La Communauté MAJORQUINE D’Alger

25032017

 

 

 

 

 

 

 

À quelques heures des côtes nord-africaines, les îles Baléares furent, pendant l’époque moderne, l’un des principaux théâtres de l’affrontement entre Islam et Chrétienté. De la guerre d’escadres à la guerre de course, les Majorquins participèrent à ce conflit sur la rive chrétienne de la Méditerranée. Mais ils furent également présents sur la rive musulmane, en tant que captifs chrétiens ou renégats. Un grand nombre d’entre eux séjourna dans la ville d’Alger ; on en trouvait aussi dans le royaume de Kouko, à Tunis, au Caire, aux confins de l’Empire ottoman… Trois siècles durant (du XVIe au XVIIIe  siècles) ils échouèrent ci et là, au gré des circonstances particulières et de l’évolution des rapports de force entre les grandes puissances.

 

 

 

 

 

 

APPROCHE SPATIO-TEMPORELLE DE L’ÉVOLUTION DE LA PRÉSENCE MAJORQUINE EN ISLAM

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Gravure hollandaise ancienne datant de 1864, titre original: « Mannier Hoe de Gevange Kristen Slaven tot Algiers Verkoft Werden » (Manière dont les prisonniers chrétiens sont vendus comme esclaves au marché d’Alger) / Auteur : Jan en Casper Luyken (1649-1712)

 

 

 

 

 

 

 

1. Les inconnus du XVIe siècle

 

Les fréquentes razzias perpétrées par Barbaresques et Ottomans au cours du XVIe siècle contre les littoraux mal défendus des îles, induisent à penser que les Majorquins furent fort nombreux pendant cette époque-là à Alger. Il s’agissait certainement d’une communauté mixte, composée d’enfants et d’adultes. Ont-ils été nombreux à abjurer? Il est sûr que la majorité de ceux qui le firent étaient des enfants en bas âge, moins rétifs que les adultes et dont l’intégration sociale se faisait sans problèmes. Mais dès le dernier quart de siècle, le profil du renégat majorquin subit des modifications dues à l’évolution de l’histoire militaire. En 1574, la grande guerre quitte la Méditerranée, laissant place à la guerre de course. Les grandes incursions musulmanes contre les Baléares cessent. Les marins pêcheurs deviennent plus téméraires et les marins corsaires plus nombreux. Donc, le nombre des affrontements maritimes contre les Barbaresques s’accroît et les nouveaux captifs qui affluent à Alger sont de plus en plus des gens de mer. C’est de ces vingt-cinq dernières années du XVIe siècle que datent les relations de causes dont nous disposons pour la période. Elles se caractérisent par leur brièveté et leur imprécision en ce qui concerne les données quantifiables. Nous savons de façon certaine que trois des renégats de notre corpus séjournèrent à Alger avant 1600, mais nos sources omettent d’indiquer le lieu de séjour de dix autres individus jugés pendant cette période. Ce chiffre n’est donc en aucun cas significatif. Mais nous pensons qu’en ces années florissantes pour la course algéroise, on ne manqua certainement pas de mettre à profit les qualités professionnelles des marins majorquins. Ils contribuèrent, à n’en pas douter, à la «seconde et toujours prodigieuse fortune d’Alger» en tant que corsaires reniés.

 

 

 

 

 

 

2. Les aventuriers du XVIIe siècle

 

Le portrait des renégats de cette période diffère peu de celui que nous avons ébauché précédemment, il est néanmoins plus précis car les sources sont plus nombreuses et plus riches. Nous savons, pour 33 renégats sur 39 identifiés, qu’ils furent capturés en mer sur des navires corsaires. En effet, à Majorque au XVIIe siècle, les armateurs en vinrent peu à peu à investir massivement dans la course. À l’état embryonnaire jusqu’en 1640, celle-ci devint réellement offensive vers 1652. Elle ne s’en prenait pas seulement aux ennemis de la foi. Les corsaires majorquins allaient cueillir leurs proies à la sortie des ports de Gênes et de Marseille, même lorsque les trêves le leur interdisaient. En somme, ils étaient partout, concurrençant activement la course barbaresque. Les captifs que l’on retrouve à Alger ne sont plus, comme pendant la première partie du XVIe siècle, des victimes apeurées et sans défense, mais bel et bien des gaillards engagés dans une aventure dont ils connaissaient dès le départ les dangers. La plupart étaient des marins de profession originaires du quartier populaire de Santa Creu à Palma. Mais nous y retrouvons également des représentants des métiers les plus divers, ainsi que des péninsulaires et des étrangers de toutes origines résidant à Majorque où ils étaient venus, attirés par les gains de la course et par les possibilités d’ascension sociale qu’elle offrait. Le roi gratifia, en effet, certains corsaires du titre de cavaliers, pour les bons et loyaux services qu’ils prêtèrent à la Couronne.

 

Alger accueillait donc en tant que captifs ces aventuriers en quête d’un brillant destin. Les candidats au reniement semblent s’être trouvés parmi les plus jeunes d’entre eux. L’âge moyen de ceux qui ne renièrent pas est de 28 ans, alors que les renégats identifiés ont 18 ans en moyenne au moment de leur capture. On est frappé par le jeune âge de certains moussaillons qui n’ont parfois guère plus d’une dizaine d’années. Mais certains n’étaient plus des enfants lors de leur conversion. Gabriel Balls avait 28 ans, Gregorio Trujol  plus de 34 et une dizaine d’entre eux 20 ans ou plus.

 

La facilité avec laquelle on faisait carrière dans la Régence, mena certains sur la voie de l’abjuration. Quelquefois, les mauvais traitements finirent par fléchir la volonté des hésitants et même des récalcitrants.

 

Quoi qu’il en soit, sur les 39 renégats connus, 21 s’engagèrent dans la course algéroise. Cinq d’entre eux au moins occupèrent un poste de responsabilité. Il est vraisemblable que les renégats majorquins aient joué un rôle important dans la course, au moment même où le pouvoir était aux mains des «raïs» dans la Régence. Leur nombre, et le prestige dont bénéficiaient certains d’entre eux, comme Francisco Verdera et Gregorio Trujol qui moururent au combat et furent enterrés avec les plus grands honneurs, nous le font croire.

 

Au XVIIe siècle les Majorquins furent présents aux postes de commandement sur terre. Tel est le cas de Miquel Coll, qui fut gouverneur de la province de Constantine. Certains atteignirent même les sommets du pouvoir. En 1660, un Majorquin d’adoption, Juseppe Domingo, devenait le favori de l’Aga chargé de la paie des janissaires, qui gouvernait alors Alger. D’autres réussirent dans des secteurs économiques alors en expansion, comme la construction. Le Majorquin Cota quitta sa condition de simple tailleur de pierre pour devenir bâtisseur de forteresses.

 

Tous ne connurent pas un destin d’exception, mais, en règle générale ils virent leur niveau de vie s’élever après leur conversion. Assurés de leur paie de janissaire, pour ceux qui entraient dans la milice, ils vivaient aisément, participant régulièrement ou occasionnellement à la course. Les plus jeunes acquirent souvent un degré d’instruction dont ils auraient certainement été privés en Chrétienté ; leurs maîtres les envoyèrent en effet à l’école coranique afin qu’ils devinssent de bons musulmans. Ils y apprirent à lire et à écrire la langue arabe.

 

Cependant, il serait erroné de croire que la conversion à la religion musulmane eût pour tous d’aussi favorables conséquences. Conversion ne signifiait pas affranchissement. C’est pourquoi Miquel Fornes ne vit pas son sort s’améliorer et resta assujetti à un maître qui l’employait à travailler durement aux champs. De même le maître d’Antonio Estelrich maltraita ce dernier et le tint enfermé même après son reniement.

 

Heureux ou malheureux, renégats et captifs originaires des îles Baléares vécurent nombreux à Alger pendant le XVIIe siècle. Ils furent particulièrement présents pendant la première moitié du siècle. Observons les chiffres :

 

 

 

 

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II est vrai que les sources disponibles ne permettent pas d’évaluer les effectifs réels. Mais on pense que dans ce cas ces chiffres sont proportionnellement représentatifs. Il est fort possible que les Majorquins aient été deux fois moins nombreux à Alger et ailleurs pendant la deuxième moitié du XVIIe siècle, ceci à cause de la baisse de l’activité de la course algéroise, mais surtout à cause des énormes progrès faits par sa rivale Baléare. À partir de 1655, les navires corsaires ne quittèrent plus le port de Palma que par escadres de quatre ou cinq. Ce n’étaient plus des proies faciles. À cause de l’importance numérique de la communauté majorquine dans la Régence, les nouveaux captifs ne se sentaient guère dépaysés. Dès leur arrivée ils retrouvaient leur langue et des visages connus. D’ailleurs, un réseau de solidarité entre renégats et captifs de même «nation» semble avoir fort bien fonctionné. L’aide apportée aux nouveaux arrivants se réalisait sous plusieurs formes. Certains renégats protégeaient leurs compatriotes en les acquérant pour leur service, ils leur évitaient ainsi d’être envoyés aux galères. Citons le cas curieux de Francisco Verdera, qui avait été pendant sa jeunesse au service de son oncle à Bunyola. Lorsque le fils de ce dernier, Antonio Muntaner fut capturé par les Maures, Verdera en fit son domestique. Les rôles étaient inversés.

 

Les arrangements entre familles de captifs et renégats majorquins étaient monnaie courante. Des courriers circulaient entre Alger et Majorque desquels on pourrait dégager, s’ils étaient retrouvés, les clauses d’un contrat tacite entre Majorquins des deux rives.

 

Mais les rapports ne furent pas toujours de bonne entente. Les mêmes renégats bienfaiteurs sont présentés quelquefois sous un jour bien sombre. On affirme les avoir vu s’en prendre aux captifs de leur «nation» sur les galères. Ils sont à la tête de troupes lors d’incursions contre les îles : Francisco Verdera22 débarque à Cala Murta (Majorque), Miquel Cavalier à Andratx (Majorque). Et dans des accès de colère, ils expriment tout haut le mal qu’ils feront aux leurs. De façon plus ou moins claire, on devine chez chacun une certaine nostalgie mêlée de rancune, qui fait d’eux des êtres déchirés.

 

Le mal du pays aidant, l’idée de retour semble avoir effleuré même les plus dépités. Rentrer à Majorque depuis Alger n’offrait pas de grandes difficultés. Les navires algérois faisant souvent halte à Formentera pour y faire provision d’eau ou de bois, les renégats qui en avaient conçu le désir, pouvaient profiter de l’occasion pour s’évader. Ils étaient ainsi déposés à demeure. Pedro Juan Casares vint de Turquie pour s’engager dans la course algéroise, et s’enfuir à la première occasion, Joan Carbonell du Caire.

 

Pour les Majorquins, Alger fut la porte de l’Islam surtout pendant la première moitié du siècle. Après, tous les fugitifs identifiés furent obligés de faire un long détour pour pouvoir rejoindre leur terre natale ou d’adoption, car l’intense activité des corsaires baleares avait détourné les Algérois des littoraux insulaires et les évasions au cours d’aiguades étaient devenues impossibles.

 

 

 

 

 

 

3. Les derniers renégats

 

Durant le XVIIIe siècle, la peste et les famines décimèrent la population d’Alger. Selon Venture de Paradis, à la fin du siècle elle ne comptait plus que 50000 habitants, alors qu’elle en avait eu 100000. La course ne proposait plus de bénéfices considérables, ce qui avait provoqué une baisse de 27,5% des recettes de la Régence de 1694 à 1720.

 

Cependant, malgré son déclin la ville offrait encore des perspectives qui pouvaient être intéressantes pour certains. Le Majorquin Matheo Serra dut songer pendant sa captivité au sort misérable qui l’attendait à son retour en Chrétienté, et le lendemain même de son rachat, renonça à repartir et abjura.

 

Comme la course majorquine n’offrait plus de possibilités d’ascension sociale depuis que le traité de Ryswick, en 1697, lui avait interdit de s’en prendre aux ennemis chrétiens de la Couronne, choisir l’Islam n’avait pas encore cessé au XVIIIe siècle de signifier bénéficier de conditions de vie meilleures pour les plus déshérités.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Mélanges de la Casa de Velázquez  Année 1991  Volume 27  Numéro 2 pp. 115-128

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




EL- OULAD SIDI-HADJERES

23032017

 

 

 

 

 

Quoique ces mots indiquent le nom des habitants d’une tribu arabe de l’annexe du Sidi-Aïssa, du cercle de Boussaâda, ils sont synonymes aux yeux de la population locale et des entrepreneurs de travaux publics de « casseurs de pierres ».

 

La tribu des Oulad-Sidi-Hadjerès est située au Sud -Est d’Aumale entre cette ville et Msila, sur la limite du département de Constantine. Son territoire se trouve complètement dans le bassin du Hodna et a déjà l’aspect désolé du Sud Algérien ; le terrain est plat, sujet en été au mirage ; la végétation devient rare, quelques pieds de guettaf ou de Tagouf constituent toute la flore du pays. 

 

Au point de vue hydrologique, il n’est pas plus favorisé et ne comporte que quelques petits ruisseaux absolument secs en été, et de rares sources donnant un filet d’eau chargée de principes magnésiens ; c’est ce qui fait que dès le printemps, des groupes de femmes, d’enfants et d’ânes, effectuent des trajets de plusieurs kilomètres pour remplir les outres de l’eau nécessaire à leur alimentation.

 

Il y a bien, dans les Oulad Sidi-Hadjerès, quelques terres de culture, mais leur qualité médiocre, leur peu d’étendue permettent tout juste aux propriétaires de vivre lorsque la récolte est bonne.

 

Aussi les habitants de cette tribu ayan eu à supporter successivement la fameuse invasion de sauterelles en 1866 et la famine de 1867, durent-ils s’expatrier afin de se procurer un travail leur permettant de vivre.

 

 

  

 

 

EL- OULAD SIDI-HADJERES  dans Attributs d'Algérienneté phoca_thumb_l_0000001-401

 

 

 

 

 

Ils quittèrent en 1867-1868 leur ingrat pays. Leurs aptitudes ne leur permettant pas de se montrer difficiles sous le rapport de la profession, et des chantiers de charité ayant alors été organisés en vue de secourir les populations atteintes par la misère, les Hedjerès se mirent tous à la besogne, hommes, femmes, enfants, sur les divers chemins de l’Algérie où l’autorité avait installé les dits chantiers ; ils réussirent ainsi à traverser la rude épreuve de la famine et revinrent, deux ou trois ans après, dans leur pays d’origine.

 

C’est à cette circonstance que les Oulad Sidi-Hadjerès doivent leur particularité de casseurs de pierres. En effet, depuis l’exode général provoqué par la famine, les habitants de cette tribu ont continué et continuent de la quitter chaque année pour aller travailler sur les routes. C’est maintenant chez eux une tradition; ils font leur tour d’Algérie, comme les Limousins font leur tour de France. Il y a cependant cette différence, c’est qu’ils ne peuvent se perfectionner dans leur métier, la pierre se cassant partout de la même façon.

 

Les Oulad-Sidi-Hadjerès partent tous les ans de leur pays en automne et y rentrent au moment des récoltes, six ou huit mois après. Ils circulent par groupes de vingt, trente, quarante familles, principalement dans les départements d’Alger et de Constantine, à la recherche des travaux d’empierrement ; quelques groupes se rendent parfois jusqu’en Tunisie.

 

 

 

 

 

 

 dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

 

Leur vie errante les a familiarisés avec les routes et les localités où se trouvent les entrepreneurs. Dès qu’une adjudication pour la construction d’un chemin de fer a eu lieu, les deux ou trois chefs d’un groupe se présentent à l’adjudicataire et lui offrent de fournir la pierre cassée qui lui est nécessaire. Ils savent le rabais qui a été consenti par l’adjudicataire et basent leurs offres d’après ce rabais.

 

Aussitôt qu’il y a eu entente entre l’entrepreneur et les tacherons des Oulad-Sidi-Hadjerès, ces derniers amènent leurs familles sur les points où le travail doit s’effectuer ; c’est alors un bien curieux spectacle de voir l’arrivée des casseurs de pierres : en tête se trouvent les enfants de tout âge des deux sexes, en guenilles, juchés sur les ânes qui portent aussi les biout (tentes), puis après, viennent les femmes dans leur costume ample, poussant devant elles d’autres ânes chargés du matériel de cuisine et des provisions, et enfin, en queue, se tiennent les hommes dont deux ou trois seulement sont à cheval ; quelques vilains chiens aux longs poils, hargneux et maigres, suivent la caravane.

 

Dès qu’ils sont arrivés sur le chantier, les Hedjarès installent leur campement, les tentes noires et enfumées sont dressées, les vieilles nattes en alfa sont étendues, les nombreux ânes sont entravés étroitement par les pattes de devant et les femmes se mettent en devoir de faire la cuisine dans les bourma (marmites) crasseuses.

 

Le lendemain, les hommes vont à droite et à gauche des travaux de terrassements et reconnaissent les points où la pierre pourra être extraite. Il ne s’agit pas cependant de travaux effectués à la barre à mine, à la pince, comme se fait; les Hedjarès se bornent à ramasser les pierres qui se trouvent dans les champs, et pour cela tous les enfants de la bande sont employés. Ils emplissent de pierres les chouara (paniers en alfa doubles) des ânes et viennent les déposer en petits tas sur le côté droit ou gauche de la route.

 

Quand la pierre ainsi apportée est en suffisante quantité, c’est au tour des hommes et des femmes à travailler. Armés de la massette traditionnelle, tous, à coups répétés, cassent les pierres en morceaux susceptibles de passer par l’anneau réglementaire de sept centimètres, puis la pierre est mise-en longs cordons et est ensuite reçue et mesurée par les services des ponts- et-chaussées ou de la voirie départementale.

 

L’enlèvement des pierres des terrains avoisinants, occasionne bien quelquefois des réclamations de la part de propriétaires grincheux, mais ordinairement ils sont pour la plupart enchantés de voir leurs terrains nettoyés sans bourse délier.

 

Les Hedjarès, pendant l’exécution de leur traité avec l’entrepreneur, se font délivrer des avances au fur et à mesure des fournitures faites, puis, à l’expiration des travaux, ils règlent définitivement avec l’entrepreneur et retournent dans leur pays, emportant le montant des bénéfices qu’ils ont pu réaliser pendant leur absence.

 

Durant leur séjour le long des routes, il y a bien quelques larcins qui se produisent ; des moutons disparaissent souvent des troupeaux des propriétaires voisins, mais les casseurs de pierres sont si adroits voleurs et puis la viande est engloutie avec tant de facilité par les nombreuses et solides mâchoires de la bande, qu’il est impossible de découvrir les traces du vol !

 

Vers la fin du XIXe –début du XXe siècle les Oulad-Sidi Hadjerès ont à peu près accaparé le monopole de casseurs de pierres ; ils ont écarté, par la modicité des prix, tous les autres ouvriers ; il est vrai que ces derniers ne peuvent, en effet, lutter contre une association dont tous les membres, hommes, femmes, enfants, travaillent.

 

Cela peut paraître étrange qu’aune population arabe consente à laisser ainsi les femmes travailler publiquement à visage découvert, pourtant la chose est vraie.

 

Au métier de casseurs de pierres, les Oulad-Sidi Hadjerès ont appris à se «servir de la pioche (cheboune), de la pelle (mesha) de la massette (materga), ils discernent la bonne ou la mauvaise pierre et savent employer le mètre.

 

C’est à la misère de 1867 qu’ils doivent ces connaissances qui manquent tant aux autres. N’est-ce pas là le cas de dire : « A quelque chose malheur est bon ? »

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




‘Le Diseur’ dans la tradition littéraire populaire algérienne

21032017

 

 

 

 

La poésie, chez les Arabes de l’Algérie, est aussi à son déclin, quoique l’on puisse dire qu’elle leur soit restée familière et qu’ils aient l’imagination chaude et facile à l’exaltation.

L’Arabe sent les beautés de la nature, mais ses sensations et sa verve s’exercent plus particulièrement sur la beauté, les charmes de la femme, l’excellence des chevaux, la bonté et le luxe des armes, les faits de guerre, chasse, etc.

Cette poésie se manifeste par des Gais et Ghrazels, sortes de lais.

Quelques-uns s’écrivent, la plupart se chantent dans l’inspiration, se répètent de mémoire, et vont ainsi de tribu en tribu à travers l’Algérie, colportés par les Diseurs, derniers vestiges des anciens bardes et trouvères d’autrefois.

Ces diseurs se divisent en GoualsAïats et Meddah’s.

 

 

 

 

‘Le Diseur’ dans la tradition littéraire populaire algérienne  dans Littérature 1486030065-57

 

 

 

 

 

Les Gouals, ou poètes ambulants, doués du don de l’improvisation, vont de douar en douar, au foyer hospitalier des grands et des riches, chanter, en s’accompagnant de la flûte primitive et du tambourin, les exploits des guerriers en renom, les amours d’amants célèbres.

Ils fréquentent les marchés, les réunions, les noces et les fêtes.

Mais comme tout passe en ce monde, ils vont tous les jours s’éclipsant, et, moins heureux que leurs devanciers de l’ancienne Grèce ou des régions du Nord, les derniers diseurs arabes voient finir avec eux leurs chants et leur récits héroïques. — On’en excepte toutefois ceux qui ont été tirés de l’oubli par plusieurs ouvrages sur l’Algérie, entre autres par les livres du général Daumas.

Le Goual est généralement de mœurs pacifiques, il n’a point de costume particulier; il se reconnaît néanmoins à une physionomie rêveuse et souvent inspirée, à ses modestes instruments qu’il porte dans le capuchon de son bernous. — On le désigne aussi sous le nom de Sahab-elSenâ, ami du métier, de la gaie science.

 

 

 

 

 

L’Aïat* a plus d’analogie avec les bardes belliqueux de la vieille Irlande, qui savaient aussi bien manier la lourde épée que la lyre.

Les Aïats ont a peu près disparu à la fin du XIXe siècle, et c’est à peine si de loin en loin on en rencontrait encore quelques-uns dans les tribus guerrières du Sud.

L’Aïat, homme de cheval et de poudre, — comme il aime à s’en vanter, — possède une voix d’un timbre aigu, d’une immense portée.

Dans la mêlée des combats, il jette des appels, des excitations scandées et rythmées, qui exaltent jusqu’à la frénésie le courage des guerriers.

Véritables clairons humains, avec leurs voix de cuivre, — ces inspirés de la lutte ont souvent, comme les héros d’Ossian, déterminé la victoire par leurs chants énergiques.

Les cris, les appels des Aïats agissent sur les nerfs avec un effet semblable à celui que nous produit la charge battue par le tambour; ils donnent cette horripilation que l’on définit souvent en disant : avoir la chair de poule.

J’ai été soumis à l’action du chant des Aïats, et me suis rendu compte de sa stimulante énergie.

Les lambeaux de phrases ou de vers lancés par les Aïats dans les moments décisifs du combat sont des appels aux sentiments élevés, à la gloire des guerriers, à leurs anciens exploits. — Quelquefois même il est fait allusion à l’amour des plus braves pour des beautés en renom.

Après ces indiscrétions, que l’on peut appeler suprêmes, au moment du péril, — un guerrier doit vaincre ou être mis hors de combat; il n’oserait jamais se représenter vaincu devant la femme qu’il aime, lorsqu’elle a été invoquée en son honneur pour déterminer la victoire de son parti.

 

 

 

 

 

Les Meddah’s** chantent particulièrement la poésie religieuse, les prouesses des compagnons du Prophète. Les Mehds, d’où ils tirent leur nom, sont de petits poèmes sacrés en l’honneur de l’Islam et des hauts faits accomplis par ses Oualis et Moudjaheds***.

Les Meddahs se distinguent par un fanatisme outré.

Pénétrés et convaincus de la véracité des dires et gestes de leurs héros, de la supériorité de leur religion sur celle des infidèles, ils s’enivrent à leurs propres chants et entraînent leurs auditeurs par le récit extraordinaire des faits célèbres et par le mode sur lequel ils sont rythmés.

La cadence, monotone au début, violente et heurtée par progression, finit par opérer une sorte d’enivrement mystique, dont l’effet va toujours croissant, et entraîne jusqu’à l’extase les sectateurs du Prophète.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : De aïet (عيط), crier, appeler haut

** : Meddah, louangeur; — medh, louange.

*** : Oualis, saints; — Moudjaheds, combattants pour la foi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le « ia » : élément essentiel de corruption dans le dialecte

19032017

 

 

 

 

 

Les parties du discours qui en ressentent l’influence, sont les pronoms, les substantifs, les verbes et les adverbes.

Plus d’une fois même il s’y montre accompagné d’un élif de prolongation. Ainsi, l’on dit: 

 

 

 

برية, beria « lettre, missive», au lieu de براة ,bra;

 

مراية, mraia «glace, miroir», au lieu de  مرآة

 

أنايا, et أنتايا, anaïa «moi», entaïa «toi », à la place de ana, enta

 

مليان, melian «plein», pour ملآن

 

هنايا, henaia «ici ». هكذايا, hakedaia «comme cela», pour hena, hakeda.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Messeder de la Nouba du mode Remel Maïa : مظلوم و مشتكي

17032017

 

 

 

 

 

Cette pièce fait partie de la Nouba, du mode remel maïa.

Dans la Nouba, le Messeder est une des premières parties qui se chantent sur un mouvement lent et qui, interprétées par plusieurs voix d’hommes à l’unisson, produisent toujours un grand effet. On remarquera la profusion d’ornements de la mélodie et on comparera à la version chantée la version que reprennent les instruments sur un mouvement deux fois plus rapide.

 

 

 

 

 

Messeder de la Nouba du mode Remel Maïa : مظلوم و مشتكي dans Musique 1485781511-sans-titre

 

 

 

 

 

 

Traduction des paroles arabes

 

1er Couplet : C’est un opprimé, une victime, qui a souffert de tes injustices et qui exhale sa plainte debout devant ta porte.

 

2 e Couplet : Je suis anxieux et le souci m’accable si ton ombre vient âme quitter et à s éloigner de moi.

 

3 e Couplet : C’est une chose convenue, indiscutée, que parmi les amants au doux visage, où trouver celui qui est aussi beau que toi ?

 

 

Metlaâ : Je t’ai placé dans mon cœur comme une petite bougie qui brûle sans jamais s’éteindre, j’en jure par Allah !

Mais si tu laisses périr ma flamme, je guérirai, ô mon frère y avec l’aide d’Allah.

 

 

Trois couplets et leur metlàa forment une bit (une maison), et les mélodies classiques comportent souvent plusieurs bit.

 

 

 

 

 

 

 

Ecoutez  Cheikh Sadek El Bejaoui interprète   – Messeder : مظلوم و مشتكي   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Aux origines des noms de famille

15032017

Voyage dans l’état civil algérien

 

 

 

 

 

Le patronyme est un support de notre identité. C’est un héritage familial inaliénable. Il nous parvient du fond des âges comme une chaîne qui nous lie à un ancêtre. A cheval entre la science du langage et l’histoire, ce nom si familier à notre mémoire recèle parfois le code d’accès qui perce le secret d’énigmes séculaires. 

 

 

 

 

Il arrive que les noms résistent étonnamment à l’effet du temps. Pour l’exemple, nous retiendrons Aouchich, Rezzoug ou Mazigh consignés par l’historien Hérodote dans son périple africain en 405 avant l’ère chrétienne. Nous proposons dans ces lignes une petite ballade festive et sans prétention savante dans cette heureuse association historico-identitaire que le lecteur attentif complétera selon ses besoins.

Du point de vue de la loi, le nom de famille est un patrimoine protégé par le code civil. Il a valeur de propriété privée. La loi permet, en effet, de modifier ou de changer de nom, mais consacre son caractère personnel. Un changement de patronyme doit obligatoirement faire l’objet d’une publicité pour vérifier l’éventualité d’une opposition puisqu’il a valeur de propriété privée inaliénable. A sa naissance, l’enfant algérien reçoit deux noms propres : le patronyme de son père et un ou plusieurs prénoms. Les parents ont le libre choix des prénoms, mais l’enfant portera obligatoirement le nom patriarcal. L’ordonnance 75-58 du 26 septembre 1975 portant code civil considère le nom et les prénoms comme un attribut de la personnalité identifiant la personne. Cette ordonnance a permis la nomination des personnes qui étaient dépourvues de nom et identifiées sous « SNP » (sans nom patronymique). Depuis la publication de cette loi, les dépositaires des registres d’état civil sont tenus de ne pas reproduire ce sigle « SNP », lors de la délivrance des copies conformes des actes d’état civil.  

 

 

 

Dans cette première partie, nous nous pencherons sur quelques noms d’origine turque….
 

 

Istanbul, Istanbul…
 

Les liens de l’Algérie avec l’empire Ottoman apparaissent sur une multitude de noms de famille. Baba Ali désignait le fonctionnaire de la sublime porte, autrement dit « El Bab El Ali ». Tout comme de nos jours, il arrive qu’une personne soit désignée du nom de l’institution qui l’emploie. Jusqu’au XIIe siècle, le mot « porte » désignait couramment, le palais impérial sous le règne ottoman. Plus tard, il a évolué pour définir les quartiers du grand vizir, siège du gouvernement à Istanbul. A partir du XIIIe siècle, ce siège ne sera connu que sous le terme de la sublime porte. Pour de nombreux chercheurs, y compris le grand spécialiste de l’Islam, Bernard Lewis, le nom « Istanbul » a été adopté en remplacement de Constantinople à sa conquête le 29 mai 1453 par Mehmed Ali. En réalité, Istanbul est une simplification phonétique du nom original « Constantinopoolis » qui s’est édulcoré dans le langage populaire en Stanpool pour se stabiliser définitivement en Stanbul et Istanbul. Les signes particuliers ont été une source assez importante dans la formation des noms propres chez les Ottomans. Ainsi, sari qui définit l’homme au teint clair, blond ou roux, va se compléter par un préfixe et devenir Bendissari, Bensari. Tobbal qu’on confond souvent avec le joueur de tambour signifie le boiteux. Dali est la qualité de l’homme particulièrement courageux face à l’ennemi, autrement dit, « le téméraire ». Si on le définit comme « le fou », c’est dans le sens de guerrier intrépide. Il a donné les Bendali, les Dali Bey. Quant à Mami, il qualifie les Européens réfugiés en pays d’Islam notamment sous l’inquisition. L’homme frappé d’un défaut de langue est appelé tétah. De sobriquet, il devient un nom de famille. L’homme grand de taille est appelé ouzzou et devient Bouzzou. Sous l’empire ottoman, l’armée, pilier de la dynastie, était un grand pourvoyeur d’emplois. C’est pourquoi on constate tant de noms liés à la fonction militaire. Ainsi, Boumabadji, c’est le bombardier. Tobji ou bachtobji sont artilleurs ou canonniers. Quant à danedji ou dennane, c’est le maître des forges. Il coule les bouches de canons et les boulets des projectiles. Alemdar, tout comme Sandjak sont les porte-étendards. Raïs, c’est bien évidemment le capitaine du navire. Ghazi appartient à la caste militaire chargée de la garde des frontières de l’empire. Dans leur immense majorité, ils étaient turcs et parlant turc. Le yéni cheri qui a donné le mot janissaire signifie le « nouveau soldat ». Il était reconnaissable à son grand bonnet blanc. Baltadji, c’est littéralement « l’homme à la hache ». Il fait partie du corps d’armée affecté exclusivement à la garde du harem du sultan à Topkapi. Baïri est probablement un raccourci de bey raïs. La fonction juridique a donné kazi qui est une prononciation turque de Qadi. Kazi ouel et kazitani (Tlemcen) signifient « el qadi el awwal et el qadi etthani » premier et second juge. Hadji est un arrangement de hachti qui désigne le cuisinier. Il s’est largement répandu en tant que patronyme. L’officier de police se nommait Zabanti de l’arabe dhabet. Il devient patronyme en se déclinant Sabati. Zabanti survit encore sous l’appellation argotique de zbaïti, èquivalent de flic en français.
 

 

 

 

D’où viens-tu ?
 

L’origine géographique est une source importante dans la formation des patronymes. C’est une règle universelle. L’empire Ottoman avait, sous son contrôle, une mosaïque de peuples de l’Asie centrale, de l’Europe centrale, du Monde arabe et de l’Afrique du Nord à l’exception du Maroc. Le Qara-Bagh est une région du sud-ouest du Caucase. Elle donne les Karabaghli. Le suffixe « li » indique l’origine géographique. Menemen, décliné en Moumen est le chef-lieu de Kaza, dans la région d’Aïdin. Quant à la ville d’Izmir, elle a donné les Zemirli, Zemirline (MedéaTizi OuzouAlger Mostaganem), Kara signifie, le Noir. Entendons, le mat foncé. Ainsi, Karadeniz, c’est la mer Noire. Les habitants d’Albanie se nomment les Arouani. Le Kossovar donne Kosbi. Fochtali vient de Phocée. Il existe aussi les Fechtali en berbère il s’agit certainement d’une coïncidence linguistique. Khorci transcrit de plusieurs façons, indique le Corse, tout comme l’île de Rodhes a donné Rodesli. Djenoui vient de Gènova (Gênes). Venise se disait Ounis. Ses habitants se nomment Ounesli (Ounes = Venise et Li = originaire de…) Lounis et Ounissi. Il devient aussi El Ounès. Kherchi c’est le Crétois et Bouchnak, c’est le Bosniaque. Le port turc de Bodrum (ancienne Alicarnas de la haute antiquité) a tissé des liens avec la côte algérienne. C’est pourquoi on retrouve tant de Bedroni, Betroni, Bedrina. 

 

Trari, nom berbère appartient aux Trarast ; ensemble de tribus de la région du nord de Tlemcen entre la côte méditerranéenne et les monts Fellaoucen ayant Nedroma comme centre géographique. Les Traras regroupent Oulhaci, Jebbala, Msirda, Souahlya, Beni Khaled, Beni Menir, Beni Abed, Beni Warsous, et Mesahlia d’où sont, probablement, originaires les Mesli qui donneront Messali.

 

L’Andalousie a fourni une multitude de noms. Le Galicien devient Ghennouchi. Ghennoudja, comme prénom, c’est la Galicienne toujours en vogue à Annaba et à Azzaba. Il en est de même pour l’exemple de « Olga » qu’on attribuait d’office à toutes les captives d’Europe centrale. Ce prénom slave devient Aldjia en passant par El Oldja qu’on retrouve couramment dans la littérature populaire. El Aychi et Ayachi sont les originaires de Ouadi Aych, le nom arabe de la ville de Cadix en Espagne une transposition de Ouadi Aych du Nejd, dans la péninsule arabique. Chebli, qui vient Chbilia, (Séville) et Gharnati de Grenade et Korteby de Cordoba. Le quartier El Blansa au centre de Blida indique une population originaire de Valence installée dans la nouvelle cité sous la protection de Sid Ahmed El Kebir. De même que les émigrés de Cadix vont fonder Oued Aych dans la périphérie de Blida vers 1510. Après la chute de Grenade en 1492, des musulmans et des juifs ont tenté de se maintenir en Andalousie. Ils ne quitteront définitivement leur patrie qu’après plus d’un siècle de présence dans la résistance et la clandestinité. Cette longue attente a eu des effets sur les noms. On retrouve ainsi des indicateurs d’identité dont la signification est parfois énigmatique. C’est le cas de Tchicou (El Chico), Randi, (El Grandé) Longo, le long, Gad el Maleh (Oued El Malah) .
 

 

 

 

Les arts et métiers
 

Les métiers et les arts sont une source de patronymes. Le tarzi, c’est le tailleur. Quand il est collé au préfixe « bach », il devient bachtarzi, autrement dit chef d’atelier dans l’art de la confection. Il est en lien direct avec Tellidji, le tisseur de brocard. Dans ce même corps de métier, on retrouve el kettani. Il fabrique la matière première, el kettan d’où dérive le coton. Le cordonnier se dit papoudji qui se prononce baboudji et parfois, il se dit tout simplement babou. Debbagh, c’est le tanneur et daouadji, le caravanier ou l’administrateur du caravansérail. Serkadji signifie le fabricant de vinaigre. Kateb et racim, noms prédestinés, désignent l’écrivain et l’artiste des arts graphiques. Quant à Sermadji, c’est l’industriel de la cosmétique et produits de beauté, en particulier le khôl, essentiel pour protéger la vue chez les marins et les caravaniers. Damardji s’occupe de la gestion de l’eau. Le sermadji se dit yantren et yataghen en tamazight car dérivant de iaattaren de attar. Tout comme ihaddaden désigne le forgeron et ioualalen, le potier.

La guerre a aussi ses metiers, allag, en tamazight signifie le lancier et ghozzali (de ghozz) est un corps d’archers turkmènes venus à Tlemcen à l’appel de Youcef Ibn Tachfin pour renforcer la défense de la ville aux prises avec ses ennemis de l’Ouest. Dans son long poème consacré au tatoueur el ouchem, Ben El Messayeb évoque « bled er roum, bled el ghozz. »

En ce qui concerne le nom « berbère » proprement dit, assez courant dans les milieux citadins (BlidaMédéa), il désigne le coiffeur en turc. On le retrouve aussi sous d’autres formes comme Barbar. Djerrah et Bachdjerrah, un mot arabe passé au turc désigne le chirurgien. Bestandji, jardinier, saboundji, savonnier, kahouadji, cafetier, halouadji, pâtissier, fnardji gardien de phare, Fekhardji, fabricant de porcelaine (équivalent d’ioualalen en berbère). Guerrache ou kerrache, c’est l’homme qui se consacre à lutte sportive. Et quand on dit mokdad il faut comprendre, évidemment, le guide.

Des surnoms peuvent devenir des patronymes au point de faire oublier l’identité d’origine. Embarek est une déclinaison populaire El Moubarek. Cet homme fut un personnage illustre de Constantine originaire de Mila. D’où Embarek El Mili. Ahmed Ben Omar était nommé Cheïkh El Hadj Ahmed El Moubarek. Il est né à Constantine vers 1800 et vécu toute sa vie dans cette ville jusqu’à sa mort en 1870. Il appartenait à la confrérie des Hansalyya, implantée à Constantine par Cheïkh Ahmed Ezzouaoui. Grand savant de l’Islam. Il occupa la chaire de Djamaâ El Kebir et succèda au grand mufti Mohamed El Annabi. Il est révoqué du poste de magistrat du haut conseil par les autorités coloniales pour « intelligence avec l’ennemi » en raison des rapports secrets qu’ils entretenait avec le Bey Ahmed de Constantine. Il écrivit une quantité d’ouvrages parmi lesquels Histoire de Constantine, non publié jusqu’à ce jour. Il existerait deux exemplaires du manuscrit dans les fonds d’archives de la Bibliothèque nationale et l’ancienne Médersa d’Alger.
 

 

 

 

Ruines romaines et usures phonétiques
 

Bon nombre de noms de famille portent une marque latine sans équivoque datant de l’époque romaine. Ils se reconnaissent à la finale « us » prononcée et écrite en ouche. Maouch dérive de Marius. La chute de la voyelle médiane « r » et le suffixe ouch constituent une réhabilitation du schème berbérophone. C’est la même règle qui va transformer « Cassius » ou « Caïus » en Chaouche. Cette pratique latine ancienne qui fait terminer un nom par une finale « ouch » est encore vivace. C’est l’exemple de Mouhouch Saïtoche… On retrouve, aujourd’hui Titus conservé sous sa forme la plus latine avec une phonétique qui a gardé l’accent de l’époque antique Titous. Dans les régions est, le « t » s’est adouci en « d ». Mathieu et Mathias (père de la Kahina) deviennent Maâti. Quant à Saint Paul (Paulus) apôtre de Jésus, son nom se perpétue en Ballouche et Belhouche. Aurélius devient Allouch et Ouenjelli, est une légère dérive de Evangelii autrement dit, l’homme qui enseigne les Saintes écritures. En ce qui concerne Guechtouli, il s’agit d’Augustin. Memmius est un nom tout aussi classique de la période romaine et survit sous sa forme actuelle de Mammech. Hammadouch, si commun à Béjaïa et à sa région vient de Amadeus (aimé de Dieu) prononcé amadéouch en latin. Claudius devient Gaddouch. Jerôme subsiste en Guerroum et Kherroum et Grégoire de l’époque byzantine, se retrouve après 2000 ans en Guergour et Benguergoura. Driouche dérive de Andréouch (Andréus). Certains patronymes opèrent des modifications, des « usures » jusqu’à faire perdre le sens original. C’est le cas de Abdiche qui est un nom composé. Il faut scinder les deux parties pour découvrir ave deouch autrement dit « salut à Dieu » supplantant progressivement le respectueux Ave César qui était le « bonjour » classique de l’époque antérieure à l’avènement du Christ en Afrique. Cette rébellion à l’autorité de César pouvait conduire à la peine de mort. L’arabisation d’un nom d’origine latine ou berbère se fait souvent dans le but de donner un sens et rendre compréhensible le patronyme. Nous citerons l’exemple du toponyme Oued Messelmoun qui dérive de oued Ousselmoun tirant son nom d’une écorce recherchée par les marchands phéniciens pour la teinture des cheveux et du lainage. En y ajoutant un « m » au préfixe, le toponyme prend un sens identifiable. Les divinités carthaginoises ont aussi laissé des monuments de traces dans les noms de famille : Amon et Baal se retrouvent dans Hammou, Hammani, Baali, Bellil. De cette époque punique, on hérite de Kert et Kirat, qui signifie la cité. Aussi, retrouve-t-on des Benkirat et Boukirat pour nommer le citadin. Ce qui n’a pas de lien avec El Kirat arabe équivalent au carat grec connu des bijoutiers en tant qu’unité de poids et mesure.
 

 

 

 

Les noms Toponymiques
 

Bon nombre de noms de famille sont tirés de noms de lieux (toponymie). Il se trouve que tous les noms de lieux, de villes et village, de cours d’eau, de vallées et de montagnes portent des noms berbères à quelques rares exceptions. En comparant la carte d’Algérie avec celle de l’Espagne, on constate ce paradoxe : la toponymie espagnole est nettement plus arabisée que celle d’Algérie. Parmi les synonymes de montagne en berbère, on a Adrar et Amour qui vont donner Ammouri, Amraoui, Drari et Bouzina, un pic des Aurès. Le Touat qui traverse le boulevard de la date au Sahara était une région convoitée par le passé, de par sa position stratégique sur la route du Soudan. Cette riche région a donné les Touati. Oued Draâ, dans le sud-ouest a donné les Draï tout comme Metidja a donné les Metidji. Tayebi désigne un originaire de Tayiba (la douce) qui est la cité de Médine, qualifiée ainsi par le Prophète (QSSSL) . Aggoun, Laggoun, (ne pas confondre avec le muet en arabe) sont également des toponymes qui désignent un relief. (Plateau surélevé, plateforme dominante comme la Table de Jugurtha dans la zone est des Aurès.

La part de la faune et de la flore est tout aussi importante dans la formation des patronymes. Ouchen, (le chacal), Aflelou (papillon) Ouar (le lion). Kerrouche le chêne ainsi que l’une de ses variétés le zane, (déformation phonétique de dhane) recherché pour l’industrie des arcs et les flèches. Depuis la nuit des temps, le corail sert de support identificatoire ; c’est le prénom Boussad, typique de Grande Kabylie (voir encadré). Quant à Bahmane, bien que le même patronyme existe dans les contrées iraniennes, en Afrique du Nord, il désigne une racine médicinale aux propriétés stimulantes.
 

 

 

 

Sur la piste des Banou Hilal
 

Le milieu du XIe siècle de J. C. a été marqué par une fracture politique significative entre les Zirides du Kairouan sous le règne d’El Moezz et le calife fatimide du Caire. En guise de représailles, le calife d’Egypte El Moustançar Billah lance sur le Maghreb les turbulentes tribus Banou Hilal et Banou Souleym. Ces vagues humaines originaires de la péninsule arabique allaient modifier durablement et structurellement les fondements sociopolitiques du Maghreb, de la Cyrénaïque au Maroc. Ibn Khaldoun consacre à cet épisode une partie essentielle dans sa volumineuse Histoire des Berbères. Guerriers redoutables, ils étaient originaires de la région de Ghazouan près de Taïf et pratiquaient la transhumance d’hiver et d’été sur les confins de l’Irak et de la Syrie. Ils émigrent dans la Haute Égypte sur la rive orientale du Nil. Au premier choc contre l’armée d’El Moezz, les Canhadja furent défaits et l’Ifriqiya livrée au partage. Ces deux grandes tribus issues des Beni Amer tirent leur légitimité de leur appartenance aux Beni Saâd d’où est originaire Halima Essaâdya, la nourrice du Prophète (QSSSL). A ces deux souches se rattachent des fractions, des clans et des familles dans une structure pyramidale. Parmi ces fractions, il y a les Djachem, les Athbedj, les Zughba (nombreux à Ouargla), les Kholt, les Sofyane, les Hamyane les Riyah, les Rabiâ et les Addi. Plusieurs familles vont se former à partir d’une fraction. Ainsi, les Riyah se divisent en Merdaci, Banou Attyya, Kerfali, Zemmam, Dhyab, Dhahhak, Hymmier. De ces familles, des figures vont émerger. Ibnou Abil Ghaïth (celui qui annonce la pluie) occupe Tunis avec son clan et perpétue son nom sous la forme actuelle de Belghiche et Belghith. De ces nombreuses tribus, nous retiendrons des noms comme Assam, Ayad (dépositaires des clés de La Kaâba) Muqaddem, Dridi, Douadi, Taâllah, Allahoum, Saâdallah, Rezkallah, Difallah, Khelfellah, Ata’illah (Ataïlyya), Brahimi, Brahmia, Benbrahim, Kerfali, Benyagoub, Abid, Aounellah d’où sont issus les Aouni, Chaffaï, El Amri, Sellami, Sakhri, Saâdani, Saïdani, Ben Cherif, Yahlali, Benhelal. Ouled Metaref (Metref) Ouled Salah (Salhi) Ouled Menia, Kraïche, Reddad, Attaf, Ouled Daoud, Ouled Ghanem, Ouled Rebbab, Ouennadi, Arif, Ouled Zian, Ouled Choaïb, Saâdi , Selmi, Slaïmi, La liste n’est pas exhaustive. Jusqu’au bouleversement colonial, ces familles et ces clans ont vécu, des siècles durant, sous le mode de production pastoral et sont restés fidèles à une sensibilité littéraire très proche des classiques arabes des temps préislamiques que recèle la poésie bédouine, en particulier.
 

 

 

 

L’estampille berbère
 

On dénombre deux formes constitutives des patronymes amazighs : maz et zagh. Il n’est pas exclu que le radical « zagh » soit relatif au teint de la peau et par conséquent à une forme de noblesse de sang. Le fondement maz va former une longue série de noms : Mazouni, Mazouna, Mazari, Mezghich, Mzali, Mezali, Mazi (Naït Mazi) Messis, Mezghenna et même Massinissa qui est un nom amazigh adapté au prononcé latin par les historiens Tite-Live (troisième décade) et Salluste (La guerre de Jugurtha). On retrouve dans Massinissa le radical maz qui peut laisser penser qu’il s’agirait à l’origine d’un nom proche de Mazghenni. Le débat reste ouvert. Ce préfixe se modifie dans les dialectes du Sud algérien pour devenir madh (Aïn Madhi). De même que le mot tamazight devient, chez les zénètes du sud, tamachek de même que l’oasis de Djanet est issue vraisemblablement de zénète. Avec le second radical zagh, on liste les Zaghbib, Benzaghou (berbère Masmouda), Zaâmoucha, (la finale moucha rappelle Moussa) Zaâmoum, Zaghrani, Sakrani, Bouzeghrane, Zerouali, Zaghidour, Zeggar, Zaccari (djebel Zeccar) Zouccal, Zerari, Zighi, Zeghbouche Zaghouane, Zaghloul (Djaghloul dans le parler zénète), Zeggaï, Izghen, Zeghni, Segni, Rezzag, Rezzoug, Rzighi etc.

Les patronymes berbères ont conservé la nomination des origines tribales fondatrices répertoriées par Ibn Khaldoun : Zemmouri et Meskouri, Soumati, Merniz, Oulhaci sont des familles des N’fousa. Fetani, Mediouna, Maghili se rattachent au même ancêtre éponyme, Faten fils de Tamzit, selon Ibn Khaldoun. Mais il est fort probable que tamzit serait une contraction de tamazight. Les Semghouni, Zenati, Zouaoui, Meknassa, Foughali ont la même filiation berr. Dans la chaîne des Bernis, on retrouve les Canhadja, les Arouaba, les Djazouli, Ghoumari, Masmouda.
 

 

 

 

Les noms écorchés
 

A partir de 1871, l’administration coloniale a systématisé le registre de l’état civil. Ce travail correspond à la phase active de la colonisation avec l’arrivée des civils réfugiés d’Alsace et de Lorraine. C’était aussi le début des troubles en France avec la commune de Paris, les révoltes des Hananchas et le soulèvement dans les Babors à l’appel d’El Mokrani. Les années 1870 seront celles de la plus terrible famine qu’a connue l’Algérie avec une mortalité estimée à deux tiers de la population. Ce recensement avait donc pour objet d’organiser l’expropriation des terres « évacuées » de force par les Algériens. Il faut reconnaître que les erreurs de transcription n’ont pas été nombreuses.. Bien qu’ils soient rares, ces noms méritent une réhabilitation. Ainsi, Dzanouni est une transcription hasardeuse de Sahnouni qui désigne l’adepte de Sidi Sahnoun, Imam du Xe siècle. Il a été à l’origine de l’enracinement au Maghreb de la doctrine malékite. C’est à cet Imam que El Hadj M’hammed El Anka consacre sa fameuse pièce Sidi Sahnoun.
 

 

 

 

Les confréries et les tribus
 

Les nombreuses confréries religieuses ont été facteur de cohésion sociale à des moments précis de l’histoire. C’est ainsi que la Kadiriya, Chadiliya, Rahmaniya, Ammariya, Aïssaouiya, Hansalya ont donné Kadri, Chadli, Rahmani, Lammari, Aïssaoui, Hansali. Nous recensons aussi une multitude de noms qui font référence à une tribu de rattachement, Nemmemcha, Hrakta, Frarha, Dharissa, Zenata, Djeraoua. C’est pourquoi on retrouve dans la liste des patronymes les Nemchi, Harkati, Ferrah, Deriassa. Souibes est une déformation de Thabet (tribu des Kotama installée sur les hauteurs de Dellys). Dahou est une abréviation de Dahmane, dérivé de Abderrahmane. Les Dahou se rattachent à l’autorité spirituelle de Sidi Dahou Ben Dherfa dans les Beni Chougrane. On relève parfois des noms énigmatiques comme le cas de Baouya. Il s’agit de deux initiales « El Ba Ouel Ya », autrement dit « B.Y. » qui pourrait être « Ben Yamina » ou Ben Yagoub. Le mystère reste entier.
 

 

 

Débarquement français à Jijel
 

Le 21 juillet 1664, sous le règne de Louis XIV, une flotte française commandée par le duc de Beaufort débarque à Jijel en vue d’une implantation en concurrence avec les Espagnols qui occupent Oran. L’aventure tourne mal pour les marins français affaiblis par les fièvres, la malaria et les attaques incessantes des montagnards. Le 1er novembre de la même année, le corps expéditionnaire français est forcé de quitter la ville sous un déluge de feux de l’artillerie turque. La marine française abandonne sur les rivages des blessés, des malades et une quantité considérable de matériel de guerre. Ils étaient normands, picards, bretons, anglais, hollandais et maltais. Ils ont été adoptés en raison de leur savoir technique : charpentier, bourrelier, spécialiste des cordages, de la navigation. Soignés et nourris, ils passeront chez le coiffeur pour le rituel de la circoncision et s’intègrent dans la population. Leurs descendants se reconnaissent à leur type européen prononcé et leurs patronymes plus ou moins berbérisés ou arabisés. L’événement a eu des effets durables sur la génétique mais aussi sur les noms propres : Dupres, Oudin, Belle-Gueule, Beaufort, Bourbon qu’on devine, aujourd’hui, sous des patronymes parfaitement algérianisés. 

 

 

 

 

Rachid Lourdjane Publié dans El Watan le 29 – 03 – 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Edward S. Curtis le photographe des Amérindiens par excellence

13032017

 

 

 

 

Edward Sheriff Curtis Edward SCurtis (1868-1952), l’un des grands spécialistes américains des Indiens d’Amérique du Nord, a été à la fois un ethnologue, un photographe et un cinéaste.

 

La première image des Amérindiens en photographie, issue des portraits ethnographiques, s’est lancée immédiatement dans le concept de la Vanishing Race. Ce dernier terme n’a été inventé que bien plus tard, d’après le titre d’un cliché d’Edward S. Curtis (1900), mais il ne fait que mettre en exergue un point culminant de l’imagerie « indienne » qui s’était multipliée depuis les années 1880.

La première galerie de portraits ethnographiques avait été constituée dans l’idée que les Indiens de l’Ouest étaient en train de disparaître rapidement. Cette idée née au moment de l’arpentage de l’Ouest a trouvé un écho très fort dans un public de plus en plus large. Lorsque les grandes lignes de chemin de fer permettent un accès massif à l’Ouest canadien et américain, le chemin de fer devient un « canal de visualisation » qui révèle un monde primitif destiné à disparaître.

Pendant plus de trente ans, il a parcouru l’Amérique du Nord de long en large pour essayer d’immortaliser, par les mots et l’image, le mode de vie traditionnel de ses habitants indigènes en voie de disparition. Il s’est consacré avec une passion sans relâche à cette tâche devenue l’œuvre de toute une vie, couronnée par la publication de son encyclopédie: Les Indiens d’Amérique du Nord. Cette œuvre monumentale comporte vingt volumes de textes et autant de portfolios comprenant plus de 2000 illustrations. L’œuvre de Curtis, inégalée à ce jour, a sans aucun doute, plus qu’aucune autre, profondément conditionné notre manière de percevoir les Indiens d’Amérique du Nord. Cet ouvrage permet d’apprécier les plus belles photos de Curtis en proposant un tableau fascinant de sa propre vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Bey d’Oran Mohammed el-Requiq surnommé Bou Kabous

11032017

Pourquoi ?

 

 

 

 

Mohammed Bou Kabous, ou el-Requiq, que les Turcs appelaient Dali (le Fou), frère de Mohammed el Kebir (premier bey d’Oran), se met en révolte contre le Dey, torturé et décapité, surnommé le bey écorché (الباي مسلوغ).

 

 

Peu de temps après que Mohammed-el-Requiq eut été nommé bey, il se trouvait au-dessous de Miliana, lorsqu’un cheik arabe vint le trouver. Mohammed avait eu à se plaindre de lui pendant qu’il était khalifat de Mustapha-el-Manzali, et le cheik venait lui demander le pardon et l’oubli de ses anciens torts. Mohammed, sans lui répondre, l’abattit à ses pieds d’un coup de pistolet.

Cet acte de cruauté ou de folie lui fit donner le nom de Bou-Kabous « Le père du pistolet ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La belle légende de l’enfance de Cyrus

9032017

 

 

 

 

La belle légende de l'enfance de Cyrus dans Croyances & Légendes

Cyrus le Grand

 

 

 

Ce n’est guère que par les légendes recueillies par l’agréable conteur qu’est l’historien grec Hérodote, que nous connaissons la vie de Cyrus. Le plus célèbre de ses récits est celui dans lequel il nous rapporte les merveilleuses aventures de l’enfance de celui qui devait être le premier roi des Perses et des Mèdes.

 

Astyage, le roi des Mèdes, n’avait qu’une fille : Mandane. Pour ne pas s’exposer à être détrôné par son futur gendre, comme le lui faisait craindre un songe qu’il avait eu, il évita prudemment de marier sa fille à l’un des grands seigneurs de sa Cour ; il lui choisit pour époux un petit roi perse de la famille des Achéménides, un étranger, par conséquent, qui n’avait aucune attache en Médie et dont il pensait n’avoir rien à redouter. Mais un second songe vint à nouveau jeter le trouble en son âme : il vit en rêve une vigne qui prenait racine sur le corps de sa fille et qui grandissait jusqu’à couvrir de ses rameaux l’Asie tout entière. Convaincu que ce songe était un avertisse ment des dieux, il s’empressa de consulter les mages sur la signification d’un tel phénomène. Ceux-ci, après avoir compulsé les livres qui traitaient de la science des présages, lui déclarèrent que de Mandane naîtrait un fils que les dieux appelaient à monter sur le trône à la place de son grand-père. Astyage, effrayé de cette révélation, résolut de se débarrasser du petit Cyrus dès sa naissance.

 

Il confia le soin de le faire disparaître à Harpage, l’un de ses officiers, pour lequel il n’avait pas de secret. Mais celui-ci ne put se résoudre à donner lui-même la mort à ce petit enfant, qui était l’héritier du trône de Médie, peut-être simplement par crainte d’encourir la colère de Mandane, si celle-ci venait un jour à apprendre le crime odieux qu’il était chargé de commettre. D’autre part, il ne pouvait pas désobéir à son souverain sans risquer les pires châtiments. Il chercha donc un expédient pour tranquilliser sa conscience.

 

Or, parmi les bergers d’Astyage, il en était un, nommé Mitra date, qui menait paître ses troupeaux dans un coin reculé de la montagne, où pullulaient les bêtes féroces. Harpage le fit appeler et lui donna l’ordre, de la part du roi, d’emporter l’enfant et de le faire périr. Il se garda bien de lui en révéler l’origine, mais un esclave, chargé de l’accompagner jusqu’à la sortie de la ville, apprit au berger que le pauvre bébé n’était autre que le petit fils du roi.

 

Troublé par cette révélation, Mitradate eut la douleur, en arrivant chez lui, d’apprendre la mort de son propre fils, né quelques jours auparavant. Sa femme, Spaco, heureuse de retrouver un autre enfant, supplia avec larmes son mari de garder celui qu’il rapportait plein de vie et d’exposer dans la montagne celui qui venait de mourir. Mitradate ne fit aucune difficulté pour acquiescer à sa demande. Peu de temps après, il fit mander à Harpage d’envoyer quelqu’un pour constater que l’enfant avait bien cessé de vivre et que, par conséquent, les ordres donnés avaient été ponctuellement exécutés. Personne ne soupçonna la supercherie, et le fils de Mandane, aux yeux de tous, passa pour le fils du berger.

 

Un jour que Cyrus jouait à la guerre avec des enfants de son âge — il avait alors dix ans — il fut choisi comme roi par ses petits camarades. L’un d’eux, dont le père était un personnage important, ayant refusé d’obéir à un fils de berger, reçut sur son ordre une formidable raclée ; c’était ainsi, pensait Cyrus, que les rois punissaient la désobéissance de leurs sujets. Le père, indigné qu’un gamin de basse extraction eût osé traiter de pareille façon le fils d’un noble, alla se plaindre directement à Astyage, qui fit comparaître devant lui le coupable et Mitradate, son père présumé.

 

Astyage, en apercevant l’enfant, crut avec terreur retrouver en lui les traits de Mandane. Dans une entrevue, il parvint à décider le berger à livrer son secret. Gagné cependant par le charme et l’intelligence de Cyrus, il revint à de meilleurs sentiments. Au lieu de le faire mettre à mort, il le garda près de lui, le traita affectueusement et le rendit ensuite à ses parents.

 

Mais il résolut d’infliger à Harpage, coupable de désobéissance, une terrible punition. Sur son ordre, le fils de ce dernier fut amené au palais, égorgé et découpé en morceaux. Harpage fut alors invité à la table du roi et, à son insu, on lui servit les restes de son enfant, accommodés à diverses sauces. Le malheureux père n’apprit qu’à la fin du repas quel horrible festin on lui avait fait faire. Il dut dévorer son chagrin en silence et, dissimulant son ressentiment, il attendit l’heure de sa vengeance.

 

Quelques années plus tard, Cyrus, devenu grand, se révolta contre son grand-père. Astyage commit la faute de confier le commandement de ses troupes à Harpage qui, à la première occasion, s’empressa de le trahir. Abandonné de ses soldats, le roi de Médie dut, comme l’avaient prédit les mages, céder le trône à son petit-fils.

 

« Et Cyrus fut proclamé roi des Perses et des Mèdes»

 

 

 

 

 

 dans Croyances & Légendes

Étendard de Cyrus le Grand (musée national d’Iran)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Idiome d’Alger (domaine : Instruments)

7032017

 

 

 

 

Idiome d'Alger (domaine : Instruments)  dans Attributs d'Algérienneté 1485351509-716-001

 

 

 

 

 

Substantifs

Transcription

Basse 

Bêche

Canif

Charrue

Ciseau

Ciseaux

Compas

Echelle

Enclume

Equerre

Etabli

Etau

Faucille

Filet

Flûte

Fronde

Fuseau

Gouge

Guitare

Hache

Lime

Lunette

Lunettes

Marteau

Montre

Mortier

Pelle

Pince

Pioche

Plane

Poulie

Rabot

Règle

Scie

Tamis

Tenailles

Tournevis

Truelle

Vilebrequin

Vrille

 

Kamenndja 

Fâce

Mouce

M’harate

Marboâ

Emkoce

Coumpace

Selloume, selalème p.

Zeubra

Mizène

Bankke

Ziar

Minndjel, menadjel p.

Chebka, chebake p.

Jouwaque

Môgla

Moghzel

Sgourbia – deufra

Kouitra

Châkour, chouakor p.

Mobrode

Méréïa

Nouàdeurr

Kadouma

Sàâ, souàiâ p.

Meuharaze

Mogharfat’ el-nar

M’koce el-nar

Face el-arbi

Racheba

Djerara

Melça – mokheurta

M’ceutra, m’çateur p.

Meunechar

Gheurbal, gheurabel p.

Kullàbe

T’chakildje

Mogharfa

M’chââbe

Berrina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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