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Souq el-Djedid

14052017

 

 

 

 

Souq el-Djedid dans Attributs d'Algérienneté 1493128804-mosquee-es-seida-2-4-2015

 

 

 

 

 

 

Avant l’arrivée des Français, les enchères publiques algéroises se faisaient, certain jour de la semaine, au Souq-el-Djedid, rendez-vous des affaires et lieu de distraction pour les personnages importants de l’ancienne Régence.

Ce n’était pas un carrefour, mais un emplacement presque carré, avec deux portes que l’on refermait, à certaines heures, tous les soirs. Les habitants restaient ainsi séquestrés jusqu’au lendemain. Ce Souq était entouré d’échoppes de petits marchands. Les bijoutiers y vinrent s’installer après avoir quitté Souq-es-Siagha, sur la place du Gouvernement.

Le Souq-el-Djedid avait, au milieu, un figuier séculaire et gigantesque. Ce point très pittoresque de la ville d’Alger, où l’on vendait aux enchères des bijoux, des tapis, des armes et des vêtements, disparut sous le-gouvernement du duc de Rovigo. Les acheteurs se rangeaient sur deux files en diagonale. Les dellals se promenaient entre les deux rangs avec, sur le dos et à la main, les objets à réaliser. Ils criaient à haute voix les prix qu’ils en demandaient.

Longtemps encore, on vit aussi dans les rues le dellal ambulant, si bien décrit par Eugène Fromentin, cherchant à vendre les objets qui lui avaient été confiés. Ce commissaire-priseur ambulant, portant à lui seul les dépouilles de vingt ménages, s’arrêtait dans les carrefours pour vendre aux enchères publiques tout un assortiment de choses hétéroclites. Ses mains, pleines de bijoux, ressemblaient à des écrins par la profusion de pendants d’oreilles, d’anneaux de pieds, de bracelets étincelant à ses doigts maigres, recourbés comme des crochets. Perdu sous une montagne de bardes, n’ayant de libre que le visage, il se présentait devant les cafés, dans tous les carrefours de la Casbah, et, le vendredi, sur le petit marché de la rue Socgémah, criant avec véhémence le prix du premier objet mis à l’encan.

C’était alors le moyen le plus employé par la population locale pour se débarrasser promptement des objets qui avaient cessé de leur plaire, ou que la nécessité leur faisait réaliser.

Il y avait aussi des deIIalate, Les hommes, ne pouvant entrer dans les maisons, les femmes allaient vendre, dans les intérieurs et dans les cours, des foulas et des bijoux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La gafla & la Nedja

10052017

 

 

 

 

 

 

La gafla  & la Nedja  dans Attributs d'Algérienneté 1493033549-s-l1600

Touggourt  – Départ  d’une caravane  de ravitaillement

 

 

 

 

 

 

Lorsqu’on voulait entreprendre un voyage dans le Tell, dans le Sahara, ou dans le désert, ce que l’on a eu de mieux à faire était de se joindre à une caravane : il y en a de deux sortes : la gafla ou caravane marchande, et la nedja ou tribu en mouvement.

La gafla accepte tous ceux qui se présentent, et les protège tant qu’ils veulent la suivre; elle ne leur demande ni d’où ils viennent ni où ils vont : c’est un omnibus.

La nedja se montre plus exigeante : il faut y être connu de quelqu’un, ce qui équivaut à la présentation d’un passe port. Il faut presque y retenir sa place; c’est une diligence.

 

 

 

 

 

 

 

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Caravane  dans les gorges de  TIRHANIMINE   entre ARRIS et  RHOUFI

 

 

 

 

 

 

La gafla était d’un usage plus général que la nedja, bornée par sa nature à un petit nombre de tribus et de directions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le foie de chacal

6052017

 

 

 

 

Après la naissance d’un garçon, les Aurassiens d’antan tirent, en signe de joie, deux coups de feu ; en outre, un mouton est égorgé dans les sept jours qui suivent l’accouchement.

 

La préoccupation de l’heureux père est de se procurer du foie de chacal à l’époque où l’enfant commence à manger. On prétend que les chacals ont sept foies.

 

  

  

 

Le foie de chacal  dans Attributs d'Algérienneté 1492681111-be35792

Algérie 1880 

 

 

 

 

 

 

Le chacal incarne les qualités principales, aux yeux des Chaouïa, de finesse, d’habileté, qui le mènent à son but sans encombre, avec une intelligence et une souplesse qui se jouent des obstacles. Le renard pour eux est un animal sot.

Souvent l’Auressien n’attend pas que l’enfant soit en âge de manger. Dès qu’il s’est procuré du foie de chacal, il le broie et après l’avoir mélangé avec du beurre, il en introduit un peu entre les lèvres du nouveau-né.

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La Caverne de RAYMOND LULLE

2052017

 

 

 

 

La Caverne de RAYMOND LULLE  dans Attributs d'Algérienneté Ramon_Llull

 

 

Au bout du cap de Bougie, on voit un grand trou ou une voûte qui traverse le cap N-S sous laquelle pourrait passer une galère mâtée et où les brigantins et les bâtiments à rame de Majorque viennent se cacher pour attendre les bâtiments turcs et les prendre.

Quelques-uns appellent cette voûte, la Caverne de Raymond LULLE*, qui, cherchant la pierre philosophale, passa pour magicien. Les autres disent que la Caverne de Raymond LULLE est une grotte à un grand quart de lieue de la ville, vers l’endroit où il y a un bon mouillage.

 

Sous cette voûte il y a une source d’eau et l’on y voit le restant d’une ancienne citerne sur laquelle on a bâti un marabout ou oratoire et ermitage pour un saint turc.    

 

 

 

 

 

 

* : Raymond LULLE, missionnaire franciscain de Majorque, vint, au XIVe siècle, tenter d’implanter le christianisme parmi les populations du Maghreb central et oriental.

Entre deux séjours à Tunis, il débarqua à Bougie, venant de Paris par Montpellier et Majorque en 1307. Après une prédiction sur la place publique, il fut arrêté, jeté en prison puis expuisé.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Cuivre pour or

28042017

 

 

 

 

Cuivre pour or dans Attributs d'Algérienneté 1492540756-99-016763

 

Paire de bracelets de cheville en or à tête de serpents /  Constantine 19e  siècle

 

 

 

 

 

 

On raconte qu’El-Hadj El-Habib ben Abed Mebkhoula, caïd de la tribu des Hammans, cercle de Mécheria; donna une forte somme à un bijoutier juif pour lui faire une paire de gros khalkhals et chargea l’un de ses serviteurs de surveiller attentivement cette opération. L’Arabe emportait l’or chaque soir et le rapportait le lendemain matin au bijoutier. Lorsque le juif eut presque achevé son travailet n’avait plus qu’à fourbir le bijou pour lui donner plus de lustre, il fit en cachette des khalkhals en cuivre; qu’il apporta et déposa dans la cuve pleine d’eau sale destinée au refroidissement des bijoux. Le jour de la remise de la paire de khalkhals étant arrivé, le juif affecta de lui donner les plus grands soins: il plongea les bijoux d’or dans la cuve, en retira les khalkhals de cuivre, qu’il nettoya et remit à son client.

 

 

L’Arabe partit joyeux; mais l’idée lui étant venue de montrer la paire de khalkhals à un connaisseur, il apprit avec stupéfaction qu’il avait reçu des objets de cuivre, absolument semblables extérieurement. Il requit alors un agent de la force publique pour arrêter le juif, qui fut trouvé détenteur des bijoux truqués. Il avait, paraît-il, l’habitude de ces délicates substitutions.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Timechekerrit : coutume guerrière kabyle

24042017

 

 

 

 

Les Kabyles suivaient dans leurs guerres, une coutume qui était d’un usage fréquent, c’est ce qu’ils appellaient le Timechekerrit.

 

Au moment de la réunion générale où l’on décide la guerre, les tribus ou les villages se lancent les uns aux autres des défis de prouesse ; ce sont généralement les tribus séparées par de longues inimitiés qui, réunies pour une même cause, veulent rester rivales dans la lutte contre l’ennemi commun et font ainsi tourner leur rivalité au profit du bien public. Cette coutume est suivie aussi bien dans les guerres de tribu à tribu que dans les guerres contre un étranger. Tantôt, chaque tribu rivale défend une portion de retranchement et celle qui lâche pied la première est déshonorée ; tantôt on indique le point où il faudra arriver, après avoir culbuté l’ennemi, pour avoir les honneurs de la journée.

 

Les Kabyles mettaient un extrême amour-propre dans ces défis, les meddahs chantent la gloire du vainqueur et la honte du vaincu et leurs récits rimés se transmettaient de génération en génération.

 

   

 

 

 

Timechekerrit : coutume guerrière kabyle  dans Attributs d'Algérienneté 1490869581-sans-titre

 Gravure Algérie 1856. Expédition de KABYLIE : 16 septembre à MAHALET RAMDAM. 24 septembre chez les BENI KOUFFI

 

 

 

 

 

 

 

 

Les exemples qu’on pourrait signaler sont nombreux, nous citerons seulement le combat livré le 17 mai 1844, dans les Flissat ou Millil, par le maréchal Bugeaud, où toutes les tribus kabyles avaient envoyé leurs contingents ; l’attaque des Beni Iraten, le 24 mai 1857, où les fractions d’Irdjen et d’Ait Akerma rivalisèrent de ténacité dans des retranchements établis entre Tamazirt et Adeni; les combats d’Icheriden du 24 juin 1857 et du 24 juin 1871, qui peuvent compter parmi les plus sanglants livrés par le colonisateur  aux Kabyles.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La langue franque (La lingua Franca)

20042017

 

 

 

 

Sur une grande partie des pourtours méditerranéens, dont les côtes de l’Italie, de la France, de l’Espagne et du Maghreb, la lingua franca fut en usage, durant tout le Moyen Âge, l’époque classique, et jusqu’au début du XIXe siècle, dans les relations commerciales, politiques, diplomatiques ou guerrières qu’eurent avec les européens les souverains d’Alger et de Tunis, ainsi que les marchands et voyageurs, militaires et marins. La dynamique de ces rapports assez instables, et sans doute aussi le caractère coloré et pittoresque d’un subir où se mélangeant des mots d’origines hétéroclites (surtout italiens mais aussi provençaux, catalans, castillans, français, grecs, turcs et arabes) firent de la lingua franca un sujet de fantaisies littéraires.   

 

 

 

 

 

La langue franque (La lingua Franca)  dans Attributs d'Algérienneté 1490291997-237-001-1 

 

 

 

 

La lingua Franca que l’on parlait à Alger et qu’on l’appelait aussi le Petit Mauresque tient beaucoup à l’espagnol, employée par les habitants des villes maritimes. Cet idiome n’a ni orthographe, ni règle grammaticales bien établies ; il diffère même sur plusieurs points suivant les villes où il est parlé. Les verbes s’emploient constamment à l’infinitif, il n’y pas même les inversions des pronoms, qui en français donnent à une phrase le caractère interrogatif, en sorte que lorsque l’on parle d’une action on est embarrassé pour savoir si c’est d’un acte consommé ou d’une acte à faire , ou même si on demande ce qui a été fait relativement à cet acte; ainsi 

 

 

ti andar passegiar veut tout aussi bien dire tu es allé te promenerque vas-tu te promener? Es-tu allé te promener? Ou enfin iras-tu te promener? 

 

mi crumpar cavalloj’ai acheté un cheval, J’achèterai un chevalachèterai-je un cheval? 

 

Remarquez bien encore qu’on ne distingue pas les nombres, ainsi cette phrase se dit tout aussi bien s’il est question d’un cheval que si on veut parler de plusieurs chevaux, et à moins que l’on ne dise si l’on a dans sa pensée deux, trois, quatre chevaux, on ne sait pas. Si celui qui parle entend exprimer par sa pensée un cheval ou plusieurs chevaux.

 

Ce n’est rien que tout cela encore, mais presque tous les mots tirés des diverses langues sont défigurés principalement dans leurs terminaisons, et au milieu de ce galimatias se trouvent d’innombrables barbarismes, des mots traduits à la volonté de celui qui parle ; ainsi 

mi voulir facir sella al cavalloje veux faire une selle de chevalvoulir et facir se comprennent, mais d’où viennent-ils?  Et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que cette phrase qui peut se prendre comme la précédente dans le temps passé ou futur, ou dans le sens interrogatif, s’emploie dans les mêmes expressions et pourrait s’entendre sous les mêmes modifications, s’il était question de mettre la selle à un cheval comme de faire une selle de cheval. 

 

La pauvreté de ce langage se fait sentir à chaque instant; bono est le grand mot qui vient à chaque instant, bono vent dire bon , mais il veut dire aussi bonnement, bien , il exprime de plus le sens des adjectifs, solide, propre , sage , beau, joli et tous ceux qui ont un sens laudatif; la casa bono est à votre choix la maison solide, ou belle, ou propre, ou commodeune bonne terre est terra bono, mais la terre médiocre est poco bono , la meilleure est mucho bono et la terre mauvaise est non bono, car il n’y a pas d’autre moyen pour exprimer la qualité de ce qui est mauvais; ainsi qui sait bono connaît la moitié de la langue, et lorsque Figaro croyait savoir parler anglais parce qu’il disait goddem, le premier venu connaît à plus forte raison la langue franque , lorsqu’il sait dire bono et non bono

 

 

 

On a cherché à découvrir l’origine de cet étrange baragouin , et on a pensé qu’il avait pris naissance parmi ceux que les corsaires retenaient esclaves à Alger; ces prisonniers appartenaient principalement à l’Espagne , à l’Italie et à la Provence , et chacun d’eux éprouvant le besoin de se faire entendre de ses compagnons d’infortune , apportait le tribut de son idiome, qu’il tâchait de mettre à portée de son interlocuteur, à qui il cherchait à faire adopter quelques-unes de ses expressions , en s’efforçant de comprendre et d’employer les siennes. Les maîtres de ces infortunés, ceux qui avaient sous leurs ordres les captifs appartenant à l’état, étaient dans la nécessité d’apprendre à parler comme eux, autant pour les entendre que pour se faire entendre d’eux. Les Corsaires, qui étaient nombreux à Alger, tant parmi les Maures que parmi les Turcs, avaient également besoin, ainsi que leurs équipages , de connaître ce langage , et quelques navires marchands d’Alger qui fréquentaient les ports de Marseille , Gènes , Livourne, Naples, Barcelone , Carthage, Manon et autres, en rapportaient toujours quelques mots qui s’entremêlaient confusément sans qu’aucune méthode intervînt pour en régulariser l’usage ; mais l’Espagnol y domine, et de toutes les langues de l’Europe, c’est celle avec laquelle on est le plus généralement compris. Cependant c’est avec cette façon de parler que les Européens arrivés à Alger, depuis la domination française, ont pu se faire entendre des Maures et des juifs; plus ou moins, les indigènes en comprennent tous quelques mots, les juifs surtout en font un usage fréquent ainsi que les kabyles qui sont nombreux dans la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Sour Kelmitou

16042017

 

 

 

 

Sour Kelmitou dans Attributs d'Algérienneté ca27_sour_05

 

  

 

 

Ville en ruines dans le pays des Medjehar, au nord-nord-est de Mostaganem.

Le docteur Shaw croit que ce sont les restes de Lar-Castellum de l’itinéraire d’Antonin. Les habitants du pays prétendent que du temps des guerres des Moulouk-el-Arab (princes arabes), cette ville fut prise d’assaut, détruite, et que tous les habitants furent passés au fil de l’épée; de là le nom que portent maintenant ces ruines:

سور كل موتى  Sour-Koul-Mouta, كل ميتو Koul-Mitou : 

Sour : rempart; et koul-mouta , koul-mitou, tous morts.

 

Il y avait  aux environs une source d’eau excellente, et un bois magnifique d’oliviers et d’amandiers.

 

 

 

 

 

1490031397-kelmitou dans Attributs d'Algérienneté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




L’année de la guerre feinte

12042017

 

 

 

 

Sous le règne de Hassen-Bou-Hanek bey de Constantine (1736), il se passa un fait qui mérite d’être rapporté et qui a fait époque dans l’histoire de ce temps, puisque c’est de lui qu’est venu le dicton : L’année de la guerre feinteCe fait, le voici:

 

 

Des dissentiments s’étaient élevés entre le pacha d’Alger, alors régnant, et le bachagha préposé à l’administration des affaires arabes. Comme ce dernier jouissait d’une influence considérable, le pacha, n’osant le faire périr ouvertement, résolut, pour se débarrasser de lui, d’employer la ruse, et voici la supercherie qu’il imagina.

 

Il le fit appeler et lui dit d’un ton confidentiel et avec un air de sincérité feinte : « Le pacha de Tunis s’est déclaré notre ennemi et refuse de remplir les engagements contractés envers nous. Vous allez vous rendre auprès du bey de Constantine pour mettre, de concert avec lui, une armée sur pied, et vous envahirez le territoire tunisien. Si, en présence de cette démonstration, le pacha effrayé consent à se libérer de ses  obligations, votre but sera atteint et vous n’irez pas plus loin. Si, au contraire, il résiste, vous poursuivrez  votre marche sur la capitale, et vous attendrez là les renforts en troupes et en munitions de guerre que je vous enverrai. »

 

Le bachagha, prenant au sérieux la mission qui venait de lui être confiée, se hâta de quitter Alger, croyant courir à sa gloire, tandis qu’il courait à sa perte.

 

 

 

En effet, le pacha d’Alger faisait en même temps parvenir au bey Bou-Hanek une dépêche secrète ainsi conçue : « Le bachagha, par ses intrigues et ses menées,  s’est rendu coupable de trahison envers nous. Ne pouvant le condamner à mort publiquement, nous l’avons chargé d’une mission à entreprendre contre la régence de Tunis. Quand il arrivera auprès de vous, vous exécuterez ses ordres et vous vous hâterez de vous mettre en campagne. Mais lorsque vous serez en route, faites-le périr secrètement et ensevelissez son corps sous terre. Cela fait, vous reviendrez sur vos pas et abandonnerez cette expédition. »

 

 

 

Quand le bachagha arriva à Constantine, le bey, conformément aux instructions qu’il avait reçues, s’empressa d’obtempérer à ses ordres. Il rassembla à la hâte tout ce qu’il avait de forces en cavalerie et en infanterie, et dés que la colonne fut prête, les deux chefs quittèrent la ville. On se mit en marche; mais après quelques jours de route, le bey, trompant la confiance de son collègue, lui fit avaler un breuvage empoisonné qui lui brûla les entrailles, et le lendemain il se réveillait dans la tombe. Le bey, ayant rempli le but de sa mission, rentra à Constantine, satisfait sans doute d’avoir si bien servi les ordres de son maître.

 

 

 

Il faut convenir que cette action n’est guère à la louange du bey Bou-Hanek, pas plus qu’à celle du pacha, son suzerain; et c’est, cependant, le seul fait que l’historien El-Anteri* ait cru devoir rapporter dans les quelques pages qu’il consacre à ce prince. Du reste, pas une réflexion, pas une parole de blâme à ce sujet, tant il semble que la trahison, sous le gouvernement turc, fut chose ordinaire et passée dans les mœurs publiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*: Sid Salah-ben-el-Anteri : auteur arabe du premier Essai d’une histoire de Constantine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Quelques suffixes de l’ancien argot algérois

8042017

 

 

 

 

Quelques suffixes de l’ancien argot algérois dans Attributs d'Algérienneté 1489819071-2097965954-8a39bd2420-z

Une rue de la Casbah/ Alger 1900

 

 

 

 

L’examen des différents suffixes de l’argot algérois est particulièrement instructif. Les uns appartiennent à la langue ancienne, les autres (ce sont les plus nombreux) sont familiers aux dialectes ou aux langues étrangères. Tels sont :

 

 

 

  • I/- le ‘a’ : Etant donné qu’en principe sont féminins par la forme les noms terminés par  -a-, on a généralisé cette règle à toutes sortes de mots qui présentent une désinence féminine et conservent le sens masculin :

 

Exemple :

 

 

Al- ɛawǧa : « le tordu »

k-kahlucha : « de teint bronzé »

habbula : « fou »

 

 

 

 

 

  • II/- le ‘o’ : D’origine apparemment dialectale, cette désinence affecte des adjectifs.

 

 

Exemple :

 

 

Twello : « 1° long, 2° de haute taille »

Krimo : « généreux ». Cet adjectif est utilisé aussi comme prénom, diminutif de « Abdu l-Karim ».

Qsero : « court, de petite taille ».

Khsino : « 1° épais, 2° grossier »

ɛredo : « large »

ɛ’liyo : « haut »

 

 

 

 

 

  • III/- Le ‘an’ : Il forme toutes sortes de mots d’origine diverses :

 

 

Exemple :

 

 

Dikhan : « étourdi » en face du mot courant « dayekh »

Kherguan : « sortant » id               « khareg »

Cherban : « saoul »  id                « chareb »

ɛawgean : « tordu » id                  « ɛweg »

kechfan : « qui fait découvrir » id      « kachef »

chiban : « vieillard » id                « chayeb »

 

 

et aussi : 

 

 

mokhnan : « morveux »

kaɛwan : « qui a les jambes torses »

 

 

 

 

 

  • IV/- le ‘gi’ : On sait qu’il s’agit d’un suffixe de noms de métiers emprunté au turc. Mais ce qui est véritablement intéressant, c’est qu’ici il se trouve appliqué à une quantité considérable de mots qui ne se rencontrent ni dans l’usage, ni dans les textes. Ainsi on connait :

  

 

 

Bočakgi : « voleur à la tire »

Čaqmaqgi : « armurier »

Halicagi : « confiseur »

Hammamgi : « patron de bain maure »

Fakhargi : « potier »

Gmargi : « 1° douanier, 2° collecteur de taxes sur les marchés »

 

 

Mais il est assez surprenant de trouver :

 

 

ɛawwaggi : « hurleur » < ɛawweg « hurler »

Maɛfongi : « sale, malpropre »  <maɛfon, même sens.

Mokhnangi : « morveux » < mokhnan, même sens.

Qawwadgi : « entremetteur » < qwwad, même sens.

Cheffargi : « chapardeur » < cheffar « voleur ».

Čaqlalgi : « qui parle bruyamment ».

 

 

 

 

 

  • V/- le ‘ani’ : Cette forme ne caractérise pas seulement les adjectifs « exprimant spécialement une situation dans le temps et l’espace », mais on la rencontre aussi dans beaucoup d’autres épithètes qui désignent des phénomènes très diverses :

 

 

Exemple :

 

 

Chiban : « qui a les cheveux blancs ».

Zogeani : « qui est propre au mari ».

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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