La guerre froide: Un instrument utilisé par l’Etats -Unis

19022018

pour dominer le monde capitaliste et le Tiers-Monde

 

 

 

 

 

 

 

La guerre froide: Un instrument utilisé par l'Etats -Unis  dans Histoire 1514646078-guerre-froide

 

 

 

 

 

La guerre froide a été l’instrumentalisation de la menace soviétique par les Etats-Unis, centre du système, pour contraindre les pays du Tiers-Monde à entrer dans le système, et les alliés capitalistes à se maintenir dans une position subordonnée. La ligne de partage Est/Ouest a donc finalement moins d’importance que les relations centre/périphérique (ce qu’en termes politiques on peut appeler le Nord/Sud), et que les relations entre pôles à l’intérieur du Centre (les relations Ouest/Ouest). Immanuel Wallerstein, figure la plus importante de ce type d’approche, voit dans Yalta un modus vivendi des Etats-Unis avec le seul pouvoir militaro-politique qui échappait à leur emprise, dans la prétendue menace communiste une justification pour réduire les velléités gauchistes aux Etats-Unis et dans le monde, dans le monde communiste une réserve d’espace pendant que les Etats-Unis s’efforçaient d’intégrer le reste du monde au système. Par la guerre froide, les Etats-Unis, puissance hégémonique, combattaient toutes les forces antisystémiques, soutenues de façon discontinue par l’Union soviétique, qui s’opposaient au triomphe de l’ordre économique sous hégémonie américaine. Ils favorisaient l’intégration dans le système-monde capitaliste et, parce qu’ils étaient l’Etat le plus puissant, ils prétendaient gérer la contradiction fondamentale entre les impératifs internationalistes du capitalisme et les instincts autarciques du système d’Etats-Nations. La prospérité des années 1945-73 fut le produit de cette hégémonie : système de Bretton Woods, marché commun ouest-européen, système régional de croissance d’Asie oriental…..

 

 

 

Prenons l’exemple de l’intérêt croissant des Etats-Unis pour l’Asie du Sud-Est dans les années 1947-50. Le souci de réserver une région vitale (pour ses communications et ses matières premières) au redressement de l’Europe occidentale et du Japon, une région qui procurait des dollars aux métropoles exsangues, et donc permettait de mettre en place l’ordre multilatéral du capitalisme libéral que souhaitaient les Etats-Unis, a été conforté par la logique de guerre froide (crainte de l’effet domino, nécessité de soulager les alliés européens du fardeau des guerres coloniales pour qu’ils puissent se concentrer sur le danger soviétique en Europe, nécessité aussi du redressement ouest-européen et japonais pour préserver une corrélation mondiale des forces favorables face à l’URSS, acceptation dans l’urgence du protectionnisme colonial, du despotisme et du colonialisme, volonté de compenser, aussi pour des raisons de politique intérieure, la perte de la Chine…). La Corée par exemple était importante en 1950 moins par rapport à l’Union soviétique que par rapport au Japon. S’est mis en place en effet un système organisé par les Etats-Unis et centré sur le Japon, qui a permis à celui-ci de retrouver son rôle dans la division régionale du travail qu’il avait instaurée durant la période coloniale, et qui a permis à un pays comme la Corée du Sud de poursuivre une industrialisation entamée sous occupation japonaise. La différence est que Washington après 1950 a poussé Tokyo à interrompre ses relations commerciales avec la Chine communiste, et à orienter ses exportations vers un marché américain qui multipliait les privilèges (ouverture sans réciprocité, yen sous-évalué) pour le Japon. D’où l’extraordinaire prospérité régionale. 

 

 

 

 

Autre exemple : le Moyen-Orient. Certes l’intérêt précoce que les Etats-Unis ont eu pour cette région est fortement lié à la nécessité d’avoir des bases aériennes sûres pour lancer des offensives aériennes en cas de guerre contre l’URSS. Certes aussi, les conseillers les plus influents de la présidence étaient obsédés par le rapport de force idéologique et politique avec l’URSS, et ont crée un « Empire de l’anticommunisme » en voulant se défendre d’agissements soviétiques perçus avec exagération. Cependant, l’intérêt porté à la région concernait surtout le pétrole. Les buts étaient de contrôler les espaces majeurs de production, d’en priver d’accès l’URSS, enfin d’assurer l’approvisionnement de l’Europe occidentale et du Japon, à la fois pour permettre la reconstruction de leur économie et pour éviter que ces régions deviennent dépendantes énergétiquement de l’URSS. 

La doctrine Truman en 1947 servait donc aux Etats-Unis à fonder leur intervention pour le maintien de la stabilité et de la sécurité du Moyen-Orient sur une argumentation politique, la défense du monde libre contre le communisme. 

 

 

 

Dans une optique similaire, la Seconde Guerre froide à partir du milieu des années 1970 a pu être interprétée comme une guerre contre le Sud qui avait osé se rebeller contre l’ordre capitaliste américain : il fallait punir le Sud, que Washington ne cherchait plus désormais à séduire, en maniant l’idée d’une menace soviétique à la périphérie.Pour cela, il fallait détruire l’alternative que constituaient l’OPEP et les projets de Nouvel Ordre Economique International (échec de la conférence de Cancun en 1982), lutter contre la dépendance que le Sud faisait peser sur le Nord pour les matières premières (produits et énergies de substitution, régions de substitution grâce à la ceinture minière blanche Afrique du Sud, Australie, Canada, Scandinavie), étouffer le Tiers-Monde par une politique hypermonétariste et des taux d’intérêts très élevés (la crise de la dette, qui a permis de réaligner nombre d’Etats latino-américains sur les Etats-Unis, éclate en 1982), mener une guerre idéologique contre les néo-marxistes et délégitimer internationalement les élites populistes prônant un développement autocentré, recoloniser grâce aux organisations monétaires et financières internationales et les politiques d’ajustement structurel.

Les coups de boutoir assénés au système onusien, notamment par l’Heritage Foundation, avaient moins pour but de « démarxiser » le Sud (sa vulgate néo-marxiste était bien loin de l’orthodoxie soviétique, et Moscou avait pris ses distances, notamment vis-à-vis de la CNUCED) que de le « détiersmondiser »: d’où, les attaques contre la nation même de Tiers-Monde au début des années 1980. Certaines interprétations de la seconde guerre froide avancent ainsi que le passage pour les Etats-Unis de l’affrontement Ouest/Est à l’affrontement Nord/sud date de 1979_83, en Méditerranée et au Moyen-Orient : déploiements militaires et plans de guerre pour le golfe arabo-persique, réalignement de la Turquie sur l’OTAN par le coup d’Etat militaire de 1980, attaque contre la Libye en 1983, présence des soldats américains au Liban, efforts de Washington pour convaincre les alliés européens que l’OTAN doit envisager des opérations hors-zone (vers le Sud et non plus l’Est) et pour amener l’Espagne dans l’OTAN…..L’exagération de la menace soviétique aurait servi aussi à réaffirmer la domination américaine sur le camp occidental, car l’Europe occidentale maintenait une détente avec l’Est, cherchait des accommodements avec le Sud pour atténuer la crise énergétique, et menait une politique de plus en plus indépendante vis-à-vis du Sud (monde Arabe, Amérique centrale). 

 

 

 

 

Guerre contre le Sud pour réintégrer dans le système, et réalignement politico-stratégique des alliés, le tout légitimé par le retour à la guerre froide, ont été les moyens de masquer le déclin de l’hégémonie américaine sur le système. 

Les Etats-Unis ont mené deux stratégies successives pour masquer ce déclin. La première stratégie, sous Nixon et Carter, fut la rhétorique du repli, associée au concept de trilatéralisme, qui n’était en fait qu’un moyen de réassurer le leadership en faisant partager aux alliés le fardeau de la défense du monde libre. La détente est donc une conséquence du déclin de l’hégémonie américaine. La seconde stratégie, menée par Reagan et Bush fut au contraire l’emphase rhétorique, le keynésianisme militaire, et le défi international, appuyés sur le court cycle de croissance des années 1980. Subordination des alliés européens dans une guerre contre le Sud, réaffirmation de la puissance américaine pour contrer l’idéologie du déclin. 

 

 

 

La fin de la guerre froide n’a donc été que la subordination d’une autre partie du Nord (l’URSS) aux projets des Etats-Unis contre le Sud, plus que la mise en exploitation d’une nouvelle périphérie, malgré certains appétits, pétroliers notamment. Un des éléments de la guerre froide prend fin en 1990 (l’affrontement avec l’URSS), mais demeurent les deux autres composantes ; la volonté américaine de subordination des autres puissances capitalistes et l’effort d’intégration des économies périphériques à l’ordre capitaliste américain.

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Division des groupes en tribus – 3ème partie –

17022018

 

 

 

 

 

III - Différences dues à des causes politiques

 

 

 

 

 

 

Il reste à parler d’un troisième ordre de rapports qui, sans se rattacher directement à la position que les tribus occupent sur le sol, n’en tiennent pas moins une place importante dans la physiologie sociale de l’Algérie. Ces rapports sont ceux qui puisent leur source dans les croyances ou dans les préjugés populaires ; ils déterminent quatre catégories nouvelles, savoir:

a) Les tribus religieuses et les tribus laïques;

b) Les tribus nobles;

c) Les tribus serves

 

 

 

 

 

Tribus religieuses et tribus laïque

 

Les tribus religieuses se composent de marabouts.

Cependant il ne faut pas croire que chacun des membres de ces communautés saintes ait obtenu par ses mérites personnels la mission divine dont ce titre les investit. Les tribus de marabouts sont formées en général des diverses branches d’une même famille, dont le chef originel acquit de son vivant une réputation de sainteté, fondée le plus souvent sur des actes de bienfaisance et consacrée par de prétendus miracles. Cette croyance superstitieuse, en se combinant avec le préjugé de la naissance, transmet à toute la postérité du saint personnage le respect dont il était entouré.

C’est cette transmission héréditaire qui a rendu le nombre des marabouts si considérable en Algérie; et il est juste de dire que beaucoup d’entre eux s’inquiètent peu de justifier le brevet de sainteté qu’ilsdoivent à la naissance: aussi l’étendue de leur influence est-elle très-variable.

 

Cependant toutes les tribus ont une famille de marabouts, dont elles reconnaissent la suzeraineté ecclésiastique. Le signe de cette dépendance est l’acquittement de la zekkat ou impôt religieux, destiné au soulagement des pauvres.

 

Lorsque les tribus de marabout sont un peu considérables, il existe toujours, sur le territoire qu’elles occupent, un petit édifice surmonté d’une coupole, blanchi à la chaux, entretenu avec soin : c’est le tombeau du saint personnage, ancêtre et fondateur de la tribu. Cette tribu porte le nom du marabout dont il renferme la dépouille, nom qui est toujours précédé de la qualification respectueuse de sidi (monseigneur); c’est pour toutes les populations du ressort ecclésiastique un lieu de pèlerinage et de dévotion.

Souvent à côté du marabout-mosquée s’élève la zaouia, autre établissement qui forme le lien entre la tente et la mosquée. C’est là que, sous les auspices de la religion, les enfants du voisinage viennent apprendre à lire; ils ont pour maître des taleb ou hommes lettrés, entretenus aux frais de la mosquée, sur le produit de la zekkat. C’est là que siége le kadi, dont la juridiction en matière civile s’étend à toutes les tribus du ressort ecclésiastique. Souvent aussi la zaouia est habitée par des uléma ou docteurs, que les kadis eux-mêmes consultent sur les cas difficiles.

Le voyageur qui se présente à la zaouia y trouve la nourriture et le gîte; le pauvre y reçoit des vêtements et du pain. C’est encore le budjet de la zekkat ciui pourvoit à celte double dépense.

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La tribu religieuse renferme donc en elle la plupart des établissements nécessaires à la vie sociale : la paroisse et le clocher, l’école et le tribunal, le bureau de bienfaisance et l’hôtellerie, mais l’hôtellerie gratuite pour le voyageur et le pauvre : le point central autour duquel ces divers établissements se groupent est la tombe d’un homme de bien.

Les tribus religieuses se reconnaissent facilement à leur nom, presque toujours; précédé de ces deux mots : Ouled-Sidi (les fils de monseigneur); le mot qui suit est le nom du marabout fondateur de la tribu. Dans la province de Constantine où l’influente politique des marabouts est presque nulle, on emploie, pour les désigner, une formule moins obséquieuse; on dit simplement Ouled-Si (les fils du sieur); quelquefois même le nom de la tribu religieuse ne porte aucun signe qui la distingue des autres, mais cette circonstance est assez rare.

 

Comme les tribus laïques, les tribus religieuses ont leurs colonies. La métropole conserve alors la dépouille mortelle du fondateur. Mais les colonies elles-mêmes élèvent souvent à sa mémoire un petit monument qui présente la même forme, porte le même nom et reçoit la même destination que la mosquée métropolitaine. 

 

 

 

Voici quelques exemples de colonies religieuses:

1° Les Ouled-Sidi-Abmed-Ben Youcef, originaires de Miliana, où leur ancêtre est enterré, ont une colonie dans la Kabylie, sur le bord de la mer, une autre au sud-est de Médéa, une troisième chez les Beni-Amer (province d’Oran);

 

2° Les Ouled-Sidi-Bou-Zid, originaires du Djebel-Amour, au pied duquel leur ancêtre est enterré dans le village qui porte son nom, ont une forte colonie dans le Ziban ( province de Constantine), sous le nom de Bouazid, une autre dans le groupe des Beni-Amer (province d’Oran), sous le nom des Ouled-Sidi-Bou-Zid;

 

3° Les Ouled-Sidi-Aïssa-Cheraga, établis sur le plateau qui porte leur nom, au bord de l’Ouad-el-Djenan, où leur ancêtre est enterré, ont une colonie à l’ouest; les Ouled-Sidi-Aïssa-Gharaba, établis dans la plaine de Souagui, au sud de Boghar.

 

 

 

L’origine générale de ces colonies religieuses mérite d’être signalée. Lorsque deux tribus considérables sont depuis longtemps en guerre, il arrive souvent que les voisins, affligés d’une lutte dont ils souffrent eux-mêmes, invoquent, pour y mettre fin, l’assistance des marabouts. La tribu religieuse à laquelle ils s’adressent commet alors quelques-uns de ses membres pour opérer la réconciliation. Les arbitres s’établissent toujours entre les deux tribus ennemies, sur une zone mitoyenne, laissée inculte et devenue vacante par suite de leurs dissensions. Après la réconciliation , il n’est pas rare de voir les médiateurs, cédant aux instances des deux tribus, former un établissement définitif là où ils étaient venus pour une mission passagère, et donner naissance a une nouvelle tribu qui porte leur nom. C’est de cette manière que la plupart des colonies religieuses se sont formées.

 

 

La trace de cette origine se trouve d’ailleurs dans la position qu’elles occupent généralement. Ainsi, parmi les colonies qui viennent d’être citées, les OuIed-Sidi-Ahmed-ben-Youcef de la Kabylie sont placés entre les Zekhfaoua et les Beni-Ksila, deux tribus qui furent longtemps ennemies; ceux de Médéa, entre les tribus de Titri et celles des Beni-Sliman ; ceux de Beni Amer, entre le groupe des Beni-Amer et le groupe des Ghocel. Enfin, sur tous les points où les traditions locales signalent de longues luttes intestines, on trouve des colonies de marabouts.

 

 

Une des particularités les plus remarquables qui se rattachent à ces colonies religieuses est celle des Cherfa ou chérifs. Les tribus des chérifs se rencontrent partout. Il en existe dans les trois provinces de l’Algérie; c’est un chérif qui occupe le trône du Maroc. La tradition populaire les regarde tous comme issus de la famille du prophète; mais elle leur assigne aussi un berceau commun en Afrique, de sorte que toutes ces tribus de chérifs paraissent être autant de colonies sorties d’une même métropole. Le point de départ de toutes ces émigrations est une oasis marocaine appelée Saguit el-Hamra, située au sud de l’Oued-Noun.

 

 

 

 

 

Tribus nobles et tribus serves.

 

 

La noblesse des tribus, quand elle n’est pas religieuse, a toujours une origine militaire; dans l’Ouest, on désigne les tribus nobles par le titre générique de Djouad; dans l’Est, par celui de Douaouda.

 

On trouve peu d’exemples de noblesse militaire dans l’Ouest, où c’est l’aristocratie religieuse qui domine.

Presque toutes les tribus de Djouad, comme celles de Douaouda, ont à leur service d’autres tribus qui dépendent entièrement d’elles, les suivent partout et subissent ainsi, de génération en génération, l’espèce de servage qui leur a été légué par leurs ancêtres.

 

 

On citera comme exemple de cette dépendance féodale:

Dans la province d’Oran, les Ouled-Iagoub-ez-Zerara, tribu noble, et les Beni-Helal, tribu serve, qui appartiennent à l’Oued-Mzab.

 

Dans la province d’Alger, les Ouled-Chaïb et leurs satellites les Bouaïch et les Mgan; les Ouled-Khelif et leurs satellites les Sahari et les Zenakhra , qui habitent toutes la partie méridionale de Titri.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Croyances Populaires Marocaines autour de la Faune

15022018

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Selon les croyances:

 
 
 
 
- Tous les animaux ont été créés par Dieu. Mais la chauve-souris a été façonnée par Moïse avec la permission de Dieu qui l’anima. Le jour où l’oiseau voulut s’envoler le soleil jura qu’il ne volerait pas pendant le jour, sous peine de devenir aveugle. L’eau jura aussi que jamais elle ne servirait à désaltérer cet oiseau. On croit donc que la chauve-souris, qui sort par les nuits noires pour chercher sa nourriture, ne boit jamais. On croit aussi qu’elle a sous les ailes deux petites mamelles supplémentaires qu’elle tète quand elle a soif.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
- Un certain nombre d’animaux sont des humains métamorphosés en punition d’une faute. 
Animaux qui sont des humains métamorphosés : 
 
 
 
La chouette est une femme qui a trahi Sidi Abdellah Ben Jaffar. Celui-ci, faisant la guerre sainte, s’éprit de la fille du roi infidèle qu’il combattait et l’enleva. Une compagne de la jeune fille, par dépit, indiqua au roi la retraite où elle se cachait. Sidi Abdellah Ben Jaffar demanda à Dieu de changer cette jalouse en chouette pour la punir de sa trahison. 
 
 

 

 

 

Le caméléon a trahi le prophète lui-même. Etant poursuivi par ses ennemis, Sidi Mohammed se cacha dans des rochers et des pigeons firent leur nid au devant de sa cachette. Non loin de là, une bûcheronne ‘Chleuh’ coupait du bois. Lorsque les ennemis du Prophète arrivèrent auprès d’elle, ils lui demandèrent de leur indiquer la route prise par celui qu’ils poursuivaient. 

Elle leur dit : « Que me donnez-vous, si je vous l’indique ?
-Nous t’enrichirons », répondirent-ils. Alors, en tournant les yeux et la bouche, elle leur montra l’endroit où se trouvaient les pigeons. Elle fut aussitôt transformée en caméléon, animal remarquable parce qu’il a les yeux mobiles et la bouche de travers.  
 
 
 
 
La tarente a été ensorcelée dans les mêmes conditions pour avoir trahi Jésus, Sidna Aïssa, protégé par l’araignée. Cette petite bête inoffensive est considérée comme très méchante et très dangereuse. On dit d’elle : 
 
Tbia sem l’hnache (تبيع السّم للحنش)
Elle vend du venin aux serpents
 
 
 
 
 
 
 
La légende du corbeau est très connue. Il y avait une fois deux amis ; l’un d’eux, devant partir en voyage, confia toute sa fortune à l’autre pour qu’il la lui conservât pendant son absence. Au retour, il réclama son bien à son ami. Mais celui-ci jura n’avoir rien reçu. Dieu punit aussitôt l’homme cupide et voleur en le transformant en corbeau et ajouta sa malédiction à cette métamorphose. 
 
 
 
 
 
 
On connaît aussi l’histoire de la cigogne qui était un mauvais Cadi et que Dieu changea en oiseau. Elle porte son selham ou manteau sur ses épaules (ses ailes noires) et le plumage blanc de son ventre et de son dos est la couleur de sa dfina ou tunique. Son cri est le rire du Cadi qui tourmentait les plaideurs, les veuves et les orphelins en enduisant ses escaliers de savon, et qui se moquait d’eux quand ils dégringolaient et se rompaient les os. 

 

 

 

 

L’épervier est une femme gourmande du nom de Hadia (c’est aussi le nom de l’épervier). Celle-ci tissait un tapis avec une autre femme ; à l’heure du repas, elle se leva sous prétexte de le préparer et gloutonnement mangea toute la viande. Quand l’autre réclama sa part, Hadia nia l’évidence et s’écria imprudemment : « Que je sois ensorcelée si je mens. » mais elle avait à peine prononcé cette parole qu’elle fut changée en épervier et se percha sur le métier. 

 

 

 

Le singe et le porc sont des Juifs ensorcelés.

 

 

La vipère était un ange qui gardait la porte du paradis. Corrompue par Satan elle l’y laissa entrer le jour où il fit manger le fruit défendu à Eve et à Adam. En punition Dieu métamorphosa l’ange en vipère. 

 

 

 

Le chat et la souris ont une origine curieuse. Parmi les animaux emportés par Noé dans l’arche, il y avait un couple de porcs. Noé leur recommanda de se tenir immobiles pour que l’arche ne chavirât pas ; mais le porc saillit sa femelle ; Noé le frappa de son bâton.  le porc se mit à grogner et en grognant rejeta la souris. Le lion ayant éternué au même moment, le chat sortit de son nez et se mit à courir auprès de la souris. Alors le chameau, en voyant ce spectacle, éclata de rire et se fendit la lèvre supérieure. 

 

 

Le lézard vert était une nouvelle mariée qui, revenant du bain, toute parée, le henné aux mains, trouva son mari qui la trompait avec sa sœur. Dans sa couleur, elle demanda à Dieu de la métamorphoser en animal pour ne point voir son malheur et fut aussitôt changée en lézard aux belles couleurs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Langage des animaux : on croit qu’autrefois toutes les bêtes parlaient une langue que comprenaient les hommes. Le Prophète est le dernier homme qui ait compris ce langage. Mais les animaux comprennent toujours le langages des humains et prennent part à leur vie. Le chien qui est l’ami de l’homme demande chaque jour à Dieu d’augmenter son bien pour en avoir sa part. Mais le chat, lui, demande d’aveugler sa maîtresse pour pouvoir manger dans le même plat. 

 

 

Comme les hommes et les animaux se comprenaient, il arrivait souvent que les fils d’Adam, ayant besoin d’un conseil, le demandant à leurs animaux familiers. C’est ainsi que le Prophète consulta le corbeau et la Tibibet sur la durée du jeûne qu’il voulait imposer aux musulmans. 

Le corbeau répondit aussitôt : « O Prophète de Dieu, tu feras jeûner les musulmans une année entière. »
Mais le tibibet (petit passereau) intervint en disant : « Un mois suffit, ô Envoyé de Dieu, un mois suffit. »
Comme ils n’étaient pas d’accord le corbeau et la tibibet se mirent à se disputer. Alors le Prophète s’écria : «  Je suivrai l’avis de celui qui me saluera le premier à la prochaine aurore », et il les renvoya. La tibibet se blottit dans une muraille et le corbeau alla passer la nuit sur un arbre. Dès les premières lueurs du jour, la tibibet vint voleter dans la chambre du Prophète en chantant : « Un mois, un tout petit mois suffit. » Le Prophète réveillé par son joli gazouillis l’écouta un instant et quand plus tard vint le corbeau il le renvoya en disant : « Le salut de la tibibet a précédé le tien, et je suis son conseil. Les musulmans jeûneront un mois seulement. »
 
 
La tibibet est un oiseau qui jouit au Maroc d’une véritable vénération. On ne tue jamais une tibibet. Si un de ces jolis oiseaux entre le matin dans la chambre où l’on a dormi, c’est qu’on recevra des hôtes dans la journée. On pense que les tibibet sont des Foqra (pluriel de Faqir) et qu’elles apportent des nouvelles des absents. On les interroge et on interprète leur cri. Les femmes leur préparent toujours un petit repas de pâtes sur le coin du fourneau. Si elles viennent manger dans le plateau pendant qu’on nettoie du grain, on ne les chasse pas et l’on peut voir dans les Souks les marchandes de Châria (petits vermicelles faits à la main) entourées de nombreux oiseaux qui viennent manger à même les plats préparés pour la vente.
 
 

Si la tibibet est l’amie du foyer, par contre on ne doit pas conserver de tourterelles dans les maisons, car elles portent malheur. On ne les laisse vivre que dans les sanctuaires des saints. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Interdiction de tuer certains animaux : de même qu’on ne tue pas les tibibet, on ne doit pas non plus tuer les chatsles chiens et les grenouilles, car on pense que ces animaux peuvent très bien être des génies qui ont pris cette apparence. Si on fait du mal aux chats, aux chiens et aux grenouilles, on est sûr de tomber malade aussitôt. 

 

Cette croyance préserve chiens et chats des mauvais traitements. On croit que les chiens ont soixante-dix-sept âmes. Les gens pieux cependant n’acceptent pas les chiens dans la maison. Il prétendent que si un chien y rentre les anges n’y viennent plus pendant quarante jours. 

 

Le chat a sept âmes. On croit qu’aider une chatte en gésine est un acte de grande piété. On raconte que le Prophète lui-même prêta un jour un coin de son manteau à une chatte qui accoucha sur ses genoux ; pour ne pas la déranger il découpa la partie du manteau sur laquelle elle reposait avec ses petits chatons et déposa le tout délicatement à terre.  Fait du mal à un chat est une faute que l’ange de la mort fait expier cruellement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 - Nécessité de porter secours à certains animaux : cette piété envers les animaux n’est pas rare. Il y a encore à Marrakech, dans la Zaouiat l’Hadar, près de la Médersa, un fondouk appelé Fondouk Larnja qui a été haboussé* par un Chérif Moulay-Abdesselem, oncle de Moulay Sliman**, pour qu’on y soignât les oiseaux blessés et en particulier les cigognes.

Les locataires de ce fondouk qui y font leur commerce, sont tenus de recueillir les cigognes infirmes qu’on leur apporte. les dépenses d’entretien des oiseaux blessés ou malades sont couvertes par le loyer de deux boutiques sises au « Talâa » en face des notaires, et de deux autres boutiques situées au marché des teinturiers, qui ont été aussi haboussées à cet effet par un autre homme pieux.  

 

 

 

On ne doit pas non plus tuer les puces. Quand on attrape une puce on doit la rouler entre ses doigts et la jeter au loin, car la puce jouit de la protection du Prophète. Un jour qu’il était profondément endormi, il fut piqué par une puce qui ainsi le réveilla juste à l’heure de la prière. Il fut si heureux de l’opportunité de cette piqûre qu’il promit à la puce qu’elle ne serait jamais ni écrasée ni brûlée. Il lui dit :  

 

 

Celui qui te tuera sera tué,

Celui qui t’écrasera sera écrasé

Et que Dieu te jette entre les mains d’une vieille, parce qu’elle n’aura pas la force de te faire du mal. 

 

 

et il la lâcha.

 

 

 

 

On ne tue pas davantage les abeilles ; tuer une abeille est un crime. C’est qu’au moment de la mort l’âme s’échappe du corps sous la forme d’une abeille et c’est sous cette forme qu’elle revient sur terre visiter les vivants ainsi. On ne sait donc jamais si on a affaire à une véritable abeille ou à une âme s’envolant sous cette apparence. Quand on trouve une abeille transie de froid et ne pouvant voler, on doit la réchauffer d’abord ; ensuite on la dépose délicatement dans la corolle d’une fleur. 

 

 

 

 

Le serpent jouit aussi d’une sorte de protection. On dit qu’il est le voisin, le protecteur de la maison, car il peut bien n’être qu’une apparence sous laquelle le génie protecteur du foyer se montre aux humains. on ne doit pas le tuer. On lui apporte même à manger près de son trou. Cependant, chez les Juifs, si on en voit un le vendredi, on dit qu’il sort pour tuer ou être tué et ce jour-là seulement on le poursuit car il est aussi de mauvais augure. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

*: De « Habous » biens appartenant à une communauté religieuse.

 

** : Moulay Slimane (1760 – 1822) : sultan du Maroc (dynastie Alaouite) de 1792 à l’année de sa mort.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  
 
 

 
 

 

 

 

 

  

 

 

 

  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Division des groupes en tribus – 2ème partie –

13022018

 

 

 

 

 

II - Différences dues à des causes physiques et politiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Indépendamment du phénomène des migrations périodiques qui résulte exclusivement de la nature du climat et du sol, et forme le caractère principal de l’Algérie, cette contrée offre un grand nombre d’exemples d’autres migrations dues à des causes en partie physiques et en partie politiques, et qui ont donné lieu à des établissements permanents. 

 

Quelquefois l’origine de ces déplacements de tribus ne se révèle par aucun indice extérieur, la tradition seule en conserve le souvenir; mais souvent aussi elle se manifeste par un signe facile à reconnaître, l’identité des noms.

Il se rencontre fréquemment des tribus de même nom séparées par de grandes distances. Ces tribus reconnaissent presque toujours une origine commune ; une d’elles est la métropole, les autres sont des colonies.

Quoiqu’il existe des déplacements de ce genre sur toute la surface de l’Algérie, cependant ils se produisent plus fréquemment dans l’est que dans l’ouest.

La formation de ces colonies remonte à des époques plus ou moins éloignées; elle est due à des circonstances de natures diverses.

Les unes se sont établies librement sans l’intervention du pouvoir supérieur, souvent même sur des portions du territoire qui échappaient à son action;

Les autres, au contraire, ont été fondées par le gouvernement turc eh vile d’un intérêt administratif ou politique.

 

Il y a donc lieu de reconnaître deux classes de colonies, savoir:

a) Les colonies libres,
b) Les colonies administratives.

 

 

 

 

 

Colonies libres.

 

Les colonies libres conservent presque toujours, avec le nom de la tribu métropole, la trace de leur origine; mais la cause qui a déterminé quelques familles à s’éloigner du sol natal n’est pas toujours facile à retrouver.

Tantôt c’est la discorde, tantôt c’est la misère; il y a d’autres causes encore.

Cest en général la misère qui transporte quelques parties de tribus des pentes abruptes et rocheuses de la montagne soit dans les riches vallées du Tell, soit dans les oasis du Sahara.

 

Les exemples de colonies libres formées dans ces diverses circonstances sont nombreux.

Dans la province de Constantine, presque toutes les tribus qui habitent la partie du massif méditerranéen voisine de la mer ont des colonies dans la partie supérieure des vallées. Ces colonies doivent leur formation à de pauvres gens qui, ne trouvant pas d’ouvrage dans les montagnes, émigrèrent à diverses époques, et allèrent dans les plaines louer leurs bras aux tribus riches qui les habitaient. Amassés avec économie, les faibles produits de ce travail leur permirent de devenir propriétaires; ils appelèrent alors autour d’eux toutes les émigrations du pays natal, et fondèrent, sous le nom patronymique de la métropole, de nouvelles tribus.

C’est ainsi que les Ouled-Aïssa, qui habitent le cap Seba-Rous au pied du Djebel-Goufi,ont une colonie dans la vallée de l’Oued-el-Guebli (rivière de Kollo).

 

C’est ainsi que les Ouled-Atia, situés aussi au cap Seba-Rous, ont une colonie considérable sur la route de Philippeville à Constantine dans la vallée supérieure du Safsaf, une autre sur l’Oued-Ziad, et une troisième à Aïn Morkha ; ces deux dernières sont contiguës au lac Fzara, près de Bone.

 

Le cercle de Guelma est lui-même une agglomération de tribus-colonies, venues, les unes du nord, les autres du sud; les unes des environs de Djidjeli, dans le massif méditerranéen ; les autres des pentes de l’Aurès, dans le massif intérieur. Aussi les noms des principales tribus de ces deux contrées se retrouvent-ils dans le cercle de Guelma: tels sont, pour l’Aurès, les Beni-Oudjana, les Achêch, etc.; pour les environs de Djidjelli, les Beni-Foughal, les Beni-Kaïd, les Beni-Ahmed, les Beni-Hacen, etc.

 

On doit ranger encore dans la classe des colonies libres, quoique son installation ait été favorisée par les Turcs, la riche tribu des Harakta, établie sur le plateau qui renferme les sources de la Seybouse. Cette tribu tire son origine des Harakta du Mâder, situées à l’Est, au pied des versants septentrionaux du massif intérieur. Le territoire occupé en ce moment par la tribu-colonie appartenait antérieurement à trois tribus, les Ouled-Daoud, les Ouled-Ali-ben-Yahia et les Ouled-Mtalla. Les deux premières sont demeurées comme tribus annexes des Harakta ; la troisième, qui était la plus considérable, a été dispersée, de sorte que son nom n’existe même plus.

 

Un des déplacements les plus remarquables, autant par l’étendue de la migration que par les circonstances qui l’ont accompagnée, est celui des Arib, dont la métropole occupe, par le 28e degré de latitude, la partie la plus méridionale du Sahara marocain. A une époque qu’il serait difficile de préciser, des dissensions intestines forcèrent une partie de cette tribu de s’éloigner du sol natal. Elle s’avança alors vers le nord-est et vint s’établir sur les confins du Sahara algérien: là de nouvelles contestations avec les tribus voisines déterminèrent un nouveau mouvement vers le nord, et la colonie des Arib arriva ainsi dans le Hodna; puis elle passa dans le massif méditerranéen et vint s’établir, par suite d’un arrangement avec les tribus qu’elle déplaçait, dans la vallée supérieure de l’Oued-Akbou (rivière de Bougie).  

L’occupation française occasionna encore un mouvement dans la tribu des Arib, dont une partie vint s’établir auprès de la Maison-Carrée. C’est ainsi que, par une suite de vicissitudes et de déplacements, la tribu la plus reculée du Sahara marocain se trouve avoir une colonie sur la côte algérienne.

 

 

 

Alger lui-même, le chef-lieu des possessions, est une colonie d’origine kabyle; mais les Beni-Mezghanna, ses fondateurs, ont disparu dans les guerres nombreuses qui ont agité le pays depuis trois siècles; cependant, ils ont laissé leur nom à la montagne qu’ils habitaient dans la partie supérieure du cours de Tisser. La ville avec les îlots qui lui font face, îlots dont le principal forme la tête de la jetée Khaïr-ed-Din , fut appelée Djezaïr Beni-Mezghanna (les îles des Beni-Mezghanna), et par abréviation, El Djezaïr. Plus tard, ce nom fut altéré; les indigènes n’en conservèrent que la dernière partie et appelèrent la capitale barbaresque Dzaïr; les Européens, au contraire, conservèrent les premières syllabes et l’appelèrent Alger, de sorte que l’ensemble des deux noms, AlgerDzaïr, donnés aujourd’hui à la cité mauresque par les deux populations qui l’habitent, reconstitue le nom primitif Eldje-zaïr.

 

 

 

La province d’Oran présente en général moins de traces de déplacements que les deux autres.

Cependant on en retrouve encore quelques-unes: ainsi les Hameïan, établis près d’Arzeu, sont une colonie des Hameïan, situés au pied des versants septentrionaux du massif intérieur. Les Beni-Matar, établis sur le territoire des Douair, viennent des Angad. La tribu d’El-Arouat, qui fait partie du groupe des Beni-Amer, est une colonie d’EI-Aroual dans le Sahara. La tribu des Sahari, établie entre l’Hilhil et la Mina , est encore une colonie venue originairement du Djebel-Sahari. La tribu Angad du Tell reconnaît comme métropole la tribu Angad du Sahara. Les Ouled-Atia et les Beni Mengouch-Thata, situés à l’extrême frontière de l’Algérie, au point où commence la côte du Maroc, sont deux colonies des Beni-Snacen, tribu du Maroc. Les Cristellia, situés sur la côte entre Oran et Arzeu, et Betioua, sont des colonies kabyles venues du Maroc.

 

 

 

 

 

Colonies administratives.

 

On entend ici par colonies administratives les colonies indigènes fondées par les Turcs pour les besoins de leur gouvernement ou de leur domination. Elles sont de deux sortes:

 

- Civiles,

- Militaires.

 

 

 

 

 

- Colonies administratives civiles.

Les colonies civiles ont pris naissance par suite de concessions faites, sur les terres du domaine, à certaines tribus qui les exploitaient à titre de fermières, moyennant une double redevance en numéraire et en nature. Ce fait se présente principalement dans la province de Constantine; partout ailleurs les colonies administratives avaient un caractère presque exclusivement militaire.

 

 

Voici quelques-unes de ces colonies-fermières enclavées dans le vaste réseau des propriétés domaniales: 

 

Les Amer-Cheraga, au sud-est de Constantine, originaires des Amer-Gharaga de Setif;

Les Drid-Chettaïa, à côté des précédents, 

Les Drid de Somà, un peu à l’est de Constantine,

Les Drid près de Bone, au sud-sud-est,

Les Gherazla, à l’est-nord-est de Constantine, originaires des Gherazla, dans la Medjana;

Les Elma-Sferdjla, près du camp d’El-Harrouch, originaires des Elma de Bazer, au sud de Sétif;

Les Beni-Mestina, situés à quelques lieues au nord de Constantine, originaires des Beni-Mestina, situés dans le groupe de Khachna, à l’est d’Alger.

 

* les 3 Drid sont originaire de Drid-Ouabra du Ziban 

 

 

 

 

 

- Colonies administratives militaires.

 

Les Turcs, privés de l’assistance pécuniaire du gouvernement métropolitain, privés de l’appui qu’ils auraient pu trouver dans une population coloniale turque; réduits à une armée assez faible, qu’ils n’avaient pas d’intérêt à augmenter, parce qu’il fallait la payer, les Turcs avaient dû chercher dans le sol et la population indigène les moyens de faire face aux charges de leur gouvernement et aux besoins de leur domination.

C’est par des colonies militaires, dont ils empruntaient les éléments au pays lui-même, qu’ils avaient pourvu aux diverses nécessités de leur établissement.

Sous des noms différents, ces colonies avaient à peu près la même constitution et concouraient au même but.

C’est par elles que nos devanciers, dans l’impossibilité de concentrer des forces nationales considérables sur tous les points d’occupation, étaient parvenus à disperser leur armée sans l’affaiblir.

 

Suivant leur origine, leur nature, leur rôle spécial, ces colonies s’appelaient Zmala et Zmoul, Daïra et Douaïr, Abid, Mkahlia, Azara ; souvent aussi elles portaient simplement le nom de la tribu qui en avait fourni le noyau. Tels étaient les Sahari, sur l’Hilhil; les Gherazla-Gharaba, à AïnTurk; les Açamnia, à Sétif; les Hachem, à Bordj-Bou-Ariridj.

 

Les Zmala (au pluriel Zmoul), les Daïra(au pluriel Douaïr), étaient formés de familles empruntées à diverses tribus qui venaient s’établir sur des terres appartenant au domaine, soit par droit de confiscation, soit par droit de vacance.

 

Les colonies Abid (nègres) étaient ainsi appelées parce qu’elles étaient composées primitivement de nègres affranchis.

 

Les Mkahlia (fusiliers) avaient en général la même origine que les Daïra et les Zmala ; il en était de même des Azara.

 

Ces tribus administratives réunissaient le caractère agricole et le caractère militaire ; avec la terre et les instruments de travail, le colon recevait des armes et un cheval. Ces divers objets étaient donnés à titre d’avances, que le colon devait rembourser sur les premiers produits de son travail.

Ces colons étaient établis presque toujours autour d’un bordj ou fortin commandé par un kaïd turk, et occupé par une petite garnison lurke. A la voix du kaïd, les colons devaient prendre les armes et marcher.

Attachées à la population par leur origine et leurs habitudes, au gouvernement par les services qu’elles lui rendaient et les priviléges qui leur étaient accordés, ces colonies militaires favorisaient l’action de l’autorité centrale sur toutes les classes de la population. Le garnisaire turk n’était que soldat. Le colon arabe était à la fois paysan et gendarme. I1 est facile d’apprécier les avantages réciproques que le colon et l’État trouvaient dans cette institution.

Le colon recevait la terre et les instruments de travail; il était exempté de la contribution en espèces, représentative du loyer de la terre, et n’était assujetti qu’à la redevance en nature, signe de la dépendance. Il jouissait, pour lui et sa famille, d’une grande sécurité, et acquérait même sur les tribus une certaine influence, inhérente aux fonctions qu’il remplissait. I1 avait encore quelques priviléges accessoires, dont plusieurs se traduisaient en indemnités pécuniaires payées par les tribus.

 

Tels étaient les avantages assurés aux colons. Voici maintenant ceux de l’État:

Moyennant la concession de la terre, qui non-seulement ne lui coûtait rien, mais lui rendait encore la dlme des produits, il disposait d’une gendarmerie nombreuse, mobile, aguerrie, qui maintenait l’ordre sur tous les points du territoire et assurait l’exercice de la justice et la perception de l’impôt.

Outre les colonies formées d’éléments indigènes, il en existait quelquesunes composées de Kouloughlis, nés des alliances contractées par les Turcs dans le pays. Le plus remarquable de ces établissements était celui des Zouatna, fondé sur les deux rives de l’Ouad-ez-Zitoun, au sud-est d’Alger, entre le groupe de Khachna et celui des Beni-Djaad.

 

Ces colonies indigènes étaient établies soit sur les principaux marchés, soit sur les communications importantes. Souvent elles réunissaient à la fois ces deux conditions.

Toute l’organisation de la province d’Alger, sous les Turcs, reposait sur le principe des colonies militaires arabes. Il en existait dans les kaïdats

De Sebaô,

De Bou-Rni,

Des lsser,

De Khachna,

Des Beui-Djaàd,
Des Beni-Sliman,
Du Sebt,
Des Arib;

 

 

 

Dans le beylik de Tilri.
 

Ces colonies étaient toutes établies sur le principal marché de chaque district.
Il existait encore des colonies militaires arabes échelonnées,
 

 

1° Sur la route d’Alger à Oran; c’étaient:
Bou-Halouan, près de Miliana;
Les Ouled-Sahari, au pont du Chelif;
Les Beni-lahia, sur l’Ouad-Rouina;
La Zmala d’Hadji-el-Baghdadi, sur l’Oued-el-Fodda;
Deux Zmala, au confluent de l’Ouad-lsIi;

Les Azara et la Zmala de Hadj-el-Medda, au confluent de l’Ouad-Riou;

Deux Zmala, au confluent du Chelif et de la Mina;

Les Mkablia, sur la Mina;

Les Sahari, sur l’Hilbil.

 

 

 

 

 

2° Sur la route d’Alger à Constantine; les principales étaient:

Les Zouâtna, sur l’Oued-ez-Zitoun;

Les Harchaoua, à Ben-Haroun, sur l’Ouad-Souflat, affluent de Tisser;

Celle des Arib, sur l’Oued-el-Akal;

Les Hachem, à Bordj-Bou-Ariridj;

Les Ghcrazla-Gharaba, à Aïn-Turk;

Les Açamnia, colonie de Kouloughlis, a Sétif;

La Daïra de l’Oued-ed-Deheb;

La Daïra de l’Oued-Bou-Slah;

La Daïra-Sraouia.

 

 

 

 

 

Sur la route de Constantine à Philippeville, on trouvait:

 

La colonie des Ouled-Braham, au camp de Smendou;

Celle des Maouia , à Skikda (Philippeville).

 

 

 

 

Sur la route de Constantine à Bone, on trouvait

la Daïra-Zenatia.

 

 

 

 

 

Sur la route de Constantine à Tunis,

la Zmala de Men-Mrad.

 

 

 

 

 

Sur la route d’Alger à Bougie,

on avait échelonné les colonies militaires de Khachna, d’Oum-Ménaïl chez les Isser, et des Amraoua. Mais l’accomplissement du projet de communication entre les deux villes, poursuivi jusqu’aux deux tiers de la route, avait été interrompu par la résistance des Kabyles.

 

 

 

 

 

Sur la route d’Oran à Mascara, on trouvait:

Les Khaznadjia, dans la plaine du Tlétat;

Les Oukla, dans la forêt de Mouleï-lsmaël;

Les Feraga, sur le Sig;

Une autre colonie du même nom, sur l’Ouad-el-Hammam.

 

 

 

 

 

Enfin, sur la route au sud de Médéa, on trouvait encore la double colonie des Abid et des Douaïr, et sur la route au sud de Constantine, celles de Zmoul.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Habitat Mozabite traditionnel : Persistances et changements

11022018

 

 

 

 

 

La communauté mozabite semble toujours avoir eu, par l’intermédiaire de son commerce, des contacts extérieurs même lointains. Ils ont certainement joué un rôle dans l’évolution de la société. 
Depuis le début du siècle, ont été progressivement intégrées diverses innovations destinées à l’amélioration du confort par exemple. Avec la colonisation et l’exploitation du pétrole saharien, Ghardaïa devint un important lieu de transit qui attira les travailleurs en quête d’emploi ; le nombre d’étrangers dans la vallée augmenta donc. Simultanément, les Mozabites entreprirent davantage de voyages hors du pays : en Europe, aux Etats-Unis, au Proche et Moyen-Orient. La vallée devint aussi de plus en plus un centre d’attraction touristique. 
 

De cet ensemble de circonstances dégagent des influences qui ont abouti à des changements dans le mode de vie des habitants. L’apport d’un modernisme inspiré des techniques et des formes de vie occidentales a contribué au changement du tissu urbain et à des variations dans la conception de l’habitat. Des modèles étrangers ont d’ailleurs été implantés du temps de la colonisation sous la forme de bâtiments administratifs et de logements de fonction construits alors hors des villes.  

 
 

La tradition soumise à des sollicitations extérieures s’affaiblit peu à peu. Les unes après les autres, les règles autrefois admises et suivies de tous perdent leur impact et leur nécessité, deviennent moins strictes. Ce n’est pas là un jugement de valeur car l’évolution va souvent dans le sens d’une émancipation ; tout dépend évidemment des valeurs que l’on considère comme les plus importantes : cohésion et dépendance dans la communauté ou autonomie de l’individu.  

 
 
Si on se limite à ce qui est observable dans le domaine de l’habitation, plusieurs indices sont la manifestation d’une montée de l’individualisme : 
 
- La famille devient plus réduite, chaque nouveau foyer essaye aussitôt que possible d’être indépendant et d’avoir un chez-soi à part. 
 
- L’homme dont la vie était surtout publique et se déroulait à l’extérieur de la maison se cherche un refuge, il aménage dans sa nouvelle maison un salon, un bureau, une bibliothèque où il peut se tenir seul ou en compagnie de ses invités. 
 
- Une certaine ostentation apparaît : l’acquisition de biens de consommation et de matériaux modernes révèle les différences de pouvoir d’achat. 
 
- Les constructions s’éloignent du centre religieux, et s’élèvent maintenant hors des remparts, ce qui permet de moins subir la pression sociale (extension Beni Isguen).  
 
- A la périphérique des villes, le tissu urbain est beaucoup plus aéré, et on s’arrange pour accéder à sa maison en voiture. L’idéal semble être de réussir à concilier les avantages de la ville et de la palmeraie en construisant près de la ville une maison entourée d’un jardin. 
 
 
Certaines modifications de l’habitat sont dues à la disparition de contraintes :  
 
- Il n’existe plus réellement d’impératifs de défense militaire, les remparts et les tours n’ont plus de raison d’être et les habitants n’en recherchent donc plus la protection. 
 
- La nécessité économique de faire des réserves en prévision de temps difficiles n’est plus ressentie, ainsi des espaces naguère destinés à ces accumulations sont supprimés dans les constructions nouvelles (greniers à dattes, chambres à provisions…). 
 
- Une émancipation par rapport au pouvoir religieux entraîne une baisse de la fréquentation des mosquées, et la possibilité de s’établir loin d’elles. 
 
 

D’autres changements sont dus à l’apport de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques, d’autres modèles.

 

Les membres de la société mozabite sont nombreux à avoir les moyens de se procurer le ciment, les poutrelles métalliques, les éléments préfabriqués qui, à leur avis, permettent d’améliorer le confort de leur habitat et de l’embellir. Mes parpaings de ciment donnent des murs rectilignes, lisses, rapidement édifiés ; le carrelage rend le sol facilement lavable et plus plan ; les poutrelles autorisent de plus grandes portées et favorisent l’agrandissement des pièces ; des plaques ondulées en plastique translucide utilisées comme moucharabieh permettent l’ouverture de fenêtres sur l’extérieur pour un meilleur éclairage sans laisser le regard intrus pénétrer dans la maison ; des arcs et colonnes préfabriqués de style hispano-mauresque constituent un décor apprécié ; d’autres détails, grandes fenêtres, balcons, couloirs sont inspirés de modèles étrangers et introduits au gré du propriétaire. 

 

 

 

Autant d’éléments qui lors de leur mise en œuvre modifient beaucoup l’aspect et la conception de la maison. 
A l’intérieur de la maison, le mobilier et l’équipement domestique changent, dans les limites des moyens financiers de l’habitant : éclairage électrique pour lequel on fait surtout de tube au néon, appareils de chauffage et de climatisation, réfrigérateur, cuisinière à gaz, électrophones et radio, machines à coudre et à tricoter….Peu à peu sont utilisés des éléments du mobilier occidental, table et chaises par exemple. Une salle de bain est parfois prévue alors d’une transformation ou d’une construction neuve, mais elle est le plus souvent destinée à la chambre d’hôte. Tous ces objets et appareils ont besoin d’espaces différents de ceux que pouvait offrir la maison traditionnelle, qui elle-même comportait fort peu de mobilier. 
 
 
Cette transformation du mode de construction a des répercussions économiques. Alors que pour l’habitat traditionnel les matériaux se trouvaient sur place, que les réparations étaient faites par l’habitant lui-même ou par quelques ouvriers, que la construction était peu onéreuse, et que peu d’entretien était nécessaire, la modernisation augmente sérieusement les coûts. Des matériaux onéreux sont importés, on a besoin de techniciens qualifiés et même d’architectes. Cela conduit les riches à posséder des maisons plus grandes, plus équipées, que les foyers modestes qui continuent davantage à vivre à la manière traditionnelle en attendant de pouvoir s’offrir les transformations souhaitées. 
 
 
Les changements introduits dans les techniques et les formes de la construction affectent même l’architecture religieuse. Les vieilles mosquées sont démolies partiellement ou entièrement pour être reconstruites en ciment et bien rectilignes : nouvelle mosquée d’El Ateuf, aile moderne d’Ammi Saïd que les photographes essaient habituellement de faire sortir du cadrage, nouvelles mosquées des palmeraies.  
 
Mais tout en considération que la modernisation est un fait positif, nécessaire, et représente une amélioration, les Mozabites ne rejettent pas en bloc tout ce qui a constitué leur univers culturel.  Des données importantes persistent malgré les techniques et apports extérieurs. 

Tout en étant très modifiée dans son aspect, la maison conserve une organisation très proche du type traditionnel. On observe toujours l’entrée en chicane, la grande pièce éclairée par le trou central ; le salon des femmes ou tisefri reste au programme des habitations les plus récentes. Il est rare de trouver une pièce spécialement destinée à la cuisine. L’étage comporte toujours un portique dont l’orientation est respectée. La place du métier à tisser est généralement prévue car il continue d’être largement utilisé. Le salon « arabe » où l’on mange près du sol existe toujours, dans les maisons aisées il coexiste avec la salle à manger à l’occidentale. 

 

 

Certains éléments auparavant rares se sont généralisés : le salon de réception masculin avec chambre d’hôte, la cave. Dans la mesure des moyens du propriétaire, ils figurent dans les nouvelles constructions. 

 

 

Ces éléments traditionnels sont conservés lorsqu’un mozabite construit une maison à son usage, mais s’il construit pour louer à des étrangers à la communauté, il ne suit plus les mêmes impératifs.  

 

 

 

Est-il possible d’influencer les constructeurs dans leurs aspirations ?

Nous le croyions parfois en discutant avec eux des avantages et inconvénients comparés des solutions nouvelles et des solutions traditionnelles. Nous tentions par exemple de démontrer l’absurdité du balcon, dont il faut garder les volets fermés, ou qu’il faut entourer de paravents destinés à cacher les occupantes. Le règlement de sauvegarde du site les a interdits mais ils continuent d’être très demandés.  

 

 

 

une petite expérience menée par Henriette Didillon,Catherine Donnadieu Didillon Jean-Marc, Donnadieu Catherine qui ont consacré toute une étude sur l’habitat au M’zab.  Ils ont choisi de vivre dans des maisons traditionnelles, dans lesquelles ils ont aménagé les espaces et le confort correspondant à leurs besoins personnels. Ils y ont introduit ce qui dans une installation non provisoire leurs paraissait indispensable : eau, électricité, cuisine, salle de bain, bureau, rangements, éclairages, et ils ont cherché à le faire en utilisant au maximum les volumes et aménagements existants sans modifier la construction. Ils sont parvenus ainsi à un niveau de confort très satisfaisant, voire supérieur à celui de la majorité des constructions mozabites récentes ; ils ont imaginé pendant une période que ces modèles d’installation pourraient plaider auprès de leurs visiteurs mozabites en faveur de la conservation de la maison traditionnelle. Illusion : si leurs intérieurs provoquaient leur admiration polie, leurs commentaires signifiaient clairement qu’ils admettraient ce genre d’installation pour leur résidence secondaire, ou leur maison d’hôte, mais pas pour leur logis principal.  Il y manquait des caractéristiques importantes qui permettent de faire figure de gens évolués : murs droits et lisses, carrelages, fenêtres. Cette expérience a corroboré leurs conclusions sur le caractère vain et coercitif des mesures de classement et de protection des habitations d’une population dont l’architecture traditionnelle ne la satisfait plus. 

 

 

 

Les changements les plus importants, on l’a vu, concernent d’une part l’apparence et les dimensions de l’habitation, son organisation interne restant proche de la tradition, d’autre part l’urbanisme, du fait de l’extension des villes. 

Les changements les plus importants, on l’a vu, concernent d’une part l’apparence et les dimensions de l’habitation, son organisation interne restant proche de la tradition, d’autre part l’urbanisme, du fait de l’extension des villes.

Il faut signaler encore toute une série de constructions, habitations, commerces, bâtiments administratifs, qui ne correspondent à rien de traditionnel et qui sont le résultat de la colonisation, du développement de l’économie locale et de la croissance démographique. La multiplication des petites entreprises, des dépôts de commerçants, a conduit à une prolifération d’entrepôts et de garages dont les grandes portes métalliques se succèdent le long des voies urbaines autour des vieilles villes et même sur les remparts (Mélika).  Des quartiers entiers construits en matériaux modernes se sont édifiés autour des villes, à Ghardaïa surtout, accompagnés d’une infrastructure administrative importante : écoles, hôpital, gendarmerie, mairie, poste, etc. Un modèle d’architecture coloniale appelée « architecture saharienne » est très répandu. Les tentatives pour réaliser une architecture moderne inspirée de l’architecture traditionnelle et adaptée au site sont des exceptions, produites par l’imagination d’architectes européens. Quelques exemples dont le résultat est différent : la poste (André Ravereau), la mairie et l’hôtel (Fernand Pouillon). 

 

 

 

 

 

 

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Hotel M’Zab (ex-Rostémides) Ghardaïa, Algeria; 1970-71 Fernand Pouillon
 

 

 

 

 

 

L’évolution actuelle est irréversible. Au contact du monde moderne, l’architecture traditionnelle est progressivement détruite. Quelques notables et responsables sont bien conscients de l’importance de la conservation d’un patrimoine qui permet de maintenir une affluence touristique dont la contribution à l’économie locale est loin d’être négligeable. Mais les aspirations de la population ne vont guère dans ce sens. L’Atelier d’Etude et de Restauration de la Vallée du M’zab a eu pour tâche de freiner les démolitions, de contrôler les nouvelles réalisations. Ce n’étaient pas là des objectifs qui correspondaient aux aspirations de la population. Au nom de quoi les leur imposer ? L’intérêt national ? L’économie intéressée par le tourisme ? L’émotion d’esthètes nostalgiques ? Les Mozabites transforment le M’zab pour rejoindre un monde moderne auquel ils veulent participer à part entière sans faire figure de sous-développés. C’est le monde occidental qui a répandu partout ses produits et ses modèles en les faisant passer pour les plus évolués, qui voudrait maintenant leur faire la leçon. 

Il faut peut être faire l’expérience de perdre ses racines culturelles pour éprouver le besoin d’en conserver des traces, ce n’est pas encore le cas du M’zab. Que la société mozabite aille son chemin, il n’est pas de censeur qui puisse lui indiquer le meilleur. 

 

 

 

 
 
 
 

 Maisons d’hôte 
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Division des groupes en tribus – 1ère partie –

9022018

 

 

 

 

 

Division des groupes en tribus - 1ère partie -  dans Attributs d'Algérienneté

Carte de l’Algérie divisée par tribus*

 

 

 

 

 

 

 

Différences dans la condition des tribus. — Il existe des différences considérables dans la condition des tribus qui composent les divers groupes. Les causes qui donnent lieu à ces différences sont de trois sortes:
1° Physiques,
2° Physiques et politiques,
3° Politiques.

 

 

 

 

 

I – Différences dues à des causes physiques

 

 

 

La position que les tribus occupent sur le sol et les conditions physiques où elles sont placées les partagent en trois catégories, savoir:

a) Les tribus sédentaires,

b) Les tribus nomades,

c) Les tribus mixtes.
 

 

 

 

 

Tribus sédentaire
 

 

Les tribus sédentaires sont, en général, celles qui habitent, cultivent et parcourent le même territoire. Dans cette catégorie, figurent la plus grande partie des tribus du massif méditerranéen.
Les unes habitent des villes et des villages, et produisent, en général, des fruits.  

 

Telles sont, dans la province de Constantine, les tribus du Sahel de Kollo, de Djidjeli et de Bougie;
 

Dans la province d’Alger, la Kabylie et les tribus qui habitent les montagnes des Beni-Moussa , des Beni-Khelil et du Sebt;
 

Dans la province d’Oran, les tribus comprises dans la partie du massif, voisine du littoral.

 

Les autres habitent sous la tente, et produisent plus spécialement des céréales.
Telles sont, en général, les tribus situées dans la région supérieure des vallées qui traversent le massif.
 

Ces tribus, quoique habitant sous la tente, appartiennent à la classe des populations sédentaires, parce que les divers mouvements qu’elles exécutent ne les portent jamais au delà d’un périmètre déterminé, qui comprend à la fois les terres d’habitation, de culture et de pâturage.
 

Le massif intérieur renferme encore un certain nombre de tribus sédentaires. La plupart des tribus de l’Aurès sont dans ce cas ; les unes habitent des villages et cultivent des fruits; les autres habitent sous la tente et cultivent des céréales.
 

La zone des oasis offre elle-même un grand nombre d’exemples du régime sédentaire. En première ligne, figure la population des villes et villages du Sahara. On peut même ranger dans cette catégorie un certain nombre de tribus campées sous la tente, qui, sans avoir un territoire bien nettement défini, empruntent leur caractère de stabilité à l’habitude où elles sont de demeurer dans le voisinage de certaines villes sahariennes, dont elles deviennent comme les faubourgs; ces tribus ont toujours, dans la ville, des propriétés qui les y attachent; elles y apportent chaque jour les denrées nécessaires à la consommation. Enfin, et c’est là ce qui les place surtout dans la classe des tribus sédentaires, elles ne participent pas au mouvement de migration dans le Tell, qui forme le caractère principal des tribus nomades.

 

Telle est, dans l’oasis du Ziban, la tribu des Oulad-Nacer, campée en partie autour du village de Bouchagroun, et en partie autour de la petite ville de Tolga.

 

Telles sont encore, dans l’oasis de l’Oued-Mzab:

La tribu des Oulad-Atia, qui ne s’éloigne pas du village d’EI-Ateuf;
La tribu des Atatcha, qui ne s’éloigne pas de la ville d’EI-Guerara;
La tribu des Oulad-Iahia, qui ne s’éloigne pas de la ville de Berrien.
 

 

 

 

Ainsi les tribus sédentaires offrent trois nuances différentes, savoir:

Celles qui, habitant sous le chaume, sous la tuile ou sous la terrasse, ne se déplacent jamais (vallées inférieures du massif méditerranéen et zone des oasis);

Celles qui, habitant sous la tente, se meuvent entre des limites fixes (vallées supérieures du massif méditerranéen);

Celles qui, habitant sous la tente, se meuvent autour des points fixes (zone des oasis).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tribus nomades et tribus mixtes
 

 

Il n’existe pas en Algérie de tribus errantes dans le sens absolu de ce mot. Les tribus les plus mobiles obéissent, dans leurs mouvements, à certaines lois qui limitent d’une manière presque invariable le champ de l’habitation, de la culture et du parcours.
 

Ces lois résultent elles-mêmes de la nature du climat et du sol, de l’extrême régularité qui préside au retour des saisons, de l’extrême inégalité qui préside au partage des eaux.
Pendant une moitié de l’année, l’Algérie ressemble à une vaste pelouse verte et arrosée;
 

Pendant l’autre moitié, elle se partage en deux larges bandes verdoyantes et en deux larges bandes jaunes et arides.
 

Les deux premières sont le massif méditerranéen et le massif intérieur; les deux autres sont la zone des landes et celle des oasis.
 

Pendant les six mois de verdure, les tribus des oasis se répandent avec leurs troupeaux dans les landes limitrophes; les tribus des pentes méridionales du massif méditerranéen descendent dans la partie méridionale de la zone des landes; les tribus du massif intérieur descendent, les unes dans la partie méridionale de la zone des landes, les autres dans la partie septentrionale de la zone des oasis.
 

Pendant les six mois de sécheresse, les tribus du massif méditerranéen et du massif intérieur regagnent leurs montagnes. Les tribus des oasis exécutent leur mouvement de migration lointaine; elles abandonnent la zone des oasis, et vont chercher dans les hautes plaines du massif méditerranéen de l’eau, des blés et des pâturages.
 

Pendant la première période, la population de l’Algérie se disperse sur toute sa surface;
 

Pendant la seconde période, elle se concentre dans les deux massifs montueux et dans les terres cultivables des oasis.
 

Parmi toutes les tribus soumises à des déplacements considérables, il n’en est aucune qui soit sans patrie : chacune a sa patrie d’hiver et sa patrie d’été. Elles obéissent à un mouvement régulier d’oscillation, qui, aux mêmes époques, les ramène sur les mêmes points. Toutefois, l’étendue de l’oscillation les partage en deux classes distinctes.
 

Pour les unes, la patrie d’été et la patrie d’hiver sont séparées par de vastes espaces : ce sont les tribus nomades;
Pour les autres, la patrie d’hiver et la patrie d’été sont contiguës : ce sont les tribus mixtes.

La plus grande partie des tribus comprises dans la zone des oasis appartiennent à la première classe;
La plus grande partie des tribus comprises soit dans les parties méridionales du massif méditerranéen, soit dans le massif intérieur appartiennent à la seconde.
 

 

Indépendamment de la régularité qui préside à leurs mouvements et fixe leur orbite annuelle, les tribus nomades tiennent encore au sol par d’autres liens.
Dans plusieurs villes du Sahara, elles ont des propriétés considérables garanties par des titres; dans d’autres, des dépôts de marchandises qui s’élèvent souvent à une assez grande valeur. Pendant la durée de la pérégrination, ces biens restent confiés à la garde d’un dépositaire ou aux soins d’un métayer.
 

Parmi les tribus nomades, il en est Une seule peut-être qui n’ait point de propriétés immobilières à titre incommutable : c’est celle des Ouled-Saci, qui appartient à la fois au groupe des Ouled-Naïl par l’origine et à l’oasis du Ziban par les habitudes.

 

 

 

Quoique plusieurs de ces tribus, dans le cours de leur mouvement périodique , aient l’habitude de passer d’une oasis à l’autre et de s’arrêter dans chacune d’elles, il ne peut y avoir de doute dans la détermination de leur résidence normale: elle est là où elles ont le plus de propriétés et où elles déposent habituellement leurs marchandises.

 

 

Ainsi les tribus nomades présentent les particularités suivantes, elles ont:

1° Des propriétés immobilières et foncières et des dépôts de marchandises dans les villes du Sahara;

2° Des terres de séjour temporaire auprès de ces villes;

3° Des terres de parcours temporaire dans les landes annexes de l’oasis;

4° Un lieu de séjour temporaire, situé à une grande distance de leur résidence normale dans le massif méditerranéen.

 

 

Les tribus mixtes, celles pour qui les terres de culture et les terres de parcours sont voisines ou contiguës, bordent, en général, au nord et au sud, la zone des landes, et au nord, celle des oasis. Elles ont quelquefois des propriétés dans la montagne qu’elles habitent; elles y ont toujours leurs lieux de dépôt.

 

 

Parmi celles qui bordent au nord la zone des landes, on citera:

Dans la province de Constantine, les Zmoul et les Segnia, une partie des Ouled-Derradj;

 

Dans la province d’Alger, les Ouled-Sidi-Aïssa, les Ouled-Abd-Allah, les Ouled-Mokhtar;

 

Dans la province d’Oran, les Sdama, les lagoubia, les Djafra, les Angad.

 

 

 

Parmi celles qui bordent au sud la zone des landes, on citera:

 

Dans la province de Constantine, une partie des Nememcha, les Beni Oudjana, les Harakta du Mâder, une partie des Ouled-Derrâdj;

 

Dans la province d’Alger, les Ouled-Chaïb, les Bouaïch, les Mgân et les Àdjalât;

 

Dans la province d’Oran, les Hararet les Hameian.

 

 

 

Parmi celles qui bordent au nord la zone des oasis, on citera:

 

Dans la province de Constantine, une partie des Nememcha;

 

Dans la province d’Alger, une partie des Ouled-Naïl et des tribus du Djebel-Amour;

 

Dans la province d’Oran, les tribus méridionales d’El-Arouat-Ksan et les Ouled-Sidi-Cheikh.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: carte détaillée par province:

- Province d’Oran (Nord)

-Province d’Oran (sud) 

-Province de Constantine  (Nord)

-Province de Constantine (sud) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE……….. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le symbolisme de l’Artisanat Touareg

7022018

 

 

 

 

 

Le symbolisme de l’Artisanat Touareg  dans Art 1514288291-15-541188

1514288316-15-541187 dans Art

Coussin / Kel Ahaggar - 20e siècle (Avant 1931)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On trouve du symbolisme dans les dessins faits sur le cuir par les femmes d’artisans touaregs, en particulier sur les coussins et les fourreaux des glaives ou des poignards. Ces dessins sont des images microcosmiques d’un macrocosme ; ils relient les planètes par le cheminement de la lumière jusqu’à la Terre. Ils se lisent selon un axe horizontal, alors que le sens qu’ils transmettent obéit à un axe vertical de cheminement de la lumière de l’étoile polaire au Soleil puis à la Lune et aux cinq planètes, puis par le biais des constellations (Pléiades et Orion) jusqu’à la Terre, le lit en bois et l’œil humain. Ce chemin peut se faire dans le sens inverse, de l’homme à l’étoile polaire, et il concerne cette fois-ci le retour de l’âme à la balance qui se trouve au niveau de cette étoile.  

 

 

 

Cette représentation des communications selon un axe vertical entre le monde de la lumière, le monde des ténèbres et le monde humain, se lit sur les traversins selon un axe horizontal. Cette représentation du monde sur une face du traversin est un dessin standard qui ne varie jamais d’un artisan touareg à un autre, d’une tribu à une autre, d’un groupe (Chérif) à un autre (Imouchar).  D’autres dessins peuvent exister mais leur importance est secondaire. La calligraphie et la finesse des lignes et des courbes peuvent changer d’un artisan à un autre, mais la structure reste toujours la même. 

 

 

 

Ainsi la Lune se dessine sous la forme d’une demi-sphère dont la partie convexe est tournée vers le bas. La lumière de la Lune est directement projetée au-dessous d’elle.

 

 

 

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Dessin de la Lune

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Soleil est représenté par plusieurs dessins :

  • un cercle blanc entouré par une bande noire et centré sur un point rouge.

 

  • Un carré communicant sa lumière par quatre canaux (un canal par côté) et centré sur un losange rouge qui représente le Soleil à midi. 

 

  • Un cercle communicant sa lumière par quatre canaux perpendiculaires et renfermant un petit cercle concentrique entouré de dix points (attatten). Certains artisans appellent ces points tedbert, ou pigeons assis sous le Soleil (messagers du Soleil). Chaque point représente un ange ou un esprit du Soleil.  

 

  • Deux cercles concentriques représentant l’ettebel ou le tambour du commandement détenu par l’amenoukal. Le tambour représente le Soleil dans le rapport microcosme/macrocosme. D’ailleurs le tambour contient un kilogramme d’or en billes, l’or étant le métal spécifique au Soleil.   

 

 

 

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Représentations du Soleil 

 

 

 

 

 

On voit que les différents dessins du Soleil présente un cercle centré sur un point comme le tifinar (ʘ) dans la valeur est S

 

 

 

 

 

 

 

 

La Terre est dessinée soit comme un rectangle noir renfermant un autre rectangle rouge, soit le plus souvent en semi-rectangle, prenant la forme du tifinar 1514281294-tifinar correspondant à la lettre M, qui désigne la Terre selon les artisans. Dans ce dessin on trouve une partie appelée echadjadjo, qui désigne le bois du lit. Parfois le dessin de la Terre est appelé tessekad, ou les cinq doigts.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vénus, ou tatrit, ou l’étoile du matin, prend la forme d’une croix. Quand la croix est entourée par un cercle, elle désigne le Soleil centré par l’étoile polaire d’où il puise sa lumière. Parfois les quatre cadrans délimités par la croix contiennent chacun un point. 

 

 

 

 

 

 

 

Les cinq autres planètes sont désignées par le mot hamsa ou « cinq » en arabe. Elles prennent ensemble la forme d’un triangle dont la base ou le sommet sont reliés à l’un des canaux du Soleil. 

 

 

 

 

Entre d’une part, les cinq planètes et la Lune, et d’autre part, la Terre, se trouve le dessin représentant les yeux humain, ou shattawen, en forme de fuseau. 

 

 

 

 

La communication entre les planètes et l’œil s’appelle abarra, ou la route pour la lumière, réduite à un canal renfermant les deux constellations les plus importantes des Touaregs : amanar ou Orien (en forme de traits en zigzag et enchevêtrés), et shat-âhad ou les Pléiades (dont chaque étoile est représentée par un point). La charpente du canal est amanar, alors que les points représentent les pléiades ou les filles de nuit. 

 

 

 

Ainsi, le dessin standard occupe la partie centrale (tiksit) du traversin dont les parties latérales portent le nom d’eley.  

1514289479-sans-titre

 
 

 

 

 

Ce dessin, qui est un résumé du principal dessin standard sur le cuir, a des points communs avec la représentation mandéenne du monde. C’est un dessin microcosmique du macrocosme utilisant des tifinar et constitue un intermédiaire à un échelon supérieur entre la représentation du monde et les tifinar tracés sur le sable.   

La croix qui divise le Soleil renvoie à la lumière puisée par cette planète auprès de l’étoile polaire chez les mandéens. Cette lumière solaire est renvoyée à la Lune et aux autres planètes, puis elle est acheminée par l’intermédiaire des étoiles ou des anges et des uthra vers l’œil humain, à l’instar du dessin touareg qui montre des routes de communications entre les planètes et l’œil ou la Terre, ces routes étant formées de deux constellations chères aux Touaregs, Orien et les Pléiades.   

Ce qui est commun entre les représentations mandéenne et touarègue, c’est que certains dessins touarègs du Soleil le montrent contenant dix points couronnant son centre. Chez les mandéens, il y a effectivement dix uthra ou esprits de la lumière au service du Soleil, qui transportent la lumière solaire vers la Lune. Chez les Touaregs, ces dix points sont désignés par le terme de tedebert ou « pigeons » ; or le pigeon dans la mythologie mandéenne est une forme de matérialisation des esprits des lumières ou uthra.  

Un autre élément commun est le dessin du Soleil divisé en quatre contenant par la croix représentant l’étoile polaire, chacun des cadrans contenant un point. Ces quatre points font penser aux quatre uthra ou esprits de la lumière au service de l’étoile polaire, qui ont pour fonction de transférer la lumière, par l’intermédiaire de l’étoile polaire, du monde de la lumière au Soleil.  

D’autres investigations comparatives dans l’étude de l’artisanat des Touaregs en rapport avec le monde surnaturel mandéen pourraient étayer cette hypothèse. Ce dessin touareg est valable pour représenter le cheminement de la lumière du monde des lumières, visible par sa porte (l’étoile polaire), jusqu’à la terre et l’homme ; mais il est aussi valable pour le voyage de l’âme qui est une étincelle de lumière, allant du mort vers l’étoile polaire.  

 

 

 

 

 

 

 

 




Division des provinces en groupes

5022018

 

 

 

 

 

 

Pour donner une idée générale de la manière dont la population de l’Algérie se trouve distribuée sur le sol, les diverses agglomérations de tribus réunies par un lien commun sont désignées sous le nom de groupes.

Les variétés assez nombreuses que présentent ces liens d’union ont déterminé à employer une expression qui se bornât à en constater l’existence sans en caractériser la nature.

Toutefois, la plupart de ces groupes peuvent se répartir dans trois catégories qui se distinguent par les caractères suivants:

1° Dynastique,

2° Fédératif,

3° Administratif. 

 

 

Groupes dynastiques. — Dans les groupes dynastiques, toutes les tribus relèvent d’une famille suzeraine, qui les gouverne héréditairement. C’est à cette famille que tous les intérêts se rattachent, c’est en elle qu’ils se concentrent.

Ce caractère est particulier à la province de Constantine, où huit groupes dynastiques ou cheihkats héréditaires occupent presque la moitié du territoire. Ce sont:

1° La Medjana,

2° Le Ksar-et-Teïr,

3° Le Beilezma,

4° Le Ferdjioua,

5° Le Zouagha,

6° Le Ziban,

7° L’Aurès,

8° L’Ouad-Righ.

 

Le Zerdèza et les Hanencha étaient aussi originairement des groupes dynastiques: mais plus on avance vers l’est, plus l’influence supérieure du gouvernement se fait sentir. Aussi les Turcs, dans les derniers temps de leur domination, avaient-ils beaucoup amoindri la puissance de ces deux cheikhs héréditaires en plaçant à côté d’eux un chef du Makhzen.

Les familles en possession de ces différents fiefs ont successivement reconnu la domination française, et avec elles toutes les tribus de leur dépendance.

 

 

 

 

Groupes fédératifs. — Les groupes fédératifs diffèrent des premiers en ce que le pacte d’union, au lieu d’attacher toutes les tribus à une seule famille, attache toutes les familles entre elles et les rassemble en une seule tribu ; en ce qu’il substitue au lien d’une dépendance commune celui de la solidarité mutuelle.

 

Ce caractère est particulier à la province d’Oran, où chaque groupe, renfermant en lui les éléments d’une organisation complète, forme en quelque sorte une petite nation.

Tel est le groupe des Flita, qui se compose de trois tribus, savoir:

Au centre, les Cherfa-Flita, ou le clergé;

Au nord, les Douair-Flita,ou l’armée;

Au sud, les Eshab-Flita, ou le peuple; trois éléments constitutifs d’une société partagée entre le souci de la prière et celui du combat.

 

Dans ces associations, la voix prépondérante appartient au clergé. C’est ce qui assigne avant tout à l’autorité le caractère théocratique dont il a déjà été fait mention.

 

On retrouve une constitution analogue dans la tribu des Harakta ( province de Constantine ) ; mais ici, comme cela arrive généralement dans l’est, la noblesse religieuse fait défaut.

 

Dans la province d’Alger, le seul groupe fédératif est celui de la Kabylie, dont la constitution est démocratique.

 

 

 

 

Groupes administratifs.— Les groupes administratifs sont ceux dont la formation se rattache directement à l’autorité politique supérieure, celle de l’État; c’est le caractère général des groupes de la province d’Alger, dans laquelle onze circonscriptions administratives, instituées par le gouvernement turc et consacrées par la sanction populaire, occupent la plus grande partie du territoire.

 

Ces circonscriptions sont les suivantes:

1° Fahs, ou banlieue d’Alger,

2° Sebt,

3° Beni-Khelil,

4° Beni-Mouça,

5° Khachna,

6° lsser,

7° Sebaô,

8° Beni-SlimanetBeni-Khelifa,

9° Beni-Djaâd,

10° Arib,

11° Titri.

 

Les dix premières circonscriptions étaient administrées par des caïds, la onzième par un bey.

 

 

La province de Contantine renferme elle-même un nombre assez considérable de circonscriptions qui relèvent directement de l’Etat. Tels sont:

Les Amer-Gharaba, à Sétif;

Les Hel-Chefa,

Les Elma de Bazer,

Les Oulad-Kebbab el les Ghomrian,

Les Oulad-Abd-en-Nour,

Les Telaghma,

Les Barrania,

Les Zmoul,

Les Segnia,

Les Sellaloua,

Les Harakta,

Les Dir,

Les Haaeucba.

 

Ces différents groupes, qui existaient sous l’administration turque, ont été conservés parle gouvernement français.

Ce dernier a lui-même institué des circonscriptions administratives nouvelles reconnues par les indigènes : tels sont les cercles

De Bone,

De l’Ëdough,

De La Calle,

De Guelma.

 

 

La province d’Oran offre aussi des exemples de groupes administratifs dans les tribus qui constituaient, sous le gouvernement turc, le double Makhzen d’Oran, telles que les Douair, Zmala, Abid-Gharaba et Cheraga, Bordjia et quelques tribus de la vallée du Chelif.

 

 

 

 

A côté de ces groupes, dont le caractère se dessine nettement, il en est d’autres dans les trois provinces qui présentent un caractère mixte ou indécis. — En résumé:

Le caractère dynastique appartient surtout aux groupes de la province de Constantine;

Le caractère fédératif, aux groupes de la province d’Oran;

Le caractère administratif, aux groupes de la province d’Alger.

Ce dernier caractère se remarque encore fréquemment dans la province de Constantine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les supers pouvoirs du cerveau

3022018

Comment devenir un génie

 

 

 

 

 

 

Comment devient-on un génie ? Les surdoués sont-ils prédisposés dès leur naissance ? Suzanne est la première femme devenue Grand Maître d’échecs. Cela semble plus provenir de son éducation et d’un apprentissage précoce que de capacités innées. Chaque individu peut-il devenir un génie ? N’est-ce qu’une question de travail ? Autant de questions qui sont abordées au cours de cette émission.

 

 

 

 

 

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Division politique d’Algérie en trois provinces

1022018

(sous la domination française)

 

 

 

 

 

 

Division politique d'Algérie en trois provinces dans Attributs d'Algérienneté 800px-Alg%C3%A9rie_fr

Carte française montrant les trois provinces d’Algérie, circa 1848.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ensemble des quatre bandes longitudinales, alternativement planes et montueuses, qui résument la configuration orographique de l’Algérie, et les deux régions qui correspondent au double régime de culture, est coupé transversalement par des lignes qui en déterminent la division politique.

Ces lignes partagent l’Algérie en trois provinces, que l’usage a fait désigner par les noms des trois chefs-lieux.

 

Comme l’ensemble, chaque province comprend à la fois deux massifs montueux et deux zones planes, une portion du Tell, et une portion du Sahara.

La division en provinces ne repose pas sur l’état physique du sol ; elle est indiquée par l’état moral de la population.

Dans la province d’Oran, l’autorité est surtout théocratique;

Dans la province de Constantine, elle est surtout aristocratique.

Dans la province d’Oran, l’influence et le pouvoir appartiennent héréditairement à des familles religieuses;

Dans la province de Constantine, le pouvoir et l’influence appartiennent héréditairement à des familles laïques.

Placée entre les deux, la province d’Alger participe à la fois de l’une et de l’autre nature;

En certains points de cette province, surtout dans la partie occidentale, l’autorité procède du principe théocratique.

En d’autres points, surtout dans la partie méridionale, elle procède du principe aristocratique.

Enfin, en quelques points, surtout dans la partie septentrionale (Kabylie), elle procède du principe démocratique, de l’élection.

On comprend que l’exercice des droits résultant de la différence des constitutions locales est subordonné à l’exercice du droit général supérieur, celui de l’État.

Sous le gouvernement turc, l’exercice de ce droit supérieur offrait, eu égard au génie particulier des peuples, les particularités suivantes:

Chez les peuples soumis au régime démocratique, il était méconnu;

Chez les peuples soumis au régime théocratique, il était contesté;

Chez les peuples soumis au régime aristocratique, il était reconnu.

On sait que l’établissement de la domination française rencontre les mêmes difficultés et les mêmes circonstances.

Ainsi la division transversale de l’Algérie en trois provinces repose sur des différences politiques, tandis que la division longitudinale, soit en deux zones planes et deux massifs montueux, soit en deux régions, Tell et Sahara, repose sur des différences géographiques; celle-ci tient à la nature du sol, celle-là au caractère des populations.

Toutefois, les deux partages ne sont pas tellement indépendants l’un de l’autre, que la division géographique n’influe sur la division politique.

En effet, la zone des landes, comprise entre les deux massifs montueux, est parcourue, en partie, par les tribus qui habitent les pentes méridionales du massif méditerranéen , et en partie par les tribus qui habitent les pentes septentrionales du massif intérieur.

Chaque tribu parcourt, en général, l’espace contigu au territoire qu’elle habite.

Ainsi une ligne de partage, tracée transversalement depuis la mer jusqu’aux limites du massif méditerranéen , détermine une division correspondante dans la zone des landes , et une ligne de partage, tracée transversalement dans la zone des landes, détermine une division correspondante dans le massif intérieur.

Cela résulte de la relation qui existe entre les terres d’habitation et les terres de parcours.

Mais les rapports entre les deux zones extrêmes, entre le massif méditerranéen et la zone des oasis, sont d’une nature encore plus intime.

C’est le massif méditerranéen qui nourrit la zone des oasis.

On connaît aujourd’hui le phénomène périodique de migration particulier à la double population de l’Algérie.

Chaque année, au printemps, les tribus de la zone des oasis abandonnent leur patrie saharienne, franchissent le massif intérieur, la zone des landes, et viennent s’établir, avec tout le mobilier de la vie nomade, vers les limites méridionales du massif méditerranéen.

Elles y demeurent pendant tout l’été, vendant leur récolte de dattes et achetant la récolte de blé.

Les lieux de séjour sont presque invariables; à part quelques rares exceptions, chaque année la même époque retrouve les mêmes tribus campées aux mêmes lieux.

Les transactions nombreuses qui s’accomplissent durant cette période de l’année, et intéressent à la fois toute la population de l’Algérie, se concentrent sur certains points, qui réunissent alors dans un mouvement de fusion commerciale, les deux zones extrêmes de nos possessions.

Dans ce mouvement d’échange, chacun des marchés consacrés à ces transactions appelle à lui un certain nombre de tribus appartenant au massif méditerranéen, et un certain nombre de tribus appartenant à la zone des oasis.

Il se forme ainsi divers faisceaux d’intérêts, dont les fils, partant les uns du nord, les autres du sud, viennent converger et se réunir en certains points fixes.

L’ordre administratif, aussi bien que l’intérêt politique, font un devoir de respecter, dans la division territoriale, l’existence et l’intégrité de ces faisceaux.

Ainsi, une division tracée transversalement dans le massif méditerranéen, détermine une division correspondante, non-seulement dans la zone des landes et dans le massif intérieur, mais plus rigoureusement encore dans la zone des oasis.

On voit donc que le partage politique de l’Algérie en provinces se lie encore assez étroitement au partage naturel en zones ou régions longitudinales, et que ce partage repose sur les deux données fondamentales suivantes:

1° Différence des intérêts et des inclinations politiques entre les populations de l’est et de l’ouest;

2° Solidarité des intérêts et des besoins matériels entre les populations du nord et du sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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