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Cuivre pour or

28042017

 

 

 

 

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Paire de bracelets de cheville en or à tête de serpents /  Constantine 19e  siècle

 

 

 

 

 

 

On raconte qu’El-Hadj El-Habib ben Abed Mebkhoula, caïd de la tribu des Hammans, cercle de Mécheria; donna une forte somme à un bijoutier juif pour lui faire une paire de gros khalkhals et chargea l’un de ses serviteurs de surveiller attentivement cette opération. L’Arabe emportait l’or chaque soir et le rapportait le lendemain matin au bijoutier. Lorsque le juif eut presque achevé son travailet n’avait plus qu’à fourbir le bijou pour lui donner plus de lustre, il fit en cachette des khalkhals en cuivre; qu’il apporta et déposa dans la cuve pleine d’eau sale destinée au refroidissement des bijoux. Le jour de la remise de la paire de khalkhals étant arrivé, le juif affecta de lui donner les plus grands soins: il plongea les bijoux d’or dans la cuve, en retira les khalkhals de cuivre, qu’il nettoya et remit à son client.

 

 

L’Arabe partit joyeux; mais l’idée lui étant venue de montrer la paire de khalkhals à un connaisseur, il apprit avec stupéfaction qu’il avait reçu des objets de cuivre, absolument semblables extérieurement. Il requit alors un agent de la force publique pour arrêter le juif, qui fut trouvé détenteur des bijoux truqués. Il avait, paraît-il, l’habitude de ces délicates substitutions.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Timechekerrit : coutume guerrière kabyle

24042017

 

 

 

 

Les Kabyles suivaient dans leurs guerres, une coutume qui était d’un usage fréquent, c’est ce qu’ils appellaient le Timechekerrit.

 

Au moment de la réunion générale où l’on décide la guerre, les tribus ou les villages se lancent les uns aux autres des défis de prouesse ; ce sont généralement les tribus séparées par de longues inimitiés qui, réunies pour une même cause, veulent rester rivales dans la lutte contre l’ennemi commun et font ainsi tourner leur rivalité au profit du bien public. Cette coutume est suivie aussi bien dans les guerres de tribu à tribu que dans les guerres contre un étranger. Tantôt, chaque tribu rivale défend une portion de retranchement et celle qui lâche pied la première est déshonorée ; tantôt on indique le point où il faudra arriver, après avoir culbuté l’ennemi, pour avoir les honneurs de la journée.

 

Les Kabyles mettaient un extrême amour-propre dans ces défis, les meddahs chantent la gloire du vainqueur et la honte du vaincu et leurs récits rimés se transmettaient de génération en génération.

 

   

 

 

 

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 Gravure Algérie 1856. Expédition de KABYLIE : 16 septembre à MAHALET RAMDAM. 24 septembre chez les BENI KOUFFI

 

 

 

 

 

 

 

 

Les exemples qu’on pourrait signaler sont nombreux, nous citerons seulement le combat livré le 17 mai 1844, dans les Flissat ou Millil, par le maréchal Bugeaud, où toutes les tribus kabyles avaient envoyé leurs contingents ; l’attaque des Beni Iraten, le 24 mai 1857, où les fractions d’Irdjen et d’Ait Akerma rivalisèrent de ténacité dans des retranchements établis entre Tamazirt et Adeni; les combats d’Icheriden du 24 juin 1857 et du 24 juin 1871, qui peuvent compter parmi les plus sanglants livrés par le colonisateur  aux Kabyles.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La langue franque (La lingua Franca)

20042017

 

 

 

 

Sur une grande partie des pourtours méditerranéens, dont les côtes de l’Italie, de la France, de l’Espagne et du Maghreb, la lingua franca fut en usage, durant tout le Moyen Âge, l’époque classique, et jusqu’au début du XIXe siècle, dans les relations commerciales, politiques, diplomatiques ou guerrières qu’eurent avec les européens les souverains d’Alger et de Tunis, ainsi que les marchands et voyageurs, militaires et marins. La dynamique de ces rapports assez instables, et sans doute aussi le caractère coloré et pittoresque d’un subir où se mélangeant des mots d’origines hétéroclites (surtout italiens mais aussi provençaux, catalans, castillans, français, grecs, turcs et arabes) firent de la lingua franca un sujet de fantaisies littéraires.   

 

 

 

 

 

La langue franque (La lingua Franca)  dans Attributs d'Algérienneté 1490291997-237-001-1 

 

 

 

 

La lingua Franca que l’on parlait à Alger et qu’on l’appelait aussi le Petit Mauresque tient beaucoup à l’espagnol, employée par les habitants des villes maritimes. Cet idiome n’a ni orthographe, ni règle grammaticales bien établies ; il diffère même sur plusieurs points suivant les villes où il est parlé. Les verbes s’emploient constamment à l’infinitif, il n’y pas même les inversions des pronoms, qui en français donnent à une phrase le caractère interrogatif, en sorte que lorsque l’on parle d’une action on est embarrassé pour savoir si c’est d’un acte consommé ou d’une acte à faire , ou même si on demande ce qui a été fait relativement à cet acte; ainsi 

 

 

ti andar passegiar veut tout aussi bien dire tu es allé te promenerque vas-tu te promener? Es-tu allé te promener? Ou enfin iras-tu te promener? 

 

mi crumpar cavalloj’ai acheté un cheval, J’achèterai un chevalachèterai-je un cheval? 

 

Remarquez bien encore qu’on ne distingue pas les nombres, ainsi cette phrase se dit tout aussi bien s’il est question d’un cheval que si on veut parler de plusieurs chevaux, et à moins que l’on ne dise si l’on a dans sa pensée deux, trois, quatre chevaux, on ne sait pas. Si celui qui parle entend exprimer par sa pensée un cheval ou plusieurs chevaux.

 

Ce n’est rien que tout cela encore, mais presque tous les mots tirés des diverses langues sont défigurés principalement dans leurs terminaisons, et au milieu de ce galimatias se trouvent d’innombrables barbarismes, des mots traduits à la volonté de celui qui parle ; ainsi 

mi voulir facir sella al cavalloje veux faire une selle de chevalvoulir et facir se comprennent, mais d’où viennent-ils?  Et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que cette phrase qui peut se prendre comme la précédente dans le temps passé ou futur, ou dans le sens interrogatif, s’emploie dans les mêmes expressions et pourrait s’entendre sous les mêmes modifications, s’il était question de mettre la selle à un cheval comme de faire une selle de cheval. 

 

La pauvreté de ce langage se fait sentir à chaque instant; bono est le grand mot qui vient à chaque instant, bono vent dire bon , mais il veut dire aussi bonnement, bien , il exprime de plus le sens des adjectifs, solide, propre , sage , beau, joli et tous ceux qui ont un sens laudatif; la casa bono est à votre choix la maison solide, ou belle, ou propre, ou commodeune bonne terre est terra bono, mais la terre médiocre est poco bono , la meilleure est mucho bono et la terre mauvaise est non bono, car il n’y a pas d’autre moyen pour exprimer la qualité de ce qui est mauvais; ainsi qui sait bono connaît la moitié de la langue, et lorsque Figaro croyait savoir parler anglais parce qu’il disait goddem, le premier venu connaît à plus forte raison la langue franque , lorsqu’il sait dire bono et non bono

 

 

 

On a cherché à découvrir l’origine de cet étrange baragouin , et on a pensé qu’il avait pris naissance parmi ceux que les corsaires retenaient esclaves à Alger; ces prisonniers appartenaient principalement à l’Espagne , à l’Italie et à la Provence , et chacun d’eux éprouvant le besoin de se faire entendre de ses compagnons d’infortune , apportait le tribut de son idiome, qu’il tâchait de mettre à portée de son interlocuteur, à qui il cherchait à faire adopter quelques-unes de ses expressions , en s’efforçant de comprendre et d’employer les siennes. Les maîtres de ces infortunés, ceux qui avaient sous leurs ordres les captifs appartenant à l’état, étaient dans la nécessité d’apprendre à parler comme eux, autant pour les entendre que pour se faire entendre d’eux. Les Corsaires, qui étaient nombreux à Alger, tant parmi les Maures que parmi les Turcs, avaient également besoin, ainsi que leurs équipages , de connaître ce langage , et quelques navires marchands d’Alger qui fréquentaient les ports de Marseille , Gènes , Livourne, Naples, Barcelone , Carthage, Manon et autres, en rapportaient toujours quelques mots qui s’entremêlaient confusément sans qu’aucune méthode intervînt pour en régulariser l’usage ; mais l’Espagnol y domine, et de toutes les langues de l’Europe, c’est celle avec laquelle on est le plus généralement compris. Cependant c’est avec cette façon de parler que les Européens arrivés à Alger, depuis la domination française, ont pu se faire entendre des Maures et des juifs; plus ou moins, les indigènes en comprennent tous quelques mots, les juifs surtout en font un usage fréquent ainsi que les kabyles qui sont nombreux dans la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sour Kelmitou

16042017

 

 

 

 

Sour Kelmitou dans Attributs d'Algérienneté ca27_sour_05

 

  

 

 

Ville en ruines dans le pays des Medjehar, au nord-nord-est de Mostaganem.

Le docteur Shaw croit que ce sont les restes de Lar-Castellum de l’itinéraire d’Antonin. Les habitants du pays prétendent que du temps des guerres des Moulouk-el-Arab (princes arabes), cette ville fut prise d’assaut, détruite, et que tous les habitants furent passés au fil de l’épée; de là le nom que portent maintenant ces ruines:

سور كل موتى  Sour-Koul-Mouta, كل ميتو Koul-Mitou : 

Sour : rempart; et koul-mouta , koul-mitou, tous morts.

 

Il y avait  aux environs une source d’eau excellente, et un bois magnifique d’oliviers et d’amandiers.

 

 

 

 

 

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L’année de la guerre feinte

12042017

 

 

 

 

Sous le règne de Hassen-Bou-Hanek bey de Constantine (1736), il se passa un fait qui mérite d’être rapporté et qui a fait époque dans l’histoire de ce temps, puisque c’est de lui qu’est venu le dicton : L’année de la guerre feinteCe fait, le voici:

 

 

Des dissentiments s’étaient élevés entre le pacha d’Alger, alors régnant, et le bachagha préposé à l’administration des affaires arabes. Comme ce dernier jouissait d’une influence considérable, le pacha, n’osant le faire périr ouvertement, résolut, pour se débarrasser de lui, d’employer la ruse, et voici la supercherie qu’il imagina.

 

Il le fit appeler et lui dit d’un ton confidentiel et avec un air de sincérité feinte : « Le pacha de Tunis s’est déclaré notre ennemi et refuse de remplir les engagements contractés envers nous. Vous allez vous rendre auprès du bey de Constantine pour mettre, de concert avec lui, une armée sur pied, et vous envahirez le territoire tunisien. Si, en présence de cette démonstration, le pacha effrayé consent à se libérer de ses  obligations, votre but sera atteint et vous n’irez pas plus loin. Si, au contraire, il résiste, vous poursuivrez  votre marche sur la capitale, et vous attendrez là les renforts en troupes et en munitions de guerre que je vous enverrai. »

 

Le bachagha, prenant au sérieux la mission qui venait de lui être confiée, se hâta de quitter Alger, croyant courir à sa gloire, tandis qu’il courait à sa perte.

 

 

 

En effet, le pacha d’Alger faisait en même temps parvenir au bey Bou-Hanek une dépêche secrète ainsi conçue : « Le bachagha, par ses intrigues et ses menées,  s’est rendu coupable de trahison envers nous. Ne pouvant le condamner à mort publiquement, nous l’avons chargé d’une mission à entreprendre contre la régence de Tunis. Quand il arrivera auprès de vous, vous exécuterez ses ordres et vous vous hâterez de vous mettre en campagne. Mais lorsque vous serez en route, faites-le périr secrètement et ensevelissez son corps sous terre. Cela fait, vous reviendrez sur vos pas et abandonnerez cette expédition. »

 

 

 

Quand le bachagha arriva à Constantine, le bey, conformément aux instructions qu’il avait reçues, s’empressa d’obtempérer à ses ordres. Il rassembla à la hâte tout ce qu’il avait de forces en cavalerie et en infanterie, et dés que la colonne fut prête, les deux chefs quittèrent la ville. On se mit en marche; mais après quelques jours de route, le bey, trompant la confiance de son collègue, lui fit avaler un breuvage empoisonné qui lui brûla les entrailles, et le lendemain il se réveillait dans la tombe. Le bey, ayant rempli le but de sa mission, rentra à Constantine, satisfait sans doute d’avoir si bien servi les ordres de son maître.

 

 

 

Il faut convenir que cette action n’est guère à la louange du bey Bou-Hanek, pas plus qu’à celle du pacha, son suzerain; et c’est, cependant, le seul fait que l’historien El-Anteri* ait cru devoir rapporter dans les quelques pages qu’il consacre à ce prince. Du reste, pas une réflexion, pas une parole de blâme à ce sujet, tant il semble que la trahison, sous le gouvernement turc, fut chose ordinaire et passée dans les mœurs publiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: Sid Salah-ben-el-Anteri : auteur arabe du premier Essai d’une histoire de Constantine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Quelques suffixes de l’ancien argot algérois

8042017

 

 

 

 

Quelques suffixes de l’ancien argot algérois dans Attributs d'Algérienneté 1489819071-2097965954-8a39bd2420-z

Une rue de la Casbah/ Alger 1900

 

 

 

 

L’examen des différents suffixes de l’argot algérois est particulièrement instructif. Les uns appartiennent à la langue ancienne, les autres (ce sont les plus nombreux) sont familiers aux dialectes ou aux langues étrangères. Tels sont :

 

 

 

  • I/- le ‘a’ : Etant donné qu’en principe sont féminins par la forme les noms terminés par  -a-, on a généralisé cette règle à toutes sortes de mots qui présentent une désinence féminine et conservent le sens masculin :

 

Exemple :

 

 

Al- ɛawǧa : « le tordu »

k-kahlucha : « de teint bronzé »

habbula : « fou »

 

 

 

 

 

  • II/- le ‘o’ : D’origine apparemment dialectale, cette désinence affecte des adjectifs.

 

 

Exemple :

 

 

Twello : « 1° long, 2° de haute taille »

Krimo : « généreux ». Cet adjectif est utilisé aussi comme prénom, diminutif de « Abdu l-Karim ».

Qsero : « court, de petite taille ».

Khsino : « 1° épais, 2° grossier »

ɛredo : « large »

ɛ’liyo : « haut »

 

 

 

 

 

  • III/- Le ‘an’ : Il forme toutes sortes de mots d’origine diverses :

 

 

Exemple :

 

 

Dikhan : « étourdi » en face du mot courant « dayekh »

Kherguan : « sortant » id               « khareg »

Cherban : « saoul »  id                « chareb »

ɛawgean : « tordu » id                  « ɛweg »

kechfan : « qui fait découvrir » id      « kachef »

chiban : « vieillard » id                « chayeb »

 

 

et aussi : 

 

 

mokhnan : « morveux »

kaɛwan : « qui a les jambes torses »

 

 

 

 

 

  • IV/- le ‘gi’ : On sait qu’il s’agit d’un suffixe de noms de métiers emprunté au turc. Mais ce qui est véritablement intéressant, c’est qu’ici il se trouve appliqué à une quantité considérable de mots qui ne se rencontrent ni dans l’usage, ni dans les textes. Ainsi on connait :

  

 

 

Bočakgi : « voleur à la tire »

Čaqmaqgi : « armurier »

Halicagi : « confiseur »

Hammamgi : « patron de bain maure »

Fakhargi : « potier »

Gmargi : « 1° douanier, 2° collecteur de taxes sur les marchés »

 

 

Mais il est assez surprenant de trouver :

 

 

ɛawwaggi : « hurleur » < ɛawweg « hurler »

Maɛfongi : « sale, malpropre »  <maɛfon, même sens.

Mokhnangi : « morveux » < mokhnan, même sens.

Qawwadgi : « entremetteur » < qwwad, même sens.

Cheffargi : « chapardeur » < cheffar « voleur ».

Čaqlalgi : « qui parle bruyamment ».

 

 

 

 

 

  • V/- le ‘ani’ : Cette forme ne caractérise pas seulement les adjectifs « exprimant spécialement une situation dans le temps et l’espace », mais on la rencontre aussi dans beaucoup d’autres épithètes qui désignent des phénomènes très diverses :

 

 

Exemple :

 

 

Chiban : « qui a les cheveux blancs ».

Zogeani : « qui est propre au mari ».

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Si-Mohammed-Esnoussi, l’intrépide chasseur (fin du 18ème – début du 19ème siècle)

4042017

 

 

 

 

Si-Mohammed-Esnoussi, l’intrépide chasseur (fin du 18ème – début du 19ème siècle) dans Attributs d'Algérienneté 1488119200-souk-ahras

Arabes de Souk Ahras  avec un lion

 

 

 

Quelques hommes entreprennent contre le lion une chasse aventureuse et héroïque, rappelant les prouesses chevaleresques. Voici comment, à son dire, s’y prenait Si-Mohammed-Esnoussi, homme d’une véracité reconnue, qui habitait le Djebel Guezoul, auprès de Tiaret.

 

« Je montais sur un bon cheval, c’est Mohammed lui-même qui parle, et je me rendais à la forêt pendant une nuit où brillait la lune. J’étais bon tireur alors, jamais ma balle ne tombait à terre. Je me mettais à crier plusieurs fois : Ataïah ! Le lion sortait et se dirigeait vers l’endroit d’où partait le cri et je tirais aussitôt sur lui. Souvent un même fourré renfermait plusieurs lions qui se présentaient à la fois. Si une de ces bêtes m’approchait par derrière, je tournais la tête et je visais par-dessus la croupe de mon cheval ; puis dans la crainte d’avoir manqué, je parlais au galop. Si j’étais attaqué par-devant, je détournais mon cheval et recommençais la même manœuvre. »

 

 

Les gens du pays affirment que le nombre des lions tués par Mohammed-ben-Esnoussi atteignait presque la centaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les six Andalous

31032017

 

 

 

 

Les six Andalous   dans Attributs d'Algérienneté

Tlemcen – Marabout au cimetière arabe

 

 

 

 

 

L’Espagne, à l’époque de l’expulsion des musulmans, envoya en Afrique six marabouts en grand honneur dans le pays, où ils sont connus sous le nom des six Andalous ; ce sont:

 

 

* Sidi-Mohammed-ben-Mimoun dont la quobba existe encore dans le pays des Oulad-bou-Rhama. Il était originaire de Séville.

 

 

* Sidi-Soliman-bou-Rebitiheu, originaire de Malaga. Il-est enterré chez les Oulad-Khelouf, sur le bord de la mer.

 

 

* Sidi-bou-Meddin-er-Roussi de Séville.

 

 

* Sidi-Mançour, enterré près d’Alger, natif de Cordoue.

 

 

* Sidi-Mohammed-ben-Mellouk, enterré dans la petite ville d’Oujda, sur la frontière du Maroc. Sidi-Mohammed était né à Cordoue. Sa quobba est encore fréquentée par un grand nombre de fidèles. Au moment où l’on construisait son tombeau, une fontaine jaillit du milieu des fondations. Le petit ruisseau d’Oujda est alimenté par cette source.

 

 

 

* Sidi-Mazouz d’Almerie, se sentant près de mourir dans un pays qui devait devenir la proie des infidèles, dit à son domestique : «Quand je serai mort, charge-moi sur ma mule, et enterre» moi là où elle s’arrêtera.» Le domestique exécuta les ordres de son maître. Le corps de Sidi-Mazouz fut chargé sur la mule, laquelle se mit aussitôt en route et se dirigea sur le bord de la mer ; arrivée là, elle s’avança sur les flots comme si c’eût été une terre ferme. Dieu avait permis un miracle pour manifester la sainteté de son serviteur. La mule marchant ainsi sur l’eau, arriva jusqu’aux environs de Mostaganem, où elle mourut. Les habitants de cette ville ayant appris toutes les circonstances de ce fait miraculeux, firent construire une belle quobba, dans laquelle est enterré le saint avec sa mule. Ils changèrent le nom de cet homme, pour la glorification duquel Dieu avait fait ainsi éclater sa puissance, en celui de Sidi-Mazouz, qui signifie chéri de Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les feux d’El-’Ansela

27032017

 

 

 

 

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Quand on parcourait l’Algérie d’antan pendant les jours caniculaires, on apercevait, sortant du fond des ravins, sur le penchant des collines et au sommet des montagnes, des colonnes de fumée épaisse s’élevant majestueusement dans les airs : ce sont les feux d’El-’Ansela. C’est un usage ancien, maintenu par la tradition:

 

 

Il y a des siècles, un pacha prodigue régnait à Alger; il avait la main creuse et affamée, comme disent les Arabes, et tous les revenus de la régence ne pouvaient suffire à satisfaire ses désirs; il était l’esclave de la belle ‘Ansela, plus parfaite en beauté que la liliacée dont elle portait le nom.

 

Après avoir mangé achour sur zekikat et h’okor sur lezma, le pacha, à bout de ressources, en était arrivé, pour avoir de l’argent, à affermer ses impôts à un juif qui se mit à tondre le bon peuple.

 

Le bon peuple murmura, ainsi que cela lui arrive quelquefois lorsqu’il est de trop près tondu.

 

Cheloumou, c’était le nom du juif, absorba ainsi toutes les ressources de la régence, et lorsqu’il n’y eut plus rien à prendre, il serra les cordons de sa bourse, et les coffres du pacha restèrent à sec.

 

- Mon bon Cheloumou, disait le pacha, donne moi dix mille dinars, et je te livre toutes les tribus de Tittery.

- Non, non, disait le juif, Tittery , gens ruinés.

- Mon bon Cheloumou, donne-moi dix mille dinars, et je te donnerai tous les chrétiens du bagne.

- Mauvaise marchandise qu’il faut nourrir.

 -Excellent Cheloumou, donne six mille dinars, et je te laisse prendre ce que tu voudras.

- Pacha, disait le juif, on ne saurait remplir sa cruche à la source tarie.

- Par Allah! dit le pacha, je suis trop bon! Je vais te faire couper le cou, et je confisquerai à mon profit toute ta fortune.

- Si vous faites cela, le sultan de Stamboul sera bien content.

- Et pourquoi cela?

- Parce que je lui ai légué toutes les sommes que vous me devez.

 

A ces paroles, le pacha fut atterré, il frémit à l’idée d’avoir à rembourser au sultan tout ce qu’il devait au juif.

 

-Ce bon Cheloumou, dit-il, il n’est pas possible de se fâcher avec lui. Voyons, mon ami, il me faut au moins quatre mille dinars; dis-moi ce que tu désires pour m’avancer cette somme.

- Pacha, dit le juif, j’ai un désir.

- Parle, excellent Cheloumou.

- Mais j’ai peur d’être trop exigeant.

- N’aie pas peur, mon bon Cheloumou.

- Eh! bien, pacha, si vous voulez me céder la belle ‘Ansela, je raclerai mes coffres et je vous donnerai les dix mille dinars.

 

Le jaune de l’indignation envahit la joue du pacha, mais il se contint : il avait tant besoin de dix mille dinars! Il réfléchit un instant, puis ayant calculé que la princesse ‘Ansela lui coûtait fort cher à entretenir, il céda par esprit d’économie.

Cheloumou donna les dix mille dinars, et emmena la belle princesse.

A cette nouvelle ignominie du souverain, le peuple ne put contenir son indignation; il se révolta et pendit au même gibet sultan et juif.

Quant à la belle ‘Ansela, elle fut proclamée sultana.

Cette expiation eut lieu le quatrième jour des Smaïm, jours caniculaires.

Les impuretés que renfermaient les corps des deux coupables infestèrent l’air et faillirent donner la peste; pour purifier l’atmosphère, la population alluma de grands feux de plantes aromatiques sur la fosse des maudits (mena’oulinn.)

Et depuis cette époque on allume les feux d’Ansela pendant les jours caniculaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




EL- OULAD SIDI-HADJERES

23032017

 

 

 

 

 

Quoique ces mots indiquent le nom des habitants d’une tribu arabe de l’annexe du Sidi-Aïssa, du cercle de Boussaâda, ils sont synonymes aux yeux de la population locale et des entrepreneurs de travaux publics de « casseurs de pierres ».

 

La tribu des Oulad-Sidi-Hadjerès est située au Sud -Est d’Aumale entre cette ville et Msila, sur la limite du département de Constantine. Son territoire se trouve complètement dans le bassin du Hodna et a déjà l’aspect désolé du Sud Algérien ; le terrain est plat, sujet en été au mirage ; la végétation devient rare, quelques pieds de guettaf ou de Tagouf constituent toute la flore du pays. 

 

Au point de vue hydrologique, il n’est pas plus favorisé et ne comporte que quelques petits ruisseaux absolument secs en été, et de rares sources donnant un filet d’eau chargée de principes magnésiens ; c’est ce qui fait que dès le printemps, des groupes de femmes, d’enfants et d’ânes, effectuent des trajets de plusieurs kilomètres pour remplir les outres de l’eau nécessaire à leur alimentation.

 

Il y a bien, dans les Oulad Sidi-Hadjerès, quelques terres de culture, mais leur qualité médiocre, leur peu d’étendue permettent tout juste aux propriétaires de vivre lorsque la récolte est bonne.

 

Aussi les habitants de cette tribu ayan eu à supporter successivement la fameuse invasion de sauterelles en 1866 et la famine de 1867, durent-ils s’expatrier afin de se procurer un travail leur permettant de vivre.

 

 

  

 

 

EL- OULAD SIDI-HADJERES  dans Attributs d'Algérienneté phoca_thumb_l_0000001-401

 

 

 

 

 

Ils quittèrent en 1867-1868 leur ingrat pays. Leurs aptitudes ne leur permettant pas de se montrer difficiles sous le rapport de la profession, et des chantiers de charité ayant alors été organisés en vue de secourir les populations atteintes par la misère, les Hedjerès se mirent tous à la besogne, hommes, femmes, enfants, sur les divers chemins de l’Algérie où l’autorité avait installé les dits chantiers ; ils réussirent ainsi à traverser la rude épreuve de la famine et revinrent, deux ou trois ans après, dans leur pays d’origine.

 

C’est à cette circonstance que les Oulad Sidi-Hadjerès doivent leur particularité de casseurs de pierres. En effet, depuis l’exode général provoqué par la famine, les habitants de cette tribu ont continué et continuent de la quitter chaque année pour aller travailler sur les routes. C’est maintenant chez eux une tradition; ils font leur tour d’Algérie, comme les Limousins font leur tour de France. Il y a cependant cette différence, c’est qu’ils ne peuvent se perfectionner dans leur métier, la pierre se cassant partout de la même façon.

 

Les Oulad-Sidi-Hadjerès partent tous les ans de leur pays en automne et y rentrent au moment des récoltes, six ou huit mois après. Ils circulent par groupes de vingt, trente, quarante familles, principalement dans les départements d’Alger et de Constantine, à la recherche des travaux d’empierrement ; quelques groupes se rendent parfois jusqu’en Tunisie.

 

 

 

 

 

 

 dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

 

Leur vie errante les a familiarisés avec les routes et les localités où se trouvent les entrepreneurs. Dès qu’une adjudication pour la construction d’un chemin de fer a eu lieu, les deux ou trois chefs d’un groupe se présentent à l’adjudicataire et lui offrent de fournir la pierre cassée qui lui est nécessaire. Ils savent le rabais qui a été consenti par l’adjudicataire et basent leurs offres d’après ce rabais.

 

Aussitôt qu’il y a eu entente entre l’entrepreneur et les tacherons des Oulad-Sidi-Hadjerès, ces derniers amènent leurs familles sur les points où le travail doit s’effectuer ; c’est alors un bien curieux spectacle de voir l’arrivée des casseurs de pierres : en tête se trouvent les enfants de tout âge des deux sexes, en guenilles, juchés sur les ânes qui portent aussi les biout (tentes), puis après, viennent les femmes dans leur costume ample, poussant devant elles d’autres ânes chargés du matériel de cuisine et des provisions, et enfin, en queue, se tiennent les hommes dont deux ou trois seulement sont à cheval ; quelques vilains chiens aux longs poils, hargneux et maigres, suivent la caravane.

 

Dès qu’ils sont arrivés sur le chantier, les Hedjarès installent leur campement, les tentes noires et enfumées sont dressées, les vieilles nattes en alfa sont étendues, les nombreux ânes sont entravés étroitement par les pattes de devant et les femmes se mettent en devoir de faire la cuisine dans les bourma (marmites) crasseuses.

 

Le lendemain, les hommes vont à droite et à gauche des travaux de terrassements et reconnaissent les points où la pierre pourra être extraite. Il ne s’agit pas cependant de travaux effectués à la barre à mine, à la pince, comme se fait; les Hedjarès se bornent à ramasser les pierres qui se trouvent dans les champs, et pour cela tous les enfants de la bande sont employés. Ils emplissent de pierres les chouara (paniers en alfa doubles) des ânes et viennent les déposer en petits tas sur le côté droit ou gauche de la route.

 

Quand la pierre ainsi apportée est en suffisante quantité, c’est au tour des hommes et des femmes à travailler. Armés de la massette traditionnelle, tous, à coups répétés, cassent les pierres en morceaux susceptibles de passer par l’anneau réglementaire de sept centimètres, puis la pierre est mise-en longs cordons et est ensuite reçue et mesurée par les services des ponts- et-chaussées ou de la voirie départementale.

 

L’enlèvement des pierres des terrains avoisinants, occasionne bien quelquefois des réclamations de la part de propriétaires grincheux, mais ordinairement ils sont pour la plupart enchantés de voir leurs terrains nettoyés sans bourse délier.

 

Les Hedjarès, pendant l’exécution de leur traité avec l’entrepreneur, se font délivrer des avances au fur et à mesure des fournitures faites, puis, à l’expiration des travaux, ils règlent définitivement avec l’entrepreneur et retournent dans leur pays, emportant le montant des bénéfices qu’ils ont pu réaliser pendant leur absence.

 

Durant leur séjour le long des routes, il y a bien quelques larcins qui se produisent ; des moutons disparaissent souvent des troupeaux des propriétaires voisins, mais les casseurs de pierres sont si adroits voleurs et puis la viande est engloutie avec tant de facilité par les nombreuses et solides mâchoires de la bande, qu’il est impossible de découvrir les traces du vol !

 

Vers la fin du XIXe –début du XXe siècle les Oulad-Sidi Hadjerès ont à peu près accaparé le monopole de casseurs de pierres ; ils ont écarté, par la modicité des prix, tous les autres ouvriers ; il est vrai que ces derniers ne peuvent, en effet, lutter contre une association dont tous les membres, hommes, femmes, enfants, travaillent.

 

Cela peut paraître étrange qu’aune population arabe consente à laisser ainsi les femmes travailler publiquement à visage découvert, pourtant la chose est vraie.

 

Au métier de casseurs de pierres, les Oulad-Sidi Hadjerès ont appris à se «servir de la pioche (cheboune), de la pelle (mesha) de la massette (materga), ils discernent la bonne ou la mauvaise pierre et savent employer le mètre.

 

C’est à la misère de 1867 qu’ils doivent ces connaissances qui manquent tant aux autres. N’est-ce pas là le cas de dire : « A quelque chose malheur est bon ? »

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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