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Ennemis et Partisans d’Ahmed Bey

12112019

 

 

 

 

 

 

 

Constantine la capitale de la province étant éloignée du littoral, et le chemin de la ville d’Alger, où résidait le maître absolu de la régence , se trouvant long, difficile et coupé par des accidents de terrain formidables, Ahmed Bey a jugé qu’il devait baser sa puissance sur les bonnes dispositions des chefs de ses tribus arabes. Il a espéré braver ainsi les efforts de ses ennemis et les caprices du pacha d’Alger. Ahmed Bey a épousé quatre femmes, qui sont filles et sœurs des cheikhs les plus puissants. L’une est de la tribu de Gerfa sur le chemin de Bone ; deux appartiennent aux peuplades du sud; une d’elles est fille de Ben Gana ; la quatrième , descendant d’un pacha d’Alger, est alliée aux grands personnages de la ville de Constantine.

 

La prise d’Alger et la chute de Hussein, dey, ont permis à Ahmed Bey de suivre ses projets de réforme. Quoique fils de Turc, il préfère avoir des soldats arabes à son service , et il a saisi avec habileté une occasion propice, mais difficile, pour se débarrasser des Turcs que le dey d’Alger lui avait imposés, et de ceux qui s’étaient réfugiés auprès de lui lors de la prise d’Alger.

 

Un Kouloughli comme Ahmed Bey était parvenu à se rendre favorables plusieurs tribus , et à gagner les Turcs de la garnison de Constantine, qui allèrent le joindre dans son camp. Le bey marcha contre eux et parvint, par ses promesses et ses libéralités, à faire, rentrer dans le devoir les Turcs rebelles. Dès lors son adversaire ne put lui résister; il le fit périr et rentra à Constantine, où, par des exécutions fréquentes, il punit la perfidie des Turcs, et s’affranchit d’une milice infidèle. Il ne lui en reste plus qu’une centaine incapables d’un bon service.

 

 

Les forces permanentes du bey consistent en 2,000 zouaves à pied et en 12 à 1500 Arabes à cheval, qui reçoivent une solde journalière. Ils ont quelques pièces de montagne , et campent sous les murs de Constantine. Cette armée de 3 à 4,000 hommes peut être grossie par les tribus arabes, et s’élever à plusieurs milliers de combattants. Des cheikhs puissants, ordinairement insoumis , font la guerre an bey, mais par haine contre les infidèles , ils pourraient se réunir à lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Personnages Ennemis D’Ahmed Bey

 

Parmi les ennemis d’Ahmed Bey , on cite:

 

Bouzlan-Ben el-Mi. ancien agha , réfugié à Tunis; les deux frères Kara-Ali et le fils du Bey Ibrahim, qui fut assassiné a Médéah d’après l’instigation d’Ahmed Bey: tous les trois employés à Alger.

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’intérieur de la province se trouvent:

 

 

 

 

 

A L’est.

 

El Hesnaoui, cheikh de Henancha.

El Arbi, réfugié dans Ouled-Moussa.

Ouled-Messaoud et El Chaibenah, des montagnes de Rebail.

 

 

 

 

 

 

 

Au Sud.

 

El Hadji Moubarak, de la tribu de Ouled-Montalleb.

Brahim ben-Mehamar, cheikh de Mehate lat.

El Hadji-Mohamed ben-Madkour, cheikh de Heracta.

Farhat, cheikh de Oued-Adjedid.

 

 

 

 

 

 

 

A L’ouest.

 

Ahmed ben-Mohamed bel-Gandous , cheikh de Ouled-Mokran.

Cheikh-el Biban, frère du précédent.

Salah-ben-Jellis, cheikh de Setif.

Ahmed el-Cherif, cheikh de Righa.

Brahim ben-Youssef, réfugié dans Righa.

Darraji-ben-Achour, cheikh des monts Farjioua.

Boudiaf-Embouras, cheikh hodna , près Msila.

 

 

 

 

 

 

 

Au Nord.

 

Ben Bayuich, marabout aux environs de Collah.

Ben Kassem, cheikh et pabel skikeda.

El Saheli, caîd et pabel de Colla.

 

 

 

 

 

 

 

Sur le chemin de Bône.

 

Cheikh Ouled-Akhal.

Cheikh Ouled Gebarra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Personnages Partisans.

 

Dans les circonstances ordinaires Ahmed Bey a peu de partisans . On ne lui connaît guère que ceux dont les noms suivent:

 

Ben Gana, son beau-père, cheikh du désert.

 

Bou Reunan, cheikh farjiooua.

 

Ben-ez-el-Din, cheikh zouagha.

 

El Arbi , caïd zemela.

 

Ouled-el-Dedi, caid de Imla.

 

Ben-Abdalla, cheikh el Biban.

 

Ahmed ben-Hemlaoui, agha el Kalo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Personnages Influents dans la Ville.

 

Dans la ville, parmi les habitants influents , on cite:

Bellescout, caïd el beled; Ali-ben-Issa, Mohamed-el Zouaoui, Ben-el-Bejaoui, caïd el dar; Mustapha-Fallaouan , kalife du bey; Kaid-el Aoussi, neveu du bey; Bel Hemlaoui, agha el dra, frère de l’agha, Sidi Hassi-ben-Aoun , Ben-Attar , el nader, et son frère Ben-Issa; Sidi Moustapha-Bache Adzati (cadi); Sidi Allaouah-ben-Chaouch , Hadji-elMéki, Amar-bel-Kechelis, amin-el-deblaguin; el Babosi, caïd-el-dar-ouled; el Hadji-Moussa, trésorier du bey; Merabet-el-Arbi-lman; Hadj, Ali-el-Bezery, caïd maczousa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Mouloudia (ou noël arabe). Chant d’écoliers

8112019

 

 

 

 

 

 

Ce chant d’antan est celui des écoliers qui, la veille ou le matin du Mouloud, vont quêtant de maison en maison et de boutique en boutique quelques chandelles pour illuminer leur msid.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mouloudia (ou noël arabe). Chant d'écoliers dans Attributs d'Algérienneté 1571215708-mouloud

Tlemcen - Fêtes du Mouloud – 1909

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

غنية الصبيان – مولودية

 

 

هذا مولود النبي *** صلى و سلّم عليه

 

الملايكة في السّما *** فرحوا و طعموا عليه

 

اش ولدت يا يامنة *** عمّرت لي دارك

 

سيدي محمّد الحبيب *** أصبح في داوّرك

 

عينه كحلا مغنجة *** و الشّوشة واتاته

 

يا على من شاف النبي *** ورّى لي صفاته

 

 

 

 

 

 

 

Traduction:

 

 

C’est la nativité du Prophète! qu’Allah le bénisse et le salue!

 

Les anges dans le ciel, en liesse, mangent le couscous.

 

Qu’as-tu donc enfanté, ô lamina, que tu as rempli la maison (de lumière)?

 

C’est que notre Seigneur Mohammed, l’ami, est venu aujourd’hui dans notre douar!

 

Que son œil est noir et mutin ! Que sa mèche lui sied bien!

 

Ah! qui donc a vu le Prophète, pour me décrire ses beautés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les Châanbâa

4112019

 

 

 

 

Tribus arabes, originaires des Ouled Madhi, de l’annexe de Msila (ex. province de Constantine), venues dans le Sahara au commencement du XVIIe siècle, et dont les campements s’étendent du Souf (à l’Est) jusqu’à la limite qui sépare les provinces d’Alger et d’Oran (à l’Ouest).

Sur toute cette ligne les Châanbâa sont en contact direct avec les tribus indépendantes de l’extrême sud.

 

 

 

 

 

 

 

 Les Châanbâa dans Attributs d'Algérienneté 1570526174-chaambas-a-la-fantasia

Peloton de méharistes chaambas à la « fantasia » d’El-Goléa /1930Emile Prudhomme

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Châanbâa forment quatre groupes principaux, qui se subdivisent

en tribus et fractions, ainsi qu’il suit :

 

 

 

1° Châanbâa Berezga (ou de Metlili)

 

 

 

1570526166-chaanbaa1 dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

 

2° Châanbâa El Mouadhi (ou d’El Goléa)

 

 

 

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3° Châanbâa Bou Rouba (ou Hab Er Rih, ou d’Ouargla)

 

 

 

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4° Châanbâa D’El Oued (ou du Souf)

 

Ce groupe, le moins nombreux des quatre, est originaire des Châanbâa d’Ouargla.

Vers 1820, un homme nommé Amran ayant été tué dans une rixe, sa veuve se réfugia au Souf avec ses enfants ; quelques mécontents ne tardèrent pas à l’y rejoindre et à former un groupe qui, en 1868, comptait déjà trente tentes et qui en compte (en 1888) cent une, réparties entre les deux fractions des Oued Amran et d’El Ghardaïa.

 

Les Châanbaâ, dits d’El Oued, ont pour centre El Hamich, sorte de faubourg de cette ville. Ils ne forment qu’un seul cheikat.

 

 

 

 

 

 

On ajoute un cinquième groupe

5° Châanbâa du Grand Erg Occidental qui se subdivise en Châanbâa du Gourara et Châanbâa de Beni Abbès. On a aussi signalé des petits groupes de Châanbâa en Tunisie méridionale, au Fezzan, au Sahara occidentale et au Maroc.

 

 

 

 

 

 

 

 1570526184-deux-chaambas

Deux Chaambas « gendarmes du désert » sur leurs mehara, entre Ghardaïa et El-Goléa / 1930 - Emile Prudhomme

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Châanbâa sont nomades ; un certain nombre cependant demeure constamment dans les ksour veillant aux jardins et aux maisons de leurs frères qui errent dans le Sahara à la suite de leurs troupeaux. Les Châanbâa nomades ne s’éloignent jamais beaucoup de la ville à laquelle leur fraction est rattachée, et où ils possèdent généralement des maisons et des jardins. Ils n’habitent cependant jamais leurs maisons qu’en passant ; elles leur servent plutôt , de magasins pour serrer leurs provisions et cacher les objets précieux qu’ils possèdent que d’habitation. Chaque année, tous les Châanbâa viennent à deux époques différentes camper autour des oasis ; la première fois c’est au moment de la tonte des moutons, la deuxième à l’époque de la cueillette des dattes.

 

La fortune des Châanbâa consiste en jardins, en maisons et en troupeaux de chèvres, de moutons et de chameaux; ils ont aussi quelques chevaux, des mehara (chameaux coureurs) estimés et un grand nombre d’ânes ; ils ont tous une certaine quantité d’argent caché dans leurs maisons des ksour.

 

Leurs moyens d’existence consistent dans les produits de leurs jardins, de leurs troupeaux et dans un peu de commerce qu’ils font pour le compte des Beni-Mzab, dont ils sont les facteurs dans leurs relations avec le Touat, le Gourara et le Tildikelt.

 

Parmi leurs vertus : ils sont braves, excellents cavaliers, piétons infatigables, grands chasseurs d’autruche et d’antilope, très-hospitaliers et fidèles à la parole solennellement donnée, quoique dans les relations ordinaires de la vie ils se montrent encore plus menteurs que les autres arabes. Toute la tribu des Châanbâa reconnaît l’autorité de la grande tribu noble des Oulad-Sidi-Cheikh et lui paye régulièrement la ziara (impôt religieux).

 

Les Oulad-Sidi-Cheikh descendent d’un marabout vénéré qui se retira dans les environs de Géryville où il bâtit une ville qui a donné naissance aux ksour des Oulad-Sidi-Cheikh, et il est devenu le fondateur d’une grande tribu : son autorité fut promptement reconnue par tous les Sahariens, depuis le Maroc jusqu’au Souf, et elle fut pendant longtemps une source de prospérité pour le désert, dont elle pacifia les turbulentes tribus en les soumettant à son joug religieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Légende Territoriale: Aïn (source)

31102019

 

 

 

 

 

Légende Territoriale: Aïn (source) dans Attributs d'Algérienneté 1570439147-source

Bou-Hanifia – Les Thermes – La Source du Lavoir

 

 

 

 

 

 

 

Aïn, nom Arabe, source, fontaine; pl. aïoun, euioun.

 

 

 

— Atrous, la source.du bouc; dans un jardin de palmiers.

 

 

— Bebbouch, la source aux colimaçons; douar à 20 kil. N. O. D’Ain beidha.

 

 

— Beidha, la fontaine blanche; nom d’une ville située à 112 kil. E. De Constantine.

 

 

— Banian, la fontaine voisine des anciennes constructions, à 164 kil. S. de Bou-Saada.

 

 

— Bareda, la. Source fraîche (Fontfrède), à 17 kil. de Tablât.

 

 

— El-Bey, la fontaine du Bey, près de Constantine.

 

 

— Bou dinar, la fontaine aux pièces d’or, dont les gouttes, en tombant sur la nappe d’eau, forment de petits cercles ; à 10 kilomètres de Mostaganem.

 

 

— Bou-soufa, la source de l’églantier.

 

 

— Bridj, la fontaine du mas, de la maisonnette.

 

 

— Chegga, la source qui coule dans la fissure.

 

 

— Cherchar, la source formant chute d’eau, la cascatelle.

 

 

— Defla, la fontaine du laurier-rose.

 

 

— Djenan, la source du jardin, à 22 kil. de Bou-Saada.

 

 

— El-anseur, la source mère, nom d’une commune à 6 kil. E. de Teniet-el-had.

 

 

— El-açafeur, la fontaine aux passereaux, douar à 4 kil. E. de Batna.

 

 

— El-alleug, la source au milieu des ronces, à l’extrémité E. du lac Fetzara.

 

 

— El-berd, la source fraîche, à 7 kil. S. E. de Sidi Khalil.

 

 

— El-esnam, la source au milieu des idoles, à 13 kil. de Bordj boueïra.

 

 

— El-Fekarin, la source remplie de tortues.

 

 

— El-hadid, la source au goût ferrugineux, aux environs de Frenda.

 

 

— El-hadjar, la fontaine encombrée de pierres, à la pointe E. du Hodna.

 

 

— El-hamia, les eaux chaudes, au pied des derniers contreforts du mont Skrin, non loin des ruines de Ad-Perdices, à 37 kil. de Sétif.

 

 

— hammam ben-Hanefia, la source des bains de Ben-Hanefia, groupe de sources minérales alcalines, 66°, dans la vallée de l’Oued el-hammam.

 

 

— El-hamra, la fontaine rouge.

 

 

— El-hout, la source poissonneuse, à 6 kil. N. O. de Tlemcen.

 

 

— El-ibel, la fontaine (abreuvoir) des chameaux, à 48 kil. de Laghouât.

 

 

— El-Khadra, la s. aux eaux verdâtres.

 

 

— El-gatter et mieux El-gattar, la s. qui suinte, à 1500 mètres de l’ancienne Thagura.

 

 

— El-Kobour, la s. qui traverse les sépultures,

 

 

— El-Kerma, la s. au figuier, à 7 kil.de l’oasis de Mraïer.

 

 

— El-mr’acil, la fontaine-lavoir.

 

 

— El-turc, la fontaine des Turcs, nom d’un village, à 15 kil. d’Oran.

 

 

— Farès, la fontaine du cavalier, village à 14 kil. de Mascara.

 

 

— Fekrina, la s. de la petite tortue, eau chaude ombragée de palmiers, à 23 kil. De Tlemcen.

 

 

— Fekroun, la s. à la tortue, belle cascade près d’un village, à 18 kil. O. de Sigus, sur la route d’Ain beidha.

 

 

— Fesgida (feskia), la fontaine de la vasque, au pied du mont Guérioun. Cette eau, dont la prise avoisine la roule de Batna, alimentait la ville de Constantine.

 

 

— Fouwa, la s. à la garance, au milieu des ruines d’un pagus romain, dont on a retrouvé le nom sous la forme de l’ethnique :Respublica Phuensium. Il est incontestable que les montagnards du Chettâba, qui se dresse à quelques kilomètres de Constantine, ont conservé le nom ancien.

 

 

— Gueber (et mieux kbeur) la fontaine du tombeau, chez les Nememcha. C’est dans cet endroit qu’a été trouvée l’inscription chrétienne que voici : Fide in Deu et ambula ; Si Deus pro nobis quis adverus nos?

 

 

— Hâbeça,la source intermittente, et non Abessa.

 

 

— Hadjel, la. fontaine aux perdrix, douar au milieu des dunes, à 62 kil. d’Aumale.

 

 

— Kebira, la grande source, à côté de laquelle ont été retrouvées les ruines de Satafi, non loin , de Takitount.

 

 

— Karma, la fontaine du figuier, sur la route du Kheneg (Tiddi).

 

 

— Kherbet, la s. voisine de la masure, à 34 k. N. de Sétif.

 

 

— Khial, la fontaine aux fantômes, annexé de la commune d’Aïn Temouchent.

 

 

— Khanguet el-ousla, la s. du défilé de l’assemblée, à 7 k, de Khenchela .

 

 

— Ksar, la fontaine du fortin, au milieu des ruines de Tadutti.

 

 

— Ks’ab, la source entourée de roseaux, sur la route de Bou Saada.

 

 

— Lidra, la s. au lierre, du mot latin hoedera, précédé du lam de l’article arabe.

 

 

— Loulou, la s. de la perle.

 

 

— Mâbad, la fontaine de l’oratoire.

 

 

— Madhi, la fontaine de Madhi, nom de Si-Ahmed-Tedjini.

 

 

— Malah, la s. salée, près de Sétif.

 

 

— Makbarta, la s. sulfureuse à 50 k. S. de Constantine.

 

 

— Melloul, la s. blanche formant un petit lac au pied du Djebel Joussef.

 

 

— Mlila, la s. blanchâtre, à 49 k. de Constantine. Mlila est le diminutif féminin, de l’adj. berbère melloul.

 

 

— Naga, la s. de la chamelle, village des Ziban, à 24 k. de Sidi Obka.

 

 

— Nakhla, la s. près du dattier, à 10 k. de Mila.

 

 

— Oumm el-melèh, la s. salée; le mot oumm exprime la présence ou l’abondance

d’une substance.

 

 

— Nsa ,la fontaine aux femmes,entre Sétif et Bougie.

 

 

— R’arâba, la fontaine aux étrangers, à 20 k. de Sebdou.

 

 

— Regâda, la s. dormante, village sur l’Oued Zenati.

 

 

— Rich, la s. aux plumes, au N. E. du mont Bou Kahil et à l’entrée des plaines de Mehaguen.

 

 

— R’ilân, la s. hantée par les vampires.

 

 

— Roua, la fontaine de l’abreuvement, nom d’une annexe de la commune d’Ain-habessa, route de Sétif.

 

 

— Sâba, la fontaine de la récolte (arrosant des terres fertiles), poste sur un des affluents du Chelif, à 10 k. De Bokhari.

 

 

— Safra, la s. aux eaux jaunes.

 

 

— Sdidia, la s. aux eaux couleur de rouille; et non stidia comme on l’écrit.

 

 

— Sfa, la s. Du schiste, qui sort d’un terrain schisteux, à 14 k. N. de Sétif.

 

 

— Sofra (et safra), la s. jaune, au pied du mont Tessala.

 

 

— Sultan, la fontaine du sultan, nom d’un ksar situé sur l’Oued-Naceur.

 

 

— Smara, la fontaine aux ajoncs multicolores, nom d’un chef-lieu de commune, à 19 k. de Constantine.

 

 

— Souf, la s. de la rivière, au N. E. de l’Oued-el-abiodh, district des Ouaguerount.

 

 

— Tâla forme une tautologie, le second mot, qui est berbère,ayant la même signification que aïn; près de Blida.

 

 

— Tâga, la fontaine voisine du tamarix, au pied du col de Djerma; on y voit la koubba

de Sidi-Brahim.

 

 

— Tehamimine, la s. aux eaux chaudes.

 

 

— Tekbalet, la s. aux hélix, hameau voisin de la célèbre carrière de marbre onyx translucide, qui était exploitée auparavant (ex. départ. d’Oran).

 

 

— Temouchent, la fontaine aux chacals, à 2 k. d’Oran. C’est l’ancien Timici dont le nom a été défiguré .

 

 

— Tolba, la fontaine des tâleb, caravansérail à 8 k. de Nedroma.

 

 

— Touta, la s. Ombragée par un mûrier, village à.6 k. d’El-Ksour.

 

 

— Trik, la s. voisine de la route, à 6 k. S.E. De Sélif.

 

 

— Yakout, la fontaine delà pierre précieuse, à 9k. N. du Madrâcen, qui est la sépulture des rois numides.

 

 

— Zana, la fontaine de Diana veteranorum, dont le mot Zana n’est qu’une altération; à 35 k. De Batna. Un grand nombre d’inscriptions ont été recueillies dans les ruines de cette ville.

 

 

— Zaouia, la fontaine du prieuré (chapelle), à 6 k. de Tizi ouzou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Nom Aït

27102019

 

 

 

 

 

Aït, N. Berbère: postérité, descendance, famille. Aït goumad, les gens de l’autre côté du ruisseau. Aït b’oudrar, les gens de la montagne. Cette expression, qui est le synonyme de Béni et de Ouled, a quelquefois le sens de Ahl.

 

 

 

 

 

 

 

Le Nom Aït dans Attributs d'Algérienneté 1570277879-203-001-1

Ait Atelli – Village Kabyle 

 

 

 

 

 

 

Aït Hammou, les descendants de Hammou, tribu des Itour’ar.

 

Aït Iraten b’ouadda, les Iraten d’en bas.

 

Aït ir’il, la population de la crête.

 

Aït az-zaïm, les descendants du héros, du brave.

 

Aït ou-ouali, la famille du saint.

 

Aït tekoubbat, le centre groupé autour de la koubba.

 

Aït ighzer, la tribu cantonnée sur la rivière ; section de la commune de Fort-National.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Noms Propres libyques (Berbères)

23102019

 

 

 

 

 

On ne connaît, par les auteurs anciens, que quelques mots de l’ancienne langue libyenne, et les linguistes en ont bien abusé, les ont bien torturés pour leur trouver des analogies avec d’autres langues. Contrairement aux noms propres, on en a un assez grand nombre, entre autres la catégorie des noms commençant par mas, mes, mis.

 

Massinissa, Misagenes, Masintha, Mascina, Mascizel, Masgala, Mazuca , etc.

 

 

 

 

 

 

 

 Noms Propres libyques (Berbères)  dans Attributs d'Algérienneté 1570267514-massanissa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les variations que l’on remarque dans la première syllabe doivent venir des étrangers, phéniciens ou romains, qui les ont prononcés à leur manière, et on peut n’y voir que les deux consonnes m et s comme caractéristiques.

 

 

M. de Slane dit que cela vient de émi, fils, avec l’affixe pronominal de la troisième personne es; émis formerait un génitif pléonastique comme celui de la langue syriaque. Mas inissa voudrait dire le fils d’elle , d’inissa, car inissa ne peut être que la mère, puisque nous savons que le père de Massinissa était Gula.

 

 

Le colonel Hanoteau dit, de son côté, que mes est un titre d’honneur, correspondant à sidi des Arabes, au monseigneur. Alors Inissa serait le nom du personnage lui-même, et Massinissa voudrait dire monseigneur Inissa. Mais alors pourquoi Gula, Jugurtha, etc., seraient-ils privés de cette particule honorifique?

 

 

Une autre explication, dit que la première syllabe de ces noms est non pas le mot émi, fils, mais peut-être le mot imma, mère, avec l’affixe de la troisième personne is ; de sorte que ces noms signifieraient : sa mère Inissa, c’est-à-dire celui dont la mère est Inissa.

 

 

La filiation par la mère a toujours été très importante dans cette race; elle assure même la succession au pouvoir chez les Touareg, et cet usage est une conséquence de la haute estime qu’on fait de la femme chez eux et non pas de l’incertitude de la paternité due au peu de confiance dans la fidélité des épouses, comme l’ont avancé plusieurs voyageurs français qui aiment, comme on le sait, à plaisanter sur ce sujet. Cette explication du nom Massinissa serait évidemment à rejeter si l’on prouvait que Inissa est un nom d’homme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La charrue kabyle (el-maoûm)

19102019

 

 

 

 

 

La charrue kabyle (el-maoûm) dans Attributs d'Algérienneté 1570182706-s-l16002

Laboureur kabyle 1880

 

 

 

 

 

 

 

 

La charrue kabyle (el-maoûm) est un araire des plus simples et des plus primitifs. Elle se compose de deux pièces de bois assemblées : le corps de la charrue, appelé thisilets, et la flèche, athemoum.

 

 

Le corps a la forme d’un compas ouvert suivant un angle un peu plus grand que l’angle droit. La branche qui repose sur le sol et reçoit le soc en fer (thaguersa) est un peu plus longue que l’autre. On la nomme « la langue » (ilés) de la charrue. A son extrémité sont fixées, de chaque coté, des oreilles en bois (ise-mmousa) qui prolongent le soc et font l’office de coin. L’autre branche, qui se relève dans un plan vertical, est amincie à son extrémité de manière à ce qu’on puisse la saisir facilement avec la main. C’est le manche de la charrue (afous en-tisilets), au moyen duquel le laboureur dirige le travail.

 

 

La flèche est fixée au corps par une cheville (thazdhout), dans l’angle formé par les deux branches. Par l’extrémité, elle repose sur le joug, faisant avec la langue de la charrue un angle aigu, dont l’ouverture varie suivant la taille des bœufs. Une planchette (thizeft) glissant dans des mortaises pratiquées dans la flèche et la langue, et arrêtée par un coin de bois (oudefir), maintient l’écartement au degré voulu.

 

 

La flèche est attachée au joug au moyen d’une courroie (thazithma), qui s’enroule autour de trois chevilles, placées, deux sur le joug, et la troisième sur la flèche.

 

 

Le joug (azaglou) est une pièce de bois de deux mètres vingt centimètres environ de longueur; il est posé sur le cou des bœufs, un peu en avant du garrot. A chacune de ses extrémités se trouve un véritable collier, formé de deux longues chevilles de bois (thikhellal), entre lesquelles on fait entrer le cou du bœuf. Les extrémités inférieures de ces chevilles sont reliées par une corde en jonc ou en halfa. Entre le joug et le cou des bœufs on place, pour éviter les blessures, des coussinets (thifekalin) faits avec du diss ou avec une plante appelée thabouda (Typha), vulgairement « massette ».

 

 

Lorsque, au lieu de bœufs, on se sert de chevaux ou de mulets , le joug est attaché sous le ventre des animaux.

 

 

La grande longueur du joug facilite les évolutions de la charrue dans les tournants, et permet aux bœufs de se mouvoir plus librement dans les terrains en pente rapide; mais elle a l’inconvénient de décomposer la force de traction, le joug ne restant jamais perpendiculaire à la flèche.

 

 

On n’attelle jamais que deux bœufs à une charrue, et un seul homme suffit pour la conduire. D’une main il tient le manche de la charrue; de l’autre il excite et dirige les bœufs au moyen d’un long aiguillon (anzel). S’il veut verser la terre à droite, il tient le manche de la main gauche , et réciproquement.

 

 

Le système de charrue est le même pour toutes les espèces de terres; on fait seulement varier les dimensions du bois suivant les terrains.

 

 

La charrue kabyle, quelque imparfaite qu’elle soit, parait convenir aux montagnes, où le sol arable est léger et a peu d’épaisseur. Une charrue qui remuerait plus profondément la terre mettrait, à chaque pas, le rocher à nu. Dans les terrains argileux des vallées et des parties basses , elle est évidemment insuffisante.

 

 

Les bois dont on se sert pour la fabrication des charrues sont: le frêne, le chêne vert, le chêne à glands doux, le z’en, l’olivier sauvage; pour les jougs, on préfère le bois d’aune, à cause de sa légèreté.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bou Ghendja (Chant)

15102019

 

 

 

 

 

Bou Ghendja (Chant) dans Attributs d'Algérienneté 1567679901-img-3

Rituelle de Taghenja, village de Taqucht (kabylie)

 

 

 

 

 

 

Ce chant se rattache à une ancienne coutume blidéenne.

Aux époques de sécheresse, quand l’hiver et le printemps menacent de s’écouler sans pluie, les enfants d ‘un quartier se réunissent et habillent de chiffons une matraque qu’ils transforment en poupée. C’est Bou Ghendja.

 

Deux des plus grands le prennent chacun par un bras et les autres suivent en chantant ces vers. Le cortège va de porte en porte. Les gens de la maison se font un devoir de faire entrer Bou Ghendja dans la cour et de lui verser quelques gouttes d’eau sur la tête. Ils n’oublient pas de donner un peu de pain ou de farine ou un sou au trésorier de la bande. Le soir venu on partage la quête et Bou Ghendja est jeté au courant de quelque saquia.

 

 

 

بوغنجة وجعه راسه ** يا ربي شمّخ راسه

جنجلي يا جنجالة ** باش تعيش الهجّالة (1)

السّبولة عطشــــانة ** اسقيها يا مولانا

الفول دلّـا اوراقه ** اسقيه يا من خلقه

بوغنجة (2) يشرب الشراب ** يا ربي اعطينا الضباب

بو شيخة راسه شاب شاب ** بخروا له بخور الكلاب

 

 

 

 Traduction 

 

Bou Ghendja à mal à la tête : Mon Dieu, mouille-lui la tête!

 

Et vous, clochettes, carillonner, pour que puisse vivre la pauvresse sans mari.

 

L’épi a soif : abreuve-le, ô Maître!

 

La fève laisse tomber ses feuilles : arrose-la, toi qui l’as créée!

 

Bou Ghendja boit du vin : Mon Dieu,donne-nous des nuages!

 

Le Père de la Vieille (chîkha) a latête blanchie, blanchie : brûlez-lui l’encens des chiens!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Des farceurs ajoutent : و الحاير في الرجالة et les fainéants parmi les hommes.

 

(2) C’est le mot berbère aghendja, la cuillère qui arrose le couscous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Quelques Particularités du Dialecte Berbère des Beni Snous – 2ème partie

11102019

 

 

 

 

 

Quelques Particularités du Dialecte Berbère des Beni Snous - 2ème partie dans Attributs d'Algérienneté 1567506803-60305068

 

 

 

 

 

 

 

  

Le dialecte des Beni Snoûs se distingue donc nettement au point de vue de la phonétique, des dialectes forts* où dominent les occlusives et des dialectes faibles dont certaines articulations, notamment les dentales, présentent des modifications que nous n’avons pas observées ici. Il se range dans cette catégorie de dialectes que M. René Basset a désignés sous le nom de « dialectes intermédiaires ».

 

 

* Ex. : Zouaoua, demain, azekka. – B. Snous ayitcha.

 

— genêt, azezzou ayizzou.

 

 

 

D’importantes différences se rencontrent également dans la morphologie et la syntaxe. Ce sont, dans la conjugaison : la suppression des préfixes au prétérit, la substitution à l’impératif d’un m au th marque du pluriel; les voyelles des verbes irréguliers sont souvent différentes de celles du zouaoua. Dans les noms on observe fréquemment la chute de la voyelle initiale des noms masculins,

 

 

 

 

- Zouaoua : sors, effer’ ; tu es sorti, theffer’edh.

 

vous êtes sortis, theffer’em.

 

Beni Snous : sors, effer’ ; tu es sorti, effer’ed’.

 

vous êtes sortis, effer’em.

 

 

 

 

- Zouaoua : sors, effer’ : m. pl. effer’eth, f. pl. effer’emth.

 

Beni Snous : sors, effer’; m. pl. effer’em; f. pl. effer’emt.

 

 

 

 

-  Zouaoua : il a mangé, itcha ; B. Snous, itchou.

 

ils ont mangé, tchan; — tchin.

 

Non seulement ces voyelles sont différentes ; mais à observer de quelle façon elles sont distribuées, on constate une différence de concordance des personnes. En prenant le même exemple :

(a) En zouaoua, à Tazeroualt, sont identiques d’une part : les voyelles de la 1re p. m. s. et de la 2e p. m. s. et d’autre celles de toutes les autres personnes.

 

(b) Chez les Beni Menacer, les Beni Iznacen, les Beni Snous sont identiques : d’un côté les voyelles de la 3e pers. du sing. (m. et f.) et d’autre part celles de toutes les autres personnes.

 

(c) Au Figuig, les différences s’accentuent :

La 1re p. m. s. a même voyelle que la 2e pers. m. s. ;

 

La 3e p. du sing. (m. et f.) a même voyelle que la 1re pers. du pluriel.

 

La 3e p. du pl. (m. et f.) a même voyelle que la 2e p. du pluriel (m. et f.).

 

Citons aussi les verbes ili et ini qui font au prétérit ellar’, ennar’, et une catégorie de verbes à forme impérative a X (ex. : ajou, mesurer, arou, enfanter) et dans lesquels, au prétérit a x devient ix à toutes les personnes.

 

ajou, mesurer. J’ai mesuré, ijouar’

Elle a mesuré, tijou.

 

arou, enfanter. J’ai enfanté, irouar’.

 

Elles ont enfanté, irouent.

 

 

aussi, mais plus rarement, celle du th initial ou final dans les noms féminins.

 Plus fréquemment que dans les dialectes des Beni Menacer de l’Ouarsenis, des Beni Iznacen – moins fréquemment qu’au Figuig

 

Ex. : Zouaoua, main, afous; pied, adhadh; terre, akal;

B. Snous, — foûs; — dhâdh châl.

 

 

2. Ex. : petite main : foûset (pour tfouset).

 

gourbi: anoualt (pour thanoualt).

 

L’emploi du pronom affixe enneh  (2e pers. masc. sing.) du pronom régime indirect ah (2e pers. m. s.) du pronom régime indirect àh (2e pers. mas. sing.) du pronom régime direct ih (3e pers. m. s.) est aussi l’une des caractéristiques du dialecte.

 

Ex. : petite falaise : thazrou (pour thazrouth).

 

 

 

 Ex. : ton pied : dhâdenneh.

 ta main : foûsenneh.

 

 

 

Ex. ; Je t’ai dit : ennâr’ah,

 

 

Ex. : Il l’a mangée : itchîh.

 

 

 

 

Les particules diffèrent sensiblement de celles du zouaoua et se rapprochent de celles des dialectes intermédiaires. La particule séparable d’ du zouaoua est ici inséparable de même pour l’n du participe indéclinable .

 

 

Ex. : viens, âsed; je suis venu, oûsder’ il n’est pas venu, oûr ioûsîd ech.

 

voilà l’enfant qui ne t’a pas salué: arbâiou lli kheh oûn isellemen ech.

 

 

 

En résumé, le dialecte parlé chez les Beni Snoûs se rapproche sensiblement de celui des Beni Menacer 9, et des populations de l’Ouarsenis; il présente de nombreux points communs avec celui de Figuig et des ksoûrs oranais ; enfin il est presque identique au dialecte parlé par les Beni Bou Saïd, voisins de Beni Snoûs du côté de l’ouest.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Quelques Particularités du Dialecte Berbère des Beni Snous – 1ère partie

7102019

 

 

 

 

 

Quelques Particularités du Dialecte Berbère des Beni Snous - 1ère partie dans Attributs d'Algérienneté 1567504771-60066694

Sources à El-Khemis (Beni Snous)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les éléments du présent travail ont été recueillis pendant les mois de juillet, août et septembre 1904 chez les Beni Snous, dans les villages du Kef, de Ait Larbi, A. Achir, A. Ziddaz, Ajdir, Mazzer et dans les douars épars de la région de Tr’alimet et du Bou Hallou. Soit sous la tente, soit dans les villages, un grand nombre d’informateurs de chaque sexe et de tout âge.

 

 

 

Les Beni Snous occupent la partie sud de la région désignée par les géographes algériens sous le nom de massif de Tlemcen. Sur ce sol d’âge ancien, une langue également ancienne s’est conservée, plus ou moins pure, dans quelques villages. Les sédentaires du Kef, des Aït Larbi, des Aït Achir, des A’it Ziddaz, de Mazzer parlent un dialecte berbère, ainsi que les nomades qui vivent sous les tentes de Tr’alimet et du Bou Hallou.

 

Mais ces montagnards, obligés, pour écouler les produits de leur industrie (nattes, poteries), à un incessant contact avec les populations de Maghnia, de Tlemcen oublient peu à peu, pour s’exprimer en langue arabe, la zenatia que, tout jeunes, ils parlaient avec leurs mères et qui était aussi la langue de leurs jeux. (1)

 Aussi un certain nombre de racines berbères, ailleurs conservées, ne sont pas usitées actuellement chez les Beni Snous; des termes empruntés ordinairement à l’arabe en tiennent lieu.

 

Ex. : descendre, Zouaoua, ad’er; B. Snous, houwwed’ ; (ar. هوّد) le mot âfer (Zouaoua : ifer, aile, feuille) désigne seulement l’aile, le mot feuille se rend par thaouregth (ar. ورق) etc.

 

 

 

 

En revanche, ce dialecte a conservé des termes, des formes anciennes, parfois perdues ailleurs, et qui lui constituent, quant au vocabulaire, une sorte d’originalité, vite saisie par les Berbères des régions voisines.

 

Les racines berbères usitées chez les Beni Snoûs ont gardé à de rares exceptions près, la même acception que dans les autres dialectes. Mais si le sens des racines a peu varié, leur forme s’est modifiée ; des permutations se sont produites, des accommodations phonétiques sont intervenues, des voyelles ou des articulations, tantôt ont disparu, tantôt sont venues s’ajouter aux racines primitives.

 

La présence de nombreux termes empruntés à l’arabe pourrait, tout d’abord, attirer l’attention si ces mots n’étaient déformés de façon notable. Ce qui, dons ce dialecte, frappe immédiatement une oreille habituée au zouaoua, c’est une certaine fluidité que lui communique la fréquence des palatales ;

le g du zouaoua devient ici un j, parfois un y ou un î.

 

 

Le j

 

Ex. : Zouaoua : natte ____ thagerthilt. Beni Snous : thajerthilt.

 

corbeau ___ agarfiou. — : jarfi

 

tison ____ thirgets. — : thirjit.

 

moissonner ____ emger. — : emjer.

 

 

 

 

Le y

 

Ex. : Zouaoua : soc ____ thagersa. Beni Snous : thayirsa.

 

orphelin ____ agoujil. — : ayoujil.

  

pioche ____ agelzim. — : ayizzim.

 

Puiser ____ ougem. — : ayem.

 

 

 

 

 

 

Le î

 

Ex. : Zouaoua: vert ____ azegzaou. Beni Snous : azîza.

 

musette ____ asegres. — : asîres.

 

peau ____ agoulim. — : îlem.

 

 

 

 

 

 

 

 

le k des dialectes forts devient ch ou x ou un ch mouillé ou un i.

 

Ex. : Zouaoua : mouton ____ ikerri. Beni Snous : icherri.

 

terre ____ akal. — : châl.

 

perdrix (pl.) ____ thiskourin — : thichcherin.

 

 

 

 

* A peu près le grec.

 

Ex. Zouaoua : labourer ____ ekrez. Beni Snous (Mazzer) : exrez.

 

selle ____ tharikth — : thrixth.

 

 

 

 

Zouaoua : tu as ____ r’ourek. Beni Snous (Mazzer): r’rech.

 

 

 

 

Zouaoua : soleil ____ thafoukth. Beni Snous : tfouith.

 

Viande ____ aksoum. — : aisoum.

 

se souvenir____ mekthbi. — : mîthi.

 

 

 

 

 

 

On observe aussi fréquemment la permutation du z au j et au y.

 

Ex. Zouaoua : fièvre ____ thazerzaith. Beni Snous : thajerjaith.

 

gale ____ azedjidh. — : ajedjid.

 

labourer ____ kerez. — : echrej.

 

 

 

 

 

 

 

Les explosives du zouaoua et d’autres dialectes sont fréquemment représentées par des spirantes.

 

Le t devient th (ث), le d devient d’ (ذ) et le b, un w

 

 

* Ex.: Le t signe du féminin ; il peut même devenir une simple expiration h.

 

yeux : hittawin.

 

il l’a caché, ifferih.

 

 

 

* Ex. : Bougie, Mzab, idammen, sang. — B. Snous id’ammen.

 

adrar, montagne. — ad’rar.

 

 

 

 

* Ex. : Zouaoua, porte thabbourth. — B. Snous : thawwourth.

 

— cuire sebb. — oww.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): Chez ces rudes populations, la langue arabe parlée à Tlemcen est pour ainsi dire à la mode. Alors que le chef de famille parle la zenatia avec les femmes, il s’exprime, en s’adressant à ses enfants, dans le langage propre aux Tlemceniens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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