La Tribu de l’Oued Abdi (Aurès) – 1ère partie -

3 01 2021

 

 

 

 

 

 

La Tribu de l'Oued Abdi (Aurès) - 1ère partie - dans Attributs d'Algérienneté 201207100918681740

 

 

 

 

 

 

 

Historique

 

 

 

Les Oulad Abdi, à part quelques fractions créées par des étrangers alliés aux Berbères, sont aborigènes ; ils descendent des peuplades guerrières désignées par les auteurs latins et grecs sous le nom de Gétules ou Maures et Zenètes par les auteurs arabes. Le rôle important joué par ces peuplades dans les grandes guerres qui ont ensanglanté pendant des siècles le Nord de l’Afrique, a été longtemps laissé dans l’ombre.

 

Depuis la colonisation de l’Algérie, et grâce à de savantes recherches, on a pu mettre à jour des faits dont le souvenir était effacé par le temps.

 

Sous la domination de Carthage, ces peuplades vivaient dans l’indépendance absolue. Il est à présumer que quelques-unes d’entre elles se soumirent à l’autorité de cette république, mais que par suite même du système d’occupation en usage chez les Carthaginois, il leur était facile de s’y soustraire.

 

Les Libyens et les Gétules s’unirent pour renverser les Carthaginois. Après la chute de Carthage, Rome eut à lutter contre Jugurtha, roi numide descendant de Massinissa, qui avait levé le drapeau de l’indépendance et fait massacrer tous ses parents dévoués à la puissance romaine. Jugurtha trouva dans les Gétules de nombreux et précieux auxiliaires. Les Romains, contraints par les événements ou poussés par l’esprit de conquête, fondèrent une colonie dans le nord de l’Afrique.

 

Sous Tibère, leur marche progressive s’arrêtait à l’Aurès qui ne fut franchi que vers le commencement du IIe siècle, époque à laquelle ils se portèrent au-delà de Biskra, jusqu’aux bords de l’Oued Djedi.

 

Après la mort de César, il y eut un grand soulèvement des populations indigènes. Les gens de l’Aurès et plusieurs autres peuplades gétules parcoururent tout le territoire romain et le pillèrent.

On suppose que l’Aurès était la base d’opérations d’un de leurs chefs, Taiformas, qui soutint contre Rome une guerre acharnée.

 

C’est à la suite de ces soulèvements continuels que les Romains durent placer une légion à Lambèse. A cette époque, il est vrai que leurs possessions ne s’étendaient pas au-delà ; ce n’est que sous Trajan qu’ils portèrent leurs frontières jusqu’à Biskra.

 

Sous le règne d’Antonin le Pieux, vers l’an 145, le pays fut troublé par une révolte des Gétules, à laquelle prirent très probablement part les gens de l’Aurès. C’est en réprimant cette révolte que la VIe Légion, venue de Syrie pour renforcer la IIIe Légion placée à Lambèse, traça à travers le massif Aurasien, une route stratégique qui allait de Lambèse à Tehouda par le défilé de Tiraninime.

 

Une inscription, encore existante, fut gravée dans ce défilé en souvenir du passage de la Légion. L’Aurès fut dès lors occupé militairement ; une colonie Romaine s’installa sous Marc Aurèle et Veras ( 161 à 169), à Menaâ, sur l’Oued Abdi.

 

Depuis les guerres du Donastisme jusqu’à l’invasion des Vandales en 428, on ne relève rien de particulier en ce qui concerne l’Aurès.

 

Ces barbares vinrent en Afrique à la suite de rivalités entre le comte romain Boniface et le général Actius, sous le règne de Placidie, qui avait pris, avec le titre d’Augusta, toute l’autorité de l’Empire romain. Boniface les avait appelés à son aide, pour participer à la lutte contre l’armée romaine que Placidie avait envoyée en Afrique pour le châtier de son refus de se rendre à Rome sur son ordre.

 

Boniface avait promis à ses alliés de partager avec eux les possessions romaines du nord de l’Afrique, mais les Vandales après avoir vaincu les troupes impériales ne s’arrêtèrent pas aux limites fixées et, se retournant contre Boniface, le battirent à Guelma. Leur chef, Genséric, conclut ensuite avec Valentinien le traité d’Hippône qui cédait au roi Vandale la Mauritanie et la partie occidentale de la Numidie. En 439, Genséric rompit ce traité et, sans déclaration de guerre, s’empara de Carthage.

 

Les Romains étaient chassés de l’Afrique.

Les Maures apportèrent à Genséric un concours important et dévoué dans ses expéditions ; ils voyaient en lui un libérateur.

 

D’après les auteurs, l’Afrique jouit pendant un certain temps d’une paix relative, mais à l’avènement de Huneric, qui succéda à son père Genseric, les soulèvements recommencèrent et l’Aurès se déclara indépendant.

 

En 484, les Vandales battus en brèche par les indigènes et attaqués en même temps par les Byzantins qui cherchaient à reconquérir leurs anciennes possessions romaines d’Afrique, virant leur puissance tomber de jour en jour et, vers l’an 533, l’empereur Justinien leur porta le dernier coup.

 

Grâce aux succès nombreux des généraux Bélisaire et Salomon, Justinien put reconstituer les provinces romaines, mais après la disparition de Bélisaire, l’insurrection éclata. Un roi de l’Aurès, Yabdas, profita de cette perturbation pour aller avec ses troupes dévaster la Numidie.

 

Salomon dirigea avec insuccès une expédition pour châtier Yabdas (535). Cinq ans plus tard, il fit une tentative plus heureuse et la prise de Tumar (point non encore déterminé) lui permit de franchir les défilés de l’Aurès.

 

Les Byzantins purent exercer leur autorité sur tout le pays occupé autrefois par les Romains, mais les révoltes continuelles dues à la mauvaise administration des gouverneurs ne tardèrent pas à amener leur chûte. Le patrice Grégoire, après la mort de l’exarque Héraclus, s’empara du pouvoir, s’allia aux Maures et se déclara indépendant. Mais le règne de ce dernier ne dura pas longtemps.

 

Ayant voulu s’opposer à une incursion des Arabes, dans la Tripolitaine, il fut battu par ces derniers et l’Afrique devint une dépendance du Kalife. Son gouvernement fut confié à Okba ben Nafi qui, au retour d’une expédition dans le Maghreb, fut attaqué et mis à mort à Tehouda par des Berbères révoltés, à la tête desquels s’était placé un nommé Kocéila, dont l’autorité fut reconnue par les Berbères.

 

Dans une nouvelle expédition, où les Arabes prirent leur revanche, Kocéila fut tué à son tour par les Berbères dispersés, mais les vainqueurs ne profitèrent pas de leur victoire.

 

A dater de ce moment, l’anarchie la plus complète régna dans la Berberie. Les Arabes revinrent à la charge et les troupes byzantines réduites, regagnèrent Constantinople, abandonnant pour toujours leur colonie d’Afrique.

 

C’est à cette époque (697) qu’une femme d’une rare énergie fait son apparition. La Kahena, qu’on s’est plu à appeler la « Jeanne d’Arc berbère », originaire de l’Aurès, avait acquis une très grande influence sur toutes les populations aurasiennes.

On lui attribuait une grande puissance de divination.

 

A l’approche des Arabes, vainqueurs des Byzantins, La Kahena qui, à la mort de Kocéila s’était enfermée dans les montagnes de l’Aurès avec les débris de son armée, appela aux armes toutes les tribus, se porta à leur tête au-devant de l’ennemi et l’attaqua dans la plaine de la Meskiana. Après une lutte longue et sanglante, l’avantage resta du côté des Berbères.

 

A la suite de cette victoire, l’autorité de La Kahena devint prépondérante dans le Maghreb, mais par crainte d’une nouvelle invasion, la reine de l’Aurès prit des mesures qui n’étaient pas faites pour lui concilier les sympathies des populations.

 

Elle dévasta la contrée que pouvait parcourir l’ennemi, ruinant ainsi un grand nombre de propriétaires dont la patriotisme n’allait pas jusque là. Aussi, quand six ans plus tard les Arabes reparurent pour recommencer leur conquête, La Kahena ne réussit à mettre sur pied qu’un très faible contingent de partisans. Trahie par un jeune arabe nommé Khaled, qu’elle avait adopté, elle succomba après une lutte acharnée. On suppose que ce dernier combat pour l’indépendance berbère, eut lieu dans l’Aurès. Les tribus indigènes de l’Est firent leur soumission et aidèrent les Arabes à achever leur conquête.

 

Les Turcs n’ont jamais occupé militairement l’Oued Abdi ; ils n’ont fait que traverser la tribu pour se rendre à Biskra.

 

De tous temps l’Aurès fut le refuge des insoumis. Après la prise de Constantine, Ahmed Bey vint s’y installer; l’ancien khalifa de l’émir Abdel-Kader, Si Ahmed bel Hadj, vint également s’y cacher.

 

Lorsqu’en 1837, les Français prirent Constantine, la tribu des Oulad Abdi était divisée en deux cheikats, sous l’autorité d’un des membres de la grande famille des Oulad Belkassem des Achèches, Mohammed ben El Arbi. Ce fut lui qui envoya son fils Taïeb faire sa soumission au général de Négrier.

 

Mohammed ben El Arbi, d’un âge déjà très avancé, n’avait plus l’énergie nécessaire pour faire respecter son autorité.

 

Le Gouvernement français profita d’un voyage de Si Mohammed ben El Arbi à la Mecque pour démembrer le commandement de l’Aurès et former plusieurs caïdats qui furent donnés aux membres de sa famille. Si M’Ahmed bel Abbès fut nommé caïd des Oulad Abdi et des Ouled Zian.

 

En 1845, une colonne commandée par le colonel Bedeau parcourut tout le massif de l’Aurès pour le soumettre, entra par Foum Toub dans la vallée de l’Oued Taga ; elle remonta cette rivière, passa par la vallée de l’Oued Abdi, brûla les villages de Haïdous et de Teniet El Abed qui donnaient asile, depuis 1837, à Ahmed Bey. La colonne remontant ensuite l’Oued El Abiod jusqu’à Médina, surprit et défit à Bou Hamama tous les contingents des Beni Bou Slimane et de l’Ahmar Khaddou.

 

A partir de ce moment (août 1845), l’autorité française était reconnue dans l’Aurès, mais, depuis, plusieurs soulèvements se sont produits.

 

D’après les dires des anciens de la tribu, ces insurrections seraient bien plutôt dues à la mauvaise administration de certains chefs qui les pressuraient de toutes façons, qu’à une tendance naturelle des indigènes à la révolte ; mais il y a lieu d’apporter une certaine réserve dans ces appréciations et de croire que leur fanatisme les poussant à la haine du chrétien, n’y était pas complètement étranger.

 

En 1848, après les opérations dans la province de Constantine, le colonel Canrobert, commandant la subdivision de Batna, après avoir parcouru le Belezma et le Hodna, s’était engagé, au Sud, dans le djebel Aurès où le drapeau français ne s’était pas montré depuis trois ans, aussi les montagnards inclinaient-ils de plus en plus à l’indépendance. La colonne se composait d’environ 3.000 hommes. Parmi les populations surprises, les unes avaient fait leur soumission, les autres évacuaient leurs décheras en hâte, essayant de s’échapper par le Sud dans le Zab.

 

Averti qu’au nombre des émigrants se trouvait l’ancien Bey de Constantine, Ahmed, le colonel Canrobert se hâta de faire occuper par le chef d’escadron de Saint-Germain, commandant supérieur de Biskra, les débouchés méridionaux de l’Aurès et se mit lui-même à la poursuite du fugitif. Le 5 juin 1848, cerné de tous côtés : au Nord par la colonne de Batna ; au Sud par les goums du commandant de Saint-Germain ; un peu partout par les Kabyles, qui voulaient se faire pardonner leur insoumission, Ahmed Bey écrivit au colonel Canrobert pour lui demander l’aman, et sans même attendre l’effet de sa lettre, il se remit entre les mains du commandant de Saint-Germain, plus rapproché de lui, imitant ainsi Abdelkader qui, ayant voulu se rendre à Lamoricière, avait rencontré d’abord le colonel Montauban.

 

Ce fut à Biskra, deux jours après, que le colonel Canrobert reçut la soumission du personnage considérable qui, depuis onze ans passés, ne laissait pas d’avoir encore des partisans secrets dans Constantine et d’exercer une influence réelle dans l’Aurès.

 

La soumission de l’ancien Bey était sincère. Las des aventures, fatigué des privations, il obtint d’achever paisiblement, dans Alger même, une vie déjà longue et longtemps tourmentée.

 

En 1849. les Oulad Abdi, sous la conduite de Bouzian, attaquèrent la Smala de Si M’Ahmed ben Abbés, campée à l’Oued Taga.

 

Les Ouled Zian, accourus au secours de leur caïd, dispersèrent les révoltés et cette mutinerie n’eut pas d’autre suite.

 

Mais, un peu plus tard, en 1850, après la prise mémorable de Zaatcha, le foyer de l’insurrection venait de s’éteindre dans le sang; mais le feu qui, pendant la longue fureur de l’incendie, avait gagné l’Aurès, couvait encore dans quelques recoins de ses étroites vallées.

 

Le 27 janvier, le colonel Canrobert entra dans l’Aurès et commença de descendre la vallée de l’Oued Adbi. Jusque là, tout alla assez bien ; les villages, sans beaucoup d’empressement d’ailleurs, apportèrent leur témoignage de soumission, en paroles un peu plus qu’en argent. Mais les gens de Nara refusèrent nettement argent et paroles. Le colonel, à cause de la saison rigoureuse, inclinait à renvoyer au printemps le châtiment de ces réfractaires, quand leur insolence lui fit une obligation de ne plus attendre.

 

Nara était un ensemble de trois villages bâtis sur les rives escarpées d’un petit affluent de l’Oued Abdi. Le plus important couronnait un rocher isolé, à soixante mètres environ au-dessus du ravin.

 

On n’y pouvait accéder que par des degrés entaillés dans le roc et tous les abords étaient commandés par des tours solidement construites. Il existe, encore aujourd’hui, quelques vestiges de ces repaires dans le Djebel Lekal. Tous les

indépendants, les fanatiques de la montagne, s’y étaient donné rendez-vous.

 

Déjà, au mois d’avril de l’année précédente, une expédition avait été dirigée contre Nara par le colonel Carbuccia, mais elle s’était réduite à la destruction d’un de ses villages inférieurs et au jet de quelques obus dans celui qui pouvait passer pour être la citadelle. Bref, les montagnards en avaient tiré plutôt un motif de gloire qu’un conseil de modération et de prudence.

 

D’après le plan du colonel Canrobert, Nara devait être attaqué directement par deux colonnes et tourné par la troisième. L’exécution de ce plan commença le 4 janvier 1856. Les colonnes d’attaque avaient respectivement pour chefs les commandants Bras-de-Fer et Lavarande ; c’était avec la première que s’était réservé de marcher le colonel Canrobert. La colonne tournante était sous les ordres du colonel Carbuccia.

Celle-ci, ayant prononcé son mouvement et gagné les derrières de l’ennemi, l’affaire s’engagea le 6 au point du jour, elle fut achevée en moins de deux heures.

 

Des défenseurs de Nara, cernés de toutes parts, il n’échappa à la cavalerie, qui s’était lancée à leur poursuite, qu’un petit nombre de fugitifs. Les trois villages furent complètement détruits.

 

Après la ruine de Zaatcha, celle de Nara porta le dernier coup aux derniers fauteurs d’insurrection dans le sud. L’Aurès pouvait être considéré comme pacifié ; tel n’était pas et ne devait pas être de longtemps encore l’état de cette région.

 

En effet, en 1859, quelques fractions de la tribu de l’Oued Abdi se sont ralliées aux partisans de Si Saddok ; mais cette révolte fut vite réprimée et dès la prise d’El Ksar, les gens de l’Oued Abdi demandèrent l’aman.

 

En 1879, les Oulad Abdi ne prirent aucune part directe à l’insurrection des Oulad Daoud. Néanmoins, il est certain que de nombreux Abdaouïs assistèrent à la prise du bordj de l’Oued Taga. On attribue même le meurtre de Si Hassein Bel Abbès, fils du caïd, à un indigène de Chir qui avait, dit-on, une vengeance personnelle à satisfaire. Des témoins oculaires affirment que lors de l’attaque du bordj, le chérif Ben Djerallah avait conjuré ses partisans de laisser la vie sauve au fils de Si M’ Ahmed. Le

véritable assassin de Si Hassein fut, d’ailleurs, traqué dans le pays, et ce n’est qu’après avoir bravé de la façon la plus ironique tous les cheikhs lancés à sa poursuite et le caïd lui-même qu’il fut pris. On le mutila horriblement et il fut étranglé à Bouzina dans un silos.

 

Depuis, l’Oued Abdi est rentré dans le calme. Les populations laborieuses se livrent sans crainte à leurs travaux agricoles ; elles ont compris que nous voulions leur tranquillité et leur bien-être.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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