La coutume de l’Anaya (Kabylie)

25022017

 

 

 

 

La coutume de l'Anaya (Kabylie)  dans Coutumes & Traditions 1484918956-ecole-coranique-kabylie-roger-viollet-fin19eme

 

 

 

 

Les marabouts ont institué, en Kabylie, une coutume sublime, qui n’existe chez aucun autre peuple, et dont pourraient s’enorgueillir, à bon droit, les nations les plus civilisées; l’Anaya, espèce de sauf-conduit donné par un Kabyle à un voyageur, à un proscrit, à un hôte, et qui doit le rendre sacré pour tous. Ce sauf-conduit se manifeste toujours par un signe ostensible : une lettre, si c’est un Taleb qui a donné l’anaya; un bâton, un burnous,, un fusil, connus, et qui, dans les tribus, servira de sauvegarde au voyageur, plus persécuté, poursuivi, sous le coup d’un danger, réclame la protection d’un Kabyle; celui-ci, fier de la confiance dont il est l’objet, engage sa parole, et souvent il fera lui-même une longue course pour exercer son patronage accidentel au profit de celui qui lui était inconnu un instant avant. Un meurtrier se jette dans une tribu voisine, et, qu’il le réclame ou qu’il se cache, l’anaya lui est accordé. Si le crime commis n’a eu pour but que le vol, la tribu ne lui accordera pas l’anaya mais elle ne le livrera pas. Elle lui fixera un jour pour sortir de son territoire; si le meurtrier n’a commis le crime que pour venger son honneur outragé, par suite d’une oussiga, la tribu dont il aura réclamé l’anaya, le prendra sous sa protection, et lui donnera les moyens de vivre, de travailler, de fréquenter les marchés et de voyager dans les villages de la confédération.

 

Un Kabyle abandonnera sa femme, ses enfants, sa maison, mais il n’abandonnera jamais son anaya. Tels sont les ternes passionnés dans lesquels le Kabyle exprime son attachement pour une coutume véritablement sublime, qu’on ne trouve chez nul autre peuple.

L’anaya tient du passeport et du sauf-conduit tout ensemble, avec la différence que ceux-ci dérivent essentiellement d’une autorité légale, d’un pouvoir constitué, tandis que tout Kabyle peut donner l’anaya ; avec la différence encore, qu’autant l’appui moral d’un préjugé l’emporte sur la surveillance de toute espèce de police, autant la sécurité de celui qui possède l’anaya dépasse celle dont un citoyen peut jouir sous la tutelle ordinaire des lois.

Non-seulement l’étranger qui voyage en Kabylie sous la protection de l’anaya défie toute violence instantanée, mais encore il brave temporairement la vengeance de ses ennemis, ou la pénalité due à ses actes antérieurs. Les abus que pourraient entraîner une extension si généreuse du principe sont limités, dans la pratique, par l’extrême réserve des Kabyles à en faire l’application.

Loin de prodiguer l’anaya, ils le restreignent à leurs seuls amis ; ils ne l’accordent qu’une fois au fugitif ; ils le regardent comme illusoire s’il a été vendu ; enfin ils en puniraient de mort la déclaration usurpée. Pour éviter cette dernière fraude, et en même temps pour prévenir toute infraction involontaire, l’anaya se manifeste en général par un signe ostensible. Celui qui le confère délivre, comme preuve à l’appui, quelque objet bien connu pour lui appartenir, tel que son fusil, son bâton ; souvent il enverra l’un de ses serviteurs ; lui-même escortera son protégé, s’il a des motifs particuliers de craindre qu’on ne l’inquiète.

L’anaya jouit naturellement d’une considération plus ou moins grande, et surtout il étend ses effets plus ou moins loin, selon la qualité du personnage qui le donne. Venant d’un Kabyle subalterne, il sera respecté dans son village et dans les environs ; de la part d’un homme en crédit chez les tribus voisines ; il y sera renouvelé par un ami qui lui substituera le sien, et ainsi de proche en proche. Accordé par un marabout, il ne connaît point de limites. Tandis que le chef arabe ne peut guère étendre le bienfait de sa protection au delà du cercle de son gouvernement, le sauf-conduit du marabout kabyle se prolonge même en des lieux où son nom serait inconnu. Quiconque en est porteur peut traverser la Kabylie dans toute sa longueur, quels que soient le nombre de ses ennemis ou la nature des griefs existants contre sa personne. Il n’aura, sur sa route, qu’à se présenter tour à tour aux marabouts des diverses tribus ; chacun s’empressera de faire honneur à l’anaya du précédent, et de donner le sien en échange. Ainsi, de marabout en marabout, l’étranger ne pourra manquer d’atteindre heureusement le but de son voyage.

 

Un Kabyle n’a rien plus à cœur que l’inviolabilité de son anaya : non-seulement il y attache son point d’honneur individuel, mais ses parents, ses amis, son village, sa tribu tout entière en répondent aussi moralement. Tel homme ne trouverait pas un second pour l’aider à tirer vengeance d’une injure personnelle, qui soulèvera tous ses compatriotes s’il est question de son anaya méconnu. De pareils cas doivent se présenter rarement, à cause de la force même du préjugé; néanmoins, la tradition conserve cet exemple mémorable

L’ami d’un zouaoua se présente à sa demeure pour lui demander l’anaya. En l’absence du maître, la femme, assez embarrassée, donne au fugitif une chienne très-connue dans le pays. Celui-ci part avec le gage de salut. Mais bientôt la chienne revient seule ; elle était couverte de sang. Le zouaoua s’émeut, les gens du village se rassemblent, on remonte sur les traces de l’animal, et l’on découvre le cadavre du voyageur. On déclare la guerre à la tribu sur le territoire de laquelle le crime avait été commis ; beaucoup de sang est versé, et le village compromis dans cette querelle caractéristique porte encore le nom de dacheret el kelba, village de la chienne.

 

L’anaya se rattache même à un ordre d’idées plus général. Un individu faible ou persécuté, ou sous le coup d’un danger pressant, invoque la protection du premier Kabyle venu. Il ne le connaît pas, il n’en est point connu, il l’a rencontré par hasard; n’importe, sa prière sera rarement repoussée. Le montagnard, glorieux d’exercer son patronage, accorde volontiers cette sorte d’anaya accidentel. Investie du même privilège, la femme, naturellement compatissante, ne refuse presque jamais d’en faire usage. Ou cite l’exemple de celle qui voyait égorger par ses frères le meurtrier de son propre mari. Le malheureux, frappé de plusieurs coups et se débattant à terre, parvint à lui saisir le pied, en s’écriant : « Je réclame ton anaya ! » La veuve jette sur lui son voile ; les vengeurs lâchent prise.

 

Il est connu dans tout Bougie qu’au mois de novembre 1833, un brick tunisien fit côte, en sortant de la rade, et que ses naufragés furent tous mis à mort, comme amis des Français, à l’exception de deux Bougiotes, plus compromis encore que les autres, mais qui eurent la présence d’esprit de se placer sous la sauvegarde des femmes.

 

Ces traits épars, et qu’il serait facile de multiplier, indiquent une assez large part faite aux sentiments de fraternité, de merci. Leur présence au milieu d’une société musulmane, si âpre d’ailleurs ne saurait être constatée sans éveiller quelque surprise. Chez un peuple très-morcelé, très-peu gouverné, fi er, et toujours en armes, où doivent abonder par conséquent les dissensions intestines, il était nécessaire que les mœurs suppléassent à l’insuffisance des moyens de police, pour rendre à l’industrie et au commerce la sécurité du transit. L’anaya produit cet effet. Il assoupit en outre bien des vengeances, en favorisant l’évasion de ceux qui les ont suscitées.

 

Si l’anaya est violée, la famille de celui qui l’a donnée, sa kharrouba, son çof, son village, sa tribu et même dans certains cas toute la confédération à laquelle il appartient devront venger l’insulte qui leur a été faite, et le mal qu’a subir leur protégé.
 

D’ailleurs la plus grande sévérité est déployée vis-à-vis de celui qui violerait l’anaya de son village ou de sa tribu :il expie son crime par la mort et la confiscation de tous ses biens ;sa maison est en outre démolie ;il ne faut pas que dans le village il reste trace de celui qui a trahi la parole donnée .On ne sera pas des lors surpris d’apprendre que bien souvent une anaya brisée, violée , a entraîné des guerres acharnées .

 

 

 

Voici un exemple:
 

Vers la fin du 18 ème siècle, Youssef Oukaci poète renommé de la confédération des At Jennad avait accordé son anaya à des marchands d’huile des at waghlis qui allaient à Alger. Arrives à Tamda, sur le territoire des amraouas, ces marchands furent dépouillés par Ben Ali naït Kaci de la puissante famille des Aït Oukaci.
Le poète, indigné de cet outrage, provoque aussitôt une réunion générale des tribus de la confédération, et la tête ceinte d’une corde de paille, signe de deuil, improvisa un poème qui se terminait ainsi :

 

 

Ddur-a nedda d tedjar 
Irza yagh l’anaya ben ali
Ma nsers as nugad lâar
Ma nrefed its bezzaf umri
L’anaya d adrar n tmes
Lâaz degs I getsili 

 

 

Récemment nous accompagnions des marchands ;
Ben Ali a brisé notre anaya
Si nous la laissons fouler aux pieds, nous avons à craindre la honte
Si nous la faisons respecter, il peut en résulter de grands malheurs
L’anaya est une montagne de feu,
Mais c’est sur elle qu’est notre honneur

 

 

 Les At Jennad sans aucune hésitation récitèrent la Fatiha et envoyèrent déclarer la guerre aux amraouas. Les hostilités, commencées le jour suivant ne s’arrêtèrent qu’après que ben Ali eut rendu ce qu’il avait volé.

 

 

 

 

Telle est la coutume pleine de charité qui, par sa réciprocité, donne pleine sécurité au commerçant, au pèlerin, au voyageur; qui, en empêchant les vengeances de se produire, en favorisant la fuite de ceux qui y sont exposés, tend à assoupir les haines et à éteindre les vengeances particulières; coutume fraternelle qu’on s’étonne de trouver chez un peuple belliqueux, coutume qui suscite chez le Kabyle des sentiments d’humanité, et de charité.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le remarquable séjour d’Ahmed Bey en Egypte

23022017

 

 

 

Le remarquable séjour d’Ahmed Bey en Egypte  dans Attributs d'Algérienneté 1484821787-ob-06f9d8-ahmed-bey-par-ahmed-benzelikha2

Hadj Ahmed Bey, dernier Bey de Constantine 

 

 

 

 

 

 

Vers 1815 – 1816  alors qu’il fut Caïd-el-Aouassi ; Ahmed Bey entreprit le pèlerinage de la Mecque, que tout bon musulman doit faire, s’il le peut, une fois en sa vie. Son absence fut de quinze mois, dont plusieurs passés en Egypte. Il y vécut, dans une assez grande intimité, avec plusieurs personnages célèbres de l’époque, notamment avec Muhammad Ali Pacha, avec son fils Ibrahim et, plus particulièrement encore; avec Toussoun-Pacha.

 

 

Les soldats égyptiens, à cette époque, se servaient, pour le tir de leurs fusils, d’une petite fourche sur laquelle ils en appuyaient le canon, et dont ils étaient tous pourvus. Un jour qu’on tirait à la cible, en présence de Muhammad Ali, celui-ci demande à Ahmed si, dans son pays, on se livrait aussi à cet exercice. Oui, répond Ahmed; seulement, nous ne nous servons pas de la fourche dont vous faites usage. Et, cependant, ajoute Ahmed, nous ne manquons pas le but, bien que, le plus souvent encore, nous tirions en courant à cheval. Muhammad Ali doutait, comme bien on pense, mais Ahmed, ayant demandé un fusil, tire aussitôt sans fourche et atteint le but, ce que personne n’avait encore pu faire. Il avait donc gagné le prix, qui, ce jour-là, était un turban. On le lui apporte, il le prend et le donne aussitôt à un des gens de la suite de Muhammad. A peine rentré dans son palais, celui-ci envoie, à Ahmed, un magnifique cachemire. Ahmed, ne voulant pas rester en arrière de politesse avec le souverain égyptien, lui envoie, en échange, de riches étoffes et des parfums qu’il avait rapportés de la Mecque.

 

 

 

 

 

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Muhammad Ali par Auguste Couder

 

 

 

 

 

Un oncle d’Ahmed-Bey, Hadj Ibrahim, habitait l’Égypte lors de l’expédition française dans ce pays, et il prit part à sa défense, sous les ordres de Mourad-Bey. Dans plusieurs circonstances, il avait été remarqué par le général Bonaparte, qui, plus tard, après les hostilités, lui fit cadeau d’une tabatière en or. Cette tabatière passa, par héritage, à Hadj-Ahmed, qui la conservait très-précieusement. « Je la conserve, disait-il dans ses derniers temps, comme un signe de bénédiction..»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Catégories de gestion d’aires protégées de l’UICN

21022017

 

 

 

 

L’UICN* a adopté la définition suivante de l’aire protégée : « un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autres, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associées », et a classé les aires protégées en six catégories (la première subdivisée en deux) en fonction de leur type de gestion.

 

 

 

Ces catégories sont résumées  sur le tableau ci-après :

 

 

 

 

Réf.

Nom

Description

Ia

Réserve naturelle intégrale

Aire visant à protéger la biodiversité et aussi, éventuellement des caractéristiques géologiques/ géomorphologiques, où les visites, l’utilisation et les impacts humains sont strictement contrôlés et limités pour garantir la protection des valeurs de conservation.

Ib

Zone de nature sauvage

Vaste aire intacte ou légèrement modifiée, ayant conservé son caractère et son influence naturels, sans habitations humaines permanentes ou significatives, protégée et gérée aux fins de préserver son état naturel.

II

Parc national

Vaste aire naturelle ou quasi naturelle visant à protéger des processus écologiques de grandes échelle, ainsi que les espèces et les caractéristiques écosystémiques régionales, fournissant aussi une base pour des visites de nature spirituelle, scientifique, éducative et réactive, dans le respect de l’environnement et de la culture des communautés locales.

III

Monument ou élément naturel

Aire délimitée pour protéger un monument naturel spécifique, qui peut être un élément topographique, une montagne ou une caverne sous-marine, une caractéristique géologique telle qu’une grotte, ou même un élément vivant comme un bosquet boisé ancien.

IV

Aire de gestion des habitants ou des espèces

Aire visant des espèces ou des habitants particuliers et dont la gestion reflète cette priorité. Quoique ce ne soit pas une obligation, de nombreuses aires protégées de la catégorie IV ont besoin d’interventions régulières et actives pour répondre aux exigences d’espèces particulières ou pour maintenir des habitats.

V

Paysage terrestre ou marin protégé

Aire protégée à laquelle l’interaction des hommes et de la nature a conféré au fil du temps un caractère distinct, avec des valeurs écologiques, biologiques, culturelles et panoramiques considérables, et où la sauvegarde de l’intégrité de cette interaction est vitale pour protéger et maintenir ce paysage ainsi que la conservation de la nature et les autres valeurs qui lui sont associées.

VI

Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles

Aire protégée préservant des écosystèmes et des habitats ainsi que les valeurs culturelles et les systèmes de gestion des ressources naturelles qui y sont associés. Les aires de cette catégorie sont généralement vastes et la plus grande partie de leur superficie présente des conditions naturelles ; une certaine proportion y est soumise à une gestion durable des ressources naturelles, et une utilisation modérée des ressources naturelles, non industrielles et compatible avec la conservation de la nature, y est considérée comme l’un des objectifs principaux.

 

 

 

 

 

 

 

* : L’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature rassemble au sein de son réseau plus de 1 000 organismes gouvernementaux et organisations non gouvernementales. Outre le millier d’employés que comptent ses bureaux dans le monde entier, elle fait appel à quelque 11 000 volontaires spécialistes des sciences sociales et naturelles, juristes et éducateurs de plus de 160 pays, qui travaillent essentiellement pour ses six commissions. Elle a été créée en 1948.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les ouchoum ‘tatouages’ des Béni Amer

19022017

 

 

 

 

Tous les Arabes de la tribu des Béni Amer* ont un ouchoum وشوم à la tempe ou à la joue gauche; c’est un signe tatoué représentant une étoile. Cette marque, à laquelle les soumirent les Espagnols lorsqu’ils les prirent à leur solde, était du reste renouvelée des Goths et des Romains.

 

Pendant que ces peuples régnaient en Barbarie, ils affranchissaient de tout tribut les indigènes qui s’étaient faits chrétiens; pour pouvoir les reconnaître, on leur gravait, en les baptisant, une croix sur la joue ou sur la main. 

 

 

 

 

 

 

* : les Béni Amer est la tribu la plus ancienne et la plus considérable de la région d’oranie (d’Oran, Sidi Bel Abbès , Aïn-Témouchent )

 

 

 

Les ouchoum ‘tatouages’ des Béni Amer  dans Attributs d'Algérienneté 1484644875-beni-ameur-2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La puissance de l’Intention

17022017

 

 

 

 

« Ce sont vos modes de pensées qui décident si vous allez réussir ou échouer. » (Henry Ford)
 

« Vous êtes maître de votre vie, et qu’importe votre prison, vous en avez les clefs. » (Hervé Desbois)
 

« Notre esprit n’a pour limites que celles que nous lui reconnaissons.» (Napoleon Hill)

 

 

 

Sommes-nous responsable de notre vie ?
Qu’est ce que le hasard ?
En quoi sommes-nous la cause inconsciente de ce qui nous arrive ? 

Comment nos pensées, nos croyances et nos conditionnements peuvent-elles avoir le moindre effet sur la réalité ?
Quelle est la véritable nature de notre conscience ?

Pour répondre à ces nombreuses interrogations, nous sommes allés à la rencontre d’intervenants qui nous ont amené des éléments de réponses, 
de part leur parcours, leur vécu, et leur compréhension des mécanismes de l’esprit humain.

Un documentaire d’Anthony Chene

 

 

 

 

 

 

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La peste de Medjad حبوبة المجاد & la peste d’Osman حبوبة عثمان

15022017

 

 

 

 

 

Les grands événements historiques sont enregistrés suivant leur ordre de date, et portent souvent un nom se rattachant à quelques circonstances particulières. Les guerres, les orages, les coups de tonnerre, les morts de sultan, de dey, figurent, et donnent quelquefois leur nom à l’année où ces événements se sont passés.

 

 

Mohammed El-Kebir, fut confirmé bey d’Oran par le pacha d’Alger. L’année où il prit le commandement de la province fut une année désastreuse pour les habitants de la régence; elle a été appelée par les Arabes l’année malheureuse (عام الشر).

 

La famine ravagea le pays et y fit périr un grand nombre de personnes, tant parmi les populations des villes que chez celles du dehors. Mohammed combattit le fléau autant qu’il était en son pouvoir; il fit venir des pays chrétiens du blé qu’on vendait à vil prix dans les marchés d’Oran: il en faisait même faire des distributions gratuites aux indigents. Toutes les tribus de fellahs furent exemptes du tribut religieux de l’Achour

 

Pour achever de désoler le Maghreb, après la famine vint sa compagne habituelle, la peste, qui ravagea tout le pays compris depuis Alexandrie jusqu’à Maroc. Elle parut l’année 1200 (1786 J.-C). On lui donna dans la région du Gheurb (ouest / département d’Oranle nom d’Haboubat-el-Medjad, la peste des Medjadparce qu’elle détruisit complètement la famille de ce nom, nombreuse, riche et très-considérée dans le pays. 

 

 

En 1208 (1794 J.-C), la peste vint encore une fois désoler la province : elle fut apportée dans le pays par des pèlerins venant de la Mecque, et est appelée Haboubat-Osman la peste d’Osman, parce qu’elle sévit sur la maison d’Osman, fils de Mohammed-el-Kebir, qui occupait auprès de son père le poste de khalifat. 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Fragment de peigne en ivoire (Annaba / 6e siècle ap J.-C)

13022017

 

 

 

 

Fragment de peigne en ivoire (Annaba / 6e siècle ap J.-C)   dans Archéologie 1484480534-09-539305

Face A : Daniel dans la fosse aux lions secouru par Habacuc

 

 

 

 

 

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 Face B : trois personnages, deux drapés et un militaire

 

 

 

 

 

 

Période : période romano-byzantine (4e-7e siècle après J.-C.)

Site de production : Annaba

Technique/Matière : ivoire, os

Dimensions : Hauteur : 0.075 m, Largeur : 0.068 m

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Aïn Khamissa

11022017

 

 

 

 

 

Aïn Khamissa  dans Attributs d'Algérienneté 1484565149-khemissa

Ruines de Khamissa (antique Thubursicum Numidarum)

 

 

 

 

 

Les ruines de la ville romaine Thubursicum Numidarum, appelées par les arabes Khamissa, ont aussi leur légende. Ces ruines sont très importantes et comportent, entre autres vestiges, les restes de Thermes près desquels coule une source donnant un assez fort débit.

 

 

La population locale prétend que l’eau qui coule de cette source, charrie du sang des entrailles, de la graisse provenant des cadavres romains dont les tombes se dressent encore debout, dans la nécropole située au dessus et à quelque distance.

 

 

Depuis cette légende a été lancée, les gens de la région se gardent bien d’employer l’eau de l’Aîn Khamissa. Ils ne s’en servent même pas pour leurs ablutions malgré cependant qu’ils ne soient pas très exigeants sous ce rapport.  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




MESSAOUDA EL-HARZLIA : La Jeanne Hachette orientale

9022017

Héroïne d’un épisode de guerre entre les Béni-Laghouat, les Larbas et Ksar El-Hirane

 

 

 

 

 

 

Avant que la domination française s’établît dans le Sud, les tribus nomades et leurs Ksours vivaient en guerres continuelles, à peine interrompues par de rares trêves.

Ces guerres ont eu de tout temps pour motifs principaux les rivalités et les questions de prépondérance; elles se sont éternisées par les vengeances et les représailles, de sorte que l’on peut dire qu’elles faisaient partie de l’existence des populations arabes.

Il n’y avait de diversion à cet état d’hostilités ouvertes qu’à l’apparition d’un grand personnage politique ou religieux, d’un sultan ou d’un chérif, comme les Arabes en donnent si facilement le nom aux agitateurs, qui se présentent comme des messies dont la venue a été prophétisée.

Mais cette diversion aux querelles intestines ordinaires, aux guerres locales, n’était pas, comme on pourrait le supposer, en faveur de la paix. C’était une occasion, au contraire, pour rendre ces guerres plus actives et plus générales.

Les divers petits partis dissidents formaient alors des groupes plus considérables, et, selon leurs intérêts ou leurs affinités, se réunissaient à l’appel des nouveaux Sultans, ou restaient du parti local le plus prépondérant.

Il en résultait ainsi un plus grand antagonisme qui, en se concentrant davantage par le nombre des individus et les passions mises en jeu, amenait un paroxysme d’humeur belliqueuse et d’actions énergiques remarquables souvent par des combats singuliers, — des épisodes chevaleresques, — des défis à la façon des anciens et finalement des mêlées générales, où le parti vainqueur était sans pitié pour le parti vaincu.

L’épisode que je vais rappeler s’est produit dans une de ces luttes où les ksours, appelant à leur aide les nomades du Sahra, obtenaient par leur concours la formation de petites armées, composées de fantassins, de cavaliers et de chameliers conduisant les palanquins, dans lesquels les femmes arabes venaient exciter au combat les guerriers de leur tribu.

 

 

C’était en 1843, après le siège d’Aïn-Madhi par Abd-el-Kader.

On sait que l’émir, n’ayant pu prendre la ville sainte des Tedjinis par la force après huit mois de siège, avait usé d’une feinte pour y entrer.

Il s’était arrangé de façon à faire savoir à Tedjini qu’il ne pouvait s’éloigner d’Aïn-Madhi sans être entré dans cette ville avec ses troupes — et avoir fait sa prière dans la grande mosquée.

Il s’était, disait-il, engagé par le serment de ses femmes, dont la mort ou le succès pouvaient seuls le relever.

Tedjini, en sa qualité de marabout, comprenant parfaitement l’importance d’un pareil serment, craignant aussi peut-être la chute possible de la ville après quelques mois encore de blocus et de tranchée ouverte, fit faire à Abdel-Kader des propositions que celui-ci accepta, et qui étaient celles-ci:

Abd-el-Kader se retirerait avec son armée à El-Ghricha*;

Lorsqu’il y serait arrivé, Tedjini évacuerait Aïn-Madhi avec sa famille, les défenseurs qui avaient soutenu le siège, et se retirerait à Laghouat;

Abd-el-Kader alors reviendrait à Aïn-Madhi, y ferait ses dévotions à la grande mosquée, respecterait la ville, les jardins restés intacts, en un mot, se conduirait en ami plutôt qu’en ennemi;

Ses dévotions et, conséquemment, son vœu accompli, il devait quitter le pays avec ses troupes et laisser désormais en paix Tedjini et sa ville.

La convention s’exécuta en partie, c’est-à dire qu’Abd-el-Kader, après l’évacuation de la ville par le marabout, y revint avec son armée; mais il y revint avec la honte d’une retraite subie et confus d’avoir échoué devant une bicoque défendue par des pâtres et des Tolbas efféminés, comme il appelait les défenseurs d’AïnMadhi.

Dans cette disposition d’esprit, il céda aux suggestions de ses lieutenants et de ses troupes: il rasa complètement la ville et détruisit les jardins restés intacts pendant le siège.

Après avoir accompli cet acte de vindicative destruction, Abd-el-Kader songea à retourner vers le Tell, où le rappelaient de sérieuses complications.

Il voulut toutefois, avant de quitter le Sahra, lui donner un semblant d’organisation, pour faire croire à la conquête réelle de cette région.

A cet effet, il nomma khalifa du Sahra, Si el-Hadj-el-Arbi, descendant du fameux Si-el Hadj-Aïssa, l’auteur des prédictions sur l’arrivée des Français en Algérie, dont la koubba est à Laghouat.

Il lui laissa, pour assurer son autorité dans le désert, deux compagnies de fantassins réguliers, une pièce de canon, des khials et mekhezen**.

El-Hadj-el-Arbi, qui vivait antérieurement en hostilité avec l’influente famille des Oulad-Zanoun de Laghouat, avait rallié Abd-el-Kader lors de son entrée dans le Sahra; il l’avait servi avec zèle, pendant le siège d’Aïn-Madhi, tant de son influence personnelle que de celle de ses clients.

Il était donc, par ce fait, devenu l’ennemi du marabout Tedjini et de ses nombreux kheddems***. Il était de plus considéré comme un intrigant ambitieux par les tribus sahariennes, pour avoir pactisé avec un sultan du Tell;

La position de Si-el-Hadj-el-Arbi, après le départ d’Abd-el-Kader pour le Tell, fut, comme on le comprend bien, très-difficile.

Malgré sa qualité de marabout descendant de Si-el-Hadj-Aïssa, il n’obtint, en retour de ses avances, que haine et mauvais vouloir de la part de l’importante tribu des Larbâs et de la population de Laghouat, pour avoir aidé à la ruine de la Zaouïa du marabout vénéré d’Aïn Madhi.

Il se soutint quelque temps d’abord dans Laghouat, avec l’aide de ses réguliers.

Mais, harcelé chaque jour par la plus grande partie de la population de la ville et par les goums des Larbâs, ne recevant pas de secours d’Abd-el-Kader qui, en ce moment, était fortement pressé par nous, il perdit peu à peu son prestige et son action.

Force lui fut alors d’aller se réfugier à Ksar el-Hirâne avec les quelques réguliers qui lui restaient et un parti de nomades et de ksouréens composé de Harazlias, de Heudjaje et de Rahman.

La situation du khalifa du Sahra ne tarda pas à s’aggraver encore.

Les Beni-Laghouat, les Larbâs, les Mekhalifs, les Oulad-Saâd-ben-Salem, tous ligués ensemble pour cette occasion par les menées des Oulad Zânoun, vinrent l’assaillir dans son dernier asile.

Ce ksar, comme tous ceux du Sud, était entouré d’une enceinte bâtie en mottes de terre cuites au soleil. Il n’avait aucune autre défense et ne pouvait résister longtemps à une attaque sérieuse.

L’ardeur des assiégeants était extrême, celle des assiégés n’était pas moindre; il y allait pour eux de la vie : ils savaient qu’ils n’avaient aucune merci à attendre de leurs ennemis.

Ils se défendaient en désespérés, et étaient soutenus, comme il n’est pas rare do le voir dans ces combats entre Arabes, par leurs femmes, dont quelques-unes donnaient l’exemple de l’abnégation la plus complète de leur existence en se mêlant aux premiers rangs des combattants lorsque l’assaut était donné aux murailles.

Une jeune fille, entre autres, de la tribu des Harazlias, se faisait remarquer par sa vaillance; elle se nommait Messaouda.

 

 

 

 

MESSAOUDA EL-HARZLIA : La Jeanne Hachette orientale dans Histoire 1484501601-7545968952-c75606819b-o 

 Femme berbère de la tribu des Zenâtas – Laghouat

 

 

 

 

 

Cette jolie fille de dix-huit ans possédait une beauté remarquable, éclose et dorée aux rayons du soleil du Sud. Elle avait une taille élevée et élégante, de magnifiques proportions. Elle se distinguait surtout par l’exaltation de ses sentiments pour le triomphe de son parti. Elle avait de nombreux admirateurs parmi les guerriers des Harazlias, et s’en faisait gloire. Sa beauté était chantée par tous les ménestrels du pays.

 Messaouda, en un mot, était généralement aimée; son action sur les siens était sans bornes; elle devait bientôt s’en servir pour le salut de tous.

 

Ksar-el-Hirâne était assiégé déjà depuis plus d’une semaine, lorsqu’un soir, après une journée de combats dans lesquels la fortune était restée indécise comme dans les jours précédents, les guerriers des Larbâs, des Beni-Laghouat et des Mekhalifs résolurent d’en finir avec les assiégés par un dernier effort.

Ils se rassemblent de nouveau à cet effet. Encouragés par leurs chefs, par l’appât du butin et de la vengeance, ils se ruent sur les murs de la ville avec des cris de défi et des chants de victoire, — ce qui est toujours, entre Arabes, l’indice d’une affaire sérieuse.

Les défenseurs du Ksar-el-Hirâne, bien moins nombreux que les assaillants, plus fatigués de la résistance que ceux-ci de leurs attaques, reçoivent le choc du mieux qu’ils peuvent; mais, après avoir repoussé le premier assaut, ils sont obligés de céder au nombre des attaquants qui se renouvelle sans cesse.

Ils abandonnent la défense de l’enceinte, particulièrement à un endroit où une sorte de brèche avait été ouverte par un flot d’assaillants.

C’en était fait du ksar et de ses défenseurs, si ce premier élan eût continué.

On connaît la manière de combattre des Arabes: quand la tête de colonne lâche pied, tout cède.

Mais aussi, quand le succès de ceux qui sont en avant se prononce, la masse s’ébranle comme un seul homme et se précipite comme un torrent irrésistible.

La situation des défenseurs était donc désespérée quand la jeune Messaouda, attirée par le feu et les vociférations des vainqueurs, arrive sur le lieu du combat.

D’un coup d’œil elle voit les siens, mis en déroute, abandonner la défense; elle voit les guerriers des Larbâs et des Beni-Laghouat se précipiter sur la brèche, en hurlant des menaces de meurtre et de pillage.

Saisie alors d’une exaltation causée par la honte et la douleur, animée d’une sublime résolution, elle s’élance au-devant des fuyards, les interpelle d’une voix vibrante, et leur jette à la face de ces paroles qui ont tant de puissance sur les hommes d’une nature généreuse, et réveillent toujours d’un moment d’effroi ou de torpeur:

« Où courez-vous, fils des Harazlias! L’ennemi n’est pas de ce côté, il est derrière vous, il vous chasse comme un troupeau de brebis!…Vous abandonnez vos femmes et vos enfants à la rage de ces chiens de sang !… 0 jour du deuil noir!… il n’y a plus d’hommes de la race de Harzallah !… il faut que ce soit une femme qui vous fasse souvenir que du sang rouge coule dans vos veines! »

Dénouant aussitôt sa ceinture et la faisant flotter comme un drapeau au-dessus de sa tète, elle redouble d’apostrophes véhémentes qui remontent tous les courages; elle s’écrie: « Où sont ceux qui disent des chants d’amour pour moi?…Où sont mes frères?… — C‘est ici que je les aimerai!…Qu’ils se montrent!… qu’ils me suivent!… s’ils ne veulent me voir devenir la proie des jeunes guerriers des Larbâs qui se vantent déjà de posséder vos femmes, vos enfants et vos troupeaux! — Des Larbâs qui veulent vous faire filer la laine et cuire leurs aliments! »

Puis, joignant l’action aux paroles, elle se précipite au milieu des assaillants.

Peindre la confusion, la douleur et la rage qui s’emparent des guerriers des Harazlias, n’est pas possible. Ranimés par les paroles et par les gestes de la jeune héroïne, ils font volteface, s’appellent les uns les autres, s’exaltent au souvenir de leurs anciens exploits, qu’ils énumèrent à haute voix, et se rejettent à la suite de Messaouda au plus épais des rangs ennemis.

Là s’engage alors une de ces mêlées où les forces se décuplent, où l’on fait arme et projectile de tout, où l’arme à feu cède le rôle à l’arme blanche, où celle-ci, bientôt insuffisante, a pour auxiliaires les pierres, les débris de la brèche et, dans les luttes corps à corps, les couteaux, les dents et les ongles.

Cependant Messaouda est tombée au pouvoir des Larbâs, qui veulent l’entraîner vers leur camp.

Elle se prête à ce mouvement, elle l’accélère même en se jetant de l’autre côté de la brèche. — Son but est d’attirer la lutte sanglante en dehors de l’enceinte qui protège les siens.

Arrivée à vingt pas des murs, elle se retourne vers ceux qu’elle a si énergiquement ramenés au combat, elle leur adresse des prières, leur tend les bras et les conjure, par tout ce qu’ils aiment en ce monde, de ne pas la laisser emmener par les ennemis, — subir la honte et le mépris de leurs femmes.

Elle résiste alors à ceux qui l’entraînent et se débat de leurs étreintes.

Ce spectacle, ces appels déchirants portent jusqu’à la frénésie le courage des Harazlias. — Rugissant comme des tigres et bondissant comme ces puissants animaux, sans tenir compte de leurs blessures ni de la mort qui les atteint, ils renversent et foulent aux pieds leurs adversaires qui, de vainqueurs qu’ils étaient, passent successivement de l’attaque à la défense et enfin à la fuite. Ils cèdent à une force surhumaine.

Dans leur retraite précipitée, les Larbâs et les Beni-Laghouat essayent d’entraîner l’enthousiaste Messaouda.

Mais celle-ci, qui résiste maintenant autant qu’elle s’est laissée emporter d’abord, est enfin rejointe par ses frères, par ses amis, et c’est autour d’elle que se portent les derniers coups, qui décident une complète victoire en faveur des défenseurs de Ksar-el-Hirâne.

Ce qui était dit de la facilité qu’ont les Arabes à fuir quand les premiers combattants sont repoussés, explique comment les Larbâs et les Beni-Laghouat, après avoir été vainqueurs d’abord, virent leur triomphe se changer en déroute lorsque leurs plus braves guerriers eurent été culbutés par les Harazlias.

Ils perdirent beaucoup de monde ce jour-là, parce qu’une sortie générale des assiégés vint achever leur défaite.

Quand le combat fut terminé, tous les guerriers des Harazlias restés valides, qui s’étaient distingués dans cette brillante action, ramenèrent en triomphe, au milieu d’une fantasia bruyante, leur bien-aimée Messaouda.

Les femmes et les filles vinrent à sa rencontre, elle lui baisèrent les cheveux, les yeux et les mains en lui disant : « Tu es bien véritablement Messaouda (la fortunée)! — C’est à toi que nous devons d’être encore les femmes de notre tribu.Que Dieu te bénisse, te rende heureuse et féconde! »

Ce fut à qui la fêterait et immolerait un mouton en son honneur.

 

 

La victoire de Messaouda fut bientôt connue dans tous le Sahra. La jeune fille se vit glorifiée par tous, sans distinction de parti ou d’origine. Un chant de guerre et d’amour fut composé en son honneur, et aujourd’hui encore il en reste des traces dans les tribus nomades du Sud.

Il est pénible d’ajouter que ce brillant épisode n’eut pour résultat que de retarder de quelques jours la prise de Ksar-el-Hirâne.

Le nombre des assiégeants était trop disproportionné, il s’augmentait tous les jours, tandis que le parti d’El-Hadj-el-Arbi diminuait au contraire.

Finalement, Ksar-el-Hirâne fut pris. Bon nombre de ses défenseurs perdirent la vie dans le dernier combat qui amena cet événement. Si-el-Hadj-el-Arbi fut du nombre.

Avec lui finit le semblant de domination que l’émir Abd-el-Kader avait tenté d’établir dans le Sahra.

Mais ce qui survit dans la mémoire des contemporains et qui se transmettra sans doute à celle des générations futures, c’est le souvenir de Messaouda-el-Harzlia et de son héroïque action.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Ksar du Djebel-Amour, distant de 8 lieues d’AInMadhi

** Khialscavaliers, troupe régulière à cheval créée par l’émir. — Mekhezen, cavaliers auxiliaires, attachés à l’administration du pays.

***Kheddemsserviteurs religieux affiliés à un ordre. Celui des Tedjinis est un des plus considérables dans le sud de l’Algérie. Il étend son action jusque chez les Touaregs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Ancien argot féminin algérois

7022017

 

 

 

 

Ancien argot féminin algérois  dans Attributs d'Algérienneté 1484500929-1baceec0148221db2379380d1c82c837

Femmes algéroises 

 

 

 

 

Au point de vue morphologique, on observe chez les Arabes d’Alger qui usent de l’argot, la même intention systématique d’aboutir à tout prix à la formation d’un langage qui ne soit compris que des initiés. Pour cela, tous les moyens sont jugés bons : addition de consonnes, de suffixes, sémination, pourvu que le mot soit masqué dans la phrase.

 

Un curieux procédé de déformation chez les femmes. Certaines femmes d’Alger, afin de dissimuler leurs paroles devant les enfants, les hommes ou les étrangers, utilisent un moyen pour le moins étonnant.

 

Aux verbes, aux substantifs et aux adjectifs elles ajoutent un mîm (ميم) avant la première radicale et après la deuxième radicale un nûn (نون) et un gâf (قاف), en prenant soin de laisser intacte la troisième radicale. Ainsi :

 

Śrab, śariba « boire »   >  meśrangeb

Hbaţ, habaţa « descendre »  >  mahbengeţ

Smeɛ, samiɛa « entendre »  >  masmengaɛ

Klà, akal « manger »  >  maklengel

Khraǧ, kharaǧa « sortir »  >   makhrangaǧ

Fham, fahima « comprendre »  >  mefhamgem

Mśa, maśa « marcher, s’en aller »  >  memśenga

ǧra, ǧara « courir »  >  meǧranga

Qfaz, qafaza « sauter »  >  maqfengez

Bleɛ, baliɛa « avaler »  >  meblangaɛ

 

 

 

 

 

Admettons maintenant que nous soyons en présence d’une phrase telle que la suivante :

« Baɛd mā klā khbaţ al-bāb u-khraǧ mghaśśeś».

Ayant pris son repas, il s’en alla furieux, en faisant claquer la porte‘.

 

Conformément au principe énoncé si-dessus, voici l’ensemble auquel on aboutit, une fois intercalés le mîm (ميم), le nûn (نون) et le gâf (قاف) nécessaire :

« Baɛd mā maklengel makhbangaţ mabwangeb makhrangaǧ maghśangeś »

 

Cet exemple présente l’avantage de bien indiquer que seuls les noms, les verbes et les épithètes sont affectés de lettres parasites, et qu’ici comme partout d’ailleurs interviennent des assimilations phonétiques qui troublent l’aspect du thème.

 

 

C’est une raison de plus pour les dames d’Alger d’employer ces mots qui ont perdu leur vraie forme et présentent des sonorités barbares.

          

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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