La Tribu des Oulad Daoud (Aurès) – 1ère partie –

15012021

 

 

 

 

 

 

Historique

 

 

 

 

 

La Tribu des Oulad Daoud (Aurès) - 1ère partie -  dans Attributs d'Algérienneté 201209082508812500

© AURÈS, TERRES DE TRADITIONS.

 

 

 

 

 

L’histoire des Oulad Daoud se trouve intimement liée à celle des Oulad Abdi. Leur point de départ commun est le Djebel Lazerek : ils formèrent deux groupes ; l’un remonta la vallée de l’Oued Abdi et l’autre se dirigea sur l’Oued El-Abiod. C’est ce dernier groupe qui forma la tribu des Oulad Daoud. Ceux-ci s’établirent d’abord dans le cours inférieur de la rivière depuis Tiraminine jusqu’à Arris, puis gagnèrent pied à pied sur les Beni Oudjana tout le territoire compris de la Déchera El Hadjedj jusqu’aux contreforts de Chelia.

 Mais, jusqu’à notre arrivée, ils ne purent occuper ce territoire d’une façon positive ; ils eurent sans cesse à lutter contre les Beni Oudjana au Nord et les Beni Bou Slimane à l’Est et au Sud ; le terrain passa tour à tour entre les mains du plus fort.

 Les Oulad Daoud luttèrent également contre leurs anciens frères de l’Oued Abdi qu’ils voulurent supplanter ; mais leurs efforts furent infructueux : ils ne purent réussir à franchir la passe de Baâli ni les autres points de passage entre les deux vallées.

 Ces guerres de tribus à tribus créèrent des rivalités sourdes qui ne sont pas encore complètement apaisées. Les Oulad Daoud et les Oulad Abdi se tiennent complètement à l’écart et n’ont encore que des relations forcées ; cette situation disparaîtra complètement quand les uns et les autres seront bien pénétrés de leurs droits respectifs.

 Malgré leur résistance rigoureuse, les Oulad Daoud devinrent tributaires des Turcs et formèrent, avec les tribus voisines, un cheikhat appelé Cheikhat de l’Aurès, sous l’autorité de Mohammed Larbi, membre très influent d’une famille des Achèches. Mais on peut affirmer que jamais aucun soldat de la régence ne foula leur sol. Les Turcs n’obtinrent pas de passer à travers la tribu pour descendre vers le Sahara.

 En 1845, en même temps que les Oulad Abdi, les Oulad Daoud firent leur soumission à la France.

 Leur tribu fut érigée en caïdat indépendant dont le titulaire a été Si Bou Diaf, fils de Mohammed Larbi, l’ex-cheikh de l’Aurès sous la domination turque.

 La part prise par les Oulad Daoud dans les différents soulèvements qui agitèrent le pays pendant quarante ans aurait dû nous faire prévoir que leur calme serait de courte durée.

 En 1849, ils s’allièrent aux insurgés des Zibans et leur révolte fut vite réprimée.

 Dix ans plus tard, ils se joignirent avec les Oulad Abdi, aux partisans de Si Saddok et se rendirent à la même époque, après la prise d’El-Ksar.

 Les Oulad Daoud ne prirent aucune part à l’insurrection de 1871 et l’on avait le droit de supposer, après les répressions sévères infligées aux tribus révoltées, que notre domination sur les indigènes était tout à fait consolidée. Mais leur esprit fanatique n’avait rien perdu de son irrésistible empire.

 En 1879, un nommé Mohammed Ben Abderrahmane, dit Ben Djerallah ou Bou Berma, originaire des Beni Bou Slimane, de Biskra, à la tête de quelques partisans recrutés dans les Oulad Daoud, alla assassiner le caïd Si Mustapha ben Bachtarzi, à Tkout, puis revint à Médina attaquer un lieutenant du bureau arabe campé sur ce point avec les trois caïds du Cercle. Le caïd Si Bou Diaf fut tué ; l’officier du bureau arabe s’échappa miraculeusement. Pendant la nuit du 5 au 6 juin, les insurgés, ayant toujours à leur tête le chérif, se rendirent à l’Oued Taga, attaquèrent le bordj du caïd Si M’hamed ben Abbès et tuèrent son fils Si El Hussein.

 Après cette série d’assassinats, toute la tribu des Oulad Daoud se souleva et marcha à la suite du chérif. Trois colonnes, parties simultanément de Batna, Biskra et Khenchela cernèrent les insurgés et les réduisirent rapidement à demander l’aman. Le désarmement fut ordonné et une contribution de guerre de 207,161 fr. fut frappée sur la tribu.

 Depuis, les Oulad Daoud ont enfin compris qu’il était plus sage de vivre paisiblement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




The Pen League – الرابطة القلمية

13012021

 

 

 

 

 

 

The Pen League - الرابطة القلمية dans Littérature 201211081523976447

 

 

 

 

 

 

 

The literary scene of the North American Mahjar is dominated by one group of writers and poets who became known as al-Râbița al-Qalamîya (The Pen League). This League came out into the open in 1920 after its members had already been closely working together since 1911. It counted ten working members such as Ameen Rihany, who wrote the first English-language Arab American novel, The Book of Khalid (1911), which traces the journey of an immigrant from Lebanon to the United States and back home again. But three of whom (ten working members) produced a substantial literary œuvre. They are: Gibrân Khalîl Gibrân (1883-1931), Mîkhâ’îl Nu’ayma (1889-1988) and îlîya Abû Mâdî (1890-1957).

 

The most productive poet was Ilîya Abû Mâdî who produced five volumes of poetry, the first of which appeared in Egypt in 1911, followed in 1919 by Dîwân Îlîya Abî Mâdî, al-juz’u al-thânî (The Diwan of Iliya Abu Madi, second part) and by the volumes al-Jadâwil (the brooks), 1927, al-Khamâ’il (the thickes), 1940 and Tibr wa-turâb (golddust and dust) posthumously published in Beirut in 1960.

 

Mikhâ’îl Nu’ayma published one volume of poetry, Hams al-Jufûn (Eyelids whispering), Beirut, 1943, which comprises all his poems written between 1912 and 1931.

 

Gibran came to the United States at age of 12, he began his career as a writer with prose poems which he published under the collective title Dam’a wa ibtisâma (A tear and a smile) in the journal Al-Muhâjir (The Emigrant), from 1903 until 1908. They were republished in one volume with the same title in New York in 1914. Gibran also composed other forms of poetry instances of which can be found in the journal al-Sâ’ih (the Traveller) in New York in the year 1916 and 1917, and he composed one long poem al-Mawâkib (The Procession), published in 1919. In 1923, he wrote and illustrated The Prophet, a book of mystical poetry, in English, and shortly thereafter, he became a celebrated writer. The Prophet, in print continuously since its publication in 1923, has sold more than 9.5 million copies and has been translated into 20 languages.

 

The members of The Pen League, who traveled between Lebanon and the United States, wrote in English as well as Arabic, often consciously tryging to bridge cultures and positing the United States as a land of opportunity and freedom.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Tribu de l’Oued Abdi (Aurès) – 3ème partie -

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La Tribu de l'Oued Abdi (Aurès) - 3ème partie - dans Attributs d'Algérienneté 201208085628393298

 

 

 

 

 

 

 

Fractions (suite)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section de Taghit Sidi Bel Kheir

 

La population de cette section, composée de 584 habitants, réside dans trois villages, appelés Taghit El Fougani, Taghit El Loutani et Taghit El Oustani, situés dans la gorge de Sidi Bel Kheir et peu éloignés les uns des autres.

Les gens de Taghit sont originaires de l’Oued Abdi : ils descendent de Bourek.

Ils ont une mosquée très connue dans l’Aurès en raison de sa situation sur le tombeau de Sidi Bel Kheir, marabout vénéré, un des fils de Bourek ; mais aucun personnage religieux n’y exerce son influence.

Taghit est à une altitude d’environ 1000 mètres. Le seul cours d’eau important de cette section est l’Oued Taghit qui prend sa source dans la plaine de Moudji à l’entrée de la gorge et va se jeter dans l’Oued Abdi, au dessous de Nouader.

Le pays est très montagneux et peu boisé. A Taghit même, une mine de mercure et de plomb argentifère avait été mise en valeur, il y a quelques années, par une compagnie anglaise. La mort d’un de ses principaux actionnaires a laissé en suspens les travaux importants déjà effectués.

Les principaux revenus des gens de Taghit sont les produits de leurs arbres fruitiers. Le peu de céréales qu’ils font dans leurs terres de culture leur permet de subvenir à leurs besoins.

Leur commerce est suffisamment important ; il consiste dans la vente du produit de leurs jardins et de leur bétail.

Le climat, malgré l’altitude de cette section, y est très tempéré et la situation sanitaire y est bonne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section de Nara

 

Le village de Nara, situé dans une gorge au bord d’un petit plateau commençant au pied du Djebel Lazereg et venant aboutir à la première ligne des crêtes de la rive gauche de l’Oued Abdi, forme la section avec plusieurs autres petits groupes (1.210 âmes).

 Les gens de Nara sont très peu favorisés sous le rapport des terres de culture ; ils ensemencent néanmoins quelques parcelles dans la tribu des Oulad Daoud où ils se sont imposés.

Les habitants de cette section diffèrent essentiellement de toutes les autres sections de l’Oued Abdi. De mœurs farouches, ils vivent très retirés et sont d’un caractère peu maniable ; ils ont été l’objet de répressions rigoureuses à la suite de

leurs mutineries.

Les sources, qui servaient autrefois à l’irrigation de leurs jardins, se sont subitement taries ; ils vivent aujourd’hui misérablement du produit de leurs maigres jardins. Cette épreuve n’a, sans doute, pas peu contribué à leur aigrir le caractère.

Depuis quelques années, les gens de Nara sont devenus meilleurs et ne donnent que très peu de sujets de plaintes, si ce n’est en ce qui concerne les délits forestiers qu’ils commettent assez fréquemment pour subvenir un peu plus largement à leurs besoins. Ces délits consistent en démasclage de pins d’alep pour la fabrication du tanin. Ils n’ont ni personnage influent ni établissementreligieux.

L’altitude de Nara est d’environ 900 mètres. Il n’existe qu’un seul petit cours d’eau insignifiant qui sert à l’alimentation des jardins. Le climat y est très doux, la situation sanitaire laisse quelque peu à désirer. Lors de la dernière épidémie cholérique il y a eu de nombreux cas. Cette situation est attribuée en grande partie, à l’état de malpropreté et de privations dans lequel vivent les habitants.

Le commerce des gens de Nara est relativement faible. Ils vendent ou échangent les produits de leurs jardins; ils n’ont pas d’industrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Section de Menaâ

 

Cette section est formée d’un seul village, Menaâ, le plus important de l’Oued Abdi. Sa population est de 897 habitants.

En dehors de leurs jardins, les gens de Menaâ n’ont pour ainsi dire pas de terres de culture ; mais ils peuvent être considérés comme les plus aisés de la tribu. Leurs belles et grandes plantations d’arbres fruitiers surpassent, comme produits, celles du cours supérieur de l’Oued Abdi. Les habitants de Menaâ sont des descendants directs de Bourek.

Menaâ est le village de la prostitution par excellence, les moeurs des habitants sont encore plus dissolues que celles des autres Abdaouïs.

Le village est par ce fait le rendez-vous de nombreux étrangers qui n’y sont attirés que par les facilités qu’ils y trouvent de se procurer des réjouissances ; ils y sont même souvent la cause de désordres.

En raison même de cet état de choses la sécurité n’y est complète qu’entre les mains d’un cheikh énergique et honnête.

C’est à Menaâ qu’existent la mosquée et la zaouïa de la famille Ben Abbès, dont la création remonte à plusieurs siècles. Le directeur actuel de la zaouïa est Si Hocine ben Abbès, parent de l’ex-caïd de l’Oued Abdi.

Menaâ est à environ 600 mètres d’altitude ; il est placé au confluent de l’Oued Bouzina et de l’Oued Abdi. De nombreuses sources qui ne tarissent jamais, arrosent abondamment toutes les terres. Le sol est très accidenté, sauf la partie réservée aux jardins.

Les arbres fruitiers d’espèces les plus variées font la richesse du pays. L’abricotier y domine et fournit en grande quantité le « Fermès », abricots séchés dont les indigènes font une très grande consommation. L’excellente qualité des terres et la douceur du climat permettent aux propriétaires de faire dans leurs parcelles diverses cultures et plusieurs récoltes par an.

Il existe à Menaâ quatre tanneries et autant de fabriques de chaussures arabes. Il y a aussi quelques bijoutiers.

La situation sanitaire de Menaâ n’est pas mauvaise ; mais il est nécessaire, vu l’agglomération, de tenir une main rigoureuse à la propreté du village.

 Une école indigène, sous la direction d’un instituteur français, créée en 1890, est fréquentée par une trentaine d’élèves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scetion d’Amentane

 

La section d’Amentane comprend une population de 770 habitants ; elle est formée de deux villages, les Oulad Abdelli et les Oulad Messaoud ben Salah, situés à 12 kilom. environ de Menaâ.

Les indigènes de cette section n’ont pas de terres de culture ; ils possèdent au-dessous de leurs habitations, des parcelles complantées de palmiers et d’autres arbres fruitiers.

 Les gens d’Amentane sont installés dans leurs villages depuis les temps les plus reculés et n’ont aucun lien de parenté avec les Oulad Abdi, dont ils diffèrent un peu au point de vue du caractère et des mœurs.

 Leurs ancêtres connus sont Abdelli et Messaoud Ben Salah, dont les villages portent les noms. Une certaine rivalité, due sans doute à d’anciennes revendications territoriales, règne entre les deux fractions ; mais cette situation n’a aucun caractère politique et tend à disparaître de jour en jour.

 Les habitants d’Amentane sont paisibles, laborieux et honnêtes ; aussi, la plus grande sécurité règne-t-elle dans leur douar. Ils n’ont ni personnage influent ni établissement religieux.

 Amentane est à une altitude de 500 mètres environ. L’Oued Abdi traverse la section dans toute sa longueur ; quelques sources d’un débit très faible alimentent les populations en eau potable.

 Le climat est chaud et la situation sanitaire bonne.

Les dattes d’Amentane sont de qualité inférieure ; elles sont livrées à des industriels de Biskra pour la distillerie ; on en tire une eau-de-vie très appréciée.

Après les dattes, leurs plus grandes transactions commerciales portent sur les abricots secs. Le miel de leurs ruches est de qualité supérieure à celui des autres villages de l’Oued Abdi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section d’Oum Er Rekha et Tagoust

 

La population de cette section est de 1.528 habitants qui vivent principalement du produit de leurs jardins et de l’élevage de leur bétail ; ils ne possèdent pas de terres de culture.

 Les gens d’Oum Er Rekha sont originaires de l’Oued Abdi ; ceux de Tagoust, plus anciennement établis dans le pays, sont également berbères ; mais il n’existe entre eux aucun lien de parenté ; aussi les mœurs diffèrent-t-elles. A Oum Er Rekha, la prostitution s’exerce librement, tandis qu’à Tagoust elle n’est pas tolérée.

 La sécurité ne laisse rien à désirer dans cette section. Cependant, il y a quelques années, Oum Er Rekha a été le refuge de plusieurs contumaces ou évadés.

 On n’y remarque aucun personnage influent ou religieux. Sur le Djebel Bous, on trouve le tombeau du marabout Si El Ouznaji Ben Bou Beker, dont la Kouba est fréquentée par de nombreux pèlerins venus de tous les points de la province ; mais c’est plutôt un rendez-vous de débauche qu’un lieu de prières. A cette occasion une grande foire se tient à Tagoust.

 Une autre petite kouba très fréquentée se trouve entre les deux villages d’Oum Er Rekha et Tagoust ; elle porte le nom d’Ali ou Yha.

 L’altitude moyenne est de 800 mètres. Le cours d’eau qui arrose le territoire est

l’Oued Bouzina, affluent de l’Oued Abdi, qui prend sa source à Koudiat El Arar, près de la plaine de Nerdi.

Les terres de culture sont très rares, les quelques parcelles qui ne sont pas utilisées en jardins sont ensemencées en blé, orge ou maïs.

Le climat d’Oum Er Rekha et Tagoust est doux, la situation sanitaire est bonne.

L’industrie est nulle. Le commerce consiste dans la vente ou l’échange des produits du sol et du bétail qui ne comporte que des chèvres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section de Bouzina

 

La section de Bouzina comprend une population de 949 âmes, qui habitent le village de Bouzina dont le nom lui vient de la source au-dessus de laquelle il est construit.

 Les indigènes de cette fraction, sont d’origine berbère ; ils se distinguent particulièrement par leur esprit d’indiscipline et par la grande dépravation de leurs mœurs.

Si la sécurité des personnes ne laisse rien à désirer, il n’en est pas de même des propriétés.

 C’est avec le produit des nombreux vols qu’ils commettent, que les jeunes gens s’offrent les faveurs des nombreuses azrias du village.

Il n’existe à Bouzina, ni personnage, ni établissement religieux.

Les habitants ensemencent quelques charrues dans l’ancien « bour » de Nerdi. Les plantations des arbres fruitiers sont très importantes ; elles constituent à peu près les seules ressources de la section.

L’altitude varie de 800 à 900 mètres. Le seul cours d’eau important est celui formé par la source de Bouzina située au bas du village de ce nom; son débit est considérable et ne tarit jamais. L’eau y est excellente et très légère.

Le climat un peu moins doux qu’à Oum Er Rekha et Tagoust, y est néanmoins très tempéré. C’est, d’après les indigènes, la limite de la zone des neiges.

 L’état sanitaire laisse depuis quelque temps à désirer : on a signalé dernièrement de nombreux cas de variole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section de Larbaâ

 

Les habitants au nombre de 640, qui composent cette section, résident dans le village de Larbaâ ; ils sont très pauvres en général et ne possèdent que très peu de terres de culture et encore moins de jardins. Ils se nourrissent pour la plupart de farine de glands.

Les plantations consistent en quelques jardins insignifiants et de peu de rapport.

L’origine des indigènes de Larbaâ est peu connue ; leur type est très différent de celui des autres fractions de l’Oued Abdi. On prétend qu’ils viennent de la commune mixte de Khenchela où il existe, d’ailleurs, une fraction de ce nom.

 Les gens de Larbaâ sont d’une constitution robuste, leur caractère est très doux, mais ils sont d’une intelligence très bornée.

 On n’a rien à dire sous le rapport de la sécurité. L’altitude de Larbaâ varie entre 8 et 900 mètres.

Le seul cours d’eau existant est l’Oued Larbaâ qui se jette dant l’Oued Fedala. Aucune source ne mérite d’être signalée.

Le climat y est très rigoureux, et l’état sanitaire très satisfaisant.

Le commerce et l’industrie y sont nuls.

 

 

 

 

 

 

 

 

N.B: Les statistiques données datent de 1894. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Tribu de l’Oued Abdi (Aurès) – 2ème partie -

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La Tribu de l'Oued Abdi (Aurès) - 2ème partie - dans Attributs d'Algérienneté 201208085628393298

 

 

 

 

 

 

 

 

Fractions

 

 

 

 

 

 

 

Section des Oulad Abderrezeg

 

La section des Oulad Abderrezeg compte 1, 315 habitants qui résident, suivant les saisons, tantôt dans la vallée de l’Oued Abdi, tantôt dans celle de l’Oued Taga. Ils passent quelques-mois de l’année seulement dans cette dernière vallée au moment des labours et de la récolte.

 

Le village de Baïou situé dans la vallée de l’Oued Taga leur sert de résidence d’été ; en hiver, il est presque complètement abandonné.

 

Les Oulad Abderrezzeg font partie, avec les Oulad Angala, de la grande fraction désignée sous le nom d’Ouled Moumen ; leur caractère est celui, à peu de chose près, des autres indigènes de l’Oued Abdi.

 

Les Oulad Abderrezzeg descendent d’un indigène de l’Ahmar Kaddou, venu contracter alliance dans l’Oued Abdi.

 

La sécurité ne laisse rien à désirer dans les décheras de l’Oued Abdi ; elle est moins complète dans l’Oued Taga où les Oulad Zian de la commune mixte d’Aïn Touta viennent s’installer en été en vertu d’anciens droits d’usage et en profitent pour commettre de nombreux attentats contre les propriétés.

 

Comme terres de culture, ils détiennent au titre Arch une grande partie du bassin supérieur de l’Oued Taga, au lieu dit Malou. Ils y cultivent les céréales : blé, orge et maïs.

 

Dans l’Oued Abdi, ils possèdent au titre Melk, de nombreux jardins plantés d’abricotiers, pêchers, noyers, grenadiers et vignes, dont les produits suffisent largement à assurer leur existence.

 

Leurs terres de l’Oued Abdi situées toutes dans le fond de la vallée sont de très bonne qualité ; les propriétaires apportent du reste dans leur entretien, un soin tout particulier. Dans l’Oued Taga leurs terres sont également de première qualité et donnent des rendements très rémunérateurs.

 

En dehors de leurs cultures, les Oulad Abderrezeg se livrent à l’élevage du bétail. Le commerce qu’ils font est très important ; aussi sont-ils considérés, à bon droit, comme les indigènes les plus aisés de la commune.

 Ils n’ont pas d’industrie proprement dite ; quelques moulins tout à fait rudimentaires sont établis sur l’Oued Taga.

 Il n’y a aucun personnage ni établissement religieux ou famille influente chez les Oulad Abderrezeg.

 Dans l’Oueb Abdi, leurs villages sont à une altitude moyenne de 1000 mètres ; dans l’Oued Taga, elle est de 1300 mètres.

 Les deux principaux cours d’eau qui arrosent les territoires habités par les Oulad Abderrezeg sont :

 1° L’Oued Abdi, qui ne coule qu’en hiver et pendant une faible partie de l’été ;

 2° L’Oued Taga qui ne tarit jamais. Ces deux oueds prennent leur source au pied du djebel Mahmel : le premier sur le versant Sud-Ouest, et le second sur le versant Nord-Est. Ils coulent donc dans des directions diamétralement opposées, l’un va se perdre dans les sables du Sahara l’autre se dirige dans la direction des Hauts-Plateaux.

 Le climat est très rigoureux dans la vallée de l’Oued Taga et très tempéré au contraire dans la vallée de l’Oued-Abdi. La situation sanitaire de cette section est excellente dans leurs deux résidences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section des Oulad Angala

 

Il n’y r rien de particulier à dire sur les Oulad Angala, qui habitent les mêmes villages et cultivent les mêmes terres que les Oulad Abderrezeg. Leur population est de 715 habitants.

 De même origine que le Oulad Abderrezeg, les Oulad Angala se subdivisent de la manière suivante :

1° Les Oulad Letifa et les Oulad Amar originaires de l’Oued Abdi ;

 2° Les Oulad Slimane venus des Achèches ;

 3° Les Oulad Abdallah et les Oulad Belkheur descendant du marocain M’Ahmed ben Abdallah qui aurait épousé la fille d’un cheikh de l’Oued Abdi ;

 4° Les Oulad Amor originaires en partie de l’Oued Abdi et l’autre partie descendant d’un nègre serviteur d’un chef de cette tribu.

 La première alliance des Oulad Angala est fort ancienne ; c’est celle contractée avec les Oulad Abdallah dont le chef, Si M’Ahmed, a épousé la fille de Belkheir ben Ali Bourek, la nommée Angala, d’où le nom donné à la section.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section des Oulad Azzouz

 

La section des Oulad Azzouz est beaucoup moins importante que les deux précédentes ; elle comprend une population de 644 habitants qui résident tantôt dans l’Oued Abdi, tantôt dans l’Oued Taga. Dans l’Oued Abdi, ils n’ont qu’un seul village appelé Oulad Azzouz. Dans l’Oued Taga, ils occupent le village d’Ali Gadeur et habitent sous la tente la partie de la vallée désignée sous le nom de Firès.

 Les Oulad Azzouz sont originaires de l’Oued Abdi ; ils descendent de Bourek, l’ancêtre des Oulad Abdi et des Oulad Daoud. Ils se divisent en deux fractions appelés Oulad Aksa ben Ali et Oulad Ahmed ben Rahmoun.

 Les gens des Oulad Azzouz sont d’un caractère paisible.

 Il n’y a dans cette section, ni famille influente, ni établissement religieux.

 Le climat est très rigoureux dans cette région dont l’altitude moyenne est de 1.700 mètres.

 La situation sanitaire de la section est bonne, sauf dans l’Oued Taga, où les fièvres paludéennes éprouvent les habitants.

 Les terres de culture sont situées dans la vallée de l’Oued Taga et les jardins, dans l’Oued Abdi.

 Les habitants cultivent les céréales et élèvent le bétail ; ils ont aussi quelques vergers plantés principalement de noyers.

 Le commerce qu’ils font est assez important ; ils n’ont aucune industrie réelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Section de Baali et Tletz

 

La section de Baali et Tletz a une population de 1.022 habitants qui résident alternativement dans l’Oued Abdi et dans l’Oued Taga. Leurs principales résidences sont Baali et Tletz situés dans l’Oued Abdi, et Bou Amar dans la vallée de l’Oued Taga.

 Les habitants sont autochtones, ils descendent de Bourek. Leur caractère comme celui de tous les gens de l’Oued Abdi est paisible. Ils appartiennent aux quatre fractions principales qu’a formées la tribu de l’Oued Abdi proprement dite, savoir : Oulad Ali ben Youssef, Oulad Mahdi, Oulad Masselem, et Oulad Amar ben Daoud.

 Il n’existe dans cette fraction, ni établissement religieux, ni personnage influent.

 La sécurité y est complète dans les villages de Baali et Tletz ; elle est moins grande à Bou-Amar.

 Comme terres de culture, les indigènes détiennent quelques parcelles dans l’Oued Taga, leurs jardins sont situés dans l’Oued Abdi.

 Le climat est rigoureux à Bou Amar, la situation sanitaire laisse un peu à désirer. Pendant les chaleurs, les fièvres paludéennes y sévissent avec assez d’intensité.

 Le commerce des gens de cette section consiste dans la vente ou l’échange des produits de leurs jardins ; ils font également d’importantes transactions avec leur bétail.

 

 

 

 

 

 

 

 

Section d’Haïdous et Teniet El Abed

 

Cette section ne comprend que les deux villages qui lui ont donné nom ; ils sont situés dans la vallée de l’Oued Abdi à 5 kilomètres environ au-dessous de Baâli.

 La population de cette section est de 1.396 habitants parmi lesquels se trouvent en assez grand nombre des gens appartenant aux Oulad Abderrezeg et aux Oulad Angala. Comme il est dit au début, ces familles restent placées sous l’autorité de leurs cheikhs respectifs.

 Les Haouadsa sont originaires du Maroc et ne forment qu’une fraction appelée Oulad Aïssa ben Hidous.

 Deux personnages religieux existent dans cette section : Si Mohammed ben Si Ahmed Amzian, de l’ordre des Rahmania, dirige dans le village de Haïdous, une petite zaouia, où il enseigne le coran à des Tolbas de l’Oued Abdi.

 A Teniet El Abed, le marabout ben Si Bel-kacem, chef religieux de l’ordre des Rahmania, enseigne le Coran et la Jurisprudence d’après Sidi Khelil ; ses tolbas sont recrutés dans l’Oued Abdi, où il exerce une certaine influence au point de vue religieux.

 Les terres de culture consistent principalement en vergers et potagers. Les habitants possèdent aussi quelques parcelles dans l’Oued Taga et la plaine de Nerdi où ils cultivent des céréales. En dehors de ces terrains, le sol est généralement rocheux et même très accidenté aux abords des villages de cette section.

 Les arbres fruitiers : abricotiers, pêchers, noyers, grenadiers, vigne et plantes potagères sont les principales cultures des habitants.

 Le climat y est sain et tempéré. 

Le principal commerce des gens de Haïdous consiste en la vente ou l’échange des céréales, des produits de leurs jardins et dans la vente de leur bétail. L’industrie y est nulle.

 L’altitude de Haïdous et Teniet El Abed est évaluée à environ 1.000 mètres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section Ras Ed Draâ

 

On compte 958 habitants dans la section de Ras El Draâ, compris dans les villages de Medrouna, Tiskifine, et Hellaoua, situés immédiatement au-dessous de ceux de Haïdous et Teniet El Abed.

 De race aborigène, les gens de Ras Ed Draâ, appartiennent aux fractions de l’Oued Abdi, Oulad Ali ben Youssef, Oulad Madhi.

 Les habitants cultivent surtout les arbres fruitiers et les légumes ; ils en échangent les produits contre des céréales servant à leur alimentation. Ils élèvent le bétail et principalement la race caprine.

 Les quelques parcelles de terre de culture qu’ils possèdent sont situées dans la plaine de Nerdi et leurs jardins et potagers, au-dessous de leurs villages.

 A Médrouna réside Si El Hachemi ben Si Ali Dardour, personnage religieux, Mokkadem de l’ordre de Trikat El Habab. Ce marabout a été interné en 1880 pour avoir causé par ses intrigues du désordre dans la tribu.

 

Il a été gracié en 1890. La secte à laquelle il appartient ne compte qu’un très petit nombre de Khouans.

 A Hellaoua se trouve le nommé Mohammed Amzian ben Nara Khouni, de la même secte, qui a été interné en même temps que si El Hachemi ; il a été gracié eh 1884.

 L’altitude moyenne de Ras Ed Draâ est de 900 mètres, cette section est traversée par l’Oued Abdi.

 On trouve, à Medrouna, une source importante dont les eaux servent à l’irrigation des jardins plantés dans le ravin qui descend dans l’Oued Abdi. 

Le climat y est tempéré et la situation sanitaire ne laisse rien à désirer.

La seule industrie du pays consiste dans l’élevage des abeilles. Leurs ruches procurent un miel assez apprécié.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Section d’Arb El Oued Abdi

 

La section d’Arb El Oued Abdi est celle qui compte le plus de villages. Ce sont : Chir, sur la rive droite de l’Oued Abdi, El Loutani, Meddour, Nouader, Akhrib, Ghezal sur la rive gauche.

 La population totale de cette fraction est de 2.091 habitants. Comme les indigènes de Ras El Draâ, les gens d’Arb El Oued Abdi ne possèdent que peu de terres de culture situées dans la plaine de Nerdi et dans El Malou de Larbaâ. Leurs principaux biens sont situés dans l’Oued Abdi et consistent en arbres fruitiers.

 Les gens de cette section ont la même origine et appartiennent aux mêmes fractions que ceux de Ras Ed Draâ.

 Ils n’ont ni établissement religieux ni personnages-influents.

L’altitude moyenne est d’environ 700 mètres.

 Le cours d’eau principal est l’Oued Abdi. A proximité de tous les villages de la rive gauche on trouve des petites sources qui suffisent à alimenter les populations en eau potable.

 Toutes les décheras de la rive gauche sont construites sur un sol très accidenté. Chir, sur la rive droite, est situé sur la route de Baali à Menaa, et par exception, très accessible.

 C’est dans ce dernier village que résident le cadi de la circonscription et le cheikh de la section.

 L’exploitation des ruches à miel est la seule industrie des indigènes de cette section. Le climat y est tempéré et la situation sanitaire y est bonne.

 

 

 

 

 

 

 

N.B: Les statistiques données datent de 1894.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Mission scientifique de Mr Ernest Chantre -1881- (5ème partie)

5012021

Sous-directeur du Museum de Lyon, dans la Haute Mésopotamie, le Kurdistan et le Caucase.

 

 

 

 

 

V, Kurdistan, de Bitlis à Bayazid / Photographies de Mr le Capitaine Barry

 

 

 

 

 

 

 

 

Mission scientifique de Mr Ernest Chantre -1881- (5ème partie) dans Photos 201203082018589383

Gorge de la rivière de Bitlis. (Kurdistan)

 

 

 

 

201203082510481349 dans Photos

Pont sur le Bitlis. Faubourg de Zeden à Bitlis. (Kurdistan)

 

 

 

 

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Le vieux château de Bitlis et jonction des affluents formant la rivière de Bitlis. (Kurdistan)

 

 

 

 

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Ville et rivière de Bitlis, faubourg du pont amerdal. (Kurdistan)

 

 

 

 

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Vue du faubourg de Takyclas et du vieux château de Bitlis, prise de la colline de Schouyas. (Kurdistan)

 

 

 

 

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Kurdes Moutkans, Bitlis

 

 

 

 

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Lac de Van, baie de Tadwan, les monts de Nemroud. [Tatvan, Turquie]

 

 

 

 

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Vue générale du rocher et de la forteresse de Van.

 

 

 

 

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Le rocher de la ville de Van.

 

 

 

 

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Le rocher et la ville de Van.

 

 

 

 

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La ville et la citadelle de Van.

 

 

 

 

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Une rue de Van.

 

 

 

 

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La ville et lac de Van, les montagnes de Siphon-Dagh.

 

 

 

 

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Vue du lac de Van et des montagnes au sud du lac.

 

 

 

 

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Déjeuner chez des riches Arméniens de Van.

 

 

 

 

 

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Femmes Arméniennes de Van.

 

 

 

 

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Arméniens de Van.

 

 

 

 

 

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Fouilles de Toprakale à 4km de Van, Monsieur Gaillard chef du service télégraphique international de Van.

 

 

 

 

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Fouilles de Toprakale, acropole assyrienne, à 4km de Van, le vice-consul de Russie et Madame Camsaragan, Monsieur Gaillard chef du service télégraphique international de Van.

 

 

 

 

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Charrue à l’est du Lac de Van.

 

 

 

 

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Foyer d’une maison en ruines au pied du château de Pergri.

 

 

 

 

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Campement de Mousa-hara, chef des kurdes Haidéranly, Vallée de l’ Abaga.

 

 

 

 

 

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Kurdes Haidéranly avec leur chef Mousa-hara, Vallée de l’ Abaga.

 

 

 

 

 

 

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Kurdes Haidéranly, Vallée de l’ Abaga.

 

 

 

 

 

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Kurdes Haidéranly, Vallée de l’ Abaga.

 

 

 

 

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Panorama de la ville de Bayazid.

 

 

 

 

 

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Intérieur de la mosquée de Bayazid.

 

 

 

 

 

 

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Entrée de la mosquée de Bayazid.

 

 

 

 

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Intérieur de la cour de la mosquée de Bayazid.

 

 

 

 

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La mosquée et la partie ruinée de Bayazid.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Tribu de l’Oued Abdi (Aurès) – 1ère partie -

3012021

 

 

 

 

 

 

La Tribu de l'Oued Abdi (Aurès) - 1ère partie - dans Attributs d'Algérienneté 201207100918681740

 

 

 

 

 

 

 

Historique

 

 

 

Les Oulad Abdi, à part quelques fractions créées par des étrangers alliés aux Berbères, sont aborigènes ; ils descendent des peuplades guerrières désignées par les auteurs latins et grecs sous le nom de Gétules ou Maures et Zenètes par les auteurs arabes. Le rôle important joué par ces peuplades dans les grandes guerres qui ont ensanglanté pendant des siècles le Nord de l’Afrique, a été longtemps laissé dans l’ombre.

 

Depuis la colonisation de l’Algérie, et grâce à de savantes recherches, on a pu mettre à jour des faits dont le souvenir était effacé par le temps.

 

Sous la domination de Carthage, ces peuplades vivaient dans l’indépendance absolue. Il est à présumer que quelques-unes d’entre elles se soumirent à l’autorité de cette république, mais que par suite même du système d’occupation en usage chez les Carthaginois, il leur était facile de s’y soustraire.

 

Les Libyens et les Gétules s’unirent pour renverser les Carthaginois. Après la chute de Carthage, Rome eut à lutter contre Jugurtha, roi numide descendant de Massinissa, qui avait levé le drapeau de l’indépendance et fait massacrer tous ses parents dévoués à la puissance romaine. Jugurtha trouva dans les Gétules de nombreux et précieux auxiliaires. Les Romains, contraints par les événements ou poussés par l’esprit de conquête, fondèrent une colonie dans le nord de l’Afrique.

 

Sous Tibère, leur marche progressive s’arrêtait à l’Aurès qui ne fut franchi que vers le commencement du IIe siècle, époque à laquelle ils se portèrent au-delà de Biskra, jusqu’aux bords de l’Oued Djedi.

 

Après la mort de César, il y eut un grand soulèvement des populations indigènes. Les gens de l’Aurès et plusieurs autres peuplades gétules parcoururent tout le territoire romain et le pillèrent.

On suppose que l’Aurès était la base d’opérations d’un de leurs chefs, Taiformas, qui soutint contre Rome une guerre acharnée.

 

C’est à la suite de ces soulèvements continuels que les Romains durent placer une légion à Lambèse. A cette époque, il est vrai que leurs possessions ne s’étendaient pas au-delà ; ce n’est que sous Trajan qu’ils portèrent leurs frontières jusqu’à Biskra.

 

Sous le règne d’Antonin le Pieux, vers l’an 145, le pays fut troublé par une révolte des Gétules, à laquelle prirent très probablement part les gens de l’Aurès. C’est en réprimant cette révolte que la VIe Légion, venue de Syrie pour renforcer la IIIe Légion placée à Lambèse, traça à travers le massif Aurasien, une route stratégique qui allait de Lambèse à Tehouda par le défilé de Tiraninime.

 

Une inscription, encore existante, fut gravée dans ce défilé en souvenir du passage de la Légion. L’Aurès fut dès lors occupé militairement ; une colonie Romaine s’installa sous Marc Aurèle et Veras ( 161 à 169), à Menaâ, sur l’Oued Abdi.

 

Depuis les guerres du Donastisme jusqu’à l’invasion des Vandales en 428, on ne relève rien de particulier en ce qui concerne l’Aurès.

 

Ces barbares vinrent en Afrique à la suite de rivalités entre le comte romain Boniface et le général Actius, sous le règne de Placidie, qui avait pris, avec le titre d’Augusta, toute l’autorité de l’Empire romain. Boniface les avait appelés à son aide, pour participer à la lutte contre l’armée romaine que Placidie avait envoyée en Afrique pour le châtier de son refus de se rendre à Rome sur son ordre.

 

Boniface avait promis à ses alliés de partager avec eux les possessions romaines du nord de l’Afrique, mais les Vandales après avoir vaincu les troupes impériales ne s’arrêtèrent pas aux limites fixées et, se retournant contre Boniface, le battirent à Guelma. Leur chef, Genséric, conclut ensuite avec Valentinien le traité d’Hippône qui cédait au roi Vandale la Mauritanie et la partie occidentale de la Numidie. En 439, Genséric rompit ce traité et, sans déclaration de guerre, s’empara de Carthage.

 

Les Romains étaient chassés de l’Afrique.

Les Maures apportèrent à Genséric un concours important et dévoué dans ses expéditions ; ils voyaient en lui un libérateur.

 

D’après les auteurs, l’Afrique jouit pendant un certain temps d’une paix relative, mais à l’avènement de Huneric, qui succéda à son père Genseric, les soulèvements recommencèrent et l’Aurès se déclara indépendant.

 

En 484, les Vandales battus en brèche par les indigènes et attaqués en même temps par les Byzantins qui cherchaient à reconquérir leurs anciennes possessions romaines d’Afrique, virant leur puissance tomber de jour en jour et, vers l’an 533, l’empereur Justinien leur porta le dernier coup.

 

Grâce aux succès nombreux des généraux Bélisaire et Salomon, Justinien put reconstituer les provinces romaines, mais après la disparition de Bélisaire, l’insurrection éclata. Un roi de l’Aurès, Yabdas, profita de cette perturbation pour aller avec ses troupes dévaster la Numidie.

 

Salomon dirigea avec insuccès une expédition pour châtier Yabdas (535). Cinq ans plus tard, il fit une tentative plus heureuse et la prise de Tumar (point non encore déterminé) lui permit de franchir les défilés de l’Aurès.

 

Les Byzantins purent exercer leur autorité sur tout le pays occupé autrefois par les Romains, mais les révoltes continuelles dues à la mauvaise administration des gouverneurs ne tardèrent pas à amener leur chûte. Le patrice Grégoire, après la mort de l’exarque Héraclus, s’empara du pouvoir, s’allia aux Maures et se déclara indépendant. Mais le règne de ce dernier ne dura pas longtemps.

 

Ayant voulu s’opposer à une incursion des Arabes, dans la Tripolitaine, il fut battu par ces derniers et l’Afrique devint une dépendance du Kalife. Son gouvernement fut confié à Okba ben Nafi qui, au retour d’une expédition dans le Maghreb, fut attaqué et mis à mort à Tehouda par des Berbères révoltés, à la tête desquels s’était placé un nommé Kocéila, dont l’autorité fut reconnue par les Berbères.

 

Dans une nouvelle expédition, où les Arabes prirent leur revanche, Kocéila fut tué à son tour par les Berbères dispersés, mais les vainqueurs ne profitèrent pas de leur victoire.

 

A dater de ce moment, l’anarchie la plus complète régna dans la Berberie. Les Arabes revinrent à la charge et les troupes byzantines réduites, regagnèrent Constantinople, abandonnant pour toujours leur colonie d’Afrique.

 

C’est à cette époque (697) qu’une femme d’une rare énergie fait son apparition. La Kahena, qu’on s’est plu à appeler la « Jeanne d’Arc berbère », originaire de l’Aurès, avait acquis une très grande influence sur toutes les populations aurasiennes.

On lui attribuait une grande puissance de divination.

 

A l’approche des Arabes, vainqueurs des Byzantins, La Kahena qui, à la mort de Kocéila s’était enfermée dans les montagnes de l’Aurès avec les débris de son armée, appela aux armes toutes les tribus, se porta à leur tête au-devant de l’ennemi et l’attaqua dans la plaine de la Meskiana. Après une lutte longue et sanglante, l’avantage resta du côté des Berbères.

 

A la suite de cette victoire, l’autorité de La Kahena devint prépondérante dans le Maghreb, mais par crainte d’une nouvelle invasion, la reine de l’Aurès prit des mesures qui n’étaient pas faites pour lui concilier les sympathies des populations.

 

Elle dévasta la contrée que pouvait parcourir l’ennemi, ruinant ainsi un grand nombre de propriétaires dont la patriotisme n’allait pas jusque là. Aussi, quand six ans plus tard les Arabes reparurent pour recommencer leur conquête, La Kahena ne réussit à mettre sur pied qu’un très faible contingent de partisans. Trahie par un jeune arabe nommé Khaled, qu’elle avait adopté, elle succomba après une lutte acharnée. On suppose que ce dernier combat pour l’indépendance berbère, eut lieu dans l’Aurès. Les tribus indigènes de l’Est firent leur soumission et aidèrent les Arabes à achever leur conquête.

 

Les Turcs n’ont jamais occupé militairement l’Oued Abdi ; ils n’ont fait que traverser la tribu pour se rendre à Biskra.

 

De tous temps l’Aurès fut le refuge des insoumis. Après la prise de Constantine, Ahmed Bey vint s’y installer; l’ancien khalifa de l’émir Abdel-Kader, Si Ahmed bel Hadj, vint également s’y cacher.

 

Lorsqu’en 1837, les Français prirent Constantine, la tribu des Oulad Abdi était divisée en deux cheikats, sous l’autorité d’un des membres de la grande famille des Oulad Belkassem des Achèches, Mohammed ben El Arbi. Ce fut lui qui envoya son fils Taïeb faire sa soumission au général de Négrier.

 

Mohammed ben El Arbi, d’un âge déjà très avancé, n’avait plus l’énergie nécessaire pour faire respecter son autorité.

 

Le Gouvernement français profita d’un voyage de Si Mohammed ben El Arbi à la Mecque pour démembrer le commandement de l’Aurès et former plusieurs caïdats qui furent donnés aux membres de sa famille. Si M’Ahmed bel Abbès fut nommé caïd des Oulad Abdi et des Ouled Zian.

 

En 1845, une colonne commandée par le colonel Bedeau parcourut tout le massif de l’Aurès pour le soumettre, entra par Foum Toub dans la vallée de l’Oued Taga ; elle remonta cette rivière, passa par la vallée de l’Oued Abdi, brûla les villages de Haïdous et de Teniet El Abed qui donnaient asile, depuis 1837, à Ahmed Bey. La colonne remontant ensuite l’Oued El Abiod jusqu’à Médina, surprit et défit à Bou Hamama tous les contingents des Beni Bou Slimane et de l’Ahmar Khaddou.

 

A partir de ce moment (août 1845), l’autorité française était reconnue dans l’Aurès, mais, depuis, plusieurs soulèvements se sont produits.

 

D’après les dires des anciens de la tribu, ces insurrections seraient bien plutôt dues à la mauvaise administration de certains chefs qui les pressuraient de toutes façons, qu’à une tendance naturelle des indigènes à la révolte ; mais il y a lieu d’apporter une certaine réserve dans ces appréciations et de croire que leur fanatisme les poussant à la haine du chrétien, n’y était pas complètement étranger.

 

En 1848, après les opérations dans la province de Constantine, le colonel Canrobert, commandant la subdivision de Batna, après avoir parcouru le Belezma et le Hodna, s’était engagé, au Sud, dans le djebel Aurès où le drapeau français ne s’était pas montré depuis trois ans, aussi les montagnards inclinaient-ils de plus en plus à l’indépendance. La colonne se composait d’environ 3.000 hommes. Parmi les populations surprises, les unes avaient fait leur soumission, les autres évacuaient leurs décheras en hâte, essayant de s’échapper par le Sud dans le Zab.

 

Averti qu’au nombre des émigrants se trouvait l’ancien Bey de Constantine, Ahmed, le colonel Canrobert se hâta de faire occuper par le chef d’escadron de Saint-Germain, commandant supérieur de Biskra, les débouchés méridionaux de l’Aurès et se mit lui-même à la poursuite du fugitif. Le 5 juin 1848, cerné de tous côtés : au Nord par la colonne de Batna ; au Sud par les goums du commandant de Saint-Germain ; un peu partout par les Kabyles, qui voulaient se faire pardonner leur insoumission, Ahmed Bey écrivit au colonel Canrobert pour lui demander l’aman, et sans même attendre l’effet de sa lettre, il se remit entre les mains du commandant de Saint-Germain, plus rapproché de lui, imitant ainsi Abdelkader qui, ayant voulu se rendre à Lamoricière, avait rencontré d’abord le colonel Montauban.

 

Ce fut à Biskra, deux jours après, que le colonel Canrobert reçut la soumission du personnage considérable qui, depuis onze ans passés, ne laissait pas d’avoir encore des partisans secrets dans Constantine et d’exercer une influence réelle dans l’Aurès.

 

La soumission de l’ancien Bey était sincère. Las des aventures, fatigué des privations, il obtint d’achever paisiblement, dans Alger même, une vie déjà longue et longtemps tourmentée.

 

En 1849. les Oulad Abdi, sous la conduite de Bouzian, attaquèrent la Smala de Si M’Ahmed ben Abbés, campée à l’Oued Taga.

 

Les Ouled Zian, accourus au secours de leur caïd, dispersèrent les révoltés et cette mutinerie n’eut pas d’autre suite.

 

Mais, un peu plus tard, en 1850, après la prise mémorable de Zaatcha, le foyer de l’insurrection venait de s’éteindre dans le sang; mais le feu qui, pendant la longue fureur de l’incendie, avait gagné l’Aurès, couvait encore dans quelques recoins de ses étroites vallées.

 

Le 27 janvier, le colonel Canrobert entra dans l’Aurès et commença de descendre la vallée de l’Oued Adbi. Jusque là, tout alla assez bien ; les villages, sans beaucoup d’empressement d’ailleurs, apportèrent leur témoignage de soumission, en paroles un peu plus qu’en argent. Mais les gens de Nara refusèrent nettement argent et paroles. Le colonel, à cause de la saison rigoureuse, inclinait à renvoyer au printemps le châtiment de ces réfractaires, quand leur insolence lui fit une obligation de ne plus attendre.

 

Nara était un ensemble de trois villages bâtis sur les rives escarpées d’un petit affluent de l’Oued Abdi. Le plus important couronnait un rocher isolé, à soixante mètres environ au-dessus du ravin.

 

On n’y pouvait accéder que par des degrés entaillés dans le roc et tous les abords étaient commandés par des tours solidement construites. Il existe, encore aujourd’hui, quelques vestiges de ces repaires dans le Djebel Lekal. Tous les

indépendants, les fanatiques de la montagne, s’y étaient donné rendez-vous.

 

Déjà, au mois d’avril de l’année précédente, une expédition avait été dirigée contre Nara par le colonel Carbuccia, mais elle s’était réduite à la destruction d’un de ses villages inférieurs et au jet de quelques obus dans celui qui pouvait passer pour être la citadelle. Bref, les montagnards en avaient tiré plutôt un motif de gloire qu’un conseil de modération et de prudence.

 

D’après le plan du colonel Canrobert, Nara devait être attaqué directement par deux colonnes et tourné par la troisième. L’exécution de ce plan commença le 4 janvier 1856. Les colonnes d’attaque avaient respectivement pour chefs les commandants Bras-de-Fer et Lavarande ; c’était avec la première que s’était réservé de marcher le colonel Canrobert. La colonne tournante était sous les ordres du colonel Carbuccia.

Celle-ci, ayant prononcé son mouvement et gagné les derrières de l’ennemi, l’affaire s’engagea le 6 au point du jour, elle fut achevée en moins de deux heures.

 

Des défenseurs de Nara, cernés de toutes parts, il n’échappa à la cavalerie, qui s’était lancée à leur poursuite, qu’un petit nombre de fugitifs. Les trois villages furent complètement détruits.

 

Après la ruine de Zaatcha, celle de Nara porta le dernier coup aux derniers fauteurs d’insurrection dans le sud. L’Aurès pouvait être considéré comme pacifié ; tel n’était pas et ne devait pas être de longtemps encore l’état de cette région.

 

En effet, en 1859, quelques fractions de la tribu de l’Oued Abdi se sont ralliées aux partisans de Si Saddok ; mais cette révolte fut vite réprimée et dès la prise d’El Ksar, les gens de l’Oued Abdi demandèrent l’aman.

 

En 1879, les Oulad Abdi ne prirent aucune part directe à l’insurrection des Oulad Daoud. Néanmoins, il est certain que de nombreux Abdaouïs assistèrent à la prise du bordj de l’Oued Taga. On attribue même le meurtre de Si Hassein Bel Abbès, fils du caïd, à un indigène de Chir qui avait, dit-on, une vengeance personnelle à satisfaire. Des témoins oculaires affirment que lors de l’attaque du bordj, le chérif Ben Djerallah avait conjuré ses partisans de laisser la vie sauve au fils de Si M’ Ahmed. Le

véritable assassin de Si Hassein fut, d’ailleurs, traqué dans le pays, et ce n’est qu’après avoir bravé de la façon la plus ironique tous les cheikhs lancés à sa poursuite et le caïd lui-même qu’il fut pris. On le mutila horriblement et il fut étranglé à Bouzina dans un silos.

 

Depuis, l’Oued Abdi est rentré dans le calme. Les populations laborieuses se livrent sans crainte à leurs travaux agricoles ; elles ont compris que nous voulions leur tranquillité et leur bien-être.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Architecture Berbère – 1ère partie –

1012021

 

 

 

 

 

 

 

On ne peut nier l’existence d’une architecture berbère, un art qui présente de multiples facettes qui a pu subir quelques contagions, mais un art qui, des côtes de l’Atlantique à la Libye, affiche sa parenté, celle d’une civilisation que le temps ni les aléas de l’Histoire n’ont pas condamnée ; étonnante pérennité qui a subi, à toutes les époques, l’assaut de l’étranger sans se laisser emporter par le vent de l’Histoire.

 

Cet art ne se manifeste pas par des monuments prestigieux aux imposantes dimensions et au décor somptueux. Il n’utilise pas de matériaux nobles tels que le marbre, la pierre de taille, le bronze, le cuivre, voire l’or ou la céramique émaillée, il n’a ni la puissance des réalisations antiques, ni la hardiesse des cathédrales médiévales. S’il fallait définir en un mot cette architecture, nous dirions qu’elle est essentiellement familiale, ce terme signifiant aussi bien la famille nucléaire que la tribu. Point de réalisations royales qui mettent en œuvre des centaines d’esclaves et qui utilisent les techniques les plus perfectionnées. On utilise le matériau trouvé sur place, la terre, qui, deviendra le pisé, les cailloux, ramassés sur la hamada ou sur les pentes de la montagne, le bois des palmiers, des cèdres ou des pins des forêts du Haut ou du Moyen Atlas. Certes, l’architecture religieuse subi les contraintes imposées par la tradition islamique, mais elle marque son originalité dans des formes très particulières, pratiquement inconnues ailleurs, telles les mosquées du Mzab ou du Sud Algérien ; mais, les réalisations les plus spectaculaires sont sans doute ces grands palais du Haut Atlas marocain ou ces greniers-citadelles des ksours, de l’Aurès ou du Sud Tunisien.

 

 

 

 

Architecture Berbère - 1ère partie -  dans Architecture & Urbanisme img-1-small580

Mosquée et zaouïa à Jerba (photo G. Camps).

 

 

 

 

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Mosquée de Beni Isguen (Mzab) (plan Y. Bonète).

 

 

 

 

 

 

L’art religieux

 

Nous ne retiendrons que les monuments les plus typiques.

 

Les mosquées de Djerba : dispersées dans la palmeraie, les anciennes mosquées de Djerba (ancienneté toute relative) ont subi l’influence de la Libye toute proche ; elles en ont retenu la forme des minarets ronds effilés, peu élevés, coiffés d’un dôme, les salles de prière trapues, couvertes de coupoles, les cours exiguës. Construites en pierre et blanchies à la chaux, elles ne sont sans doute pas vraiment représentatives de l’art berbère ; on y trouve des influences ottomanes certaines, celles surtout des provinces autrefois rattachées à la Sublime Porte et plus précisément celles des villages du Haut-Nil, de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine.

 

 

 

Les mosquées du Mzab : Beaucoup plus étonnantes sont les mosquées du Mzab juchées au sommet de la cité, leur minaret en tronc de pyramide effilé dressé sur le ciel. Le plan complexe de la Grande Mosquée de Ghardaïa atteste de nombreux remaniements et plusieurs agrandissements ; tous les murs sont gauches, probablement en raison de la déclivité du terrain ; les alignements de piliers dans la salle de prière sont très rarement assurés, la cour, réduite et amputée par trois nefs est de guingois ; les piliers sont reliés par des arcades grossièrement façonnées disposées dans le sens nord-sud. Pas de décor. Les matériaux sont le pisé et la brique, la couverture est composée de troncs de palmiers supports de terrasses, mais on rencontre également des voûtes d’arêtes, voire des plafonds de pierres plates. Une section est réservée aux Ikhouān, une autre est destinée aux femmes. Le minaret se trouve en partie dans l’oratoire ; enduite de multiples couches de chaux superposées, la tour se dresse, carrée, s’effilant vers le haut, terminée par quatre pointes angulaires. A ses côtés existe toujours la petite cour en tronc de pyramide, sans doute aussi âgée que la mosquée. Deux miḥrâb-s ouvrent sur la cour… Plus réguliers se présentent les plans des autres mosquées principales de la pentapole : Celui de Beni Isguen, où l’on décèle divers agrandissements, se développe en largeur sur environ 63 mètres et en profondeur sur 26 mètres ; son minaret assez semblable à celui de Ghardaïa se trouve en partie dans l’oratoire, bordé au nord et à l’ouest par une petite cour, les salles d’ablution sont en sous-sol. Plus petites sont les mosquées de Mélika, de Bou Noura, d’El-Atteuf. Outre ces oratoires, il faut mentionner la très belle mosquée dite de Sidi Brahim, aux angles arrondis et aux murs percés de lucarnes et également la mosquée funéraire du cimetière de Beni Izguen avec ses multiples arcades ; puis les oratoires éloignés dans la palmeraie de Beni Izguen ou d’El-Atteuf. Toutes ces curieuses constructions, blanchies à la chaux, avec leurs arrondis, leurs ruptures de volumes, leurs ouvertures distribuées un peu n’importe comment, évoquent une architecture révolutionnaire et l’on a pas manqué d’y voir des créations d’avant-garde du type « Le Corbusier ».

 

 

 

 

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Ghardaïa (Mzab), vue générale (photo L. Golvin).

 

 

 

Dans les confins du Sahara algérien, il faut citer les beaux minarets de terre de Bou Chagroun, dans les Zibans, ceux de Sidi Khalif, de Doucen (Ziban), ce dernier très élevé, et en tronc de pyramide qui évoque celui de terre, aujourd’hui disparu, d’Ouled Djellal, la curieuse tour d’El-Bordj qui, sur une base carrée en briques cuites, possède un fût prismatique prolongé d’un cylindre porteur d’un lanterneau, le minaret de Temmacin, l’un des plus beau du Sud Algérien offre une tour carrée construite en briques appareillées en réseaux losangés apparemment inspirés par le Maroc.

 

On doit également citer les mosquées du Souf aux multiples coupoles grises boursouflées, semblables à des nids d’hirondelles, ou lisses et blanchies à la chaux, leurs tours peu élevées, carrées, leurs cours étroites où les élèves se groupaient autour du mu‛allem, à l’ombre du minaret, aux heures chaudes de l’été.

 

A Melika, on notera les étranges tombeaux de Sidi Aïssa dressant sur le ciel des espèces de cierges arrondis enduits de multiples couches de chaux et, à Metlili des Chaamba, de pittoresques coupoles à pinacles.

 

Cette architecture religieuse n’a nulle part son équivalent en pays arabe et, si l’on veut, çà et là, déceler des emprunts à des types connus au Maghrib, elle a suffisamment de caractère pour se distinguer nettement de l’art dit arabe, celui de l’Ifrîqiya influencé par l’Orient ou celui du Maghrib al-Aqṣâ marqué par l’art de l’Espagne musulmane. Il est à noter que les grandes dynasties berbères qui régnèrent sur l’Afrique du Nord, Zîrides, Ḥammādides, Almoravides, Almohades, Ḥafṣides, Marinides et Abd al-Wādides, ont adopté d’emblée et sans exception l’art de l’Orient ou celui de l’Occident hispano-musulman, tandis que se perpétuait, au Sahara, une architecture religieuse rurale sans doute définie dès le haut Moyen Age.

 

 

 

 

 

Référence :

L. Golvin, « Architecture berbère », Encyclopédie berbère [En ligne], 6 | 1989, document A264, mis en ligne le 01 décembre 2012 ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Ašir (Achir) Toponyme

30122020

(Ph. Leveau)

 

 

 

 

 

Ce toponyme est connu par le royaume ziride puis hammadite dont Achir (Ašīr) dans le Titteri, à 45 km à l’ouest de Boghari fut une capitale. Son sens n’a pas été expliqué mais il doit être indiscutablement mis en rapport avec l’existence de ruines. Quelques exemples figurent dans l’index des noms de lieux modernes de l’Atlas Archéologique de lAlgérie de S. Gsell (Paris-Alger 1911).

 

 

Un inventaire systématique des vestiges archéologiques de l’arrière-pays de Cherchel a montré que, chaque fois, il correspondait à des ruines d’habitat ancien. Il se présente sous la double forme d’Achir suivi d’un complément (Achir ou Illou) ou de complément d’un autre toponyme (Titouchir : la source d’Achir ; Tizi Ouchir : le col d’Achir ; Lari Ouchir : la forêt d’Achir). Ce toponyme apparaît peut-être au pluriel dans Iché-réne, nom porté par un ensemble de ruines correspondant à une bourgade d’époque romaine.

 

 

 

Ce toponyme est peut-être à rapprocher de Henchir très répandu dans l’Algérie orientale et en Tunisie et qui, comme Achir, est généralement lié à la présence de ruines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Biosphere Reserves in Algeria: Tassili N’Ajer – Illizi and Tamanghasset

28122020

 

 

 

 

Geographic locations and surface areas

* Location: Latitude 23° 00’ to 26° 50’N/ Longitude 05° 20’ to 12° 00’ E

* Altitude: ±1.150 to 2.158 metres

* Total Area: 7,200.000 hectares

 

 

 

Designations 

* RAMSAR site 2001

* UNESCO Biosphere Reserve 1986

* UNESCO World Heritage Site 1982

 

 

 

 

 

Tassili N’Ajjer plateau, located in south eastern Algeria, is well known for holding remains of rock paintings preserved in the prehistoric caves wich tell the story of human life in the African Sahara between 6.000 BC and the first century. The biosphere reserve locared in the Central Sahara desert, covers seven million two hundred thousand (7.200.000) hectares. It features stunning landscape drawn with eroded sandstone rocks intercepted by sandy plains and dunes. The Wadis in the biosphere reserve harbor relics of the famous emblematic tree species, the Saharan cypress (Cupressus dupreziana). These isolated old specimens of trees are witnesses to the damper climate that reigned in the old times. The reserve hosts the Ihrir Oasis RAMSAR site and the intangible world heritage in Sabbiba and Emzad. Nearby Tassili N’Ajer lies the Ahaggar Cultural Park located in the Hoggar Massif in the exterme south of Algeria. The park is recognized as the second largest national park in the country covering four million five hundred thousand (4.500.000) hectares. It features invaluable archaeological and historical diversity while hosting archaeological sites ranging from six hundred thousand (600.000) to one million (1.000.000) years old.

 

 

 

 

 

Wildlife

 

The Tassili N’Ajjer plateau stretches over a huge area with elevation ranges between one thousand five hundred (1.500) and one thousand eight hundred (1.800) meters altitude. Despite the aridity of the environment in the biosphere reserve, the site hosts remains of notable plant and animal speices of Mediterranean origin in the ecological niches undergoing sub-arid microclimate. One can find the endemic Saharan cypress or ‘tarout’ (Cupressus dupreziana), wild olive (Olea europaea) and myrtle (Myrtus nivellei). Besides, the biosphere reserve hosts deep gorges (wadis), waterholes (gueltas), rocky and sandy terrains, rivers, agroecosystem and rangelands. The ancient artwork in the caves reflects the preexisting fauna speices among which are the hippopotamus and buffalo. The biosphere reserve preserves populations of endangered, vulnerable and common animal speices such as Dorcas gazella (Gazella dorcas), cheetah (Acinonyx jubatus), fennec fox (Vulpus zerda), Rüppel’s fox (Vulpes rueppellii), Arabian camel (Camelus dromedarius) and Mzab gundi (Massoutiera mzabi). It nestles the Egyptian vulture (Neophron percnopterus) and Golden eagle (Aquila chrysaetos) among many other raptors and bird species.

 

 

 

 

 

 

People and plants

 

The nomadic communities still refer to the traditional knowledge on the use of medicinal and aromatic plants. The biosphere reserve hosts eighty (80) plants which are use by the locals for theire medicinal and culinary properties, such as the kapok bush (Aerva javanica) locally known as ‘temakarkezt’ and used as soap the edible Asphodelus enuifolius, locally named ‘izayane’. The Eruca vesicaria, known by the locals as ‘tanakfayt’, and Teucrium helichrysoides (Diels), locally known as ‘tikmzzutin’, are referred to for both medicinal and aromatic properties.

Other wild plants with medecinal properties are the fragrant oxeye (Nauplitus graveolens), named ‘tafsa’ in Arabic and locally ‘amayu’, the endemic wooly cumin (Ammmodaucus leucotrichus), locally known as ‘akamen’, sage species (Salvia chudaei), locally named ‘abhihaw’, Artemisia judaica locally known as ‘teharaggale’, camel grass (Cymbopogon schoenanthus ), locally named ‘tebaremt’ and Haplophyllum tuberculatum, locally called ‘tufishkan’.

 

 

 

 

 

 

Locals and Tassili N’Ajjer biosphere reserve

 

The biosphere reserve domain still hots sedentary and nomadic indigenous community named Tuaregs with around one thousand (1.000) to three thousand (3.000) people. The reserve encompasses the villages of Djanet, Illizi, Bordj Elhaoues and Ihrir, and Tuaregs, which rely on pastoralism and agriculture and, more recently, tourism.

 

 

 

 

 

Research and Development

 

Since 1924, Tassili N’Ajjer has attracted scholars and researchers. The monitoring of plants and animals species seem to be taking the lead in research agendas targeting cheetah, endemic cypress, acacia, Dorcas gazelle and Barbary sheep.

 

 

 

 

 

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Renseignements Historiques sur la Zmala d’Abdel-Kader – 6ème Partie

26122020

 

 

 

Voici un extrait de ce que transmet à ce sujet M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur des Affaires arabes :

 

 

 

 

 

Composition et Installation de la Zmala

 

 

 

 

 

Renseignements Historiques sur la Zmala d'Abdel-Kader - 6ème Partie dans Attributs d'Algérienneté 201119074552444798

 

 

Plan en taille réelle sous format PDF: fichier pdf Renseignements_historiques_sur_la_zmala

 

 

 

 

Composition et Installation de la Zmala quand le terrain lui permettait de camper d’après la formation adoptée par l’émir Abd-el-Kader cette Zmala a été enlevée le 16 Mai 1843 Par S.A.R Monseig. Le Duc D’Aumale

 

 

la Zmala se divisait , comme on le voit, en quatre enceintes principales:

1° l’enceinte de l’Émir

2° l’enceinte du Khalifa ben-Aâllal.

3° l’enceinte des Hachem , Tribu dans le sein de laquelle l’Émir est né

4° et enfin l’enceinte des Tribus du désert

 

Ces enceintes n’étaient pas formées aussi régulièrement que le compas les a rendues dans ce tableau. Le terrain, 1’eau, le bois et les pâturages devaient apporter de grandes modifications, et déterminer 1’éloignement plus au moins grand d’une enceinte à l’antre ; mais enfin c’était là l’idée.

 

Ce travail a été établi sur les renseignements pris par , Directeur des Affaires arabes, auprès des chefs indigènes haut placés, qui ont partagé longtemps la fortune de la zmala.

 

Alger, le 6 juin 1843

Le Lieut. Colonel Directeur des Affaires arabes

Signé Doumas.

Copié au Bureau Topographique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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