La Caverne de RAYMOND LULLE

2052017

 

 

 

 

La Caverne de RAYMOND LULLE  dans Attributs d'Algérienneté Ramon_Llull

 

 

Au bout du cap de Bougie, on voit un grand trou ou une voûte qui traverse le cap N-S sous laquelle pourrait passer une galère mâtée et où les brigantins et les bâtiments à rame de Majorque viennent se cacher pour attendre les bâtiments turcs et les prendre.

Quelques-uns appellent cette voûte, la Caverne de Raymond LULLE*, qui, cherchant la pierre philosophale, passa pour magicien. Les autres disent que la Caverne de Raymond LULLE est une grotte à un grand quart de lieue de la ville, vers l’endroit où il y a un bon mouillage.

 

Sous cette voûte il y a une source d’eau et l’on y voit le restant d’une ancienne citerne sur laquelle on a bâti un marabout ou oratoire et ermitage pour un saint turc.    

 

 

 

 

 

 

* : Raymond LULLE, missionnaire franciscain de Majorque, vint, au XIVe siècle, tenter d’implanter le christianisme parmi les populations du Maghreb central et oriental.

Entre deux séjours à Tunis, il débarqua à Bougie, venant de Paris par Montpellier et Majorque en 1307. Après une prédiction sur la place publique, il fut arrêté, jeté en prison puis expuisé.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Chant populaire

30042017

 

 

 

 

 

Chant populaire dans Littérature 1492596015-899444s080820

 

 

 

 

 

 

 

Cette ancienne berceuse était chantée par les femmes de Guelma pour endormir leurs enfants.  

 

 

 

 

Mon fils dort dans le berceau

Et je le berce.

Quand il sera grand il lira sur la planche

Et le professeur l’instruira.

 

 

Mon chéri est parmi les garçonnets

Le plus agile d’entre eux.

Lorsque vient le coucher du soleil

Il part les laissant seuls.

 

 

O postillon ! Conduis bien,

Prends garde de faire tomber mon fils ;

Je te prie de veiller sur lui

Et te paierai de mes deniers.

 

 

Son père est satisfait

Quand il commence à lire

Et son frère le caresse

D’un coup amical sans lui faire mal.

 

 

Mon fils nage sur la mer

Comme un capitaine marin,

S’il voyage sur terre

Il monte la chamelle coureuse.

 

 

Mon fils est cavalier de goum

Monté sur une jument ;

Si le sommeil arrive

Il se repose un peu.

 

 

Mon fils est parti chasser.

Il me rapporta un porc-épic ;

Lorsqu’il voulut recommencer

Il rencontra les voleurs.

 

 

Mon fils est toujours propre

Il se lave au bain maure.

Lorsque vient l’époque de l’été

Il mange de la chair de colombe.

 

 

Les amis de mon fils sont raisonnables

Et il est le plus sérieux d’entre eux ;

Si la bataille se déclare

C’est lui qui est le premier !

 

 

Dès le matin de bonne heure

Il se lève et travaille ;

Lorsqu’arrive la fin de la matinée

La gazelle revient dans son parc.

 

 

O gens comment vais-je faire !

Mon fils m’a quitté,

Mon esprit s’égare

En songeant au peu de temps que je l’ai vu.

 

 

Mon fils est cadi,

Il tranche les différends,

Il juge par une décision sûre

Entre les partisans des délits.

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Cuivre pour or

28042017

 

 

 

 

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Paire de bracelets de cheville en or à tête de serpents /  Constantine 19e  siècle

 

 

 

 

 

 

On raconte qu’El-Hadj El-Habib ben Abed Mebkhoula, caïd de la tribu des Hammans, cercle de Mécheria; donna une forte somme à un bijoutier juif pour lui faire une paire de gros khalkhals et chargea l’un de ses serviteurs de surveiller attentivement cette opération. L’Arabe emportait l’or chaque soir et le rapportait le lendemain matin au bijoutier. Lorsque le juif eut presque achevé son travailet n’avait plus qu’à fourbir le bijou pour lui donner plus de lustre, il fit en cachette des khalkhals en cuivre; qu’il apporta et déposa dans la cuve pleine d’eau sale destinée au refroidissement des bijoux. Le jour de la remise de la paire de khalkhals étant arrivé, le juif affecta de lui donner les plus grands soins: il plongea les bijoux d’or dans la cuve, en retira les khalkhals de cuivre, qu’il nettoya et remit à son client.

 

 

L’Arabe partit joyeux; mais l’idée lui étant venue de montrer la paire de khalkhals à un connaisseur, il apprit avec stupéfaction qu’il avait reçu des objets de cuivre, absolument semblables extérieurement. Il requit alors un agent de la force publique pour arrêter le juif, qui fut trouvé détenteur des bijoux truqués. Il avait, paraît-il, l’habitude de ces délicates substitutions.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Zendani Bekaou Aâla Kheir (Restez en paix !)

26042017

 

 

 

 

L’air le plus connu et le plus populaire d’Algérie : le zendani Bekaou aâla kheir (Restez en paix) se joue pour clore une grande fête comme une simple séance de musique ; c’est le congé que prennent les musiciens des hôtes qui les ont écoutés.

 

 

Le nombre des couplets est indéfini. « Restez en paix! disent les chanteurs, nous voilà partis ; si on nous aime, on reviendra nous chercher. Restez en paix ! Il nous faut partir; la voix du muezzin crie l’appel à’ la prière. Restez en paix ! Foin des importuns ! Que ceux qui occupent les chaises les abandonnent. Restez en paix ! Nous nous sommes amusés un moment ; que Dieu préserve l’assistance. »

 

 

 

Le Zendani Bekaou Aâla Kheir (Restez en paix !) dans Musique 1490975041-restez-en-paix

 

 

 

 

Quand tous les couplets traditionnels sont épuisés, les chanteurs en improvisent où ils intercalent les noms des convives de marque, des personnages qu’ils veulent honorer, faisant rimer ces noms avec les formules habituelles de politesse et de remerciements.

 

Se conformant à cette coutume voici un exemple d’un improvisateur qui chantait à la fin du XIXe siècle :

 

 

Bekaou aâlakhir! hâd l’h'erouf bhamro,

Men aând eddirictor M’siou Combario. Ellah hinesrou !

Bekaou aâla khir ! Ouhad elklam soua soua. H’akim ekbir houa M’siou Laloua. Bekaoû aâla khir !

Bekaoû aâla khir I Rebbi ikhelli erdjal Elli ikraou la Revo Mosical. Ebkaou aâla khir !

Restez en paix I Cet article a été fait par son ordre, Par l’ordre du directeur M. Combarieu. Que Dieu lui accorde la victoire.

Restez en paix ! Voici des paroles vraies. Un grand savant, c est M. Laloy. Restez en paix

Restez en paix ! Que Dieu conserve les hommes Qui lisent la Revue musicale. Restez en paix.

 

 

 

 

 

 

Dans le mode Chaâbi (Algérois)

 

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Dans le mode Malouf (constantinois) avec improvisation

  

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Timechekerrit : coutume guerrière kabyle

24042017

 

 

 

 

Les Kabyles suivaient dans leurs guerres, une coutume qui était d’un usage fréquent, c’est ce qu’ils appellaient le Timechekerrit.

 

Au moment de la réunion générale où l’on décide la guerre, les tribus ou les villages se lancent les uns aux autres des défis de prouesse ; ce sont généralement les tribus séparées par de longues inimitiés qui, réunies pour une même cause, veulent rester rivales dans la lutte contre l’ennemi commun et font ainsi tourner leur rivalité au profit du bien public. Cette coutume est suivie aussi bien dans les guerres de tribu à tribu que dans les guerres contre un étranger. Tantôt, chaque tribu rivale défend une portion de retranchement et celle qui lâche pied la première est déshonorée ; tantôt on indique le point où il faudra arriver, après avoir culbuté l’ennemi, pour avoir les honneurs de la journée.

 

Les Kabyles mettaient un extrême amour-propre dans ces défis, les meddahs chantent la gloire du vainqueur et la honte du vaincu et leurs récits rimés se transmettaient de génération en génération.

 

   

 

 

 

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 Gravure Algérie 1856. Expédition de KABYLIE : 16 septembre à MAHALET RAMDAM. 24 septembre chez les BENI KOUFFI

 

 

 

 

 

 

 

 

Les exemples qu’on pourrait signaler sont nombreux, nous citerons seulement le combat livré le 17 mai 1844, dans les Flissat ou Millil, par le maréchal Bugeaud, où toutes les tribus kabyles avaient envoyé leurs contingents ; l’attaque des Beni Iraten, le 24 mai 1857, où les fractions d’Irdjen et d’Ait Akerma rivalisèrent de ténacité dans des retranchements établis entre Tamazirt et Adeni; les combats d’Icheriden du 24 juin 1857 et du 24 juin 1871, qui peuvent compter parmi les plus sanglants livrés par le colonisateur  aux Kabyles.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Première guerre mondiale (1914 – 1918) : Scènes du front, Champagne et Balkans

22042017

 

 

 

 

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La langue franque (La lingua Franca)

20042017

 

 

 

 

Sur une grande partie des pourtours méditerranéens, dont les côtes de l’Italie, de la France, de l’Espagne et du Maghreb, la lingua franca fut en usage, durant tout le Moyen Âge, l’époque classique, et jusqu’au début du XIXe siècle, dans les relations commerciales, politiques, diplomatiques ou guerrières qu’eurent avec les européens les souverains d’Alger et de Tunis, ainsi que les marchands et voyageurs, militaires et marins. La dynamique de ces rapports assez instables, et sans doute aussi le caractère coloré et pittoresque d’un subir où se mélangeant des mots d’origines hétéroclites (surtout italiens mais aussi provençaux, catalans, castillans, français, grecs, turcs et arabes) firent de la lingua franca un sujet de fantaisies littéraires.   

 

 

 

 

 

La langue franque (La lingua Franca)  dans Attributs d'Algérienneté 1490291997-237-001-1 

 

 

 

 

La lingua Franca que l’on parlait à Alger et qu’on l’appelait aussi le Petit Mauresque tient beaucoup à l’espagnol, employée par les habitants des villes maritimes. Cet idiome n’a ni orthographe, ni règle grammaticales bien établies ; il diffère même sur plusieurs points suivant les villes où il est parlé. Les verbes s’emploient constamment à l’infinitif, il n’y pas même les inversions des pronoms, qui en français donnent à une phrase le caractère interrogatif, en sorte que lorsque l’on parle d’une action on est embarrassé pour savoir si c’est d’un acte consommé ou d’une acte à faire , ou même si on demande ce qui a été fait relativement à cet acte; ainsi 

 

 

ti andar passegiar veut tout aussi bien dire tu es allé te promenerque vas-tu te promener? Es-tu allé te promener? Ou enfin iras-tu te promener? 

 

mi crumpar cavalloj’ai acheté un cheval, J’achèterai un chevalachèterai-je un cheval? 

 

Remarquez bien encore qu’on ne distingue pas les nombres, ainsi cette phrase se dit tout aussi bien s’il est question d’un cheval que si on veut parler de plusieurs chevaux, et à moins que l’on ne dise si l’on a dans sa pensée deux, trois, quatre chevaux, on ne sait pas. Si celui qui parle entend exprimer par sa pensée un cheval ou plusieurs chevaux.

 

Ce n’est rien que tout cela encore, mais presque tous les mots tirés des diverses langues sont défigurés principalement dans leurs terminaisons, et au milieu de ce galimatias se trouvent d’innombrables barbarismes, des mots traduits à la volonté de celui qui parle ; ainsi 

mi voulir facir sella al cavalloje veux faire une selle de chevalvoulir et facir se comprennent, mais d’où viennent-ils?  Et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que cette phrase qui peut se prendre comme la précédente dans le temps passé ou futur, ou dans le sens interrogatif, s’emploie dans les mêmes expressions et pourrait s’entendre sous les mêmes modifications, s’il était question de mettre la selle à un cheval comme de faire une selle de cheval. 

 

La pauvreté de ce langage se fait sentir à chaque instant; bono est le grand mot qui vient à chaque instant, bono vent dire bon , mais il veut dire aussi bonnement, bien , il exprime de plus le sens des adjectifs, solide, propre , sage , beau, joli et tous ceux qui ont un sens laudatif; la casa bono est à votre choix la maison solide, ou belle, ou propre, ou commodeune bonne terre est terra bono, mais la terre médiocre est poco bono , la meilleure est mucho bono et la terre mauvaise est non bono, car il n’y a pas d’autre moyen pour exprimer la qualité de ce qui est mauvais; ainsi qui sait bono connaît la moitié de la langue, et lorsque Figaro croyait savoir parler anglais parce qu’il disait goddem, le premier venu connaît à plus forte raison la langue franque , lorsqu’il sait dire bono et non bono

 

 

 

On a cherché à découvrir l’origine de cet étrange baragouin , et on a pensé qu’il avait pris naissance parmi ceux que les corsaires retenaient esclaves à Alger; ces prisonniers appartenaient principalement à l’Espagne , à l’Italie et à la Provence , et chacun d’eux éprouvant le besoin de se faire entendre de ses compagnons d’infortune , apportait le tribut de son idiome, qu’il tâchait de mettre à portée de son interlocuteur, à qui il cherchait à faire adopter quelques-unes de ses expressions , en s’efforçant de comprendre et d’employer les siennes. Les maîtres de ces infortunés, ceux qui avaient sous leurs ordres les captifs appartenant à l’état, étaient dans la nécessité d’apprendre à parler comme eux, autant pour les entendre que pour se faire entendre d’eux. Les Corsaires, qui étaient nombreux à Alger, tant parmi les Maures que parmi les Turcs, avaient également besoin, ainsi que leurs équipages , de connaître ce langage , et quelques navires marchands d’Alger qui fréquentaient les ports de Marseille , Gènes , Livourne, Naples, Barcelone , Carthage, Manon et autres, en rapportaient toujours quelques mots qui s’entremêlaient confusément sans qu’aucune méthode intervînt pour en régulariser l’usage ; mais l’Espagnol y domine, et de toutes les langues de l’Europe, c’est celle avec laquelle on est le plus généralement compris. Cependant c’est avec cette façon de parler que les Européens arrivés à Alger, depuis la domination française, ont pu se faire entendre des Maures et des juifs; plus ou moins, les indigènes en comprennent tous quelques mots, les juifs surtout en font un usage fréquent ainsi que les kabyles qui sont nombreux dans la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sidi-el-Haloui

18042017

 

 

 

 

 

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Sidi-el-Haloui, dont on raconte une fort jolie légende. Abou-Abd-Allah-Ech-Choudi, héros de cette légende, naquit à Séville, où il fut cadi; puis, quittant patrie, honneurs et fortune, se couvrant de haillons et prenant le bâton de pèlerin, il passa la mer, arriva à Tlemcen où, contrefaisant le fou, il laissait la foule s’ameuter et crier après lui. Cela se passait vers l’an 665 de l’hégire (1266 de J.-C.), sous le règne de Yagh’Moracen.

 

Cependant Ech-Choudi vendait sur la place publique des bonbons et des pâtes sucrées, halouat, d’où le surnom d’Haloui que lui donnèrent les enfants. Puis, lorsque par ses bouffonneries il avait rassemblé assez de monde autour de lui, il changeait de ton et de langage, et se mettait à discourir en controversiste consommé sur la religion et la morale, et la foule se retirait confondue et pleine d’admiration.

 

Baba-el-Haloui ne tarda pas à passer pour un oracle ; son but était atteint, il fut salué ouali, saint, et il ne fut plus question que de ses miracles. Sidi El-Haloui mourut dans un âge avancé et fut enterré hors de Bab-Ali (Bab-Ziri) en 705 de l’hégire (1305-6 de J.-C.).

 

La lin de cette histoire, déjà assez merveilleuse par elle-même, n’est pas cependant la vraie, dit un auteur ; voici celle à laquelle seule, tout bon musulman doit ajouter foi. Le bruit de la renommée d’El-Haloui n’ayant pas tardé à arriver jusqu’au sultan, celui-ci lui confia l’éducation de ses deux fils. Mais, desservi par la jalousie du vizir, qui le fit passer pour sorcier, El-Haloui fut décapité et son corps abandonné sans sépulture à la voracité des bêtes fauves et des oiseaux de proie. La haine du grand vizir était satisfaite, Dieu seul n’était pas content. Le peuple aussi faisait entendre des murmures et des plaintes.

 

Or, voici que le soir qui suivit cette terrible exécution, le bououab ou gardien des portes criait comme à l’ordinaire : La porte ! La porte ! Afin que les retardataires qui se trouvaient encore dehors se hâtassent de regagner leur logis, quand tout à coup une voix lugubre retentit au milieu du silence de la nuit :

— « Gardien, ferme ta porte ! Va dormir, gardien ! Il n’y a plus personne dehors, excepté El-Haloui, l’opprimé. » Le gardien fut saisi d’étonnement et de terreur, mais il se tut.

 

Le lendemain, le surlendemain, pendant sept jours, la même scène miraculeuse se renouvela. Le peuple, qui eut vent de ce qui se passait, murmura tout haut. Le sultan ne tarda pas non plus à connaître ce miracle, et voulut s’assurer par lui-même de son évidence : il se rendit chez le Bououab, et quand il eut entendu El-Haloui, il se retira, disant : — « J’ai voulu voir, j’ai vu. » Il était juste, comme l’est tout sultan des légendes, et l’aurore du lendemain éclairait le supplice du grand vizir, qui fut enseveli vivant dans un bloc de pisé que l’on posa justement vis-à-vis de l’endroit où le pauvre ouali avait été décapité, et où son corps gisait sans sépulture; on refaisait alors les remparts de la ville.

 

Pour que la réparation fût complète, la volonté royale décida qu’un tombeau, digne de la sainteté de la victime, lui serait élevé; on y déposa ses restes. Le petit bâtiment qui recouvre la pierre tumulaire sans inscription de Sidi El-Haloui, s’élève sur le tertre où le saint fut, dit-on, décapité. Un caroubier séculaire l’abrite de son large et sombre feuillage. Plus bas, la mosquée surgit, blanche et étincelante de mosaïques, au milieu d’un immense massif de verdure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sour Kelmitou

16042017

 

 

 

 

Sour Kelmitou dans Attributs d'Algérienneté ca27_sour_05

 

  

 

 

Ville en ruines dans le pays des Medjehar, au nord-nord-est de Mostaganem.

Le docteur Shaw croit que ce sont les restes de Lar-Castellum de l’itinéraire d’Antonin. Les habitants du pays prétendent que du temps des guerres des Moulouk-el-Arab (princes arabes), cette ville fut prise d’assaut, détruite, et que tous les habitants furent passés au fil de l’épée; de là le nom que portent maintenant ces ruines:

سور كل موتى  Sour-Koul-Mouta, كل ميتو Koul-Mitou : 

Sour : rempart; et koul-mouta , koul-mitou, tous morts.

 

Il y avait  aux environs une source d’eau excellente, et un bois magnifique d’oliviers et d’amandiers.

 

 

 

 

 

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Bogolan: le joyau de l’art artisanal du Mali

14042017

 

 

 

 

Bogolan: le joyau de l'art artisanal du Mali  dans Art 1490012429-31139c15c232a7345d314a8fed465cea

 

 

 

 

 

Le bogolan est une technique ancestrale propre aux peuples mandés d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’une peinture sur tissu exécutée exclusivement à partir de pigments minéraux et végétaux. Sur des bandes de coton tissés par les hommes, les vieilles femmes peignaient : trousseaux de mariage, vêtements d’usage courant, pagnes destinés à être commercialisés. Chasseurs et bergers teignaient également leurs tenues de chasse, de travail, de parade.

« Bogo » signifie ‘terre, boue’, de sorte que bogolan signifie ‘obtenir un résultat avec de la boue). Aucune datation précise de ses origines n’a pu être déterminée, en raison de la fragilité du matériau.

 

La tradition orale rapporte qu’une femme aurait malencontreusement souillé avec la boue du fleuve un pagne qu’elle portait, et qu’en essayant de le nettoyer, elle se serait rendu compte que les taches étaient indélébiles.

 

Les ethnies qui pratiquent la technique du bogolan sont les Bambara, les Dogon, les Bobo, les Sénoufo, les Minianka et les Malinké. Cet art était, à l’origine, réservé aux femmes inaptes aux travaux physiques à la suite d’une blessure ou d’un âge avancé. Elles confectionnaient des vêtements pour toute la communauté. Chaque motif revêtait une symbolique en relation avec l’usage qui était destiné au vêtement, ou avec celui qui le portait. De nos jours, suite à l’engouement des occidentaux pour le bogolan, l’assemblage des dessins ne répond qu’au seul critère de l’esthétique.

 

 

 

 

 

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Femme Bambara (Mali) confectionne un vêtement en bogolan

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette technique, on dessine un motif avec de la boue riche en fer sur un fond teint au préalable avec la teinture basilan, créant une couleur noire. Il existe plusieurs styles de bogolan. Les Bambaras dessinent les motifs avec de la boue, et ceux-ci virent au noir en réagissant avec le tissu imprégné de teinture basilan. Les Sheynas de Korhogo (Côte d’Ivoire) procèdent de manière inverse ; ils dessinent d’abord le motif par la technique basilan, passant généralement plusieurs couches de la décoction sur les lignes et les surfaces du motif décoratif, et ensuite ou bien ils dessinent à nouveau sur les motifs avec une dernière couche de boue liquide appliquée avec un pinceau fait de tige de palmier, ou bien ils plongent toute la pièce de tissu dans un bain de boue diluée. Là où la boue vient en contact avec le motif tracé sur le tissu par la méthode basilan, il se forme des dessins noirs qui sont fixés sur le tissu, tandis que la boue est enlevée par lessivage du reste de la surface, laissant un fond blanc de la couleur naturelle du coton. Les motifs obtenus sur le tissu bogolan ont une signification particulière ou transmettent des messages, et les compositions les plus élaborées se rencontrent au Mali dans les régions de Bélédougou (Kolokani), Fadougou (Banamba), Pondo (sud de Djenné) et Bendougou (Bla). Dans ces régions, ce sont surtout les femmes qui pratiquent la technique bogolan, en suivant les anciennes procédures héritées de leurs ancêtres. Les thèmes des dessins, en particulier ceux des pagnes de ces districts, se rapportent aux cultures et aux communautés locales, à leur histoire, leurs modes, leurs mythes, leurs événements familiaux, la hiérarchie des groupes sociaux, et certains sont également dotés de pouvoirs protecteurs. Cette technique de teinture, qui n’était jadis appliquée qu’à des occasions familiales particulières, a évolué dans la période récente pour devenir une branche importante de l’économie artisanale du Mali.

 

 

 

 

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Bogolan Textiles – Segou

 

 

 

 

 

 

Production et commerce international :

 

Les tissus traditionnels bogolan ont commencé à être commercialisés à assez petite échelle au Mali dans les années 1970, principalement par des femmes des districts de Kolokani, Banamba, San, Djenné et Ségou qui cherchaient à accroître leur revenu familial. Ce développement commercial a commencé à prendre réellement de l’importance dans les années 1980, et depuis lors plusieurs centres de production à grande échelle de bogolan sont apparus, par ex. dans la ville de San. Entre 1980 et 2004, le commerce de vêtements et de tentures décorés par la technique bogolan s’est développé en flèche, et ces textiles sont maintenant exportés en grandes quantités dans le monde entier. Cet artisanat est surtout prospère au Mali, où les villes de Bamako et Mopti sont devenus des centres d’exportation de tissus bogolan vers le Sénégal, le Ghana, l’Afrique du Sud, l’Europe (France, Allemagne, Suisse, Belgique), l’Asie (Japon) et l’Amérique (Etats-Unis, Canada).

 

L’industrie du bogolan s’est propagée dans les pays voisins ; après le Mali, le Burkina Faso et plus récemment le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Niger se sont également mis à produire des tissus bogolan à grande échelle.

 

Au début des années 1990, la mode s’est établie au Mali de porter des vêtements de coton décorés par la technique bogolan. Il s’est ainsi ajouté à la production pour l’exportation une production à usage local, et à présent, dans les centres urbains, de nombreuses associations féminines pratiquent la teinture bogolan comme source de revenus professionnels, ce qui attire également de plus en plus d’artisans masculins.       

 

 

 

 

 

Bogolan dans l’art contemporain malien

 

Héritier d’une tradition est ce qu’il y a de plus difficile pour un homme. Le privilège de la transmission, le respect d’une direction donnée par les ancêtres, la connaissance des clés et des significations du langage symbolique obsèdent la conscience de certains artistes en Afrique. Le travail des artistes et artisans maliens contemporains sur les bogolans est à ce titre exemplaire.

 

Actuellement, l’usage des pagnes en bogolan tend à disparaître, la symbolique s’oublie, mais un artisanat vivant perdure. Les signes et les codes demeurent utilisés, même si une part de sens est oubliée, et les artisans maliens continuent à composer leurs bogolan au gré de leur savoir et de leur inspiration. Ainsi parmi les motifs des bogolan contemporains exposés au musée des Arts africains et océaniens en 1990, peut-on reconnaître des signes anciens : bara feere, la fleur de calebassier ; kooli so, cercle centré sur un point, figure l’enceinte maison…

 

 

Pourtant, la plupart des exposés ne sont pas exécutés selon les règles de la tradition. Ils sont l’œuvre de quelques jeunes artistes ayant poursuivi leurs études à l’Institut national des arts de Bamako, au Mali. Ces jeunes hommes sont des citadins, des peintres ayant reçu une formation artistique. Leur goût pour l’artisanat malien les a amenés à réapprendre les signes et les idéogrammes ancestraux, à les utiliser et à constituer le groupe Bogolan Kasohane, lieu d’échange, de transmission et de solidarité qui n’est pas sans évoquer les structures sociales traditionnelles. Bien sûr, le bogolan, avec eux, évolue sur le plan stylistique : les œuvres ne sont pas de pâles copies des œuvres des ancêtres, mais des réactualisations de celles-ci. Elles n’en sont que plus authentiques puisqu’elles reflètent par leurs variations stylistiques même les évolutions sociales. Ainsi, par leurs tons bruns, leurs graphismes stylisés, leurs thèmes, des œuvres comme La Mélodie, La Création, Contre l’injustice, Hommage aux artistes anonymes, Couples de l’an 2000, témoignent autant du passé que du présent.     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Explications et demonstration de techniques de bogolan par Issiaka Dembélé à Ségou, Mali

 

 

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