Kaki, Biographie d’un Auteur Dramatique Algérien

24122020

 

 

 

 

 

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Cette brève analyse, basée sur l’étude de l’œuvre de Ould Abderahman Kaki, a pour objectif la mise en perspective d’une particularité de son théâtre, le mélange de l’oralité et de l’écriture. Nous verrons quels furent l’impact et l’influence de la tradition populaire sur son théâtre et comment ce théâtre est devenu un outil efficace pour lutter contre l’obscurantisme, l’illettrisme et l’injustice qui règnent en Algérie.

 

L’importance qualitative et quantitative de l’œuvre du dramaturge Ould Abderahman Kaki est un motif du choix et de l’orientation de notre réflexion. Cet auteur a créé, en effet, une œuvre de près de cent pièces de théâtre et il a mis tout son talent au service d’un idéal populaire. De plus, le travail de Ould Abderahman Kaki reste une expérience théâtrale des plus originales et des plus authentiquement algériennes. Qui fut cet homme ? En quoi son expérience théâtrale est-elle originale ? Et quels sont les critères qui déterminent son authenticité et son algérianité ?

 

Ould Abderahman Abdelkader, dit Kaki, est né le 18 février 1934 à Mostaganem dans un quartier populaire nommé Tigditt. C’est à côté du mausolée de Sidi Sayah, un des nombreux lieux saints qui entourent cette ville, que Kaki ouvrit les yeux. Le surnom de Kaki est un diminutif local pour Abdelkader. C’est très jeune que Kaki perdit sa mère, sa grand-mère assurant son éducation. Cette dernière gardait la mémoire du passé. Elle racontait à l’enfant des contes merveilleux et récitait de longs poèmes de la tradition orale que certaines chanteuses reprenaient dans les fêtes et les mariages. Dans ce quartier si attachant, les veillées étaient très courtes pour cette grande conteuse. Tout au long de son enfance, Kaki ne pouvait s’empêcher d’aller écouter, caché derrière un rideau, les témoignages de cet univers appartenant exclusivement au monde féminin, celui des meddahates qui chantaient merveilleusement les qasidates. Plus tard, à l’âge de dix ans, c’est au tour de son oncle Mâamar, mélomane et célèbre chanteur de cha’bi, de reprendre, en sa présence, les longs poèmes épiques de Sidi Abderrahman Medjdoub, de Sidi Lakhdar Benkhlouf, du grand poète mostaganémois Bentobdji et de Cheikh Hamada, le grand maître du chi‘r el-melhoun. Toutes ces sources d’inspiration feront évoluer Kaki dans un environnement qui orientera son imagination vers le merveilleux et le fabuleux.

 

Kaki, qui tâtera du scoutisme dans le groupe El-fallah, fréquentera l’école Jean-Maire jusqu’en 1948. Lui et ses camarades de classe montaient chaque année un sketch qu’ils répétaient durant l’année pour pouvoir le présenter la veille des grandes vacances. Avec la réalisation du sketch Le Dentiste atomique, applaudi par les enseignants et les parents, Kaki se sentira comme «prédestiné» à une carrière théâtrale.

 

L’adolescent s’initie par la suite à l’écriture théâtrale avec une pièce au titre romantique Dem el-Hobb (Le Sang de l’amour), dédiée à des jeunes de son âge qui formeront plus tard l’ossature de sa troupe Masrah el-Garagouz. Lorsque sa grand-mère apprit qu’il faisait du théâtre, elle s’écria : Comme cela, tu fais le Garagouz !. Séduit par le terme et par sa symbolique, Kaki surnomma sa troupe La Troupe des Garagouz. À quinze ans, il rejoint la troupe El Sa‘ydia, sous la direction de Mustapha Benabdelhalim, surnommé ‘Ami Djillali. Ce dernier l’encourage dans sa passion pour l’art dramatique. Il ne cessera d’aider le jeune homme puis le dramaturge. Pour Kaki, Ben Abdelhalim était un animateur bénévole… Il forçait mon admiration par son désintéressement et son amour pour la profession… Grâce à cet animateur, j’ai pu faire le stage d’éducateur populaire en art dramatique… J’ai monté sous sa direction ma toute première pièce, Mariage sans consentement. J’ai joué et monté La Légende de la rose alors que j’étais louveteau avant d’être scout. Deux ans après, il rejoint la troupe El-Masrah sous la direction d’Abdelkader Benaïssa.

 

Le temps sera ensuite celui de la confrontation avec les grands textes du répertoire comme La Valise de Plaute, L’Oiseau vert de Carlo Guzzi et La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco, pièces que Kaki mettra en scène entre 1955 et 1958, en sa qualité d’instructeur régional et national d’art dramatique. Il découvrira aussi Les Perses d’Eschyle, une pièce jouée par la Troupe antique de la Sorbonne, pièce qu’il admirera pour sa force dramatique, l’emploi des chœurs et son lyrisme. On retrouvera cela dans ses propres pièces à travers l’utilisation du Meddah, des chants et du chœur. Le temps de la formation est aussi celui des stages annuels, en été, à Bouisseville, près d’Oran où Kaki a pour élève Jean-Pierre Vincent, le metteur en scène bien connu et futur administrateur de la Comédie Française.

 

L’aventure avait commencé avec la création de sa propre troupe, en 1958, Mesrah el-Garagouz qui trouvera refuge dans une menuiserie de la rue de Lyon à Mostaganem. C’est là, dans «le trou», qu’il poursuivra ses recherches avec ses tentatives d’un théâtre différent mis au service d’un verbe populaire et percutant. Ce laboratoire accueillera les pièces de Piscator, Brecht et Stanislavsky. Cette troupe fera parler d’elle à partir de l’Indépendance. Ces acteurs joueront ainsi dans Fin de partie de Samuel Beckett, Avant théâtre, Le Filet, Le Voyage et L’Antiquaire clair de lune de Kaki. Ce souci de l’expérimentation va également s’affirmer dans l’adaptation qu’il fait de L’Oiseau vert de Carlo Guzzi, pièce tirée d’un conte des Mille et une nuits intitulé Diwan el-Garagouz. Deux années avant l’Indépendance, Kaki travaille sur 132 Ans et sur Le Peuple de la nuit, deux spectacles qui seront simultanément donnés le 19 mars 1964 à Mostaganem. La veille du premier novembre de cette même année, la troupe, invitée par Mustapha Kateb, fera salle comble à l’Atlas – ex-Majestic-Che Guevara était parmi les officiels. Cet homme qui symbolisait la révolution disait à propos du théâtre de Kaki: On m’a dit qu’il n’y a pas de théâtre en Algérie, je viens de voir un théâtre proprement révolutionnaire.

 

Suivront, à partir de janvier 1963, Afrique avant un et le Diwan qui sera joué avec Avant théâtre et Les Vieux en France et en Europe. En 1964, la création de El-Guerrab wa Salhin (Le Porteur d’eau et les Saints), marquera un grand moment dans son travail, notamment pour ce qui est de l’écriture à travers un lyrisme et une utilisation intelligente de la parabole et des légendes. Cela réapparaîtra dans Koul ouahed ouhakmou (À chacun son jugement), pièce écrite et montée en 1967. Metteur en scène de ses propres pièces, il sert ses textes par une technique, un sens du rythme, une utilisation de l’espace qui en font des spectacles esthétiquement réussis et sans didactisme forcené. Ces spectacles furent souvent des moments de fête et de communion avec un public qui se souvient avec plaisir de ces pièces. Dans El Hadj M’hammed El-‘Anqa ou Sidi Abderahman Medjdoub, les contes et les légendes sont les repères de ce dramaturge, de ce poète qui sait l’importance de la tradition, de l’oralité dans une culture. Directeur de théâtre, praticien, autodidacte, pionnier de la décentralisation de l’entreprise théâtrale, Kaki sera primé en 1964 au Premier Festival maghrébin de Sfax avant de recevoir également la médaille d’or du Festival du théâtre arabo-africain de Tunis.

 

En 1969, il sera chargé de la conception du Festival panafricain d’Alger. Mais cette année-là, la tragédie était aussi au rendez-vous : suite à un terrible accident de la circulation il sera handicapé pour longtemps. Il a alors 33 ans. Malgré ces circonstances, Kaki, ce grand artisan du théâtre algérien, continuera à produire un répertoire prolifique, porté constamment par un souci de recherche que reconnaîtra bien plus tard l’Institut International du Théâtre qui lui décernera, en 1990, au Caire, sa médaille d’or.

 

Kaki tire une partie de sa force du vieux quartier populaire de Tijditt, le quartier aux quarante saints, âme secrète de Mostaganem avec sa souika fougania, sa grande mosquée El-alaouiya et son célèbre marché hebdomadaire exclusivement féminin souk El djem’a, source d’inspiration de nombreuses productions artistiques de qualité dont le poème du chanteur El-Hadj El-’Anqa et la célèbre pièce théâtrale de Sliman Benaïssa Youm el djemàa khardjou Leryam.

 

Inventeur de la modernité dans le théâtre algérien, Ould Abderrahman Kaki a su allier à la fois les richesses du terroir et les exigences d’un théâtre populaire de qualité ouvert sans complexe sur l’universel. Il a écrit près de cent pièces de théâtre. Aucune de ces pièces n’a, toutefois, été publiée, ce qui est aussi le sort de beaucoup d’œuvres dramatiques algériennes, qu’elles aient été écrites par Alloula, Bechtarzi, Qusantini, Benaïssa, Bensabeur et tant d’autres.

 

À l’âge de 61 ans, et après une longue maladie, Kaki, ce dramaturge de l’essentiel, nous a quitté le 14 février 1995. Son nom reste gravé dans la mémoire de tous ceux qui aiment les planches.

 

 

 

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Une Expérience Théâtrale Authentiquement Algérienne.

 

Ce théâtre est recherche et mise au point d’une forme d’adaptation de la chanson rurale, avec ses thèmes et ses formes d’expression, à la scène moderne. Cette tentative se caractérise par sa fidélité à l’esprit de la tradition orale populaire et par l’adéquation de ses moyens de communication au contexte culturel algérien. Cela nous permet de mettre en relief le phénomène de métamorphose du ghennaï ou du meddah, présents dans la forme « préthéâtrale » de la poésie populaire, en chansonnier satirique avec Rachid Qusantini puis en théâtre populaire un quart de siècle plus tard.

 

La « théâtralité » présente dans la tradition orale du chi‘r el-melhoun, que nous appelons provisoirement « chanson de geste », a été ignorée en raison du mépris de beaucoup de lettrés pour tout ce qui n’est pas écrit dans la langue classique. Ces poèmes écrits en langue « dialectale» étaient donc lus « sous le burnous » et chantés dans les réunions privées. On en ignore souvent les auteurs.

 

À l’exception de quelques timides essais, tout à fait conjoncturels, d’un théâtre en langue dialectale présentant des revendications purement nationalistes, on ne peut parler d’un théâtre algérien d’essence populaire. Il faudra attendre 1961-1962 pour voir la « chanson de geste » chantée en dialectal adaptée à la représentation grâce à l’expérience unique, à l’époque, de Kaki. Ce fut là l’originalité de son travail et de ce laboratoire appelé « Avant-théâtre ».

 

Dans sa carrière artistique, cette période d’expérimentation durera près de dix ans (1951-1961). Elle allait être la plus riche en enseignements. Kaki aboutira à la mise au point d’un langage dramaturgique qui devra toutes ses qualités au patrimoine culturel dont il s’inspire et au raffinement du médium théâtral adéquat pour son projet. Les deux composantes fondamentales de ce langage sont la forme du discours et les techniques de représentation théâtrale qu’il emprunte. La recherche de Kaki se caractérise par une tentative constante de réactualisation des modes traditionnels de communication de plus en plus menacés de disparition par la modernisation de la société algérienne. On les retrouve dans son discours théâtral. Il a choisi comme médium linguistique la langue arabe, telle qu’elle est parlée et utilisée dans la chanson populaire, un médium qui n’est pas figé du point de vue grammatical, donc plus libre et plus riche du point de vue sémantique. Toutefois, de manière paradoxale, il est néanmoins conscient de son appartenance à une culture scribale.

 

Ce dramaturge, comme la plupart des hommes de théâtre algériens, a fait de la revalorisation des langues et de la culture populaire son nouveau cheval de bataille: L’arabe vivant, c’est l’arabe populaire, car le principal créateur de la langue, c’est le peuple entier, lui seul peut donner à la langue toute sa saveur.

 

 

 

 

 

 

Kaki et la Théâtralisation de la Tradition Orale Populaire.

 

Kaki a, par ailleurs, emprunté un grand nombre de matériaux dramatiques à la tragédie grecque tout comme il réemployait souvent les poèmes de bardes populaires comme Lakhdar Ben Khlouf et Abderahman Medjdoub qui le marquèrent profondément. L’apport de ces poètes à l’écriture dramatique est considérable. Ainsi, la langue est parfois versifiée et traversée par un rythme et une musique particulière. On ne peut parler de Kaki sans évoquer la place de la poésie populaire dans son écriture. Nous retrouvons le meddah, le chœur et le chant dans de nombreuses pièces de Kaki. Le meddah possède les mêmes caractéristiques que le coryphée. Il relance, ralentit ou accélère les actions et raconte les événements tout en participant à la disposition spatiale. Il provoque une sorte de distance avec le spectateur qu’il interpelle et pousse à la participation. Le chœur joue aussi ce rôle de catalyseur du récit. Cette association d’éléments provenant de divers univers dramatiques donnent au texte une certaine unité et produit un texte original. L’intégration dans l’écriture théâtrale des formes littéraires et spectaculaires populaires visait à atteindre le peuple entier. Ce n’est pas sans raison que Kaki réemployait le meddah, le chant et la poésie populaire. Il cherchait à provoquer une forme de reconnaissance, un déclic qui pousse les spectateurs à découvrir le théâtre à travers les signes de leur propre culture.

 

Ses pièces sont souvent des fresques historiques ou légendaires qui sont un hymne permanent à la gloire d’un peuple, d’un passé de lutte, d’une tradition de grandeur qui a ses valeurs et ses héros. Souvent le temps y est désintégré comme dans le merveilleux épique. Kaki y narre l’action en une succession d’étapes marquant le devenir d’une civilisation, comme le signifie le meddah qui introduit sa pièce Les Vieux : Il sera décidé entre le derwich et les deux vieux que cette pièce ne se passera ni hier parce qu’il est mort, ni aujourd’hui parce qu’il compte sur demain, ni demain qui est une espérance.

 

 

Du point de vue des techniques de représentation, l’intérêt de son expression dramaturgique réside dans les emprunts directement inspirés par le potentiel communicatif du conteur. En quoi consiste alors cette innovation?

 

Kaki reprend d’abord le lieu de représentation traditionnel, la halqa, ensuite l’instrument qui s’interpose entre l’action représentée et l’audience, le meddah. Il s’agissait pour Kaki de transposer le rapport acteur/spectateurs spécifique à la halqa sur la scène et de recréer l’empathie culturelle qui caractérisait ce genre de réunions.

 

Avec Kaki, l’espace théâtral de tradition européenne n’apparaît pas. On découvre une forme d’expression issue d’un vécu rural. L’homme souhaite véhiculer une tradition poétique séculaire selon des moyens de communication modernes sans pour autant choquer le spectateur contemporain. Entre l’imagination collective et l’imagination poétique s’établissent des rapports dialogiques à travers lesquels est racontée une expérience de l’écriture. Le texte se donne comme lieu de mouvement, de mouvance et d’interférence que l’imaginaire populaire traverse. C’est un lieu de réflexion qu’il suffit de parcourir pour découvrir tout l’arrière-plan imaginaire dont prend prétexte l’écriture. Ainsi la redécouverte du passé et la reconstitution de la mémoire se font par et dans l’écriture. La mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective, ne peut s’atteindre que par le texte. L’espace textuel est une fenêtre ouverte sur l’univers fabuleux de l’imaginaire populaire qui intègre pleinement la tradition orale. L’intérêt de cette écriture aura été, d’abord, d’affirmer une théâtralité algérienne, conçue dans son authenticité apparente et d’en faire un langage dramaturgique efficace. Cette efficacité peut se mesurer au nombre d’émules, acteurs, metteurs en scène, groupes collectifs de création, que cette écriture a engendrés. Elle a même transcendé les frontières du pays pour être reprise et amplifiée au Maroc par Tayeb Seddiki avec un succès et un impact sans égal à l’échelon du Maghreb et dans l’histoire du théâtre arabe.

 

Cette expérience aura contribué à faire admettre le statut possible de langue nationale pour l’arabe parlé. Novatrice et généreuse, l’œuvre de Ould Abderrahman Kaki demeure incontournable dans l’histoire du théâtre algérien auquel elle a imprimé un style et une esthétique en rupture avec les canons classiques de la représentation. En privilégiant la recherche et l’innovation dans l’art dramatique, Kaki s’est abreuvé de la magie de la culture populaire, une culture qui fait la force de son verbe et de son art et dont il est l’un des plus brillants artisans, Kaki se nourrit aux sources fécondes du patrimoine, avec sa poésie, ses valeurs et légendes en alliant, dans une symbiose revendiquée, la « tradition », la langue dialectale, et la «modernité », le théâtre comme genre nouveau. Il a su créer et faire vivre un monde qui n’a pas fini de nous parler, de nous interpeller par la richesse et la vérité de ses personnages. On voit un univers parfois dur, souvent magique, mais toujours près du quotidien, de l’homme, de ses peines et de ses espoirs, rendu proche par l’efficacité d’une technique théâtrale patiemment et longuement élaborée au cours d’une recherche menée avec la complicité et la disponibilité d’une formidable équipe de comédiens issus pour la plupart, comme lui-même, de ce vieux quartier de Tijditt qui l’a vu naître et qui l’a souvent inspiré. Metteur en scène habité par le souci de bien servir le texte et de mettre en valeur ses interprètes, Kaki est toujours resté à l’écoute du public qui fit un chaleureux accueil à chacune de ses créations comme: 132 Ans, le premier spectacle monté à l’indépendance, Afrique avant un, Diwan El-Garagouz, Le Recueil du Garagouz, Le Porteur d’eau et les Trois Saints et À Chacun son jugement.

 

Ces pièces furent de véritables spectacles animés par la joie de communier avec le public et elles appartiennent à un riche répertoire, constitué notamment de Dem El-hobb (Le Sang de l’amour), Ahl El-lil (Le Peuple de la nuit), El-Chouyoukh, Les Vieux et Avant Théâtre qui connut un immense succès en 1964 à Paris au théâtre 347. Et cela même si ce répertoire, encore inédit.

 

Dans une autre pièce Koul wahed wa houkmou, Kaki soulève un problème cruel, celui de la liberté de la femme : celle qui a contribué à l’indépendance du pays se trouve prisonnière des traditions. Kaki appelle à l’émancipation de l’individu et à la construction d’une société moderne. Il jette la pierre, d’une manière subtile et intelligente, à la bureaucratie et à certaines croyances populaires qui maintiennent le peuple dans une profonde léthargie. Kaki fait du dérisoire et de la satire des techniques au service d’une reconstruction sociale possible.

 

Formateur, comédien, directeur de théâtre, nouvelliste, cinéphile averti, ami du grand poète populaire Cheikh Hamada, Kaki demeure le dramaturge de l’essentiel, du mouvement, du rythme, de la poésie et de la profondeur, inspiré de richesses traditionnelles. Autant de qualités précisant son important apport à la mise en œuvre d’un théâtre algérien moderne assumant les enjeux auxquels est confrontée la société algérienne.

 

 

 

 

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Renseignements Historiques sur la Zmala d’Abdel-Kader – 5ème Partie

22122020

 

 

 

Voici un extrait de ce que transmet à ce sujet M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur des Affaires arabes :

 

 

 

 

OBSERVATIONS.

 

 

 

L’organisation de la Zmala de l’émir une fois connue, on voit qu’il était pour ainsi dire impossible d’arriver jusqu’à la tente d’Abd-el-Kader, sans être découvert, arrêté et immédiatement mis à mort. Il n’était pas plus facile de fuir avec sa famille et ses biens, quand une fois on avait été incorporé dans cette émigration.

 

En effet, il aurait fallu, pour obtenir ce résultat, traverser plusieurs enceintes qui se surveillaient les unes les autres, et qui n’étaient peuplées, en général, que de gens malheureux épiant toujours l’occasion de s’enrichir parle pillage. L’émir l’avait bien compris, et il avait fait publier cet ordre laconique : De quiconque fuira ma Zmala, à vous les biens, à moi la tête.

 

Il y avait, au surplus, un système d’espionnage tellement bien organisé, que l’idée de hasarder une évasion ne venait à personne, quelque désir qu’il éprouvât de se rapprocher de nous.

 

Un petit corps d’infanterie et d’artillerie régulière fort de 400 ou 450 hommes, suivait toujours le sort de la Zmala. Il campait ordinairement entre la deuxième et la troisième enceinte, à gauche et en arrière du douar de Miloud-ben-Arrach.

 

Cette troupe ne faisait pas un grand service; elle était chargée de veiller à la garde particulière du douar de l’émir ou des douars de ses chefs principaux. C’est elle qui faisait encore les exécutions le plus souvent ordonnées par El Hadj-el-Djilali, conseiller intime de l’émir. Elle était bien armée, mais mal vêtue, mal nourrie, mal payée, et n’éprouvait véritablement un peu de bien-être que quand la ghazia et le pillage venaient la dédommager de ses longues abstinences.

 

La cavalerie régulière paraissait rarement dans la zmala ; elle était toujours en course, avec les chefs les plus capables chargés d’aller pousser les tribus à révolte.

 

L’émir, bien convaincu qu’il ne pourrait jamais rien que par l’aristocratie du pays, avait pris le parti de chercher à s’emparer, par tous les moyens possibles, des chefs les plus influents dont il craignait le passage dans le camp français. C’est ainsi qu’il a maintenu beaucoup de tribus qui désiraient la domination française, et qu’il en a repris beaucoup aussi qui nous étaient venues.

 

Les otages appartenant aux tribus de l’Est campaient à la droite et en arrière du douar de Miloud-ben-Arrach, et ceux de l’Ouest auprès du douar de l’agha des Hachems-Cherraga ; ceux enfin qui lui étaient amenés sans leurs familles et sans leurs biens, étaient placés tout simplement dans le camp de l’infanterie régulière.

 

L’infortuné Mohamed-bel-Hadj, agha des Beni-Ouragh, était au nombre de ces derniers. La veille de la prise de la Zmala, il devait être étranglé par ordre de l’émir, et l’agha de l’infanterie régulière, dans latente duquel il s’était réfugié, avait pris sur lui de retarder son exécution. On ignore s’il a pu se sauver au milieu de la confusion générale.

 

La Qrazena, ou ce qu’on appelle le trésor de l’émir, était toujours placée entre le douar d’Abd-el-Kader et celui de Miloud-ben-Arrach.

 

On pourrait s’étonner de ne pas trouver dans la nomenclature de tous les chefs influents qui comptent dans la zmala, les noms des Oulad-Sidi-Aly-bou-Taleub, cousins germains de l’émir. En voici la raison :

 

Sidi-Aly-bou-Taleub, frère du père de l’émir, est mort chez les Beni-Aâmeur; il a été enterré à Tlemcen. Ses enfants n’ont pas voulu assister à tous les malheurs qui affligent leur pays et ils se sont retirés avec tous leurs biens à Fez, dans les états de l’empereur du Maroc. Les dispositions de cette famille à l’égard de l’émir, n’ont du reste jamais été bienveillantes. M. le lieutenant-colonel Daumas a eu l’occasion de s’en assurer plusieurs fois, pendant qu’il remplissait les fonctions de consul de France à Mascara ; on aurait pu tirer un grand parti de ces dissensions.

 

Le même étonnement doit exister pour les frères d’Abd-el-Kader, dont pas un seul n’est avec lui. Si Mohamed-Saïd, Si Moustapha, Si El-Haoussin et Si El-Moqretadi, se sont transportés chez les Beni-Zenassen, où ils ont trouvé une retraite assurée. S’y sont-ils rendus pour vivre loin des agitations politiques, ou pour essayer de révolutionner en temps opportun les populations de la province de Tlemcen, voilà ce qu’on n’a pu encore éclaircir.

 

La famille de Sid-Mohamed-ben-Aïssa-el-Berkani, ex-khalifa de Medya, n’a jamais paru dans la zmala.

 

Il en est de même de Sid-Mohamed-el-Bouhamedy, ex-khalifa de Tlemcen, qui a reçu l’ordre de s’établir chez les Beni-Zenassen, afin d’être prêt à agir dans l’Ouest quand le temps en serait venu.

 

L’émir ne paraissait dans la Zmala que de loin en loin. Se croyant tranquille sur le sort de sa famille, il passait sa vie à chercher à nous (le colonisateur) susciter des embarras, soit en maintenant dans sa dépendance les tribus qui voulaient la domination coloniale, soit en révolutionnant celles qui avaient fait leur soumission à la France. Il était secondé dans tous ses desseins par les chefs qui l’entouraient et qui menaient la même existence. Dans l’espace de deux années, l’émir n’a pas passé deux mois avec la Zmala.

 

Natale Manucci, qui, marchant sur les traces de son frère Nicolas Manucci, a cherché à nous faire tant de mal, n’était plus dans la zmala au moment où elle a été enlevée. Tombé en discrédit par l’une des proclamations de M. le gouverneur-général, il avait été relégué déjà, depuis quelque temps, dans la tribu des Oulad-Kesseyr chez Djilali-Ould-Seyah.

 

Pendant l’absence de l’émir, la Zmala était ordinairement commandée ou par son beau-frère le khalifa Sid-el-Hadj-Moustapha-ben-Thamy, ou par l’agha Miloud-ben-Arrach, ou par le caïd El-Hadj-Adb-el-Kader-Bouqeliqra, ou par El-Hadj-Djilali, son conseiller intime. Celui de ces quatre chefs qui n’était pas en course avec lui, était chargé de pourvoir aux besoins de la zmala, comme à son salut en cas de danger.

 

Il va sans dire qu’il y avait dans la zmala un va-et-vient continuel d’étrangers. Les chefs qui venaient ou s’y plaindre, ou observer, ceux qui allaient nous y trahir, leur suite, les courriers, les Arabes qui en fréquentaient les marchés, les nouvelles qu’on y faisait courir, tout contribuait à donner la vie à cette population voyageuse. Joignez à cela qu’on y trouvait des armuriers, des maréchaux, des selliers, et des Juifs bijoutiers, ou tailleurs.

 

Les nombreux marchés qu’on y tenait et qui étaient assez bien pourvus, faisaient aussi qu’elle pouvait véritablement se suffire, eu égard au peu de besoins qu’éprouvent les Arabes.

 

Suivant les positions que la zmala occupait, elle allait par grands convois, acheter des grains chez les Beni-Ouragh , Oulad-Ammar, Oulad-Si-Rebah, Oulad-Bessam, Beni-Tighrine, El-Aassanine, Chekala, Beni-Messlem, Oulad-Aarradje, Oulad-Faress et chez les Flitas du Sud.

 

Il y avait encore deux petites tribus du désert, les Oulad-Sidi-Mansour et les Oulad-si-el-Keurake, qui ne faisaient pas d’autre métier que d’acheter du grain dans le Tell, pour le revendre avec bénéfice à la Zmala.

 

Avant l’arrivée des Hachems dans la zmala, les grains n’ont jamais atteint un prix très élevé ; l’augmentation subite de la population l’avait presque doublé.

 

En résumé , l’on peut dire que si la zmala a mené une vie extrêmement dure dans le désert, elle a plus souffert par les fatigues des marches et contre-marches, que par la faim qui a tout an plus atteint les dernières classes de cette émigration. Dans les déplacements il mourait au contraire beaucoup de monde ; c’étaient les vieillards, les enfants, les femmes enceintes, les malades, et enfin tout ce qui ne pouvait supporter ni la soif ni d’aussi pénibles excursions.

 

Les prisonniers ont dépeint ce triste état de choses, en disant : «A chaque gîte nous laissons un petit cimetière.»

Pour soutenir le moral de toute cette populations et l’engager à continuer de pareils sacrifices, tous moyens étaient bons; cadeaux, mensonges, ruses, fausses lettres, on ne reculait devant rien. Parmi les chefs de l’émir, c’était à qui s’ingénierait dans ce genre, et ceux qui se sont montrés les plus féconds en ressources semblables, sont : l’Agha Miloud-ben-Arrach, El-Hadj-el-Djilali, Mohamed-ben-Abderrahman, Sid-el-Hadj-Moustapha-ben-Thamy, Ben-Faqra, Adda-Ould-Mohamed-Ould-Tefeunchy, Abd-el-Kader-Ould-Gayeud, et Seliman-Ould-el-Hadj-el-Medjahedy :

 

Tantôt les Français, en guerre avec les Anglais, étaient forcés de diminuer leurs forces; tantôt Mouley-Abderrahman, empereur du Maroc, s’avançait avec une grande armée ; tantôt Ben-Aâllal avait remporté une victoire éclatante sur les chrétiens ; tantôt les maladies les décimaient sur tous les points ; tantôt le général Moustapha-ben-Ismayl avait abandonné notre cause; tantôt rainés par nos énormes dépenses, nous demandions la paix; et enfin le gouverneur général était changé. Pour chacun de ces mensonges, le pouvoir ordonnait des fantasias et de grandes réjouissances ; les chefs n’étaient pas dupes, mais le peuple croyait, et il continuait à marcher dans le désert sans murmurer.

 

Maintenant que nous avons fait comprendre la force et l’organisation de la Zmala de l’émir, l’on voit combien il était impossible à une ou même à plusieurs tribus isolées de s’opposer à la marche d’Abd-el-Kader dans le désert Il s’y promenait donc en maître, allait où il lui plaisait, y campait où il voulait, recevant partout les hommages et les secours des tribus, qui se regardaient encore très heureuses de ne pas être saccagées par les milliers de corbeaux qu’il traînait à sa suite.

 

Pour terminer cet aperçu, il ne nous reste plus qu’à faire un historique rapide des derniers mouvements de la Zmala.

 

Pendant les deux années que la zmala a passées dans le désert, elle n’est pas sortie de l’espace compris entre les limites suivantes : à l’Ouest, elle n’est jamais arrivée qu’à une journée de marche de Dayet-el-Qahla dans le pays des Hamyan; à l’Est, elle n’est jamais arrivée que jusqu’à El-Melehh dans le pays des Oulad-Nayl; au Sud, elle n’a jamais dépassé Taguine. Quand elle a été enlevée, elle se dirigeait cependant sur Djebel-Aâmour, à deux petites journées de marche Sud, au-delà de Taguine ; elle ne savait trop comment elle y serait reçue par la population de ces montagnes, mais elle se sentait de taille à la dominer de gré ou de force; au Nord, elle s’est arrêtée dans les environs de El-Louha.

 

Nous n’entreprendrons pas de faire le relevé exact des marches de la zmala, mais nous donnerons cependant la connaissance des lieux principaux où elle a pu trouver de l’eau et des pâturages pendant un aussi long espace de temps :

El-Louha, sur l’ouad Terâyche, pays des Oulad-Lekreud ;

Susellem, sur l’ouad Susellem, pays des Beni Lent;

El Benya, sur l’ouad el Benya, pays des Oulad-Sidi-Mansour;

El Zarrite, sur l’ouad Zarrite, pays des Aôussat;

El Nador, sur l’ouad-Nador, pays des Harar Cherraga;

Sidi Aabeud, sur l’ouad sidi Aabeud, pays des Bessera,

El Gueroune, sur l’ouad Gueroune, pays des Haomer;

Dhar el Aadjadje, sur l’ouad de ce nom, pays des Beni Màayda;

Ben Temera, sur l’ouad Temera, pays des Oulad-Bessam Cherraga ;

Mesekhat, sur l’ouad de ce nom, pays des Oulad Aamar;

El Qremis mtàa Kerâyche, sur l’ouad Qremis, pays des Kerâyche ;

El Had, sur l’ouad el Had, pays des Beni-Tigrin ;

Oulad Bou Selyman, sur l’ouad de ce nom chez les Oulad-Bou-Selyman ;

Oulad-Bessam, sur des sources nombreuses ;

El Aânasseur, sur l’ouad el Aânasseur, dans le pays des Oulad-Qrelif ;

Oussenqrr ou Reghraye, sur la rivière de ce nom, dans le pays des Harrars ;

Aâyoun el Beraneus, sur des sources nombreuses, pays des Beni-Medyan ;

Sidi Sâad, sur l’ouad de ce nom, pays des Oulad-Sidi-Qraleud ;

Taguine, sur des sources, pays des Oulad-Sidi-Aâyssa ;

Tameda, sur l’ouad de ce nom, pays des Oulad-Scherif ;

Nar Ouasseul, sur des sources nombreuses, pays des Oulad-bel-Aârby;

Goadjila, sur l’ouad de ce nom, pays des Oulad-Qrelif;

El Semyra, chez les Bou-Aâych ;

El Melehh, chez les Oulad-Nâyl.

 

Tels sont les points capitaux que, dans ses courses vagabondes, la Zmala a successivement occupés, quittés, repris et abandonnés de nouveau, suivant les circonstances qui dominaient sa position, tant sous le rapport de la vie matérielle que de son salut. Ces renseignements pourront peut-être encore servir.

 

La Zmala a passé la fin de l’hiver dernier à Harmela, sur l’ouad-Sussellem à deux journées de marche Sud de Tekedempt. Instruite qu’on était à sa poursuite, elle erra pendant une vingtaine de jours dans le désert, campant où elle trouvait de l’eau et semant la route de ses cadavres. Après cette période, et au commencement du printemps, elle vint s’établir chez les Oulad-Qrélif dans un lieu qu’on nomme El-Benya, à quatre journées Sud de Tekedempt. Elle y resta quarante-trois jours et s’y remit de toutes ses fatigues, car elle y trouva de l’eau, du bois et des pâturages pour les nombreux troupeaux qui marchaient avec elle. C’est là que l’émir, absent depuis longtemps, vint rejoindre sa famille. Il se peignit comme vainqueur, il apporta beaucoup d’argent qu’il venait de prélever sur les tribus; il le distribua à son armée régulière, ainsi qu’aux plus nécessiteux des tribus qui marchaient avec lui : Grandes réjouissances dans la Zmala.

 

L’herbe venant bientôt à manquer, Abd-el-Kader emmena lui-même tout son monde à el Nador dans le pays des Harrars Cherraga, à une forte journée Ouest de El-Benya. La zmala n’y resta que quelques jours, parce que des nouvelles alarmantes lui parvinrent.

 

 

Le khalifa Moustapha-ben-Thamy la conduisit en conséquence à el Aânasseur dans le pays des Oulad Qrelouf à une journée de marche Est de El Nador, tandis que l’émir, de sa personne, se transporta chez les Beni-Ouragh.

 

La zmala passa quelques jours à el Aânasseur où elle put se remettre de ses fatigues. Pendant ce repos, l’émir à la tête de toute sa cavalerie régulière, des Beni-Messelem, Beni-Medyan, Chekala , et d’une partie des Beni-Ouragh, se transporta rapidement dans la plaine d’Eghriss où il opéra sa jonction avec Kaddour-ben-el-Mekki, Cheikh de Djâafera, qui lui amenait tout son monde.

 

Une fois en relation avec les Djâafera, il força tous les Hachems Cherraga ou Guerraba, dont il put s’emparer, à le suivre avec tous leurs biens, prit avec eux le chemin des Agoubias au dessus de Frenda et les amena à El Nador.

 

Il fut alors chercher lui-même sa zmala qui était encore à El Aânasseur, la conduisit à El Nador et la lia avec les Hachems qui venaient d’arriver. On ne peut se faire une idée de la joie qui accompagna cette réunion : Le sultan était vainqueur, c’était le commencement d’un avenir meilleur; les partisans d’Abd-el-Kader ne manquèrent pas d’exagérer l’importance de ce fait, en donnant eux-mêmes avec affectation des témoignages de satisfaction, d’espérance ; et alors, content ou mécontent, chacun fut forcé de se réjouir.

 

Rien d’extraordinaire ne signala plus la présence de la zmala à El Nador, si ce n’est la mort de trois courriers des Harrars, qu’on trouva porteurs de lettres par lesquelles les chefs de ces tribus appelaient à grands cris les Français. Ils furent décapités et éventrés devant la tente de l’émir.

 

Sur ces entrefaites, l’émir fut instruit positivement que les Harrars sur lesquels il comptait, voulaient définitivement passer aux Chrétiens. Résolu de s’y opposer par tous les moyens possibles, il ne perdit pas un seul instant, et se mit à leur poursuite avec toute la zmala, Le premier jour, il campa à Sidi-Qrelifa, à une forte journée de marche d’El Nador.

 

Le second jour il se rendit à Queltet-Sidi-Bouzid, à une journée Ouest de Sidi Qrelifa, et enfin le troisième jour il vint camper à Oussenqrr ou Reghraye à une journée Ouest de Queltet-Sidi-Bouzid.

 

Là, l’émir fut prévenu par ses coureurs que la proximité où il se trouvait de la tribu des Harrars rendait possible une ghazia sur eux.

 

Il en donna l’ordre, et bientôt tout ce qu’il y avait de valide dans la zmala se mit en marche. C’était un spectacle surprenant que cette population tout entière, fantassins, cavaliers, hommes valides, vieillards et enfants, munis d’armes diverses, ou tout simplement de bâtons, se lançant à la poursuite d’une autre population également nombreuse qui passait aux Français. Les forces trahirent leur courage; les Harrars étaient prévenus, et ce qui put arriver de la zmala de l’émir, après un jour et une nuit de marche, ne tomba que sur le bivouac abandonné de cette tribu. L’émir voyant le coup manqué ne pensa plus qu’à sauver la zmala, et il l’envoya à Taguine. Elle mit quatre jours pour s’y rendre, et c’est le lendemain qu’elle fut enlevée, avec autant de hardiesse que de bonheur, par S. A. R. Mgr le duc d’Aumale.

 

Ici, laissons parler les Arabes :

« Le 15, nous arrivâmes à Taguine; la tranquillité et la confiance régnaient dans notre camp. Cependant elles furent troublées un instant par un murmure sourd qui courut sur tous les points de la Zmala avec la rapidité de l’éclair; mais ce bruit, qui venait de naître, s’évanouit aussitôt, et voici comment :

Des courriers du khalifa Si-Mohamed-ben-Aallal apportèrent la nouvelle qu’une colonne française se montrait dans la direction de l’Est. On transmit précipitamment cet avis désastreux à el Hadj-el-Djilali, conseiller intime de l’émir, qui s’empressa de le démentir et de le faire démentir, en publiant que les Français étaient au contraire à Tyaret (le général de Lamoricière était en effet dans cette direction) et bien surveillés par l’émir en personne.

 

Cette opinion prévalut d’autant plus qu’elle était dans la croyance de tous les chefs, qui en avaient reçu une communication récente par les émissaires d’Abd-el-Kader. En effet, l’attention de l’émir était toute reportée vers l’Ouest, où la division de Mascara lui donnait de sérieuses inquiétudes.

 

Nous passâmes la nuit très tranquillement ; mais le 16, de très bonne heure, nous entendîmes les premiers coups de feu de la cavalerie française , et nous aperçûmes quelques burnous rouges.

 

Beaucoup d’entre nous ne voulaient encore voir dans cette première démonstration que l’arrivée de l’émir lui-même, et ils ne furent détrompés totalement que quand cette cavalerie , s’élançant à la charge, commençait à dépasser les tentes les plus avancées.

 

C’est alors que la stupeur s’empara de tout le monde ; la peur paralysa notre intelligence et immobilisa les mouvements même des plus braves. La frayeur appela le désordre. Le désordre fit naître la déroute; nous étions au surplus embarrassés par les cris de nos femmes et de nos enfants, des mourants, des blessés, et nous dûmes subir la loi du vainqueur.

 

Quand, après notre reddition, nous pûmes reconnaître la faiblesse numérique de ce vainqueur, le rouge de la honte couvrit nos visages; car si chaque homme de la zmala avait voulu combattre, ne fût-ce qu’avec un bâton, les vainqueurs eussent été les vaincus; mais les décrets de Dieu ont dû s’accomplir. »

 

On peut ajouter une foi d’autant plus grande aux détails qui précèdent qu’ils nous ont été fournis par nos ennemis.

L’occasion se présenta témérairement belle; cette masse imposante était là sous l’impression d’un coup décisif; il fallait ou battre en retraite devant la chance probable de prendre Abd-el-Kader lui-même, sa famille, les personnages les plus importants de son gouvernement, ses clients, ses otages, un matériel considérable, un bétail nombreux, ou attaquer inopinément et avec impétuosité.

 

S. A. R. Mgr. le duc d’Aumale ne balança pas un seul instant ; il s’écria avec l’accent mâle de son jeune courage : Je suis d’une famille où l’on ne recule jamais, mit le sabre à la main, s’élança à la tête de nos cavaliers, et la Zmala tomba en son pouvoir.

 

La réussite a couronné tant de vaillance, et l’armée est heureuse de devoir à son prince l’un des plus beaux fleurons qu’elle ait conquis en Algérie par treize années de combats et de dévouement.

 

Français et indigènes, amis ou ennemis, tout le monde rend hommage à ce beau trophée.

 

Le nombre et l’importance personnelle de ceux qui ont péri dans le choc restent encore inconnus.

 

Nous avons déjà cité les principaux d’entre les prisonniers ; il faut y joindre: El-Hadj-ben-Aâtou et Djelloul-Ould-Abderrahman, chefs secondaires des Hachems guerrabas, Sid-el-Aaradj, marabout vénéré, et enfin 12 personnages distingués, mais sans commandement dans ces tribus. Les uns et les autres ont été pris avec leurs familles, leurs fils, leurs frères, leurs neveux; ils forment avec les premiers un effectif de 383 personnes retenues à la Casbah ; le reste, établi à la Maison Carrée , se compose de 3,224 personnes, ensemble 3,607.

 

A ces pertes, il faut ajouter celle des otages, celle du trésor qui a été saisi entre les tentes d’Abd-el-Kader et celles de Miloud-ben-Arrach, d’où résulte la preuve que si les personnes ont pu échapper par la fuite, rien d’important dans le matériel n’a pu être sauvé; enfin, celle de l’influence morale que doit enlever à Abd-el-Kader un tel revers éprouvé au cœur même de sa puissance.

Depuis que ces prisonniers sont arrivés, une trentaine de cavaliers Hachems sont venus volontairement rejoindre leurs familles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Education spirituelle et fondements de L’art aïssaoui

20122020

Par Chérif Abdedaïm

 

 

 

 

 

Ce texte a fait l’objet d’une conférence animée par Chérif Abdedaïm, le 17 juin 2012 à la Maison de la Culture M’Barek El Mili, sise à Mila, dans le cadre de la 7ème édition du festival des Aïssaoua organisé par la wilaya de Mila( Algérie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction:

 

L’art aïssaoui était jalousement conservé par les maîtres et réservé uniquement aux membres de la confrérie(Khouanes). Pourquoi ? Les maîtres craignaient qu’il soit vulgarisé de façon anarchique ou déformé.

 

Ce qui n’a pas été sans conséquences sur cette léthargie (Khoumoul) qu’il a connu pendant des années.

 

Maintenant, il a évolué dans une autre direction ; même ceux qui n’ont jamais fréquenté la Hadra des aïssaoua, ni suivi un enseignement mystique peuvent apprendre des chants et les répéter dans les différentes représentations. Doit-on dire qu’il a été dévié de sa vocation première ? Ou au contraire se féliciter de sa large vulgarisation ? Compte tenu du fait qu’il est devenu en vogue, peut-on espérer que les jeunes qui le pratiquent puissent également bénéficier de son impact spirituel à défaut de maîtres et d’enseignement complémentaire, et ce, du fait qu’il renferme également une conceptualisation codée que seuls les initiés puissent déchiffrer ?

 

Cela dit, cet art doit-il constituer une fin en soi ou un moyen ?

 

 

 

 

 

 

A/ Patrimoine poétique et une éducation spirituelle:

 

Dans la tradition soufie la relation maître-disciple (mourid) a de tout temps été à la base de la perpétuation d’un enseignement à la fois mystique et ésotérique. Le rôle du maître est d’aider le mourid à progresser dans la voie de Dieu. Une progression qui obéit, bien évidemment, à des critères et des étapes comme dans toute forme d’enseignement. Une éducation spirituelle donc basée sur une pédagogie pratique. De ce fait, outre l’enseignement dispensé sous différentes formes, la poésie demeure l’un des moyens d’inculquer ce savoir. Joindre l’utile à l’agréable était l’une des méthodes privilégiées des maîtres soufis.

 

A scruter donc le répertoire poétique soufi, on ne peut que remarquer ce contenu qui, de par sa richesse, constitue déjà toute la substance nécessaire à l’initiation dans cette voie. Ce qu’on appelle communément les étapes des itinérants (Essaliquine), composées chacune de stations (maqamat) qui permettent au mourid de progresser et de transcender dans la voie de Dieu.

 

Dans ce sens, nous citerons en exemple quelques unes à la base des thèmes composant ce patrimoine poétique :

 

-Les Débuts (bidayat) : l’éveil (El Yaqadha), le retour à Dieu ( Ettawba), l’examen de la conscience ( El Mouhassaba), la résipiscence ( El Inaba), la réflexion (Ettafakkour), la méditation,( Ettadhakkour), l’écoute ou l’audition (Essama’), etc

 

-Les portes (El Abwab), la crainte, (El Khaouf ) et l’espérance (Erradja), le renoncement (Ezzouhd), le scrupule (El Wara’), etc

 

-Les comportements ( El Mouâmalat) La sincérité (El Ikhlas), la rectitude (El Istiqama) L’appui sur Dieu (Ettawakoul), la soumission (Ettaslim), etc

 

-Les mœurs vertueuses (El Akhlaq) : la patience (Essabr), la gratitude (Echoukr), la pudeur (El haya), la modestie (Ettawadou’)

 

-Les principes (El Ousoul): la résolution (El Âzm), la bienséance (El Adab) Se rappeler de Dieu ( Eddhikr), etc

 

-Les Vallées (El Awdiya) : le bien agir (El Ihsan) , la science, (El I’lm), la sagesse (El hikma), la révérence (Ettaâdhim), la quiétude (Ettouma’nina), etc

 

-Les Etats mystiques ( El Ahwal) : l’amour (El mahabba), la nostalgie (Echawq), l’extase (El wadjd), le goût (Edhawq), etc

 

Et ce, en passant par les liens tutélaires (El Wilayat) les Réalités (El Haqa’iq) et les suprêmes demeures (Ennihayat) couronnées par le Tawhid (l’Unification)

(Pour une compréhension plus détaillées de ces étapes cf. Le Chemin de Dieu, Abdallah El Ansari)

 

Outre les thèmes consacrés à cet enseignement des étapes à parcourir pour la réalisation de soi, d’autres thèmes ayant trait à la connaissance des Nom sacré de Dieu, aux hymnes et à la gloire du Prophète (QLSSSL), de ses compagnons, aux Saints, et à tout ce qui est sacré (Mecque, Kâaba), font également partie de ce répertoire.

 

 

 

 

 

 

B/Fondements musicaux de l’art aïssaoui :

 

Suite à la chute de l’Andalousie et les fameux Ahat (anaphores symbolisant les regrets), dont témoignent les poèmes exprimant l’amertume des arabes lors de leur fuite d’Andalousie, les Écoles de musique andalouse formées en Espagne, se sont répandues au Maghreb, amenant avec elles leurs styles et leurs répertoires lyriques.

 

L’Algérie a accueilli 3 écoles principales :

 

1 – Tlemcen (Grenade)

 

2 – Alger (Cordoue)

 

3 – Constantine (Séville)

 

A une thématique poétique andalouse, que les vicissitudes du temps n’ont nullement altérée, les Cheikh de la Tariqa aïssaouia ont commuté corrélativement des textes mystiques, dans le prolongement de leur éducation spirituelle, tout en conservant leur Sanâa (Air musical). Ce qui explique singulièrement la similarité modale entre les chants aïssaoui de l’Est algérien et le malouf.

 

On trouvera alors, des poèmes mystiques sous formes de Zedjel, d’autres encore ont remplacé les textes du Mahdjouz (poèmes locaux un peu osés) ainsi que les poèmes constituant les 24 noubas (dont la thématique porte beaucoup plus sur les plaisirs, l’amour, le vin etc.)

 

En sus de ce que comportaient les 24 noubas andalouses (relatives aux 24 heures de la journée), les aïssaoui ont puisé également dans la poésie populaire notamment des textes (Qacidas) écrits par des Saints (Awliya) à l’image de Sidi Lakhdar Ben Khlouf, Abou Saïd El Mendassi, Ben m’ssaïb, Kaddour El Alami, El Arbi El Moknassi, Ben Sahla, Abderrahmane El Medjdoub, Ezzerouk, etc.

 

Les chants sont composés sur divers modes musicaux, selon l’impact de ces écoles dans chaque région. On peut donc distinguer quatre modes de base : DHIL ( Do), MAYA (Ré), RAML ( Sol), H’SINE (La).

 

A ces modes basiques, s’ajoutent d’autres modes diatoniques (c’est-à-dire qui procèdent par tons et demi tons dont les 7 principaux sont : Raml Al-Mâya, Iraq, Zidane, Moual, Sika, Mezmoum et Djarka ; sans oublier également les combinaisons et les fusions intermodales.

 

Dans ce contexte, faut-il souligner vigoureusement le rôle déterminant qu’a joué cette confrérie dans la préservation du patrimoine musical andalou. Citant l’exemple de la Hadra de Constantine, cette école aïssaoui a été le terreau de tout musicien souhaitant apprendre les sanâat du Malouf. Les grands maîtres de la musique Constantinoise à l’image des cheikh Omar Chekleb, Hssouna et Mâamar Berrachi, (grandes références pour le Zedjel), Brahim Bellamouchi, Abdelkader Toumi, le talentueux feu Mohamed Tahar Fergani, ainsi que beaucoup de ménestrels du Malouf qui avaient été initiés aux Sanâat chez les Khouanes (frères faisant partie d’une même confrérie).

 

 

 

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Conclusion :

 

Cela étant, le patrimoine aïssaoui a constamment constitué, et demeure, à nos jours, un terreau fertile en réponse aux besoins lyriques des jeunes qui, d’une part, pourront trouver là un moyen d’expression authentique n’ayant rien à envier aux autres cultures ; et d’autre part, sont appelés à être les porte-flambeaux de cet art ancestral.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Renseignements Historiques sur la Zmala d’Abdel-Kader – 4ème Partie

18122020

 

 

 

Voici un extrait de ce que transmet à ce sujet M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur des Affaires arabes :

 

 

 

 

 

 

QUATRIÈME ENCEINTE.

 

 

 

 

 

La quatrième enceinte, plus ou moins rapprochée des enceintes principales, suivant les difficultés du terrain, l’eau, les bois ou les pâturages, était formée par les tribus du désert qui s’étaient attachées à la fortune de l’émir.

 

En voici les noms :

 

1° Les Oulad-Qrelif, formant une cinquantaine de douars commandés par El-Qrerouby et Rebah, son cousin, Cet El-Qrerouby est un homme très influent dans le désert, qui avait fait sa soumission, à Mascara, et qui ensuite est revenu à l’émir. Comprenant son importance, Abd-el-Kader lui a pardonné et le traite avec beaucoup d’égards.

 

2° Les Beni-Medyan , formant une vingtaine de douars.

 

3° Les Oulad-Cherif, formant une douzaine de douars.

 

4° Les Beni-Chayb, formant une trentaine de douars commandés par le fameux El- Djedid,

 

5° Les Oulad-Sidi-Mansour, formant une huitaine de douars.

 

6° Les Harar-Cherraga, formant une vingtaine de douars.

 

7° Les Oulad-Sidi-Keurake, formant six douars.

 

Total 146

 

 

 

 

Ces tribus du désert n’étaient véritablement maintenues que par la volonté des chefs les plus influents, que l’émir s’attachait par des présents, l’appât du pillage, de l’argent, ou le mobile de la religion.

 Au premier rang, l’on comptait El-Djedid, chef des Beni-Chayd, et El-Qrerouby, chef des Oulad-Qrelif.

 

 

Nota. Entre la troisième et la quatrième enceinte se trouvait toujours placé le petit camp de Si-Kaddour-ben-Abd-el-Baki, khalifa du désert, formant cinq ou six douars, composés pour la plupart des Bessera, marabouts des Oulad-Cherif.

 

Les individus les plus influents qui étaient avec ce khalifa, sont:

Si el-Hadj-Hamed, son frère;

Et Si-el-Hadj-Ben-Aâïssa, son oncle.

Le khalifa Si-Kaddour-ben-Abd-el-Baki est un marabout très respecté dans le désert; l’émir a su s’en servir pour y asseoir son autorité.

 

On conçoit que sa place ait été assignée par l’émir entre la troisième et la quatrième enceinte, puisqu’il commandait aux tribus du désert, qui étaient toujours les plus avancées.

 

 

 

 

 

 

Récapitulation générale de tous les douars.

 

Première enceinte. 5

Deuxième enceinte. 4

Troisième enceinte. 207

Quatrième enceinte. 6

Entre la troisième et la quatrième enceinte. 6

Total. 368

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Guerre de Dahis et Ghabra – حرب داحس و الغبراء

16122020

 

 

 

 

 

 

La Guerre de Dahis et Ghabra - حرب داحس و الغبراء dans Histoire 201125093354940413

 

 

 

 

 

Nom donné à une guerre qui eut lieu dans la seconde moitié du VIᵉ siècle de J.-C. entre deux tribus des Ghatafân étroitement apparentées, les Banū ‘Abs et les Banū Dhubyân, ou plus exactement, une fraction de ces derniers, les Banū Fazâra. Cette guerre tire son nom d’un étalon nommé Dâhis (devenu proverbial comme porte-malheur) et d’une jument, al-Ghabrā, qui sont à l’origine du conflit.

 

Les vraies raisons de la guerre doivent probablement être recherchées dans l’hostilité engendrée par la domination des ‘Abs sur tous les Ghatafân, ainsi que sur les Hawâzin; cette autorité avait atteint son summum vers le milieu du siècle, mais avait commencé à décliner après la mort du chef des ‘Abs, Zuhayr b. Djadhîma. La guerre, qui aurait duré 40 ans, se poursuivit quelques années après la Journée (Yawm) de Shi’b Djabala, où les ‘Abs joints aux ‘Âmir combattirent les Dhubyân et les Tamîm; cette bataille est traditionnellement datée de l’année de la naissance du Prophète.

 

Les grandes péripéties de la guerre, ainsi que leur succession, mais nombre de détails sont incertains, car les principales sources primaires montrent que le récit a été tendancieusement refondu pour donner plus de relief aux deux chefs, Kays b. Zuhayr b. Djadhîma al-’Absi et Hudhayfa b. Badr al-Fazâri des Dhubyân.

 

Dâhis était de mauvais augure dès avant sa naissance, car le propriétaire de son père avait essayé sans succès de retirer la semence déposée dans la matrice de sa mère parce que l’accouplement avait eu lieu à son insu et sans son consentement. L’étalon grandit, devint un rapide coursier et finit par devenir la propriété de Kays b. Zuhayr, des ‘Abs, qui s’en empara au cours d’une razzia. Diverses raisons sont données de l’hostilité qui régnait entre Kays et Hudhayfa, mais quelle qu’en fût la cause, elle aboutit à une course organisée d’un commun accord.

 

Chacun d’eux accepta de faire courir un cheval et une jument: Kays choisit Dâhis et al-Ghabrā, et Hudhayfa engagea al-Khattâr (ou Kurzul) et al-Hanfā. Pour être sûr de gagner, Hudhayfa plaça le long du parcours des hommes qui arrêtèrent et retinrent Dâhis jusqu’à ce que les autres chevaux fussent passés; une fois relâchés Dâhis rattrapa les deux chevaux de Hudhayfa et il serait arrivé deuxième, après al-Ghabrā, mais les Banû Fazâra intervinrent à nouveau, repoussèrent les gagnants et les empêchèrent d’arriver en tête. Les deux parties prétendirent avoir gagné, et l’enjeu ne fut pas versé.

 

Dans le conflit, le premier sang fut répandu par Kays qui, au cours d’un raid, tua les frère de Hudhayfa, ‘Awf b. Badr. Le prix du sang (100 chameaux) fut remis par al-Rabi’ b. Ziyâd al-’Absî, mais Hudhayfa se vengea tout de même en envoyant un groupe d’hommes, parmi lesquels se trouvait son frère, Hamal b. Badr, contre le frère de Kays, Mâlik b. Zuhayr, qui avait épousé une femme des Fazâra et demeurait dans le voisinage. Hamal tua Mâlik, et lorsque al-Rabi’ l’apprit, il quitta le djiwâr de Hudhayfa dont il avait joui jusqu’alors, et rejoignit Kays.

 

A ce point du récit, il y a une digression pour expliquer une brouille survenue entre Kays et al-Rabi’ qui avait volé une cotte de mailles appartenant au premier. Le meurtre de Mâlik réconcilia cependant les deux hommes qui joignirent leurs forces contre Hudhayfa. Ils exigèrent la restitution des chameaux remis pour prix du sang à ‘Awf, mais Hudhayfa refusa. Un autre frère de ce dernier, Mâlik b. Badr, fut alors tué par un lointain parent de Kays, un nommé Djunaydib des Banû Raâba.

 

Al-Asla’ b. ‘abd Allah al-’Absi, qui donna plusieurs jeunes Fazârites en otages, chercha alors à faire la paix; mais Hudhayfa resta implacable: il prit possession des jeunes gens et les tua un à un, les obligeant à appeler leurs pères au secours tandis qu’il leur lançait des flèches mortelles. Parmi les garçons, il y avait Wâkid b. djunaydib et ‘Utba, fils de Kays b. Zuhayr.

 

Suit une série de batailles dans lesquelles les ‘Abs sont victorieux. A la Journée Khathira, à laquelle n’assistait pas Hudhayfa, les Fazâra perdirent plusieurs personnages importants, notamment un autre frère de ce dernier, al-Hārith. Hudhayfa rassembla ses troupes et se mit à la poursuite des ‘Abs, mais il tomba dans un piège tendu par Kays qui envoya les animaux et les non combattants dans une direction et se rendit dans une autre avec ses guerriers; comme attendu, Hudhayfa et les Dhubyân suivirent les animaux et, alors qu’ils se dispersaient pour recueillir le butin, les ‘Abs leur tombèrent dessus et en firent un tel carnage qu’al-Rabî’ b. Ziyâd et ses frères les supplièrent de l’arrêter. Cette bataille porte le nom de Yawm Dhî Husâ. Hudhayfa et son frère Hamal échappèrent à la tuerie et, avec quelques compagnons, se rendirent au Puits d’al-Habâ’a, où ils firent finalement traqués par un groupe de ‘Abs comprenant notamment Shaddād, le père du poète ‘Antara. Hudhayfa et Hamal furent tous deux tués. Certaines sources ajoutaient que Hudhayfa avait tué la mère de Kays qu’il avait trouvée avec les animaux, le Jour de Dhu Huša.

 

A partir de ce moment, le sort de la guerre change. Le reste de la chronique est consacré à l’errance des ‘Abs qui, serrés de près par les forces combinées des Dhubyān, quittent leur territoire pour essayer de trouver des alliés (djiwār) chez les Arabes n’appartenant pas aux Ghatafān. Ils battent d’abord les Banū Kalb à la Journée de ‘Urā’ir, puis se rendent auprès des Banū Sa’d b. Zayd Manât qui leur donnent une garantie de sécurité pour trois jours, mais les attaquent ensuite et les battent à la Journée de Farûk. Les ‘Abs vont ensuite chez les Banū Hanifa dans la Yamāma, mais ne trouvent auprès d’eux aucun appui. Ils obtiennent finalement le djiwār des ‘Âmir b. Şa’şa’a, mais il leur est accordé à contre-cœur, et ils sont soumis à toutes sortes d’indignités. C’est au cours de cette période qu’ils participent à la Journée de Shi’b Djabala déjà citée. Par la suite, ils quittent les ‘Âmir et vont vers les Banū Taghlib qui réagissent favorablement à leur requête et leur envoient une délégation en consultation, mais Kays reconnaît parmi les délégués un vieil ennemi, Ibn Khims al-Taghlabi qui avait tué al-Hârith b. Zālim, le vengeur du meurtre du père de Kays. Ce dernier tue Ibn Khims, et les chances d’obtenir le djiwār des Taghlib sont ruinées.

 

Par la suite, las de faire la guerre, Kays renvoie sa tribu chez elle pour essayer de conclure la paix avec les Dhubyân. Après quelques difficultés, ce but est atteint, mais Kays lui-même refuse d‘être jamais un mudjâwir d’une famille quelconque des Ghatafân et part pour le ‘Umān où il meurt quelque temps plus tard. La paix est conclue avec les Dhubyân par al-Rabi’ b. Ziyâd et le reste des Banū ‘Abs.

 

Il est clair que celui qui a rassemblé les éléments de ce récit de la guerre, al-Kalbi ou ses informateurs, était un partisan des ‘Abs. Kays est présenté comme un parangon de mansuétude (hilm), et Hudhayfa comme un parfait gredin. Au début, Kays essaie d’annuler le pari, fait sans son consentement, car il comprend qu’il ne peut provoquer que des malheurs.

 

Hudhayfa insiste pour que la course ait lieu et ne la gagne qu’en trichant. Il envoie ensuite Hamal tuer Mâlik b. Zuhayr, alors qu’il a déjà reçu le prix du sang de son frère ‘Awf, et refuse de rendre les chameaux. Kays laisse un de ses fils partir comme otage afin de réaliser la paix, et Hudhayfa le tue avec d’autres enfants d’une façon barbare. Il tue ensuite la mère de Kays. Finalement, au Puits d’al-Habâ’a, Hudhayfa se montre lâche et doit être poussé dans la bagarre par son frère Hamal. Kays, qui n’était pas présent, regrette l’incident dans des vers où il parle de Hamal comme du «meilleur des hommes» et dit qu’il le pleurerait toujours s’il ne s’était pas conduit injustement.

 

Dans les autres sources, Kays n’apparaît pas sous d’aussi belles couleurs, et Hudhayfa n’est pas si méchant. D’après le ‘Ikd, Dâhis et al-Ghabrā couraient l’un contre l’autre et non pas en équipe; le pari avait été fait entre Kays et Hamal b. Badr, propriétaire d’al-Ghabrā, qui organisa la fraude et apparaît donc comme l’instigateur de la guerre au lieu de son frère.

 

Kays aurait tué non le frère, mais le fils de Hudhayfa, Mâlik (ou Nabda), que son père avait envoyé en messager pour demander le versement de l’enjeu; en tant que messager, sa personne aurait dû être sacrée, mais Kays dit d’un ton menaçant: «je te paierai plus tard» et lui enfonce son sabre jusqu’au dos.

 

Le meurtre des garçons est raconté en deux épisodes distincts. Rayyān b. al-’Asla’ est fait prisonnier, mais relâché par Hudhayfa et il donne ses deux fils et son neveu en otages. Kays tue Mâlik b. Badr et c’est alors seulement que Hudhayfa, en représailles, tue les deux fils de Rayyān qui meurent en appelant leur père. Il est empêché de tué le neveu par les oncles maternels du garçon qui étaient, semble-t-il, des Fazâra. Ensuite, les ‘Abs acceptent de verser à Hudhayfa dix prix du sang pour ses pertes et donnent en otages un fils de Kays et un fils d’al-Rabi’ b. Ziyād. Hudhayfa ne peut mettre la main que sur le fils de Kays, mais capture deux autres ‘Absites et les tue tous les trois; il n’est pas précisé que ce dernier groupe était constitué par des enfants. Dans une autres relation de cet incident, Kays encourt le blâme pour avoir sottement insisté sur l’envoi des otages, contre le conseil d’al-Rabi’ b. Ziyād qui voulait résister et combattre. En général, les autres sources donnent beaucoup plus d’importance à al-Rabi’ que ne le fait l’auteur du récit des Nakā’id.

 

D’après ce dernier, Kays n’était pas présent à al-Habâ’a lorsque Hudhayfa et Hamal furent tués, mais il y assiste dans les autres versions et encourage ses compagnons en criant labbaykum et en répondant aux cris des enfants au moment où il sont tués.

 

Les ‘Abs et les Dhubyān se réconcilièrent définitivement, et la guerre de Dâhis n’eut pas de conséquences politiques sur le cours des événements après la naissance de l’Islam. Pour les Musulmans, les résultats les plus importants de la guerre sont d’ordre littéraire, car de toutes les guerres des tribus arabes païennes, c’est sur elle que l’on possède la meilleurs documentation. Plusieurs poètes célèbres y participèrent ou y firent allusion dans leurs œuvres, notamment ‘Antara b. Shaddâd, al-Nâbigha al-Dhubyāni, Labid, dont la mère était des ‘Abs, et les chefs de la tribu, Kays et al-Rabi’. Le souvenir des principaux épisodes de la lutte était sans aucun doute encore frais lorsque les savants commercèrent à recueillir la poésie et les données anecdotiques qui la concernaient, mais il est vraisemblables que les incidents mineurs, la personnalité des participants et les causes réelles du conflit avaient déjà été entourés d’une auréole romantique. Il est probable que la grande quantité des données facilita ce processus, qui est visible dans les récits conservés. Même à l’époque umayyade, la guerre fut exploitée dans le fakhr et le hijā’; plusieurs proverbes ou expressions proverbiales arabes proviendraient du dialogue entre Hudhayfa et Kays, et Dâhis est devenu un élément permanent du folklore et de la littérature comme symbole de la malchance et de l’hostilité durable incarné dans les proverbes: Ash’am min Dâhis (أشأم من داحس) et kad waka’a baynâ-hum harb Dâhis wa-l-Ghabrâ’ (وقع بينهم حرب داحس و الغبراء).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Renseignements Historiques sur la Zmala d’Abdel-Kader – 3ème Partie

14122020

 

 

 

Voici un extrait de ce que transmet à ce sujet M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur des Affaires arabes :

 

 

 

 

 

 

TROISIÈME ENCEINTE.

 

La troisième enceinte était absolument formée par les Hachems Cherraga et Guerraba, qui, dans les premiers temps se trouvaient peu nombreux, mais qui, au moment de la prise de la Zmala, l’étaient beaucoup, parce que l’émir venait de les enlever à peu près tous dans la plaine d’Eghriss.

 

Les Oulad-el-Abass, une partie des Mehamid, les Cyayra et les Galaouat n’ont cependant jamais quitté la zmala, même dans les temps les plus difficiles.

 

Voici le classement des fractions des Hachems, au moment de la prise de la zmala :

 

1° Les Oulad-el-Abass, fraction des Hachems-Cherraga, formant une trentaine de douars, tous commandés par l’Agha Adda-Ould-Mohamed Ould-Tefeunchy; Cet Adda-Ould-Mohamed Ould-Tefeunchy n’a jamais quitté l’émir, et c’est l’un des chefs qu’il serait le plus important de gagner.

 

2° Les Mehamid, fraction des Hachems-Cherraga, formant une quinzaine de douars, tous commandés par l’agha Sassy; Ce Sassy est alterné pour le pouvoir par Adda-Ould-Mohamed et ne nous est également jamais venu.

 

3° Les Cyayra, fraction des Hachems-Cherraga, formant une quinzaine de douars, tous commandés par l’agha Abd-el-Kader-Ould-Gayeud, et Ben-Haoua, son khalifa; Cet Abd-el-Kader-Ould-Gayeud alternait pour le pouvoir avec les deux aghas ci-dessus mentionnés. Il passe pour un homme capable, et l’émir en fait le plus grand cas.

 

4° Les Oulad-el-Qramessa et les Garaouat (Hhal-Teghnifine), formant une quinzaine de douars commandés par El-Hadj-Abda-el-Qrallady; Ce chef passe pour un très brave homme, affligé des malheurs que l’émir fait peser sur son pays.

 

5° Les Deradeb, fraction des Hachems-Cherraga, formant une dizaine de douars;

 

6° Les Oulad-Baghedad-Ben-Aâouf, fraction des Hachems-Guerraba, formant quatre douars;

 

7° Les Oulad-Rahhou, fraction des Hachems-Guerraba, formant une dizaine de douars ;

 

8° Les Oulad-Berkani, fraction des Hachems-Guerraba, formant huit douars commandés par Bouzyan, kaïd des Mekahlias de l’ex-khalifa de Mascara; Cet homme est l’un de ceux qui ont le plus contribué à l’enlèvement des Hachems; il avait fait sa soumission à Mascara, puis il a trahi.

 

9° Les Oulad-Abbad, fraction des Hachems-Guerraba, formant une trentaine de douars et commandés par l’agha Selyman-Ould-el-Hadj-el-Medjahedy, qui avait en outre l’administration générale des Hachems-Guerraba ; Cet homme représente pour les Hachems-Guerraba, ce qu’est Adda-Ould-Mohamed pour les Hachems-Cherraga. L’émir l’aime beaucoup, son influence est grande et il est entré pour beaucoup dans le récent enlèvement de cette dernière tribu.

 

10° Les Oulad-Abd-el-Ouahhed , fraction des Hachems-Guerraba, formant une vingtaine de douars commandés par El-Habib-bel-Guesseyr, qui a beaucoup déterminé la trahison des Hachems ;

 

11° Les Metchachine-el-Ouad. fraction des Hachems-Guerraba, formant une douzaine de douars ;

 

12° EI-Assessena-Metâa-Ouad-el-Hamam, fraction des Hachems-Guerraba, formant une quinzaine de douars;

 

13° Douairs-Metâa-Ouad-el-Hamam, fraction des Hachems-Guerraba, formant une dizaine de douars; commandés par Mohamed-Ould-Aly; Ce Mohamed-Ould-Aly était bache-sayss du bey Hassan, à Oran; c’est un homme très sage et qui a été enlevé en force.

 

14° Les Mezaoura-Hhal-Tifrouta et Oulad-ben-Dahha, fraction des Hachems-Guerraba, formant une quinzaine de douars commandés par Mohamed-ben-Chentouf; Pris avec douze personnes de sa maison, son fils, un ;ami, etc.

 

 

Total 207

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende du célèbre musicien arabe Alfarabbi

12122020

 

 

 

 

 

 

 

La légende du célèbre musicien arabe Alfarabbi dans Croyances & Légendes Al-Farabi

 

 

 

 

Alfarabbi avait appris la musique en Espagne, dans ces écoles fondées par les Califes de Cordoue et déjà florissantes à la fin du neuvième siècle.

 

La renommée du célèbre musicien, dit un auteur Arabe, s’était étendue jusqu’en Asie. Le sultan Fekhr ed-doula, désireux de l’entendre, lui envoya plusieurs fois des messagers porteurs de riches présents et chargés de l’engager à venir à sa cour. Alfarabbi, craignant qu’on ne le laissât plus revenir dans sa patrie, résista longtemps à ces offres. Enfin, vaincu par les instances et la prodigalité du sultan, il se détermina à partir incognito.

 

Arrivé au palais de Fekhr ed-doula, il se présenta dans un costume si déguenillé qu’on lui eût refusé l’entrée, s’il n’eût dit qu’il était un musicien étranger désireux de se faire entendre. Les esclaves, qui avaient ordre d’introduire les poètes et les musiciens, le conduisirent alors auprès du Sultan. C’était précisément l’heure où Fekhr ed-doula assistait à ses concerts journaliers. La pauvreté du costume d’Alfarabbi n’était pas faite pour lui concilier la sympathie; cependant, on lui demanda de jouer et de chanter.

 

Alfarabbi eut à peine commencé sa chanson que déjà tous ceux qui l’écoutaient furent pris d’un accès de rire impossible à comprimer, malgré la présence du Sultan. Alors, il changea de mode, et aussitôt la tristesse succéda à la joie. L’effet de ce changement fut tel que bientôt les pleurs, les soupirs et les gémissements remplacèrent le bruit des rires. Tout-à-coup, le chanteur change encore une fois la mélodie et le rythme, et amène chez les auditeurs une fureur si grande qu’ils se seraient précipités sur lui, si un nouveau changement ne les eût apaisés, puis, plongés dans un sommeil si profond, qu’Alfarabbi eut le temps de sortir du palais et même de la ville avant qu’on pût songer à le suivre.

 

L’auteur arabe ajout que, lorsque le Sultan et ses courtisans se réveillèrent, ils ne purent attribuer qu’à Alfarabbi les effets extraordinaires produits par la musique qu’ils venaient d’entendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Renseignements Historiques sur la Zmala d’Abdel-Kader – 2ème Partie

10122020

 

 

 

Voici un extrait de ce que transmet à ce sujet M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur des Affaires arabes :

 

 

 

 

 

 

 

SECONDE ENCEINTE.

 

Une seconde enceinte était formée par les douars de Sidi-Mohamed-ben-Aâllal- Ould-Sidi-Embarek, ex-khalifa de Miliana , de Ben-Yahia-el-Djeunn, agha de la cavalerie régulière, le douar des Chaouchs, et enfin par celui d’El-Hadj-el-Habib-Oulid-el-Mehor, ancien consul de l’émir à Oran, pendant la paix.

 

 

 

 

 

 

Douar de Sid-Mohamed-ben-Aâllal-Ould-Sidi-Embarek ,

ex-kalifa de Miliana.

 

 

1° La famille du khalifa, prise au nombre de 51 personnes, parmi lesquelles le fils, le frère, le trésorier, l’intendant du khalifa, quatre artilleurs, six fantassins réguliers ;

2° La famille de Si Mahhyeddin-ben-Aâllal, frère du khalifa ;

3° La famille de Si El Hadj-Seghrir, ex-bey de Miliana.

4° La famille de Si El-Hadj-Kaddour, pris avec douze personnes, son frère, son cousin ;

5° La famille de Si El-Hadj-Cherif, khodja de Ben-Aâllal, pris avec son fils et huit personnes ;

6° La famille de Si kaddour-ben-Rouilah, premier khodja du khalifa; huit prisonniers, parmi lesquels son fils ;

7° La famille de Si Hamed ben-Laqredar , cadi de l’armée, pris avec son frère, son fils, ses neveux et douze personnes ;

8° La famille de Si Mohamed-Ould-Sidi-el-Habechy, marabout vénéré de la Metidja, pris avec sept personnes ;

9° La famille de Si Moustapha-ben-Aâïssa, oukil de Taza ;

10° La famille de Mohamed-ben-Nyar, qraznadar du khalifa ;

11° La famille de Kaddour-Kaouadjy, intendant de la maison du khalifa ;

12° La famille de Hamed-ben-Turkya, ami du khalifa, pris avec son fils, son neveu et sept personnes ;

13° La famille de Rachedy, bache-chaouch du khalifa, sept prisonniers, parmi lesquels sa mère.

 

Autour de ces familles, celles des serviteurs, etc., le tout formant de 25 à 30 tentes.

 

 

 

 

 

 

 

Douar de Ben-Yahia-el-Djeunn, agha de la cavalerie régulière.

 

Ce douar pouvait former de huit à dix tentes.

 Cet agha campait toujours à côté de l’émir, dont il était très aimé, à cause de sa bravoure.

 

 

 

 

 

 

 

Douar D’El-Hadj-el-Habib-Ould-Mehor, 

ancien consul de l’émir, à Oran, pendant la paix.

 

Ce douar pouvait former de sept à huit tentes.

Hadj-el-Habib-Ould-Mehor était aussi un homme très aimé par l’émir, qui le consultait souvent pour les affaires françaises.

 

 

 

 

 

 

 

Douar des Chaouchs.

 

Ce douar pouvait former de sept à huit tentes, il était composé de gens sur la bravoure et sur la fidélité desquels on pouvait compter. Ce sont eux qui étaient chargés de la police de la première et de la deuxième enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Anthroponymie Touarègue – 3ème partie -

8122020

Dénominations Multiples des Individualités

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV. L’HOMONYME

 

Il s’agit du nom identique attribué à au moins deux personnes qu’il faut différencier. Cette distinction peut se faire par un complément qui fait appel à la filiation, « fils d’Untel ». C’est aussi l’occasion, pour les personnes n’étant pas impliquées dans l’homonymie, de créer un surnom ou d’employer quotidiennement un surnom qui n’était qu’occasionnel.

En touareg, le terme « homonyme », anemmeghru (masc.) et tanemmeghrut (fém.), se substitue au nom ou au surnom des personnes ayant le même nom et par elles-mêmes, dans certaines situations. Ce terme dérive du verbe eghru / egher « nommer, mentionner, appeler », comportant les préfixes consonantiques de réciprocité nm—, Ce terme spécifique peut être employé sans pronom suffixé dans le rapport duel, mais il peut aussi être suivi de ce pronom à la 1ère personne — in / — hin « de moi » qui renforce la dénomination : anemmeghru-hin ou nin « mon homonyme », de même au féminin tanemmeghrut-in. Ce pronom suffixé est utilisé par l’un des deux pour évoquer son homonyme devant une tierce personne. Dans la même situation la série complète des pronoms suffixés peut être employée anemmeghru-näk « ton homonyme », — net « son homonyme »… Ce terme de réciprocité est à la fois un nom commun et un surnom dans les situations évoquées.

 

Prenons un exemple. Deux hommes s’appellent Musa : ils s’appellent réciproquement anemmeghru. S’il s’agit de deux femmes, elles s’appellent mutuellement tanemmeghrut. Si l’un des homonymes a un fils qui s’appelle Yusuf celui-ci appellera l’homonyme de son père anemmeghru ou anemmerghru n abba / adda « homonyme de mon père » et ce dernier appellera Yusuf ag-anemmeghru « fils de (mon) homonyme ». S’il s’agit d’une fille, il dira welet-anemmeghru « fille de (mon) homonyme ».

 

Habituellement les enfants sont désignés en référence au père ; cependant, dans un contexte féminin, si la mère a une certaine notoriété due à son statut social ou à sa personnalité, son fils ou sa fille peuvent être désignés par son homonyme en référence à elle-même : ag-tanemmeghrut « fils de mon homonyme (fém.) » ou welet-tanemmeghrut « fille de mon homonyme (fém.) ».

 

Si les homonymes ont un rapport de parenté et sont cousins « croisés » (issus d’un frère et d’une sœur), il s’appelleront mutuellement abobaz, terme employé pour désigner ce type de cousins dits aussi « cousins à plaisanterie » en raison des rapports très libres que leur donne ce lien de parenté ; mais, dans cette situation, ce terme devient un surnom et s’emploie à la place d’anemmeghru. Un autre terme, diminutif du précédent, obaz qui exprime la familiarité, est un surnom encore plus usité qu’abobaz pour ces cousins homonymes. Ce terme obaz est aussi employé entre cousins non homonymes comme surnom occasionnel ou permanent selon le degré d’intimité de leurs relations. Enfin, obaz peut être employé entre personnes non homonymes et sans relations de parenté comme terme d’adresse.

 

Dans une situation de cousinage avec décalage de génération, par exemple dans la situation suivante : Mohamed et Alkhasane sont cousins, le père d’Alkhasane s’appelle également Mohamed, les deux homonymes ne s’appelleront pas anemmeghru. Selon la filiation, le neveu appellera son oncle paternel abba / adda « père », terme habituel dans ce rapport de parenté (le frère du père est toujours considéré comme un père) et son oncle maternel par son nom, son surnom ou par l’expression « père d’Untel », selon ses rapports d’intimité et son âge. L’oncle homonyme appelle son neveu par son nom ou son surnom. Autrement dit, le rapport d’aînesse annule l’usage de la dénomination spécifique d’ « homonyme ».

 

Toute autre personne appelle chacun des homonymes par un nom distinctif si nécessaire et selon le contexte. Le surnom joue alors un rôle particulièrement important.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V. LE PSEUDONYME ET LES FIGURES DE RHÉTORIQUE

 

 

L’une et l’autre catégorie ont pour objectif de nommer, en dissimulant l’identité du locuteur ou de l’interlocuteur, et non de caractériser. Ce sont des énoncés simples ou complexes, comme pour les noms et les surnoms dont la morphologie est identique.

La finalité de l’emploi du pseudonyme est, comme dans toutes les sociétés, d’agir dans l’anonymat, derrière un nom créé ou emprunté : c’est le cas dans les actions guerrières, dans l’acheminement de l’information confiée, jusqu’à une période récente, à des chameliers ou à des bergers qui devaient parcourir des espaces incertains et souvent peu sûrs. Ce procédé pour garantir l’anonymat était associé à l’emploi de l’écriture touarègue, les tifinagh, inconnue des étrangers à la société. Mais, à l’intérieur du groupe, cette écriture seule n’est pas garante de l’anonymat.

Dans les inscriptions rupestres sahariennes et sahéliennes qui sont livrées au regard de tous les passants, on peut émettre l’hypothèse, conformément aux habitudes sociales de discrétion et de secret, que le message est codé quant à son auteur, quand il se nomme, ou à son interlocuteur. Sous une forme connue, telle qu’on en a vu dans les exemples de noms et de surnoms, le nom mentionné peut être considéré comme un pseudonyme. Certains de ces noms sont d’autant plus ambigus qu’ils peuvent être identifiés comme un nom ou comme une métaphore. Ainsi, dans les exemples suivants : Ahar, nom d’homme qui signifie « lion », est associé à un énoncé métaphorique ou énigmatique tel que  » Ahar (= Lion) » ; « je poursuis Ti-n-talan (= celle aux enroulements du foulard) » ; « je suis à la trace Tansit (= mendicité) » ; « je poursuis Tokay (= l’éveillée, passante) » ; « l’outre est sur Ebeggi (= chacal)’ »… Comme le montre ce dernier exemple, l’extravagance de la situation (l’outre sur le chacal-porteur et non sur l’âne) attire l’attention sur l’anthroponyme très « motivé » Ebeggi. Ces anthroponymes supposent une connivence avec le destinataire, procédé facilité par la connaissance de l’usage fréquent du surnom qui devient un nom, comme on l’a vu.

Ce procédé a des analogies avec les techniques poétiques qui évoquent les femmes inspiratrices du poète. Ces égéries sont, le plus souvent, nommées par leur surnom usuel ou par des figures de rhétorique très connues et récurrentes qui en font des stéréotypes ces métaphores et métonymies sont si usitées que beaucoup sont lexicalisées et font partie du champ onomastique poétique qui peut devenir celui du quotidien. Ces onomen d’une grande diversité ont une charge affective issue du monde socio-économique et culturel ; les référents positifs sont ceux de la faune sauvage et domestique, de la végétation et de la pluie qui favorise la prospérité, de la vie de société privilégiant poésie et musique : Talemumt « faon d’antilope », Awhim / Awjem « faon de gazelle », Taghlamt « chamelle reproductrice », Tehuk « pouliche », Igiren « dattes fraîches », Anzad / Imzad « violon », Azyu « crin du violon »…

Ces surnoms, même connus, peuvent rester énigmatiques quant à l’identité réelle de la personne désignée ; ou bien la connivence poétique veut que cette dénomination soit considérée comme secrète même si l’identité de l’intéressée est devinée.

La joueuse de violon est désignée dans la vie courante par son nom et par une détermination qui précise sa fonction : Ajjo ta-n-anzad « Ajjo celle du violon (= la violoniste) ». Sa fonction est explicitée par son instrument, anzad, ou par le crin unique sur lequel elle joue, azyu , qui en sont la métaphore et la métonymie. En poésie, son nom n’est pas mentionné, mais seulement son surnom Ta-n-anzad ou Ta-n-azyu : c’est son rôle culturel majeur, dans les réunions galantes où elle est indispensable, qui est prépondérant. Le violon est l’emblème de la vie sociale, son évocation met en jeu quantité de connotations de joie, de plaisir ; il est le réfèrent essentiel et la violoniste existe plus par son instrument que par son nom personnel.

L’instrument et la charge affective qu’il porte participent à la création de pseudonymes. Ainsi, Tin-emi-n-imzad « celle à la bouche de violon », c’est-à-dire celle qui a une bouche aussi douce que la douceur du violon, désigne une femme non identifiée sauf par celle que le poète recherche dans sa création artistique.

La poésie est le lieu privilégié des créations et des secrets.

 

On a vu que le surnom tient une place considérable dans la nomination des individus de la société touarègue. Il renvoie au besoin de caractériser chacun dans une réalité bien vivante qui semble surpasser l’attrait qu’il y aurait de rappeler les noms de personnages prestigieux et célèbres, touaregs et coraniques – noms qui peuvent s’effacer devant la personnification des membres de la communauté.

Les noms énigmatiques correspondent aussi aux traits majeurs de cette société qui a le goût de la discrétion et de la poésie. L’imagination créatrice, l’esprit ludique et malicieux alimentent des listes ouvertes de dénominatifs que les mécanismes de la langue favorisent.

 

 

 

 

 

 

 

Mohamed AGHALI-ZAKARA

 

 

Source: Nouvelle revue d’onomastique, n°41-42, 2003. pp. 221-229;

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Renseignements Historiques sur la Zmala d’Abdel-Kader – 1ère Partie

6122020

 

 

Voici un extrait de ce que transmet à ce sujet M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur des Affaires arabes :

 

 

 

 

 

L’idée de la Zmala avait été conçue par notre infatigable adversaire, afin que désormais, sans inquiétude pour sa famille, pour celles de ses chefs les plus dévoués, et pour la conservation de ce qu’on appelle ses trésors, il pût se livrer sans réserve au soin de nous créer des embarras et de lutter par tous les moyens imaginables contre notre domination. Il avait vu, de retraite en retraite, tous ses établissements fixes successivement envahis et détruits par nos soldats; pressé entre le désert et nos colonnes, il comprit que pour sauver les plus précieux débris de sa puissance, il ne lui restait plus qu’un moyen, c’était de les rendre mobiles, comme les tribus les plus mobiles, et de dérober à nos armes, par la fuite, ce qu’il ne pouvait leur disputer par le combat.

 

Il organisa donc la Zmala ; il y rassembla tout ce qu’il tenait à conserver; il le plaça sous la garde de ses plus braves et de ses plus fidèles partisans, et l’envoya sur les limites du désert.

 

Le campement de cette population nomade en fait connaître parfaitement l’organisation ; il était toujours le même, toujours régulier, sauf les obstacles invincibles opposés par le terrain, et se composait de quatre enceintes circulaires et concentriques, où chaque douar, chaque famille, chaque individu avait sa place fixe et marquée, suivant son rang, son utilité, ses fonctions ou la confiance qu’il inspirait.

 

Dans la description que nous allons en donner, Abd-el-Kader sera souvent nommé l’émir, suivant la coutume de ceux qui lui obéissent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIÈRE ENCEINTE,

 

 

 

Douar de l’Émir.

 

La zmala arrivant à son gîte, l’émir plaçait son douar au centre du terrain qu’elle devait occuper.

 

Ce douar se composait des familles suivantes:

Zohra, mère de l’émir ;

Khira-bent-bou-Taleub, première femme de l’émir;

Aâycha, seconde femme épousée récemment par l’émir;

4° Un fils de trois ou quatre ans et un autre à la mamelle ;

5° Deux filles en bas âge ;

6° La famille de Hadj-el-Djilali, conseiller intime de l’émir ;

7° La famille de Mohamed-ben-Faqra, qraznadar de l’émir;

8° La famille de Si Mohamed-el-Medany, khodja de l’émir;

9° La famille de Sid-el-Hadj-Mohamed-ben-Moustapha, khodja de l’émir ;

10° La famille de Si Mohamed-ben-Abderrahman, khodja de l’émir ;

11° La famille de Sid-el-Habib-bel-Trary, agha principal de l’infanterie régulière ;

12° La famille de Sid-el-Hachemi-Taleub ;

13° La famille de Ben-Kada, cuisinier de l’émir.

Ce dernier était le seul qui pouvait préparer les aliments de la famille ;

 

Autour de ces familles venaient se grouper les tentes de quelques serviteurs dévoués, et le tout pouvait former une réunion de 30 à 35 tentes.

 

 

 

 

 

 

Douar de Sid-el-Hadj-Moustapha-ben-Thamy, beau-frère de l’émir

et ex-kalifa de Mascara.

 

A côté et à l’Ouest du douar de l’émir, se trouvait toujours placé le douar de Sid-el-Hadj-Moustapha-ben-Thamy, son beau-frère, et ex-khalifa de Mascara.

 

Ce douar se composait des familles suivantes :

1° La première femme du khalifa Khedidja-ben-Mahhyeddin, sœur de l’émir (pas d’enfants) ;

2° La deuxième femme du khalifa Aâycha, fille de Sidi-Abd-Allah-bou-Djelal, ancien cadi d’Oran sous les Turcs ;

3° La famille de Sidi-el-Hadi-el-Boghary, ex-kaïd de Mascara, et ami intime du khalifa ;

4° La famille de Sid-el-Hadj-Tahar, frère de l’ex-kaïd de Mascara, qui était ordinairement employé par le khalifa à des missions diplomatiques ou commerciales, dans le Maroc ou à Tunis.

5° La famille de Hadj-Zyan, cousin de l’ex-kaïd de Mascara ;

6° La famille de Hadj-Bouâalam, trésorier de l’émir, à Mascara ;

7° La famille de Si Thamy, trésorier du khalifa ;

8° La famille de Si Mohamed-Bouzid , premier khodja du khalifa ;

9° La famille de Si Abderrahman-ben-Morssely , conseiller intime du khalifa ;

10° La famille de Si Mohamed-el-Cherchaly, bache-tobdjy, c’est-à-dire chef de l’artillerie ;

11° La famille de Sid-el-Arby-ben-Messahal, khodja de l’infanterie régulière.

 

Autour de ces familles venaient se grouper celles des serviteurs les plus dévoués, des esclaves, etc..; le tout pouvait former de 25 à 30 tentes.

 

 

 

 

 

 

Douar d’El Hadj-Abd-el-Kader-Bou-Qeliqra , ex-kaïd de Zedama.

 

À côté et à l’Est du douar de l’émir se trouvait toujours placé le douar d’El-Hadj-Abd-el-Kader-Bou-Qeliqra, ex-kaïd de Zedama.

 

Il se composait des familles suivantes :

1° La famille de kaïd de Zedama ;

2° La famille de Si Hamed, son frère ;

3° La famille de Si Mohamed-Legrâa, son frère ;

4° La famille de Si el-Arby, khodja du kaïd.

 

Autour de ces familles venaient se grouper celles des chaouchs, des domestiques, des nègres, des négresses ; et le tout pouvait former une quinzaine de tentes.

 

Au moment de la prise de la zmala, Hadj-Abd-el-Kader-Ben-Qeliqra se trouvait retenu hors du combat par une blessure reçue dans la ghazia de l’émir sur les Zedama. Il a été sauvé par quelques serviteurs dévoués.

 

 

 

 

 

 

Douar de Miloud-ben-Arrach, ex-agha du Cheurg

Devenu khalifa depuis peu, et conseiller intime de l’émir.

 

 

A côté et au Nord de la tente de l’émir se trouvait toujours placé le douar de Miloud-ben-Arrach.

 

Il se composait des familles suivantes :

1° La famille de Miloud-ben-Arrach ;

2° La famille de Si Kaddour, son fils ;

3° La famille de Kaddour-el-Guisi, trésorier de Miloud-ben-Arrach ;

4° La famille de Si Hamed, fils de Kaddour-el-Guisi ;

5° La famille de Adda-bou-Azza, beau-frère de Miloud-ben-Arrach ;

6° La famille de Mohamed-ben-Kaouadjy, ami de Miloud-ben-Arrach ;

7° La famille de Hadj-Hamed-Ould-el-Aâzry, khalifa de Miloud-ben-Arrach.

 

Autour de ces familles, celles des serviteurs, etc., le tout pouvant former de 15 à 20 tentes.

 

 

 

 

 

 

Douar de Sid-el-Hadj-Mohamed-bel-Qraroubi, premier secrétaire

de l’émir, son ami intime, devenu khalifa des Flitas.

 

A côté et au Sud du douar de l’émir se trouvait toujours placé le douar de Sid-el-Hadj-Mohamed-bel-Qraroubi.

 

Il se composait des familles suivantes :

1° La famille de Sid-el-Hadj-Mohamed-bel-Qraroubi (1) ;

2° La famille de Mohamed-Ould-el-Hadjy-Aly, agha des Hachems-Guerraba;

3° La famille de Sid-el-Missoum-bel-Ghettam, l’un des aghas de l’infanterie régulière;

4° La famille de Si Berkani, l’un des khodjas de l’infanterie régulière ;

5° La famille de Si Mohamed-ben-el-Mezôo, l’un des khodjas de l’infanterie régulière ;

6° La famille de Si Mohamed-bel-Bordjy, ami intime de Bel-Qraroubi.

 

Autour de ces-familles, celles des serviteurs, etc., le tout formant une douzaine de tentes.

 

 

 

 

 

 

 

(1) Quatre-vingt-cinq prisonniers, parmi lesquels son fils, ses deux neveux, un fils de Miloud-ben-Arrach, un cousin-germain d’Abd-el-Kader, le chef d’artillerie, un secrétaire, un tambour-major, et le tailleur des réguliers, le sellier et le bourrelier d’Abd-el-Kader.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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