Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman

18012018

 

 

 

 

 

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Le palais des Omeyades vraisemblablement érigé vers 720 est le monument le plus impressionnant de la citadelle d’Amman. C’est un bel exemple de l’architecture omeyyade.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir établi leur capitale à Damas, les Omeyyades prennent la citadelle d’Amman pour résidence des gouverneurs. La terrasse supérieure est restructurée et divisée en trois zones entourées de murs, dominées au centre par la salle des audiences, qui sert aussi de porte monumentale. Selon les archéologues, cet emplacement correspondrait à l’entrée vestibule d’un ancien édifice romain qui continuera d’être utilisé pendant la première période byzantine et sera reconstruit par les Omeyyades.  

 

 

 

 

la porte monumentale, presque carrée (24.50 m sur 26.10 m), est construite selon un plan cruciforme ; elle est surmontée d’un dôme central, et chaque bras de la croix est recouvert de coupoles en cul-de-four. Une porte s’ouvre sur chacun des côtés nord et sud. Les deux bancs qui flanquent la porte sud étaient probablement destinés aux gardes. 

 

 

L’intérieur est organisé autour d’un carré central de 10.30 m de côté d’où partent les quatre bras de la croix. Chacun des quatre angles du bâtiment forme une pièce : celle du sud-ouest possède un escalier qui conduit au toit ; celle du nord-est renferme une volée de marches conduisant à la porte nord. Ce passage mène aux bains et à la citerne. 

 

 

 

La décoration intérieure de la salle des audiences, sculptée dans la pierre, est absolument remarquable. Les décors sont ordonnés en plusieurs registres : du sol jusqu’à une hauteur de 1.60 m, deux couches de gros blocs de pierre de taille qui sont probablement des réemplois de constructions romaines. Une corniche moulée sépare cet appareillage inférieur d’une rangée de niches aveugles, chacune encadrée par deux petites colonnes engagées supportant un arc dentelé. Au-dessus d’une autre corniche, on retrouve un second étage de niches aveugles, plus grandes celles-ci. Ces niches, bordées elles aussi de colonnes miniatures, sont ornées de médaillons avec des palmettes ou des rosettes. Une troisième rangées de niches aveugles, plus petites, reprend le même décor jusqu’en haut du mur. Une frise merlée couronne la façade. Une canalisation couverte traverse toute la salle sur un axe sud-nord. Une autre canalisation couverte part de l’enceinte sur pour déboucher dans une citerne circulaire. Des gouttières ménagées sur le côté est du mur recueillent l’eau de pluie, qui est récupérée dans le réservoir circulaire. 

 

 

Au début du XIXe siècle, des voyageurs avaient identifié dans le monument « le tombeau d’Urie », du fait qu’il est raconté dans la Bible comment Urie le Hittite trouva la mort devant les murs de Rabbath Ammon (cf. ‘Amman, la résidence des gouverneurs’). D’après des recherches récentes, il s’agit simplement de la porte monumentale qui permettait d’accéder aux bâtiments de la seconde enceinte. S’il est certain que certaines parties de l’édifice sont d’origine romaine –en particulier la cour pavée et le mur d’enceinte, avec sa décoration de niches- l’étude du monument montre que ces vestiges ont été remaniés par les Omeyyades pour aménager la salle des audiences, comme dans le Dar al-lmara d’Abou Mouslim al-Khorasani, à Merv.  De même, l’ancienne interprétation donnant le monument pour une église byzantine est considérée comme caduque en raison des caractéristiques clairement persanes du décor : les palmettes, les rosettes et les dentelures sont très similaires aux décors en stuc des constructions sassanides. Toutefois, les influences irano-sassanides indubitables pourraient aussi bien s’expliquer par l’intervention courante d’artisans irakiens en Jordanie après la conquête islamique. Ces problèmes d’interprétation doivent surtout tenir compte de l’existence dans la région d’un certain nombre de monuments similaires : la porte du palais omeyyade de Khirbat Al-Minyeh, sur le lac de Tibériade, la salle des audiences d’al-Mouchatta, au sud d’Amman, ou encore celle de Khirbat Al-Mafjar, près de Jéricho.  

 

 

 

 

 

 

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Le palais d’Amman, plus communément nommé ‘palais d’Hicham’, a été attribué à tort à Hicham Ibn Abd al-Malik (105/724 – 125/743), qui, par contre, a fait édifier la célèbre salle des audiences de Rousafa, en Syrie, sur le modèle de celle d’Amman. C’est toutefois sous son règne qu’on doit faire remonter la construction du palais. 

 

 

 

 

Les bains, à l’est de la salle des audiences, ont été fouillés et restaurés récemment. Cet ensemble comporte un vestiaire équipé de bancs, un tepidarium avec des bassins d’eau et un caldarium avec sa chaufferie (cf. ‘Qousayr Amra’). 

 

 

 

La citerne est un réservoir circulaire situé à l’est de la salle des audiences et au sud de l’enceinte romaine. Elle mesure 16 m de diamètre et au moins 5 m de profondeur. Le mur de retenue, de 2 m d’épaisseur, est maçonné avec de solides blocs de pierre et renforcé par des fûts de colonnes. Les deux canalisations couvertes qui alimentent la citerne recueillent l’eau des gouttières du toit de la salle des audiences, à l’ouest, et de celles de l’enceinte romaine, au nord. La seconde canalisation passe par un puits carré qui faisait probablement fonction de filtre. On peut donc imaginer que le réservoir est d’origine romaine, que les Byzantins ont à leur tour utilisé le dispositif romain, le tout étant finalement réaménagé par les Omeyyades. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, pour construire leur citerne, les Omeyyades ont dû détruire un quartier résidentiel byzantin au centre duquel on a retrouvé un pressoir à olives.  

 

 

 

Il a fallu des recherches patientes et systématiques pour identifier la localisation de la mosquée de la résidence des gouverneurs omeyyades sur la terrasse supérieure. Un travail qui a trouvé sa récompense en 1997. Le monument a été érigé sur un terre-plein artificiel au sud-est de la salle des audiences. Venant de la cour inférieure, devant la salle des audiences, on y pénètre par un escalier monumental qui conduit à un portique à six colonnes. La façade nord de la mosquée était décorée d’arcs-boutants et d’une frise de petites niches aveugles ou ouvertes. Il y avait une porte dans le mur nord et une autre du côté sud. Il est possible qu’une troisième porte ait été ménagée spécialement pour l’imam dans le mur est, non loin de la niche de prières. 

 

 

La salle de prière est trapézoïdale ; elle mesure 34.10 m d’est en ouest et 33.67 m du nord au sud. Son sol était revêtu d’un fin pavage irrégulier recouvert d’une couche de plâtre à la chaux. Les murs intérieurs étaient probablement recouverts d’un enduit, comme de petits fragments résiduels près du mihrab le laissent supposer. Cette niche, qui prend place dans le long mur sud de la salle de prière, mesure 2.93 m de large sur une profondeur de 1.52 m. A l’origine, deux petits pilastres décoraient l’entrée à l’intérieur de la niche. La salle de prière comporte quatre nefs de six colonnes parallèles au mur de la qibla. Il y a enfin une cour à péristyle laquelle a été retrouvée une citerne souterraine. 

 

 

 

Sur les côtés est et ouest de la grande cour, donnant sur la porte monumentale et la mosquée, une enfilade de onze petites pièces servaient de boutiques. Au centre de la cour, un réservoir circulaire était alimente en eau de pluie par des rigoles dont l’une partait de la mosquée. Après les destructions massives causées par le tremblement de terre catastrophique de 131/749, les boutiques furent transformées en logements. 

 

Face à l’entrée nord de la monumentale, une rue à colonnades conduit vers le nord à la porte d’enceinte. La base carrée et le premier tambour des colonnes sont sculptés en un seul bloc. Il a été retrouvé sur l’un de ces socles une croix byzantine : un indice qui permet de dire avec certitude qu’on a utilisé des matériaux de récupération. L’imposte encore visible sur la façade sud de la porte d’entrée montre que les colonnades étaient reliées par des arches. Sur les côtés est et ouest de la rue, les deux passages couverts donnaient sur des logements. Derrière, côté est, se succédaient trois cours fermées par des portiques à colonnes du même type que celle de la rue. Quatre pièces s’ouvreraient généralement sur chaque cour, et certaines disposaient d’un escalier pour gagner les terrasses ou l’étage. Dans l’une des cours, à l’ouest de la rue, on a retrouvé le squelette d’un chameau, possible victime du tremblement de terre de 131/749. 

 

 

 

La porte nord de la rue conduit à la résidence princière. On accède à ce palais par un vestibule qui était recouvert d’une voûte en berceau. Le sol en est pavé de cailloux –probablement les restes de la sole d’une mosaïque disparue. L’entrée du vestibule était décorée de colonnes engagées habillées de stucs. 

 

 

 

 

Entrant par le vestibule, le visiteur pénètre dans la salle du Trône, grande pièce cruciforme recouverte autrefois d’un dôme. D’après les fragments de pierre sculptée retrouvés dans les ruines, il semble que la technique de construction utilisée pour cette salle soit exactement la même que celle de la porte monumentale. Sur le côté sud de la salle, une petite pièce rectangulaire était ornée de mosaïques et servait probablement de toilettes. Une porte conduit de la salle du trône à un portique, orienté au nord, qui surplombe la ville et regarde vers le Djebel al-Hussein. De ce côté de la citadelle, on peut voir encore les vestiges massifs de fortifications datant de l’âge du fer et de l’époque romaine. Ils ont encore plusieurs mètres de haut. Sous l’enceinte romaine, une citerne a été creusée à même la roche.  

 

 

 

La salle du Trône est flanquée de deux séries de quatre pièces : dans celles du côté est étaient probablement aménagés les appartements du prince, originellement décorés de stuc. Dans l’un des murs, on peut encore voir un bloc de pierre de réemploi qui porte une inscription grecque dédiée à un empereur romain et qui fait allusion à la Philadelphie de Coele (Syrie). L’inscription date du IIe siècle et provient certainement d’un temple. Les quatre pièces de l’ouest faisaient fonction de réserves et de cuisines pour les appartements. 

 

 

 

Par sa similitude au Dal al-Imara de Koufa, il est à peu près certain que l’ensemble servit de résidence au gouverneur d’Amman pendant toute la période omeyyade. 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Drapeau du Beylik de l’Est (bâylik Qasentina)

16012018

 

 

 

 

 

Drapeau du Beylik de l'Est (bâylik Qasentina) dans Attributs d'Algérienneté 1515751073-draprau-constantine-recadre

Drapeau provenant de la Brèche de Constantine 13/10/1837 

Datation : XIXe siècle, premier tiers

Matériaux : Etamine en laine rouge et blanche. Cravate en broderies de soie multicolore sur laine blanche. Hampe en bois et laiton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un contexte de crise diplomatique entre la France et l’Algérie, suite à une dette française impayée, Alger est prise en juillet 1830. La guerre sainte est proclamée contre les français en 1832. Après l’échec du siège de Constantine en 1836, Louis-Philippe décide l’année suivante d’une nouvelle expédition. Le siège commence le 9 octobre. Dès le lendemain, malgré la résistance d’Ahmed bey, dernier bey (chef) de Constantine, une brèche est ouverte dans le rempart de la ville.

 

 

 

 

Ce drapeau a été conquis par le capitaine Le Flo, du 2e régiment d’infanterie légère, sur la brèche de Constantine lors de l’assaut du 13 octobre 1837. L’emblème rouge est orné du sabre à deux lames du prophète figurant sur le sceau du bey Ahmed de Constantine. Ce sabre bifide, symbole de la guerre sainte et insigne des plus vénérés dans l’Islam, est la représentation de l’un des neuf sabres détenus par le prophète Mahomet. Le plus connu d’entre ceux-ci est Dul-Fikar, que le prophète remis à son gendre Ali, quatrième calife de l’Islam.

 

 

Ce trophée fut apporté par ordre du général Valée, commandant l’attaque de la cité, au colonel de Lamoricière. Alors à la tête d’une colonne d’avant-garde, il fut le premier officier à gravir la brèche de Constantine. Celui-ci venait d’être évacué, grièvement blessé par l’explosion d’une mine alors qu’il pénétrait dans la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Jules Rouanet

14012018

(1858-1944)

 

 

 

 

 

Musicologue spécialiste de la musique algérienne.

Durant la première partie de sa vie, Rouanet se passionne pour la musique. En 1898, nanti d’une bourse universitaire, il s’établit à Alger.

Guidé par Edmond Nathan Yafil qui lui sert d’interprète, il découvre le répertoire des suites musicales maghrébines ou noubas dont il entreprend, à partir de 1904 et avec la collaboration de Mohamed Sfinja, Cheikh Larbi ben Sari et du jeune Omar Bekhchi, la collecte et l’étude (Répertoire de musique arabe et maure*, Alger, 1905).  

 

  

 

 

Jules Rouanet  dans Musique 1513328517-yafil-photo

 Edmond Nathan Yafil

 

 

 

 

Rouanet est le premier musicologue à utiliser l’expression de « musique andalouse » pour désigner ce répertoire et le premier à réaliser une études comparative des noubas marocaines, algériennes et tunisiennes.

 

 

En 1905, il est nommé directeur de l’École de musique du Petit Athénée d’Alger. La même année il participe à Alger au XIVe Congrès des orientalistes. Il entreprend ensuite un long voyage en Égypte et à Jérusalem.

 

 

 
 

 

Entre 1905 et 1927, Rouanet publie avec Edmond Nathan Yafil une série de cahiers (vingt-sept en tout) intitulée Répertoire de musique arabe et maure comprenant des transcriptions de noubas en notation occidentale. En 1911, il devient collaborateur de La dépêche algérienne.  

 

 

 

 

A partir de 1927, probablement à la suite d’un différend avec Edmond Nathan Yafil, Rouanet abandonne toute activité musicale et se consacre entièrement au syndicalisme et à la défense de l’Algérie (l’Algérie vivera. Réponse aux « Notes d’un ancien Gouverneur Général », Alger, 1931). Il devient plus tard rédacteur en chef de Travaux Nord Africains.  

On perd définitivement sa trace à partir de 1942.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: des parties de ce répertoire

 

 

no. 2. Bane cheraff   

no. 4. Li habiboun ked samah li

no. 5. Touchiat remel

no .6. Kadriat senâa

no. 7. Ya racha el fitane

no. 8. Kadriat sênaa (2e)

no. 9. Tchenebar neklabat

no. 10. Mahma lekhter fel moudelel

no. 11. Touchiat ghribt h’assine

no. 13. Tchenebar sika

no. 14. Djar el haoua ouh’rek

no. 16. El ked el ladi sabani

no. 17. Touchiat ghrib

no. 18. Zendani (2e)

no. 19. Touchiat maïa

no. 20. Ghouzili sekkour nabet

no. 22. Touchiat sika

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Cherchem

12012018

 

 

 

 

 

Le Cherchem dans Attributs d'Algérienneté

©Ici 

 

 

 

 

 

 

 

Le blé entre dans une préparation qui se mange un peu partout le troisième jour d’Ennayer : c’est le cherchem (شرشم).

 

Pour le préparer, les femmes placent, dans de l’eau et pendant plusieurs jours, du blé, des fèves, des pois chiches. Quand ces graines ont gonflé, on les fait cuire dans de l’eau légèrement salée. Le cherchem se mange sans cuiller, avec les doigts. Si le grain a beaucoup augmenté de volume dans l’eau, l’année sera bonne.

 

 

 

On dit ici :

 

 

كل الشرشم لا تحشم * رب عالم ما دسينا شي

قم تسلف لا تتوهرف * قاع الحلّة ما فيها شي

 

 

« Mange du cherchem sans honte * Dieu sait bien que nous n’avons pas caché (de mets plus présentables). 

 

Va emprunter et ne trompe pas le monde * Dans le campement tout entier, il n’y a pas autre chose ». 

 

 

  

 

 

 

Autrefois, disent les cultivateurs , comme on allait labourer à d’assez grandes distances, les travailleurs n’emportaient pas de vivres ; ils se nourrissaient d’une partie des semences cuites à l’eau : blé, fèves, pois.

Si alors, un des laboureurs venait à mourir, il avait, en quelque sorte, mangé de la prochaine récolte à laquelle lui donnait droit son travail. 

 

 

Un autre mets de préparation tout aussi simple et qui se mangeait beaucoup pour l’Ennayer est la guelia (قليعة). On pile de l’orge préalablement grillée et on humecte d’un peu d’eau la farine obtenue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Anciennes Coutumes & Traditions Algériennes relatives à la célébration d’ Ennayer

10012018

 

 

 

 

 

La durée de la fête est variable, généralement elle est de trois jours. A Tlemcen le premier jour s’appelle يوم نفقة اللحم)), le deuxième jour (يوم نفقة الكرموس), le troisième (راس العام). Les moulins restent fermés pendant trois jours. A Tlemcen, les fours publics chôment pendant les 3 jours qui suivent la première nefqa. On apporte à la ville, pour les vendre, du lait, des tiges de palmier nain (دوم) dont on mange le cœur. Les fermiers offrent ces mêmes produits à leurs propriétaires qui leur donnent en retour des fruits. L’année sera ainsi blanche comme le lait et vertes comme le palmier.

 

En Kabylie, on place dans les champs ensemencés des tiges de laurier-rose pour chasser les insectes. Chez les nomades, on jette des plantes vertes sur les tentes. Les Beni Bou Saïd font, à leurs chevaux et aux agneaux, une litière de verdure de même au Telagh. A Tlemcen, il est des maisons où, pour l’Ennayer, on jonche de feuillage frais le sol de la cour (de même à St-Denis-du-Sig).

 

 

 

 

Anciennes Coutumes & Traditions Algériennes relatives à la célébration d’ Ennayer dans Coutumes & Traditions 1512986071-algerie-archive-labour

 

 

 

Pour que l’année ne soit pas (حار), brûlante, on évite, un peu partout, de manger des aliments épicés pour l’Ennayer (1er jour), ou des aliments amers, tels que les olives.

Pour le deuxième jour, appelé a Tlemcen نفقة اللحم . En Kabylie, il y a, à cette occasion, ‘thimecheret’ (distribution de viande). Dans l’Aurès, on sacrifie moutons et chèvres. Au Khemis (Beni Snous), on égorge dans chaque famille un nombre de volailles égal à celui de ses membres. Une femme qui allaite ou qui se trouve enceinte mange deux poules. A Tlemcen, dans les familles fortunées, les femmes mangent des coqs, les hommes mangent des poules. On engraisse ces volailles longtemps à l’avance. Même coutume dans la Grande Kabylie. Il importe de manger, ce jour-là, de la viande de poule ; ceux qui sont trop pauvre pour en acheter ont soin de se nettoyer les dents avec des os de poulets. A Nédroma, près de Tlemcen, on mange (le deuxième jour) des têtes de mouton. L’on dit :

من ياكل راس فناير يبقى راس

« Celui qui, pour l’Ennayer, mange une tête, reste tête (homme supérieur) ».

 

 

Le dîner se compose uniquement de berkoukes qui se prépare en roulant en gros grains de la semoule grossière. On ne le place pas comme le couscous dans l’ustensile en alfa (ar : كسكاس / berb : انفيف / Nédroma et Tlemcen : قلال ) pour le faire cuire sur une marmite (ar : قدرة / berb : ثايدروث) à la vapeur d’un bouillon (ar : مرقة / berb : ثيسي). On le fait cuire simplement dans du lait. A Géryville, on cuit le berkoukes dans le keskas, mais on le fait en une seule fois (tandis que le couscous se cuit en trois fois) ; on en laisse au fond de la marmite pour les génies ; on en place sur les pierres du foyer, dans le puits, sur la porte d’entrée, sur le moulin à main (قرويشة) ; mais s’il reste beaucoup de berkoukes, on empêche les djenouns de le gâter en plaçant sur le plat du charbon et du sel.

Chez les Beni Ournid pendant les huit jours qui précèdent l’Ennayer, on ne boit pas de lait aigre ; on ne fabrique d’ailleurs pas de beurre durant cette période. On évite de mêler au berkoukes des condiments.

Même coutume chez les nomades ; ils donnent à manger aux pierres du foyer (مناصب), on place du berkous contre la poutre centrale qui soutient la tente, dans les ustensiles, contre les pièces d’étoffe qui la composent.

On laisse un peu de barkoukes dans les ustensiles pour que, selon les uns, les génies (جنون) trouvent à manger, ou bien pour l’Adjoûzat ennâyer selon d’autres, ou bien encore pour les chiens et les chats qui, ce jour-là, ne doivent pas manquer de nourriture ; peut-être aussi pour la même raison qui fait que l’on ne balaie pas la maison pour l’Ennayer.

A Tlemcen, on mange aussi le berkoukes le jour où l’on commence les labours. Le propriétaire en porte, aux champs, à ses fermiers. On place, dans le premier sillon, du levain, des fèves et une grenade (chez les Beni Snous : du levain, des figues, une grenade). A en croire de vieux tlemceniens, on commençait autrefois les labours pour l’Ennayer. On dit encore ici :

خل زيتونك لنّاير * يضمن لك الخساير

« Laisse tes olives jusqu’à Ennayer ; il te donnera une compensation (en qualité) pour la perte subie (en quantité) ».

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Les kabyles (Djurdjura) sèment leurs légumes et plantent les jeunes arbres pendant les quinze jours du mois de yennayer. Ce moment est choisi pour faire, dans les plantations d’arbres fruitiers, un premier labour.

A Tlemcen, ceux qui font cuire le pain que l’on porte à leur four (طرّاح) gardent une partie des pains et demandent des étrennes (عوايد), on leur donne de l’argent, des fruits ; on donne aussi des étrennes aux hommes chargés d’enlever les ordures (زبّال), ainsi qu’aux garçons des bains maures.

Pour l’Ennayer, on ne donne pas son levain aux voisins, on ne le prête pas, mais il est fait plus volumineux que d’habitude ; cela, afin qui toute l’année, tous jouissent dans la maison s’un grand bien-être dont le levain est le symbole.

Près de Mascara, on réunit pour l’Ennayer, le plus d’hôtes possible. Aux environs de Tlemcen, dans certains douars, les habitants se réunissent sous une même tente, de préférence sous celle d’un homme qui a perdu sa fortune, ils y font un repas ensemble. On ne s’absente pas pour l’Ennayer.

Une jeune tlemcénienne, qui marchait sur des coquilles d’œufs, ne trouverait pas de mari, surtout si cela lui arrivait pendant l’Ennayer. Même croyance à Nedroma.

Saïda, des vieillards vont de porte en porte. Ils font des souhaits :

 

 

عام مبروك. الله يدخله عليكم بالحنة و الرحمة

Bonne année ! Que Dieu vous apporte une année de clémence et de miséricorde !

Des souhaits faits sans sincérité se retournent contre celui qui les a formulés.

 

 

On se fait aussi des cadeaux. A Nedroma, à Tlemcen, le fiancé envoie, à sa promise, un sultani d’or, un foulard de soie. Sa famille offre, aux parents de la fiancée, une corbeille de palmier nain (قطانية) remplie de fruits divers et de pains aux œufs. Elle en reçoit le lendemain un t’ifour (table ronde avec bordure en planches) garni de crêpes et un pot de miel. Même échange entre la famille d’une femme mariée pendant l’année et le nouveau ménage. On s’offre, entre voisins, des assiettes pleines de berkoukes. On porte des fruits et des crêpes aux juifs de leur connaissance qui leur offrent en retour des reqàqàs (à pâte sans sel ni levain), à la fête dite des reqàqàs.

 

Mascara, à Saïda, à Géryville, on doit manger beaucoup le jour d’Ennayer et ainsi, on ne souffrira pas de la faim pendant l’année nouvelle. A Tlemcen les parents recommandent la sobriété aux enfants et menacent les gloutons de l’âdjoûzat ennayer (عجوزة اناير). Cette vieille femme ouvre, pendant la nuit, le ventre des enfants qui ont trop mangé, prend la nourriture qui s’y trouve, et coud la plaie avec du palmier nain (à Nedroma عقوزة), on l’appelle à Geryville la lemmâsâ (لماسة) ; elle chatouille, pendant la nuit, ceux qui n’ont pas suffisamment mangé.

 

 

La coutume de promener un lion (ayred) pour l’Ennayer se rencontre au Khemis, au Bou Hallou, Beni Snous et aussi chez les Beni Bou Saïd, ainsi que dans l’Aurès (voir ici).

 

 

 

Tlemcen, au 19ème siècle, les élèves de chaque école coranique faisaient pour l’Ennayer une quête au profit de leurs maîtres. De vigoureux tolbas, un bâton à la main, conduisaient des ânes chargés de denrées recueillies. L’un des tolbas se plaçait sur le visage un masque taillé dans une citrouille, agrémenté d’une barbe, de sourcils et barbouillé de plâtre. Le talb masqué s’appelait Boubennâni, il parcourrait les rues de la ville, suivi de ses camarades qui criaient : »Boubennâni ! ». Voici leurs paroles :

 

 

بوبنّاني هاهاه ، و ثنّاني هاهاه ، و ثلثلو هاهاه، و ربعلّو هاهاه، و خمسلّو هاهاه……

Et ainsi, jusqu’à dix.

 

 

Sans autrement s’annoncer, Boubennâni entre dans chaque maison et se couche dans la cour. Ses camarades entrés avec lui l’interpellent :

 

 

بـاش اتقوم ابو بنّاني

« Moyennant quoi te lèveras-tu, Boubennâni ? »

 

 

Celui-ci répond :

انقوم بالشريحة و الكرموس، و الحوز الفروقي، و الرمان المشقوق، و فطور الطالب مالفوق.

« Je me lèverai pour des figues sèches, ouvertes ou non ; pour de grosses noix ; pour des grenades que la maturité a fait éclater ; pour le déjeuner du maître par-dessus le marché ».  

 

 

Le maître de la maison donne aux tolbas des fruits mélangés, des grains, de la farine. Les jeunes gens remercient en chantant :

لا اله الا الله

هذا الدار دار الله * و الطلبة عبيد الله

عمّرها و ثمّرها * بجاهك يا رسول الله

« Cette maison est la maison de Dieu * et les tolbas sont les serviteurs d’Allah

Puisse-t-elle pas considération pour toi, ô Envoyé de Dieu, être habitée et prospère. »

 

 

Mais si l’on n’a rien donné à Boubennâni, le vacarme commence. Les jeunes gens hurlent :

المسمار في اللوح، مول الدار مذبوح، شبرية معلقة، مولاة الدار مطلقة

 « Que le maître de la maison soit égorgé ! Et la maîtresse répudiée ! »

 

(Les autres paroles « le clou dans la planche, le pot suspendu » ne paraissent être là que pour la rime)

 

 

Quand les tolbas d’une école se rencontraient avec les élèves d’une autre, une bagarre, souvent sanglante, commençait. Le parti qui l’emportait dépouillait l’autre. Le produit de la quête était apporté au maître qui donnait un repas (زردة) et accordait un jour de congé. Ce genre de quête a été interdit plus tard.  

 

 

Le personnage masqué appelé Bou Bennani ; on prononce aussi بومنّاني Boumennâni. À Nedroma, le personnage déguisé s’appelle المسيح, le Messie ; il porte un masque en peau de lapin. Il est coiffé d’un vieux كسكاس, garni de plumes. On lui passe au cou un collier de coquilles d’escargots (اغلال).  Le Messie danse, un camarade l’accompagne en frappant sur un tambour fait d’une marmite défoncée, recouverte d’une peau. Un individu, portant un sac, suit le Messie et recueille des figues aux portes ; on l’appelle حمار الكرموس, l’âne aux figues. 

 

Dans les environs de la ville, c’est un jeune garçon qui se déguise en femme et demande, à chaque porte, des figues.

Dans la Grande Kabylie, un homme masqué se promène dans le village à la tombée de la nuit.

 

 

Tlemcen, on se garde d’aller au bain pendant les trois jours de fête, durant lesquels on ne change ni de linge, ni de vêtements. On ne se rase pas. En Kabylie, on choisit ce jour pour faire aux enfants leur première coupe de cheveux. On ne se taille pas les ongles. Si, par mégarde, on s’est coupé les ongles, on enterre plus soigneusement que d’habitude les parties enlevées (il est de même chez les juifs de Tlemcen). Ceux qui ont de la vermine craignent ; le jour d’Ennayer, de s’en débarrasser. Certains maris évitent d’avoir, pendant la première nuit d’Ennayer, des rapports avec leurs femmes. L’enfant qui en pourrait naître apporterait le malheur dans la famille.

Pendant trois jours, les femmes ne balaient pas les chambres ; ou bien, si elles le font, elles laissent les balayures dans un coin, à l’intérieur de la pièce ; afin, disent-elles, que la prospérité ne sorte pas de la maison ; car une chambre nettoyée à ce moment resterait, toute l’année, nue comme l’aire que l’on a soigneusement balayée après le dépiquage. Chez les Beni Snous, on fait rentrer, pour l’Ennayer, les objets prêtés. A Saïda, on achète pour ce jour un balai neuf, que l’on introduit dans la maison en le jetant, par-dessus les murs, de la rue jusqu’à la cour intérieur. 

 

 

 

 

Se teinter le bord des paupières avec du collyre ; puis la nuit se placer un tamis sur le visage en comptant les étoiles au ciel. Cela, afin de renforcer sa vue. Cette coutume se rencontre un peu partout en Oranie. A Tlemcen les enfants se mettent aux yeux du collyre, les uns pour faire fuir l’adjoûzet-ennayer, d’autres pour préserver l’œil du froid ou d’une lumière trop vive. En Kabylie presque tout le monde fait usage ce jour-là de collyre. A Nedroma, certains se teignent les mains avec du henna.

 

 

 

 

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Si dans une famille, un enfant, né avant l’Ennayer, perce des dents, une petite fille le prend sur son dos. Elle se présente ainsi aux portes en demandant de quoi préparer à l’enfant de la bouillie (pour lui faire pousser les dents. Ses compagnes chantent :    

 

 

 

يا سنينة يا بنينة * تخرج لوليدي سنينة * بجاه مكة و مدينة * و رجال الله الكاملين 

 

 

 

« O petite dent, excellente petite dent * tu viendras à mon jeune enfant* par considération pour (les deux villes saintes) La Mecque et Médine et pour tous les saints de Dieu ».   

 

 

 

 

Les enfants des riches, aussi bien que ceux des pauvres, sont ainsi conduits de porte en porte, cette démarche ayant surtout pour but de préserver l’enfant du mauvais œil. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Médaille Propagande Kabylie 1857

8012018

 

 

 

 

 

Médaille Propagande Kabylie 1857 dans Attributs d'Algérienneté 1513158191-s-l1600

 

 

 

 

 

 

Ces médailles de propagande ont été frappées pour commémorer la victoire française de 1857. Alors gouverneur de l’Algérie, le général Jacques Louis Randon organise en mai 1857 une expédition militaire dans le Djurdjura en Kabylie. Début juillet, la Grande Kabylie est soumise et la résistance algérienne cesse.

 

 

 

 

 

 

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L’Empire des Sanhadja

6012018

 

 

 

 

 

L’Empire des Sanhadja   dans Histoire

Achir, la cour du palais de Ziri

 

 

 

 

 

 

Les Sanhadja de la première race descendaient de Telkat, fils de Kert, fils de Sanhadj. Leur pays renfermait les villes d’El-M’cila (M’sila), Hamza, Alger, Lemdïa [Médéa], Miliana et les régions occupées plus tard par les Beni-Yezîd, les Hossein, les Attaf, tribus zoghbiennes, et par les Thâleba. Au milieu des Sanhadja vivaient plusieurs peuplades ayant la même origine qu’eux et dont la postérité habite encore les territoires où leurs ancêtres avaient demeuré. Ces peuplades sont les Metennan, les Ouannougha, les Beni-Othman, les Beni-Mezghanna, les Beni-Djâd, les Telkata, les Botouïa, les Beni-Aïfaoun et les Beni-Khalîl. On rencontre les descendants des Telkata dans les provinces de Bougie et de Tunis. Les Telkata avaient la prééminence sur toutes ces tribus.

 

Quelques historiens de Maghreb racontent que Menad, fils de Mencous, gouverna une partie de l’Ifriqiya et du Maghreb central au nom des Abbassides, et qu’il tint son autorité des Aghlabides. Il eut pour successeur son fils Zîri-Ibn-Menad, qui devint un des plus puissants des princes berbères et qui eut à soutenir une longue guerre contre ses voisins, les Maghraoua, peuple de race zenatienne qui habitait le Maghreb central.

 

Quand les Fatimides furent parvenus à établir leur domination en Ifriqiya, Zîri passa de leur côté à cause des liens de clientèle qui attachaient sa famille à celle d’Ali-Ibn-Abi Taleb, et, dès lors, il se montra un de leurs partisans les plus dévoués. S’étant fait appuyer par eux, il obtint l’ascendant sur ses adversaires, les Maghraoua : aussi, cette grande tribu et tous les autres peuples d’origine zenatienne s’éloignèrent à jamais des Fatimides pour embrasser le parti des Omeyades espagnols, dont ils firent reconnaître la souveraineté dans le Maghreb central et dans le Maghreb-el-Aksa.

 

A l’époque où Abou-Yezîd eut presque anéanti la puissance des Fatimides à Kairouan et à El-Mehdïa, Zîri attaqua les Kharidjites, partisans du chef rebelle, et, tout en les harcelant, il fit passer des secours aux Fatimides enfermés dans El-Mehdia.

 

Il rendit ainsi à cette dynastie un service qu’elle n’oublia pas. Voulant toutefois s’assurer un lieu de retraite en cas de revers, il bâtit la ville d’Achîr sur le flanc d’une montagne située dans le pays des Hossein et appelée encore aujourd’hui la montagne de Tîteri. Ayant fortifié cette résidence avec l’autorisation d’El Mansour [le fatimide], il sévit bientôt seigneur d’une des plus grandes villes du Maghreb. L’étendue et la population d’Achîr s’accrurent rapidement, et les pays les plus éloignés y envoyèrent leurs savants et leurs négociants. Quand Ismaïl-el-Mansour assiégea Abou-Yezîd dans le château de Kîana, Zîri lui amena une armée composée de Sanhadja et d’autres peuples berbères. Jusqu’à la prise de cette forteresse, il ne cessa de harceler l’ennemi, et s’étant ainsi acquis l’amitié d’El-Mansour, il rentra en Maghreb, comblé d’honneurs et de riches présents. Outre un diplôme qui le constituait chef des Sanhadja, il obtint de ce prince la permission d’élever des palais, des caravansérails et des bains dans Achîr, Il reçut aussi le commandement de la ville et de la province de Tahert. Quelque temps après, il autorisa son fils Bologguîn à fonder trois villes, l’une sur le bord de la mer et appelée Djézaïr Beni-Mezghanna (les îles des enfants de Mezghanna/ Alger), et l’autre sur la rive orientale du Chélif et appelée Miliana; la troisième porta le nom des Lemdïa (Médéa), tribu sanhadjienne. Bologguîn fut investi par son père du gouvernement de ces trois places, qui sont devenues les villes les plus importantes du Maghreb central. Zîri ne suspendit jamais ses hostilités contre les Maghraoua, et il montra toujours une fidélité inaltérable à la cause des Fatimides. Djouher-el-Kateb ayant fait une expédition dans le Maghreb-el-Aksa, par l’ordre d’El-Muez-li-Dîn-Allah-Mâdd, amena Zîri avec lui, d’après la recommandation de son souverain, et eut souvent occasion de louer les grands services rendus par ce chef. Pendant le siège de Fez, où Ahmed-Ibn-Bekr-el-Djodami résista très-longtemps au général Djouher, Zîri déploya une grande bravoure, et dans une attaque nocturne, emporta la ville par escalade.

 

La guerre entre Zîri et les Maghraoua devint enfin si acharnée que ceux-ci formèrent une alliance avec El-Hakem-el-Mostancer [souverain omeyade de l'Espagne] et firent proclamer l’autorité de ce prince dans le Maghreb central. Mohammed, fils d’El-Kheir et petit-fils de Mohammed-lbn-Khazer, prit une part si active à cette démonstration qu’El-Muez jugea nécessaire de lui opposer les troupes sanhadjiennes. Il donna en même temps à leur commandant, Zîri, le gouvernement du Maghreb et l’autorisation de s’approprier tous les pays qu’il parviendrait à soumettre. Zîri réunit aussitôt les forces de son territoire et se mit en marche. Son avant-garde poussa en avant, sous la conduite de Bologguîn, afin d’attaquer à l’improviste les troupes zenatiennes qu’Ibn-elKheir était en train de rassembler. Le chef maghraouien n’avait pas encore complété ses dispositions, quand les Sanhadja fondirent sur lui. Il s’ensuivit un des conflits les plus acharnés qu’on eût jamais vus; la ligne de l’armée zénato-maghraouienne fut enfoncée, et Mohammed-Ibn-el-Kheir, se trouvant dans l’impossibilité d’échapper et jugeant la mort inévitable, passa dans un endroit écarté et mit fin à ses jours en se jetant sur son épée. Les Zenata prirent la fuite, et pendant le reste de la journée, les Sanhadja continuèrent à les poursuivre et les tailler en pièces. Plusieurs siècles après, on voyait encore les ossements des morts répandus sur le champ de bataille. L’on rapporte que plus d’une dizaine de leurs principaux émirs y perdirent la vie. El-Muez reçut les têtes de ces chefs et ressentit la joie la plus vive à l’aspect de ce cadeau que Zîri lui avait envoyé. Quant à El-Hakemel-Mostancer, il éprouva un chagrin profond du coup terrible qui avait ainsi ébranlé son autorité.

 

Zîri et les Sanhadja parvinrent alors à dompter les peuples nomades du Maghreb; il s’acquit ainsi une grande supériorité sur Djâfer-lbn-Ali seigneur d’El-Mecîla et du Zab, et son rival en rang à la cour du khalife. El-Muez ayant alors pris la résolution de transporter au Caire le siège de son gouvernement, invita Djâfer à quitter El-Mecîla et à venir prendre le commandement de l’Ifriqiya. Cet émir, redoutant les intrigues qui s’ourdissaient contre lui depuis quelque temps, hésita d’obéir, et ayant appris qu’un des affranchis d’El-Muez était en route pour le chercher, il céda à la crainte et s’enfuit d’El-Mecila. Arrivé au milieu des Maghraoua, il les rallia autour de lui, et profitant des bonnes dispositions que ces peuples lui témoignèrent ainsi que de leur ancien attachement pour les Omeyades, il proclama de nouveau la souveraineté d’El-Hakem-el-Mostancer. Zîri sentit la nécessité de comprimer cette révolte avant que les insurgés eussent le temps de raffermir leur puissance. Il se hâta donc de marcher contre eux et de leur livrer bataille. A la suite d’un combat sanglant, l’armée sanhadjienne fut mise en déroute; le cheval de Zîri s’abattit sous lai, et la retraite des vaincus laissa voir les corps de leur chef et de ses gardes étendus au milieu d’un champ de carnage. La tête de Zîri fut portée à Cordoue par une députation d’émirs maghraouiens, qui avaient pour mission de renouveler à El-Hakem-el-Mostancer le serment de fidélité et de lui demander l’appui de ses armes. Yahya-Ibn Ali, le frère de Djâfer, conduisit cette députation. Zîri perdit la vie en l’an 360, après avoir gouverné pendant vingt-six ans. Quand la nouvelle de ce désastre parvint à Achîr, Bologguîn se mit aussitôt en campagne et remporta sur les Zenata une victoire éclatante. Par cet exploit il vengea non-seulement la mort de son père et de ses parents, mais il mérita les éloges d’El-Muez et obtint sa nomination au gouvernement d’Achîr, de Tèhert et de toutes les provinces du Maghreb qui avaient composé les états de son prédécesseur. Il reçut, de plus, le gouvernement d’El-Mecîla, du Zab et des autres provinces qui avaient appartenu à Djâfer-lbn-Ali. L’accroissement de sa puissance et l’étendue que ses états venaient de prendre, lui permirent d’écraser les Mezata, les Hoouara, les Nefza et les autres Berbères qui habitaient des maisons construites de broussailles. Il pénétra au fond du Maghreb pour châtier les Zenata, et, cette entreprise accomplie, il revint, l’an 361, à la cour du sultan, qui l’avait invité à venir se charger du gouvernement de l’Ifriqiya. Les honneurs dont El-Muez le combla en cette occasion, excitèrent au plus haut degré la jalousie des Ketama. Ce monarque partit alors pour le Caire, après avoir constitué Bologguîn son lieutenant en Ifriqiya. Tel fut le commencement de la dynastie ziride.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La jument de Mohamed-ben-Mokhtar

4012018

 

 

 

 

 

La jument de Mohamed-ben-Mokhtar   dans Attributs d'Algérienneté 1512725290-pl039

 

 

 

 

 

Un Arabe du sud, nommé Mohamed-ben-Mokhtar, était venu acheter des grains dans le Tell, après la moisson ; ses tentes étaient déjà placées sur Oued-Seghouan, et il s’occupait de son commerce avec les Arabes du Tell, quand le bey Bou-Mezrag* (le père de la lance) vint fondre sur lui, à la tête d’une nombreuse cavalerie, pour châtier l’un de ces délits imaginaires que savaient inventer les Turcs comme prétextes à leur rapacité.

 

Aucun bruit n’avait transpiré ; la razzia fut complète, et les cavaliers du Makhzen se livrèrent à toutes les atrocités ordinaires en pareil cas. Mohamed-ben-Mokhtar monte alors rapidement sur sa jument bai brûlé, magnifique bête enviée et connue de tous les Sahariens, et, comprenant la gravité de la position, il se décide à sacrifier toute sa fortune au salut de ses trois enfants; il met l’un d’eux, âgé de quatre ans, sur le devant de sa selle; un autre, âgé de six ou sept ans, derrière lui, embrassant le troussequin, et il allait emporter le dernier dans le capuchon de son burnous, quand il en fut empêché par sa femme, qui lui dit: « Non, non, je ne te le donnerai pas: Ils n’oseront jamais tuer un enfant à la mamelle. Pars, je le garde avec moi, Dieu nous protégera! » Mohamed-ben-Mokhtar s’élance alors, fait le coup de fusil et sort de la mêlée; mais, vivement pressé, il marche le jour et la nuit suivante, et entre le lendemain soir dans Laghouat, où il est en sûreté. 

 

 

Peu de temps après, il sut que la femme avait été sauvée par des amis qu’il avait dans le Tell, 
Mohamed-ben-Mokhtar et sa femme vivent encore, et les deux enfants qu’il a emportés sur sa selle sont aujourd’hui cités parmi les plus beaux cavaliers de la tribu. 

 

 

Est-il une scène plus dramatique, plus digne du pinceau, que cette famille sauvée par un cheval au milieu du pillage et de l’ardente mêlée? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*:  Mostéfa Boumezrag dernier bey du beylik du Titteri, de 1819 à 1830. Mort en exil à Alexandrie en Égypte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La flûte Djaouak

2012018

Légende de Constantine

 

 

 

 

 

 

La flûte Djaouak dans Croyances & Légendes

 dans Croyances & Légendes

Flûte à conduit « djaouak » 

 

Appelé aussi à Constantine  ‘LE FHEL’.

 C’est une flûte de roseau appelée « bédouine » d’une vingtaine de centimètres de long et environ deux centimètres de diamètre. C’est aussi un instrument de base de l’orchestre Constantinois. Muni de six trous à l’avant et d’un trou à l’arrière, il permet des improvisations et des accompagnements d’une beauté mélodique que seuls l’oud et le violon alto peuvent égaler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohammed était un des plus célèbres musiciens de Constantine ; on l’appelait à prendre part à toutes les fêtes, d’où il revenait toujours comblé de présents. 

Cependant Mohammed était triste. Quelle pouvait être la cause de sa tristesse ? Hélas ! son fils, qui promettait d’hériter de son talent et de sa réputation, était mort peu de temps après son mariage, et le vieux musicien ne cessait de demander au Prophète de le laisser vivre assez longtemps pour qu’il pût transmettre ses connaissances musicales à son petit-fils, dernier rejeton de sa race. 

L’enfant, qui se nommait Ahmed, manifesta de bonne heure un goût prononcé pour la musique ; bientôt le vieillard lui ayant confectionné une flûte dont la grandeur était appropriée à ses petites mains, put l’emmener avec lui dans les fêtes, où chacun le félicitait sur le talent précoce de son petit-fils, et l’assurait qu’il parviendrait à l’égaler. 

Un jour que l’enfant était resté seul à la maison, Mohammed fut fort étonné, en revenant chez lui, d’entendre une musique qui semblait produite par deux instruments. 
Pensant que quelque musicien étranger était venu le voir, il pressa le pas, mais, en pénétrant dans la cour, il ne vit que son fils, qui, ne l’ayant pas entendu venir, continuait à jouer de la flûte, et produisait, à lui seul, cet ensemble de sons tout nouveaux. 

L’enfant, ayant introduit l’extrémité de sa petite flûte dans celle de son grand-père, avait obtenu une étendue de sons jusque-là inconnue sur cet instrument. Et comme Mohammed le questionnait au sujet de sa découverte, il répondit simplement qu’il avait voulu que sa voix suivît celle de son aïeul. 

En effet, les sons de la petite flûte suivaient graduellement ceux de la grande, ou, pour mieux nous exprimer, complétaient presque l’octave, dont la grande flûte ne donnait que les premiers sons les plus graves. 

Les marabouts, appelés à se prononcer sur ce fait extraordinaire, en conclurent que le Prophète avait voulu indiquer que l’enfant continuerait la réputation du nom de son aïeul et même la surpasserait. 

C’est à cause de cela qu’on nomma cette nouvelle flûte Djaouak, c’est-à-dire ce qui suit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Mythes d’origine médiévaux des Berbères

31122017

 

 

 

 

 

 

 

Selon un mythe d’origine répandu à l’époque médiévale, jusqu’à être repris par Ibn Khaldûn au XIVe siècle, les Berbères étaient présentés comme les descendants de Mazigh, fils de Canaan, fils de Cham, l’un des trois fils de Noé. Ils vivaient en Palestine jusqu’à la mort de leur roi, Goliath, tué par David, ce qui provoqua ainsi leur fuite vers le Maghreb. Ce mythe remonte au Livre des Jubilés, écrit intertestamentaire du IIe siècle av. J.-C., où, d’après Yve Modéran, « Canaan, fils de Cham, se voyait attribuer une bonne partie sinon la totalité de l’Afrique du Nord ».

 

D’autres mythes eurent cours à l’époque médiévale, comme celui rapporté par l’auteur abbasside Ibn al-Kalbî (m. 819/821), selon lequel les Kutâma et les Sanhâdja descendraient de tribus yéménites qu’un certain Ifrîqus aurait laissées au Maghreb après en avoir fait la conquête.

 

 

Selon un autre mythe développé par un groupe de généalogistes berbères installés en al-Andalus au XIe siècle, les Berbères, divisés en Barânis et en Butr, seraient les descendants de Mazigh pour les premiers, alors que les seconds seraient les descendants de Barr, un Arabe qui étant tombé amoureux d’une femme aurait fui la jalousie de ses demi-frères en quittant l’Arabie pour s’installer en Palestine, c’est-à-dire au pays des Berbères d’où venaient Tamazigh, la mère de Barr.

 

Ces mythes d’origine furent l’enjeu de légitimation à une époque où tribus et dynasties berbères dominaient le Maghreb médiéval.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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