Sidi-el-Haloui

18042017

 

 

 

 

 

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Sidi-el-Haloui, dont on raconte une fort jolie légende. Abou-Abd-Allah-Ech-Choudi, héros de cette légende, naquit à Séville, où il fut cadi; puis, quittant patrie, honneurs et fortune, se couvrant de haillons et prenant le bâton de pèlerin, il passa la mer, arriva à Tlemcen où, contrefaisant le fou, il laissait la foule s’ameuter et crier après lui. Cela se passait vers l’an 665 de l’hégire (1266 de J.-C.), sous le règne de Yagh’Moracen.

 

Cependant Ech-Choudi vendait sur la place publique des bonbons et des pâtes sucrées, halouat, d’où le surnom d’Haloui que lui donnèrent les enfants. Puis, lorsque par ses bouffonneries il avait rassemblé assez de monde autour de lui, il changeait de ton et de langage, et se mettait à discourir en controversiste consommé sur la religion et la morale, et la foule se retirait confondue et pleine d’admiration.

 

Baba-el-Haloui ne tarda pas à passer pour un oracle ; son but était atteint, il fut salué ouali, saint, et il ne fut plus question que de ses miracles. Sidi El-Haloui mourut dans un âge avancé et fut enterré hors de Bab-Ali (Bab-Ziri) en 705 de l’hégire (1305-6 de J.-C.).

 

La lin de cette histoire, déjà assez merveilleuse par elle-même, n’est pas cependant la vraie, dit un auteur ; voici celle à laquelle seule, tout bon musulman doit ajouter foi. Le bruit de la renommée d’El-Haloui n’ayant pas tardé à arriver jusqu’au sultan, celui-ci lui confia l’éducation de ses deux fils. Mais, desservi par la jalousie du vizir, qui le fit passer pour sorcier, El-Haloui fut décapité et son corps abandonné sans sépulture à la voracité des bêtes fauves et des oiseaux de proie. La haine du grand vizir était satisfaite, Dieu seul n’était pas content. Le peuple aussi faisait entendre des murmures et des plaintes.

 

Or, voici que le soir qui suivit cette terrible exécution, le bououab ou gardien des portes criait comme à l’ordinaire : La porte ! La porte ! Afin que les retardataires qui se trouvaient encore dehors se hâtassent de regagner leur logis, quand tout à coup une voix lugubre retentit au milieu du silence de la nuit :

— « Gardien, ferme ta porte ! Va dormir, gardien ! Il n’y a plus personne dehors, excepté El-Haloui, l’opprimé. » Le gardien fut saisi d’étonnement et de terreur, mais il se tut.

 

Le lendemain, le surlendemain, pendant sept jours, la même scène miraculeuse se renouvela. Le peuple, qui eut vent de ce qui se passait, murmura tout haut. Le sultan ne tarda pas non plus à connaître ce miracle, et voulut s’assurer par lui-même de son évidence : il se rendit chez le Bououab, et quand il eut entendu El-Haloui, il se retira, disant : — « J’ai voulu voir, j’ai vu. » Il était juste, comme l’est tout sultan des légendes, et l’aurore du lendemain éclairait le supplice du grand vizir, qui fut enseveli vivant dans un bloc de pisé que l’on posa justement vis-à-vis de l’endroit où le pauvre ouali avait été décapité, et où son corps gisait sans sépulture; on refaisait alors les remparts de la ville.

 

Pour que la réparation fût complète, la volonté royale décida qu’un tombeau, digne de la sainteté de la victime, lui serait élevé; on y déposa ses restes. Le petit bâtiment qui recouvre la pierre tumulaire sans inscription de Sidi El-Haloui, s’élève sur le tertre où le saint fut, dit-on, décapité. Un caroubier séculaire l’abrite de son large et sombre feuillage. Plus bas, la mosquée surgit, blanche et étincelante de mosaïques, au milieu d’un immense massif de verdure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La belle légende de l’enfance de Cyrus

9032017

 

 

 

 

La belle légende de l'enfance de Cyrus dans Croyances & Légendes

Cyrus le Grand

 

 

 

Ce n’est guère que par les légendes recueillies par l’agréable conteur qu’est l’historien grec Hérodote, que nous connaissons la vie de Cyrus. Le plus célèbre de ses récits est celui dans lequel il nous rapporte les merveilleuses aventures de l’enfance de celui qui devait être le premier roi des Perses et des Mèdes.

 

Astyage, le roi des Mèdes, n’avait qu’une fille : Mandane. Pour ne pas s’exposer à être détrôné par son futur gendre, comme le lui faisait craindre un songe qu’il avait eu, il évita prudemment de marier sa fille à l’un des grands seigneurs de sa Cour ; il lui choisit pour époux un petit roi perse de la famille des Achéménides, un étranger, par conséquent, qui n’avait aucune attache en Médie et dont il pensait n’avoir rien à redouter. Mais un second songe vint à nouveau jeter le trouble en son âme : il vit en rêve une vigne qui prenait racine sur le corps de sa fille et qui grandissait jusqu’à couvrir de ses rameaux l’Asie tout entière. Convaincu que ce songe était un avertisse ment des dieux, il s’empressa de consulter les mages sur la signification d’un tel phénomène. Ceux-ci, après avoir compulsé les livres qui traitaient de la science des présages, lui déclarèrent que de Mandane naîtrait un fils que les dieux appelaient à monter sur le trône à la place de son grand-père. Astyage, effrayé de cette révélation, résolut de se débarrasser du petit Cyrus dès sa naissance.

 

Il confia le soin de le faire disparaître à Harpage, l’un de ses officiers, pour lequel il n’avait pas de secret. Mais celui-ci ne put se résoudre à donner lui-même la mort à ce petit enfant, qui était l’héritier du trône de Médie, peut-être simplement par crainte d’encourir la colère de Mandane, si celle-ci venait un jour à apprendre le crime odieux qu’il était chargé de commettre. D’autre part, il ne pouvait pas désobéir à son souverain sans risquer les pires châtiments. Il chercha donc un expédient pour tranquilliser sa conscience.

 

Or, parmi les bergers d’Astyage, il en était un, nommé Mitra date, qui menait paître ses troupeaux dans un coin reculé de la montagne, où pullulaient les bêtes féroces. Harpage le fit appeler et lui donna l’ordre, de la part du roi, d’emporter l’enfant et de le faire périr. Il se garda bien de lui en révéler l’origine, mais un esclave, chargé de l’accompagner jusqu’à la sortie de la ville, apprit au berger que le pauvre bébé n’était autre que le petit fils du roi.

 

Troublé par cette révélation, Mitradate eut la douleur, en arrivant chez lui, d’apprendre la mort de son propre fils, né quelques jours auparavant. Sa femme, Spaco, heureuse de retrouver un autre enfant, supplia avec larmes son mari de garder celui qu’il rapportait plein de vie et d’exposer dans la montagne celui qui venait de mourir. Mitradate ne fit aucune difficulté pour acquiescer à sa demande. Peu de temps après, il fit mander à Harpage d’envoyer quelqu’un pour constater que l’enfant avait bien cessé de vivre et que, par conséquent, les ordres donnés avaient été ponctuellement exécutés. Personne ne soupçonna la supercherie, et le fils de Mandane, aux yeux de tous, passa pour le fils du berger.

 

Un jour que Cyrus jouait à la guerre avec des enfants de son âge — il avait alors dix ans — il fut choisi comme roi par ses petits camarades. L’un d’eux, dont le père était un personnage important, ayant refusé d’obéir à un fils de berger, reçut sur son ordre une formidable raclée ; c’était ainsi, pensait Cyrus, que les rois punissaient la désobéissance de leurs sujets. Le père, indigné qu’un gamin de basse extraction eût osé traiter de pareille façon le fils d’un noble, alla se plaindre directement à Astyage, qui fit comparaître devant lui le coupable et Mitradate, son père présumé.

 

Astyage, en apercevant l’enfant, crut avec terreur retrouver en lui les traits de Mandane. Dans une entrevue, il parvint à décider le berger à livrer son secret. Gagné cependant par le charme et l’intelligence de Cyrus, il revint à de meilleurs sentiments. Au lieu de le faire mettre à mort, il le garda près de lui, le traita affectueusement et le rendit ensuite à ses parents.

 

Mais il résolut d’infliger à Harpage, coupable de désobéissance, une terrible punition. Sur son ordre, le fils de ce dernier fut amené au palais, égorgé et découpé en morceaux. Harpage fut alors invité à la table du roi et, à son insu, on lui servit les restes de son enfant, accommodés à diverses sauces. Le malheureux père n’apprit qu’à la fin du repas quel horrible festin on lui avait fait faire. Il dut dévorer son chagrin en silence et, dissimulant son ressentiment, il attendit l’heure de sa vengeance.

 

Quelques années plus tard, Cyrus, devenu grand, se révolta contre son grand-père. Astyage commit la faute de confier le commandement de ses troupes à Harpage qui, à la première occasion, s’empressa de le trahir. Abandonné de ses soldats, le roi de Médie dut, comme l’avaient prédit les mages, céder le trône à son petit-fils.

 

« Et Cyrus fut proclamé roi des Perses et des Mèdes»

 

 

 

 

 

 dans Croyances & Légendes

Étendard de Cyrus le Grand (musée national d’Iran)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




El Kouachia

24012017

 

 

 

 

Entre le Djebel Guerioun et le Djebel Fortas d’Aïn M’lila, dans les Ouled Gassem, existe une coupure que les gens de la région appellent Fedj Boussâdia. Cette coupure a donné naissance à la tradition suivante : 

 

 

 

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Djebel Guerion / source: ain-mlila

 

 

 

Une vieille merabeta, originaire de la fraction Kouachia du douar Ouled Achour, revenait d’Aïn Fakroune et il lui fallait pour arriver chez elle, contourner le massif du Guerioun ; harassée de fatigue, et ne voulant pas faire un long détour, elle résolut de séparer la montagne en deux, elle donna un coup de pied sur le sol et immédiatement il se produisit une brèche par laquelle elle passa.

 

 

 

A sa mort la merabeta fut enterrée près de cette brèche et les gens assurent qu’à la suite de l’ensevelissement, un olivier poussa subitement près de la tombe. Une dizaine d’autres oliviers auraient aussi poussé à proximité de la dite tombe.

 

Depuis que la fameuse merabeta est enterrée sur ce point, les gens de la région lui ont donnée le nom de Kouachia. Ils viennent souvent en pèlerinage sur la tombe de la sainte femme et manifestent leurs sentiments religieux par un tremblement de tout le corps à la façon des membres de la secte Chadlia. Ils prétendent que lorsqu’a lieu la zerda, l’olivier qui est situé près de la tombe de la merabeta, s’agite et frisonne également !

Les habitants de la mechta Kouachia des Ouled Achour se font enterrer près de la tombe de la merabeta.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende de Bou-Tlelis

11122016

 

 

 

 

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Mausolée Sidi Ali Boutlelis

© lamek kamel via flickr

 

 

 

 

 

 

A quelques kilomètre de Aïn Bridia, c’est Bou-Tlelis, relai et colonie agricole de 1849, remis à l’autorité civile coloniale le 6 avril 1853, annexée à la commune de Misserghin le 31 décembre 1856, et érigée en commune le 23 mars 1864. A cette époque, ce village prospère était exclusivement habité par les Alsaciens-Lorrains.

 

Bou-Tlelis est le surnom d’un marabout nommé Ali. Il vivait au quatorzième siècle ; il opéra, dit-on, pendant sa vie et après sa mort, un grand nombre de miracles et entre autres celui qui lui fit donner son surnom.

La tradition rapporte qu’un jour, un envoyé du prince Mérinide, en guerre avec le roi de Tlemcen, vint demander à Ali une certaine quantité d’orge pour les chevaux de son maître. Le bonhomme, qui était un pauvre diable, entra chez lui et reparut un instant après, conduisant un lion sur le dos duquel était un petit sac d’orge. Il y en avait à peine pour le repas d’un cheval.

 

A la vue du lion, l’envoyé du prince veut prendre la fuite ; le marabout l’arrête et lui dit :

« Conduis-moi, à la tente du Sultan. »

 

Celui-ci, à la vue du sac d’orge que lui présenta Ali, entre dans une violente colère ; il injure le pauvre homme et le menace de le faire écorcher vif avec son lion. Le marabout, pour toute réponse, prend le sac qui est sur le dos du lion et verse aux pieds du prince l’orge qu’il contient. Déjà un assez gros tas était formé, il y en avait assez et le sac n’était pas désempli.

 

On cria au miracle, et Ali ne fut plus connu que sous le nom de Bou-Tlelis, l’homme au petit sac.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le fort Moulay-Hassan

27102016

 

 

 

 

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Bordj Moulay-Hassan (1830)

 

 

 

 

La légende arabe sur le Bordj-Moulay-Hassan, que les Français appelaient le fort de l’Empereur, vraie ou fausse, on a paru merveilleusement propre à donner une idée de la manière dont les faits historiques se conservent chez les musulmans.

 

 

Elle remonte à l’an 1541 et à la redoutable expédition dirigée par Charles-Quint contre la ville d’Alger, que les corsaires barbaresques commençaient à fortifier pour en faire l’effroi de la chrétienté.

L’empereur, avant reconnu, sur les mamelons qui dominent la ville au sud, un emplacement convenable pour y établir une batterie, donna ses ordres pour qu’elle fût élevée le plus promptement possible, car ce point avait pour son armée la plus haute importance. Les pierres et la chaux nécessaires furent préparées à Aïn-Rebote, dans la plaine située au bas de Mustapha-Pacha (champ de manœuvres). Deux lignes de fantassins qui, de cette plaine, atteignaient les hauteurs, étaient disposées pour transporter les matériaux, l’une passant les paniers pleins, l’autre les rapportant vides. En une seule nuit, une batterie formidable, entourée de fossés et armée de pièces de gros calibre, était sortie de terre. Les Arabes, voulant conserver le souvenir de cette prodigieuse rapidité, donnèrent à cette construction le nom de Bou-Leila (père d’une nuit).

 

Cette batterie commença à fonctionner, prenant la ville de revers, et lui fit un tel mal que l’épouvante se répandit partout. Enlever une position aussi forte et bien appuyée était chose difficile, et la ville, foudroyée, n’aurait pu tenir longtemps. Dans cette circonstance critique, les Beni-Mzab, qui se trouvaient déjà en grand nombre à Alger, résolurent de se dévouer pour sauver la ville. Ils allèrent trouver le pacha et lui dirent que, s’il voulait leur accorder le monopole des bains maures, des boucheries, et leur nommer un amin qui seul aurait la police et la juridiction de leur corporation, ils se chargeraient d’enlever cette batterie. Le pacha, comme on le pense bien, y consentit. Voici la ruse qu’employèrent les Beni Mzab pour arriver sans danger à la position.

Déguisés sous des vêtements de femmes, la figure couverte d’un voile, selon la coutume des Mauresques, afin que la barbe et la moustache ne les trahissent point, cachant sous leurs haïks et sous leurs voiles blancs des pistolets chargés jusqu’à la bouche et des yatagans bien affilés, ils sortirent processionnellement de la ville par la porte Neuve (Bab-el-Djedid), se dirigeant sur les menaçantes redoutes. A cette apparition, les Espagnols, qui se trouvaient dans les retranchements, cessèrent immédiatement leur feu, pensant que les gens de la ville, ayant pris la résolution de se rendre, la leur indiquait, selon l’usage des musulmans, par ces processions de femmes suppliantes.

Ainsi accoutrés, les perfides assaillants entrèrent sans encombre dans le fort ; mais à peine le dernier d’entre eux y a-t-il mis le pied que, changeant de rôle, ils déchargent leurs armes sur les trop confiants Espagnols, et, le yatagan au poing, livrent un combat épouvantablement acharné qui ne se termina que par la mort du dernier des défenseurs de la position. Mais, malgré cette surprise, la défense ne fut pas moins vigoureuse et terrible, et coûta beaucoup de monde aux Beni-Mzab. A peine ceux-ci furent-ils maîtres du fort que, au signal convenu, une colonne d’infanterie turque, préparée à l’avance derrière Bab-el-Djedid, partit au pas de course et alla s’installer dans Bordj-Bou-Leila.

Ainsi fut sauvée Alger d’une destruction imminente par le dévouement des Beni-Mzab. Les Arabes expliquent la réussite si heureuse de leur entreprise par une diversion qui occupa complètement l’attention de l’armée espagnole. Peut-être n’ont-ils pas voulu laisser à des schismatiques le mérite d’avoir sauvé le boulevard de l’islamisme, le berceau de la piraterie.  

 

Pendant l’attaque de Bordj-Bou-Leila, le bey de Constantine, avec ses goums, occupait la réserve espagnole du côté de l’Harrach, et lui livrait un combat fort brillant. Poussant devant sa nombreuse cavalerie une innombrable troupe de chameaux, il reçut ainsi sans grande perte la première décharge de l’infanterie espagnole, dont le feu épouvantait les Arabes, et, sans perdre de temps, il lança sa cavalerie dans les lignes des chrétiens avant qu’ils eussent rechargé leurs armes. Au milieu du tumulte et du pêle-mêle inévitable causé dans les rangs par l’irruption des chameaux, il en fait un effroyable massacre. Cette défaite et la perte de la batterie des Crêtes, dont les canons furent immédiatement braqués sur la flotte, durent déterminer la retraite précipitée des Espagnols. On sait quels désastres la suivirent.

 

 

Après le départ des Espagnols, le Bordj-Bou-Leila conserva son nom jusqu’à ce qu’un chérif du Marne, parent de l’empereur Moulay-Yâzid, vint à passer par Alger pour se rendre à la Mecque. Il y entendit raconter l’histoire du siège mémorable soutenu avec la protection de Dieu, et de l’enlèvement de Bou-Leila qui y mit fin. Cet homme enthousiaste et généreux conçut la pensée de donner un caractère plus durable à ce souvenir d’une action glorieuse pour l’islamisme. A cette intention, il fit don au pacha, alors régnant, d’une somme de cinquante mille douros d’Espagne, à la condition que, à la place de la batterie, il bâtirait un fort, digne de l’action dont il rappellerait le souvenir, et qu’il lui donnerait son nom. Le pacha y consentit. Se mettant à l’œuvre immédiatement, il termina en quatre ans le château qui domine la ville d’Alger, et, fidèle à sa promesse, lui donna le nom de Bordj-Moulay-Hassan. C’est celui que les français plus tard l’ont appelé fort l’Empereur en souvenir de l’expédition de Charles-Quint

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Légende du tombeau de la chrétienne

13092016

 

 

 

 

Le tombeau de la Chrétienne est un des monuments les plus curieux et les plus intéressants de l’Algérie. La légende l’a entouré d’un charme mystérieux, et elle offre à l’archéologue un sujet d’étude d’une grande importance, surtout quand on le compare au Medracen, nommé aussi tombeau de Syphax, roi de Numidie, qui se trouve au pied du Djebel-bou-Arif, près de Batna, et dont on ne connaît pas encore exactement l’origine.

 

 

 

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  Le tombeau de la Chrétienne / 1930 

 

 

 

 

 

 

Suivant la tradition arabe, ce gigantesque monument (il n’a pas moins de quarante-deux mètres de hauteur sur soixante do diamètre à la base) renferme des trésors immenses. Un Arabe du voisinage, dit-elle encore, ayant été fait prisonnier dans une bataille contre les chrétiens, fut vendu comme esclave. Un jour que le désespoir était près de l’accabler, un étranger chrétien, un astrologue, s’avança vers lui, lui offrit de payer sa rançon, et de le renvoyer dans son pays, mais à une condition, c’est que le quatrième jour de son arrivée il se rendrait au pied du tombeau. Là il devait allumer un grand feu vers l’orient, et y consumer un papier jaunâtre qu’il lui montra, et qui était couvert de signes singuliers et de caractères empruntés à une langue inconnue.

 

 

L’Arabe consentit, et quelques jours après, revenu dans sa famille, il obéit à sa promesse. Mais à peine le papier fut-il réduit en cendres que la maçonnerie s’ouvrit, et une quantité prodigieuse de pièces d’or et d’argent s’envolèrent en épais nuage du côté de la mer, c’est-à-dire vers le pays des chrétiens. L’Arabe, stupéfait, essaya en vain d’en saisir quelques-unes au passage. Enfin, lançant son burnous en l’air, il en fit tomber à ses pieds une certaine quantité. 11 s’apprêtait à recommencer; mais dès que les premières pièces avaient touché la terre, le tombeau s’était refermé.

Plus tard, le pacha, instruit de cette aventure extraordinaire, envoya des ouvriers pour faire des fouilles; mais au moment où le travail allait commencer, le spectre de la défunte se dressa sur le sépulcre en appelant au secours; des scorpions sortirent du lac voisin d’Haloula, et chassèrent impitoyablement et à plusieurs reprises les travailleurs; si bien qu’on fut obligé de renoncer à l’entreprise.

 

 

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près de porte d’entrée souterraine du tombeau de la chrétienne

 

 

 

 

 

 

 

D’après une autre version, un magicien étranger, ayant, après de laborieuses études, trouvé la formule cabalistique qui devait lui livrer le trésor, se dirigea vers le tombeau, alluma un réchaud, y fit brûler les aromates sacramentels, et, tourné vers l’orient, se mit à lire la conjuration. Les pierres s’ouvrirent; déjà il voyait les trésors briller, quand, arrivé à la dernière page du manuscrit, il s’aperçut que l’eau de mer avait imprégné par accident le parchemin et le rendait illisible. En vain il s’efforça de déchiffrer les caractères effacés; pendant qu’il y consumait ses forces, il vit avec désespoir les pièces d’or et d’argent s’élancer vers la mer suivies des perles et des diamants. En vain il s’efforça d’en arrêter quelques-unes, ou de retrouver la formule; le bon génie du tombeau, plus puissant que lui, emportait le trésor tout entier au delà des mers, « dans un pays connu de Dieu seul et de Mohammed, son prophète. Que la bénédiction d’Allah soit sur ce dernier et s’étende sur toute son illustre famille! »

 

 

Ainsi disent les Arabes, et sans doute pour eux la morale de cette légende est le respect dû à la sépulture. Tel est, en abrégé, le sens de la tradition locale. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Lella Maghnia (légende)

27062016

 

 

 

 

 

Lella Maghnia (légende)  dans Croyances & Légendes 1478365773-160626122717722546

 

 

 

 

A 52 kilomètres de Tlemcen et à 10 kilomètres de la frontière du Maroc est la petite ville Lella Maghnia, c’était d’abord un établissement phénicien, qui passa plus tard au pouvoir des Romains, sous le nom de Syr. Un grand nombre d’inscriptions tumulaires votives, ou de bornes militaires,  découvertes lors de la construction de la redoute, en 1844, et une épaisse couche de cendres, de charbons, de débris retrouvés dans tous les environs à une profondeur à peu près uniforme, ont prouvé l’existence de cette station qui dut être détruite par un incendie.

 

 

Plus tard, et sous la domination arabe, cette ville changea de nom et prit celui de Lella Maghnia, du nom d’une sainte femme, qui repose dans la koubba, que l’on voit à gauche du camp. En voici l’histoire :

 

 

Lella Maghnia, comblée des bienfaits célestes, montra dés son enfance une aptitude extraordinaire pour l’étude et les sciences, l’esprit du bien était en elle, elle eut bientôt approfondi toutes les connaissances humaines, et, jeune encore, elle ouvrit une école où les Arabes et les Kabyles se portaient en foule pour écouter ses leçons. Lella Maghnia acquit en peu de temps une réputation telle que les savants du pays ne rougirent pas de s’incliner devant elle et de la proclamer leur maître.

 

 

 

La beauté de Lella Maghnia égalait sa science, mais la bonté de son cœur était plus grande encore. Ses biens et ses conseils étaient pour tous, et Dieu la récompensait en lui distribuant à large main tous les trésors, et en lui donnant tout le pouvoir prestigieux qu’il accorde à ses envoyés. Elle opéra de nombreux miracles : elle fit couler des sources où l’on n’en avait jamais vu auparavant. Au temps de la moisson, elle se promenait dans les champs, et les moissonneurs sur ses traces faisaient d’abondantes récoltes ; aussi les Arabes émerveillés ne connurent bientôt plus d’autre arbitre, et la regardèrent comme un envoyé d’Allah.

 

 

 

Deux tribus étaient-elles en guerre, Lella Maghnia apparaissait et les combattants, posant les armes, venaient se jeter à ses genoux. Lella Maghnia fit, deux fois, le pèlerinage de la Mecque, et mourut dans un âge peu avancé, après avoir désigné l’endroit où elle devait être inhumée. C’est le lieu même où se trouve aujourd’hui la Koubba, dans laquelle, disent la population locale, elle ne cesse de faire des miracles. Ses enfants, à cause de cette haute réputation, ont adopté le nom d’Ouled Maghnia, au lieu de prendre celui de leur père, et ses arrière-petits fils, qui vivent encore, ont conservé ce nom. Chaque année, les gens des environs, dont la vénération pour Lella Maghnia n’est pas encore éteinte, viennent en grande pompe célébrer, à la koubba, la gloire de la sainte.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Kijigui : ‘gros couteau’ Légende Touarègue de l’Aïr (Niger)

13052016

 

 

 

C’était dans les temps anciens, alors que le grand roi Salamon régnait sur terre. C’était un très bon roi ; son nom incarnait la sagesse et ses pouvoirs étaient légendaires ; sa pensée pouvait voyager à travers l’espace et le temps, pour voir ce qui se passait dans son royaume et autour de la terre entière.

Pour sa sécurité, il avait préféré se passer du service de ses semblables : dans sa grande sagesse, il connaissait les faiblesses des hommes, et les bassesses dont ils étaient capables pour accaparer le pouvoir.

Il s’était donc assuré du concours des Djinns, se mettant ainsi à l’abri de l’hypocrisie des humains.

Salomon ne tolérait pas l’injustice, et envoyait des émissaires régler les litiges, sur toute la surface de la planète.

Les justiciers, au temps de Salomon, ne voyageaient pas à la façon du commun des mortels : ils avaient le pouvoir de la Ousma Alghajin, le livre qui contient tous les secrets dont se servaient les thaumaturges ; ils savaient devenir invisibles et immatériels ; ils pouvaient ainsi se transformer en étoiles filantes, et parcourir de grandes distances en très peu de temps.

 

 

 

 

 

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Femme noble du Hoggar (entre la fin du XIXe et début du XXe siècle)  

 

 

 

 

L’un de ces justiciers, passant un jour dans l’Aïr, tomba follement amoureux d’une de ces beautés qui ont les cheveux noirs comme des ailes de corbeaux. Elle n’avait pas son pareil pour chanter, et quand elle jouait de l’Imzad, on aurait cru entendre une musique céleste.

A la suite de cette rencontre, il fit de fréquents voyages pour se rendre auprès de sa bien-aimée, qui lui rendait sa passion.

Il arrivait sous forme d’étoile filante, se posait sur la montagne où il reprenait sa forme humaine, et descendait ensuite auprès de la jeune fille. Tard dans la nuit, il reprenait la voie des airs.

Sur le chemin du retour, il faisait toujours une halte aux puits de Faodet : là, en récitant certains versets du Coran, il faisait monter l’eau jusqu’à la margelle du puits et se purifiait le corps. Après ce rite, l’étoile, plus lumineuse que jamais, reprenait très haut dans le ciel la direction du levant.

Il revint ainsi dans l’Aïr, jusqu’au jour où le roi Salomon lui demanda de rester pour toujours auprès de lui. Il demanda cependant à son Seigneur l’autorisation de se rendre une dernière fois dans l’Aïr. Lors de cette ultime visite, le jour des adieux, il remit son sabre à sa bien-aimée.

- Ce sabre, lui dit-il, est coulé dans un métal spécial : celui qui le détient invincible face à l’ennemi ; il a de grands pouvoirs, et je te le laisse comme souvenir de moi, ainsi que pour défendre ton peuple.

La jeune fille garda précieusement cette arme magique. Beaucoup plus tard, Dieu la rappela à lui, et elle retrouva enfin son bien-aimé, dans le monde immatériel de ‘là-haut’.

 

 

  

 

 

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Forte épée touareg dite Takouba. Monture en fer recouvert de cuir noir et rouge. Large lame droite à gouttière centrale. Fourreau en cuir décoré à garnitures en laiton découpé à jours et gravé / XIXe siècle.

  

 

 

 

La Takouba fut transmise à sa descendance ; depuis cette époque éloignée, elle fut à l’origine de tous les succès des Touaregs de l’Aïr sur leurs envahisseurs.

Les tribus de la région considéraient ce sabre comme leur propriété commune et se regroupaient, en cas de conflit, auprès de l’aménokal qui le détenait.

Il était capable de fendre les rochers, de couper les métaux, et prévenait de la guerre : une semaine avant que ne se déclare le conflit, sans que personne y touche, il transperçait son fourreau et se fichait en terre.

Il était impossible de le prendre par force, et seul le vol aurait permis à quelqu’un de s’en emparer.

Tout le monde le voulait, et l’arme fit des séjours dans presque toutes les tribus de l’Aïr, qui se la dérobaient mutuellement.

Depuis, le temps a passé, et le sabre a beaucoup servi ; il s’est atrophié et les Touaregs de l’Aïr le surnomment Kijigui, ce qui signifie « gros couteau ».

 

 

 

 

 

 

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Guerrier berbère touareg avec sa lance et son épée Takouba. XIXe siècle

 

 

 

 

 

 

Dernièrement, Kijigui fut volé par les Tagaraï-Garaï, autres Touaregs de la région de Tahoua et de l’Azawagh, à ceux de l’Aïr. Ces derniers se sont bien juré de ramener un jour cet ancêtre chez eux ; mais lorsqu’il aura beaucoup servi, son usure sera totale, et il est probable que commencera alors une ère de paix définitive.    

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Tombeau de cinq Deys

17032016

(légende d’Alger)

 

 

 

 

 

 

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Dey d’Alger 

 

 

 

 

 

 

Au commencement de l’année 1832, la ville et les environs d’Alger n’avaient presque rien perdu de ce cachet d’étrange originalité qui caractérisait cette ancienne cité mauresque. L’administration française, à peine constituée, n’avait encore tracé aucun plan d’alignement, et la spéculation ne s’était pas emparée des rues étroites et tortueuses de la basse ville, sur les ruines desquelles devait bientôt s’élever, comme par enchantement, une ville toute française.

 

A cette même époque, lorsqu’on sortait d’Alger par la porte Bab el Oued, on rencontrait à droite, dans l’espace compris entre le rivage de la mer et le chemin conduisant au jardin du Dey, un vaste champ de sépultures musulmanes, composées d’un grand nombre de petites enceintes séparées les unes des autres et fermées par des murailles à hauteur d’appui. Au dedans de ces enceintes on voyait des pierres ou marbres tumulaires de forme antique et bizarre sur lesquels étaient gravés en caractères arabes quelques versets du Coran. Les tombeaux des souverains qui avaient régné sur Alger étaient presque tous groupés les uns à côté des autres, dans la partie du cimetière la plus rapprochée de la porte Bab el Oued. C’étaient de petits édifices carrés de 40 à 42 pieds de haut, surmontés d’une coupole et blanchis à la chaux. On distinguait les tombes des pachas et des deys par le turban en pierre sculpté qui surmontait l’édifice. Celles des aghas et officiers supérieurs de la milice étaient indiquées par une pique plantée en terre. Enfin, celles des raïs ou capitaines de bâtiment, se faisaient remarquer par un mât de pavillon terminé par une pomme dorée. Quant aux tombeaux des gens du peuple, ils étaient fort simples. Des pierres plates enfoncées en terre marquaient l’emplacement de la fosse où le corps avait été déposé.

 

 

Au milieu de toutes ces tombes croissaient çà et là quelques palmiers, et un grand nombre de figuiers et de caroubiers, ainsi que des massifs de cactus et d’aloès couverts eux-mêmes de chèvrefeuilles, de lierres et de vignes sauvages, dont la riante verdure égayait un peu la tristesse et la monotonie de ce champ du repos.

Ces sépultures, en général bien entretenues par la piété des musulmans, furent successivement détruites à partir de 1832, pour la création de l’esplanade Bab el Oued et pour l’ouverture de places et de routes. Ce ne fut pas sans un profond sentiment de douleur que la population indigène vit fouiller les tombes et troubler l’asile de la mort. Dépossédés, par suite des exigences de l’occupation française, d’une partie de leurs habitations dans la ville, et au dehors de leurs maisons de campagne et de leurs tombeaux de famille, on entendait les habitants d’Alger s’écrier avec quelque raison : « Nous ne saurons bientôt plus ni où vivre ni où mourir. »

 

 

 

Parmi les monuments funèbres qui, par leur importance, attiraient les regards, il en était un que, dès leur arrivée à Alger, les Français ne manquaient pas d’aller visiter. Élevé au—dessous du marabout de Sidi, Abderrahmane, près la porte Bab el Oued, dans la petite plaine contiguë à la côte, cet édifice se composait de cinq grosses tours octogones construites en briques et couvertes de dômes. Déjà, à l’époque de l’invasion française, ces monuments tombaient en ruines; depuis longtemps on avait cessé de couvrir leurs murs de cette couche de lait de chaux avec laquelle les Algériens blanchissent, au moins une fois par an, toutes leurs constructions. Le revêtement en carreaux de faïence qui avait autrefois décoré les soubassements extérieurs et intérieurs du mausolée avait en grande partie disparu. Il était facile de reconnaître que, depuis bien des années, aucune main amie, aucune pieuse pensée n’avait veillé à la conservation de ces monuments auxquels la notoriété publique rattachait cependant de tristes et sanglants souvenirs. Sous ces murs dégradés, sous ces voûtes en ruines, reposaient, si l’on en croit la chronique, les restes de cinq deys, qui, à la suite d’une de ces révolutions violentes et subites, si fréquentes dans les fastes de l’odjack d’Alger, auraient été élus et massacrés dans la même journée.

 

 

Depuis plus de deux siècles cette dramatique légende est acceptée en Algérie comme un fait historique bien avéré. On y raconte qu’après avoir cinq fois, dans un même jour, proclamé l’élection d’un nouveau souverain, et avoir massacré successivement les cinq victimes qui montèrent tour à tour les degrés du trône, et dont le même soleil éclaire les règnes éphémères, la milice, fatiguée de répandre le sang, convint de se rendre à la porte de la grande mosquée et de nommer dey le premier Turc qui en sortirait. Au moment où les janissaires arrivèrent au seuil du temple, un pauvre cordonnier achevait sa prière et s’apprêtait à. sortir. Quelques soldats s’emparèrent de cet homme en lui annonçant qu’ils le choisissaient pour dey. Instruit des événements de la journée et de la destinée fatale de ses éphémères prédécesseurs, le modeste artisan se souciait peu de la haute position qui lui était offerte et la refusait obstinément, alléguant son incapacité et la médiocrité de sa position sociale. —Mais on ne pouvait pas impunément se soustraire au choix fait par la milice. Bon gré mal gré, le cordonnier dut revêtir le caftan, insigne de l’autorité suprême, et devint, de par la volonté des janissaires, le sixième dey de cette mémorable journée.

On ne manque pas d’ajouter que ce pacha improvisé fit preuve de sagesse et d’une haute capacité; qu’il a laissé un nom honorable parmi les souverains les plus habiles qui aient occupé le trône de la régence, et, circonstance bien rare et digne d’être remarquée, qu’il mourut dans son lit de mort naturelle.

 

 

Le bruit de cet événement, en passant de bouche en bouche, s’est enrichi de toutes les circonstances propres à l’accréditer. On montrait encore à Alger, il y a quelques années, tous les décors de ce sinistre drame. On pouvait voir au-dessus de la porte Bab Azoun les crochets de fer sur lesquels l’une des victimes de cette catastrophe avait subi une longue et cruelle agonie. On allait même jusqu’à montrer, au haut de la rue de la Porte Neuve, la modeste échoppe où travaillait jadis le cordonnier dont la fortune capricieuse s’était plu à faire un pacha.

 

 

Les auteurs des dix-huitième et dix-neuvième siècles, qui ont écrit sur l’histoire d’Alger, ont tous, avec plus ou moins de détails, parlés de la journée des cinq deys. Il n’en est pas un qui, comme preuve de l’instabilité du pouvoir des pachas et de la férocité capricieuse de la milice, n’ait cité cette mémorable catastrophe. Il semblerait qu’un fait de cette importance, auquel on n’assigne pas une date très éloignée, et qui emprunte à de si nombreux témoignages un certain caractère de vérité, devrait être assez complètement acquis à l’histoire pour qu’il soit très facile d’en fixer la date et d’en préciser les circonstances. Cependant il n’en est point ainsi. Plus on cherche à approfondir ce point soi-disant historique, moins on arrive à l’éclaircir et à discerner ce qui, dans les détails dont l’imagination s’est plu à l’environner, doit entrer dans le domaine de l’histoire, ou demeurer à l’état de légende populaire.

 

 

Les historiens ne sont même pas d’accord sur le nombre des victimes de cette rapide et sanglante révolution. Les uns fixent ce nombre à cinq, d’autres à six*, d’autres enfin à sept**. L’incertitude qui règne, quant aux deys massacrés, existe également quant à l’époque à laquelle leur trépas aurait eu lieu. Il résulte clairement des documents consultés que le fait était déjà connu en 1720.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*), (**) : Laugier de Tassy, bien que visitant Alger vingt ans seulement après le père Comelin, n’est déjà plus d’accord avec ce dernier, ni sur le nombre des deys massacrés, ni sur celui des tombeaux qui leur auraient été élevés après leur mort. Tandis que le père Comelin annonce avoir vu « sept tombeaux de forme carrée, » Laugier de Tassy n’en signale que « six qui se touchent en rond. » L’un dit que ces sept tombeaux sont ceux des sept deys élus et assassinés dans la même journée; l’autre que ces mêmes tombeaux renferment « six deys élus et étranglés dans un jour. » Quant à la date du fait, et au nom du dey qui, élu en dernier lieu, aurait occupé le trône, Laugier de Tassy, pas plus que le père Comelin ne les ont fait connaître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende d’oued N’ssa (La rivière des femmes) près de Ouargla

17012016

 

 

 

 

 

L’ouâd En-Nsâ (rivière des Femmes), si l’on en croit une légende, devrait son nom au fait suivant : Un jour, deux tribus, depuis longtemps rivales, résolurent de vider leur querelle; elles se rencontrèrent sur la rive droite de l’ouâd. Suivant la coutume, les femmes, des deux côtés, assistaient à la lutte du haut de leurs a’t'ât’îch *.

 

 

Malgré les applaudissements qu’elles adressèrent aux braves, malgré les injures qu’elles jetèrent aux lâches, l’une des tribus fut cependant complètement défaite : ses plus vaillants guerriers étaient restés sur le champ de bataille; les autres avaient pris la fuite.

 

 

Les femmes des vaincus, la honte au front, le désespoir dans le cœur, descendirent furieuses de leurs palanquins, s’emparèrent des armes des morts et des blessés, et s’élancèrent audacieusement sur les vainqueurs qui, surpris par cette attaque, reculèrent jusque sur l’ouâd pour s’y rallier à l’abri des rochers. Aucun obstacle n’arrêta les héroïnes, et elles mirent une telle impétuosité, une telle rage dans leur poursuite, que leurs adversaires, reconnaissant bientôt l’impossibilité de leur résister, s’enfuirent en désordre.

Depuis cet événement mémorable, l’ouâd fut appelé la Rivière des Femmes, 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: A’t'âl’ich, pluriel d’a'l’t'ouch, espèce de palanquins fermés par des rideaux dans lesquels se tiennent les femmes arabes pour voyager. Ces palanquins sont portés à dos de chameau.

 

 

La légende d’oued N’ssa (La rivière des femmes) près de Ouargla dans Croyances & Légendes 1478366014-160116085837913762

 Femme voyageant en Attouch (a‘l’t'ouch), province de Constantine (entre 1850 -1890)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1478366032-160111082203246160 dans Croyances & Légendes 

Les oueds de la dorsale du M’Zab dont Oued N’ssa en fait partie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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