouveau style architectural mamelouk qui nous soit parvenu dans un état proche de l’original. Tout au long de l’époque mamelouke, ces complexes étaient situés de préférence dans les rues principales, sur des parcelles de plus en plus petites et irrégulières du fait de la saturation du tissu urbain. Plus l’espace se raréfiait, plus les édifices gagnaient en hauteur pour compenser l’étroitesse de la surface occupée. La typologie des plans se diversifie, et l’on voit apparaître une surprenante variété de plans des plus ingénieux – un des traits les plus caractéristiques de l’architecture mamelouke -, tandis que se multiplient les constructions à usage public tels les sabilskuttabs, hôpitaux, hammams et autres. 

 

 

 

L’incorporation des sabils aux madrasas trouve sa plus ancienne expression dans celui que al-Nasir Muhammed annexa en 726/1326 à la façade est de la madrasa construite par son père al-Mansour Qalawun.

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Kubba de al-Manufi – Le Caire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fusion entre les différents types de plans de mosquées et de madrasas conduit à la division de l’iwan de la qibla en nefs au moyen d’arcades. La madrasa de al-Mansur Qalawun, à al-Nahhasin, fournit le premier exemple de cette configuration. L’organisation raffinée des madrasas à iwans se révèle dans sa structure, composée d’une cour centrale découverte flanquée de quatre iwans disposés en croix, dont le plus grand correspond à celui de la qibla. L’exemple le plus ancien, celui de la madrasas de al-Dahir Baybars, située dans la rue al-Mu’izz, date de 662/1263, tandis que le plus représentatif correspond à la madrasa du sultan Hassan.  

 

 

Couronnant la koubba de al-Monufi, située dans le Petit Cimetière du Caire et qui date de la fin du VIIIe/XIIIe siècle, apparaît le premier spécimen de gawsaq (kiosque), alors que cet élément sur colonnes se manifeste pour la première fois sur le minaret de al-Tunbugha al-Maridani (739/1340). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mosquée de Qaytbay, ensemble et détails du minaret (XVe. siècle)

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mosquée Qanibay Emir Akhur, Minaret à double couronnement 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau type de minaret apparaît, caractérisé par la diversité de ses plans, qui passent de la forme carrée à la forme octogonale et à la circulaire, et par la délicate et parfaite décoration de son fût. Ces minarets sont remarquables non seulement par leur hauteur extrême, mais aussi parce qu’ils représentent l’apogée de leurs propres valeurs architecturales et artistiques. 

Au VIIIe/XIVe siècle, le couronnement du minaret égyptien se développe jusqu’à adopter cette forme de bulbe qui le différencie des autres minarets du monde islamique et, à la fin de l’époque mamelouke, apparaît le minaret à double couronnement (ou couronnement jumeau). Cette dernière typologie peut être observée avec le minaret de la mosquée de al-Ghuri, avec celui construit par le même sultan dans la mosquée al-Azhar, et avec celui de Qanibay Emir Akhur, sur la place Salah al-Din (place de la Citadelle). Les coupoles prennent de l’ampleur, et ne couvrent plus seulement une travée unique devant le mihrab, à la manière des coupoles de l’époque fatimide – parmi lesquelles figure celle du mihrab de la mosquée de al-Hakim bi-Amr Allah, le modèle le plus représentatif de celles qui ont été conservées -, mais elles sont agrandies pour couvrir dorénavant les trois travées qui font face au mihrab. On en trouve des exemples dans la mosquée de Baybars al-Bunduqdari, dans celle de al-Nasir Muhammad dans la Citadelle et dans celle de al-Tunbugha al-Maridani, dans la rue al-Tabbana. 

 

 

 

 

 

Un soin particulier est apporté à la décoration des façades, réalisée en pierre et en stuc et dont le répertoire comprend des motifs géométriques et floraux, des bandeaux d’inscriptions et d’autres registres sur les arcs et les murs, comme al-ablaq ou al-muchahhar (tous deux en maçonnerie bicolore en noir et blanc ou blanc et rouge). C’est au cours de cette période qu’apparaît, avec l’accès à la madrasa du sultan Baybars, dans le quartier al-Gamaliyya, le premier modèle d’entrée à mouqarnas de l’architecture islamique en Egypte. Autres innovations, les pendentifs à mouqarnas, qui meublent les zones de transition avec les coupoles et dont l’application la plus ancienne se trouve sur les arcs de la koubba de Tankizbugha (VIIe/XIVe siècle), dans le petit Cimetière. 

 

Durant l’époque des Mamelouke circassiens, la maîtrise du travail des mouqarnas progresse considérablement et atteint un niveau élevé qui en fait un art d’une suprême maestria, en multipliant le nombre de rangées, qui va jusqu’à osciller entre huit et treize.  

 

 

 

D’autre part, l’utilisation des matériaux disponibles dans les environs répond à la nécessite de pallier les rigueurs du climat. C’est ainsi qu’on emploie la pierre pour la construction des murs extérieurs, les étages inférieurs, les coupoles et les voûtes, tandis que la brique cuite est utilisée pour la construction des lieux d’aisance dans les différents édifices, les citernes d’eau dans les sabils et la salle chaude des hammams ; pour le revêtement des murs, sols, sabils, et colonnes, on emploie le marbre ; et le bois est utilisé pour les toits, les machrabiyyas (ou moucharabieh), les claires-voies, les portes, les fenêtres, les minbars et les dikkat al-muballigh (tribunes des répétiteurs) – autant d’éléments caractéristiques de l’époque mamelouke.    

 

 

 

En dehors du Caire, épicentre du mécénat mamelouk, des styles régionaux se développent dans d’autres villes auxquelles se consacrèrent moins d’émirs mamelouks. Par exemple, dans la plupart des villes du Delta – dont les plus importantes sont Rosette et Fuwa – , on a recours à un style local de décor architectural appelé al-mangur, caractérisé par l’emploi alterné de brique de couleur rouge et noir – à micuisson, la brique rouge est cuite une seconde fois pour prendre la couleur noir – avec des joints réalisés au moyen d’un mortier blanc qui tranche, si bien que la construction elle-même revêt à son tour une forme décorative caractéristique. 

 

 

 

 

 

 

 

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Mosquée de Abu al-Makarim: détail de l’entrée avec maçonnerie bicolore, Fuwa. 

 

 

 

 

 

 

Aussi bien les documents d’époque que les inscriptions des constructions font état des noms des architectes qui réalisèrent ces grands monuments, au premier rang desquels il faut citer Ibn al-Suyufi, le plus important architecte du sultanat de al-Nasir Muhammad Ibn Qalawun. Parmi ses œuvres les plus emblématiques figurent la madrasa al-Aqbughawiyya, incorporée à la mosquée al-Azhat par l’émir Aqbugha Abd al-Wahid en 740/1339, et la mosquée al-Tunbugha al-Maridani. 

Parmi les architectes de la seconde période mamelouke, la famille toulounide occupe aussi une place éminente. Elle eut le mérite d’ériger la madrasa du sultan Barquq, le premier des sultans circassiens, ainsi que les bâtiments construits par Qaytbay au cours de son règne. A la fin de l’époque mamelouke brillera aussi l’étoile de l’architecte Inal, qui supervisa la construction de la mosquée du sultan al-Ghuri. 

 

 

 

 

 

D’une manière générale, les architectes mamelouks étaient confrontés à trois contraintes principales : la localisation des édifices dans les rues principales et leur intégration dans des parcelles irrégulières, l’orientation en direction de La Mecque de tout espace destiné à la prière, et le désir des mécènes que leurs édifices soient visibles depuis un maximum de points de la ville.

Tous les architectes de cette époque se distinguent pour avoir conçu leurs édifices selon ces critères, ce qui est particulièrement évident dans les mosquées de al-Tunbugha al-Maridani et de Qujmas al-Ishaqi. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 
  
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Rome, la construction d’un Empire

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Un documentaire sur les grandes constructions de la civilisation romaine, en offrant par le fait même de pertinents éléments de contextualisation.

 

On commence avec la fin du République et Jules César, dont la merveille d’ingénierie était la construction d’un pont en bois de 1000 pieds sur le Rhin dans 10 jours pour les légions de César à traverser. Les besoins militaires ont également dicté la construction des routes célèbres de l’Empire romain. Ces routes n’étaient pas droites juste pour la vitesse, mais parce que les Romains manquaient d’outils d’arpentage qui leur permettraient de faire des courbes. Les aqueducs romains, basés sur des principes physiques simples, étaient aussi des constructions en ligne droite, des tunnels à travers les montagnes et des ponts sur les vallées, avec la fameuse construction de l’arc romain, utilisée pour limiter la quantité de matériaux nécessaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Casbah D’Alger au 17ème Siècle

23032018

 

 

 

 

 

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Vue du port et de la casbah en 1830

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Casbah, socle de la Medina et donc d’Alger, devint célèbre avec l’arrivée de la fratrie Barberousse, ainsi que les Morisques et les Marranes chassés d’El Andalous.

 

 

Dans sa globalité, La Casbah était délimitée au nord-ouest par la mer, à l’est par le Square Port Saïd et le Boulevard Ourida Meddad, au sud par le Boulevard de la victoire, à l’ouest par la rue Azouzi, frôlant le Jardin de Prague et finissant à la rue Icosium.  La Medina, y compris le côté littoral, était encerclée par 3 100 mètres de muraille. Tout le long du périmètre, des tours de guet jalonnaient l’enceinte de la cité.

 

 

Un autre type de cloisonnement était aussi appliqué à l’intérieur de la cité. Cette pratique est typique de style urbain musulman où la ségrégation homme-femme était la norme. La rue appartenait aux hommes, les femmes étaient reléguées à l’astreinte de leur domicile. Cette ségrégation se nomme la « Horma » en langage populaire. Ce terme à une connotation avec harem, et aussi avec le mot « Haram », signifiant prohibition dans le lexique de la Charia.

 

 

Les exigences de la Horma avaient donné un standard architectural indépendamment de la fortune du propriétaire et de la taille de sa demeure. Les habitations de la Casbah étaient conçues pour garder la gent féminine loin du regard des hommes, comme le prescrit la Charia.

Derrière les barreaux de fer, des lattes de bois entrecroisées et d’épais rideaux, arrêtent les regards indiscrets des passants voyeurs.

 

 

 

 

 

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Outre la division de la topographie et du statu social, il existe une autre division dans l’espace de vie, on peut ainsi dire qu’il y a : La « Haute Casbah » des femmes au ‘Esttah’ (terrasse) et la « Basse Casbah » des hommes ‘Zenka’ (rue). 

Bien avant l’arrivée des Ottomans et des Français, la divisions se faisait déjà selon la topographie : le djebel, habité par les plus démunis ; et ‘Lawta’ (le plat) parsemé de résidences de notables, campements de milices, souks, mosquée et divers dépôts. 

Les points d’accès étaient au nombre de cinq : Bab Azzoun, Bab el-Oued, Bab Ajdid, Bab Labhar, et Bab Jazira. Les rues reliant les portes se rencontraient devant la mosquée Ketchaoua. 

 

 

 

Klein, rapporte que le nombre de portes d’accès était de six. 

Bab Jedid, datant du 16ème siècle, c’est par là que pénétra l’armée française, en 1830. Porte détruite en 1866. 

Bab Azoun, la porte historique d’Alger.

Bab Labhar, front de mer

Bab Jazira, aux abords de l’ancien Penon.

Bab el-oued.

Bab Ramdan, voisine d’el Kettar. 

 

 

Toutefois, Haedo fait mention de neuf portes, dont six avec gardes et cavaliers. Selon cette même source il avait aussi en dehors de l’enceinte, trois « Bordj », forteresse, implantées à des pointes stratégiques pour contrer d’éventuelles attaques.   

Les rues reliant Bab Azoun à Bab El Oued forment la ligne de démarcation entre la Haute et la Basse Casbah. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Vue générale prise du haut de la casbah 1890

 
 

 

 

 

 

 

 

 Haute Casbah 

 

 

La haute Casbah est compressée de maisons contiguës, souvent adjacentes, enfermées dans une enceinte délimitée par une muraille tout le long de sa circonférence. 

Elle abritait les démunis qui habitaient de modestes demeures. Des chefs de familles, en général commerçants ou artisans. 

Les maisons avaient des cours intérieures rectangulaires ou carrées, d’environ 4 sur 5 m de côté, cernées de chambres d’égales dimensions, avec des fenêtres qui donnent sur la mer. 

Les plafonds étaient bas, les portes étroites, les cours recouvertes de carrelages et garnies de fleurs et de plantes aromatiques.  Vu la contiguïté des lieux, l’extension des bâtisses se faisait aussi bien en vertical qu’en horizontal. Pas plus de deux étages en hauteur, et des maisonnettes sur les côtés, était la norme. Les maisonnettes servaient de logis pour serviteurs et ouvriers. 

 

 

 

Les maisons étaient dotées de trois-terrasses réservés particulièrement aux femmes et aux enfants. Ces terrasses communicantes, avec vue sur la mer et à ciel ouvert, sont un havre de réjouissance pour les femmes qui y passaient beaucoup de temps. C’est aussi le lieu de rencontre avec les voisines qui pouvaient visiter presque toute la Casbah en hauteur. 

 

 

Les rues, plutôt des ruelles, étaient en pente, très étroites par endroit, couvertes parfois d’une voûte, elles conduisaient souvent dans une impasse. En dédale et sinueuse, elles étaient dépourvues de trottoirs et de chaussée. Aucun attelage ne pouvait les emprunter, excepté quelques petits ânes qui connaissaient le chemin. 

 

 

Dépourvues de salles de bains, les habitants utilisaient les hammams publics. Quelques maisons étaient dotées de puits, et de « Bit el ma » sorte de buanderie pour laver le linge. 

Des fontaines publiques étaient disponibles pour le reste des habitants. L’espace de vie était très restreint à l’extérieur des maisons, point d’arbres ni places publiques. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Basse Casbah 

 

 

La Basse Casbah supplante et longe le site d’un ancien comptoir phénicien. Au contrebas du Mont Bouzaréah, façade sur mer, la Basse Casbah fait rade, elle est dotée d’assez d’espace en arrière-plan pour la construction d’édifice. C’est un piedmont qui permet la construction de maisons opulentes et qui laisse assez d’espace pour en faire un milieu urbain. Les maisons somptueuses, les palais et les palaces se trouvaient en Basse Casbah. 

 

 

 

La Djenina, bâtie en 1662 par le Pacha Ismaël, s’étendait du centre ouest de la place du Gouvernement actuelle, à la rue Djenina. Elle comptait de nombreux bâtiments, dont le Palais du Sultan construit par Salah Raïs de 1552 à 1556, la mosquée Djama Chaouch, le Dar Hamed, harem du Dey Hamed assassiné en 1805, les fours et les magasins de la manutention. Le petit jardin (Djenina) du Palais de Salah Raïs donna son nom à tout le quartier. 

 

 

Les Deys d’Alger habitèrent la Djenina jusqu’en 1817, époque à laquelle Ali Ben Hamed avant dernier dey d’Alger, se retira prudemment, avec son entourage et ses coffres à la Haute Casbah. Il y construit la forteresse Dar sultan Jadida pour s’y installer. 

 

 

Les maisons, grandes ou petites, étaient toujours bâties autour d’une cour pavée en pierre ou carrelage. La majorité des maisons avaient un rez-de-chaussée et un étage. Tout autour de la cour s’élèvent des colonnes de pierres ou de marbre pour soutenir une galerie qui mène aux étages supérieurs et à la terrasse.  Les appartements y sont construits dans le même ordre et dans la même forme que ceux de dessous.  

 

 

 

Les maisons ou ‘Dar’ sont raffinées et les maisons adjacentes sont appelées ‘Douera’ diminutif de ‘Dar’. Elles peuvent servir de magasins, ou d’habitation de second ordre. Certains quartiers étaient dédiés au commerce.

 

 

La Dar était essentiellement une maison bourgeoise abritant généralement une même famille de plusieurs générations. 

 

Les Menazehs sont les plus aérés. Les portes sont à deux battants et sont en bois sculpté, quelquefois une portière permettait le passage sans ouvrir les deux battants. Au-dessus de la porte, deux ou trois ouvertures de forme rectangulaire et surmontées d’un arc en plein cintre, permettaient la circulation de l’air lorsque les portes et les fenêtres étaient fermées. 

 

 

A défaut d’avoir un local dans les quartiers de commerce, les artisans utilisaient parfois un portique rattaché à leur domicile pour exercer leur profession. 
 

 

Les maisons sont dotées d’une cour interne cernée d’arcades et de piliers soutenant un ou plusieurs étages. Cette cour est le centre de la vie familiale, elle est souvent dotée d’un puits d’eau non potable. Les autorités ottomanes ordonnèrent aux habitants de creuser leur propre puits en prévision d’état de Siege. Les nantis se permettaient de petites vasques.

Le patio est pavé de marbre chez les aisés, et de carreau en terre cuite dans les maisons plus modestes. Les murs sont ornés de carreaux de céramique aux couleurs et motifs variés. 

L’accès aux maisons est pourvu d’une chicane qui fait tampon entre le « dehors » et le « dedans ». 

Au rez-de-chaussée, une grande chambre sert de lobby occasionnel au propriétaire pour les rencontres sociales entre hommes. La femme de maison avait le champ libre au niveau supérieur de la demeure. 

 

 

 

 

 

 

 

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Édifices Ottomans 

 

 

Les Ottomans ont laissé leur marque en Algérie par les édifices construits dans la Casbah, Alger et sa banlieue. Notamment : des forteresses, des palaces, et somptueuses villas appelées Dar, quelques maisons de villégiature appelées Hafs se trouvent en dehors de la Casbah. 

 

 

Les différentes résidences officielles des gouverneurs, Beys, Berlebeys, et Deys étaient désignées « Dar Sultan », demeure du sultan.  
 

 

les premiers aménagements des quartiers de la Casbah furent entrepris entre 1552 et 1556 par Salah Raïs, ancien soldat de l’armée ottomane, originaire de Troie, il fut nommé Beylerbey par le Sultan. La résidence agrandie du Chef Toumi est probablement le « Dar Sultan » initial. Celle-ci fut détruite après l’arrivée des Français. 

 

 

 

 

 

 

 

Dar Sultan Jadida

 

Il ne subsiste qu’un rempart de la demeure en haute Casbah de Hussein, dernier Dey d’Alger. Le site fut rebaptisé Fort l’Empereur en honneur de Charles le Quint qui échoua dans sa tentative de la prise d’Alger. Appelé aussi Château Fort. Le Maréchal de Bourmont en prit possession en 1830.  

 

 

 

 

 

 

 

 

Dar Aziza 

 

 

Propriété de la fille du Dey Hussein, cet édifice fut construit entre 1552 et 1556. Propriété de Aziza-Bey fille de Bey, femme de Bey bey. L’édifice fut ravagé par un incendie de grande ampleur en 1844.

 

Devenu l’Archevêché, durant la colonisation française. Ce palais remarquable par ses marbres, ses faïences, ses broderies murales, devint la résidence de Monseigneur Dupuch en 1839, puis du Cardinal Lavigerie.  

 

Beaucoup plus tard, partiellement restaurée, la demeure abrita le siège de l’agence Nationale d’archéologie. Actuellement siège de l’office de Gestion et D’exploitation Des Biens Culturels Protégés.  

 

Dar Aziza se situe dans le quartier Souk-Djemâa, elle est délimitée par la place Cheikh Ben Badis et la rue Bab El Oued-Bab Azzoun. Récemment, le palais a subi des travaux de réfection suite au séisme de 2003.  

 

 

 

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Dar Khdaoudj El Amia 

 

 

Cette somptueuse villa servit de résidence à plusieurs dignitaires, Ottomans et Français. Elle fut édifiée en 1570 sur les ruines de la Kouba Ben Ali, par raïs Yahia. La demeure est connue aussi sous le nom de Dar Khadidja El Amia (Khedija l’aveugle). Cette dernière l’a héritée de son père. 

 

La villa fut le siège de la première Mairie d’Alger sous l’occupation française. 

En 1961, l’édifice fut transformé en musée des arts et traditions populaires puis servit l’année suivante comme siège de l’administration du Théâtre Algérien. En 1987, le lieu regagne sa vocation de Musée des Arts et Traditions Populaires, avant de connaître une longue période de dégradation. 

 

 

 

 

 

 

 

Dar Mustafa Bacha  

 

 

Sa construction débuta vers 1798 sous Mostafa Bacha. Après l’arrivée des Français en 1830, l’édifice fut réquisitionné par le  7ème Régiment d’Infanterie Légère. Le palais fut occupé par le général de Trobriant. Il fut désigné Palais d’hiver du gouverneur français d’Alger entre 1839 – 1841. En 1846, il servit de siège à la bibliothèque nationale. 

 

Après l’indépendance du pays, il abrita le Ministère des Affaires Religieuses, puis Le Musée De La Gravure Et De La Miniature. 

Situé dans la rue du Soudan. Le palais fut classé Monument Historique en 1982. 

 

 

 

 

 

 

 

Dar Essouf 

 

 

Entrepôt de laine construit vers 1798. Durant l’occupation française, il fut le siège de la Cour D’assises Et Du Parquet Général.

L’édifice fut occupé en 1859 par le général de Martimprey. 

 

 

Pendant la guerre de l’indépendance, durant la bataille d’Alger, il servit de centre d’interrogatoires et de tortures par les militaires français. La demeure abrite aujourd’hui, le Centre National De Restauration Des Biens Culturels.

 

 

 

 

 

 

 

Le Bastion 23 Ou Palais Des Raïs   

 

 

Le Bastion 23 est ce qui reste d’un complexe de trois palais (17, 18, 23) ainsi que de six Douera. Vers 1750 la construction du site fut entamée par Raïs Mami qui doit son nom à ses origines albanaises. La voûte qui supporte l’édifice fut construite avec des pierres romaines de Rusguniae. Les magasins attenants à cette voûte furent construits en 1814 par Hadj Ali, sous le règne d’Hussein, ainsi que le relate une inscription placée au-dessus de la porte d’entrée de ce quartier 

 

Durant l’occupation française le palais servit successivement d’ambassade des USA, pensionnat pour jeunes filles, et de Bibliothèque Municipale. A l’indépendance du pays, en 1962, il fut d’abords squatté puis laissé à l’abandon pendant plus de 20 ans. Des travaux de restauration débutèrent en 1987.

 

 

En 1994, le Palais devient Centre Des Arts Et De La Culture, ouvert au grand public. Le palais est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, sous l’appellation « Bastion 23 » qui lui a été assignée par le cadastre français. 

 

 

 

 

 

 

 
 
Djemaa Ejdid  

 

 

La mosquée Djemaa Ejdid, du rite hanafite (turc) fut construite en 1660. Elle représente une certaine ressemblance avec Sainte-Sophie d’Istanbul, affectée au culte musulman en 1453. Elle possède un Coran richement enluminé, don d’un sultan du 18ème siècle. Elle est dominée par un minaret dont l’horloge placée en 1857, provient du Palais de la Djénina, démoli en 1856. 

 

 

 

 

 

 

 

Mosquée Ketchaoua 

 

 

Vers 1436, la mosquée initiale fut érigée sur une élévation de terrain appelée « Plateau des chèvres », d’où elle tire son nom en langue turque. Son expansion, vers 1613, fut l’œuvre des autorités ottomanes. Vers 1794 le Dey Hassan Bacha rénova complètement l’édifice dans le style d’architecture ottomane. 

Deux années après le débarquement des forces coloniales, la mosquée fut convertie en église, la Cathédrale St-Philipe. A l’indépendance du pays en 1962, elle reprend sa vocation première de mosquée. 

 

 

« On ignore la date de la fondation de la mosquée Ketchaoua. On sait seulement, d’après un acte de cadi, qu’elle existait déjà en 1612. En 1794, le pacha Hassan la reconstruisit suivant de plus grandes proportions et en prenant modèle sur la mosquée Es-Sida place du Gouvernement » (Klein, 1937) 

 

 

 

 

 

 

 

Dar Hassan Bacha, Palais d’hiver 

 

 

Le palais d’Hiver, Dar Hassan Bacha, fut construit vers 1790. Demeure luxueuse appartenant à un particulier. La façade, complètement reconstituée, est lourde et ne répond nullement à l’ensemble architectural. A l’intérieur, le grand salon officiel est surchargé d’ornements en plâtre. 

Sa porte principale avec un encadrement de pierre se situait à la rue du Soudan. Dar-Hassan-pacha, ainsi que deux maisons attenantes en palais se situent à la rue du Soudan. L’ensemble fut réquisitionné par l’Etat français. 

 

 

 

 

 

 

 

Les Maisons Hafs

 

 

Les édifices Hafs, maisons de villégiature pour les autorités de la Régence et les notables, furent rénovés et utilisés comme propriété étatique ou privée, durant la colonisation française. 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Villa Abdeltif : palais situé dans la campagne de la commune d’Alger. Exemple d’architecture des djenans du XVIIIᵉ siècle
 
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L’Habitat Mozabite traditionnel : Persistances et changements

11022018

 

 

 

 

 

La communauté mozabite semble toujours avoir eu, par l’intermédiaire de son commerce, des contacts extérieurs même lointains. Ils ont certainement joué un rôle dans l’évolution de la société. 
Depuis le début du siècle, ont été progressivement intégrées diverses innovations destinées à l’amélioration du confort par exemple. Avec la colonisation et l’exploitation du pétrole saharien, Ghardaïa devint un important lieu de transit qui attira les travailleurs en quête d’emploi ; le nombre d’étrangers dans la vallée augmenta donc. Simultanément, les Mozabites entreprirent davantage de voyages hors du pays : en Europe, aux Etats-Unis, au Proche et Moyen-Orient. La vallée devint aussi de plus en plus un centre d’attraction touristique. 
 

De cet ensemble de circonstances dégagent des influences qui ont abouti à des changements dans le mode de vie des habitants. L’apport d’un modernisme inspiré des techniques et des formes de vie occidentales a contribué au changement du tissu urbain et à des variations dans la conception de l’habitat. Des modèles étrangers ont d’ailleurs été implantés du temps de la colonisation sous la forme de bâtiments administratifs et de logements de fonction construits alors hors des villes.  

 
 

La tradition soumise à des sollicitations extérieures s’affaiblit peu à peu. Les unes après les autres, les règles autrefois admises et suivies de tous perdent leur impact et leur nécessité, deviennent moins strictes. Ce n’est pas là un jugement de valeur car l’évolution va souvent dans le sens d’une émancipation ; tout dépend évidemment des valeurs que l’on considère comme les plus importantes : cohésion et dépendance dans la communauté ou autonomie de l’individu.  

 
 
Si on se limite à ce qui est observable dans le domaine de l’habitation, plusieurs indices sont la manifestation d’une montée de l’individualisme : 
 
- La famille devient plus réduite, chaque nouveau foyer essaye aussitôt que possible d’être indépendant et d’avoir un chez-soi à part. 
 
- L’homme dont la vie était surtout publique et se déroulait à l’extérieur de la maison se cherche un refuge, il aménage dans sa nouvelle maison un salon, un bureau, une bibliothèque où il peut se tenir seul ou en compagnie de ses invités. 
 
- Une certaine ostentation apparaît : l’acquisition de biens de consommation et de matériaux modernes révèle les différences de pouvoir d’achat. 
 
- Les constructions s’éloignent du centre religieux, et s’élèvent maintenant hors des remparts, ce qui permet de moins subir la pression sociale (extension Beni Isguen).  
 
- A la périphérique des villes, le tissu urbain est beaucoup plus aéré, et on s’arrange pour accéder à sa maison en voiture. L’idéal semble être de réussir à concilier les avantages de la ville et de la palmeraie en construisant près de la ville une maison entourée d’un jardin. 
 
 
Certaines modifications de l’habitat sont dues à la disparition de contraintes :  
 
- Il n’existe plus réellement d’impératifs de défense militaire, les remparts et les tours n’ont plus de raison d’être et les habitants n’en recherchent donc plus la protection. 
 
- La nécessité économique de faire des réserves en prévision de temps difficiles n’est plus ressentie, ainsi des espaces naguère destinés à ces accumulations sont supprimés dans les constructions nouvelles (greniers à dattes, chambres à provisions…). 
 
- Une émancipation par rapport au pouvoir religieux entraîne une baisse de la fréquentation des mosquées, et la possibilité de s’établir loin d’elles. 
 
 

D’autres changements sont dus à l’apport de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques, d’autres modèles.

 

Les membres de la société mozabite sont nombreux à avoir les moyens de se procurer le ciment, les poutrelles métalliques, les éléments préfabriqués qui, à leur avis, permettent d’améliorer le confort de leur habitat et de l’embellir. Mes parpaings de ciment donnent des murs rectilignes, lisses, rapidement édifiés ; le carrelage rend le sol facilement lavable et plus plan ; les poutrelles autorisent de plus grandes portées et favorisent l’agrandissement des pièces ; des plaques ondulées en plastique translucide utilisées comme moucharabieh permettent l’ouverture de fenêtres sur l’extérieur pour un meilleur éclairage sans laisser le regard intrus pénétrer dans la maison ; des arcs et colonnes préfabriqués de style hispano-mauresque constituent un décor apprécié ; d’autres détails, grandes fenêtres, balcons, couloirs sont inspirés de modèles étrangers et introduits au gré du propriétaire. 

 

 

 

Autant d’éléments qui lors de leur mise en œuvre modifient beaucoup l’aspect et la conception de la maison. 
A l’intérieur de la maison, le mobilier et l’équipement domestique changent, dans les limites des moyens financiers de l’habitant : éclairage électrique pour lequel on fait surtout de tube au néon, appareils de chauffage et de climatisation, réfrigérateur, cuisinière à gaz, électrophones et radio, machines à coudre et à tricoter….Peu à peu sont utilisés des éléments du mobilier occidental, table et chaises par exemple. Une salle de bain est parfois prévue alors d’une transformation ou d’une construction neuve, mais elle est le plus souvent destinée à la chambre d’hôte. Tous ces objets et appareils ont besoin d’espaces différents de ceux que pouvait offrir la maison traditionnelle, qui elle-même comportait fort peu de mobilier. 
 
 
Cette transformation du mode de construction a des répercussions économiques. Alors que pour l’habitat traditionnel les matériaux se trouvaient sur place, que les réparations étaient faites par l’habitant lui-même ou par quelques ouvriers, que la construction était peu onéreuse, et que peu d’entretien était nécessaire, la modernisation augmente sérieusement les coûts. Des matériaux onéreux sont importés, on a besoin de techniciens qualifiés et même d’architectes. Cela conduit les riches à posséder des maisons plus grandes, plus équipées, que les foyers modestes qui continuent davantage à vivre à la manière traditionnelle en attendant de pouvoir s’offrir les transformations souhaitées. 
 
 
Les changements introduits dans les techniques et les formes de la construction affectent même l’architecture religieuse. Les vieilles mosquées sont démolies partiellement ou entièrement pour être reconstruites en ciment et bien rectilignes : nouvelle mosquée d’El Ateuf, aile moderne d’Ammi Saïd que les photographes essaient habituellement de faire sortir du cadrage, nouvelles mosquées des palmeraies.  
 
Mais tout en considération que la modernisation est un fait positif, nécessaire, et représente une amélioration, les Mozabites ne rejettent pas en bloc tout ce qui a constitué leur univers culturel.  Des données importantes persistent malgré les techniques et apports extérieurs. 

Tout en étant très modifiée dans son aspect, la maison conserve une organisation très proche du type traditionnel. On observe toujours l’entrée en chicane, la grande pièce éclairée par le trou central ; le salon des femmes ou tisefri reste au programme des habitations les plus récentes. Il est rare de trouver une pièce spécialement destinée à la cuisine. L’étage comporte toujours un portique dont l’orientation est respectée. La place du métier à tisser est généralement prévue car il continue d’être largement utilisé. Le salon « arabe » où l’on mange près du sol existe toujours, dans les maisons aisées il coexiste avec la salle à manger à l’occidentale. 

 

 

Certains éléments auparavant rares se sont généralisés : le salon de réception masculin avec chambre d’hôte, la cave. Dans la mesure des moyens du propriétaire, ils figurent dans les nouvelles constructions. 

 

 

Ces éléments traditionnels sont conservés lorsqu’un mozabite construit une maison à son usage, mais s’il construit pour louer à des étrangers à la communauté, il ne suit plus les mêmes impératifs.  

 

 

 

Est-il possible d’influencer les constructeurs dans leurs aspirations ?

Nous le croyions parfois en discutant avec eux des avantages et inconvénients comparés des solutions nouvelles et des solutions traditionnelles. Nous tentions par exemple de démontrer l’absurdité du balcon, dont il faut garder les volets fermés, ou qu’il faut entourer de paravents destinés à cacher les occupantes. Le règlement de sauvegarde du site les a interdits mais ils continuent d’être très demandés.  

 

 

 

une petite expérience menée par Henriette Didillon,Catherine Donnadieu Didillon Jean-Marc, Donnadieu Catherine qui ont consacré toute une étude sur l’habitat au M’zab.  Ils ont choisi de vivre dans des maisons traditionnelles, dans lesquelles ils ont aménagé les espaces et le confort correspondant à leurs besoins personnels. Ils y ont introduit ce qui dans une installation non provisoire leurs paraissait indispensable : eau, électricité, cuisine, salle de bain, bureau, rangements, éclairages, et ils ont cherché à le faire en utilisant au maximum les volumes et aménagements existants sans modifier la construction. Ils sont parvenus ainsi à un niveau de confort très satisfaisant, voire supérieur à celui de la majorité des constructions mozabites récentes ; ils ont imaginé pendant une période que ces modèles d’installation pourraient plaider auprès de leurs visiteurs mozabites en faveur de la conservation de la maison traditionnelle. Illusion : si leurs intérieurs provoquaient leur admiration polie, leurs commentaires signifiaient clairement qu’ils admettraient ce genre d’installation pour leur résidence secondaire, ou leur maison d’hôte, mais pas pour leur logis principal.  Il y manquait des caractéristiques importantes qui permettent de faire figure de gens évolués : murs droits et lisses, carrelages, fenêtres. Cette expérience a corroboré leurs conclusions sur le caractère vain et coercitif des mesures de classement et de protection des habitations d’une population dont l’architecture traditionnelle ne la satisfait plus. 

 

 

 

Les changements les plus importants, on l’a vu, concernent d’une part l’apparence et les dimensions de l’habitation, son organisation interne restant proche de la tradition, d’autre part l’urbanisme, du fait de l’extension des villes. 

Les changements les plus importants, on l’a vu, concernent d’une part l’apparence et les dimensions de l’habitation, son organisation interne restant proche de la tradition, d’autre part l’urbanisme, du fait de l’extension des villes.

Il faut signaler encore toute une série de constructions, habitations, commerces, bâtiments administratifs, qui ne correspondent à rien de traditionnel et qui sont le résultat de la colonisation, du développement de l’économie locale et de la croissance démographique. La multiplication des petites entreprises, des dépôts de commerçants, a conduit à une prolifération d’entrepôts et de garages dont les grandes portes métalliques se succèdent le long des voies urbaines autour des vieilles villes et même sur les remparts (Mélika).  Des quartiers entiers construits en matériaux modernes se sont édifiés autour des villes, à Ghardaïa surtout, accompagnés d’une infrastructure administrative importante : écoles, hôpital, gendarmerie, mairie, poste, etc. Un modèle d’architecture coloniale appelée « architecture saharienne » est très répandu. Les tentatives pour réaliser une architecture moderne inspirée de l’architecture traditionnelle et adaptée au site sont des exceptions, produites par l’imagination d’architectes européens. Quelques exemples dont le résultat est différent : la poste (André Ravereau), la mairie et l’hôtel (Fernand Pouillon). 

 

 

 

 

 

 

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Hotel M’Zab (ex-Rostémides) Ghardaïa, Algeria; 1970-71 Fernand Pouillon
 

 

 

 

 

 

L’évolution actuelle est irréversible. Au contact du monde moderne, l’architecture traditionnelle est progressivement détruite. Quelques notables et responsables sont bien conscients de l’importance de la conservation d’un patrimoine qui permet de maintenir une affluence touristique dont la contribution à l’économie locale est loin d’être négligeable. Mais les aspirations de la population ne vont guère dans ce sens. L’Atelier d’Etude et de Restauration de la Vallée du M’zab a eu pour tâche de freiner les démolitions, de contrôler les nouvelles réalisations. Ce n’étaient pas là des objectifs qui correspondaient aux aspirations de la population. Au nom de quoi les leur imposer ? L’intérêt national ? L’économie intéressée par le tourisme ? L’émotion d’esthètes nostalgiques ? Les Mozabites transforment le M’zab pour rejoindre un monde moderne auquel ils veulent participer à part entière sans faire figure de sous-développés. C’est le monde occidental qui a répandu partout ses produits et ses modèles en les faisant passer pour les plus évolués, qui voudrait maintenant leur faire la leçon. 

Il faut peut être faire l’expérience de perdre ses racines culturelles pour éprouver le besoin d’en conserver des traces, ce n’est pas encore le cas du M’zab. Que la société mozabite aille son chemin, il n’est pas de censeur qui puisse lui indiquer le meilleur. 

 

 

 

 
 
 
 

 Maisons d’hôte 
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Mosquée d’Ibn Touloun au Caire

29122017

 

 

 

 

 

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En 868 Ahmad Ibn Touloun fut nommé par le calife abbasside Al-Mùtazz lieutenant du gouverneur de l’Egypte. L’année suivante, il se rendait indépendant de fait ; il unit, sous son pouvoir la Syrie à l’Egypte : sa cour était d’un luxe inouï. En 870, il abandonne l’ancien quartier d’al Askar pour établir sa propre cité, al-Qatâi, où il fait bâtir son palais. Makrisi nous en a décrit les richesses ; une salle d’or et d’azur était décorée d’un bas-relief en bois de grandeur naturelle, qui le représentait avec sa cour ; les figures étaient couronnées d’or, les turbans enrichis de pierres précieuses, les vêtements peints et incrustés. Les palais de ses dignitaires entouraient le sien. Sur la colline d’Yachkou, il bâtit sa mosquée.

 

La mosquée d’Ibn Touloun est le type de la mosquée à portiques. Des bâtiments annexes sont groupés autour d’elle, avec des cours extérieures, disposition qui rappelle les anciens temples égyptiens.

La mosquée elle-même mesure cent vingt mètres de long sur cent trente huit de large. A chacun des extrémités du sanctuaire se trouve un petit minaret, le minaret véritable étant en dehors de la mosquée. Il est bâti en pierre et sur plan carré. Des niches en arc outrepassé, géminées, décorent ses faces latérales. Il a la particularité d’être un exemple quasiment unique de minaret hélicoïdal ; on ne retrouve en effet entre cette caractéristique que dans la mosquée de Samarra.

 

 

 

 

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Il en est de même en Mésopotamie où le gypse est si beau et si abondant que les Assyriens y taillèrent leurs hauts et bas-reliefs. On retrouve dans l’emploi des colonnes engagées cantonnant un massif carré ou rectangulaire la tradition des massif de quatre colonnes. Les arcades des nefs d’Ibn Touloun, où le tympan entre les arcs est allégé par une arcade ajourée, présentent une forme dont l’origine nous est inconnue, mais qu’on retrouve au (dessus des piles des ponts sassanides de Dezfoul et de Chouster. Il n’est pas jusqu’à certains détails d’ornementation qui ne rappellent la décoration des étoiles sassanides, celles notamment qui reproduisent le globe ailé des chapiteaux de Tag-i-Bostan. Enfin, c’est dans la mosquée de Touloun que paraissent pour la première fois les ogives, rappelant  les arcs des monuments d’Amman.  Si l’on songe que ma pierre ne manquait pas au Caire, cette préférence pour la brique s’expliquera surtout par les traditions mésopotamiennes apportées sous les Abbassides et qui se perpétuèrent encore dans l’architecture sous la dynastie des Fatimides chiites.

 

 

 

 

 

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fontaine d’ablution

 

 

 

 

Le mihrab que cantonnent quatre colonnes à chapiteaux byzantins, est décoré de mosaïques de marbre. Sa coupole est en bois, son encadrement formé de rinceaux de mosaïque d’émail ; au-dessus s’élève une petite coupole de bois soutenue par des pendentifs qui datent de la restauration du sultan Lagin au XIIIe siècle, comme aussi le mihrab de bois et les clôtures à jour des fenêtres. Ce ne sont pas ici des vitraux sertis dans une armature en plâtre, mais des dalles de pierre mince dont les découpures présentent des figures géométriques assez simples, mais très élégantes.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La ville « Gentilice » en al-Andalus et au Maghreb occidental

19112017

 

 

 

 

 

Des travaux récents, à partir des exemples d’al-Kufa et de Fusttat, réactualisé et précisé les traits fondamentaux des premières implantations arabes, déjà dessinés antérieurement par d’autres : la centralité de la mosquée et du qasr gouvernemental établis au cœur de la ville dans un espace réservé d’une part, la disposition plus ou moins rayonnante des quartiers tribaux concédés aux différentes unités de l’armée d’autre part. De façon un peu inattendue, on rattache à ces exemples de villes nouvelles le cas de Damas. L’occupation du palais gouvernoral par le pouvoir califien, puis la construction de la grande mosquée dans sa proximité, donnent, dit-il, une polarité à la ville byzantine éclatée entre de multiples paroisses. Par ailleurs, si le tissu urbain de base, préexistant, n’est pas à proprement parler divisé entre les tribus constitutives de l’armée.

Il semble que des considérations similaires pourraient être faites à propos d’autres villes importantes occupées par les Arabes à l’époque de la conquête et ranimées par leur intégration au Dar al-Islam et l’on pense évidemment à Cordoue.

Les exemples maghrébins de ville initialement ‘’gentilices’’, au sens étroit du terme, ne manquent pas, Kairouan sans doute, ville fondée vers 670 de la même façon que al-Kufa et Fusttat, et probablement sur un modèle voisin, mais aussi Fès, édifiée par les Idrissides aux alentours de 800, et dont le premier espace urbain fut, si l’on en croit le Qirtas constitué par la juxtaposition des tribus arabes et berbères établies par Idris II : « Lorsqu’il eut achevé la construction de la ville et l’eut entourée de murailles et dotée de portes, il y établit les tribus, donnant aux Arabes qaysites depuis la porte d’Ifriqiya jusqu’à la porte de Fer dans le quartier des kairouannais ; il installa la tribu de Azd à côté d’eux, et les Yahsub à côté de ces dernières, de l’autre côté. Il installa les tribus (berbères) de Sanhadja, Luwatta, Masmuda et al-Sayhan chacune à sa place, leur ordonnant de labourer la terre et de la cultiver. »*  

 

Il est probable que des villes mal connues comme Tahert ou Sigilmasa s’accorderaient à ce premier type d’organisation. Un tel modèle, encore plus spontané dans sa primitive structuration tribale, est encore « opératoire » jusqu’à des époques bien plus tardives. Ainsi dans le cas de Meknès, qui n’est encore, au XIIe siècle, qu’une juxtaposition de localités tribales éparpillées autour d’un qasr gouvernemental plus récemment construit.

 

 

 

 

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Les Ruines de Sijilmassa

 

 

 

 

On ne sait pas, en revanche, dans quelles conditions s’organisa le peuplement arabo-berbère de Cordoue et des autres villes andalouses. La très forte tonalité tribale du premier siècle de l’Islam dans la péninsule amène à penser que le fait tribal ne fut pas sans quelque influence sur les modalités concrètes du développement urbain important qu’al-Andalus connut à partir de ce moment, mais il faut bien admettre que, dans la plupart des cas, le peu que nous savons de la géographie concrète des cités hispano-arabes aux VIIIe – IXe siècles, ne permet pas d’aller au-delà de cette hypothèse.

Dans un cas cependant, celui de Pechina, localité proche de l’actuelle Almeria et centre le plus important de la pointe sud-est de la péninsule avant l’essor de cette dernière ville à la fin du IXe siècle, les sources laissent entrevoir une disposition gentilice des groupes arabes antérieurement au processus d’urbanisation proprement dit. Pour le géographe al-Himyari, qui s’inspire généralement d’al-Bakeri, la localité indigène de Baǧǧana, dans la basse vallée de l’Andarax, reçut au milieu du IXe siècle un contingent d’Arabes yéménites. Le peuplement se dispersait à cette époque en ‘quartiers’ (harat clanique) dispersés, dont le centre polarisateur était une grande mosquée ; une toponyme de type tribal « se conserve d’ailleurs longtemps dans cette région : les districts qu’y énumère ai-Udri dans la seconde moitié du XIe siècle correspondent pour une bonne part à d’anciennes implantations arabes dont la tonalité « gentilice » est évidente.

Un héritage de tribalité arabe marque fortement les deux premiers siècles de l’histoire musulmane d’une ville comme Séville. La relative pauvreté des textes arabes et la nature même des faits sociaux comme la segmentarité tribale qui ne peut avoir laissé de traces archéologiques dans le sous-sol sans cesse remanié d’une ville comme Séville, ne laissant évidement guère d’espoir d’en retrouver éventuellement la marque. On signalera cependant qu’une première analyse du parcellaire urbain d’une autre grande ville andalouse, Tolède fait nettement apparaître des noyaux de peuplement anciens bien distincts les uns des autres, que compte tenu du peuplement majoritairement indigène de la ville aux VIIIe et IXe siècles on ne saurait attribuer à des structures tribales ou à des divisions ethniques, mais qui semblent renvoyer à une organisation éclatée du peuplement dans le Haut Moyen Âge.  

 

 

 

 

 

 

Les Grandes Métropoles Politiques des IXe-Xe siècles  

 

L’évolution ultérieure de cette première génération de villes est dominée par le renforcement et la militarisation du pouvoir. C’est autour de ce dernier, bien plus que de la mosquée, que se structurent les grandes capitales de l’Islam. A Wassit déjà, construite à la fin du VIIe siècle en Iraq pour y maintenir l’ordre omeyyade, « la surface du qasr est le double de celle du djami » **

Et l’on sait à quel point la « ville ronde » de Bagdad, édifiée un peu plus d’un demi-siècle plus tard par la nouvelle dynastie abbasside, est centrée sur les immenses palais califiens qui en constituent le cœur. On serait tenté de voir dans Samarra, occupée par le califat abbasside à partir de 836, le stade ultime d’une évolution, où la ville elle-même semble absorbée par un immense espace palatin avec lequel elle se confond.

 

 

 

 

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La grande mosquée de Samarra 

 

 

 

 

 

L’évolution de la conurbation Fusttat/Le Caire, qui a inspiré la périodisation, ne dément évidemment pas cette interprétation de la première phase de l’expansion des villes islamiques. Il en va de même dans l’Ifriqiya des IXe-Xe siècles, si fortement marquée dans son histoire urbaine par l’édification successive des quatre villes princières essaimant autour de Kairouan ou cherchant à la remplacer. La vieille cité militaire et tribale arabe, centrée aussi au VIIIe siècle sur un dar al-Imara et une mosquée principale –dont les Aghlabides firent au IXe siècle l’un des sanctuaires majeurs de l’Occident musulman- éclate ensuite de façon quelque peu chaotique au rythme des créations princières des Aghlabides : al-Abbasiyya et Raqqada au IXe siècle, puis des Fatimides avec Mahdiyya puis Sabra Mansuriyya au Xe siècle.

Une prolifération analogue de villes palatines nouvelles s’observe en al-Andalus, le troisième grand foyer de développement d’un pouvoir califal. Le phénomène ne peut être mieux illustré que par le texte qu’aussi bien le Bayan que le Rawd al-Mi’tar, d’après Ibn Haqan, consacrent à la création de Madinat Al-Zahira par al-Mansur, aux environ de 890. Lorsque le grand hagib du calife Hicham II sentit sa position politique à la fois suffisamment assurée et en même temps exposée, à cause de son élévation même, à une conjonction des envies et des mécontentements telle :

 

Qu’il craignit pour sa vie quand il se rendait au palais du gouvernement, […] il conçut alors le haut dessein, tel qu’en conçoivent des rois, de créer de toutes pièces un palais pour sa propre résidence, où il fixerait ses parents et ses proches, où il placerait le siège de son autorité, où il élaborerait ses projets politiques, où il rassemblerait ses officiers et sa garde du corps, où il réunirait ses obligés.

 

En deux années, sur un emplacement qui n’est pas exactement connu, mais qui était situé un peu en amont de Cordoue sur la rive du Guadalquivir, il fit édifier, avec un luxe tel « que les yeux éprouvaient de la fatigue à la regarder », une nouvelle agglomération gouvernementale dotée d’une enceinte, où il installa

 

Ses dépôts d’armes, ses trésors et ses objets précieux, y fit installer des bureaux pour les hauts fonctionnaires, où se réglèrent les diverses affaires administratives, des écuries pour les chevaux et mulets, des magasins à grain à l’intérieur et des moulins sur le bord du fleuve. Puis, il y fit d’importantes donations foncières à ses vizirs, à ses secrétaires, à ses généraux et à ses chambellans. Ceux-ci y firent bâtir de grandes demeures et de beaux palais et fondèrent aux alentours des plantations de rapport et des pavillons de plaisance. Bientôt cette ville déborda de ses premières limites ; des bazars y furent installés, les capitaux y affluèrent, et l’on vint à l’envie s’y fixer ou en habiter les abords, afin de se rapprocher des détenteurs du pouvoir. Il y eut une telle émulation dans la construction que bientôt les faubourgs de la nouvelle ville touchèrent à ceux de Cordoue.

 

La construction de la ville califale de Madinat al-Zahra avait, une quarantaine d’années auparavant, donné lieu à un processus d’urbanisation sans doute encore plus spectaculaire. Madinat al-Zahraa en effet totalement disparu, alors qu’il subsiste de Madinat al-Zahra des vestiges impressionnants, qui s’étendent sur plus d’une centaine d’hectares. Ibl Hawqal, qui visite al-Andalus aux environ de 970, évoque l’extension de cette première ville princière située à l’opposé de la future al-Zahira, à 7 ou 8 km en aval de Cordoue, dans des termes tout à fait analogues à ceux que l’on a vus utilisés plus haut pour décrire la ville d’al-Mansur. Il indique que le souverain ayant offert une prime de 400 dirhams à ceux qui s’installeraient dans le voisinage, « ce fut une ruée de gens qui se hâtèrent de faire bâtir : les édifices y devinrent denses et la popularité de cette ville prit des proportions, telle que les maisons formaient une ligne continue entre Cordoue et Zahra. « A Madinat al-Zahra, le dixième environ de la superficie, soit une dizaine d’hectares est occupée par la partie proprement « palatine » de la ville, espace de cour, d’appart et de gouvernement nettement distinct de la zone –non fouillée- des habitats ‘ordinaires’, alors qu’avec ses quelques 70 x40 m, la mosquée djami, établie au contact de la ville et de l’espace palatin est comme écrasée par celui-ci, qui la domine de très loin topographiquement et spatialement. Cette disparité correspond tout à fait, en l’accentuant considérablement, à celle notée à propos de Wasitt.

Si l’on tient compte à la fois des textes et des vestiges archéologiques, on constate que la contribution constituée par Cordoue et les deux villes de pouvoir qui s’étaient édifiées à proximité s’étendait quasi sans interruption sur un secteur de la vallée du Guadalquivir long de près une quinzaine de kilomètres, ce qui en fit pendant quelques décennies une agglomération comparable en importance aux deux autres grandes métropoles politiques des premiers siècles de l’Islam, Bagdad et Le Caire.

Aux yeux d’Ibn Hawqal, qui écrit avant l’expansion du Caire sous les Fatimides, la capitale andalouse ne pouvait être comparée qu’à Bagdad, et n’avait pas d’égale dans le Dar al-Islam. On peut rappeler que la mosquée de Cordoue à la fin du califat, avec 180 x 130 m, était l’un des plus vastes lieux de prière communautaire du monde musulman, dans la tradition des grandes mosquées des autres métropoles qualifiées de « gentilices ».

 

En Ifriqiya et en al-Andalus au Xe siècle, comme en Iraq un siècle plus tôt, et un peu plus tard en Egypte, ces grandes métropoles de la fin du Xe et du début du XIe siècle sont d’abord des capitales politiques, qui doivent leur prodigieuse croissance au fait que le pouvoir qui y réside exerce son autorité sur un espace « impérial », ce qui les place ‘au centre de réseaux qui drainent vers elles les hommes et les ressources’, concentration que l’on ne pourrait illustrer de façon plus frappante qu’en renvoyant aux passages admiratifs que les sources arabes consacrent à l’édification de Madinat al-Zahra, peu après la proclamation du califat de Cordoue.

Si l’on prend un peu de hauteur pour considérer la politique constructrice des Omeyyades de Cordoue, on constate que dans sa phase émirale le pouvoir omeyyade s’était attaché parallèlement à l’amélioration du palais ou qasr intra urbain et à l’accroissement et à l’embellissement de la grande mosquée qui le jouxtait. Sous Abd al-Rahman III et al-Hakam II, le pouvoir, sans oublier la mosquée, magnifiquement agrandie et embellie par le second calife, consacre des moyens humains, financiers et matériels énormes à l’édification d’une colossale ville princière, où l’espace proprement religieux fait bien modeste figure à côté de celui dévolu au politique. L’édification de Madinat al-Zahra par al-Mansur se situe à l’issue de cette évolution. Les sources ne semblent pas y mentionner explicitement de mosquée, bien qu’il est peu vraisemblablement que la ville n’ait pas été pourvue d’un lieu de culte. Mais ce n’est certainement pas la mosquée qui constituait la polarité principale de la nouvelle création urbaine, alors que le souci dominant des premiers émirs omeyyades installés en al-Andalus avait bien été y édifier un lieu de culte communautaire en quelque sorte légitimateur de leur pouvoir dynastiques.

 

 

 

 

 

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Les autres villes de l’Occident Musulman   

 

On est tenté de faire entrer dans la même catégorie des villes « gentilices » stimulées par leur position stratégique au cœur de vastes empires une autre capitale de l’islam d’Occident, Palerme, dont Ibn Hawqal, infatigable voyageur, nous a laissé une remarquable description. Il en fait bien ressortir la structure éclatée en vastes quartiers disposés sans grande cohérence apparente autour du noyau central ou madina que constitue la vieille ville byzantine enfermée dans son enceinte. Au cœur de ce centre ancien, l’ancienne cathédrale transformée en mosquée principale, dont l’importance suscite l’étonnement du géographe oriental. Il a, dit-il, eu la curiosité d’en évaluer la contenance un jour d’affluence, et pense qu’elle pouvait contenir trente six rangées de 200 fidèles, soit plus de sept mille personnes. Il ajoute que si les Cordouans se vantent de compter dans leur ville cinq cents mosquées, les Palermitains en revendiquent plus de deux cents pour la leur, chiffre qu’il affirme avoir en grande partie vérifié par lui-même. Certes, la grande majorité de ces « mosquées » étaient en fait de simples oratoires privés. Mais leur prolifération même n’est pas sans jeter une lumière indirecte sur la structure ‘émiettée’ de cet urbanisme de l’islam occidental au Xe siècle après la disparition des solidarités ‘gentilices’ de l’époque antérieure : « J’ai appris, écrit-il, que chaque habitant, par excès d’orgueil, désirait posséder sa propre mosquée, qui lui soit réservée et à laquelle personne n’aurait accès en dehors de sa famille et de sa clientèle. »** on peut rapprocher cette indication de celle que nous fournit l’émir Abd Allah de Grenade sur la mentalité des habitants de la ville d’Elvira à la fin du califat de Cordoue : « ils ne pouvaient pas se souffrir les uns les autres, à tel point que d’aucuns se faisaient construire devant leur maison un oratoire et des bains pour éviter le contact de leur voisin ».

Selon l’émir Abd Allah, l’individualisme des habitants d’Elvira était tel « qu’ils ne voulaient obéir aucune autorité, ni accepter les décisions d’un gouverneur, alors même qu’ils étaient les gens les plus peureux du monde, et craignaient pour le sort de leur cité car ils étaient incapables de faire la guerre à personne, même à des mouches, sans être assistés par des milices (étrangères) capables de les protéger et de les défendre. » Ces dispositions d’esprit expliquent, pour le dernier émir ziride de Grenade, que les Andalous d’Elvira aient alors fait appel aux mercenaires berbères de l’armée califale pour prendre le commandement de leur ville et assurer leur sécurité durant la crise du califat de Cordoue. D’une façon plus générale, on est surpris, à la même époque, par l’importance prise dans la vie politique andalouse par les éléments militaires étrangers, Berbères et Esclavons, qui, lors de l’effondrement du califat, s’emparent apparemment sans grandes difficultés du pouvoir dans de nombreuses villes d’al-Andalous.

 

Les rapports entre pouvoir et société, principalement urbaine, sont analysés par Thierry Bianquis en des termes qui rendent plus intelligible un processus d’isolement du pouvoir, qui n’est en al-Andalus qu’un cas particulier d’une situation générale dans le monde musulman.

Cette distanciation entre la société urbaine et le pouvoir favorisa incontestablement l’accaparement de celui-ci par des minorités sociales ou ethniques ‘étrangères’ – groupes militaires d’origine servile en particulier – qui constituent l’un des aspects les plus significatifs de la cité médiévale en islam.

Dans la Palerme que visite Ibn Hawqal, comme dans les autres capitales à la même époque, le pouvoir – d’autant plus qu’il s’agissait à cette époque d’un pouvoir chiite – s’était écarté du centre ancien et du voisinage de la grande mosquée, pour s’établir dans une enceinte périphérique, la ville gouvernementale de Halisa, ou le souverain et sa suite résident ; elle contient deux bains (publics), mais il ne s’y trouve ni marchés, ni hôtelleries ; il y a une petite mosquée cathédrale, une garnison militaire du souverain, un arsenal, ainsi que des bureaux administratifs.

En al-Andalus, le processus d’isolement des garnisons et du pouvoir nous est assez bien connu, et avait commencé très tôt. En premier lieu, semble-t-il, avec la prise de contrôle des villes par le pouvoir omeyyade à l’époque émirale. L’exemple le plus connu est celui de Mérida, ville que dominaient des Muwallad-s- ou musulmans d’origine indigène – prompts à se soulever contre le pouvoir de Cordoue. Celui-ci y édifié dans les premières décennies du IXe siècle une citadelle de pierre de plan à peu près carré de 130 m de côté, avec des murs de près de 3 m d’épaisseur, séparée de la ville, pour abriter une garnison. Sur d’autres villes importantes des marches frontières, en particulier Badajoz et Saragosse, on possède des informations relativement abondantes, parfois quelque peu contradictoires, qui ne font pas aux IXe et Xe siècles de place importante à la dualité ville-citadelle,  bien qu’il semble y avoir existé assez tôt un espace fortifié réservé à l’installation du pouvoir.

A Séville, la population est plus mélangée, mais fortement dominée socialement par l’aristocratie arabe, encore attachée à ses divisions tribales et organisée en grands lignages aristocratiques d’origine majoritairement yéménite, mais où comptent aussi les parents et clients de la famille régnante, qui se rattachent aux Omeyyades et aux Quraychites. La ville de la première moitié du IXe siècle semble donc conforme au modèle ancien. Habitée par une aristocratie arabe attachée à ses structures « gentilices », elle comporte intra-muros une mosquée cathédrale (agrandie par l’émir Abd al-Rahman III) et une résidence gouvernorale en position centrale. Elle est dotée au milieu du IXe siècle par le même émir d’une enceinte de pierre pour la protéger de la menace des Normands mais rien n’indique qu’elle ait été alors pourvue d’une citadelle (qasaba) dotée de sa propre enceinte.

L’existence d’un unique qasr – palais gouvernemental – , peu fortifié, au centre de la ville, ressort du récit des troubles civils qui marquent les trois dernières décennies au IXe siècle, troubles relatés avec détail par l’historien Ibn Hayyan.

 

La situation de Tolède, n’est pas sans analogie avec celle de Séville. La ville du VIIIe siècle , dont le peuplement muwallad semble avoir été assez homogène, manifeste très vite une opposition quasi constante au pouvoir cordouan. En 191 H/807, le gouverneur loyaliste de la cité persuada les Tolédans de le laisser édifier une forteresse pour isoler des habitants les représentants du pouvoir. Il y attire les principaux notables dans un guet-apens et les massacres : la ville sort ensuite à nouveau de l’autorité omeyyade, et est reprise en 222 H/837, sous Abd al-Rahman II, qui fait reconstruire la forteresse bâtie trente ans plus tôt. Celle-ci se trouvait, selon toute vraisemblance à l’emplacement de l’actuel alcazar, au point le plus élevé de la ville. Tolède redevient indépendante durant la crise politique de la fin du IXe siècle, et doit être reprise, après un long siège, à l’époque de Abd al-Rahman III (320 H/932). C’est alors semble-t-il, que fut édifiée une nouvelle enceinte unissant l’ancien qasr gouvernemental remis en fonction au pont sur le Tage, et appelée al-Hizam. L’histoire de la ville de la conquête arabe du début du VIIIe siècle au début du califat est donc, comme à Séville, marquée par les efforts du pouvoir central pour imposer aux habitants l’établissement d’une forteresse gouvernementale, siège d’un gouverneur et d’une garnison. Le fait que la ville soit dominée par l’élément arabe ou par l’élément indigène ne modifie pas fondamentalement le schéma d’évolution.

Le cas très connu de l’ensemble Pechina-Almeria, bien qu’un peu différent, correspond à un même processus d’affermissement du contrôle du pouvoir central sur une région et une population qui, à l’origine, lui échappent largement. Les Arabes yéménites établis dans la vallée de l’Andarax vivaient dans des quartiers dispersés, vraisemblablement aux environs d’une modeste localité indigène préexistante. A la fin du IXe siècle, un groupe de ‘marins’ (bahriyyun), probablement des commerçants pirates se livrant à la razzia et au commerce des esclaves saqaliba sur les côtes chrétiennes,  s’installa dans la basse vallée de l’Andarax, donnant bientôt à Pechina l’allure d’une véritable ville et entretenant des rapports parfois tendus avec leurs voisins arabes ; il semble cependant que le centre polarisateur des communautés humaines regroupées dans la région ait continué â être l’ancienne mosquée principale, dont on a conservé plusieurs descriptions. L’agglomération s’agrandit considérablement du fait des activités commerciales et de la sécurité que la petite république des marins de Pechina sut maintenir localement lors des luttes civiles de la fin du IXe et du début du Xe siècle, si bien que d’importants faubourgs se peuplèrent. En 302 H/915 les habitants de la région se soumettent à Abd al-Rahman III, qui, à leur demande, leur donne comme gouverneur un personnage d’origine arabe, de la tribu yéménite de Ta’i, qui semble avoir été un notable local estimé de la population.

Il est certain que dès cette époque, la zone côtière située à quelques kilomètres du site plus intérieur de Pechina, était occupée par une partie de la population, et des aménagements portuaires et défensifs, mais ce n’est qu’en 334 H/955–956 que le calife Abd al-Rahman III décida d’y fonder une véritable ville, dotée d’une mosquée ‘djami’ et destinée à servir de port militaire, qui conserva le nom que le lieu portait déjà de Mariyyat Baggana ou Almeria. C’est donc un peu après le milieu du Xe siècle que la cité prend sa forme définitive, avec l’enceinte basse de la madina centrée sur une mosquée principale, et surveillée par une qasaba édifiée sur la hauteur qui domine la ville au nord, elle-même reliée à la ville par deux longues murailles édifiées sur la pente de la colline. Pechina perdit alors de son importance, alors que des faubourgs populeux se créaient autour de la nouvelle ville, devenue le port commercial et militaire le plus important d’al-Andalus. Il y eut un transfert ‘officiel’ des habitants de Pechina à Almeria en 402 H/1011-10112, sans doute plus facile à défendre, au plus aigu de la crise du califat de Cordoue, et à la fin du XIe siècle le site de Pechina n’était plus signalé que par des ruines, au milieu desquelles se détachaient les restes de son ancienne grande mosquée. La création du pouvoir cordouan a, dans ce cas, provoqué la déchéance totale de la première ville ‘spontanée’ qui s’était créée au IXe siècle.

 

On n’ira pas plus loin chronologiquement dans cette rapide vision d’ensemble et réflexion sur l’évolution des villes de l’extrême Occident musulman. Les conditions socio et ethno-politiques se transforment ensuite assez profondément dans l’ensemble du Dar al-Islam, où apparaissent les ‘nouveaux peuples’ non arabes, Turcs en Orient, Berbères en Occident, qui vont faire évoluer l’islam dans des directions nouvelles, parfois parallèles, parfois assez profondément différentes, l’Occident restant, dans l’ensemble, semble-t-il, plus fidèle à des modèles traditionnels, encore que le phénomène d’isolement du pouvoir y soit aussi très marqué, avec l’apparition, dans les centres importants, de ces remarquables ‘villes princières’ que sont l’Alhambra ou Fès Djdid.              

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : Ibn Abi Zar : Rawd al Qirtas (روض القرطاس)  

**: Garsin, ‘Le Caire et l’évolution urbaine’ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les structures traditionnelles de stockage des céréales au Maroc.

5102017

 Les Matmuras, les Ighrems et les h’ris 

 

 

 

 

 

 

Vivre c’est réserver des vivres. Un poème du début du 18ème siècle l’exprime fort bien : « Surtout ne gaspille pas les vivres ; ils sont la raison de vivre ». C’est un souci humain permanant. De ce fait, l’ensilage présente plus d’un signe. C’est une économie, une prévision des temps difficiles, un programme social. Si l’on excepte la conservation domestique où l’on voit des provisions ménagées dans des chambres à part ou emballées dans des sacs appropriés, il est possible de distinguer trois modèles essentiels d’emmagasinage : les matmuras, les ighrems, les h’ris. Ils diffèrent suivant le milieu, la fonction ; l’institutionnalité.

  

 

 

 

  • Premier modèle : le silo souterrain, Matmura ou Mers. Un texte français de 1675 les décrit ainsi : « Les magasins qu’ils appellent matmors sont de grands trous profonds de six à sept brasses, dans les lieux éloignés des eaux. On les fait larges par le bas de huit ou dix brasses en rondeur, quelquefois cavées dans le roc et le plus souvent dans la terre blanche comme la marne en ce pais. Leur entrée, qui est faite à la mode d’un puits, est fort étroite, et un homme avec une échelle de corde a bien de la peine à y descendre ; elles se ferment avec une pierre large à proportion. Ce sont dans ces lieux que les Arabes serrent leurs bleds, leurs orges et leurs autres grains, leurs beurres, leurs huiles et généralement toutes leurs provisions et commodités ». il s’agit là de grands silos, car d’autres, de taille plus petite, ne sont profonds que de 3 à 4 brasses.

 

 

 

 

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C’est surtout dans les plaines et plateaux atlantiques que l’on rencontre ces fosses hermétiques, au-dessus desquelles les paysans peuvent même labourer. Dans la région de Doukkala, par exemple, l’on signale un village entouré de cent silos, tous creusés dans le roc, connu sous le nom de Miat Bir, les Cent puits. Apparemment, ces silos sont de grande capacité. Ceux d’Azemmour contiennent au début du 16ème siècle 20.000 mouds de blé ; d’autres, de quoi nourrir plus de 100.000 bouche pour une période de 15 mois, ou de quoi « changer plusieurs milles navires », aux dires des textes.

 

Conservés sous terre, les grains résistent longtemps et gardent leur qualité des années durant, surtout s’ils sont bien secs au moment du stockage et si encore le silo est creusé dans un milieu anaérobique, peu humide, asphyxiant les insectes et ralentissant la prolifération des micro-organismes. « Les grains, note Jean Mocquet au début du 17ème siècle, se gardent fort sèchement et longtemps ». William Lemprière, lui, précise : « On a vu des matmouras gardés cinq à six et même vingt ans, sans que le blé en souffrit aucune altération considérable ».

 

Quant à l’organisation sociale de ces magasins, il semble que les gens, grands propriétaires, cultivateurs et marchands, y déposent leurs produits à titre particulier ou en association. D’autres, n’ayant besoin que d’une durée déterminée recourent à la location.  Mais chacun son objectif, car les uns veulent assurer leur sécurité alimentaire, les autres visent plutôt à approvisionner les marchés, à spéculer. Toutefois,  dans le fonctionnement du silo, le grade reste un élément capital. C’est le tammâr  ou marrâs, à qui l’on y confie la surveillance. Il veille surtout à ce que l’endroit du magasin soit secret et l’ensilage et l’extraction des grains se fassent la nuit.         

 

 

 

 

  • Second modèle : l’Ighrem ou l’Agadir. C’est l’entrepôt des montagnards. Robert Montagne et Dominique Jacques-Meunié l’ont scrupuleusement étudié pendant le Protectorat. On se contente d’en reprendre les idées principales, car en effet, comme l’a bien remarqué Bernard Rosenberger, les textes, à savoir les descriptions des voyageurs et les mémoires rédigés par les observateurs européens, manquent à ce sujet. Les Européens, attentifs à ce genre d’institution, n’ont pu pénétrer, avant le 19ème siècle, dans les montagnes et par conséquent n’ont vu que les silos des plaines.
 
 
 
 
Les structures traditionnelles de stockage des céréales au Maroc.  dans Architecture & Urbanisme szbgpuw4 
Agadir Aït Oughayne. Région de Taroudant, Maroc – Clement Guillaume
 

 

 

 

Dans l’Anti-Atlas et le Haut-Atlas occidental, le magasin à grain est un édifice à étage, « noblement architecturé », une forteresse en pierre, hérissée de tours, contenant jusqu’à 300 petites pièces où les membres de la tribu emmagasinent leurs denrées alimentaires, mais aussi leurs armes et documents. Ces greniers-citadelles, qui sont régis par des règles très strictes, remplissent non seulement une fonction économique mais défensive également. Ils indiquent l’orgueil de la communauté, son symbole social, son signe de puissance.

Là aussi, les provisions se conservent longtemps, surtout quand les agadirs sont bien aérés et les grains soigneusement protégés. L’on dit même qu’il arrive souvent que le grain récolté à la naissance d’un enfant serve à la fête de son mariage. 

 

 

 

  

 

 

 

  •  Troisième modèle : les Hrîs. Une institution urbaine, makhzénienne. « L’ état, remarque Bernard Rosenberger, est en effet le plus gros détenteur des réserves céréalières du pays ». dans les grandes villes, impériales notamment, le Makhzen dispose d’entrepôts à étage, bâtis en voûtes. La technique de conservation est ingénieuse. L’ouvrage, dressé jusqu’en haut du grenier en inclinaison, permet aux bêtes de somme d’y monter avec leurs charges de grains, lesquels sont versés dans des conduits et stockés en bas. Des orifices aménagés au rez-de-chaussée donnent lieu à des extractions. Les deux Hrîs de Meknès, édifiés pendant le règne du sultan Ismaïl sont monumentaux. L’un d’eux mesure « 185 mètres de long sur 69 de large », de quoi contenir « tous les grains du pays », selon Ibn Zaydan. Estimation exagérée certes, mais révélatrice, le volume de stockage étant considérable. L’on verra comment les réserves du Makhzen agissent sur les marchés en temps de disette.

 

En fait, de tels ouvrages indiquent une longue tradition makhzenienne ; car déjà les descriptions antérieures relatent des dimensions similaires. Au sujet de Marrakech, Léon l’Africain signale, qu’au temps des Almohades, il y avait deux greniers, eux aussi bâtis en voûtes, pouvant contenir chacun « plus de trente mille ruggi de grain ». Carvajal Marmol, lui, les considère comme « meilleurs de toute la Barbarie ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Architecture Islamique

3072017

 

 

 

 

 

De façon générale, l’architecture islamique peut être classée en deux catégories : religieuse, avec notamment les mosquées, les madrasas, les mausolées, et séculaire, tout particulièrement avec les palais, les caravansérails, les fortifications, etc.

 

 

 

 

 

 

Architecture religieuse

 

 

° Les Mosquées : 

Pour des raisons évidentes, la mosquée se trouve au cœur de l’architecture islamique. Elle représente le clair symbole de la foi qu’elle sert. Très tôt, les musulmans comprennent ce rôle symbolique qui constitue un facteur important dans la création d’indices visuels appropriés dans le domaine de la construction : les minarets, coupoles, mihrabs, minbars, etc.

 

La cour de la maison du Prophète à Médine représente la première mosquée de l’islam, sans raffinements architecturaux. Les premières mosquées construites par les musulmans au fur et à mesure de l’expansion de leur empire sont simples. A partir de ces édifices se développe la mosquée du vendredi (jami’ ; جامع), dont les traits essentiels n’ont pas changé depuis 1400 ans. Son plan général consiste en une grande cour entourée d’arcades, avec un nombre de rangées plus élevé sur le côté orienté vers la Macque (qibla) que sur les autres côtés. La Grande Mosquée omeyyade de Damas, dont le plan s’inspire de celui de la mosquée du Prophète, sert de modèle aux nombreuses mosquées construites dans les différentes provinces du monde islamique.

 


 

 

 

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Deux autres types de mosquées se développent en Anatolie et, plus tard, sur les territoires ottomans : les mosquées basilicales et les mosquées à coupoles. Le premier type consiste en une simple salle à piliers ou basilique, style influencé par la tradition romaine tardive et par la tradition byzantine de Syrie, introduite avec quelques modifications au Ve / XIe siècle.

 

Le deuxième type de mosquées, qui se développe au cours de la période ottomane, organise l’espace intérieur sous un dôme unique. Les architectes ottomans créent dans les grandes mosquées impériales un nouveau style de construction à coupoles qui réunit la tradition de la mosquée islamique et la construction des édifices à coupoles en Anatolie. Le dôme unique devient le point de départ d’un style diffusé au Xe/XVIe siècle. Au cours de cette période, les mosquées deviennent des complexes multifonctionnels à caractère social, composés d’une zaouïa, d’une madrasa, d’une cuisine publique, de bains, d’un caravansérail et du mausolée du fondateur. La Mosquée Süleymaniye à Istanbul, construite en 965/1557 par le grand architecte Sinan, construite à l’exemple suprême de ce style.

 


 

 

L’Architecture Islamique  dans Architecture & Urbanisme floor-plan-of-the-suleymaniye-mosque-2

La Mosquée Süleymaniye

 

 

 

 

 

Le minaret du haut duquel le muezzin appelle les fidèles à la prière constitue l’indice le plus saillant de la mosquée. En Syrie, le minaret traditionnel consiste en une tour carrée construite en pierre. Dans l’Égypte mamelouke, les minarets sont divisés en trois zones distinctes : une section carrée à la base, une section médiane octogonale et une section cylindrique au sommet, surplombée d’une petite coupole. Les fûts sont richement décorés et la transition entre deux sections se fait au moyen d’un bandeau de mouqarnas. Les minarets d’Afrique du Nord et d’Espagne, qui partagent leur tour carrée avec la Syrie, sont décorés de panneaux à motifs autour de fenêtres jumelées. Pendant l’époque ottomane, les minarets octogonaux ou cylindriques remplacent la tour carrée. Il s’agit souvent de hauts minarets effilés, et bien que les mosquées ne possèdent généralement qu’un seul minaret, dans les grandes villes, elles peuvent avoir deux, quatre, voir six minarets.


 

 

 

 

 °Les Madrasas :

 

Il est probable que les Seldjoukides ont construit leurs premières Madrasas en Perse au début du Ve/XIe siècle. Il ne s’agit encore que de petites structures dotées d’une cour surmontée d’un dôme et de deux iwans latéraux.  Un autre type de Madrasas se développe ultérieurement avec une cour ouverte et un iwan central entouré d’arcades. Au cours du VIe/XIIe siècle en Anatolie, la madrasa devient multifonctionnelle et sert d’école de médecine, d’hôpital psychiatrique, d’hospice équipé d’une cuisine publique (imaret) et d’un mausolée. 


 

 

 

 

1496674238-la-madrasa-de-sifaiye-620x465 dans Architecture & Urbanisme

©GEO La madrasa de Sifaiye – Sivas (Anatolie) / Turquie

 C’est notamment sous l’empire seldjoukide, qui régna sur la région du XIe au XIIIe siècle, que Sivas connut une période de grande modernité. La madrasa de Sifaiye en est un très bel exemple. Construit en 1217, cet ensemble architectural (aussi appelé « médersa ») fut un des premiers hôpitaux de l’histoire, et la plus grande faculté de médecine de l’époque en Anatolie. A l’intérieur, autour de la cour centrale (ici à l’image) se croisaient patients et étudiants. La madrasa de Sifaiye, bâtie en briques, en pierre et en mortier, et finement décorée de mosaïques colorées, est considérée comme l’un des plus beaux achèvements de style seldjoukide.

 

 

 

 

 

 

Le développement de l’islam sunnite orthodoxe atteint un nouvel apogée en Syrie et en Egypte avec les Zengides et les Ayyoubides (VIe/XIIe – début VIIe/XIIIe siècle). Cette époque voit l’introduction de la Madrasa fondée par un dirigeant civique ou politique, dans le but de développer la jurisprudence islamique. Ce type d’établissement est financé par des biens de mainmorte (waqf), généralement les revenus de terres ou de propriétés, comme les vergers, les échoppes dans un marché (souk) ou les bains publics (hammam). La madrasa suit généralement un plan cruciforme avec une cour centrale entourée de quatre iwans. Très vite, la madrasa devient une forme architecturale dominante avec des mosquées adoptant leur plan à quatre iwans. La madrasa perd progressivement son seul rôle religieux et de fonction politique comme instrument de propagande et tend à avoir une fonction civique plus large, servant de mosquée du prêche et de mausolée pour le bienfaiteur.  

 

 

 

 

 

 

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Madrasa du Sultan Hassan, Caire / Egypte

 

 

 

 

 

La construction de madrasas en Égypte, et tout particulièrement au Caire, apporte un nouveau souffle avec l’arrivée des Mamelouks. La Madrasa cairote typique de cette époque est une structure multifonctionnelle à quatre iwans avec un portail à stalactites (mouqarnas) et de splendides façades. Avec l’arrivée des Ottomans au début du Xe/XVIe siècle, la double fondation – généralement une mosquée-madrasa – devient un grand centre très répandu qui jouit de la protection impériale. L’Iwan disparaît progressivement, remplacé par une seule salle à coupole dominante. L’augmentation considérable du nombre de cellules pour étudiants surmontées de coupoles constitue l’un des éléments qui caractérisent les madrasas ottomanes.  

 

 

la khanqa constitue l’un des types d’édifices qui, du fait de sa fonction et de sa forme, peut être associé à la madrasa. Ce terme indique une institution plutôt qu’un type particulier d’édifice, qui abrite les membres d’un ordre mystique musulman. Il existe de nombreux autres termes synonymes de khanqa, utilisés par les historiens musulmans: au Maghreb, zaouïa; dans les territoires ottomans, tekke et, le terme le plus généralement utilisé, ribat. Le soufisme domine constamment la khanqa, en provenance de Perse orientale au cours du IVe/Xe siècle. Dans sa forme la plus simple, une khanqa est une maison rassemblant un groupe d’étudiants autour d’un maître (cheikh). Celle-ci est dotée de salles de réunion, de prière et communautaires. La création de khanqas se développe sous les Seldjoukides au cours des Ve/XIe et VIe/XIIe siècles et bénéficie de l’étroite association entre le soufisme et le madhhab (doctrine) shafiite favorisés par l’élite au pouvoir.   

 

 

 

 

 

 

 

 

Le khanqah Nadir Divan-Begui/ Ouzbékistan


 

 

 

 

 

 

° Les Mausolées:  

 

Dans les sources islamiques, la terminologie servant à désigner le type de construction des mausolées est très riche. Le terme descriptif usuel turbé se réfère à la fonction d’inhumation de l’édifice. Un autre terme, la koubba, se réfère à son élément le plus identifiable, la coupole, et s’applique souvent à une construction qui commémore les prophètes bibliques, les compagnons du Prophète Mohammed et des notables religieux ou militaires. La fonction des mausolées ne se limite pas simplement à un lieu d’inhumation et de commémoration, mais joue également un rôle important dans la religion « populaire ». Ils sont vénérés comme des tombeaux de saints locaux et sont devenus des lieux de pèlerinage. Très souvent, la structure du mausolée est embellie par des citations du Coran et est dotée d’un mihrab, afin d’en faire un lieu propice à la prière. Dans certains cas, le mausolée fait partie d’une institution commune. Les formes des mausolées islamiques de l’époque médiévale sont variées mais la forme traditionnelle consiste en un quadrilatère recouvert d’une coupole.                                                                                                                                                                                                                                                                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Architecture séculaire    

 

 

 

 

° Les Palais: 

 

La période Omeyyade se caractérise par des palais et des bains publics somptueux dans les lointaines régions désertiques. Leur plan de base découle des modèles de campements militaires romains. Malgré leur décoration éclectique, ils constituent les meilleurs exemples du style décoratif islamique naissant. Les mosaïques, les peintures murales, les sculptures en stuc ou en pierre sont les moyens utilisés pour cette remarquable variété de décorations et de thèmes. Les palais abbassides en Irak, notamment ceux de Samarra et d’Ukhaidir, suivent le même plan que leurs prédécesseurs Omeyyades mais se caractérisent par des dimensions plus imposantes, par l’utilisation de grands iwans, de coupoles et de cours, et par l’utilisation intensive de décorations en stuc. Les palais de la fin de la période islamique élaborent un nouveau style distinctif, plus décoratif et moins monumental. L’Alhambra constitue probablement l’exemple le plus remarquable de palais royaux ou princiers. La grande superficie du palais est fragmentée en une série d’unités indépendantes: jardins, pavillons et cours. Cependant, l’élément le plus singulier de l’Alhambra est la décoration qui produit un effet extraordinaire à l’intérieur de l’édifice.  

 

 

 

 

 

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° Les Caravansérails:  

 

Un caravansérail se réfère généralement à une grande structure qui offre le gête aux voyageurs et aux commerçants. Il s’agit normalement d’un espace carré ou rectangulaire, avec une entée monumentale en saillie et des tours qui flanquent l’enceinte extérieure. Une cour centrale est entourée de portiques et de pièces réservées à l’hébergement des voyageurs et au stockage des marchandises, et qui abritent également des écuries pour les animaux. Cette typologie d’édifice répond à une grande variété de fonctions, comme le démontrent ses différentes dénominations: khan, han, fondouk, ribat. Ces termes ne sont que le reflet de différences linguistiques régionales et ne désignent pas véritablement des fonctions ou des types distinctifs. Les sources architecturales des différents types de caravansérails ne sont pas aisément identifiables. Certaines découlent probablement du castrum ou campement militaire romain, dont les palais Omeyyades du désert se rapprochent. D’autres types d’édifices qui existent en Mésopotamie et en Perse sont associés à l’architecture domestique.  

 


 

 

 

 

 

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 le wikala (caravansérail) de Bazar’a(quartier Darb al Asfar)/ Caire ,
centre d’accueil de l’époque ottomane (17ème siècle) pour commerçants ambulants et leurs marchandises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Organisation urbaine    

 

A partir du IIIe/Xe siècle, chaque ville, quelle que soit son importance, se dote d’enceintes fortifiées et de tours, de grandes portes élaborées et d’une puissante citadelle (qal’a ou casbah), symbole du pouvoir établi. Celles-ci sont des constructions massives réalisées avec des matériaux typiques de la région où elles sont édifiées: pierre de taille en Syrie, Palestine et Egypte ou brique, pierre de taille et terre battue dans la péninsule ibérique et en Afrique du Nord. Le ribat constitue un exemple unique d’architecture militaire. Techniquement, il s’agit d’un palais fortifié conçu pour les guerriers de l’islam engagés, temporairement ou de façon permanente, à défendre les frontières. Le ribat de Sousse en Tunisie comporte des similitudes avec les premiers palais islamiques, mais présente des différences dans l’organisation intérieure pour ce qui de la grande salle, de la mosquée et du minaret.  

 

La division de la plupart des villes islamiques en quartiers est basée sur l’affinité ethnique et religieuse et constitue, par ailleurs, un système d’organisation urbaine qui facilite l’administration de la population. La mosquée est toujours présente dans le quartier. Un bain public, une fontaine, un four et un ensemble de magasins se trouvent soit à l’intérieur du périmètre du quartier, soit à proximité. Sa structure se compose d’un réseau de rues et d’impasses, et d’un ensemble de maisons. en fonction de la région et de l’époque, les maisons présentent différentes caractéristiques régies par les traditions historiques et culturelles, le climat et les matériaux de construction disponibles.    

Le marché (souk), qui fonctionne comme le centre névralgique du commerce local, constitue l’élément le plus caractéristique des villes islamiques. Sa distance par rapport à la mosquée détermine l’organisation spatiale par corps de métiers. Par exemple, les professions considérées comme propres et honorables (libraires, parfumeurs, tailleurs) se trouvent à proximité immédiate de la mosquée, tandis que les métiers bruyants et nauséabonds (forgeron, tanneurs, teinturiers) s’en éloignent progressivement. Cette distribution géographique répond à des impératifs qui s’appuient sur des critères purement techniques.                    

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les périodes d’architecture précolombienne

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Les peuples précolombiens savaient s’orienter par rapport au soleil et connaissaient les points cardinaux. Pour orienter leur urbanisme et leur architecture, ils faisaient appel à la géomancie.

L’architecture monumentale est plus tardive que l’apparition des lettres et des chiffres, et ne s’illustra que dans la période suivante.

 

 

 

L’architecture précolombienne est marquée par 4 périodes :

 

Préclassique : de la sédentarisation dès 1800 av. J.-C. jusqu’au début de l’ère chrétienne, avec découverte et culture du maïs.

Premiers temples en dur, le plus souvent ronds. Figurines anthropomorphes de terre cuite (représentant les dieux de la vie quotidienne). Apparition de la civilisation olmèque (Etat de Tabasco) figurine de jade, têtes colossales en basalte (thème de l’homme-jaguar, visage à grosse joues et boucle lippue).

 

 

Classique : (du IVe siècle apr. J.-C. au Xe siècle) architecture religieuse colossale (pyramides). Débuts de l’architecture civile. Masques mortuaires en pierre (Teotihuacan). Civilisation zapotèque : urnes funéraires en céramique surchargées (représentations humaines). Civilisation maya : stuc et surtout bijoux et masques en jade, statuettes en terre cuite peinte de l’île de Jaina (Etat de Campeche).

 

 

 

Postclassique ancien : (du Vie au XIVe siècle) civilisation toltèque à Tula. Fresque liées à la guerre, représentation de dieux guerriers. Céramique (peu recherchée). Palais à atlantes et colonnes.

 

 

 

Récente : Empire aztèque ; civilisation maya post classique au sud. L’architecture aztèque a été en grande partie détruite par les Espagnols. Sculpture sur pierre (représentations divines, objets liés au sacrifice humain). Civilisation mixtèque dans la vallée d’Oaxaca ; céramique, peinture (manuscrits), travail de l’or.   

 

 

 

 

 

 

 

 

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