Biosphere reserves in Algeria: Chrea – Blida Province

1102020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Geographic locations and surface areas

 

Location: Latitude 36° 19’ to 36° 30’N/ Longitude 02° 38’ to 03° 002’ E

Altitude: 1.450 meters

 Total Area: 36,985 hectares

            -Core Area: 5,706.5 hectares

            – Buffer Zone: 20,807.25 hectares

            - Transition Area: 10,471 hectares

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chrea biosphere reserve lies along the northen and southern ridges of the Tell Atlas Mountains. It plays a vital role in the region, notably as a water reservoir for large cities such as Algiers, Blida and Médéa. The natural park of Chrea was established on communal land to protect the emblematic Atlas cedar forests stretching over one thousand (1,000) hectares in 1925.

The area of the Tell Atlas hosts the ski station of Chréa at an altitude of one thousand four hundred and fifty (1,450) meters, one of the few ski stations in Africa. In the city of Blida, the Patrice Lumumba Garden, also known as Bizot Garden, is located by the river bank of Oued Sidi el Kebir. This public garden, established in 1858, extends over twelve thousand (12,000) square meters and hosts old tree species of local origin and others wich are imported from India and America.

 

 

 

 

 

Wildlife

 

Chrea biosphere reserve hosts around one thousand two hundred (1,200) plant and animal spieces. It is home to endemic Atlas cedar (Cedrus atlantica Manetti) and the Barbary macaque (Macaca sylvanus), finding refuge in the grotto of Chiffa. The reserve hosts typical Mediterranean vegetation formations; namely, the thermo-Mediterranean zone populated by the Aleppo pine (Pinus halepensis) and lentisk (Pistacia lentiscus), the Meso-Mediterranean zone occupied by holm oak (Quercus ilex) and cork oak (Q. suber), and the supra-Mediterranean zone covred by the Atlas cedar (Cedrus atlantica Manetti) and obtuse maple (Acer opalus subsp. Obtusatum). The site is home to a variety of bat species such as the common pipistrelle (Pipistrellus pipistrellus), greater horseshoe (Rhinolophus ferrumequinum) and lesser horseshoe (Rhinolophus hipposideros).

 

 

 

 

 

Locals and Chrea biosphere reserve

 

The inhabitants of Chrea bisphere reserve originate from various cultures; namely, Arabs, Andalusian and Berber. Population is made up of mostly farmers and is estimated at one thousand (1,000) people. The reserve is a hub for international and domestic tourists attracting around ten thousand (10,000) visitors per year.

 

 

 

 

 

Research and development

 

Research initiatives have been numerous, focusing on the Atlas cedar. The reserve provides opportunities and long and short-term internships fot students in its research station, while giving them a space for the organization of seminars and workshops. The biosphere reserve offers an eco-museum promoting awareness on biodiversity and providing the place to people to enjoy the wildlife in Algeria.

 

 

 

 

 

 

 

A consulter:  Rapport Technique de la FAO sur Estimation de la valeur économique et sociale des services rendus par les écosystèmes forestiers méditerranéens: Parc National de Chréa – Algérie ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia (dialecte) de l’Ahmar-Khaddou – 8ème Partie

29092020

D’après le minutieux travail de Gustave Mercier

 

 

 

 

 

Étude Grammaticale

 

 

 

 

 

Chapitre Deuxième

 

 

 

3° Pronoms Possessifs.

 

 

Les pronoms le mien, le tien, etc. , se forment par la combinaison du démonstratif oua avec les pronoms personnels du génitif:

 

Singulier.                                                        Pluriel.

masc. ouainou, le mien.                        iyainou, les miens.

fém. thainou, la mienne.                      thiyainou, les miennes.

 

de même :

ouannek, le tien                                    iyannek, les tiens.

thannek, la tienne.                                thiyannek, les tiennes.

 

                                   ouannem, le tien (fém.).

                                   ouannes, le sien.

                                    ouannar’ le nôtre.

                                  ouannoun, les vôtres.

                                ouanχemt, les vôtres (fém.).

                                      ouansen, les leurs.

                                  ouansent, les leurs (fém.).

 

 

 

Ex. : hir’allin ennar’ h’elant (1) la bas, thiyannoun our h’elint cha,

nos juments sont très bonnes, les vôtres ne le sont pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Arabe حلا, être doux. Très généralement employé en Chaouia pour désigner tout ce qui est bon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Drogman

27092020

 

 

 

 

 

 

 

 

Terme qui, dans un sens général, désigne un interprète entre les Européens et les peuples du Proche-Orient (de l’arménien terjuman: interprète); mais drogman, dans un sens plus étroit, s’applique aux interprètes officiels de la Porte avec des diplomates occidentaux; à partir de 1665, le grand drogman apparaît comme le chef des services diplomates ottomans.

 

 

 

 

 

 

Drogman  200617094344336074

Drogman /Photo de Gustave Le Gray, vers 1861-1862.

© Bibliothèque nationale de France

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu’en 1821, le poste fut toujours entre les mains de Phanariotes (Grecs de Constantinople) et le grand drogman finissait sa carrière comme gouverneur (hospodar) d’une des principautés danubiennes (Moldavie ou Valachie). Les diplomates occidentaux trouvaient en outre nécessaire d’engager des drogmans pour faciliter les négociations avec les autorités ottomanes; il s’agissait généralement de Grecs, d’Arméniens ou de Levantins. C’est pour se passer de leurs services coûteux et ambigus que Colbert fonda en 1669 à Constantinople l’École des jeunes de langue, qui fut bientôt établie à Paris et qui devint l’École nationale des langues orientales, actuellement Institut national des langues orientales vivantes. En 1877 la Grande-Bretagne décidait à son tour de former ses propres drogmans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia (dialecte) de l’Ahmar-Khaddou – 7ème Partie

25092020

D’après le minutieux travail de Gustave Mercier

 

 

 

 

 

Étude Grammaticale

 

 

 

 

Chapitre Deuxième

 

 

 

 

2° Pronoms Démonstratif.

 

 

Les pronoms et adjectifs démonstratifs sont:

 

 

 

1° a, qui paraît général au berbère, invariable.

Ex. : ass a, ce jour (aujourd’hui); idh a, cette nuit; asougas a, cette année.

 

a s’emploie plus fréquemment combiné avec la particule yi, ce qui donne, par suite de l’affaiblissement du y en i, le mot aïa, invariable.

Ex. : iis aïa, ce cheval; hamet’t’outh aïa, cette femme; harouan aïa, ces enfants.

 

 

 

 

2° oua, pour le masculin et tha pour le féminin qui s’emploient le plus souvent combinés ;

 

a) Avec la particule yi ou i, pour indiquer la proximité :

 

ouaï, celui-ci.       iiaï, ceux-ci.

thaï, celle-ci.         thiiaï, celles-ci.

 

 

b) Avec la particule n on in, pour indiquer l’éloignement.

 

ouin, celui-là.       iyin, ceux-là.

thin, celle-là.       thiyin, celles-là.

 

 

 

 

On emploie aussi, pour indiquer l’éloignement, la particule d’in, qui peut se combiner avec le pronom oui (ouid’in, thid’in) et aussi avec les substantifs : ariaz d’in, cet homme-là; azdin (pour ass d’in), ce jour-là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Artisan d’antan: El Kherraz

23092020

 

 

 

 

 

 

Artisan d’antan: El Kherraz dans Art 200617074058291402

Constantine – Quartier des Cordonniers Arabes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

El Kherraz, le cordonnier arabe, est bien un métier des plus répandus parmi ceux exercés par les beldis (citadins) des villes algériennes.

 

On est, en effet, étonné du grand nombre de cordonniers que l’on rencontre dans les quartiers arabes de Constantine. Cette quantité de Kherrazine s’explique par les marches nombreuses et longues, qu’effectuent continuellement les indigènes algériens, et aussi par la qualité médiocre des belgha ou sabbath (chaussures) que leur vendent les Cordonniers arabes.

 

Dans la ville de Constantine, où la profession de Kherraz est spécialement florissante, ils occupent presque exclusivement un quartier, comme du reste ils le faisaient lors de l’entrée des troupes françaises en 1837. On arrive à ce quartier par la rue du 23e de ligne qui, elle-même, renferme de nombreuses boutiques de cordonniers.

 

El-Kherraz est ordinairement installé dans un modeste local, aux dimensions exiguës, qui lui sert exclusivement d’atelier, sa famille vivant comme celle de tous les musulmans dans une dar (maison) retirée, à l’abri des regards indiscrets.

 

Il y a un ou deux ouvriers, un ou plusieurs apprentis, ces derniers sont perchés le plus souvent sur une soupente située au-dessus du patron et des ouvriers, et à laquelle on accède par une petite échelle. Comme cette soupente ne couvre que la moitié de la boutique, les apprentis paraissent comme placés sur une sorte d’étagère.

Patron, ouvriers, apprentis sont accroupis à la turque ou assis sur des tabourets très bas. Ils travaillent silencieusement, ne disant crue les paroles indispensables à leur métier.

 

Le mobilier du Kherraz, comme celui de tous les artisans arabes, est des plus simples ; du reste pourquoi serait-il luxueux ? les femmes arabes ne: vont pas choisir et essayer leurs chaussures, leur raffinement ne va pas jusqu’à exiger des bottines leur serrant exactement le pied; quant aux hommes, ils ne sont pas assez partisans du confort pour demander de l’élégance au Kherraz.

 

Une natte en palmier nain ou autre fibre végétale, un plateau de bois dur monté sur trois pieds (djedra) sur lequel le cuir est aplati, un marteau de cuivre (damir) sorte de pilon ressemblant à un bougeoir, avec lequel on assemble les morceaux de cuir collés avec de la rate de mouton, plusieurs alênes (messred), un petit bidon remplaçant le baquet de sciences des cordonniers (occidentaux) et une petite caisse dans laquelle se trouvent ses approvisionnements, voilà son mobilier.

 

Indépendamment de ce qui lui est nécessaire pour son métier, El Kherraz possède toujours un vase dans lequel il entretient un basilic (hebak), cette plante également chère à nos bottiers, et une petite cage dont les barreaux faits de petits roseaux et de piquants de porc-épic, retiennent prisonnier un oiseau quelconque.

 

Les plus luxueux possèdent un petit aquarium dans lequel évolue Une dorade, les moins fortunés remplacent l’aquarium par un grand verre et la dorade par un vulgaire barbeau.

 

L’oiseau et le poisson sont bien soignés par El Kherraz mais le basilic est surtout l’objet de sa sollicitude. Tous les matins, il l’arrose, le débarrasse des feuilles mortes ou des insectes et veille à ce qu’aucune feuille ne dépasse la courbe de globe qu’il a donnée au basilic ; la prédilection du cordonnier arabe pour le basilic s’explique par le besoin de combattre l’odeur désagréable du cuir.

 

 

 

 

 

 

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Échoppe de cordonniers à Constantine : 1910

 

 

 

 

 

 

El Kherraz travaille avec ardeur toute la journée, il fabrique des sebbath (souliers arabes ordinaires), des belgha (sorte de mules) pour les citadins, des chebrella (brodequins) pour les femmes. Les nombreuses chaussures étalées au soleil, près de chaque boutique attestent de l’activité déployée par le cordonnier arabe. Quand le soleil est couché, il suspend son travail et ferme la boutique, le patron et les ouvriers mariés rentrent chez eux, les ouvriers célibataires partagent leur soirée entre le tebbakh (restaurateur) et le kahouadji (cafetier maure) où plusieurs parties de ronda avec des cartes espagnoles et quelquefois une pipe de haschich, suffisent à les distraire toute la soirée.

 

 

 

 

 

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A côté du cordonnier citadin, il y a aussi El-Melakh (savetier ambulant) qui se transporte sur les divers marchés pour rapiécer les chaussures de ses coreligionnaires.

 

El Melakh a encore un matériel plus rudimentaire que le cordonnier de la ville ; une caisse à savon de Marseille comme siège et une autre caisse qui lui sert d’établi et de coffre, il n’a pas de plateau en bois dur, mais une pierre, plate d’un côté remplira le même office; il n’aura qu’à la placer sur ses genoux lorsqu’il voudra assouplir ses cuirs. Il possède aussi un damier quelques alênes et du fil.

 

Il aura vite procédé à son installation dans un coin quelconque, car il ne possède ni tente, ni abri ; notre Melakh a des goûts bien simples et son ambition ne va pas loin, pourvu qu’il ait quelques pratiques, cela lui suffit. Les clients qui viennent lui apporter leurs chaussures ne sont pas riches, (du moins ils le prétendent tons) et quatre ou cinq sous seront toujours le prix d’un rapiècement plus: ou moins adroitement fait. Quand il s’agit d’une semelle à remettre, le bénéfice est plus fort; il ira quelquefois jusqu’à un ou deux francs!

 

Le salaire du pauvre savetier ne s’élève pas à grand chose et quand après avoir peiné toute une journée, il obtient trois ou quatre francs, il se déclare fort satisfait. Si par malheur le mauvais temps a empêché les clients de venir, El Melakh ne se plaint pas sachant que l’homme ne doit jamais s’élever contre les décisions d’Allah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia (dialecte) de l’Ahmar-Khaddou – 6ème Partie

21092020

D’après le minutieux travail de Gustave Mercier

 

 

 

 

 

 

 

 

Étude Grammaticale

 

 

 

 

Chapitre Deuxième

 

 

 

 

1° Pronoms personnels.

 

Les pronoms personnels affectent des formes diverses suivant le rôle qu’ils remplissent dans la phrase : isolés au nominatif, ils sont affixes à tous les autres cas, et le thème pronominal subit des modifications suivant que le pronom est complément déterminatif(génitif), complément direct (accusatif), ou indirect (datif et ablatif).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A. — Nominatif

 

 

 

 

 

Le Chaouia (dialecte) de l'Ahmar-Khaddou - 6ème Partie dans Attributs d'Algérienneté 200706072322996340

 

 

 

 

Ils s’emploient comme tels pour suppléer au verbe « être » qui n’a en Chaouia que le sens spécial d’existence, et ne s’exprime pas dans des phrases comme celles-ci : je suis sourd, netch d’amezzouj.

 

Régis par les particules am, comme, et aked’, même, les pronoms personnels s’emploient au nominatif : Ex. : aked’ chek, même toi (toi aussi); am netch, comme moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B.— Génitif

 

 

20070607290777692 dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

Il est facile de voir que tous ces pronoms sont affixes de la préposition en, déjà signalée comme servant à rendre d’une manière générale le génitif.

 

Ces pronoms correspondent aux adjectifs possessifs. C’est ainsi que pour dire :mon chien, on dit : ar’erzoul inou, le chien de moi; harouan ennoun, vos enfants, etc.

 

Comme en Kabyle, les pronoms moi-même, toi-même, se rendent par la locution : moi dans la personne de moi, etc.

 

netch si iman inou,

chek si iman ennek,

netta si iman ennes, etc.

 

Le mot baba signifie à la fois « père » et « mon père »; iemma, « mère » et « ma mère »; il en est de même des mots ouma, « frère », et oultma « sœur». De plus, ces quatre substantifs, comme leurs correspondants du Kabyle, se combinent avec les pronoms du génitif de la façon suivante :

 

babak, ton père.

babam, — (f.).

 

babas, son père

babathnar’, notre père

babathouen, votre père

babathχemt, — (f.).

 

babathsen, leur père

babathsent, — (f.).

 

 

La préposition d’ihiara, «avec», veut les pronoms du génitif:

 

d’i hiarainou, avec moi.

d’i hiarannek, avec toi.

d’i hiarannes, avec lui, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C.— Accusatif

 

i, ai, moi, me.                   nar’, nous.

ch, ich, toi (1).                  ken, iken, vous

chem, ichem, toi (f.)       kemt, iχemt, vous (f.).

th, ith, lui.                          hen, ihen, eux.

t, it, elle.                              hent, ihent, elles.

 

 

 

 

Ces pronoms se joignent au verbe dont ils sont les compléments directs :

izerach, il t’a vu;

enr’ir’t, je l’ai tuée;

iououi hen, il les a emportés, etc.

 

 

Les formes en i s’emploient avec les verbes terminés par une consonne.

Ex. : ibiyen (2) ihent, il les voit.

 

 

Lorsque le verbe ne commence pas la proposition principale, le pronom complément direct se place généralement devant lui :

Ex. : ougged’er’aï ietch, je crains qu’il me mange;

ih’ouadj (3) ah iserchel, il veut le marier.

 

 

Le pronom masculin de la 3° personne du singulier, th, s’affaiblit très fréquemment en h lorsqu’il précède le verbe.

Ex. : netch ah slemder’, je lui apprendrai (mot à mot : je le ferai apprendre);

la h nek’k’eth cha, ne le tuez pas.

 

 

 

 

 

 

 

1. Remarquer un affaiblissement assez curieux, puisqu’il n’a lieu qu’à l’accusatif. du thème pronominal k de la deuxième personne (R. Basset, Dialectes berbères, p. 84).

 

2. Arabe يبيّن

 

3. De l’arabe حاج, avoir besoin, mot qui a pris en Chaouia le sens de « vouloir».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

D.— Datif et Ablatif

 

i, , à moi.               nar’, annar’ , à nous.

k, ak, à toi.              ouen, aouen, à vous.

m, am, à toi (f.).    χemt, aχemt, à vous (f.).

s, as, à lui, à elle.    sen, asen, à eux

                                  sent, asent, à elles.

 

 

Ces pronoms se placent immédiatement après le verbe, quand celui-ci commence la phrase.

Ex. : innas, il lui dit;

islak, il t’entend (le verbe sel est intransitif);

aouiyanar’, apporte-nous, etc.

 

Dans tous les autres cas, comme les pronoms de l’accusatif, ils se placent devant le verbe : netch as oucher’, je lui donne.

 

Lorsque le verbe a deux compléments, l’un direct, l’autre indirect, ce dernier se place toujours avant le complément direct.

Ex. : isserias hen, il fit sortir à lui eux (il les lui fit sortir).

 

Enfin, lorsque le verbe a pour complément un substantif, un pléonasme généralement usité dans tous les dialectes berbères consiste à placer devant ou après le verbe le pronom personnel correspondant à ce complément.

Ex. ; innas ilr’oul, il dit à lui, à l’ogre.

 

Le pléonasme a même lieu quelquefois par un redoublement du pronom régime, qui se place avant et après le verbe.

Ex. : ennir’as : ak th naoui th id’, je lui dis : nous te l’apporterons.

 

Les pronoms personnels compléments d’une préposition sont les mêmes que ceux du datif.

 

Exemples:

Préposition r’ar, chez. r’ari, chez moi.

                                           r’arek, chez toi.

 

        —         fell, sur.     fell am, sur toi (f.).

                                          fell as, sur lui.

 

        —        si, de (ex). sis, de lui (ex eo).

       —        djar, entre. djar aner’, entre nous.

                                         djar aouen, entre vous.

 

       —     eddou, sous. eddousen, sous eux.

                                        eddousent, sous elles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Tradition Orale de la Musique Classique Andalouse Arabe à Alger

19092020

De la fin de la période Turque au milieu du XXe Siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la période turque, si les juifs sont arabophones, c’est-à-dire parlent l’arabe dialectal, ils ne possédaient pas l’arabe classique puisque sa connaissance passant par l’apprentissage du Coran, la maîtrise du chant se faisait dans les médersas (1) qui excluaient les juifs. Les enfants dans ces écoles devenaient lecteurs du Coran (moudjouidin ) et les meilleurs d’entre eux s’adonnaient à la musique. La psalmodie du Coran restant la base essentielle de la maîtrise du chant.

 

C’est un mufti hanafite d’Alger, dont nous ignorons le nom, qui, un jour, réunit les meilleurs chanteurs et leur proposa d’adapter des airs de noubas (2) aux textes religieux qu’ils psalmodiaient dans les mosquées. Cette innovation, par une adaptation très peu orthodoxe pour les malékites (3) fit pénétrer le chant profane dans le domaine du sacré. Nous sommes ici proche de ce que J.S. Bach effectua en Occident, c’est-à-dire admettre que la musique considérée comme profane, sous-entendue instrumentale, s’empare de plus en plus du sacré.

 

On vit des chanteurs interpréter des textes strictement religieux comme Soubhan allahi wa bi hamdihi soubhan allahi la dhim sur l’air de Khademli saadi. Le succès fut réel et adopté ensuite par d’autres mosquées hanéfïtes à Blida puis Médéa et Miliana. Que cela soit venu des musulmans hanéfïtes n’est pas surprenant puisque ce rite, plus souple dans l’interprétation juridique du Coran, tranchait sur la rigidité du rite malékite majoritaire, certes, mais ne participant pas au pouvoir. Ce fut la période dite des muftis : Cheikhs Sidi Ammar, Ben Ali et Ben Echahed.

 

Ce seraient d’autres muftis hanéfïtes d’Alger notamment : Imam Ali, Cheikh El Bossari, Abdel Hay, El Halabi, Ibnou Morsia, Omm Hani, El Bikri, Mohammed Salah, Ibnou L’Khatib, Sidi Boumédienne, Sidi Abder Rahman Attaalibi et Chemss Eddine Ibnou Djabir, qui par la suite auraient décidés les airs de noubas (4) à utiliser suivant les textes religieux, car les chanteurs utilisaient alors indifféremment les airs. C’est surtout la mosquée Sidi Abderrahmane qui fut le lieu privilégié d’interprétation de cette importante innovation.

 

A partir de cette période les moudjouidin furent appelés qassadin en raison d’un répertoire de qassida (5) fixé et imposé par ces muftis. Cette innovation eut Alger pour origine, mais fut adoptée à Blida, très dépendante d’Alger, puis Constantine. Ceci eut pour conséquence d’écarter dans un premier temps la communauté juive puisque la musique prenait un caractère de plus en plus sacré ; mais celle-ci, connaissant parfaitement la musique profane, allait réinvestir un domaine dans lequel elle avait toujours excellé.

 

Dans l’Algérie pré-coloniale les musiciens chanteurs purement professionnels, comme dans la période abbassside ou actuelle semblent avoir été très rares. Presque tous exerçaient une autre profession et étaient très intégrés au milieu urbain et de ce fait participaient intensément à la vie sociale et aux événements la marquant, soit religieux comme le Mouloud ou l’Aïd, soit profanes comme les circoncisions ou les mariages.

 

Les lieux de concert les plus fréquentés étaient, en matière religieuse, Sidi Abderrahmane, Sidi M’hamed et Sidi Ouali Dada. Le plus connu des maîtres, après la chute du pouvoir turc algérien, fut Cheikh Menemeche (mort à la fin du XIXe siècle) qui possédait une voix agréable, mais peu puissante. Il jouait en virtuose de la kouitra (6) et était le grand maître détenteur de tout le répertoire classique à Alger. Il était accompagné au rebab (7) par Maalem Ben Farachou, de confession juive, qui fut avec Cheikh Menemeche celui qui pratiquait le mieux l’art andalou. Il eut pour élève Cheikh Sfindja qui, en revanche, possédait une voix puissante et étendue.

 

Ben Farachou mourut en 1904, à l’âge de 71 ans, mais eut le temps d’apprendre au Cheikh Sfindja de nombreuses noubas que Cheikh Menemeche n’avait pu lui transmettre. La mort de Mohammed Sfindja, en 1908, marque une étape décisive dans notre connaissance du chant andalou classique. Il fut le grand maître qui reçut l’héritage de la fin de la période turque par Cheikh Maalem Farachou, qui l’avait lui même reçu de Cheikh Menemeche. Il s’est situé dans une période charnière, milieu et fin du 19e siècle, où la musique tint un rôle fondamental pour la conservation de la culture citadine. Symbole de résistance culturelle, les algériens s’y réfugiaient avec d’autant plus de délectation que cette musique ponctuait tous les événements de leur vie profane comme religieuse.

 

Cheikh Sfîndja jouait souvent accompagné par Maalem Mouzino qui passait aussi bien du rebab qu’à la kamandja , par Maalem Laho Seror à la kouitra et par Cheikh Chaloum au mandole. Cheikh Sfindja et son disciple Saïdi participaient fréquemment aux manifestations religieuses, s ‘entourant des nombreux qassadin des mosquées de la Kasbah.

 

Cheikh Mahieddine Bachtarzi racontait comment ces derniers maîtres lui enseignèrent cet art musical qui nous enchantait encore tant lorsqu’il interprétait un ramal maya (8) dans les années 70. Cheikh Sfindja disait-il était la coqueluche de tous les citadins d’Alger, Blida, Médéa, Miliana et Cherchell. Il faut dire que la vie sociale dans la capitale, à la fin du 19e siècle, était bien différente de celle d’aujourd’hui.

 

Un maître comme Cheikh Sfindja, malgré une immense popularité, ne se faisait guère entendre plus de trente fois par an, principalement en été, dans des fêtes familiales. Son cachet pouvait aller de 100 à 150 F par soirée (19h-5h du matin) mais pouvait atteindre 200 F, lorsqu’il se produisait dans une riche famille. De tels cachets étaient exceptionnels puisqu’ils représentaient, pour une année de trente concerts, l’équivalent de cinq ans de travail, mais ici nous avons affaire au « maître » par excellence. Sur son cachet il devait cependant payer ses musiciens, environ six à huit au maximum. En revanche, on n’a pas pu savoir par les interlocuteurs ce que pouvait être le cachet d’un musicien accompagnateur vers 1896, mais nous pouvons l’estimer à environ 4 à 6 F. Cheikh Sfïndja gagnait donc très bien sa vie et possédait ainsi un commerce de chaussures.

 

 

 

 

 

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Cependant, un autre univers de la vie musicale algéroise existait, beaucoup plus populaire, et par ce fait plus fondamental sociologiquement parlant puisqu’à la portée du plus grand nombre : c’était le monde des cafés. Il y en avait quatre très connus dans lesquels tous les grands maîtres se produisaient : les cafés Bouchaachoue et Laareche, dans la Kasbah, avec une clientèle plutôt traditionnelle ; en revanche les cafés Malakoff et El Boza étaient plutôt fréquentés par les jeunes et beaucoup de juifs.

 

Il faut cependant ici préciser que si les juifs n’étaient pas très érudits quant à la connaissance de la langue arabe littéraire, comme il l’était précisé plus haut, et qu’ils furent accusés d’avoir quelque peu contribué à dégrader la poésie arabe andalouse, notamment au XVIIe siècle, certains en revanche, à la fin du XIXe siècle, vont participer à une entreprise de sauvegarde de cette musique.

 

Trois personnages, par leur rencontre, allaient jouer un rôle fondamental dans ce processus, et par leur collaboration non seulement permettre à cette musique de mieux se conserver, mais d’être connue, par la suite, internationalement. Cheikh Mohammmed Sfindja, héritier d’une tradition orale reçue de Cheikh Menemeche par l’intermédiaire de Cheikh Ben Farachou, finit par admettre, un peu avant sa mort en 1908 et après maintes discussions avec Edmond Yafil et Jules Rouanet, la nécessité de transcrire cette musique. Edmond Yafil était le fils de Makhlouf Yafil, surnommé Makhlouf Loubia parce qu’il possédait une gargotte très proche du café Malakoff, dans lequel Cheikh Sfindja venait souvent jouer.

 

Dès son enfance Edmond Yafil eut la chance d’entendre Cheikh Sfindja dans ce café. Le vieux maître le prit en sympathie et lui transmit une grande partie de la tradition orale andalouse. Diplômé d’études supérieures en arabe, Edmond Yafil était aussi musicien. La communauté juive, comme la communauté musulmane, était friande de ces fêtes et de ces lieux de convivialité où la musique jouait un rôle fondamental dans les rapports sociaux.

 

En 1898 Lavignac, abordant le chapitre concernant la musique arabe dans l’Encyclopédie de la Musique, chargea Jules Rouanet de le rédiger. A Alger, il s’adressera à Cheikh Sfindja, mais ce dernier ne parlant pas le français et Rouanet l’arabe, Edmond Yafil qui possédait les deux langues servit non seulement d’interprète mais aussi de collaborateur. C’est à partir de cette date que Sfindja accepta le principe de la transcription et l’on peut penser que Yafil ne fut pas étranger à cette prise de position très mal vue du milieu traditionnel, pour qui seule la tradition orale comptait.

 

D’après Bachtarzi, Rouanet étant paralysé et Yafil souffrant des jambes, c’était Sfindja qui se rendait soit chez Rouanet au Telemly (quartier européen), soit chez Yafil à Bologhine (ex Saint-Eugène). De 1899 à 1902 ils auraient tous trois transcrit 76 airs et Rouanet put terminer à temps ses travaux pour l’Encyclopédie en 1903. Après la mort de Sfindja en 1908 Yafil continua seul le travail de transcription, tout en s ‘entourant de Cheikh Laho Seror et Cheikh Saïdi, car ce travail nécessitait une connaissance approfondie du solfège qu’aucun des autres cheikhs ne possédaient. Lors de la création par les conseillers musulmans de la liste de l’Emir Khaled en 1922 de la chaire de musique arabe au Conservatoire, ce fut Edmond Yafil qui l’occupa.

 

A Alger, les femmes occupaient une place prépondérante et tout à fait singulière car héritières aussi de l’art musical andalou. Elles se produisaient dans les fêtes familiales avec cependant un style qui leur était propre : le haouzi par exemple, qui se singularisait par un tempérament poétique très particulier : le Kalam hazal (paroles futiles). Se trouvaient dans ce style Kheira Djabouni et Kheira Tchoutchoua, toutes deux jouant de la kouitra. En revanche Cheikha Halima Fouad El Beghri n’interprétait que le deff, chant plus austère, d’essence religieuse.

 

La plus remarquable aurait été Yamina Bent Hadj El Medhi née en 1859 et patronnée par le Cheikh Brihmat, directeur de la dernière grande Medersa de la Kasbah à la fui de la période turque. Grand savant, mélomane, il apprit à lire et à écrire à sa protégée ainsi qu’à maîtriser le chant, la kouitra et la kamandja. A la fin du XIXe siècle elle était très connue non seulement en Algérie mais dans tout le Maghreb. Elle enregistra plusieurs centaines de disques de 1905 à 1928, et décéda le 1er juillet 1933.

 

Ces groupes féminins se composaient d’environ 7 à 8 musiciennes et ne se produisaient que devant des femmes. La coutume voulait, pour les mariages, que durant les trois ou sept jours que duraient les noces, ces chanteuses musiciennes soient non seulement hébergées mais habillées. La mère du marié, dès la date du mariage adoptée, décidait en accord avec la Cheikha du groupe des tissus et des couleurs à adopter.

 

Tout cela aux frais des parents du mari. Cette ancienne coutume très coûteuse fut abandonnée durant la guerre 14-18.

 

Actuellement les familles étant obligées de restreindre le coût des mariages, bien peu s’offrent le luxe de déplacer deux orchestres, alors que jadis une séance (al Hadhire ), pour les femmes, avait lieu entre 18 h et 21 h en présence de la mariée et de ses demoiselles d’honneur, ainsi que les femmes des deux familles et celles du quartier.

 

Bachtarzi racontait que, jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, les femmes ne s’habillaient qu’en costume traditionnel et très rarement à l’européenne. Cette remarque mérite qu’on s’y attarde car, dans la période 1970-1984, toutes les femmes s’habillaient encore avec leur robe traditionnelle ; seules quelques jeunes filles se permettaient de s’habiller à l’européenne et de danser ainsi. Il semblerait donc qu’il y ait eu une période, entre les deux guerres mondiales où des femmes s’habillèrent ainsi. A. Meziani rapporte une anecdote dans laquelle une femme, issue d’une des plus vieilles familles bourgeoises d’Alger, osa le faire et fut mise en quarantaine par Cheikha Yamina qui ce jour-là jouait, car elle craignait qu’en raison de la position sociale de cette femme le tout Alger traditionnel s’empare de cette mode ; mais on ne releva que quelques cas. Ce qu’il faut donc constater c’est, qu’à partir de la deuxième guerre mondiale, cela cessa et les femmes reprirent leurs habits traditionnels.

 

 

 

 

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A la suite de Cheikha Halima, c’est essentiellement Meriem Fekkaï et Fadhila El Djezarïa qui prirent la relève.

 

Du chant classique découlait le genre medh qui, à base de poésie populaire, enflammait un grand public car plus accessible. Bien qu’à l’origine chant religieux, celui-ci vira au profane en raison de la nécessité d’adapter les airs divins du classique dans un langage plus populaire. La méconnaissance de la langue classique par une population algérienne qui subissait de plus en plus la rigueur du système colonial, notamment par la destruction massive des écoles coraniques, allait profondément jouer sur ce changement. La misère, le fait d’avoir vécu une guerre de colonisation effroyable durant tout le XIXe siècle, amenèrent la population algérienne à se réfugier de plus en plus dans la tristesse de ce genre musical.

 

De grands maîtres en furent issus et notamment à Alger Cheikh Mohammed Ben Smaïl (1820-1870). Encore marqué par la ruralité, comme c’était souvent le cas dans cette période, il sillonna le pays en troubadour et fut très populaire en dehors d’Alger. Son œuvre la plus connue est celle qu’il consacra à la Guerre de Crimée vers 1856. Cela nous montre comme le lien avec les Turcs était encore vivace et combien ce tragique événement marqua les esprits de l’époque. L’entendit-il d’algériens qui y prirent part ou l’information passa-t-elle plutôt par le truchement des lettrés qui avaient eu la Zitouna à Tunis ou Ezzhar au Caire comme but universitaire? Nous le savons pas…

 

Son fils Kouider sera le premier dans ce style à adopter l’orchestre classique alors qu’à l’origine le medh ne s’accompagnait que du deff et du bendir. Il décéda en 1922 à l’âge de 82 ans. De la même génération on trouve les Cheikhs Mustapha Driouche, Mohammed Essefssafi, Ben Sellam, Ahmed Meknaissi, Hadj El Habib, Mahmoud Zaouche et Memed Bennoubia. C’est dans cette grande lignée que Cheikh Essaidji, plus connu sous le surnom de Cheikh Mustapha Nador, forma celui qui allait devenir un des plus grands maîtres de ce style medh appelé aussi chaabi : Cheikh M ‘hamed El Anka, disparu fin 1978.

 

Il faudrait évoquer pour cette période, fin XIXe début XXe siècle, les rapports que cette musique classique andalouse arabe eut notamment sur un des plus éminents représentants de la musique française : Camille Saint-Saèns. Il fut taxé de « chauvinisme » musicalement parlant, et décrit comme le musicien résumant le mieux la pureté néo-classique, l’intellectualisme raisonneur ; cela en réaction à un wagnérisme dont l’influence se faisait de plus en plus sentir en France. Il semble difficile de suivre totalement Vuillermoz sur ce plan, trop réducteur, car dans bien des cas, Saint-Saëns sut faire preuve d’ouverture aux autres musiques et notamment avec la musique classique andalouse arabe. Il voyageait beaucoup et vint souvent en Algérie.

 

 

Bachtarzi se souvient très bien dans quelle circonstance il le rencontra à Alger vers 1915-17 alors qu’il était jeune lecteur du Coran (moudjouid ) et qu’il chantait à la mosquée de Sidi Abderrahmane, en présence de Charles de Galland, maire d’Alger et ami du compositeur Saint-Saëns, qui le complimenta et lui demanda de chanter ce qu’il avait entendu la veille afin de tenter une transcription. Bachtarzi, tout en ne connaissant pas les règles du solfège, chanta. Saint-Saëns effectua une transcription puis lui demanda de rechanter afin de vérifier sa tentative, mais fut déçu car le niveau de l’improvisation est tel dans ce style de musique que Saint-Saëns n’y parvint pas la première fois. Après huit jours d’écoute, d’écriture et de vérifications, il arriva à transcrire cet air qui durait deux à trois minutes et que l’on retrouve dans l’une de ses symphonies : Les nuits de Blida .

 

André Martin né vers 1908 et dont le père possédait cette fabuleuse villa andalouse sur le haut d’Alger (près du bois de Boulogne), confirmait vers 1978-80 les réceptions en l’honneur de Saint-Saëns que son père faisait, et il se souvenait des visites que le compositeur effectuait régulièrement à la Kasbah au début du siècle dans ces cafés fréquentés par Cheikh Sfindja et tant d’autres.

 

L’interprétation de cette musique implique la notion du tarab car chant et musique ont toujours été considérés comme inséparables dans la vie sociale, et cette notion exprime le lien réel et organique existant entre ces deux éléments. Le tarab est à mettre en relation avec le caractère et le niveau d’improvisation dans les exécutions car le chanteur, improvisant toujours sur un thème, les modulations subtiles et complexes qu’il effectue font qu’il ne chante jamais de la même manière ce thème et celui qui écoute éprouve à chaque fois un plaisir différent d’où une émotion spécifique qui, lorsque l’artiste est possédé par l’improvisation, devient une authentique ivresse sensorielle passant subtilement du chanteur à l’auditoire.

 

Cette musique se base essentiellement sur l’exploitation et les possibilités très diverses de la voix humaine, ainsi le chant est d’abord privilégié, l’instrument restant avant tout tributaire de l’échelle des sons produits par l’instrument naturel : la voix humaine. C’est cela qui est déterminant dans la pratique de cette musique, d’où la nécessité dans un premier temps de maîtriser le chant avant l’instrument, puis les deux, sans jamais perdre le rapport au chant,, cette tradition orale jouant le rôle de conservateur du patrimoine musical et surtout de paravent à l’improvisation considérée avant tout comme la source essentielle de cet art.

 

 

 

 

 

 

Alain ROMEY

Source: Cahiers de la Méditerranée, n°48, 1, 1994.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1)- École où l’on apprend le Coran et le chant puis éventuellement, par la suite, la littérature et les sciences.

 

(2) – Composition instrumentale apparentée au genre (maqam) mis au point par Ishaq Al Massili (767-850), d’après la tablature du luth, l’instrument de référence, qui ne possédait alors que quatre cordes.

 

(3) – Rite des musulmans du Maghreb.

 

(4) - Genre musical désignant les différents mouvements dont est composée une pièce de type maqam, recodifié par Ziryab au milieu du IXe siècle à Cordoue. C’est lui qui rajouta une cinquième corde au luth et mis au point le plectre pour en princer les cordes.

 

(5)- Composition où alternent mètres et rythmes diversifiés.

 

(6) – Guitare.

 

(7) – Violon à une ou deux cordes suivant son usage.

 

(8)- Partie d’une nouba.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia (dialecte) de l’Ahmar-Khaddou – 5ème Partie

17092020

D’après le minutieux travail de Gustave Mercier

 

 

 

 

 

 

Étude Grammaticale

 

 

 

Chapitre Premier – Du Nom

 

 

 

 

 

 

 

Diminutif

 

 

Le diminutif s’obtient, comme en Kabyle, par la forme féminine. Ex. : alili, laurier, halilith, un petit laurier; mais il est en Chaouia d’un usage excessivement restreint.

 

imi, bouche, fait au diminutif hemmicht.

 

 

 

 

 

 

 

 

Génitif

 

Le rapport d’annexion se rend exclusivement à l’aide de la particule n ou en, qui correspond au mot français de.

Ex. : illis en solt’an, la fille du roi; bab en’ takâli’th (1), le maître du village.

 

 

Les pluriels qui commencent par la syllabe i ou thi perdent la voyelle i de cette syllabe.

Ex. : hametcoukhth, jeune fille, plur , imetchouχin. On dira: haddarth en temetchouχin, la maison des jeunes filles;

hazoult en tsed‘nan, le kehol‘ des femmes.

 

Nous rappellerons simplement que le pléonasme qui consiste à joindre au premier des deux substantifs le pronom de la 3° personne est aussi usité qu’en Kabyle : (Ex. emmis en solt’an, le fils de lui du roi); et que les substantifs masculins commençant par un a changent cet a en ou au génitif.

 

La proposition en devient généralement em devant les noms qui commencent par un b ou un ou :

Ex. : iis em babas, le cheval de son père;

elmiâd em Ourâraben, une troupe d’Arabes;

ammas em ouas, le milieu du jour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. De l‘arabe قلعة . La guelaâ des Chaouia est une grande bâtisse en pierres construite à l’endroit le plus élevé du village. Elle a plusieurs étages, quelquefois quatre ou cinq, auxquels on accède par un chemin tournant intérieur. Sur ce chemin prennent jour une quantité de petites chambres qui renferment les marchandises de la tribu : on en compte quelquefois plus de soixante ou quatre-vingts dans la même guelaâ. Chaque chef de famille a une de ces chambres, dans laquelle il dépose ce qu’il possède de plus précieux : au printemps, lorsque tout le monde va camper dans le Sahara, les maisons restent vides et seul, ou à peu près, le gardien de la guelaâ demeure au village responsable des marchandises qui lui ont été confiées. Par extension, le mot hak‘lidth en est arrivé à désigner le village tout entier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Révolte du Cheïkh Sidi Yahia ben Soliman el-Aourassi / Constantine – vers 1600

15092020

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est vers la fin du seizième siècle que nous devons placer la révolte du Cheïkh Sidi Yahia ben Soliman el-Aourassi (des Aurès), dont une chronique locale nous a conservé le souvenir avec assez de détails.

 

Ce cheïkh, qui s’était formé à l’école de Sidi el-Ouzzan, et plus tard à celle de Sidi Kassem ben Lefgoun, devint un des jurisconsultes les plus éminents de Constantine. Sa réputation le fit appeler à la cour des sultans d’Alger, où il eut ses entrées libres. Les pachas ne prenaient aucune décision importante, dans les questions concernant les affaires de la justice, sans l’avoir au préalable consulté, et son avis prévalait toujours. Les Arabes du dehors n’avaient également foi qu’en lui.

 

Une telle considération ne pouvait manquer de lui attirer des envieux. Il en eut, et leur attitude devint telle, qu’il dut retourner à Constantine, mais la calomnie l’y poursuivit encore. Ses ennemis firent courir le bruit qu’il avait secoué le joug de l’obéissance, et qu’en sous main il fomentait une révolte. Pour échapper aux poursuites ordonnées contre lui, il s’enfuit de Constantine avec son frère, Aboul Abbas Ahmed, et se retira dans les montagnes de l’Aurès. Une foule d’Arabes, parmi ceux qui vivaient encore en état d’insoumission, et particulièrement les Ouled Aïssa et les Guerfa, l’y suivirent et Ahmed se mit à leur tête. Bien que le cheïkh Sidi Yahia ne parut pas ostensiblement prendre fait et cause pour les révoltés, personne ne douta qu’il ne fût l’instigateur et l’âme du mouvement, tant on savait grandes son influence et son autorité sur les esprits.

 

L’insurrection prit bientôt des proportions telles, qu’on jugea nécessaire d’envoyer des troupes d’Alger pour en arrêter le cours. Nous ne savons qui commandait ces troupes; seulement le narrateur ajoute qu’après plusieurs combats livrés inutilement à l’ennemi, les Turcs durent se retirer, sans avoir remporté aucun succès. Les révoltés continuèrent à vivre pendant quelque temps dans cet état d’insurrection; mais bientôt la discorde se mit entre eux. Une faction contraire parvint à attirer traîtreusement chez elle le cheikh Sidi Yahia, sous prétexte de lui donner une soirée. Le cheïkh n’hésita pas à s’y rendre, bien qu’il sut d’avance, dit-on, le sort qui l’y attendait, et dans la nuit il fut tué. Il devait sans doute en être ainsi dans les décrets de Dieu (réflexion du chroniqueur).

 

Son fils, Abou Abdallah Ahmed, du même nom que son frère, se mit après lui à la tête des révoltés ; mais, soit que les divisions intestines qui avaient amené le meurtre de son père se continuassent et qu’il craignît de subir un même sort, soit pour tout autre motif, il ne tarda pas à se séparer des insurgés et à venir à Constantine faire sa soumission. L’aman lui fut accordé, et il vécut dans cette ville pendant assez longtemps.

 

L’auteur de la chronique dont nous extrayons ce récit, ajoute : « J’ai entendu dire par le taleb Mohammed en-Negaoussi, alors relieur à Constantine, qu’il avait lu dans un livre traitant des choses passées et des choses futures, que le cheikh Yahia ben Soliman se révolterait dans les Aurès et qu’il mourrait martyr de sa foi, ce qui arriva en effet plus tard. Cette communication me fut faite avant que le cheïkh ne se fût mis en révolte.

 Plus tard, son fils Ahmed m’a confirmé que son père avait connaissance de cette prédiction, et qu’il y était même dit que ce serait lui qui, après la mort de son père, se mettrait à la tête des révoltés. »

 

Ce cheïkh Yahia était présent au lit de mort de Sidi Abd el-Kerim el-Fegoun. Celui-ci mourut le 13 août 1580. Le fait de la révolte de Sidi Yahia est donc postérieur à cette date. D’un autre côté, si nous considérons que Sidi Abd el-Kerim ben Mohammed el-Fegoun, auquel nous empruntons ce récit, est né en janvier 1581, et que lorsque le relieur Mohammed lui fit sa communication, Sidi Yahia ne s’était point encore mis en révolte, nous ne devons pas être très éloigné de la vérité en plaçant cet événement vers l’année 1600 de notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Chaouia (dialecte) de l’Ahmar-Khaddou – 4ème Partie

13092020

D’après le minutieux travail de Gustave Mercier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Étude Grammaticale

 

 

 

Chapitre Premier – Du Nom: Pluriels

 

 

 

 

A.- Pluriels Masculins.

 

 

 

 

1re forme. — Le pluriel s’obtient en ajoutant au nom singulier la terminaison n ou en et en changeant en i la première voyelle a du radical. Quand cette voyelle n’existe pas, ils prennent cependant un i préfixe au pluriel.

Ex. : âlaou (1), burnous, pl. iâlaoun;

ah’d’ir (2), pierre, ih’d’iren ;

askiou, nègre, iskioun;

alek’k’ad’, queue, ilek’k’ad’en, etc.

 

 

 

 

forme. — Très fréquente également, cette forme consiste à changer en a la voyelle de la dernière syllabe de certains singuliers, qui prennent également au pluriel le préfixe i.

Ex.: ar’ioul, âne, pl. ir’ial;

ânk’out’, grappe, pl. iânk’at’;

âllouch, membre viril, pl. iâllach;

ak’erbous (3), colline, ik’erbas, etc.

 

Il arrive fréquemment, dans les pluriels de cette forme, que la dernière syllabe soit précédée par la voyelle ou.

Ex. : iazid’, coq, pl. iiouzad’;

amχan, lieu, pl. imouχan.

 

 

 

 

 

Enfin, un grand nombre de substantifs combinent ces deux formes fondamentales des pluriels berbères.

Ex. : souf, rivière, pl. isafen;

annar, meule de paille, inouran;

ir’ill, bras de montagne, ir’allen, etc.

 

 

Notons, pour terminer, un certain nombre de substantifs, qui, commençant au singulier par un i, changent cette voyelle en a au pluriel, contrairement à toutes les règles : ce qui prouve une fois de plus que les voyelles initiales des noms berbères ne remplissent pas le rôle grammatical qu‘on a parfois Voulu leur attribuer :

ichcher, ongle, pl. achcharen;

ich, corne, pl. achaoun ;

inzer, narine, pl. anzaren;

iker, mouton, pl. akraren, etc.

 

Le mot jij, piquet (pour zidj), reprend au pluriel la forme régulière, izadjen.

 

 

 

 

 

1. Ce mot vient peut-être de l’arabe على, le burnous étant un vêtement de dessus. En Zouaoua, abid’i.

 

 2.De l’arabe حجر.

 

 3. Substantif qu’on retrouve dans un grand nombre de noms de montagnes. De l’arabe قربوس, arçon de selle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B. — Pluriels féminins.

 

Les pluriels féminins se forment de trois manières principales, comme en Kabyle et dans la plupart des dialectes berbères :

 

 

 

Dans les noms qui ont un pluriel masculin, en plaçant un th devant ce pluriel et en changeant la terminaison en, quand elle existe, en in.

Ex. : iboud’rimen, renards, f. thiboud’rimin;

ouchchanen, chacals, f. thouchchanin;

iler’man, chameaux, f. thiler’min;

ijouraf, corbeaux, f. hijouraf, etc.

 

 

iserd’an, mulets, fait au féminin thiserd’an.

 

 

 

 

 

En ajoutant au singulier, dont la voyelle finale tombe généralement, la terminaison ouin ou iouin.

Ex. : thala, mare, f. thaliouin;

hiketchi, ver de terre, f. hiketchaouin;

hit’, œil, source, f. hit’t’aouin;

haχena, co-épouse, f. haχeniouin;

thalefsa, vipère, f. thilefsiouin, etc.

 

 

 

 

 

En ajoutant au radical singulier la voyelle a et en vocalisant en i le th initial.

Ex. : halilith, laurier, pl. hilila;

zallith, prière, pl. hizilla. (1)

 

 

Le mot heriχt, selle, fait au pluriel hirichin.

 

 

 

Enfin, un certain nombre de substantifs forment leurs pluriels d’une façon complètement irrégulière, ou le tirent d’une autre racine que celle qui a servi à former le nom singulier :

illi, fille plur. issi, ou tiheboukin ou himetchoukin (2)

oultema, sœur — issema.

ou mem, fils — ah ou tharoua. (3)

hamet’t’outh, femme — ised’nan

thikhsi, brebis — oulli.

ouma, frère — aithma.

bab, maître — aithbab.

elâouda, jument — hir’allin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Pour thazallith, arabe صلاة.

 

2. Pluriel du singulier hametchoukth.

 

3. En Zouaoua athou aith. Remarquer l’affaiblissement du th en h, qui a eu lieu ici à la fin du mot.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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