Mouynak* et La Mer d’Aral (Orol Dengizi)

10042020

 

 

 

* (Moynoq en ouzbek, et Mojnak en karakalpak)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mouynak* et La Mer d’Aral (Orol Dengizi)  dans Nature 706px-Aral_Sea_1989-2008

Images satellites de la mer d’Aral en 1989 (à gauche) et en 2008 (à droite).

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’un des lieux les plus désolés de l’ancienne Union Soviétique se cache une réalité consternante: la disparition apparemment inéluctable, en l’espace de deux générations, de la mer d’Aral, auparavant la quatrième mer intérieure du monde. Le port Mouynak, désormais au milieu des terres, témoigne de ce désastre et, tout comme Tchernobyl et Semipalatinsk, accuse en silence la gestion suicidaire au point de vue écologique des édiles de la période soviétique.

 

Mouynak fut le plus grand port de la mer d’Aral, où une grande partie de la pêche était traitée et mise en conserve. En 1921, une grave famine sévissait dans la région de la Volga; Lénine appela la flotte de la mer d’Aral à l’aide et, en quelques jours, des milliers de tonnes de poissons furent acheminées, sauvant des milliers de Russes. Aujourd’hui, victime de la folie des Soviétiques, Mouynak vit un vrai cauchemar, entre mares stagnantes et usines désertées. Aucun poisson ne peut plus survivre dans la mer, 10 000 pêcheurs ont perdu leur emploi, et Mouynak sa raison d’être. Le seul intérêt d’une visite est bien macabre: être le témoin de cette lente agonie. Des bateaux de pêche à l’abandon, aux amarres rouillées, gisent sur la crête d’une dune, à des kilomètres du littoral. La ville a créé un petit musée (photos et peinture) sur la mer d’Aral avant son agonie.

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mer Qui Fuit Ses Rives

 

La Mer d’Aral n’existe bientôt plus. L’Amou Darya et le Syr Darya, les deux fleuves qui compensaient les 60 km3 d’eau qui s’évaporaient chaque année de la mer d’Aral, ne l’atteignent plus, absorbés qu’ils sont par les quotas imposés d’une monoculture de coton et d’une économie qui demeure toujours très planifiée. Le niveau de la mer baisse d’un mètre par an, et le cocktail chimique des pesticides et des défoliants déversés dans les champs de coton se concentre sur des milliers de kilomètres pour se déposer en croûte sur les rives asséchées. En quarante ans, la superficie de la mer a diminué de 90% et ce qui était autrefois le quatrième plus grand lac du monde s’est divisé en trois plans d’eau distincts.

 

Une île se trouvait jadis au milieu de la mer, à propos de laquelle d’anciennes légendes faisaient état d’un château hanté d’où l’on ne revenait pas, où des dragons gardaient des trésors entourés de sables mouvants ardents.

À l’époque soviétique, cette île s’est révélée tout aussi dangereuse, puisqu’elle abritait des bases ultra-secrètes destinées aux tests d’armes biologiques. Ce lieu se trouve maintenant sur la terre ferme. En 2002, alarmés par les risques environnementaux (et peut-être aussi terroristes) que cela représentait, les Etats-Unis ont organisé, dans le secteur, la décontamination de dix sites d’enfouissement d’antrax!

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mer d’Aral N’est pas un Problème local. A cheval sur le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, la mer d’Aral est alimentée par des fleuves qui prennent leurs sources dans les glaciers du Kirghizistan et du Tadjikistan. Pour alimenter en eau le Turkménistan et l’Ouzbékistan, une partie des eaux de l’Amou Darya, un des fleuves tributaires, est détournée, privant d’autant la mer, et aggravant encore le déficit imputable, on l’a vu, aux cultures de coton. Les tempêtes de sable, elles, emportent des milliers de tonnes de sels toxiques – les «larmes sèches de la mer d’Aral» – dans l’atmosphère pour les disperser sur des distances énormes, jusqu’à la vallée du Ferghana, jusqu’en Géorgie et même jusque sur la côte arctique, provoquant de nombreux cas de maladies chroniques gravissimes: le taux des personnes atteintes d’anémie est le plus élevé du monde, tout comme d’une forme de tuberculose résistant à tous les traitements connus. Les enfants présentent de malformation prénatales et des immunologiques et neurologiques, dont les malformations prénatales et des cancers.

 

Le nombre des espèces d’oiseaux et de mammifères relevé dans la région de la mer d’Aral a été divisé par deux en cinquante ans. Le rat musqué, dont ont capturait autrefois jusqu’à 500 000 bêtes par an pour leur fourrure, a complètement disparu. La totalité des 24 espèces de poisson n’a pas survécu à la salinité excessive de l’eau: celle-ci est de plus de 100 g/litre contre 35g/litre pour une eau de mer ordinaire (300 à 350 g//litre pour la mer Morte). la mer, en se rétrécissant, ne tempère plus le climat continental devenu extrême dans cette vaste région. Les étés sont plus chauds, les hivers plus froids, et les récoltes de coton chutent en flèche.

 

La Russie est cependant toujours intrinsèquement liée tant aux problèmes qu’aux solutions, surtout depuis que la crise a pris une dimension ethnique et ravive des rancœurs liées à l’ancienne colonisation soviétique et à son obsession de dominer à tout prix les forces de la nature.

 

 

Y a-t-il une solution pour sauver cette mer en perdition?

En 1992, les gouvernants des cinq Etats d’Asie centrale se sont réunis dans une conférence désormais annuelle afin d’établir un plan de secours cohérent. Mais dans un premier temps, confronté aux graves problèmes économiques liés à sa séparation de l’ancienne URSS, aucun d’entre eux n’a pu se permettre de réduire sa production de coton, pas plus qu’il ne dispose des fonds nécessaire pour mettre en oeuvre une gestion plus saine des eaux.

 

De théoriques espoirs s’accrochaient alors à des projets peu réalistes, dont la construction d’un pipe-line partant de la mer Caspienne, la plantation de végétation sur les rives de cette mer pour freiner l’érosion, ou un plan visant à provoquer artificiellement des pluies dans ce vaste bassin.

 

Au début des années 2000, sous l’impulsion de l’UNESCO, de la Banque Mondiale et d’autres instances internationales, le Kazakhstan a été le premier à entreprendre des travaux pour restaurer le lac septentrional en construisant des barrages et en réparant des canaux d’irrigation sur le Syr Darya, ce qui, à la surprise des experts, a très rapidement conduit à un agrandissement notable du lac et même à un redémarrage de l’industrie de la pêche. Encouragés par ces premiers succès, les travaux de restauration de la mer d’Aral continuent: en août 2011, le gouvernement kazakh a décidé de créer une nouvelle digue, permettant d’augmenter encore la surface du lac et de le relier à nouveau à l’ancienne ville portuaire d’Aralsk.

 

Ces efforts ne concernent pour le moment que le nord du lac. Quant à la partie sud, située sur le territoire ouzbek, elle demeure dans un état désespérant, le gouvernement ouzbèke n’ayant visiblement pas la même volonté (et peut-être aussi les moyens?) de la revitaliser. Au contraire, il semble même privilégier des projets de forages pétroliers et gaziers sur les terres asséchées du lac….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Éléments du dialecte algérien – Principales Prépositions

8042020

 

 

 

 

 

 

 

 

A, vers …… Li, le (1).

A cause de…… ‘Ala khâter.

Après ………… Ba’d.

Avant ………. Qobel.

A l’intérieur de …. Dâkhel.

Au tour de ……….. Dâïr sâïr ‘ala.

Avec …….. Ma’, ma’a, Bi, be (2).

A l’exception de…. Men ghér. Men doûn.

Chez, auprès de…. ‘And.

Dans ………. Fy, fe (2).

De, par ……… Men.

Devant ……. Qoddâm.

Derrière ….. Ourâ.

Entre …….. Bîn.

Excepté …… Ghér. Doûn.

Hors de ……… Berrâ men. Khârej.

jusqu’à ………. Hatta.

Par (instrument) ….. Bi, be (3).

Par (direction) ……. Men.

Sous ………. Taht.

Sur ……….. ‘Ala (4). Foùq.

Vers ………. Ila (5).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) On prononce toujours le devant l’article et les pronoms affixes.

 

(2) Ma’ marque l’accompagnement; bi indique l’instrument, le moyen, la manière. On prononce be et, plus bas, fe devant l’article.

 

(3) On prononce toujours bi devant les pronoms affixes, et be devant l’article.

 

(4) On prononce ‘alî devant les pronoms affixes.

 

(5) On prononce devant les pronoms affixes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Orfèvrerie Kabyle et orfèvrerie Aurasienne

6042020

Comparaisons entre deux techniques

Par: Henriette Camps-Fabrer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II est impossible de confondre un bijou provenant de Grande Kabylie d’un autre provenant de l’Aurès. Pourtant, les orfèvreries de ces deux régions appartiennent l’une et l’autre à des populations montagnardes berbérophones d’Algérie, établies, les premières, à l’Est d’Alger, en région méditerranéenne, les secondes dans un autre bastion montagneux déjà semi-aride.

 

Nous tenterons de rechercher ce qui fait l’originalité de chacune de ces orfèvreries rurales en comparant successivement les matières premières utilisées, les techniques de fabrication et les formes de bijoux. Des similitudes apparaîtront mais aussi des différences qui permettront à coup sûr d’identifier leur provenance.

 

 

 

 

 

 

 

 

Orfèvrerie Kabyle et orfèvrerie Aurasienne dans Art 200309072429762034

Photo de Mathéa Gaudry, auteure de « La femme chaouia de l’Aurès ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 – LES MATIÈRES PREMIÈRES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

200309073316349140 dans Art

Fibule aurèsienne XIXe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.1 – L’argent — Le maillechort

 

La matière première de base des bijoux ruraux nord-africains est l’argent et les deux régions retenues n’échappent pas à cette règle. Généralement en pièces de monnaie d’argent fondu, ces bijoux ont un titre plus bas dans l’Aurès où il n’est pas rare que des alliages à titre inférieur et même le maillechort (composé de nickel, zinc et cuivre) soient utilisés. Depuis la disparition de la monnaie d’argent, les artisans kabyles surtout tendent à utiliser des lingots achetés au comptoir des métaux, lorsqu’ils ne font pas fondre, sur la demande des femmes, d’anciens bijoux.

 

 

 

 

 

 

 

1.2 -La corne.

 

La corne ou l’argent garni de corne, très répandus dans l’Aurès pour la fabrication des bracelets, sont très rares en Grande Kabylie.

 

 

 

 

 

 

 

1 .3 – Le corail – La verroterie – Le celluloïd.

 

Les bijoux tout en argent ou métal furent longtemps garnis de coraux dans l’Aurès.

Mais, dès 1929, M. Gaudry signalait l’abandon progressif du corail pour la verroterie rouge ou verte provenant de Tunisie. En revanche, le maintien de l’usage de cabochons de corail dans les bijoux de Grande Kabylie va de pair avec l’application d’émaux colorés. Il est vrai que la Grande Kabylie était plus proche que l’Aurès des anciens lieux de pêche du corail : golfe de Bougie, La Calle (Dr Bonnafont, 1937); elle a ensuite conservé cette tradition.

 

La Grande Kabylie, plus ouverte aux influences des grandes villes a reçu d’elles aussi l’emploi des feuilles de celluloïd, matière moins onéreuse que le corail qu’elle remplace quelquefois. Mais la verroterie n’y est jamais employée.

 

Perles noires et rouges rapportées de la Mecque par les pèlerins servaient aussi à confectionner des colliers surtout portés par les azriyat de l’Aurès.

 

 

 

 

 

 

1.4 -Les émaux.

 

La grande originalité des bijoux de Grande Kabylie vient essentiellement de l’utilisation d’émaux filigranes, bleus, jaunes et verts sur lesquels nous aurons à revenir.

 

 

 

 

 

 

1 .5 – La qemha — Les clous de girofle.

 

Une pâte odoriférante (la qemha) autrefois à base d’ambre (E.G. Gobert, 1961) est depuis longtemps obtenue en broyant dans un mortier des clous de girofle, avec de l’eau safranée et quelquefois un autre parfum : nard indien, musc ou benjoin. A demisèche, cette pâte était découpée en petits fragments à leur tour pétris en petites pyramides qui, lorsqu’elles étaient devenues dures étaient perforées pour être enfilées sur plusieurs rangs et intercalées avec des perles en argent sphériques ou fuselées; au centre du collier ainsi obtenu (leskhab), était accrochée une main en argent dans l’Aurès ou un autre pendentif émaillé en Grande Kabylie.

 

Il arrive que les clous de girofles soient utilisés à l’état naturel et insérés dans certains colliers de Grande Kabylie, en raison de leurs vertus prophylactiques, voire même aphrodisiaques (D. Jacques-Meunié, 1960-1961).

 

On doit souligner le complet dédain de l’or, tant dans l’Aurès qu’en Grande Kabylie et comme dans toute la bijouterie rurale nord-africaine. Aujourd’hui et surtout depuis 1962, les femmes qui le peuvent essayent d’acquérir des bijoux d’or. Mais les artisans continuent à fabriquer les bijoux avec les matières précédemment décrites et selon les procédés traditionnels, même si leur volume a sensiblement diminué en Kabylie.

 

 

 

 

 

 

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Ceinture en argent et corail rouge méditerranéen émaillé artisanat kabyle Béni Yenni

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 – LES ORFÈVRES KABYLES ET AURASIENS.

 

Si l’orfèvrerie kabyle conserve une réputation qui dépasse les frontières nationales, les bijoutiers kabyles sont aujourd’hui moins nombreux et ceux de l’Aurès encore plus rares. La structure sociale de cet artisanat était très proche dans les deux massifs, où l’on était bijoutier de père en fils.

 

Leur atelier et leurs outils étaient très semblables et un trait caractéristique de ces artisans était le nomadisme de certains d’entre eux. Dans l’Aurès, c’était un nomadisme très réduit à l’intérieur du massif, alors que certains bijoutiers kabyles n’hésitaient pas à sortir de leur montagne pour se rendre dans des régions plus lointaines et particulièrement dans l’Aurès où ils n’ont cependant pas introduit l’usage des émaux.

L’ouverture de la Grande Kabylie au monde extérieur en raison tant de ses conditions physiques que de ses facteurs humains contraste cependant avec le système autarcique de l’Aurès. Ainsi, les artisans chaouïas ne sortaient-ils guère de leur montagne pour faire poinçonner leurs créations par le service de la garantie alors que même si cet usage n’était pas systématique en Grande Kabylie, il était bien connu et souvent observé. Enfin il faut tenir compte de la place importante tenue par les artisans juifs dans l’Aurès et tout le sud algérien en général,alors qu’en Kabylie cette place est tenue essentiellement par les Ait Yenni, auxquels certains ont voulu donner une origine juive.

 

 

 

 

 

 

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3 – LES TECHNIQUES.

 

C’est dans les techniques qu’il faut rechercher les différences essentielles entre bijoux de Grande Kabylie et de l’Aurès.

 

 

 

 

3.1 – Les techniques de fabrication.

Si la plupart des bijoux de l’Aurès sont coulés dans un moule, il n’en est pas de même en Grande Kabylie où tous les bijoux sont exécutés à la main selon un processus très minutieux que nous avons eu l’occasion d’exposer à propos de la fabrication d’une boucle d’oreille (H. Camps-Fabrer, 1970, p. 31-49). Pourtant, certaines opérations essentielles se retrouvent dans l’une et l’autre région et qui font appel aux techniques du feu, du choc et de l’attaque selon des modalités propres à la Grande Kabylie et à l’Aurès.

 

 

 

 

 

3.1 .1 . – Les techniques du feu. — Le moulage.

 

Parmi les techniques du feu, la fusion du lingot de métal se fait de la même manière, dans un creuset.

 

Dans l’Aurès, la fusion du métal est le plus souvent suivie du coulage dans un moule. Le procédé consiste à placer à l’intérieur de deux châssis en forme d’étriers et qui s’emboîtent sur les bords aux moyens de trois oreilles à piton, un mélange d’argile, de sable et d’huile, mélange qui est ensuite chauffé et tassé à l’intérieur du moule.

On introduit sur la face interne de l’un des châssis un exemplaire de la pièce à reproduire. Puis on ferme les deux parties qui s’emboîtent. Par la pression le modèle a laissé son empreinte à peu près également dans le mélange de chacun des châssis. On peut alors retirer le modèle et couler dans le vide ainsi obtenu l’argent fondu ce qui permettra d’obtenir une reproduction rapide d’un type de bijou.

 

II va sans dire que ce procédé n’est pas le seul- qui soit utilisé dans l’Aurès et qu’il n’est pas totalement inconnu en Grande Kabylie. Mais dans cette dernière région, il est presque exclusivement utilisé pour fabriquer les ardillons des grandes fibules (ibzimen).

 

 

 

 

 

La soudure.

 

La soudure joue un rôle essentiel dans l’élaboration de tout bijou de Grande Kabylie, elle est moins fréquente sur ceux de l’Aurès chaque fil, chaque petite boule d’argent, chaque sertissure est soudée à mesure que sont disposés les différents ornements de l’objet. Il en est de même dans l’Aurès pour la fabrication des bijoux non moulés et décorés de filigranes et sertissures, mais dans une moindre proportion. La réussite du bijou dépend, bien entendu, de la qualité de la soudure. En Grande Kabylie du moins, les artisans veillent à ce que la soudure contienne le plus possible d’argent, car l’abaissement de la température de fusion par l’alliage entraîne naturellement un abaissement du titre qui ne doit pas dépasser une certaine tolérance admise par le service de la garantie des Métaux précieux. La proximité d’Alger et des services de la garantie sont vrai semblablement la cause principale de cette plus grande rigueur dans le titre : il s’agit donc d’un phénomène récent d’origine coloniale. Les procédés modernes de soudure au chalumeau à gaz ont remplacé celui du chalumeau à bouche.

 

 

 

 

 

3.1 .2 – Les techniques du choc.

 

Parallèlement à l’action de la flamme, intervient le choc qui tend à modifier la forme du métal par une action mécanique sans en diminuer le poids.

 

 

 

Le martelage.

 

Dans les plus anciens bijoux non moulés de l’Aurès, comme dans ceux de Grande Kabylie, avant que les feuilles de plané d’argent ne soient achetées toutes prêtes, le

lingot d’argent était longuement battu sur l’enclume pour être progressivement aminci en lames destinées à la fabrication soit des grosses chevillères, soit des bracelets, soit des plaques de la Tabzimt ou du diadème. De même, l’étirage du métal permettait d’obtenir des fils d’argent de plus ou moins grand diamètre; autrefois obtenu à la main (H. Camps-Fabrer, 1970, p. 29) en utilisant des filières de différents calibres (M. Gaudry, 1929, p. 292), les fils sont aujourd’hui achetés en rouleaux déjà calibrés. Pour torsader leurs fils, les artisans se servent d’une petite chignole. Le martelage d’un plané à l’intérieur de cupules creusées dans un dé à emboutir permet d’obtenir les calottes en argent qui décorent de nombreux bijoux de Kabylie (boucles d’oreilles, chaînes intercalaires reliant les ibzimen).

 

L’incision et la gravure sur plomb.

Cette technique existe dans les deux régions; certains bracelets et chevillères sont ornés de dessins exécutés à froid à l’aide d’un poinçon.

 

Un autre procédé consiste, après avoir mis en forme l’akhelkhal kabyle ou la boîte à amulettes de l’Aurès à placer à l’intérieur du cylindre pour le premier, de la plaque pour la seconde, un morceau de bois. Dans le vide laissé entre le métal et le bois, l’artisan coulait du plomb fondu et, après refroidissement, il décorait le cylindre ou la plaque au moyen du poinçon — ce qui permettait d’obtenir des décors en relief plus prononcés, matis sur plomb.

 

 

 

 

 

3.1. 3 – Les techniques de l’attaque.

 

Le métal peut enfin être attaqué par le jeu d’instruments divers. Découpage, de feuilles de plané d’argent, des griffes de sertissure, limage, sont communs aux deux régions. Mais certaines fibules ou bracelets de l’Aurès possèdent des décors inconnus en Grande Kabylie et qui rappellent l’opus interrasile de nombreux bijoux antiques grécoromains.

 

Toutes les techniques de fabrication que nous venons d’exposer restent encore très vivaces en Grande Kabylie. Mais elles ont été progressivement supplantées dans l’Aurès par le moulage, plus facile, mais qui ne permet pas de réaliser des bijoux de qualité comparable à celle de Grande Kabylie.

 

 

 

 

 

3.2 – Les techniques de décoration.

 

Le filigrane, qu’il s’agisse d’un fil simple sans décor, tordu sur lui-même, doublé ou torsadé, est très fréquent sur les bijoux de Grande Kabylie, il est cependant encore plus répandu dans l’Aurès et demande, pour être soudé, une grande maîtrise de la part des artisans.

 

Les granules d’argent sont, en revanche, bien plus fréquentes en Grande Kabylie que dans l’Aurès.

 

 

 

 

 

L’émaillage.

 

Mais nous aurions une idée très imparfaite de la décoration de l’orfèvrerie kabyle si nous n’examinions pas les procédés qui permettent la coloration du bijou par remaillage. Cette opération est effectuée quand toutes les pièces ont été soudées entre elles et plus précisément les fils qui compartimentent les décors. Les poudres d’émaux jaune, vert, bleu sont tour à tour abondamment et séparément rincées dans l’eau, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que les émaux deviennent très clairs. Dans chaque interstice limité par les fils d’argent soudés au bijou, les poudres d’émaux sont alors déposées à l’aide d’une curette triangulaire légèrement incurvée. Après séchage des émaux durant quelques minutes, le bijou est placé dans un four électrique qui a remplacé dans certains ateliers le rustique et ancestral procédé de cuisson des émaux dans le foyer de charbon. La surveillance de la cuisson des émaux exige une grande habitude car le degré de fusion de l’émail est très proche de celui de l’argent.

 

 

 

 

 

Les cabochons.

 

Le traitement et le montage des cabochons de corail sont les dernières opérations qui parachèvent la décoration des bijoux de Grande Kabylie. Autrefois, lorsque les orfèvres aurasiens utilisaient le corail — en moins grande abondance toutefois qu’en Grande Kabylie — ils agissaient de même. Tout fragment de corail doit être limé et poli avant d’être encastré dans la sertissure à l’aide de cire ramollie au feu qui, en se refroidissant, assure l’adhérence. Aujourd’hui, les perles de verroterie rouge et verte remplacent le corail dans les bijoux de l’Aurès; mais la couleur y joue un moins grand rôle qu’en Grande Kabylie où l’on doit souligner que la dominante rouge est assurée par le corail et que les émaux sont toujours exclusivement jaunes, bleus ou verts.

 

 

 

 

 

 

3.3 – Le montage des bijoux.

 

L’assemblage des différentes pièces qui composent un bijou n’est pas assuré seulement par la soudure qui joue un rôle essentiel mais non suffisant.

 

En Grande Kabylie le rivetage permet de fixer l’ardillon au verso de certaines grandes fibules triangulaires ou les plaques émaillées de quelques chevillères.

 

Certaines pièces sont réunies entre elles à l’aide de fils presque jamais soudés, de forme circulaire ou en 8, pour accrocher les pendeloques latérales de la tabzimt kabyle.

 

Mais les anneaux permettent aussi la confection de chaînes dont les maillons sont relativement peu variés, surtout dans l’Aurès où elles sont toujours plus fines qu’en Grande Kabylie et y tiennent une très grande place. La longueur des chaînes de l’Aurès est considérable. On les trouve non seulement accrochées aux boucles d’oreilles, aux jugulaires mais aussi aux fibules. Alors que la chaîne n’est qu’un élément de montage en Grande Kabylie, elle devient ornement dans l’Aurès et contribue à donner cette impression de légèreté, de finesse aux bijoux chaouïas. C’est un autre caractère qui rattache l’orfèvrerie aurasienne aux bijoux anciens, voire protohistoriques.

 

Il ne semble pas que les bijoutiers de l’Aurès utilisent comme ceux de Grande Kabylie des bélières pour accrocher certains ornements. La bélière est formée par la torsion de l’extrémité d’une petite plaque d’argent soudée à l’envers du bijou. A ces bélières sont accrochées les différentes pendeloques spécifiques des bijoux de Grande Kabylie et qui sont très différentes de celles de l’Aurès, bien que les termes qui servent à les désigner soient souvent les mêmes.

 

 

 

 

 

 

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Collier kabyle (skhab) en argent émaillé , corail

 

 

 

 

 

 

 

 

3.4 – Les pendeloques.

 

Les pendeloques de l’Aurès ont été classées par M. Gaudry (1929, p. 51). Il peut s’agir de simples fils d’argent diversement enroulés en S, en cercle, ou en cercle surmonté d’un double crochet, de très fines feuilles d’argent atteignant à peine 1 mm d’épaisseur et simplement découpées en forme de langue d’oiseau ou de graine de melon, de main, de peigne, ou de cercles qui, incisés et découpés, peuvent aboutir à la représentation de croissants ou de motifs anthropomorphes.

 

 

Les pendeloques de Grande Kabylie sont à la fois plus volumineuses, plus variées et plus riches. Traitées chacune avec autant de soin que le corps principal du bijou, elles procèdent des mêmes techniques minutieuses, sont émaillées et pour la plupart garnies de corail. Nous y avons reconnu huit types principaux : la tikkefist est une boule d’argent décorée d’émaux filigranes et munie à son extrémité d’une douille allongée servant de sertissure à un fragment de corail poli en pointe. La tabuqalt évoque la forme de la poterie du même nom, la graine de melon est très différente de celle de l’Aurès avec sa sertissure de corail. La tabuhemset a la forme d’un losange, la feuille de chêne n’est ornée que d’émaux, les plaques rondes offrent des aménagements divers, la main, l’étoile sont bien reconnaissables et des formes plus complexes empruntent des éléments à ces types essentiels .

 

 

 

 

 

 

3.5 – Les modes de fermeture des bijoux.

 

Les modes de fermeture des bijoux sont plus soignés en Grande Kabylie que dans l’Aurès. Alors qu’un simple orifice percé aux deux bords d’une chevillère de l’Aurès suffit à faire passer un fil de métal pour la fermer, les charnières sont surtout utilisées en Grande Kabylie.

 

L’un des bords latéraux de la feuille de plané d’argent est découpé par une encoche qui occupe le tiers médian dans laquelle vient s’encastrer le redent dégagé sur l’autre bord. Il suffit alors d’enrouler sur eux-mêmes chaque dépassant des deux bords pour obtenir sans soudure les charnerons où pénétrera la goupille de fermeture.

 

Ce type de charnière est connu cependant dans l’Aurès pour fermer les bracelets qui ne sont pas moulés en une seule pièce.

 

 

 

 

 

 

3.6 – La fixation des bijoux aux vêtement.

 

Les crochets soudés au sommet de certaines fibules ou des diadèmes Kabyles ou des jugulaires de l’Aurès permettent de renforcer la fixation au vêtement, assurée cependant pour la plupart des ibzimen des régions étudiées par un ardillon à l’intérieur duquel coulisse un anneau en oméga. Le principe de la fibule en oméga est d’ailleurs commun à tout le monde rural nord-africain qui n’en connaît pas d’autres (H. CampsFabrer, 1973).

 

Parvenus au terme de cette étude technique nous avons souligné chemin faisant les caractères propres de chacune des orfèvreries étudiées, dans un fonds de procédés communs aux deux régions. A l’exécution très soignée et minutieuse des bijoux kabyles entièrement montés à la main, s’oppose le fréquent moulage des bijoux de l’Aurès qui sont ajourés, garnis de filigranes mais ne présentent guère de variété dans le montage. Le chatoiement des émaux jaunes, verts, bleus, rehaussés de l’éclat rouge des gros cabochons de corail confèrent aux bijoux kabyles une richesse de couleur dont sont dépourvus les bijoux de l’Aurès plus modestement ornés de perles de verroterie rouge et verte. Mais il ne faudrait pas pour autant déprécier la qualité esthétique des bijoux de l’Aurès qui tient à la finesse du filigrane, à la profusion de chaînes et à l’agencement élégant des différentes parures.

 

Dans l’ensemble les techniques utilisées dans l’Aurès sont très nettement plus archaïques que celles du bijoutier kabyle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

………. à suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Éléments du dialecte algérien – Adjectifs Numéraux ordinaux et Noms de Fractions

4042020

 

 

 

 

 

 

 

 

I- Adjectifs Numéraux ordinaux

 

 

Premier …… Ouwel, p, oulîn.

Première ….. Oula, p, oulîn.

Deuxième ….. Tâni, f. à, p. în (1)

Troisième …… Tâlet, f. à, p. în.

Quatrième ….. Râbe’, f. à, p. în.

Cinquième …. Khâmes, f. à, p. în.

Sixième …… Sâdes, f. à, p. în.

Septième …. Sâbe’, f. à, p. în.

Huitième ….. Tâmen, f. à, p. în.

Neuvième …. Tâse’, f. à, p. în.

Dixième ….. ‘âcher, f. à, p. în.

 

 

 

Au-dessus du dixième, les adjectifs numéraux ordinaux se traduisent par les noms de nombre cardinaux précédées de l’article.

 

Ex.: el-ahdach = le onzième.

       el-’achrîn = le vingtième.

 

 

 

 

 

 

 

(1) Lisez: fém. tânîà, plur. tânîîn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II- Noms de Fractions

 

 

 

Demi, moitié …… Nos (1), p. ansâf.

Tiers ……….. Toult, p. etlât.

Quart ……… Rebou’. p. rebou’ât.

Cinquième ….. Khemous, p. ekhmâs.

Sixième ……. Sedous, p. esdâs.

Septième …… Sebou’, p. esbâ’.

Huitième …… Temoun, p. etmân.

Neuvième ….. Tesou’, p. etsâ’.

Dixième ……. ‘Ochoûr, p. e’châr.

 

 

 

Au-dessus de 1/10e, on emploie une périphrase.

Ex.: khams eshâm men tenachen sehm = cinq partie de douze partie (c. à d. cinq douzièmes).

 

 

 

Au lieu de mot sehm (pl. eshâm), on peut faire usage de jouz’ (pl. ejzâ’) qui signifie également «partie».

 

 

 

 

 

 

 

(1) Pour «nosf».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




‘Sarı Gəlin’ Chant Traditionnel Azéri

2042020

 

  

 

 

 

 

 

 

Sarı Gelin” une chanson populaire revendiquée par les peuples de l’Iran, du Caucase du Sud, et de l’Est de l’Anatolie. Mais le plus important, au delà de ces “revendications”, c’est qu’elle soit chantée sur toutes ces terres et depuis bien des générations… Quand la chanson nous enveloppe, on n’entend plus les revendications des unes et des autres et on se laisse porter par la musique sans frontières, emporter même …

La mélodie ne diffère pas selon la région et la langue, même si les paroles sont différentes. Le thème est le point commun à toutes les versions. Elles parlent d’une histoire d’amour impossible, où le garçon ne peut atteindre sa bien aimée…

 

 

Sarı Gelin” ou “Sari Aghjik” est soit une grande fille blonde ou une fille de la montagne, ou une mariée habillée en jaune… selon la langue dans laquelle la chanson est chantée. En arménien c’est Սարի Աղջիկ Sari Aghjik, en azerbaïdjanais : Sarı Gəlin / ساری گلین , et en turc Sarı Gelin

 

 

 

 

 

 

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En Azarbaïdjan c’est Huseyn Javid, poète et dramaturge du 20 ème siècle qui avait mis en scène Sarı Gelin dans l’actualité de 1914, en apportant une nouvelle dimension dans cette histoire d’amour impossible. Dans Sheikh Sanan, la version théâtrale de Huseyn Javid, le garçon était un musulman et la fille une chrétienne.

L’histoire a été également adaptée au cinéma par Yaver Rzayev, en 1999. Le film parle de la guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Le garçon se nomme Gadir et il a une vision d’une jeune mariée vêtue de jaune. Cette couleur est le symbole de la mort dans les deux cultures.

 

 

 

 

 

 

 

Parole (Azéri)

 

 

Sarı Gəlin

 

Saçın ucun hörməzlər

Gülü sulu dərməzlər

Sarı gəlin.

 

Saçın ucun hörməzlər

Gülü sulu dərməzlər

Sarı gəlin.

 

Bu sevda nə sevdadır

Səni mənə verməzlər

Neynim aman, aman

Neynim aman, aman

Sarı gəlin.

 

Bu sevda nə sevdadır

Səni mənə verməzlər

Neynim aman, aman

Neynim aman, aman

Sarı gəlin.

 

Bu dərənin uzunu,

Çoban qaytar quzunu, quzunu.

 

Bu dərənin uzunu,

Çoban qaytar quzunu, quzunu.

 

Ne ola bir gün görem,

Nazlı yarımın üzünü

Neynim aman, aman

Neynim aman, aman

Sarı gəlin.

 

Ne ola bir gün görem,

Nazlı yarımın üzünü

Neynim aman, aman

Neynim aman, aman

Sarı gəlin.

 

 

 

 

 

(Traduction Française)

 

 

 

Jeune fille blonde

 

La pointe de tes cheveux ne devrait pas être tressée,

La fleur pleine de rosée ne devrait pas être cueillie,

Jeune fille blonde.

 

La pointe de tes cheveux ne devrait pas être tressée,

La fleur pleine de rosée ne devrait pas être cueillie,

Jeune fille blonde.

 

Quel amour est cet amour !

Ils ne te donneront pas à moi !*,

Que devrais-je faire, aman, aman** ?

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Jeune fille blonde.

 

Quel amour est cet amour !

Ils ne te donneront pas à moi !,

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Jeune fille blonde.

 

Le long de cette vallée,

Berger, ramène le mouton, mouton.

 

Le long de cette vallée,

Berger, ramène le mouton, mouton.

 

Si je pouvais un jour, juste voir

Le visage de ma bien-aimée.

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Jeune fille blonde.

 

Si je pouvais un jour, juste voir

Le visage de ma bien-aimée.

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Que devrais-je faire, aman, aman ?

Jeune fille blonde.

 

 

 

 

 

 

 

* Ceci est absolument littéral, la signification en est vraiment qu’il ne me laisseront pas t’épouser, mais selon l’ancienne tradition, les filles étaient données… et quand quelqu’un voulait se marier, on disait aux gens, par exemple, « la famille d’Aliyev ne vont pas nous donner leur fille ». Dans le passé, l’opinion des filles n’était pas importante, maintenant les traditions ont changé mais l’expression ‘donner la fille’ est toujours en usage. »

 

** ‘Aman’ est une expression de peine. C’est une interjection.

 

 

 

 

 

 

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En Turquie et en 2009 le DVD d’un documentaire négationniste intitulé Sarı Gelin, La vrai histoire du problème arménien (Ermeni Sorununun İç Yüzü Belgeseli) fut distribué dans les écoles par le Ministère d’Education turque et projeté aux élèves. Cette initiative avait provoqué de multiples réactions aussi bien de la part des arméniens que des turcs, et de certains syndicats enseignants, comme d’organisations de société civile progressistes, parce que considérée comme une démarche pour « semer la haine sous prétexte de projet pédagogique ».

 

 

 

 

 

En turc 

 

 

Erzurum çarşı Pazar,

leylim aman! aman! (x2) sarı gelin.

İçinde bir kız gezer, ay! nenen ölsün,

sarı gelin aman! (x3) suna yarim.

Elinde divit kalem,

leylim aman! aman! (x2) sarı gelin.

Dertlere derman yazar,

/ Katlime ferman yazar, ay! nenen ölsün,

Sarı gelin aman! (x3) suna yarim.

Erzurum’da bir kuş var,

leylim aman! aman! (x2) sarı gelin.

Kanadında gümüş var, ay! nenen ölsün,

sarı gelin aman! (x3) suna yarim.

Palandöken güzel dağ,

leylim aman! aman! (x2) sarı gelin.

Altı mor sümbüllü bağ ay nenen ölsün

sarı gelin aman! (x3) suna yarim.

Vermem seni ellere,

leylim aman! aman! (x2) sarı gelin.

Niceki bu halimse, ay! nenen ölsün,

sarı gelin aman! (x3) suna yarim.

 

 

 

 

 

 

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En arménien

 

 

Վարդ սիրեցի՝ փուշ դառավ,

Դլե յաման, (x3), Գնաց, ուրիշին առավ…

Ա՜խ, մերըդ մեռնի, սարի աղջիկ, օ՜յ, օ՜յ,

Քարի աղջիկ, օյ, օյ, Քար սիրտ աղջիկ, օյ, օյ,

Չար սիրտ աղջիկ:

Գնաց, ուրիշին առավ, Դլե յաման, լեյլի ջան, ջան:

Մինուճարիս մեղքացիր, 

Դլե յաման, (x3) Թույն մի ածա թեժ վերքիս…

Ա՜խ մերըդ մեռնի, սարի աղջիկ, օ՜յ, օ՜յ…

Քարի աղջիկ, օյ, օյ, Քար սիրտ աղջիկ, օյ, օյ,

Չար սիրտ աղջիկ:

Թույն մի ածա թեժ վերքիս… Դլե յաման, լեյլի ջան, ջան:

Եղնիկ եմ՝ նետը կրծքիս,

Դըլե յաման, (x3) Տիրել ես խելք ու մտքիս…

Ա՜խ մերըդ մեռնի, սարի աղջիկ, օ՜յ, օ՜յ…

Քարի աղջիկ, օյ, օյ, Քար սիրտ աղջիկ, օյ, օյ,

Չար սիրտ աղջիկ:

Տիրել ես խելք ու մտքիս… Դլե յաման, լեյլի ջան, ջան:

 

 

 

 

 

 

 

 

En perse

 

 

 

دامن کشان ، ساقی می خواران

از کنار یاران مست و گیسو افشان ، می گریزد

در جام می ، از شرنگ دوری

وز غم محجوری ، چون شرابی جوشان ، می بریزد

دارم قلبی لرزان ز غمش ، دیده شد نگران

ساقی می خواران از کنار یاران مست و گیسو افشان می گریزد

دارم چشمی گریان به رهش روز و شب بشمارم تا بیای

 

 

 

آزرده دل از جفای یاری ، بی وفا دلداری

ماه افسونکاری ، شب نخفتم

با یادش تا دامن از کف دادم شد جهان از یادم

راز عشقش را در دل نهفتم

از چشمانش ریزد به دلم ، شور عشق و امید

دامن از کف دادم ، شد جهان از یادم راز عشقش را دل نهفتم

دارم چشمی گریان به رهش روز و شب بشمارم تا بیاید

آخ دارم چشمی گریان به رهش روز و شب بشمارم تا بیای

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source:

 

Kedistan

 

Mama Lisa’s World

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Éléments du dialecte algérien – Noms de Nombre Cardinaux

31032020

 

 

 

 

 

 

Un, une ……… Wâhad, wâhdà.

Deux ………… Tenîn, zoûj.

Trois …………. Tlêtà.

Quatre ………. Arba’à.

Cinq ……….. Khamsà.

Six ………… Settà.

Sept ……….. Seba’à.

Huit ………. Tmênià.

Neuf ……… Tsa’a.

Dix ………. ‘Achrà.

Onze …….. Ahdach.

Douze …… Tenach.

Treize …… Tlêtach.

Quatorze …. Arba’tach.

Quinze …… Khamstach.

Seize ……. Settach.

Dix-sept ….. Seba’tach.

Dix-huit …… Tmêntach.

Dix-neuf …… Tsa’tach.

Vingt …….. ‘Achrîn.

Trente …… Tlêtîn.

Quarante ….. Arba’în.

Cinquante ….. Khamsîn.

Soixante ……. Settîn.

Soixante-dix …. Seba’în.

Quatre-vingts …. Tmênîn.

Quatre-vingts-dix …… Tsa’în.

Cent …. Miyà.

Deux cents …. Mîtîn.

Trois cents …… Têlt miyà.

Mille ……. Elf, p. Alâf.

Deux mille ….. Elfîn.

Trois mille ….. Têlt alâf.

Cent mille ……. Miyàt elf.

Million …….. Melyoûn, p. Melâyen.

- ………. Elf elf (1)

 

 

 

 

 

 

 

Remarques. – 1- Les noms de nombre de 3 à 9 inclusivement perdent leur à final lorsqu’ils sont suivis d’un substantif; on prononce arba’, Khams. En pareil cas, on dit têlt au lieu de tlêt. Mais ces mêmes mots conservent leur prononciation primitive lorsqu’ils sont séparés du substantif par la préposition men ( = de).

Ex. : têlt rejâl = trois hommes.

tlêtà men nâs = trois personnes (m. à m. trois de gens, un trio de gens).

 

 

 

2- Entre 11 et 19, les noms de nombre doivent être suivis de en lorsqu’ils accompagnent un substantif.

Ex. : kân khamstach = il y en a quinze.

khamstachen rajel = quinze hommes.

 

 

 

3- Avec les noms de nombre de 2 à 10 inclusivement, on met le substantif au pluriel (2).

Ex. : ‘achrà rejàl = dix hommes.

ahdachen rajel = onze hommes.

 

 

 

4- Le mot zoûj n’est jamais employé pour traduire «deux» si ce nom est accompagné d’un nombre de dizains; il signifie proprement «couple, paire».

 

 

 

5- On énonce les différents noms qui expriment un nombre complexe dans le même ordre qu’en français; mais le nombre des unités doit toujours précéder celui des dizaines. On intercale la conjonction ou ( = et) entre les noms de nombre qui s’additionnent, mais non entre ceux qui se multiplient.

Ex. : tmêntachen miyà ou arba’à ou tsa’în = dix huit cent quatre vingt quatorze.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): Litt. mille milliers.

 

 

(2): Au-dessus de 10, les noms de nombre sont accompagnés d’un substantif au singulier; quand celui-ci est terminé par à, on supprime cette lettre et on obtient une forme spéciale, le collectif, désignée ici par la lettre c.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Morts de Saints et Tombeaux Miraculeux chez les Derviches des Balkans -1ère partie-

29032020

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme partout ailleurs dans le monde musulmans, la mort (sous ses divers aspects) est omniprésente dans les milieux des derviches balkaniques. Car la visite des tombes (türbe, ou parfois kubur) des saints et des cheikhs pour chercher guérison, mais aussi pour la simple bénédiction (baraka) ou encore pour les demandes les plus diverses (fécondité, succès en amour, réussite sociale, etc.), est un acte extrêmement répandu, qui tend à prouver non seulement que le pouvoir de ces saints (ou de ces cheikhs) morts est multiple, mais aussi qu’il est peut-être encore plus grand que celui dont ils disposaient de leur vivant…..

 

On signale ici quelques croyances populaires ayant cours dans les milieux des confréries musulmans (tarikat) et des derviches des Balkans, croyances liées, d’une façon ou d’une autre, aux tombes et à la mort en général.

 

Les renseignements présentés ici et regroupés en un certain nombre de rubriques proviennent soit de lectures, et notamment des notes prises par le grand ethnologue serbe Tihomir R. Djordjević (1868-1944), consignées dans son monumental ouvrage intitulé Notre vie populaires, soit de ce que Alexandre Popovic (auteur de cet article) a pu entendre, ici et là, lors de ses pérégrinations chez les musulmans des Balkans et du Sud-Est européen, ou encore chez ceux qui ont émigré de ces régions et se sont installés en Turquie ou dans les pays arabes du Proche-Orient. Il s’agit donc d’un échantillon qui ne vise nullement à l’exhaustivité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saints à multiples tombes

 

 

Quelques saints musulmans balkaniques ont la particularité d’avoir plusieurs tombes connues.

Le «champion» incontestable dans ce domaine, aussi bien par le nombre de ses tombes (plus d’une dizaine en l’occurrence), que par sa popularités et sa renommée, est naturellement Sarı Saltı (ou Saltuk) sur lequel on a beaucoup écrit.

 

On ne sait pas grand chose de sa vie, mais ses cénotaphes sont signalés: en Thrace orientale (à Baba Eski et à Edirne), en Roumanie (à Buzeu, et surtout à Babadag, dans la Dobroudja), en Bulgarie (à Kaliakra), en Grèce ( dans l’île de Corfou), en Albanie (à Kruja, et dans le Has, région située entre Kruja et la ville de Djakovica au Kosovo), en Macédoine ex-Yougoslave (dans le couvent de Saint-Naum, sur la côte sud du lac d’Ohrid), en Herzégovine (à Blagaj, près de Mostar) et ailleurs, jusqu’à….Gdansk! Il s’agit là, bien entendu, d’une «Ur Legende» par excellence, selon l’expression employée par H. J. Kissling.

 

On connaît cependant quelques autres cas qui, tout en étant beaucoup moins célèbres, s’inscrivent dans la même lignée. Peu de gens savent par exemple que selon des légendes qui circulaient il y a une soixantaine d’années, dans les milieux musulmans du Kosovo (vers 1932 plus exactement), Gülbaba, le fameux saint bektachi de Budapest du XVIe siècle, aurait eu sept tombes à travers le monde, dont une à Kosovska Mitrovica, tombe qui jouissait d’une grande renommée dans toute la région.

 

 

 

 

Morts de Saints et Tombeaux Miraculeux chez les Derviches des Balkans -1ère partie-  dans Croyances & Légendes 200105073355186345

Tombeau de Sari Saltuk, İznik

 

 

 

 

 

 

 

Quant à Hasan Baba de Manastir/Bitolj, un saint nakshbandi de la première moitié du XVIIe siècle, il aurait sept cénotaphes: tout d’abord à Bitolj, où se trouve également sa mosquée, puis (quelque part) au Kosovo, à Skoplje, à Edirne, à Istanbul (sur Divan Yolu), en Anatolie et en Égypte.

 

Enfin, Ali Baba du Khorasan, un saint bektachi de Kumanovo, de la première moitié du XIXe siècle, aurait (selon une légende locale recueillie sur place par Djordjević, le 5 juillet 1933) cinq tombes connues: à Kumanovo, Bursa, Eskişehir, Bergama et Yenişehir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saints dont la Tombe se trouve sur l’emplacement d’un sanctuaire chrétien ou pré-chrétien

 

 

Quelques tombes de saints ont la particularité d’être situées sur l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien, chrétien ou pré-chrétien (païen). les cas les plus célèbres dans les Balkans se trouvent tous en Albanie. Il s’agit des tombes de trois saints bektachis: la tombe de Sarı Saltık, située dans la montagne près de Kruja (à une heure d’escalade depuis la ville, dans une grotte où, selon la légende, le saint aurait tué un dragon à sept têtes avec une simple épée de bois); la tombe de Balım Sultan, située dans la montagne au nord d’Elbasan, près de Martanesh; et enfin la tombe de Abbas Ali (demi-frère présumé des petits-fils du Prophète, Hassan et Hussein), située sur les pentes du mont Tomor, à l’endroit où «Abbas Ali, venu d’Arabie sur un grand cheval blanc, avait délivré la région des barbares».

 

À signaler que selon la croyance locale ces trois tombes communiquaient ensemble. Ainsi lorsque J. Swire visita le tekke de Balım Sultan, vers 1937, on le conduisit dans une galerie située derrière la tombe du saint, galerie qui menait à des souterrains allant d’un côté au sommet du mont Tomor et de l’autre au rocher dominant Kruja, c’est-à-dire aux deux autres tombes mentionnées ci-dessus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tombes servant de «sanctuaire mixte» aux musulmans et aux chrétiens

 

 

 

On connaît le cas de beaucoup de tombes de saints, de cheikhs ou de derviches, servant comme «sanctuaire mixte», donc aussi bien aux populations musulmanes qu’aux populations chrétiennes. La plupart du temps, il s’agit de sanctuaire bektachis, mais pas toujours, comme on le verra un peu plus loin.

 

En Albanie, le sanctuaire de ce genre le plus connu était (jusqu’à la période communiste et la fermeture de tous les lieux de culte, en 1967), celui du mont Tomor, dont on vient de parler. «Les chrétiens continuaient d’ailleurs à y venir lors d’un grand pèlerinage qui avait lieu à la fin du mois d’août pour y célébrer la ‘’Shem Ri’’, c’est-à-dire la Sainte-Vierge; alors que les Bektachis, au même moment, vénéraient le türbe que la légende attribuait à Abbas Ali… À cette occasion, Bektachi et Chrétiens (jusqu’à huit à neuf mille personnes selon J. Swire) venaient en pèlerinage

 

Pour la Bulgarie, Bernard Lory écrit:

«Certains lieux de cultes étaient communs aux deux religions. L’exemple le plus célèbre est sans doute celui de l’église St. Dimitri à Thessalonique, transformée en mosquée, mais où le tombeau du saint restait accessible aux chrétiens. L’origine chrétienne de certains bâtiments musulmans était même signalée par une petite croix, inscrite dans le croissant, qui les surmontait: nous en avons l’attestation pour le teke de Demir Baba, dans le Deli Orman, la mosquée de Draganovtsi dans le Gerlovo, celle de Kărk Djami à Varna, l’église des 40 Martyrs à Tărnovo.

Mais le monde ottoman tolérait des paradoxes, plus déroutants encore: en certains endroits, chrétiens et musulmans (chiites) célébraient le même jour, auprès du même tombeau attribué à un saint portant deux noms différents, une cérémonie à peu près identique de kourban suivie de réjouissances. Ainsi, le 2 août, les Kăzălbachi du Deli Orman se rassemblaient au tekke de Demir Baba, saint musulman que les chrétiens vénéraient sous le vocable de St. Élie, le détenteur du tonnerre. Ou bien les 1er et 2 mai, Turcs, Gagaouzes et Bulgares se retrouvaient au tekke d’Ak Azălă Baba, au nord de Varna, dont le patron était assimilé à St. Athanase, invoqué en cas de bétail disparu. Ailleurs Sară Saltăk et St. Nicolas se confondaient, tout comme Kasăm et St. Dimităr. Ce syncrétisme populaire se retrouve dans tous les Balkans.»

 

 

 

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D’autre «sanctuaires mixtes» (un peu moins fameux certes, mais bien connus quand même) se trouvent en Macédoine ex-Yougoslave et au Kosovo.

Citons pour la Macédoine: le monastère de Saint-Naum d’Ohrid, déjà mentionné, qui servait de lieu de pèlerinage aux Bektachis de Koritza/Korça; le tekke bektachi de Kalkandelen/Tetovo, dont le saint enterré à cet endroit, Sersem Ali, était confondu par les chrétiens avec saint Elias; le türbe bektachi de Makedonski Brod (agglomération située à l’est de Kičevo, sur la route de Kičevo-Prilep) transformé en église (ou plutôt en chapelle?) dédiée à saint Nicolas; le sanctuaire bektachi (plus exactement la tombe de Karadja Ahmed) du village appelé Tekija, près de Kumanovo, que les chrétiens visitaient à la Sain-Georges; et enfin, le türbe du tekke rifâ’i de Daljardovac (village situé près de Kumanovo) où, d’après le témoignage de Jovan Hadži Vasiljević, «il y avait à un moment donné plus de chrétiens dans le tekke de Daljardovac que dans n’importe quelle église [de la région]…..».

 

Quant à la région du Kosovo, on pourrait mentionner les cas du tekke sa’di de Daždinci (village se trouvant non loin de Gnjilane); du türbe (seule survivance d’un ancien tekke) sinâni de Kačanik; du türbe d’Imer [Ömer] Baba situé sur les pentes de «Šar-Planina» près du mont Cviljen, non loin de Prizren; ainsi que du türbe d’un tekke shâdhili de Djakovica (tekke de Cheikh Ćuli, situé dans le quartier dit Mula Yusuf) qui est encore très visité par des gens venant chercher la guérison, et cela non seulement par des musulmans, mais aussi par des chrétiens (catholiques et orthodoxes) «venant même de Belgrade».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visites aux tombeaux des Saints

 

 

Les derniers exemples cités nous amènent directement à un thème bien connu. Il s’agit de la guérison éventuelle que l’on vient chercher sur les tombeaux des saints (ainsi que des «miracles» [keramet] qui se sont produits à certains endroits), et en règle générale des vœux que l’on vient formuler au-dessus de la tombe du saint, des offrandes que l’on y fait, etc. Contentons-nous de signaler rapidement quelques observations précises, se rapportant à la manière dont cela se fait.

 

La plus courante semble être celle qui consiste à mener le malade sur la tombe, à lui faire dire des prières et allumer des bougies, puis à le faire dormir pendant quelque temps sur ou auprès de la tombe. Parfois une heure ou deux, parfois trois fois une demi-heure, mais dans le cas des malades mentaux beaucoup plus longtemps (quarante jours au maximum). À certains endroits, on croit que si le malade s’endort sur la tombe, c’est signe qu’il va guérir. Selon A. Popovic, il a pu voir d’ailleurs, dans le türbe de l’un des plus célèbres tekke sa’di de la ville de Djakovica (au Kosovo), le tekke «Tebdil», une sanduka dont un côté peut être soulevé grâce à l’existence de charnières (donc tout à fait comme une porte) afin de permettre au malade de s’allonger directement sur la tombe, pour y passer la nuit, à l’intérieur même de la sanduka.

 

Parmi les autres pratiques très courantes, on apporte de l’eau dans un récipient qu’on laisse pendant la nuit sur la tombe du saint, puis on la fait boire au malade; on laisse la chemise (ou un autre vêtement) du malade sur la tombe pendant une nuit, puis on la remet sur le malade; etc.

 

Signalons enfin, à propos de la visite aux tombeaux des saints, un épisode en quelque sorte complètement à rebours, qui est, semble-t-il, unique en son genre, à savoir la visite officielle, en 1980, de la tombe du maréchal Tito à Belgrade (endroit nommé «Kuća Cveća»/« La maison des fleurs») par une délégation de quarante-sept cheikhs, vekil et derviches du Kosovo et de Macédoine (qui étaient venus à Belgrade, il est vrai, pour un tout autre motif: l’installation du nouveau Reis ul-ulema de Yougoslavie de l’époque, Naim ef. Hadžiabdić).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Türbe construit à l’endroit où a coulé le sang d’un «juste»

 

 

Certains türbe n’ont pas été construits sur la tombe réelle ou supposée d’un saint, cheikh ou derviche, mais à l’endroit où aurait coulé un peu de sang du corps d’un «juste». On connaît plusieurs cas de ce genre et notamment ceux-ci: le türbe de Kamber Baba de Drishti (Drivast ou Drivasti près de Shkodër), bâti à l’endroit où celui-ci avait perdu un doigt, alors que le türbe édifié sur sa tombe se trouve à environ 300 mètres de là; au Kosovo, sur la route entre Gračanica et Janjevo, on avait fait construire un petit tekke à l’endroit où avait coulé un peu de sang du corps de Sultan Murat [Ier], au moment où on le transportait à Bursa; selon la tradition populaire, plusieurs türbe auraient été construits le long du Danube, en amont de la ville de Smederevo, à savoir à tous les endroits où le héros musulman Alibeg avait subi des blessures infligées par le héros chrétien Zmaj Ognjeni Vuk; le türbe de Djul-Baba (Gülbaba) de Kosovska Mitrovica aurait été bâti à l’endroit où un peu de sang de ce saint bektachi avait coulé de son corps, lorsqu’on le transportait de Buda à Bursa; enfin, toujours au Kosovo, dans le village nommé Beleg, non loin de Djakovica, existe un très vieux türbe sur lequel on ne possède aucun renseignement précis, hormis le fait qu’il fut élevé à l’endroit où avait coulé le sang d’un «juste» dont on ignore le nom.

 

 

 

 

 

 dans Croyances & Légendes

Tombe du Sultan Murad Khan I

 

 

 

 

 

 

 

 

Tombes miraculeuses

 

 

Plusieurs tombes de saints ont des particularités miraculeuses. Ainsi, sur la tombe d’un très célèbre cheikh halveti d’Užice, Cheikh Mehmed, qui fut tué dans le village de Balotići, près de Rožaj au Monténégro, au XVIIIe siècle, aurait poussé immédiatement une rose. Lorsqu’on a transporté plus tard le corps de ce cheikh à Rožaj, afin de l’enterrer près de la mosquée de la ville, on a réussi à y transplanter également la rose en question. Elle s’y trouverait encore, exhalant toujours le même parfum. Beaucoup de gens auraient essayé depuis, paraît-il, de la greffer ailleurs, mais sans véritable succès, car ailleurs son parfum ne serait plus du tout le même.

 

D’une autre tombe de cheikh, un certain Kaplan Baba d’Ohrid, on entendrait souvent, au cours de la nuit, provenir une étrange musique, à savoir le bruit d’un tumbelek (sorte de tam-tam en terre) qui viendrait directement de la tombe.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lumière brillant la nuit au-dessus des tombes de saints.

 

 

On prétend, dans les milieux de derviches, dans beaucoup d’endroits des Balkans, que l’on voit parfois briller la nuit une lumière au-dessus de certaines tombes. Selon la croyance populaire, cela signifie que le cheikh ou le derviche enterré en ce lieu est devenu un saint. Citons par exemple le cas de Nuh Baba, derviche halveti enterré à Gostivar; celui du célèbre türbe «des sept» (Yediler) de Sarajevo (que certains auteurs veulent attribuer à la confrérie [tarikat] des Nakshbandis, ce qui semble faux); le cas de la tombe d’un certain Baba Arif, derviche shâdhili enterré à Djakovica au Kosovo, venu selon les uns de l’«Arabistan», et selon d’autres du «Khorasan», et qui aurait été un «ami de Dieu» (veli).

 

 

 

 

 

 

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Yediler Türbesi – Sarajevo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à suivre………….

 

 




Éléments du dialecte algérien – Construction de la Phrase

27032020

 

 

 

 

 

 

 

 

La construction de la phrase arabe est très analogue à celle de la phrase française simple, c’est-à-dire soustraite aux inversions et aux incidences qu’amènent les recherches du style. Toutefois, il est nécessaire de tenir compte des particularités suivantes:

 

1- Il n’y a jamais d’incises (telles que dit-il, répondit-il, etc.) les propositions de cette nature se transforment en propositions principales (il dit…., il répondit….).

 

 

2 – Dans presque tous les cas, principalement dans les phrases narratives, on place le sujet après le verbe. Ainsi l’on dit:

Jâny (1) rajel = un homme est venu me trouver ( plutôt que rajel jâny).

 

 

3 – Le sujet doit toujours être placé après le verbe lorsque la phrase commence par un mot interrogatif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): Remarquer que le verbe , dont la conjugaison a été donnée précédemment, reçoit comme complément direct le nom de la personne vers laquelle on vient. il n’en serait pas de même s’il s’agissait d’un nom de choses; en ce cas on intercalerait la préposition le ou li ( = à), ou ila ( = vers).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Révolution Islamique en Iran (janvier – mars 1979)

25032020

 

 

 

 

 

 

 

 

Au pouvoir en Iran depuis 1953, le Shah, Mohammed Reza Pahlavi, veut engager son pays dans la voie d’une modernisation à marche forcée. En 1962, le Shah lance la révolution blanche: l’Iran adopte une réforme agraire destinée à améliorer le rendement de son agriculture, bientôt suivie par une politique d’industrialisation à outrance. Le Shah peut compter sur la manne des revenus pétrolier dont dispose l’Iran. En outre, le souverain iranien entend doter son pays d’une infrastructure moderne (ponts, ports, autoroutes, métros). Un effort est effectué en faveur de l’éducation et de l’émancipation de la femme iranienne.

 

En politique extérieure, le shah d’Iran mène une ambitieuse politique d’hégémonie régionale. Armée et formée par les États-Unis, l’armée iranienne devient l’une des armées les plus puissantes du monde. L’Iran entend s’imposer comme «le gendarme du Golfe», chargé de protéger le libre accès aux voies d’approvisionnement pétrolières et d’assurer la stabilité de la région.

 

 

 

 

 

 

 

La Révolution Islamique en Iran (janvier - mars 1979)  dans Histoire 220px-Mohammad_Reza_Pahlavi_2

Mohammad Reza Pahlavi dans les années 1970.

 

 

 

 

 

 

La politique de modernisation du Shah provoque troubles et mécontentements. La révolution blanche n’améliore guère le sort de la paysannerie. Au contraire, elle accélère l’exode des paysans vers les grandes villes où ils vont grossir la masse des chômeurs. L’industrialisation du pays creuse le fossé entre une petite élite de privilégiés (banquiers, hommes d’affaires, hauts fonctionnaires, technocrates, officiers, grande bourgeoisie) et la masse des déshéritées (paysans, artisans, commerçant du Bazar, chômeurs). La population iranienne est durement touchée par la hausse du chômage et de l’inflation. En outre, les Iraniens sont choqués par la corruption et le luxe ostentatoire du régime. En octobre 1971, les fêtes de Persépolis, marquant le 2500e anniversaire de l’Empire perse, indignent les Iraniens par leur débauche de faste et de clinquant. La subordination de l’Iran aux États-Unis, matérialisée par la présence de 40 000 conseillers militaires et techniciens américains en Iran, blesse l’orgueil national.

 

Enfin, le régime du Shah réprime impitoyablement toute opposition à l’aide de sa redoutable police politique, la Savak. Celle-ci recourt aux arrestations arbitraires, aux jugements expéditifs, à la torture et aux exécutions sommaires. Le clergé chiite, fort de 180 000 mollahs, constitue la principale force d’opposition à la monarchie iranienne. 90% des Iraniens se réclament de l’islam chiite. Les mollahs vitupèrent contre la corruption du régime et la déliquescence des mœurs.

 

La contestation chiite s’organise autour de l’ayatollah Khomeiny. Issu d’une famille d’imams, chef de la communauté chiite, l’ayatollah Khomeiny vit réfugié en France depuis 1978 après un long exil en Irak (1963-1978). Il appelle au renversement de la monarchie, stigmatisant dans ses discours un régime stipendié par l’étranger. L’année 1978 constitue une année cruciale pour l’opposition iranienne. Les différents partis politiques surmontent leurs divergences et se rallient au dignitaire religieux. Des émeutes éclatent en janvier 1978 à Qom. En septembre, les Iraniens manifestent en masse dans les rues de Téhéran. La police intervient, tuant des centaines de personnes. En décembre 1978, à l’occasion d’une fête religieuse chiite, des millions de personnes manifestent leur opposition au régime du Shah. Le souverain iranien tente de composer en faisant des concessions. Le 31 décembre, il nomme au poste de Premier ministre Chapour Bakhtiar, un opposant démocrate et patriote. La mesure arrive trop tard. Les États-Unis adoptent une attitude ambiguë, alternant proclamations de soutien et critiques voilées au régime du Shah.

 

 

 

 

 

 

 

 

433px-Portrait_of_Ruhollah_Khomeini_By_Mohammad_Sayyad dans Histoire

Rouhollah Khomeini

 

 

 

 

 

 

Finalement, Jimmy Carter renonce à soutenir un régime devenu par trop impopulaire. Le 16 janvier 1979, le Shah prend la route de l’exil. Le régime de Chapour Bakhtiar ne tarde pas à s’effondrer. Le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeiny effectue un retour triomphal à Téhéran sous les acclamations d’une foule de quatre millions de personnes.

 

Le 31 mars 1979, le chef religieux chiite proclame la république islamique d’Iran. Le nouveau régime s’appuie sur les gardiens de la révolution, véritable milice armée, et sur le clergé chiite (les mollahs). Khomeiny plonge l’Iran dans la révolution islamique. La charia est rétablie, l’adultère et la consommation d’alcool sont sévèrement punis. Khomeiny cherche à éradiquer toute influence occidentale. Les films, la musique, les vêtements occidentaux sont proscrits. Les femmes iraniennes sont astreintes à porter le tchador. La république islamique s’avère être tout aussi répressive et intolérante que la monarchie, les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires. La classe moyenne iranienne, d’abord favorable à Khomeiny, se dissocie du régime. Mais la masse des déshérités, qui a obtenu des avantages sociaux, lui reste fidèle. C’est d’ailleurs parmi elle que sont recrutés les gardiens de la révolution.

 

Sur le plan extérieur, la révolution islamique iranienne qui agite les thèmes de la justice sociale, de l’orgueil national et du rejet de l’Occident, fait preuve d’un prosélytisme qui vise non seulement les pays où vivent des communautés chiites significatives (Liban, Irak, Koweït, Afghanistan) mais plus largement l’ensemble du monde musulman. La révolution islamique inquiète aussi bien les États-Unis, qui perdent leur meilleur allié dans la région du Golfe, que l’URSS, qui craint une possible contagion de la propagande chiite à ses propres républiques musulmanes. En novembre 1979, Khomeiny organise, ou tout du moins tolère, la prise en otages des diplomates américains restés en Iran par des «étudiants» islamiques. Ceux-ci réclament l’extradition du Shah, réfugié aux États-Unis, afin qu’il puisse être jugé en Iran. En avril 1980, les Américains organisent une opération commando pour libérer les otages qui échoue lamentablement. La mort du Shah en juillet 1980 facilite la résolution de la crise: les otages américains sont libérés en janvier 1981. en septembre 1980. le déclenchement de la guerre avec l’Irak radicalise la révolution iranienne tout en provoquant un sursaut patriotique. Le conflit fournit un prétexte à Khomeiny pour éliminer ses anciens alliés politiques (libéraux, moujahidine du peuple des Bani Sadr, communistes). Le régime islamique procède à des milliers d’arrestation suivies de plusieurs centaines d’exécutions. Entrées en rébellion depuis août 1979, les minorités turkmène, azérie et surtout kurde font l’objet d’une répression sanglante.

 

La fin de la guerre avec l’Irak en 1988 suivie par le décès de l’ayatollah Khomeiny en juin 1989 marquant le déclin de la révolution islamique. Tenants d’une ligne plus réaliste, les nouveaux dirigeants iraniens tentent de se rapprocher des pays du Golfe et de se concilier l’Occident. L’arrivée au pouvoir du «modéré» réformateur Khatami en 1997 ouvre la voie à une timide libéralisation du régime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Éléments du dialecte algérien – Traduction du Mot «Jamais»

23032020

 

 

 

 

 

 

 

 

L’adverbe «jamais» employé dans une phrase négative se traduit par le mot ‘omr ( = vie, existence) suivi d’un pronom affixe de même personne que le sujet de la phrase. En pareil cas, on néglige d’exprimer le mot chy de la négation.

Ex. : ‘omry mâ chouftho = je ne l’ai jamais vu,

‘omrek mâ tejî = tu ne viens jamais.

 

 

 

 

 

On peut aussi rendre «jamais» par abadan ( = éternellement).

Ex.: Mâ chouftho che abadan = je ne l’ai jamais vu.

Mâ tejî che abadan = tu ne viendras jamais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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