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Le « ia » : élément essentiel de corruption dans le dialecte

19032017

 

 

 

 

 

Les parties du discours qui en ressentent l’influence, sont les pronoms, les substantifs, les verbes et les adverbes.

Plus d’une fois même il s’y montre accompagné d’un élif de prolongation. Ainsi, l’on dit: 

 

 

 

برية, beria « lettre, missive», au lieu de براة ,bra;

 

مراية, mraia «glace, miroir», au lieu de  مرآة

 

أنايا, et أنتايا, anaïa «moi», entaïa «toi », à la place de ana, enta

 

مليان, melian «plein», pour ملآن

 

هنايا, henaia «ici ». هكذايا, hakedaia «comme cela», pour hena, hakeda.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Aux origines des noms de famille

15032017

Voyage dans l’état civil algérien

 

 

 

 

 

Le patronyme est un support de notre identité. C’est un héritage familial inaliénable. Il nous parvient du fond des âges comme une chaîne qui nous lie à un ancêtre. A cheval entre la science du langage et l’histoire, ce nom si familier à notre mémoire recèle parfois le code d’accès qui perce le secret d’énigmes séculaires. 

 

 

 

 

Il arrive que les noms résistent étonnamment à l’effet du temps. Pour l’exemple, nous retiendrons Aouchich, Rezzoug ou Mazigh consignés par l’historien Hérodote dans son périple africain en 405 avant l’ère chrétienne. Nous proposons dans ces lignes une petite ballade festive et sans prétention savante dans cette heureuse association historico-identitaire que le lecteur attentif complétera selon ses besoins.

Du point de vue de la loi, le nom de famille est un patrimoine protégé par le code civil. Il a valeur de propriété privée. La loi permet, en effet, de modifier ou de changer de nom, mais consacre son caractère personnel. Un changement de patronyme doit obligatoirement faire l’objet d’une publicité pour vérifier l’éventualité d’une opposition puisqu’il a valeur de propriété privée inaliénable. A sa naissance, l’enfant algérien reçoit deux noms propres : le patronyme de son père et un ou plusieurs prénoms. Les parents ont le libre choix des prénoms, mais l’enfant portera obligatoirement le nom patriarcal. L’ordonnance 75-58 du 26 septembre 1975 portant code civil considère le nom et les prénoms comme un attribut de la personnalité identifiant la personne. Cette ordonnance a permis la nomination des personnes qui étaient dépourvues de nom et identifiées sous « SNP » (sans nom patronymique). Depuis la publication de cette loi, les dépositaires des registres d’état civil sont tenus de ne pas reproduire ce sigle « SNP », lors de la délivrance des copies conformes des actes d’état civil.  

 

 

 

Dans cette première partie, nous nous pencherons sur quelques noms d’origine turque….
 

 

Istanbul, Istanbul…
 

Les liens de l’Algérie avec l’empire Ottoman apparaissent sur une multitude de noms de famille. Baba Ali désignait le fonctionnaire de la sublime porte, autrement dit « El Bab El Ali ». Tout comme de nos jours, il arrive qu’une personne soit désignée du nom de l’institution qui l’emploie. Jusqu’au XIIe siècle, le mot « porte » désignait couramment, le palais impérial sous le règne ottoman. Plus tard, il a évolué pour définir les quartiers du grand vizir, siège du gouvernement à Istanbul. A partir du XIIIe siècle, ce siège ne sera connu que sous le terme de la sublime porte. Pour de nombreux chercheurs, y compris le grand spécialiste de l’Islam, Bernard Lewis, le nom « Istanbul » a été adopté en remplacement de Constantinople à sa conquête le 29 mai 1453 par Mehmed Ali. En réalité, Istanbul est une simplification phonétique du nom original « Constantinopoolis » qui s’est édulcoré dans le langage populaire en Stanpool pour se stabiliser définitivement en Stanbul et Istanbul. Les signes particuliers ont été une source assez importante dans la formation des noms propres chez les Ottomans. Ainsi, sari qui définit l’homme au teint clair, blond ou roux, va se compléter par un préfixe et devenir Bendissari, Bensari. Tobbal qu’on confond souvent avec le joueur de tambour signifie le boiteux. Dali est la qualité de l’homme particulièrement courageux face à l’ennemi, autrement dit, « le téméraire ». Si on le définit comme « le fou », c’est dans le sens de guerrier intrépide. Il a donné les Bendali, les Dali Bey. Quant à Mami, il qualifie les Européens réfugiés en pays d’Islam notamment sous l’inquisition. L’homme frappé d’un défaut de langue est appelé tétah. De sobriquet, il devient un nom de famille. L’homme grand de taille est appelé ouzzou et devient Bouzzou. Sous l’empire ottoman, l’armée, pilier de la dynastie, était un grand pourvoyeur d’emplois. C’est pourquoi on constate tant de noms liés à la fonction militaire. Ainsi, Boumabadji, c’est le bombardier. Tobji ou bachtobji sont artilleurs ou canonniers. Quant à danedji ou dennane, c’est le maître des forges. Il coule les bouches de canons et les boulets des projectiles. Alemdar, tout comme Sandjak sont les porte-étendards. Raïs, c’est bien évidemment le capitaine du navire. Ghazi appartient à la caste militaire chargée de la garde des frontières de l’empire. Dans leur immense majorité, ils étaient turcs et parlant turc. Le yéni cheri qui a donné le mot janissaire signifie le « nouveau soldat ». Il était reconnaissable à son grand bonnet blanc. Baltadji, c’est littéralement « l’homme à la hache ». Il fait partie du corps d’armée affecté exclusivement à la garde du harem du sultan à Topkapi. Baïri est probablement un raccourci de bey raïs. La fonction juridique a donné kazi qui est une prononciation turque de Qadi. Kazi ouel et kazitani (Tlemcen) signifient « el qadi el awwal et el qadi etthani » premier et second juge. Hadji est un arrangement de hachti qui désigne le cuisinier. Il s’est largement répandu en tant que patronyme. L’officier de police se nommait Zabanti de l’arabe dhabet. Il devient patronyme en se déclinant Sabati. Zabanti survit encore sous l’appellation argotique de zbaïti, èquivalent de flic en français.
 

 

 

 

D’où viens-tu ?
 

L’origine géographique est une source importante dans la formation des patronymes. C’est une règle universelle. L’empire Ottoman avait, sous son contrôle, une mosaïque de peuples de l’Asie centrale, de l’Europe centrale, du Monde arabe et de l’Afrique du Nord à l’exception du Maroc. Le Qara-Bagh est une région du sud-ouest du Caucase. Elle donne les Karabaghli. Le suffixe « li » indique l’origine géographique. Menemen, décliné en Moumen est le chef-lieu de Kaza, dans la région d’Aïdin. Quant à la ville d’Izmir, elle a donné les Zemirli, Zemirline (MedéaTizi OuzouAlger Mostaganem), Kara signifie, le Noir. Entendons, le mat foncé. Ainsi, Karadeniz, c’est la mer Noire. Les habitants d’Albanie se nomment les Arouani. Le Kossovar donne Kosbi. Fochtali vient de Phocée. Il existe aussi les Fechtali en berbère il s’agit certainement d’une coïncidence linguistique. Khorci transcrit de plusieurs façons, indique le Corse, tout comme l’île de Rodhes a donné Rodesli. Djenoui vient de Gènova (Gênes). Venise se disait Ounis. Ses habitants se nomment Ounesli (Ounes = Venise et Li = originaire de…) Lounis et Ounissi. Il devient aussi El Ounès. Kherchi c’est le Crétois et Bouchnak, c’est le Bosniaque. Le port turc de Bodrum (ancienne Alicarnas de la haute antiquité) a tissé des liens avec la côte algérienne. C’est pourquoi on retrouve tant de Bedroni, Betroni, Bedrina. 

 

Trari, nom berbère appartient aux Trarast ; ensemble de tribus de la région du nord de Tlemcen entre la côte méditerranéenne et les monts Fellaoucen ayant Nedroma comme centre géographique. Les Traras regroupent Oulhaci, Jebbala, Msirda, Souahlya, Beni Khaled, Beni Menir, Beni Abed, Beni Warsous, et Mesahlia d’où sont, probablement, originaires les Mesli qui donneront Messali.

 

L’Andalousie a fourni une multitude de noms. Le Galicien devient Ghennouchi. Ghennoudja, comme prénom, c’est la Galicienne toujours en vogue à Annaba et à Azzaba. Il en est de même pour l’exemple de « Olga » qu’on attribuait d’office à toutes les captives d’Europe centrale. Ce prénom slave devient Aldjia en passant par El Oldja qu’on retrouve couramment dans la littérature populaire. El Aychi et Ayachi sont les originaires de Ouadi Aych, le nom arabe de la ville de Cadix en Espagne une transposition de Ouadi Aych du Nejd, dans la péninsule arabique. Chebli, qui vient Chbilia, (Séville) et Gharnati de Grenade et Korteby de Cordoba. Le quartier El Blansa au centre de Blida indique une population originaire de Valence installée dans la nouvelle cité sous la protection de Sid Ahmed El Kebir. De même que les émigrés de Cadix vont fonder Oued Aych dans la périphérie de Blida vers 1510. Après la chute de Grenade en 1492, des musulmans et des juifs ont tenté de se maintenir en Andalousie. Ils ne quitteront définitivement leur patrie qu’après plus d’un siècle de présence dans la résistance et la clandestinité. Cette longue attente a eu des effets sur les noms. On retrouve ainsi des indicateurs d’identité dont la signification est parfois énigmatique. C’est le cas de Tchicou (El Chico), Randi, (El Grandé) Longo, le long, Gad el Maleh (Oued El Malah) .
 

 

 

 

Les arts et métiers
 

Les métiers et les arts sont une source de patronymes. Le tarzi, c’est le tailleur. Quand il est collé au préfixe « bach », il devient bachtarzi, autrement dit chef d’atelier dans l’art de la confection. Il est en lien direct avec Tellidji, le tisseur de brocard. Dans ce même corps de métier, on retrouve el kettani. Il fabrique la matière première, el kettan d’où dérive le coton. Le cordonnier se dit papoudji qui se prononce baboudji et parfois, il se dit tout simplement babou. Debbagh, c’est le tanneur et daouadji, le caravanier ou l’administrateur du caravansérail. Serkadji signifie le fabricant de vinaigre. Kateb et racim, noms prédestinés, désignent l’écrivain et l’artiste des arts graphiques. Quant à Sermadji, c’est l’industriel de la cosmétique et produits de beauté, en particulier le khôl, essentiel pour protéger la vue chez les marins et les caravaniers. Damardji s’occupe de la gestion de l’eau. Le sermadji se dit yantren et yataghen en tamazight car dérivant de iaattaren de attar. Tout comme ihaddaden désigne le forgeron et ioualalen, le potier.

La guerre a aussi ses metiers, allag, en tamazight signifie le lancier et ghozzali (de ghozz) est un corps d’archers turkmènes venus à Tlemcen à l’appel de Youcef Ibn Tachfin pour renforcer la défense de la ville aux prises avec ses ennemis de l’Ouest. Dans son long poème consacré au tatoueur el ouchem, Ben El Messayeb évoque « bled er roum, bled el ghozz. »

En ce qui concerne le nom « berbère » proprement dit, assez courant dans les milieux citadins (BlidaMédéa), il désigne le coiffeur en turc. On le retrouve aussi sous d’autres formes comme Barbar. Djerrah et Bachdjerrah, un mot arabe passé au turc désigne le chirurgien. Bestandji, jardinier, saboundji, savonnier, kahouadji, cafetier, halouadji, pâtissier, fnardji gardien de phare, Fekhardji, fabricant de porcelaine (équivalent d’ioualalen en berbère). Guerrache ou kerrache, c’est l’homme qui se consacre à lutte sportive. Et quand on dit mokdad il faut comprendre, évidemment, le guide.

Des surnoms peuvent devenir des patronymes au point de faire oublier l’identité d’origine. Embarek est une déclinaison populaire El Moubarek. Cet homme fut un personnage illustre de Constantine originaire de Mila. D’où Embarek El Mili. Ahmed Ben Omar était nommé Cheïkh El Hadj Ahmed El Moubarek. Il est né à Constantine vers 1800 et vécu toute sa vie dans cette ville jusqu’à sa mort en 1870. Il appartenait à la confrérie des Hansalyya, implantée à Constantine par Cheïkh Ahmed Ezzouaoui. Grand savant de l’Islam. Il occupa la chaire de Djamaâ El Kebir et succèda au grand mufti Mohamed El Annabi. Il est révoqué du poste de magistrat du haut conseil par les autorités coloniales pour « intelligence avec l’ennemi » en raison des rapports secrets qu’ils entretenait avec le Bey Ahmed de Constantine. Il écrivit une quantité d’ouvrages parmi lesquels Histoire de Constantine, non publié jusqu’à ce jour. Il existerait deux exemplaires du manuscrit dans les fonds d’archives de la Bibliothèque nationale et l’ancienne Médersa d’Alger.
 

 

 

 

Ruines romaines et usures phonétiques
 

Bon nombre de noms de famille portent une marque latine sans équivoque datant de l’époque romaine. Ils se reconnaissent à la finale « us » prononcée et écrite en ouche. Maouch dérive de Marius. La chute de la voyelle médiane « r » et le suffixe ouch constituent une réhabilitation du schème berbérophone. C’est la même règle qui va transformer « Cassius » ou « Caïus » en Chaouche. Cette pratique latine ancienne qui fait terminer un nom par une finale « ouch » est encore vivace. C’est l’exemple de Mouhouch Saïtoche… On retrouve, aujourd’hui Titus conservé sous sa forme la plus latine avec une phonétique qui a gardé l’accent de l’époque antique Titous. Dans les régions est, le « t » s’est adouci en « d ». Mathieu et Mathias (père de la Kahina) deviennent Maâti. Quant à Saint Paul (Paulus) apôtre de Jésus, son nom se perpétue en Ballouche et Belhouche. Aurélius devient Allouch et Ouenjelli, est une légère dérive de Evangelii autrement dit, l’homme qui enseigne les Saintes écritures. En ce qui concerne Guechtouli, il s’agit d’Augustin. Memmius est un nom tout aussi classique de la période romaine et survit sous sa forme actuelle de Mammech. Hammadouch, si commun à Béjaïa et à sa région vient de Amadeus (aimé de Dieu) prononcé amadéouch en latin. Claudius devient Gaddouch. Jerôme subsiste en Guerroum et Kherroum et Grégoire de l’époque byzantine, se retrouve après 2000 ans en Guergour et Benguergoura. Driouche dérive de Andréouch (Andréus). Certains patronymes opèrent des modifications, des « usures » jusqu’à faire perdre le sens original. C’est le cas de Abdiche qui est un nom composé. Il faut scinder les deux parties pour découvrir ave deouch autrement dit « salut à Dieu » supplantant progressivement le respectueux Ave César qui était le « bonjour » classique de l’époque antérieure à l’avènement du Christ en Afrique. Cette rébellion à l’autorité de César pouvait conduire à la peine de mort. L’arabisation d’un nom d’origine latine ou berbère se fait souvent dans le but de donner un sens et rendre compréhensible le patronyme. Nous citerons l’exemple du toponyme Oued Messelmoun qui dérive de oued Ousselmoun tirant son nom d’une écorce recherchée par les marchands phéniciens pour la teinture des cheveux et du lainage. En y ajoutant un « m » au préfixe, le toponyme prend un sens identifiable. Les divinités carthaginoises ont aussi laissé des monuments de traces dans les noms de famille : Amon et Baal se retrouvent dans Hammou, Hammani, Baali, Bellil. De cette époque punique, on hérite de Kert et Kirat, qui signifie la cité. Aussi, retrouve-t-on des Benkirat et Boukirat pour nommer le citadin. Ce qui n’a pas de lien avec El Kirat arabe équivalent au carat grec connu des bijoutiers en tant qu’unité de poids et mesure.
 

 

 

 

Les noms Toponymiques
 

Bon nombre de noms de famille sont tirés de noms de lieux (toponymie). Il se trouve que tous les noms de lieux, de villes et village, de cours d’eau, de vallées et de montagnes portent des noms berbères à quelques rares exceptions. En comparant la carte d’Algérie avec celle de l’Espagne, on constate ce paradoxe : la toponymie espagnole est nettement plus arabisée que celle d’Algérie. Parmi les synonymes de montagne en berbère, on a Adrar et Amour qui vont donner Ammouri, Amraoui, Drari et Bouzina, un pic des Aurès. Le Touat qui traverse le boulevard de la date au Sahara était une région convoitée par le passé, de par sa position stratégique sur la route du Soudan. Cette riche région a donné les Touati. Oued Draâ, dans le sud-ouest a donné les Draï tout comme Metidja a donné les Metidji. Tayebi désigne un originaire de Tayiba (la douce) qui est la cité de Médine, qualifiée ainsi par le Prophète (QSSSL) . Aggoun, Laggoun, (ne pas confondre avec le muet en arabe) sont également des toponymes qui désignent un relief. (Plateau surélevé, plateforme dominante comme la Table de Jugurtha dans la zone est des Aurès.

La part de la faune et de la flore est tout aussi importante dans la formation des patronymes. Ouchen, (le chacal), Aflelou (papillon) Ouar (le lion). Kerrouche le chêne ainsi que l’une de ses variétés le zane, (déformation phonétique de dhane) recherché pour l’industrie des arcs et les flèches. Depuis la nuit des temps, le corail sert de support identificatoire ; c’est le prénom Boussad, typique de Grande Kabylie (voir encadré). Quant à Bahmane, bien que le même patronyme existe dans les contrées iraniennes, en Afrique du Nord, il désigne une racine médicinale aux propriétés stimulantes.
 

 

 

 

Sur la piste des Banou Hilal
 

Le milieu du XIe siècle de J. C. a été marqué par une fracture politique significative entre les Zirides du Kairouan sous le règne d’El Moezz et le calife fatimide du Caire. En guise de représailles, le calife d’Egypte El Moustançar Billah lance sur le Maghreb les turbulentes tribus Banou Hilal et Banou Souleym. Ces vagues humaines originaires de la péninsule arabique allaient modifier durablement et structurellement les fondements sociopolitiques du Maghreb, de la Cyrénaïque au Maroc. Ibn Khaldoun consacre à cet épisode une partie essentielle dans sa volumineuse Histoire des Berbères. Guerriers redoutables, ils étaient originaires de la région de Ghazouan près de Taïf et pratiquaient la transhumance d’hiver et d’été sur les confins de l’Irak et de la Syrie. Ils émigrent dans la Haute Égypte sur la rive orientale du Nil. Au premier choc contre l’armée d’El Moezz, les Canhadja furent défaits et l’Ifriqiya livrée au partage. Ces deux grandes tribus issues des Beni Amer tirent leur légitimité de leur appartenance aux Beni Saâd d’où est originaire Halima Essaâdya, la nourrice du Prophète (QSSSL). A ces deux souches se rattachent des fractions, des clans et des familles dans une structure pyramidale. Parmi ces fractions, il y a les Djachem, les Athbedj, les Zughba (nombreux à Ouargla), les Kholt, les Sofyane, les Hamyane les Riyah, les Rabiâ et les Addi. Plusieurs familles vont se former à partir d’une fraction. Ainsi, les Riyah se divisent en Merdaci, Banou Attyya, Kerfali, Zemmam, Dhyab, Dhahhak, Hymmier. De ces familles, des figures vont émerger. Ibnou Abil Ghaïth (celui qui annonce la pluie) occupe Tunis avec son clan et perpétue son nom sous la forme actuelle de Belghiche et Belghith. De ces nombreuses tribus, nous retiendrons des noms comme Assam, Ayad (dépositaires des clés de La Kaâba) Muqaddem, Dridi, Douadi, Taâllah, Allahoum, Saâdallah, Rezkallah, Difallah, Khelfellah, Ata’illah (Ataïlyya), Brahimi, Brahmia, Benbrahim, Kerfali, Benyagoub, Abid, Aounellah d’où sont issus les Aouni, Chaffaï, El Amri, Sellami, Sakhri, Saâdani, Saïdani, Ben Cherif, Yahlali, Benhelal. Ouled Metaref (Metref) Ouled Salah (Salhi) Ouled Menia, Kraïche, Reddad, Attaf, Ouled Daoud, Ouled Ghanem, Ouled Rebbab, Ouennadi, Arif, Ouled Zian, Ouled Choaïb, Saâdi , Selmi, Slaïmi, La liste n’est pas exhaustive. Jusqu’au bouleversement colonial, ces familles et ces clans ont vécu, des siècles durant, sous le mode de production pastoral et sont restés fidèles à une sensibilité littéraire très proche des classiques arabes des temps préislamiques que recèle la poésie bédouine, en particulier.
 

 

 

 

L’estampille berbère
 

On dénombre deux formes constitutives des patronymes amazighs : maz et zagh. Il n’est pas exclu que le radical « zagh » soit relatif au teint de la peau et par conséquent à une forme de noblesse de sang. Le fondement maz va former une longue série de noms : Mazouni, Mazouna, Mazari, Mezghich, Mzali, Mezali, Mazi (Naït Mazi) Messis, Mezghenna et même Massinissa qui est un nom amazigh adapté au prononcé latin par les historiens Tite-Live (troisième décade) et Salluste (La guerre de Jugurtha). On retrouve dans Massinissa le radical maz qui peut laisser penser qu’il s’agirait à l’origine d’un nom proche de Mazghenni. Le débat reste ouvert. Ce préfixe se modifie dans les dialectes du Sud algérien pour devenir madh (Aïn Madhi). De même que le mot tamazight devient, chez les zénètes du sud, tamachek de même que l’oasis de Djanet est issue vraisemblablement de zénète. Avec le second radical zagh, on liste les Zaghbib, Benzaghou (berbère Masmouda), Zaâmoucha, (la finale moucha rappelle Moussa) Zaâmoum, Zaghrani, Sakrani, Bouzeghrane, Zerouali, Zaghidour, Zeggar, Zaccari (djebel Zeccar) Zouccal, Zerari, Zighi, Zeghbouche Zaghouane, Zaghloul (Djaghloul dans le parler zénète), Zeggaï, Izghen, Zeghni, Segni, Rezzag, Rezzoug, Rzighi etc.

Les patronymes berbères ont conservé la nomination des origines tribales fondatrices répertoriées par Ibn Khaldoun : Zemmouri et Meskouri, Soumati, Merniz, Oulhaci sont des familles des N’fousa. Fetani, Mediouna, Maghili se rattachent au même ancêtre éponyme, Faten fils de Tamzit, selon Ibn Khaldoun. Mais il est fort probable que tamzit serait une contraction de tamazight. Les Semghouni, Zenati, Zouaoui, Meknassa, Foughali ont la même filiation berr. Dans la chaîne des Bernis, on retrouve les Canhadja, les Arouaba, les Djazouli, Ghoumari, Masmouda.
 

 

 

 

Les noms écorchés
 

A partir de 1871, l’administration coloniale a systématisé le registre de l’état civil. Ce travail correspond à la phase active de la colonisation avec l’arrivée des civils réfugiés d’Alsace et de Lorraine. C’était aussi le début des troubles en France avec la commune de Paris, les révoltes des Hananchas et le soulèvement dans les Babors à l’appel d’El Mokrani. Les années 1870 seront celles de la plus terrible famine qu’a connue l’Algérie avec une mortalité estimée à deux tiers de la population. Ce recensement avait donc pour objet d’organiser l’expropriation des terres « évacuées » de force par les Algériens. Il faut reconnaître que les erreurs de transcription n’ont pas été nombreuses.. Bien qu’ils soient rares, ces noms méritent une réhabilitation. Ainsi, Dzanouni est une transcription hasardeuse de Sahnouni qui désigne l’adepte de Sidi Sahnoun, Imam du Xe siècle. Il a été à l’origine de l’enracinement au Maghreb de la doctrine malékite. C’est à cet Imam que El Hadj M’hammed El Anka consacre sa fameuse pièce Sidi Sahnoun.
 

 

 

 

Les confréries et les tribus
 

Les nombreuses confréries religieuses ont été facteur de cohésion sociale à des moments précis de l’histoire. C’est ainsi que la Kadiriya, Chadiliya, Rahmaniya, Ammariya, Aïssaouiya, Hansalya ont donné Kadri, Chadli, Rahmani, Lammari, Aïssaoui, Hansali. Nous recensons aussi une multitude de noms qui font référence à une tribu de rattachement, Nemmemcha, Hrakta, Frarha, Dharissa, Zenata, Djeraoua. C’est pourquoi on retrouve dans la liste des patronymes les Nemchi, Harkati, Ferrah, Deriassa. Souibes est une déformation de Thabet (tribu des Kotama installée sur les hauteurs de Dellys). Dahou est une abréviation de Dahmane, dérivé de Abderrahmane. Les Dahou se rattachent à l’autorité spirituelle de Sidi Dahou Ben Dherfa dans les Beni Chougrane. On relève parfois des noms énigmatiques comme le cas de Baouya. Il s’agit de deux initiales « El Ba Ouel Ya », autrement dit « B.Y. » qui pourrait être « Ben Yamina » ou Ben Yagoub. Le mystère reste entier.
 

 

 

Débarquement français à Jijel
 

Le 21 juillet 1664, sous le règne de Louis XIV, une flotte française commandée par le duc de Beaufort débarque à Jijel en vue d’une implantation en concurrence avec les Espagnols qui occupent Oran. L’aventure tourne mal pour les marins français affaiblis par les fièvres, la malaria et les attaques incessantes des montagnards. Le 1er novembre de la même année, le corps expéditionnaire français est forcé de quitter la ville sous un déluge de feux de l’artillerie turque. La marine française abandonne sur les rivages des blessés, des malades et une quantité considérable de matériel de guerre. Ils étaient normands, picards, bretons, anglais, hollandais et maltais. Ils ont été adoptés en raison de leur savoir technique : charpentier, bourrelier, spécialiste des cordages, de la navigation. Soignés et nourris, ils passeront chez le coiffeur pour le rituel de la circoncision et s’intègrent dans la population. Leurs descendants se reconnaissent à leur type européen prononcé et leurs patronymes plus ou moins berbérisés ou arabisés. L’événement a eu des effets durables sur la génétique mais aussi sur les noms propres : Dupres, Oudin, Belle-Gueule, Beaufort, Bourbon qu’on devine, aujourd’hui, sous des patronymes parfaitement algérianisés. 

 

 

 

 

Rachid Lourdjane Publié dans El Watan le 29 – 03 – 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Bey d’Oran Mohammed el-Requiq surnommé Bou Kabous

11032017

Pourquoi ?

 

 

 

 

Mohammed Bou Kabous, ou el-Requiq, que les Turcs appelaient Dali (le Fou), frère de Mohammed el Kebir (premier bey d’Oran), se met en révolte contre le Dey, torturé et décapité, surnommé le bey écorché (الباي مسلوغ).

 

 

Peu de temps après que Mohammed-el-Requiq eut été nommé bey, il se trouvait au-dessous de Miliana, lorsqu’un cheik arabe vint le trouver. Mohammed avait eu à se plaindre de lui pendant qu’il était khalifat de Mustapha-el-Manzali, et le cheik venait lui demander le pardon et l’oubli de ses anciens torts. Mohammed, sans lui répondre, l’abattit à ses pieds d’un coup de pistolet.

Cet acte de cruauté ou de folie lui fit donner le nom de Bou-Kabous « Le père du pistolet ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Idiome d’Alger (domaine : Instruments)

7032017

 

 

 

 

Idiome d'Alger (domaine : Instruments)  dans Attributs d'Algérienneté 1485351509-716-001

 

 

 

 

 

Substantifs

Transcription

Basse 

Bêche

Canif

Charrue

Ciseau

Ciseaux

Compas

Echelle

Enclume

Equerre

Etabli

Etau

Faucille

Filet

Flûte

Fronde

Fuseau

Gouge

Guitare

Hache

Lime

Lunette

Lunettes

Marteau

Montre

Mortier

Pelle

Pince

Pioche

Plane

Poulie

Rabot

Règle

Scie

Tamis

Tenailles

Tournevis

Truelle

Vilebrequin

Vrille

 

Kamenndja 

Fâce

Mouce

M’harate

Marboâ

Emkoce

Coumpace

Selloume, selalème p.

Zeubra

Mizène

Bankke

Ziar

Minndjel, menadjel p.

Chebka, chebake p.

Jouwaque

Môgla

Moghzel

Sgourbia – deufra

Kouitra

Châkour, chouakor p.

Mobrode

Méréïa

Nouàdeurr

Kadouma

Sàâ, souàiâ p.

Meuharaze

Mogharfat’ el-nar

M’koce el-nar

Face el-arbi

Racheba

Djerara

Melça – mokheurta

M’ceutra, m’çateur p.

Meunechar

Gheurbal, gheurabel p.

Kullàbe

T’chakildje

Mogharfa

M’chââbe

Berrina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Litanies de Sfandji (Marchand de beignets)

3032017

 

 

 

 

Litanies de Sfandji (Marchand de beignets) dans Attributs d'Algérienneté hbara

Biskra (Algérie), photo de la fin du 19e Marchand de Beignets

 

 

 

 

 

Lorsque le Sfendji  termina la confection de ses beignets, il parcourut la localité avec son plateau, criant :

 

Es-skhoune ifouar

Ef felous idouar

 

 

Chaud il fume

Il recherche les felouss (monnaie).

C’est la litanie traditionnelle !

 

 

 

 

 

1485184534-15-assus-marchand-beignets dans Attributs d'Algérienneté 

 

 

 

Vers la fin du 19ème siècle il y avait à Berrouaghia un Sfendji de Médéa, il s’appelait Ben si Ali qui ne manquait pas d’originalité, car outre le cri traditionnel de Skhoune Ifouar, il en avait créé quelques autres afin d’attirer l’attention et d’encourager les consommateurs.

 

Les vers qu’il débitait, chaque matin, en déambulant dans les quartiers arabes, vantaient naturellement sa marchandise. Il fallait entendre avec quelle conviction il criait d’une voix de stentor :

 

 

 

Bessokor

koul ou tfekor

 

Fait avec du sucre

Mange et souviens-toi

 

 

 

 

Bezit touness

Koul tezha

Bettal tenneus

 

Fait avec l’huile tunisienne

Mange tu seras gai

Si tu cesses tu t’endormiras.

 

 

 

 

 

Nououar fi douar

Ou hamimiche fi diar.

 

Comme les fleurs dans les douars

Et le carmin dans les maisons

 

 

 

 

Sfandj safi

Ou akil ouafi

 

Beignet pur

Et mesure comble.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La merveilleuse horloge des Abdelouadide (les Beni-Zian)

27022017

 

 

 

 

Les historiens arabes sont tous d’accord pour parler des splendeurs du Méchouar, des richesses merveilleuses qu’il renfermait, des cours brillantes où, protecteurs des sciences, des lettres et des arts, les Beni-Zian et les Mérinides attiraient les savants, les poètes et les artistes.

 

 

 

 

 

La merveilleuse horloge des Abdelouadide (les Beni-Zian)  dans Attributs d'Algérienneté citadelle-et-palais-el

Palais el Mechouar – Tlemcen

 

 

 

 

 

 

C’est au Méchouar qu’Abou-Tachfin possédait un arbre d’argent, sur lequel on voyait toutes sortes d’oiseaux de l’espèce de ceux qui chantent. Un faucon était perché sur la cime. Lorsque les soufflets fixés au pied de l’arbre étaient mis en mouvement et que le vent arrivait dans l’intérieur de ces oiseaux, ceux-ci se mettaient à gazouiller et faisaient entendre chacun son ramage, facile à reconnaître à cause de sa ressemblance avec le chant naturel. Lorsque le vent arrivait au faucon, oh entendait l’oiseau de proie pousser un cri, et, à ce cri, les autres oiseaux interrompaient tout d’un coup leur doux gazouillement.

 

Parmi les objets rares que l’on conservait dans le Méchouar, celui qui excitait le plus l’admiration, était la merveilleuse horloge qui décorait le palais de Tlemcen. Cette pièce de mécanique était ornée de plusieurs figures d’argent, d’un travail très ingénieux et d’une structure solide. Au-dessus de la caisse s’élevait un buisson, et sur ce buisson était perché un oiseau qui couvrait ses deux petits de ses ailes. Un serpent qui sortait de son repaire, situé au pied môme de l’arbuste, grimpait doucement vers les deux petits qu’il voulait surprendre et dévorer. Sur la partie antérieure de l’horloge étaient dix portes, autant que l’on compte d’heures dans la nuit, et à chaque heure, une de ces portes s’ouvrait en frémissant; deux portes plus hautes et plus larges que les autres occupaient les extrémités latérales de la pièce. Au-dessus de toutes ces portes et près de la corniche, on voyait le globe de la lune qui tournait dans le sens de la ligne équatoriale et représentait exactement la marche que cet astre suivait alors dans la sphère céleste.

 

Au commencement de chaque heure, au moment où la porte qui la marquait faisait entendre son frémissement, deux aigles sortaient tout à coup du fond des deux grandes portes et venaient s’abattre sur un bassin en cuivre, dans lequel ils laissaient tomber un poids également de cuivre qu’ils tenaient dans leur bec. Ce poids, entrant par une cavité qui était pratiquée au milieu du bassin, roulait dans l’intérieur de l’horloge. Alors le serpent, parvenu au haut du buisson, poussait un sifflement aigu et mordait l’un des petits oiseaux, malgré les cris redoublés du père, qui cherchait à les défendre. Dans ce moment, la porte qui marquait l’heure présente, s’ouvrait toute seule, et une jeune esclave, douée d’une beauté sans pareille, paraissait portant une ceinture en soie rayée. Dans sa main droite elle présentait un cahier ouvert où le nom de l’heure se lisait sur Une petite pièce en vers. Elle tenait la main gauche appuyée sur sa bouche, comme quand on salue un khalife…

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le remarquable séjour d’Ahmed Bey en Egypte

23022017

 

 

 

Le remarquable séjour d’Ahmed Bey en Egypte  dans Attributs d'Algérienneté 1484821787-ob-06f9d8-ahmed-bey-par-ahmed-benzelikha2

Hadj Ahmed Bey, dernier Bey de Constantine 

 

 

 

 

 

 

Vers 1815 – 1816  alors qu’il fut Caïd-el-Aouassi ; Ahmed Bey entreprit le pèlerinage de la Mecque, que tout bon musulman doit faire, s’il le peut, une fois en sa vie. Son absence fut de quinze mois, dont plusieurs passés en Egypte. Il y vécut, dans une assez grande intimité, avec plusieurs personnages célèbres de l’époque, notamment avec Muhammad Ali Pacha, avec son fils Ibrahim et, plus particulièrement encore; avec Toussoun-Pacha.

 

 

Les soldats égyptiens, à cette époque, se servaient, pour le tir de leurs fusils, d’une petite fourche sur laquelle ils en appuyaient le canon, et dont ils étaient tous pourvus. Un jour qu’on tirait à la cible, en présence de Muhammad Ali, celui-ci demande à Ahmed si, dans son pays, on se livrait aussi à cet exercice. Oui, répond Ahmed; seulement, nous ne nous servons pas de la fourche dont vous faites usage. Et, cependant, ajoute Ahmed, nous ne manquons pas le but, bien que, le plus souvent encore, nous tirions en courant à cheval. Muhammad Ali doutait, comme bien on pense, mais Ahmed, ayant demandé un fusil, tire aussitôt sans fourche et atteint le but, ce que personne n’avait encore pu faire. Il avait donc gagné le prix, qui, ce jour-là, était un turban. On le lui apporte, il le prend et le donne aussitôt à un des gens de la suite de Muhammad. A peine rentré dans son palais, celui-ci envoie, à Ahmed, un magnifique cachemire. Ahmed, ne voulant pas rester en arrière de politesse avec le souverain égyptien, lui envoie, en échange, de riches étoffes et des parfums qu’il avait rapportés de la Mecque.

 

 

 

 

 

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Muhammad Ali par Auguste Couder

 

 

 

 

 

Un oncle d’Ahmed-Bey, Hadj Ibrahim, habitait l’Égypte lors de l’expédition française dans ce pays, et il prit part à sa défense, sous les ordres de Mourad-Bey. Dans plusieurs circonstances, il avait été remarqué par le général Bonaparte, qui, plus tard, après les hostilités, lui fit cadeau d’une tabatière en or. Cette tabatière passa, par héritage, à Hadj-Ahmed, qui la conservait très-précieusement. « Je la conserve, disait-il dans ses derniers temps, comme un signe de bénédiction..»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Les ouchoum ‘tatouages’ des Béni Amer

19022017

 

 

 

 

Tous les Arabes de la tribu des Béni Amer* ont un ouchoum وشوم à la tempe ou à la joue gauche; c’est un signe tatoué représentant une étoile. Cette marque, à laquelle les soumirent les Espagnols lorsqu’ils les prirent à leur solde, était du reste renouvelée des Goths et des Romains.

 

Pendant que ces peuples régnaient en Barbarie, ils affranchissaient de tout tribut les indigènes qui s’étaient faits chrétiens; pour pouvoir les reconnaître, on leur gravait, en les baptisant, une croix sur la joue ou sur la main. 

 

 

 

 

 

 

* : les Béni Amer est la tribu la plus ancienne et la plus considérable de la région d’oranie (d’Oran, Sidi Bel Abbès , Aïn-Témouchent )

 

 

 

Les ouchoum ‘tatouages’ des Béni Amer  dans Attributs d'Algérienneté 1484644875-beni-ameur-2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La peste de Medjad حبوبة المجاد & la peste d’Osman حبوبة عثمان

15022017

 

 

 

 

 

Les grands événements historiques sont enregistrés suivant leur ordre de date, et portent souvent un nom se rattachant à quelques circonstances particulières. Les guerres, les orages, les coups de tonnerre, les morts de sultan, de dey, figurent, et donnent quelquefois leur nom à l’année où ces événements se sont passés.

 

 

Mohammed El-Kebir, fut confirmé bey d’Oran par le pacha d’Alger. L’année où il prit le commandement de la province fut une année désastreuse pour les habitants de la régence; elle a été appelée par les Arabes l’année malheureuse (عام الشر).

 

La famine ravagea le pays et y fit périr un grand nombre de personnes, tant parmi les populations des villes que chez celles du dehors. Mohammed combattit le fléau autant qu’il était en son pouvoir; il fit venir des pays chrétiens du blé qu’on vendait à vil prix dans les marchés d’Oran: il en faisait même faire des distributions gratuites aux indigents. Toutes les tribus de fellahs furent exemptes du tribut religieux de l’Achour

 

Pour achever de désoler le Maghreb, après la famine vint sa compagne habituelle, la peste, qui ravagea tout le pays compris depuis Alexandrie jusqu’à Maroc. Elle parut l’année 1200 (1786 J.-C). On lui donna dans la région du Gheurb (ouest / département d’Oranle nom d’Haboubat-el-Medjad, la peste des Medjadparce qu’elle détruisit complètement la famille de ce nom, nombreuse, riche et très-considérée dans le pays. 

 

 

En 1208 (1794 J.-C), la peste vint encore une fois désoler la province : elle fut apportée dans le pays par des pèlerins venant de la Mecque, et est appelée Haboubat-Osman la peste d’Osman, parce qu’elle sévit sur la maison d’Osman, fils de Mohammed-el-Kebir, qui occupait auprès de son père le poste de khalifat. 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Aïn Khamissa

11022017

 

 

 

 

 

Aïn Khamissa  dans Attributs d'Algérienneté 1484565149-khemissa

Ruines de Khamissa (antique Thubursicum Numidarum)

 

 

 

 

 

Les ruines de la ville romaine Thubursicum Numidarum, appelées par les arabes Khamissa, ont aussi leur légende. Ces ruines sont très importantes et comportent, entre autres vestiges, les restes de Thermes près desquels coule une source donnant un assez fort débit.

 

 

La population locale prétend que l’eau qui coule de cette source, charrie du sang des entrailles, de la graisse provenant des cadavres romains dont les tombes se dressent encore debout, dans la nécropole située au dessus et à quelque distance.

 

 

Depuis cette légende a été lancée, les gens de la région se gardent bien d’employer l’eau de l’Aîn Khamissa. Ils ne s’en servent même pas pour leurs ablutions malgré cependant qu’ils ne soient pas très exigeants sous ce rapport.  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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