La Légende de ‘Sidi’ Okba Ben Nafi

24102018

 

 

 

 

 

La mosquée de Sidi Okba, construite en maçonnerie, sur le ton gris foncé de tous les monuments du Sahara, est beaucoup moins vaste que la plus petite des mosquées d’Alger ou de Tunis. On traverse une cour, une galerie affectée aux ablutions; on côtoie une piscine — menagée pour servir à laver les cadavres — et on entre dans le sanctuaire où repose le saint Sidi Okba ben Nafi, général du Kalife Moaviah, premier conquérant musulman.

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Mosquée Sidi Okba – Biskra 1875

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’endroit où s’élève aujourd’hui la mosquée Sidi Okba fut défait et tué par les Berbères et les Romains alliés. 

 

La légende de Sidi Okba est d’une férocité inouïe : la voici : 

Après avoir conquis la région septentrionale du Zab, le glorieux Émir Sidi Okba fit égorger ceux des Berbères idolâtres qui ne voulurent pas embrasser la vraie foi, à l’exception de l’ancien chef du pays nommé Koceila, qu’il garda près de lui avec cinq de ses enfants. Le roi païen ne voulait pas abjurer son erreur : la prudence ordonnait cependant à Sidi Okba, entouré de barbares encore insoumis, de garder Koceila en otage ; il ne pouvait donc l’envoyer à la mort, et le cœur pieux du saint émir saignait de douleur. Toutefois l’aveuglement de l’idolâtre souillant le camp des fidèles, il n’y avait pas de mauvais traitements que l’émir ne fît endurer à Koceila, pour le mettre dans le droit chemin. 

 

 

 

 

Un jour, Sidi Okba appela l’ancien chef du pays et lui ordonna d’écorcher de ses mains un mouton fraîchement abattu. 

 

— Afin, dit-il, que les nouveaux convertis voient jusqu’où peut aller l’humiliation de leur ancien roi opiniâtre et infidèle. 

 

Pendant cette besogne répugnante et réputée vile dans le Ziban, Koceila, chaque fois qu’il retirait sa main sanglante du corps du mouton, se la passait sur la barbe.  

 — Que fais-tu? demanda Sidi Okba. 

 

 — Cela fait du bien aux poils ! répondit Koceila. 

 

 — Tu songes à te venger. 

 

 — Non ! car je suis ton esclave. 

 

 — Oui ! tu l’es ! mais si tu te convertis, je te traiterai bien. 

 

 Koceila ne répondit pas. Plein de fureur et emporté par sa ferveur religieuse, Sidi Okba cria : 

 — Si en place d’un mouton, je t’ordonnais d’écorcher un de tes fils, que ferais-tu? 

 

 Koceila répondit : 

— Ne suis-je pas forcé de t’obéir? 

 

 — Qu’on amène un des petits infidèles ! ordonna l’émir. 

 

 Sommé d’écorcher son fils ou d’embrasser l’Islamisme, le misérable Berbère préféra sacrifier la chair de sa chair. Il accomplit l’acte d’abomination, et comme il l’avait fait du sang du mouton, il se teignit la barbe du sang de son enfant! Après quoi  il demanda à l’émir : 

 — Veux-tu que j’écorche les autres? 

 

 Vaincu par son opiniâtreté, Sidi Okba se retira sous sa tente. Depuis ce moment, abandonnant la pensée de convertir l’idolâtre, il sembla l’avoir oublié. 

 

Koceila, lui, n’oubliait rien. Laissé, malgré les conseils des chefs arabes, presque libre dans l’intérieur du camp musulman, il noua des relations avec les Berbères insoumis, ses parents et alliés, et réussit à communiquer avec le comte Julien, chef romain. Les Berbères et les Romains réunis firent tomber dans une embuscade l’émir.  

Sidi Okba ben Nafi périt glorieusement, après avoir tué des milliers d’ennemis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Souma bent el-Abri

18092018

 

 

 

 

Ce mausolée antique d’une forme élégante, est situe à soixante kilomètres environ au sud de Tébessa, sur les dernières pentes nord du Djebel-Fouâ. Sa hauteur totale est de six mètres cinquante cm, la largeur de chaque face, de deux mètres dix cm. Il est construit en pierres de taille de trente centimètres d’épaisseur; les blocs qui forment la base ont une hauteur double. Les chapiteaux qui surmontent les deux colonnes de la façade sont d’un style corinthien des plus modestes. La partie supérieure du monument est ouverte sur le devant; elle était fermée à droite et à gauche par deux longues pierres juxtaposées, ornées d’un dessin qui fait, à  distance, très-bon effet. Les deux pierres contiguës avec les colonnes sont tombées. Les angles et le milieu de la façade postérieure sont occupés par trois pilastres en relief, portant les mêmes ornementations que les colonnes. Entre ces pilastres sont engagées des pierres semblables à celles des côtés. L’édifice est surmonté d’un tronc de cône percé parallèlement à la façade principale d’une longue  rainure. 

 

 

 

 

Aucune inscription n’indique en l’honneur de quel personnage ce monument a été élevé, ni à quelle origine on peut le faire remonter. D’où lui vient ce nom de Bent-el-Abri (la fille du grand seigneur)? Voici ce que dit à ce sujet la tradition locale : 

 

 

 

Cette portion du pays était autrefois sous la domination d’un grand seigneur appelé Aurès, lequel était marié à une femme connue sous le nom de Khenchela. Cette puissante famille possédait plusieurs châteaux dont les ruines se retrouvent encore à Daharet-Fouâ, Bahiret-Sbikha et à Khenchela, sa résidence habituelle. La fille d’Aurès, connue seulement de son surnom, El-Kahna (l’habile), était une personne très belle et d’une grande intelligence. Élevée sous la tutelle de son père, elle avait reçu une brillante éducation, en rapport avec le rang élevé qu’elle occupait. Lorsqu’elle fut en âge d’être mariée, son père lui laissa la liberté de choisir elle-même un époux. Parmi les prétendants nombreux qui se présentèrent, El-Kahna choisit un nommé Berzegan, qui a laissé son nom à la grande ruine située au sud d’El-Ma-el-abiod. L’acte de mariage fut dressé, mais Aurès mourut avant l’accomplissement de la cérémonie. C’est probablement en son honneur que fut élevé le mausolée. 

 

 

 

Aurès eut pour successeur un des prétendants que sa fille avait repoussés et qui, humilié de cet échec, conçut le projet de se venger. Doué de mauvais instincts, il abusait de son pouvoir pour commettre les plus mauvaises actions. Il avait introduit, entre autres usages, le droit de prélibation que s’arrogeaient autrefois les seigneurs féodaux. El-Kahna, ne voulant pas se soumettre; à cette coutume, retarda pendant quelque temps son mariage. 

 

Indignée enfin de voir le peuple entier victime des exactions de ce nouveau seigneur, elle résolut d’en délivrer le pays. Elle choisit les jeunes gens, les plus braves et quelques membres de sa famille qu’elle convia à un festin. A la fin du repas, elle leur fit part de son projet, qui fut approuvé par tous, et les invita à garder le secret. Aussitôt après, elle fit faire les préparatifs pour la cérémonie du mariage et, suivant la coutume établie, elle se rendit, suivie de ses convives, chez le seigneur qu’elle avait fait prévenir. Elle pénétra seule dans son appartement. Elle chercha d’abord à le ramener à de meilleurs sentiments, puis voyant ses efforts inutiles, elle lui plongea un poignard dans le cœur. 

 

Louée publiquement pour son courage et l’habileté qu’elle avait déployée, elle reçut à ce sujet le surnom qui lui resta. 

 

 

 

 

El-Kahna était à Khenchela avec sa mère, lorsque l’insurrection les surprit. Elles quittèrent l’Aurès et allèrent s’établir d’abord à Bahiret-Sbikha,; puis à Fouà et enfin à Bir-el-Ater, désigné un certain temps du nom de Bir-el-Kahna. 

 

 

Aurès, chassé de son côté par l’insurrection, rejoignit sa famille à Bir-el-Aler, se dirigea avec elle sur Feriabna, et ne reparut plus dans le pays tombé au pouvoir des conquérants. 

 

Cette tradition remet en mémoire les mœurs des Vandales; elle tendrait à faire remonter la construction du mausolée au  commencement du Ve siècle, peu de temps avant l’époque où les Maures de l’Aurès se sont déclarés indépendants. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Terre dans l’Esprit traditionnel Kabyle

1072018

 

 

 

 

 

On oublie de nos jours que la vie de la planète sur laquelle nous vivons est associée et doit son nom à la terre. Dans l’esprit et les comportements des anciens Kabyles, la vie humaine avec l’ensemble de la nature est intimement liée à la terre. Cela n’est pas seulement une conception théorique mais une réalité vécue. 

 

 

 

La terre est véritablement considérée comme un être vivant dont l’évolution suit le même cycle que celui de la vie humaine. Elle représente le ventre du monde où vient et naît la vie, semblable à la femme. A ce sujet, plusieurs énigmes en sont le thème, comme par exemple celle-ci : j’ai semé des graines derrière la montagne, je ne sais pas si ce sera un blé ou de l’orge. La solution de l’énigme est l’enfant dans le ventre de sa mère. La croyance que la terre a engendré les humains se retrouve dans le mythe de la création kabyle, ‘les premiers parents du monde’, qui indique que la vie humaine prend source dans les profondeurs de la vie souterraine. 

 

 

 

la terre au même titre que la femme est créatrice. Ainsi, quand on la décrit pleine de graines au printemps, on utilise les mêmes mots que ceux qui désignent une femme enceinte. Dans l’esprit traditionnel, le fait que la terre soit considérée comme la mère de la vie sur la planète est justifié par les termes que l’on emploie quand on parle d’elle, mais aussi par les précautions et l’attention qu’on lui réserve. A la période de la germination, elle est sensible et les interdits qui l’entourent sont les mêmes que ceux auxquels est soumise la femme fécondée.

 

 

 

En Kabylie, la terre est sacrée parce qu’elle est animée de vie invisible. Cet esprit qui unit l’humain à la terre pure se reflète dans une multitude de comportements. Il transparaît dans l’interdit encore respecté de nos jours qui est illustré par l’expression ‘’ne pas frapper la terre de crainte de lui faire mal’. Cela peut être interprété comme une façon bien naïve de la considérer comme un être vivant. 

Mais les Kabyles ne se sentent pas différents ou de meilleure nature que la terre, car ils savent qu’elle est le support de la vie de la planète et donc de la leur. Ils dépendent d’elle puisqu’elle permet la vie du cycle végétal puis animal et humain. Brutaliser la terre revient dans leur esprit à se brutaliser eux-mêmes parce qu’en faisant partie du même cycle de vie, l’énergie ainsi dispersée a en retour une influence sur les énergies des plantes, des animaux et donc des personnes. Tout cela explique le respect pour ses énergies de vie et en même temps la responsabilité des Kabyles envers elle. Le pouvoir vital attribué à la terre permet de comprendre également le rôle et l’importance de la magicienne et de ses pratiques autour de la maison traditionnelle. Ainsi, à chaque fois que l’on interviendra dans son cycle de vie afin d’y implanter un édifice quelconque ou de la semer, elle sera entourée de gestes rituels. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Terre dans l'Esprit traditionnel Kabyle  dans Croyances & Légendes 1523523603-s-l1600

Laboureur Kabyle 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie de la terre étant de nature sacrée, elle ne peut être appropriée par quiconque sous contrat de droit écrit mais sous contrat d’appartenance. Cela veut dire qu’elle ne revient qu’à ceux qui y vivent et qui doivent se nourrir d’elle. En dehors des jardins accolés aux maisons, les terres fertiles autour du village demeurent en Kabylie la propriété collective du groupe familial élargi à celui de tous les habitants. Malheureusement, depuis le début du siècle, la notion de propriété individuelle s’implante de plus en plus dans l’esprit kabyle. 

Dans la société traditionnelle, celle-ci obéissait à des lois complexes à travers des rites de partage qui respectaient le besoin vital réel de tous les membres de la collectivité que représentait la grande famille du village.Cela explique que le partage des terres à cultiver était renouvelé chaque année à l’ouverture des labours d’automne, après le rite du premier sillon autour d’un sacrifice sanglant. 

 

 

 

 

Grâce au rituel agraire, le droit de propriété des champs était réservé à ceux qui les cultivaient. Mais, il devait être soudé par un contrat d’alliance avec la terre elle-même, car on la croit habitée par un génie gardien qui est son propriétaire invisible. Il fallait donc en obtenir l’accord et les rites des labours apparaissent alors comme un contrat d’association avec les forces invisibles :‘’la culture des céréales rend nécessaire, pour un temps, la prise de possession du sol, l’homme doit donc obtenir la protection des génies gardiens et des morts qui y résident en partageant un sacrifice d’alliance’’.  

 

 

S’il y avait pourtant trop de manifestations anormales, il faudrait abandonner la terre à cultiver, car cela implique dans l’esprit traditionnel que les gardiens invisibles sont réticents et ne sont pas prêts à s’allier aux humains. La terre n’appartient pas aux humains mais à des entités invisibles qui protègent les endroits, les objets et les territoires sacrés. Ces esprits sont toujours vigilants et veillent encore de nos jours à ce que la terre ne soit pas volée ou violée. A ce sujet, il existe plusieurs anecdotes qui attestent leur présence et prouvent qu’ils sont encore respectés. Dans le même esprit, les catastrophes naturelles, les tremblements de terre par exemple, sont toujours associées aux entités invisibles qui sont les habitants originels.Leur agitation est liée aux comportements et aux énergies invisibles des personnes humaines qui les auraient troublées. Il existe une polarité entre la terre et les humains, mais ce sont les femmes, en Kabylie traditionnelle, qui sauront par leur savoir les adoucir et les concilier. 

 

 

La polarité magique de la femme de par son identité avec la terre conditionne les rites et les précautions qui accompagnent la culture de la terre. Il était interdit à une femme enceinte de faire de la poterie, car cela revenait pour elle, dans une même idée, à transformer la création qu’elle portait dans son ventre maternel. Jean Servier qui a étudié les rites autour de la culture des champs a montré la correspondance qui existe entre l’accouplement humain et les labours. Ce rapport se confirme par le rite qui consistait à placer sous le lit conjugal les graines qui vont être semées. 

 

 

 

 

 

Les rites autour des labours, semblables au mariage humain, identifient le début du cycle de vie des céréales à celui de la naissance humaine. Dans le même esprit, la mort des céréales correspond à celle de l’humain. Cela explique pourquoi les moissons sont entourées des mêmes chants et rites funéraires. Après les moissons, la terre profitera des mêmes soins que l’on apporte à un défunt. Les femmes accomplissaient les mêmes visites obligatoires, c’est-à-dire qu’elles se rendaient sur les champs au bout de trois jours, puis au bout de quarante jours. L’analyse des rites agraires montre comment le cycle de la mort et de la naissance humaine se retrouve en correspondance avec le cycle du grain, respectivement à la moisson et aux semailles. Cependant, le mérite revient à J. Servier d’avoir mis en évidence comment la notion de la mort est conçue : ‘’Comme l’indispensable préliminaire de tout cycle d’existence’’. Nous retrouvons d’après cela, les mêmes rites funéraires à la période des labours qui précèdent les semailles. On apporte à la terre que l’on va labourer ou que l’on va moissonner les mêmes offrandes que l’on fait aux morts et que l’on distribue aux passants. Ces rites funèbres indiquent le passage à une nouvelle phase d’un cycle de création. Cela explique pourquoi la période des moissons est appelée Anebdu, c’est-à-dire le commencement.

 

 

 

 

 

La naissance liée à la mort représente le principe spirituel de tous les rites autour de la terre et les conditionne en même temps. Les rites de deuil mettent en évidence le fait que les Kabyles se sentaient de même nature que la terre et que leur organisme fonctionnait suivant les mêmes principes. D’une façon équivalente, si la récolte était mauvaise, cela correspondait aussi à un mauvais augure pour les humains. Cette conception d’ordre religieux imposait aux êtres humains de s’associer à la fin comme au début du cycle de fécondation de la terre en portant le deuil. L’idée qui unit le cycle de la terre à celui de la vie humaine permet alors de mieux comprendre l’interdit qui concerne particulièrement les cheveux de la femme. A la période des premiers labours, les femmes ne doivent pas les nouer, car cela risquait de ‘nouer’ le cycle de végétation et par là d’arrêter la croissance des plantes. 

 

 

Dans l’esprit des anciens, la fécondité de la terre est liée à la pousse du système pileux humain : ‘’ Si le laboureur ne peut se raser ou s’épiler pendant les premiers jours de la saison des labours, si la maîtresse de maison ne peut aller aux champs que les cheveux dénoués, répandus sur ses épaules, c’est bien en vertu de ce même principe qui, dans les interdits de deuil, assimile la mise en terre de l’homme à des semailles pleine de promesses.’’ 

Le principe unitaire de la mort et de la renaissance est mis en évidence grâce aux rites funéraires et de fécondité qui cohabitent suivant la dimension humaine dans le cycle du grain. On comprend alors l’attitude sacrée qui entoure le travail de la terre.

 

Dans l’esprit kabyle, tout ce qui vient de la terre mais aussi tout ce qui meurt doit lui être retourné. Les rites d’enterrement, comme par exemple, celui de la dernière gerbe à la fin des moissons, terminent en le complétant tout cycle de vie terrestre. Suivant le même principe, le placenta, qui ne peut plus nourrir l’enfant qui vient de naître, doit être soigneusement enterré. Cela permet également d’expliquer l’angoisse de tout Kabyle à l’étranger qui souhaite à sa mort retourner à la terre qui l’a fait naître. Encore de nos jours, des collectes sont organisées en France afin de faciliter le transport d’un défunt vers le cimetière de ses ancêtres. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Moissonneurs kabyles 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La terre n’est pas seulement le sanctuaire des corps défunts, mais celui de leurs âmes. Le monde des morts ne se trouve pas dans le ciel, mais bien dans le monde souterrain de la terre. On comprend alors les interdits qui concernent particulièrement le travail de la potière kabyle. Celle-ci n’hésitera pas, si une mort survenait dans sa maison, à détruire toutes ses poteries qui n’ont pas été terminées, c’est-à-dire brûlées. Le feu aurait empêché l’âme du défunt de se déposer par erreur sur la terre encore fraîche des objets façonnés. Le fait que la terre non brûlée soit vivante et qu’elle attire l’âme des morts conditionne tous les interdits et explique notamment celui qui pèse sur les forgerons. Ceux-ci, en Kabylie, ne peuvent pas cultiver la terre, car ils risqueraient de la brûler et donc de mettre fin à sa fécondité. Dans la même pensée, les forces invisibles d’un mort doivent être retournées à la terre afin de féconder son monde souterrain. C’est pour cela que les Kabyles redoutent la mort par le feu et refuse l’incinération. 

 

 

 

Les énergies des morts occupent la terre autant que les vivants. Les âmes de nos ancêtres sont toujours présentes et accompagnent les gestes de notre vie quotidienne. Elles nous aident dans notre existence terrestre et nous leur faisons appel dans nos difficultés et dans notre tristesse. ‘’….les morts et les vivants sont tellement mêlés dans la vie quotidienne, associés aux mêmes gestes et aux mêmes rites qu’il est difficile de dire si les morts sont encore liés à leurs clans terrestres ou si les vivants participent encire ou déjà au plan des choses de l’Invisible.’

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En Kabylie, nous saluons les morts auxquels nous rendons visite et, debout sur leurs tombes, nous leur parlons. Nous leur apportons la nourriture qu’ils aimaient, jadis de leur vivant, sous forme d’offrandes distribuées aux passants. La terre sacrée, parce qu’elle est habitée par les invisibles, possède des pouvoirs magiques de fécondité et particulièrement celle de la tombe d’un mort qui intervient dans les pratiques de magie voire de sorcellerie. Dans la pensée traditionnelle, les morts sont liés au monde des vivants d’une façon invisible mais aussi visible. Le cimetière se construisait à proximité du village autour de l’ancêtre le plus éloigné. La distribution au sol des tombes se superposait à celle des maisons que les défunts occupaient de leur vivant dans le village. Les rites kabyles attestent la présence et le pouvoir des forces invisibles issues de la terre et solidifient à la fois le contrat d’unité qui les relie sur le plan terrestre aux humains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Cimetière – Kabylie 

 

 

 

 

 

 

L’analyse des rites aratoires met en évidence le fait que dans la fin d’un cycle de vie s’opère le passage à un cycle de renouveau. Le rituel magique qui les accompagne démontre que c’est à partir du principe de la mort que renaît la vie et que le rite se situe toujours à ce passage. De cette façon, la mort des champs correspond au début du cycle des céréales. Celles-ci vont être stockées dans les maisons. Puis dans un circuit cette fois-ci uniquement féminin, elles seront transformées afin de nourrir le groupe humain. 

 

 

 

 

Dans la société traditionnelle, l’alimentation était entièrement assurée par les entrailles de la terre. Réceptacle de tout ce qui vit sur la planète, la terre servira d’une façon similaire à contenir la nourriture humaine. Tous les récipients, qui recueillent les produits de sa culture avec ceux servant à transporter l’eau et à cuire les aliments, seront façonnés à partir de la terre pure. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marabout Sidi Es-Zouaoui et le Hachaïchi (*)

10052018

 

 

 

 

 

 

 

 

Ingliz-Bey (**) avait un fils nommé Ali, que les désordres de sa vie privée avaient rendu odieux à toute la population. Comptant sur la tendresse aveugle de son père et sûr de l’impunité, il n’était pas de méfait dont il ne se rendît coupable. Nous n’en citerons qu’un exemple, qui montrera en même temps combien est grande l’autorité qu’exercent les marabouts sur leurs coreligionnaires. Nous le prenons dans le livre de Si Mohammed el-Baboury. 

 

Un hachaïchi (fumeur de chanvre) de Constantine possédait plusieurs rossignols qui chantaient à ravir (***). Le jeune Ali en eut fantaisie et les fit demander au propriétaire. Celui-ci refusa de les céder à quelque prix que se fût. Une seconde et une troisième démarche n’eurent pas plus de succès. Grande fut alors la colère du jeune homme qui, s’en allant trouver son père, ne cessa de le tourmenter, jusqu’à ce qu’il eût obtenu de sa coupable condescendance l’ordre de faire prendre et mettre à mort le récalcitrant. 

 

Pour échapper à cette sentence inique, le malheureux hachaïchi se réfugia, avec ses chanteurs, cause bien innocente de tant d’infortunes, à Taghla, dans la demeure du cheikh Ez-Zouaoui, et lui raconta le motif de sa fuite, A ce récit, le cheikh indigné lui fit suspendre ses cages aux arbres de son jardin et lui offrit pour retraite sa demeure comme un asile inviolable. 

 

A quelques jours de là, le fils du bey,accompagné de ses serviteurs, vint de ce côté pour se livrer au plaisir de la chasse, et ne voulut point passer outre sans rendre visite au saint personnage. Celui-ci qui l’avait aperçu de loin, s’était aussitôt retiré dans son bordj (maison de campagne) et il ne consentit à sortir que lorsque ses serviteurs l’eurent complètement rassuré sur les bonnes intentions de l’illustre visiteur. On servit de la galette et du leben, et lorsque le jeune homme, dont la course avait aiguisé l’appétit, eut fait amplement honneur à ce modeste repas, Si Ez-Zouaoui prenant la parole, lui dit : 

« O fils de bey ! comment toi et ton père pouvez-vous commettre des injustices pareilles? 

Quelles injustices ? demanda Ali, tout surpris. 

Un homme, reprit le vieillard d’une voix grave, avait des oiseaux qu’il chérissait plus que tout, et vous avez voulu les lui enlever de force, et pour un caprice contrarié vous avez fait peser sur sa tête un arrêt de mort; mais Dieu qui prend soin du faible et de l’opprimé, n’a pas permis qu’un si odieux arrêt reçût son exécution. Cet homme, le voilà ; c’est celui qui est en face de toi. » 

Et ce disant, il lui montrait le hachaïchi adossé contre le mur de la salle. 

« Mais, dit Ali, essayant de balbutier quelque excuse, je lui ai fait offrir de les lui acheter, et il a refusé de me les vendre, et il s’est enfui. Voilà tout mon crime. 

Soit. Ne le poursuis donc plus pour un refus qu’il est libre de faire et jure-moi qu’il ne lui sera fait aucun mal. 

A cause de toi, je le jure. Je ne lui dirai plus rien. » 
 

Là-dessus, le vieillard baissa la tête et le jeune homme ne croyant pas être aperçu, fit comprendre au hachaïchi, par un geste significatif, qu’il saurait bien le retrouver à Constantine. 

En ce moment, le cheikh relevait vivement les yeux et surprenait encore écrit sur la figure de son hôte un reste de menace. — 
« Parjure, s’écria-t-il, c’est donc ainsi que tu tiens tes serments!  Eh ! bien, voici comment j’en agis avec tes pareils. » 

En même temps, il leva les doigts, les dirigea à plusieurs reprises sur le ventre d’Ali, en murmurant quelques paroles et sortit. 

Aussitôt et comme par enchantement, le ventre du malheureux se gonfla d’une manière prodigieuse et ce phénomène fut suivi de douleurs d’entrailles si violentes, que les serviteurs présents à cette scène coururent éplorés vers le maître du logis, l’avertir que le fils du Bey était à toute extrémité. 

« Eh ! qu’il meure ! s’écria le cheikh, cet enfant de teigneux (fortas) qui porte partout avec lui la corruption et le désordre ! » 

Cependant, cédant aux prières des assistants, il voulut bien consentir à suspendre les effets de sa juste colère. Il rentra dans la pièce où était le moribond et lui dit ; « Remercie Dieu et repens-toi de ce que tu as fait. » 

Ali promit tout ce qu’on voulut, et le marabout, appliquant de nouveau sa main bénie sur le ventre du patient, le guérit aussitôt. 

Ensuite, le hachaïchi monta, avec ses rossignols, sur la mule richement harnachée du fils du Bey, tandis que celui-ci le suivait à pied ; et, lorsqu’ils furent arrivés aux portes de Constantine, Ali, non-seulement lui fit cadeau de sa monture, mais il lui demanda encore une fois pardon, tant la punition infligée par le marabout l’avait glacé d’épouvante . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*): Hachaïchi: de haschich, chanvre (cannabis) : fumeur de haschich. 

 

(**):  Ingliz-Bey, ou plutôt Hadji-Mustapha Ingliz-Bey, était d’origine turque; il fut surnommé l’Anglais, parce que dans sa jeunesse, capturé par un bâtiment anglais, il avait passé dix ou douze ans en Angleterre, Il fut bey de Constantine en l’an de l’Hégire 1212 (A, D. 1797). 

 

(***): On sait la passion qu’ont les hachaïchi pour les rossignols et pour lâchasse de nuit au hérisson. Il n’est pas à Constantine si pauvre échoppe de cordonnier qui ne soit ornée d’une cage renfermant un ou plusieurs de ces oiseaux, maîtres dans l’art de chanter. Et pourtant ce n’est qu’au prix de sommes relativement considérables que ces malheureux ouvriers peuvent se procurer ce luxe oriental; un rossignol bien dressé ne se paie pas moins de 100 à 150 francs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Légende de La Chiffa

27032018

 

 

 

 

 

Légende de La Chiffa  dans Croyances & Légendes 1516529335-mod-article5613555-1

 

 

 

 

 

Comme toutes les localités, les gorges de la Chiffa ont leurs légendes. On en rapporte une bien originale : c’est celle de la grotte qui se trouve sur le ruisseau des Singes. En voici l’origine.

 

 

Il y a bien longtemps de cela, alors que les habitants de l’Atlas n’étaient pas encore musulmans, un homme, venu on ne sait d’où, s’était établi à la pointe extrême du pic de Mouzaia. Les indigènes le désignaient sous le nom de Bou-Chakour, l’homme à la hache, parce qu’il avait atteint le sommet du Tamezguida en se frayant, à l’aide de cette arme, un chemin à travers la forêt, qui, à cette époque, s’étendait sur tout le pays. Cet
homme était un marabout : toutes les fois qu’il récitait la Fatiha, cette prière devenait pour lui une nourriture abondante, et quelques versets de la Sourate de la Vache, suffisaient pour étancher sa soif. 

 

Un jour un Kabyle, poussé par la curiosité, alla vers lui : Bou-Chakour lui offrit une splendide hospitalité; il lui fit réciter quelques prières qui se changèrent par la puissance du Dieu très haut en un somptueux repas : et lorsque le Berbère quitta le marabout, il était rassasié et converti. Cet événement fit grand bruit et Bou-Chakour ne tarda pas par ses repas spirituels à convertir à l’islamisme toute la contrée. Seulement l’ascension
du Tamezguida était rude, et ce n’était qu’au sommet qu’une Fatiha pouvait se changer en un plat de couscoussou.

 

 

Les Berbères sollicitèrent en vain Bou-Chakour pour qu’il obtînt d’Allah que le miracle pût s’accomplir en plaine; Bou-Chakour resta inflexible; seulement, un jour, il descendit avec eux, et d’un coup de hache, il défricha toute la Mitidja, puis il les quitta en leur disant : « Priez et cultivez. »

Les Berbères obéirent ; mais, hélas ! le grain ne germait pas par le manque d’eau : ils retournèrent vers le marabout. Bou-Chakour les écouta, puis il prit sa hache, alla dans la montagne et la fendit dans une grande partie de son épaisseur; aussitôt des eaux abondantes jaillirent de tous côtés et allèrent fertiliser la plaine.

 
 
Bou-Chakour se tourna vers les Kabyles et leur dit : « Rani atit koum ech cheffa : je vous ai donné la Chiffa. » (C’est-à-dire la guérison de vos maux.)Depuis cette époque, la prospérité règne dans tout le pays, et les Mouzaïa sont restés jardiniers émérites, croyants convaincus, et… gourmands.

 

 

Sidi Bou-Chakour est enterré au sommet du Tamezguida. Tous les ans les populations vont en pèlerinage à son tombeau, et chaque pèlerin gravit la haute montagne avec une cruche pleine d’eau : le marabout n’est plus là pour accomplir le miracle de l’étanchement de la soif par un verset du Coran, mais c’est une oeuvre pie que de fournir de l’eau au voyageur croyant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Croyances Populaires Marocaines autour de la Faune

15022018

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Selon les croyances:

 
 
 
 
- Tous les animaux ont été créés par Dieu. Mais la chauve-souris a été façonnée par Moïse avec la permission de Dieu qui l’anima. Le jour où l’oiseau voulut s’envoler le soleil jura qu’il ne volerait pas pendant le jour, sous peine de devenir aveugle. L’eau jura aussi que jamais elle ne servirait à désaltérer cet oiseau. On croit donc que la chauve-souris, qui sort par les nuits noires pour chercher sa nourriture, ne boit jamais. On croit aussi qu’elle a sous les ailes deux petites mamelles supplémentaires qu’elle tète quand elle a soif.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
- Un certain nombre d’animaux sont des humains métamorphosés en punition d’une faute. 
Animaux qui sont des humains métamorphosés : 
 
 
 
La chouette est une femme qui a trahi Sidi Abdellah Ben Jaffar. Celui-ci, faisant la guerre sainte, s’éprit de la fille du roi infidèle qu’il combattait et l’enleva. Une compagne de la jeune fille, par dépit, indiqua au roi la retraite où elle se cachait. Sidi Abdellah Ben Jaffar demanda à Dieu de changer cette jalouse en chouette pour la punir de sa trahison. 
 
 

 

 

 

Le caméléon a trahi le prophète lui-même. Etant poursuivi par ses ennemis, Sidi Mohammed se cacha dans des rochers et des pigeons firent leur nid au devant de sa cachette. Non loin de là, une bûcheronne ‘Chleuh’ coupait du bois. Lorsque les ennemis du Prophète arrivèrent auprès d’elle, ils lui demandèrent de leur indiquer la route prise par celui qu’ils poursuivaient. 

Elle leur dit : « Que me donnez-vous, si je vous l’indique ?
-Nous t’enrichirons », répondirent-ils. Alors, en tournant les yeux et la bouche, elle leur montra l’endroit où se trouvaient les pigeons. Elle fut aussitôt transformée en caméléon, animal remarquable parce qu’il a les yeux mobiles et la bouche de travers.  
 
 
 
 
La tarente a été ensorcelée dans les mêmes conditions pour avoir trahi Jésus, Sidna Aïssa, protégé par l’araignée. Cette petite bête inoffensive est considérée comme très méchante et très dangereuse. On dit d’elle : 
 
Tbia sem l’hnache (تبيع السّم للحنش)
Elle vend du venin aux serpents
 
 
 
 
 
 
 
La légende du corbeau est très connue. Il y avait une fois deux amis ; l’un d’eux, devant partir en voyage, confia toute sa fortune à l’autre pour qu’il la lui conservât pendant son absence. Au retour, il réclama son bien à son ami. Mais celui-ci jura n’avoir rien reçu. Dieu punit aussitôt l’homme cupide et voleur en le transformant en corbeau et ajouta sa malédiction à cette métamorphose. 
 
 
 
 
 
 
On connaît aussi l’histoire de la cigogne qui était un mauvais Cadi et que Dieu changea en oiseau. Elle porte son selham ou manteau sur ses épaules (ses ailes noires) et le plumage blanc de son ventre et de son dos est la couleur de sa dfina ou tunique. Son cri est le rire du Cadi qui tourmentait les plaideurs, les veuves et les orphelins en enduisant ses escaliers de savon, et qui se moquait d’eux quand ils dégringolaient et se rompaient les os. 

 

 

 

 

L’épervier est une femme gourmande du nom de Hadia (c’est aussi le nom de l’épervier). Celle-ci tissait un tapis avec une autre femme ; à l’heure du repas, elle se leva sous prétexte de le préparer et gloutonnement mangea toute la viande. Quand l’autre réclama sa part, Hadia nia l’évidence et s’écria imprudemment : « Que je sois ensorcelée si je mens. » mais elle avait à peine prononcé cette parole qu’elle fut changée en épervier et se percha sur le métier. 

 

 

 

Le singe et le porc sont des Juifs ensorcelés.

 

 

La vipère était un ange qui gardait la porte du paradis. Corrompue par Satan elle l’y laissa entrer le jour où il fit manger le fruit défendu à Eve et à Adam. En punition Dieu métamorphosa l’ange en vipère. 

 

 

 

Le chat et la souris ont une origine curieuse. Parmi les animaux emportés par Noé dans l’arche, il y avait un couple de porcs. Noé leur recommanda de se tenir immobiles pour que l’arche ne chavirât pas ; mais le porc saillit sa femelle ; Noé le frappa de son bâton.  le porc se mit à grogner et en grognant rejeta la souris. Le lion ayant éternué au même moment, le chat sortit de son nez et se mit à courir auprès de la souris. Alors le chameau, en voyant ce spectacle, éclata de rire et se fendit la lèvre supérieure. 

 

 

Le lézard vert était une nouvelle mariée qui, revenant du bain, toute parée, le henné aux mains, trouva son mari qui la trompait avec sa sœur. Dans sa couleur, elle demanda à Dieu de la métamorphoser en animal pour ne point voir son malheur et fut aussitôt changée en lézard aux belles couleurs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Langage des animaux : on croit qu’autrefois toutes les bêtes parlaient une langue que comprenaient les hommes. Le Prophète est le dernier homme qui ait compris ce langage. Mais les animaux comprennent toujours le langages des humains et prennent part à leur vie. Le chien qui est l’ami de l’homme demande chaque jour à Dieu d’augmenter son bien pour en avoir sa part. Mais le chat, lui, demande d’aveugler sa maîtresse pour pouvoir manger dans le même plat. 

 

 

Comme les hommes et les animaux se comprenaient, il arrivait souvent que les fils d’Adam, ayant besoin d’un conseil, le demandant à leurs animaux familiers. C’est ainsi que le Prophète consulta le corbeau et la Tibibet sur la durée du jeûne qu’il voulait imposer aux musulmans. 

Le corbeau répondit aussitôt : « O Prophète de Dieu, tu feras jeûner les musulmans une année entière. »
Mais le tibibet (petit passereau) intervint en disant : « Un mois suffit, ô Envoyé de Dieu, un mois suffit. »
Comme ils n’étaient pas d’accord le corbeau et la tibibet se mirent à se disputer. Alors le Prophète s’écria : «  Je suivrai l’avis de celui qui me saluera le premier à la prochaine aurore », et il les renvoya. La tibibet se blottit dans une muraille et le corbeau alla passer la nuit sur un arbre. Dès les premières lueurs du jour, la tibibet vint voleter dans la chambre du Prophète en chantant : « Un mois, un tout petit mois suffit. » Le Prophète réveillé par son joli gazouillis l’écouta un instant et quand plus tard vint le corbeau il le renvoya en disant : « Le salut de la tibibet a précédé le tien, et je suis son conseil. Les musulmans jeûneront un mois seulement. »
 
 
La tibibet est un oiseau qui jouit au Maroc d’une véritable vénération. On ne tue jamais une tibibet. Si un de ces jolis oiseaux entre le matin dans la chambre où l’on a dormi, c’est qu’on recevra des hôtes dans la journée. On pense que les tibibet sont des Foqra (pluriel de Faqir) et qu’elles apportent des nouvelles des absents. On les interroge et on interprète leur cri. Les femmes leur préparent toujours un petit repas de pâtes sur le coin du fourneau. Si elles viennent manger dans le plateau pendant qu’on nettoie du grain, on ne les chasse pas et l’on peut voir dans les Souks les marchandes de Châria (petits vermicelles faits à la main) entourées de nombreux oiseaux qui viennent manger à même les plats préparés pour la vente.
 
 

Si la tibibet est l’amie du foyer, par contre on ne doit pas conserver de tourterelles dans les maisons, car elles portent malheur. On ne les laisse vivre que dans les sanctuaires des saints. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Interdiction de tuer certains animaux : de même qu’on ne tue pas les tibibet, on ne doit pas non plus tuer les chatsles chiens et les grenouilles, car on pense que ces animaux peuvent très bien être des génies qui ont pris cette apparence. Si on fait du mal aux chats, aux chiens et aux grenouilles, on est sûr de tomber malade aussitôt. 

 

Cette croyance préserve chiens et chats des mauvais traitements. On croit que les chiens ont soixante-dix-sept âmes. Les gens pieux cependant n’acceptent pas les chiens dans la maison. Il prétendent que si un chien y rentre les anges n’y viennent plus pendant quarante jours. 

 

Le chat a sept âmes. On croit qu’aider une chatte en gésine est un acte de grande piété. On raconte que le Prophète lui-même prêta un jour un coin de son manteau à une chatte qui accoucha sur ses genoux ; pour ne pas la déranger il découpa la partie du manteau sur laquelle elle reposait avec ses petits chatons et déposa le tout délicatement à terre.  Fait du mal à un chat est une faute que l’ange de la mort fait expier cruellement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 - Nécessité de porter secours à certains animaux : cette piété envers les animaux n’est pas rare. Il y a encore à Marrakech, dans la Zaouiat l’Hadar, près de la Médersa, un fondouk appelé Fondouk Larnja qui a été haboussé* par un Chérif Moulay-Abdesselem, oncle de Moulay Sliman**, pour qu’on y soignât les oiseaux blessés et en particulier les cigognes.

Les locataires de ce fondouk qui y font leur commerce, sont tenus de recueillir les cigognes infirmes qu’on leur apporte. les dépenses d’entretien des oiseaux blessés ou malades sont couvertes par le loyer de deux boutiques sises au « Talâa » en face des notaires, et de deux autres boutiques situées au marché des teinturiers, qui ont été aussi haboussées à cet effet par un autre homme pieux.  

 

 

 

On ne doit pas non plus tuer les puces. Quand on attrape une puce on doit la rouler entre ses doigts et la jeter au loin, car la puce jouit de la protection du Prophète. Un jour qu’il était profondément endormi, il fut piqué par une puce qui ainsi le réveilla juste à l’heure de la prière. Il fut si heureux de l’opportunité de cette piqûre qu’il promit à la puce qu’elle ne serait jamais ni écrasée ni brûlée. Il lui dit :  

 

 

Celui qui te tuera sera tué,

Celui qui t’écrasera sera écrasé

Et que Dieu te jette entre les mains d’une vieille, parce qu’elle n’aura pas la force de te faire du mal. 

 

 

et il la lâcha.

 

 

 

 

On ne tue pas davantage les abeilles ; tuer une abeille est un crime. C’est qu’au moment de la mort l’âme s’échappe du corps sous la forme d’une abeille et c’est sous cette forme qu’elle revient sur terre visiter les vivants ainsi. On ne sait donc jamais si on a affaire à une véritable abeille ou à une âme s’envolant sous cette apparence. Quand on trouve une abeille transie de froid et ne pouvant voler, on doit la réchauffer d’abord ; ensuite on la dépose délicatement dans la corolle d’une fleur. 

 

 

 

 

Le serpent jouit aussi d’une sorte de protection. On dit qu’il est le voisin, le protecteur de la maison, car il peut bien n’être qu’une apparence sous laquelle le génie protecteur du foyer se montre aux humains. on ne doit pas le tuer. On lui apporte même à manger près de son trou. Cependant, chez les Juifs, si on en voit un le vendredi, on dit qu’il sort pour tuer ou être tué et ce jour-là seulement on le poursuit car il est aussi de mauvais augure. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

*: De « Habous » biens appartenant à une communauté religieuse.

 

** : Moulay Slimane (1760 – 1822) : sultan du Maroc (dynastie Alaouite) de 1792 à l’année de sa mort.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  
 
 

 
 

 

 

 

 

  

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



La flûte Djaouak

2012018

Légende de Constantine

 

 

 

 

 

 

La flûte Djaouak dans Croyances & Légendes

 dans Croyances & Légendes

Flûte à conduit « djaouak » 

 

Appelé aussi à Constantine  ‘LE FHEL’.

 C’est une flûte de roseau appelée « bédouine » d’une vingtaine de centimètres de long et environ deux centimètres de diamètre. C’est aussi un instrument de base de l’orchestre Constantinois. Muni de six trous à l’avant et d’un trou à l’arrière, il permet des improvisations et des accompagnements d’une beauté mélodique que seuls l’oud et le violon alto peuvent égaler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohammed était un des plus célèbres musiciens de Constantine ; on l’appelait à prendre part à toutes les fêtes, d’où il revenait toujours comblé de présents. 

Cependant Mohammed était triste. Quelle pouvait être la cause de sa tristesse ? Hélas ! son fils, qui promettait d’hériter de son talent et de sa réputation, était mort peu de temps après son mariage, et le vieux musicien ne cessait de demander au Prophète de le laisser vivre assez longtemps pour qu’il pût transmettre ses connaissances musicales à son petit-fils, dernier rejeton de sa race. 

L’enfant, qui se nommait Ahmed, manifesta de bonne heure un goût prononcé pour la musique ; bientôt le vieillard lui ayant confectionné une flûte dont la grandeur était appropriée à ses petites mains, put l’emmener avec lui dans les fêtes, où chacun le félicitait sur le talent précoce de son petit-fils, et l’assurait qu’il parviendrait à l’égaler. 

Un jour que l’enfant était resté seul à la maison, Mohammed fut fort étonné, en revenant chez lui, d’entendre une musique qui semblait produite par deux instruments. 
Pensant que quelque musicien étranger était venu le voir, il pressa le pas, mais, en pénétrant dans la cour, il ne vit que son fils, qui, ne l’ayant pas entendu venir, continuait à jouer de la flûte, et produisait, à lui seul, cet ensemble de sons tout nouveaux. 

L’enfant, ayant introduit l’extrémité de sa petite flûte dans celle de son grand-père, avait obtenu une étendue de sons jusque-là inconnue sur cet instrument. Et comme Mohammed le questionnait au sujet de sa découverte, il répondit simplement qu’il avait voulu que sa voix suivît celle de son aïeul. 

En effet, les sons de la petite flûte suivaient graduellement ceux de la grande, ou, pour mieux nous exprimer, complétaient presque l’octave, dont la grande flûte ne donnait que les premiers sons les plus graves. 

Les marabouts, appelés à se prononcer sur ce fait extraordinaire, en conclurent que le Prophète avait voulu indiquer que l’enfant continuerait la réputation du nom de son aïeul et même la surpasserait. 

C’est à cause de cela qu’on nomma cette nouvelle flûte Djaouak, c’est-à-dire ce qui suit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Quelle est l’origine de la superstition attachée à la main (Khamsa)?

23112017

 

 

 

 

 

Elle se perd sans doute dans la nuit des temps et il paraît difficile de remonter à son origine.
En tout cas, la main joue sans cesse un rôle important dans les légendes de l’histoire.
 

 

 

  • Dans l’antiquité : Ce symbole existait sur la côte africaine avant les Romains

et avant les Arabes; il n’est certainement pas d’origine islamique, car dans la période libyco-berbère il a été retrouvé, parmi les gravures rupestre; une main de dessin très fruste aux environs d’El-Aricha (Sud-Oranais). Dans les vieilles assises des civilisations successives de l’Afrique, elle se voit fréquemment sur les stèles puniques de Tyr et de Carthage, à côté du croissant et des rosaces.

La main de la divinité phénicienne, dite tanite, n’a souvent que quatre doigts, car dans la période antique l’emblème était surtout la paume (palma) sans pouce, qui est resté une mesure. En effet, au point de vue de l’anatomie, le pouce diffère sensiblement des autres doigts.

 

 

Quelle est l'origine de la superstition attachée à la main (Khamsa)? dans Croyances & Légendes 1509346177-16-564000 

 

Stèle avec inscription Punique / Constantine ;datation: (225 – 50 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

  • Dans la bible : Moïse étend la main pour déchaîner les fléaux qui vont ravager l’Egypte et frapper le Pharaon et son peuple.
    Lors de la septième plaie, la nuit, Dieu passe dans toutes les maisons et fait périr les premiers nés, tant des hommes que des animaux; il n’épargne que les demeures des Hébreux marquées à l’avance par une main trempée dans du sang d’agneau.

De nos jours, c’est encore la coutume israélite, à la pâque, de plonger sa main dans le sang d’un mouton fraîchement égorgé et de l’appliquer sur le mur de sa maison.

 

 

 

 

 

 

  • Chez les Turcs : La légende arabe raconte que Mohamed El Fatah, à la prise de Constantinople par les Turcs, trouvant des chrétiens réfugiés dans la basilique de Sainte-Sophie, les extermina tous en frappant le mur de sa main puissante.
     

 

  

 

 

 

  • Au moyen âge : Dans notre histoire, la Main d’argent a le privilège de suspendre l’action de la justice.
    La Main de gloire provenant d’un pendu ou d’un décapité, séchée et préparée, se transforme en un sortilège infaillible pour découvrir les trésors. Elle rend aussi, lorsqu’ils opèrent, les voleurs invisibles.
     

La Main ecclésiastique du sixième siècle permet aux évêques de rechercher dans l’intérieur des maisons tout ce qui rappelle le rite païen.

La Main votive est accrochée pieusement dans les églises, après de nombreuses prières, pour obtenir une grâce de Dieu.

La Main reliquaire en argent avec deux doigts repliés, figurant la bénédiction liturgique, se garnit d’ossements des bienheureux martyrs de la foi.

La Main de justice. Une verge surmontée d’une main d’ivoire sert, avec le sceptre et la couronne, d’attribut au prince royal, depuis Hugues Capet jusqu’à Louis le Hutin.

 

 

  

 

 

 

  • Chez les Maures d’Espagne : A Grenade, les Maures avaient grande confiance en elle. Une clé et une    main étaient sculptées comme un blason au-dessus de l’entrée de l’Alcazar.

 

Selon eux, impossibilité, pour les assaillants, -de pénétrer dans la forteresse si la main de pierre ne descendait pas avec la clé pour ouvrir la porte. 

Toutes les Mauresques de l’Andalousie portaient suspendue à leur cou une main couverte d’inscriptions. Elles étaient fermement convaincues de son pouvoir surnaturel pour conjurer les maléfices et
guérir les maux d’yeux.

Même après l’expulsion des Maures, les femmes et les jeunes filles mauresques se paraient de petites mains d’or. L’une de ces amulettes en argent émaillé, couverte d’inscriptions et d’arabesques, a été

retrouvée dans des fouilles faites à l’Alhambra.
 

 

  

 

 

 

  • Chez les Algériens : Les habitants de l’Afrique septentrionale attribuent à la main aux cinq doigts d’argent une puissance mystérieuse. pour les protéger du mauvais génie.  

 

La main de « Fathma», comme l’appellent les bijoutiers israélites de la rue de la Lyre, joue un grand rôle à Alger. Si les Italiens ont la corne de corail contre le mauvais œil, les algériens ont les bonnes mains qu’ils opposent à l’œil fatal.

Très peu éclairés pour la plupart ils sont très sincèrement persuadés de l’influence des doigts écartés. Aussi on rencontre très souvent une main ciselée en relief sur des pierres incrustées dans les façades
des  maisons  d’Alger. 

Dans l’intérieur de la citadelle de la Casbah, au-dessus d’une porte, se voit une main sculptée à côté du croissant de la lune surplombant des lignes ondulées, sans doute la mer ou un nuage. Une plaque rectangulaire de marbre placée au-dessus d’une fontaine dans la vieille Darse reproduit ces mêmes attributs.
 

Cette tradition s’est perpétuée en Algérie. Abdelkader fit de la main un insigne que ses officiers portaient en récompense, fixé sur leur chéchia.

 

Les marchands mozabites peignent dans leurs magasins des-mains de couleur bleu d’outremer; ils ont cette persuasion que la main doit leur servir souvent d’arme vengeresse lorsqu’on les regarde de travers.

 

A un moment de colère ou de jalousie, presque tous les indigènes répondent par la main droite bien ouverte qu’ils lancent en avant, s’écriant: «Khamsa fi aynek», traduction libre: « Que mes cinq doigts te crèvent les yeux pour t’empêcher de me regarder d’un mauvais œil». Le charme fatal est alors conjuré et le crédule vrai croyant est ainsi assuré.

 

 

 1508233788-12795364-10207521652978439-2320268303446432381-n dans Croyances & Légendes

Ancienne Khamssa en Or: Travail citadin du Constantinois 
(Entre 18e / 19e siècle)

 

 

 

 

 

Pour expliquer l’inexplicable main, les fidèles prétendent que chaque doigt indique les cinq prières:
Sebh, prière du matin; - Dohor, prière du midi; — Asr, entre le midiet le coucher du soleil;- Maghrib, coucher du soleil; Icha, prière du soir avant de se coucher.
 

D’autres prétendent que les doigts représentent les principes fondamentaux de la loi de. Mohammed ou les cinq piliers del’islam, comme disent les arabes  أركان الاسلام الخمسة 

 

1° La profession dé foi affirmant l’unité de Dieu et la mission de Mohammed;
2° Les cinq prières canoniques;
3° Le paiement de la zekkate ou aumône de purification de la fortune;
4° Le jeûne du Ramadan;
5° Le pèlerinage de la Mecque obligatoire pour qui peut le faire.

 

Les jointures et les articulations figureraient les obligations de faire le bien ou d’éviter le mal : la crainte de Dieu, le respect dû aux parents, la flétrissure de l’adultère, la nécessité des ablutions, l’abstention du vin, suppression du porc, la guerre aux infidèles.
 

Cette nomenclature pourrait se continuer encore; il serait facile de dresser une main chiromancienne couverte des préceptesmultiples auxquels sont tenus les plus fervents adeptes de la religion musulmane.

 

D’après Rozet, une autre interprétation a été donnée à ces mains énigmatiques. Quand le beit-el-maldji était chargé de mettre l’embargo sur les successions dévolues à l’État, par suite de la condamnation à mort, de l’exil ou de l’esclavage des propriétaires, il faisait peindre ou sculpter sur les murs des bâtiments dévolus au beylik une main signifiant « Je prends ».L’immeuble était immédiatement fouillé à l’effet de retrouver les trésors, les bijoux, en un mot les objets que les Arabesavaient coutume de cacher. Cette opinion nous paraît très contestable.
 

 

La breloque préservatrice se fabrique fondue d’une seule pièce, à jour ou découpée, en plané d’or ou d’argent.
 

Ce porte-bonheur, muni d’un trou pour laisser passer le fil de suspension, s’accroche à une chaîne de cou, à la façon des ex-voto et des médailles de nos pèlerinages, mais il sert plus souvent de pendeloque à différentes pièces des parures d’or ou d’argent.

 

Il en est de toutes les dimensions. Les unes unies, les autres gravées, d’autres ornées de pierreries ou de verroteries.
 

Le fétiche algérien a souvent les doigts écartés. A Tunis, au contraire, les doigts sont presque toujours réunis.

 

 

 

 

Comme on vient de le voir, le talisman et l’amulette sont le produit de l’ignorance. Il faut savoir comprendre et excuser cessuperstitions. Elles consolent souvent ceux qui souffrent ou donnent de la confiance aux faibles d’esprit. Il est certain que les progrès rapides de la civilisation les détruiront peu à peu. Mais, quand elles auront toutes
disparu, notre pauvre humanité sera-t-elle plus heureuse?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende du saint Sidi Ouali Dahdah

13102017

 

 

 

 

 

La célébrité d’Ouali Dahdah remonte à l’expédition dirigée contre Alger par l’empereur Charles-Quint, en 1541. Voici, en substance, la légende qui a cours chez les indigènes à ce sujet :

 

Assiégée par une armée redoutable, la population concevait de sérieuses inquiétudes sur les suites de cette attaque. Un jour, Ouali-Dahdah, qui se désaltérait dans l’une des tavernes de la ville, se lève subitement comme saisi d’une inspiration divine, parcourt les rues en ranimant le courage des habitants, puis se portant rapidement vers la mer, entre dans l’eau jusqu’à la ceinture et l’excite par des mots magiques et par les coups redoublés d’une baguette que brandit sa main bénie. A l’appel du marabout, la tempête se déchaîne et fait périr la plus grande partie de la flotte ennemie. Alors les croyants, si visiblement protégés par Dieu, fondent avec impétuosité sur les infidèles. Frappés d’épouvante, les Espagnols prennent la fuite et renoncent à leur impie entreprise.

 

Mais Ouali-Dahdah ne jouit pas longtemps de la popularité que lui avait si légitimement value son efficace intervention, car l’inscription arabe placée dans la Mosquée qui fut élevée en son honneur, rue du Divan, à Alger, rappelle qu’il est décédé en l’année 961 de l’hégire (1554).

 

L’édifice religieux consacré à la mémoire du saint comprenait, en outre de la Mosquée, une chapelle renfermant le tombeau dû marabout et une salle de refuge pour les mendiants.

 

En 1864, ces bâtiments ont été annexés à ceux du couvent de la Miséricorde, situés, comme on sait, derrière la Cathédrale, et le corps du saint marabout exhumé a été transporté, avec tous les honneurs musulmans, dans un. local qui lui avait été préparé, à côté de la chapelle de Sidi-Abderahman Ettalbi, au-dessus du’jardin Marengo. Voici la traduction, donnée par M. Albert Devoulx, de l’inscription mentionnée sur la plaque commémorative dont nous avons parlé plus haut :

 

1ère ligne. — (Il est) l’ouali des créatures, le pôle des êtres créés. Lorsqu’il s’apprêta à partir, adressant à Dieu sas actions de grâces avec ferveur et résignation.

 

2e ligne. — Nous entendîmes une voix annonçant la date de sa mort ; et cela en disant : que Dieu l’a breuve d’une boisson pure. Année 961 (1554).

 

 

Ouali-Dahdah était Turc d’origine, sa réputation a traversé les siècles et il est encore aujourd’hui en grande odeur de sainteté parmi tous les Algériens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les trésors des Beni-Zian

11072017

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian   dans Croyances & Légendes

 

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian sont un thème sur lequel l’imagination des Arabes a brodé mille contes merveilleux. D’après les croyances populaires, les Beni-Zian cachèrent à cette époque leurs richesses dans la Sebkha d’Arziou (1), dans un endroit appelé Djira (2), et lorsque les successeurs de Grammeur-Hassan redevinrent puissants dans le pays, la caverne de Djira fut encore le point où ils déposèrent leurs nouveaux trésors. Quelques talebs seuls, au moyen d’un djedouel mystérieux connu d’un petit nombre, ont le droit de pénétrer dans cette caverne, invisible aux yeux des profanes qui ne connaissent pas la formule enchantée, le sésame merveilleux. Ce droit ne procure du reste que la vue de ces trésors; entré dans la caverne, vous arrivez après maints détours sur les bords d’un courant d’eau large et profond, qui roule les flots rapides d’une eau plus chaude que l’huile bouillante; de l’autre cote de cet infranchissable obstacle, vous apercevez distinctement une multitude innombrable de Tellis (3) remplis de pièces d’or.

 

 

Mohammed-el-Kebir, un des beys les plus remarquables qui  ait gouverné la province d’Oran pour les Turcs, chercha s’il ne pourrait pas découvrir ces fabuleuses richesses. Il fit sonder dans tous les sens la Sebkha pour trouver la caverne enchantée, et ne rencontra rien. Honteux de sa crédulité, il se vengea en faisant une ghazia sur la tribu insoumise des Harrar. Il rapporta en effet un trésor, disent les Arabes; mais il le devait à ses éperons et non à ses fouilles dans la Sebkha (4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) سبخة : Terrains salants. 

(2) جيرة : Djira. 

(3) تليس : Tellis, espèce de grand sac en laine servant à mettre le blé. 

(4) خزنة متاع شبير : Le trésor de l’éperon, kiozna-mtâa chabir. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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