Quelle est l’origine de la superstition attachée à la main (Khamsa)?

23112017

 

 

 

 

 

Elle se perd sans doute dans la nuit des temps et il paraît difficile de remonter à son origine.
En tout cas, la main joue sans cesse un rôle important dans les légendes de l’histoire.
 

 

 

  • Dans l’antiquité : Ce symbole existait sur la côte africaine avant les Romains

et avant les Arabes; il n’est certainement pas d’origine islamique, car dans la période libyco-berbère il a été retrouvé, parmi les gravures rupestre; une main de dessin très fruste aux environs d’El-Aricha (Sud-Oranais). Dans les vieilles assises des civilisations successives de l’Afrique, elle se voit fréquemment sur les stèles puniques de Tyr et de Carthage, à côté du croissant et des rosaces.

La main de la divinité phénicienne, dite tanite, n’a souvent que quatre doigts, car dans la période antique l’emblème était surtout la paume (palma) sans pouce, qui est resté une mesure. En effet, au point de vue de l’anatomie, le pouce diffère sensiblement des autres doigts.

 

 

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Stèle avec inscription Punique / Constantine ;datation: (225 – 50 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

  • Dans la bible : Moïse étend la main pour déchaîner les fléaux qui vont ravager l’Egypte et frapper le Pharaon et son peuple.
    Lors de la septième plaie, la nuit, Dieu passe dans toutes les maisons et fait périr les premiers nés, tant des hommes que des animaux; il n’épargne que les demeures des Hébreux marquées à l’avance par une main trempée dans du sang d’agneau.

De nos jours, c’est encore la coutume israélite, à la pâque, de plonger sa main dans le sang d’un mouton fraîchement égorgé et de l’appliquer sur le mur de sa maison.

 

 

 

 

 

 

  • Chez les Turcs : La légende arabe raconte que Mohamed El Fatah, à la prise de Constantinople par les Turcs, trouvant des chrétiens réfugiés dans la basilique de Sainte-Sophie, les extermina tous en frappant le mur de sa main puissante.
     

 

  

 

 

 

  • Au moyen âge : Dans notre histoire, la Main d’argent a le privilège de suspendre l’action de la justice.
    La Main de gloire provenant d’un pendu ou d’un décapité, séchée et préparée, se transforme en un sortilège infaillible pour découvrir les trésors. Elle rend aussi, lorsqu’ils opèrent, les voleurs invisibles.
     

La Main ecclésiastique du sixième siècle permet aux évêques de rechercher dans l’intérieur des maisons tout ce qui rappelle le rite païen.

La Main votive est accrochée pieusement dans les églises, après de nombreuses prières, pour obtenir une grâce de Dieu.

La Main reliquaire en argent avec deux doigts repliés, figurant la bénédiction liturgique, se garnit d’ossements des bienheureux martyrs de la foi.

La Main de justice. Une verge surmontée d’une main d’ivoire sert, avec le sceptre et la couronne, d’attribut au prince royal, depuis Hugues Capet jusqu’à Louis le Hutin.

 

 

  

 

 

 

  • Chez les Maures d’Espagne : A Grenade, les Maures avaient grande confiance en elle. Une clé et une    main étaient sculptées comme un blason au-dessus de l’entrée de l’Alcazar.

 

Selon eux, impossibilité, pour les assaillants, -de pénétrer dans la forteresse si la main de pierre ne descendait pas avec la clé pour ouvrir la porte. 

Toutes les Mauresques de l’Andalousie portaient suspendue à leur cou une main couverte d’inscriptions. Elles étaient fermement convaincues de son pouvoir surnaturel pour conjurer les maléfices et
guérir les maux d’yeux.

Même après l’expulsion des Maures, les femmes et les jeunes filles mauresques se paraient de petites mains d’or. L’une de ces amulettes en argent émaillé, couverte d’inscriptions et d’arabesques, a été

retrouvée dans des fouilles faites à l’Alhambra.
 

 

  

 

 

 

  • Chez les Algériens : Les habitants de l’Afrique septentrionale attribuent à la main aux cinq doigts d’argent une puissance mystérieuse. pour les protéger du mauvais génie.  

 

La main de « Fathma», comme l’appellent les bijoutiers israélites de la rue de la Lyre, joue un grand rôle à Alger. Si les Italiens ont la corne de corail contre le mauvais œil, les algériens ont les bonnes mains qu’ils opposent à l’œil fatal.

Très peu éclairés pour la plupart ils sont très sincèrement persuadés de l’influence des doigts écartés. Aussi on rencontre très souvent une main ciselée en relief sur des pierres incrustées dans les façades
des  maisons  d’Alger. 

Dans l’intérieur de la citadelle de la Casbah, au-dessus d’une porte, se voit une main sculptée à côté du croissant de la lune surplombant des lignes ondulées, sans doute la mer ou un nuage. Une plaque rectangulaire de marbre placée au-dessus d’une fontaine dans la vieille Darse reproduit ces mêmes attributs.
 

Cette tradition s’est perpétuée en Algérie. Abdelkader fit de la main un insigne que ses officiers portaient en récompense, fixé sur leur chéchia.

 

Les marchands mozabites peignent dans leurs magasins des-mains de couleur bleu d’outremer; ils ont cette persuasion que la main doit leur servir souvent d’arme vengeresse lorsqu’on les regarde de travers.

 

A un moment de colère ou de jalousie, presque tous les indigènes répondent par la main droite bien ouverte qu’ils lancent en avant, s’écriant: «Khamsa fi aynek», traduction libre: « Que mes cinq doigts te crèvent les yeux pour t’empêcher de me regarder d’un mauvais œil». Le charme fatal est alors conjuré et le crédule vrai croyant est ainsi assuré.

 

 

 1508233788-12795364-10207521652978439-2320268303446432381-n dans Croyances & Légendes

Ancienne Khamssa en Or: Travail citadin du Constantinois 
(Entre 18e / 19e siècle)

 

 

 

 

 

Pour expliquer l’inexplicable main, les fidèles prétendent que chaque doigt indique les cinq prières:
Sebh, prière du matin; - Dohor, prière du midi; — Asr, entre le midiet le coucher du soleil;- Maghrib, coucher du soleil; Icha, prière du soir avant de se coucher.
 

D’autres prétendent que les doigts représentent les principes fondamentaux de la loi de. Mohammed ou les cinq piliers del’islam, comme disent les arabes  أركان الاسلام الخمسة 

 

1° La profession dé foi affirmant l’unité de Dieu et la mission de Mohammed;
2° Les cinq prières canoniques;
3° Le paiement de la zekkate ou aumône de purification de la fortune;
4° Le jeûne du Ramadan;
5° Le pèlerinage de la Mecque obligatoire pour qui peut le faire.

 

Les jointures et les articulations figureraient les obligations de faire le bien ou d’éviter le mal : la crainte de Dieu, le respect dû aux parents, la flétrissure de l’adultère, la nécessité des ablutions, l’abstention du vin, suppression du porc, la guerre aux infidèles.
 

Cette nomenclature pourrait se continuer encore; il serait facile de dresser une main chiromancienne couverte des préceptesmultiples auxquels sont tenus les plus fervents adeptes de la religion musulmane.

 

D’après Rozet, une autre interprétation a été donnée à ces mains énigmatiques. Quand le beit-el-maldji était chargé de mettre l’embargo sur les successions dévolues à l’État, par suite de la condamnation à mort, de l’exil ou de l’esclavage des propriétaires, il faisait peindre ou sculpter sur les murs des bâtiments dévolus au beylik une main signifiant « Je prends ».L’immeuble était immédiatement fouillé à l’effet de retrouver les trésors, les bijoux, en un mot les objets que les Arabesavaient coutume de cacher. Cette opinion nous paraît très contestable.
 

 

La breloque préservatrice se fabrique fondue d’une seule pièce, à jour ou découpée, en plané d’or ou d’argent.
 

Ce porte-bonheur, muni d’un trou pour laisser passer le fil de suspension, s’accroche à une chaîne de cou, à la façon des ex-voto et des médailles de nos pèlerinages, mais il sert plus souvent de pendeloque à différentes pièces des parures d’or ou d’argent.

 

Il en est de toutes les dimensions. Les unes unies, les autres gravées, d’autres ornées de pierreries ou de verroteries.
 

Le fétiche algérien a souvent les doigts écartés. A Tunis, au contraire, les doigts sont presque toujours réunis.

 

 

 

 

Comme on vient de le voir, le talisman et l’amulette sont le produit de l’ignorance. Il faut savoir comprendre et excuser cessuperstitions. Elles consolent souvent ceux qui souffrent ou donnent de la confiance aux faibles d’esprit. Il est certain que les progrès rapides de la civilisation les détruiront peu à peu. Mais, quand elles auront toutes
disparu, notre pauvre humanité sera-t-elle plus heureuse?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Grammaire moderne du kabyle : L’Assimilation

21112017

 

 

 

 

 

L’assimilation se produit au contact de deux phénomènes. L’un des deux disparaît, l’autre se transformant en général en tendu, parfois avec apparition d’une labialisation. Elle n’est pas notée à l’écrit.

Ce phénomène affecte plus particulièrement les prépositions suivies d’un nom et le pronom indéfini i / ay suivi d’un verbe.

 

 

 

 

Le tableau suivant en donne des exemples.

 

 

 

 

 

 

Ecriture

Traduction

Prononciation

N temɤart

N wemɤar

 

 

Yiwen (n) wass

N yemɤaren

Deg wexxam

Deg yexxamen

Deg unebdu

ɤef afus

ɤef wakal

am wergaz

d taqcict

d teqcict

i irehen

i yeččan

ay yefkan

teččid-t

De la vielle

Du vieux

 

 

Un jour

Des vieux

Dans la maison

Dans les maisons

En été

Sur la main

Sur la terre

Comme un homme

C’est une fille

Avec la fille

Qui est parti

Qui a mangé

Qui a donné

Tu l’as mangé

t-temɤart

w-wemɤar, ǧ- ǧemɤar

b-bemɤar,  p- pemɤar

 

yiwwas, yiǧ- ǧas, yib-bas

g-gemɤaren, y-yemɤaren

deǧ-ǧexxam, deg-gexxam

deg-gexxamen

deǧ-ǧnebdu, deg-gnebdu

yef-fufus

yef-fakal

am-mergaz

t-taqcict, ț-țaqcict

t-teqcict, ț-țeqcict

i-gruhen

i-geččan

a-gefkan

teččit-t

 

 

 

 

 

 

 

 

Les assimilations suivantes sont facultatives : 

 

 

Ecriture

Traduction

Prononciation

Awal n Rebbi

Arraw n Fadma

Rrif n lebher

Ayla n medden

Tamurt n baba

La parole de Dieu

Les enfants de Fadhma

Le bord de la mer

Les biens des gens

Le pays de mon père

Awal ŗ-Ŗebbi

Arraw f-Fadma

Rrif l-lebher

Ayla m-medden

Tamurt m-baba

  

 

 

 

 

Si la consonne est tendue, il n’y a pas assimilation :

 

Aqrab n mmi                le cartable de mon fils

Ardel n lleft                   une livre de navet

Ussan n ddurt               les jours de la semaine

Iferr n ttejra                  la feuille de l’arbre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La ville « Gentilice » en al-Andalus et au Maghreb occidental

19112017

 

 

 

 

 

Des travaux récents, à partir des exemples d’al-Kufa et de Fusttat, réactualisé et précisé les traits fondamentaux des premières implantations arabes, déjà dessinés antérieurement par d’autres : la centralité de la mosquée et du qasr gouvernemental établis au cœur de la ville dans un espace réservé d’une part, la disposition plus ou moins rayonnante des quartiers tribaux concédés aux différentes unités de l’armée d’autre part. De façon un peu inattendue, on rattache à ces exemples de villes nouvelles le cas de Damas. L’occupation du palais gouvernoral par le pouvoir califien, puis la construction de la grande mosquée dans sa proximité, donnent, dit-il, une polarité à la ville byzantine éclatée entre de multiples paroisses. Par ailleurs, si le tissu urbain de base, préexistant, n’est pas à proprement parler divisé entre les tribus constitutives de l’armée.

Il semble que des considérations similaires pourraient être faites à propos d’autres villes importantes occupées par les Arabes à l’époque de la conquête et ranimées par leur intégration au Dar al-Islam et l’on pense évidemment à Cordoue.

Les exemples maghrébins de ville initialement ‘’gentilices’’, au sens étroit du terme, ne manquent pas, Kairouan sans doute, ville fondée vers 670 de la même façon que al-Kufa et Fusttat, et probablement sur un modèle voisin, mais aussi Fès, édifiée par les Idrissides aux alentours de 800, et dont le premier espace urbain fut, si l’on en croit le Qirtas constitué par la juxtaposition des tribus arabes et berbères établies par Idris II : « Lorsqu’il eut achevé la construction de la ville et l’eut entourée de murailles et dotée de portes, il y établit les tribus, donnant aux Arabes qaysites depuis la porte d’Ifriqiya jusqu’à la porte de Fer dans le quartier des kairouannais ; il installa la tribu de Azd à côté d’eux, et les Yahsub à côté de ces dernières, de l’autre côté. Il installa les tribus (berbères) de Sanhadja, Luwatta, Masmuda et al-Sayhan chacune à sa place, leur ordonnant de labourer la terre et de la cultiver. »*  

 

Il est probable que des villes mal connues comme Tahert ou Sigilmasa s’accorderaient à ce premier type d’organisation. Un tel modèle, encore plus spontané dans sa primitive structuration tribale, est encore « opératoire » jusqu’à des époques bien plus tardives. Ainsi dans le cas de Meknès, qui n’est encore, au XIIe siècle, qu’une juxtaposition de localités tribales éparpillées autour d’un qasr gouvernemental plus récemment construit.

 

 

 

 

La ville « Gentilice » en al-Andalus et au Maghreb occidental dans Architecture & Urbanisme 1507728294-lskuje4343000000-l

Les Ruines de Sijilmassa

 

 

 

 

On ne sait pas, en revanche, dans quelles conditions s’organisa le peuplement arabo-berbère de Cordoue et des autres villes andalouses. La très forte tonalité tribale du premier siècle de l’Islam dans la péninsule amène à penser que le fait tribal ne fut pas sans quelque influence sur les modalités concrètes du développement urbain important qu’al-Andalus connut à partir de ce moment, mais il faut bien admettre que, dans la plupart des cas, le peu que nous savons de la géographie concrète des cités hispano-arabes aux VIIIe – IXe siècles, ne permet pas d’aller au-delà de cette hypothèse.

Dans un cas cependant, celui de Pechina, localité proche de l’actuelle Almeria et centre le plus important de la pointe sud-est de la péninsule avant l’essor de cette dernière ville à la fin du IXe siècle, les sources laissent entrevoir une disposition gentilice des groupes arabes antérieurement au processus d’urbanisation proprement dit. Pour le géographe al-Himyari, qui s’inspire généralement d’al-Bakeri, la localité indigène de Baǧǧana, dans la basse vallée de l’Andarax, reçut au milieu du IXe siècle un contingent d’Arabes yéménites. Le peuplement se dispersait à cette époque en ‘quartiers’ (harat clanique) dispersés, dont le centre polarisateur était une grande mosquée ; une toponyme de type tribal « se conserve d’ailleurs longtemps dans cette région : les districts qu’y énumère ai-Udri dans la seconde moitié du XIe siècle correspondent pour une bonne part à d’anciennes implantations arabes dont la tonalité « gentilice » est évidente.

Un héritage de tribalité arabe marque fortement les deux premiers siècles de l’histoire musulmane d’une ville comme Séville. La relative pauvreté des textes arabes et la nature même des faits sociaux comme la segmentarité tribale qui ne peut avoir laissé de traces archéologiques dans le sous-sol sans cesse remanié d’une ville comme Séville, ne laissant évidement guère d’espoir d’en retrouver éventuellement la marque. On signalera cependant qu’une première analyse du parcellaire urbain d’une autre grande ville andalouse, Tolède fait nettement apparaître des noyaux de peuplement anciens bien distincts les uns des autres, que compte tenu du peuplement majoritairement indigène de la ville aux VIIIe et IXe siècles on ne saurait attribuer à des structures tribales ou à des divisions ethniques, mais qui semblent renvoyer à une organisation éclatée du peuplement dans le Haut Moyen Âge.  

 

 

 

 

 

 

Les Grandes Métropoles Politiques des IXe-Xe siècles  

 

L’évolution ultérieure de cette première génération de villes est dominée par le renforcement et la militarisation du pouvoir. C’est autour de ce dernier, bien plus que de la mosquée, que se structurent les grandes capitales de l’Islam. A Wassit déjà, construite à la fin du VIIe siècle en Iraq pour y maintenir l’ordre omeyyade, « la surface du qasr est le double de celle du djami » **

Et l’on sait à quel point la « ville ronde » de Bagdad, édifiée un peu plus d’un demi-siècle plus tard par la nouvelle dynastie abbasside, est centrée sur les immenses palais califiens qui en constituent le cœur. On serait tenté de voir dans Samarra, occupée par le califat abbasside à partir de 836, le stade ultime d’une évolution, où la ville elle-même semble absorbée par un immense espace palatin avec lequel elle se confond.

 

 

 

 

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La grande mosquée de Samarra 

 

 

 

 

 

L’évolution de la conurbation Fusttat/Le Caire, qui a inspiré la périodisation, ne dément évidemment pas cette interprétation de la première phase de l’expansion des villes islamiques. Il en va de même dans l’Ifriqiya des IXe-Xe siècles, si fortement marquée dans son histoire urbaine par l’édification successive des quatre villes princières essaimant autour de Kairouan ou cherchant à la remplacer. La vieille cité militaire et tribale arabe, centrée aussi au VIIIe siècle sur un dar al-Imara et une mosquée principale –dont les Aghlabides firent au IXe siècle l’un des sanctuaires majeurs de l’Occident musulman- éclate ensuite de façon quelque peu chaotique au rythme des créations princières des Aghlabides : al-Abbasiyya et Raqqada au IXe siècle, puis des Fatimides avec Mahdiyya puis Sabra Mansuriyya au Xe siècle.

Une prolifération analogue de villes palatines nouvelles s’observe en al-Andalus, le troisième grand foyer de développement d’un pouvoir califal. Le phénomène ne peut être mieux illustré que par le texte qu’aussi bien le Bayan que le Rawd al-Mi’tar, d’après Ibn Haqan, consacrent à la création de Madinat Al-Zahira par al-Mansur, aux environ de 890. Lorsque le grand hagib du calife Hicham II sentit sa position politique à la fois suffisamment assurée et en même temps exposée, à cause de son élévation même, à une conjonction des envies et des mécontentements telle :

 

Qu’il craignit pour sa vie quand il se rendait au palais du gouvernement, […] il conçut alors le haut dessein, tel qu’en conçoivent des rois, de créer de toutes pièces un palais pour sa propre résidence, où il fixerait ses parents et ses proches, où il placerait le siège de son autorité, où il élaborerait ses projets politiques, où il rassemblerait ses officiers et sa garde du corps, où il réunirait ses obligés.

 

En deux années, sur un emplacement qui n’est pas exactement connu, mais qui était situé un peu en amont de Cordoue sur la rive du Guadalquivir, il fit édifier, avec un luxe tel « que les yeux éprouvaient de la fatigue à la regarder », une nouvelle agglomération gouvernementale dotée d’une enceinte, où il installa

 

Ses dépôts d’armes, ses trésors et ses objets précieux, y fit installer des bureaux pour les hauts fonctionnaires, où se réglèrent les diverses affaires administratives, des écuries pour les chevaux et mulets, des magasins à grain à l’intérieur et des moulins sur le bord du fleuve. Puis, il y fit d’importantes donations foncières à ses vizirs, à ses secrétaires, à ses généraux et à ses chambellans. Ceux-ci y firent bâtir de grandes demeures et de beaux palais et fondèrent aux alentours des plantations de rapport et des pavillons de plaisance. Bientôt cette ville déborda de ses premières limites ; des bazars y furent installés, les capitaux y affluèrent, et l’on vint à l’envie s’y fixer ou en habiter les abords, afin de se rapprocher des détenteurs du pouvoir. Il y eut une telle émulation dans la construction que bientôt les faubourgs de la nouvelle ville touchèrent à ceux de Cordoue.

 

La construction de la ville califale de Madinat al-Zahra avait, une quarantaine d’années auparavant, donné lieu à un processus d’urbanisation sans doute encore plus spectaculaire. Madinat al-Zahraa en effet totalement disparu, alors qu’il subsiste de Madinat al-Zahra des vestiges impressionnants, qui s’étendent sur plus d’une centaine d’hectares. Ibl Hawqal, qui visite al-Andalus aux environ de 970, évoque l’extension de cette première ville princière située à l’opposé de la future al-Zahira, à 7 ou 8 km en aval de Cordoue, dans des termes tout à fait analogues à ceux que l’on a vus utilisés plus haut pour décrire la ville d’al-Mansur. Il indique que le souverain ayant offert une prime de 400 dirhams à ceux qui s’installeraient dans le voisinage, « ce fut une ruée de gens qui se hâtèrent de faire bâtir : les édifices y devinrent denses et la popularité de cette ville prit des proportions, telle que les maisons formaient une ligne continue entre Cordoue et Zahra. « A Madinat al-Zahra, le dixième environ de la superficie, soit une dizaine d’hectares est occupée par la partie proprement « palatine » de la ville, espace de cour, d’appart et de gouvernement nettement distinct de la zone –non fouillée- des habitats ‘ordinaires’, alors qu’avec ses quelques 70 x40 m, la mosquée djami, établie au contact de la ville et de l’espace palatin est comme écrasée par celui-ci, qui la domine de très loin topographiquement et spatialement. Cette disparité correspond tout à fait, en l’accentuant considérablement, à celle notée à propos de Wasitt.

Si l’on tient compte à la fois des textes et des vestiges archéologiques, on constate que la contribution constituée par Cordoue et les deux villes de pouvoir qui s’étaient édifiées à proximité s’étendait quasi sans interruption sur un secteur de la vallée du Guadalquivir long de près une quinzaine de kilomètres, ce qui en fit pendant quelques décennies une agglomération comparable en importance aux deux autres grandes métropoles politiques des premiers siècles de l’Islam, Bagdad et Le Caire.

Aux yeux d’Ibn Hawqal, qui écrit avant l’expansion du Caire sous les Fatimides, la capitale andalouse ne pouvait être comparée qu’à Bagdad, et n’avait pas d’égale dans le Dar al-Islam. On peut rappeler que la mosquée de Cordoue à la fin du califat, avec 180 x 130 m, était l’un des plus vastes lieux de prière communautaire du monde musulman, dans la tradition des grandes mosquées des autres métropoles qualifiées de « gentilices ».

 

En Ifriqiya et en al-Andalus au Xe siècle, comme en Iraq un siècle plus tôt, et un peu plus tard en Egypte, ces grandes métropoles de la fin du Xe et du début du XIe siècle sont d’abord des capitales politiques, qui doivent leur prodigieuse croissance au fait que le pouvoir qui y réside exerce son autorité sur un espace « impérial », ce qui les place ‘au centre de réseaux qui drainent vers elles les hommes et les ressources’, concentration que l’on ne pourrait illustrer de façon plus frappante qu’en renvoyant aux passages admiratifs que les sources arabes consacrent à l’édification de Madinat al-Zahra, peu après la proclamation du califat de Cordoue.

Si l’on prend un peu de hauteur pour considérer la politique constructrice des Omeyyades de Cordoue, on constate que dans sa phase émirale le pouvoir omeyyade s’était attaché parallèlement à l’amélioration du palais ou qasr intra urbain et à l’accroissement et à l’embellissement de la grande mosquée qui le jouxtait. Sous Abd al-Rahman III et al-Hakam II, le pouvoir, sans oublier la mosquée, magnifiquement agrandie et embellie par le second calife, consacre des moyens humains, financiers et matériels énormes à l’édification d’une colossale ville princière, où l’espace proprement religieux fait bien modeste figure à côté de celui dévolu au politique. L’édification de Madinat al-Zahra par al-Mansur se situe à l’issue de cette évolution. Les sources ne semblent pas y mentionner explicitement de mosquée, bien qu’il est peu vraisemblablement que la ville n’ait pas été pourvue d’un lieu de culte. Mais ce n’est certainement pas la mosquée qui constituait la polarité principale de la nouvelle création urbaine, alors que le souci dominant des premiers émirs omeyyades installés en al-Andalus avait bien été y édifier un lieu de culte communautaire en quelque sorte légitimateur de leur pouvoir dynastiques.

 

 

 

 

 

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Les autres villes de l’Occident Musulman   

 

On est tenté de faire entrer dans la même catégorie des villes « gentilices » stimulées par leur position stratégique au cœur de vastes empires une autre capitale de l’islam d’Occident, Palerme, dont Ibn Hawqal, infatigable voyageur, nous a laissé une remarquable description. Il en fait bien ressortir la structure éclatée en vastes quartiers disposés sans grande cohérence apparente autour du noyau central ou madina que constitue la vieille ville byzantine enfermée dans son enceinte. Au cœur de ce centre ancien, l’ancienne cathédrale transformée en mosquée principale, dont l’importance suscite l’étonnement du géographe oriental. Il a, dit-il, eu la curiosité d’en évaluer la contenance un jour d’affluence, et pense qu’elle pouvait contenir trente six rangées de 200 fidèles, soit plus de sept mille personnes. Il ajoute que si les Cordouans se vantent de compter dans leur ville cinq cents mosquées, les Palermitains en revendiquent plus de deux cents pour la leur, chiffre qu’il affirme avoir en grande partie vérifié par lui-même. Certes, la grande majorité de ces « mosquées » étaient en fait de simples oratoires privés. Mais leur prolifération même n’est pas sans jeter une lumière indirecte sur la structure ‘émiettée’ de cet urbanisme de l’islam occidental au Xe siècle après la disparition des solidarités ‘gentilices’ de l’époque antérieure : « J’ai appris, écrit-il, que chaque habitant, par excès d’orgueil, désirait posséder sa propre mosquée, qui lui soit réservée et à laquelle personne n’aurait accès en dehors de sa famille et de sa clientèle. »** on peut rapprocher cette indication de celle que nous fournit l’émir Abd Allah de Grenade sur la mentalité des habitants de la ville d’Elvira à la fin du califat de Cordoue : « ils ne pouvaient pas se souffrir les uns les autres, à tel point que d’aucuns se faisaient construire devant leur maison un oratoire et des bains pour éviter le contact de leur voisin ».

Selon l’émir Abd Allah, l’individualisme des habitants d’Elvira était tel « qu’ils ne voulaient obéir aucune autorité, ni accepter les décisions d’un gouverneur, alors même qu’ils étaient les gens les plus peureux du monde, et craignaient pour le sort de leur cité car ils étaient incapables de faire la guerre à personne, même à des mouches, sans être assistés par des milices (étrangères) capables de les protéger et de les défendre. » Ces dispositions d’esprit expliquent, pour le dernier émir ziride de Grenade, que les Andalous d’Elvira aient alors fait appel aux mercenaires berbères de l’armée califale pour prendre le commandement de leur ville et assurer leur sécurité durant la crise du califat de Cordoue. D’une façon plus générale, on est surpris, à la même époque, par l’importance prise dans la vie politique andalouse par les éléments militaires étrangers, Berbères et Esclavons, qui, lors de l’effondrement du califat, s’emparent apparemment sans grandes difficultés du pouvoir dans de nombreuses villes d’al-Andalous.

 

Les rapports entre pouvoir et société, principalement urbaine, sont analysés par Thierry Bianquis en des termes qui rendent plus intelligible un processus d’isolement du pouvoir, qui n’est en al-Andalus qu’un cas particulier d’une situation générale dans le monde musulman.

Cette distanciation entre la société urbaine et le pouvoir favorisa incontestablement l’accaparement de celui-ci par des minorités sociales ou ethniques ‘étrangères’ – groupes militaires d’origine servile en particulier – qui constituent l’un des aspects les plus significatifs de la cité médiévale en islam.

Dans la Palerme que visite Ibn Hawqal, comme dans les autres capitales à la même époque, le pouvoir – d’autant plus qu’il s’agissait à cette époque d’un pouvoir chiite – s’était écarté du centre ancien et du voisinage de la grande mosquée, pour s’établir dans une enceinte périphérique, la ville gouvernementale de Halisa, ou le souverain et sa suite résident ; elle contient deux bains (publics), mais il ne s’y trouve ni marchés, ni hôtelleries ; il y a une petite mosquée cathédrale, une garnison militaire du souverain, un arsenal, ainsi que des bureaux administratifs.

En al-Andalus, le processus d’isolement des garnisons et du pouvoir nous est assez bien connu, et avait commencé très tôt. En premier lieu, semble-t-il, avec la prise de contrôle des villes par le pouvoir omeyyade à l’époque émirale. L’exemple le plus connu est celui de Mérida, ville que dominaient des Muwallad-s- ou musulmans d’origine indigène – prompts à se soulever contre le pouvoir de Cordoue. Celui-ci y édifié dans les premières décennies du IXe siècle une citadelle de pierre de plan à peu près carré de 130 m de côté, avec des murs de près de 3 m d’épaisseur, séparée de la ville, pour abriter une garnison. Sur d’autres villes importantes des marches frontières, en particulier Badajoz et Saragosse, on possède des informations relativement abondantes, parfois quelque peu contradictoires, qui ne font pas aux IXe et Xe siècles de place importante à la dualité ville-citadelle,  bien qu’il semble y avoir existé assez tôt un espace fortifié réservé à l’installation du pouvoir.

A Séville, la population est plus mélangée, mais fortement dominée socialement par l’aristocratie arabe, encore attachée à ses divisions tribales et organisée en grands lignages aristocratiques d’origine majoritairement yéménite, mais où comptent aussi les parents et clients de la famille régnante, qui se rattachent aux Omeyyades et aux Quraychites. La ville de la première moitié du IXe siècle semble donc conforme au modèle ancien. Habitée par une aristocratie arabe attachée à ses structures « gentilices », elle comporte intra-muros une mosquée cathédrale (agrandie par l’émir Abd al-Rahman III) et une résidence gouvernorale en position centrale. Elle est dotée au milieu du IXe siècle par le même émir d’une enceinte de pierre pour la protéger de la menace des Normands mais rien n’indique qu’elle ait été alors pourvue d’une citadelle (qasaba) dotée de sa propre enceinte.

L’existence d’un unique qasr – palais gouvernemental – , peu fortifié, au centre de la ville, ressort du récit des troubles civils qui marquent les trois dernières décennies au IXe siècle, troubles relatés avec détail par l’historien Ibn Hayyan.

 

La situation de Tolède, n’est pas sans analogie avec celle de Séville. La ville du VIIIe siècle , dont le peuplement muwallad semble avoir été assez homogène, manifeste très vite une opposition quasi constante au pouvoir cordouan. En 191 H/807, le gouverneur loyaliste de la cité persuada les Tolédans de le laisser édifier une forteresse pour isoler des habitants les représentants du pouvoir. Il y attire les principaux notables dans un guet-apens et les massacres : la ville sort ensuite à nouveau de l’autorité omeyyade, et est reprise en 222 H/837, sous Abd al-Rahman II, qui fait reconstruire la forteresse bâtie trente ans plus tôt. Celle-ci se trouvait, selon toute vraisemblance à l’emplacement de l’actuel alcazar, au point le plus élevé de la ville. Tolède redevient indépendante durant la crise politique de la fin du IXe siècle, et doit être reprise, après un long siège, à l’époque de Abd al-Rahman III (320 H/932). C’est alors semble-t-il, que fut édifiée une nouvelle enceinte unissant l’ancien qasr gouvernemental remis en fonction au pont sur le Tage, et appelée al-Hizam. L’histoire de la ville de la conquête arabe du début du VIIIe siècle au début du califat est donc, comme à Séville, marquée par les efforts du pouvoir central pour imposer aux habitants l’établissement d’une forteresse gouvernementale, siège d’un gouverneur et d’une garnison. Le fait que la ville soit dominée par l’élément arabe ou par l’élément indigène ne modifie pas fondamentalement le schéma d’évolution.

Le cas très connu de l’ensemble Pechina-Almeria, bien qu’un peu différent, correspond à un même processus d’affermissement du contrôle du pouvoir central sur une région et une population qui, à l’origine, lui échappent largement. Les Arabes yéménites établis dans la vallée de l’Andarax vivaient dans des quartiers dispersés, vraisemblablement aux environs d’une modeste localité indigène préexistante. A la fin du IXe siècle, un groupe de ‘marins’ (bahriyyun), probablement des commerçants pirates se livrant à la razzia et au commerce des esclaves saqaliba sur les côtes chrétiennes,  s’installa dans la basse vallée de l’Andarax, donnant bientôt à Pechina l’allure d’une véritable ville et entretenant des rapports parfois tendus avec leurs voisins arabes ; il semble cependant que le centre polarisateur des communautés humaines regroupées dans la région ait continué â être l’ancienne mosquée principale, dont on a conservé plusieurs descriptions. L’agglomération s’agrandit considérablement du fait des activités commerciales et de la sécurité que la petite république des marins de Pechina sut maintenir localement lors des luttes civiles de la fin du IXe et du début du Xe siècle, si bien que d’importants faubourgs se peuplèrent. En 302 H/915 les habitants de la région se soumettent à Abd al-Rahman III, qui, à leur demande, leur donne comme gouverneur un personnage d’origine arabe, de la tribu yéménite de Ta’i, qui semble avoir été un notable local estimé de la population.

Il est certain que dès cette époque, la zone côtière située à quelques kilomètres du site plus intérieur de Pechina, était occupée par une partie de la population, et des aménagements portuaires et défensifs, mais ce n’est qu’en 334 H/955–956 que le calife Abd al-Rahman III décida d’y fonder une véritable ville, dotée d’une mosquée ‘djami’ et destinée à servir de port militaire, qui conserva le nom que le lieu portait déjà de Mariyyat Baggana ou Almeria. C’est donc un peu après le milieu du Xe siècle que la cité prend sa forme définitive, avec l’enceinte basse de la madina centrée sur une mosquée principale, et surveillée par une qasaba édifiée sur la hauteur qui domine la ville au nord, elle-même reliée à la ville par deux longues murailles édifiées sur la pente de la colline. Pechina perdit alors de son importance, alors que des faubourgs populeux se créaient autour de la nouvelle ville, devenue le port commercial et militaire le plus important d’al-Andalus. Il y eut un transfert ‘officiel’ des habitants de Pechina à Almeria en 402 H/1011-10112, sans doute plus facile à défendre, au plus aigu de la crise du califat de Cordoue, et à la fin du XIe siècle le site de Pechina n’était plus signalé que par des ruines, au milieu desquelles se détachaient les restes de son ancienne grande mosquée. La création du pouvoir cordouan a, dans ce cas, provoqué la déchéance totale de la première ville ‘spontanée’ qui s’était créée au IXe siècle.

 

On n’ira pas plus loin chronologiquement dans cette rapide vision d’ensemble et réflexion sur l’évolution des villes de l’extrême Occident musulman. Les conditions socio et ethno-politiques se transforment ensuite assez profondément dans l’ensemble du Dar al-Islam, où apparaissent les ‘nouveaux peuples’ non arabes, Turcs en Orient, Berbères en Occident, qui vont faire évoluer l’islam dans des directions nouvelles, parfois parallèles, parfois assez profondément différentes, l’Occident restant, dans l’ensemble, semble-t-il, plus fidèle à des modèles traditionnels, encore que le phénomène d’isolement du pouvoir y soit aussi très marqué, avec l’apparition, dans les centres importants, de ces remarquables ‘villes princières’ que sont l’Alhambra ou Fès Djdid.              

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : Ibn Abi Zar : Rawd al Qirtas (روض القرطاس)  

**: Garsin, ‘Le Caire et l’évolution urbaine’ 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le cheval maure

17112017

 

 

 

 

 

Les Numides furent les meilleurs cavaliers de l’antiquité; leurs chevaux étaient excellents.

 

Oppien place la race des chevaux mauresques parmi celles qu’on estimait le plus de son temps; et Némésien, poète carthaginois du troisième siècle, nous a laissé un portrait frappant des individus de cette race, qui ressemblent en tout point aux chevaux de l’Algérie.

 

Suivant cet auteur, le cheval maure de pure race, né dans le Djurdjura, n’a pas de formes élégantes : sa tête est peu gracieuse, son ventre difforme, sa crinière longue et rude; mais il est facile à manier,il n’a pas besoin de frein, et on le gouverne avec une verge. Rien n’égale sa rapidité; à mesure que la course échauffe son sang, il acquiert dé nouvelles forces et une plus grande vitesse; enfin même, dans un âge avancé, il conserve toute la vigueur de ses jeunes années : aussi les anciens attachaient-ils un grand prix à ces précieux animaux.

 

Chacun avait son nom, sa généalogie; venaient-ils à mourir, on leur dressait un tombeau et on leur consacrait une épitaphe. 

 

 

 

Le cheval maure  dans Attributs d'Algérienneté 1507454283-img-3026

Cheval Numide Mosaïque du site  Bulla regia (Tunisie) 

 

 

 

 

 

C’est surtout dans les montagnes, suivant Solin, que les Numides élevaient des chevaux .

 Les Numides, particulièrement les Massyliens, montaient ces excellents chevaux à cru, sans selles ni brides; et ce que dit le poète Némésien est confirmé par les récits des historiens, qui nous représentent Massinissa, le meilleur et le plus infatigable cavalier de son temps, courant et combattant à cheval jusque dans sa vieillesse la plus reculée, sans aucun harnais.

Les cavaliers numides furent très-recherchés comme auxiliaires par les Carthaginois d’abord, et ensuite par les Romains. Libres de leurs deux mains, ils combattaient avec beaucoup d’adresse et étaient très-habiles à lancer des dards. Ils avaient un soin extrême de leurs chevaux : ainsi les Numides d’Hannibal, après la bataille de Trasimène, lavèrent les membres de leurs coursiers, épuisés par le voyage et la guerre, avec des vins vieux que leur avait procurés le pillage de l’Ombrie et du Picénum.

 

 

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Pièce d’argent avec un portrait de Massinissa sur la face et un cheval sur le revers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les bijoux Algériens protohistoriques

15112017

 

 

 

 

 

La protohistoire désigne une période chronologique correspondant à l’âge des métaux: Chalcolithique (ou âge du cuivre qui et une période de transition suivant le néolithique), âge du bronze et âge du fer. L’époque que couvre la protohistorique succède donc à la préhistoire• strict, qui rassemble le Paléolithique, le Mésolithique et le Néolithique. De même, cette période est contemporaine des premières civilisations historiques de la méditerranée orientale, elle termine se termine au début de notre ère, à la fin de l’âge du fer, avec les conquêtes romaines qui entraînèrent la généralisation de l’écriture.

 

Ainsi, les limites chronologiques de la protohistoire varient considérablement selon l’aire culturelle et selon l’aire géographique considérées. Il est donc difficile de localiser cette période dans un espace temporal.

 

Lorsque les recherches sur cette période ont commencé on définissait comme protohistoriques les peuples qui ne possédaient pas l’écriture, mais que l’on pouvait étudier par le biais des textes des Grecs et Romains qui les qualifiaient de « barbare ». Actuellement, l’étude de ses peuples se fait nécessairement par l’analyse et l’interprétation de leurs restes matériels.

 

De façon générale, cette période est caractérisée par l’apparition des outils métalliques ainsi que par la séparation du monde des morts de celui des vivants et l’émergence des rituels funéraires complexes qui démontrent la genèse des cimetières. ce sont donc non seulement de nouvelles technologies• et de nouveaux objets qui apparaissent, mais aussi de nouveaux rapports sociaux et de nouvelles croyances.

 

Le mouvement débute au chalcolithique quand divers peuples se lancent dans la métallurgie du cuivre dont les plus anciennes traces s’observent au Moyen-Orient il y a 6000 ans.

 

  

 

En Algérie, cette période complexe est liée à l’apparition, il y a environ 5000 ans, des monuments funéraires qui démontrent sous leurs différentes formes urbaines l’existence de véritables provinces avec l’implantation d’un nouveau système social, de chefs et d’une autorité sociale.

  

Cette époque se reflète aussi à travers les peintures rupestres vers la fin de la période bovidienne (Néolithique), notamment dans celles du cheval et du chameau. Ces deux périodes, dites successivement « cabaline » et « cameline », se caractérisent par des scènes démontrant l’utilisation des métaux et l’apparition de l’écriture libyco berbère ainsi que du Tifinagh qui sera amené à remplacer la précédente.

 

 Enfin la céramique, celle-ci ayant fait sont apparition dans le pays dès la période néolithique avec, selon les régions, une base conique ou arrondie, a désormais un fond plat et pour la première fois des motifs de décor peints.

 

 

 

 

Les bijoux métalliques

La maitrise du travail des métaux additionné à la fabrication des différents types d’armes ont fait évoluer l’artisanat, entre autre la fabrication des bijoux qui accompagnaient les morts vers l’au delà et en éloignaient les mauvais esprits. Ce travail transparaît dans différents bijoux trouvés dans l’enceinte des monuments funéraires.

 

Outre les éléments en fer et en cuivre, la plupart des bijoux métalliques découverts en Algérie sont à base de bronze (alliage de cuivre). Ce métal est plus résistant et plus facile à dilater que le cuivre, il est aussi polissable, ce qui a permis la fabrication de plusieurs pièces identiques du même produit. Les moules étaient à base de céramique, de pierres calcaires sablé ou à base de plâtre. Les métaux quant à eux étaient répandus dans la nature sous forme de composé métallique.

On utilisait la forge pour séparer les métaux des couches de terres et des traces de minéraux qui pouvaient les accompagner.

L’est algérien est particulièrement riche en cuivre sous ces différentes formes. L’absence de preuve sur l’exploitation des métaux dans le nord africain est due au fait que l’artisan cassait le four pour obtenir le métal fondu, il n’en resta alors que de petites traces comme le fond du four et le soufflet. De plus, les données actuelles ne permettent pas de découvrir la façon dont ces métaux étaient exploités dans cette région.

 

 

 

 

Les bijoux Algériens protohistoriques  dans Art 1507290785-les-parures-et-bijoux-algeriens-a-travers-lhistoire-001

 

 

 

 

Certains bijoux ont fait l’objet d’une étude analytique qui a démontré la présence en quantité considérable de cuivre, pouvant atteindre parfois 98%, mélangé avec de l’argent et du zinc. Sur d’autres pièces, un alliage d’aluminium (environ 39%) a été décelé.

 

 Les bijoux métalliques comptent des bracelets, des boucles d’oreilles, des bagues, un nombre réduit d’éléments de colliers, de bijoux divers et de perles.

 

 

 

 

1-      Les bracelets

Les bijoux les plus répandus étaient les bracelets et les anneaux de chevilles.

On a pu également découvrir certaines pièces incomplètes.

La plupart du temps on est dans l’incapacité de différencier entre les bracelets et les anneaux de cheville. Ceci est dû au fait qu’ils sont souvent regroupés dans la main ou la cheville de l’individu.

On a pu néanmoins les classer en deux catégories: les bracelets fermés qui sont rares, et les bracelets ouverts qui sont caractérisés par leur grand nombre et leur diversité due aux différentes formes qu’adoptent leur extrémités.

La décoration de certains éléments prenait la forme d’extrémités bombés ou ovales, limitées par deux rubans.

Ces extrémités pouvaient aussi être rectangulaires, superposées et effilées, ou prendre la forme d’une tête de serpent.

Sur la surface de certains anneaux apparaissaient en relief des motifs : des encoches, des lignes verticales ou croisées formant des angles, des incisions circulaires, etc.

L’ensemble est disposé de façon entrecoupée ou en chaîne.

 

 

 

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Bracelet ouvert à extrémités superposées – 7 cm Protohistoire – Dolmen Gastel, Tébessa

 

 

 

 

2-       Les boucles d’oreilles

Les boucles d’oreilles trônent en deuxième position derrières les bracelets. Elles ont des formes diverses : ouvertes et circulaires ou ovales avec des fines extrémités.

 

Il existe un autre genre de boucles. Ces dernières jugées trop petites pour être des bracelets et trop grandes pour être des boucles d’oreilles ont été néanmoins définies comme boucles d’oreilles par quelques chercheurs.

Le troisième type de cette catégorie compte des boucles petites ouvertes et ovales.

 

 

 

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Boucle d’oreille – 2,3 cm Protohistoire – Dolmen Beni Messous, Alger

 

 

 

 

 

3-       Les bagues

Elles sont relativement rares et prennent le plus souvent la forme de simples bandes métalliques ou aplaties, fermées ou ouvertes, avec des extrémités superposées. Les décorations sont très rares sur ce genre de bijoux.  

  

 

 

 

4-      Autres bijoux métalliques  

Les éléments de colliers se composent de petites boucles simples de différent diamètre. Certains d’entre eux sont toujours affilés sur un film métallique, les autres sont superposés en spirale. On suppose qu’ils pendaient des boucles d’oreilles ou des bracelets.

 

5-       Bijoux à base d’autres matières

Ces éléments, découverts également dans certains monuments funéraires protohistoriques, jouent forcement le même rôle qu’ont tenu les bijoux métalliques. On y compte entre autre deux types de mollusques portant la même signification symbolique : les cauris qui sont des coquillages du type Cyprea annulus linné, et le coquillage du type Cardium.

Le trou naturel que portent ces coquillages, permettait de les utiliser en tant que pendentif.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Prophétie Sanhadjite

13112017

 

 

 

 

 

Pendant qn’El-Kaîm, le second calife fatimide, régnait sur la province d’Afrique , Zîri, fils de Menad , jette les fondements d’une nouvelle dynastie. Parmi les tribus berbères, une des plus célèbres était celle de Sanhadja.

 

 

Une ancienne tradition, conservée chez eux , la faisait descendre des Arabes du Yémen, et une prophétie qui avait été faite à leur aïeul en partant de l’Arabie, assurait à ses descendants un empire puissant dans un pays de l’Occident. Ce fut dans la personne de Zîri que s’accomplit la prédiction,’et la tribu de Sanhadja se trouva élevée au rang de nation.

 

 

L’accroissement de la puissance de Zîri inspira des craintes et de la jalousie à la tribu de Zenata. Elle prit les armes contre lui; mais il sut non-seulement se défendre, mais encore prêter un appui efficace à El-Kaîm qui, lui-même, s’était trouvé réduit à la dernière extrémité par les attaques de cette même tribu. Zîri mourut en l’an 360, en combattant encore les Zenata. et eut pour successeur son fils Bologguîn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Promenade au lit de Lalla Mansoura

11112017

Ancien Rituel des Rouagha*

 

 

 

 

 

Elle connut aussi, cette jeune épousée des temps passés, les joies de la « takouka** », dit la légende, durant de longues nuits de printemps, autour des grands feux, exposée à l’admiration des amoureux, car elle était belle, elle se maria avec l’un des plus riches propriétaires de la tribu des Béni Sissine ; mais l’infidèle, parjure aux serments d’amour, disparut subitement sans que l’attention de ceux qui la transportaient en fut éveillée, le jour où on la conduisit à la demeure de son époux impatient; elle était couchée dans son lit nuptial, ce ( gous قوس), fait de tiges sèches de palmiers, de djerids, qui lui donnent à première vue l’aspect d’une cage, voilée aux regards de la foule admiratrice par de longues melhafa, de couleurs éclatantes qui la recouvrait comme d’une coupole : l’époux consterné ne trouva plus que la couche vide, où la belle Mansoura n’était plus, — ô prodige!

 

 

 

 

Promenade au lit de Lalla Mansoura dans Coutumes & Traditions 1507198325-sans-titre

 

 

 

Depuis ce temps la coutume veut que l’on promène dans les rues du Ksar, pendant l’époque des mariages, ce symbole de l’infidélité, en dansant. Le don surnaturel d’avoir pu se dérober aux regards de ceux qui la transportaient valut à Mansoura, le titre de «Lalla»; elle est considérée comme maraboute. Cette procession, au milieu de laquelle s’agite sur les épaules de quatre d’entre eux le lit nuptial, parcourt les rues du Ksar et les principaux quartiers pour se rendre, toujours au son delà «rèïtha» et du bruit des « tebboul », à l’une des portes de la ville, «Bab-Ammar», où l’époux de Lalla Mansoura, l’attendit, vainement, pendant longtemps. Quiconque oserait soulever le voile qui recouvre le lit de Lalla Mansoura, pour y jeter des regards curieux deviendrait immédiatement aveugle; on ne peut ni ne doit le faire. Telle est la croyance généralement admise par les sédentaires. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: les Rouagha c’est les sédentaires d’Ouargla 

**: fêtes des Mariages qui durent 8 jours chez les Rouagha 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




« Akeli » : Rite apotropaïque

9112017

 

 

 

 

 

Les rites de la naissance sont-ils également des rites apotropaïques, ou rites de protection, même si cette dimension n’est pas toujours reconnues ou acceptée par les autorités religieuses. Jadis, la nomination de l’enfant ne se faisait pas sans précautions.

Souvent, on se gardait de prononcer trop tôt le nom de l’enfant, de peur d’attirer sur lui l’attention d’esprits malveillants.

Chez les juifs de l’Antiquité, mais aussi chez de nombreux autres peuples, on attribuait au nom d’un individu des qualités magiques et celui d’un nouveau-né devait rester secret jusqu’à sa proclamation, lors de la circoncision ou de l’annonce à la synagogue, ou encore lors d’une fête de la dénomination d’un genre différent. Le secret sur son nom masquait son existence et empêchait de prendre du pouvoir sur lui. C’était un moyen de tenir à l’écart les mauvais esprits qui auraient pu attaquer l’enfant juste après sa naissance.

 

De même, dans l’islam, pour éviter que les djinns, ces créatures maléfiques qui hantent l’envers du monde, les eaux stagnantes pas exemple, ne nuisent au nouveau-né, on attendait le septième jour, celui du sacrifice de l’aqiqah, pour lui donner son nom.

 

Entre temps, on l’appelait avec un nom provisoire qui pouvait être dérivé de la racine baraka, « bénédiction, force bénéfique ».

 

 

 

 

« Akeli » : Rite apotropaïque  dans Attributs d'Algérienneté 1507187067-sans-titre

 

 

 

 

Dans les familles d’origine kabyle, si on a déjà déploré la mort d’un enfant ou d’un homme de la famille, on appelle parfois le garçon qui naît « Akli », c’est-à-dire « esclave », pour écarter de lui le mauvais œil, influence néfaste d’un regard malveillant ou même inconsciemment jaloux. Ainsi, on détourne de lui l’attention. De même, on peut lui mettre une boucle d’oreille pour que les influences malveillantes le prennent pour une fille et le laissant en paix. Pour protéger l’enfant, il arrive qu’on glisse un petit Coran sous son matelas, où encore des sourates recopiées sur une feuille qu’on replie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les plus belles photos du concours Photographe Nature de l’Année 2017

7112017

 

 

 

 

 

 

Pour la 53ème année consécutive, le Musée d’Histoire Naturelle de Londres organise le concours du Photographe Nature de l’Année. Les photos finalistes du concours le sont dès maintenant dans ce magnifique diaporama ! Prêts à en avoir plein les yeux ?

Les finalistes du concours Photographe Nature de l’Année 2017

 

 

 

  

 

 Les plus belles photos du concours Photographe Nature de l’Année 2017 dans Photos 1507116193-ecureuil

© Mats Andersson / 2017 Wildlife Photographe of the Year

Cet écureuil roux incarne l’esprit de l’hiver. Un matin de février, cet écureuil ferme les yeux, à la recherche de repos entre deux épisodes effrénés de recherche de nourriture.

 

 

 

 

 

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© Andrey Narchuk/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Le ballet des sea angels : Ces invertébrés sont à la fois mâles et femelles. Sur cette photo, ils s’apprêtent à s’insérer mutuellement leurs organes reproducteurs afin de s’auto-reproduire.

 

 

 

 

 

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© Sergey Gorshkov/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Portraits animaux : le renard arctique. Affamé porte fièrement son trophée, volé dans un nid d’oies sauvages. Il cherche un endroit plus sûr pour dévorer son festin.

 

 

 

 

 

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© Klaus Nigge/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Portraits animaux : Ce pygargue à tête blanche s’est fait tremper jusqu’aux os après plusieurs jours de pluie. Son expression sévère est renforcée par l’objectif du photographe et par la lumière blanche des jours de pluie.

 

 

 

 

 

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© Qing Lin/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Cette photo montre bien les petits habitants (poissons-clown*) qui squattent à l’intérieur des poissons – qui eux-mêmes squattent les tentacules de l’anémone de mer.

 

*: Chaque poisson-clown a une paire d’yeux supplémentaires à l’intérieur de sa bouche : ceux d’un parasite qui entre dans le poisson et attache ses pattes à la base de la langue du poisson-clown.

 

 

 

 

 

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© Laurent Ballesta/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Une femelle phoque fait découvrir à son bébé les joies de la nage en eau glacée. Le duo glisse sans effort entre les couches de glace de l’Antarctique.

 

 

 

 

 

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© Jack Dykinga/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Ces cactus saguaro sont emblématiques du désert de l’Arizona. Les racines du cactus forment un labyrinthe juste au-dessous de la surface du sol, qui absorbent la précieuse eau de pluie. Les cactus sont résistants à la sécheresse mais pas au gel : ses branches peuvent geler et se craqueler.

 

 

 

 

 

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© Ashleigh Scully/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Câlin d’ours: Cette femelle ours brun souhaite profiter de la marée basse pour pêcher des palourdes, mais son jeune ourson ne l’entend pas de cette oreille et veut en profiter pour jouer.

 

 

 

 

 

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© Steve Winter/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Un tigre pris au piège: Les pattes arrière de ce bébé tigre de Sumatra ont tellement été abîmées par un piège qu’il a du être amputé. Le piège a été mis en place par des planteurs de palmier à huile sur l’île de Sumatra, en Indonésie.

 

 

 

 

 

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© Justin Hofman/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Ce cliché a également été pris en Indonésie, au large de l’île de Sumbawa. Le jeune hippocampe a pris pour radeau un coton-tige rejeté dans l’océan. Les cotons-tiges en plastique sont l’un des déchets aquatiques les plus fréquents et difficiles à éliminer.

 

 

 

 

 

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© Tyohar Kastiel/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Cette photo a été prise dans la forêt de San Gerardo de Dota au Costa Rica. Le photographe a observé le couple de quetzals pendant plus d’une semaine alors qu’ils apportaient des fruits à leurs oisillons. Les quetzals nichent d’habitude dans la forêt profonde, mais ce couple a choisi un arbre dans une partie plus dégagée de la forêt. Ce qui a permis à Tyohar de profiter de la lumière pour capter les couleurs irisées du mâle quetzal.

 

 

 

 

 

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© Laura Albiac Vilas/2017 Wildlife Photographer of the Year

 Laura Albiac a sillonné la Sierra de Andujar en Espagne à la recherche des lynx, et a eu la chance de tomber sur un couple dès le deuxième jour. Les lynx se reposaient au bord d’une route.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le pataouète

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Selon le dictionnaire Larousse, le « pataouète » est le « parler populaire des Français d’Algérie ». Ce terme serait la déformation phonétique française du mot catalan « patuet », lui-même diminutif de « patuès » et ayant pour origine étymologique « patois » ; la signification exacte de pataouète (ou « pataouette ») serait donc « petit patois ».  

 

Le pataouète est un sabir, plus précisément une lingua Franca (langue franche), et il constitue une variante du catalan spécifique à l’Algérie. La langue catalane y est introduite par les nombreux colons mahonnais, roussillonnais (Algérois) et alicantais (Oranie), de l’italien et subit les influences du français (langue officielle) et de l’arabe dialectal (langue majoritaire) pour former un argot pied-noir. Les trois mots les plus célèbres du vocabulaire pataouète sont la « tchatche », la « scoumoune » et la « rabia ».

 

 

 

Le pataouète dans Attributs d'Algérienneté 1505636626-jbtchispoune

 

 

 

 

 

 

Des exemples typiques du parler pied-noir incluent les fameuses interjections, « popopopopo ! », « la purée de nous’aut’es ! » et sa variante « la purée de toi ! », ou bien encore les verbes « péguer » et « rouméguer » qui sont tous deux dérivés de l’occitan, mais aussi les expressions « à voir si…. » et « faire marronner » qui elles sont des tournures dérivées de l’espagnol.

 

A ce propos, certains mots espagnols passent directement dans le langage courant, en particulier dans le domaine culinaire, tel le « chumbo » qui désigne la figue de barbarie ou la « kémia » qui est une sorte d’amuse-gueule caractéristique. A noter que certains noms d’aliments en espagnol sont utilisés comme insule ou juron servant à ponctuer une phrase exprimée en français ; par exemple respectivement « nöra » (prononcé ‘gnorra’) qui n’est autre qu’un poivron et « leche ! » (prononcé ‘létché’) qui désigne le lait.

 

Des exemples de jurons significatifs en français d’Algérie sont « punaise ! » (similaire à « la purée ») et dans un registe nettement plus blasphématoire, « la con de Manon ! » et sa variante « la con de ta sœur ! » ainsi que la forme contractée « d’ta mèr’ ! » (voir sa version contemporaine « ta mère »). Dans un registre moins ordurier et plus métaphorique, citons « margaillon », qui désigne un palmier nain, et est employé dans le même sens que son homophone métropolitain merdaillon, c’est-à-dire à l’encontre d’un « morveux ». il arrive qu’une expression soit composée de deux mots venant de langues différentes, à l’image de « malafatche » de l’espagnol « mala » et du provençal « fatche » et qui signifie « sale gueule ».

 

 

 

En outre, ce parler souvent imagé se caractérise par des intonations et une gestuelle particulières, influencé par les arabes et les italiens, ainsi qu’un volume sonore plutôt élevé.

A noter la présence d’une sou-culture pied-noir issue des spécificités du peuplement de l’Oranie (proche de l’Espagne) par rapport à l’Algérois (proche des Baléares et de la Corse) et au Constantinois (proche de la Sardaigne, de Malte et de l’Italie), avec un parler et un accent particulier et une ‘’rivalité’’ emprunte de chauvinisme entre Alger la capitale et Oran seconde ville la plus peuplée et plus important foyer démographique européen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     







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