Légende de La Chiffa

27032018

 

 

 

 

 

Légende de La Chiffa  dans Croyances & Légendes 1516529335-mod-article5613555-1

 

 

 

 

 

Comme toutes les localités, les gorges de la Chiffa ont leurs légendes. On en rapporte une bien originale : c’est celle de la grotte qui se trouve sur le ruisseau des Singes. En voici l’origine.

 

 

Il y a bien longtemps de cela, alors que les habitants de l’Atlas n’étaient pas encore musulmans, un homme, venu on ne sait d’où, s’était établi à la pointe extrême du pic de Mouzaia. Les indigènes le désignaient sous le nom de Bou-Chakour, l’homme à la hache, parce qu’il avait atteint le sommet du Tamezguida en se frayant, à l’aide de cette arme, un chemin à travers la forêt, qui, à cette époque, s’étendait sur tout le pays. Cet
homme était un marabout : toutes les fois qu’il récitait la Fatiha, cette prière devenait pour lui une nourriture abondante, et quelques versets de la Sourate de la Vache, suffisaient pour étancher sa soif. 

 

Un jour un Kabyle, poussé par la curiosité, alla vers lui : Bou-Chakour lui offrit une splendide hospitalité; il lui fit réciter quelques prières qui se changèrent par la puissance du Dieu très haut en un somptueux repas : et lorsque le Berbère quitta le marabout, il était rassasié et converti. Cet événement fit grand bruit et Bou-Chakour ne tarda pas par ses repas spirituels à convertir à l’islamisme toute la contrée. Seulement l’ascension
du Tamezguida était rude, et ce n’était qu’au sommet qu’une Fatiha pouvait se changer en un plat de couscoussou.

 

 

Les Berbères sollicitèrent en vain Bou-Chakour pour qu’il obtînt d’Allah que le miracle pût s’accomplir en plaine; Bou-Chakour resta inflexible; seulement, un jour, il descendit avec eux, et d’un coup de hache, il défricha toute la Mitidja, puis il les quitta en leur disant : « Priez et cultivez. »

Les Berbères obéirent ; mais, hélas ! le grain ne germait pas par le manque d’eau : ils retournèrent vers le marabout. Bou-Chakour les écouta, puis il prit sa hache, alla dans la montagne et la fendit dans une grande partie de son épaisseur; aussitôt des eaux abondantes jaillirent de tous côtés et allèrent fertiliser la plaine.

 
 
Bou-Chakour se tourna vers les Kabyles et leur dit : « Rani atit koum ech cheffa : je vous ai donné la Chiffa. » (C’est-à-dire la guérison de vos maux.)Depuis cette époque, la prospérité règne dans tout le pays, et les Mouzaïa sont restés jardiniers émérites, croyants convaincus, et… gourmands.

 

 

Sidi Bou-Chakour est enterré au sommet du Tamezguida. Tous les ans les populations vont en pèlerinage à son tombeau, et chaque pèlerin gravit la haute montagne avec une cruche pleine d’eau : le marabout n’est plus là pour accomplir le miracle de l’étanchement de la soif par un verset du Coran, mais c’est une oeuvre pie que de fournir de l’eau au voyageur croyant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Croyances Populaires Marocaines autour de la Faune

15022018

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Selon les croyances:

 
 
 
 
- Tous les animaux ont été créés par Dieu. Mais la chauve-souris a été façonnée par Moïse avec la permission de Dieu qui l’anima. Le jour où l’oiseau voulut s’envoler le soleil jura qu’il ne volerait pas pendant le jour, sous peine de devenir aveugle. L’eau jura aussi que jamais elle ne servirait à désaltérer cet oiseau. On croit donc que la chauve-souris, qui sort par les nuits noires pour chercher sa nourriture, ne boit jamais. On croit aussi qu’elle a sous les ailes deux petites mamelles supplémentaires qu’elle tète quand elle a soif.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
- Un certain nombre d’animaux sont des humains métamorphosés en punition d’une faute. 
Animaux qui sont des humains métamorphosés : 
 
 
 
La chouette est une femme qui a trahi Sidi Abdellah Ben Jaffar. Celui-ci, faisant la guerre sainte, s’éprit de la fille du roi infidèle qu’il combattait et l’enleva. Une compagne de la jeune fille, par dépit, indiqua au roi la retraite où elle se cachait. Sidi Abdellah Ben Jaffar demanda à Dieu de changer cette jalouse en chouette pour la punir de sa trahison. 
 
 

 

 

 

Le caméléon a trahi le prophète lui-même. Etant poursuivi par ses ennemis, Sidi Mohammed se cacha dans des rochers et des pigeons firent leur nid au devant de sa cachette. Non loin de là, une bûcheronne ‘Chleuh’ coupait du bois. Lorsque les ennemis du Prophète arrivèrent auprès d’elle, ils lui demandèrent de leur indiquer la route prise par celui qu’ils poursuivaient. 

Elle leur dit : « Que me donnez-vous, si je vous l’indique ?
-Nous t’enrichirons », répondirent-ils. Alors, en tournant les yeux et la bouche, elle leur montra l’endroit où se trouvaient les pigeons. Elle fut aussitôt transformée en caméléon, animal remarquable parce qu’il a les yeux mobiles et la bouche de travers.  
 
 
 
 
La tarente a été ensorcelée dans les mêmes conditions pour avoir trahi Jésus, Sidna Aïssa, protégé par l’araignée. Cette petite bête inoffensive est considérée comme très méchante et très dangereuse. On dit d’elle : 
 
Tbia sem l’hnache (تبيع السّم للحنش)
Elle vend du venin aux serpents
 
 
 
 
 
 
 
La légende du corbeau est très connue. Il y avait une fois deux amis ; l’un d’eux, devant partir en voyage, confia toute sa fortune à l’autre pour qu’il la lui conservât pendant son absence. Au retour, il réclama son bien à son ami. Mais celui-ci jura n’avoir rien reçu. Dieu punit aussitôt l’homme cupide et voleur en le transformant en corbeau et ajouta sa malédiction à cette métamorphose. 
 
 
 
 
 
 
On connaît aussi l’histoire de la cigogne qui était un mauvais Cadi et que Dieu changea en oiseau. Elle porte son selham ou manteau sur ses épaules (ses ailes noires) et le plumage blanc de son ventre et de son dos est la couleur de sa dfina ou tunique. Son cri est le rire du Cadi qui tourmentait les plaideurs, les veuves et les orphelins en enduisant ses escaliers de savon, et qui se moquait d’eux quand ils dégringolaient et se rompaient les os. 

 

 

 

 

L’épervier est une femme gourmande du nom de Hadia (c’est aussi le nom de l’épervier). Celle-ci tissait un tapis avec une autre femme ; à l’heure du repas, elle se leva sous prétexte de le préparer et gloutonnement mangea toute la viande. Quand l’autre réclama sa part, Hadia nia l’évidence et s’écria imprudemment : « Que je sois ensorcelée si je mens. » mais elle avait à peine prononcé cette parole qu’elle fut changée en épervier et se percha sur le métier. 

 

 

 

Le singe et le porc sont des Juifs ensorcelés.

 

 

La vipère était un ange qui gardait la porte du paradis. Corrompue par Satan elle l’y laissa entrer le jour où il fit manger le fruit défendu à Eve et à Adam. En punition Dieu métamorphosa l’ange en vipère. 

 

 

 

Le chat et la souris ont une origine curieuse. Parmi les animaux emportés par Noé dans l’arche, il y avait un couple de porcs. Noé leur recommanda de se tenir immobiles pour que l’arche ne chavirât pas ; mais le porc saillit sa femelle ; Noé le frappa de son bâton.  le porc se mit à grogner et en grognant rejeta la souris. Le lion ayant éternué au même moment, le chat sortit de son nez et se mit à courir auprès de la souris. Alors le chameau, en voyant ce spectacle, éclata de rire et se fendit la lèvre supérieure. 

 

 

Le lézard vert était une nouvelle mariée qui, revenant du bain, toute parée, le henné aux mains, trouva son mari qui la trompait avec sa sœur. Dans sa couleur, elle demanda à Dieu de la métamorphoser en animal pour ne point voir son malheur et fut aussitôt changée en lézard aux belles couleurs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Langage des animaux : on croit qu’autrefois toutes les bêtes parlaient une langue que comprenaient les hommes. Le Prophète est le dernier homme qui ait compris ce langage. Mais les animaux comprennent toujours le langages des humains et prennent part à leur vie. Le chien qui est l’ami de l’homme demande chaque jour à Dieu d’augmenter son bien pour en avoir sa part. Mais le chat, lui, demande d’aveugler sa maîtresse pour pouvoir manger dans le même plat. 

 

 

Comme les hommes et les animaux se comprenaient, il arrivait souvent que les fils d’Adam, ayant besoin d’un conseil, le demandant à leurs animaux familiers. C’est ainsi que le Prophète consulta le corbeau et la Tibibet sur la durée du jeûne qu’il voulait imposer aux musulmans. 

Le corbeau répondit aussitôt : « O Prophète de Dieu, tu feras jeûner les musulmans une année entière. »
Mais le tibibet (petit passereau) intervint en disant : « Un mois suffit, ô Envoyé de Dieu, un mois suffit. »
Comme ils n’étaient pas d’accord le corbeau et la tibibet se mirent à se disputer. Alors le Prophète s’écria : «  Je suivrai l’avis de celui qui me saluera le premier à la prochaine aurore », et il les renvoya. La tibibet se blottit dans une muraille et le corbeau alla passer la nuit sur un arbre. Dès les premières lueurs du jour, la tibibet vint voleter dans la chambre du Prophète en chantant : « Un mois, un tout petit mois suffit. » Le Prophète réveillé par son joli gazouillis l’écouta un instant et quand plus tard vint le corbeau il le renvoya en disant : « Le salut de la tibibet a précédé le tien, et je suis son conseil. Les musulmans jeûneront un mois seulement. »
 
 
La tibibet est un oiseau qui jouit au Maroc d’une véritable vénération. On ne tue jamais une tibibet. Si un de ces jolis oiseaux entre le matin dans la chambre où l’on a dormi, c’est qu’on recevra des hôtes dans la journée. On pense que les tibibet sont des Foqra (pluriel de Faqir) et qu’elles apportent des nouvelles des absents. On les interroge et on interprète leur cri. Les femmes leur préparent toujours un petit repas de pâtes sur le coin du fourneau. Si elles viennent manger dans le plateau pendant qu’on nettoie du grain, on ne les chasse pas et l’on peut voir dans les Souks les marchandes de Châria (petits vermicelles faits à la main) entourées de nombreux oiseaux qui viennent manger à même les plats préparés pour la vente.
 
 

Si la tibibet est l’amie du foyer, par contre on ne doit pas conserver de tourterelles dans les maisons, car elles portent malheur. On ne les laisse vivre que dans les sanctuaires des saints. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Interdiction de tuer certains animaux : de même qu’on ne tue pas les tibibet, on ne doit pas non plus tuer les chatsles chiens et les grenouilles, car on pense que ces animaux peuvent très bien être des génies qui ont pris cette apparence. Si on fait du mal aux chats, aux chiens et aux grenouilles, on est sûr de tomber malade aussitôt. 

 

Cette croyance préserve chiens et chats des mauvais traitements. On croit que les chiens ont soixante-dix-sept âmes. Les gens pieux cependant n’acceptent pas les chiens dans la maison. Il prétendent que si un chien y rentre les anges n’y viennent plus pendant quarante jours. 

 

Le chat a sept âmes. On croit qu’aider une chatte en gésine est un acte de grande piété. On raconte que le Prophète lui-même prêta un jour un coin de son manteau à une chatte qui accoucha sur ses genoux ; pour ne pas la déranger il découpa la partie du manteau sur laquelle elle reposait avec ses petits chatons et déposa le tout délicatement à terre.  Fait du mal à un chat est une faute que l’ange de la mort fait expier cruellement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 - Nécessité de porter secours à certains animaux : cette piété envers les animaux n’est pas rare. Il y a encore à Marrakech, dans la Zaouiat l’Hadar, près de la Médersa, un fondouk appelé Fondouk Larnja qui a été haboussé* par un Chérif Moulay-Abdesselem, oncle de Moulay Sliman**, pour qu’on y soignât les oiseaux blessés et en particulier les cigognes.

Les locataires de ce fondouk qui y font leur commerce, sont tenus de recueillir les cigognes infirmes qu’on leur apporte. les dépenses d’entretien des oiseaux blessés ou malades sont couvertes par le loyer de deux boutiques sises au « Talâa » en face des notaires, et de deux autres boutiques situées au marché des teinturiers, qui ont été aussi haboussées à cet effet par un autre homme pieux.  

 

 

 

On ne doit pas non plus tuer les puces. Quand on attrape une puce on doit la rouler entre ses doigts et la jeter au loin, car la puce jouit de la protection du Prophète. Un jour qu’il était profondément endormi, il fut piqué par une puce qui ainsi le réveilla juste à l’heure de la prière. Il fut si heureux de l’opportunité de cette piqûre qu’il promit à la puce qu’elle ne serait jamais ni écrasée ni brûlée. Il lui dit :  

 

 

Celui qui te tuera sera tué,

Celui qui t’écrasera sera écrasé

Et que Dieu te jette entre les mains d’une vieille, parce qu’elle n’aura pas la force de te faire du mal. 

 

 

et il la lâcha.

 

 

 

 

On ne tue pas davantage les abeilles ; tuer une abeille est un crime. C’est qu’au moment de la mort l’âme s’échappe du corps sous la forme d’une abeille et c’est sous cette forme qu’elle revient sur terre visiter les vivants ainsi. On ne sait donc jamais si on a affaire à une véritable abeille ou à une âme s’envolant sous cette apparence. Quand on trouve une abeille transie de froid et ne pouvant voler, on doit la réchauffer d’abord ; ensuite on la dépose délicatement dans la corolle d’une fleur. 

 

 

 

 

Le serpent jouit aussi d’une sorte de protection. On dit qu’il est le voisin, le protecteur de la maison, car il peut bien n’être qu’une apparence sous laquelle le génie protecteur du foyer se montre aux humains. on ne doit pas le tuer. On lui apporte même à manger près de son trou. Cependant, chez les Juifs, si on en voit un le vendredi, on dit qu’il sort pour tuer ou être tué et ce jour-là seulement on le poursuit car il est aussi de mauvais augure. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

*: De « Habous » biens appartenant à une communauté religieuse.

 

** : Moulay Slimane (1760 – 1822) : sultan du Maroc (dynastie Alaouite) de 1792 à l’année de sa mort.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  
 
 

 
 

 

 

 

 

  

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



La flûte Djaouak

2012018

Légende de Constantine

 

 

 

 

 

 

La flûte Djaouak dans Croyances & Légendes

 dans Croyances & Légendes

Flûte à conduit « djaouak » 

 

Appelé aussi à Constantine  ‘LE FHEL’.

 C’est une flûte de roseau appelée « bédouine » d’une vingtaine de centimètres de long et environ deux centimètres de diamètre. C’est aussi un instrument de base de l’orchestre Constantinois. Muni de six trous à l’avant et d’un trou à l’arrière, il permet des improvisations et des accompagnements d’une beauté mélodique que seuls l’oud et le violon alto peuvent égaler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohammed était un des plus célèbres musiciens de Constantine ; on l’appelait à prendre part à toutes les fêtes, d’où il revenait toujours comblé de présents. 

Cependant Mohammed était triste. Quelle pouvait être la cause de sa tristesse ? Hélas ! son fils, qui promettait d’hériter de son talent et de sa réputation, était mort peu de temps après son mariage, et le vieux musicien ne cessait de demander au Prophète de le laisser vivre assez longtemps pour qu’il pût transmettre ses connaissances musicales à son petit-fils, dernier rejeton de sa race. 

L’enfant, qui se nommait Ahmed, manifesta de bonne heure un goût prononcé pour la musique ; bientôt le vieillard lui ayant confectionné une flûte dont la grandeur était appropriée à ses petites mains, put l’emmener avec lui dans les fêtes, où chacun le félicitait sur le talent précoce de son petit-fils, et l’assurait qu’il parviendrait à l’égaler. 

Un jour que l’enfant était resté seul à la maison, Mohammed fut fort étonné, en revenant chez lui, d’entendre une musique qui semblait produite par deux instruments. 
Pensant que quelque musicien étranger était venu le voir, il pressa le pas, mais, en pénétrant dans la cour, il ne vit que son fils, qui, ne l’ayant pas entendu venir, continuait à jouer de la flûte, et produisait, à lui seul, cet ensemble de sons tout nouveaux. 

L’enfant, ayant introduit l’extrémité de sa petite flûte dans celle de son grand-père, avait obtenu une étendue de sons jusque-là inconnue sur cet instrument. Et comme Mohammed le questionnait au sujet de sa découverte, il répondit simplement qu’il avait voulu que sa voix suivît celle de son aïeul. 

En effet, les sons de la petite flûte suivaient graduellement ceux de la grande, ou, pour mieux nous exprimer, complétaient presque l’octave, dont la grande flûte ne donnait que les premiers sons les plus graves. 

Les marabouts, appelés à se prononcer sur ce fait extraordinaire, en conclurent que le Prophète avait voulu indiquer que l’enfant continuerait la réputation du nom de son aïeul et même la surpasserait. 

C’est à cause de cela qu’on nomma cette nouvelle flûte Djaouak, c’est-à-dire ce qui suit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Quelle est l’origine de la superstition attachée à la main (Khamsa)?

23112017

 

 

 

 

 

Elle se perd sans doute dans la nuit des temps et il paraît difficile de remonter à son origine.
En tout cas, la main joue sans cesse un rôle important dans les légendes de l’histoire.
 

 

 

  • Dans l’antiquité : Ce symbole existait sur la côte africaine avant les Romains

et avant les Arabes; il n’est certainement pas d’origine islamique, car dans la période libyco-berbère il a été retrouvé, parmi les gravures rupestre; une main de dessin très fruste aux environs d’El-Aricha (Sud-Oranais). Dans les vieilles assises des civilisations successives de l’Afrique, elle se voit fréquemment sur les stèles puniques de Tyr et de Carthage, à côté du croissant et des rosaces.

La main de la divinité phénicienne, dite tanite, n’a souvent que quatre doigts, car dans la période antique l’emblème était surtout la paume (palma) sans pouce, qui est resté une mesure. En effet, au point de vue de l’anatomie, le pouce diffère sensiblement des autres doigts.

 

 

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Stèle avec inscription Punique / Constantine ;datation: (225 – 50 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

  • Dans la bible : Moïse étend la main pour déchaîner les fléaux qui vont ravager l’Egypte et frapper le Pharaon et son peuple.
    Lors de la septième plaie, la nuit, Dieu passe dans toutes les maisons et fait périr les premiers nés, tant des hommes que des animaux; il n’épargne que les demeures des Hébreux marquées à l’avance par une main trempée dans du sang d’agneau.

De nos jours, c’est encore la coutume israélite, à la pâque, de plonger sa main dans le sang d’un mouton fraîchement égorgé et de l’appliquer sur le mur de sa maison.

 

 

 

 

 

 

  • Chez les Turcs : La légende arabe raconte que Mohamed El Fatah, à la prise de Constantinople par les Turcs, trouvant des chrétiens réfugiés dans la basilique de Sainte-Sophie, les extermina tous en frappant le mur de sa main puissante.
     

 

  

 

 

 

  • Au moyen âge : Dans notre histoire, la Main d’argent a le privilège de suspendre l’action de la justice.
    La Main de gloire provenant d’un pendu ou d’un décapité, séchée et préparée, se transforme en un sortilège infaillible pour découvrir les trésors. Elle rend aussi, lorsqu’ils opèrent, les voleurs invisibles.
     

La Main ecclésiastique du sixième siècle permet aux évêques de rechercher dans l’intérieur des maisons tout ce qui rappelle le rite païen.

La Main votive est accrochée pieusement dans les églises, après de nombreuses prières, pour obtenir une grâce de Dieu.

La Main reliquaire en argent avec deux doigts repliés, figurant la bénédiction liturgique, se garnit d’ossements des bienheureux martyrs de la foi.

La Main de justice. Une verge surmontée d’une main d’ivoire sert, avec le sceptre et la couronne, d’attribut au prince royal, depuis Hugues Capet jusqu’à Louis le Hutin.

 

 

  

 

 

 

  • Chez les Maures d’Espagne : A Grenade, les Maures avaient grande confiance en elle. Une clé et une    main étaient sculptées comme un blason au-dessus de l’entrée de l’Alcazar.

 

Selon eux, impossibilité, pour les assaillants, -de pénétrer dans la forteresse si la main de pierre ne descendait pas avec la clé pour ouvrir la porte. 

Toutes les Mauresques de l’Andalousie portaient suspendue à leur cou une main couverte d’inscriptions. Elles étaient fermement convaincues de son pouvoir surnaturel pour conjurer les maléfices et
guérir les maux d’yeux.

Même après l’expulsion des Maures, les femmes et les jeunes filles mauresques se paraient de petites mains d’or. L’une de ces amulettes en argent émaillé, couverte d’inscriptions et d’arabesques, a été

retrouvée dans des fouilles faites à l’Alhambra.
 

 

  

 

 

 

  • Chez les Algériens : Les habitants de l’Afrique septentrionale attribuent à la main aux cinq doigts d’argent une puissance mystérieuse. pour les protéger du mauvais génie.  

 

La main de « Fathma», comme l’appellent les bijoutiers israélites de la rue de la Lyre, joue un grand rôle à Alger. Si les Italiens ont la corne de corail contre le mauvais œil, les algériens ont les bonnes mains qu’ils opposent à l’œil fatal.

Très peu éclairés pour la plupart ils sont très sincèrement persuadés de l’influence des doigts écartés. Aussi on rencontre très souvent une main ciselée en relief sur des pierres incrustées dans les façades
des  maisons  d’Alger. 

Dans l’intérieur de la citadelle de la Casbah, au-dessus d’une porte, se voit une main sculptée à côté du croissant de la lune surplombant des lignes ondulées, sans doute la mer ou un nuage. Une plaque rectangulaire de marbre placée au-dessus d’une fontaine dans la vieille Darse reproduit ces mêmes attributs.
 

Cette tradition s’est perpétuée en Algérie. Abdelkader fit de la main un insigne que ses officiers portaient en récompense, fixé sur leur chéchia.

 

Les marchands mozabites peignent dans leurs magasins des-mains de couleur bleu d’outremer; ils ont cette persuasion que la main doit leur servir souvent d’arme vengeresse lorsqu’on les regarde de travers.

 

A un moment de colère ou de jalousie, presque tous les indigènes répondent par la main droite bien ouverte qu’ils lancent en avant, s’écriant: «Khamsa fi aynek», traduction libre: « Que mes cinq doigts te crèvent les yeux pour t’empêcher de me regarder d’un mauvais œil». Le charme fatal est alors conjuré et le crédule vrai croyant est ainsi assuré.

 

 

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Ancienne Khamssa en Or: Travail citadin du Constantinois 
(Entre 18e / 19e siècle)

 

 

 

 

 

Pour expliquer l’inexplicable main, les fidèles prétendent que chaque doigt indique les cinq prières:
Sebh, prière du matin; - Dohor, prière du midi; — Asr, entre le midiet le coucher du soleil;- Maghrib, coucher du soleil; Icha, prière du soir avant de se coucher.
 

D’autres prétendent que les doigts représentent les principes fondamentaux de la loi de. Mohammed ou les cinq piliers del’islam, comme disent les arabes  أركان الاسلام الخمسة 

 

1° La profession dé foi affirmant l’unité de Dieu et la mission de Mohammed;
2° Les cinq prières canoniques;
3° Le paiement de la zekkate ou aumône de purification de la fortune;
4° Le jeûne du Ramadan;
5° Le pèlerinage de la Mecque obligatoire pour qui peut le faire.

 

Les jointures et les articulations figureraient les obligations de faire le bien ou d’éviter le mal : la crainte de Dieu, le respect dû aux parents, la flétrissure de l’adultère, la nécessité des ablutions, l’abstention du vin, suppression du porc, la guerre aux infidèles.
 

Cette nomenclature pourrait se continuer encore; il serait facile de dresser une main chiromancienne couverte des préceptesmultiples auxquels sont tenus les plus fervents adeptes de la religion musulmane.

 

D’après Rozet, une autre interprétation a été donnée à ces mains énigmatiques. Quand le beit-el-maldji était chargé de mettre l’embargo sur les successions dévolues à l’État, par suite de la condamnation à mort, de l’exil ou de l’esclavage des propriétaires, il faisait peindre ou sculpter sur les murs des bâtiments dévolus au beylik une main signifiant « Je prends ».L’immeuble était immédiatement fouillé à l’effet de retrouver les trésors, les bijoux, en un mot les objets que les Arabesavaient coutume de cacher. Cette opinion nous paraît très contestable.
 

 

La breloque préservatrice se fabrique fondue d’une seule pièce, à jour ou découpée, en plané d’or ou d’argent.
 

Ce porte-bonheur, muni d’un trou pour laisser passer le fil de suspension, s’accroche à une chaîne de cou, à la façon des ex-voto et des médailles de nos pèlerinages, mais il sert plus souvent de pendeloque à différentes pièces des parures d’or ou d’argent.

 

Il en est de toutes les dimensions. Les unes unies, les autres gravées, d’autres ornées de pierreries ou de verroteries.
 

Le fétiche algérien a souvent les doigts écartés. A Tunis, au contraire, les doigts sont presque toujours réunis.

 

 

 

 

Comme on vient de le voir, le talisman et l’amulette sont le produit de l’ignorance. Il faut savoir comprendre et excuser cessuperstitions. Elles consolent souvent ceux qui souffrent ou donnent de la confiance aux faibles d’esprit. Il est certain que les progrès rapides de la civilisation les détruiront peu à peu. Mais, quand elles auront toutes
disparu, notre pauvre humanité sera-t-elle plus heureuse?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende du saint Sidi Ouali Dahdah

13102017

 

 

 

 

 

La célébrité d’Ouali Dahdah remonte à l’expédition dirigée contre Alger par l’empereur Charles-Quint, en 1541. Voici, en substance, la légende qui a cours chez les indigènes à ce sujet :

 

Assiégée par une armée redoutable, la population concevait de sérieuses inquiétudes sur les suites de cette attaque. Un jour, Ouali-Dahdah, qui se désaltérait dans l’une des tavernes de la ville, se lève subitement comme saisi d’une inspiration divine, parcourt les rues en ranimant le courage des habitants, puis se portant rapidement vers la mer, entre dans l’eau jusqu’à la ceinture et l’excite par des mots magiques et par les coups redoublés d’une baguette que brandit sa main bénie. A l’appel du marabout, la tempête se déchaîne et fait périr la plus grande partie de la flotte ennemie. Alors les croyants, si visiblement protégés par Dieu, fondent avec impétuosité sur les infidèles. Frappés d’épouvante, les Espagnols prennent la fuite et renoncent à leur impie entreprise.

 

Mais Ouali-Dahdah ne jouit pas longtemps de la popularité que lui avait si légitimement value son efficace intervention, car l’inscription arabe placée dans la Mosquée qui fut élevée en son honneur, rue du Divan, à Alger, rappelle qu’il est décédé en l’année 961 de l’hégire (1554).

 

L’édifice religieux consacré à la mémoire du saint comprenait, en outre de la Mosquée, une chapelle renfermant le tombeau dû marabout et une salle de refuge pour les mendiants.

 

En 1864, ces bâtiments ont été annexés à ceux du couvent de la Miséricorde, situés, comme on sait, derrière la Cathédrale, et le corps du saint marabout exhumé a été transporté, avec tous les honneurs musulmans, dans un. local qui lui avait été préparé, à côté de la chapelle de Sidi-Abderahman Ettalbi, au-dessus du’jardin Marengo. Voici la traduction, donnée par M. Albert Devoulx, de l’inscription mentionnée sur la plaque commémorative dont nous avons parlé plus haut :

 

1ère ligne. — (Il est) l’ouali des créatures, le pôle des êtres créés. Lorsqu’il s’apprêta à partir, adressant à Dieu sas actions de grâces avec ferveur et résignation.

 

2e ligne. — Nous entendîmes une voix annonçant la date de sa mort ; et cela en disant : que Dieu l’a breuve d’une boisson pure. Année 961 (1554).

 

 

Ouali-Dahdah était Turc d’origine, sa réputation a traversé les siècles et il est encore aujourd’hui en grande odeur de sainteté parmi tous les Algériens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les trésors des Beni-Zian

11072017

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian   dans Croyances & Légendes

 

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian sont un thème sur lequel l’imagination des Arabes a brodé mille contes merveilleux. D’après les croyances populaires, les Beni-Zian cachèrent à cette époque leurs richesses dans la Sebkha d’Arziou (1), dans un endroit appelé Djira (2), et lorsque les successeurs de Grammeur-Hassan redevinrent puissants dans le pays, la caverne de Djira fut encore le point où ils déposèrent leurs nouveaux trésors. Quelques talebs seuls, au moyen d’un djedouel mystérieux connu d’un petit nombre, ont le droit de pénétrer dans cette caverne, invisible aux yeux des profanes qui ne connaissent pas la formule enchantée, le sésame merveilleux. Ce droit ne procure du reste que la vue de ces trésors; entré dans la caverne, vous arrivez après maints détours sur les bords d’un courant d’eau large et profond, qui roule les flots rapides d’une eau plus chaude que l’huile bouillante; de l’autre cote de cet infranchissable obstacle, vous apercevez distinctement une multitude innombrable de Tellis (3) remplis de pièces d’or.

 

 

Mohammed-el-Kebir, un des beys les plus remarquables qui  ait gouverné la province d’Oran pour les Turcs, chercha s’il ne pourrait pas découvrir ces fabuleuses richesses. Il fit sonder dans tous les sens la Sebkha pour trouver la caverne enchantée, et ne rencontra rien. Honteux de sa crédulité, il se vengea en faisant une ghazia sur la tribu insoumise des Harrar. Il rapporta en effet un trésor, disent les Arabes; mais il le devait à ses éperons et non à ses fouilles dans la Sebkha (4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) سبخة : Terrains salants. 

(2) جيرة : Djira. 

(3) تليس : Tellis, espèce de grand sac en laine servant à mettre le blé. 

(4) خزنة متاع شبير : Le trésor de l’éperon, kiozna-mtâa chabir. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Djama-Sebâ-el-Rekoud: La mosquée des Sept Dormants de N’gaous

28052017

 

 

 

 

Djama-Sebâ-el-Rekoud: La mosquée des Sept Dormants de N'gaous  dans Croyances & Légendes 1494161077-72135106

mosquée de Sidi Kacem les années 70

 

 

 

 

 

La mosquée de  Sidi Kacem, beaucoup plus connue sous le nom de Djama-Sebâ-el-Rekoud, mosquée des sept dormants; elle est couverte en tuiles. Elle est divisée par trois rangées de colonnes, de cinq colonnes chaque et dont deux portent des inscriptions… Le tsabout ou châsse qui recouvre la cendre de Sidi Kacem, fondateur de la mosquée, est placé dans le fond à droite en entrant. Un linteau mobile également en bois, placé sur le cercueil, porte une légende en caractères barbaresques gravés en relief sur laquelle on lit que Sidi Kacem est mort au commencement de l’an 1033 de l’hégire (novembre 1623 de J.-C.)

 

La tradition raconte que Sidi Kacem, originaire de Hodna, était un homme pieux et très savant, ne s’occupant jamais des choses de ce monde : il s’en allait de tente en tente, stimulant le zèle des musulmans pour les œuvres pieuses. Quelques années avant sa visite à N’gaous, sept jeunes gens de la ville, jouissant d’une réputation parfaite, disparurent tout à coup, sans que l’on en eût la moindre nouvelle. Un jour Sidi Kacem arriva, et après s’être promené dans le village, alla chez un des principaux habitants et l’engagea à le suivre. Après avoir marché quelque temps, il lui montra un petit monticule formé par des décombres, en lui disant : Comment souffrez-vous que l’on jette des immondices en cet endroit ? Fouillez et vous verrez ce que celte terre recouvre.

 

 

 

 

 

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 Source: le quotidien sgneurial

 

 

 

Aussitôt on se mit à déblayer le terrain où on trouva les sept jeunes gens (sebâ rekoud), dont la disparition avait causé tant d’étonnement, étendus la face au soleil et paraissant dormir d’un profond sommeil. Le miracle fit, comme on le pense bien, très grand bruit. Aussi, pour en perpétuer le souvenir, fut-il décidé que l’on bâtirait immédiatement une mosquée sur le lieu même, et qu’elle porterait le nom de Seba-er-Rekoud, des Sept-Dormants.

Il existe, en effet, dans la mosquée à gauche en entrant, une galerie en bois presque vermoulu, formant comme une sorte de chambre ou de carré réservé dans lequel on pénètre par deux ouvertures. Là sont déposés côte à côte sept tsabouts, cercueils ou châsses en bois, à peu près d’égale dimension, sans inscriptions ni légendes, que l’on m’a dit recouvrir les dépouilles mortelles des sept dormants.

Mais je n’ai point encore parlé de l’objet qui cause l’admiration des crédules musulmans, c’est-à-dire de la gigantesque guessâa (grand plat) dans lequel Sidi Kassem donnait à manger le kouskous aux cinq cents tolbas qui vinrent s’installer à la mosquée pour y écouter sa parole instinctive. Cette guessâa est tout simplement une énorme cuve en calcaire grisâtre de 1m,50 centimètres environ de diamètre extérieur, profonde de 25 centimètres, épaisse de 15 centimètres, comme on en rencontre souvent en Algérie, et dont le véritable emploi était de recevoir l’huile ou tout autre liquide d’un moulin romain.

 Après la prise de Constantine, El-Hadj-Ahmed bey, errant de tribu en tribu à la recherche de partisans, vint un instant s’établir à N’gaous. Pendant son séjour dans cette localité, il perdit sa mère, El-Hadja-Rekia, qui fut ensevelie dans la mosquée des Sept-Dormants. Le corps est déposé dans un angle du bâtiment, au fond, à gauche, entre les Sept-Dormants et le mur. Aucun tsabout, aucune pierre ne recouvre ce tombeau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sidi-el-Haloui

18042017

 

 

 

 

 

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Sidi-el-Haloui, dont on raconte une fort jolie légende. Abou-Abd-Allah-Ech-Choudi, héros de cette légende, naquit à Séville, où il fut cadi; puis, quittant patrie, honneurs et fortune, se couvrant de haillons et prenant le bâton de pèlerin, il passa la mer, arriva à Tlemcen où, contrefaisant le fou, il laissait la foule s’ameuter et crier après lui. Cela se passait vers l’an 665 de l’hégire (1266 de J.-C.), sous le règne de Yagh’Moracen.

 

Cependant Ech-Choudi vendait sur la place publique des bonbons et des pâtes sucrées, halouat, d’où le surnom d’Haloui que lui donnèrent les enfants. Puis, lorsque par ses bouffonneries il avait rassemblé assez de monde autour de lui, il changeait de ton et de langage, et se mettait à discourir en controversiste consommé sur la religion et la morale, et la foule se retirait confondue et pleine d’admiration.

 

Baba-el-Haloui ne tarda pas à passer pour un oracle ; son but était atteint, il fut salué ouali, saint, et il ne fut plus question que de ses miracles. Sidi El-Haloui mourut dans un âge avancé et fut enterré hors de Bab-Ali (Bab-Ziri) en 705 de l’hégire (1305-6 de J.-C.).

 

La lin de cette histoire, déjà assez merveilleuse par elle-même, n’est pas cependant la vraie, dit un auteur ; voici celle à laquelle seule, tout bon musulman doit ajouter foi. Le bruit de la renommée d’El-Haloui n’ayant pas tardé à arriver jusqu’au sultan, celui-ci lui confia l’éducation de ses deux fils. Mais, desservi par la jalousie du vizir, qui le fit passer pour sorcier, El-Haloui fut décapité et son corps abandonné sans sépulture à la voracité des bêtes fauves et des oiseaux de proie. La haine du grand vizir était satisfaite, Dieu seul n’était pas content. Le peuple aussi faisait entendre des murmures et des plaintes.

 

Or, voici que le soir qui suivit cette terrible exécution, le bououab ou gardien des portes criait comme à l’ordinaire : La porte ! La porte ! Afin que les retardataires qui se trouvaient encore dehors se hâtassent de regagner leur logis, quand tout à coup une voix lugubre retentit au milieu du silence de la nuit :

— « Gardien, ferme ta porte ! Va dormir, gardien ! Il n’y a plus personne dehors, excepté El-Haloui, l’opprimé. » Le gardien fut saisi d’étonnement et de terreur, mais il se tut.

 

Le lendemain, le surlendemain, pendant sept jours, la même scène miraculeuse se renouvela. Le peuple, qui eut vent de ce qui se passait, murmura tout haut. Le sultan ne tarda pas non plus à connaître ce miracle, et voulut s’assurer par lui-même de son évidence : il se rendit chez le Bououab, et quand il eut entendu El-Haloui, il se retira, disant : — « J’ai voulu voir, j’ai vu. » Il était juste, comme l’est tout sultan des légendes, et l’aurore du lendemain éclairait le supplice du grand vizir, qui fut enseveli vivant dans un bloc de pisé que l’on posa justement vis-à-vis de l’endroit où le pauvre ouali avait été décapité, et où son corps gisait sans sépulture; on refaisait alors les remparts de la ville.

 

Pour que la réparation fût complète, la volonté royale décida qu’un tombeau, digne de la sainteté de la victime, lui serait élevé; on y déposa ses restes. Le petit bâtiment qui recouvre la pierre tumulaire sans inscription de Sidi El-Haloui, s’élève sur le tertre où le saint fut, dit-on, décapité. Un caroubier séculaire l’abrite de son large et sombre feuillage. Plus bas, la mosquée surgit, blanche et étincelante de mosaïques, au milieu d’un immense massif de verdure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La belle légende de l’enfance de Cyrus

9032017

 

 

 

 

La belle légende de l'enfance de Cyrus dans Croyances & Légendes

Cyrus le Grand

 

 

 

Ce n’est guère que par les légendes recueillies par l’agréable conteur qu’est l’historien grec Hérodote, que nous connaissons la vie de Cyrus. Le plus célèbre de ses récits est celui dans lequel il nous rapporte les merveilleuses aventures de l’enfance de celui qui devait être le premier roi des Perses et des Mèdes.

 

Astyage, le roi des Mèdes, n’avait qu’une fille : Mandane. Pour ne pas s’exposer à être détrôné par son futur gendre, comme le lui faisait craindre un songe qu’il avait eu, il évita prudemment de marier sa fille à l’un des grands seigneurs de sa Cour ; il lui choisit pour époux un petit roi perse de la famille des Achéménides, un étranger, par conséquent, qui n’avait aucune attache en Médie et dont il pensait n’avoir rien à redouter. Mais un second songe vint à nouveau jeter le trouble en son âme : il vit en rêve une vigne qui prenait racine sur le corps de sa fille et qui grandissait jusqu’à couvrir de ses rameaux l’Asie tout entière. Convaincu que ce songe était un avertisse ment des dieux, il s’empressa de consulter les mages sur la signification d’un tel phénomène. Ceux-ci, après avoir compulsé les livres qui traitaient de la science des présages, lui déclarèrent que de Mandane naîtrait un fils que les dieux appelaient à monter sur le trône à la place de son grand-père. Astyage, effrayé de cette révélation, résolut de se débarrasser du petit Cyrus dès sa naissance.

 

Il confia le soin de le faire disparaître à Harpage, l’un de ses officiers, pour lequel il n’avait pas de secret. Mais celui-ci ne put se résoudre à donner lui-même la mort à ce petit enfant, qui était l’héritier du trône de Médie, peut-être simplement par crainte d’encourir la colère de Mandane, si celle-ci venait un jour à apprendre le crime odieux qu’il était chargé de commettre. D’autre part, il ne pouvait pas désobéir à son souverain sans risquer les pires châtiments. Il chercha donc un expédient pour tranquilliser sa conscience.

 

Or, parmi les bergers d’Astyage, il en était un, nommé Mitra date, qui menait paître ses troupeaux dans un coin reculé de la montagne, où pullulaient les bêtes féroces. Harpage le fit appeler et lui donna l’ordre, de la part du roi, d’emporter l’enfant et de le faire périr. Il se garda bien de lui en révéler l’origine, mais un esclave, chargé de l’accompagner jusqu’à la sortie de la ville, apprit au berger que le pauvre bébé n’était autre que le petit fils du roi.

 

Troublé par cette révélation, Mitradate eut la douleur, en arrivant chez lui, d’apprendre la mort de son propre fils, né quelques jours auparavant. Sa femme, Spaco, heureuse de retrouver un autre enfant, supplia avec larmes son mari de garder celui qu’il rapportait plein de vie et d’exposer dans la montagne celui qui venait de mourir. Mitradate ne fit aucune difficulté pour acquiescer à sa demande. Peu de temps après, il fit mander à Harpage d’envoyer quelqu’un pour constater que l’enfant avait bien cessé de vivre et que, par conséquent, les ordres donnés avaient été ponctuellement exécutés. Personne ne soupçonna la supercherie, et le fils de Mandane, aux yeux de tous, passa pour le fils du berger.

 

Un jour que Cyrus jouait à la guerre avec des enfants de son âge — il avait alors dix ans — il fut choisi comme roi par ses petits camarades. L’un d’eux, dont le père était un personnage important, ayant refusé d’obéir à un fils de berger, reçut sur son ordre une formidable raclée ; c’était ainsi, pensait Cyrus, que les rois punissaient la désobéissance de leurs sujets. Le père, indigné qu’un gamin de basse extraction eût osé traiter de pareille façon le fils d’un noble, alla se plaindre directement à Astyage, qui fit comparaître devant lui le coupable et Mitradate, son père présumé.

 

Astyage, en apercevant l’enfant, crut avec terreur retrouver en lui les traits de Mandane. Dans une entrevue, il parvint à décider le berger à livrer son secret. Gagné cependant par le charme et l’intelligence de Cyrus, il revint à de meilleurs sentiments. Au lieu de le faire mettre à mort, il le garda près de lui, le traita affectueusement et le rendit ensuite à ses parents.

 

Mais il résolut d’infliger à Harpage, coupable de désobéissance, une terrible punition. Sur son ordre, le fils de ce dernier fut amené au palais, égorgé et découpé en morceaux. Harpage fut alors invité à la table du roi et, à son insu, on lui servit les restes de son enfant, accommodés à diverses sauces. Le malheureux père n’apprit qu’à la fin du repas quel horrible festin on lui avait fait faire. Il dut dévorer son chagrin en silence et, dissimulant son ressentiment, il attendit l’heure de sa vengeance.

 

Quelques années plus tard, Cyrus, devenu grand, se révolta contre son grand-père. Astyage commit la faute de confier le commandement de ses troupes à Harpage qui, à la première occasion, s’empressa de le trahir. Abandonné de ses soldats, le roi de Médie dut, comme l’avaient prédit les mages, céder le trône à son petit-fils.

 

« Et Cyrus fut proclamé roi des Perses et des Mèdes»

 

 

 

 

 

 dans Croyances & Légendes

Étendard de Cyrus le Grand (musée national d’Iran)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




El Kouachia

24012017

 

 

 

 

Entre le Djebel Guerioun et le Djebel Fortas d’Aïn M’lila, dans les Ouled Gassem, existe une coupure que les gens de la région appellent Fedj Boussâdia. Cette coupure a donné naissance à la tradition suivante : 

 

 

 

El Kouachia  dans Croyances & Légendes 1483871261-djebel-guarioun-ain-mlila

Djebel Guerion / source: ain-mlila

 

 

 

Une vieille merabeta, originaire de la fraction Kouachia du douar Ouled Achour, revenait d’Aïn Fakroune et il lui fallait pour arriver chez elle, contourner le massif du Guerioun ; harassée de fatigue, et ne voulant pas faire un long détour, elle résolut de séparer la montagne en deux, elle donna un coup de pied sur le sol et immédiatement il se produisit une brèche par laquelle elle passa.

 

 

 

A sa mort la merabeta fut enterrée près de cette brèche et les gens assurent qu’à la suite de l’ensevelissement, un olivier poussa subitement près de la tombe. Une dizaine d’autres oliviers auraient aussi poussé à proximité de la dite tombe.

 

Depuis que la fameuse merabeta est enterrée sur ce point, les gens de la région lui ont donnée le nom de Kouachia. Ils viennent souvent en pèlerinage sur la tombe de la sainte femme et manifestent leurs sentiments religieux par un tremblement de tout le corps à la façon des membres de la secte Chadlia. Ils prétendent que lorsqu’a lieu la zerda, l’olivier qui est situé près de la tombe de la merabeta, s’agite et frisonne également !

Les habitants de la mechta Kouachia des Ouled Achour se font enterrer près de la tombe de la merabeta.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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