Les confréries religieuses en Algérie

24092017

 

 

 

 

 

La religion musulmane comprend quatre rites orthodoxes se conformant à la sunnâa. Les Algériens suivent le rite malki. En outre, les gens pieux s’enrôlent dans des confréries religieuses qui ont une importance considérable. En Algérie, elles sont au nombre de sept, qui sont celles de Sidi-Abd-elKader-el-Djelali, de Mouley-Taïeb, des Aïssaoua, de Sidi-Mohammed-Ben-Abd-er-Rhaman-BouGuebrinn, de Sidi-Youcef-er-Hansali, de Sidi-Ahmed-Tedjini, et enfin des Derkaoua.

Chaque ordre a sa légende, ses pratiques particulières et un chef qui le dirige; mais on remarquera que les confréries religieuses comptent beaucoup d’adhérents dans le Maroc et dans l’ouest de l’Algérie, tandis que, dans l’Est, on en rencontre fort peu.

 

 

 

L’ordre de Sidi-Abd-el-Kader est le plus ancien de tous, et son fondateur est le plus vénéré de tous les marabouts. Les pauvres, surtout, en font un cas spécial, et les mendiants l’invoquent d’ordinaire ensollicitant les passants. On a même vu des Français qui, entendant toujours répéter le nom de Sidi-Abd-el-Kader, s’imaginaient qu’on invoquait le nom de l’Emir, tandis qu’il était question du marabout qui habite entre le troisième et le quatrième ciel, et qui, de là, entend toutes les plaintes et intercède pour tous ceux qui le méritent.

Ce n’est pas d’aujourd’hui, du reste, que Sidi Abd-el-Kader exerce cette bienheureuse influence sur le sort des mortels, et déjà, de son vivant, il a rendu d’éclatants services. Chaque année, Dieu envoie sur la terre trois cent quatre-vingt mille maux. Vous comprenez que si tous ces maux, qui sont très-variés, se répartissaient d’une manière égale sur tous les hommes, l’humanité serait perdue. Heureusement, Dieu est miséricordieux, et, pour nous soulager, il choisit un bouc émissaire, un saint auquel il donne, pour sa part, les trois quarts du total, c’est-à-dire deux cent quatrevingt-cinq mille maux. La moitié du surplus est répartie entre vingt justes, et, le reste seulement, c’est-à-dire un huitième, reste à l’humanité, qui trouve la dose très-suffisante.

Quant au Rout, bouc émissaire, on comprend qu’il ne vit pas longtemps avec ses deux cent quatre-vingt-cinq mille maux, et l’on ne sera pas surpris d’apprendre qu’il meurt au bout de quarante jours. Or, de son temps, Sidi-Abd-el-Kader a eu l’insigne honneur d’être désigné par Dieu pour remplir ce désagréable office, et c’est ce qui lui a valu la place de distinction qu’il occupe dans le paradis.

Parmi les membres célèbres de la confrérie, il faut citer l’Emir en première ligne. Deux ans avant la prise d’Alger, deux hommes, l’un âgé, l’autre jeune, priaient dans une chapelle deBagdad, consacrée au marabout vénéré.Tout à coup apparut un Nègre, tenant trois oranges : « Où est le sultan duMaghreb, fit-il, ces fruits lui » sont destinés? » - « Il n’y a pas de sultan » ici, répondit le vieillard. » - « Vous en aurez » un bientôt, répliqua le Nègre. » Et le saint car c’était le saint lui-même – remit les oranges au jeune Hadj-Abd-el-Kader-Ben-Mahi-ed-din. Quatre années s’écoulèrent, et le moment marqué par le Destin étant arrivé, un nouveau prodige vint confirmer le premier : un marabout centenaire, El-Arrach, reçut la visite de MouleyAbd-el-Kader, qui lui fit voir un trône dressé : – Pour qui ce trône, demanda El-Arrach? – Pour Hadj-Abd-el-Kader-Ben-Mahi-ed-din, répondit lefantôme. Et il disparut. El-Arrach s’empressa d’aller raconter sa vision aux chefs qui, par une coïncidence providentielle, devaient se réunir le lendemain pour choisir un chef suprême, et le jeune Abd-el-Kader fut proclamé sultan.

 

Bien souvent, depuis, le marabout est apparu à son protégé, quand, retiré au fond de sa tente, il méditait. C’est lesaint qui a inspiré au jeune chef ses résolutions les plus hardies, car il n’a pas négligé un seul jour de venir raconter àl’Emir ce qui devait lui arriver le lendemain.

 

 

 

 

 

L’ordre de Mouley-Taïleb a une importance moindre que le précédent, bien qu’il compte un grand nombre d’adeptes et que, parmi eux, figure l’empereur du Maroc.

Cet ordre religieux est surtout influent au Maroc. Il doit son origine à Mouléï ed-Dris de la famille des cheurfa (pl. de chérif) du Maroc. On sait peu de chose sur ce saint et sur Mouléï-Taïeb, homme pieux qui mérita plus tard de donner son nom à la confrérie. Mouléï-Taïeb avait le don des miracles ; il rendait la parole aux muets, la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, faisant marcher droit les boiteux et guérissant les paralytiques. Comme tous les grands marabouts, il jouissait de la faculté de se transformer en toutes sortes d’animaux, en oiseaux, en poissons, et de traverser l’espace avec une rapidité sans égale.

 

Les khouan de l’ordre de Mouléï-Taïeb doivent répéter deux cents fois par jour la formule suivante : « O Dieu ! La prière et le salut sur notre Seigneur Mohammed et sur lui et ses compagnons, et salut. »

 

Les Fakirs ou frères de Mouleï-Taïeb forment une sorte de confrérie religieuse spéciale. Ils sont assez nombreux à Tlemcen et ils tiennent leurs assemblées dans une maison qui est la propriété de leur ordre. Chaque vendredi ils s’y réunissent et récitent en commun leur interminable rosaire. Ces Fakirs attendent leur Messie comme les Juifs. Le leur sera Moula-Saâ, le champion de la délivrance.

 

 

 

 

L’ordre de Sidi-Aïssa a un caractère tellement étrange qu’il mérite une mention particulière. Il y a cinq cents ans environ, régnait à Meknès, dans l’empire du Maroc, un prince que l’on appelait Mouley-Mohammed. C’était un prince soupçonneux et cruel. Il apprit un jour qu’un pauvre homme, nommé Mohammed-Ben-Aïssa, avait fait une fortune subite qui allait chaque jour croissant. Il fit venir Ben-Aïssa, et l’interrogea. Le brave homme lui annonça qu’il avait, en effet, été fort pauvre, mais qu’un jour, tandis qu’il priait à la mosquée, un homme était venu frapper à sa porte, et avait remis à sa femme d’abondantes provisions : « C’est de la part de Sidi-Aïssa, avait-il dit, » en partant. » Depuis ce moment, l’inconnu un ange certainement – était revenu chaque jour apporter de nouveaux présents, si bien que le pauvre homme était devenu très-riche.

Ce récit ne satisfit pas le Sultan, qui était un peu sceptique , et il chassa de la ville l’homme dont l’opulence lui portait ombrage. 

Le saint s’exécuta avec la résignation qui convient aux gens vertueux, et il partit, suivi de sa famille et de quarante disciples, pour s’établir sur un terrain jusqu’alors inhabité. Mais il paraît que cet exil ne sembla pas suffisant au Sultan, qui fit enjoindre au marabout de sortir du royaume. Pour toute réponse, Sidi-Aïssa fit proposer àMouley-Ismaël de lui acheter son royaume à beaux deniers comptants. Le roi s’égaya beaucoup de cette offre, et, pour mener la plaisanterie jusqu’au bout, il fixa une somme et prit rendezvous pour l’exécution du marché. 

Musique en tête, accompagné de tous les grands du pays et suivi d’une foule innombrable, le Sultan se rendit à Hameria, et après s’être assis au pied d’un olivier énorme :

 – Hé bien, Aïssa ! dit-il, es-tu en mesure de me payer ? Voici les actes de vente.

– Tu vas avoir ton argent. Et le saint s’étant mis à secouer l’arbre, il en tomba une pluie de pièces d’or qui, réunies etcomptées, fournirent une somme bien plus considérable que la somme promise.

Tandis que le malheureux détrôné était encore plongé dans la stupéfaction, Aïssa se leva :

- C’est à toi de sortir, s’écria-t-il, car ce territoire est à moi ! 

Les amis du Sultan intervinrent, et Sidi-Aïssa finit par se calmer et proposa une transaction :

 - Je te rends ton royaume, dit-il, mais à une condition, c’est que, chaque année, pendant sept jours, à partir du douzième de mouloud, tous les babitants de Meknès qui ne seront pas mes khouan (mes frères) resteront enfermés dans leurs maisons. 

Le Sultan s’empressad’accepter cette condition, et depuis cette époque la convention a été scrupuleusement observée : seulement tous les habitants de Meknès se sont enrôlés parmi les Aïssaoua. 

Les khouan de Sidi-Aïssa ont, du reste, une foule de priviléges fort agréables, car ils peuvent toucher lefeu sans se brûler, et jongler avec des reptiles sans le moindre danger. Cela leur permet de donner au public des séances de jongleries fort | Intéressantes.

Qu’on se figure, au milieu d’une cour, une bande d’hommes à figures étranges, accroupis en cercle. La prière commence, lente, monotone, grave; au bout d’un instant elle devient plus rapide, puis précipitée; alors les frères prennent des tambours de Basque et les agitent avec frénésie jusqu’au moment où, surexcités par le bruit, ils présentent l’aspect d’une réunion de convulsionnaires. Le tapage devient plus intense : des cris rauques, des gestes saccadés, des danses frénétiques se succèdent avec une rapidité vertigineuse ; les turbans tombent et laissent voir des crânes rasés ; les ceintures se déroulent, s’embarassent dans les jambes des danseurs, et mettent bientôt le désordre à son comble. Les uns roulent à terre, les autres rampent en imitant des cris de bêtes; tous laissent échapper des sons inarticulés.

Alors commence la jonglerie. L’un prend une pelle rougie et la lèche avec amour; l’autre plonge sa main dans un sac de cuir et en sort des reptiles qu’il agite triomphalement ; quelques-uns se mordent les bras et semblent s’ouvrir des blessures d’où le sang s’échappe à flots, puis referment ces blessures par un simple attouchement ; on dirait une assemblée de démons, se livrant à leurs jeux infernaux, et jamais l’on ne pourrait imaginer qu’on assiste à une cérémonie religieuse.

 

 

 

 

 

 L’ordre de Sidi-Mohammed-Ben-Abd-er-Rhaman 

Sidi Mohammed ben-Abd-er-Rhaman, le fondateur de cet ordre, est né à Alger, sous le règne de Moustapha Pacha. Il avait fait de nombreux disciples dans sa ville natale, lorsque, on ne sait trop pour quelles causes, il quitta Alger et se retira, avec sa famille, dans les montagnes de la Kabylie, au centre du Djurjura. Il y était à peine depuis six mois lorsqu’il mourut. Les Kabyles, furent désolés et ils l’inhumèrent avec la plus grande cérémonie.

 

 

 

 

Les confréries religieuses en Algérie   dans Attributs d'Algérienneté 1504777240-1-15

 

 

 

 

 

Lorsque les khouan d’Alger apprirent la mort du marabout, ils tinrent conseil et se demandèrent si l’on devait laisser le corps du saint homme aussi loin de sa ville natale. Les frères furent unanimes à penser qu’il fallait aller chercher la dépouille mortelle de I’ouali dans les monts du Djurjura. Comme ils pensaient ne pouvoir l’obtenir des Kabyles, ils eurent recours à la ruse. Arrivés non loin des montagnes, les khouan algériens se partagèrent en trois bandes : les deux premières se rendirent au village pour endormir la vigilance des montagnards, tandis que l’autre partie déterrait le corps et l’emportait à Alger sur un mulet. Les Kabyles apprirent bientôt que la sépulture du marabout avait été violée.

 

 Ils s’en plaignirent vivement aux khouan d’Alger et les menacèrent de leur faire un mauvais parti. Comme ces derniers soutenaient qu’ils ne savaient rien de cet enlèvement, on ouvrit à nouveau la fosse et l’on y trouva le corps du saint homme qui depuis eut sa mosquée en Kabylie et à Alger. C’est pour cela que SidiMohammed-ben-Abd-er-Rhaman est surnommé Bou-Korabin ou Bou-Guebrin, c’est-à-dire l’Homme aux deux tombeaux.

 

La confrérie de Sidi-Abd-er-Rhaman est le véritable ordre national de l’Algérie, parce que, sous une bannière commune, elle réunit deux éléments bien divers, l’Arabe et le Kabyle, toujours opposés de caractère et d’intérêts. La règle de cet ordre consiste à répéter au moins trois mille fois par jour la formule sacramentelle, profession de foi du Musulman : La ilah Ma Allah, Mohammed rassoul Allah !

 

 

 

 

 L’ordre de Sidi-Yousef-el-Hansali est originaire de Constantine, et n’est guère sorti de la banlieue de cette ville. 

Cet ordre, fondé à Constantine même, ou mieux dans la montagne située près de là et nommée la Chettaba, compte dans la ville et aux environs à peu près deux mille khouan.

Le fondateur, Sidi-Youssef-Hansali vint de l’Ouest de Sétif, du côté de Zammoura. Il s’établit dans ,le Djebel Zaouaoui, partie des monts Chettaba, à l’endroit que tous ses khalifa ont depuis habité.

Au temps des Deys, la maison du marabout était un lieu de refuge qu’aucun de ces souverains n’aurait osé violer. Tous ceux qui s’y retiraient recevaient d’abord une généreuse hospitalité, et plus tard ils trouvaient le pardon de leurs fautes dans la puissante intercession de Sidi Hausali.

Les khouan Hansala récitent chaque jour un verset du Coran indiqué par le marabout ; ils le disent vingt fois à trois heures de l’après-midi, et vingt et une fois au coucher du soleil. A chaque heure de prière, ils y ajoutent deux cents fois la formule : 0 Dieu ! le salut sur notre Seigneur et maître Mohammed, et salut !

 

 

 

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 Zaouïa El Hansalia – Constantine 

 

 

 

 

 

 

Celui de Sidi-Hamed-Tsidjani compte des disciples nombreux dans le Sahara, et il sert de trait d’union entre le Sahara et le Tell, mais il n’a pas d’autre importance.

 

C’est un des plus récents des ordres religieux de l’Algérie, puisqu’il ne date que des premières années de ce siècle. Le fondateur, Sidi-Hamed-Tsidjani, était un des plus importants de la ville du Sahara algérien nommée Aïn Madhi. Les vertus et les miracles de ce marabout lui acquirent une telle renommée que les Turcs, épouvantés par la puissance de Sidi-Tsidjani, réunirent une nombreuse armée et marchèrent contre Aïn-Madhi, Mais lorsque les Turcs voulurent envoyer leurs boulets contre la ville, le saint homme par la et les canons ne voulurent point partir. Les habitants sortirent et mirent en fuite les assiégeants. Le pacha d’Alger entra dans une violente colère lorsqu’il apprit cette défaite, et il fit mettre à mort le mokaddem des khouan de l’ordre établi dans la ville. Mais, la nuit suivante, le saint vint trouver le pacha dans son sommeil, le changea en femme et le laissa ainsi jusqu’à ce qu’il lui eût promis de bien traiter à l’avenir les frères de l’ordre. Puis Sidi-Hamed-Tsidjani alla se fixer à Fez où il eut à souffrir de l’envie du sultan et des euléma jusqu’au jour où il eut donné des preuves irrécusables de son savoir. Sidi-Hadj-Ali, de la ville de Temassin, le remplaça comme khalifa. Dans une lutte qu’il eut à soutenir contre ses ennemis, les dattiers se mirent à lancer des obus, des balles et des fusées contre des gens de Mouléï-Taïeb.

 

 

 

 On ne saurait en dire autant de l’ordre des Derkaoua dont les origines sont peu connues, et qui est certainement le plus curieux de tous. Son organisation mystérieuse rappelle beaucoup celle de nos Franc-Maçons; ses principes religieux permettent de dire qu’il est le jésuitisme musulman. 

Le Derkaoui ne reconnaît d’autre pouvoir légitime que celui de Dieu, et il ne respecte l’autorité temporelle que si elle a pour but immédiat la conversion des infidèles et le triomphe de l’Islam. En - matière politique il professe le radicalisme le plus absolu. On le reconnaît aisément à sa manière de - parler et de se vêtir; il affecte une prononciation cadencée et se couvre de haillons sordides – qui cachent parfois un vêtement luxueux. Un bâton à la main, portant au cou un chapelet à gros grains, le Derkaoui va de douar en douar et profite des moindres occasions pour prêcher la révolte. Avant notre arrivée en Algérie, les Derkaoua fomentaient des révoltes contre les Turcs, et - depuis ils n’ont pas plus accepté l’autorité d’Ad- el-Kader que la nôtre. 

Les Derkaoua ont des loges dont le cheikh est électif; les cheikhs se réunissent pour former l’assemblée suprême, et ils nomment chaque année un grand-maître.Voilà tout ce que l’on sait jusqu’ici sur une société secrète qui a certainement joué un grand rôle dans l’histoire de l’Afrique septentrionale. 

 

 

 

 

 

 

Ordre de Sidi Mohammed Ben’ Ali Es-Senoûsi. Cette confrérie est de création moderne. Son fondateur, Sidi Mohammed Ben’ Ali Es-Senoûsi, né en Algérie dans le voisinage de Mostaghanem, était un jurisconsulte ; il fut initié de bonne heure à la philosophie mystique des Châdheliya; adversaire des Français comme il l’avait été auparavant des Turcs, il partit pour l’Orient après notre conquête, et sur sa route séjourna quelque temps à Laghouat, au Caire, enseignant le droit et la théologie. A la Mecque, il se fit le disciple d’Ahmed Ben-Edris, le grand docteur du Chadhélisme, et celui-ci, en mourant, le désigna en quelque sorte comme son successeur.

 

La doctrine dont Sidi Mohammed se fit l’apôtre consistait à ne rendre de culte qu’à Dieu seul, à honorer les saints pendant leur vie, mais sans continuer à les vénérer après leur mort, parce qu’ils ne sont que des mortels, sans excepter Mahomet, « la plus parfaite des créatures », à renoncer au monde, à ne permettre le luxe de la parure qu’aux femmes dont elle augmente-la séduction, et à n’autoriser les hommes à avoir de recherche que pour leurs armes de guerre, à n’obéir qu’aux chefs qui suivent eux mêmes scrupuleusement la loi religieuse dans l’exercice de leur double pouvoir spirituel et temporel, à n’entretenir aucune relation avec un chrétien ou avec un juif et même à considérer comme ennemis tous ceux qui ne sont pas ra’aiya, c’est-à-dire tributaires des fidèles. Pour propager plus sûrement cette doctrine, Sidi Mohammed fonda, dès 1837, une confrérie.

 

 

 

Il existe beaucoup de confréries religieuses parmi les musulmans. Celle des Senoûsîya n’a pas tardé à devenir, dans le nord de l’Afrique, la plus importante; elle a même absorbé ou subordonné à son influence une partie de celles qui dérivaient, comme elle, de la doctrine mystique du Chadhélisme. Les Senoûsîya ont des couvents, des zaouïas (écoles), et comptent un très grand nombre de khouân, c’est-à-dire de frères.

 

Ces frères vivent mêlés à d’autres musulmans dans les tribus ou dans les villes, ne se distinguant pas de la foule par un costume particulier, mais astreints à dire chaque jour certaines prières, qu’ils doivent répéter jusqu’à cent fois, soumis à une obéissance passive à l’égard du moquaddem, préfet apostolique de leur district, portant leurs différends devant les juges de la confrérie, qui prononcent leurs arrêts conformément aux traités de jurisprudence de Sidi Mohammed, faisant à certaines époques des pèlerinages aux couvents et payant dans la caisse de la confrérie 2 4/2 pour 400.de.leur capital ou venant cultiver les terres de la communauté quand ils sont trop pauvres pour faire, une offrande- en argent.

 

L’organisation est habilement conçue. Le chef des Senoûsîya a assuré sa propagande par ses écoles, son autorité morale par le rigorisme de sa doctrine qui surexcite le fanatisme musulman, son influence temporelle par ses tribunaux, par les biens de ses couvents, qui font de larges aumônes, sa propre autorité par la hiérarchie des moquaddem et par les synodes dans lesquels il les réunit pour leur communiquer l’inspiration de sa volonté souveraine. Il n’a pas dédaigné, malgré le renoncement dont la doctrine fait profession, de s’assurer pour lui-même une part des biens de ce monde et les dons des fidèles lui procurent les jouissances et la puissance que donne une grande richesse.

 

Le fondateur de la secte est mort. Son fils, Sidi Mohammed el Mahdi, lui a succédé, et la confrérie a continué de prospérer et de grandir sous sa direction. Il est peut- être plus respecté encore que n’était son prédécesseur: les fidèles lui attribuent le don des miracles. Il réside à Yerhboûb où son père s’était établi et avait fondé un couvent en vertu d’un firman du sultan de Constantinople.

 

Avant lui, Yerhboûb, situé dans le désert de Libye, presque sur les confins de l’Egypte et de la Tripolitaine, était un Heu inhabité et inconnu des géographes. Sidi Mohammed s’y fixa en 1861 et avait bâti son couvent sur le bord d’un plateau qui domine le lac de Farêdgha ; douze ans après, le couvent ne comptait encore qu’un petit nombre de résidents, maîtres, élèves ou esclaves. C’est aujourd’hui une cité dans le désert ; en 1880, le nombre des Algériens qui figuraient parmi les gardes du prophète était évalué à quatre mille et le couvent seul renfermait, en 1883, sept cent: cinquante personnes. Ce couvent est la zaouïa métropolitaine. C’est là que le Mahdi tient ses synodes annuels, qu’il a sa cour, ses nombreux esclaves qui cultivent les jardins de l’oasis et qu’il reçoit les hommages et les présents des fidèles.

 

A Yerhboûb, le Madhi est à l’abri d’un coup de main : le désert lui fait un rempart. Autour de la capitale du Sénoûsisme, plusieurs autres couvents, dont la position n’est pas exactement connue, peuvent, au besoin, servir de refuges ou de postes avancés, et, plus loin, par delà le désert, le Ouddaï lui offre un asile où il serait en sûreté.

 

A la fin du XIXe siècle la confrérie des Senoûsîya compte, d’après l’opinion de M. Duveyrier, 1,500,000 à 3,000,000 d’adhérents et 121 couvents ou centres d’action ; un écrivain anglais, M. Broadley, porte même le nombre à 300 ; mais le savant géographe français regarde cette évaluation comme exagérée. La confrérie domine souverainement dans le Barka, l’ancienne Cyrénaïque; c’est elle qui y a fondé la plupart des écoles et qui les dirige toutes aujourd’hui, qui rend la justice par ses tribunaux ; les autorités turques paraissent être sous sa dépendance. La Cyrénaïque, au sud est dé laquelle est située Yerhboûb, est aujourd’hui le contre de la domination senoûsienne.

 

Mais cette domination s’étend bien au delà. La carte que M. Duveyrier a jointe à son mémoire nous fait voir que la confrérie domine dans le Fezzan, dans le Koufara, qu’elle a des écoles à Tripoli, à Ghadamès. Plus à l’ouest, quelques tribus du sud de la Tunisie, et un plus grand nombre de tribus algériennes, les Oulâd-Naïl, les Oulâd-sidi-e-Cheïkh, des Berbères de l’Aurès, des Arabes du Dahra et des environs de Mostaganem lui appartiennent en grande partie et elle étend ses ramifications jusque vers l’extrémité occidentale de l’Atlas marocain. Dans le Sahara Occidental, les Cha’anba-el-Mâdi, les habitants d’In- Salah, les Touaregs et, jusque sur les bords du Sénégal, les Trarzas, nos voisins, sont affiliés à la grande confrérie. Dans la partie orientale du Sahara, les Tonbou (ou Tibbou) paraissent lui être entièrement dévoués et, de ce côté, son influence s’étend jusque chez les Somali, sur les rives de l’océan Indien.

 

Elle s’est avancée jusque dans le Soudan, au bord du lac Tchad, et le Ouadaï, que l’humeur guerrière de ses habitants a rendu redoutable et qui a été, jusqu’à l’époque du voyage de Nachtigal, si fermé aux Européens, lui est aujourd’hui tout dévoué, depuis que le Mahdi a renvoyé au sultan de ce pays une caravane enlevée par les maraudeurs et surtout depuis qu’il a assuré par son influence l’avènement du souverain actuel.

 

La confrérie des Senoûsîya, qui s’est propagée aussi en Arabie et en Mésopotamie, est donc devenue une puissance considérable, surtout dans, le nord de l’Afrique. Comme elle s’inspire du fanatisme religieux et de la haine des infidèles, elle est un danger permanent pour les Européens qui voyagent dans ces contrées ou qui y ont des établissements. M. Duveyrier n’hésite pas à attribuer à son influence les assassinats d’Européens qui ont eu lieu dans le Sahara depuis vingt ans, particulièrement celui du colonel Flatters, et la plupart des difficultés que d’autres Européens ont éprouvées pour se faire admettre dans certaines oasis, et qui semblent avoir augmenté à mesure que s’accroissait l’influence du Sénoûsisme.

 

L’Angleterre éprouve en ce moment ce que peut le fanatisme religieux sur la terre d’Afrique. Le Madhi de Dongola qui a soulevé contre elle le Soudan, est aussi un mystique relevant du Chadhélisme. Néanmoins, entre les deux Mahdis, animés d’un même sentiment de haine contre les chrétiens, et jaloux de ramener les fidèles à la pureté de la vie musulmane, il paraît qu’il n’y a aucun concert pour l’action. M. Duveyrier incliné même à penser qu’il y aurait une rivalité, secrète ou même déclarée, d’influence entre l’ancien et le nouveau prophète.

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Aurès, Algérie, 1935-1936, photographies de Thérèse Rivière

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Dans les années 1930 une enquête sur l’Aurès, financée par l’International African Institute de Londres et confiée à Thérèse Rivière, élève de Marcel Mauss et sœur de G. -H. Rivière, le fondateur du Musée des arts et traditions populaires. Celle-ci séjourna sur son terrain de recherche de 1934 à 1936 et en rapporta, outre plusieurs centaines d’objets qui allèrent enrichir le Musée de l’homme, une collection de photographies et quelques textes dont l’un, consacré à l’« habitation chez les Ouled Abderrahman » et publié à l’origine dans la revue Africa (1938).

 

 

 

 

Aurès, Algérie, 1935-1936, photographies de Thérèse Rivière dans Photos 1504608857-16-572724

Thérèse Rivière chez les Ouled Abderrahman

 

 

 

 

Les photographies sont groupées en dix sections : paysages, portraits; terroirs, canaux, jeux de printemps; semailles, fertilité, récoltes; ruchers, moulins; nourritures; travail de la laine; tissages; travail du bois, vanneries; fêtes des hommes; fêtes des saints. Les légendes qui les accompagnent ont été rédigées par Thérèse Rivière à l’occasion d’une exposition qui se déroula à Paris en 1943.

 

 

 

 

 

 

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Une femme va à la source. Septembre 1937, Monts Aurès, Population Ouled Mansour.

Mission Thérèse Rivière et Germaine Tillion dans les Aurès Décembre 1934-1937

 

 

 

 

 

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Le gardien du grenier collectif et de l’oasis, 17 septembre 1935, Aurès, douar Tadjmout, Rhanime. Ouled Abderrahman

 

 

 

 

 

 

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Les gorges de M’chounech, 7 mai 1936

 

 

 

 

 

 

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Bain des garçons, 14 juillet 1936, Douar. Menaa

 

 

 

 

 

 

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Guelaa (citadelle) de Kebach, 02 juin 1935

 

 

 

 

 

 

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Forêt du djebel mezbel (douar tadjemout)

 

 

 

 

 

 

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Terres irriguées a Oulja El Khadra, Paysage de cultures du lieu de résidence de l’ancien Caïd TAHRAOUI Laaroussi, du Douar de Tadjmout

 

 

 

 

 

 

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Marché annuel. Tiskifine. Chaouia. Fin du marché. Après midi du 26 août 1936.

 

 

 

 

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Fête de mariage (Ferradji Mohamed). Parade des hommes alternent avec danses des femmes.
5 Juillet 1936, département de Biskra, Douar Tadjmout, 

 

 

 

 

 

 

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Mariage Zelmat Zohra. Une parente et sa mère en costume de fête. 5 Novembre 1936, département de Biskra, Douar Menaa, village d’Amentane, 

 

 

 

 

 

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Jambières tricotées en laine blanche portées par les hommes. Sandales en vieux pneu. 17 Août 1935, département de Biskra, Douar Tadjmout, 

 

 

 

 

 

 

1504677428-16-572729

Femme portant une outre. Monts Aurès

 

 

 

 

 

 

1504677504-16-572732

Pèlerinage du djebel Bous : Les msmda chantent et tournent en cercle sur la terrasse d’une maison. 26 Août 1936

 

 

 

 

 

 

1504677580-16-572735

Récolte des dattes : Tri des dattes sur les terrasses des maisons. D. Menaa, 2 Novembre 1936

 

 

 

 

 

 

1504677684-16-572733

Bébé emmailloté : garçon. D. Menaa, 4 Décembre 1936

 

 

 

 

 

 

1504677766-16-572734

Mariage Saddok-Rhamsa : Après le repas les danses sont données sur la terrasse de la maison du fiancé. D. Menaa, 4 Octobre 1936

 

 

 

 

 

 

1504677838-16-572726

Djebabri Mohamed ben Mohamed joue de la flûte de roseau. Juillet 1935, Prise de vue réalisée dans le département de Biskra, Douar Tadjmout, population Ouled Abderrahman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Dictons d’Ahmed Ben Youssef El Miliani

20092017

 

 

 

 

 

 

Sidi Ahmed Ben Youssef; marabout très-vénéré de Miliana, qui a laissé sur toutes les villes de la régence des sentences qui sont devenues des dictons populaires,

 

 

 

 

 

 

Dictons d’Ahmed Ben Youssef El Miliani dans Attributs d'Algérienneté 1502870906-271-001

Miliana Photo du Mausolée de Sid Ahmed Benyoucef

  

 

 

 

 

 

  • a dit en parlant des habitants de Mazouna:

 

يحجوا بكبارهم بصغارهم

و تاكلهم النار بحجارهم بترابهم

 

« Pleins d’un grand zèle pour le pèlerinage, ils y amènent leurs vieillards et leurs enfants ; mais eux, leurs enfants, les pierres et la terre de leur ville, seront dévorés par le feu de l’enfer. »

 

  

 

 

 

  • Le même Sidi-Hamed-ben-Youssef a dit en parlant de Ténès:

 

تنــس

مبنية على دنس

ماها دم

هواها سم

و الله بن يوسف ما يبات ثم

 

« Ténès, Ville bâtie sur du cuivre, Son eau est du sang, Son air est du poison; Certes Ben-Youssef ne voudrait pas passer une seule nuit dans ses murs. » (Ces lignes riment en arabe.)

 

 

  

 

 

 

  • Mostaganem était alors une ville riche, une ville de luxe. Sidi Hamed-ben-Youssef a dit en parlant de Mostaganem:

 

أهل مستغانم

مطلعين البلغا

على حس المضغة

 

« Mostaganem, dont les habitants se hâtent de relever les talons de leurs belghas* pour courir plus vite après un bon morceau.»

  

 

*: Les belghas sont les larges pantoufles jaunes que les gens riches portent par dessus leurs autres souliers, et qu’ils ne chaussent pas habituellement.

  

 

 

 

  •  Sidi-Hamed-ben-Youssef a dit en parlant des habitants de Mascara:

 

الحراميين جدت فيهم حتى

معسكر هربوا لي في الزنوق

 

« J’avais conduit les fripons jusque dans les murs de Mascara; ils se sont sauvés dans les maisons de cette ville. »

 

 

Il disait encore:

 

حين تجبره محندر

مبندر

وسى القر

ڤول من اولاد معسكر

 

« Si tu rencontres quelqu’un gras, fier et sale, tu peux dire, c’est un habitant de Mascara.»

 

 

 

 

  • Sidi-Hamed-ben-Youssef a dit en parlant de Miliana:

 

نساها وزرا

و رجالها يسرا

 

« Les femmes y commandent,

Et les hommes y sont prisonniers. »

 

  

 

 

 

 

  • Sidi-Hamed-ben-Youssef dit en parlant de Médéa:

 

المدية ماهدية

يدخل الشر الصباح يخرج العشية

 

« Médéa, ville d’abondance; si le mal y entre le matin il en sort le soir. »

 

 

 

  

 

 

 

  • Sidi-Hamed-ben-Youssef a dit en parlant du pays de la Yagoubia (près de Saïda) :

 

اليعقوبية زينة العقوبة

 

« La Yagoubia, beauté de l’âge mûr. » C’était le plus riche pays de la province d’Oran.

 

 

  

 

 

 

  • Sidi-Hamed-ben-Youssef, le marabout de Miliana, a dit en parlant de Belida:

 

الناس قالولك بليدة

أنا سميتك وريدة

 

« On t’a appelé une petite ville,

Moi je t’appellerai une petite rose. »

 

 

 

 

 

 

  • Sidi-Hamed-ben-Youssef a dit en parlant des Hachems.

 

دراهم نحيسي هو

على راجل غريسي

 

« Une pièce fausse est moins fausse

Qu’un homme des Hachems. »

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Convention relative aux zones humides (Ramsar)

18092017

 

 

 

 

 

Convention relative aux zones humides (Ramsar)  dans Nature

 

 

 

 

La convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats d’oiseaux d’eau (Convention de Ramsar relative aux zones humides), adoptée à Ramsar (Iran) en 1971, est le premier traité mondial concernant la conservation et l’utilisation rationnelle des ressources naturelles. Entrée en vigueur en 1975 et compte 106 Parties contractantes.

 

 

 

 

Définitions

 

La spécificité de la Convention de Ramsar consiste à fournir un cadre de coopération international sur la conservation et l’utilisation rationnelle des biomes de zones humides. Les zones humides sont définies comme suit, à l’Article 1 :

 

« Des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, ou l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres. »

 

Le texte ajoute également que les zones humides :

« pourront inclure des zones de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles ou des étendues d’eau marine d’une profondeur supérieure à six mètres à marée basse, entourées par la zone humide ».

 

 

Le texte de la Convention de Ramsar comprend douze articles, amendés par le Protocole de Paris en 1982 et les amendements de Regina en 1987. La Conférence des Parties (CoP) se réunit tous les trois ans. Entre les réunions de la CoP, un Comité permanent composé de représentants régionaux dirige la Convention et se réunit annuellement. Le Bureau de la Convention de Ramsar joue le rôle de Secrétariat et tient à jour la Liste des zones humides d’importance internationale (Liste de Ramsar), définie à l’Article 2.

 

Au total, 891 sites de zones humides sont actuellement inclus dans la Liste mondiale de la Convention de Ramsar (au 29 septembre 1997), dont 567 se trouvent en Europe.les pays doivent désigner au moins une zone humide pour pouvoir participer à la Convention de Ramsar. En désignant une zone humide pour l’inscription sur la Liste de la Convention de Ramsar, un gouvernement s’engage à prendre les mesures nécessaires à sa conservation et, en particulier, à « maintenir son caractère écologique ». Cela est généralement considéré comme signifiant l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de gestion intégrée du site. Les sites sont inscrits sur la Liste de Ramsar en fonction de leur importance internationale dans les domaines de l’écologie, de la botanique, de la zoologie, de la limnologie ou de l’hydrologie.

 

 

 

 

 

 

Critères

Les sites qualifiés pour l’inscription sur la Liste de Ramsar sur la base d’un ou plusieurs des critères suivants :

 

 

1- Critères relatifs aux zones humides représentatives ou uniques :

Une zone humide devrait être considérée comme d’importance internationale s’il s’agit :

a)      D’un bon exemple tout à fait représentatif d’une zone humide caractéristique de la région biogéographique en question ; ou

b)      D’un exemple particulièrement représentatif d’un type de zone humide répandu dans plusieurs régions biogéographiques ; ou

c)       D’un exemple représentatif d’une zone humide qui joue un rôle important, du point de vue hydrologique, biologique ou écologique dans le fonctionnement d’un bassin fluvial ou d’un système côtier, notamment si elle est située de part et d’autre d’une frontière ; ou

d)      D’un exemple d’un type spécifique de zone humide, rare ou inhabituelle dans la région biogéographique en question.

 

 

 

 

2- Critères généraux tenant compte de la flore ou de la faune

Une zone humide devrait être considérée comme d’importance internationale :

a)      Si elle abrite un ensemble significatif d’espèces ou de sous-espèces de plantes ou d’animaux rares, vulnérables ou en voie de disparition, ou un nombre significatif d’individus d’une ou plusieurs de ces espèces ; ou

b)      Si elle présente une valeur particulière pour le maintien de la diversité écologique et génétique d’une région grâce à la richesse et l’originalité de sa flore et de sa faune ; ou

c)       Si elle présente une valeur particulière comme habitat de plantes ou d’animaux à un stade critique de leur cycle biologique ; ou

d)      Si elle revêt une valeur spéciale par la présence d’une espèce végétale ou animale au moins.

 

 

 

 

 

3- Critères spécifiques tenant compte des oiseaux d’eau

Une zone humide devrait être considérée comme d’importance internationale :

a)      Si elle abrite habituellement 20 000 oiseaux d’eau ; ou

b)      Si elle abrite habituellement un nombre significatif d’individus appartenant à des groupes particuliers d’oiseaux et indicateurs des valeurs, de la productivité ou de la diversité de la zone humide ; ou

c)       Si, dans le cas où l’on dispose de données sur les populations, elle abrite habituellement 1% des individus d’une population d’une espèce ou d’une sous-espèce d’oiseaux d’eau.

 

 

 

 

 

4- Critères spécifiques tenant compte des poissons

Une zone humide devrait être considérée comme d’importance internationale :

a)      Si l’on y trouve une proportion importante de sous-espèces, d’espèces ou de familles, de poissons indigènes, d’individus à différents stades du cycle de vie, d’interactions interspécifiques et/ou de populations représentatives des avantages et/ou des valeurs des zones humides et qu’elle contribue ainsi à la diversité biologique mondiale ; ou

b)       si elle sert de source d’alimentation importante pour les poissons, de frayères, de zone d’alevinage et/ou de voie de migration dont dépendent des stocks de poissons se trouvant dans la zone humide ou ailleurs.

Des lignes directrices détaillées sur l’application de ces critères ont été adoptées par la Conférence des Parties et sont disponibles auprès du Secrétariat de la Convention.

 

 

 

 

 

 

Sites de zone humide menacés

 

Les Partie contractantes à la Convention de Ramsar doivent élaborer et appliquer leurs plans d’aménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides inscrites sur la Liste. Elles doivent aussi informer le Bureau si le caractère écologique d’une zone humide située sur leur territoire et figurant dans la Liste a changé, est en train de changer ou est susceptible de changer, par suite d’évolution technologiques, de pollution ou d’une autre intervention humaine. Les Parties contractantes sur le territoire desquelles se trouvent des sites qui ont été ou qui sont menacés par une modification de leur caractère écologique doivent prendre des mesures rapides et efficaces pour empêcher ces modifications ou y remédier.

Les sites de la Convention de Ramsar exigeant une attention prioritaire pour leur conservation peuvent être inscrits par les Parties contractantes dans le Registre de Montreux. Le Registre de Montreux est tenu à jour par le Bureau de la Convention de Ramsar. Après l’inscription d’un site Ramsar dans ce registre, la Partie contractante concernée peut demander l’application de la Procédure de surveillance continue (Management Guidance Procedure) (MGP), mécanisme d’assistance technique pour aider les Parties contractantes à trouver des solutions aux problèmes qui ont entraîné l’inscription du site dans le registre de Montreux. La MGP est généralement entreprise sous la forme d’une visite d’un membre du personnel technique du Bureau sur le site, avec des experts compétents, et aboutit à un rapport et à des recommandations de mesures à prendre.           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  




Rabah Ben Taleb

16092017

 

 

 

 

 

Rabah Ben Taleb dans Attributs d'Algérienneté 1503495310-tribus1846

Carte des TRIBUS du TITTERI1846

 

 

 

 

 

Rabah ben Taleb, simple cavalier qui s’était fait remarquer par son énergie et son courage. Choisi comme chef par les Arib pour mener leur lutte contre les Dira. Une lutte qui n’avait été d’abord qu’une querelle de tribu à tribu, prit les proportions d’une guerre véritable et revêtit un véritable caractère politique*

 

Rabah, profitant de l’agitation causée, dans le beylik de l’Ouest, par l’apparition du marabout Bou Terfas, fit un appel aux tribus de la Mitidja, du Tel et même du Sahara. Il put réunir ainsi plus de huit mille cavaliers, avec lesquels il dirigea une incursion considérable contre les tribus du Dira. Toutes les tribus de ce caïdat, commandées par le frère de Mehmed bey de Titeri, furent impitoyablement razziées. Le butin fut immense, les vainqueurs se ruèrent sur le petit bordj de Sour el-Rozlan, dont ils chassèrent la garnison turque et pillèrent le matériel. 
Les Arib devaient payer cher cette insulte au drapeau Ottoman. 

 

 

 

Quelque temps après cet événement, le Dey donna l’ordre au Bey d’Oran, Mohammed Bou Kabous, connu par son énergie et qui disposait d’un makhzen nombreux et bien organisé, de faire une razzia sur les Arib alors campés à l’Oued Djenan. Bou Kabous partit d’Oran avec huit cents Zebantot montés sur des mulets, réunit à Miliana les contingents des tribus forts de quatre mille cavaliers, passa par Taza, longea la limite du Tel et du Petit désert. En traversant le territoire des Oulad Allan, il fit couper les poignets à seize individus de cette tribu qui s’étaient nuitamment introduits dans son camp pour y voler. Enfin, il fondit comme la foudre sur les Arib auxquels il tua beaucoup de monde, fit un butin d’autant plus considérable que ceux-ci s’étaient enrichis dans les précédentes affaires. Puis, il ramena à Médéa deux cents femmes et  » quarante-cinq prisonniers qui furent décapités sur le marché, et dont les têtes, suivant la coutume, -ornèrent les remparts pour, rappeler aux; rebelles le châtiment ‘réservé à ceux qui oseraient attaquer les Osmanlis. ; En retournant à Oran, le Bey Bou Kabous passa la nuit à:Berrouaguïa. Là, suivant le serment qu’il avait fait, son cheval put s’abreuver à longs traits au bassin de la fermé.

 

 

Rabah ben Taleb, instigateur de la révolte avait — comme il arrive fréquemment aux fauteurs de désordre— trouvé le moyen de s’échapper; il avait pu se sauver accompagné de quelques cavaliers. Le Pacha donna à Ismaïl Bey l’ordre de s’en emparer mort ou vif. Les Turcs employèrent leur moyen habituel : Ismaïl prescrivit au kaïd du Dira de promettre l’aman au rebelle afin de l’attirer au marché dit dimanche des Oûlàd Dris qui se tenait, sous le fort de Sour El Rozlan. Le Bey dépêcha en même temps cinq cavaliers du Makhzen avec mission de tuer le chef des Arib s’il se présentait (**). Celui-ci, confiant dans l’aman du chef turc vint en effet. Au moment où il s’approchait à cheval pour parlementer avec le caïd osmanli, ce dernier fit un signe et le brave Rabah ben Taleb tomba frappé de cinq coups de feu tirés des créneaux du fort. 

 

 

 

Les Arib ont conservé le souvenir de Rabah ben taleb, dont la mort à inspiré à leur rapsode ces vers pleins de tristes, mais, pour eux, fiers souvenirs. 

  

السوق عامر

البراح يبرح

الي قتل علينا

رابح لا يربح

 

 

 

Sur le marché, la foule se pressait; 

La voix du Berrah (crieur public) retentissait 

(Le jour où coulait son sang précieux). 

Les meurtriers de notre Babah ne seront point heureux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : le contexte politique : Hassan bey (Bey de Titeri 1801 – 1809) ayant été appelé à remplir les fonctions d’aga à Alger, son neveu Ismaïl fut nommé Bey de Titeri.
La domination des Turcs s’affaiblissait de tous côtés : Mohammed bel Arche, dans l’Est, Si Cherif dans l’Ouest: partout des insurrections. Le Sud ne resta pas en arrière, et les Oulad Naïl, travaillés comme les autres par les besoins du moment, refusèrent de payer l’impôt, et ce n’était pas la première fois ! Ismaïl-Bey marcha contre eux, mais arrivé sur leur territoire, ces nomades étaient partis et la colonne dût rétrograder sans butin. Le Makhzen du Titeri commença alors à exprimer son mécontentement de revenir à vide et l’affaire pouvait devenir grave. Heureusement, le Bey fut rejoint par le cheikh Naïmi ben Zidan des Oulad Khalif, un des Arabes le plus déterminés du pays. Ce Naïmi était un homme d’expédients, il proposa à Ismaïl de razzier les Béni Lent qui étaient en révolte ouverte contre le bey de l’Ouest. Le coup de main, dirigé par Naïmi, eut son plein succès, et le bey de Titeri ainsi que son makhzen rentrèrent à Médéa avec un butin considérable. Mais, lorsque le bey Bou Kabbous apprit qu’une tribu de son commandement avait été razziée par le bey de Titeri, il fut pris d’une violente colère et jura d’aller faire boire son cheval à la fontaine de Berrouaguïa. 

Les tribus du caïdat du Dira étaient, à ce moment et depuis de longues années déjà, en discussion relativement à des terrains proches de l’Oued Djenan, terrains que leur disputaient les Arib et les Béni Sliman. Ces derniers relevaient de l’aga tandis que les autres dépendaient du bey de Titeri : chacun de ces fonctionnaires prenait fait et cause pour ses administrés et était-au moins jaloux de ses droits. La querelle ayant été portée au divan d’Alger et le Pacha n’ayant pu mettre les parties d’accord, les renvoya à l’arbitrage souverain des armes, ce qui était d’ailleurs un moyen assuré d’affaiblir, des tribus puissantes et souvent peu soumises. Les tribus en vinrent donc aux mains sur le territoire des Adaoura, lesquels se trouvèrent divisés à  ce sujet en deux partis, dont chacun fournit son contingent aux tribus belligérantes. On se battit avec un acharnement égal de part et d’autre»: cependant, écrasés par le nombre, les Arib: et les Beni-Sliman furent battus et durent évacuer, le territoire en litige. Les Arib choisirent alors pour chef un certain Rabah ben Taleb. 

 

 

 

 

 

** : Ces cinq cavaliers étaient Kouider ben Ahmed, Bou Taleb ben el-Aït, Ahmed Kahouadji, Mohammed ben el-Khemissi, et M’barek bou-Khors
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les Filles D’EL-FACI (conte Algérien)

14092017

 

 

 

Les Filles D'EL-FACI (conte Algérien)  dans Littérature 1503219843-80d0dcf8753ac414b7a9ae60867565c1

 

 

 

 

 

 

Autrefois (c’était soixante ans avant l’entrée des Français à Alger), il y avait dans la ville un vieillard qu’on appelait El-Faci, parce qu’il venait de Fez, et qui possédait de grands biens. Ce vieillard gardait près de lui ses trois filles, qui étaient belles comme la lune, car il n’avait pas d’autres enfants. Les fils des principaux habitants de la ville et des plus riches demandèrent en mariage les filles d’El-Faci. Il refusa leurs propositions, parce qu’il ne voulait pas, en se séparant d elles, tomber dans la solitude et dans la tristesse.

Pendant l’été, il montait, avec ses filles, au beau jardin qu’il possédait hors de la ville et il s’y établissait. Quand il avait affaire à Alger, elles restaient seules sous la garde des négresses et des nègres. Elles s’ennuyaient si fort, qu’elles résolurent de trouver quelque distraction et qu’elles firent venir dans le jardin des étrangers et des étrangères, malgré la défense expresse d’El-Faci.

Un jour il s’en aperçut, et fut très-irrité contre ses filles; mais il dissimula sa colère. Le lendemain il fit semblant de sortir pour aller à la ville, annonçant qu’il ne reviendrait pas jusqu’au soir; et il revint au contraire se cacher parmi les arbres. Il vit alors ce qu’il voulait voir, son jardin envahi par les étrangers, et la gaieté des enfants qui riaient en son absence. Plein de rage, il s’en alla à Alger, sans rien trahir de ses intentions. Quand il rentra, le soir, personne ne surprit sur son visage aucun signe d’irritation; il laissa ses filles aller se coucher à l’heure habituelle. Mais au milieu de la nuit il se leva, il entra dans leur chambre, suivi d’un esclave noir. Sans prononcer une parole, il les frappa de mort toutes les trois. Aucun des nègres, aucune des négresses ne l’entendit; il regagna son lit sans éveiller qui que ce fût.

 

Le lendemain il dit à ses serviteurs:

Rassemblez les bagages, mettez-les sur les mules et descendez à la ville. Mais que personne n’entre dans la chambre de mes filles.

 

Ils obéirent, et en quelques heures ils étaient partis. El-Faci resta avec l’esclave noir; il creusa trois tombes, il enterra ses trois filles; puis il ferma tout et revint à Alger, où il dit à ses gens qu’il avait conduit ses filles à une ferme éloignée. Cela fait, il s’en alla en pèlerinage avec son esclave. Le jardin resta vide; personne n’y montait plus. La maison se lézarda: l’herbe croissait alentour. On disait que la nuit les revenants hantaient le jardin, que des lumières paraissaient dans la maison et qu’on entendait des gémissements, comme si quelqu’un demandait grâce. La terreur était grande; on n’osait plus passer près du jardin.

Deux jeunes gens de la ville, entendant raconter cela, se mirent à rire. Ils annoncèrent qu’ils iraient au jardin d’El-Faci et qu’ils emmèneraient un de leurs amis, qui était grand joueur de guitare. Ils devaient emporter de quoi manger, de quoi boire et de quoi s’éclairer. Chacun irait de son côté et l’on passerait la nuit à faire de la musique.

Le joueur de guitare, qui s’appelait Omar, était un homme de bien, pieux et craignant le Seigneur. Il alla sans hésiter au rendez-vous, où il arriva le premier. La maison était vide; pas une trace d’être vivant, pas un bruit, pas une voix. Omar attendit ses amis pendant deux heures sans les voir arriver. La peur les avait pris, et ils n’osaient plus venir. La nuit était plus épaisse; il entendit bientôt le cri de la chouette dans le jardin et le vol des chauves-souris sous le toit. Las de se promener, il entra dans une chambre, il alluma la bougie qu’il avait apportée, il s’assit au milieu de la pièce avec ses provisions pour souper et sa guitare pour jouer.

Il soupa, il joua et il chanta, sans que rien d’abord répondit à sa voix. Mais tout à coup, au-dessus de sa tète, un petit craquement se fit entendre; des pas ébranlaient le plafond; on marchait à l’étage supérieur ; puis on descendit l’escalier.

Omar se recommanda au Dieu tout-puissant… Quand il leva les yeux vers l’escalier, il vit trois jeunes femmes sur le seuil. Elles étaient belles, mais pales comme la neige et enveloppées de linceuls arrosés de sang : elles avaient des perles et des bijoux sans prix autour du cou, des bracelets d’or aux mains, aux pieds des anneaux d’or; elles tenaient des oranges entre leurs doigts, et on eût dit à leur démarche qu’elles étaient entraînées par une personne invisible.

Il reconnut les filles d’El-Faci.

Elles entrèrent dans la chambre; De la main elles saluèrent Omar silencieusement et lui firent signe de continuer. Omar leur rendit leur salut et se remit à jouer de la guitare en continuant sa chanson.

 

Elles écoutaient, debout, mais leur ligure ne marquait aucune satisfaction. La plus jeune s’avança, et elle parla, avec beaucoup d’efforts, d’une voix embarrassée:

Omar, le chant et les paroles ne vont pas bien. Chante plus vivement et dis ces vers:

 

Chez toi je joue, et chez toi c’est la fêté,
0 jardin d’El-Faci!
Chez toi l’on m’a coupé la tête.

 

Le musicien accomplit le désir de la jeune fille et se mit à chanter les paroles qui lui plaisaient. Alors elle dansa dans la chambre avec rapidité, tout en jetant près de lui des écorces de l’orange qu’elle tenait; ses pas redoublaient toujours de vitesse, et sur sa figure descendait la sueur. Après elle, ce fut le tour de ses sœurs, qui dansèrent de même, et de même jetèrent à Omar des écorces d’orange.

Quand elles s’arrêtèrent, la plus jeune parla encore à Omar:

Omar, nous désirons que l’an prochain, à pareil jour, tu reviennes. Ne l’oublie pas, car si tu ne viens pas à nous, nous irons à toi.

J’ai entendu et j’obéirai, dit Omar.

 

 

Les filles d’El-Faci se retirèrent en silence, d’un pas léger. Omar, resté seul et saisi d’épouvante, les écoutait encore, quand il entendit dans la chambre au-dessus un cri, le cri (l’une personne qui meurt et qui demande grâce. Cela dura un instant, le bruit cessa; on n’entendit plus que la chouette dans le jardin.

Le guitariste, épuisé de fatigue, céda peu à peu au sommeil. Le soleil était monté dans le ciel et le jour était à son milieu quand Omar se réveilla. II prit ses effets, et au lieu d’écorces d’orange il y trouva des diamants, des perles, des sultanines d’or, qu’il emporta à la ville. De ce qu’il avait vu, il ne dit rien. Mais il pensait toujours aux jeunes filles et prenait leur sort en pitié, priant Dieu de leur pardonner et de leur rendre leur première forme.

L’année révolue, il se rappela sa parole, et, sans n’en informer personne, il remonta au jardin d’El-Faci, comme l’année précédente. Arrivé là, il récita deux séries de prières et dit en pleurant:

Pardonne-leur, ô Miséricordieux! Et délivre-les du démon.

Presque toute la nuit se passa à chanter des prières, et déjà s’approchait le jour. Il n’avait vu personne et il était heureux de ce calme. Il loua Dieu, il fit la prière du matin, et il se leva. Alors il vit, debout près de lui, les jeunes filles. Leurs linceuls avaient disparu et fait place à des habits plus beaux. La plus jeune avait la parure d’une mariée.

Elles le saluèrent de la main. La plus jeune lui tendit la sienne, qui était froide comme la neige et toute roidie. Elle lui montra le jardin. On sortit de la chambre, on marcha jusqu’à un endroit où il y avait trois tombeaux ouverts. Omar regarda, et il vit dans les tombeaux les linceuls de l’année précédente.

Prends-les, dit la plus jeune, brûle-les, et prie encore. Omar rassembla des broussailles et des herbes sèches.

 

Il battit le briquet, il alluma le feu, il y jeta les linceuls et il pria. Les jeunes filles tout à coup poussèrent un cri et tombèrent évanouies, Omar priait toujours. Peu à peu elles revinrent à elles, leurs yeux s’entrouvrirent, leur langue se délia, elles louèrent Dieu et remercièrent Omar. Leur âme était revenue.

Omar admira la puissance de Dieu et fut rempli de joie. Les filles d’El-Faci lui dirent qu’il avait le cœur fort et lui racontèrent ce qui était arrivé. Puis elles le chargèrent de leur rapporter de la ville les choses dont elles auraient besoin en attendant le jour où elles partiraient du jardin.

Va, dirent-elles, et achète sans compter. Nous n’avons pas seulement nos bijoux ; nous avons aussi le trésor de notre père. Il l’a enterré ici, car il ne pouvait l’emporter avec lui. L’esclave noir peut-être l’aurait tué pour s’emparer de son or.

 

Omar obéit. Il acheta ce qu’elles voulaient. Il revint chaque jour et il prépara tout pour leur départ. Elles décidèrent qu’elles iraient habiter une grande ville au loin.

 

Omar, dit la plus jeune, tu es notre bienfaiteur; tu nous as rappelées à la vie. Que Dieu te récompense. Nous emportons avec nous ce qui peut s’emporter et de quoi vivre pendant la durée de notre existence. Voici les actes de propriété de cette maison; ils étaient avec le trésor. Voici l’argent. Cela est a toi. Demeure ici en possession de tout.

 

Omar lui répondit:

Je ne prendrai ni votre bien, ni celui de votre père. Que ferais-je de l’argent quand j’aurai le deuil dans le cœur et l’inquiétude dans l’esprit? Vous parties, je n’ai besoin de rien. Dieu n’a pas voulu me donner ce que je lui demandais. Qu’il soit glorifié ! je me résigne, et, s’il lui plaît, bientôt je sortirai de ce monde.

 

La jeune fille le regarda et vit des larmes clans ses yeux.

Frère, lui dit-elle. il faut louer Dieu de nous avoir fait connaître ton cœur. Si tu redoutes de nous quitter, nous craignons que tu ne nous quittes. Ton désir est-il que nous restions ensemble:’ Choisis une d’entre nous qui sera ta femme. Nous consentons d’avance à ton choix.

 

Comment choisir? dit Omar. Vous êtes belles toutes les trois, et je ne puis pas désigner l’une plutôt que l’autre.

 

Choisis pourtant. Nous t’approuverons toujours.

 

Eh bien, dit Omar. Mon cœur a choisi celle qui m’a parlé la première pendant la peur de la nuit.

 

La jeune fille se réjouit. Car elle y pensait de son côté. Ses sœurs ne furent pas moins heureuses. Elles aussi se marièrent dans la ville qu’on alla habiter tous ensemble. Et le bonheur fut avec eux, comme Dieu le sait.

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Nord tlemcenien et le Nord constantinois / 2 ème partie

12092017

 

 

Les gens de M’sirda et les gens d’El-Milia
Une généalogie et un parler similaire
Les ketama de Jijel et les zénètes de Tlemcen

 

 

 

 

 

 

LE PORT COSMOPOLITE DE MARSAT BEN M’HIDI (PORT SAY)
 

Pensant être le pionnier, Jean-Batiste Say fut surpris de rencontrer les Allouche, Larbi, Ferroco, Bettahar, Mollino et Haddou ben Hammou. D’autres pêcheurs venant de Beider et de Nemours (Ghazaouet), s’y sont aussi installés dans ce havre de paix propice au commerce avec le Maroc et l’Espagne, et ce, depuis 1867. En 1904, Port-Say est devenu une vraie destination et des navettes se sont vite organisées entre différents ports:Oran, Ghazaouet, Mostaganem, Melilla… En 1904, il y a eu 474 entrées et sorties avec un tonnage de jauge de 9.095.
 

Plus tard, l’image d’une ruée vers l’or, Port-Say est devenu un village cosmopolite où se côtoient Arabes, Berbères, colons français, travailleurs espagnols et italiens et même allemands. Dans les années 1900, Port-Say n’avait rien à envier aux grandes stations balnéaires méditerranéennes. L’élite oranaise et même métropolitaine y débarque. On notera la visite du journaliste parisien Dubochet, le photographe Vrina, l’économiste Labon, chargé de mission du commerce, le journaliste Georges Clarétie du Figaro, Jean du Taillis et Jean Servien du Petit Marseillais. L’écrivain H. Caillot, Jean Hess, homme politique et médecin de la Marine, auteur du Question du Maroc, Paris, 1903 et de L’Algérie nouvelle, Paris, 1909, César Trouin, député de la première circonscription d’Oran.
 

Le 5 janvier 1908, les généraux Lyautey et Bernard descendirent à Port-Say. Pour celui qui a assisté à la métamorphose de la région, il ne peut que constater les dégâts portés sur ce qui était considéré jadis comme une perle que l’aquarelliste nantais Alexis de Broca a merveilleusement immortalisée dans l’une de ses toiles.
 

 

 

 

LES SOUAHLIA ET L’ACCENT LINGUISTIQUE DES K’BAIL EL HADRA
 

Quant aux Souahlia qui est une région située entre Nedroma, Ghazaouet et Djebela. Tounane est la commune de Souahlia dans la wilaya de Tlemcen. Les principaux villages de Souahlia sont Tounane, Mezaourou Adjaija, Dar Benaich, Sidi Brahim. Elles couvrent le littoral méditerranéen, distante de 30 km de Maghnia et 8 km de Ghazaouet, la population de cette région est de 45000 habitants.
 

Les Souahlia habitaient aussi la bourgade de Tounane située à l’actuel Lalla Ghazouana il l’a quittèrent en 1845 de peur des représailles des Français suite à leur défaite devant l’Emir Abdelkader dans la guerre de Sidi Brahim et le 15 octobre 1845 les Souahlia ont écrit une lettre au commandant français dont laquelle le caïd Ahmed Benahmed Ibrahim Ben Kaddour exprimait le désir du retour au village abandonné.
 

La commune de Souahlia en arabe baladiet essouahlia, est située au nord ouest de l’Algérie, à 270 km à l’ouest d’Oran et à 70 km au nord de Tlemcen dans la wilaya de Tlemcen. Elle est bordée au nord par la mer Méditerranée, à l’est par les communes de Ghazaouet et Tient, au sud-ouest par Djebala, à l’ouest par les communes de Souk Tlata et de Bab El Assa.
 

Tounane chef lieu, a été construit en 1960 pour prendre le nom de commune mixte de Tounane avant l’indépendance car elle a rassemblée 2 communes précédentes celles de Beghaoun et de Zaouiet El Mira. Lorsqu’on parle avec les gens de Tounane Souahlia on a l’impression qu’on est à El Milia ou Jijel. Beaucoup de mots de fruits, légumes et même des propos ressemblent au parler des Ouled Aïdoun, Mechat, Ouled Aouat, Beni Idderetc…
 

Après l’indépendance le 05 novembre 1963 elle est nommée commune de Souahlia relative à la tribu des Souahlia qui existait avant 1830 et qui veut dire côtière prés du littoral. Le chef lieu est aussi nommé Souahlia dans le journal officiel, malheureusement il garde toujours le nom de Tounane.
 

 

 

 

UN CADRE GÉOGRAPHIQUE AU RELIEF TOURMENTE
 

Terre ou relief tourmenté et raviné, tel est le cadre géographique de cette partie occidentale de l’Oranie. A l’instar des autres espaces montagnards de l’Afrique du nord, cette entité régionale est marquée d’abord par le milieu physique, ensuite par le milieu humain très ancien, très conservateur, qui s’est montré hostile aux différents occupants. L’adaptation de cette population au milieu montagnard s’est traduite par le développement d’une économie locale traditionnelle qui était, certes, archaïque, mais suffisante pour sa survie.
 

Ainsi parler des montagnes nord africaines, c’est d’abord parler des vieilles civilisations qui ont succédé. TINTHOIN, 1.Le territoire de la commune de MSirda Fouaga est situé au nord-ouest de la wilaya de Tlemcen. Son chef-lieu, Arbouz, est situé à 95 km au nord-ouest de Tlemcen, à 50 km au nord-ouest de Maghnia et à 19 km à vol d’oiseau à l’est de la ville marocaine de Saïdia. En 1984, la commune de M’Sirda Fouaga est constituée à partir des localités suivantes:
 

M’Sirda Fouaga
 

Arbouz (chef-lieu)
 

Boukanoun
 

Sebabna
 

Djama Et Oust
 

Bider
 

Ouled Bouyacoub
 

Zaouia Ouled Benyahia
 

El Hanach Poste Bourogba
 

El Ayayat
 

 

Il faut dire que cette partie ne cite pas suffisamment ses sources qui nécessitent d’autres références. Le lecteur saura que les éléments bien que connus ont été puisés depuis (fr.wikipedia.org/wiki/MSirda Fouaga) : La région de M’sirda est divisée en deux douars les Fouaga et les Tahta, elle se compose de 16 fractions (familles) qui sont Bekhata, Beni Sedrata, Kaezaouia, Mehada, Khada, Kouarda, Ouled ben Ayed et Yalaoui pour les Tahta et Ouriache, Anabra, Aghrem, Mefi, Bedar, Ouled ben Chaib, Elhouaren et les Ouled ben Yahia pour les Fouaga.
 

Sous l’occupation française, Napoléon III, divise la région de Msirda en deux douars, les M’sirda Tahta et les M’sirda Fouaga. Les habitants de la région sont appelés les Msirdiyines. Autrefois les M’Sirdis sont appelés Béni Slimane et Débabsa. Lorsque l’Emir Abdelkader signa le Traité de la Tafna en 1837. La tribu T’hata fut soumise en 1843 au Général Bedeau alors que M’Sirda Fouaga fut soumise à Lamoricière en 1844.
 

 

 

 

TLEMCEN OCCIDENTAL ET KABYLIE ORIENTALE
 

Nous allons faire la jonction entre le Nord Tlemcénien et le Nord Constantinois et voir comment ces deux régions partagent les mêmes us et coutumes dans la manière de vivre et de leur parler local. Ces tribus de la Kabylie orientale appelée communément « Kbaïl El Hadra » qui ont été frappées de séquestre collectifs et individuels pour avoir participer en masse à l’insurrection contre la présence coloniale française. Ils seront vingt neuf tribus des cercles de Jijel, El Milia et Collo à être condamnées par l’administration française où tous leurs biens seront séquestrés. Il s’agit de :
 

Douar-commune des : Ouled-Aouat, Djebala, Taïlmame.Tribu des Beni-Tlilen Beni-Kaïd, Ouled-M’barek, Achaïch, Ouled Aïdoun, Beni-Ftah. Beni-bel-Aïd, Beni-Meslem, Ouled-Mrabet, Afensou, Arb-el-Gouffi. Tribu des Beni-Ferguen Djezia, Ziabra. Douar-commune de : El-Djenah Oued-Aghrioune, Hayen, Beni-Mammar, Ouled-bou-Youcef. Tribu des : Beni-Ider, Beni-Maad, Beni-Marmi, Ouled-Ali, Lalem. Ouled-Nabet, Beni-Ourzeddine.
 

 

 

 

KABYLIE ORIENTALE UNE RÉGION DE BAROUDEURS
 

De 1837 à 1840, le premier contact avec la Kabylie Orientale n’avait guère été fructueux ; à l’égard des grands chefs indigènes, la politique coloniale avait été toute négative ; les difficultés rencontrées dans leurs tentatives pour établir des garnisons permanentes dans le pays leur firent renoncer à toute hardiesse dans la politique militaire.
 

Pendant une dizaine d’années, les généraux français, aux prises sur d’autres théâtres de l’Algérie, avec de grandes difficultés dont l’une des plus considérables fut la lutte contre Abd-el-Kader, n’eurent point le loisir de penser à une conquête sérieuse de la Kabylie Orientale. Jusqu’en 1850 ils se bornèrent à une série d’actions restreintes, simples coups de main effectués autour des principaux établissements, Skikda (Philippeville), Constantine ou Mila, Sétif et Béjaia(Bougie).
 

Pour donner plus de sécurité à la route qui reliait Constantine à Philippeville, ils furent amenés à effectuer plusieurs reconnaissances dans le massif bordant, à l’Ouest, la vallée du Safsaf. En septembre 1841, le général Négrier, successeur du général Galbois au commandement supérieur de la province de Constantine, visite les Beni-Ishak de l’oued Guebli, une partie des Beni-Toufout, et rencontre une résistance sérieuse chez ces tribus montagnardes de l’Ouest d’El-Arrouch.
 

Le général Levasseur, commandant supérieur de Philippeville, refait l’année suivante à peu près le même itinéraire, en passant par les Beni-Salah de la rive gauche de l’oued Guebli. En 1843, les Beni-Toufout reçoivent, à leur tour, la visite d’une colonne commandée par le général Baraguey d’Hilhers, qui opérait de concert avec un contingent sorti de Skikda(Philippeville) pour effectuer la soumission des Kabyles de la rive droite de l’oued Guebli, les plus rapprochés de Philippeville.
 

Ces opérations combinées furent, pour la première fois l’occasion de soumettre les tribus de cette région, Beni-Mehenna, Beni-Ishak de oued Guebli, et une fraction des Beni-Salah.
 

 

 

 

LES BENI KHATTAB – LES OULED AIDOUN CONTRE LES GÉNÉRAUX COLONIAUX
 

La plupart de ces soumissions n’étaient que nominales. Seuls les Beni-Toufout, les plus éloignés parmi ces tribus, étaient restés invaincus.
 

A partir de 1847, les reconnaissances deviennent plus sérieuses. On pénètre plus avant dans la région comprise entre les deux vallées de l’oued Guebli et de l’oued El-Kébir. Le général Bedeau, commandant supérieur de la division de Constantine depuis 1844, décida, en juin 1847, d’y faire une randonnée d’une quinzaine de jours. Parti de Mila, il réalise pour la première fois, en passant par les Béni-Kaïd, Beni-Khettab et Ouled-Aïdoun de la vallée de l’oued El-Kébir, la traversée des montagnes kabyles jusqu’à Collo.
 

L’importance de cette expédition mérite d’être soulignée : jamais encore, en partant d’un établissement de l’intérieur, les troupes coloniales françaises, n’avaient pu atteindre le littoral en passant directement par les montagnes. Le général Galbois, en 1839 n’avait pas voulu prendre ce risque. Le général Bedeau put d’ailleurs constater la sagesse du maréchal Valée, dans sa préférence accordée à remplacement de Philippeville sur celui de Collo.
 

La résistance vigoureuse qu’il rencontra particulièrement chez les Ouled-Aidoun, renforcés de tous les contingents des environs, lui donna une idée des difficultés éprouvées s’ils avaient voulu relier Constantine à Collo. Aussi renonça-t-il lui-même à l’occupation inutile de ce port.
 

En 1848, l’armée coloniale se hasarda à explorer le Zouagha, domaine héréditaire des Ben Azzedin, dont les rochers inaccessibles avaient servi de refuge à leur ancêtre Nacer.
 

Le général Herbiilon venait de succéder au général Bedeau.il comprit que les désordres commis sur la route de Constantine à Skikda (Philippeville), comme au Nord de Mila, avaient pour instigateurs les Ben Azzedin.
 

Il décida, d’envoyer un contingent sous la direction du colonel Jamin, dans le pays, puis s’y porta lui-même. Mais l’année suivante l’expédition fut plus sérieuse. Une colonne traversa l’oued Endja, parvint jusqu’à Fedj-Baïnein, nœud vital du Zouagha où l’armée coloniale devait revenir souvent au cours des campagnes suivantes. Puis, franchissant plus au Nord l’oued Itéra, le Général explora le pays des Beni-Mimoun, qu’il dut combattre pendant plusieurs jours alors que les Beni-Toufout reçurent à leur tour, la visite des soldats français.
 

 

 

 

LES INSURRECTIONS POPULAIRES DES TRIBUS DE l’OUED KEBIR
 

En fait, jusqu’en 1840, l’action dans la montagne bordant les régions de Constantine et de Skikda (Philippeville), fut très limitée. Ils n’avaient pénétré que la bordure du massif. La vallée du Guebli avait été parcourue plusieurs fois; le Zouagha lui-même et le cours supérieur de l’oued El-Kébir avaient été effleurés. Mais la plus grande partie des montagnes comprises entre Djidjelli, Mila et Collo restait inconnue : les tribus de l’Est de Djidjelli, celles du cours inférieur de l’oued El- Kébir et du pâté de Collo n’avaient jamais rencontrer les soldats français ; et la traversée de Mila à Djidjelli, projetée en 1839 par le général Galbois, n’avait pas encore été réalisée.
 

Les expéditions elles-mêmes, effectuées jusqu’à ce jour, n’avaient pas eu beaucoup d’effet. Il ne fallait pas se faire d’illusions sur la soumission purement nominale des quelques tribus visitées.
 

Elles s’insurgeaient aussitôt après le départ des colonnes françaises, D’ailleurs, pendant ces premières années, les généraux français ne semblent pas avoir eu de projets conquérants à l’égard de la Kabylie Orientale, et les différents coups de main furent réalisés simplement dans l’intention de protéger les relations entre les deux villes de Constantine et Skikda (Philippeville), sans cesse inquiétées par des individus descendus des montagnes de l’Ouest.
 

Un peu plus tard, en 1846, le colonel Eynard, commandant la subdivision, sentit la nécessité de se porter dans la montagne au Nord de Sétif pour y calmer l’effervescence produite par un chérif, Moulay Mohammed, apparu récemment. Plusieurs démonstrations avaient été déjà faites depuis trois mois dans la région, mais sans aucun résultat. Les tribus voisines de la plaine, nos alliées, étaient même sérieusement inquiétées ; il devenait urgent de détruire le foyer de l’insurrection. Le colonel Eynard se porta chez les Amoucha, y mit en fuite le chérif. Mais les Amoucha firent appel à leurs voisins, et toutes les tribus appartenant au versant Sud de la chaîne des Babors envoyèrent des contingents pour une nouvelle attaque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boudjemâa Haichour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Inscription du Tombeau d’Othmane, bey de Constantine

10092017

 

 

 

 

 

Inscription du Tombeau d'Othmane, bey de Constantine  dans Archéologie 1503303089-efdc7452

Source: HISTOIRE(S) DE LA VILLE… 

 

 

 

 

Tombeau d’Othmane, bey de Constantine, non loin du petit hameau de Demine, tribu des Ouled Aouat (environs d’El Milia).  
 
L’inscription (en arabe) est gravée sur une dalle de marbre blanc qui recouvre la tombe, surmontée d’une petite colonne turbannée .  

 

هذا ضريح المرحوم السيد  

عثمان بن محمد باي قسنطينة الذي كان  

قتل بهاته الأرض المسماة اخناق عليهم 

من بلاد اواد عواط 

في سنة 1219       
 
 

 

 TRADUCTION. —

« Ceci est le tombeau de celui qui a obtenu miséricorde,

Sid Othmane ben Mohammed, bey de Constantine, 

lequel a été tué en ce lieu dit Khenag Alihem,

territoire des Oulad Aouat, en l’année 1219. »

 

 

 

Le bey Othmane, nommé au beylicat l’an de l’égire 1217 (1803), a régné jusqu’en 1218 (1804).  Durée du règne, 1 an. 
 
Peu de temps après sa nomination au beylicat, il marcha sur Oran avec une forte armée et l’enleva aux Espagnols. Revenu à Constantine, il eut également à châtier quelques tribus kabyles voisines de Stora; mais son camp, placé sur les bords de la rivière Zokora, fut surpris une nuit par les Kabyles, qui ne firent aucun quartier et massacrèrent impitoyablement le chef Othmane. Il fut longtemps regretté du pays.  

 

 

 

 

Voici dans quelles circonstances il périt :   

  

Au commencement du siècle, un cherif marocain, El Hadj Mohammed ben L’Ahrech, fut nommé chef de la caravane des pèlerins du Maghreb, et accomplit en cette qualité le pèlerinage de la Mecque. Il y gagna une réputation de sainteté, et, après maintes aventures que nous n’avons point à rapporter ici, revint se fixer dans le pays kabyle où il entretint, au profit de son ambition, l’agitation toujours remuante des montagnards. S’alliant à un marabout de Redjas (environ de Mila), Si Abdallah-Zebbouchi, il poussa l’audace jusqu’à marcher sur Constantine, en l’absence du bey, alors en colonne chez les Righas. Prévenue temps, Othmane ne tarda pas à lui faire lever le siège, et poursuivit les rebelles à la tête de ses troupes régulières jusqu’à El-Milia.  
 
Un marabout des Béni Sebih, ben Bagherich, vint sur ces entrefaites offrir ses services au bey, se faisant fort de capturer le Cherif avec l’aide d’un corps de troupes. Othmane eut l’imprudence d’écouter ses propositions, et se laissa entraîner par son faux allié jusqu’au cœur des montagnes insurgées. Des nuées d’ennemis ne tardèrent pas à paraître : il en résulta une effroyable mêlée, ou Ben Bagherich périt l’un des premiers. Le bey roula avec son cheval dans une fondrière, et Zebbouchi, qui avait des ressentiments personnels à venger, le perça de coups. 

 La tradition rapporte qu’il posa le pied sur son œil borgne, ainsi qu’il se l’était promis, après quoi il le fit décapiter par un nommé Saïd ben Amer, des Djebala.  

 

 

  

 

 

 




Le Nord tlemcenien et le Nord constantinois / 1 ère partie

8092017

 

Les gens de M’sirda et les gens d’El-Milia
Une généalogie et un parler similaire
Les ketama de Jijel et les zénètes de Tlemcen 

  

 

 

 

  

 

 

Dans cette présente étude généalogique, on a essayé de rapprocher deux régions de notre pays l’une dans la partie voisine de la frontière algéro marocaine, plus précisément les Gens de M’Sirda et l’autre sur les deux rives de Oued El Kébir, les Ouled Aidoun, celle d’El Milia dans la wilaya de Jijel. Quelles en sont les caractéristiques anthropologiques, linguistiques, les us et coutumes qui les caractérisent ? Se sont deux régions d’origine amazigh l’une Zénéte les M’Sirdi et l’autre Kétama d’ El Milia de Jijel.
 

L’explication rationnelle sur l’évolution combien complexe de la généalogie d’une Nation, aussi riche en événements historiques et ethnologiques qui fournissent incontestablement une cohérence dans la connaissance des racines des familles dans une Algérie plusieurs fois millénaire d’une histoire commune lointaine.

 
Ibn Khaldoun a étudié l’essentiel de ces traits de son temps qui demeurent invariables à nos jours malgré le jeu et la manipulation des ethnologues de la colonisation.
 

 

 

LE SOCLE IDENTITAIRE D’UN LEG HISTORIQUE COMMUN
 

C’est pourquoi dira Charles Robert Ageron dans son ouvrage : « Dimension de la conscience historique » à la page 384, éditions Plon 1961 que : « l’histoire est un dialogue du passé et du présent dans lequel le présent prend et garde l’initiative… On ne peut imposer à l’histoire de repenser une société exclusivement de la manière même dont celle-ci se pensait elle-même… C’est en la rapportant à un présent inédit qu’on amène le passé à livrer un secret dérobé jusqu’alors aux investigations les plus attentives».
 

 Le territoire des M’Sirdi est une terre d’asile et de résistance. Tant mieux si la tribu des Daouida où Ibn Khaldoun s’est refugié. L’accueil fait à Ibn Khaldoun alors fugitif, s’expliquait par le fait que cette tribu trouvait en l’homme les traits d’un guide et d’un conseiller hors pair. Alors le souverain de Tlemcen offrit à Ibn Khaldoun le poste de 1er Ministre et l’invita à se rendre auprès de lui.

« Comme je voyais les affaires s’embrouiller, je n’acceptais pas son invitation » racontait Ibn Khaldoun. A sa place il envoya son frère qui venait de s’évader.
 

En revanche, il s’employait à ramener les Daouida dans le giron tlemcénien et à négocier une alliance entre Tlemcen et Tunis, au moment où Abou Hammou, le Roi de Tlemcen se préparait à venir à Béjaia. Mais revenons sur notre étude et parlons-en sur les Gens de M’Sirda. Les M’Sirdi occupaient depuis les siècles la zone tellienne et littorale de l’Algérie.
 

 

 

UNITÉ TERRITORIALE DE M’SIRA ET RESISTANCE ANTI COLONIALE
 

Du temps de l’empereur Napoléon III, le territoire Algérien alors sous domination française fut découpé en douars en 1863 et ceci afin de délimiter le territoire que chaque tribu occupe afin d’y répartir les terres. Cette manœuvre avait en réalité pour but de substituer les entités ethniques qui existaient en une organisation territoriale et administrative et ceci afin de dés-unifier certaines tribus qui auraient pu poser des problèmes de résistance.
 

Le territoire des M’sirda c’est à dire le territoire qui leurs a été reconnu par les opérations de délimitation entrepris de 1905 à 1923 couvre une superficie d’environ 29.000 hectares. Il dépend de la commune de Maghnia et compte une soixantaine de villages. Il est situé à l’extrémité occidentale de l’Algérie, touche à la fois la mer méditerranée et le royaume du Maroc avec les limites suivantes :
 

Au nord, la mer méditerranée.
 

A l’est, les douars Souhalia, Zaouïa-el-Mira et Ternana.
 

Au sud, la commune de Maghnia.
 

A l’ouest, la frontière algéro-marocaine.
 

 

Ce territoire présente dans son ensemble le caractère montagneux des rivages nord africains, à l’exception d’une plaine assez peu étendue (4.000 hectares environ) qui se trouve sur la frontière entre les douars Beni-Mengouch et Attia, et qui est le prolongement de la plaine marocaine des Trifia; il est d’une altitude assez faible, les sommets varient de 200 à 600 mètres.

 

Mais le relief est tourmenté et les chaînons sont séparés par de nombreux ravins, profonds, étroits, d’un accès très difficile. Le rivage, bordé par des collines de 200 à 300 mètres est rocheux et très inhospitalier. Cette région fut jadis très boisée mais on trouve encore aujourd’hui sur bien des points de beaux arbres tels que thuyas et chêne verts. Le climat est celui de la côte algérienne dans l’ensemble, moyennement humide. La région de M’sirda reçoit environ 350mm de pluie par an.
 

Elle possède un grand nombre de sources dont beaucoup sont aménagées en-bassins et abreuvoirs. Les sols là ou l’érosion n’est pas très trop forte, se prête à la culture des céréales et à l’entretien de jardins, vergers et potagers.
 

A part les sentiers et les pistes meulières ce territoire ne compte que quelque rares voies de communications dont la plus importante est la route de Maghnia à Port Say (nationale 7). Dans les années 90 un nouveau découpage des douars à été entrepris, ralliant le douar de M’sirda Tahta à celui des Souhalia. Le douar de M’sirda Fouaga n’a quant à lui pas été modifié et à pour chef lieu le village de Arbouz.
 

M’sirda thata
 

M’sirda thata ville algérienne frontalière avec oujda (maroc)
 

 

 

 

ORIGINES DES M’SIRDA
 

La région de M’sirda est divisée en deux douars les Fouaga et les Tahta, elle se compose de 16 fractions (familles) qui sont Bekhata , Beni Sedrata, Kaezaouia, Mehada, Khada, Kouarda, Ouled ben Ayed pour les Tahta et Ouriache, Anabra, Aghrem, Mefi, Bedar, Ouled ben Chaib, Elhouaren et les Ouled ben Yahia pour les Fouaga. La tribu des M’sirda a cessé d’exister en tant qu’unité ethnique par l’arrêté d’homologation du 31 août 1825 qui l’a érigée en deux divisions administratives les douars M’sirda Fouaga et M’sirda Tahta.
 

 

 

LES RACINES ARABO-BERBERES DES M’SIRDI
 

Les régions montagneuses de M’sirda ont longtemps étaient un refuge pour les tribus berbères mais il serait toutefois téméraire d’en conclure que les M’sirda sont de purs Berbères. Il paraît bien au contraire qu’ils se soient constitués comme tant d’autres au cours du temps par la réunion d’éléments hétérogènes. On peut distinguer parmi eux deux éléments ethniques : l’un autochtone (berbères) qui comprend surtout les Msirda et les Anabra, l’autre arabe qui comprend les Abd-el-Moumen et les Ouled-ben-Yahia.
 

D’après les Généalogistes, Les Msirdis appartiendraient à la race des zénètes et descendraient d’Istilien, père des tribus Maghraouiennes (voir Ibn Khaldoun tome 3 page 227) d’Ibn Kharez l’opposant des Fatimides de Karouan (Xème siècle) et de Ziri Ben Attia, avec lequel ils se seraient installés dans la région de Oujda lorsqu’il fonda cette ville en 994.
 

Quant aux Anabra originaires de Tlemcen et descendants d’ Yaghmoracen (fondateur de la dynastie Abd-el-Ouadite) seraient venus se joindre aux Msirda pour échapper à la domination turque. Ces deux éléments constituent la majorité des éléments berbères de la région.
 

Concernant les éléments arabes, ils ont de commun leur prétention à une ascendance chérifienne : les Oulad Abd-el-Moumen par l’intermédiaire d’Idris et les Oulad ben Yahia par l’intermédiaire de Mouley Abdelkader el Djilani.
 

Il ne faut pas confondre les Ouled Abdelmoumen avec le grand souverain des Almohades. Le personnage dont il est question serait venu de Cordoue au XIII è siècle où il serait installé avec les Béni Mengouch dans l’actuelle région de M’Sirda.
 

L’histoire de M’sirda sous la forme de leurs tribus actuelles n’est pas très vieille. En effet la plus vieille mention que l’on trouve de ce nom dans les annales du Maghreb (Mzerdâ) sont d’Ibn-Khaldoun (célèbre historien arabe du XV ème siècle) et remonteraient aux XII éme siècle.
 

Si fragmentaires que soient les informations recueillies, nous dire que les mêmes caractéristiques reflètent l’ethnologie M’Sirdie à savoir berbère et arabe. En fait c’est une tradition établie aussi bien à Nédroma qu’à M’Sirda, que toute la région était sous la domination des Béni Illoul, fraction des Koumia, tribu à laquelle appartenait Abdelmoumen vers le début du XIIIè siècle.
 

 

 

 

GENEALOGIE DES BENI SLIMANE/DEBABSA ET DES MAAKIL
 

Un autre lien peut encore attester de ces rapports avec les Almohades, c’est que les Abadine, fraction de la tribu des Achach, qui prétendent descendre des Abed, famille où naquit le grand Abdelmoumen, ont toujours convoité les terres des M’Sirdis comme un bien ancestral. Mais la puissance des Koumia ne tarda pas à déchoir avec celle des Almohades, et le XIV siècle vit s’opérer une fusion entre les tribus berbères et arabes. Aussi les Daoui Obeïd Allah, tribu arabe, vint dominer toute la région de la Moulouya à la Tafna. Pendant tout le XVII è siècle, les sultans marocains ont eu des prétentions sur l’Ouest du pays, mais ne sont pas arrivés car la population de cette région est hostile à tout pouvoir externe.
 

La fusion des arabes et des M’Sirdis dans leur Ben Ammat n’est pas connue mais on est en droit de signaler la forte présence des Arabes Maâkil par cette fraction des Béni Obeïd Allah. Ainsi les M’Sirda T’hata( ceux d’en bas)qui étaient des Béni Slimane autour de Souk Tlata et les M’Sirda Fouaga (ceux d’en haut) appelés Débabsa, situés autour de Sebabna.
 

Les M’Sirdis sont restés fidèles à eux même et à l’Emir Abdelkader en dépit des massacres opérés dans leurs rangs. C’est sur leur territoire au pied du Kerkour, que se déclencha la bataille de Sidi Brahim mené par Bou Hamidi en présence de l’Emir Abdelkader.
 

 

 

 

FIDÉLITÉ DE M’SIRDA ENVERS L’EMIR ABDELKADER A SIDI BRAHIM
 

De par sa beauté féerique qui subjugue le visiteur, Marsat Ben M’hidi, Msirda Ajroud de son appellation d’origine, attire chaque année des milliers de touristes locaux et émigrés pour leur offrir la fraîcheur de la mer, l’air pur des montagnes fortement boisées et la gentillesse de ses habitants. Quant à l’histoire de Marsat Ben M’hidi (Port Say)
 

Le bâtisseur, lieutenant de vaisseau de réserve, de son vrai nom Louis Jean-Baptiste Say, est né un 30 janvier 1852 à Nantes (son père Louis-Octave Say, propriétaire, et sa mère Octavia Euphémie Etienne, comtesse, veuve Janvier de la Motte, veuve en premier mariage de Louis-Octave Say). Say est mort le 3 octobre 1915 à l’âge de soixante-quatre ans.
 

Louis Jean-Baptiste Say n’a pas découvert le site. Certes, s’il l’a exploré en 1886, il s’y installa en juillet 1900. A en croire Jean Hess, l’idée de construire un port remonte à 1764, lorsque le bailli de Suffren voulut établir une liaison maritime avec les îles Zaffarines. En 1845, la transformation du mouillage de l’Oued Kiss en lieu de débarquement des forces du maréchal Bugeaud, est devenue une option stratégique pour contrecarrer les tribus marocaines d’une part et le soulèvement de l’émir Abdelkader d’autre part.
 

Finalement et sans autorisation, Say entreprit la construction de son port en 1904. Cette embouchure du Kiss, se situant au lieu-dit Adjroud, avait fait l’objet de nombreuses études, évoquant la région, remonte jusqu’à l’Antiquité pour la décrire. Selon l’auteur des tribus des M’sirda, les itinéraires anciens et les géographes la citent, Strabon donne le nom de Massaisyliens aux populations qui habitent à l’est de la Moulouïa (Mélouïa). Ptolémée, au IIe siècle après J.-C., parle des Herpiditanes qui seraient à l’origine des M’sirda.
 

La région faisait partie au IIIe siècle de notre ère de la Maurétanie césarienne. Toujours d’après Audisio, l’itinéraire d’Antoine cite la station de Lemnis, que certains confondent avec Port-Say. El-Bekri dans sa description de l’Afrique du Nord évoque le port d’Adjroud, et le situe immédiatement à l’Orient de celui des Djeraoua. Beaucoup plus proche de notre ère, c’est-à-dire au XVIIe siècle, la région, qui n’avait pas encore un nom spécifique, fut au centre d’interminables conflits.
 

Il fut d’abord le théâtre de faits marquants de l’histoire d’Algérie. A quelques encablures, au Djebel Kerkour, l’émir Abdelkader mena une rude et glorieuse bataille contre le colonel Montagnac et c’est sur ces mêmes terres que commença son odyssée, presque au même moment de la chute des M’sirda Thata (1846) et Fouaga (1847). Le site, de par son emplacement stratégique, n’a pas échappé aux militaires français qui voulaient, dès 1845, l’ériger en poste avancé pour frapper les envahisseurs marocains (les Béni Snessen) et par là même asphyxier l’émir Abdelkader.
 

L’embouchure de l’oued Kiss, c’est-à-dire Port-Say, était l’endroit qu’avait choisi le maréchal Bugeaud pour approvisionner ses armées, car les Marocains ont toujours eu des prétentions territoriales sur l’ouest algérien, notamment sous le règne de Moulay Ismaïl (1678-1679) qui voulut étendre sa souveraineté jusqu’à la Tafna. Le traité du 18 mars 1845 consacra, hélas, le 32e parallèle comme limite des territoires algériens en amputant à notre pays de toute la partie allant de l’actuelle frontière jusqu’au cours de la Moulouïa (la Malva des Romains), frontière reconnue comme telle depuis les Romains jusqu’aux Turcs.
 

C’est cette limite qu’aurait dû adopter «l’absurde et à jamais regrettable traité de 1845 et non cet insignifiant oued Kiss» (Canal J. Monographie de l’arrondissement de Tlemcen, 1885). Autrement dit, la France a fait perdre à l’Algérie indépendante une grande partie du territoire des Béni Snassen, dont quelques descendants peuplent jusqu’à nos jours la petite localité de Marsat Ben M’hidi.
 

L’Algérie perdit également la plaine de Trifa et d’Angad, une partie des Kebdana, la plaine de Tazagrarète longeant l’une des plus belles plages de la Méditerranée, Saïdia. Dire que le site fut découvert par Say, c’est méconnaître l’histoire car cela sous-entend que l’endroit était vierge. Or, avant même l’avènement des Français, la plage fut peuplée de pêcheurs venus pour la plupart du douar Ad’ouz dans le Rif marocain, exactement de l’ouest de la baie d’El-Hoceima. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

…. A suivre 

 

 

 

 

 

Boudjemâa Haichour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sraoui : chant de résignation

6092017

 

 

 

 

 

Rare Enregistrement d’un Sraoui (algérien) datant du début de 20 ème siècle .

 

 

chant solo par Haddid

 

 

 

 

Sraoui : chant de résignation  dans Musique 1503822058-f3-1

 

 

 

 

 

accompagné de la gasba par Ferhat

 

 

 

1503822048-f5-1 dans Musique

 

 

 

 

 

 

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