Quelle est l’origine de la superstition attachée à la main (Khamsa)?

23112017

 

 

 

 

 

Elle se perd sans doute dans la nuit des temps et il paraît difficile de remonter à son origine.
En tout cas, la main joue sans cesse un rôle important dans les légendes de l’histoire.
 

 

 

  • Dans l’antiquité : Ce symbole existait sur la côte africaine avant les Romains

et avant les Arabes; il n’est certainement pas d’origine islamique, car dans la période libyco-berbère il a été retrouvé, parmi les gravures rupestre; une main de dessin très fruste aux environs d’El-Aricha (Sud-Oranais). Dans les vieilles assises des civilisations successives de l’Afrique, elle se voit fréquemment sur les stèles puniques de Tyr et de Carthage, à côté du croissant et des rosaces.

La main de la divinité phénicienne, dite tanite, n’a souvent que quatre doigts, car dans la période antique l’emblème était surtout la paume (palma) sans pouce, qui est resté une mesure. En effet, au point de vue de l’anatomie, le pouce diffère sensiblement des autres doigts.

 

 

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Stèle avec inscription Punique / Constantine ;datation: (225 – 50 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

  • Dans la bible : Moïse étend la main pour déchaîner les fléaux qui vont ravager l’Egypte et frapper le Pharaon et son peuple.
    Lors de la septième plaie, la nuit, Dieu passe dans toutes les maisons et fait périr les premiers nés, tant des hommes que des animaux; il n’épargne que les demeures des Hébreux marquées à l’avance par une main trempée dans du sang d’agneau.

De nos jours, c’est encore la coutume israélite, à la pâque, de plonger sa main dans le sang d’un mouton fraîchement égorgé et de l’appliquer sur le mur de sa maison.

 

 

 

 

 

 

  • Chez les Turcs : La légende arabe raconte que Mohamed El Fatah, à la prise de Constantinople par les Turcs, trouvant des chrétiens réfugiés dans la basilique de Sainte-Sophie, les extermina tous en frappant le mur de sa main puissante.
     

 

  

 

 

 

  • Au moyen âge : Dans notre histoire, la Main d’argent a le privilège de suspendre l’action de la justice.
    La Main de gloire provenant d’un pendu ou d’un décapité, séchée et préparée, se transforme en un sortilège infaillible pour découvrir les trésors. Elle rend aussi, lorsqu’ils opèrent, les voleurs invisibles.
     

La Main ecclésiastique du sixième siècle permet aux évêques de rechercher dans l’intérieur des maisons tout ce qui rappelle le rite païen.

La Main votive est accrochée pieusement dans les églises, après de nombreuses prières, pour obtenir une grâce de Dieu.

La Main reliquaire en argent avec deux doigts repliés, figurant la bénédiction liturgique, se garnit d’ossements des bienheureux martyrs de la foi.

La Main de justice. Une verge surmontée d’une main d’ivoire sert, avec le sceptre et la couronne, d’attribut au prince royal, depuis Hugues Capet jusqu’à Louis le Hutin.

 

 

  

 

 

 

  • Chez les Maures d’Espagne : A Grenade, les Maures avaient grande confiance en elle. Une clé et une    main étaient sculptées comme un blason au-dessus de l’entrée de l’Alcazar.

 

Selon eux, impossibilité, pour les assaillants, -de pénétrer dans la forteresse si la main de pierre ne descendait pas avec la clé pour ouvrir la porte. 

Toutes les Mauresques de l’Andalousie portaient suspendue à leur cou une main couverte d’inscriptions. Elles étaient fermement convaincues de son pouvoir surnaturel pour conjurer les maléfices et
guérir les maux d’yeux.

Même après l’expulsion des Maures, les femmes et les jeunes filles mauresques se paraient de petites mains d’or. L’une de ces amulettes en argent émaillé, couverte d’inscriptions et d’arabesques, a été

retrouvée dans des fouilles faites à l’Alhambra.
 

 

  

 

 

 

  • Chez les Algériens : Les habitants de l’Afrique septentrionale attribuent à la main aux cinq doigts d’argent une puissance mystérieuse. pour les protéger du mauvais génie.  

 

La main de « Fathma», comme l’appellent les bijoutiers israélites de la rue de la Lyre, joue un grand rôle à Alger. Si les Italiens ont la corne de corail contre le mauvais œil, les algériens ont les bonnes mains qu’ils opposent à l’œil fatal.

Très peu éclairés pour la plupart ils sont très sincèrement persuadés de l’influence des doigts écartés. Aussi on rencontre très souvent une main ciselée en relief sur des pierres incrustées dans les façades
des  maisons  d’Alger. 

Dans l’intérieur de la citadelle de la Casbah, au-dessus d’une porte, se voit une main sculptée à côté du croissant de la lune surplombant des lignes ondulées, sans doute la mer ou un nuage. Une plaque rectangulaire de marbre placée au-dessus d’une fontaine dans la vieille Darse reproduit ces mêmes attributs.
 

Cette tradition s’est perpétuée en Algérie. Abdelkader fit de la main un insigne que ses officiers portaient en récompense, fixé sur leur chéchia.

 

Les marchands mozabites peignent dans leurs magasins des-mains de couleur bleu d’outremer; ils ont cette persuasion que la main doit leur servir souvent d’arme vengeresse lorsqu’on les regarde de travers.

 

A un moment de colère ou de jalousie, presque tous les indigènes répondent par la main droite bien ouverte qu’ils lancent en avant, s’écriant: «Khamsa fi aynek», traduction libre: « Que mes cinq doigts te crèvent les yeux pour t’empêcher de me regarder d’un mauvais œil». Le charme fatal est alors conjuré et le crédule vrai croyant est ainsi assuré.

 

 

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Ancienne Khamssa en Or: Travail citadin du Constantinois 
(Entre 18e / 19e siècle)

 

 

 

 

 

Pour expliquer l’inexplicable main, les fidèles prétendent que chaque doigt indique les cinq prières:
Sebh, prière du matin; - Dohor, prière du midi; — Asr, entre le midiet le coucher du soleil;- Maghrib, coucher du soleil; Icha, prière du soir avant de se coucher.
 

D’autres prétendent que les doigts représentent les principes fondamentaux de la loi de. Mohammed ou les cinq piliers del’islam, comme disent les arabes  أركان الاسلام الخمسة 

 

1° La profession dé foi affirmant l’unité de Dieu et la mission de Mohammed;
2° Les cinq prières canoniques;
3° Le paiement de la zekkate ou aumône de purification de la fortune;
4° Le jeûne du Ramadan;
5° Le pèlerinage de la Mecque obligatoire pour qui peut le faire.

 

Les jointures et les articulations figureraient les obligations de faire le bien ou d’éviter le mal : la crainte de Dieu, le respect dû aux parents, la flétrissure de l’adultère, la nécessité des ablutions, l’abstention du vin, suppression du porc, la guerre aux infidèles.
 

Cette nomenclature pourrait se continuer encore; il serait facile de dresser une main chiromancienne couverte des préceptesmultiples auxquels sont tenus les plus fervents adeptes de la religion musulmane.

 

D’après Rozet, une autre interprétation a été donnée à ces mains énigmatiques. Quand le beit-el-maldji était chargé de mettre l’embargo sur les successions dévolues à l’État, par suite de la condamnation à mort, de l’exil ou de l’esclavage des propriétaires, il faisait peindre ou sculpter sur les murs des bâtiments dévolus au beylik une main signifiant « Je prends ».L’immeuble était immédiatement fouillé à l’effet de retrouver les trésors, les bijoux, en un mot les objets que les Arabesavaient coutume de cacher. Cette opinion nous paraît très contestable.
 

 

La breloque préservatrice se fabrique fondue d’une seule pièce, à jour ou découpée, en plané d’or ou d’argent.
 

Ce porte-bonheur, muni d’un trou pour laisser passer le fil de suspension, s’accroche à une chaîne de cou, à la façon des ex-voto et des médailles de nos pèlerinages, mais il sert plus souvent de pendeloque à différentes pièces des parures d’or ou d’argent.

 

Il en est de toutes les dimensions. Les unes unies, les autres gravées, d’autres ornées de pierreries ou de verroteries.
 

Le fétiche algérien a souvent les doigts écartés. A Tunis, au contraire, les doigts sont presque toujours réunis.

 

 

 

 

Comme on vient de le voir, le talisman et l’amulette sont le produit de l’ignorance. Il faut savoir comprendre et excuser cessuperstitions. Elles consolent souvent ceux qui souffrent ou donnent de la confiance aux faibles d’esprit. Il est certain que les progrès rapides de la civilisation les détruiront peu à peu. Mais, quand elles auront toutes
disparu, notre pauvre humanité sera-t-elle plus heureuse?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende du saint Sidi Ouali Dahdah

13102017

 

 

 

 

 

La célébrité d’Ouali Dahdah remonte à l’expédition dirigée contre Alger par l’empereur Charles-Quint, en 1541. Voici, en substance, la légende qui a cours chez les indigènes à ce sujet :

 

Assiégée par une armée redoutable, la population concevait de sérieuses inquiétudes sur les suites de cette attaque. Un jour, Ouali-Dahdah, qui se désaltérait dans l’une des tavernes de la ville, se lève subitement comme saisi d’une inspiration divine, parcourt les rues en ranimant le courage des habitants, puis se portant rapidement vers la mer, entre dans l’eau jusqu’à la ceinture et l’excite par des mots magiques et par les coups redoublés d’une baguette que brandit sa main bénie. A l’appel du marabout, la tempête se déchaîne et fait périr la plus grande partie de la flotte ennemie. Alors les croyants, si visiblement protégés par Dieu, fondent avec impétuosité sur les infidèles. Frappés d’épouvante, les Espagnols prennent la fuite et renoncent à leur impie entreprise.

 

Mais Ouali-Dahdah ne jouit pas longtemps de la popularité que lui avait si légitimement value son efficace intervention, car l’inscription arabe placée dans la Mosquée qui fut élevée en son honneur, rue du Divan, à Alger, rappelle qu’il est décédé en l’année 961 de l’hégire (1554).

 

L’édifice religieux consacré à la mémoire du saint comprenait, en outre de la Mosquée, une chapelle renfermant le tombeau dû marabout et une salle de refuge pour les mendiants.

 

En 1864, ces bâtiments ont été annexés à ceux du couvent de la Miséricorde, situés, comme on sait, derrière la Cathédrale, et le corps du saint marabout exhumé a été transporté, avec tous les honneurs musulmans, dans un. local qui lui avait été préparé, à côté de la chapelle de Sidi-Abderahman Ettalbi, au-dessus du’jardin Marengo. Voici la traduction, donnée par M. Albert Devoulx, de l’inscription mentionnée sur la plaque commémorative dont nous avons parlé plus haut :

 

1ère ligne. — (Il est) l’ouali des créatures, le pôle des êtres créés. Lorsqu’il s’apprêta à partir, adressant à Dieu sas actions de grâces avec ferveur et résignation.

 

2e ligne. — Nous entendîmes une voix annonçant la date de sa mort ; et cela en disant : que Dieu l’a breuve d’une boisson pure. Année 961 (1554).

 

 

Ouali-Dahdah était Turc d’origine, sa réputation a traversé les siècles et il est encore aujourd’hui en grande odeur de sainteté parmi tous les Algériens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les trésors des Beni-Zian

11072017

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian   dans Croyances & Légendes

 

 

 

 

 

Les trésors des Beni-Zian sont un thème sur lequel l’imagination des Arabes a brodé mille contes merveilleux. D’après les croyances populaires, les Beni-Zian cachèrent à cette époque leurs richesses dans la Sebkha d’Arziou (1), dans un endroit appelé Djira (2), et lorsque les successeurs de Grammeur-Hassan redevinrent puissants dans le pays, la caverne de Djira fut encore le point où ils déposèrent leurs nouveaux trésors. Quelques talebs seuls, au moyen d’un djedouel mystérieux connu d’un petit nombre, ont le droit de pénétrer dans cette caverne, invisible aux yeux des profanes qui ne connaissent pas la formule enchantée, le sésame merveilleux. Ce droit ne procure du reste que la vue de ces trésors; entré dans la caverne, vous arrivez après maints détours sur les bords d’un courant d’eau large et profond, qui roule les flots rapides d’une eau plus chaude que l’huile bouillante; de l’autre cote de cet infranchissable obstacle, vous apercevez distinctement une multitude innombrable de Tellis (3) remplis de pièces d’or.

 

 

Mohammed-el-Kebir, un des beys les plus remarquables qui  ait gouverné la province d’Oran pour les Turcs, chercha s’il ne pourrait pas découvrir ces fabuleuses richesses. Il fit sonder dans tous les sens la Sebkha pour trouver la caverne enchantée, et ne rencontra rien. Honteux de sa crédulité, il se vengea en faisant une ghazia sur la tribu insoumise des Harrar. Il rapporta en effet un trésor, disent les Arabes; mais il le devait à ses éperons et non à ses fouilles dans la Sebkha (4)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) سبخة : Terrains salants. 

(2) جيرة : Djira. 

(3) تليس : Tellis, espèce de grand sac en laine servant à mettre le blé. 

(4) خزنة متاع شبير : Le trésor de l’éperon, kiozna-mtâa chabir. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Djama-Sebâ-el-Rekoud: La mosquée des Sept Dormants de N’gaous

28052017

 

 

 

 

Djama-Sebâ-el-Rekoud: La mosquée des Sept Dormants de N'gaous  dans Croyances & Légendes 1494161077-72135106

mosquée de Sidi Kacem les années 70

 

 

 

 

 

La mosquée de  Sidi Kacem, beaucoup plus connue sous le nom de Djama-Sebâ-el-Rekoud, mosquée des sept dormants; elle est couverte en tuiles. Elle est divisée par trois rangées de colonnes, de cinq colonnes chaque et dont deux portent des inscriptions… Le tsabout ou châsse qui recouvre la cendre de Sidi Kacem, fondateur de la mosquée, est placé dans le fond à droite en entrant. Un linteau mobile également en bois, placé sur le cercueil, porte une légende en caractères barbaresques gravés en relief sur laquelle on lit que Sidi Kacem est mort au commencement de l’an 1033 de l’hégire (novembre 1623 de J.-C.)

 

La tradition raconte que Sidi Kacem, originaire de Hodna, était un homme pieux et très savant, ne s’occupant jamais des choses de ce monde : il s’en allait de tente en tente, stimulant le zèle des musulmans pour les œuvres pieuses. Quelques années avant sa visite à N’gaous, sept jeunes gens de la ville, jouissant d’une réputation parfaite, disparurent tout à coup, sans que l’on en eût la moindre nouvelle. Un jour Sidi Kacem arriva, et après s’être promené dans le village, alla chez un des principaux habitants et l’engagea à le suivre. Après avoir marché quelque temps, il lui montra un petit monticule formé par des décombres, en lui disant : Comment souffrez-vous que l’on jette des immondices en cet endroit ? Fouillez et vous verrez ce que celte terre recouvre.

 

 

 

 

 

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 Source: le quotidien sgneurial

 

 

 

Aussitôt on se mit à déblayer le terrain où on trouva les sept jeunes gens (sebâ rekoud), dont la disparition avait causé tant d’étonnement, étendus la face au soleil et paraissant dormir d’un profond sommeil. Le miracle fit, comme on le pense bien, très grand bruit. Aussi, pour en perpétuer le souvenir, fut-il décidé que l’on bâtirait immédiatement une mosquée sur le lieu même, et qu’elle porterait le nom de Seba-er-Rekoud, des Sept-Dormants.

Il existe, en effet, dans la mosquée à gauche en entrant, une galerie en bois presque vermoulu, formant comme une sorte de chambre ou de carré réservé dans lequel on pénètre par deux ouvertures. Là sont déposés côte à côte sept tsabouts, cercueils ou châsses en bois, à peu près d’égale dimension, sans inscriptions ni légendes, que l’on m’a dit recouvrir les dépouilles mortelles des sept dormants.

Mais je n’ai point encore parlé de l’objet qui cause l’admiration des crédules musulmans, c’est-à-dire de la gigantesque guessâa (grand plat) dans lequel Sidi Kassem donnait à manger le kouskous aux cinq cents tolbas qui vinrent s’installer à la mosquée pour y écouter sa parole instinctive. Cette guessâa est tout simplement une énorme cuve en calcaire grisâtre de 1m,50 centimètres environ de diamètre extérieur, profonde de 25 centimètres, épaisse de 15 centimètres, comme on en rencontre souvent en Algérie, et dont le véritable emploi était de recevoir l’huile ou tout autre liquide d’un moulin romain.

 Après la prise de Constantine, El-Hadj-Ahmed bey, errant de tribu en tribu à la recherche de partisans, vint un instant s’établir à N’gaous. Pendant son séjour dans cette localité, il perdit sa mère, El-Hadja-Rekia, qui fut ensevelie dans la mosquée des Sept-Dormants. Le corps est déposé dans un angle du bâtiment, au fond, à gauche, entre les Sept-Dormants et le mur. Aucun tsabout, aucune pierre ne recouvre ce tombeau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sidi-el-Haloui

18042017

 

 

 

 

 

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Sidi-el-Haloui, dont on raconte une fort jolie légende. Abou-Abd-Allah-Ech-Choudi, héros de cette légende, naquit à Séville, où il fut cadi; puis, quittant patrie, honneurs et fortune, se couvrant de haillons et prenant le bâton de pèlerin, il passa la mer, arriva à Tlemcen où, contrefaisant le fou, il laissait la foule s’ameuter et crier après lui. Cela se passait vers l’an 665 de l’hégire (1266 de J.-C.), sous le règne de Yagh’Moracen.

 

Cependant Ech-Choudi vendait sur la place publique des bonbons et des pâtes sucrées, halouat, d’où le surnom d’Haloui que lui donnèrent les enfants. Puis, lorsque par ses bouffonneries il avait rassemblé assez de monde autour de lui, il changeait de ton et de langage, et se mettait à discourir en controversiste consommé sur la religion et la morale, et la foule se retirait confondue et pleine d’admiration.

 

Baba-el-Haloui ne tarda pas à passer pour un oracle ; son but était atteint, il fut salué ouali, saint, et il ne fut plus question que de ses miracles. Sidi El-Haloui mourut dans un âge avancé et fut enterré hors de Bab-Ali (Bab-Ziri) en 705 de l’hégire (1305-6 de J.-C.).

 

La lin de cette histoire, déjà assez merveilleuse par elle-même, n’est pas cependant la vraie, dit un auteur ; voici celle à laquelle seule, tout bon musulman doit ajouter foi. Le bruit de la renommée d’El-Haloui n’ayant pas tardé à arriver jusqu’au sultan, celui-ci lui confia l’éducation de ses deux fils. Mais, desservi par la jalousie du vizir, qui le fit passer pour sorcier, El-Haloui fut décapité et son corps abandonné sans sépulture à la voracité des bêtes fauves et des oiseaux de proie. La haine du grand vizir était satisfaite, Dieu seul n’était pas content. Le peuple aussi faisait entendre des murmures et des plaintes.

 

Or, voici que le soir qui suivit cette terrible exécution, le bououab ou gardien des portes criait comme à l’ordinaire : La porte ! La porte ! Afin que les retardataires qui se trouvaient encore dehors se hâtassent de regagner leur logis, quand tout à coup une voix lugubre retentit au milieu du silence de la nuit :

— « Gardien, ferme ta porte ! Va dormir, gardien ! Il n’y a plus personne dehors, excepté El-Haloui, l’opprimé. » Le gardien fut saisi d’étonnement et de terreur, mais il se tut.

 

Le lendemain, le surlendemain, pendant sept jours, la même scène miraculeuse se renouvela. Le peuple, qui eut vent de ce qui se passait, murmura tout haut. Le sultan ne tarda pas non plus à connaître ce miracle, et voulut s’assurer par lui-même de son évidence : il se rendit chez le Bououab, et quand il eut entendu El-Haloui, il se retira, disant : — « J’ai voulu voir, j’ai vu. » Il était juste, comme l’est tout sultan des légendes, et l’aurore du lendemain éclairait le supplice du grand vizir, qui fut enseveli vivant dans un bloc de pisé que l’on posa justement vis-à-vis de l’endroit où le pauvre ouali avait été décapité, et où son corps gisait sans sépulture; on refaisait alors les remparts de la ville.

 

Pour que la réparation fût complète, la volonté royale décida qu’un tombeau, digne de la sainteté de la victime, lui serait élevé; on y déposa ses restes. Le petit bâtiment qui recouvre la pierre tumulaire sans inscription de Sidi El-Haloui, s’élève sur le tertre où le saint fut, dit-on, décapité. Un caroubier séculaire l’abrite de son large et sombre feuillage. Plus bas, la mosquée surgit, blanche et étincelante de mosaïques, au milieu d’un immense massif de verdure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La belle légende de l’enfance de Cyrus

9032017

 

 

 

 

La belle légende de l'enfance de Cyrus dans Croyances & Légendes

Cyrus le Grand

 

 

 

Ce n’est guère que par les légendes recueillies par l’agréable conteur qu’est l’historien grec Hérodote, que nous connaissons la vie de Cyrus. Le plus célèbre de ses récits est celui dans lequel il nous rapporte les merveilleuses aventures de l’enfance de celui qui devait être le premier roi des Perses et des Mèdes.

 

Astyage, le roi des Mèdes, n’avait qu’une fille : Mandane. Pour ne pas s’exposer à être détrôné par son futur gendre, comme le lui faisait craindre un songe qu’il avait eu, il évita prudemment de marier sa fille à l’un des grands seigneurs de sa Cour ; il lui choisit pour époux un petit roi perse de la famille des Achéménides, un étranger, par conséquent, qui n’avait aucune attache en Médie et dont il pensait n’avoir rien à redouter. Mais un second songe vint à nouveau jeter le trouble en son âme : il vit en rêve une vigne qui prenait racine sur le corps de sa fille et qui grandissait jusqu’à couvrir de ses rameaux l’Asie tout entière. Convaincu que ce songe était un avertisse ment des dieux, il s’empressa de consulter les mages sur la signification d’un tel phénomène. Ceux-ci, après avoir compulsé les livres qui traitaient de la science des présages, lui déclarèrent que de Mandane naîtrait un fils que les dieux appelaient à monter sur le trône à la place de son grand-père. Astyage, effrayé de cette révélation, résolut de se débarrasser du petit Cyrus dès sa naissance.

 

Il confia le soin de le faire disparaître à Harpage, l’un de ses officiers, pour lequel il n’avait pas de secret. Mais celui-ci ne put se résoudre à donner lui-même la mort à ce petit enfant, qui était l’héritier du trône de Médie, peut-être simplement par crainte d’encourir la colère de Mandane, si celle-ci venait un jour à apprendre le crime odieux qu’il était chargé de commettre. D’autre part, il ne pouvait pas désobéir à son souverain sans risquer les pires châtiments. Il chercha donc un expédient pour tranquilliser sa conscience.

 

Or, parmi les bergers d’Astyage, il en était un, nommé Mitra date, qui menait paître ses troupeaux dans un coin reculé de la montagne, où pullulaient les bêtes féroces. Harpage le fit appeler et lui donna l’ordre, de la part du roi, d’emporter l’enfant et de le faire périr. Il se garda bien de lui en révéler l’origine, mais un esclave, chargé de l’accompagner jusqu’à la sortie de la ville, apprit au berger que le pauvre bébé n’était autre que le petit fils du roi.

 

Troublé par cette révélation, Mitradate eut la douleur, en arrivant chez lui, d’apprendre la mort de son propre fils, né quelques jours auparavant. Sa femme, Spaco, heureuse de retrouver un autre enfant, supplia avec larmes son mari de garder celui qu’il rapportait plein de vie et d’exposer dans la montagne celui qui venait de mourir. Mitradate ne fit aucune difficulté pour acquiescer à sa demande. Peu de temps après, il fit mander à Harpage d’envoyer quelqu’un pour constater que l’enfant avait bien cessé de vivre et que, par conséquent, les ordres donnés avaient été ponctuellement exécutés. Personne ne soupçonna la supercherie, et le fils de Mandane, aux yeux de tous, passa pour le fils du berger.

 

Un jour que Cyrus jouait à la guerre avec des enfants de son âge — il avait alors dix ans — il fut choisi comme roi par ses petits camarades. L’un d’eux, dont le père était un personnage important, ayant refusé d’obéir à un fils de berger, reçut sur son ordre une formidable raclée ; c’était ainsi, pensait Cyrus, que les rois punissaient la désobéissance de leurs sujets. Le père, indigné qu’un gamin de basse extraction eût osé traiter de pareille façon le fils d’un noble, alla se plaindre directement à Astyage, qui fit comparaître devant lui le coupable et Mitradate, son père présumé.

 

Astyage, en apercevant l’enfant, crut avec terreur retrouver en lui les traits de Mandane. Dans une entrevue, il parvint à décider le berger à livrer son secret. Gagné cependant par le charme et l’intelligence de Cyrus, il revint à de meilleurs sentiments. Au lieu de le faire mettre à mort, il le garda près de lui, le traita affectueusement et le rendit ensuite à ses parents.

 

Mais il résolut d’infliger à Harpage, coupable de désobéissance, une terrible punition. Sur son ordre, le fils de ce dernier fut amené au palais, égorgé et découpé en morceaux. Harpage fut alors invité à la table du roi et, à son insu, on lui servit les restes de son enfant, accommodés à diverses sauces. Le malheureux père n’apprit qu’à la fin du repas quel horrible festin on lui avait fait faire. Il dut dévorer son chagrin en silence et, dissimulant son ressentiment, il attendit l’heure de sa vengeance.

 

Quelques années plus tard, Cyrus, devenu grand, se révolta contre son grand-père. Astyage commit la faute de confier le commandement de ses troupes à Harpage qui, à la première occasion, s’empressa de le trahir. Abandonné de ses soldats, le roi de Médie dut, comme l’avaient prédit les mages, céder le trône à son petit-fils.

 

« Et Cyrus fut proclamé roi des Perses et des Mèdes»

 

 

 

 

 

 dans Croyances & Légendes

Étendard de Cyrus le Grand (musée national d’Iran)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




El Kouachia

24012017

 

 

 

 

Entre le Djebel Guerioun et le Djebel Fortas d’Aïn M’lila, dans les Ouled Gassem, existe une coupure que les gens de la région appellent Fedj Boussâdia. Cette coupure a donné naissance à la tradition suivante : 

 

 

 

El Kouachia  dans Croyances & Légendes 1483871261-djebel-guarioun-ain-mlila

Djebel Guerion / source: ain-mlila

 

 

 

Une vieille merabeta, originaire de la fraction Kouachia du douar Ouled Achour, revenait d’Aïn Fakroune et il lui fallait pour arriver chez elle, contourner le massif du Guerioun ; harassée de fatigue, et ne voulant pas faire un long détour, elle résolut de séparer la montagne en deux, elle donna un coup de pied sur le sol et immédiatement il se produisit une brèche par laquelle elle passa.

 

 

 

A sa mort la merabeta fut enterrée près de cette brèche et les gens assurent qu’à la suite de l’ensevelissement, un olivier poussa subitement près de la tombe. Une dizaine d’autres oliviers auraient aussi poussé à proximité de la dite tombe.

 

Depuis que la fameuse merabeta est enterrée sur ce point, les gens de la région lui ont donnée le nom de Kouachia. Ils viennent souvent en pèlerinage sur la tombe de la sainte femme et manifestent leurs sentiments religieux par un tremblement de tout le corps à la façon des membres de la secte Chadlia. Ils prétendent que lorsqu’a lieu la zerda, l’olivier qui est situé près de la tombe de la merabeta, s’agite et frisonne également !

Les habitants de la mechta Kouachia des Ouled Achour se font enterrer près de la tombe de la merabeta.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende de Bou-Tlelis

11122016

 

 

 

 

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Mausolée Sidi Ali Boutlelis

© lamek kamel via flickr

 

 

 

 

 

 

A quelques kilomètre de Aïn Bridia, c’est Bou-Tlelis, relai et colonie agricole de 1849, remis à l’autorité civile coloniale le 6 avril 1853, annexée à la commune de Misserghin le 31 décembre 1856, et érigée en commune le 23 mars 1864. A cette époque, ce village prospère était exclusivement habité par les Alsaciens-Lorrains.

 

Bou-Tlelis est le surnom d’un marabout nommé Ali. Il vivait au quatorzième siècle ; il opéra, dit-on, pendant sa vie et après sa mort, un grand nombre de miracles et entre autres celui qui lui fit donner son surnom.

La tradition rapporte qu’un jour, un envoyé du prince Mérinide, en guerre avec le roi de Tlemcen, vint demander à Ali une certaine quantité d’orge pour les chevaux de son maître. Le bonhomme, qui était un pauvre diable, entra chez lui et reparut un instant après, conduisant un lion sur le dos duquel était un petit sac d’orge. Il y en avait à peine pour le repas d’un cheval.

 

A la vue du lion, l’envoyé du prince veut prendre la fuite ; le marabout l’arrête et lui dit :

« Conduis-moi, à la tente du Sultan. »

 

Celui-ci, à la vue du sac d’orge que lui présenta Ali, entre dans une violente colère ; il injure le pauvre homme et le menace de le faire écorcher vif avec son lion. Le marabout, pour toute réponse, prend le sac qui est sur le dos du lion et verse aux pieds du prince l’orge qu’il contient. Déjà un assez gros tas était formé, il y en avait assez et le sac n’était pas désempli.

 

On cria au miracle, et Ali ne fut plus connu que sous le nom de Bou-Tlelis, l’homme au petit sac.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le fort Moulay-Hassan

27102016

 

 

 

 

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Bordj Moulay-Hassan (1830)

 

 

 

 

La légende arabe sur le Bordj-Moulay-Hassan, que les Français appelaient le fort de l’Empereur, vraie ou fausse, on a paru merveilleusement propre à donner une idée de la manière dont les faits historiques se conservent chez les musulmans.

 

 

Elle remonte à l’an 1541 et à la redoutable expédition dirigée par Charles-Quint contre la ville d’Alger, que les corsaires barbaresques commençaient à fortifier pour en faire l’effroi de la chrétienté.

L’empereur, avant reconnu, sur les mamelons qui dominent la ville au sud, un emplacement convenable pour y établir une batterie, donna ses ordres pour qu’elle fût élevée le plus promptement possible, car ce point avait pour son armée la plus haute importance. Les pierres et la chaux nécessaires furent préparées à Aïn-Rebote, dans la plaine située au bas de Mustapha-Pacha (champ de manœuvres). Deux lignes de fantassins qui, de cette plaine, atteignaient les hauteurs, étaient disposées pour transporter les matériaux, l’une passant les paniers pleins, l’autre les rapportant vides. En une seule nuit, une batterie formidable, entourée de fossés et armée de pièces de gros calibre, était sortie de terre. Les Arabes, voulant conserver le souvenir de cette prodigieuse rapidité, donnèrent à cette construction le nom de Bou-Leila (père d’une nuit).

 

Cette batterie commença à fonctionner, prenant la ville de revers, et lui fit un tel mal que l’épouvante se répandit partout. Enlever une position aussi forte et bien appuyée était chose difficile, et la ville, foudroyée, n’aurait pu tenir longtemps. Dans cette circonstance critique, les Beni-Mzab, qui se trouvaient déjà en grand nombre à Alger, résolurent de se dévouer pour sauver la ville. Ils allèrent trouver le pacha et lui dirent que, s’il voulait leur accorder le monopole des bains maures, des boucheries, et leur nommer un amin qui seul aurait la police et la juridiction de leur corporation, ils se chargeraient d’enlever cette batterie. Le pacha, comme on le pense bien, y consentit. Voici la ruse qu’employèrent les Beni Mzab pour arriver sans danger à la position.

Déguisés sous des vêtements de femmes, la figure couverte d’un voile, selon la coutume des Mauresques, afin que la barbe et la moustache ne les trahissent point, cachant sous leurs haïks et sous leurs voiles blancs des pistolets chargés jusqu’à la bouche et des yatagans bien affilés, ils sortirent processionnellement de la ville par la porte Neuve (Bab-el-Djedid), se dirigeant sur les menaçantes redoutes. A cette apparition, les Espagnols, qui se trouvaient dans les retranchements, cessèrent immédiatement leur feu, pensant que les gens de la ville, ayant pris la résolution de se rendre, la leur indiquait, selon l’usage des musulmans, par ces processions de femmes suppliantes.

Ainsi accoutrés, les perfides assaillants entrèrent sans encombre dans le fort ; mais à peine le dernier d’entre eux y a-t-il mis le pied que, changeant de rôle, ils déchargent leurs armes sur les trop confiants Espagnols, et, le yatagan au poing, livrent un combat épouvantablement acharné qui ne se termina que par la mort du dernier des défenseurs de la position. Mais, malgré cette surprise, la défense ne fut pas moins vigoureuse et terrible, et coûta beaucoup de monde aux Beni-Mzab. A peine ceux-ci furent-ils maîtres du fort que, au signal convenu, une colonne d’infanterie turque, préparée à l’avance derrière Bab-el-Djedid, partit au pas de course et alla s’installer dans Bordj-Bou-Leila.

Ainsi fut sauvée Alger d’une destruction imminente par le dévouement des Beni-Mzab. Les Arabes expliquent la réussite si heureuse de leur entreprise par une diversion qui occupa complètement l’attention de l’armée espagnole. Peut-être n’ont-ils pas voulu laisser à des schismatiques le mérite d’avoir sauvé le boulevard de l’islamisme, le berceau de la piraterie.  

 

Pendant l’attaque de Bordj-Bou-Leila, le bey de Constantine, avec ses goums, occupait la réserve espagnole du côté de l’Harrach, et lui livrait un combat fort brillant. Poussant devant sa nombreuse cavalerie une innombrable troupe de chameaux, il reçut ainsi sans grande perte la première décharge de l’infanterie espagnole, dont le feu épouvantait les Arabes, et, sans perdre de temps, il lança sa cavalerie dans les lignes des chrétiens avant qu’ils eussent rechargé leurs armes. Au milieu du tumulte et du pêle-mêle inévitable causé dans les rangs par l’irruption des chameaux, il en fait un effroyable massacre. Cette défaite et la perte de la batterie des Crêtes, dont les canons furent immédiatement braqués sur la flotte, durent déterminer la retraite précipitée des Espagnols. On sait quels désastres la suivirent.

 

 

Après le départ des Espagnols, le Bordj-Bou-Leila conserva son nom jusqu’à ce qu’un chérif du Marne, parent de l’empereur Moulay-Yâzid, vint à passer par Alger pour se rendre à la Mecque. Il y entendit raconter l’histoire du siège mémorable soutenu avec la protection de Dieu, et de l’enlèvement de Bou-Leila qui y mit fin. Cet homme enthousiaste et généreux conçut la pensée de donner un caractère plus durable à ce souvenir d’une action glorieuse pour l’islamisme. A cette intention, il fit don au pacha, alors régnant, d’une somme de cinquante mille douros d’Espagne, à la condition que, à la place de la batterie, il bâtirait un fort, digne de l’action dont il rappellerait le souvenir, et qu’il lui donnerait son nom. Le pacha y consentit. Se mettant à l’œuvre immédiatement, il termina en quatre ans le château qui domine la ville d’Alger, et, fidèle à sa promesse, lui donna le nom de Bordj-Moulay-Hassan. C’est celui que les français plus tard l’ont appelé fort l’Empereur en souvenir de l’expédition de Charles-Quint

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Légende du tombeau de la chrétienne

13092016

 

 

 

 

Le tombeau de la Chrétienne est un des monuments les plus curieux et les plus intéressants de l’Algérie. La légende l’a entouré d’un charme mystérieux, et elle offre à l’archéologue un sujet d’étude d’une grande importance, surtout quand on le compare au Medracen, nommé aussi tombeau de Syphax, roi de Numidie, qui se trouve au pied du Djebel-bou-Arif, près de Batna, et dont on ne connaît pas encore exactement l’origine.

 

 

 

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  Le tombeau de la Chrétienne / 1930 

 

 

 

 

 

 

Suivant la tradition arabe, ce gigantesque monument (il n’a pas moins de quarante-deux mètres de hauteur sur soixante do diamètre à la base) renferme des trésors immenses. Un Arabe du voisinage, dit-elle encore, ayant été fait prisonnier dans une bataille contre les chrétiens, fut vendu comme esclave. Un jour que le désespoir était près de l’accabler, un étranger chrétien, un astrologue, s’avança vers lui, lui offrit de payer sa rançon, et de le renvoyer dans son pays, mais à une condition, c’est que le quatrième jour de son arrivée il se rendrait au pied du tombeau. Là il devait allumer un grand feu vers l’orient, et y consumer un papier jaunâtre qu’il lui montra, et qui était couvert de signes singuliers et de caractères empruntés à une langue inconnue.

 

 

L’Arabe consentit, et quelques jours après, revenu dans sa famille, il obéit à sa promesse. Mais à peine le papier fut-il réduit en cendres que la maçonnerie s’ouvrit, et une quantité prodigieuse de pièces d’or et d’argent s’envolèrent en épais nuage du côté de la mer, c’est-à-dire vers le pays des chrétiens. L’Arabe, stupéfait, essaya en vain d’en saisir quelques-unes au passage. Enfin, lançant son burnous en l’air, il en fit tomber à ses pieds une certaine quantité. 11 s’apprêtait à recommencer; mais dès que les premières pièces avaient touché la terre, le tombeau s’était refermé.

Plus tard, le pacha, instruit de cette aventure extraordinaire, envoya des ouvriers pour faire des fouilles; mais au moment où le travail allait commencer, le spectre de la défunte se dressa sur le sépulcre en appelant au secours; des scorpions sortirent du lac voisin d’Haloula, et chassèrent impitoyablement et à plusieurs reprises les travailleurs; si bien qu’on fut obligé de renoncer à l’entreprise.

 

 

1478365715-160912054927212171 dans Croyances & Légendes 

près de porte d’entrée souterraine du tombeau de la chrétienne

 

 

 

 

 

 

 

D’après une autre version, un magicien étranger, ayant, après de laborieuses études, trouvé la formule cabalistique qui devait lui livrer le trésor, se dirigea vers le tombeau, alluma un réchaud, y fit brûler les aromates sacramentels, et, tourné vers l’orient, se mit à lire la conjuration. Les pierres s’ouvrirent; déjà il voyait les trésors briller, quand, arrivé à la dernière page du manuscrit, il s’aperçut que l’eau de mer avait imprégné par accident le parchemin et le rendait illisible. En vain il s’efforça de déchiffrer les caractères effacés; pendant qu’il y consumait ses forces, il vit avec désespoir les pièces d’or et d’argent s’élancer vers la mer suivies des perles et des diamants. En vain il s’efforça d’en arrêter quelques-unes, ou de retrouver la formule; le bon génie du tombeau, plus puissant que lui, emportait le trésor tout entier au delà des mers, « dans un pays connu de Dieu seul et de Mohammed, son prophète. Que la bénédiction d’Allah soit sur ce dernier et s’étende sur toute son illustre famille! »

 

 

Ainsi disent les Arabes, et sans doute pour eux la morale de cette légende est le respect dû à la sépulture. Tel est, en abrégé, le sens de la tradition locale. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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