Emprunts Livresques (du Saint Coran) à l’ancien langage argotique Algérois

15102017

 

 

 

 

 

Emprunts Livresques (du Saint Coran) à l’ancien langage argotique Algérois  dans Attributs d'Algérienneté

La plus vieille photo d’Alger: La photo représente les remparts d’Alger en 12 x 16 cm, prise par une personne anonyme en 1844

 

 

 

 

 

 

 

 

On est vraiment surpris de trouver dans la bouche de gens des expressions coraniques comme :

 

 

 

 

 

  • (صم بكم) / sommon bokmon : « sourds muets » ; qui savent conserver un prudent silence.

صُمٌّ بُكْمٌ عمي فهم لا يرجعون ۩’  - سورة البقرة 17

 

 

 

 

  • (عبس) / ɛbassa : « avoir l’air sévère ». c’est le premier mot de la 80ème Sourate.

 

 

 

 

 

  • (ألم نشرح) / a-lam nachrah : « être gai, content ». Du premier verset de la 94ème sourate:

N’avons-Nous pas ouvert (ton cœur) à la révélation – ‘أَلَمْ نَشْرَحْ لَكَ صَدْرَكَ

 

 

 

 

 

  • (قل أوحي) / qul uhiya : Dis « je suis au courant de l’affaire ». c’est le début de la 72ème sourate dont les deux premiers mots signifient ‘Dis : il m’a été révélé ‘.  

 

 

  

 

 

 

  • (سبح) / sebbih : « fêtons la bonne prise ». c’est le titre de la 87ème sourate dont le premier verset est :

‘’سَبِّحِ اسم ربك الأعلى 

Célèbre le nom de ton Seigneur le Très Haut

 

 

 

 

 

  • (كيف أهل الكهف) / (faire) comme les gens de la Caverne, « ne pas bouger ». 18ème Sourate (versets : 8 – 25) : L’histoire des sept dormants dans la Caverne. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La légende du saint Sidi Ouali Dahdah

13102017

 

 

 

 

 

La célébrité d’Ouali Dahdah remonte à l’expédition dirigée contre Alger par l’empereur Charles-Quint, en 1541. Voici, en substance, la légende qui a cours chez les indigènes à ce sujet :

 

Assiégée par une armée redoutable, la population concevait de sérieuses inquiétudes sur les suites de cette attaque. Un jour, Ouali-Dahdah, qui se désaltérait dans l’une des tavernes de la ville, se lève subitement comme saisi d’une inspiration divine, parcourt les rues en ranimant le courage des habitants, puis se portant rapidement vers la mer, entre dans l’eau jusqu’à la ceinture et l’excite par des mots magiques et par les coups redoublés d’une baguette que brandit sa main bénie. A l’appel du marabout, la tempête se déchaîne et fait périr la plus grande partie de la flotte ennemie. Alors les croyants, si visiblement protégés par Dieu, fondent avec impétuosité sur les infidèles. Frappés d’épouvante, les Espagnols prennent la fuite et renoncent à leur impie entreprise.

 

Mais Ouali-Dahdah ne jouit pas longtemps de la popularité que lui avait si légitimement value son efficace intervention, car l’inscription arabe placée dans la Mosquée qui fut élevée en son honneur, rue du Divan, à Alger, rappelle qu’il est décédé en l’année 961 de l’hégire (1554).

 

L’édifice religieux consacré à la mémoire du saint comprenait, en outre de la Mosquée, une chapelle renfermant le tombeau dû marabout et une salle de refuge pour les mendiants.

 

En 1864, ces bâtiments ont été annexés à ceux du couvent de la Miséricorde, situés, comme on sait, derrière la Cathédrale, et le corps du saint marabout exhumé a été transporté, avec tous les honneurs musulmans, dans un. local qui lui avait été préparé, à côté de la chapelle de Sidi-Abderahman Ettalbi, au-dessus du’jardin Marengo. Voici la traduction, donnée par M. Albert Devoulx, de l’inscription mentionnée sur la plaque commémorative dont nous avons parlé plus haut :

 

1ère ligne. — (Il est) l’ouali des créatures, le pôle des êtres créés. Lorsqu’il s’apprêta à partir, adressant à Dieu sas actions de grâces avec ferveur et résignation.

 

2e ligne. — Nous entendîmes une voix annonçant la date de sa mort ; et cela en disant : que Dieu l’a breuve d’une boisson pure. Année 961 (1554).

 

 

Ouali-Dahdah était Turc d’origine, sa réputation a traversé les siècles et il est encore aujourd’hui en grande odeur de sainteté parmi tous les Algériens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Drapeau du 19ème siècle

11102017

 

 

 

 

 

Drapeau du 19ème siècle dans Attributs d'Algérienneté 1507100975-17-503362

 

Fragment d’un drapeau de la Casbah de Constantine

pris à la chute de la ville le 13 Octobre 1837

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’ADN, nos ancêtres et nous

9102017

 

 

 

 

 

Ce film est un voyage au plus profond de nos cellules. Aujourd’hui, tous les scientifiques sérieux s’accordent sur un point essentiel : nous sommes tous parents. En d’autres termes, la diversité observée chez les humains est plus apparente que réelle. L’ADN de deux individus pris au hasard sur la planète ne diffère que de 0,1%. Au coeur de ce voyage scientifique se trouve une démonstration simple : les 7 milliards d’individus qui peuplent la planète sont tous issus d’un petit groupe d’hommes, de femmes et d’enfants qui vivaient en Afrique il y a deux cent mille ans. Il était composé de quelques dizaines de milliers d’individus reproducteurs et constitue le fondement de l’espèce humaine. Pour s’en assurer, il suffit de regarder notre code génétique, autrement dit notre ADN. Celui-ci continue de relier les hommes, malgré les distances, les continents, les langues et même les couleurs de peau. Ces dernières, instrumentalisées depuis toujours pour fonder des discours sur la différence, sont les marqueurs de la formidable adaptabilité du corps humain. Elles nous informent sur l’histoire de notre espèce, sur les mouvements de population dans l’histoire ancienne, et nous expliquent, par exemple, comment les premiers colons européens sont devenus blancs il y a à peine vingt mille ans.

 

 

 

Franck Guérin et Emmanuel Leconte nous convient à une fascinante exploration de l’ADN, éclairée par les témoignages limpides de généticiens, de paléoanthropologues et d’archéologues de premier plan (Axel Kahn, André Langaney, Pascal Picq…). Le documentaire se penche également sur « l’ironie de l’histoire » qu’a constitué, à la lumière des dernières découvertes scientifiques, l’esclavage du peuple noir, légitimé par l’invention du concept de « race ». Mais si la recherche nous apprend que nous sommes tous parents, le généticien des populations Mark Stoneking soutient que « c’est à nous de décider comment on se comporte les uns envers les autres ». Une belle manière de rappeler que le respect de la différence devrait pouvoir se passer de justifications scientifiques…

 

 

 

Réalisateur : Franck Guerin et Emmanuel Leconte

Producteurs : ARTE FRANCE, DOC EN STOCK

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Chouafs el Bey

7102017

 

 

 

 

Toutes les tribus n’étaient pas soumises; sans compter les Kabyles, dont un grand nombre était resté indépendant, il y avait dans le désert des tribus nomades, telles que les Harrazles Mehaïales Eumianles Berras, les Beni-Menadetc., qui avaient toujours échappé à l’autorité des Turcs. La rapacité des beys parvenait cependant à arracher de lourds impôts à ces tribus errantes, au moyen des chouafs*, dont la seule mission était de pouvoir indiquer au bey la position où campaient ces tribus. 

 

 

 

Mohammed-ben-Gremari-ez-Zelbounicelui qu’Abdel-Kader a fait pendre à Mascara à un des canons de la ville, était chouaf-es-Sahra, chouaf de l’Angad, du bey Hassan. Il arrivait à Oran à l’improviste de jour ou de nuit; aussitôt le bey donnait l’ordre aux makhzens de monter à cheval. Ils se transportaient rapidement sur le terrain où campaient les tribus dont le chouaf avait reconnu la position, les surprenaient et enlevaient tout ce qu’ils pouvaient atteindre. On raconte qu’une fois, Mohammed-ben-Gremari, qui était chiqr des Angad, étant arrivé en tête du makhzen du bey à l’endroit où il croyait rencontrer une tribu campée, et ne l’ayant pas trouvée, fit faire une ghazia sur sa propre tribu, la tribu des Angad, pour ne pas perdre la confiance du bey.

 

 

 

Un autre chouaf du bey qui veillait sur les tribus du grand désert, était Mohammed-ben-Dahman, cheik des Oulad-Aïat, campés au sud de la chaîne de l’Ouennaseris. Ses courses, qu’il poussait fort loin dans le désert, étaient très-fatigantes et très-redoutées des gens du makhzen. Il fit faire au bey Mohammed-bou

Kabous des ghazias sur les Bouaich et les Nouails, tribus puissantes et nombreuses du Sahra, dont le pays a gardé le souvenir; il leur enleva tous leurs bestiaux, les dépouilla complètement, et fit sur elles un butin considérable.

 

 

  

 

 

 

* :  Chouaf : شوافde la racine chaf : شافvoir, reconnaître; celui qui est chargé de voir, d’examiner, de reconnaître

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les structures traditionnelles de stockage des céréales au Maroc.

5102017

 Les Matmuras, les Ighrems et les h’ris 

 

 

 

 

 

 

Vivre c’est réserver des vivres. Un poème du début du 18ème siècle l’exprime fort bien : « Surtout ne gaspille pas les vivres ; ils sont la raison de vivre ». C’est un souci humain permanant. De ce fait, l’ensilage présente plus d’un signe. C’est une économie, une prévision des temps difficiles, un programme social. Si l’on excepte la conservation domestique où l’on voit des provisions ménagées dans des chambres à part ou emballées dans des sacs appropriés, il est possible de distinguer trois modèles essentiels d’emmagasinage : les matmuras, les ighrems, les h’ris. Ils diffèrent suivant le milieu, la fonction ; l’institutionnalité.

  

 

 

 

  • Premier modèle : le silo souterrain, Matmura ou Mers. Un texte français de 1675 les décrit ainsi : « Les magasins qu’ils appellent matmors sont de grands trous profonds de six à sept brasses, dans les lieux éloignés des eaux. On les fait larges par le bas de huit ou dix brasses en rondeur, quelquefois cavées dans le roc et le plus souvent dans la terre blanche comme la marne en ce pais. Leur entrée, qui est faite à la mode d’un puits, est fort étroite, et un homme avec une échelle de corde a bien de la peine à y descendre ; elles se ferment avec une pierre large à proportion. Ce sont dans ces lieux que les Arabes serrent leurs bleds, leurs orges et leurs autres grains, leurs beurres, leurs huiles et généralement toutes leurs provisions et commodités ». il s’agit là de grands silos, car d’autres, de taille plus petite, ne sont profonds que de 3 à 4 brasses.

 

 

 

 

Image de prévisualisation YouTube 

 

 

C’est surtout dans les plaines et plateaux atlantiques que l’on rencontre ces fosses hermétiques, au-dessus desquelles les paysans peuvent même labourer. Dans la région de Doukkala, par exemple, l’on signale un village entouré de cent silos, tous creusés dans le roc, connu sous le nom de Miat Bir, les Cent puits. Apparemment, ces silos sont de grande capacité. Ceux d’Azemmour contiennent au début du 16ème siècle 20.000 mouds de blé ; d’autres, de quoi nourrir plus de 100.000 bouche pour une période de 15 mois, ou de quoi « changer plusieurs milles navires », aux dires des textes.

 

Conservés sous terre, les grains résistent longtemps et gardent leur qualité des années durant, surtout s’ils sont bien secs au moment du stockage et si encore le silo est creusé dans un milieu anaérobique, peu humide, asphyxiant les insectes et ralentissant la prolifération des micro-organismes. « Les grains, note Jean Mocquet au début du 17ème siècle, se gardent fort sèchement et longtemps ». William Lemprière, lui, précise : « On a vu des matmouras gardés cinq à six et même vingt ans, sans que le blé en souffrit aucune altération considérable ».

 

Quant à l’organisation sociale de ces magasins, il semble que les gens, grands propriétaires, cultivateurs et marchands, y déposent leurs produits à titre particulier ou en association. D’autres, n’ayant besoin que d’une durée déterminée recourent à la location.  Mais chacun son objectif, car les uns veulent assurer leur sécurité alimentaire, les autres visent plutôt à approvisionner les marchés, à spéculer. Toutefois,  dans le fonctionnement du silo, le grade reste un élément capital. C’est le tammâr  ou marrâs, à qui l’on y confie la surveillance. Il veille surtout à ce que l’endroit du magasin soit secret et l’ensilage et l’extraction des grains se fassent la nuit.         

 

 

 

 

  • Second modèle : l’Ighrem ou l’Agadir. C’est l’entrepôt des montagnards. Robert Montagne et Dominique Jacques-Meunié l’ont scrupuleusement étudié pendant le Protectorat. On se contente d’en reprendre les idées principales, car en effet, comme l’a bien remarqué Bernard Rosenberger, les textes, à savoir les descriptions des voyageurs et les mémoires rédigés par les observateurs européens, manquent à ce sujet. Les Européens, attentifs à ce genre d’institution, n’ont pu pénétrer, avant le 19ème siècle, dans les montagnes et par conséquent n’ont vu que les silos des plaines.
 
 
 
 
Les structures traditionnelles de stockage des céréales au Maroc.  dans Architecture & Urbanisme szbgpuw4 
Agadir Aït Oughayne. Région de Taroudant, Maroc – Clement Guillaume
 

 

 

 

Dans l’Anti-Atlas et le Haut-Atlas occidental, le magasin à grain est un édifice à étage, « noblement architecturé », une forteresse en pierre, hérissée de tours, contenant jusqu’à 300 petites pièces où les membres de la tribu emmagasinent leurs denrées alimentaires, mais aussi leurs armes et documents. Ces greniers-citadelles, qui sont régis par des règles très strictes, remplissent non seulement une fonction économique mais défensive également. Ils indiquent l’orgueil de la communauté, son symbole social, son signe de puissance.

Là aussi, les provisions se conservent longtemps, surtout quand les agadirs sont bien aérés et les grains soigneusement protégés. L’on dit même qu’il arrive souvent que le grain récolté à la naissance d’un enfant serve à la fête de son mariage. 

 

 

 

  

 

 

 

  •  Troisième modèle : les Hrîs. Une institution urbaine, makhzénienne. « L’ état, remarque Bernard Rosenberger, est en effet le plus gros détenteur des réserves céréalières du pays ». dans les grandes villes, impériales notamment, le Makhzen dispose d’entrepôts à étage, bâtis en voûtes. La technique de conservation est ingénieuse. L’ouvrage, dressé jusqu’en haut du grenier en inclinaison, permet aux bêtes de somme d’y monter avec leurs charges de grains, lesquels sont versés dans des conduits et stockés en bas. Des orifices aménagés au rez-de-chaussée donnent lieu à des extractions. Les deux Hrîs de Meknès, édifiés pendant le règne du sultan Ismaïl sont monumentaux. L’un d’eux mesure « 185 mètres de long sur 69 de large », de quoi contenir « tous les grains du pays », selon Ibn Zaydan. Estimation exagérée certes, mais révélatrice, le volume de stockage étant considérable. L’on verra comment les réserves du Makhzen agissent sur les marchés en temps de disette.

 

En fait, de tels ouvrages indiquent une longue tradition makhzenienne ; car déjà les descriptions antérieures relatent des dimensions similaires. Au sujet de Marrakech, Léon l’Africain signale, qu’au temps des Almohades, il y avait deux greniers, eux aussi bâtis en voûtes, pouvant contenir chacun « plus de trente mille ruggi de grain ». Carvajal Marmol, lui, les considère comme « meilleurs de toute la Barbarie ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Pendule du Dey d’Alger

3102017

 

 

 

 

 

Pendule du Dey d'Alger  dans Attributs d'Algérienneté 1505304769-17-507819

Pendule du Dey d’Alger Prise en 1830 lors de la prise d’Alger / XIXe siècle

 

 

 

 

Dey Hussein, comme tous les beys, les deys et les pachas, est dévoré par l’ennui dans un palais où il se consigne lui-même ; il n’en sort que dans les grandes occasions. Pour charmer quelques-uns de ses nombreux loisirs, il s’est donné la passion des pendules; on assure qu’on en compte chez lui quatre cents. Aussi toutes les puissances européennes lui envoient-elles des présents de son goût; il estime principalement celles dont le timbre est le plus aigu et prétend faire sonner jusqu’aux cadrans solaires.

 

 

 

 

1505304769-17-507820 dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

M. Costa, l’horloger fidèle  du Dey  a raconté, entre autres choses, qu’un jour il courut le risque d’être empalé parce que la pendule favorite du Dey oublia de sonner midi.

 

 

 

 

1505304769-17-507821

 

 

 

 

 

 

Une des pendules du Dey d’Alger est arrivée jusqu’à Besançon (après la chute de la régence). Achetée par M. Gillet, payeur de l’armée d’occupation. Cette pendule construite à Londres, indique les heures, les jours du mois, les changements de lune, l’époque des principales fêtes turques, etc. les heures sont indiquées par un carillon enfermé dans la cage que surmonte un croissant. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le legs des Ottomans dans Les arts populaires et l’artisanat en Algérie

1102017

 

 

 

 

L’Algérie connaissait autrefois de nombreux métiers d’art, aujourd’hui presque tous disparus : travailleurs des métaux — dinandiers, bronziers, ferronniers, artisans —, selliers qui confectionnaient ces belles selles brodées d’or et d’argent, bijoutiers, menuisiers, ébénistes, charpentiers, tisserands, brodeurs-soutachiers, tailleurs, enlumineurs, etc.. Ces différents métiers étaient groupés par corporations dans des ruelles du grand souk voisin de la Janina.

 

Les rares métiers qui subsistent (bijoutiers, entre autres) ont abandonné les anciennes formes et opté pour des bijoux de type européen, souvent importés tout fabriqués.

 

Avant d’aller plus avant, il faut distinguer deux courants de tradition assez nettement distincts : un art rural, berbère ou bédouin, et un art citadin, ce dernier subissant la contagion des modes plus ou moins éphémères ; nous ne retiendrons que cette dernière activité citadine car, c’est là seulement (sauf exceptions qui seront évoquées) qu’il peut être fait état des apports ottomans.

 

 

 

 

1. La dinanderie

La plupart des cuivres fabriqués à Alger, à Constantine, à Tlemcen : chaudrons, seaux de bain, plateaux, aiguières, cafetières, lampions etc. se sont nettement inspirés de modèles orientaux, vraisemblablement importés par les Janissaires. Les formes offrent assez peu de différence avec celles connues en Anatolie et dans les pays dominés par les Ottomans : Syrie, Egypte, Libye, Tunisie, etc.. Les décors qui les ornent sont nettement ottomans : tulipes, œillets, cyprès, fleurs étalées, se retrouvent un peu partout, que ce soit sur les cuivres ciselés ou incisés.

 

  

 

 

 

Le legs des Ottomans dans Les arts populaires et l'artisanat en Algérie  dans Art ph7-gf

Marmite et couscoussier Tlemcen  

 

 

 

 

 

 

 

2. Les bronziers

Tlemcen exécutait, jusque vers 1930, de magnifiques marteaux de porte, en bronze, selon des techniques andalouses, Fès constituant le relais, tandis qu’Alger et Constantine avaient adopté des formes plus souples, en boucles, bien connues en Turquie.

 

  

 

marteau-porte-gf dans Art 

Marteau de porte

 

 

 

 

 

 

3. Les selliers-brodeurs

Ils ont naturellement disparu, mais des témoins de leur art sont conservés dans les musées : selles recouvertes de velours brodés de fils d’or, d’argent ou de soie, brides, fontes, tapis de selle, bottes et ceintures des cavaliers etc. ornés de la même façon, les éléments de décor étant de pure tradition ottomane.

 

 

 

 

 

 

 

 

4. Les menuisiers – ébénistes

Les palais, précédemment évoqués, nous révèlent la qualité des travailleurs du bois qui savaient exécuter ces grands vantaux à petits panneaux assemblés dans des montants, ces balustrades au décor raffiné, les petites portes de placards etc.. Leurs techniques s’apparentaient à celles bien connues en Anatolie, sauf en ce qui concerne les balustrades dont on ne connait pas d’équivalent en Turquie.

Quant aux plafonds peints, ils portent davantage la marque de l’Italie que celle de l’Empire ottoman.

 

 

 

 

 

 

 

 

5. La fabrication des tapis

II faut faire ici la distinction entre un art rural (tapis de tente, dont la tradition paraît très ancienne) et les tapis citadins (tapis de prière pour la plupart).

La particularité algérienne est que, traditionnellement, la fabrication des tapis sur métier à haute lisse est une affaire d’hommes, de spécialistes (les reggàms), véritables maîtres-d’œuvre et compositeurs.

Nous laisserons de côté les beaux tapis du Djebel Amour et des régions méridionales du Constantinois restés très attachés aux traditions du tapis de tente à décor essentiellement géométrique (qui ne sont d’ailleurs pas sans analogie avec les tapis de tente fabriqués en Anatolie à la période Saljûqide), pour ne retenir que ceux qui portent vraiment la marque de la Turquie ottomane.

Au Guergour, on exécutait, voici cinquante ans encore, des tapis à grand médaillon central losange (mifyrâb) bordé de bandeaux à compositions florales. Les éléments du décor, aussi bien que la composition, rappellent étrangement les tapis de Ghiordès ou de Kûla.

Cette mode ne semblait pas antérieure au début du XIXe siècle. Elle n’a pas manqué d’inspirer les reggâm du sud-constantinois, tribus Nememcha et Harakta, qui transposèrent fort habilement, sur leurs grands tapis, médaillons et bandeaux de style turc.

En Oranie, à la Qal’a des Banû Râchid, on fabriquait, aux mêmes époques, de splendides tapis à médaillons multiples dont l’inspiration était davantage andalouse que turque.

 

 

 

 

 

 

1505219352-tapis-nmemcha-gf  

 Tapis – Nmemcha

 

 

 

 

 

 

6. L’enluminure

Alger eut ses peintres enlumineurs, décorateurs des plafonds des palais et des coffres à vêtements ; l’un des derniers, Omar Racim, excellait dans l’art d’enluminer des Coran. Son frère Muljammad, formé à la même école, devait s’orienter vers une tentative de renaissance de la miniature, mais il empruntait ses modèles davantage à la Perse qu’à la Turquie.

Quant aux motifs du décor, encadrements d’arabesques à fleurons et palmettes ou flore souple, guirlandes d’œillets entre autres, elle semble sans rapport avec l’enluminure turque.

 

 

 

 

15-583224

Panneau de revêtement mural : Élément de décor architectural destiné à orner les murs des entrées, salles de réception et pièces d’habitation des maisons et palais. Alger.
Fin du 18e siècle-début du 19e siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




El- Khammas

28092017

 

 

 

 

De même que l’expression de métayer (du mot grec meta, moitié) signifie cultivateur à moitié du produit de la terre, le mot arabe khammas (du mot khamsé, cinq) signifie cultivateur au cinquième.

Tels furent  les usages généraux relatifs aux khammas dans la Mitidja et pays voisins.

La sarmia ou avance d’argent au khammas de la part du maître constitue leur engagement réciproque. La sarmia a pour origine et représente les avances successives que le serviteur a dû recevoir et qui lui sont indispensables pour vivre et se vêtir lui et sa famille jusqu’au moment où il recueille sa part de récolte. Le khammas doit rendre la sarmia avant de changer de maître, sinon le nouveau maître chez lequel il se rend doit en tenir compte à l’ancien.

La sarmia, à la fois signe et base incontestables des engagements, se donne ordinairement à la fin d’août ou au commencement de septembre, à la fin des foulaisons, époque de l’accomplissement des travaux annuels.

Elle varie selon l’aisance des khammas de 6 à 12 et 14 douros (de 30à70fr.).

 

 

 

 

 

El- Khammas dans Attributs d'Algérienneté 1505129097-khames

GOURBI de KAMÈS – Algérie 1900

 

 

 

 

Un proverbe arabe dit bon khammas, forte avanceC’est-à-dire qu’un ouvrier laborieux et rangé doit recevoir de plus fortes avances, et qu’il est de l’intérêt du propriétaire de contracter un engagement plus difficile à rompre avec un tel ouvrier qui lui présente plus de responsabilité et de probabilité de profits. Le laboureur ainsi engagé peut rarement s’acquitter, ou y regarde davantage.

Lorsque la sarmia est forte, le maître ne fait pas ou ne fait que très-peu d’avances en nature, selon les besoins de la famille.

Ces avances en nature ont lieu ordinairement en orge, parfois en maïs qui lui est préféré pour la nourriture, ailleurs partie en orge et partie en blé, 2/3 de l’une, 1/3 de l’autre. Elles consistent approximativement en trois mesures d’orge de Boufarik de 140 litres chacune ou proportionnellement, et se font successivement selon les besoins.

Avant le commencement des labours, le khammas doit avoir fait son gourbi et transporté ses effets.

Le maître fournit la bête de somme pour transporter les bois, les disses (herbes pour couvrir) ou la paille de marais; il indique le lieu où ils doivent être pris, sinon l’Arabe est obligé d’aller les chercher à la montagne. Il les coupe et doit aussi construire, pour mettre à couvert la paire de bœufs de labour fournie par le maître, une gourbi, avec une crèche en treillis de branchages.

Les gourbis appartiennent au maître, se placent au lieu qu’il indique, et ne peuvent être démolies ou enlevées à cessation d’engagements.

Le khammas a ordinairement une ou plusieurs vaches ou chèvres, une mule ou jument, le plus souvent un âne, pour lesquels on lui abandonne quelque lieu de pâture voisin. La possession de bêtes de transport par l’Arabe est avantageuse au maître, qui peut y trouver des ressources au besoin.

Le khammas peut être requis pour corvées extraordinaires, notamment pour le bois et l’eau, mais en ce cas il est d’usage de le nourrir.

Les femmes de khammas doivent tirer le lait des vaches du maître; elles ont pour cela un petit avantage en nature, en lait ou en beurre d’ordinaire. Mais il est à observer que dans les maisons européennes il y a difficulté ou impossibilité de se servir des femmes arabes à cause de la différence des mœurs qui entraînerait plus d’inconvénients que d’avantages.

Le khammas reçoit une paire de bœufs de travail: mais le maître a le droit de les tenir dans sa maison, et alors le premier va chercher leur nourriture, paille ou foin, les soigne et les nettoie comme s’ils étaient chez lui. Bien que la paille de blé soit leur nourriture habituelle, les Arabes lui préfèrent le foin dès qu’ils se sont assurés de la supériorité de ses qualités nutritives.

Le maître fournit et entretient la charrue et ses accessoires, notamment les courroies d’attache pour le joug. A. cet effet, on met ordinairement en réserve une peau de bœuf dans laquelle on découpe ces courroies.

Le khammas est tenu de travailler tout le jour, sauf le repos du matin, pendant qu’il mange, et jusqu’à une heure avant le coucher du soleil. Si on change les bœufs, il doit travailler jusqu’au coucher du soleil, dans ce cas quelqu’un des siens va lui porter la nourriture aux champs, afin qu’il ne cesse pas le travail.

Il est tenu de travailler par corps, c’est-à-dire que s’il est malade, il doit se faire remplacer par un ouvrier à sa charge, et s’il cesse de travailler, le maître peut mettre un homme à sa place à ses dépens ou le contraindre au travail par justice. La justice arabe est sévère en pareil cas, mais il y a une certaine tolérance de chef à serviteur en cas de maladie.

 

  




La fête d’Achoura : Abiannou au M’zab

26092017

 

 

 

 

 

Abiannou est le nom du neuvième jour du mois qui commence l’année. Le dixième jour c’est Achoura. On fait des applications de henné, on se pare, on se change les vêtements et on mange beaucoup : on doit manger cent bouchées, on doit faire cent prostrations de prière.  

Ce jour-là les futures mariées reçoivent de leurs futurs maris « le triomphe ». c’est des cacahuètes, des pois grillés, des pâtisseries, des raisins secs, des figues. On leur offre de l’argent, des habits. Elle « trône ».  

Depuis Abiannou jusqu’au jour d’Achoura (les femmes) ne pilent pas, ne moulent pas, elles craignent que la terre ne vienne se renverser dans la mer. Elles remplissent le centre de leur moulin à bras avec du blé, elles prennent de ce blé et en jettent sur leurs réserves, afin qu’elles soient bénies (abondantes), afin, dit-on, que le blé surabonde.  

 

 

 

 

La fête d’Achoura : Abiannou au M’zab dans Coutumes & Traditions 1504963140-sfouf01  

 

 

 

 

On prépare pour le souper du couscous aux dattes, on n’y met ni oignon, ni piment afin que l’année soit bonne et heureuse. Pour le souper on prépare du « refiss » (sorte de met sucré, semoule et sucre) en grande quantité, avec beaucoup de beurre et des œufs. On sert des plats de refiss à des orphelins que l’on convoque, à des enfants qui ont perdu leur père, aux démunis, tous mangent le refiss et on leur oint la tête d’huile, et on leur offre de l’argent.  

Le matin on se rend aux cimetières. On gâche du plâtre blanc. On fait des distributions pieuses, on enduit de blanc les dalles des tombeaux. C’est le matin d’Achoura avant que ne monte le soleil que l’on enduit de plâtre blanc les dalles des tombeaux.  

Alors deux morceaux de viande conservés de la Grande Fête (العيد الكبير) sont mis ce jour d’Achoura dans la marmite. Un de ces morceaux est appelé « la planche », l’autre « le chien ». Ils sont consommés ce jour-là. Aux os de ces morceaux de viande on applique le henné et on les met sous un plat à couscous, on les gardera pour le premier de l’an.  

Les gens appellent Achoura Abiannou.  

Ce jour-là est le neuvième du mois. C’est le jour que Notre Seigneur Noë a reçu, descendu du ciel, l’arche et que le déluge s’est terminé. Il fit sortir un oiseau et il lui dit :  

  • Va, sors, l’herbe a poussé sur la terre.  

Il fit descendre l’arche, en fit sortie les enfants, les femmes et les hommes, les chèvres et les boucs, les ânes et les ânesses, le chameau et la chamelle, le chien et la chienne, le chat et la chatte, la jument et le cheval, le mulet et la mule, le lièvre et la hase, la tourterelle et son mâle, le moineau et sa femelle, le pigeon et la pigeonne, le passereau et sa femelle et les animaux sauvages : le lion et la lionne, le chacal et sa femelle, l’hyène et son mâle, et le monde se trouva créé de nouveau.  

Les enfants ayant faim se mirent à dire (à Noë) :  

  • O Noë ! Noë ! donne-nous à manger !  

Il leur dit :  

  • Mangez de l’herbe.  

Et c’est depuis ce temps-là que l’on appelle ce jour « Abiannou » (jeu de mots en berbère) c’est-à-dire « ô père Noë », ou bien (en langage enfantin) « donne, ô Noë ! ».  

Les enfants disent « Abiannou » et vont quémander aux portes des maisons prenant avec eux un grand bol ou un petit couffin, ils quémandent et y ramassent la nourriture (quêtée) : fèves, dattes, pain, grosse semoule, refiss, petits morceaux de viande, œufs. Ils apportent cela à leur maman et à leur papa, ils en mangent et le lendemain jour d’Achoura ils jeûneront. Ils se lavent tout le corps à grande eau, se mettent des vêtements propres, rituellement purs.  

Les femmes et les filles s’arrangent la tête, les hommes vont chez le coiffeur. La coiffure au parfum se fait avec de la rose, de la racine odorante, de grains odorants, de clous de girofle, de lavande, de musc, d’une sorte d’écorce odorante et de nard indien. 

Ce jour-là on blanchit la laine au lait de chaux, de même les grandes pièces, les fichus, les tuniques des hommes, parce que ce jour-là est béni, il apporte l’abondance, on y confectionne aussi des lissoirs de tissage. 

  

Un gigot de la Grande Fête de ce jour sera conservé, disséqué, salé, mis sur une corde à sécher, enfermé dans un pot pour Abiannou. Il sera utilisé en trois fois : on en met une partie dans la marmite ce jour-là même premier Mouharrem, le jour d’Achoura et Abiannou prochains. Ce jour-même on met dans la marmite le morceau appelé « la planche », on le ronge bien, puis on applique le henné à l’os « planche » de la fête, on le met sous un plat à couscous pendant la nuit d’Achoura et au matin on le retrouve avec des écritures jaunes.  

Voilà ce qui se fait en ce mois de Mouharrem.  

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Témoignage de H.M, homme 36 ans –recueilli à Ghardaïa en 1947 par  J. Delheure auteur du livre Faits et dires du Mzab 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  

   

  

  

  

  







Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45