Cuivre pour or

28042017

 

 

 

 

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Paire de bracelets de cheville en or à tête de serpents /  Constantine 19e  siècle

 

 

 

 

 

 

On raconte qu’El-Hadj El-Habib ben Abed Mebkhoula, caïd de la tribu des Hammans, cercle de Mécheria; donna une forte somme à un bijoutier juif pour lui faire une paire de gros khalkhals et chargea l’un de ses serviteurs de surveiller attentivement cette opération. L’Arabe emportait l’or chaque soir et le rapportait le lendemain matin au bijoutier. Lorsque le juif eut presque achevé son travailet n’avait plus qu’à fourbir le bijou pour lui donner plus de lustre, il fit en cachette des khalkhals en cuivre; qu’il apporta et déposa dans la cuve pleine d’eau sale destinée au refroidissement des bijoux. Le jour de la remise de la paire de khalkhals étant arrivé, le juif affecta de lui donner les plus grands soins: il plongea les bijoux d’or dans la cuve, en retira les khalkhals de cuivre, qu’il nettoya et remit à son client.

 

 

L’Arabe partit joyeux; mais l’idée lui étant venue de montrer la paire de khalkhals à un connaisseur, il apprit avec stupéfaction qu’il avait reçu des objets de cuivre, absolument semblables extérieurement. Il requit alors un agent de la force publique pour arrêter le juif, qui fut trouvé détenteur des bijoux truqués. Il avait, paraît-il, l’habitude de ces délicates substitutions.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Zendani Bekaou Aâla Kheir (Restez en paix !)

26042017

 

 

 

 

L’air le plus connu et le plus populaire d’Algérie : le zendani Bekaou aâla kheir (Restez en paix) se joue pour clore une grande fête comme une simple séance de musique ; c’est le congé que prennent les musiciens des hôtes qui les ont écoutés.

 

 

Le nombre des couplets est indéfini. « Restez en paix! disent les chanteurs, nous voilà partis ; si on nous aime, on reviendra nous chercher. Restez en paix ! Il nous faut partir; la voix du muezzin crie l’appel à’ la prière. Restez en paix ! Foin des importuns ! Que ceux qui occupent les chaises les abandonnent. Restez en paix ! Nous nous sommes amusés un moment ; que Dieu préserve l’assistance. »

 

 

 

Le Zendani Bekaou Aâla Kheir (Restez en paix !) dans Musique 1490975041-restez-en-paix

 

 

 

 

Quand tous les couplets traditionnels sont épuisés, les chanteurs en improvisent où ils intercalent les noms des convives de marque, des personnages qu’ils veulent honorer, faisant rimer ces noms avec les formules habituelles de politesse et de remerciements.

 

Se conformant à cette coutume voici un exemple d’un improvisateur qui chantait à la fin du XIXe siècle :

 

 

Bekaou aâlakhir! hâd l’h'erouf bhamro,

Men aând eddirictor M’siou Combario. Ellah hinesrou !

Bekaou aâla khir ! Ouhad elklam soua soua. H’akim ekbir houa M’siou Laloua. Bekaoû aâla khir !

Bekaoû aâla khir I Rebbi ikhelli erdjal Elli ikraou la Revo Mosical. Ebkaou aâla khir !

Restez en paix I Cet article a été fait par son ordre, Par l’ordre du directeur M. Combarieu. Que Dieu lui accorde la victoire.

Restez en paix ! Voici des paroles vraies. Un grand savant, c est M. Laloy. Restez en paix

Restez en paix ! Que Dieu conserve les hommes Qui lisent la Revue musicale. Restez en paix.

 

 

 

 

 

 

Dans le mode Chaâbi (Algérois)

 

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Dans le mode Malouf (constantinois) avec improvisation

  

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Timechekerrit : coutume guerrière kabyle

24042017

 

 

 

 

Les Kabyles suivaient dans leurs guerres, une coutume qui était d’un usage fréquent, c’est ce qu’ils appellaient le Timechekerrit.

 

Au moment de la réunion générale où l’on décide la guerre, les tribus ou les villages se lancent les uns aux autres des défis de prouesse ; ce sont généralement les tribus séparées par de longues inimitiés qui, réunies pour une même cause, veulent rester rivales dans la lutte contre l’ennemi commun et font ainsi tourner leur rivalité au profit du bien public. Cette coutume est suivie aussi bien dans les guerres de tribu à tribu que dans les guerres contre un étranger. Tantôt, chaque tribu rivale défend une portion de retranchement et celle qui lâche pied la première est déshonorée ; tantôt on indique le point où il faudra arriver, après avoir culbuté l’ennemi, pour avoir les honneurs de la journée.

 

Les Kabyles mettaient un extrême amour-propre dans ces défis, les meddahs chantent la gloire du vainqueur et la honte du vaincu et leurs récits rimés se transmettaient de génération en génération.

 

   

 

 

 

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 Gravure Algérie 1856. Expédition de KABYLIE : 16 septembre à MAHALET RAMDAM. 24 septembre chez les BENI KOUFFI

 

 

 

 

 

 

 

 

Les exemples qu’on pourrait signaler sont nombreux, nous citerons seulement le combat livré le 17 mai 1844, dans les Flissat ou Millil, par le maréchal Bugeaud, où toutes les tribus kabyles avaient envoyé leurs contingents ; l’attaque des Beni Iraten, le 24 mai 1857, où les fractions d’Irdjen et d’Ait Akerma rivalisèrent de ténacité dans des retranchements établis entre Tamazirt et Adeni; les combats d’Icheriden du 24 juin 1857 et du 24 juin 1871, qui peuvent compter parmi les plus sanglants livrés par le colonisateur  aux Kabyles.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Première guerre mondiale (1914 – 1918) : Scènes du front, Champagne et Balkans

22042017

 

 

 

 

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La langue franque (La lingua Franca)

20042017

 

 

 

 

Sur une grande partie des pourtours méditerranéens, dont les côtes de l’Italie, de la France, de l’Espagne et du Maghreb, la lingua franca fut en usage, durant tout le Moyen Âge, l’époque classique, et jusqu’au début du XIXe siècle, dans les relations commerciales, politiques, diplomatiques ou guerrières qu’eurent avec les européens les souverains d’Alger et de Tunis, ainsi que les marchands et voyageurs, militaires et marins. La dynamique de ces rapports assez instables, et sans doute aussi le caractère coloré et pittoresque d’un subir où se mélangeant des mots d’origines hétéroclites (surtout italiens mais aussi provençaux, catalans, castillans, français, grecs, turcs et arabes) firent de la lingua franca un sujet de fantaisies littéraires.   

 

 

 

 

 

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La lingua Franca que l’on parlait à Alger et qu’on l’appelait aussi le Petit Mauresque tient beaucoup à l’espagnol, employée par les habitants des villes maritimes. Cet idiome n’a ni orthographe, ni règle grammaticales bien établies ; il diffère même sur plusieurs points suivant les villes où il est parlé. Les verbes s’emploient constamment à l’infinitif, il n’y pas même les inversions des pronoms, qui en français donnent à une phrase le caractère interrogatif, en sorte que lorsque l’on parle d’une action on est embarrassé pour savoir si c’est d’un acte consommé ou d’une acte à faire , ou même si on demande ce qui a été fait relativement à cet acte; ainsi 

 

 

ti andar passegiar veut tout aussi bien dire tu es allé te promenerque vas-tu te promener? Es-tu allé te promener? Ou enfin iras-tu te promener? 

 

mi crumpar cavalloj’ai acheté un cheval, J’achèterai un chevalachèterai-je un cheval? 

 

Remarquez bien encore qu’on ne distingue pas les nombres, ainsi cette phrase se dit tout aussi bien s’il est question d’un cheval que si on veut parler de plusieurs chevaux, et à moins que l’on ne dise si l’on a dans sa pensée deux, trois, quatre chevaux, on ne sait pas. Si celui qui parle entend exprimer par sa pensée un cheval ou plusieurs chevaux.

 

Ce n’est rien que tout cela encore, mais presque tous les mots tirés des diverses langues sont défigurés principalement dans leurs terminaisons, et au milieu de ce galimatias se trouvent d’innombrables barbarismes, des mots traduits à la volonté de celui qui parle ; ainsi 

mi voulir facir sella al cavalloje veux faire une selle de chevalvoulir et facir se comprennent, mais d’où viennent-ils?  Et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que cette phrase qui peut se prendre comme la précédente dans le temps passé ou futur, ou dans le sens interrogatif, s’emploie dans les mêmes expressions et pourrait s’entendre sous les mêmes modifications, s’il était question de mettre la selle à un cheval comme de faire une selle de cheval. 

 

La pauvreté de ce langage se fait sentir à chaque instant; bono est le grand mot qui vient à chaque instant, bono vent dire bon , mais il veut dire aussi bonnement, bien , il exprime de plus le sens des adjectifs, solide, propre , sage , beau, joli et tous ceux qui ont un sens laudatif; la casa bono est à votre choix la maison solide, ou belle, ou propre, ou commodeune bonne terre est terra bono, mais la terre médiocre est poco bono , la meilleure est mucho bono et la terre mauvaise est non bono, car il n’y a pas d’autre moyen pour exprimer la qualité de ce qui est mauvais; ainsi qui sait bono connaît la moitié de la langue, et lorsque Figaro croyait savoir parler anglais parce qu’il disait goddem, le premier venu connaît à plus forte raison la langue franque , lorsqu’il sait dire bono et non bono

 

 

 

On a cherché à découvrir l’origine de cet étrange baragouin , et on a pensé qu’il avait pris naissance parmi ceux que les corsaires retenaient esclaves à Alger; ces prisonniers appartenaient principalement à l’Espagne , à l’Italie et à la Provence , et chacun d’eux éprouvant le besoin de se faire entendre de ses compagnons d’infortune , apportait le tribut de son idiome, qu’il tâchait de mettre à portée de son interlocuteur, à qui il cherchait à faire adopter quelques-unes de ses expressions , en s’efforçant de comprendre et d’employer les siennes. Les maîtres de ces infortunés, ceux qui avaient sous leurs ordres les captifs appartenant à l’état, étaient dans la nécessité d’apprendre à parler comme eux, autant pour les entendre que pour se faire entendre d’eux. Les Corsaires, qui étaient nombreux à Alger, tant parmi les Maures que parmi les Turcs, avaient également besoin, ainsi que leurs équipages , de connaître ce langage , et quelques navires marchands d’Alger qui fréquentaient les ports de Marseille , Gènes , Livourne, Naples, Barcelone , Carthage, Manon et autres, en rapportaient toujours quelques mots qui s’entremêlaient confusément sans qu’aucune méthode intervînt pour en régulariser l’usage ; mais l’Espagnol y domine, et de toutes les langues de l’Europe, c’est celle avec laquelle on est le plus généralement compris. Cependant c’est avec cette façon de parler que les Européens arrivés à Alger, depuis la domination française, ont pu se faire entendre des Maures et des juifs; plus ou moins, les indigènes en comprennent tous quelques mots, les juifs surtout en font un usage fréquent ainsi que les kabyles qui sont nombreux dans la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sidi-el-Haloui

18042017

 

 

 

 

 

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Sidi-el-Haloui, dont on raconte une fort jolie légende. Abou-Abd-Allah-Ech-Choudi, héros de cette légende, naquit à Séville, où il fut cadi; puis, quittant patrie, honneurs et fortune, se couvrant de haillons et prenant le bâton de pèlerin, il passa la mer, arriva à Tlemcen où, contrefaisant le fou, il laissait la foule s’ameuter et crier après lui. Cela se passait vers l’an 665 de l’hégire (1266 de J.-C.), sous le règne de Yagh’Moracen.

 

Cependant Ech-Choudi vendait sur la place publique des bonbons et des pâtes sucrées, halouat, d’où le surnom d’Haloui que lui donnèrent les enfants. Puis, lorsque par ses bouffonneries il avait rassemblé assez de monde autour de lui, il changeait de ton et de langage, et se mettait à discourir en controversiste consommé sur la religion et la morale, et la foule se retirait confondue et pleine d’admiration.

 

Baba-el-Haloui ne tarda pas à passer pour un oracle ; son but était atteint, il fut salué ouali, saint, et il ne fut plus question que de ses miracles. Sidi El-Haloui mourut dans un âge avancé et fut enterré hors de Bab-Ali (Bab-Ziri) en 705 de l’hégire (1305-6 de J.-C.).

 

La lin de cette histoire, déjà assez merveilleuse par elle-même, n’est pas cependant la vraie, dit un auteur ; voici celle à laquelle seule, tout bon musulman doit ajouter foi. Le bruit de la renommée d’El-Haloui n’ayant pas tardé à arriver jusqu’au sultan, celui-ci lui confia l’éducation de ses deux fils. Mais, desservi par la jalousie du vizir, qui le fit passer pour sorcier, El-Haloui fut décapité et son corps abandonné sans sépulture à la voracité des bêtes fauves et des oiseaux de proie. La haine du grand vizir était satisfaite, Dieu seul n’était pas content. Le peuple aussi faisait entendre des murmures et des plaintes.

 

Or, voici que le soir qui suivit cette terrible exécution, le bououab ou gardien des portes criait comme à l’ordinaire : La porte ! La porte ! Afin que les retardataires qui se trouvaient encore dehors se hâtassent de regagner leur logis, quand tout à coup une voix lugubre retentit au milieu du silence de la nuit :

— « Gardien, ferme ta porte ! Va dormir, gardien ! Il n’y a plus personne dehors, excepté El-Haloui, l’opprimé. » Le gardien fut saisi d’étonnement et de terreur, mais il se tut.

 

Le lendemain, le surlendemain, pendant sept jours, la même scène miraculeuse se renouvela. Le peuple, qui eut vent de ce qui se passait, murmura tout haut. Le sultan ne tarda pas non plus à connaître ce miracle, et voulut s’assurer par lui-même de son évidence : il se rendit chez le Bououab, et quand il eut entendu El-Haloui, il se retira, disant : — « J’ai voulu voir, j’ai vu. » Il était juste, comme l’est tout sultan des légendes, et l’aurore du lendemain éclairait le supplice du grand vizir, qui fut enseveli vivant dans un bloc de pisé que l’on posa justement vis-à-vis de l’endroit où le pauvre ouali avait été décapité, et où son corps gisait sans sépulture; on refaisait alors les remparts de la ville.

 

Pour que la réparation fût complète, la volonté royale décida qu’un tombeau, digne de la sainteté de la victime, lui serait élevé; on y déposa ses restes. Le petit bâtiment qui recouvre la pierre tumulaire sans inscription de Sidi El-Haloui, s’élève sur le tertre où le saint fut, dit-on, décapité. Un caroubier séculaire l’abrite de son large et sombre feuillage. Plus bas, la mosquée surgit, blanche et étincelante de mosaïques, au milieu d’un immense massif de verdure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sour Kelmitou

16042017

 

 

 

 

Sour Kelmitou dans Attributs d'Algérienneté ca27_sour_05

 

  

 

 

Ville en ruines dans le pays des Medjehar, au nord-nord-est de Mostaganem.

Le docteur Shaw croit que ce sont les restes de Lar-Castellum de l’itinéraire d’Antonin. Les habitants du pays prétendent que du temps des guerres des Moulouk-el-Arab (princes arabes), cette ville fut prise d’assaut, détruite, et que tous les habitants furent passés au fil de l’épée; de là le nom que portent maintenant ces ruines:

سور كل موتى  Sour-Koul-Mouta, كل ميتو Koul-Mitou : 

Sour : rempart; et koul-mouta , koul-mitou, tous morts.

 

Il y avait  aux environs une source d’eau excellente, et un bois magnifique d’oliviers et d’amandiers.

 

 

 

 

 

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Bogolan: le joyau de l’art artisanal du Mali

14042017

 

 

 

 

Bogolan: le joyau de l'art artisanal du Mali  dans Art 1490012429-31139c15c232a7345d314a8fed465cea

 

 

 

 

 

Le bogolan est une technique ancestrale propre aux peuples mandés d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’une peinture sur tissu exécutée exclusivement à partir de pigments minéraux et végétaux. Sur des bandes de coton tissés par les hommes, les vieilles femmes peignaient : trousseaux de mariage, vêtements d’usage courant, pagnes destinés à être commercialisés. Chasseurs et bergers teignaient également leurs tenues de chasse, de travail, de parade.

« Bogo » signifie ‘terre, boue’, de sorte que bogolan signifie ‘obtenir un résultat avec de la boue). Aucune datation précise de ses origines n’a pu être déterminée, en raison de la fragilité du matériau.

 

La tradition orale rapporte qu’une femme aurait malencontreusement souillé avec la boue du fleuve un pagne qu’elle portait, et qu’en essayant de le nettoyer, elle se serait rendu compte que les taches étaient indélébiles.

 

Les ethnies qui pratiquent la technique du bogolan sont les Bambara, les Dogon, les Bobo, les Sénoufo, les Minianka et les Malinké. Cet art était, à l’origine, réservé aux femmes inaptes aux travaux physiques à la suite d’une blessure ou d’un âge avancé. Elles confectionnaient des vêtements pour toute la communauté. Chaque motif revêtait une symbolique en relation avec l’usage qui était destiné au vêtement, ou avec celui qui le portait. De nos jours, suite à l’engouement des occidentaux pour le bogolan, l’assemblage des dessins ne répond qu’au seul critère de l’esthétique.

 

 

 

 

 

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Femme Bambara (Mali) confectionne un vêtement en bogolan

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette technique, on dessine un motif avec de la boue riche en fer sur un fond teint au préalable avec la teinture basilan, créant une couleur noire. Il existe plusieurs styles de bogolan. Les Bambaras dessinent les motifs avec de la boue, et ceux-ci virent au noir en réagissant avec le tissu imprégné de teinture basilan. Les Sheynas de Korhogo (Côte d’Ivoire) procèdent de manière inverse ; ils dessinent d’abord le motif par la technique basilan, passant généralement plusieurs couches de la décoction sur les lignes et les surfaces du motif décoratif, et ensuite ou bien ils dessinent à nouveau sur les motifs avec une dernière couche de boue liquide appliquée avec un pinceau fait de tige de palmier, ou bien ils plongent toute la pièce de tissu dans un bain de boue diluée. Là où la boue vient en contact avec le motif tracé sur le tissu par la méthode basilan, il se forme des dessins noirs qui sont fixés sur le tissu, tandis que la boue est enlevée par lessivage du reste de la surface, laissant un fond blanc de la couleur naturelle du coton. Les motifs obtenus sur le tissu bogolan ont une signification particulière ou transmettent des messages, et les compositions les plus élaborées se rencontrent au Mali dans les régions de Bélédougou (Kolokani), Fadougou (Banamba), Pondo (sud de Djenné) et Bendougou (Bla). Dans ces régions, ce sont surtout les femmes qui pratiquent la technique bogolan, en suivant les anciennes procédures héritées de leurs ancêtres. Les thèmes des dessins, en particulier ceux des pagnes de ces districts, se rapportent aux cultures et aux communautés locales, à leur histoire, leurs modes, leurs mythes, leurs événements familiaux, la hiérarchie des groupes sociaux, et certains sont également dotés de pouvoirs protecteurs. Cette technique de teinture, qui n’était jadis appliquée qu’à des occasions familiales particulières, a évolué dans la période récente pour devenir une branche importante de l’économie artisanale du Mali.

 

 

 

 

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Bogolan Textiles – Segou

 

 

 

 

 

 

Production et commerce international :

 

Les tissus traditionnels bogolan ont commencé à être commercialisés à assez petite échelle au Mali dans les années 1970, principalement par des femmes des districts de Kolokani, Banamba, San, Djenné et Ségou qui cherchaient à accroître leur revenu familial. Ce développement commercial a commencé à prendre réellement de l’importance dans les années 1980, et depuis lors plusieurs centres de production à grande échelle de bogolan sont apparus, par ex. dans la ville de San. Entre 1980 et 2004, le commerce de vêtements et de tentures décorés par la technique bogolan s’est développé en flèche, et ces textiles sont maintenant exportés en grandes quantités dans le monde entier. Cet artisanat est surtout prospère au Mali, où les villes de Bamako et Mopti sont devenus des centres d’exportation de tissus bogolan vers le Sénégal, le Ghana, l’Afrique du Sud, l’Europe (France, Allemagne, Suisse, Belgique), l’Asie (Japon) et l’Amérique (Etats-Unis, Canada).

 

L’industrie du bogolan s’est propagée dans les pays voisins ; après le Mali, le Burkina Faso et plus récemment le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Niger se sont également mis à produire des tissus bogolan à grande échelle.

 

Au début des années 1990, la mode s’est établie au Mali de porter des vêtements de coton décorés par la technique bogolan. Il s’est ainsi ajouté à la production pour l’exportation une production à usage local, et à présent, dans les centres urbains, de nombreuses associations féminines pratiquent la teinture bogolan comme source de revenus professionnels, ce qui attire également de plus en plus d’artisans masculins.       

 

 

 

 

 

Bogolan dans l’art contemporain malien

 

Héritier d’une tradition est ce qu’il y a de plus difficile pour un homme. Le privilège de la transmission, le respect d’une direction donnée par les ancêtres, la connaissance des clés et des significations du langage symbolique obsèdent la conscience de certains artistes en Afrique. Le travail des artistes et artisans maliens contemporains sur les bogolans est à ce titre exemplaire.

 

Actuellement, l’usage des pagnes en bogolan tend à disparaître, la symbolique s’oublie, mais un artisanat vivant perdure. Les signes et les codes demeurent utilisés, même si une part de sens est oubliée, et les artisans maliens continuent à composer leurs bogolan au gré de leur savoir et de leur inspiration. Ainsi parmi les motifs des bogolan contemporains exposés au musée des Arts africains et océaniens en 1990, peut-on reconnaître des signes anciens : bara feere, la fleur de calebassier ; kooli so, cercle centré sur un point, figure l’enceinte maison…

 

 

Pourtant, la plupart des exposés ne sont pas exécutés selon les règles de la tradition. Ils sont l’œuvre de quelques jeunes artistes ayant poursuivi leurs études à l’Institut national des arts de Bamako, au Mali. Ces jeunes hommes sont des citadins, des peintres ayant reçu une formation artistique. Leur goût pour l’artisanat malien les a amenés à réapprendre les signes et les idéogrammes ancestraux, à les utiliser et à constituer le groupe Bogolan Kasohane, lieu d’échange, de transmission et de solidarité qui n’est pas sans évoquer les structures sociales traditionnelles. Bien sûr, le bogolan, avec eux, évolue sur le plan stylistique : les œuvres ne sont pas de pâles copies des œuvres des ancêtres, mais des réactualisations de celles-ci. Elles n’en sont que plus authentiques puisqu’elles reflètent par leurs variations stylistiques même les évolutions sociales. Ainsi, par leurs tons bruns, leurs graphismes stylisés, leurs thèmes, des œuvres comme La Mélodie, La Création, Contre l’injustice, Hommage aux artistes anonymes, Couples de l’an 2000, témoignent autant du passé que du présent.     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Explications et demonstration de techniques de bogolan par Issiaka Dembélé à Ségou, Mali

 

 

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L’année de la guerre feinte

12042017

 

 

 

 

Sous le règne de Hassen-Bou-Hanek bey de Constantine (1736), il se passa un fait qui mérite d’être rapporté et qui a fait époque dans l’histoire de ce temps, puisque c’est de lui qu’est venu le dicton : L’année de la guerre feinteCe fait, le voici:

 

 

Des dissentiments s’étaient élevés entre le pacha d’Alger, alors régnant, et le bachagha préposé à l’administration des affaires arabes. Comme ce dernier jouissait d’une influence considérable, le pacha, n’osant le faire périr ouvertement, résolut, pour se débarrasser de lui, d’employer la ruse, et voici la supercherie qu’il imagina.

 

Il le fit appeler et lui dit d’un ton confidentiel et avec un air de sincérité feinte : « Le pacha de Tunis s’est déclaré notre ennemi et refuse de remplir les engagements contractés envers nous. Vous allez vous rendre auprès du bey de Constantine pour mettre, de concert avec lui, une armée sur pied, et vous envahirez le territoire tunisien. Si, en présence de cette démonstration, le pacha effrayé consent à se libérer de ses  obligations, votre but sera atteint et vous n’irez pas plus loin. Si, au contraire, il résiste, vous poursuivrez  votre marche sur la capitale, et vous attendrez là les renforts en troupes et en munitions de guerre que je vous enverrai. »

 

Le bachagha, prenant au sérieux la mission qui venait de lui être confiée, se hâta de quitter Alger, croyant courir à sa gloire, tandis qu’il courait à sa perte.

 

 

 

En effet, le pacha d’Alger faisait en même temps parvenir au bey Bou-Hanek une dépêche secrète ainsi conçue : « Le bachagha, par ses intrigues et ses menées,  s’est rendu coupable de trahison envers nous. Ne pouvant le condamner à mort publiquement, nous l’avons chargé d’une mission à entreprendre contre la régence de Tunis. Quand il arrivera auprès de vous, vous exécuterez ses ordres et vous vous hâterez de vous mettre en campagne. Mais lorsque vous serez en route, faites-le périr secrètement et ensevelissez son corps sous terre. Cela fait, vous reviendrez sur vos pas et abandonnerez cette expédition. »

 

 

 

Quand le bachagha arriva à Constantine, le bey, conformément aux instructions qu’il avait reçues, s’empressa d’obtempérer à ses ordres. Il rassembla à la hâte tout ce qu’il avait de forces en cavalerie et en infanterie, et dés que la colonne fut prête, les deux chefs quittèrent la ville. On se mit en marche; mais après quelques jours de route, le bey, trompant la confiance de son collègue, lui fit avaler un breuvage empoisonné qui lui brûla les entrailles, et le lendemain il se réveillait dans la tombe. Le bey, ayant rempli le but de sa mission, rentra à Constantine, satisfait sans doute d’avoir si bien servi les ordres de son maître.

 

 

 

Il faut convenir que cette action n’est guère à la louange du bey Bou-Hanek, pas plus qu’à celle du pacha, son suzerain; et c’est, cependant, le seul fait que l’historien El-Anteri* ait cru devoir rapporter dans les quelques pages qu’il consacre à ce prince. Du reste, pas une réflexion, pas une parole de blâme à ce sujet, tant il semble que la trahison, sous le gouvernement turc, fut chose ordinaire et passée dans les mœurs publiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: Sid Salah-ben-el-Anteri : auteur arabe du premier Essai d’une histoire de Constantine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’urbanisation dans l’Algérie Médiévale (3ème partie)

10042017

L’ALGÉRIE OCCIDENTALE À L’ÉPOQUE DE LA CONQUÊTE MUSULMANE

 

 

 

 

Nous savons que cette partie de la Maurétanie césarienne était composée d’un réseau de cités plus espacé que dans la Numidie ou la Proconsulaire. Au- delà du Chott El Hodna, vers l’ouest, à l’intérieur des terres, les agglomérations d’époque antique ne connaissent pas la densité de la partie orientale de l’Afrique. Rome avait abandonné cette partie du territoire avec Dioclétien, à partir du IIIe siècle, et avait fait du Chélif sa frontière, pour mieux concentrer ses forces sur la partie orientale de l’Afrique, car au-delà c’est le pays par excellence des tribus nomades, incontrôlables et belliqueuses.

 

Tiaret fut négligée par le nouveau limes qui remontait vers le nord et la vallée du Chélif à partir de Columnata en empruntant la trouée de l’oued Rhiou. La ville fut une sorte de bastion qui couvrait à l’ouest la partie de la Maurétanie césarienne gardée par l’Empire. Mais il semble que ses attaches avec « l’Afrique romaine » furent conservées. Les fouilles des Djeddars, ces monuments funéraires royaux situés sur les monts de Frenda à 30 km de Tiaret, nous apprennent qu’il existait autour de Tiaret un royaume qui perdura peut-être jusqu’au début de la conquête musulmane. Ceux qui les ont édifiés étaient sûrement en contact avec les Byzantins de Carthage. Ce sont eux qui s’opposèrent à ‘Oqba Ibn Nafi’ lors de sa grande expédition vers l’ouest en 683. Tahert l’ancienne devait exister au moment où Ibn Rostom vient s’installer dans la région puisque des monnaies de bronze, des fulus, trouvées à Volubilis mais frappées à Tahert, mentionnent le nom d’un gouverneur de la ville, dépendant de Bagdad.

 

Les récits de fondation des villes relatés par les historiens musulmans nous font penser que certaines furent créées ex nihilo. Nous avons l’exemple de Tahert. Selon la tradition ibadhite, le site n’était au départ qu’un maquis touffu, repaire de bêtes sauvages, lions et reptiles. Aussi les compagnons d’lbn Rostom firent-ils la proclamation suivante aux bêtes : « Allez-vous en, car nous voulons habiter cette terre » ; ils leur donnèrent un délai de trois jours. Les animaux obéirent et l’on vit une bête sauvage emporter ses petits dans sa gueule. Or quand nous nous référons au terrain, nous constatons que le site décrit comme vierge est au contraire riche en vestiges ? Cadenat a trouvé des pièces de monnaies antiques mais aussi de l’outillage lithique remontant à la préhistoire. Les historiens et géographes ont mis en relief le manque d’eau dans l’ancienne Tahert par rapport à la nouvelle agglomération qui n’en manquait pas. Mais c’est surtout la volonté du fondateur de créer un nouveau pôle à partir duquel un aménagement du territoire est entrepris. Tahert la neuve, fondation de Abderrahmane Ibn Rostom, se développa rapidement et des populations de diverses régions accoururent s’installer du fait de son activité commerciale et de la bonne gouvernance des imams rostémides. Al Muqadassi pouvait ainsi la décrire comme « une grande cité, très riche, vaste, accueillante, agréable, avec des marchés ordonnés, de l’eau en abondance, une population excellente, une cité de fondation ancienne, de construction solide et d’aspect magnifique ». Le centre ville était situé autour de la mosquée cathédrale construite par Ibn Rostom. S’agençaient là les différents quartiers, avec de nombreux bains, bazars et marchés. Surplombant le marché principal, une citadelle avait été construite et portait le nom de « Ma’suma », l’inviolable. La ville était entourée d’un rempart percé de plusieurs portes dont Bab al-Safa, Bab al-Manazil (porte des Logements), Bab al-Andalus, Bab al-Matahin (porte des Moulins). Al Muqadassi et Ibn Saghir nous donnent certains noms de quartiers et de rues : Darb al- Maçuna, Darb Harat el-Faqir, Darb al-Bassatin, Bab Majjana. Mais l’important dans la fondation de Tahert fut de drainer un flux économique sans précédent vers cette nouvelle capitale. Elle ouvrit surtout la route du sud vers le Sahara et le Bilad ai-Soudan, le pays des Noirs, c’est-à-dire le pays de l’or.

 

 

Plus vers l’ouest, il existait un royaume autour d’Altava (Ouled Mimoun) dirigé par un chef berbère, Masuna, qui, sur une inscription d’Altava datée de 508, porte le titre de rex gent(ium) Maur(orum) et roman(orum), « roi des tribus maures et des Romains ». Outre Altava, Masuna possédait deux autres villes, Castra Severiana et Safar. Nous savons aussi qu’autour de Siga, l’ancienne capitale des Massaessyles, il y avait un certain nombre de petites agglomérations et de ports qui servaient d’escales aux marchands puniques ou romains. Le littoral de la côte orano-tlemcénienne était connu des géographes et historiens de l’antiquité. Tite Live et Ptolémée signalent Portus Sigensis et Gypsaria Portus. Mais c’est Vltinéraire d’Antonin qui est le plus complet dans sa description, mentionnant six escales entre la Malua (Moulouya) et Portus Sigensis (Rachgoun, à l’embouchure de la Tafna) : Lemnis, Popleto Flumen, Ad Fratres, (Ghazawat, ex Nemours), Artisiga, Portus Coecili, Siga Municipum. Dès l’époque des Sévères, apparaissent dans cette région des points de défense du limes qui se transforment par la suite en agglomérations plus ou moins importantes. C’est le cas d’Aitava, de Pomaria (Tlemcen) et de Numerus Syrorum (Maghnia).

 

 

Nous ne connaissons pas le devenir de ces agglomérations car les récits ne nous donnent pas une description exacte des villes traversées par les troupes d’Oqba dans leur chevauchée à l’ouest de Tahert. Des villes comme Tlemcen sont mentionnée sans trop de détail par Al Baladuri ou Ibn Abd El Hakam. Est-ce que les petits centres urbains, qui existaient déjà à l’époque punique ou romaine en tant qu’échelles commerciales et furent plus ou moins abandonnés à la fin de l’antiquité, connurent à nouveau un essor important du fait de la dynamique imprimée par l’Islam au début du VIIIe s. dans cette partie de la Méditerranée où l’un des faits les plus marquants fut la conquête de la péninsule Ibérique vu la proximité des deux côtes ? Ce n’est qu’à partir du IXe s. qu’on devine un réseau de villes, à la suite de la conquête du pays orano-tlemcénien par Idris 1er, puis de l’installation de son frère Suleyman. C’est encore le géographe Al Ya’qubi qui nous donne la structure du territoire. Il cite les villes sièges de différentes principautés comme Numalata (antique Numerus Syrorum), Madinat al-Alawiyyin (Sabra), Falusan (Nedroma). On voit apparaître avec ce géographe une bonne couverture urbaine du pays de Tlemcen et des Traras. Les territoires situés juste à l’ouest appartiennent à Salih al-Sa’id dont la capitale est Nakur, située à proximité de Melilla, à la limite ouest du pays des Traras. Selon Al Bekri, Nakur aurait été fondée par Sa’îd Ibn Salih à l’époque de la première conquête musulmane sur un site entre deux rivières ressemblant à celles des Traras. Est-ce la présence de cette agglomération qui pousse les Suleymanides à urbaniser massivement le littoral ? En tout cas à partir de leur centre de Jerawa, fondé en 871/258 à l’est de Nakur, ils occupent la côte des Traras jusqu’à Arashgul (Rashgoun). La description que fait Ibn Idhari de Jerawa ressemble à celle des autres agglomérations situées sur la côte : « La ville de Jerawa est entourée d’une enceinte faite en pisé… à l’intérieur on trouve de nombreux puits… elle est entourée de plusieurs fortins. Elle possède une casbah bien protégée. On y trouve cinq bains et une mosquée cathédrale à cinq nefs. Elle avait quatre portes… ». D’autres centres comme Honaïne ou Arashgul qui existaient sûrement à l’époque antique furent reconstruits sur le même modèle d’urbanisme avec une défense très forte du côté de la mer. Ainsi le IXe siècle met en évidence l’urbanisation d’une région avec l’éclosion d’un certain nombre d’agglomérations (Jarawa, Numalata, Falusan, Tarnana, Arashgul…) dans un espace relativement réduit et bien individualisé. Comment peut-on expliquer une telle concentration ? Est-ce que le phénomène se reproduit ailleurs ? Si, ici, il peut s’expliquer par la proximité de la péninsule Ibérique et par le débouché des routes de l’or qui commencent à se dessiner, on peut aussi penser que la science géographique connaît un développement qui permet aux voyageurs et fonctionnaires des états musulmans de rendre compte des pays et curiosités qu’ils visitent. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la description précise que fait Al Bekri du Maghreb pour le compte des Omeyyades d’Espagne.

 

Dans sa description d’Arashgul construite sur l’ancien site de Siga, Al Bekri nous apprend que la ville « possède une belle mosquée cathédrale de sept nefs dans la cour de laquelle sont une grande citerne et un minaret solidement bâti ; elle renferme aussi deux bains dont un est de construction antique. Bab el-Fotouh (la porte des Victoires) regarde l’occident, Bab el-Emir est tournée vers le midi et Bab Merniça vers l’orient. L’épaisseur de la muraille est de huit empans…». Puis il décrit les différentes forteresses (Hisn) situées à l’ouest de cette ville (Hisn Tinekremt, Hisn Marniça el-B, Hisn el-Furus, Hisn al-Wardaniya, Hisn Honaïne), la ville de Nedroma et celle de Tarnana, puis Tawunt (Ghazawat, ex Nemours). Les forteresses de Honaïne et de Tawunt sont pratiquement identiques ; les deux villes avaient à peu près la même superficie (environ 7 ha). Aussi, peut-on se demander si les critères de construction n’avaient pas été définis à une même époque par le même maître d’œuvre.

 

 

 

 

 

 

Khelifa Abderrahmane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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