Le Chaouia des Ouled Sellem – 3ème partie –

22012019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mots empruntés à l’étranger et mots pris au fond berbère

   

 

 

 

Très souvent les mots pris à l’arabe ont subi une adaptation au berbère.

Ex. : Foullis, poussin, de l’ar. Fellous.   

 

 

 

 

Parfois ils se renforcent.

Ex. : Ret’t’ob, doux au toucher, de rat’eb (ar.)

 

 

 

 

Mais le mot peut aussi avoir été conservé tel quel s’il était masculin.

Ex. : K’aouba, alouette, de l’ar. 

 

 

 

 

Ou bien il prend seulement les signes du féminin en berbère s’il était déjà de ce genre en arabe.

Ex. : Thasebh’ath, chapelet, de l’ar. Sebh’a.  

 

 

 

 

Quelquefois même des mots féminins passent sans transformation de l’arabe au Chaouia, comme :

La’ouda, jument, de l’ar. El-A’ouda ; il y eu seulement agglutination de l’article.   

 

 

 

 

Les mots arabes sont surtout ceux qui s’appliquent à des objets, à des idées que les Chaouias ont reçus des Arabes. Mais, en dehors de ces cas, d’autres ont remplacé déjà beaucoup de mots indigènes.

 

 

 

Les emprunts à l’arabe n’ont pas toujours eu lieu en même temps dans le Chaouia et le Zouaoua.

Ainsi l’on a : Iys, cheval (b.), La’ouda, jument (ar.) en chaouia, et A’oud’dyou, cheval (ar.), Thagmarth (b.) jument, en Zouaoua.   

 

 

 

Les mots d’origine arabe sont pris au langage des tribus arabisantes du Sud constantinois et non point à la langue savante. L’infiltration de l’arabe chez les Ouled-Sellem se fait en dehors de tout prosélytisme religieux ou littéraire, par les simples rapports commerciaux. Il ne saurait en être autrement chez des populations qui sont foncièrement ignorantes.

 

 

 

Dans le fond berbère beaucoup de mots appartiennent aux mêmes racines que ceux qui leur correspondent en zouaoua.

Ainsi : Argaz, homme ; Thamr’arth, vieille femme.

 

 

 

 

On voit, par exemples, qu’ils peuvent avoir exactement la même forme. Mais souvent ils présentent quelques différences.

 

Ex. : – Aguezlan (ch.), Aouzlan (z.), court.

-          Thiguezzalt (ch.), Thigzelt (z.), rognon.

-          Alr’om (ch.), Alr’oum (z.), chameau.

-          D’r’ard’ent (ch.), Thir’erd’ent (z.), scorpion.

-          Mi (ch.), Emmi (z.), fils.

 

 

 

 

 

Mais ils peuvent aussi appartenir à une racine différente.

Ex. :  Aka’b (ch.), Abarer’ (z.), renard.

 

 

 

 

 

Quelquefois les mots sont les même que dans l’Aurès oriental, ou de même racine.

Ex. : Jareuf, corbeau.

 

 

 

 

 

 

Mais ils peuvent aussi en différer complètement pour se rapprocher d’autres dialectes zenatiens ou même pour demeurer sans analogues.

Mir’ez (Ouled Sellem), Fiker (Aurès or.), serpent.

 

 

 

Remarque. – on rapproche Fiker des mots Ikfer (Ouled Sellem) et Afker (z.), tortue.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

 

  

 

 

 

  

 

 

 

 




Légende Kabyle (AthYenni)

20012019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque pays, chaque tribu a ses légendes. Voici celles des Beni Yenni:

 
 

 

 

 

Sidi Ali ou Yahia, père de Sidi El Mouhoub ou Ali, venu du Maroc, se fixa à Takeralt-Tagueraguera. Un jour, sa négresse vint chercher des légumes à Taourirt-Mimoun. Les gens de la tribu des Ait ou Belkassem enlevèrent les légumes à la négresse, qui raconta la chose au marabout. Le lendemain, celui-ci réunit les gens de la tribu des Beni Yenni et les décida à prendre les armes pour venger l’outrage qui venait de lui être fait. Il se mit à leur tête, et durant toute la bataille qui eut lieu, les coups de feu partaient de son bâton. Les Ait ou Belkassem furent battus, et à partir de ce jour rayés de la carte géographique de la Kabylie. Cette tribu, qui n’existe plus, comprenait les villages suivants:

 

 

Taourirt-El-Hadjhadj, actuellement aux Beni Yenni.

 

Aït-Rebat, actuellement aux Beni Ouassif. 

 

Tassaft ou Guemoun, actuellement aux Beni Ouassif.

 

Ait-Ali ou Horzoun, actuellement aux Beni Boudras.

 

Ait-Bou-Adan, actuellement aux Beni Boudras.

 

 

 

 

 

Légende Kabyle (AthYenni)  dans Croyances & Légendes 1543490692-1892878975-small-1

La mosquée de sidi el mouhoub ouali (Taourirt Mimoun) financer par les ottomanes -en 1972

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Avant de mourir, Sidi El Mouhoub ou Ali avait aussi une grande réputation de sainteté. Un jour, il se rendit à Alger et acheta un tellis [grand sac) de poudre qu’il chargea sur son mulet. En sortant d’Alger et au moment où il allait passer par la porte (Bab-Azoum), les janissaires de garde s’étant aperçus que ce tellis contenait de la poudre, le saisirent. Sidi El Mouhoub ou Ali affirma aux janissaires que ce tellis ne contenait que du couscous. Pour les convaincre, il l’ouvrit, et la poudre, changée en couscous, s’offrit à la vue des janissaires. Le bey, ayant appris la chose, fit jeter Sidi El Mouhoub en prison comme sorcier. La nuit suivante, le bey fut métamorphosé en femme. Sidi El Mouhoud ne lui rendit sa première forme qu’aux conditions suivantes : le bey devait faire construire à Taourirt-Mimoun, à ses frais, une kouba en son honneur, ce qui eut lieu. Cette kouba existe encore.

 

 

 

 

 

 

 

Sidi El Mouhoub et ses descendants obtinrent en outre le privilège de faire librement le commerce des armes et des poudres à Alger sans payer aucune taxe. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia des Ouled Sellem – 2ème partie –

18012019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lettres employées pour la transcription du Chaouia des Ouled Sellem

 

 

 

Les lettres utilisées dans ce qui suivent pour représenter les sons du Chaouia des Ouled Sellem sont les suivantes (caractères arabes ou latins) :

 

 

ء hamza (sans équivalent en français)

 

 أ : a ou è

  

ب : b

 

ت : t, ts

 

ث : th (th anglais dur dans those)

 

ج : j,

 

ح : h’, rude

 

خ : Kh, (j espagnol, ch allemand dans noch)

 

د : d.

 

ذ : d’ (d sifflant très doux)

 

ر : r (roulée, prononcée de la langue)

 

ز : z.

 

س : s.

 

ش : ch.

 

ص : ç emphatique.

 

ض : dh, du même genre que d’ mais empathique, presque un peu chuintant.

 

 ط : t’ empathique dur.

 

ظ : du même genre que dh mais plus sifflant, pas chuintant du tout.

 

 ع : a’ comme en arabe.

 

غ : r’ grasseyé.

 

ف : f.

 

ق : k’, guttural.

 

ك : k.

 

ل : l.

 

م : m.

 

ن : n

 

 ه : h doux.

 

ه : a ou at, comme en arabe,

 

و : ou.

 

ي : i ou y.

 

 

 

Les voyelles a, eu, e (très sourd), i, o, doivent toujours être prononcées brèves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Abréviations

 

 

 

Ar. Arabe. – Ar. r. Arabe littéraire. – Ar. v. Arabe vulgaire. – B. Berbère. – Ch. Chaouia. – G. Grec. – I. Italien. – P. Persan. – T. Turc. – Z. Zouaoua. – = égal à. – ÷ identique à.

 

 

 

 

 

 

 

 

Phonétique

 

 

La lettre a tend souvent vers le son è, comme l’alif de prolongation dans beaucoup de mots arabes dans le sud algérien. Ainsi on dit plutôt igoujèl que igoujal.

 

 

Le t prend souvent un son un peu sifflant comme dans le Zouaoua ou l’Arabe d’Alger et se rapproche de ts.

 

 

Le th remplace fréquemment le ta marbouta de l’Arabe à la fin des mots venus de cette langue, et auxquels les Chaouia ont voulu conserver leur forme féminine.

 

 

Le g dur est fréquent. Tantôt il tient la place d’un j (ج) ou même d’un i (ي), tantôt celle d’un k’ dur (ق) du Zouaoua ou de l’Arabe. On sait que les mêmes phénomènes de permutation se produisent de l’Arabe littéraire à l’Arabe vulgaire (ex. : يحمومة et جحمومة) et d’un dialecte de l’Arabe vulgaire à un autre.

 

 

Le z a deux sons différents, comme en Zouaoua, et aussi comme dans l’Arabe vulgaire de certains pays (Alger, Constantine) ; l’un de ces sons est doux, l’autre emphatique. Mais il y a souvent des cas ambigus. Quand il est emphatique il est représenté par z en caractères gras.

 

 

Le j se prononce presque toujours j, comme presque partout en Algérie le ج arabe. Quelquefois cependant il prend presque le son de l’i ; mais ce n’est pas un i franc, c’est quelque chose d’intermédiaire entre le j et l’i ;  par exemple des Mecquois prononcent ainsi le ج, ce qui explique les permutations du ي au ج en Arabe. Ainsi, par exemple, chez les Ouled Sellem le j se prononce franchement dans amjer, tandis que dans le pluriel de ce mot il devient presque un i et l’on a imiran

 

 

Le ch prend souvent le son tch comme dans l’Arabe nord-marocain. On l’a représenté dans ce cas par ch en caractère gras, plutôt que par tch, car il n’y a pas introduction d’un t dans la racine.

 

 

Le ع, ou a’, disparait presque dans nombre de cas, ou bien prend une intonation particulière qui rappelle un peu le son de l’a dans l’Anglais all ; ainsi dans يعطان, ya’t’an ou yo’t’an, de l’Arabe عدّى adda, il est passé.  

 

 

Le k a fréquemment un son mouillé, voisin du ch, bien différent du k français, voisin au contraire de celui qu’il a presque toujours en Zouaoua, mais inclinant encore plus vers le ch, comme dans l’Aurès. Il est, dans ce cas, représenté par k en caractère gras.

 

 

La lettre l suivie d’un i prend un son particulier intermédiaire entre lli mouillé français et le ñ espagnol, comme, par exemple alli, monter, que l’on pourrait presque transcrire añi. On le représente dans ce cas par l en caractères gras. 

 

 

Lorsque deux i ou y se suivent il en résulte un son voisin de lli mouillé français, comme, par exemple, sailli, celle-ci, mieux représenté ainsi, eu égard à sa prononciation, que par sayi.

 

 

Les sons nasaux, si communs en Français, si rares dans les langues méridionales, existent, au moins à demi, dans le Chaouia des Ouled Sellem, et an se prononce parfois presque comme dans le mot français plan.

 

 

L’e muet est fréquent ; il est généralement très sourd et, lu dans la transcription, il doit se prononcer presque comme eu dans beurre, et jamais comme e dans fer, à moins d’indication contraire.

 

 

Certaines lettres s’adoucissent en passant de l’Arabe ou du Zouaoua au Chaouia des Ouled Sellem. Ainsi t’arh’a طرحة , tapis de selle (Ar.), devient Tharh’a ثرحة en Chaouia. Le Zouaoua Aguenni (ciel) devient Ajenni. Plus rarement on observe le contraire.

 

 

Les mots sont souvent aussi plus sourds en Chaouia. Ainsi au Zouaoua Izimer, agneau ; Adlès nom de plante ; le dis arabe ; Thamarth, barbe, correspondent chez les Ouled Sellem, Izmer, Adles (e très sourd), Thmarth.

 

 

 

On notera le déplacement fréquent de la césare du mot sous l’influence d’un augment. Ainsi sou-sem (tais-toi) devient à la 1re pers. Sing. Du prétérit sous-mekh.

 

 

Le Chaouia des Ouled Sellem est très doux ; il se classe dans les dialectes faibles comme son proche voisin le Chaouia de l’Aurès ; mais il y a entre ce dernier et lui une différence capitale, qui lui communique plus de vigueur : c’est que jamais le th initial, signe du féminin, ne se transforme en h (ه) chez les Ouled Sellem, comme cela se produit dans l’Aurès.

 

 

 

 

 

 

Permutations de lettres   

 

 

 

A ا, peut permuter au commencement des mots avec une des lettres و (ou) ou ي (i) des autres dialectes (voir ces lettres).

 

 

 

T, avec le ط t’ arabe et le th Zouaoua, le t arabe (voyez au th).

-          Ex : tarh’a (ch) t’arh’a (ar) ; un t initial signe du féminin correspond souvent en Chaouia à un th du Zouaoua. 

 

 

 

Th permute avec le ء (hamza) de l’arabe :

-          ennouth (ch.), ennou النوء (ar.) ;  

-          avec le t arabe ezzith (ch.) ezzit (ar.).

-          avec le d arabe ou le d’ d’autres dialectes berbères (voir au d’). kharthel (ch.) khardel (ar.)  

-          avec le dh du Zouaoua (2e pers. Sing. Du prétérit du verbe, p. ex.)

-          avec le ta marbouta de l’arabe, d’eroueth (ch.) d’eroua (ar.).

 

 

 

J permute avec le g dur du Zouaoua, ajenna (ch.) aguenni (Z).

 

 

 

Kh permute avec le r’ du Zouaoua (désinences verbales) et aussi dans des noms ou des prénoms. — tlakheth (ch.) talr’eth (Z.).

 

 

 

D permute avec le d’ du Zouaoua  ou le t de l’Arabe, ou dans l’intérieur même du dialecte.

adef ou ad’ef (ch.) adef (Z.). 

dkhem (ch.) tekhem (ar.).

 

 

 

D’ permute rarement avec le t’, dans l’intérieur du dialecte, le dh du Zouaoua, le ث d’autres dialectes berbères.

d’i, t’i (ch.) dhi (Z.).

 

 

-avec le th (comme signe du féminin) avec d’autres dialectes ou dans l’intérieur du dialecte même.

d’aserfeth, thaserfeth (ch.) thasrafeth (Z.).

d’ar’erd’emt (ch.) thar’erd’emth (Z.).

azfel et ad’fel (ch.) ad’fel (Z.).

zfer (ch.) d’fir (Z.)

 

 

 

Z permute avec le d’ (supra), le s du Zouaoua ou d’autres dialectes berbères.

zeddou (ch.) seddou (Z.).

zenni (ch.) sennig (Z.).

zenz et senz (ch.) zenz (Z.)

 

 

 

 

S permute avec le z (supra), le th du Zouaoua  

sayyi (ch.) thagui (Z.) .

 

 

 

 

Ch permute avec le k du Zouaoua.

chetch (ch.) keth (Z.).

 

 

 

 

 

Ç permute avec le dh de l’arabe.

k’raç (ch.) k’radh (ar.).  

 

 

 

 

 

T’ permute avec le th, le ts, le dh du Zouaoua, le d arabe ou dans l’intérieur du dialecte.

soumt’a (ch.) thasoumtha (Z.).

t’sou (ch.) tsou (Z.). 

it’ (ch.) idh (Z.).

a’t’t’a (ch.) a’dda (ch. et ar.)

 

 

 

 

 

G dur permute avec le ou de l’Arabe ou du Zouaoua.

thagett’oufth (ch.) thaout’t’oufth (Z.). 

 

 

-avec le j du Z. ou le l’A (voir supra), avec le k, du Zouaoua.

thaguemth (ch.) thak’ount (Z.). 

leguèm (ch.) ljèm (ar.).

 

 

-avec le i ou y du Zouaoua, ou le k d’autres dialectes ou dans l’intérieur du dialecte même.

gazit’ (ch.) ayazidh (Z.)

sougnou et souknou (ch.)

 

 

 

 

 

K permute avec le ch (voir supra)

 

 

 

 L permute avec le r de l’Arabe.

tazelmoumith (ch.) zermoumiya (ar.)

 

 

 

 

M permute avec le b et le n du Zouaoua.

m (ch.) b (Z.) particule annective.

thaguemth (ch.) thak’ount (Z.).

 

 

 

 

N avec le ou du Zouaoua.

nirez (ch.) aourez (Z.). 

 

 

 

 

H avec le a du Zouaoua.

Hatha (ch.) athala (Z.).

 

 

 

 

 

Ou permute avec le a du Z., le g du Z.

nour’ (ch.) nar’ (Z.)

ouma (ch.) egma (Z.)  

 

 

 

 

 

I ou y permute avec le g, le k et le ou du Zouaoua, avec le h arabe.

ayyour (ch.) aggour (Z.).

thilith (ch.) thilkets (Z.).

erni (ch.) ernou (Z.).

lmirez (ch.) elmeharez (ar. v.).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 




Règne de l’émir Yghomracen ben Zyan: premier roi de Tlemcen

16012019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Règne de l'émir Yghomracen ben Zyan: premier roi de Tlemcen dans Histoire 1543320915-800px-flag-sultanat-zianide2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier de cette illustre famille qui exerça le pouvoir souverain; qui réunit les perles dispersées de la couronne royale et les enfila dans sa personne dans le plus solide des cordons; qui fit revivre dans sa famille la trace effacée du khalifat; qui réveilla la paupière depuis longtemps endormie de la souveraineté due à la postérité de Hassan, ce fut le roi magnanime, le lion intrépide, l’honneur des souverains et la couronne des grands, l’émir des Moslim , Yghomracen ben Zyan. Ce prince incomparable ne fit que se lever, et aussitôt il se vit maître du pouvoir, et les droits au trône qu’il tenait de ses pères le mirent au-dessus des plus illustres potentats de la terre. Il devint ainsi le vicaire de Dieu le bien-aimé, l’épée destinée à la défense de la vraie religion et toujours prête à frapper; l’éclat de sa domination naissante fit pâlir au loin l’autorité des rois de l’Orient et de l’Occident. Les habitants de la Mecque et d’Yatrib envièrent à ses sujets le bonheur de vivre sous ses lois; et comment ne l’auraient-ils point envié? Ce prince n’était-il pas issu des deux arrière-petits fils de l’apôtre de Dieu (Zéïd et Hassan), et n’était-il pas un rejeton des deux rameaux (petit-fils) de la blanche Fatimah?

 

 

 

 

Yghomracen fut proclamé roi le 7 de djoumada second, l’an 637. Voici les circonstances qui amenèrent cet heureux événement.

 

 

 

 

La discorde qui régnait parmi les Beni Abd-el-Moumen (les Almohades) avait considérablement affaibli leur puissance et leur autorité; les Beni Abd-el-Wâdy mettant à profit cette circonstance, se décidèrent à s’emparer du territoire de Tlemcen dont ils étaient voisins. Après avoir étudié les endroits par où ils pouvaient y pénétrer, ils l’envahirent de plusieurs côtés avec leurs chevaux et leurs chameaux; chaque fraction de leur tribu occupa la partie du territoire qui se trouva sous ses pas. Yghomracen accorda l’aman aux habitants moyennant un impôt qu’ils promirent de lui payer chaque année, et il leur ordonna à tous d’obéir à leur chef, Djâber, fils de Youcef, fils de Mohammed, qui était fils de l’oncle paternel de Zyan, père de l’émir des Moslim, Yghomracen, fils de Zyan, fils de Thâbit, fils de Mohammed. A cette époque, Tlemcen avait pour gouverneur Abou-Saïd Othman, fils de Yacoub-al-Mansor, qui commandait au nom de son frère Almamon Edris, fils d’Almansor. Abou-Saïd ayant tendu un piège à un certain nombre des chefs des Beni Abd-el-Wâdy, s’était saisi de leurs personnes et les avait jetés en prison. Quelque temps après, une personne influente de la tribu des Lamtounah (les Almoravides) établis à Tlemcen vint lui demander l’élargissement des Beni Abd-el-Wâdy. Sa prière fut repoussée; ce refus irrita tellement le Lamtounien, qu’ayant rassemblé à la hâte les gens de sa nation, il courut vers la prison, délivra les chefs des Beni Abd-el-Wâdy et y mit à leur place l’émir Abou-Saïd lui-même. Puis il leva ouvertement l’étendard de la révolte contre les Beni Abd-el-Moumen et forma le dessein de ressusciter l’empire des Lamtouniens. Trompé par son propre jugement, il se persuada que, tant qu’il n’aurait pas exterminé les chefs des Beni Abd-el-Wâdy, son projet ne pourrait être mené à bonne fin. Il envoya donc à Djâber, fils d’Youcef, ainsi qu’aux autres chefs des Beni Abd-el-Wâdy, pour les inviter à un festin qu’il devait donner chez lui. Ceux-ci, pour répondre à la politesse qu’on leur faisait, se rendirent auprès de leur hôte. Lorsqu’ils furent arrivés près de la ville, ils apprirent le sort fatal qui leur était préparé. Ils firent halte immédiatement et délibérèrent sur ce qu’ils avaient à faire; mais la nouvelle de leur arrivée était déjà parvenue aux oreilles du Lamtounien, lequel était allé en toute hâte au-devant d’eux pour les introduire lui-même dans la ville. Les Beni Abd-el-Wâdy jugèrent que le meilleur parti qu’ils eussent à prendre, c’était de se saisir de la personne du traître. Ils l’arrêtèrent donc, lui et huit de ses compagnons, et les garrottèrent. Djâber entra alors dans la ville avec tout son monde, en proclamant le nom d’Edris Almamon; il prit les rênes du gouvernement, après quoi il envoya au prince Almohade, pour lui faire savoir les événements qui s’étaient accomplis. Almamon exigea seulement de lui qu’il le fit nommer dans la khotbah et que les monnaies fussent frappées à son coin. Le chef des Beni Abd-el-Wâdy se mit alors en possession du territoire qui avoisine Tlemcen, occupa le pays des Beni Râched, ainsi que toutes les villes de la province. Il n’y eut que Nedromah qui refusa de se soumettre. Djâber courut mettre le siège devant la place rebelle; mais là il fut atteint d’une flèche, qui était partie de la ville, et qui lui donna la mort. Cet événement eut lieu la troisième année de son gouvernement.

 

 

 

 

Il eut pour successeur son fils Hassan ben Djâber qui, au bout de six mois, jugea à propos d’abdiquer en faveur de son oncle Othman, par considération pour son âge qui était très avancé. Mais celui-ci se conduisit d’une manière blâmable dans son administration, et mérita d’être ignominieusement chassé de Tlemcen. Après cela, les Beni Abd-el-Wâdy élevèrent d’un commun accord Abou-Ezzah Zeydan ben-Zyan à la dignité d’émir. Il régna en cette qualité sur Tlemcen et sur toutes les dépendances de cette province. Mais les Beni Motthar refusèrent de reconnaître son autorité, et furent assistés dans leur révolte par les Beni Râched; la guerre s’étant allumée entre lui et les rebelles, les deux partis se livrèrent plusieurs batailles, dans l’une desquelles Abou-Ezzah finit par être tué. Alors les Beni Abd-el-Wâdy mirent à la tête du gouvernement l’émir des Moslim, Yghomracen, frère d’Abou-Ezzah; ils le proclamèrent roi, en le reconnaissant pour leur unique souverain et en secouant le joug des Beni Abd-el-Moumen.

 

 

 

 

 

Yghomracen ben-Zyan, revêtu ainsi du pouvoir absolu, fit revivre dans sa personne les traces du khalifat hassanide qui s’étaient perdues, et il éleva jusqu’à la plus grande hauteur le phare qui devait ramener vers l’autorité légitime les pas de ceux qui s’en étaient écartés; c’est pourquoi la fortune se félicita de lui avoir donné le jour; l’astre garant de sa félicité se leva dans la sphère du bonheur; l’arbre du pouvoir, depuis longtemps languissant et fané, se trouvant cultivé par ses mains, reprit sa verdure et sa fraîcheur; enfin le temps réalisa en faveur du prophète les promesses dont il semblait avoir ajourné indéfiniment l’accomplissement, et fil briller dans la maison de Yghomracen le khalifat dans tout son éclat. En effet, ce prince adopta dans son administration et dans toute sa conduite les habitudes et les usages qui sont propres à relever le pouvoir et à l’embellir aux yeux du monde; il s’entoura de vizirs et de chambellans; il créa des caïds et des secrétaires d’État. Les Beni Motthar et les Beni Râched levèrent contre lui l’étendard de la révolte; mais, avec l’assistance de Dieu, il parvint à les faire rentrer dans le devoir.

 

 

 

 

Son élévation au trône et l’acte par lequel il se déclara indépendant, s’accomplirent sous le règne de Rachid Abd-el-Wâhid, fils d’Edris Almamon. Rachid lui envoya un cadeau magnifique, dans l’espoir que les Almohades seraient nommés, comme auparavant, dans la prière publique du vendredi. Comme le roi de Tlemcen refusa de se conformer à cet usage, ils se brouillèrent tous les deux et commirent l’un contre l’autre des actes d’hostilité. Rachid songeait à marcher contre son rival, lorsqu’il fut prévenu par la mort. Il eut pour successeur à l’empire son frère Saïd, fils d’Almamon.

 

 

 

 

 

Quelque temps après, il arriva que l’émir Abou-Zakaria, fils d’Abd-el-Wâhid, fils d’Abou-Hafs el-Hentâti envoya un présent à Saïd, dans la persuasion où il était que celui-ci était encore maître de tout l’empire du Maghreb. L’émir des Moslim, Yghomracen, jugeant que le présent lui revenait de droit, s’en empara et se l’appropria. Abou-Zakaria s’attendait à ce que Saïd regarderait cette insulte comme faite à lui personnellement et se lèverait pour en tirer vengeance; le prince Almohade ne bougea pas. Alors l’émir prit le parti de secouer le joug de l’obéissance et se déclara indépendant. Ayant mis sur pied une armée composée des Arabes de l’Ifrikiah et d’autres nations, il marcha sur Tlemcen. Il arriva sous les murs de cette place, l’an 645 de l’hégire. Ses troupes étaient si nombreuses, que la plaine paraissait trop étroite pour les contenir : les archers à eux seuls formaient un corps d’armée de trente mille hommes. Après avoir assigné à ses troupes la position que chacune d’elles devait occuper, il ordonna à ses archers de faire une décharge sur une figure de chat qui leur servait de cible; malgré la petitesse de cette figure, elle se trouva percée de plus de vingt flèches. L’habileté des archers jeta l’épouvante dans le cœur des combattants de la place et découragea les habitants. L’émir des Moslim, ayant alors demandé quels étaient les peuples qui occupaient les différents postes, apprit que c’étaient les Arabes qui avaient été chargés d’attaquer la porte Bab-Ali; renonçant à la défense de la place, il se retira avec ceux des combattants qui se trouvaient près de lui, et sortit de sa capitale par la porte susdite, accompagné de ses femmes et de ses trésors. Les Arabes vinrent l’attaquer, mais ayant éprouvé son courage et sa valeur, ils le laissèrent passer. Yghomracen se retira dans les montagnes des Beni Ournid.

 

 

 

 

 

Abou-Zakaria, étant entré dans la place, en offrit le gouvernement aux officiers de son armée qui, tous, le refusèrent dans la crainte de s’attirer bientôt sur les bras les armes de l’émir des Moslim, Yghomracen. Le prince Hafside dit alors : « Tlemcen n’aura pas d’autre maître que son ancien souverain. » Il envoya donc proposer la paix à Yghomracen, l’engageant à revenir dans sa capitale; il évacua lui-même la place et la laissa occuper par son nouvel allié. Ils firent ensemble un traité par lequel ils s’engagèrent à réunir leurs armes contre les Beni -Abd-el-Moumen; de plus, il lui donna à titre de fief plusieurs villes de l’Ifrikiah, dont le revenu total se montait à cent mille dinars : cet argent devait servir à combattre la ligue que les princes Almohades pourraient former contre eux.

 

 

 

 

 

Cette pension fut payée annuellement à lui et à ses successeurs jusqu’à la mort tragique d’Abou-Tâshfîn et à la conquête du royaume de Tlemcen par les Beni Meryn.

 

 

 

Pendant que l’émir Abou-Zakaria était en route pour retourner dans ses états, il donna aux tribus berbères des Toujjin, des Maghrawah et des Mellikech, des rois qu’il plaça comme un mur de séparation entre lui et l’émir des Moslim, Yghomracen. Lorsque Saïd apprit tout ce qui s’était passé entre les deux princes, et sut la ligue qu’ils avaient formée contre lui, il jura de se rendre maître de tous leurs états. Il partit donc de Maroc à la tête d’une armée formidable. Les Beni Meryn, ayant fait leur soumission, lui livrèrent des otages et se joignirent à son expédition. Lorsque l’émir des Moslim apprit l’importance des forces qui avaient été rassemblées contre lui, il quitta de nouveau les murs de sa capitale et chercha un refuge dans le château de Temzizdict. Saïd résolut de mettre le siège devant cette place. Ayant établi son camp sur les bords de l’Isly, il envoya de là inviter l’ennemi à rentrer dans l’obéissance et à le reconnaître pour son suzerain en frappant la monnaie à son coin et en le faisant nommer dans la khotbah. Ces propositions ayant été rejetées, Saïd marcha contre Yghomracen et s’engagea dans les gorges des montagnes où était situé le château, excitant lui-même ses troupes à braver tous les obstacles pour arriver jusqu’à l’ennemi. L’émir des Moslim lui livra bataille à la tête des combattants de sa tribu et des autres peuples qui l’avaient suivi, et avec l’aide de Dieu, il remporta la victoire sur l’ennemi. Saïd fut tué dans la mêlée par la main d’Youssef ben-Khazroun. L’émir des Moslim ordonna qu’on emportât la tête du sultan Almohade et qu’on la fît voir à sa mère; c’est que cette princesse avait d’abord voulu que son fils se soumît au sultan de Maroc, mais Yghomracen lui avait juré de lui apporter la tête de son ennemi et Dieu fit que le serment du roi se trouvât réalisé. Ceci arriva un jour de mardi, à la fin du mois de safar de l’année 646.

 

 

 

 

 

Le vizir Abou’l-Hassan ben-Khelas, gouverneur de Sebtah, s’était révolté contre Saïd et avait reconnu pour son souverain l’émir des Moslim, Yghomracen. Lorsque le sultan Almohade marcha sur Tlemcen, Abou’l-Hassan envoya des éclaireurs de divers côtés pour se tenir à l’affût des nouvelles. On vint lui annoncer la victoire d’Yghomracen le dimanche suivant, six jours après la bataille, et le lendemain matin, lundi, un poète lui apporta une cacydah où il disait:

 

 

« Heureuse nouvelle! La victoire ne s’est pas longtemps fait attendre; nous devons la célébrer par des réjouissances et des noces.

 

La fortune, après s’être montrée longtemps dure et implacable, a daigné enfin nous  sourire.

 

Victoire ! C’est un événement dont la pensée remplit les esprits de stupéfaction, tant il était loin de notre attente et de nos pensées!

 

Victoire! Telle qu’une pluie abondante, elle fait jaillir aux yeux de tout le monde nos vœux  réalisés.

 

 Telle qu’un astre bienfaisant, son éclat a » dissipé nos ténèbres.

 

Victoire! La porte du bonheur vient de s’ouvrir devant notre souverain, et ses glorieuses destinées commencent à s’accomplir.

 

Le succès a mis le comble à ses souhaits.  Victoire! Elle a fait couler la vie dans le cœur  des mortels.

 

Elle a passé telle que le souffle du zéphyr;  en nous secouant légèrement, elle a fait  exhaler autour de nous les parfums et les » odeurs les plus suaves. »

 

 

 

 

 

Par cette victoire, l’émir des croyants s’étant placé, dans l’opinion publique, au même rang que le roi de Maroc, vit sa puissance s’accroître, son empire s’agrandir et sa réputation portée au loin. Mais c’est Dieu qui dispose du pouvoir en souverain arbitre, qui l’octroie à qui il lui plaît, et qui, après cette vie, accorde à ceux qui le craignent une récompense sans fin.

 

 

 

 

Parmi les trésors et les objets précieux qui tombèrent entre les mains d’Yghomracen dans cette célèbre journée, l’on cite le collier unique, une coupe en émeraude et le Coran d’Othman ben-Affan, exemplaire que ce khalife avait copié de sa propre main. Le khalife le tenait entre ses mains lorsqu’il reçut le coup de la mort; des gouttes de sang tombèrent sur ces paroles du Très Haut: ‘’Or, Dieu te suffira contre eux ۩’’et sur celles-ci : ‘’et ils coupèrent les jarrets à la chamelle ۩’’Après la mort d’Othman, ce Coran tomba dans la possession des Beni Omeyah, qui le conservèrent pendant toute la durée de leur règne. Lorsque les Beni’l-Abbès, ayant levé l’étendard de la révolte, se furent emparés du pouvoir et eurent mis à mort les Beni Omeyah partout où ils purent les découvrir, Abd’er-Rahman, fils de Moawiah, fils de Hicham, fils d’Abd-el-Melik, s’enfuit vers le Maghreb, entra ensuite en Espagne où il réussit à faire reconnaître son autorité. Dans cet intervalle, sa sœur, Oumm’el-Asbagh, qui était restée en Syrie, lui faisait passer, l’un après l’autre, les objets précieux et les trésors de sa famille. Or, parmi ces objets, se trouva le Coran d’Othman qu’Abd’er-Rahman légua à la grande mosquée de Cordoue. L’imam faisait, chaque jour, après la prière du matin, une lecture de la parole de Dieu dans ce vénérable exemplaire. Il resta déposé dans cette mosquée jusqu’à la conquête de l’Espagne par Abd’ el-Moumen ben-Ali qui l’emporta à Maroc, capitale de ses états. Il fit enlever la couverture qui était simplement en basane et voulut qu’elle fût remplacée par deux planchettes dans lesquelles on avait incrusté des lames d’or; ces lames étaient ornées de perles fines, de rubis, d’émeraudes les plus précieuses que le sultan avait pu se procurer. Les fils et successeurs de ce prince, marchant sur ses traces, se plurent à enrichir la couverture de nouveaux joyaux, de nouvelles pierreries de grand prix, en sorte qu’à la fin les planchettes se trouvèrent entièrement recouvertes d’ornementation. Pendant les nuits du Ramadhan, ces princes se faisaient apporter le précieux volume et s’en servaient pour faire leurs lectures d’usage. Lorsqu’ils partaient pour une expédition, ils avaient soin de le porter avec eux, afin qu’il attirât sur leur tête les bénédictions du Ciel.

 

 

 

 

 

L’ordre qu’ils observaient dans leur marche était admirable et mérite d’être décrit. La première chose que l’on voyait paraître, c’était une grande bannière blanche fixée à une hampe extrêmement longue que l’on portait devant l’émir. Venait ensuite le vénérable exemplaire du Coran, porté sur le plus beau dromadaire que l’on avait pu trouver, et renfermé dans un coffre de forme carrée qui était recouvert de soie et surmonté d’une palme la plus élégante qui fût. A chacun des coins du coffre était fixée une petite bannière que le moindre vent faisait flotter, et à défaut de vent, le seul mouvement du dromadaire qui marchait. Il était suivi d’un mulet des plus dégagés qui portait une grande caisse recouverte également d’étoffe de soie et renfermant le Mowatta, Al-Bokhary, Moslim, Termedhy, Nissey et Abou-Daoud. Venait enfin le sultan à la tête de l’armée; les troupes marchaient à la suite, à droite, à gauche et par derrière. Or, dans la journée où succomba l’infortuné Saïd, le précieux exemplaire du livre sacré devint la proie du soldat. On enleva les ornements qui le couvraient, ouvrage du temps et des années; ainsi dépouillé, il fut jeté comme objet de rebut. Un homme l’ayant trouvé par hasard, l’apporta à Tlemcen où, sans en connaître la valeur, il l’exposa en vente. Le courtier parcourait le marché en criant: «à dix-sept dirhem le livre, à dix-sept dirhem ! » Un officier qui avait vu auparavant l’ouvrage, l’ayant reconnu, courut chez l’émir Yghomracen. Sur ces entrefaites, quelques-uns prévinrent les ordres du roi et prirent le volume pour le lui porter. Yghomracen commanda qu’on gardât le volume avec le plus grand soin, qu’on veillât à sa conservation et qu’on en payât le prix. En vain le sultan Al-Morladhy qui régna à Maroc après Saïd; en vain Al-Mostanser, roi de Tunis, et Ibn’ el-Ahmar, roi d’Espagne, cherchèrent-ils à voir le volume sacré; en vain multiplièrent-ils leurs efforts pour en faire l’acquisition; ils quittèrent tous cette vie avec le regret de n’avoir pu réaliser leurs vœux. Il est resté, après la mort de ces princes, dans la possession de ceux que Dieu avait choisis pour cela. C’est parce que nos souverains appartiennent à la sainte famille qui a reçu le Coran d’en haut, qu’ils ont mérité l’honneur de se transmettre de père en fils ce précieux héritage. Néanmoins je dois avouer que, de nos jours, on ignore ce que cet exemplaire est devenu. L’on croit communément qu’il a disparu de Tlemcen lors de la domination des Beni Meryn. Au surplus, Dieu seul possède une connaissance parfaite de la vérité.

 

 

 

 

 

Yghomracen était un prince attaché à la religion, vertueux, ami du bien et de ceux qui le pratiquent. C’est lui qui fit construire le minaret de la grande mosquée d’Agadyr, ainsi que celui de la grande mosquée de Tagrart ou Tlemcen-la-Neuve. A cette occasion, on le pria d’ordonner que son nom fût inscrit sur ces deux monuments; il refusa de le faire, en disant: « Il me suffit que Dieu ait connaissance de mon œuvre. » Il réunissait souvent autour de lui les hommes qui se distinguaient par la sainteté de leur vieaimant à les entendre, à conférer avec eux, et il leur faisait aussi de fréquentes visites. Il se transporta dans les montagnes d’Ifrischen, illustrées à cette époque par le séjour du célèbre Waly-Abou’l-Beyan, afin de demander au saint homme sa bénédiction et obtenir qu’il priât pour lui et sa postérité. Il recherchait les hommes de science, il les encourageait partout où il les rencontrait; il les invitait à venir s’établir dans sa capitale, et les y accueillait avec la considération et les égards qui leur étaient dus. L’un des plus savants qui aient fleuri sous son règne, c’est Abou-Isaac Ibrahim, fils d’Iakhlef, fils d’Abd’ es-Salam et-Tenessy. De l’Ifrikiah, de Tlemcen, l’on se rendait à Tenez, sa patrie, pour le consulter sur des cas de jurisprudence. L’émir des fidèles, Yghomracen, lui avait écrit maintes et maintes fois pour l’engager à venir résider à Tlemcen; Abou-Isaac et-Tenessy avait toujours refusé. La révolte des Maghrawah et les troubles qui en furent la suite, le forcèrent à se réfugier momentanément dans les murs de cette capitale. Les jurisconsultes de Tlemcen se réunissaient auprès de lui, et il leur faisait un cours de droit. L’émir des Moslim ayant eu avis de la présence de ce savant à Tlemcen, monta à cheval et se rendit en personne auprès de lui. Il le trouva dans la grande mosquée entouré des jurisconsultes de la ville; s’approchant alors de lui, il lui adressa ces paroles: « Je ne suis venu ici, que pour te témoigner le vif désir que j’éprouve de te voir fixé dans notre capitale pour toujours, afin que tu y répandes la science. Nous prenons sur nous de pourvoir à tous tes besoins. » Le vœu exprimé par la bouche du roi étant celui de tous les jurisconsultes, ceux-ci représentèrent au savant étranger combien Yghomracen était digne d’obtenir la faveur qu’il demandait; ils lui dirent quel bien son séjour définitif produirait à Tlemcen, avec quelle joie il serait accueilli par tout le monde; ils le conjurèrent enfin de se rendre à leur désirs. Abou-Isaac leur répondit: « Si je retourne à Tenez pour ramener ici ma famille, je m’expose à recevoir des reproches et des injures. — Nous ne permettrons point, lui dit l’émir des Moslim, que tu retournes dans ta patrie ; nous y enverrons du monde pour ramener ta famille. » C’est en effet ce qui eut lieu. L’émir des Moslim lui assigna plusieurs fiefs, entre autres celui de Tiranescht, lequel, après l’extinction de sa postérité, fut accordé aux deux fils de l’Imam. Il était revêtu de la plus haute dignité de l’État, et le roi n’avait pas besoin d’un autre conseiller que lui, pour la direction des affaires. Il occupa le même rang et remplit les mêmes fonctions à la cour de l’émir des Moslim, Abou-Saïd, fils et successeur d’ Yghomracen. Ce fut sous le règne de ce prince qu’il mourut. Le sultan Abou Saïd honora de sa présence les obsèques de son ministre. Abou-Isaac fut le phénix de son siècle par son savoir et sa piété. On lui attribue une foule de miracles qu’on peut lire dans Al-Khatyk ben-Marzouk. Son tombeau, qui se voit à Aubbed, est pour cette localité une source de bénédictions.

 

 

 

 

 

Il avait un frère nommé Abou’l-Hassan qui était, comme lui, versé dans la science de la jurisprudence et fidèle observateur des pratiques de la religion. Celui-ci quitta l’orient où il se trouvait, pour venir se fixer à Tlemcen auprès d’Abou-Isaac. Lorsque ce dernier mourut, il hérita de sa place et de ses honneurs.

 

 

 

 

1543327489-mosquee-de-sidi-bel-hassen-tlemcen dans Histoire

Mosquée Sidi Bel-Lahcen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme l’émir des Moslim passait pour un prince ami de la science et protecteur des savants, cette réputation, s’étant répandue en Espagne, attira à sa cour un homme de ce pays, qui était le coryphée des littérateurs, le premier des katib de son siècle, je veux dire Abou-Bekr-Mohammed, fils d’Abd-Allah, fils de Daoud, fils de Khattab. Yghomracen l’accueillit avec honneur et distinction ; puis il le plaça près du tapis de sa puissance, et l’attacha à sa personne en qualité de premier secrétaire d’Etat. Le haut rang qu’Ibn-Khattab a occupé dans la science et particulièrement dans la branche des belles-lettres, est connu de tout le monde. Ibn-Raschid, qui nous a donné la biographie complète de ce grand homme, dit en parlant de lui : « Avec lui s’est perdu l’art de rédiger en prose rimée les dépêches des princes. »

 

 

 

Quant à l’état d’hostilité dans lequel Yghomracen fut avec les Arabes et les Zénêtah, il serait difficile de trouver dans l’histoire quelqu’un qui ait autant guerroyé que ce prince. Cela prouve l’élévation de son âme et la grandeur de son courage. L’auteur du Boghriet-erRowad nous apprend que le roi de Tlemcen fit contre les Arabes seuls soixante-douze expéditions, et presque autant contre les Toujjyn et les Maghrawah.

 

 

 

 

 Il avait fait demander à l’émir Abou-Isaac, fils de l’émir Abou-Zakaria, roi de Tunis, la main de sa fille pour son fils, le prince Abou Saïd. Comme le prince Hafside donna son consentement à ce mariage, l’émir des Moslim, Yghomracen, envoya à Tunis son fils Abou Amer, pour qu’il amenât la jeune princesse et l’accompagnât jusqu’à Tlemcen. Quelque temps après, Yghomracen partit lui-même pour aller au-devant de la jeune fiancée, voulant la recevoir avec tous les honneurs dus à son rang et témoigner ainsi au père combien cette alliance lui était chère. Ce fut à Milianah qu’il rencontra la princesse et sa suite. De là, ayant rebroussé chemin, il revenait à Tlemcen, et était arrivé sur les bords du Rihou, affluent du Chelif, lorsque le terme de sa vie marqué par les destins arriva. Il mourut à la fin du mois de dhou’l-kâadah de l’année 681. Abou-Amer, voulant tenir la mort de son père secrète, le fit porter dans une litière fermée de tous côtés, comme s’il avait été malade, et s’avança à grandes journées vers Tlemcen. Etant arrivé près de l’Isser, où il trouva l’émir Abou-Saïd qui venait à la rencontre du cortège, il fit enfin connaître la perte que le royaume venait de faire. Yghomracen mourut à l’âge de 76 ans, après un règne de 44 ans, 5 mois et 12 jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia des Ouled Sellem – 1ère partie –

14012019

 

D’après le minutieux travail de A. Joly
(Revue Africaine / Vols: 55 & 56) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Ouled Sellem font partie de ce noyau de tribus berbères et berbérisantes qui peuplent, dans l’ancienne province de Constantine, toutes les Hautes Plaines, les montagnes qui les sillonnent, la partie centrale et occidentale des Monts du Hodna et de l’Aurès.

 

 

 

 

 

Les Ouled Sellem habitent un petit massif bien défini dans l’Ouest des Monts du Hodna. Le Djebel Talkremt en est l’un des points les plus remarquables. A l’Ouest, une profonde coupure limite ce massif ; elle est empruntée par la route d’Aïne Azzel (ex Ampère) à Ngaous ; à l’Est, une dépression plus large marque la fin du pays des Ouled Sellem ; c’est le Bellezma, au-delà duquel, vers l’Est, commence la chaîne du Chlaalaa(شلعلع) et du Tougour (تقور), tandis qu’au Sud-Est et au Sud, l’ample vallée de l’Oued Chaïr prolonge le Bellezma et va rejoindre la plaine du Hodna. Au Nord et au Nord-Ouest, s’étend la plaine Chott Elbeïda.

 

 

 

 

Le massif des Ouled Sellem est accidenté, découpé, assez élevé (1.400 à 1.500 m), en partie boisé encore ; de grandes et profondes vallées s’y intercalent. Des sources ont permis l’établissement de vergers et de jardinets en un bon nombre d’endroits ; de sorte que les indigènes sont surtout sédentaires. Leur genre de vie, en maintenant leur isolement, leur a permis de rester berbérisants. Ils ont cependant quelques tentes et quelques troupeaux dans la plaine du Chott Elbeïda, où sont leurs terres de parcours. Mais le nombre en est très restreint, les tentes qui subsistent en plaine cèdent de jour en jour la place à des maisons, encore bien primitives, il est vrai, et les troupeaux n’exécutent plus, en temps ordinaire, que d’insignifiantes migrations.

 

 

 

Les voisins des Ouled Sellem sont presque tous berbères et berbérisants ; tels sont, au Nord, dans la « région des Sbakh », les Ouled Adb Ennour et les tribus de la commune mixte d’Aïne M’lila, celle du sud de la commune mixte de Chateaudun du Rhûmel, chez lesquelles l’usage de l’Arabe s’est répandu de plus en plus dans ces dernières années, mais sans supplanter complètement l’ancien langage, toujours usité dans la vie familiale ; puis toutes les tribus du massif du Chlaalaa, du Tougour, notamment les Ouled Fatma, les plus proches des Ouled Sellem ; puis, vers l’ouest, les Ouled Ali ben Çabor, des montagnes de Guetiane, et d’autres tribus du Bou Taleb, dont le village du Hamma est le centre. Par contre, les Eulma, au nord-ouest, et les Ouled Derraj, du Hodna, au sud, sont surtout arabes et franchement arabisants ; les Rir’a dans les montagnes et les plaines de l’Ouest, les Beni Ifren, à Ngaous, sont berbères, mais arabisants ; les uns et les autres se prétendent même Arabes, prétention dont il n’est pas besoin de relever l’absurdité.

  

 

 

 

 

Le Chaouia des Ouled Sellem - 1ère partie -  dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant, partout dans la région l’arabe se répand de plus en plus ; aujourd’hui presque tous les hommes savent plus ou moins se servir de cette langue, quelque fois bien mal, il est vrai. Mais les femmes demeurent obstinément attachées à leur vieil idiome et bien rares sont celles qui comprennent quelques mots arabes. On trouve enfin, çà et là, chez les Ouled Ali surtout, des vieillards d’un âge avancé qui, non seulement ont toujours refusé d’apprendre un seul mot d’une langue qu’ils déclarent étrangère, mais même ne sont jamais sortis du cœur de leur montagne où ils vivent en demi-sauvages.

 

 

 

Il y a donc de ces côtés des restes d’un langage intéressant, qui perd chaque jour du terrain, et dont il serait urgent de recueillir les derniers vertiges. On y trouverait sans doute matière à des comparaisons profitables avec d’autres idiomes berbères. Il y aurait aussi l’attrait de la variété, car dans chacun des petits massifs dont l’ensemble forme la chaîne des Monts du Hodna, les habitants possèdent un langage particulier, à tel point que les Ouled Sellem déclarent ne pas comprendre intégralement tout ce que disent leurs voisins les Ouled Ali ou les Ouled Fatma. Les différences sont plus accusées encore entre tribus éloignées les unes des autres, comme il est naturel.  On comprend que ce soit là une cause d’infériorité du berbère vis-à-vis de l’arabe, qui jouit d’une bien plus grande unité, et que ce soit aussi une des causes qui accélèrent le recul du berbère. Disons cependant que si des nuances de conversation peuvent échapper aux Ouled Sellem qui se trouvent en présence d’autres tribus chaouias du voisinage, dans l’ensemble le fond de tous ces patois est le même. Ce qui change le plus sont les noms données aux objets domestiques précisément parce qu’ils sont surtout du domaine des femmes.

 

 

 

Bien que les Ouled Sellem soient éloignées des tribus vraiment arabisantes et assez isolés pour n’avoir pas avec elles de continuels rapports, cependant leur territoire est trop petit pour avoir pu les défendre contre l’infiltration d’une foule de vocables arabes. Mais presque tous ces mots introduits ont revêtu la forme berbère ; pourtant on pourrait en citer un certain nombre surtout des verbes, qui ont reçu droit de cité sans aucune modification. Tout en diminuant l’intérêt du langage des Ouled Sellem, ce fait ne le supprime pas complètement, car l’invasion étrangère n’a pas suffi à masquer le fond primitif.

 

 

 

On croit qu’une étude plus complète permettrait de trouver des restes de pur berbère. Il conviendrait notamment de poursuivre une enquête approfondie auprès des femmes ; en pays arabes ou berbère, elles maintiennent longtemps beaucoup plus pur que ne le font les hommes, le vieux langage des ancêtres. Cela se comprend puisque leur existence plus ou moins recluse les met à l’abri des idées étrangères et des mots qui leur servent d’expression.

 

 

 

 La vie est plus complexe chez les Chaouias que chez les Kabyles des massifs littéraux, car aux occupations du petit cultivateur ils mêlent dans une certaine mesure celle de l’éleveur, à la vie du sédentaire celle du petit nomade. Il en résulte une assez grande variété dans le vocabulaire.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Historique des Ouled Sellem D’après la tradition (administrativement douar MECIL, ancienne commune mixte des Ouled Soltane, Ngaous)

 

 

 

 

Le noyau de la tribu fut formé par les descendants d’une vieille (Tamr’art) qui, au temps des combats de Sidi Abdallah ben Jaafar et des Grecs, s’était réfugiée dans les montagnes où sont actuellement ses descendants. Elle-même appartenait au lignage d’un Romain (probablement un indigène romanisé) du nom de Smia’aa’ (سميذاع) qui, après avoir embrassé l’Islamisme, reçut le nom de Sellem (سلاّم). De là le nom de Ouled Sellem ; mais ce nom ne prévalut que par la suite et celui de Ouled Tamr’art, les fils de la vieille, ou de Tegalta (تقالطة) fut d’abord seul en usage.

 

 

 

 

Les Ouled Sellem se divisaient, ethniquement, en :

-          Ouled Mohamed ben Farrouj

-          Ouled Mbarek

-          Ouled Habbat’a (حبّاطة)

-          Ouled Ennehar

 

 

 

 

Les premiers émigrèrent de bonne heure pour aller s’établir du côté de Batna ; les seconds pour aller dans les montagnes dites Elgouamiya (القوامية), au sud du Khroub.

 

 

 

Les Habbat’a allèrent s’installer du côté de Bône ; enfin les Ouled Ennehar s’enfuirent dans l’Est poursuivis par la malédiction de Sidi Lakeh’al ben Solt’ane, dont le cénotaphe se voit à Zér’aya (زغاية) dans le douar Beïda Bordj, auprès du Chott Elbeïda, voisin des Ouled Sellem.

 

 

 

 Il ne resta dans le pays que 2 à 300 individus des Ouled Tamr’art ; l’une des familles principales était celle des A’lelcha (علالشة) ou Ouled A’llouch (علّوش) qui, depuis lors, s’est encore divisée ; une partie pour demeurer sur place, le reste, soit 4 à 5 tentes, pour aller se mêler aux Kouaoucha (كواوشة), ou Ouled Kaouach (كوّاش) des Ouled Belkheir, des Ouled A’bd Ennour.  

 

 

 

A’llouch, resté au pays natal, donna sa fille à un Arabe, son berger, Aberkane*, qui était teigneux, mais la mariée refusa obstinément de partager la couche de son mari. Aberkane alla trouver un marabout de la tribu, Si Mohammed ben El Ferdi ; le marabout, en échange d’un bœuf que l’Arabe lui sacrifia, lui fit la promesse qu’en rentrant chez lui il obtiendrait les faveurs de sa femme et que, de là, naîtrait un fils, souche d’une tribu nombreuse plus puissante que les Fréda (فرادة) ses propres descendants (Ouled Ferdi).

 

 

 

Ainsi fut-il ; la femme de Aberkane (Aycha), lui donna six fils, ancêtres de la plupart des Ouled Sellem existant aujourd’hui dans ces montagnes ; les autres familles issues de Allouch par d’autres femmes ont peu à peu disparu. Ces fils furent :

 

 

 

 

Aoud’lef (اوذلاف), père des Ouled Oud’lef

El Mbarek, père des Ouled El Mbarek

El Messoud, père des Ouled El Messoud

Mahammed, père des Ouled Mahammed

 

 

 

 

La tradition n’a pas conservé les noms des deux derniers fils d’Aberkane, morts sans prospérité.

 

 

Les Ouled Oud’lef se partagent en :

-          Ouled Khallaf, ou Khelelfa (خلالفة)

-          Ouled T’annah (طنّاح) ou Tenanh’a (طنانحة)

-          Ouled Salah ben Ah’med

-          Ouled Makhlouf ben Farah’

 

 

 

 

Les Ouled Mahammed comprennent :

-          Ouled A’rif (عريف)

-          Ouled Mechachou

-          Ouled sellem  

 

 

 

 

Les Ouled Mbarek comprennent :

-          Ouled Habboul (هبّول) ou Hebbala (هبّالة)

-          Ouled Khaççaï (خصّاي) ou Khçaciya (خصاصية)

-          Ouled Haougueur (هوقر) ou Haouagueur (هواقر)

 

 

 

 

Les Ouled El Messoud enfin se divisent en :

-          Ouled Idris

-          Ouled Abbas

-          Ouled Guebouj (قبوج)

-          Ouled A’ouchach (عوشاش)

 

 

 

 

Les Ouled Sellem sont quelquefois appelés Ouled Barkane à cause de leur ancêtre Aberkane ; à eux se sont agglomérés les Fréda, descendants de Si Mahammed ben Ferdi**.  

 

 

 

 

 

Au nord du Chott Elbeïda, un peu à l’ouest d’Aïn M’lila, on trouve aussi des Ouled Sellem ; ils descendent, d’après la tradition, de familles qui auraient émigré des monts du Hodna à la suite d’un meurtre commis par elles et dont elles redoutaient les conséquences : on pense qu’il s’agit des descendants de Mbarek ben Tamr’art ; il n’y a pas d’autres Ouled Sellem, en effet, de là au Khroub. Les Ouled Sellem d’Aïn M’lila se fondirent dans le groupe hétérogène des Barraniya (برّانية) ou « Etrangers » ; on les a, lors des opérations du Senatus Consulte, réunis à d’autres entités ethniques pour en faire le douar officiellement désigné ‘’Ouled Sellem’’ mais qui ne représente qu’un tout artificiellement établi ; dans ce douar entrèrent aussi des Frèda, ce qui fait croire que des familles des Frèda des monts du Hodna suivirent les fugitifs des Ouled Tamr’art ou vinrent les rejoindre après leur émigration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coutumes, Costumes

 

 

 

Les gens du commun s’entourent souvent la tête d’un simple mouchoir de cotonnade rouge, ou d’un lethèm (étoffe de mousseline) ou d’un turban de cotonnade blanche, sans porter au-dessous la chéchia. Les hommes plus à l’aise portent de petites chéchias rondes et un grossier lethèm qu’ils retiennent avec une cordelière en poil de chameau ou un turban de cotonnade ; parfois ils y entremêlent des brimas (grosses cordelières) ou de petits kheits (cordelières minces) de couleurs différentes dans la gamme du café au lait au brun et au noir. Les  riches, enfin, se coiffent plus luxueusement, comme les Arabes de la province, avec des turbans, de grandes calottes rigides, etc.

 

 

 

Le costume des hommes se compose d’une gandoura (tunique de cotonnade) et d’un burnous grossier, fait dans le pays. Ceux qui sont plus fortunés s’habillent plus ou moins à la mode arabe constantinoise.

 

 

 

Les femmes ont pour vêtement une tunique drapée et nouée à la ceinture (melhafa) faite d’une cotonnade de couleur, généralement bleu sombre, quelquefois verte, rouge, jaune, blanche, etc., ou composée de trois bandes d’étoffes de couleurs différentes parmi lesquelles il y en a presque toujours une médiane, plus étroite, jaune ou orange. Sur les épaules et les seins flotte un voile, retenu sur la tête et de couleur bleu sombre ou bleu violacé, ou d’autre couleur moins souvent, rarement blanc. Elles portent généralement leurs cheveux disposés en deux grosses tresses pendant de chaque côté de la tête, et s’entourent la tête d’un turban de coton ou d’un vrai lthèm passé sous le menton, comme celui des hommes mais fait d’une mousseline grossière semée de pois bleus, rouges, jaunes, verts ou orangés.

 

 

 

Comme tous les Berbères, et souvent aussi les Arabes, les Ouled Sellem fabriquent des ustensiles de ménage en poterie grossière, plats, tasses, marmites, pots, etc., et de petites cruches à eau, utilisées concurremment avec les outres en peau de chèvre. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : S’il était arabe, il portait, en tout cas, un nom berbère : le noir.    

 

 

 

** : Il semblerait que El Ferdi soit, plutôt qu’un ethnique, un surnom venant du bœuf فرد que les sollicitants offraient à ce marabout pour se concilier son bon vouloir et gagner son intervention auprès de Dieu.                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 




Guerre du Rif (1921-1926) ©Agence Rol

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Guerre du Rif (1921-1926) ©Agence Rol dans Photos 1542620199-les-troupes-rifaines

Les troupes rifaines sur les pentes à gauche de l’oued Ouizert1926

 

 

 

 

 

 

 

 

1542620378-region-au-nord-de-taza dans Photos

Région au Nord de Taza, maison incendiée - 1926

 

 

 

 

 

 

 

 

1542620515-poste-de-rifains 

Poste de rifains au nord de Taza1926

 

 

 

 

 

 

 

 

1542620670-camp-desroches

Camp Desroches au Nord de Taza [un dirigeable au centre du camp] – 1926

 

 

 

 

 

 

 

1542620868-mitrailleuse

1542621028-mitrailleuse  

1542621375-mitrailleuses

Mitrailleuses à Ain Aicha1925

 

 

 

 

 

 

 

 

1542621491-prisonniers

Prisonniers espagnols et 3 Sénégalais évadés des Riffains  – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

1542621654-ministres

[De g. à d.] Si Mohamed Abd el Krim, ministre des affaires étrangères du Riff, Si Ben Ali, ministre de la guerre du Riff – 1924

 

 

 

 

 

 

 

1542621787-le-fanion

Le fanion de poste de Ain Lenh qui fut assiégé 18 jours  – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Au nord de Taza, l’ancien poste du djebel Asdem – 1926

 

 

 

 

 

 

 

 

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Troupes sénégalaises à Ain Aicha1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le caïd de Beni Zeroual [à droite], blessé – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Au Nord de Taza, le poste de la Kelaa – 1926

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les généraux Serigny et Daugan 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nord de Taza, poste de surveillance sur le djebel Asdem – 1926

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sentinelle surveillant Bibane – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

1542622898-camion

Camion transformé en auto-mitrailleuse – 1924

 

 

 

 

 

 

 

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Avec la colonne Freydenberg au Maroc  – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le général Primo de Rivera félicite le chef de la Légion espagnole à Malsusi 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Résidence du frère d’Abd El Krim à Adjir, prise par les Espagnols – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Général Primo de Rivera et infant d’Espagne Don Alfonso d’Orléans – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le général San Jurjo, commandant la place de Melilla et d’Alhucemas, causant avec deux prisonniers espagnols évadés des Riffains – 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




El-Hachana

10012019

 

 

 

 

 

 El-Hachana  dans Attributs d'Algérienneté 1543343469-s-l16002

Temacine, tombeau de Marabout – 1880 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On entend par El-Hachana ou Redjal-el-Hachan les populations qui habitent les oasis de l’Oued  Rir’. 
 

 

L’origine des Redjal-el-Hachan remonterait à l’époque de la conquête de l’Afrique par les Arabes. La tradition rapporte que, parmi les compagnons de sidi Okba, était un guerrier d’une vertu exemplaire nommé El-Hachan. Sidi Okba, satisfait de ses services, l’aurait récompensé en lui donnant la suzeraineté du pays compris entre Biskra et Ouargla. 

 

 

El-Hachan s’installa, en effet, dans l’Oued-Rir’, et eut une nombreuse postérité qui aurait conservé le nom générique d’El-Hachana

 

 

On peut admettre cette légende ; mais en tenant compte des événements qui se produisirent en Afrique à la mort de sidi Okba, on doit se demander comment El-Hachan ne fut pas massacré ou expulsé du pays par Kocéila et ses Berbères. 

 

 

Tous les ans, vers le mois d’octobre, les Redjal-el-Hachan se réunissent, quelquefois au nombre de deux mille, à Ras-el-Oued (Oued-Rir’). Là, pendant deux jours, on fait une grande zerda (festin), présidée ordinairement par quelque membre de la famille de sidi Mohammed-el-Aïd, le marabout de Temacin, chef de l’ordre religieux des Tidjania. 

 

 

On apporte de l’encens et des bougies, on fait des prières, on danse et on chante en s’accompagnant du bendaïr. 

 

 

D’après la légende, sidi Hachan serait enterré dans l’oasis de sidi Okba. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’Art Sassanide

8012019

 

 

 

 

 

L’époque sassanide (226 – 644) marque une seconde grande période de l’histoire de la Perse. Cette dynastie s’ingénie à faire revivre et à développer les traditions de la période achéménide. L’art sassanide est un art au service du roi et de sa suite, un art dominé par la royauté et la noblesse féodale. Les Sassanides s’appuient sur une administration perfectionnée qui sera reprise par les califes.

 

 

En architecture, ils renouvelèrent l’usage de l’iwan, grande salle voûtée fermée seulement sur trois côtés, et emploient le stuc comme matériau de décor. Leur habileté architecturale la plus marquante consiste à passer du carré au cercle par l’élévation d’une coupole. Ils utilisent des trompes d’angle ou arcs construits au-dessus de chaque coin de la pièce de forme carrée, arcs destinés à soutenir la coupole.

 

 

 

 

 

L’Art Sassanide  dans Art 1542539102-firuzabad

Un iwan du palais d’Ardashir à Firuzabad

 

 

 

 

 

 

L’art sassanide est un art électrique. Une faible production de sculptures en ronde bosse paraîtrait inaperçue si nous ne connaissions pas le célèbre lion de Saint-Marc, érigé à Venise en 1176. Les formes trouvent une nouvelle expression dans l’art du relief rupestre taillée dans des falaises rocheuses. A Naqsh-e Rustam ou à Taq-e Bostan, la statuaire extériorise un art de cour dont le but est d’immortaliser le pouvoir et la grandeur du souverain. Les artistes dominent dans le travail de l’argent avec de nombreux plats, coupes, aiguières ornées de scènes en relief, offertes en hommage aux autres souverains.

 

 

 

 

 

1542539293-ir04-08-23a dans Art

La grotte principale de Taq-e Bostan

 

 

 

 

 

 

Les Sassanide sont l’un des rares peuples à ne pas avoir pratiqué les « arts du feu » car, pour les zoroastriens, la terre ne doit pas être souillée. En dehors de quelques récipients à eau, gourdes de pèlerins ou jarres à grain, la céramique est rare.

 

 

 

 

 

300px-Head_horse_Kerman_Louvre_MAO132

Tête de cheval en ronde bosse, argent partiellement doré ,IVe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

En Europe, de nombreuses églises abritent des textiles sassanides. D’abord expédiées en cadeau à des dignitaires occidentaux qui en firent des parures de décorations, les étoffes servirent vers l’an mil, au moment des Croisades, à envelopper les reliques chrétiennes rapportées de Palestine. Le décor de ces tissus montre des motifs répétés géométriques ou floraux. On y voit également des médaillons entourant des chevaux ailés, des dragons-paons, des coqs, des canards, des sangliers, des scènes de chasse, des symboles religieux comme l’arbre de vie. Le rouge et le vert sont les couleurs dominantes de ces tissus de soie ou de lin.

 

 

 

Le rayonnement de l’art sassanide fut considérable : c’est à partir du temple du Feu que se développa la notion de coupole, élément important de l’architecture islamique. L’art byzantin, l’art carolingien et l’art roman lui sont redevables de nouvelles formes artistiques (portail, Christ en majesté, auréole). L’art sassanide a donné également naissance à l’art irano-bouddhique, dont l’essor fut grand, du Ve au VIIIe siècle, des grottes sacrées d’Afghanistan (Hadda, Bamiyan) jusqu’à celles de Chine (Longmen).      

 

 

 

 

 

 

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Le « cube de Zoroastre » à Naqsh-e Rostam, qui servait probablement de temple du feu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Origines des Bou Azid

6012019

 

 

 

 

 

Origines des Bou Azid  dans Attributs d'Algérienneté 1543235100-bou-azid

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Bou Azid seraient les descendants d’El Miloud 4e enfant de Moulay Amrous qui gouverna Fès en l’an 969, pour le compte des Zirides. Moulay Amrous est lui-même un descendant d’Idriss Ier fondateur de la ville. Ce prince serait l’un de ses derniers descendants de ce grand bâtisseur. Sous la pression des tribus rivales, il aurait abdiqué pour aller se réfugier avec ses 4 enfants (Mohamed, Ahmed, Lakhdar et Miloud) en Sakya el Hamra, actuel Sahara Occidental.

 

 

 

 

 

En l’an 972, soit 3 années plus tard, le prince déchu et ses enfants, sont rappelés par Hammad ibnou Bologhine ibnou Ziri ibnou Menad Essanhadji pour participer à l’œuvre de développement de la Cité de kalâat bani Hammad, près de M’sila en Algérie.

 

 

 

 

A la mort de Moulay Amrous, à la fin du Xème siècle ; l’aînée des princes, Mohamed et son puînée le prince Ahmed s’allièrent à la famille El Mokrani et se fixèrent à Méridjane quartier d’El Kalâa ; quant au benjamin : le prince Miloud, il descendit avec un groupe d’hommes vers le Sud, traversant l’Atlas, se dirigeant vers la région de Biskra, où il fut bien accueilli avec sa suite. Il pacifia successivement le djebel Amour, Aïn Rich et Ouled Djellal avant de s’établir à El Amri et Foughala, élargissant ainsi le territoire des Bani Hammad. Il serait l’aïeul de la tribu des Bou Azid. Cette tribu s’intègrera à la vaste population des Daouaouidas, tout en gardant ses liens parentaux hautement protégés.

 

 

 

 

Le 4e prince Lakhdar, ira s’installer à Medjadja, avant de s’atteler à l’édification de Kalaât Bani Abbas dans le massif des Babors. Cette cité ne disparut qu’au cours des bombardements de l’ « opération jumelle » en 1958. Ce « nid d’aigle » abritait les combattants de l’ALN. Il se situait sur la trajectoire : Kalâat Bani Hammad-Bougie. Plus tard, les descendants des 2 premiers princes (Mohamed et Ahmed) poursuivirent l’œuvre de leur oncle, jusqu’en 1488. C’est dans cette forteresse (Kalaât bani abbas) que naîtra en 1500 le prince Abdourrahmane el Mokrani.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  




Le Massif de L’Aïr

4012019

 

 

 

 

 

Le massif de l’Aïr, qui occupe une bonne partie du Nord de la République du Niger, est le prolongement, vers le Sud, du Hoggar. Mais en raison de sa situation méridionale, l’Aïr n’a pas le caractère purement saharien du Hoggar, de l’Adrar des Ifoughas et du Tibesti. Ainsi, du point de vue climatique, il constitue une avancée septentrionale très prononcée de la région sahélienne dans la zone désertique. Entouré à l’Est par le Ténéré et à l’Ouest par le Tamesna, ce massif forme une véritable presqu’île sahélienne de forme elliptique, dont le grand axe Nord-Sud a 400 km et le petit axe Est-Ouest 250 km. Il s’allonge du Nord au Sud entre 20° 30 et 17°.

 

 

 

Ce vaste massif (environ 80 000 km²) se présente dissymétrique. Sa partie Ouest est une pénéplaine d’altitude moyenne de 700 à 800 m, entaillée par un réseau hydrographique orienté vers l’Ouest. Sur sa partie Est, s’élève de plusieurs centaines de mères, une série de massifs dominant nettement les étendues plates du désert du Ténéré.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Massif de L’Aïr  dans Nature 1542451459-niger-arlit-410-0 

 

 

 

 

 

 

 

Ces montagnes de l’Est de l’Aïr sont disposées en deux grands ensembles.

 

-          Le premier ensemble, vaste de près de 20 000 km², comprend :

 

 

  • Le massif de Taghouji à 95 km au Nord-Est d’AGADAZ. Ce sont des monts peu élevés (900 m d’altitude moyenne), à bord peu abrupt mais à surface sommitale mouvementée.

 

 

  • Les Monts Bagzane dans le centre Sud de l’Aïr. Ils s’étendent sur 600 km². Seuls les monts Tamgak (plus au Nord) les dépassent en superficie. Ces monts situés à une centaine de kilomètres au Nord-Est d’AGASEZ, constituent un plateau de forme ovale de 40 km sur 20 km à surface somminale hérissée de collines, de pitons et surtout des cônes volcaniques atteignant 1 700 m et même 1 900 m (exemple : le Mont Tchoulélé au Sud, le Taress Ziggerit au centre et le Taress Indoukal au Nord). La surface sommitale présente aussi des hauts bassins alluviaux à fond plat dans lesquels se sont fixés des villages. Le haut plateau des Bagzane est également caractéristique par ses vallées encaissées, en particulier à la péréphérie Est et Nord où les parois du massif paraissent assez verticales. A l’Ouest au contraire, le plateau s’incline et par une vallée d’altitude moyenne de 900 m, les Monts Bagzane se trouvent séparés du Mont Todra (1 780 m) qui domine la localité d’Aouderas. Ce massif présente lui une forme symétrique.

 

 

 

 

 

1542451768-799px-bagzane1 dans Nature

Alentours du volcan Ziggerit sur le Bagzane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Situés au Nord des Monts Bagzane, les Monts Agalak dominent d’environ 400 m une autre localité importante : Timia. Ils sont moins vastes que les monts Bagzane. Ils en diffèrent d’ailleurs par plusieurs aspects. Leurs points culminants sont des sommets granitiques et non des cônes volcanique comme dans les Monts Bagzane. La surface sommitale de ce massif circulaire de 15 km de diamètre est moins régulière que celle des Monts Bagzane et le relief est plus escarpé et disséqué par des vallées nombreuses et très encaissées.

 

 

Près de ce massif, se trouvent au Sud-Est, le Mont Aroyan et au Nord-Est le Mont Goundai. Au Nord et à l’Est du Mont Goundai, à environ 200 km au Nord-Est d’AGADAZ, se localise une série de massifs, plongeant pour la plupart directement dans le désert du Ténéré. Elle comprend à l’Est du Goundai, les Monts Angournakouer, les Monts Zagado, le Massif de Takolokouset et le Mont Takarit ; au Nord du Goundai : le Mont Enfoud, l’Adrar El Gharous, les Monts Taghmert et les Monts Tamgak.

 

 

-          Le second ensemble de hauts massifs de l’Aïr, plus septentrional, est très réduit en surface. Il comte parmi ses sommets les Monts de Tazorit, l’Adrar Greboun (2 000 m d’altitude) et l’Adrar Bouss.

 

  • Dans cette partie Est du Massif, le contact avec la couverture sédimentaire est festonné, difficile à suivre car les surface aplanies dans le socle se prolongent invisiblement dans les plaines sablonneuses du Ténéré. Ici la dénivellation est très forte au dessus des plaines. Aussi le réseau des Kori de l’Aïr est-il dissymétrique. Les plus importants Kori sont orientés vers les plaines de l’Ouest où ils se jettent dans d’immenses vallées qui traversent l’Azaouak et se ressemblent pour former des dallols. C’est le cas des Kori Teloua (qui passe par Agasez), Anou-Makaren, Anou Zeggeren, Egakane, Wadérer, Takriza, Tarakaft et Zeline. Les Kori de l’Est du massif se perdent après un cours très bref dans les sables du Ténéré ; exemple : le Zagado, le Tafidet et le Tchibatouene.

 

 

 

 

 

1542452382-mont-greboun

Le mont Gréboun

 

 

 

 

 

Les kori ne coulent bien sûr que pendant la saison des pluies. Beaucoup paraissent assez verdoyants, tranchant nettement avec les surfaces rocheuses nues des montagnes ou des hauts plateaux. Ils portent en effet une végétation variée et parfois dense, surtout dans la partie Sud du massif de l’Aïr. Dans leur lit ou à sa proximité immédiate sont creusés les puits. En période d’hivernage, il suffit de piocher un peu le lit du Kori, pour rencontrer la nappe d’eau. Ces raisons expliquent la forte concentration de la population dans ces vallées.

 

 

 

 

 

Guelta près de Timia

 

 

 

 

 

 

En dehors des Kori, l’eau est trouvée dans les gueltas des gorges qui subsistent même en saison sèche et aux sources permanentes dont certaines sont sulfureuses (Tafadek, Igouloulof).

 

 

Du point de vue structure, le massif de l’Aïr est composé de schiste cristallins et de gneiss suggariens et pharusiens associés à des granites anciens syntectoniques. La série granitique jeune est intruisive tant dans le suggarien et le pharusien que dans les granites syntectoniques ou tarditectoniques. Elle est généralement postérieure au Dévonien mais antérieure au crétacé inférieur qui la recouvre. Les roches de cette série granitique jeune, forment plus de vingt-cinq massifs se présentant sous des formes variées. La mise en place de ces massifs a commencé par une phase volcanique. Dans certains cas, cette phase n’est que peu ou pas représentée, alors que dans d’autres, elle occupe la majeure partie du massif. A cette phase, fait suite la mise en place des roches plutoniques par fractures annulaires suivies de ‘’cauldron subsidence ‘’.

 

Le massif de l’Aïr est affecté par des failles nombreuses. Il serait un horst entre deux failles parallèles.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 







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