Les ZCB* d’eau douce dans la sous-région de l’Afrique du Nord

2042019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sous-région de l’Afrique du Nord au sein du hotspot ** inclut les côtes méditerranéennes du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de la Libye et de l’Egypte, et comprend les neuf corridors prioritaires définis par le CEPF. A l’exception du delta du Nil, les cours d’eau permanents existent uniquement dans les zones septentrionales du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, c’est-à-dire dans la région alimentée par les pluies et la fonte des neiges provenant du massif de l’Atlas. La région est caractérisée par les écorégions d’eau douce du Maghreb permanent, du Maghreb temporaire et du delta du Nil. Le Maghreb permanent, qui s’étend le long des zones septentrionales du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, est caractérisé par une faune d’eau douce composée de nombreux éléments européens, des reliques afrotropicales et un endémisme relativement élevé.

 

 

 

 

 Le Maroc possède le système fluvial le plus étendu en Afrique du Nord. Les précipitations tombant sur les hautes montagnes du Rif, du Moyen Atlas, du Haut Atlas et de l’Anti-Atlas alimentent les cours d’eau qui, en général, coulent dans la direction nord-ouest pour se jeter dans l’océan Atlantique ou bien dans la direction sud-est vers le Sahara. L’oued Moulouya est la principale exception, s’écoulant sur environ 500 km dans la direction nord est, du Moyen Atlas jusqu’à la mer Méditerranée. Le Maro possède également un certain nombre de lacs de montagne situés à une altitude supérieure à 1 800 m, avec de vastes réservations hydroélectriques et des marais saumâtres côtiers, principalement le long de la côte atlantique. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les ZCB* d’eau douce dans la sous-région de l’Afrique du Nord  dans Nature 1546002169-img-4

Le lac Fetzara, appartenant à la ZCB de la Numidie occidentale, abrite un certain nombre d’espèces de poissons et de plantes aquatiques menacées au niveau mondial. La présence du triton de Poiret (Pleurodeles poireti) (en danger) a également été observée dans cette ZCB.

Le lac Fetzara est aussi un site Ramsar inscrit en raison des nombreux oiseaux d’eau fréquentant ce lieu. 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plupart des cours d’eau algériens prennent leur source dans l’Atlas telien et coulent en direction du nord vers la Méditerranée ; c’est le cas notamment du système de l’oued Chelif (longueur d’environ 550 km) et du système de l’oued Seybouse (longueur d’environ 180 km). L’Algérie possède aussi de nombreuses petites rivières se limitant à la côte montagneuse méditerranéenne de l’Atlas telien. Des vestiges de grands lacs et de zones marécageuses, peuvent toujours être observés, à savoir le lac de Fetzara (Annaba), la Macta, la Grande Sebkha (près d’Oran) et un ensemble complexe de marais et de petits lacs près d’El Kala. Les grottes de Ghar Boumaaza découvertes en 1931, font partie du plus grand système hydrologique souterrain d’Afrique.

 

 

 

 

En Tunisie, le principal et unique cours d’eau pérenne est le système de l’oued Medjerda (longueur de 450 km) qui prend sa source en Algérie et finit dans le golfe de Tunis (pour se jeter dans la mer Méditerranée). Les deux plus grands lacs, le lac de Tunis et le lac Ichkeul, sont saumâtres donc quelques espèces d’eau douce sont présentes dans les marais environnants ainsi que dans l’oasis de Nouail, près du Chott El Jérid. Certaines rivières de montagne dans la Kroumirie présentent un intérêt considérable en termes de faune et de flore, et elles sont probablement un hotspot d’endémisme.

 

 

 

 

 En Libye, il n’existe pas de cours d’eau permanents mais une multitude de sources, de seguias (canaux d’irrigation), de mares, de puits artificiels et d’oasis, ainsi que des marais salants. Les principales régions dotées d’oasis sont les régions de Ghat, Sabha et Kufrah. Le Grand fleuve artificiel est gigantesque système de canalisations qui transportent de l’eau située en profondeur dans la nappe aquifère de grès nubien dans le sud de la Libye, jusqu’aux grandes villes du nord. Les lacs de cratère du Tibesti, comme le Trou au Natron, sont salins ou alcalins.

 

 

 

 

Le delta du Nil en Egypte est une zone fertile nichée dans l’un des déserts les plus arides au monde. Il s’étend sur une longueur d’environ 175 km, de son extrémité sud (au Caire) jusqu’à la mer Méditerranée, et sur une largeur d’environ 260 km au niveau de la côte. Depuis la construction du haut barrage d’Assouan (achevé en 1970), le débit de l’eau au sein du delta a diminué et cette zone ne fait plus l’objet d’inondations annuelles. Par conséquent, le Nil n’occupe aujourd’hui que deux canaux principaux. Les principales zones humides du delta sont les lacs côtiers de Manzala, Burullus, Idku et Maryut. Le delta du Nil fait partie de l’un des sites les plus importants au monde pour les oiseaux migratoires. La faune d’eau douce est typique de la province Nilo-Soudanaise caractérisée par sa faune ichtyologique. Les établissements humains et les terres agricoles couvrent la quasi-intégralité du delta, à l’exception de quelques zones à l’extrême nord du delta. Les zones humides restantes sont rapidement converties pour l’agriculture et elles ont perdu plus de 50% de leur superficie initiale au cours du siècle dernier en raison de la mise en valeur des terres à des fins agricoles, de la sédimentation et de l’érosion. Le delta a connu une érosion de près de 2 km depuis les années 1960, en raison de la perte de dépôts sédimentaires suite à la construction du haut barrage d’Assouan, et il est soumis à une intrusion croissante de l’eau salée. Les polluants s’accumulent dans le delta au fur et à mesure que l’agriculture et les établissements humains augmentent ; les précédentes inondations annuelles qui intervenaient en amont ne sont plus là pour supprimer ces polluants. Les espèces exotiques envahissantes, comme la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) et l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii), menacent la biodiversité autochtone.     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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* : Les Zones clés pour la biodiversité (ZCB) sont des sites qui contribuent de manière significative à la persistance globale de la biodiversité. À partir des informations publiées concernant le statut de conservation et la répartition géographique des espèces (source : Liste rouge des espèces menacées de l’UICN), il a été identifié que 90 % des 3 894 sous-bassins versants fluviaux/lacustres étudiés étaient susceptibles de remplir les critères d’admission en tant que ZCB d’eau douce.

 

 

 

 

 

 

 ** : Le « hotspot » (point chaud) de la biodiversité du bassin méditerranéen est bien connu pour l’importance que sa biodiversité revêt à l’échelle mondiale. Il est aujourd’hui confirmé que la biodiversité d’eau douce existant dans ce hotspot présente une diversité inhabituelle, abrite de nombreuses espèces endémiques aux cours d’eau, rivières, sources, zones humides et lacs de la région, et est fortement menacée, alors que l’importance de cette biodiversité n’était pas reconnue précédemment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les caravanes de sel

17022019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nord du Mali a de tout temps fait l’objet d’un intérêt de la part des rois et des princes qui régnaient de part et d’autre du grand désert. La raison ? La présence d’un des plus grands gisements de sel gemme du Sahara (avec ceux de Fachi et Bilma au Niger et, dans une moindre mesure, celui de l’Amadror au nord du massif du Hoggar en Algérie).

                                              

 

 

 

 

 

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Une Caravane de Sel en barres aux confins du désert

 

 

 

 

 

 

La dépression de Taoudenni, située à environ 700 km au nord de Tombouctou, est l’une des régions les plus arides du Sahara. Cette cuvette (sebkha) de 125 km² enregistre moins de cinq millimètres de précipitations annuelles.

 

 

 

Le sel résulte de dépôts provenant de l’assèchement d’un lac du Quaternaire et dont l’épaisseur avoisine parfois les dix mètres.

 

 

 

Les esclaves extrayaient le sel dans des mines à ciel ouvert. Les plaques étaient taillées en rectangle de 1.20 m de longueur et de 40 cm de largeur ; elles pesaient entre 25 et 45 kg, et un chameau pouvait prendre une charge de six barres. Les barres étaient toutes gravées au départ de Taoudenni et, à l’arrivée à Tombouctou, elles faisaient l’objet d’une toilette pour les rendre bien blanches.  

 

 

 

On les gravait de motifs géométriques, ou du nom d’un saint ou d’un roi. Les barres étaient ensuite entourées de lanière de cuir pour les protéger en cas de choc. Ainsi conditionné, le sel était ensuite acheminé en pirogue vers tous les ports du Soudan, puis transporté par des ânes, des attelages de bœufs, ou des esclaves jusqu’aux confins du pays Mossi, de la Côte d’Ivoire ou du pays Bobo.

 

 

 

 

 

 

 

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Le sel en barres de 30 kilos environ, arrive par caravanes de Taoudenni (Sahara)

 

 

 

 

 

 

A leur époque de gloire, les caravanes pouvaient compter jusqu’à mille chameaux, accompagnés de trois cents à cinq cents hommes. Jusqu’à la fin du 19e siècle, soixante mille chameaux par an arrivaient à Tombouctou.

 

 

 

 

 

 

 

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TOMBOUCTOU – Le Marché – Vente du Sel

 

 

 

 

 

Aujourd’hui encore, les caravanes acheminent les plaques de sel de Tombouctou vers les rives du fleuve Niger. Ce sont les Bérabich qui assurent cette fonction depuis des temps immémoriaux. Il faut une quinzaine de jours, à raison de 35 à 40 km par jour à la caravane pour parcourir les 700 kilomètres qui séparent les salines de Taoudenni du village de Ber, à côté de Tombouctou. Le long du trajet, seuls deux puits permettent aux hommes et aux bêtes de faire le plein d’eau. En outre, les pâturages étant maigres le long de l’itinéraire, les nomades emportent la quantité de fourrage dans des endroits connus d’eux seuls, afin de pouvoir l’utiliser sur le chemin du retour, lorsque les bêtes sont à pleine charge. Les plaques de sel sont arrimées deux par deux à l’aide de cordelettes de cuir sur les flancs de l’animal. Les chameaux sont chargés le matin et débâtés chaque soir, au terme d’une journée comptant parfois jusqu’à quinze heures de marche ininterrompue.  

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 




Le Massif de L’Aïr

4012019

 

 

 

 

 

Le massif de l’Aïr, qui occupe une bonne partie du Nord de la République du Niger, est le prolongement, vers le Sud, du Hoggar. Mais en raison de sa situation méridionale, l’Aïr n’a pas le caractère purement saharien du Hoggar, de l’Adrar des Ifoughas et du Tibesti. Ainsi, du point de vue climatique, il constitue une avancée septentrionale très prononcée de la région sahélienne dans la zone désertique. Entouré à l’Est par le Ténéré et à l’Ouest par le Tamesna, ce massif forme une véritable presqu’île sahélienne de forme elliptique, dont le grand axe Nord-Sud a 400 km et le petit axe Est-Ouest 250 km. Il s’allonge du Nord au Sud entre 20° 30 et 17°.

 

 

 

Ce vaste massif (environ 80 000 km²) se présente dissymétrique. Sa partie Ouest est une pénéplaine d’altitude moyenne de 700 à 800 m, entaillée par un réseau hydrographique orienté vers l’Ouest. Sur sa partie Est, s’élève de plusieurs centaines de mères, une série de massifs dominant nettement les étendues plates du désert du Ténéré.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Massif de L’Aïr  dans Nature 1542451459-niger-arlit-410-0 

 

 

 

 

 

 

 

Ces montagnes de l’Est de l’Aïr sont disposées en deux grands ensembles.

 

-          Le premier ensemble, vaste de près de 20 000 km², comprend :

 

 

  • Le massif de Taghouji à 95 km au Nord-Est d’AGADAZ. Ce sont des monts peu élevés (900 m d’altitude moyenne), à bord peu abrupt mais à surface sommitale mouvementée.

 

 

  • Les Monts Bagzane dans le centre Sud de l’Aïr. Ils s’étendent sur 600 km². Seuls les monts Tamgak (plus au Nord) les dépassent en superficie. Ces monts situés à une centaine de kilomètres au Nord-Est d’AGASEZ, constituent un plateau de forme ovale de 40 km sur 20 km à surface somminale hérissée de collines, de pitons et surtout des cônes volcaniques atteignant 1 700 m et même 1 900 m (exemple : le Mont Tchoulélé au Sud, le Taress Ziggerit au centre et le Taress Indoukal au Nord). La surface sommitale présente aussi des hauts bassins alluviaux à fond plat dans lesquels se sont fixés des villages. Le haut plateau des Bagzane est également caractéristique par ses vallées encaissées, en particulier à la péréphérie Est et Nord où les parois du massif paraissent assez verticales. A l’Ouest au contraire, le plateau s’incline et par une vallée d’altitude moyenne de 900 m, les Monts Bagzane se trouvent séparés du Mont Todra (1 780 m) qui domine la localité d’Aouderas. Ce massif présente lui une forme symétrique.

 

 

 

 

 

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Alentours du volcan Ziggerit sur le Bagzane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Situés au Nord des Monts Bagzane, les Monts Agalak dominent d’environ 400 m une autre localité importante : Timia. Ils sont moins vastes que les monts Bagzane. Ils en diffèrent d’ailleurs par plusieurs aspects. Leurs points culminants sont des sommets granitiques et non des cônes volcanique comme dans les Monts Bagzane. La surface sommitale de ce massif circulaire de 15 km de diamètre est moins régulière que celle des Monts Bagzane et le relief est plus escarpé et disséqué par des vallées nombreuses et très encaissées.

 

 

Près de ce massif, se trouvent au Sud-Est, le Mont Aroyan et au Nord-Est le Mont Goundai. Au Nord et à l’Est du Mont Goundai, à environ 200 km au Nord-Est d’AGADAZ, se localise une série de massifs, plongeant pour la plupart directement dans le désert du Ténéré. Elle comprend à l’Est du Goundai, les Monts Angournakouer, les Monts Zagado, le Massif de Takolokouset et le Mont Takarit ; au Nord du Goundai : le Mont Enfoud, l’Adrar El Gharous, les Monts Taghmert et les Monts Tamgak.

 

 

-          Le second ensemble de hauts massifs de l’Aïr, plus septentrional, est très réduit en surface. Il comte parmi ses sommets les Monts de Tazorit, l’Adrar Greboun (2 000 m d’altitude) et l’Adrar Bouss.

 

  • Dans cette partie Est du Massif, le contact avec la couverture sédimentaire est festonné, difficile à suivre car les surface aplanies dans le socle se prolongent invisiblement dans les plaines sablonneuses du Ténéré. Ici la dénivellation est très forte au dessus des plaines. Aussi le réseau des Kori de l’Aïr est-il dissymétrique. Les plus importants Kori sont orientés vers les plaines de l’Ouest où ils se jettent dans d’immenses vallées qui traversent l’Azaouak et se ressemblent pour former des dallols. C’est le cas des Kori Teloua (qui passe par Agasez), Anou-Makaren, Anou Zeggeren, Egakane, Wadérer, Takriza, Tarakaft et Zeline. Les Kori de l’Est du massif se perdent après un cours très bref dans les sables du Ténéré ; exemple : le Zagado, le Tafidet et le Tchibatouene.

 

 

 

 

 

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Le mont Gréboun

 

 

 

 

 

Les kori ne coulent bien sûr que pendant la saison des pluies. Beaucoup paraissent assez verdoyants, tranchant nettement avec les surfaces rocheuses nues des montagnes ou des hauts plateaux. Ils portent en effet une végétation variée et parfois dense, surtout dans la partie Sud du massif de l’Aïr. Dans leur lit ou à sa proximité immédiate sont creusés les puits. En période d’hivernage, il suffit de piocher un peu le lit du Kori, pour rencontrer la nappe d’eau. Ces raisons expliquent la forte concentration de la population dans ces vallées.

 

 

 

 

 

Guelta près de Timia

 

 

 

 

 

 

En dehors des Kori, l’eau est trouvée dans les gueltas des gorges qui subsistent même en saison sèche et aux sources permanentes dont certaines sont sulfureuses (Tafadek, Igouloulof).

 

 

Du point de vue structure, le massif de l’Aïr est composé de schiste cristallins et de gneiss suggariens et pharusiens associés à des granites anciens syntectoniques. La série granitique jeune est intruisive tant dans le suggarien et le pharusien que dans les granites syntectoniques ou tarditectoniques. Elle est généralement postérieure au Dévonien mais antérieure au crétacé inférieur qui la recouvre. Les roches de cette série granitique jeune, forment plus de vingt-cinq massifs se présentant sous des formes variées. La mise en place de ces massifs a commencé par une phase volcanique. Dans certains cas, cette phase n’est que peu ou pas représentée, alors que dans d’autres, elle occupe la majeure partie du massif. A cette phase, fait suite la mise en place des roches plutoniques par fractures annulaires suivies de ‘’cauldron subsidence ‘’.

 

Le massif de l’Aïr est affecté par des failles nombreuses. Il serait un horst entre deux failles parallèles.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 




Le rocher de Constantine

21112018

 

 

 

 

 

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© constantine d’hier & d’aujourdhui 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rocher de Constantine fait partie de la ceinture de tables calcaires qui entourent le Djebel Ouach Ouest et au Sud- Un profond canyon de Oued Rumel le divise en deux parties une qui porte la ville Ouest autre le Djebel Sidi Mcid Est une large vallée dans laquelle ne coule un simple ruisseau Oued Mêla sépare cet ensemble du Djebel Chettaba Le Djebel Ghettaba et le Djebel Ouach forment les monts de Constantine reliefs du Tell intérieur de la Numidie encadrés par les dépressions et les plateaux de Constantine au Nord et au Sud par le Ferdjioua Ouest par les monts de Guelma Est

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Modelé du sol

Le rocher de Constantine est constitué par des calcaires massifs éo-et mésocrélacés de couleur grise ou un gris blanchâtre Une assise marneuse remarque vers le tiers supérieur elle correspond peu près la limite des étages cénomanien et turonien La masse calcaire qui porte la ville aspect un prisme base trapézoïdale Les arêtes de ce prisme correspondent sensiblement aux quatre points cardinaux celui du Nord est couronné par la citadelle (kasba) celui de Ouest portait autrefois le Bordj Asous celui du Sud était surmonté par la koubba de Sidi Rached celui de Est fait face au pont kantera qui pendant fort longtemps relié la ville au Sidi Mcid La grande diagonale du trapèze formant le plan supérieur du prisme est dirigée N-S sa surface présente pour une longueur de 1 km environ une différence de niveau de 110 m (alt. max. du rocher angle Nord 644 m ; ait min. angle Sud 534 m).

 

 

 Le profond canyon creusé par le Rumel occupe les faces Sud-Est et Nord-Est du prisme importants escarpements correspondent la face Nord-Ouest tandis que au Sud-Ouest un isthme de 300 m de largeur compris entre des murailles pic relie le rocher au Koudiat-Ati. 

 

 

Les Constantinois ont appelé leur ville (Constantine) el bled el haoua expression qui signifie à la fois cité aérienne et cité du ravin mais aussi cité des passions. Si les deux premières acceptions de Bled el haoua se réfèrent la situation topographique de la ville la dernière révèle état moral de sa population qui confinée dans un isolement relatif dû être vouée dans tous les temps de violentes réactions internes.

 

 

 Le Djebel Sidi Mcid couronné par un fort qui élève à l’altitude de 725 m domine de 130 le Kef Chekora le point culminant de la ville Sa surface s’abaisse à la cote 600 vers usine gaz en face el Kantara elle présente donc une pente de 125 m sur 1 km environ.

 

Ses contours assez irréguliers sont limités au Sud-Ouest par le canyon du Rumel et se terminent au Nord-Ouest et au Nord-Est par imposants abrupts au Sud-Est il est séparé du Mansoura par le faible vallonnement du Chabet Aïn el Areb.

 

 

 Le plateau qui le couronne entouré de multiples corniches n’a pas subi de la main de homme d’aussi profondes modifications que le rocher qui porte Constantine. Ses escarpements sont restés peu près intacts. Ceux du Nord-Ouest particulièrement exposés aux pluies offrent un aspect ruiniforme très caractéristique dû à l’association de différentes formes de relief tours crénelées arêtes déchiquetées petites aiguilles rocs en surplomb etc.

 

 

 Le versant Sud-Est soumis à l’active érosion des eaux de ruissellement venues de la crête Nord-Ouest présente de vastes champs de lapiez ciselés étroits sillons irrégulièrement anastomosés larges de quelques centimètres profonds parfois de plusieurs mètres que séparent tantôt de minces lames tranchantes tantôt de larges bourrelets plus ou moins arrondis .

 

L’assise marneuse intercalaire détermine dans le profil des murailles périphériques du Sidi Mcid une rupture de pente bien visible surtout au-dessus de la route de la corniche

 

 

 

 

 

 

 

 
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Le rocher de Constantine vu de l’est (Photo F. Bertrandy)

 

 

 

 Architecture du sous-sol

 

 

 

Le rocher de Constantine est un témoin resté en surélévation de la retombée Sud-Est d’un large anticlinal disharmonique dirigé WSW-ENE La retombée Nord-Ouest de ce pli est effondrée. L’axe en est jalonné par le lambeau triasique du Sidi Bou Chakour dans le Djebel Chettaba. 

 

L’anticlinal de Constantine- Sidi Mcid dessine une série de rebroussements déterminés par une déviation de l’axe du pli à la rencontre d’une ligne tectonique SSW-N qui semble pendant l’Oolithique, l’Eocrétacé et le Mésocrétacé avoir joué le rôle d’un géanticlinal secondaire formant un relief sous-marin sur l’emplacement duquel s’édifia une puissante série de calcaires zoogènes dont le rocher de Constantine n’est qu’un élément dissocié.

 

 Les rebroussements successifs qui accidentent le rocher se sont traduits par un champ de fractures en relation manifeste avec le gauchissement des strates rigides du calcaire. Dans ce champ les lignes de rupture sont constamment groupées en deux systèmes conjugués dont un correspond à l’allongement du pli c’est-à-dire la direction des bancs et l’autre à leur inclinaison.

 

 

 Le plus méridional des groupes vers Sidi Rached comprend des fractures SW-NE et NW-SE. Le suivant est formé d’accidents SSW- NNE et WNW-ESE Le troisième est composé de cassures SW-NE et NW-SE comme le premier Le quatrième renferme des dislocations W-E et N-S.

 

 

Chaque groupe est constitué à la fois par des ruptures à déplacements verticaux constituant de petites failles et autres ruptures simplement diaclasiques sans déplacements verticaux. Les premières limitent un certain nombre de compartiments rocheux disposés en gradins inclinés. Il est à noter que dans les angles dièdres de cette surface réglée se sont conservés sur plusieurs points du calcaire turonien de Sidi Mcid des paquets de marnes néocrétacées notamment: 1° au-dessus du deuxième tunnel de la voie ferrée entre deux failles NE-SW, 2° au voisinage du fort le long d’une faille NW- SE, 3° entre l’ancien et le nouveau cimetière juif également le long d’une faille NW-SE, 4° auprès de hôpital et du lazaret contre deux failles NE-SW.

 

 

 Le même dispositif q dû se retrouver dans le rocher de Constantine mais ici les marnes ont été partiellement ou totalement enlevées diverses époques au cours de l’extension de la ville Nonobstant cette érosion humaine les petits jardins des quartiers arabes la présence même de simples arbres isolés dans des cours de maisons indigènes au-dessus de Sidi Rached au Sud du carrefour Perrégaux et au-dessous du lycée sont autant indices de la conservation toute locale de lambeaux marneux néocrétacés 

 

 La toponymie ailleurs nous révèle l’existence, à la surface du rocher de Constantine de deux accidents topographiques remarquables: 1° el Rhedir Bou el Rharat au Sud de la rue Orléans. 2° el Batha au Nord de la grande mosquée. Le premier de ces deux noms applique un bas-fond naturel où l’eau séjournait (rhedir); le second un bas-fond sec (batha) Tous deux devaient se trouver situés sur la lèvre abaissée d’une faille SE-NW, se dirigeant du carrefour Perrégaux vers le Nord du Bordj Asous. La surface de cette lèvre abaissée était certainement constituée par un revêtement de marnes néocrétacées qui retenaient les eaux. 

 

 

Le profil des rues actuelles du quartier Sud de la ville offre une série de gradins ayant nécessité la construction d’escaliers dont ils ont été peut-être les premiers éléments. On peut suivre ces gradins dans la série des rues parallèles de Sidi Rached. Une observation attentive permet de reconstituer ainsi le tracé d’au moins six abrupts qui découpent la presqu’île de Sidi Rached en sept compartiments limités chacun par une faille NE-SW parallèlement à la diaclase de l’entrée du canyon .

 

 

Des travertins du Pliocène récent subsistent encore en trois points du Sidi Mcid: 1° au fort où ils surmontent des sables marneux jaunes; 2° derrière hôpital civil; 3° au-dessus du lazaret où ils sont superposés des sables également pliocenes récents des travertins- pliocenes anciens et à des poudingues miocènes pontiens.

 

 Ces travertins ont été eux-mêmes affectés par importantes dislocations dont témoignent les altitudes variées auxquelles on les rencontre: 670 m à l’hôpital, 681 m au lazaret; 785 m au fort. Des mouvements tectoniques ont donc continué d’affecter le rocher de Constantine après leur dépôt. Plus au Nord et plus au Sud on retrouve ailleurs les mêmes formations constituant de larges nappes entre 785 m et 610 m Bou Keira, entre 718 m et 660 m au Mansoura.

 

A notre époque le rocher de Constantine été le théâtre de fréquents tremblements de terre. Des secousses particulièrement violentes ont été ressenties diverses reprises notamment en 1857, 1871, 1883, 1896. Le dernier grand séisme qui eut lieu le août 1908 causa des dégâts de quelque importance non seulement à la ville même mais encore dans plusieurs localités des environs particulièrement au Hamma, à Bizot et à Smendou. L’ébranlement atteignit tout particulièrement la zone voisine de l’anticlinal de Constantine, anticlinal qui semble depuis le Miocène jusqu’à l’époque actuelle avoir toujours été un obstacle à la propagation des mouvements de l’écorce terrestre. En opposant leur translation normale il détermine son voisinage accentuation maximum de l’effort des poussées successives

 

 

 

 

 

 

 

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© constantine d’hier & d’aujourdhui

 

 

  

 

 

 

 

Le canyon de Constantine

 

Le canyon de Constantine, long de 2800 m présente au début à une profondeur de 35 m (alt. de la surface du rocher 534 m; alt du niveau eau du Rumel à l’étiage 499 m).

 

 Les parois de la gorge légèrement inclinées l’une vers l’autre dans la zone supérieure, se rapprochent d’abord graduellement puis deviennent verticales surplombant alors le fond du torrent qui plus bas les a excavées en entaillant sa cuvette au fond étroit et tortueux.

 

A la hauteur du carrefour Perrégaux les eaux du Rumel s’engouffrent sousune voûte naturelle formée de travertins qui s’appuient de part et d’autre sur le rocher crétacé. L’altitude relative de cette arche est pas telle que lors des grandes crues elle puisse livrer passage toutes les eaux que collecte le canyon et celles-ci parfois la submergent.

 

 

A el Kantara, le torrent tourne presque à angle droit abandonnant son orientation première SW-NE pour aller droit au Nord-Ouest au sommet de l’angle que forme alors son cours, vient déboucher l’unique affluent du ravin le Chabet Aïn el Areb appelé plus en amont Chabet Sfa. Celui-ci prolonge exactement en direction le premier secteur de la gorge. Après avoir suivi le fond de la dépression qui sépare le Mansoura du Djebel Sidi Mcid il aboutit presque au faîte de la paroi du canyon sans aucune indentation importante de la falaise marque son confluent.

 

 Les deux systèmes de lignes orthogonales qui découpent le rocher correspondent exactement aux deux orientations principales des failles et des diaclases qui ont affecté ainsi non seulement le tracé du canyon est intimement lié à la direction des cassures du calcaire mais il en est de même du tracé du seul affluent qui vienne s’y déverser.

 

 Indépendamment de l’arche du carrefour Perrégaux d’autres grandes voûtes naturelles recouvrent le ravin à partir et en aval d’el Kantara.

 

 Ces voûtes naturelles sous lesquelles disparaissent à plusieurs reprises les eaux du Rumel semblent avoir été primitivement au nombre de deux seulement. L’une d’entre elles celle située en amont été par la suite rompue en trois tronçons inégaux d’ailleurs, et voisins les uns des autres. Elle est constituée dans son ensemble par la soudure de deux séries de couches travertineuses concentriques dont les centres réciproques se trouvent en regard l’un de l’autre sur chacune des parois du ravin. La clé de voûte de cet ensemble domine de 40 m le plan d’étiage du Rumel à l’amont et de 75 m à l’aval.

 

 La seconde arche qui se montre à 100 m plus bas ne comprend qu’une seule série de couches traverlineuses dont le centre de dépôt est situé sur la paroi de droite du ravin. Aujourd’hui très réduite terminée en amont et en aval par des surfaces concaves cette arche limitée sans doute autrefois par de larges surfaces convexes offre à l’écoulement des eaux une ouverture de 70 m de hauteur 

 

 

Plusieurs placages de travertins se rencontrent encore le long des flancs crétacés du ravin ils peuvent correspondre à d’autres anciennes voûtes naturelles entières ou bien figurer la naissance de voûtes incomplètement formées.

 

 Les deux grandes arches naturelles actuellement existantes ont ce caractère commun que leurs pieds-droits s’appuient directement sur la saillie calcaire qui surplombe le fond du Rumel et que la seconde précède de peu les superbes cascades de Sidi Mcid où les eaux du Rumel se précipitent avec fracas d’une hauteur de 80 m (alt du sommet des cascades 541m; alt de leur base 461 m). Le sommet du rocher de Constantine qui atteint 664 m domine cette base d’une hauteur de 203 m.   

 

 

 

 

 

 

 

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Les Mehara ou Chameaux Coureurs

8102018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Mehara ou Chameaux Coureurs dans Nature 1525594577-s-l1600

Dromadaire Mehara

 

 

 

 

 

Le mahari est beaucoup plus svelte dans ses formes que le chameau vulgaire (djemel) ; il a les oreilles élégantes de la gazelle, la souple encolure de l’autruche, le ventre évidé du slougui (lévrier) ; sa tête est sèche et gracieusement attachée à son cou; ses yeux sont noirs, beaux et saillants; ses lèvres longues et fermes cachent bien ses dents ; sa bosse est petite, mais la partie de sa poitrine qui doit porter à terre lorsqu’il s’accroupit est forte et protubérante ; le tronçon de sa queue est court; ses membres, très secs dans leur partie inférieure, sont bien fournis de muscles à partir du jarret et du genou jusqu’au tronc, et la face plantaire de ses pieds n’est pas large et n’est point empâtée ; enfin, ses crins sont rares sur l’encolure, et ses poils, toujours fauves, sont fi ns comme ceux de la gerboise. 

 

Le mahari supporte mieux que le djemel la faim et la soif. Si l’herbe est abondante, il passera l’hiver et le printemps sans boire ; en automne, il ne boira que deux fois par mois ; en été, il peut, même en voyage, ne boire que tous les cinq jours. 

 

Dans une course de ghrazia, jamais on ne lui donne d’orge ; un peu d’herbe fraîche au bivouac et les buissons qu’il aura broutés en route, c’est là tout ce qu’il faut à sa chair ; mais, au retour à la tente, on le rafraîchira souvent avec du lait de chamelle dans lequel on aura broyé des dattes.

 

Si le djemel est pris de frayeur ou s’il est blessé, ses beuglements plaintifs ou saccadés fatiguent incessamment l’oreille de son maître. Le mahari, plus patient et plus courageux, ne trahit jamais sa douleur et ne dénonce point à l’ennemi le lieu de l’embuscade. 

 

On ne sait point si Dieu créa les mahara, ou si les hommes ayant mis à part leurs chameaux les plus fins et les plus agiles, et leur ayant fait faire alliance entre eux, les produits successifs de ces animaux se sont ennoblis de père en fils, jusqu’à former une race distincte. Ce que mon œil vu, c’est que la race des mahara existe aujourd’hui avec des caractères qui sont à elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Algérie – Course des Mehara 

 

 

 

 

 

 

 

Le mahari est au djemel (chameau) ce que le. djieud (noble) est au khreddim (serviteur). 

 

On dit dans le Tell que les mahara font en un jour dix fois la marche d’une caravane (cent lieues) ; mais les meilleurs et les mieux dressés, du soleil à la nuit, ne vont pas au delà de trente-cinq à quarante lieues; s’ils allaient à cent, pas un de ceux qui les montent ne pourrait résister à la fatigue de deux courses, bien que le cavalier du mahari se soutienne par deux ceintures très-serrées, l’une autour des reins et du ventre, l’autre sous les aisselles.

 

 

Dans le Sahara algérien, après les montagnes des Ouled-Sidi-Cheikh, les chevaux sont rares, les chameaux porteurs innombrables et les mahara de plus en plus nombreux jusqu’au Djebel-Hoggar. L’automne est la saison où les chameaux sont en amour, et si les Sahariens ne laissent point indifféremment approcher la chamelle par le premier étalon venu, ainsi que les Touareg, ils donnent des soins plus spéciaux encore à la reproduction des mahara. Ces nobles animaux ont, comme les chevaux de race, des ancêtres connus, et leur généalogie n’est point entachée de bâtardise. 

 

 

La maharia porte douze mois ; son état de gestation n’empêche point toutefois qu’on en use encore pour la course et pour la ghrazia, mais on la ménage progressivement à mesure que son terme approche.

Aussitôt qu’elle a anis bas, on emmaillote avec une large ceinture le jeune mahari pour soutenir ses intestins et pour que son ventre ne prenne point un développement trop volumineux. 

Huit jours après, cet appareil est enlevé. Le jeune mahari a sa place dans la tente ; les enfants jouent avec lui, il est de la famille; l’habitude et la reconnaissance l’attachent à ses maîtres, qu’il devine être ses amis.

 

Au printemps, on coupe tous ses poils, et de cette circonstance il prend le nom de bou-kuetaâ (le père du coupement). Pendant toute une année, le bou-kuetaâ tette autant qu’il veut ; il suit sa mère à son caprice ; on ne le fatigue point encore par des essais d’éducation ; il est libre comme s’il était sauvage.

 

Le jour de son sevrage arrivé, on perce de part en part une de ses narines avec un morceau de bois pointu qu’on laisse dans la plaie, et lorsqu’il voudra téter, il piquera sa mère qui le repoussera par des ruades, et il abandonnera bientôt la mamelle pour l’herbe fraîche de la saison.

Au printemps de cette année on le tond de nouveau, et il quitte son nom de bou-kuetaâ pour prendre celui de heug(1)

 

A deux ans accomplis son éducation commence pour première leçon, on lui met un licou dont la longe vient entraver un de ses pieds; on le maintient immobile du geste et de la voix d’abord, de la voix seulement ensuite; on détache alors son pied entravé ; mais, s’il fait un pas, on l’entrave encore ; il a compris enfin ce qu’on veut de lui, et ces leçons n’auront de fi n que s’il reste un jour tout entier, sa longe traînante, à la place où l’aura mis son maître. 

Ce premier résultat obtenu, le heug est soumis à d’autres épreuves.

 

On rive à sa narine droite un anneau de fer qu’il gardera jusqu’à la mort, et dans lequel est attachée la rêne en poil de chameau qui viendra se réunir sur son garrot, en passant de droite à gauche, avec la longe du licou qui passera de gauche à droite. On lui ajuste la rahhala, sorte de selle dont l’assiette est concave, le dossier large et haut, le pommeau élevé, mais échancré de sa base à son sommet. Le cavalier est assis dans la rahhala comme dans une tasse, le dos appuyé, les jambes croisées sur le cou du mahari et assurées par leur pression même dans les échancrures du pommeau. Le moindre mouvement sur la rêne de la narine imprime à l’animal une douleur si vive qu’il obéit passivement; il oblique à gauche, il oblique à droite, il recule, il avance, et s’il est tenté par un buisson et qu’il se baisse pour y toucher, une saccade un peu rude l’oblige à prendre une haute encolure. Qu’un chameau porteur broute sur la route, l’inconvénient n’est pas grand, il a le temps d’arriver ; mais un mahhari doit aller vite, c’est là sa qualité première. 

 

Pour apprendre au heug à s’accroupir, dès que son cavalier lui crie : ch ch ch !… on se fait aider par un camarade qui frappe avec un bâton l’animal au genou au moment où le cri part, et jusqu’à ce que le cri seul obtienne obéissance.

Pour le faire enfin aussi rapide que possible, celui qui le monte lui frappe alternativement les fl ancs avec un fouet en l’excitant par un cri aigu. Le jeune mahari chérit beaucoup sa chair, il part au galop; la douleur le suit, il la fuit plus vite, il passe comme une autruche, ses jambes sont des ailes ; mais, pour ne pas le fatiguer, on l’arrête de loin en loin en tirant sur la rêne.

 

 

Si le heug, enfin, sait s’arrêter, quelque vitesse qu’il ait prise, quand son cavalier tombe ou saute de la rahhala ; s’il sait tracer un cercle étroit autour de la lance que son cavalier plante en terre et reprendre le galop dès qu’elle est enlevée, son éducation est complète, il peut servir aux courses ; ce n’est plus un heug, c’est un mahari. 

 

 

Si les chameaux ne sont pas aussi nobles que les mahara, ils ne sont pas moins utiles. Sans les chameaux, point de relations possibles entre les peuples du Sahara, le Soudan serait inconnu ; nous n’aurions pas d’esclaves, et les croyants ne pourraient point aller visiter la chambre de Dieu : avec seul, le désert n’a pas d’espace, ce sont les vaisseaux de la terre : Gouareub et Beurr. Dieu l’a voulu, et il les a multipliés à l’infini. 

 

Vivant ou mort, le chameau est la fortune de son maître. Vivant, il porte les tentes et les provisions, il fait la guerre et le commerce ; pour qu’il fût patient, Dieu l’a créé sans fiel(2) ; il ne craint la faim ni la soif, la fatigue ni la chaleur ; son poil fait nos tentes et nos burnous; le lait de sa femelle nourrit le riche et le pauvre, rafraîchit la datte(3), engraisse les chevaux : c’est la source qui ne tarit point. 

 

Mort, toute sa chair est bonne; sa bosse (deroua) est la tête de la diffa(4) ; sa peau fait des outres (mezade) où l’eau n’est jamais bue par le vent ni le soleil ; des chaussures qui peuvent sans danger marcher sur la vipère, et qui sauvent du haffa les pieds du voyageur(5) ; dénuée de ses poils, mouillée ensuite et simplement appliquée sur le bois d’une selle, sans chevilles et sans clous, elle y fait adhérence , comme l’écorce avec l’arbre, et donne à l’ensemble une solidité qui défiera la guerre, la chasse et la fantasia. 

 

Ce qui fait la supériorité du mahari, c’est qu’à toutes les qualités qui sont de lui, il réunit toutes celles du djemel. Ce qui fait son infériorité, c’est que son éducation difficile mange pendant plus d’un an tout le temps du maître, et que ceux de sa race ne sont pas nombreux. La beauté ne voyage pas par caravanes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1). Vient du verbe hakeuk, il a reconnu, il s’est assuré; ce qui veut dire que le chameau de deux ans commence à être raisonnable.

 

(2). Les Arabes disent que le chameau n’a pas de fiel, et que de là vient sa patience.

 

(3). Cette expression proverbiale désignait la nécessité où sont les Sahariens d’atténuer les effets pernicieux de la datte par son mélange ordinaire avec du lait. 

 

(4). C’est le mets le plus recherché que l’hospitalité puisse offrir à des hôtes de distinction. 

 

(5). Ce sont de véritables brûlures que les sables font aux pieds de ceux qui marchent sans chaussures. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Le Vent du Désert ou Chyli

27072018

 

 

 

 

 

Les vents sont principalement constitués par deux grands courants , les vents de nord et ceux de sud est et de sud, qui alternent entre eux. Pendant le séjour fait à Biscra par M Beylot (*) , 1843-1844, le vent de nord-ouest soufflait quatre-vingt-sept fois; celui de nord, cinquante-six fois; celui d’est.quarante-huit fois; celui d’ouest, dix fois ; celui de sud, une fois; celui de nord-est, une fois. Durant ce même laps de temps, le vent de sud-ouest ne fut pas observé une seule fois.

 

 

 

 

 

Le vent de sud-est constitue le vent du Désert ou Chyli, il  règne en toute saison; il souffle généralement avec lenteur et par bouffées, s’annonçant par un calme accompagné d’un aspect grisâtre, plombé de l’atmosphère. La température s’élève en même temps, et toute l’humidité dont l’air pouvait être imprégné, disparaît complètement. C’est ce qu’indiqué parfaitement l’hygromètre, qui passe à l’extrême sécheresse dés les premiers souffles du Chyli (l’aiguille se rapproche plus ou moins près de zéro). Ainsi, le papier qui tapisse les appartements, se décolle alors avec bruit. Ainsi encore, les meubles, par le retrait du bois, crient de toutes parts, ce qui permet d’en ouvrir facilement ceux qu’on n’ouvrait qu’avec difficulté, ou qu’on ne pouvait même pas ouvrir du tout, un instant auparavant. C’est, du reste , ce que les voyageurs ont déjà fait connaître à l’égard du sirocco ou vent du Désert en général.

 

 

 

 

 

Le  Chyli s’accompagne d’une poussière une , impalpable, disséminée jusques dans les hauteurs de l’atmosphère, et qui pénètre partout, dans les appartements les mieux clos et les meubles les plus hermétiquement fermés. Cette poussière s’aperçoit dans l’atmosphère avant même que le Chyli ne se soit encore fait sentir, et c’est elle qui donne au ciel cet aspect particulier, cette teinte plombée dont nous avons déjà parlé, ainsi que ce hâle qui, souvent, dès la veille de l’apparition du Chyli , se montre autour de la lune, selon la remarque de M le docteur Beylot.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*): était médecin-adjoint à Miliana

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica)

19062018

 

 

 

 

 

 

 

Endémique des montagnes d’Afrique du Nord, forêts disjointes et souvent menacées. Appelé aussi cèdre bleu, cet arbre aux aiguilles vert bleuté est l’essence noble des forêts marocaines et algériennes. Capable de dépasser la taille du cèdre du Liban (50 m contre 40 m environ), il s’en différencie par un port plus érigé et élancé, plus pyramidal (surtout lorsqu’il est jeune), des branches plus courtes et ascendantes, une écorce grise plus claire, lisse et luisante qui se craquelle en vieillissant, et enfin des cônes moins longs

(5 à 6 cm) avec souvent un petit creux au centre. Au Maroc, Cerdus atlantica occuperait environ 90 000 ha, parfois sous forme de lambeaux, dans le Rif et le Jbel Tazzeka, le Moyen Atlas central (région d’Ifrane) et oriental. En Algérie son aire, également tributaire de l’orographie, se répartit sur 20 000 ha entre les forêts mieux conservées de l’Atlas tellien (de l’Ouarsenis à la Kabylie) et celles de l’Atlas saharien en forte régression (du Hodna à l’Aurès).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica) dans Nature 1523192815-artfichier-702125-6356380-201610202857143 

Une forêt de cèdres dans la région d’Azrou-Ifrane au Maroc.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ses exigences écologiques lui permettent une assez grande amplitude altitudinale. C’est le cèdre le plus rustique : selon certains paléobotanistes, il vivait déjà dans le sud-ouest de l’Europe à la fin de l’ère tertiaire (au Miocène et au Pliocène). Sa disparition au nord du bassin remonterait aux périodes froides de l’ère quaternaire (à environ 500 000 ans). Sa présence au Maroc est attestée depuis plus de 120 000 ans (mais seulement depuis 5 000 BP sur le Moyen Atlas) et, en Kroumirie, depuis moins 37 700 BP ; dont on explique son absence actuelle en Tunisie par l’action des Phéniciens, grands constructeurs de bateaux. Indifférentes aux substrats, surtout calcaires mais parfois gréseux comme dans le Rif ou basaltiques comme dans le Moyen Atlas tabulaire, les cédraies de l’Atlas se rapportent à un large éventail bioclimatique et altitudinal. 

 

 

 

Certes, ce sont les cédraies de moyenne altitude, « les cédraies montagnards-méditerranéennes qui sont de loin les plus répandues entre 1700 et 2100 m en moyenne ».  Cependant, des individus isolés peuvent s’observer vers le bas, dans de basses vallées humides (autour de 1000 m), comme vers le haut, sur les sommets du Djurdjura et de l’Aurès (vers 2300 m), dans le Rif (vers 2400 m) et le Moyen Atlas (vers 2600 m). Au total, les cédraies comportent trois types altitudinaux qu’on rattache à une gamme bioclimatique allant du perhumide, sur le Rif, au subhumide et peut-être au semi-aride, sur l’Aurès. 

 

Les cédraies de basse altitude sont présentes en bioclimat humide froid à l’étage supra-méditerranéen (surtout entre 1500 et 1700 m). Les cédraies de moyenne altitude répondent plutôt à une variante très froide du bioclimat humide (mais aussi subhumide ou perhumide) à l’étage montagnard-méditerranéen, d’environ 1700 à 2100 m. Les cédraies de haute altitude sont présentes surtout en ambiance subhumide extrêmement froide, à l’étage oroméditerranéen (d’environ 2100 à 2500 m).

 

 

 

Le cèdre de l’Atlas est intégré à la dynamique des chênaies sclérophylles (chêne vert à feuilles rondes) et caducifoliées (chêne faginé et surtout chêne zéen). Quant aux autres conifères qui s’associent à Cedrus atlantica, ils restent rares ou très localisés, que ce soient le pin de Maurétanie et le pin maritime, ou le sapin du Maroc et le sapin d’Algérie. Le pin d’Alep, quant à lui, ne se mélange pratiquement pas avec le cèdre. Enfin le genévrier thurifère commence son ascension dans les cédraies claires ou dégradées de haute altitude. 

 

 

 

 

le problème actuel des cédraies de l’Atlas est leur dégradation par les multiples activités humaines. L’essor démographique, le pastoralisme intensif, les ébranchements anarchiques, les incendies n’ont laissé bien souvent que des lambeaux de forêts « ponctués de vétérans moribonds et de chandelles sur pied », menaçant ainsi leur génération comme dans le Moyen Atlas central et oriental ou le Haut Atlas oriental. Certes il existe bon nombre de cédraies de basse ou moyenne altitude qui, sous couvert du chêne vert ou du chêne zéen, se régénèrent assez bien, celles de moyenne altitude se régénérant cependant surtout à découvert, dans les trouées de clairière, en préforêt ou en lisière. 

 

 

 

Mais les coupes effectuées dans les chênes verts ou les genévriers thurifères associés aux cédraies claires d’altitude exposent le sol au phénomène de l’érosion hydrique. Or, si le cèdre s’accommode de tous les types de substrats, son système racinaire pivotant et puissant n’aime pas les sols superficiels ni les dalles rocheuses peu fissurées. Alors se déclenchent les processus de la désertification, que vient souvent renforcer une succession d’années particulièrement sèches.Et depuis au moins deux décennies, la fragmentation plus grande des cédraies, l’appauvrissement de leur biodiversité, entraînent d’autres dégâts : l’écorçage des jeunes arbres par les singes magots. Au Maroc comme en Algérie, « le magot (Macaca sylvanus) et le cèdre de l’Atlas constituent deux éléments essentiels d’un même type d’écosystèmes ayant fonctionné en parfait équilibre depuis des centaines de milliers d’années ». Et comme ils voient diminuer leur domaine vital et leurs ressources en eau, par exemple dans le Moyen Atlas central (forêt d’Aïn Kahla), ils pratiquent l’écorçage des jeunes cèdres afin d’en lécher les sels minéraux. Et « la carte de l’ampleur des dégâts se superpose parfaitement à la carte de la pauvreté de la forêt en biodiversité végétale ». 

Si les cédraies d’Algérie, de l’Aurès et du Djurdjura ne subissent pas l’écorçage de magot, c’est qu’elles sont plus diversifiées, en tout cas bien moins pâturées par les moutons que celles des Atlas marocains. 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Jardin botanique de Padoue

24042018

  

 

 

 

 

Le Jardin botanique de Padoue  dans Nature 1521457987-hortus-cinctus-veduta

Jardin botanique de Padoue – Vue de l’Hortus cinctus

 

 

 

 

 

 

Le plus ancien des jardins botaniques encore existant sur son emplacement et dans sa forme originels est celui de Padoue en Vénétie. La date officielle de création de l’Horto de i semplici di Padova est le 14 février 1545. Cette création fait suite aux requêtes présentées devant le Conseil de l’université et le Sénat de Venise, par le médecin, professeur de botanique Francesco Bonafede (1474 – 1558). 

Il souhaite que soit créé un jardin spécialisé au sein de l’université de Padoue. Certains historiens pensent que l’architecte Andrea Moroni (1500 _ 1560) , engagé pour la construction de grands projets à Padoue comme la basilique Saint-Justine, le palais du Podestat ou celui de del Bo, aurait fait les premiers dessins qui permirent aux autorités de prendre leur décision et de lancer les travaux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 »Le jardin botanique de Padoue, fondé par le sénat de Venise en 1545, est le plus ancien qu’il y ait en Europe « . Son emplacement n’a pas changé; un vieux platane oriental, au tronc noueux , aux courts rameaux, mais encore verdoyants, date de sa création. Je ne pouvais le contempler sans une sorte de respect; je trouvais quelque chose de docte à ce contemporain de tant de professeurs illustres, dont les statues de pierre sont à quelques pas, qu’il avait reçus sous son ombre, et il me semblait comme une espèce de doyen parmi les arbres savanes des jardins botaniques. Le jardin de Padoue, sans avoir le luxe de nos serres à la mode, suffit aux besoins de l’enseignement ; il comptait, m’a-t-on dit , en 1827, 5 à 6,000 espèces, nombre qui s’accroît chaque année. La chaleur d’Italie s’y fait déjà remarquer d’une manière très-sensible : les magnolias n’ont pas besoin d’abris ni de paillassons pendant l’hiver ; ils y viennent aussi bien que ceux que j’ai vus depuis en pleine terre dans le jardin anglais de Caserte, et plusieurs étaient hauts comme de grands tilleuls.

 

Le goût des sciences, des lettres et des arts fut toujours très-vif à Padoue. Son ancienne et célèbre académie des Ricovrati recevait des femmes, usage que l’Académie française fut plusieurs fois tentée d’imiter : sous Louis XIV , Charpentier appuyait l’admission de Mme Seudéry, Des IIoulières et Dacier ; dans le dernier siècle, les candidats de D’Alembert furent, dit-on, Mmes Necker, d’Épinay et de Genlis; de nos jours, la même proposition n’aurait rien d’étrange , et les talents poétiques de quelques femmes en feraient de fort dignes et fort agréables académiennes.

 

J’eus l’honneur d’assister, en 1826, à la séance annuelle de l’Académie de Padoue : on remarquait près de ses membres des femmes aimables, dont quelques-unes auraient pu jadis être de l’Académie des Ricorrati, et des jeunes gens. Il y eut un rapport très-bien fait, peut-être un peu long, de M. le secrétaire, sur les ouvrages des académiciens qui paraissent travailler  ; enfin, sauf les concours, les prix de vertu et les ouvrages utiles aux mœurs, c’était presque l’institut. »

 

 Voyages historiques et littéraires en Italie pendant les années 1826, 1827  Par Valery (Antoine Claude Pasquin)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin est décrit, dès 1546, par un chroniqueur vénitien Marco Guazzo (1480 – 1556).Les raisons qu’il avance pour justifier la forme définitive du jardin sont d’ordre pratique et sans aucune référence à caractère symbolique. Le terrain retenu pour y installer le jardin a une forme irrégulière. Avec un jardin carré, un bon tiers de la surface était perdue ; c’est pourquoi, il fut décidé d’inclure ce carré dans une autre figure géométrique, le cercle. Le jardin « rond », Hortus sphaericus, est ainsi formé de douze grands parterres, ceux du carré principal divisé en quatre quartiers, enserrés de huit triangles pour rattraper la forme circulaire. Sur une superficie de l’ordre 8 000 mètres carrés, sont ainsi dessinés et prévus 576 emplacements. Ce n’est qu’en 1552, afin d’éviter les vols de plantes, que le jardin est entouré d’un mur percé de quatre portes monumentales situées aux quatre points cardinaux. 

 

 

 

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Grand Plan de l’Horto dei Semplici  - Girolamo Porro 1561

 

Plan de la seule partie entourée d’un mur avec une entrée à chaque point cardinal. On distingue l’inclusion du carré (symbole terrestre) avec ses différents parterres dans un cercle (symbole céleste)  

 

 

 

 

 

 

 

 

En plus de ce jardin clos, quatre autres jardins sont prévus à l’extérieur des murs : au nord-est, un petit bois d’arbre médicinaux non indigènes, plantés en alignement ; au sud-est, des arbrisseaux ; au nord-ouest et sud-ouest, deux autres petits emplacements. Un labyrinthe et un hippodrome – l’une des formes du jardin romain antique – complètent le projet. La surface totale du terrain mis à disposition pour le jardin est de cinq campi trois quart, soit environ 22 000 mètres carrés.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reportage Ushuaia Tv: le jardin botanique de Padoue

 

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Les périodes pluviales dans le Massif de l’ATAKOR

11032018

 

 

 

 

Les périodes pluviales dans le Massif de l’ATAKOR dans Nature 1515595889-5346-massif-de-l-atakor

Massif de L’Atakor (Sud Algérien) / ©Yann Arthus Bertrand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le massif de l’Atakor et ses bordures, trois périodes pluviales ont été mises en évidence d’après l’étude des sédiments et de leur faune. Des outillages y sont associés et ces trois périodes peuvent être identifiées avec le Villafranchien, l’Acheuléen et l’Atérien. En outre, on observe un court épisode humide au Néolithique. 
 

Dans cette région, les périodes acheuléenne et néolithique correspondraient à des avances de courte durée de la frange climatique tropicale, alors que le pluvial atérien pourrait être d’origine méditerranéenne. Ici aussi les périodes pluviales n’apparaissent pas sans ordre, mais semblent alterner régulièrement comme si cette région avait été successivement dans les zones de savane, désert, frange méditerranéenne, désert, savane et ainsi de suite. Des facteurs locaux : hauts sommets, grands bassins, ont pu intervenir, mais à la suite des actions anthropiques, en particulier depuis le Néolithique, on peut se demander si les aspects du paysage actuel sont ceux des anciennes périodes sèches. 

 

 

 

 

 

 

 

  •  a. La Villafranchien

Les « vieux glacis » et les sédiments les plus anciens à la base des versants peuvent être rapportés à la période villafranchienne. 

De tels glacis prennent une ampleur remarquable dans les Tassilis. A cette période a pu correspondre un climat tropical à saison sèche accentuée.  

La dalle calcaire, épaisse et très étendue, date au moins du Villafranchien et semble s’être formée lors d’un épisode de lac à sédimentation calcaire : succédant à des argiles grises à faune d’eaux tièdes (crocodiles, rhinocéros), cette accumulation calcaire a pu avoir lieu lors d’une « lente modification climatique amenant le paysage de l’Atakor de la zone d’influence tropicale sèche 

(Mio-Pliocène) à celle d’un climat plus frais ».

 

La flore pontique arborée est présente jusqu’au centre du Hoggar. Le gisement villafranchien de diatomites lacustres de l’Ilamane, à 2 300 m, témoigne d’un climat humide avec une flore marquée par l’influence irano-caucasienne et des espèces ligneuses tropicales: il s’agirait d’une forêt ouverte mixte. La flore du Hoggar, remarquablement hétérogène depuis la fin du Tertiaire, s’appauvrit au cours du Quaternaire, en nombre de genres et en espèces. 

 

 

Sur les bordures du massif, le climat de cette période correspond à la dernière phase d’altération importante : glacis supérieurs plus ou moins rubéfiés. 

Des vestiges de sol brun épais semble témoigner d’un abaissement de la température après l’époque des lacs à accumulation calcaire, avec une phase active de creusement et de façonnement des versants, cette période étant liée à une phase de déformation importante (éruptions de lave acide). 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • b. Le Pléistocène moyen

Depuis la fin du Villafranchien jusqu’à la formation de la « Terrasse graveleuse », datée de la fin du Paléolithique supérieur, deux séries de glacis d’érosion sont façonnées dans les basaltes altérés alors que sur les bordures se développent seulement un glacis moyen et une seule grande terrasse de gros blocs le long des oueds.  Alors que le réseau de vallées est hérité de cette période, l’épisode de la terrasse « moyenne » graveleuse correspond à l’ennoyage généralisé de ces vallées et signifie un retour à des conditions semi-arides, mais sans doute moins arides que l’actuel. 

 

 

Cette terrasse moyenne est présente partout et fournit un excellent repère chronologique: d’après l’outillage, cette « crise morphoclimatique » se place au Paléolithique, dans l’Acheuléen moyen à supérieur, et elle a affecté tout le Sahara central. 
 

Ainsi le gisement de Tihodaïne, au pied du Tassili des Ajjer, a fourni une faune typique de savane africaine. Les diatomées et les pollens tropicaux de cette période appartiennent aux seuls espèces chaudes connues dans le Quaternaire de l’Atakor. 

 

 

Les flores du Pléistocène moyen ont confirmé la juxtaposition des éléments tropicaux et subtropicaux de plaine, des éléments montagnards et d’une majorité d’éléments méditerranéens et surtout subméditerranéens et désertiques. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • c. Le Pléistocène supérieur

 Au pluvial froid le plus récent, ce sont formés en abondances des dépôts marécageux et des sols bruns, noirs ou gris. Sur les bordures de l’Atakor, les nappes d’eaux ont pu exister, presque en permanence, jusqu’au Néolithique compris. 

 

 

Les sols de cette période se caractérisent par une transformation chimique réduite et une fraction argileuse où dominent la montmorillonite et l’illite, caractères qui peuvent bien s’expliquer dans le contexte d’un climat méditerranéen. En outre, l’étude des pollens montre l’existence, après une période aride accusée, d’une flore méditerranéenne à nuance assez fraîche (cèdre, pin d’Alep). Cette végétation pourrait être contemporaine de l’Atérien, par conséquent du cycle saourien, mais on y trouve également des éléments tropicaux, d’origine est-africain, et balkano-caucasiens.

 

 

On observe à cette époque un comportement anarchique de l’érosion linéaire et  du développent du glacis récent. Les témoignages de sédimentation calcaire sont fréquents. La faune de mollusques dans les dépôts calcaires comprend un grand nombre d’espèces hygrophiles et les espèces à affinités paléocratiques ou méditerranéennes dominent. 

 

 

L’ancienneté des lacs calcaires est datée sur des formations semblables de 11 850 ± 350 (sud-est de Tamanrasset) à 8 380 ± 300 ans B. P. (ouest d’Hirafok), c’est-à-dire l’époque atérienne, caractérisée par l’importance de l’humidité et des pluies, mais ces auteurs la relient à une extension vers le nord du climat subtropical. 

 

Le court épisode humide néolithique, dont plusieurs gisements ont été datés de 5 030 à 4 680 ± 300 B. P. est caractérisé par un cortège d’espèces méditerranéennes xérophiles.   

 

 

En de nombreux points, ce Néolithique a un caractère nettement chaud (faunes tropicales à Meniet et à In Guezzam) mais ne semble pas avoir été très humide. Son influence sur l’évolution morphologique a été pratiquement nulle. 

 

 

La terrasse limoneuse récente, de couleur brune, s’est formée en pleine période historique, alors qu’en montagne le creusement s’affirme surtout après le Néolithique jusqu’à l’incision généralisée qui caractérise la période actuelle. 

 

Il semble donc que le Sahara central est resté largement ouvert aux influences méditerranéenne et tropicale, même extérieures au continent africain, aux périodes du Quaternaire ancien. Ceci explique l’hétérogénéité de la flore et aussi de la faune. La fin de la dernière période humide et par conséquent la disparition de la végétation sylvatique de type méditerranéen correspondrait à la fin de l’optimum climatique du Post-Würm européen, à forte pluviosité. 

 

 

la succession des épisodes climatiques apparaît ainsi relativement simple en montagne, chaque cycle comprenant un Pluvial frais devenant froid, puis une phase sèche. En plaine, la succession est plus complexe, semble-t-il, mais les phases de stabilité correspondent aux périodes sèches. Dans les deux cas, chaque cycle ne donne naissance qu’à une seule forme durable, le glacis 

d’érosion, qui se forme lors du passage de l’Aride au Pluvial. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’oued Afilal constituent le cours d’eau le plus important du massif de l’Atakor (région de Tamanrasset) qui culmine à plus de 3000 mètres. Les gueltas se présentent sous forme de petites terrasses, marmites et petites cascades dans lesquelles l’eau coule en permanence dans un milieu environnant complètement désertique, elles renferment une végétation riche et diversifiée ainsi qu’une faune diversifiée complétée par la présence insolite d’une ichtyofaune représentée par le barbeau du désert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Parcs et Réserves Naturelles au Bhoutan

26012018

 

 

 

 

 

L’ensemble des aires protégées, incluant les parcs nationaux, les réserves naturelles et les corridors biologiques, représente 60% de la superficie du pays.

En outre, le Bhoutan est le seul endroit au monde où le léopard des neiges et le tigre royal du Bengale cohabitent sur un même territoire. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. Le Wangchuck Centennial Park, créé en 2008 pour célébrer les 100 ans de la monarchie est, avec ses 4914km², le plus grand du pays. Il se situe dans le centre nord du Bhoutan et inclut le plus haut sommet du pays, le Gangkar Phuensum (7514 m). en hiver, 85% du parc est sous la neige.On y trouve de nombreux conifères et des genévriers. Il comprend trois zones écologiques entre 2500 m et plus de 5000 m, qui présentent six différents types d’habitat végétal : forêts de feuillus, de conifères mélangés, de sapins, de genévriers, des prairies alpines avec buissons, et des éboulis.   

    Trente-trois espèces de plantes médicinales s’y trouvent, dont le très onéreux yartsagumbu (Cordyceps sinensis) et l’if himalayen (Taxus baccata wallichaina). L’arbre national du Bhoutan, le Cupressus corneyana, a un bois très apprécié ; il est aussi utilisé dans la fabrication d’encens.  

    Ont été recensés et documentés : 43 mammifères, 42 espèces de papillons et 250 espèces d’oiseaux.

    Y habitent, entre autres, le tigre royal du Bengale, le léopard, le léopard des neiges, l’ours noir de l’Himalaya, le chat félin, le daim musqué himalayen, le bouquetin de l’Himalaya et le takin du Bhoutan.

 

 

 

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2. le Parc national Jigme Dorji Wangchuck, d’une superficie de 4349 km², a été créé en 1974. C’est la seconde plus grande étendue protégée du Bhoutan et elle est également, d’un point de vue biologique, l’une des plus riches de tout l’Himalaya oriental. Elle couvre une région qui va des forêts tropicales – arrosées par la mousson, à 1000 m d’altitude – jusqu’aux glaciers à la frontière nord-ouest du pays – à plus de 7000 m – et elle abrite des plantes et des animaux d’une grande diversité. 

 Dans la région alpine, on trouve notamment la fleur national, le pavot bleu, l’edelweiss, les rhododendrons et diverses orchidées.

Des animaux rares tels que le léopard des neiges, le takin, le tigre, l’ours noir ou le panda rouge, peuplent les forêts et les montagnes du parc. 

 

 

 

 

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3. Le Parc National Jigme Singye Wangchuck, le troisième plus grand du Bhoutan avec 1300 km², est situé au centre du pays. Il couvre un territoire allant des sommets enneigés jusqu’à des forêts de sapins et des forêts aux feuilles caduques. Connu autrefois sous le nom de Parc national des Montagnes Noires, il est soumis à des conditions climatiques très variées et abrite de ce fait une grande variété de plantes, d’animaux et d’oiseaux. Il possède également l’une des plus grandes couvertures forestières intactes de tout l’Himalaya oriental.  

 On y trouve le daim musqué et l’ours noir de l’Himalaya. Le langur doré, une espèce endémique du Bhoutan, le léopard tacheté, le panda rouge et le tigre royal du Bengale y vivent également. La partie orientale du parc abrite environ 20% de tous les tigres du Bhoutan. Cohabitent également dans ce parc 391 espèces d’oiseaux, dont 7 menacées d’extinction. La vallée de Phobjikha est le lieu d’hivernage d’environ 260 grues à cou noir qui y passe régulièrement la saison froide.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4. Le Parc national de Trumshingla, de 786 km², a été créé en 1998. Cette forêt encore vierge s’étend des forêts subtropicales de la vallée de Ura à la région de Sengor au climat alpin. La présence du léopard des neige, du panda rouge et de plantes rares en fait un parc exceptionnel et d’une grande importance. Avec des altitudes se situant entre 1000 m et 4000 m et des températures entre – 21°C et + 28°C, le parc subit des variations cliniques parmi les plus spectaculaires du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5. Le Sanctuaire naturel de Bumdeling est situé dans le nord-est du Bhoutan. Il couvre une surface 420 km² dans la zone tampon des districts de Trashiyangtsé, Lhuntsé et Mongar sur la frontière indienne à l’est, et tibétaine au nord. 

 Le sanctuaire abrite environ 100 espèces de mammifères dont des espèces menacées telles que le léopard des neiges, le tigre royal du Bengale ainsi que le panda rouge. Environ 150 grues à cou noir hivernent à Bumdeling entre novembre et mars. Le sanctuaire est également un paradis pour les papillons et, à ce jour, plus de 130 espèces y ont été répertoriées. On s’attend à en découvrir encore plus d’une centaine d’autres.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Le Sanctuaire naturel de Sakteng, établi en 2003 sur 650 km², à la frontière avec l’Arunachal Pradesh indien, est le plus oriental. C’est un monde d’une étonnante biodiversité qui vraisemblablement réserve encore de belles découvertes, tant les écosystèmes y sont variés, allant des pâturages alpins aux forets tempérées et subtropicales, et où abondent les rhododendrons. On y trouve le léopard des neiges, le panda rouge, l’ours noir de l’Himalaya, le cerf muntjac (ou cerf aboyeur), le renard roux de l’Himalaya, une espèce d’écureuil de l’Himalaya et peut être même le yéti, l’abominable homme des neiges.  

 Parmi les oiseaux on compte l’Assamese macaw, l’ithagine ensanglantée, la pie-grièche du Tibet, le pic cendré, la huppe fasciée, la mésange cul-roux et le roselin sombre. Parmi les plantes, mentionnons le pavot bleu, des rhododendrons, des primevères et des gentianes qui, au printemps, transforment le parc en un immense jardin. 

 

 

 

 

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7. Le Parc national royal de Manas, 1023 km², a été créé en 1966. Il continue le Parc national Jigme Singye Wangchuck vers le sud jusqu’en Assam, région à laquelle il est relié par la Manas Tiger Reserve, une réserve indienne répertoriée dans le cadre de l’Héritage mondial de l’Unesco. 

 Cette zone abrite une faune très riche dont le très menacé tigre royal du Bengale dont le nombre a pourtant doublé en vingt ans (200), le masheer doré (Tor putitora), l’éléphant asiatique, le rhinocéros indien, le léopard tacheté, l’ours noir de l’Himalaya, le dauphin du Gange, le pangolin ainsi que le langur doré, une espèce de singe que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Plus de 365 espèces d’oiseaux y ont également été répertoriées et on estime que 200 autres espèces, non encore recensées, y vivent également. 

 

 

 

 

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8. Le Sanctuaire naturel de Phibsoo, 278 km², créé en 1974. A la frontière avec l’Inde, il protège les forêts de Sal (Shorea robusta).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 9. Le Sanctuaire naturel de Khaling/Neoli, 273 km², créé en 1984 pour la protection des espèces animales de la zone semi-tropicale. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10. La Réserve de Torsa, 644 km², dans l’ouest du pays, à la frontière avec la valée de Chumbi au Tibet.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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