Les 15 plus belles photos National Geographic Traveler 2017

30012018

 

 

 

 

 

Des photographes des quatre coins du globe ont partagé leurs plus belles photographies (portraits, lieux et nature) dans le cadre de l’édition 2017 du concours Travel Photographer of the Year. Retrouvez ici les coups de cœur de la catégorie Nature.

 

 

 

 

 

 

Les 15 plus belles photos National Geographic Traveler 2017 dans Photos nature-photography-your-shot-02

« Voici Cheia, la route qui mène à la Transylvanie. Oui, cette Transylvanie-là, qui a vu naître le légendaire comte Dracula (Vlad Tepes). Selon la légende, ce cliché montre ce qu’il voyait lors de ses vols nocturnes. Quoi qu’il en soit, la perspective offerte par cette route magnifique vous laisse le souffle coupé. » —

© Calin Stan

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-01 dans Photos

« La lumière de cet après-midi était au-delà de mes espérances lorsque je me suis assise calmement pour observer ce crocodile guetter son futur dîner. Les motifs créés par les reflets du soleil étaient incroyables, cet instant si paisible. Rien ne laissait présager la férocité à venir, celle du crocodile affamé dévorant son repas. » —

© Alison Langevad

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-03

« Depuis la nuit des temps, les Nenets ont mené une vie nomade, participé à l’élevage de rennes et voyagé à travers l’immense toundra. Les traîneaux tirés par des rennes sont le moyen de transport le plus fiable de la toundra. Les Nenets voyagent dans des conditions météorologiques pénibles huit mois de l’année. Les rennes constituent une source de revenus, de nourriture, de vêtements et de logement. » —

© Kamil Nureev

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-04

« Chaque année de décembre à mars, le nord de la Californie se transforme en refuge hivernal pour des milliers d’oiseaux migrateurs : oies, aigrettes, canards, hérons, parmi tant d’autres. » —

© Jassen T.

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-05

« Au milieu de l’hiver, cet homme traverse la rivière Baral sur un bateau. Pendant l’hiver, la vase y est plus visible que pendant n’importe quelle autre saison. » —

© MD Tanveer Hassan Rohan

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-06

« Je n’avais pas rendu visite à ma famille depuis deux ans. J’ai décidé de transformer ce retour à la maison en vacances photographiques. Un soir, je me suis aventuré dans les dunes de sable situées au sud de Pismo Beach, en Californie. C’est là que j’ai découvert cette dune de sable à la silhouette parfaite, sans la moindre empreinte. » —

© Lace Andersen

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-07

« Je naviguais le long de la péninsule de l’Antarctique à bord d’un zodiaque lorsque nous avons fait la rencontre de ce manchot d’Adélie remontant cet iceberg abrupt. À l’approche de l’iceberg, je me suis empressé de prendre la photo avant que nous ne dévions derrière le manchot. J’ai eu le temps de prendre six photos en rafale avant de dépasser l’iceberg et de traverser les eaux gorgées de glace. Cette image illustrait à merveille la structure de l’iceberg angulaire ainsi que la position charmante du manchot. » —

© Larry Malvin

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-08_0

« Près du lac Nakuru, nous avons dû arrêter notre véhicule face à une famille de babouins assise au milieu de la route. J’ai alors remarqué qu’un des babouins restait immobile et nous montrait son dos. En nous rapprochant, nous avons découvert que la femelle tenait son bébé et tentait de le protéger. Après quelques instants, la mère et son petit se sont prudemment écartés de la route. » —

© Diego Cacho

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-09

« Du thermokarst ? Le fruit de la mousse au contact de l’eau ? Il s’agit du magnifique tableau qu’offre la nature à Hong Kong. » —

© Samantha Chow

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-10

« Un gnou fonce à travers les plaines de Ndutu situées au sud du Serengeti pendant la période migratoire. Une vitesse d’obturation lente a été utilisée afin de créer un « tableau préhistorique » de ces animaux merveilleux. » —

© Chris Schmid

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-11

« Alors que le soleil se couche sur les Jardines de la Reina (Jardins de la Reine, Cuba), des rayons de soleil dorés transpercent la surface de l’eau, dessinant ainsi une fabuleuse toile de fond derrière les requins soyeux pélagiques sortis pour chasser. J’étais très stressé au moment de prendre ces photos. Au fur et à mesure que la lueur dorée disparaissait, le batelier me pressait de sortir de l’eau. La surface des eaux peuplées de requins peut être dangereuse lorsqu’elle s’assombrit. Naviguer dans les récifs peu profonds afin de retourner au navire-mère était tout aussi dangereux. » —

©  Wai Hoe Mok

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-12

« Un vieux yucca brevifolia, plus connu sous le nom d’arbre de Josué, s’incline vers le sol et encadre le soleil couchant du désert de Mojave. » —

© Robert Welsted

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-13

« Après une randonnée de cinq heures vers le volcan Acatenango, j’ai assisté au magnifique spectacle offert par le volcan Fuego, situé au Guatemala. » —

© Martin Engelmann

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-14

« J’adore l’océan et le considère comme ma deuxième maison. Selon moi, toutes les plages devraient être protégées. La majorité de cette planète est absorbée par les océans : nous ne serions rien sans lui ! La pollution est en train de détériorer nos plages et il ne tient qu’à nous de protéger ces terres ! » —

©Danny Sepkowski

 

 

 

 

 

 

nature-photography-your-shot-15

« Au petit matin, j’ai assisté aux magnifiques reflets du bosquet sur l’étang bleu. » —
© Masahiro Hiroike

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les prophéties du Marabout El-Hadj-Aïssa de Laghouat

28012018

 

 

 

 

 

Les prophéties du Marabout El-Hadj-Aïssa de Laghouat  dans Attributs d'Algérienneté 1514022983-140927-10-laghouat-marabout-sidi-aissa-et-fort-moraud

Sidi El-Hadj-Aïssa est le saint marabout dont la dépouille mortelle repose sous la koubba dans laquelle, en 1852, les troupes coloniales ont établi la batterie de brèche qui ouvrit Laghouat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les mois de mars et avril 1844, une colonne, forte de 1500 hommes, aux ordres du général Marey, franchissant la ligne de ceinture du Tell, avait pénétré dans le Djebel-Es-Sahri et poussé jusqu’au ksar Zakkar. Cette pointe avait suffi pour déterminer la soumission des tribus dont la colonne avait traversé le territoire; Laghouat même et la confédération des ksour envoyèrent au général une députation qui devait lui présenter leur gada. Ahmed-ben-Salem avait chargé son frère Yahia, qui était à la tête de la députation, de faire au général Marey la proposition suivante : Ben-Salem recevrait l’investiture de la France pour un khalifalik qui comprendrait Laghouat, les cinq ksour voisins de cette ville, les tribus des Arbaâ et des Harazlia, et même la confédération des Beni-Mzab. Comme les Français n’avaient pas la moindre raison pour rejeter les offres d’Ahmed-ben-Salem, le général envoya Yahia à Alger pour les développer et les faire accepter. Le Gouverneur-général, qui reconnut l’intérêt de cette proposition, décida qu’une colonne se rendrait sur les lieux pour organiser le pays dont Ahmed-ben-Salem demandait si humblement le commandement. 

Le 21 mai, la colonne Marey, forte de 2800 hommes, arrivait à Tadjmout où l’attendaient le khalifa Ahmed-ben-Salem et les chioukh du pays; le 25, elle dressait ses tentes devant Laghouat, où elle était parfaitement accueillie par la population ; elle séjournait sous les murs de ce ksar le 26 et le 27. Du reste, la présence des soldats dans ces contrées ne paraissait étonner personne ; ils y étaient reçus comme des gens qu’on attend.  

Cela s’expliquait: un marabout de Laghouat, Sidi El-Hadj-Aïssa, illustre autant par ses vertus que par le don de prophétie qu’il possédait, disait-on, à un rare degré, avait prédit, vers l’an 1714 que les Français prendraient Alger, qu’ils viendraient camper sous les murs de Laghouat, et qu’ils pousseraient même jusqu’à l’oued El-Heumar . 

Quelques incrédules regardent cette prédiction comme apocryphe, bien que le général Marey ait affirmé avoir eu entre ses mains le manuscrit contenant les œuvres complètes du saint, et y avoir lu les divers passages qui les concernent. Du reste, cette prédiction était connue de tous les tolbas de Laghouat bien avant 1830, et l’un des descendants du saint marabout, qui la savait de mémoire, la récita d’un bout à l’autre au général Marey. 

Comme la plupart de ses pareils, Sidi El-Hadj-Aïssa joignait au don de prophétie celui de poésie; il ne parlait et n’écrivait qu’en vers ; dans les passages qui suivent on a essayé de rendre les fragments des prophéties du saint marabout qui se rapportent aux Français. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1er  FRAGMENT 

  

Par delà les sommets poudrés de sable d’or 

Où nos ardents djouad (1) lancent le thir el-horr (2)

Je vois se dérouler en terre musulmane 

De soldats inconnus la longue caravane….. 

Ces étendards flottant sous le vent du désert 

Ne sont pas nos drapeaux ; là, point de turban vert, 

Insigne des chérifs descendants du Prophète, 

Point de bruits de chabir que l’étrier répète 

Et qui font se cabrer nos rapides coursiers 

Sous l’étreinte de fer de nos vaillants guerriers! 

Ces troupes, ces canons qui laissent dans nos sables 

Un immense sillon, ces rangs si formidables 

Serrés comme les grains de notre chapelet, 

Ne sont point ceux, hélas! De Sidna Mohammet! 

Ce n’est pas là le Turc à la rouge bannière 

Venant heurter nos ksour de sa vaine colère…. 

Ils avancent toujours… Déjà j’entends leurs voix….. 

Ce sont, par le péché! Les enfants de la croix! 

Oui, ce sont les Chrétiens que Dieu, dans ses vengeances, 

A pris pour instruments de ses justes sentences; 

La puissante valeur et le sabre d’Omar 

Ne les arrêteraient, et l’ouad El-Heumar (3) 

— Car Dieu l’a décidé — verra sur ses deux rives 

Du pied de leurs soldats les traces fugitives…. 

Allons ! Fils de l’Islam, préparez leurs repas 

Du matin et du soir à ces maîtres du bras!  
Allons! À ces Chrétiens montrez dans leur parure  

Vos femmes sans leur voile ainsi que sans ceinture!….. 

Par ma tête! Ils sont là !… Voyez-vous de leurs feux 

La flamme s’élever sur nos rochers poudreux?….. 

0 vous qui m’entendez, ne dites pas : « Il rêve! 

Ce n’est point l’heure encore où Dieu, rompant sa trêve, 

S’apprête à nous frapper, et bien loin sont les temps 

— S’ils doivent arriver — où l’on verra les camps 

Des Chrétiens menacer les remparts de nos villes….. 

Ils trouveraient la mort dans nos sables stériles!……. 

Aïssa, tu vois mal. » — Les méchants de Temoud,  
D’Ad et de Madian ont dit au prophète Houd, 

A Chouaib, à Salah, quand, avant de détruire,  
Dieu les eût envoyés à ce peuple en délire  
Pour lui porter encor ses avertissements,  

Ces aveugles ont dit : 0 prophète, tu mens!… 

On eut en vain, le soir, de ces maudites races 

Recherché sur le sol les méprisables traces….. 

Moi je vous dis : J’ai vu, je vois de mes deux yeux 

Les étendards chrétiens partout victorieux; 

Je vois El-Djezaïr, la ville bien gardée, 

De soldats étrangers la muraille inondée; 

Des entrailles de fer de leurs puissants vaisseaux, 

Je les ai vus sortir comme de leurs tombeaux 

Sortiront les mortels quand arrivera l’heure 

Où la terre, qui fut leur dernière demeure, 

Rejettera sa charge…… Alger — trois fois malheur! 

—Se tord de désespoir sous le pied du vainqueur;  
Les Croyants, repoussés par la vague qui monte,  

— La vague des Chrétiens, — s’en vont cacher leur honte  
Aux déserts de Maghreb que baigne l’Océan,  

A Tunis, à Maceur, ces terres du Coran;  
Et la voix de l’imam qui guidait la prière  
Du musulman courbé le front dans la poussière,  
Ne parle plus de Dieu dans nos vieilles mosquées  
Aux enfants de l’Islam, aux foules convoquées.  
Sur nos dômes sacrés la croix tend ses bras d’or,  
Et nos croissants brunis au chaud soleil du dhor   
Sont partout renversés…….O toi, cité splendide!  

— Telle est la volonté de Celui qui décide, 

Toi, dont les fiers raïs  sont les maîtres des mers,  
Tu prendras des Chrétiens la loi, la foi, des fers!  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IIe FRAGMENT 

  

Le Turc se reposait sur ses vieux janissaires;  
La mer obéissait tremblante à ses Corsaires;  
Son pouvoir enlaçait dans un vaste réseau  
La moitié de la terre, et son sanglant drapeau  
Etouffait dans ses plis du couchant à l’aurore  
Tout un peuple éperdu qui le craint et l’abhorre.  
Au lieu de louer Dieu, — Dieu qui les a comblés,  
— Au lieu de prier Dieu dans son temple assemblés,  
Ces enfants du péché qu’enivre leur puissance  
Poussent l’impiété jusques à la démence:  
Ils ont tout oublié, foi, loi, religion;  
Tout est fange chez eux, vice et corruption;  
Le peuple perverti de Sodome et Gomorrhe,  
Sur qui Dieu fit pleuvoir la flamme qui dévore,  
Etait moins criminel que ces chiens d’Ottomans,  

          Qui — ne les croyez pas — se disent Musulmans…. 

Mais le jour approchait où, comblant la mesure,  
Le Turc allait finir son règne de souillure:  
Endurci dans le crime, il dormait son sommeil, 

Et Dieu lui préparait un terrible réveil………………… 

Voyez-vous ces Chrétiens s’avançant innombrables  
Comme les grains qu’enlève en soufflant dans nos sables  

Le guebli (4) furieux?…… Partout ils sont vainqueurs; 

Ils avertissent Dieu par d’ardentes clameurs 

Qu’ils l’ont enfin vengé!……… Le Turc fuit, plein de honte, 

Devant ses ennemis dont le flot toujours monte;  
Il laisse abandonnés et sans protection  
Ses femmes, ses foyers. La malédiction  

Du Seigneur le poursuit et pèse sur sa tête……… 

Le Chrétien marche encore ; il n’est rien qui l’arrête.  
Son pouvoir est sans borne ; il émane de Dieu:  
Du pays des palmiers à la mer du Milieu (5),  
De Tunis au Maroc, la terre des fidèles,  

Il n’est point de muraille ou bien de citadelles  
Qui puissent faire obstacle aux terribles soldats  

Que la mer a vomis…… Apres de vains combats, 

Le Turc, toujours vaincu, laisse Alger, — son esclave,  
— Que, depuis trois cents ans, il corrompt et déprave…  
Mais Alger reste esclave, et prend de nouveaux fers,  

Toute meurtrie encor des maux qu’elle a soufferts…… 

Mettant en Dieu pourtant toute sa confiance,  
D’un avenir meilleur elle avait l’espérance!  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IIIe FRAGMENT 

Quand, dans la nuit d’El-Kadr, les anges et l’esprit  
Ont réglé l’avenir dans l’immuable écrit,  
Dans ce livre éternel des arrêts inflexibles,  
Ainsi que l’ont voulu les destins infaillibles,  

Tout arrive ici-bas…… Quand tu verras venir 

Le jour du jugement et le ciel s’entrouvrir.  
Ne crains rien si, pendant ton séjour en ce inonde,  
Ta mortelle existence en vertus fut féconde;  
Ne t’inquiète pas de ce que fera Dieu  

Si la foi fut ta part et ton unique vœu…… 

Comme un immense éclair écrivant sur la nue  
Sa terrible menace en sa langue inconnue,  
L’ange Tedzel viendra sur les ailes des vents  
Apporter les décrets du Seigneur aux vivants:  
Tout être écoutera d’une oreille attentive  
Sa parole, et la foule, à ses lèvres captive,  
Entendra les arrêts dictés par l’Éternel.  
Ecoutez ce que dit l’ange envoyé du ciel:  
«  La puissance des Turcs, par le mal ébranlée,  
Comme un mur ruiné sur eux s’est écroulée;  
La ville aux croissants d’or, subissant les décrets,  
N’entend plus le moudden sur ses blancs minarets.  
Alger, malheur à toi! Malheur à tes murailles  
Qui virent impuissants aux jours de tes batailles  
Les efforts des Chrétiens! Malheur à ton beau port,  
Tombe où sont endormis du sommeil de la mort 

Tes ennemis venus sur leurs vaisseaux de guerre  
Pour te faire trembler, toi, des cités la mère!  
Malheur à tes tyrans! Car Dieu les a maudits,  
Et prochains sont les temps par l’Apôtre prédits !….  
C’est en vain que des Turcs on cherchera la trace,  
Sillage fugitif qui paraît et s’efface;  
Leur pouvoir odieux, ô belle Djezaïr,  

Pour les Croyants, tes fils, sera sans souvenir!….. 

Les destins l’ont voulu! Alger, la blanche ville  
Que le vainqueur chrétien de son talon mutile,  
Abrite dans ses murs le soldat d’outre-mer,  
Qui la presse et l’étreint de son poignet de fer.  
Ses temples sont détruits, ses maisons somptueuses,  
Ses ravissants jardins aux sources merveilleuses,  
Sont souillés et déserts, et la mer aux flots bleus  
Jamais ne verra plus nos corsaires fameux  
Faisant fuir devant eux les enfants de l’Espagne;  
La mer ne verra plus ces pourvoyeurs du bagne  
Jeter dans les harems ces vierges, ces esclaves  
Qu’aux rivages chrétiens ravissaient les plus braves !…………  
La louange sur Dieu dont c’est la volonté!  
II nous donne la joie ou bien l’adversité! ……. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IVe FRAGMENT 

D’innombrables soldats, portés par des galères  
Hissant à leur grand mât des couleurs étrangères,  
Menacent Djezaïr, et comme des vautours  
Je les vois assaillir ses remparts et ses tours:  
C’est, par le Dieu vivant! Le pavillon de France!  
Je dis : Malheur aux Turcs! Leur immense puissance  
Qui retenait captif l’univers sous leur bras  
— C’est Dieu qui l’a voulu! — s’écroule avec fracas.  
A l’aspect imposant de ces bannières blanches  
Venant leur demander de sanglantes revanches,  
Les Turcs remplis d’effroi désertent leur cité,  
En laissant aux soldats de cette chrétienté  
Dont ils ont si souvent excité les alarmes,  

Leurs femmes, leurs palais, leur honneur et leurs armes…….. 
Aujourd’hui, le Chrétien, ce pâle enfant du Nord,  
Ne voit plus le corsaire emmener à son bord  
Ses vierges pour peupler du Turc les gynécées;  
Ses rives ne sont plus sans cesse menacées  
Par ces hardis raïs qui portaient la terreur  

Jusque sous le canon du pays de l’Erreur…… (6) 

Tout ce que souffre Alger, la ville magnifique,  
C’est Dieu qui l’a voulu, Dieu le seul et l’unique!  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ve FRAGMENT 

C’en est fait de Dzaïr ! Les destins l’ont voulu!  
Des impuissants pachas l’empire vermoulu  
S’est effondré sous eux, et la foi musulmane,  
Témoignage sacré qui de Dieu môme émane,  
Est morte dans Alger, la cité dont les forts  

Des Chrétiens ennemis arrêtaient les efforts………. 

J’ai vu……. — Ne dites pas que c’est de la démence, 

— J’atteste que j’ai vu les soldats de la France  
Dresser sur nos coteaux leurs gourbis et leurs camps,  
Et, sans être troublés, moissonner dans nos champs !……  
Voyez-la s’avancer cette puissante armée  
Bondissant furieuse en panthère affamée:  
Rien ne résiste, hélas! à son terrible choc,  
Et sous ses rudes coups, nos murailles de roc,  
Comme un vieux tronc pourri qu’aurait frappé la foudre,  
Se brisent en éclats et s’envolent en poudre.  
Les Chrétiens sont vainqueurs, et les portes de Dzaïr  
Ouvrent leurs deux battants aux maîtres de la mer:  
Les riches sont chassés; leur opime dépouille  

Va charger les vaisseaux de la flotte qui mouille 

Alger voit aujourd’hui les sectateurs du bois (7) 

Envahir la mosquée, et les sublimes lois  

Que dicta le Seigneur à son dernier prophète,  

Dans le menbeur  sacré restent sans interprète……. 

Mais Dieu le veut ainsi ; la louange sur lui!………… 

Cherchons dans le Seigneur notre plus ferme appui!……….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Les nobles. 

(2) thir el-horr, l’oiseau noble, de race, le faucon. 

(3) c’est un affluent de droite de l’ouad El-Djedi, rivière qui n’est, du reste, que la continuation de l’oued Mzi. 

(4) Le vent du sud ou du désert. 

(5) C’est ainsi que les Arabes désignent ta Méditerranée 

(6) Tout pays où l’on ne professe pas ta religion mahométane.            

(7) Terme de mépris par lequel les Musulmans désignent les Chrétiens, qu’ils regardent comme des idolâtres.

oooooo

——-

————-

————-

———————-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-




Parcs et Réserves Naturelles au Bhoutan

26012018

 

 

 

 

 

L’ensemble des aires protégées, incluant les parcs nationaux, les réserves naturelles et les corridors biologiques, représente 60% de la superficie du pays.

En outre, le Bhoutan est le seul endroit au monde où le léopard des neiges et le tigre royal du Bengale cohabitent sur un même territoire. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. Le Wangchuck Centennial Park, créé en 2008 pour célébrer les 100 ans de la monarchie est, avec ses 4914km², le plus grand du pays. Il se situe dans le centre nord du Bhoutan et inclut le plus haut sommet du pays, le Gangkar Phuensum (7514 m). en hiver, 85% du parc est sous la neige.On y trouve de nombreux conifères et des genévriers. Il comprend trois zones écologiques entre 2500 m et plus de 5000 m, qui présentent six différents types d’habitat végétal : forêts de feuillus, de conifères mélangés, de sapins, de genévriers, des prairies alpines avec buissons, et des éboulis.   

    Trente-trois espèces de plantes médicinales s’y trouvent, dont le très onéreux yartsagumbu (Cordyceps sinensis) et l’if himalayen (Taxus baccata wallichaina). L’arbre national du Bhoutan, le Cupressus corneyana, a un bois très apprécié ; il est aussi utilisé dans la fabrication d’encens.  

    Ont été recensés et documentés : 43 mammifères, 42 espèces de papillons et 250 espèces d’oiseaux.

    Y habitent, entre autres, le tigre royal du Bengale, le léopard, le léopard des neiges, l’ours noir de l’Himalaya, le chat félin, le daim musqué himalayen, le bouquetin de l’Himalaya et le takin du Bhoutan.

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. le Parc national Jigme Dorji Wangchuck, d’une superficie de 4349 km², a été créé en 1974. C’est la seconde plus grande étendue protégée du Bhoutan et elle est également, d’un point de vue biologique, l’une des plus riches de tout l’Himalaya oriental. Elle couvre une région qui va des forêts tropicales – arrosées par la mousson, à 1000 m d’altitude – jusqu’aux glaciers à la frontière nord-ouest du pays – à plus de 7000 m – et elle abrite des plantes et des animaux d’une grande diversité. 

 Dans la région alpine, on trouve notamment la fleur national, le pavot bleu, l’edelweiss, les rhododendrons et diverses orchidées.

Des animaux rares tels que le léopard des neiges, le takin, le tigre, l’ours noir ou le panda rouge, peuplent les forêts et les montagnes du parc. 

 

 

 

 

Parcs et Réserves Naturelles au Bhoutan  dans Nature 1514115724-9327414-orig

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Le Parc National Jigme Singye Wangchuck, le troisième plus grand du Bhoutan avec 1300 km², est situé au centre du pays. Il couvre un territoire allant des sommets enneigés jusqu’à des forêts de sapins et des forêts aux feuilles caduques. Connu autrefois sous le nom de Parc national des Montagnes Noires, il est soumis à des conditions climatiques très variées et abrite de ce fait une grande variété de plantes, d’animaux et d’oiseaux. Il possède également l’une des plus grandes couvertures forestières intactes de tout l’Himalaya oriental.  

 On y trouve le daim musqué et l’ours noir de l’Himalaya. Le langur doré, une espèce endémique du Bhoutan, le léopard tacheté, le panda rouge et le tigre royal du Bengale y vivent également. La partie orientale du parc abrite environ 20% de tous les tigres du Bhoutan. Cohabitent également dans ce parc 391 espèces d’oiseaux, dont 7 menacées d’extinction. La vallée de Phobjikha est le lieu d’hivernage d’environ 260 grues à cou noir qui y passe régulièrement la saison froide.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4. Le Parc national de Trumshingla, de 786 km², a été créé en 1998. Cette forêt encore vierge s’étend des forêts subtropicales de la vallée de Ura à la région de Sengor au climat alpin. La présence du léopard des neige, du panda rouge et de plantes rares en fait un parc exceptionnel et d’une grande importance. Avec des altitudes se situant entre 1000 m et 4000 m et des températures entre – 21°C et + 28°C, le parc subit des variations cliniques parmi les plus spectaculaires du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5. Le Sanctuaire naturel de Bumdeling est situé dans le nord-est du Bhoutan. Il couvre une surface 420 km² dans la zone tampon des districts de Trashiyangtsé, Lhuntsé et Mongar sur la frontière indienne à l’est, et tibétaine au nord. 

 Le sanctuaire abrite environ 100 espèces de mammifères dont des espèces menacées telles que le léopard des neiges, le tigre royal du Bengale ainsi que le panda rouge. Environ 150 grues à cou noir hivernent à Bumdeling entre novembre et mars. Le sanctuaire est également un paradis pour les papillons et, à ce jour, plus de 130 espèces y ont été répertoriées. On s’attend à en découvrir encore plus d’une centaine d’autres.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Le Sanctuaire naturel de Sakteng, établi en 2003 sur 650 km², à la frontière avec l’Arunachal Pradesh indien, est le plus oriental. C’est un monde d’une étonnante biodiversité qui vraisemblablement réserve encore de belles découvertes, tant les écosystèmes y sont variés, allant des pâturages alpins aux forets tempérées et subtropicales, et où abondent les rhododendrons. On y trouve le léopard des neiges, le panda rouge, l’ours noir de l’Himalaya, le cerf muntjac (ou cerf aboyeur), le renard roux de l’Himalaya, une espèce d’écureuil de l’Himalaya et peut être même le yéti, l’abominable homme des neiges.  

 Parmi les oiseaux on compte l’Assamese macaw, l’ithagine ensanglantée, la pie-grièche du Tibet, le pic cendré, la huppe fasciée, la mésange cul-roux et le roselin sombre. Parmi les plantes, mentionnons le pavot bleu, des rhododendrons, des primevères et des gentianes qui, au printemps, transforment le parc en un immense jardin. 

 

 

 

 

1514116154-photo-2 dans Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7. Le Parc national royal de Manas, 1023 km², a été créé en 1966. Il continue le Parc national Jigme Singye Wangchuck vers le sud jusqu’en Assam, région à laquelle il est relié par la Manas Tiger Reserve, une réserve indienne répertoriée dans le cadre de l’Héritage mondial de l’Unesco. 

 Cette zone abrite une faune très riche dont le très menacé tigre royal du Bengale dont le nombre a pourtant doublé en vingt ans (200), le masheer doré (Tor putitora), l’éléphant asiatique, le rhinocéros indien, le léopard tacheté, l’ours noir de l’Himalaya, le dauphin du Gange, le pangolin ainsi que le langur doré, une espèce de singe que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Plus de 365 espèces d’oiseaux y ont également été répertoriées et on estime que 200 autres espèces, non encore recensées, y vivent également. 

 

 

 

 

1514116429-map-big11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Le Sanctuaire naturel de Phibsoo, 278 km², créé en 1974. A la frontière avec l’Inde, il protège les forêts de Sal (Shorea robusta).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 9. Le Sanctuaire naturel de Khaling/Neoli, 273 km², créé en 1984 pour la protection des espèces animales de la zone semi-tropicale. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10. La Réserve de Torsa, 644 km², dans l’ouest du pays, à la frontière avec la valée de Chumbi au Tibet.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Kouroughli

24012018

 

 

 

 

Kouroughli dans Attributs d'Algérienneté 1513937528-aruj01

Arudj Barberousse père des Kouroughlis 

 

 

 

 

 

Kouroughli : Ce nom se compose des deux mots turcs kour (borgne) et oughli (fils), et signifie fils d’un borgne. Lors donc qu’un Kouroughli épouse une femme arabe et que de ce mariage naît un enfant, ses parents du côté de la mère disent de lui en le voyant : Voilà l’enfant d’un borgne (kouroughlï). 

 

 

 

 

 A ce propos, un enfant issu d’une mère noble et d’un père roturier est désigné sous la qualification modharrâa (المذراع), c’est-à-dire de race mélangée, et que celui dont la mère est de vile naissance et le père noble est appelé hagîn (هجين), c’est-à-dire enfant d’extraction noble du côté du père seulement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende de Bent El Khass

22012018

(Suite et fin)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A quelle époque peut-on placer l’existence de cette héroïne visiblement légendaire, même dans la tradition algérienne ?

 

M. de Castries, sans citer de sources, nous dit qu’Embarka Bent El Khass ( الخص), femme célèbre de la tribu de B. Amer, vivait dans le Sahara oranais au XVe siècle.

 

Mais la connaissance de la littérature arabe classique nous permet de remonter plus haut : l’existence de Bent El Khass est mentionnée, sans en être d’ailleurs le moins du monde plus plus certaines, par des auteurs bien antérieurs au XVe siècle et c’est là une preuve de plus qu’on en saurait étudier d’une façon sérieuse et complète le folklore arabe du Maghreb, si l’on n’a pas une connaissance suffisante de la littérature ancienne.

 

La première mention qui soit faite d’elle se trouve dans un vers du poète El Farazdaq, né en l’an 20 de l’hégire (641 ap. J. –C.) et mort vers 110 (728 de J. –C.), c’est-à-dire sept siècles avant la date supposée plus haut.

 

 

Tu as été honorablement fidèle à un serment

Comme Hind fut fidèle à Bent El Khoss – El Iyâdi-.

 

 

 

 

Certaines commentateurs ont cru que la Hind dont il s’agissait ici était la fille du dernier roi de Hira, En No’mân, mais cette opinion est combattue par Ibn Nobata qui voit avec vraisemblance dans cette Hind (nom très répandu dans l’ancienne Arabie) une autre femme que la princesse de Hira. En Orient, elle est appelée Hind et on lui donne pour sœur une certaine Djom’ah contre qui elle plaida devant un juge des Arabes, El Qalmas (القلمس). Celui-ci rendit un jugement en sa faveur, si l’on en croit un vers attribué à Ben El Khoss :

 

Si Dieu récompense l’homme bienfaisant pour sa fidélité,

Qu’il récompense généreusement Qalmas de ma part.

 

 

 

 

On voit que partout son père est nommé El Khoss (ou El Khass). Ibn el A’rabi lui donne le nom d’El Khoss ben Djabir ben Qoraït’ el Iyâdi, d’où le surnom d’El Iyâdyah, porté par sa fille. Mais cette liste de d’ascendants de Bent El Khoss est inconnue aux généalogistes Ibn Doraïd et Ibn Qotaïbah. Ce dernier mentionne seulement un Qoraït’ (قريط), frère de Qort (قرط) fils d’Abou Bekr, remontant par Kilâb, Haouâzin et Nizâr à Adnan, l’ancêtre des Arabes, tandis qu’Iyâd, de qui serait descendu Khoss, était le frère de Nizâr. Le Qoraït’ d’Ibn Qotaïbah ne peut donc pas être l’ancêtre de Bent El Khoss.

 

 

 

Du reste cette désignation d’Iyâdyah a-t-elle quelque valeur ?

 

 

On ne le pense pas, et les auteurs arabes semblent avoir partagé cette opinion, car quelques-uns font de Bent El Khoss une ‘Amaliqa (Amalécite), issue des débris du peuple de ‘Ad, ce qui nous rapporte aux temps fabuleux et nous donne lieu de croire qu’elle n’a jamais existé, pas plus en Arabie que dans le Sud algérien.

 

Mais en Orient, comme en Occident, les traits caractéristiques de sa légende sont identiques et les maximes en prose rimée qu’on lui attribue ont le même cachet. Elle est appelée à donner son avis sur les chevaux, les chameaux, le mariage, et ses sentences ont le même caractère de simplicité du fonds et de recherche de forme. 

 

 

 

 

 

 

On lui demanda : Quel est l’homme que tu préfère ? Elle répondit :

L’homme facile et généreux, bienfaisant et illustre, habile et intelligent, le seigneur redouté.  – - Y a-t-il quelqu’un qui surpasse celui-là ?

-          Oui,  l’homme svelte et mince, fier et élégant, bienfaisant et prodigue, qu’on craint et qui ne craint pas.

-          Et quel est l’homme le plus haïssable à ton avis ?

-          L’homme lourd et endormi, qui se décharge des affaires sur les autres, indifférent, faible de poitrine, vil et blâmable.

-          Et y a-t-il quelqu’un de pire ?

-          Oui, le sot querelleur, négligent et négligé, qui n’est ni craint ni obéi.

 

 

 

 

On lui demande encore : Quelle femme est préférable suivant toi ?

-          Celle qui est blanche et parfumée

-          Et celle qui déplaît le plus

-          Celle qui se tait si on veut la faire parler et qui parle si on veut la faire taire.

 

 

 

 

 

Un homme alla trouver Bent El Khoss pour la consulter sur la femme qu’il devait épouser :

-          Cherche-la brune et belle de visage, lui dit-elle, dans une famille brave, ou dans une famille noble, ou dans une famille puissante.

-          Il ajouta : Tu n’as laissé de côté aucune sorte de femme ?

-          Si fait, j’ai laissé de côté la pire de toutes : la noiraude toujours malade, aux menstrues prolongées, querelleuse.

 

 

 

 

 

On demanda à Bent El Khoss : «  Quelle est la femme la plus méritante ?

-          Elle répondit : Celle qui demeure dans sa cour, qui remplit les vases, qui mélange d’eau le lait qui est dans l’outre.

-          Quelle est la femme la plus méprisable ?

-          Celle qui soulève la poussière en marchant, qui a une voix aiguë en parlant, qui porte une fille dans ses bras, qui est suivie d’une autre et qui enceinte d’une troisième.

-          Quel est le jeune homme préférable ?

-          Le jeune homme aux longues jambes et au long cou, qui a grandi sans malice.

-          Et quel est le plus méprisable ?

-          Celui qui a le cou enfoncé, les bras courts, le ventre énorme, qui est couvert de poussière, qui a des vêtements déchirés, obéit à sa mère et se révolte contre son oncle paternel ».

 

 

 

 

 

 

Comme dans les traditions du Sahara, elle est consultée pour l’achat d’animaux domestiques. Son père, voulant acheter un étalon pour son troupeau de chamelles, lui dit : « Indique-moi comment je dois l’acheter ».

Elle répondit : « Achète-le avec le bas de la joue marqué, les joues douces, les yeux enfoncés, le cou épais, le milieu du corps développé, très haut, très généreux, qui regimbe quand il est frappé du bâton et allonge la tête quand il est chargé entièrement ».

 

 

 

 

Les chameaux paraissent avoir eu sa prédilection, ce qui n’a rien d’étonnant chez des nomades, si on en juge par les réponses qu’on lui attribue : «  Quelle est la chamelle la plus vive ?

-          C’est, dit-elle, celle qui mange tout en marchant et dont les yeux sont brillants comme ceux d’un fiévreux.

-          Et quelle est celle qui a le moins de valeur ?

-          Celle qui est prompte à aller au pâturage de bonne heure et qui ne donne que peu de lait le matin.

-          Quel est le meilleur des chameaux ?

-          C’est l’étalon au corps énorme, robuste, habitué aux voyages, vigoureux.

-          Quel est le chameau de moindre valeur ?

-          C’est celui qui est court de taille et qui a une bosse aussi petite que le dos d’une autruche ».

 

 

 

 

 

 

El Khoss demanda à sa fille : «  Est-ce que le chameau de moins de cinq ans féconde la femelle ?

-          Oui, dit-elle, mais sa fécondation est lente.

-          Et celui qui a perdu deux incisives ?

-          Oui, et de la largeur d’une coudée.

-          Et celui à qui pousse sa première dent de devant ?

-          Oui, mais il est sans force ».

 

 

 

 

 

Un jour elle dit à El Khoss : « Une telle éprouve les douleurs de la parturition, en parlant d’une chamelle de son père.

-          Qui t’en a informée ?

-          Elle a un tressaillement dans les os de l’utérus, son regard est vit et elle marche en écartant les jambes.

-          Ma fille, elle va mettre bas ».

 

 

 

 

 

 

« Quel cheval préfères-tu ? lui demanda-t-on.

-          Celui qui a un toupet, qui est bien soigné, robuste, de forte encolure, solide, vigoureux, ardent et rapide ».

 

On lui demanda : « Que dis-tu de cent chèvre ? ». Elle répondit : « C’est un petit bien derrière lequel s’attache la pauvreté, richesse de faible, gagne-pain de misérable.

-          Et cent brebis ?

-          C’est une ville sans défense.

-           Et cent chameaux ?

-          Quelle excellente richesse que les chameaux ! c’est ce que désirent les hommes.

-          Et cent chevaux ?

-           C’est l’orgueil de qui les possède et il ne s’en contente pas.

-          Et cent ânesses ?

-          Éloignées la nuit, honte de la réunion ; elles n’ont pas de lait qu’on puisse traire, pas de laine qu’on puisse tondre ; si on attache leur mâle, il est interdit ; si on le lâche, il s’en retourne ».

 

 

 

 

 

 

On lui attribue aussi une réponse un peu différente au sujet de la valeur des différents biens. Le père de Bent El Khoss lui demanda : Quelle est la meilleure richesse ?

-          Des palmiers solidement plantés dans des terrains humides, qui nourrissent en temps de disette.

-          Et quoi encore ?

-          Des brebis à l’abri de l’épizootie, qui te fournissent des agneaux, que tu trais plusieurs fois par jour et te donnent des toisons ; je ne connais pas de richesse comme celles là

-          Et les chameaux ?

-          Ce sont les montures des guerriers, le rachat du sang versé, le douaire des femmes.

-          Quel est l’homme le meilleur ?

-          Le plus visité, comme les collines d’un pays sont les plus foulées aux pieds.

-          Qui est-il ?

-          C’est celui à qui on demande et qui ne demande pas, qui donne l’hospitalité et ne la reçoit pas, qui rétablit la paix et à qui on ne l’impose pas.

-          Quel est le pire des hommes ?

-          L’imberbe bavard qui tient un petit fouet et qui dit : Retenez-moi loin de l’esclave des Benou un tel, car je le tuerai ou il me tuera.

-          Et quelle est la meilleure des femmes ?

-          C’est celle qui a un fils dans son sein, qui en pousse un autre devant elle, qui en porte un troisième dans ses bras, tandis qu’un quatrième marche derrière elle.

 

 

 

 

 

 

On lui demanda un jour : Qu’y a-t-il de mieux ?

-          Le nuage du matin qui suit le nuage de la nuit sur une terre élevée.

 

 

 

 

 

 

 

On lui attribue aussi un grand nombre de dictons en prose rimée (سجع) entre autres ceux-ci qui sont devenus proverbes : Le pire des loups est le loup du ghadha (arbuste épineux) ; le pire des serpents et celui d’un sol aride, la plus rapide des gazelles est celle qui pait la h’allabah ; le plus fort des hommes est celui qui est mince ; la plus belle des femmes est celle qui a des formes potelées et le visage ovale ; la plus laide est celle qui est renfrognée et sèche ; la plus vorace des montures est celle qui allaite, le meilleur morceau de viande est celui qui est près de l’os ; le plus dur des endroits pour la marche est celui où les cailloux sont sur les rochers ; les pires des troupeaux sont ceux qu’on ne peut donner en aumône ni égorger (comme les ânes) ; la meilleure des richesses est une jument soumise ou une série de palmiers fécondés.

 

 

 

 

 

 

 On lui demanda : Quel est le nuage que tu préfères ?

-          Celui dont le bord retombe comme une frange, qui verse la pluie à torrents, énorme, sillonné d’éclairs, bruyant et qui envahit tout.

-          Quel est l’homme le plus important à tes yeux ?

-          Celui dont j’ai besoin.

 

 

 

 

 

 

 

Elle aurait eu aussi, suivant certaines traditions, l’habitude de poser des énigmes à ceux qu’elle rencontrait, c’est ainsi qu’Ibn Nobata, dans son commentaire de l’épitre d’Ibn Zeïdoun lui attribue la série d’énigmes que, d’après Hariri une djinnah (comme la Sphynge des Grecs) proposait aux passants. Tout comme la djinnah, elle n’aurait cessé ses interrogations qu’après avoir été couverte de confusion par la réponse d’un de ses interlocuteurs qui devait compléter une série de phrases commençant par « je m’étonne » عجبت.

 

 

 

On a vu plus haut comment elle appréciait l’homme et la femme au point de vue du mariage. Il semblerait que, malgré son désir de se marier, indiqué aussi dans la légende saharienne, elle en ait été empêchée par son père et qu’elle ait cherché des consolations en dehors d’une union légitime. Surprise avec un esclave, elle se contente de donner pour excuse à ceux qui lui reprochaient sa faute, ces mots devenus proverbes : «  La proximité du coussin et la longueur de l’entretien à l’oreille » (c’est l’occasion qui fait le larron). Les savants disent que si elle avait cité le proverbe complet, elle aurait ajoute « et le plaisir de la débauche ».

 

 

 

 

 

C’est sans doute à cet ordre d’idées qu’il faut attribuer deux bers attribués à Bent El Khoss :

 

(Un jeune homme) droit comme la pointe d’une épée, généreux, brave, de qui je suis éprise, si c’était à ma portée.

Je le jure, si on me donnait à choisir entre sa rencontre et mon père, je préférerais n’avoir pas de père.

 

 

 

 

On comprend que cette réputation de finesse ait fait attribuer à Bent El Khoss dans l’ancienne Arabie, la solution d’un problème dont on fit honneur à une autre femme célèbre par sa perspicacité et non moins fabuleuse que notre héroïne. La plus ancienne version de ce problème se trouve dans une pièce du poète antéislamique, En Nâbighah Edz Dzobyâni (النابغة الذبياني) :

 

« Sois perspicace comme la jeune fille de la tribu, quand elle vit les pigeons cherchant de l’eau, descendre vers la mare.

« Ils étaient resserrés entre les parois de la montagne, et pourtant elle les suivait d’un (œil clair) comme du verre, qui n’a jamais été enduit de koh’eul contre la chassie.

« O si seulement, dit-elle, ces pigeons et la moitié (de leur nombre) étaient ajoutés à notre pigeon, cela suffirait.

« On les compta et on trouva qu’ils formaient le nombre qu’elle avait dit, ni plus, ni moins. »

 

 

 Les pigeons était au nombre de 66 ; 66 + 66/2 (= 33) + 1 = 100.

 

 

 

 

 

La plupart des commentateurs attribuent ce calcul à la célèbre Zarqâ El Yemâmah (زرقاء اليمامة), de la tribu de Djadis, et elle aurait dit en prose rimée :

 

ليت الحمام ليه

و نصفه فديه

الى حمامتيه

تم الحمام ميه

 

 

 

 

Ce sont ces paroles qu’aurait reprises En Nâbighah, d’après Mohamed ben El Abbas El Yezidi. Mais El Asma’i rapportait avoir entendu des Arabes du désert attribuer la solution de ce problème à Bent El Khoss (en remplaçant les pigeon par les qat’as), dont ils citaient ainsi les paroles :

 

يا ليت ذا القطا ليه

و مثل نصف معيه

الى قطاة اهليه

اذا لنا قطا ميه

 

 

 

 

 

 

De ce qui précède, on peut donc conclure que la légende de Bent El Khoss fait partie de cette collection de traditions que, dans leur émigration, les Beni Hilal apportèrent avec tant d’autres dans le Maghreb où ils la localisèrent, et que ses origines remontent aux plus anciens temps de la littérature arabe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

René BASSET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




El Hadj Embarek : un des célèbres RAÏS de la Régence

20012018

 

 

 

 

 

El Hadj Embarek : un des célèbres RAÏS de la Régence   dans Attributs d'Algérienneté 1513862472-dragut

 

 

 

 

 

El Hadj Embarek (ou El Haggi Embarek). Entre 1741 et 1763 , El Hadj Embarek  est à la tête de plusieurs bâtiments pirates. Son vaisseau ‘’amiral’’ est le célèbre chébec « Le Cheval Blanc » avec lequel il fait de riches prises aux dépends de Chrétienté. Il est une tradition orale à Alger qui colporte la légende suivante.  

 

 

Après une fructueuse campagne, El Hadj Embarek ramène à Alger un somptueux butin. Après le partage, les marins d’El Hadj provoquent de violentes bagarres en ville, violent des femmes et tuent ou blessent plusieurs janissaires. Reconnus coupables, ils risquent la peine capitale ; mais le Raïs El Hadj sauve son équipage en faisant immédiatement route toutes voiles dehors à la recherche d’un gros coup qui lui obtiendrait le pardon du Dey.  

 

 

La chance lui sourit et El Hadj découvre au large des côtes espagnoles un galion, proie facile pour un pirate de son expérience. Mais soudain le galion découvre son artillerie et ouvre le feu sur le chébec d’El Hadj. Et c’est El Hadj et son équipage qui sont faits prisonniers. Les Espagnols, fous de joie, font ripaille pour fêter cette victoire et sombrent bientôt dans un profond sommeil éthylique. L’astucieux El Hadj en profite pour reprendre le commandement du galion et le ramène à Alger où le Dey, en reconnaissance, lui accorde le pardon général.




Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman

18012018

 

 

 

 

 

Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman dans Archéologie 1513493897-p1000254-palais-omeyyade-citadelle-amman

Le palais des Omeyades vraisemblablement érigé vers 720 est le monument le plus impressionnant de la citadelle d’Amman. C’est un bel exemple de l’architecture omeyyade.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir établi leur capitale à Damas, les Omeyyades prennent la citadelle d’Amman pour résidence des gouverneurs. La terrasse supérieure est restructurée et divisée en trois zones entourées de murs, dominées au centre par la salle des audiences, qui sert aussi de porte monumentale. Selon les archéologues, cet emplacement correspondrait à l’entrée vestibule d’un ancien édifice romain qui continuera d’être utilisé pendant la première période byzantine et sera reconstruit par les Omeyyades.  

 

 

 

 

la porte monumentale, presque carrée (24.50 m sur 26.10 m), est construite selon un plan cruciforme ; elle est surmontée d’un dôme central, et chaque bras de la croix est recouvert de coupoles en cul-de-four. Une porte s’ouvre sur chacun des côtés nord et sud. Les deux bancs qui flanquent la porte sud étaient probablement destinés aux gardes. 

 

 

L’intérieur est organisé autour d’un carré central de 10.30 m de côté d’où partent les quatre bras de la croix. Chacun des quatre angles du bâtiment forme une pièce : celle du sud-ouest possède un escalier qui conduit au toit ; celle du nord-est renferme une volée de marches conduisant à la porte nord. Ce passage mène aux bains et à la citerne. 

 

 

 

La décoration intérieure de la salle des audiences, sculptée dans la pierre, est absolument remarquable. Les décors sont ordonnés en plusieurs registres : du sol jusqu’à une hauteur de 1.60 m, deux couches de gros blocs de pierre de taille qui sont probablement des réemplois de constructions romaines. Une corniche moulée sépare cet appareillage inférieur d’une rangée de niches aveugles, chacune encadrée par deux petites colonnes engagées supportant un arc dentelé. Au-dessus d’une autre corniche, on retrouve un second étage de niches aveugles, plus grandes celles-ci. Ces niches, bordées elles aussi de colonnes miniatures, sont ornées de médaillons avec des palmettes ou des rosettes. Une troisième rangées de niches aveugles, plus petites, reprend le même décor jusqu’en haut du mur. Une frise merlée couronne la façade. Une canalisation couverte traverse toute la salle sur un axe sud-nord. Une autre canalisation couverte part de l’enceinte sur pour déboucher dans une citerne circulaire. Des gouttières ménagées sur le côté est du mur recueillent l’eau de pluie, qui est récupérée dans le réservoir circulaire. 

 

 

Au début du XIXe siècle, des voyageurs avaient identifié dans le monument « le tombeau d’Urie », du fait qu’il est raconté dans la Bible comment Urie le Hittite trouva la mort devant les murs de Rabbath Ammon (cf. ‘Amman, la résidence des gouverneurs’). D’après des recherches récentes, il s’agit simplement de la porte monumentale qui permettait d’accéder aux bâtiments de la seconde enceinte. S’il est certain que certaines parties de l’édifice sont d’origine romaine –en particulier la cour pavée et le mur d’enceinte, avec sa décoration de niches- l’étude du monument montre que ces vestiges ont été remaniés par les Omeyyades pour aménager la salle des audiences, comme dans le Dar al-lmara d’Abou Mouslim al-Khorasani, à Merv.  De même, l’ancienne interprétation donnant le monument pour une église byzantine est considérée comme caduque en raison des caractéristiques clairement persanes du décor : les palmettes, les rosettes et les dentelures sont très similaires aux décors en stuc des constructions sassanides. Toutefois, les influences irano-sassanides indubitables pourraient aussi bien s’expliquer par l’intervention courante d’artisans irakiens en Jordanie après la conquête islamique. Ces problèmes d’interprétation doivent surtout tenir compte de l’existence dans la région d’un certain nombre de monuments similaires : la porte du palais omeyyade de Khirbat Al-Minyeh, sur le lac de Tibériade, la salle des audiences d’al-Mouchatta, au sud d’Amman, ou encore celle de Khirbat Al-Mafjar, près de Jéricho.  

 

 

 

 

 

 

1513493682-citadelmap dans Archéologie 

 

 

 

 

 

 

 

Le palais d’Amman, plus communément nommé ‘palais d’Hicham’, a été attribué à tort à Hicham Ibn Abd al-Malik (105/724 – 125/743), qui, par contre, a fait édifier la célèbre salle des audiences de Rousafa, en Syrie, sur le modèle de celle d’Amman. C’est toutefois sous son règne qu’on doit faire remonter la construction du palais. 

 

 

 

 

Les bains, à l’est de la salle des audiences, ont été fouillés et restaurés récemment. Cet ensemble comporte un vestiaire équipé de bancs, un tepidarium avec des bassins d’eau et un caldarium avec sa chaufferie (cf. ‘Qousayr Amra’). 

 

 

 

La citerne est un réservoir circulaire situé à l’est de la salle des audiences et au sud de l’enceinte romaine. Elle mesure 16 m de diamètre et au moins 5 m de profondeur. Le mur de retenue, de 2 m d’épaisseur, est maçonné avec de solides blocs de pierre et renforcé par des fûts de colonnes. Les deux canalisations couvertes qui alimentent la citerne recueillent l’eau des gouttières du toit de la salle des audiences, à l’ouest, et de celles de l’enceinte romaine, au nord. La seconde canalisation passe par un puits carré qui faisait probablement fonction de filtre. On peut donc imaginer que le réservoir est d’origine romaine, que les Byzantins ont à leur tour utilisé le dispositif romain, le tout étant finalement réaménagé par les Omeyyades. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, pour construire leur citerne, les Omeyyades ont dû détruire un quartier résidentiel byzantin au centre duquel on a retrouvé un pressoir à olives.  

 

 

 

Il a fallu des recherches patientes et systématiques pour identifier la localisation de la mosquée de la résidence des gouverneurs omeyyades sur la terrasse supérieure. Un travail qui a trouvé sa récompense en 1997. Le monument a été érigé sur un terre-plein artificiel au sud-est de la salle des audiences. Venant de la cour inférieure, devant la salle des audiences, on y pénètre par un escalier monumental qui conduit à un portique à six colonnes. La façade nord de la mosquée était décorée d’arcs-boutants et d’une frise de petites niches aveugles ou ouvertes. Il y avait une porte dans le mur nord et une autre du côté sud. Il est possible qu’une troisième porte ait été ménagée spécialement pour l’imam dans le mur est, non loin de la niche de prières. 

 

 

La salle de prière est trapézoïdale ; elle mesure 34.10 m d’est en ouest et 33.67 m du nord au sud. Son sol était revêtu d’un fin pavage irrégulier recouvert d’une couche de plâtre à la chaux. Les murs intérieurs étaient probablement recouverts d’un enduit, comme de petits fragments résiduels près du mihrab le laissent supposer. Cette niche, qui prend place dans le long mur sud de la salle de prière, mesure 2.93 m de large sur une profondeur de 1.52 m. A l’origine, deux petits pilastres décoraient l’entrée à l’intérieur de la niche. La salle de prière comporte quatre nefs de six colonnes parallèles au mur de la qibla. Il y a enfin une cour à péristyle laquelle a été retrouvée une citerne souterraine. 

 

 

 

Sur les côtés est et ouest de la grande cour, donnant sur la porte monumentale et la mosquée, une enfilade de onze petites pièces servaient de boutiques. Au centre de la cour, un réservoir circulaire était alimente en eau de pluie par des rigoles dont l’une partait de la mosquée. Après les destructions massives causées par le tremblement de terre catastrophique de 131/749, les boutiques furent transformées en logements. 

 

Face à l’entrée nord de la monumentale, une rue à colonnades conduit vers le nord à la porte d’enceinte. La base carrée et le premier tambour des colonnes sont sculptés en un seul bloc. Il a été retrouvé sur l’un de ces socles une croix byzantine : un indice qui permet de dire avec certitude qu’on a utilisé des matériaux de récupération. L’imposte encore visible sur la façade sud de la porte d’entrée montre que les colonnades étaient reliées par des arches. Sur les côtés est et ouest de la rue, les deux passages couverts donnaient sur des logements. Derrière, côté est, se succédaient trois cours fermées par des portiques à colonnes du même type que celle de la rue. Quatre pièces s’ouvreraient généralement sur chaque cour, et certaines disposaient d’un escalier pour gagner les terrasses ou l’étage. Dans l’une des cours, à l’ouest de la rue, on a retrouvé le squelette d’un chameau, possible victime du tremblement de terre de 131/749. 

 

 

 

La porte nord de la rue conduit à la résidence princière. On accède à ce palais par un vestibule qui était recouvert d’une voûte en berceau. Le sol en est pavé de cailloux –probablement les restes de la sole d’une mosaïque disparue. L’entrée du vestibule était décorée de colonnes engagées habillées de stucs. 

 

 

 

 

Entrant par le vestibule, le visiteur pénètre dans la salle du Trône, grande pièce cruciforme recouverte autrefois d’un dôme. D’après les fragments de pierre sculptée retrouvés dans les ruines, il semble que la technique de construction utilisée pour cette salle soit exactement la même que celle de la porte monumentale. Sur le côté sud de la salle, une petite pièce rectangulaire était ornée de mosaïques et servait probablement de toilettes. Une porte conduit de la salle du trône à un portique, orienté au nord, qui surplombe la ville et regarde vers le Djebel al-Hussein. De ce côté de la citadelle, on peut voir encore les vestiges massifs de fortifications datant de l’âge du fer et de l’époque romaine. Ils ont encore plusieurs mètres de haut. Sous l’enceinte romaine, une citerne a été creusée à même la roche.  

 

 

 

La salle du Trône est flanquée de deux séries de quatre pièces : dans celles du côté est étaient probablement aménagés les appartements du prince, originellement décorés de stuc. Dans l’un des murs, on peut encore voir un bloc de pierre de réemploi qui porte une inscription grecque dédiée à un empereur romain et qui fait allusion à la Philadelphie de Coele (Syrie). L’inscription date du IIe siècle et provient certainement d’un temple. Les quatre pièces de l’ouest faisaient fonction de réserves et de cuisines pour les appartements. 

 

 

 

Par sa similitude au Dal al-Imara de Koufa, il est à peu près certain que l’ensemble servit de résidence au gouverneur d’Amman pendant toute la période omeyyade. 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Drapeau du Beylik de l’Est (bâylik Qasentina)

16012018

 

 

 

 

 

Drapeau du Beylik de l'Est (bâylik Qasentina) dans Attributs d'Algérienneté 1515751073-draprau-constantine-recadre

Drapeau provenant de la Brèche de Constantine 13/10/1837 

Datation : XIXe siècle, premier tiers

Matériaux : Etamine en laine rouge et blanche. Cravate en broderies de soie multicolore sur laine blanche. Hampe en bois et laiton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un contexte de crise diplomatique entre la France et l’Algérie, suite à une dette française impayée, Alger est prise en juillet 1830. La guerre sainte est proclamée contre les français en 1832. Après l’échec du siège de Constantine en 1836, Louis-Philippe décide l’année suivante d’une nouvelle expédition. Le siège commence le 9 octobre. Dès le lendemain, malgré la résistance d’Ahmed bey, dernier bey (chef) de Constantine, une brèche est ouverte dans le rempart de la ville.

 

 

 

 

Ce drapeau a été conquis par le capitaine Le Flo, du 2e régiment d’infanterie légère, sur la brèche de Constantine lors de l’assaut du 13 octobre 1837. L’emblème rouge est orné du sabre à deux lames du prophète figurant sur le sceau du bey Ahmed de Constantine. Ce sabre bifide, symbole de la guerre sainte et insigne des plus vénérés dans l’Islam, est la représentation de l’un des neuf sabres détenus par le prophète Mahomet. Le plus connu d’entre ceux-ci est Dul-Fikar, que le prophète remis à son gendre Ali, quatrième calife de l’Islam.

 

 

Ce trophée fut apporté par ordre du général Valée, commandant l’attaque de la cité, au colonel de Lamoricière. Alors à la tête d’une colonne d’avant-garde, il fut le premier officier à gravir la brèche de Constantine. Celui-ci venait d’être évacué, grièvement blessé par l’explosion d’une mine alors qu’il pénétrait dans la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Jules Rouanet

14012018

(1858-1944)

 

 

 

 

 

Musicologue spécialiste de la musique algérienne.

Durant la première partie de sa vie, Rouanet se passionne pour la musique. En 1898, nanti d’une bourse universitaire, il s’établit à Alger.

Guidé par Edmond Nathan Yafil qui lui sert d’interprète, il découvre le répertoire des suites musicales maghrébines ou noubas dont il entreprend, à partir de 1904 et avec la collaboration de Mohamed Sfinja, Cheikh Larbi ben Sari et du jeune Omar Bekhchi, la collecte et l’étude (Répertoire de musique arabe et maure*, Alger, 1905).  

 

  

 

 

Jules Rouanet  dans Musique 1513328517-yafil-photo

 Edmond Nathan Yafil

 

 

 

 

Rouanet est le premier musicologue à utiliser l’expression de « musique andalouse » pour désigner ce répertoire et le premier à réaliser une études comparative des noubas marocaines, algériennes et tunisiennes.

 

 

En 1905, il est nommé directeur de l’École de musique du Petit Athénée d’Alger. La même année il participe à Alger au XIVe Congrès des orientalistes. Il entreprend ensuite un long voyage en Égypte et à Jérusalem.

 

 

 
 

 

Entre 1905 et 1927, Rouanet publie avec Edmond Nathan Yafil une série de cahiers (vingt-sept en tout) intitulée Répertoire de musique arabe et maure comprenant des transcriptions de noubas en notation occidentale. En 1911, il devient collaborateur de La dépêche algérienne.  

 

 

 

 

A partir de 1927, probablement à la suite d’un différend avec Edmond Nathan Yafil, Rouanet abandonne toute activité musicale et se consacre entièrement au syndicalisme et à la défense de l’Algérie (l’Algérie vivera. Réponse aux « Notes d’un ancien Gouverneur Général », Alger, 1931). Il devient plus tard rédacteur en chef de Travaux Nord Africains.  

On perd définitivement sa trace à partir de 1942.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: des parties de ce répertoire

 

 

no. 2. Bane cheraff   

no. 4. Li habiboun ked samah li

no. 5. Touchiat remel

no .6. Kadriat senâa

no. 7. Ya racha el fitane

no. 8. Kadriat sênaa (2e)

no. 9. Tchenebar neklabat

no. 10. Mahma lekhter fel moudelel

no. 11. Touchiat ghribt h’assine

no. 13. Tchenebar sika

no. 14. Djar el haoua ouh’rek

no. 16. El ked el ladi sabani

no. 17. Touchiat ghrib

no. 18. Zendani (2e)

no. 19. Touchiat maïa

no. 20. Ghouzili sekkour nabet

no. 22. Touchiat sika

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Cherchem

12012018

 

 

 

 

 

Le Cherchem dans Attributs d'Algérienneté

©Ici 

 

 

 

 

 

 

 

Le blé entre dans une préparation qui se mange un peu partout le troisième jour d’Ennayer : c’est le cherchem (شرشم).

 

Pour le préparer, les femmes placent, dans de l’eau et pendant plusieurs jours, du blé, des fèves, des pois chiches. Quand ces graines ont gonflé, on les fait cuire dans de l’eau légèrement salée. Le cherchem se mange sans cuiller, avec les doigts. Si le grain a beaucoup augmenté de volume dans l’eau, l’année sera bonne.

 

 

 

On dit ici :

 

 

كل الشرشم لا تحشم * رب عالم ما دسينا شي

قم تسلف لا تتوهرف * قاع الحلّة ما فيها شي

 

 

« Mange du cherchem sans honte * Dieu sait bien que nous n’avons pas caché (de mets plus présentables). 

 

Va emprunter et ne trompe pas le monde * Dans le campement tout entier, il n’y a pas autre chose ». 

 

 

  

 

 

 

Autrefois, disent les cultivateurs , comme on allait labourer à d’assez grandes distances, les travailleurs n’emportaient pas de vivres ; ils se nourrissaient d’une partie des semences cuites à l’eau : blé, fèves, pois.

Si alors, un des laboureurs venait à mourir, il avait, en quelque sorte, mangé de la prochaine récolte à laquelle lui donnait droit son travail. 

 

 

Un autre mets de préparation tout aussi simple et qui se mangeait beaucoup pour l’Ennayer est la guelia (قليعة). On pile de l’orge préalablement grillée et on humecte d’un peu d’eau la farine obtenue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45