L’historicité de la musique andalouse algérienne (çan’a)

5122017

 

 

 

 

 

 

Le système musical qu’on appelle çan’a se constitue d’un algorithme qui’il est plus commode de transcrire sous forme de tableau à double entée.

En ordonnée, on a les différents tûbu’ (طبوع) appelés modes, pour faire simple, mais n’ayant aucun rapport avec la double modalité, majeure et mineure, qui régit la musique occidentale. Les tûbu’ renvoient à l’acception antique des modes grecs (dorien, phrygien, lydien, myxolydien, etc.…) et dont on ne sait pas s’ils avaient inspiré leurs équivalents modaux dont la dénomination persane est encore en vigueur ou si l’influence provient de la source mésopotamienne. Ces tûbu’ sont nombre déterminé, la vulgate en donne le chiffre 24. En réalité, on en trouve 12 en Algérie, 11 au Maroc. D’autres tûbu’ ont leur autonomie structurelle au plan mélodique, mais servent à « dépanner » d’autres tubu’ pour l’exécution d’un istikhbar, exemple : le tab’ ‘araq prête son istikhbar, appelé ‘araq, à la nouba Hsin, notamment à l’école d’Alger. Sinon, ils servent à baliser des pièces chantées classées dans un sous-système dérivant de la çan’a, appelé n’qlâb (ou inqilâb). La nouba constitutive de la çan’a est à l’inqilab ce que la symphonie est à la sonate. Dans le cas d’espèce, on peut remplacer une nouba par une série d’inqilab appartenant soit au même tab’ soit à des tûbu’ différents et choisis « à la carte » par le chef d’orchestre (cas de la slisila). Mais dans ce dernier cas, les pièces sont exécutées sans transition. Il arrive cependant que des n’qlabataffiliés à certains tûbu’ disposent d’un cours prélude instrumental nommé kûrsi. C’est le cas, à Alger du tab’ ‘araq, qui dispose d’une mini-ouverture exécutée sur le mizân (rythme) bašraf.

 

En ce qui concerne les 12 noubas complètes, elles ne disposent pas toutes d’ouvertures, appelés tûchia (l’école de Tlemcen dispose d’un nombre de tuchia plus grand que dans les autres écoles) et qui constituent le prélude aux nûba ou suites. Cet inventaire des tûchia par école est résumé sous forme de tableau ci-dessous : dans l’abscisse, on a l’ensemble des mouvements qui constituent la nouba, cinq au total : Mçaddar (exécuté sur une mesure à 4 temps à Alger, 8 temps à Tlemcen), darjinsiraf, et x’lās. Le sous-système constitué denqlabat connaît le mizān n’sraf emprunté à la nouba, plus d’autres mizan spécifiques (bacheraf, sûfiane, beroualii, etc.)                      

 

 

 

Beihdja Rahal – Nouba Hsine (Istikhbar ‘araq) 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

Tableau des Tûchiya (ouvertures) par école de musique*

 

 

 

 

Tûbu’ (modes)

noubas complètes

Mizān (exécution rythmique)

 

                              

Tlemcen

Alger

Constantine
Zidane

Bašraf (2 ouvertures)

Bašraf

Bašraf

Raml

M’çaddar

-

-

Mdjennaba

-

-

-

Dhîl

M’çaddar

-

Bašraf

Maya

M’çaddar

M’çaddar

Bašraf

Rasd-dhil

M’çaddar

-

Bašraf

Raml maya

M’çaddar

M’çaddar

-

Rasd

-

-

-

Hsîn 4 ouvertures :

  • M’çaddar
  • Insraf
  • Bašraf

(touchia-l-kebira)

  • Bašraf

(touchia-al-kamel)

M’çaddar (ghribatal Hsîn)

 

Ghrîb 2 ouvertures :

  • M’çaddar
  • N’sraf

Insiraf

 

Sika 2 ouvertures :- m’çaddar

- bašraf

(tchûmbar sika)

2 ouvertures :

  • M’çaddar
  • Bašraf

(tchûmbar sika)

Bašraf

Mezmoum

Mizane soufiane

 

Bašraf

 

 

 : d’autres ouvertures subsistent cependant dans chacune des trois écoles mais ne sont pas directement liées à l’exécution de nouba (exemple : Touchiat al Soltane – Touchiat al-Kamanja, etc..). Par ailleurs, les noubas qui ne disposent pas de touchia sont pourvues deKoursi introductif qui est une version allégée (un mouvement exécuté 2 fois en remplacement de la tûchia qui dispose, dans la majeure partie des cas, de cinq mouvement doublés).

 

 

 

 

 

Touchiat / Ensemble Sid Ahmed Serri : vous trouverez toutes les Touchiat  jouées a Alger sauf touchia Dil qui a été ramenée de Tlemcen 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

1 Hsine, 2 Raml maya (à partir de 7′ 6 »), 3 Mouel (à partir de 14′ 52 »), 4 Raml ou Raml kbir (à partir de 18′ 53 »), 5 Ghrib (précédé d’une Méchalia à partir de 23′ 42″), 6 Zidane (à partir de 33′ 22″), 7 Sika (à partir de 40′ 22″) 8 Maya (à partir de 45′ 52″), 9 Noubet essoltane ou touchia mizane soufiane (à partir de 50′ 43″), 10 Tchambar ‘areq (à partir de 56′ 48″), 11 Tchambar Sika (à partir de   1 2′ 59″)

 

 

 

 

 

Voilà l’essentiel du système çan’a (du moins pour ce qui est des tuchia : ouvertures), qui s’offre à première vue comme un système rigide, fermé. Or, le menu de composition autorise des choix divers, des dérogations permissives au système lui-même. Ces dérogations se font dans des limites interstitielles qui n’entament pas le cadre canonique. Il n’y a pas de règle du jeu à priori pour l’exercice dérogatoire. Cela dépend de l’autorité du m’allam (chef d’orchestre) ; c’est-à-dire de son audience vis-à-vis du public, du degré d’empathie avec son auditoire qui trace les limites du consensus, de la compétence conjoncturelle de cet auditoire, du contexte ou de l’ambiance qui encadre la manifestation artistique (cercle intime, mariage, ou concert dans le cadre des soirées données dans un nadi, association, enregistrement en studio, etc.).

La règle du jeu est comme un posteriori. Il faudra faire l’inventaire de l’agencement d’une nouba en temps réel, exécutée dans des circonstances différentes. Cet inventaire a pu être fait quelquefois.

 

L’ensemble de ces inventaires, pour une école de musique s’étend, permet d’apprécier les tendances lourdes des libertés marginales que l’artiste s’est accordées, des réaménagements faits à la norme. Mais de quelle norme s’agit-il ? N’est-elle pas elle-même constitutive d’un moment fort de la rupture d’avec un ensemble de pratiques divergentes ? Le modèle référentiel est souvent offert par une figure charismatique, qui a eu l’audace, et surtout la légitimité de trancher, de faire un choix parmi plusieurs scénarios possibles. Figure charismatique, c’est celle d’un cheikh Larbi Bensari, qui a légué sa conception, certes héritée des anciens, la seule reconnue au début du siècle dernier, mais la seule connue aujourd’hui, parce que les traditions alternatives des m’allmmîn de la même classe d’âge que cheikh Larbi Bensari n’ont plus laissé de trace. Il s’agissait, entre autres, des frères Dib. Les disciples de ces derniers n’ont pas eu suffisamment d’audience pour pérenniser la pluralité des genres, des styles voire de la grammaire compositionnelle elle-même. Un homme, doué d’une forte personnalité, a occupé tout le terrain de l’école de Tlemcen.

 

 

A Alger, ce fut le trio Ben Teffahi, Mohamed et Abderrezak Fakhardji, ils ont incarné la norme musicale de leur école et ont oblitéré d’autres canons.

 

  

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

(حسن الحبيب ) Omar Chakleb (de son vrai nom Chennouffi, 1902-1942)

 

 

 

 

A Constantine, ce fut un quintet, formé des deux Bastandji, Ahmed et Abdelkrim, personnages légendaires, rejoints par trois disciplines : Tahar Benkartoussa, Omar Chaqlab et Tahar Benmerabet. La légitimité de ce groupe a eu certes une assise plus large car ses membres ont apporté chacun ce en quoi il excellait (les derniers connus pour leurs chants, les premiers pour la maîtrise de l’instrument).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Tchenebar (Tchambar) Sika

21102017

 

 

 

 

 

Cette pièce musicale avec le Noubet Sultan et le Tchenebar aârak composent la série des petites ouvertures qu’on joue avant de commencer la série des chansons ou nouba des neklabat.

Elle porte le nom de Tchenebar Sika et l’on exécute de préférence comme ouverture des chansons du mode sika, bien qu’elle ne soit pas composée sur ce mode particulier dont la gamme est : si-do-ré#-mi-fa#-sol-la.

 

 

 

D’après les musiciens, les Tchenebar seraient des pièces d’origine turque ; elles auraient été introduites en Algérie par les musiciens turcs au service des sultans qui régnèrent à Alger à partir du commencement du XVIème siècle.

Mais il est portable que ceux-ci les tenaient de leurs grands maîtres en musique, les Persans ; le mot Tschenber se trouve en effet dans les traités des Makrisi pour désigner une mélodie qui se joue en 2/4 en andante grazioso sur des motifs composés de douze mesures.

D’autres part nous savons que la gamme perso-turque avait la note Soghiàh correspondant à notre si, base du sika moderne.

 

 

 

Le Tchenebar sika est considéré à Alger comme une des marches favorites des anciens deys ; quand le dey se montrait à son peuple dans les grandes cérémonies religieuses ou politiques, les ghaïta aux sons criards précédaient le cortège officiel et exécutaient cette musique sur un rythme bruyamment soutenu par les coups redoublés des atabal.

Actuellement le tchenebar sika sert d’ouverture aux chansons ; quelquefois on l’exécute comme air à danser.

  

 

 

 

Le solfège: fichier pdf Solfège Tchenebar Sika_-_(Quintessences.unblog.fr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Tchanbar Sika, pièce instrumentale andalouse algéroise, exécutée ici par l’ensemble algérien Ibnou Sina group sous la direction de Mohamed SAADAOUI et l’ensemble turc de Halil Karaduman. Concert à l’auditorium de la radio algérienne, le 07 Avril 2011. 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

La Référence: Le grand Maître Sid Ahmed Serri 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sraoui : chant de résignation

6092017

 

 

 

 

 

Rare Enregistrement d’un Sraoui (algérien) datant du début de 20 ème siècle .

 

 

chant solo par Haddid

 

 

 

 

Sraoui : chant de résignation  dans Musique 1503822058-f3-1

 

 

 

 

 

accompagné de la gasba par Ferhat

 

 

 

1503822048-f5-1 dans Musique

 

 

 

 

 

 

simple-play-icon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Mahjouz el Gh’zala (la gazelle)

5062017

 

 

 

 

El Gh’zala est un Mahjouz constantinois dans le sérieux (الجد) qui nous raconte un des miracles du prophète Mohamed Le Mahjouz el Gh’zala (la gazelle)  dans Musique sws2   

 

 

 

 

Un jour, le Prophète était de passage vers Médine, il vit une tente attachée par de solides cordes ainsi qu’une gazelle attachée et prise en otage (par un chasseur). Lorsqu’elle aperçut le Prophète, cette gazelle s’écria en lui disant :

Mes enfants ! Mes enfants sont seuls dans la vallée, assoiffés et affamés‘,

 

Le Prophète lui dit : « Qu’as-tu, dis-moi ce qui t’es arrivé ? Elle lui raconta alors comment elle fut piégée par le maudit chasseur.

 

Le Prophète (s’adressant au chasseur) dit : ‘Ô chasseur ! Libère-la !‘, Celui-ci répondit : ‘ Mais, ô Monsieur, elle ne reviendra sûrement pas !

 

Le prophète lui dit : ‘Chasseur, vas-y libère-la de ses attaches, libère-la, et je serais son garant auprès de toi » (je la remplacerai comme otage). Le chasseur se releva, la libéra aussitôt, en lui disant;’ Va allaiter tes enfants et reviens vite.’

 

Elle retourna chez ses enfants tout attristés de leur séparation d’avec leur mère, et lui dirent tous : « Informe-nous, qu’est-ce qui s’est passé ».

 

Elle leur dit : « Oh mes enfants ! Lorsque je suis descendue à la vallée portant ma provision, je fut prise au piège par le maudit chasseur, venez vite que je vous allaite et dépêchez-vous car le Prophète est mon garant chez le chasseur !». Ses enfants lui dirent alors : ‘ Al Mustapha (le Messager) en était le garant ? Retourne ! Par Dieu, ton lait nous est interdit ! Retourne ! Retourne ! Par Dieu, ton lait nous est interdit  jusqu’à ce que tu nous ramènes l’honorable Prophète, celui sur qui le Seigneur prie, retourne vite là-bas et laisse nous!!!

 

Elle se releva tout en pleurant et en disant : « Que la prière soit répandue sur le Mecquois, que la prière soit répandue sur notre Prophète ».

 

Elle se présenta auprès du Prophète et lui dit : « J’ai été auprès de mes enfants, je les ai informé de mon histoire et leur ai dit que tu étais mon garant » (c’est-à-dire qu’elle raconta au Prophète ce qui s’était passé avec ses enfants, qu’ils ont refusé de boire de son lait tant que le Prophète était en otage chez le chasseur). Le chasseur fut émerveillé du fait qu’elle parlait avec le Prophète, et du fait qu’ils avaient tenus à leurs engagements. Il fût tellement émerveillé qu’il accourra vers le Prophète et se prosterna à la manière des musulmans.

 

 

 

 

 

Interprétation : Toufik Bentiar  

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

 

 

 

 

 

La Référence: Version complète avec le feu El Hadj Med. Tahar Fergani 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Zendani Bekaou Aâla Kheir (Restez en paix !)

26042017

 

 

 

 

L’air le plus connu et le plus populaire d’Algérie : le zendani Bekaou aâla kheir (Restez en paix) se joue pour clore une grande fête comme une simple séance de musique ; c’est le congé que prennent les musiciens des hôtes qui les ont écoutés.

 

 

Le nombre des couplets est indéfini. « Restez en paix! disent les chanteurs, nous voilà partis ; si on nous aime, on reviendra nous chercher. Restez en paix ! Il nous faut partir; la voix du muezzin crie l’appel à’ la prière. Restez en paix ! Foin des importuns ! Que ceux qui occupent les chaises les abandonnent. Restez en paix ! Nous nous sommes amusés un moment ; que Dieu préserve l’assistance. »

 

 

 

Le Zendani Bekaou Aâla Kheir (Restez en paix !) dans Musique 1490975041-restez-en-paix

 

 

 

 

Quand tous les couplets traditionnels sont épuisés, les chanteurs en improvisent où ils intercalent les noms des convives de marque, des personnages qu’ils veulent honorer, faisant rimer ces noms avec les formules habituelles de politesse et de remerciements.

 

Se conformant à cette coutume voici un exemple d’un improvisateur qui chantait à la fin du XIXe siècle :

 

 

Bekaou aâlakhir! hâd l’h'erouf bhamro,

Men aând eddirictor M’siou Combario. Ellah hinesrou !

Bekaou aâla khir ! Ouhad elklam soua soua. H’akim ekbir houa M’siou Laloua. Bekaoû aâla khir !

Bekaoû aâla khir I Rebbi ikhelli erdjal Elli ikraou la Revo Mosical. Ebkaou aâla khir !

Restez en paix I Cet article a été fait par son ordre, Par l’ordre du directeur M. Combarieu. Que Dieu lui accorde la victoire.

Restez en paix ! Voici des paroles vraies. Un grand savant, c est M. Laloy. Restez en paix

Restez en paix ! Que Dieu conserve les hommes Qui lisent la Revue musicale. Restez en paix.

 

 

 

 

 

 

Dans le mode Chaâbi (Algérois)

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

Dans le mode Malouf (constantinois) avec improvisation

  

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Messeder de la Nouba du mode Remel Maïa : مظلوم و مشتكي

17032017

 

 

 

 

 

Cette pièce fait partie de la Nouba, du mode remel maïa.

Dans la Nouba, le Messeder est une des premières parties qui se chantent sur un mouvement lent et qui, interprétées par plusieurs voix d’hommes à l’unisson, produisent toujours un grand effet. On remarquera la profusion d’ornements de la mélodie et on comparera à la version chantée la version que reprennent les instruments sur un mouvement deux fois plus rapide.

 

 

 

 

 

Messeder de la Nouba du mode Remel Maïa : مظلوم و مشتكي dans Musique 1485781511-sans-titre

 

 

 

 

 

 

Traduction des paroles arabes

 

1er Couplet : C’est un opprimé, une victime, qui a souffert de tes injustices et qui exhale sa plainte debout devant ta porte.

 

2 e Couplet : Je suis anxieux et le souci m’accable si ton ombre vient âme quitter et à s éloigner de moi.

 

3 e Couplet : C’est une chose convenue, indiscutée, que parmi les amants au doux visage, où trouver celui qui est aussi beau que toi ?

 

 

Metlaâ : Je t’ai placé dans mon cœur comme une petite bougie qui brûle sans jamais s’éteindre, j’en jure par Allah !

Mais si tu laisses périr ma flamme, je guérirai, ô mon frère y avec l’aide d’Allah.

 

 

Trois couplets et leur metlàa forment une bit (une maison), et les mélodies classiques comportent souvent plusieurs bit.

 

 

 

 

 

 

 

Ecoutez  Cheikh Sadek El Bejaoui interprète   – Messeder : مظلوم و مشتكي   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Touchiat Ghribt H’assine

1022017

 

 

 

 

Cette pièce musicale est sans doute tout ce qui reste de la Nuba Ghribt H’assine, une des vingt-quatre noubat dont s’enorgueillissaient les musiciens maures de Grenade et dont plusieurs sont irrémédiablement perdues ayant laissé que de vagues fragments, parfois un titre seulement.

 

 

 

La Touchiat Ghribt H’assine était en usage chez nos musiciens pour servir d’ouverture soit à la Nouba Medjenba dont on ne connaît plus la touchiat propre, soit à la Nouba H’assine quand les exécutants ne connaissent pas la touchiat particulière à cette nouba.

 

 

 

 

 

Le Solfège : Touchiat Ghribt H’assine  

 

 

 

 

Considérée dans sa formation mélodique d’ensemble, elle apparait comme appartenant au mode phrygien des Grecs, le Remel maïa des Arabes modernes, sur la base ‘LA’. Certains passages avec le DO # procèdent en mode aârak que nos musiciens assimilent au mode h’assine.

 

 

 

On joue parfois des fragments de cette pièce pour en faire une danse dans le genre du Bane Cheraff (N°2 – voir le document ci-dessus). Ces fragments s’enchaînent alors dans l’ordre suivant : N° 1 – 2 -7 – 8 – 7 – 8.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sans Histoire – Amazigh Kateb

19122016

 

 

 

 

Paroles 

 

Mes malheurs je ne les dirai pas
combien de journées sans repas
il a des aveux inavouables a confier aux vents de sables

a confier aux vents de sables

a la foret a la rivière
je dédis nos insurrections
et je maudit vos meurtrières trières
et vos odeurs de couvons
 
 
 
 
la France est une femme sans histoire qui raconte des histoires sans souffrance
madame a fait souffrir le monde
madame fait encore souffrir le monde

la France est une femme qui raconte des histoires de cote d’ivoire

la France quelle Histoire ?????

 

 

 

 

 

le silence ici banal égal que le peuplement du monde
qui dans les rues meurent par les balles
et le vit dans l’humour de scandales sous les étoiles et dans la poussière
l’Amérique est une femme sans histoire qui raconte des histoires a qui veux croire
madame a fait souffrir le monde
madame fait encore souffrir le monde
l’Amérique est une femme sans histoires qui aime faire son shopping a Bagdad le soir
l ‘Amérique quelle Histoire ????
 
 
 
 
mes malheurs aujourd’hui sont a vendre au marchant d’âne de scoops et de beurres
qui a coup d’axe du mal et de terreur
nous impose de nouvelles cavales et nous rends complices et conspirateurs
Israël est une femme sans histoire qui raconte des histoires coloniales
madame a fait souffrir le monde
madame fais encore souffrir le monde
Israël est une femme sans histoire
qui se mut et se cache derrière Tsahal
Israël quelle Histoire ????
 
 
 
le monde arabe est un homme sans histoire qui raconte
des histoires féodales
ce n’est qu’un monde qui fait tant de part
monsieur veut couper les arabes du monde
il noie le poisson dans du pétrole et pèche le poison en terre d’Islam 
le monde arabe réservoir 
 
 
 
 
l’oncle Sam est un homme sans histoire qui raconte
des histoires sans queue ni tète
monsieur a fait souffrir le monde
monsieur fais encore souffrir le monde
l’oncle Sam est un homme sans histoire
qui annule et qui monte sur le trottoir
oncle Sam quelle Histoire
 
 
 
 
 
 
 
Image de prévisualisation YouTube



Algérie : Rondes, comptines et berceuses par Nassima

1112016

 

 

 

 

Algérie : Rondes, comptines et berceuses  par Nassima dans Musique 1478705282-161020020650271625

 

 

 

 

La chanteuse Nassima a puisé dans ses souvenirs pour rassembler les chansons qui ont bercé son enfance à Blida…. Elle interprète avec chaleur berceuses, ritournelles et comptines venues de Kabylie et du Sahara… Ces chansons évoquent Alger la blanche et ses ruelles, des personnages comme le chat sissane mais aussi le souvenir des enfants du pays partis de l’autre côté de la Méditerranée. Malgré la gravité de certains thèmes abordés : l’orphelin (Ya dounia), le départ du fils (Ya ommi , on retient surtout la gaîté de la fête de l’aïd, la douceur des berceuses, ou l’atmosphère ludique des onomatopées.

 

 

Cette fidèle virtuose du répertoire andalou a su aussi faire revivre le patrimoine des tendres rondes et berceuses qui ont fait grandir les enfants du Maghreb. Dès sa sortie en 2007, le CD était classé à la Fnac comme « le coup de cœur » qui a certainement animer les prochaines célébrations du Ramadan et de l’Aïd. Avec « Kan yama kane » (il était une fois), que les enfants de Tlemcen aiment chanter et le chaleureux refrain cadencé d’illalliqa, on écoute aussi l’invitation enfantine, née en Kabylie, « Ifteh aghlek » (tape des mains et chantons ensemble, tape des pieds et dansons ensemble) sans oublier l’éternel chant d’amour de « Ya ommi » (Maman) heureusement couplé avec l’inoubliable « Hbibi dyali » et tant d’autres petits instants de bonheurs évoqué avec « Qum Tara » (lève toi) : « les couleurs du jardin m’enchantent. Echanson, servez-nous à boire un instant de bonheur ». Nul, doute, Nassima nous promet de belles fêtes avec son mandole « qui fait danser les filles » car, elle, elle danse Qbayliya dans « c’est Rachid avec son violon 

 

 

 

Nassima, appréciée pour sa voix enchanteresse…passe avec une étonnante facilité du registre classique….où elle excelle aux chansonnettes enfantines où la chanteuse se lâche complètement….. Avec cet album, il ne fait aucun doute que Nassima n’aura aucun mal à conquérir son nouveau public : les enfants. Les bruits de fond : la mélodie de la pluie qui tombe, le chant des oiseaux, le rire aux éclats d’un enfant qui entrecoupe ses chansons, le ton de l’interprétation des chansons qui joue allègrement des balances musicales imitant des sons de personnages et des animaux de légendes, tout y est dans l’album de Nassima pour semer la joie et la gaîté….

 

 

Pistes (juste des extraits de quelques secondes)

 

  • L’aîd ( – La fête de l’aîd)

 

 

  • Kan yama kan ( - Il était une fois)
Image de prévisualisation YouTube

 

 

  • Iftèh aghlèq ( – Ouvre et ferme)

 

 

  • Vavor ( - Un bateau)

 

 

  • Ilalliqa ( – Au-revoir mon jardin d’enfants)
Image de prévisualisation YouTube

 

 

  • Albarèh ( - Hier)

 

 

  • Ya ka’aba ( - Kaâba)

 

 

  • Zad Ennabi ( - Le Prophète est né)

 

 

  • Dja’aloulti ya bnète ( – La balançoire)

 

 

  • Gochla ya gochla ( - Onomatopées)

 

 

  • Ya dounia ( - Terre)

 

 

  • Ya ommi – Hbibi dyali Maman ( - Mon fils chéri)

 

 

  • Ya chta sabbi ( – Tombe la pluie)

 

 

  • Ouaq ouaq ouaq ( – Coin coin)

 

 

  • Chadimadi ( – Onomatopées)

 

 

  • Ya rayeh ( - O toi qui t’en vas)

 

 

  • Hadha ( - Celui-ci)

 

 

  • Ollal olla ( – Dodo, dodo)

 

 

  • Qum tara ( - Lève-toi)

 

 

  • C’est Rachid avec son violon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La chanson populaire algérienne : ‘Rana Djinek’

21092016

 

 

 

 

Rana Djinak  est une des pièces les plus connues du répertoire populaire, pour commencer une fête :Mariage, baptême, quêtes religieuses, etc. (Mode remel maïa.)

 

Ce chant se retrouve dans toute la « sphère » musicale de l’ancienne médina d’Alger, aussi bien dans le registre du sacré que dans celui du profane.Tous les couplets de ce chant peuvent commencer par la formule « Rana Djinak « , nous sommes venus à toi. Ils se continuent par des vœux de joie et de prospérité, des compliments adaptés à la circonstance adressés à la mariée par exemple. La fin de chaque couplet utilise la formule « Nari Ya Nar » , (Ma flamme , Oh quelle flamme !).
Pour les fêtes,

 

Les premiers couplets sont pratiquement fixés (par la tradition). Les suivants sont des improvisations que la tradition a fini par assimiler. Dans les enregistrements que nous connaissons (et cela semble une règle),

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RANA DJINAK

 

l er Couplet

 - Nous sommes venues ! Ô lumière de mes yeux !

 - Nous sommes venus! Mon feu ! Mon feu

 

 

 

 2e Couplet

O aghas, ouvrez le sérail,

Votre maîtresse est arrivée! Mon feu ! Mon feu !

 

 

 

***

Autres couplets.

 

 

 

— Comment te nommerai-je ? Te nommerai-je, « petite montre » ?

Pour te mettre dans ma poche sur mon cœur.

 

***

 

Bonjour, ô nouvelle mariée ! Mon feu ! Mon feu !

Bonjour, ô nouvelle mariée ! O figure de bonheur !

 

 

***

 

Que le matin te porte chance, ô nouvelle mariée !

Que Dieu protège les tiens qui t’ont amenée !

 

 

 

***

 

Elle va et vient dans le corridor avec un petit pantalon rouge

Et une ceinture à glands grenats. Mon feu ! Mon feu

 

 

 

 

 

 

 

La chanson populaire algérienne : ‘Rana Djinek’  dans Musique 1478705361-160919120524202358

 N.B: Clique droit, ouvrir dans un nouvel onglet (pour afficher l’image en taille réelle) 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maalma Yamna (Yamna Bent El Hadj El Mahdi) : Rana Djinak. Enregistrement de 1921.

La chanteuse (Maalma ou Cheikha) va terminer ce chant en « adaptant » des paroles de Qadria Çan’a (poèsie populaire; généralement en quatrains – à deux vers -) sur l’air de Rana Djinak. Dans ce cas les couplets se termineront tous par une simple vocalise (- Ah! Ah! – les Ahates): On n’utilisera plus le refrain classique « Nari Ya Nar! ».

  

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45