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L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 9ème partie-

24042019

Expressions Et Locutions Plus Spéciales Aux Nomades

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 9ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547836172-960-001

Beni Abbes, Extrême Sud Oranais, Meharistes au Camp 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

2° Expéditions guerrières, coups de main, etc. 

 

 

 

Qu’on se représente maintenant l’état d’esprit dans lequel vit la grande partie des individus qui composent la قبيلة c’est-à-dire la bonne moyenne ni trop aisée ni trop misérable : le nomade à l’abri du besoin a quelques chameaux, constituant la partie principale de son capital, quelques moutons ou chèvres pour fournir à ses femmes la laine et le lait. Il a quelquefois un ou deux esclaves pour mener ses bêtes au pâturage; lui-même vit dans l’oisiveté la plus complète car le travail est chose vile. Ignare, paresseux, orgueilleux, avide, menteur, il est en même temps intelligent, courageux, audacieux, chercheur passionné d’aventures, voilà pour son moral; au physique : vigoureux, entraîné à toutes les fatigues, à toutes les privations, excellent piéton, chasseur exercé et rusé, il sait aussi exiger d’un cheval ou d’un mehari tout ce qu’ils peuvent donner. Il est donc  porté, de toutes les aspirations de sa nature, vers la guerre et les aventures. 

 

 

Ajoutons qu’au point de vue religieux il est parfaitement ignorant et assez froid, de sorte que sa conscience ne sera jamais torturée par le remords d’avoir violé la loi morale. Sa foi consiste en ceci : il est intimement persuadé que l’islam est la seule religion agréée de Dieu, la seule voie de salut, d’où son mépris haineux pour tout ce qui n’est pas musulman, et le zèle qu’il apporte à faire ses prières et à prononcer les formules sacramentelles qui sont la clef du mystérieux paradis. En outre, il croit aux marabouts comme à des personnages surnaturels qui peuvent influer en bien ou en mal sur les événements, et qu’il vaut mieux  avoir pour soi que contre soi. 

 

 

Cela étant, dès que le nomade n’est retenu au campement par aucun souci, il se met en quête d’aventures, de butin surtout. Tantôt il part avec trois ou quatre compagnons portant dans un مزود les vivres (farine et dattes) de cinq ou six jours de route ( زاد ou عوين الطريق). Ils n’ont pas de but déterminé, se rendent sur les confins d’une tribu voisine et cherchent l’occasion que Dieu leur offrira en sa magnanimité : ils ne manqueront pas, en leurs prudentes investigations, de rencontrer quelque troupeau de moutons ou de chèvres dont le berger insouciant s’abritera vers midi sous une رتمة et cherchera dans le sommeil l’oubli de sa vie monotone. C’est alors qu’ils agiront ; si le berger fait mine de résister ou s’il est d’une tribu franchement ennemie, une balle bien placée aura raison de lui; s’il ne résiste pas il sera emmené avec le troupeau pendant un jour ou deux, afin de gagner du temps, puis on le relâchera nu comme un ver. 

 

 

Quelquefois la petite bande est plus heureuse et trouve à enlever des chameaux, il lui arrive aussi d’être reçue à coups de fusils et de s’en aller les mains vides, ou d’être rejointe sur la route du retour et obligée de lâcher ses prises pour fuir à toutes jambes. Voilà, à notre sens, ce qu’il faut entendre par le mot جيش . C’est donc une petite troupe d’hommes, à pied le plus souvent, qui part en quête de vol, mais sans but bien déterminé et prête à profiter de la première occasion. Peu nombreuse, elle ne doit compter que sur son adresse et sa ruse et ne met aucun point d’honneur à livrer bataille. 

 

 

D’autres fois il s’organise une bande beaucoup plus forte comportant 100, 150, 200 hommes tous montés à meharis ou ayant un chameau pour deux. Ceux-là ont un objectif mieux déterminé, ils ne se contenteront pas de la première proie venue et chercheront à ramener un gros butin, même s’il faut livrer bataille sérieusement. Il s’agira, par exemple, de dresser une embuscade en tel point propice d’une route connue, suivie par une caravane bien  déterminée, de livrer combat et d’emmener les chameaux de la caravane, avec leurs charges, si possible, en laissant un rideau d’hommes en arrière-garde pour arrêter ou ralentir tout mouvement de poursuite des gens dépouillés. La bande en question s’appellera alors غزى ou غزو .Le غزو est donc une troupe d’hommes, assez nombreuse, montée à mehari, et qui part pour enlever du butin, avec un objectif bien déterminé. 

 

 

Enfin une tribu toute entière ou plusieurs tribus réunies peuvent être appelées. à organiser une véritable expédition comportant la majeure partie de leurs forces ; dans ce cas le but est bien connu d’avance, au moins dans ses grandes lignes, qu’il s’agisse d’attaquer et de piller un ennemi commun, d’aller enlever des quantités considérables de chameaux en un pays lointain, de réduire un ksar par la famine ou par la soif, etc. C’est alors une حركة, un mouvement de gens de toute espèce, piétons, cavaliers, méharistes, et l’opération qu’ils se proposent a un caractère nettement guerrier, avec de plus, l’espoir de récolter un butin énorme, car il n’est pas de guerre sans butin. 

 

 

Tel est d’après nous, le sens qu’il faut attribuer pratiquement aux mots غزو، جيش et حركة. Cependant la démarcation n’est pas toujours aussi nette : il n’est guère possible de dire où s’arrête le جيش et où commence le غزو
Ces deux mots sont employés fréquemment l’un pour l’autre. 

 

 

Il y a confusion, de même, entre غزو et حركة et cela s’explique facilement. Considérons, en effet, un groupe de meharistes avant qu’il ait effectué son coup, il est حارك «en mouvement» vers le but qu’il se propose et on le désignera sous le nom de حركة . Au retour, quand il emmène ses prises il est « ramenant du butin » c’est donc un غزو .  

 

 

En tout état de cause le mot حركة indique à la fois une expédition plus forte et plus nettement guerrière que les mots جيش et غزو . Chacun de ces coups de main attire des représailles du même genre de la part des tribus qui en sont victimes, et c’est en cela que consiste l’état d’hostilité الشينة، العداوة

 

 

 

 

 

Supposons maintenant qu’un غزو se dispose à partir de chez les Beni Guil, par exemple, pour opérer contre les Aït Khebbach de Taouz, ces derniers ont de grandes chances d’être prévenus à l’avance, soit par un espion ou un transfuge بيّاع qu’ils ont chez les Beni-Guil, soit par des bergers ou des chasseurs qui auront relevé les traces du ghezou dans son trajet. Cet avertissement est appelé نذيرة , et celui qui le donne est le نذّار L’expression جاتنا نذيرة signifie, par elle-même : Nous avons reçu avis de nous tenir sur nos gardes

 

 

Pour en revenir à notre exemple, les Aït Khebbach, prévenus prendront des mesures de précaution; ils rassembleront leurs troupeaux dispersés, augmenteront le nombre des gens commis à leur garde et placeront au loin, en des points favorables, les vedettes (شوف) chargées de donner l’éveil. Si, malgré ces précautions le غزو à parvient à enlever les chameaux par surprise, l’un des bergers échappés ou l’une des vedettes accourra aussitôt dans les campements Aït Khebbach, en poussant de toutes ses forces le cri ويكويك (*). Ce cri est immédiatement répété de proche en proche par tous ceux qui l’entendent, et aussitôt  chacun s’arme en hâte et se porte à un point de rassemblement convenu d’avance. Là on apprend ce qui vient d’arriver et l’on décide de la conduite à tenir qui est, en pareil cas, de poursuivre les ravisseurs. S’ils ont fait leur coup très peu de temps avant le ويكويك, le départ à la poursuite a lieu aussitôt du point de rassemblement, sans même prendre de vivres pour la route. C’est la فزعة et l’on dira : فزعوا ايت خبّاش les Aït Khebbach sont partis à la poursuite

 

 

S’ils rejoignent le غزو, la فزعة devient لحيـڤـة, on dira alors فزعوا ولحّـڤـوا , ils sont partis à la poursuite et ont rejoint; ou encore : لحّـڤـة اللحيـڤة, les poursuivants ont rejoint

 

 

Le mot فزعة désigne donc la troupe qui poursuit, tandis que le mot لحيــڤـة semblerait impliquer que cette même troupe a rejoint ceux qu’elle poursuivait. La فزعة désigne aussi la troupe qui sort en masse, en tumulte, pour se précipiter à l’attaque. 

 

 

Si la اللحيـڤـة en question arrive à écraser le ghezou et à reprendre les chameaux enlevés on dira par exemple : ردّوا ايت خبّاش ابلهم , les Aït Khebbach ont repris leurs chameaux. Le verbe a donc le sens de « rendre » et celui de « recouvrer ». 

 

 

Enfin, si le ghezou battu a un retour offensif, qu’il revienne en arrière et cherche à enlever une deuxième fois les prises, tout cela s’exprimera par le verbe رجـڤـن ou رشـڤـن et l’on dira  رشـڤـن الغزو، رشـڤنوا بني جيل , etc. Dans son sens le plus général, ce terme signifie que l’on entreprend une deuxième expédition étant déjà sur la route du retour, et sans que l’objectif soit forcément le même que la première fois. 

 

 

Ces expéditions et coups de main réciproques, constituent ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’état de guerre. Mais, en temps de paix, il peut se produire, de tribu à tribu ou de fraction à fraction, des incidents qui, tout en ayant un certain caractère de violence, ne sont pas néanmoins considérés comme casus belli, mais comme un simple moyen de se faire justice. 

 

 

 

 

 

Supposons qu’un homme des Douï Menia trouve au pâturage trois chameaux égarés. Il les prend sans savoir à qui ils sont; un temps fort long s’écoule, si bien qu’il les considère comme siens et leur applique ses marques personnelles. Un beau jour, un homme des Ouled Djerir vient les lui réclamer comme lui appartenant. Le Meniaï refuse de les lui rendre et le renvoie les mains vides, que va faire le Djeriri? Il attendra le passage, à proximité de son douar, d’une caravane où se trouvent des chameaux au ravisseur ou à ses parents, arrêtera la caravane, y choisira trois chameaux, les emmènera et déclarera qu’il est prêt à les rendre à un tel (le ravisseur) dès que ce dernier lui rendra les siens. A défaut de chameaux il saisira ainsi des moutons, un cheval, un fusil, ce qu’il trouvera. Cela se passe généralement sans que la poudre parle, l’opérateur s’arrangeant pour mettre tous les atouts dans son jeu ; au surplus ce procédé est partout admis comme légal. C’est ce que l’on désigne sous le nom de غارة . La racine غار, fut يغير n’est guère employée que dans ce sens, avec de la personne. 

 

 

La  غارة peut avoir lieu, en outre, à l’occasion d’une dette niée par le débiteur, ou pour forcer un tiers à tenir ses engagements, etc. Enfin elle peut être employée par toute une fraction à l’égard d’une autre fraction pour l’obliger, par exemple, à des règlements de comptes, sans recourir à la guerre. Celui qui a exercé la غارة est dit مكافّ il a pris des gages, des garanties; on entend dire fréquemment : رانا مكافّين ذوي فلان في آلّي نسالوهم , ce qui peut se traduire : Nous avons pris des gages contre les Douï Flane pour garantir ce qu’ils nous doivent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 (*): Ce cri d’alerte n’est pas spécial aux Aït Khebbach mais, d’une façon générale, à toutes les tribus de la région du Guir et du Tafilalet. On a eu l’occasion de l’entendre, répété par des centaines de voix ce qui est d’un effet très saisissant, beaucoup plus impressionnant que nos sonneries en pareilles circonstances.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 8ème partie-

20042019

Expressions Et Locutions Plus Spéciales Aux Nomades 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 8ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547835188-243-001

Sud-Oranais – Oasis de Moghar-Foukani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1° Organisation intérieure de la tribu. 

 

 

 

Répartis sur des espaces souvent considérables, au hasard des pâturages et des points d’eau, les différents groupes فرق ou افخاذ qui composent une tribu قبيلة , n’ont que fort peu de cohésion entre eux. Souvent divisés par des haines profondes, des inimitiés traditionnelles, ils vivent chacun de son existence particulière, pour lui-même et par lui-même, jusqu’à ce qu’un événement imprévu les rapproche et leur rappelle qu’ils se doivent entraider. 

 

Dans chacun de ces groupes (fractions et sous-fractions) se dégage la personnalité d’un ou plusieurs individus, egregii émergeant au-dessus du vulgaire auquel ils s’imposent par leur situation de fortune, leur intelligence, leurs qualités d’orateurs et de guerriers. Ce sont les notables, الاعيان , les yeux du groupe, qu’ils dirigent avec l’aide de quelques vieillards ou gens avisés pris dans son sein. 

 

 

— Leur réunion constitue la djemâa du groupe considéré جماعة الفرقة . On aurait tort de croire que la djemâa soit un conseil organisé comme nous l’entendons; sa composition est des plus variables, car elle se modifie d’elle-même, à tout instant, par élimination ou consentement tacite plutôt que par élection. C’est ce conseil qui prend les décisions intéressant l’ensemble du groupe, et même les particuliers : opportunité qu’il y aurait à lever le camp pour aller profiter d’un autre pâturage ; formation d’une caravane qui irait commercer sur un grand marché, mesures de précaution à prendre pour la sécurité du groupe, attitude à tenir vis- à-vis d’une tribu ou fraction voisine, désignation de délégués pour des négociations importantes, coups de mains fructueux à organiser, punitions à infliger ou litiges à trancher, etc. 

 

 

La réunion de tout ou partie des اعيان de chaque fraction et sous-fraction constitue la djemâa de la tribu جماعة القبيلة . Sa composition est presque aussi variable que celle de la جماعة الفرقة , par suite des jalousies et des compétitions qui la divisent. 

 

 

A ces discussions s’ajoutent les difficultés de communication qui résultent de l’éloignement des différents groupes entre eux, de sorte que la جماعة القبيلة arrive difficilement à se réunir au complet, et voit fréquemment ses décisions foulées aux pieds par une plus ou moins grande partie de la tribu. Elle ne se réunit que pour discuter des questions très importantes, intéressant l’ensemble de la tribu : acceptation ou rejet d’offres de paix faites par des voisins, restitution de prises à effectuer ou à solliciter, migration en force compacte devenue nécessaire par suite d’événements politiques, grande expédition à organiser pour châtier un ennemi redoutable, parer à une attaque, s’emparer d’un gros butin, etc. Quelquefois, dans des circonstances exceptionnellement graves, la tribu sent le besoin d’une direction plus ferme, plus constante, la djemâa élit alors un شيخ unique qui a tous les pouvoirs jusqu’au jour où, la cause qui l’a fait élire ayant cessé, lui-même voit s’évanouir son influence momentanée et se disloquer les éléments composant la tribu. 

 

 

Si les infractions aux décisions de la grande djemâa ou du cheikh deviennent trop fréquentes et que l’anarchie prenne trop d’expansion, on institue, dans chacun des groupes importants de la tribu, une sorte de conseil désigné sous le nom de ايت اربعين même chez les Arabes, et quel que soit le nombre de ses membres. Ces conseils sont chargés de maintenir l’ordre intérieur, de faire respecter les décisions prises par la djemâa et concernant toute la tribu, de prendre eux-mêmes des décisions complémentaires et de les faire exécuter.

 

 

 

Tout fauteur de troubles خوّاض، خلّاط , et tout individu en état de rébellion عاصي est frappé par eux d’une forte amende. Les ايت اربعين sont, en outre, une sorte de tribunal auquel les particuliers peuvent soumettre leurs litiges. Théoriquement cette institution paraît excellente; dans la pratique, elle est loin de remplir le but pour lequel on l’a créée : la probité et l’impartialité des ايت اربعين sont si peu à l’abri des soupçons, les moyens de se faire respecter sont pour eux, si précaires, qu’en quelque temps ils perdent toute influence. D’ailleurs, le manque d’entente et d’esprit de suite suffiraient à les empêcher de mener à bien leur tâche. 

 

 

Il semble que les Berbères, nomades et sédentaires, soient plus respectueux de leurs institutions, moins essentiellement anarchistes que les Arabes; dans beaucoup de leurs tribus le chef est élu pour un an, par les membres de la djemâa et son mandat est renouvelable. Dans ses relations avec les Arabes, il s’intitule Il peut être aussi assisté d’un Conseil des ايت اربعين mieux respecté, en général, que ceux des tribus arabes. 

 

Telle est, dans ses grandes lignes, l’organisation d’une قبيلة

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 1547835188-258-001 dans Attributs d'Algérienneté

Sud-Oranais – Moghar Tatani, La Tour Négrier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 7ème partie-

16042019

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 7ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547731128-092-001

Célébration de la fête du bœuf par les nègres – Sud Oranais 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

1° Formules divers (remerciement, politesse, etc.).  

 

 

La formule de remerciement si usitée dans l’Est algérien الله يكثّر خيرك , est peu employée dans le Sud oranais. On lui préfère les locutions suivantes : 

 

 

الله يخلف عليك , Dieu vous le rende; 

 

 

 

الله يجازيك بالخير , que Dieu vous récompense en bien; 

 

 

 

الله يزيد لك في الايّام , que Dieu augmente vos jours ; 

 

 

 

لهلا يخطّيك , (pour الله لا يخطيك الخير), puisse Dieu ne vous faire manquer (aucun bien); 

 

 

 

يشدّ لنا فيك , puisse Dieu vous conserver pour nous, etc. 

 

 

 

Les mots و كان ajoutés à la fin d’une phrase ont le sens de « seulement, sans plus, c’est tout » : بينّنا و بينهم نهار و كان , il n’y a entre eux et nous qu’une journée (de marche) seulement
 

 

 

Les mots  و يا ربّي,  placés à la fin d’une phrase prennent le sens de « c’est tout au plus si ». Ex. : رانا نخلطوا قيس المغرب و يل ربّي ,  c’est tout au plus si nous pourrons arriver au coucher du soleil
 

 

 

Les mots في ميزي، بالميز , etc., signifient : je suppose, à ce que je crois, à peu près, environ. Ex. : بالميز يباتوا هنا , je suppose qu’ils passeront la nuit ici ; عندي بالميز عشرين ناقة, j’ai environ vingt chamelles
 

 

 

 

Les locutions « cela ne me regarde pas, cela m’est indifférent, peu importe, etc. », ont plusieurs équivalents : 

ماشك، ماني (pour ماراك شي، ماراني , tu n’es pas, je ne suis pas), cela ne fait rien, peu importe. Dans cette expression le premier terme ماشك reste invariable, mais le second ماني , peut être modifié et prendre tous les pronoms affixes ماه، ماك، ماكم، مانا ,  etc. : ماش كماهم في ذي الحيّة , (pr. هذه الحاجة) peu leur importe ; ما اساقني فيك -prononcez مسّاقني- cela ne me regarde pas 

, ما اساقهم فيه، ما اساقك فيه etc., cela ne te regarde pas, cela ne les regarde pas, etc. 

ما جابهم فيك، ما جابني فيك ,  etc., pourquoi m’en mêlerais-je, etc. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2° Acceptions spéciales. 

 

 

Dans son sens le plus général, le mot عرب signifie « nomades » par opposition aux «sédentaires ». C’est ainsi que l’on dit couramment, en parlant de populations berbères : مشيت لبلاد البرابر لقيت عربهم حاطّين حذا قصورهم , je suis allé au pays des Berabers, j’ai trouvé leurs nomades campés à côté de leurs ksour. 

 

 

Les sédentaires sont de deux sortes, selon que leur vie a toujours été et restera sédentaire, ou selon qu’ils sont obligés, momentanément, de se fixer. 

 

Les premiers sont les قصورية habitants des ksours, qui ne transhument presque jamais et ne se déplacent guère que pour aller sur les marchés. Ils sont l’objet du mépris et des mauvais traitements des nomades. 

 

Les seconds sont les ڤـيطانة ou ڤـياطنة , nomades obligés de se fixer momentanément, faute de moyens de transport. Il arrive fréquemment, en effet, que tout un groupe de tribu soit plus éprouvé que le reste par les coups de main des ennemis ou par une épizootie, etc. N’ayant plus de bêtes de somme, ce groupe ne peut se déplacer et l’on dit alors : ڤـيطنوا ذوي فلان , les Douï flane se sont fixés avec leurs tentes (faute de moyens de transport). 

 

 

Il arrive aussi qu’une tribu ne puisse emmener la totalité de ses troupeaux en transhumant, pour des raisons de sécurité, ou faute de pâturages. Elle les laisse alors à la garde de quelques tentes, dans le pays qu’elle quitte, et le groupe de tentes laissé est désigné sous le nom de مخاليف اولاد فلان . De là le nom de المخاليف qui revient si souvent dans la nomenclature des sous-fractions d’une tribu. 

 

 

 

On désigne les chevaux par les mots عود cheval, عودة jument et quelquefois فرسة  jument. Les gens du Sud oranais écrivent et prononcent ce dernier mot فرصة Le mot كايدار peut désigner indifféremment le cheval ou la jument, et il est souvent pris en mauvaise part (comparez جادور). 

 

 

Au pluriel, toutes ces expressions sont remplacées par le mot خيل , qui désigne souvent l’ensemble du cheval et du cavalier. Ex. : نزلوا عندي سبعة من الخيل, sept cavaliers sont descendus chez moi. حنا نمشوا تراريس و هما يمشوا خيل ,  nous marcherons à pied et eux à cheval

 

 

La même observation s’applique aux mots مهري et مهارى

Ex. : رسلوا اربعة مهارى شوف ,  ils ont envoyé quatre méharistes en éclaireurs. سبقهم مهري يستخبر , un méhariste les a devancés pour prendre des informations. 

 

 

 

A côté du pluriel خيل qui s’applique aux chevaux et juments sans distinction de sexe, il faut citer les mots عياد pluriel de عود et عودات pluriel de عودة. Ex. : ما تربط شي العياد في وسط العودات, n’attache point les chevaux au milieu des juments

 

 

 

Le nom collectif ڤـوم signifie la cavalerie (cavaliers et chevaux) ou simplement les chevaux, selon les cas. Ex. : 

جات الـڤـوم تغوّر,  la cavalerie est venue à grande allure. 
 

الـڤـوم وردت و علفت,  les chevaux ont bu et mangé. 

 

 

 

Pour évaluer la force d’une tribu, on énonce le nombre de tentes qu’elle comporte. On peut considérer chaque tente comme fournissant, en moyenne, quatre guerriers  âgés de 15 à 60 ans. 

 

Quand il s’agit d’un ksar guerrier, on exprime souvent le nombre de fusils qu’il peut mettre en ligne, on dit, par exemple : آهل القصر الفلاني يديروا مايتين مكحلة , les gens de tel ksar peuvent mettre en ligne deux cents fusils

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

  

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 6ème partie-

12042019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 6ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547717735-970-001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
1° Arabismes. Expressions caractéristiques. 

 

 

 

L’arabe ayant, en général, une notion très imprécise du temps et des distances, il est difficile d’obtenir d’un informateur des renseignements exacts, à ce double point de vue, sur une route que l’on va entreprendre. Si l’on désire se renseigner sur la longueur probable d’une étape, il est évident que l’informateur considéré ne saura pas l’apprécier, en heures et fractions d’heure, encore moins en kilomètres. Pour lui, l’étape représente une plus ou moins grande portion de la journée, à une ou deux heures près. 

On suppose donc que l’on s’enquière de la distance séparant deux points connus : 

 

 

واش يعود بين بشار و بين المضرب الفلاني , combien peut-il y avoir (de temps de marche) entre Béchar et tel point? 

 

 L’informateur demande au préalable, s’il s’agit de la marche ordinaire d’un piéton, d’un cavalier, d’un convoi (مشي القافلة، مشي الفارس، مشي التراس , etc.), puis il répond, selon les cas : 
 

بيناتهم ضحوة, ou simplement ضحوة , il y a entre ces deux points une matinée; c’est-à-dire le temps qui s’écoule entre le lever du soleil et le ضحى (jusque vers 9 h. 1/2 du matin); 

 

 

 

محيش (il y a entre ces deux points) un mehich; le mot mehich désigne l’action de « traire les moutons vers midi », l’expression ci-dessus indique alors le temps qui s’écoule entre le lever du soleil et le voisinage de midi. 

 

 

 

مـڤـيل (il y a entre ces deux points), un meguil; c’est-à-dire le temps qui s’écoule entre le lever du soleil et l’heure de la méridienne (jusque vers deux heures après midi). 

 

 

 

مروّح (il y a entre ces deux points) un merouah, c’est-à-dire le temps compris entre le lever du soleil et son coucher  (من الفجر إلى مروح الشمس). Dans ce dernier cas, l’informateur s’exprime souvent d’une façon différente et dit, par exemple : نروحوا له ,  nous y arriverons au coucher du soleil

 

 

 

Si l’étape est encore plus longue et que l’arrivée ne puisse avoir lieu qu’après le coucher du soleil, l’informateur dit : رانا نحبسوا . Cette expression ne signifie plus simplement « nous nous arrêterons », mais bien « nous arriverons de nuit ». 

 

 

 

Si les points considérés sont séparés par deux étapes complètes, l’informateur répond à la question posée plus haut par les mots : تبات و تروح ,  tu coucheras (le 1er jour en un point intermédiaire) et tu arriveras (le 2e jour) au coucher du soleil

 

 

 

L’étape, en tant que point où l’on arrive pour passer la nuit, est désignée sous le nom de مبات ,  que l’on trouve quelquefois sous la forme plurielle مباتات . Ex. بين بشار و بين تافلالت خمس مباتلت , il y a entre Béchar et le Tafilalet six étapes. 

 

 

REMARQUE. — Le mot خمس a été mis à dessein au lieu de ستّ dans l’exemple précédent parce que, le soir de la dernière étape vous trouvant rendus au but, les Arabes ne le comptent pas comme مبات. Il faut donc interpréter comme s’il y avait : تبات خمس نوبات و تروح ,  on couche cinq fois (en route) et l’on arrive (le sixième jour) au coucher du soleil

 

 

 

En tant que distance à parcourir le mot étape a pour équivalent طريق . Ex. : L’étape est longue aujourd’hui; الطريق بعيدة اليوم ، الطريق طويلة اليوم

 

Rarement le mot طريق a le sens de « chemin, piste, route »; on lui préfère, dans ce cas, le mot محيّ s’il s’agit d’une piste tracée, à la longue, par les pieds des bêtes de somme ; et le mot منجورة s’il s’agit d’une route aménagée 
par la main de l’homme. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2° Différents noms des troupeaux.

 

 

Le troupeau (chameaux, moutons, chèvres) peut être défini, au point de vue arabe « un groupe d’animaux de même espèce confiés à la garde d’un seul berger ». Il comporte généralement de 40 à 60 têtes. 

 

 

Le berger  سارح ou راعي est muni d’un bâton عصى- عصا- ; c’est pourquoi, par extension, on nomme عصى au pluriel عاصي ,le groupe ou troupeau de moutons réunis sous le bâton d’un seul berger. 

On désigne aussi le troupeau de moutons sous le nom de غنم ou غلم pluriel غانيم ou غاليم

 

Le troupeau de chèvres est appelé حرّاڤ au pluriel حراريـڤ .Ce même nom s’appliquait, au temps où l’esclavage florissait, aux troupes d’esclaves que l’on conduisait au marché. Les gens du cercle de Géryville désignent les chèvres sous le nom collectif عنزي .

 

En ce qui concerne les chameaux, on fait une distinction selon qu’ils sont au pâturage ou en marche. Le troupeau au pâturage se nomme إبل  , pluriel إبال ; tandis que l’on appelle وسيـڤـة pluriel وسايـڤ , le groupe de chameaux qui marchent habituellement ensemble. Ex. : نهبوا لنا ثلث إبال و آدّاوها على خمس وسايـڤ , ils nous ont enlevé trois troupeaux de chameaux et les ont emmenés en cinq groupes
 

 

REMARQUE. — Si l’on énonce un nombre d’animaux de même espèce autres que les chevaux, mulets et chiens, on les considère le plus souvent comme femelles : 

اربعمايت ناڤـة , quatre cents chamelles, et non اربعماية بعير ;

ثلاثين شاة ,  trente brebis, et non ثلاثين كبش

عشرين معزة , vingt chèvres ; 

سبعة شياه متاعت الغزال ou متاعت اللّوري , sept gazelles ou sept mouflons, etc.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 5ème partie-

8042019

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 5ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547646109-s-l1600

Sud Oranais, Gare fortifiée de Djenien-Bou-Rezg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pluriels de forme irrégulière.

 

 

§ 1. Il y a lieu de signaler des pluriels de forme très irrégulière. Nous nous bornerons à trois exemples, car la liste en est indéfinie et il ne nous paraît pas possible de dégager les lois de leur formation. 

ترجمان- طرمجان -, est mis au pluriel sous la forme طراجمين .

 

معزة nom d’unité du collectif معز, fait au pluriel مواعز

 

L’adjectif عيان prend une forme de pluriel unique pour le masculin et le féminin, et fait عوّاي etc. 
 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Syntaxe. 

 

 

Peu de remarques à faire au point de vue de la syntaxe, qui ne subit pas de modifications importantes. 

 

 

 

§ 1. On voit, plus fréquemment que dans l’Est algérien, un adjectif féminin singulier se rapportant à un nom collectif ou à un pluriel d’objets inanimés : 

وابلنا رقيقة, nos chameaux sont faibles

 

 

 

 

§2. De même on emploie au féminin singulier, quelle que soit sa place dans la phrase, un verbe ayant pour sujet un nom collectif ou un pluriel brisé. Ex. : ڤـع الناس تفرح بك , tous les gens sont contents de vous;

 

تسمع بنا القبايل, les tribus entendront (ou entendent) parler de nous

 

لـڤـينا العرب ترحل ,  nous avons trouvé les nomades en train de lever le camp

 

 

 

 

§3. L’aoriste est employé dans bien des cas où les Arabes du Tell se servent du prétérit. Ex. : -تيّمته نلقاه ميجوع يقول لي ما نقدّش علاش -على شي ,  je suis passé chez lui et l’ai trouvé malade; il m’a dit : Je suis dans l’incapacité de faire quoi que ce soit

 

Cette habitude est poussée jusqu’à l’exagération chez certaines tribus du cercle de Géryville. 

 

Les Douï Menia et Ouled Djerir, au contraire, n’emploient l’aoriste que dans des cas analogues à celui de l’exemple précité et lorsqu’ils expriment une opinion, une hypothèse, un fait incertain ou un fait habituel. Ex. : ذكروا لي جيش في الجبل يكونوا فيه ثمان تراريس , on m’a signalé un djich dans la montagne, il peut comporter huit hommes (environ);

 

هاني فلان ما تعرفني شي و لاينّي تسمع بي بلا شكّ , je suis un tel, tu ne me connais pas mais tu as certainement entendu parler de moi

 

 

 

 

L’exemple cité plus haut :تسمع بنا القبايل   : signifie, a proprement parler « les tribus entendent ;souvent parler de nous ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 4ème partie-

4042019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 4ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547640998-s-l1600

Extrême Sud Oranais TAGHIT le fortin de l’éperon

 

 

 

 

 

 

 

 

Adverbes (de temps, lieu, etc.), locutions adverbiales.  

 

 

 

  

 

ان ,jusqu’à ce que. Ex. : تنّاني ان نجي , attends-moi jusqu’à ce que je revienne

 

Cette particule est souvent précédée des mots حتّ ou إلى

Dans le premier cas les deux particules n’en forment plus qu’une dans la prononciation, de sorte que حتّ ان devient حتّان

Dans le second cas ان est affecté d’un kesra et devient إن on dit الى ان ilaïn

 

Cette locution a souvent le sens de « lorsque, voilà que », comme en arabe régulier. Ex. :

حنا نهدروا الى ا ن جا محمد , nous causions lorsque survint Mohammed ; 

 

 

 

 

 

 

 

 

غير كيفet الّا كيف à l’instant même, il n’y a qu’un moment : كلاوهم البرابر لا كيف,  les Beraber viennent de les dépouiller. 

 

Question : لك ياسر من كجيت,  Y a-t-il longtemps que tu es arrivé? 

Réponse : هاني غير كيف,  j’arrive à l’instant même. 

 

 

 

 

 

 

 

 

ضروك (pour ذا الوقت), maintenant, tout de suite. 

 

 

 

 

 

 

 

 

دابا, à l’instant, tout de suite. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 في أيّ وقت (prononcez فيوقت ) quand, à quel moment? 

 

 

 

 

 

 

 

 

واش من قيس  à quelle heure? à quel moment? 

 

 

 

 

 

 

 

 

دون  en deçà de; employé avec من plus petit que, moins. que : راه الواد دون الجبل, l’oued est en deçà de la rivière

 

خوي دون منّي mon frère (est) plus petit (ou plus jeune) que moi; هما دون من ماية, ils sont moins de cent

 

 

 

 

 

 

 

 

شقّ au delà de (par opposition à دون , premier cas).
 

Dans les deux autres cas cités plus haut le contraire 
de دون est respectivement أعتى من  et خير من Ex. :  خويّ أعتى منّي, mon frère (est) plus grand (ou plus âgé) que moi. عندي عشرين معزة و لا خير j’ai vingt chèvres ou même davantage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

نيشان , dans la direction de. Ex. : اخزر نيشان الشجرة تشوف بعير شقّها , regarde dans la direction de l’arbre, tu verras un chameau plus loin que lui
 

 

 

 

 

 

 

 

لهون , ici (pour إلى هنا). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 لهيه, là-bas. 

 

 

 

 

 

 

 

 

لياه, vers moi, à moi. Ex. : تعالى لياه , viens à moi, par opposition à رح لهيه , va-t-en là-bas

 

 

 

 

 

 

 

 

 هنا, ici. 

 

 

 

 

 

 

 

 

من هنا (prononcez منّا), par ici. 

 

 

 

 

 

 

 

 

من هيه ou من هكّ par là-bas. 

 

 

 

 

 

 

 

 

يسارا، يمينا , à droite, à gauche. Ex. : قعّد الابل يسارا , fais appuyer les chameaux (ou ramène les chameaux) à gauche

 

 

 

 

تحت، فوق , en haut, en bas; فوقي et تحتي supérieur et inférieur; pluriel فواقة et تحاتة

 

 

 

REMARQUE. — Les expressions  تحت، فوق، يسارا، يمينا , sont employées par les informateurs qui vous renseignent sur un pays. Il faut donc se placer, mentalement, dans la position de celui qui parle, pour avoir l’orientation exacte et se garder de prendre ces expressions pour des synonymes de : à l’est, à l’ouest, au nord et au sud. Si l’on vous dit, par exemple : تلقاهم حاطّين على يسار جير فوق الخنـڤ ,  il faudrait se garder de traduire « tu les trouveras campés à l’ouest du Guir, au nord des gorges » ou même « tu les trouveras campés sur la rive gauche du Guir en amont des gorges », avant de savoir si l’informateur marchait vers le nord, ou bien s’il allait dans le sens du courant ou en sens inverse. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ل et الى Ex. : وصلت الى تافلالت و الى ما شقّه , je suis allé jusqu’au Tafilalet et jusqu’ (aux régions sises) 

au-delà
 

 

 

 

 

 

 

 

 عن .  Cette particule est fort employée, tantôt à juste titre, tantôt à la place de Ex. : ما بغيتك شي تضحك عنّيje ne veux pas que tu te moques de moi

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mot متاع qui signifie « de, des » revêt différentes formes. Sa forme masculine est comme ci-dessus : العود متاعي , mon cheval

 

 

Il se met au féminin comme un adjectif par l’addition d’un ة. Ex. : الدار متاعتي , ma maison

 

 

Enfin on l’entend fréquemment prononcer متاوع  Ex. : هربوا العبيد متاوعنا , nos esclaves se sont enfuis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

  

  

 

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 3ème partie-

31032019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 3ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547386449-s-l1600

Extrême-Sud-Oranais Oued Zousfana

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les particules 

 

 

 

Sous cette rubrique nous ne donnerons, bien entendu, que les particules usitées couramment dans la conversation. Il est essentiel de les bien connaître car elles caractérisent, mieux que tout autre chose, le langage spécial à telle ou telle région. 

 

 

 

 

 

Particules affirmatives. 

وه  est le terme d’acquiescement le plus ordinaire, le plus usité. Son sens correspond exactement au mot français « oui ». On le répète souvent plusieurs fois de suite et c’est là une manière d’acquiescer plutôt disgracieuse, ressemblant assez à un aboiement. 

 

 

 

أنّه  ènnêh, oui, chez tous les ksouriens des environs du Guir et du Ziz; 

 

 

 

مزيان, meziane, bon, entendu; 

 

 

 

وخّ  ouakhkha, parfait, parfaitement; 

 

 

 

خيار  khyar, bien, parfaitement (pluriel de خير).
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Particules négatives.

 

لا ou, لالا  non, en réponse à une question. Cette négation s’emploie aussi quelquefois avec un verbe que l’on fait suivre du mot شي Ex. : لا تسمع شي كلام الناس, n’écoute pas les propos des gens; ما ….شي, ne …. pas. 

 

 

 

 

لاوه, laouêh, non, non pas, nullement. Réponse à une question. 

 

 

 

أرح, arah, non; non pas. Cette négation est d’origine berbère, à ce que nous croyons, elle est très usitée chez les chaouïa de l’Aurès (département de Constantine). Elle est employée, dans le Sud oranais, aussi bien par les Berbères que par les Arabes. 

 

 

 

أه,  ôhô, non, chez les Berbères principalement; 

 

 

 

ولو, oualaou, rien, pas du tout, nullement. Cette expression remplace à peu près complètement le terme حتى شي de l’Est algérien. 

 

 

 

Enfin le verbe عاد, employé adverbialement, constitue aussi une négation qui signifie « pas encore » ; dans ce cas il est employé concurremment avec la particule شي… ما 
ou même seul. Ex. : 

Demande : جاشي محمد Mohammed est-il venu? 

Réponse :عاد ما جاشي, ما جاشي عاد, (ou simplement) عاد, il n’est pas encore venu. 

 

 

REMARQUE. — Le même terme عاد, employé sans négation, signifie être sur le point de, se disposer à, mais il reste toujours invariable : عاد نمشوا, nous allons partir. 
 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

Particules corroboratives.

 

Quelques particules sont employées pour renforcer et corroborer soit une affirmation soit une négation : 

 

 

 

ڤع tout, tous, synonyme de الكل,

 

راني كمّلت خدمتي ڤعj’ai achevé mon travail complètement;

 

ما شفتك شي ڤع يامس , je ne t’ai pas vu du tout hier
 

 

 

ك placé devant un verbe, ajoute à l’action exprimée par ce verbe l’idée d’une chose habituelle ou ordinaire : كيجوا بني جيل يتسوقوا بلادنا,  les Beni Guil viennent couramment  s’approvisionner chez nous;  

 

اليهود ما كيخدمواشي نهار السبت, les Juifs ont coutume de ne pas travailler le samedi. 
 

 

 

 

 

واش  qu’est-ce que (و أي شي), comment; assez peu employé dans le Sud oranais. On ajoute généralement à ce terme la syllabe تـا. Ex. : 
 واشتا قلت, qu’as-tu dit? 

واشتا بغيت , que veux-tu? etc. 

 

 

 

La particule interrogative la plus employée dans l’extrême Sud-Est كيف,  comment, qu’est-ce que : كيف نديروا, comment procéderons-nous? 
 

Elle est souvent abrégée en ك Ex. : 

كراك, comment vas-tu ? (et formules analogues telles que كصبحت comment te trouves-tu ce matin ? كمسيت comment te trouves-tu ce soir? etc.) ; 

 

 

 

 

اشحال من ou كم من  combien de ; 

 

 

 

ايّاك , n’est-ce pas, n’est-il pas vrai? ايّاك حضرت لهذا البارود , tu as assisté à cet engagement n’est-ce pas? ou : tu sais bien que j’ai assisté à cet engagement;
 

ايّاك ڤالوها, on te l’a bien dit, n’est-ce pas? 

 

 

 

ما, qu’est-ce que? Ce terme est surtout employé devant la particule ل suivie d’un pronom affixe. Ex. :مالكqu’as-tu? مالهم qu’ont-ils? 

 

Il remplace donc le واش بك de l’Est algérien. 
 

 

 

كاش abréviation de كان شي, y a-t-il. Ex. : بغينا نشوفوا كاش ما ننهبوا لهم , nous voulons voir s’il n’y a rien à leur enlever.

 

 

 

علاش, pourquoi, pour quelle raison, etc. Ex. : علاش جيت تغوّر , pourquoi es-tu venu aux allures vives? (en parlant à un cavalier.) 
 

 

 

ليّه, (pour لأي شي), dans quel but, à quelle fin. Ex. : ليّه تقول لي هذا الكلام  , dans quel but me parles-tu ainsi? 
Cette dernière particule s’abrège souvent en له
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Particules conditionnelles ou dubitatives. 
 

 اذا, si. Même emploi que dans l’Est algérien. Cette particule est fréquemment altérée dans la conversation et dans l’écriture, on la trouve alors sous la forme الى, mais elle conserve le même sens. 
 

 

 

إلى غنى شي, (prononcez laghenach), si toutefois, dans le cas où. On rencontre aussi ce terme sans qu’il soit suivi de la négation شي 

إلى غنى ou لا غنى Ex. : راني مليت الشيبوطة لا غنى مانلقوا شي الماء في الطريق , j’ai rempli la chibouta (petite outre) pour le cas où nous ne trouverions pas d’eau en route

 

 

 

 

آنّيت, annit, peut-être déformation de : ظنّيت à ce que je crois, je me figure, je suppose. 

 

 

 

REMARQUE. — Cette particule, employée surtout par les gens du Tafilalet et des environs, ne donne pas forcément une allure dubitative à la phrase. 

Beaucoup l’emploient à tort et à travers sans lui attribuer aucune valeur. Un Filali dira par exemple كنت ميجوع يامس آنّيت, j’étais malade hier, et, dans son esprit, le mot آنّيت ne doit en rien restreindre la valeur de son affirmation. 

 

Nous ferons la même observation en ce qui concerne le terme زعم (pour زعمّا ). Il a, le plus souvent, le sens de « c’est-à-dire ». 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Particules restrictives. 

 

لاكن, mais, cependant, toutefois. Cette particule est le plus souvent remplacée par l’expression ولاينّي oualaïnni, qui a le même sens : الحاسي كاين و لاينّي مردوم , le puits existe bien, mais il est comblé

 

 

 

غيرانّه , à cela près que. Cette locution est souvent employée à tort. 

 

 

 

 

بالصحّ et بالحقّ, à la vérité, en effet. Dans une phrase interrogative ces particules prennent le sens de : est-il vrai que ? 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 2ème partie-

27032019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 2ème partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547304786-s-l1600

Le Sud Oranais – Intérieur D’une Tente

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1° Verbes, Participes adjectifs. 

 

 

 

§ 12. Les verbes hamzés par la première radicale participent à la fois des verbes assimilés et défectueux. 

Prenons par exemple les verbes أكل et أخذ  on les prononce dans le Sud oranais كلا et خضا; au prétérit et à l’aoriste, ils se conjuguent comme dans le Tell et l’Est algérien, mais ils ont ici une forme de nom d’action qui pourrait les faire prendre pour des verbes assimilés par و on dit الوكل et الوحض au lieu de الاكل et الاخذ 

 

 

Au participe actif ces deux verbes revêtent deux formes différentes : 

Dans la première ils sont traités comme s’ils étaient assimilés par و, ce qui donne واكل et واخذ ou واخض

 

Dans la seconde, beaucoup moins employée, ils sont traités comme s’ils étaient défectueux par ي  ,ce qui donne  كالي et خاضي 

 

Au participe passé, on les traite également comme des assimilés par و : موكول et موخوض

 

Mais il se produit alors la même modification que l’on retrouve dans le nom propre    الميلود   c’est-à-dire que le و de la première radicale se change en ي, d’où الميكول et الميخوض seules formes usitées dans le Sud oranais. 
 

 

 

 

 

§ 13. Cette dernière observation s’applique, naturellement, aux verbes assimilés par و, c’est ainsi que le verbe وجع donne ميجوع malade, au participe passif. 

 

 

 

 

 

§ 14. Les participes de la forme فاعل font leur pluriel en فاعلين s’ils ont un sens transitif. Ex. : شتّهم ضاربين الطوب , je les ai vus en train de fabriquer des toubes (briques non cuites). 

 

S’ils ont un sens intransitif ou s’ils sont employés comme adjectifs, ils prennent quelquefois au pluriel la forme فعول  Ex. : راهم ظلّوا رقود , ils ont passé la journée couchés; جينا ركوب,  nous sommes venus montés (à cheval ou à mulet, etc.) ; كنّنا قعود نهدروا , nous étions assis à causer

 

Quant aux participes de la forme ils sont presque toujours considérés comme des adjectifs et revêtent, au pluriel, la forme brisée مفاعيل Ex. : 

 

1547283512-sans-titre dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2° Les formes verbales. 

 

 

§ 15. La IIe forme est employée à la place et avec le sens de la première dans un certain nombre de verbes. Tels sont : 

 

1547283613-sans-titre

 

 

 

 

On voit aussi la IIe forme employée à la place de la IXe. 

Ex. : خلطتّ و الظلمة ظلّمت , j’arrivai au moment où les ténèbres épaississaient

 

 

 

Le verbe بقى employé ainsi à la IIe forme signifie rester en route et ne plus pouvoir suivre, être à bout de forces : بقّت لي العودة في الطريق , ma jument est tombée exténuée en cours de route

 

De ce verbe بقّى on a formé le participe qui s’applique aux animaux fourbus :بعير باقّي  وابل باقّية, un ou des chameaux épuisés

 

La forme de nom d’action تفعال est plus généralement usitée que la forme تفعيل
 

 

 

 

 

§ 16. La IIIe forme est quelquefois usitée au lieu de la IIe ou de la IVe, et cela dans les écrits aussi bien que dans la conversation : بغيتك تعالمني بالأخبار, je vous prie de me mettre au courant des nouvelles; ناقرني مع فلان , ménage-moi une entrevue avec un tel

 

 

 

 

 

§ 17. La IVe forme est employée, en conservant sa valeur exacte, dans un certain nombre de verbes tels que خبر, قام et عاد. Ex. : الحيّة (الحاجة) الّي نسمع بها نخبرك بها  , je vous ferai savoir tout ce que j’apprendrai ;

 

رانا نمشوا نهارين و نقيموا نهار الثالث, nous marcherons deux jours et séjournerons le troisième; (le nom d’action de ce verbe est مقيم dans la conversation)

 

على حسب ما يعيدوا في تافلالت, à ce que l’on rapporte au Tafilalet; ما عندي ما نعيدje n’ai rien à rapporter, à redire

 

 

 

 

 

§ 18. La Ve forme est employée fréquemment à la place de la VIIe et de la VIIIe; quelquefois aussi à la place de la VIe, on entend dire couramment :جينا نتلقّوا مع الحكّام  , nous venons pour avoir une entrevue avec les chefs

 

تلقّيت معك يامس , je t’ai rencontré hier (au lieu de تلاقيت)  

 

 

 

 

 

§ 19. En ce qui concerne la VIIIe forme, elle est le plus souvent mal accentuée dans la prononciation et dans l’écriture- les gens peu instruits supprimant complètement l’ initial du prétérit. 

Ils disent : جتمعت الناس, les gens se sont rassemblés (prononcez jetmaat ennês, au lieu de اجتمعت الناس)  

 

On a relevé des exemples de ce genre dans des lettres écrites par des indigènes qui passaient pour instruits. 

 

 

 

 

 

§ 20. Quand la IXe forme n’est pas remplacée par la IIe, elle devient فعال au lieu de افعلّ. Ex. : يزيد يكحال وجهك من الشمس, ton visage noircira encore à cause du soleil

 

عودي شيان في هذا التاخير شوّاش ما هلكه, mon cheval a maigri ces derniers temps, je ne sais ce qui  l’a mis à mal

 

A côté des Ve et VIIIe régulières, on a fréquemment observé une forme irrégulière qui semble participer à la fois de l’une et de l’autre. Elle donne toujours au verbe un sens passif ou pronominal et s’adapte aux paradigmes اتّفعل, pour le prétérit et يتّفعل pour l’aoriste, en voici quelques exemples : 

 

 

 

190112114626175853

1547289393-sans-titre1

 

 

 

On pense, ce n’est là qu’une Ve forme dont le techdid est passé sur la lettre servile initiale, au lieu de rester sur la deuxième radicale, par analogie avec la VIIIe forme des verbes assimilés. On en trouvera de très nombreux exemples dans le vocabulaire ci-joint. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3° Formes verbales irrégulières ou spéciales.

 

 

 

§ 21. Un nom d’action, un substantif quelconque, un mot d’origine étrangère, donnent quelquefois naissance à un verbe ou à une forme verbale nouvelle, en dehors de toutes 
règles. Ex. : 

 

Le mot  ميعاد de la racine وعد donne une VIe forme (?) تميعد, et l’on dit : ما نتميعدوا شي ذوي فلان , nous ne traiterons pas avec les Douï flan

 

 

Le mot مدّة durée, temps, donne également une VIe forme تمودى qui signifie « patienter, temporiser » : هذه عامين و نتمودى معاه و ما بغى شي يفاصلني , voici deux ans que je patiente avec lui et il ne veut pas me payer

 

 

Le mot رصاص plomb, balle, donne une Ve forme ترصّص qui signifie « être blessé par balle », un participe de la Ier forme مرصوص et un de la IIe forme مرصّص qui désignent l’homme blessé par une balle.
 

 

Le mot français « place » بلاص, donne une IIIe et une VIe forme régulières : يبالصني خويّ, mon frère me remplacera (d’où le participe مبالص, remplaçant et remplacé); 

 

بغاوا يتبالصوا على الخدمة, ils désirent permuter (ou se relayer) dans leur travail

 

 

 

 

 

§ 22. Enfin certains verbes, inusités à la première forme, en arabe usuel, donnent naissance à des formes dérivées régulières que l’on peut rattacher logiquement à d’autres mots tirés de la même racine. Ex. : 

 

 

La racine شان donne le mot شينة qui signifie mauvais procédé, mauvaise action, cause d’inimitié ; d’où la VIe forme تشاين qui veut dire « être en mauvais termes avec, se brouiller » (participe متشاين ) ; nous avons cité plus haut la IXe forme irrégulière de ce verbe : شيان, maigrir et enlaidir

 

 

La racine شرّ donne le mot شرّ qui désigne le mal sous tous ses aspects, d’où la VIe forme تشارّ qui veut dire « se faire réciproquement du mal » : تلقّوا و تشارّوا بالبارود , ils se sont rencontrés et se sont fait du mal à coups de fusil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’arabe Usuel Dans Le Sud Oranais – 1ère partie-

23032019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'arabe Usuel Dans Le Sud Oranais - 1ère partie-  dans Attributs d'Algérienneté 1547127101-s-l1600

Sud-Oranais – Campement de Nomades. ©Geiser

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nomade du sud oranais vit de l’existence que menaient déjà ses premiers aïeux et que nous ont retracée les fameux poètes antéislamiques. Il s’est borné à remplacer sa lance, son sabre et ses flèches, par de bonnes armes de guerre modernes. C’est dire qu’il se meut dans un cercle d’idées tout différent de celui auquel est habitué le paisible fellah du Tell, ou le commerçant des villes. En outre, il a subi, au cours de ses déplacements, l’influence de ses voisins berbères ou européens. De là, apport de mots nouveaux qui s’arabisent et s’incorporent à la langue originale, au point de figurer dans les écrits comme dans la conservation. 

C’est une tâche ardue que de bien mettre en lumière ces particularités, aussi nous bornerons-nous à présenter ici les quelques observations qu’on a pu faire en un séjour dans l’extrême-sud, sans prétendre épuiser un sujet aussi vaste. Elles paraîtront banales à tous ceux qui connaissent l’Oranie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’accent. Valeur Des Lettres. Particularités De Prononciation. 

 

 

 

 

 

 

§ 1. L’accent, comme dans tout le sud algérien, est plus guttural que dans le Tell; les lettres dentales sont prononcées avec plus d’emphase, les lettres douces ont une tendance à se confondre avec les lettres dures correspondantes, même dans l’écriture. 

Il y a confusion fréquente : 

 

 

1547127780-sans-titre dans Attributs d'Algérienneté

                 

 

C’est ainsi que l’on dit et écrit : 

 

 

1547127866-sans-titre

 

 

 

 

 

 

§ 2. Le ث, lorsqu’on veut le distinguer du ت se prononce toujours comme le th anglais dans les mots health et bath, il ne prend jamais la valeur d’un ts comme cela a lieu à Constantine. 
 

 

 

 

 

 

 

§ 3. Le ج. se prononce le plus souvent comme un simple j, ex. : ما جاوشي ils ne sont pas venus; prononcez ma jaouch

Il devient souvent ز comme cela se produit dans le Tell, c’est ainsi que l’on dit et écrit زيش au lieu de جيش ,

زوز au lieu de زوج etc. 
 

 

 

 

 

 

 

§ 4. Le ق ne conserve sa valeur propre que dans un certain nombre de mots tels que الحقّ , القهوة etc., que l’usage seul peut déterminer. Dans tous les autres mots il prend le son g dur. Il est alors représenté dans l’écriture : soit par un ج simple ou affecté de trois points diacritiques au-dessus ou en-dessous de la ligne چ  soit par un ك simple ou affecté de trois points ڭ plus rarement par un ڤ

 

Le mot Figuig peut donc s’écrire فجيج, فـﭼـﻳچ, فكيك, فڭيڭ,etc. 

 

 

Pour d’autres mots, l’orthographe est consacrée et varie rarement. Ex. : 

أولاد بلجيز   Oulad Belguiz                                

بني جيل      Beni-Guil 
واد جير      Oued Guir                                    

 آيت أزدك   Aït Izdeg, etc. 
 

 

 

 

 

1547129129-s-l1600

Figuig- Le Ksar Abidab en ruines, ALGERIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 § 5. Les métathèses sont fréquentes, ce qui, d’ailleurs, n’est point spécial au Sud oranais : 

 

 

1547127971-sans-titre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

§ 6. Le pronom affixe ه a rarement le son ou, ouh comme dans l’Est algérien, on le prononce آه c’est-à-dire êh ou ah selon les cas. Ex. : قلت له je lui ai dit (prononcez goult lêh); في داره dans sa maison (prononcez fi darah). 
 

 

 

 

 

 

 

§ 7. La particule ل suivie d’un pronom affixe est affectée d’un kesra dans la prononciation, sauf aux 2° et 3° personnes du masculin singulier. Ex. : جاب لك – جاب لي – جاب لهم – جاب لكم – جاب لنا – جاب لها – جاب له ; il m’a apporté, il t’a apporté, etc (prononcez jab liya, jab liha, etc.).

 

 

 

 

 

§ 8. Un certain nombre de mots sont habituellement abrégés dans la prononciation. Ex. : 

هذا devient ذا

هذيك et هذاك deviennent ذيك et ذاك

هكذاك devient كذاك, هكّاك et هاكّ. Ex. : ذا الرجل ها هو darrajel ha houa, l’homme que voici

 

شتّ ذيك المرأة cheutt (pour cheuft) dik elmra, j’ai vu cette femme-là;

 

ما نديروا شي ككذاك ma ndirouch kikdaknous ne procéderons pas ainsi;

 

ڤـال لك هاكّ gallek hakk, il t’a parlé ainsi? 
 

 

 

 

 

 

 

§ 9. S’il y a rapport d’annexion entre un mot tel que ڤـلتة dont l’avant-dernière lettre est un ت meftouha et la dernière un ة, et un autre mot quelconque, le ة disparaît dans 
la prononciation. On dit par exemple : ڤـلت العتروس , guelt el’atrous, la mare du bouc, et non ڤـلتة العتروس, gueltet el ‘atrous
 

 

 

 

 

 

 

 § 10. Quand on énonce un nombre de jours de quatre à dix inclus, le ة qui termine le nom de nombre se transforme en ت (meftouha) dans la prononciation. 

Le nombre six fait exception à cette règle en vertu de la remarque précédente (suppression du ة). Il en est de même, par analogie, du nombre trois. Pour dire « un jour, deux jours, etc. » on dira donc :نهارين, نهار ou يومين

, ثلاث ايّام (prononcez ثلثيّام)

, اربعت آيّام,

خمست آيّام,

ستّ آيّام

ثمانت ايّام, etc.

 

 

 

 

 

 

 

§ 11. On sait que, de onze à dix-neuf, les noms de nombres sont des mots composés dont la traduction exacte serait un-dix, deux-dix, etc., à l’inverse des mots français dix-sept, dix-huit et dix-neuf. 

Il y a trois observations à faire en ce qui concerne la prononciation de ces noms de nombres dans l’extrême-sud, car elle diffère sensiblement de celle du Tell : 
1° Le ع initial du mot عشر se fait nettement sentir, avec une certaine emphase, dans la prononciation, tandis que le ر final est supprimé. On dira donc : 

(حداعش (احد عشر

 (ثناعش (اثنا عشر, etc. 
 

2° A partir de quatorze, le ة qui termine la première partie du mot composé se change en ط devant le ع ce qui donne : اربعطعش, خمسطعش, etc. 

Le nombre seize offre une particularité du même genre que celle signalée pour le mot six : le ة est supprimé et le تّ devient ط d’où le mot سطّعش  

Le mot treize est formé de la même façon, par analogie, mais c’est alors le ث qui se change en ط, on dit ثلطعش .

 

 

3° Enfin on place toujours un ن euphonique entre le nom de nombre et celui de l’objet dénombré, on dira donc : ثلطعشن ترّاس, treize hommes
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 




Le Dira et le Djurjura

19032019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Dira et le Djurjura dans Attributs d'Algérienneté 1546176162-36598-le-djurdjura

Le Djurdjura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’ex département d’Alger les montagnes du Dira et du Djurjura ont inspiré les vers suivants aux habitants de la région :

 

 

 

 

 

ذراع و الجرجرة اطويى

يتعندوا على الوهدان

ذراع تقول يبقى ساعة

الجرجرة تقول يبقى العام

 

 

 

 

 

Le Dira et le Djurjura, tous deux [voisins]

Se défient au sujet de la neige.

 

 

Le Dira clame : La neige dure [une heure] ;
Le Djurjura riposte : Elle dure [un an].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Djebel Dira est un massif montagneux d’Algérie, de 50 km environ de long de l’Est à l’Ouest et de 30 environ d’épaisseur du Nord au Sud. Son piton central, au Sud de Sour el Ghozlane (anc. Aumale), atteint 1689 m au-dessus du niveau de la mer; à près de 2 km à l’Ouest de celui-ci, le Hadjirat el Heddiane culmine à 1767 m.
 

 

Les flancs du massif sont couverts de chênes et arrosés par de nombreuses sources; aussi, malgré la rigueur du froid et l’abondance de neiges en hiver, on y élève de nombreux troupeaux.
 

 

 

On y raconte que jadis, au temps des Romains, les vaches donnaient une si grande quantité de lait qu’on en remplissait d’immenses réservoirs, d’où par des conduits il coulait en ruisseaux vers le pied de la montagne. On a trouvé près de Sour el Ghozlane une inscription au génie de cette montagne, genio montis Pastorianonsis, protégeant la ville contre les ouragans (contre le sirocco).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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