Les peuples de la forêt – Les grandes traversées

17062020

 

 

 

 

 

 

 

Pour les Indiens Pémon des bords du Caroni, ce sont les larmes du Dieu Soleil qui donnèrent naissance aux Chutes de Canaïma. A Salvador de Bahia, les descendants d’esclaves perpétuent en cachette les cultes africains, comme le candomblé. A Belém, les Caboclos, métis descendants d’Indiens et d’esclaves africains, vendent les plantes médicinales cueillies dans le secret de la forêt. Manaus, la mythique capitale du caoutchouc, accueille aujourd’hui les Indiens à la dérive attirés par le mirage de la grande ville.

 

 

 

 

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Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Dimanche

15062020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. – Dimanche des Toudja, canton de Bougie.

 

Ce marché est désigné sous le nom de H’ad-ou-Akli (le dimanche du nègre), parce que, dit-on, un nègre apparut un jour au milieu des Toudja, les conduisit en ce lieu, y planta son bâton et leur dit : « Voici la place du marché. »

 

Fréquenté par les Aït-Ahmed-Gâret et les Mezzaïa.

 

 

 

 

 

2.- Dimanche des Aït-ou-Mâlek, canton de Bou-Daoud.

 

Se tient près du village de Timizer-H’amed. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

3. – Dimanche des Zekhfoua, appelé aussi Dimanche d’Abach, canton de Zeffoun.

 

Établi, depuis l’occupation française, au village d’Abach. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

4. – Dimanche des Beni-Ir’ât’en, canton de Zouaoua.

 

Se tient au village d’Adni. Très-achalandé. Il est fréquenté, en temps ordinaire,

 

- Par les Isser (extérieur); ils y portent du blé et des bestiaux, et prennent, en échange, des figues et de l’huile, qu’ils vont revendre à Alger;

 

- Par les Beni-’Aïci (Zouaoua);

 

- Par les Amraoua (Dellis);

 

- Par les Beni-Ouarguennoun. Ils y portent des céréales, et en rapportent des figues et des glands.

 

 

 

 

 

5.- Dimanche des Beni-bou-Cha’ïb, canton de Zouaoua. Se tient près du village de Souâma; très achalandé; fréquenté surtout par:

 

Les Beni-Fraoucen (Zouaoua);

 

Les Beni-Yahia (Zouaoua);

 

Les Beni-Khelili (Zouaoua),

 

Et les Beni-R’oubri (Zouaoua).

 

 

 

 

 

6.- Dimanche des Beni-Sêdka (Zouaoua). Ce marché s‘appelle aussi Dimanche des Oaadïa, du nom de la fraction sur le territoire de laquelle il est situé. Il se tient près du village d’Aït-Helâl, situé sur la limite entre les deux fractions de la tribu.

 

Très-achalandé; fréquenté particulièrement par:

 

Les Amraoua (Dellis);

 

Les Beni-‘Aïci (Zouaoua );

 

Les Ma’tk’a (Bou-R’ni);

 

Les Frek’ât (Bou-R’ni);

 

 

 

 

7.- Dimanche des Beni-bou-Drar (Zouaoua). Fréquenté par les Zouaoua , et, en particulier, parles Beni-Mislaïm et les Beni-K’ebîla.

 

 

 

 

 

8.- Dimanche des Mzâla (Flîcet-Mellîl). Très-achalandé. C’est là qu’Abd-el-Kâder s’est présenté lorsqu’il est venu faire appel au fanatisme des Kabyles, qui l’ont éconduit.

 

Ce marché est fréquenté par toutes les tribus de Flicet-Mellîl, puis par les Beni-Khalfoun (Ben-Hini), qui y apportent leur produit spécial, des raisins secs; par les Nezlioua (Ben-Hini); par les Ma’tk’a (Bou-R’ni), les Isser (extérieur), et les Amraoua (Dellis); par les huit tribus de Guechtoula (Bou-R’ni).

 

Les tribus de Flîça y vendent de l’huile , des figues; il paraît même que la tribu des Beni-Mekla y vend un peu de blé, qu’elle a peut-être acheté aux Isser.

 

Les Kabyles y vendent des fruits secs, de l’huile et des meules de ménage. Ils achètent aux Arabes du blé, de la laine et des légumes.

 

 

 

 

 

9. – Dimanche de Timezrît (Flîcet-Mellîl). Très-achalandé, malgré sa proximité du précédent. Ce marché se tient dans la partie élevée du territoire de Flîça, autour d’un marabout qui porte lui-même le nom de Timezrît; il occupe une position à peu près centrale entre les Rouâfa, les ‘Azàzna, les Oulâd-Yahia-Mouça et les Beni-Hammâd.

 

Il est particulièrement fréquenté par les tribus des Flicet-Mellîl, qui suffisent, à elles seules, pour animer un marché; en outre, par les Ma’tk’a (Bou-R’ni); les lsser (extérieur), et les Amraoua (Dellis).

 

Les Kabyles y vendent, comme au marché précédent, des meules à main, venues des Oulâd-m-bou-Rouba, des fruits secs et de l’huile; ils y achètent aux Arabes du blé, des légumes et de la laine.

 

 

 

 

 

10. – Dimanche de Zammorà (canton d’Ilmaïn). Se tient auprès du village de Souika, au centre de la tribu. Fréquenté par les tribus du voisinage, et nommément par celles de Kolla-ou-Satour (Bîbân) et de Tafreg, Bounda et Dja’fra (Ilmaïn).

 

 

 

 

 

 

11. – Dimanche des Beni-Immel (canton d’Amacin). Se tient un peu au-dessous du village d’Ak’abbïou. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Nahda: La Renaissance Arabe Moderne

13062020

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est au Liban que débute le mouvement auquel on donnera le nom de Nahda (renaissance). Le terme évoque littéralement l’action de se lever, notamment au moment du réveil, exprimant ainsi l’idée que les Arabes se sont assoupis sur l’évocation du passé jusqu’à cette date. Le Liban entretient alors des liens privilégiés avec l’Occident, par son activité commerciale et, surtout, par la présence sur son sol de missions religieuses étrangères actives dans le domaine de l’alphabétisation et de l’instruction. Les hommes de la Nahda s’assignent la double tâche de réactualiser le patrimoine littéraire ancien et de faire connaître la littérature occidentale par des traductions ou des adaptations de textes français et anglais. Ils contribueront à introduire des auteurs européens dans le paysage littéraire arabe et à acclimater la prose fiction (roman et nouvelle) ainsi que l’art du théâtre.

 

Nasif al-Yaziji (1800-1871), Butrus al-Bustani (1819-1883), Faris al-Šidyaq (1804-1888) s’illustrent dans cette double entreprise de remise à jour du patrimoine littéraire et de traduction d’œuvre étrangères; ils composent également des œuvres originales nourries de ces deux expériences.

 

 

 

 

 La Nahda: La Renaissance Arabe Moderne dans Littérature 200331084458924570

 

 

 

 

 

L’Égypte qui bénéficie de conditions historiques favorables prend la relève après 1880. Dès la première moitié du siècle, Muhammad ‘Ali (1805-1848) favorise le développement de l’instruction, l’envoi de missions d’étudiants à l’étranger et la modernisation du pays sur le modèle des réalisations occidentales. Cela explique l’essor pris par la culture arabe dans ce pays qui demeure de nos jours encore un phare de la vie culturelle, de la littérature en particuliers.

 

Les travaux accomplis par les Libanais et, près eux, les Égyptiens (dont on peut citer les noms d’al-Manfaluti [1876-1924], ou de Hafiz Ibrahim [1872-1932]) contribuent à modifier les orientations de la littératures, donnant au terme adab son acception moderne de «littérature», bien différente de celle qu’il recouvrait à la période classique. Certes, le projet de l’écrivain est clairement rattaché à une volonté réformiste o moralisatrice, et maintient un rapport fort avec le réel extérieur au texte. Mais l’adab devient le lieu par excellence de la fiction et va désormais englober la poésie, la prose narrative et l’art dramatique, dans des projets esthétiques indépendants. Ainsi, en prose, les jeux sur la langue, notamment dans le rythme et les assonances (comme dans la maqama), n’ont plus lieu d’être. On comprend alors sans peine que les tentatives d’actualisation de la maqama menées par les écrivains de la Nahda soient restées sans lendemain. La voie est libre pour enraciner de nouveaux genres, en particulier le roman et la nouvelle.

 

L’écrivain arabe est désormais à la pointe de l’actualité et les thématiques abordées l’inscrivent dans les débats sociaux de son époque (la réforme sociale et les luttes politiques, en particulier). Le phénomène est général. Si la poésie demeure profondément attachée aux formes anciennes de la qasida, les sujets abordés témoignent de son engagement dans les discussions qui agitent la société. Ainsi, le respect des modèles anciens pour les néo-classiques, dont Ahmad Šawqi (1868-1932) est considéré comme le représentant le plus éminent, est mis au service de réalités modernes qui ont une portée collective. Dès lors, l’activité littéraire en tant que pur exercice de style est vouée à disparaître. Dans cet esprit, Faris al-Šidyaq revisite les formes de la maqama et de la rihla dans al-Saq ‘ala al-saq (La Jambe sur la jambe), ouvrage étonnant et plein de fantaisie, et al-Muwaylihi (1868-1930) dénonce les tares de la société égyptienne dans Hadit ‘isa b. Hišam (ce que nous conta Isa ibn Hisham). Pour leur part, les romantiques et, parmi eux, ceux du Mahjar «émigration» qui s’installent outre-Atlantique au début du XXe siècle, renouvellent l’expression, loin des descriptions convenues, pour évoquer avec sensibilité les sentiments humains et les émotions individuelles.

 

 

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La langue est elle aussi amenée à évoluer pour exprimer une autre réalité et d’autres objets. Elle sera modernisée pour la rendre apte à saisir dans leur vérité les mutations profondes qui leur sont contemporaines. Simplifié, dépouillé d’une ornementation excessive, augmenté de significations nouvelles, l’arabe moderne jette un pont entre les époques et les hommes tout en s’attachant à exprimer le vécu contemporain. La période profite largement de l’essor des moyens techniques pour diffuser les idées et répandre la connaissance. Car l’écrivain de la Nahda est animé par des préoccupations d’ordre didactique ou militant et il n’écrit plus seulement pour une élite mais veut s’adresser au plus grand nombre. Il participe au mouvement général qui œuvre pour diffuser les connaissances et pour élever le niveau culturel des populations. On assiste en effet, dès le XIXe siècle au développement de l’imprimerie et au formidable essor des médias qui joue, encore aujourd’hui, un rôle important dans la promotion de la littérature. La presse, tout particulièrement, ouvre ses colonnes aux écrits littéraires et aux débats d’idées, et joue un rôle dans la modernisation de la langue. Elle sera un précieux outil pour faire connaître le réformisme musulman où s’illustrent Jamal al-Din al-Afgani (1838-1897), Muhammad ‘Abduh (1849-1905), Rašid Rida (1865-1935), et facilite l’adoption de nouveaux types de discours (essais, écrits théoriques ou critiques) ou l’enracinement des genres de la nouvelle et du roman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Caractères Généraux

11062020

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Marché Kabyle d’antan - Caractères Généraux dans Attributs d'Algérienneté 200412074906702045

Kabylie – Café Maure au Marché 1913

 

 

 

 

 

 

 

Dans tous les pays où les hommes vivent en contact journalier, parlent la même langue, suivent les mêmes usages, pratiquent la même religion , il existe, à travers des divergences et des rivalités inévitables, une tendance générale, une volonté dominante qui résume la majorité des tendances et des volontés partielles; c’est ce qu’on appelle l’opinion publique.

 

En Algérie, où les opinions ne s’impriment pas, mais s’expriment, l’opinion publique ne se manifeste pas par les journaux, mais par les marchés. C’est là que les mille voix du peuple se font entendre, que les nouvelles et les idées s’échangent, que les questions se discutent, que l’opinion publique se prononce.

 

Le mercredi des Beni-Mouça et le lundi de Boufarik furent les premiers foyers de résistance à l’autorité française coloniale.

 

Chaque jour encore, sur cent points différents du vaste territoire occupé, il se tient des assemblées où tous les actes de l’administration coloniale sont commentés, contrôlés, jugés. Semblable au bourgeois français qui a lu son journal, le bourgeois indigène qui a fait son marché porte dans sa tribu l’impression qui lui reste; et il en résulte des déterminations hostiles ou bienveillantes.

 

Chaque jour l’autorité française est mise en cause à son insu, et le plus souvent condamnée par défaut.

 

Le marché est donc, pour l’Algérie, l’assemblée politique, le forum indigène. C’est là que, sous l’influence des marabouts, se prennent les résolutions communes. C’est là que toutes les attaques sont concertées. Chez les Kabyles, l’ordre pour la prise d’armes est proclamé en plein marché. Toutes les dispositions y sont arrêtées entre les cheikhs; le jour, l’heure, le signal, le lieu de rassemblement, y sont convenus à l’avance. Ce jour-là tous les travaux demeurent suspendus; les femmes et les enfants restés au village ne travaillent pas; ils songent à ceux qui combattent, et invoquent pour eux le maître de toutes les destinées. Car, suivant l’expression locale, le métier, la charrue, le pressoir, s’arrêtent, se taisent quand la voix de la poudre résonne dans la montagne.

 

Le marché est aussi une cour de justice; cour d’assises, quand y paraît le représentant du prince; tribunal de première instance dans tous les cas. A la vérité, on n’y voit pas, des emblèmes plus ou moins intelligibles, un petit compartiment pour le public, une vaste barre pour les avocats, un banc pour les plaideurs, des fauteuils pour les juges. Non; le juge siégé au pied d’un arbre; tous les objets qui l’entourent le rappellent aux plus graves pensées; à sa droite, un cimetière; à sa gauche, un temple; la terre sous ses pieds; devant lui, un auditoire et un horizon sans bornes; enfin, sur sa tête, le ciel qui le voit, qui l’entend et le juge lui-même.

 

Tel est le marché dans les mœurs musulmanes; telle est la place qu’il occupe dans l’existence politique et morale des peuples de l’Algérie; mais, avant tout, c’est l’organe principal de la vie matérielle; c’est le centre où viennent concourir tous les efforts productifs; c’est le nœud où viennent se joindre tous les fils visibles et palpables , tous les intérêts saisissables de cette contrée.

 

A ce point de vue surtout, les marchés indigènes nous paraissent dignes de la plus haute sollicitude.

 

Pour la Kabylie, nous les divisons en deux classes : les marchés intérieurs et les marchés extérieurs. Voici l’énumération des uns et des autres.

 

Les premiers, à raison de leur nombre, sont classés suivant les jours de la semaine qui leur sont consacrés, ce qui permettra de suivre le mouvement quotidien d’échange et de circulation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les Jardins Suspendus de Babylone

9062020

 

 

 

 

 

Les Jardins Suspendus de Babylone (ou jardins suspendus de Sémiramis), dans l’Irak actuel, étaient la deuxième des sept merveilles du monde.

Des fruits et des fleurs, des cascades, des animaux sauvages, des terrasses, c’est ainsi que les historiens antiques et les poètes grecs décrivaient les Jardins Suspendus de Babylone. Or peut-être, ces jardins n’ont jamais existé, sauf dans leur imagination.

 

Ils sont célébrés par Diodore de Sicile, Flavius Josèphe et Strabon, qui s’inspirent tous de sources plus anciennes. Ainsi Flavius Josèphe s’inspire des textes d’un prêtre du dieu Mardouk, Bérose qui vivait à Babylone une trentaine d’années après la conquête de la ville par Alexandre le Grand (fin du IVe siècle av.J.-C.). C’est à ce prêtre que l’on doit la probable légende de la construction de ces jardins par Nabuchodonosor II afin de rappeler à son épouse Amytis de Mèdes les montagnes boisées de son pays natal.

 

 

 

Les Jardins Suspendus de Babylone  dans Archéologie 200330105548349228

 

 

 

Ce n’était pas réellement des jardiniers qui s’occupaient de l’entretien des jardins mais bien des esclaves qui entretenaient la végétation. Les jardins mesuraient 120 m². Sur la première terrasse de huit mètres, ils plantèrent des grands arbres, sur la deuxième de treize mètres, ils placèrent une quantité d’arbres fruitiers, sur les deux dernières terrasses poussaient des fleurs de toutes sortes.

 

 

 

 

 

 

 

Une Légende?

 

La royauté babylonienne fleurissait sous le règne du célèbre roi Hammurabi (1792-1750 av. J.-C.) Mais ce n’était que sous le règne du roi Naboplashar (625-605 av. J.-C.) que cette civilisation mésopotamienne atteint toute sa gloire. C’est au fils de celui-ci, Nebuchadnezzar II (604-562 av. J.-C.) qu’on attribue tout crédit d’avoir construit les Jardins Suspendus légendaire. On dit qu’il les a fait construire pour faire plaisir à sa femme ou concubine. En dépit du fait qu’un grand nombre de descriptions des Jardins proviennent d’historiens grecs, les annales babyloniennes restent muettes à ce propos. Les tablettes du temps de Nebuchadnezzar ne font aucune référence aux Jardins Suspendus, malgré les descriptions trouvées de son palais et de la ville.

 

Cependant, au XXe siècle on a trouvé quelques fondations mystérieuses qui pourraient appartenir aux Jardins. Mais les archéologues essaient de trouver d’avantage de preuves avant de tirer des conclusions quant à la localisation précise des Jardins Suspendus, son système d’irrigation et son apparence réelle.

 

La réalité historique de ces jardins est de nos jours sérieusement remise en cause. Au XIXe siècle, l’archéologue H. Rassam situe les jardins au nord de la cité à proximité du palais extérieur. Lors des grandes fouilles allemandes, Robert Koldewey suggère qu’une construction voûtée du palais sud aurait pu supporter un toit en terrasse et ainsi correspondre à l’emplacement de ces fameux jardins. En fait, aucune localisation formelle n’a été trouvée. Ce qui ajoute au doute des archéologues et des historiens c’est qu’aucun des documents cunéiformes trouvés sur le site de Babylone ne fait allusion à ces jardins. Il est en effet curieux qu’un roi comme Nabuchodonosor II qui ne cesse de se féliciter de ses réalisations (murailles, portes, palais, etc.) reste muet sur ces hypothétiques jardins.

 

Au cours des années 1990, l’assyriologue anglais Stéphanie Dalley a émis une hypothèse qui semble plus plausible, à savoir que les historiens de l’Antiquité aient confondu Ninive et Babylone. En effet, aucune source babylonienne ne mentionne les jardins, aucun auteur grec classique n’y fait allusion (Hérodote par exemple est totalement muet sur le sujet). les seuls auteurs y faisant référence sont des historiens de l’époque hellénistique ou romaine dont il est fréquent qu’ils confondent les deux capitales des deux empires précédant l’empire perse. Enfin les souverains assyriens, en particulier au VIIe siècle av. J.- C., font construire dans Ninive des jardins. Un texte de Sennachérib évoque ainsi ceux qu’il a fait aménager et décrit les machines nécessaires pour l’irrigation. Un bas-relief du palais d’Assurbanipal montre une colline couverte de végétation et alimentée en eau par un aqueduc et un système de canaux. Par ailleurs, nous savons que, du fait de l’encaissement des cours d’eau, l’irrigation avait recours à un système de «vis d’Archimède» qui, en tournant, faisant remonter l’eau jusqu’au niveau des cultures. Les cultures ainsi irriguées, semblaient donc suspendus, ou, en tout cas, nettement au-dessus du niveau de l’eau. Stéphanie Dalley en conclut que les jardins suspendus étaient donc à Ninive et non à Babylone. Cette explications, quoique probable, reste cependant encore en débat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Condition d’Établissement

7062020

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Marché Kabyle d’antan - Condition d’Établissement dans Attributs d'Algérienneté 200412074341416877

Kabylie: au marché indigène de Fort-National 1928

 

 

 

 

 

 

 

Quoique les livres relatifs à l’ancienne régence d’Alger aient négligé de s’occuper des marchés, dont leurs auteurs n’appréciaient pas sans doute l’importance, on peut conclure de quelques faits épars, que plusieurs doivent remonter à une époque fort reculée. Le passage suivant en fournit la preuve; il est de Marmol : « Sur la pente d’une montagne qui regarde le midi, est un village de cinq cents feux (Gemaa Xahariz), partagé en divers quartiers, dans lequel se fait un grand marché tous les vendredis. » Le marché des Beni-Fraoucen existait donc déjà au temps de Marmol, c’est-à-dire, il y a trois siècles.

 

Vers la limite de la Kabylie, sur un plateau appelé Dra’-el-Caïd, à l’extrémité du territoire des Oulàd-Chiouk’, se tient, tous les jeudis, un marché appelé le jeudi des Oulâd-Chiouk’. Il existe en ce lieu une source appelée ’Aïn-er-Roua, et des ruines considérables qui appartiennent à l’établissement romain d’Horrea. Le nom dit assez quelle en était la nature: ce devait être un grenier d’abondance et sans doute un lieu de dépôt où venaient s’emmagasiner les blés de l’annone. Peut-être même était-ce déjà un lieu d’échange fondé par les Romains sur la lisière des terres de labour, où les habitants de la région montagneuse trouvaient, sous la surveillance et peut-être par les soins des agents du fisc, le blé que la terre natale leur refusait.

 

A des époques beaucoup plus rapprochées de la notre, quelques marchés se sont établis dans des circonstances dont la tradition locale a conservé le souvenir.

 

Tel est le samedi d’Ali-Khodja, établi par les Turcs au milieu de leurs possessions de l’Amraoua, centre d’approvisionnement de la région kabyle circonvoisine, placé sous la surveillance des proconsuls ottomans, à peu près comme les Romains avaient dû placer le marché d’Horrea sous la surveillance de leurs agents.

 

La tradition produit, en outre, des exemples de marchés dont le jour a été changé, et les circonstances qui ont déterminé ce changement méritent d’être rapportées, parce qu’elles font connaître les conditions générales qui influent sur l’établissement des lieux d’échange.

 

De ce nombre est le marché de Guechtoula (canton de Bou-R’ni). Il se tenait autrefois le dimanche, comme l’indique le nom de Tizi-n-el-H’ad, conservé au village auprès duquel l’assemblée hebdomadaire avait lieu. Elle réunissait les marchands de Guechtoula et ceux de Zouaoua; mais la guerre éclata entre les deux confédérations, et tous les dimanches les villages de Guechtoula se virent privés de leurs défenseurs qui, presque tous, se rendaient à Tizi-n-el-H’ad pour leurs emplettes.

 

 

Les Zouaoua en profitaient pour venir fondre sur les habitations de leurs voisins, qu’ils pillaient sans trouver de résistance. Les Zouaoua eux-mêmes ont un marché qui se tient tous les samedis, chez les Beni-Yahia. Ce jour-là ils s’y rendent en foule et n’ont pas le temps de faire la guerre. Les Beni-Guechtoul auraient pu leur rendre la pareille: ils préférèrent mettre un terme aux collisions, en adoptant pour leurs transactions le même jour que leurs ennemis. C’est ainsi que le marché de Guechtoula fut transporté du dimanche au samedi, ce qui enleva irrévocablement aux deux réunions hebdomadaires une partie de leur ancienne clientèle.

 

En général, le voisinage de deux marchés qui se tiennent le même jour est un indice d’hostilité permanente entre les tribus qui les fréquentent.

 

Entre les Beni-Ouarguennoun et les Flîça-sur-Mer, s’élève une colline surmontée de deux marabouts dont l’un porte tout simplement le nom de Tlàta (mardi); c’est le nom du jour où se tenait autrefois un marché. Aujourd’hui, il a changé de jour et se tient le lundi. Les hostilités entre les Beni-Ouarguennoun et les Beni-Djennâd, qui ont, eux aussi, un lundi, ont sans doute nécessité la transposition des jours; mais le marabout n’a pas changé de nom.

 

A côté des marchés modifiés dans leurs conditions habituelles de fréquentation et d’existence , il faut placer ceux que des circonstances diverses ont fait supprimer. En voici des exemples: outre les deux marchés de Dellis, la tribu des Beni-Tour en avait jadis un troisième, qui se tenait le mercredi, à la source de l’Ouad-el-Hammâm, sur une éminence, auprès d’une source qui a conservé le nom d’Aïn-el-Arba’ (source du mercredi); mais ce marché , situé sur la limite entre les raïa du pacha et les tribus indépendantes, offrait trop d’avantages à ces dernières, et c’est pour ce motif, s’il faut en croire les Kabyles, qu’il fut supprimé par le gouvernement turc.

 

Le village de Tala-Helâl, chez les Oulâd-bou-Rouba, canton de Flîcet-Mellîl, était autrefois le siège d’un marché supprimé depuis longtemps; mais la tradition locale ne dit pas pourquoi.

 

Les désordres qui opèrent des résections ou des ligatures dans les habitudes commerciales, y déterminent aussi quelquefois de nouveaux centres d’activité. Plusieurs tribus n’ont qu’un marché; des dissensions éclatent, elles en établissent deux. C’est ainsi que le lundi d’Illoula a été établi à quelques lieues du lundi des Beni-’Abbês, sans doute à cause des relations habituellement hostiles qui existent entre cette tribu et les Beni-Mlîkech, ses voisins de la rive gauche de l’Akbou.

 

Il est presque inutile de dire le dommage que ces perturbations causent aux tribus qui les éprouvent. Au lieu d’aller chercher les denrées à la source , elles ne les obtiennent que de seconde main, et quelquefois de troisième, et elles les payent plus cher.

 

Mais l’indépendance serait trop belle si elle n’offrait que des avantages; elle a son inconvénient, c’est l’anarchie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Mission scientifique de Mr Ernest Chantre -1881- (1ère partie)

5062020

 Sous-directeur du Museum de Lyon, dans la Haute Mésopotamie, le Kurdistan et le Caucase.

 

 

 

I, Syrie septentrionale. Vallée de l’Oronte et d’Antioche à Srir / Photographies de Mr le Capitaine Barry

 

 

 

 

 

 

 

 

Mission scientifique de Mr Ernest Chantre -1881- (1ère partie) dans Photos 200327092817761020

Femmes arabes. Kosséir, Vallée de l’ Oronte (Syrie)

 

 

 

 

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Le Château de la ville Homs

 

 

 

 

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Une Porte de la ville de Homs

 

 

 

 

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La ville et les Jardins de la ville de Hama

 

 

 

 

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Vue de la ville de Hama

 

 

 

 

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Vue de Hamah . L’ Oronte et ses Jardins

 

 

 

 

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Les Norias de Hamah sur l’Oronte

 

 

 

 

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Caravansérail et village de Khan Cheik Khoun

 

 

 

 

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Groupe d’Arabes, Khan Cheikh Khoun

 

 

 

 

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La Tour et la Cour du Caravansérail de Khan Cheik Khoun

 

 

 

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Vue de la Citerne de Khan Cheik Khoun, Campement de Torcy, Campement Chantre et Barry

 

 

 

 

 

 

 

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Ruine de El Barrah (Syrie)

 

 

 

 

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Cheikh de Mézerat, Hadji Pacha, Hommes et enfant Turcs (Syrie)

 

 

 

 

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Les Porte de Fer à Antioche (Syrie)

 

 

 

 

200328082100804871

Famille d’Anshariés d’ Antioche

 

 

 

 

200328083056960296

Jeune Mariée Anshariée, son mari, son frère, sa mère d’ Antioche

 

 

 

 

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Ansharié, Antioche

 

 

 

 

 

 

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Cheikh Soliman, Ali Ismaïl son fils et un serviteur, Anshariés d’ Antioche

 

 

 

 

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Anshariés, Antioche

 

 

 

 

200328091748811324

Partie Nord du Tunnel creusé par les Romains pour amener les eaux à Séleucia (Syrie)

 

 

 

 

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Tombeaux Creusés dans les Rochers à Séleucia

 

 

 

 

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Sarcophage en marbre découvert à Séleucia, Antioche

 

 

 

 

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Statue trouvée dans les fouilles de Séleucia

 

 

 

 

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Port El-Minah, Oronte, Mont Cassius

 

 

 

 

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Vue du Pont de El-Restau, sur Oronte

 

 

 

 

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Village de Herem, plaine d’ Antioche

 

 

 

 

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Château de Kislar-Séraï, Province d’Alep (Syrie)

 

 

 

 

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Temple Grec sur des cryptes à Dana

 

 

 

 

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Vue des ruines du Village de Srir, Province d’Alep

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Constitution

3062020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Marché Kabyle d’antan - Constitution dans Attributs d'Algérienneté 200411105546815834

 

 

 

 

 

 

La tribu qui aliène, au profit de tous, une partie de son territoire , y conserve cependant encore une certaine autorité. C’est à son cheikh qu’appartient principalement la police du marché.

 

Ordinairement elle n’use de ce droit que pour assurer le maintien de l’ordre et la liberté des transactions; cependant quelques-unes en profitent pour se créer d’assez étranges privilèges. Sur le lundi des Beni-Djennâd, on prétend que les étrangers n’ont que le droit de vendre et ne peuvent rien acheter. Cette singulière restriction apportée à la liberté des échanges a, diton, pour objet d’empêcher les prix de monter.

La police de détail est dévolue aux cheikhs des diverses tribus, chacun en ce qui le concerne; s’il s’élève une difficulté entre un vendeur et un acheteur, leurs cheikhs interviennent et jugent le différend. Si les cheikhs ne s’accordent pas, on a recours à un marabout.

 

Les marabouts figurent toujours comme médiateurs dans les transactions importantes, et ils remplissent leurs fonctions d’experts et d’arbitres sans demander d’autre prix que les bénédictions et les actions de grâces des contractants; mais, s’il y a lieu de passer un acte, le marabout ou le tâleb qui le rédige a droit à des honoraires, ordinairement fort modiques.

 

La surveillance du marché n’appartient au pouvoir local que là où le pouvoir central ne se montre pas, soit qu’il ne puisse y paraître à cause de l’état d’insoumission des tribus, soit qu’il néglige de s’y faire représenter. Là où siège le mandataire du prince, la suprématie lui appartient de plein droit.

 

L’intervention de l’état dans l’administration des marchés est reconnue, par les indigènes eux-mêmes, comme l’attribut légitime de la souveraineté et comme la conséquence naturelle de leur soumission. Les Turcs avaient fait, de cette prérogative, un de leurs principaux moyens de gouvernement. Dans tous les pays soumis à une administration régulière, c’est a côté des centres d’activité commerciale qu’ils avaient posé les centres d’autorité politique. Les bordj ou prétoires de leurs Caïds occupaient les principaux marchés. La raison en était simple : dans une tribu ils ne tenaient que la tribu; sur le marché ils les tenaient toutes.

 

Le droit de haute surveillance des Caïds turcs trouvait une sanction fiscale dans l’institution du meks. C’était une redevance de dix pour cent imposée à toutes les marchandises. Elle se percevait à l’entrée et en nature, au profit, soit du trésor, soit de son mandataire. Dans les contrées qui échappaient à l’action du gouvernement, et en particulier dans la Kabylie insoumise, ce droit d’octroi n’existait pas, mais les Kabyles le payaient sur les marchés arabes, où l’insuffisance des denrées nécessaires et la surabondance des denrées de luxe les appelaient irrémissiblement. On dit que le meks de Bougie produisait un revenu assez considérable.

 

Dans l’impossibilité d’asseoir directement son autorité sur les marchés de la Kabylie insoumise, le gouvernement turc les avait mis en quarantaine. Il était interdit aux tribus raïa de les fréquenter. Elles ne pouvaient s’y rendre qu’en cachette et à l’insu de leur Caïd.

 

Les avantages qu’elles y trouvaient pour le placement de leurs grains et de leurs laines, et la défense même qui leur était faite, les excitaient à la contrebande. Sur les marchés les plus importants de la Kabylie, siège un kâd’i , personnage considérable, non-seulement par son savoir, mais par sa piété et par sa naissance , à la fois marabout, jurisconsulte et grand seigneur. Il ne juge que les affaires civiles. La connaissance des causes criminelles appartient à chaque cheikh dans le ressort de sa tribu.

 

Le kâd’i siège, soit au pied de l’arbre qui ombrage la source , soit à côté du marabout qui occupe le centre du marché. C’est là qu’il tient ses audiences, entouré de quelques marabouts et notables de la contrée qui recueillent ses décisions.

 

Sur les marchés secondaires, la justice civile est administrée soit par les marabouts, soit, à leur défaut, par de simples tâlebs, espèces de licenciés en droit musulman, choisis pour arbitres par les deux parties : mais on ne soumet à la décision de ces derniers que les contestations de peu d’importance. Tous les procès graves sont déférés à la juridiction du kâd’i, que les plaideurs vont chercher sur les marchés où il siège. On comprend que toute cette justice est prompte et gratuite. Quoique chacun soit libre de la demander à qui bon lui semble, cependant il est d’usage de s’adresser, pour le règlement des affaires litigieuses, au siège le plus voisin. Le territoire de l’Algérie, et plus spécialement encore le territoire de la Kabylie, se trouvent ainsi partagés en circonscriptions judiciaires analogues à celles qui existent en France, et elles correspondent aux circonscriptions commerciales, les tribus qui composent la clientèle d’un marché étant justiciables du tribunal dont il est le siège.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




De Sila à Gadiaufala : urbanisation et municipalisation dans la Numidie cirtéenne méridionale (2/2)

1062020

 

 

- Yann Le Bohec -

Publications de l’École Française de Rome

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En arrivant à Tigisis, aujourd’hui Aïn el-Bordj, on trouve une ville aux fonctions différentes, qui semble avoir été surtout chargée de contrôler des tribus indigènes.

 

Ce centre est relativement bien connu, en particulier grâce aux fouilles et recherches de S. Lancel et P. Pouthier, et il a mérité une notice dans la thèse de Cl. Lepelley. Il a été installé sur un site particulièrement bien choisi : à 950 mètres d’altitude, il domine la plaine de Bahiret et-Touila. La situation, en revanche, présente moins d’avantages que celles de Sigus ou Gadiaufala : point de carrefour ici ; on peut seulement dire que la ville se trouvait sur l’axe Sigus-Gadiaufala, portion d’une route autrement importante qui reliait Carthage à Cirta et Sétif.

 

L’occupation la plus ancienne devait être le fait d’indigènes. Outre le nom, on peut invoquer, à l’appui de cette hypothèse, l’importance d’un culte africain, celui de Saturne : M. Le Glay a repéré trois stèles à Tigisis et il pense que ces monuments devaient accompagner un sanctuaire du dieu. De plus, le grand nombre de tribus mentionnées dans les environs rend cette origine hautement probable.

 

Une forteresse aurait été installée en ce lieu dès les débuts de l’époque romaine : si elle a bien existé, ce qui reste à établir, elle devait à la fois contrôler les indigènes restés fidèles à leurs traditions et protéger les immigrants, eux aussi africains, mais romanisés depuis l’époque de César ou d’Auguste comme le montre la fréquence du gentilice Iulius. L’importance de Tigisis ne paraît guère d’après ce que les fouilles ont livré, un arc daté de 198, un mur du VIe siècle de 220 mètres sur 190, et une soixantaine d’inscriptions. Le vandalisme du XIXe siècle a fait son œuvre ici aussi.

 

De ce fait, la vie municipale reste en partie dans l’ombre. On ignore le statut de ce centre. Cl. Lepelley suppose qu’il fut un simple pagus jusqu’au milieu du IIIe siècle. Une chose paraît assurée : il dépendait de Cirta. Des bornes de délimitation le laissent penser; on trouve, au sud de Tigisis, la mention d’un homme inscrit dans la tribu Quirina, et originaire de la «capitale» de la Confédération; enfin, la commune aurait offert une dédicace «Genio coloniae Cirtensium» (mais l’authenticité de ce document a été mise en doute). À partir du milieu du IIIe siècle, l’agglomération devint indépendante. En 305, elle possédait sa «pleine autonomie municipale», mais son titre demeure mystérieux, et il n’est pas assuré qu’elle soit devenue par la suite municipe, contrairement à ce qui a été parfois écrit. Les institutions, un peu mieux connues, ne vont pas à l’encontre de ces hypothèses. En 198 est attesté un décurion; la même inscription évoque la promesse d’une somme honoraire et fait intervenir le légat gouverneur. L’épigraphie mentionne des décurions en 295, et l’ordo entre 293 et 305; s. Augustin, se référant à des événements de 305, parle également de l’ordo et d’un curateur. Tigisis disposait d’un trésor public.

 

Ces institutions et ces statuts, dans la mesure où on peut les connaître, ne présentent aucun caractère exceptionnel. Pourtant la cité à joué un rôle bien particulier dans un domaine précis, comme l’a d’ailleurs montré S. Lancel : entourée de tribus indigènes, elle devait les contrôler et les séduire en leur montrant les charmes de la vie à la romaine. Dès l’époque de Vespasien un légat en mission extraordinaire délimite les territoires de Cirta, des Nicibes et des Suburbures Regiani. À la même époque, au nord-ouest de Tigisis, une inscription désigne les agr(i) pub(lici) Cir(tensium) ads(ignati) Suburb(uribus) Reg(ianis) et Nicibibus .

 

Où vivaient donc les peuples qui entouraient ce centre? À l’est, mais assez loin, et plus près de Gadiaufala d’ailleurs, se trouvait la cité des Nattabutes. Au nord-ouest s’étaient installés les Nicibes, en tout ou en partie; par la suite, cette nation, ou une fraction d’entre elle qui aurait nomadisé ou aurait été refoulée, est attestée vers Ngaous (Niciues), dans le sud-ouest de la Numidie Cirtéenne.

 

Où placer les Suburbures Regiani? J. Desanges, avec prudence, les situe simplement aux environs de Tigisis; mais, comme les Nicibes occupaient le nord-ouest et les Nattabutes l’est, on peut proposer, à titre d’hypothèse, la région méridionale, ce qui expliquerait en outre l’absence de ruines romaines à cet endroit. Quoi qu’il en soit, des Suburbures Regiani furent déplacés vers l’ouest, ou migrèrent spontanément, et on les retrouve sous Septime Sévère aux environs de Saint-Donat ou d’Azziz ben Tellis. Ainsi Tigisis a joué un grand rôle à l’égard des tribus africaines, et c’est une des principales originalités de ce site. Les campagnes environnantes, en revanche, ne présentent guère de particularités, et la carte archéologique paraît calquer celle de Sigus : on observe un espace vide immédiatement au sud et des ruines romaines réparties à peu près équitablement au nord et assez loin vers le sud. Tout au plus peut-on relever la présence d’un important domaine impérial, le saltus Sorothensis, à quelque vingt kilomètres dans le sud-sud-ouest de la ville.

 

Mais Tigisis semble avoir joué un rôle local pendant longtemps. Des évêques sont attestés vers 305, en 411, 484, au VIe siècle, en 602, au VIIIe et même au IXe siècle. L’époque byzantine a laissé d’autres traces, et d’abord ce que Ch. Diehl appelait un fortin et qui est plus justement, comme l’a bien vu Cl. Lepelley, une forteresse, occupant une superficie de 3,96 hectares. Cette construction correspondait certainement à une réelle nécessité militaire, car en 535 eut lieu dans les environs un conflit qui opposa le byzantin Althias au berbère Iaudas. Enfin, au milieu du VIIe siècle est attesté un dux.

 

 

 

 

 

De Sila à Gadiaufala : urbanisation et municipalisation dans la Numidie cirtéenne méridionale (2/2) dans Architecture & Urbanisme 800px-%D8%AD%D9%81%D8%B1%D9%8A%D8%A7%D8%AA_%D9%81%D9%8A_%D9%85%D8%AF%D9%8A%D9%86%D8%A9_%D8%B9%D9%8A%D9%86_%D8%A7%D9%84%D8%A8%D8%B1%D8%AC_%D8%B3%D9%86%D8%A9_1955_%D9%88_1956_%D8%B9%D9%84%D9%89_%D9%8A%D8%AF_%D8%B9%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%8A_%D8%A7%D9%84%D8%A2%D8%AB%D8%A7%D8%B1_%D9%84%D8%A7%D9%86%D8%B5%D8%A7%D9%84_%D9%88_%D8%A8%D9%88%D8%AB%D9%8A%D8%A7%D8%B1 

Première campagne de fouilles à Tigisis 1955 – 1956

(Serge Lancel; Pierre Pouthier)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’originalité de Tigisis tient donc au rôle qu’elle a joué à l’égard des populations indigènes et à sa survie tardive. Celle de Gadiaufala, actuellement Ksar Sbahi, tient au contraire à sa position qui en a fait nœud routier plus important encore que Sigus. La ville a été bâtie à environ 900 mètres d’altitude, sur une éminence qui domine les Hautes Plaines, au contact de deux reliefs orientés, et près des derniers plis de l’Atlas Tellien. Mais c’est surtout sa situation qui retient l’attention; elle se trouvait au centre d’une véritable étoile de voies romaines, sur deux axes majeurs, celui qui reliait Carthage à Sétif (par Tipasa et Thubursicu Numidarum à l’est, par Tigisis et Sigus à l’ouest), dont une branche partait vers Cirta, et celui qui unissait Cirta à Tébessa en passant par Vattari (Fedj es-Siouda). De Gadiaufala on pouvait également atteindre Ksar Adjeledj au sud-ouest et Thibilis (Announa) au nord-est. Cette bonne fortune, conséquence de la situation géographique, ne s’arrête pas là; la région fut recouverte d’oliviers et la ville devint un important centre oléicole : on y a retrouvé de nombreux pressoirs.

 

La richesse économique attira un fort peuplement. Les tribus indigènes furent naturellement moins choyées par le pouvoir politique, et seuls les Nattabutes purent rester dans les environs (immédiatement au nord), et encore est-ce parce qu’ils se regroupèrent autour d’une ciuitas, à Oum Krekech. À cet égard donc, Gadiaufala jouait un rôle moindre que celui de Tigisis. En revanche affluèrent Romains et romanisés; l’occupation, ancienne et massive, fut en particulier l’œuvre de vétérans.

 

La bonne fortune des archéologues n’a pas voulu se montrer généreuse pour ce site. On en pressent l’importance : de nombreuses maisons et une forteresse ont été repérées, et on connaît un chevalier originaire de cette ville. On a également retrouvé un aqueduc, une nécropole et une cinquantaine d’inscriptions, en plus des pressoirs déjà mentionnés.

 

Et la moisson épigraphique n’est pas seulement peu abondante : elle est aussi peu explicite. On ignore tout du statut et des institutions de cette agglomération. Cependant, certaines données incitent à formuler une hypothèse. Et d’abord, l’importance économique et stratégique de Gadiaufala ne peut plus être sous estimée. En outre, cette ville, comme nous l’apprend un milliaire, est liée à Cirta. Enfin, on y retrouve une onomastique proche de celle de Tigisis, avec beaucoup de Iulii, ce qui n’est pas très original, il est vrai, mais aussi des Caecilii et des Geminii, gentilices moins fréquents. Alors, si Cl. Lepelley a pu supposer que Tigisis avait reçu le statut de pagus, peut-être ne me taxera-ton pas de témérité si on propose l’hypothèse que Gadiaufala ait été également un pagus, appelé par la suite respublica et castellum, et doté de magistri et d’un ordo de décurions.

 

Mais il ne s’agit là que d’une supposition. On retrouve un terrain plus solide avec l’examen des ruines romaines repérées sur le terroir de cette agglomération. L’examen de la carte archéologique révèle de fortes densités et une occupation particulièrement importante au nord-ouest et au sud-ouest, surtout en liaison avec les reliefs, situation qui n’est pas sans évoquer celle qui a été observée dans les environs de Sila. Les campagnes situées au nord-est et au sud-est de la ville ont été également occupées, et une inscription indique, dans les environs, l’existence d’un uicus lié à un marché (nundinae) et à un temple.

 

Après un apogée qu’il faut placer sans aucun doute sous le Haut Empire, le destin de Gadiaufala devint plus terne, à l’inverse de ceux de Sila et Tigisis, à l’instar de celui de Sigus. Des évêques sont attestés en 255-256 et 484, ainsi qu’une église à trois nefs de 25 mètres sur 12.

 

Au VIe siècle, peut-être, existait un domaine installé sur un municipe; enfin, à l’époque byzantine, on construisit un fortin (et non une forteresse : l’enceinte ne couvrait qu’un espace modeste de 0,16 hectare). Gadiaufala fut donc un important carrefour sous le Haut-Empire, et un centre agricole voué au moins à l’oléiculture, peut-être aussi un pagus devenu castellum.

 

Cette enquête souffre des lacunes de la documentation et de la part des hypothèses; elle nous laisse donc dans une relative incertitude, comme il arrive parfois en histoire ancienne.

 

Certains résultats paraissent néanmoins acquis. Ces quatre agglomérations possèdent des points communs : elles sont situées dans le sud de la Numidie Cirtéenne, elles sont unies à la «capitale» par des liens de subordination et il s’agit de centres urbains petits ou moyens, de dimensions analogues, qui devaient leur prospérité en partie à l’oléiculture.

 

Des différences peuvent également être relevées. Sigus et surtout Gadiaufala bénéficiaient de leurs situations qui en faisaient d’importants carrefours, alors que Tigisis et surtout Sila jouaient un moindre rôle dans le domaine des communications. Tigisis en revanche et Gadiaufala à un moindre degré avaient pour double mission de contrôler les indigènes et de les séduire : nombreux dans les montagnes, ceux-ci ont été soit refoulés, soit recouverts par une deuxième couche de population, plus romanisée, à laquelle ils se sont mêlés.

 

L’histoire municipale, elle aussi imparfaitement connue, repose sur une certitude et sur deux hypothèses. Ainsi Sigus reçut le titre de pagus, sans doute avant la fin du Ier siècle, et fut appelée «respublica» et «castellum» dans la première moitié du IIIe siècle. On peut penser, avec Cl. Lepelley, que Tigisis suivit la même évolution, et je propose de formuler une supposition analogue pour Gadiaufala. Voilà les réponses, certes partielles, que l’on peut donner aux questions «Quand?» et «Comment?» Le «Pourquoi?» relève plus de l’évidence; les promotions reconnaissent à la fois la prospérité et la romanisation : là, le droit rejoint l’économie et la culture.

 

Ces quatre villes paraissent avoir eu des destins différents pour la période qui va de l’Antiquité tardive à la reconquête byzantine. Alors que Sila et Tigisis maintenaient leur niveau de richesse, Sigus et Gadiaufala semblent s’être effacées. Quoi qu’il en soit, après l’accession au titre de pagus, avant la fin du Ier siècle, et au rang de castellum, au début de l’ère sévérienne sans doute, plus aucune évolution n’est attestée par les sources.

 

On peut maintenant résumer l’histoire de l’urbanisation pour le sud de la Numidie Cirtéenne : deux phases d’essor au Ier et au IIe siècle ont été récompensées par des transformations juridiques; le IIIe siècle a sans doute été caractérisé par un ralentissement des activités; du IVe au VIe siècle, les villes semblent avoir suivi des destins divergents, mais aucun titre nouveau n’accompagne la fortune maintenue de Sila et Tigisis. Pour les cas qui ont retenu notre attention une conclusion s’impose : les mutations municipales récompensaient donc les longues phases d’essor économique et de romanisation; en revanche, une période d’essor n’entraînait pas nécessairement un changement de statut municipal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Mode de Désignation et Nature de l’Emplacement

30052020

 

 

 

 

 

 

 

I. Mode de Désignation

 

 

 

Les marchés sont hebdomadaires, et les lieux où ils se tiennent sont désignés, sans laisser la moindre incertitude, par le nom du jour qui leur est consacré, et de la tribu qui leur prête son territoire.

 

Ainsi on dit:

 

H’ad-Mzâla, le dimanche des Mzâla.

Tneïn-Fenaïa, le lundi des Fenaïa.

TIâta-Beni-Ir’ât’en, le mardi des Beni-Ir’âten.

Arba’-Beni-Our’lis, le mercredi des Beni-Our’lis.

Khemis-Beni-’Abbés, le jeudi des Beni-’Abbés.

Djema’-Beni-Ourtilân, le vendredi des Beni-Ourtilân.

Sebt-Beni-Slimân, le samedi des Beni-Slimân.

 

 

Quelquefois le marché, au lieu d’emprunter le nom de la tribu, se désigne par quelque particularité historique ou géographique. Sur la hauteur qui domine le pays des Flîcet-Mellîl, s’élève un marabout appelé Timezrît, autour duquel se tient, tous les dimanches, le marché des Rouâfa. Pour cette raison, on l’appelle presque toujours le dimanche de Timezrît. Djema’t-es-Sahridj (le vendredi du bassin), chef-lieu et marché des Beni-Fraoucen, doit son nom à un bassin de construction antique, dont on y voit, dit-on, les restes. Bou-Chafa‘ est encore un marabout qui occupe l’emplacement du marché des Beni-‘Azzouz, aussi l’appelle t-on souvent le vendredi de Bou-Chafa’. Il arrive parfois que, dans la désignation des marchés, au nom de la tribu l’usage substitue celui du village auprès duquel il se tient. C’est de cette manière que l’on dit: le dimanche d’Adni (Beni-Ir’àt’en) , le mercredi de Charrîta (Beni-Ir’ât’en), le lundi et le jeudi de Dellis.

 

Un Caïd turc, appelé ‘Ali-Khodja, établit jadis, au confluent de l’Ouad-el-Klàb dans L’Ouad-Amraoua, un marché qui devint, dans la suite, fort important, et qui a conservé le nom de son fondateur, car on l’appelle encore le samedi d’Ali-Khodja.

 

Quelquefois c’est le jour de la semaine qui transmet son nom à un accident géographique, à un col, à une source, à un cours d’eau. Ainsi, sans sortir de la Kabylie, nous trouvons, dans le canton de Bou-R’ni, un village appelé Tizi-n-el-H’ad (le col du dimanche), une source appelée ‘Aïn-el-Arba’ (la source du mercredi), chez les Beni-Tour; un ruisseau appelé Ouad-el-Djema’ (la rivière du vendredi), chez les Nezlioua, et, enfin, un ruisseau du dimanche (Ouad-el-H’ad), qui traverse les Beni-Ir’ât’en.

 

La rivière qui va se jeter dans la mer, près du cap Matifou, à l’Est d’Alger, et qui a reçu des Français le nom de Hamise, par corruption du nom arabe Ouad-el-Khemis (ruisseau du jeudi), tire cette dénomination du marché de Khechna qui se tient sur ses bords. Ces indications expliqueront aux personnes qui font usage des cartes de l’Algérie le sens des mots h’ad, tneïn, tlâta, etc. qui s’y reproduisent fort souvent.

 

 

 

 

 

 

Le Marché Kabyle d’antan - Mode de Désignation et Nature de l’Emplacement  dans Attributs d'Algérienneté 200411100331921342

Kabylie ; Adekar Rassemblement d’Algériens sur un marché 1950

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II. Nature de l’Emplacement

 

L’emplacement des marchés est un terrain essentiellement neutre; c’est la condition indispensable pour garantir la sécurité des transactions; il reste donc inculte, et, comme toutes les terres incultes, ne reconnaît d’autre propriétaire que Dieu.

 

Cependant, il est censé dépendre du territoire de la tribu dont il porte le nom, mais il en occupe l’extrémité, et appartient généralement à la limite commune de plusieurs tribus: c’est le signe de leur mitoyenneté.

 

Les marchés se tiennent toujours au bord d’une source ou d’un ruisseau, et souvent à côté d’un bois. Ordinairement un arbre, planté sur la tombe d’un derviche, ombrage la source et indique le centre de la réunion hebdomadaire. Indépendamment de ce signe extérieur, un marabout, qui sert de mosquée, s’élève sur l’emplacement du marché. C’est autour de ce marabout que les habitants des tribus voisines viennent enterrer leurs morts; aussi choisit-on de préférence, pour y établir un lieu de fréquentation commerciale, les ruines d’une ville ou d’une bourgade romaine. C’est une carrière qui fournit, sans le moindre travail, la pierre de l’édifice et des tombeaux.

 

Le marché, sanctuaire des intérêts matériels, devient donc ainsi le sanctuaire des intérêts moraux , placé sous la double sauvegarde du passé et de l’avenir, des souvenirs de la famille et des espérances de la religion.

 

Une plaine déserte, silencieuse et inculte; une source d’eau limpide, ombragée par un tremble colossal; un petit édifice blanc, couvert tantôt d’un dôme en coupole, tantôt d’une toiture en tuiles; des tombes groupées alentour, comme une famille autour de son chef; de vieux pans de mur, des pierres de taille éparses, tombes d’un autre âge, tel est l’aspect du marché pendant six jours, et le voyageur qui le traverse alors ne se doute pas de l’importance de ce lieu, de l’affluence et du brouhaha, des voix tumultueuses et des scènes animées qui, une fois par semaine, en troublent le silence et la solitude.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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