Une Ancienne Capitale Berbère: Notes sur les Ruines de Morat

9 01 2021

 

 

 

Communication de René Basset (1901)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans son Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun mentionne la ville de Merat, ou Morat, construite par Mendil, chef des Maghraoua, mais dont les Béni Toudjin s’emparèrent au milieu du XIIIᵉ siècle de notre ère , sous leur chef ‘Abdel-Qaoui qui y bâtit une citadelle achevée par son fils Mohammed.

 

 

 

Le plus grand prince de cette dynastie, Mohammed, qui, du reste, ne parvint au trône que par l’assassinat de son frère et rival Youssouf, se trouva mêlé à une guerre contre la France. Lors de la croisade de saint Louis contre Tunis, il amena un contingent au roi hafside de cette ville , El-Mastanser, et il se distingua tellement contre les Croisés, qu’en récompense il reçut en fief du prince tunisien les villes de Maggara et d’Aoumach dans le département actuel de Constantine.

 

 

  

Pendant un court séjour chez mon frère, administrateur de la commune mixte de Tiharet (département d’Oran), j’ai pu retrouver l’emplacement de Morat, dont les ruines sont encore connues sous ce nom et existent sur le territoire de la tribu (douar-commune) de Ouled Lakred.

 

 

 

La citadelle occupait la partie supérieure de la montagne et surplombait à pic une profondeur qui ne devait pas être moindre de quarante ou cinquante mètres quand les bâtiments de la Qasbah étaient intacts. Aujourd’hui, il n’en reste que les blocs de rochers qui leur servaient d’assises.

 

 

 

Je n’ai trouvé d’à peu près intact que deux citernes ou réservoirs sur le côté sud de la Qasbah : le reste est rasé et les décombres jonchent le sol. Il en est de même en ce qui concerne la ville. Peut-être des fouilles amèneraient-elles la découverte de quelques inscriptions , surtout si l’on parvenait à déterminer l’emplacement de la mosquée et du cimetière.

 

 

 

De nos jours, on a élevé au milieu des ruines une qoubbah en l’honneur de Sidi Rabah ben Mohammed, et je ne serais pas étonné que, dans quelques années, le nom de ce saint ne soit substitué à celui de Morat, comme à Tlemcen celui d’Ibrahim el-Masmoudi a remplacé le nom d’Abou Hammou pour le monument construit par ce prince zeyanite.

 

 

 

Morat n’est pas la seule ville du moyen âge musulman dont j’ai retrouvé la trace dans cette courte excursion. Ibn Khaldoun nous apprend que le second successeur de ‘Abd-el-Qaoui, Mohammed, fut assiégé par Yaghmorasen, roi de Tlemcen et fondateur de la dynastie des Béni Zeyân dans Taferkennit, et sa constance obligea l’ennemi à lever le siège en 649 de l’hégire (1251-2). Les ruines de cette ville existent encore dans la commune mixte de Tiharet, sur le territoire de la tribu (douar-commune) de Torrech, et portent le nom singulier de Kherbat Kousou. Mais une petite rivière qui passe au pied a conservé l’appellation de Taferguennit. On y voit encore un mur solide et des traces de constructions. La tradition prétend que cette ville fut détruite avant l’invasion des Turks.

 

 

 

Enfin Ibn Khaldoun nous rapporte que lorsque les Béni Toudjin chassèrent les Maghraoura de la région de Médéa et de l’Ouancherich (l’Ouarsenis actuel), ils s’emparèrent aussi de Taoughzout. C’est Taoughezout, sur le territoire de la commune mixte de Trenda, entre cette ville et Tiharet. On y voit des ruines que les habitants attribuent aux Romains, mais qui sont plutôt celles de la ville berbère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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