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Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Extérieurs : Relations Générales de la Kabylie avec les autres villes d’Algérie

17072020

 

 

 

 

 

 

 

 

Les tribus kabyles les plus importantes ont des entrepôts et des comptoirs dans presque toutes les villes de l’Algérie.

On trouve des négociants kabyles établis dans toutes les villes concentriques à la Kabylie, à Alger, à Constantine, à Bône, à Bou-Sa’da. Philippeville lui-même, en compte déjà un assez bon nombre dans sa population indigène. Mais la tolérance est une des qualités nécessaires au commerce. Les trafiquants ne demandent aux marchés qui les accueillent ni acte de naissance, ni acte de baptême.

 

Les Zouaoua envoient en général les marchands ambulants. On sait que l’état de colporteur est une de leurs spécialités. Les principales marchandises qu’ils versent dans les villes sont des bernous grossiers, ouvrage de leurs femmes; des ustensiles de ménage en bois, confectionnés dans les régions hautes et boisées de la Kabylie, des figues et des raisins secs, produits des régions intermédiaires, des bijoux, broches, boucles d’oreilles, anneaux de pied, bagues, achetés dans les ateliers des Beni-Ianni et des Beni-Fraoucen, et enfin des armes, quand ils peuvent les introduire (époque coloniale). Ils emportent des articles de mercerie et de quincaillerie, des chachïa ou calottes rouges de Tunis, des soieries, des petits miroirs en cuivre fabriqués en France, des foulards en soie et coton fabriqués, pour la dimension et la couleur, suivant le goût des Orientaux, et qui, selon toute apparence, sortent des fabriques de Saint-Étienne. Enfin les colporteur zouaoua, pour conserver la mobilité qui est un des caractères de leur commerce, en excluent toutes les matières encombrantes et le réduisent aux objets usuels qui ont le plus de valeur sous le moindre volume.

 

Les négociants des autres tribus séjournent davantage dans les villes et souvent même s’y établissent. Ils y apportent des bernous, de l’huile, des fruits secs, des olives et des meubles de ménage en bois. Ils prennent en échange des soieries , des merceries, des cotonnades et du fer autant qu’ils le peuvent.

 

Quoique le commerce de toutes ces tribus roule à peu près sur les mêmes articles, cependant chacune d’elles y exploite de préférence une branche spéciale. Ainsi les Beni-‘Abbès et les Beni-Ourtilân s’attachent surtout à la vente des bernous justement renommés qui sortent de leurs fabriques. Les Beni-Aïdel et les Beni-Our’lis se livrent surtout au commerce des huiles et des olives. Dans les villes qu’ils fréquentent, les négociants de la Kabylie ont un fondouk ou caravansérail qui leur sert la fois d’hôtellerie, de magasin et de boutique. On l’appelle souvent fondouk des Beni-’Abbès, parce qu’il est principalement fréquenté par les négociants de cette tribu; mais il reçoit tous les trafiquants et tous les voyageurs de la montagne, et devrait, avec plus de raison, s’appeler fondouk des Kabyles.

 

Les fondouks sont exploités, à peu près comme des hôtels garnis, par un propriétaire ou locataire principal qui loue, soit au jour, soit au mois, les chambres, les écuries et les magasins. Ils sont désignés par le nom soit du propriétaire qui les exploite , soit des voyageurs qui les fréquentent.

 

A Bône, le fondouk des Beni-’Abbès est installé devant la porte de Constantine, dans une maison de construction française. Cet établissement fut fondé vers 1839. Avant cette époque, la ville était trop pauvre pour que les riches fabricants de la Kabylie daignassent jeter les yeux sur elle; elle n’en recevait que des ouvriers. Mais les accroissements successifs que cette ville a pris sous la domination française ont fini par y attirer un assez bon nombre de négociants des Beni-’Abbès, et ont motivé l’établissement d’une hôtellerie kabyle.

 

A Constantine, il existait avant 1830 un fondouk des Beni-’Abbès qui suffisait aux besoins du commerce et de la circulation; mais depuis l’arrivée des Français, les trafiquants indigènes ont, de tous les côtés, afflué dans cette ville; les fondouks se sont encombrés, et il arrive souvent aux Beni-’Abbès eux-mêmes, ces représentants de l’aristocratie commerciale, de ne pas trouver place dans leur hôtel et d’être obligés de frapper à d’autres portes.

 

 

 

 

Le Marché Kabyle d’antan - Marchés Extérieurs : Relations Générales de la Kabylie avec les autres villes d’Algérie  dans Attributs d'Algérienneté 200415113728393449

Marchands Kabyles d’huile d’olive

 

 

 

 

 

 

Quelques détails sur l’installation de ces fondouks.

 

Ce sont des maisons semblables aux habitations ordinaires, formées comme elles de quatre corps de logis à angle droit, prenant leurs jours sur une cour intérieure quadrangulaire. Elles se composent d’un rez-de-chaussée et d’un étage, pourvus l’un et l’autre d’une galerie qui règne intérieurement sur les quatre faces. Des cellules, indépendantes les unes des autres, débouchent sur la galerie du rez-de-chaussée et sur celle de l’étage : ce sont à la fois les appartements, les magasins et les boutiques des négociants en voyage.

 

A Constantine, les Kabyles qui font le commerce de tissus de laine se répartissent dans trois fondouks situés sur la rue Combes, qui est la grande communication marchande de cette ville.

 

Ils portent les noms de Fondouk-ben-Amoun, Fondouk-el-H’afsi et Fondouk-bou-Chîba.

 

 

 

1° Fondouk-ben-Amoun. _ Un passage qui occupe toute la largeur de l’un des corps de logis établit la communication entre la rue Combes et la cour intérieure. Il règne , dans ce détroit, un remou continuel, produit par le va-et-vient des marchands qui partent ou qui arrivent, des chalands, des courtiers, des brocanteurs, des revendeurs et des simples spectateurs. Le passage est bordé, sur ses deux faces, de petites boutiques où sont exposés en étalage des bernous, des h‘aïk, des gandoura et des couvertures de laine. Plusieurs de ces marchandises viennent, comme ceux qui les vendent, du Sahara; les h’aïk , du Belad-el-Djerid; les couvertures, de Gafsa; les bernous et les gandoura, du Zîbân, de Bou-Sa’da, de Tuggurt, d’Ouaregla. En pénétrant dans l’intérieur, on trouve toutes les chambres, tant au rez-de-chaussée qu’à l’étage , transformées en ateliers de tailleurs. Ce sont les Beni-Ourtilân, les Beni-Ia’la, et surtout les Beni-’Abbès, qui garnissent, avant de les livrer, les bernous apportés en pièces de leurs fabriques. C’est là aussi qu’on va les acheter. Une porte, pratiquée au fond de la cour, communique avec une autre cour, qui sert d’écurie, ou plutôt de parc aux chevaux, aux mulets et aux ânes qui ont apporté les marchandises et les négociants. Enfin un café, compris dans l’intérieur de l’établissement, en forme comme le complément nécessaire; il y occupe l’espace de trois chambres : il en reste une cinquantaine à la disposition des voyageurs.

 

 

 

2° Fondouk-el-H’afsi. _ Ce fondouk n’a que vingt-neuf chambres; mais elles sont presque entièrement occupées par les tailleurs kabyles, et surtout par les Beni-’Abbès. Cependant il s’y trouve aussi quelques négociants de Tunis, et même parfois des gens de la campagne, qui, surpris à Constantine par la nuit, viennent chercher un gîte dans le fondouk, et s’en retournent le lendemain chez eux.

 

 

 

3° Fondouk-bou-Chîba. _ Il se compose de deux établissements contigus , réunis par une communication intérieure, quoique chacun d’eux ait son entrée particulière, l’un sur la rue Combes, l’autre sur la rue Vieux. Les deux fondouks réunis renferment une cinquantaine de chambres, occupées encore, en grande partie, par les Beni-’Abbès, qui passent leur temps a vendre leurs burnous et à les garnir.

 

A ces trois établissements, consacrés au commerce des tissus de laine , et presque entièrement absorbés par les marchands kabyles, il faut ajouter encore le Fondouk-ez-Zit, réservé aux marchands d’huile; mais il contient seulement seize chambres fort étroites et fort sales, comme le reste de l’édifice.

 

Le prix des chambres, dans les fondouks, est généralement de cinq francs par mois.

 

Outre les trafiquants de passage, qui trouvent dans les hôtelleries indigènes, pour le temps nécessaire à l’écoulement d’une pacotille , un gîte, une boutique et un lieu de dépôt, on en compte un certain nombre établis à demeure dans les villes. Ils y habitent des maisons particulières, où ils reçoivent les marchandises expédiées de la Kabylie par leurs parents, leurs correspondants et leurs associés, et d’où ils leur envoient les articles de commerce fournis par la localité. Ces arrivages et ces départs presque journaliers de marchands et de marchandises donnent lieu à un mouvement assez considérable d’échange et de circulation; mouvement qui prendrait une activité nouvelle, si notre commerce et notre industrie, mieux éclairés sur les besoins et les ressources du peuple kabyle , pouvaient y participer. Il s’établirait ainsi des liens plus étroits entre les villes et les contrées.

 

Un grand nombre de travailleurs qui descendent sans cesse des montagnes, et viennent exposer leur activité et leur industrie. Voici encore des négociants qui viennent apporter leurs produits et demander des autres. Quant au nom des tribus d’où viennent ces négociants et ces travailleurs, il suffit de le leur demander. Or, en comparant la condition des individus a celle de leurs tribus natales, il est facile de voir que les négociants sont envoyés par les tribus riches, et les travailleurs par les tribus pauvres.

 

Mais on a aussi en eux des commissionnaires. Voulons-nous les produits du sol? Le négociant sera notre intermédiaire. Voulons-nous la main-d’œuvre? Ce sera le travailleur.

 

Il existe, entre le négociant et le travailleur kabyle, un lien assez remarquable qui les rapproche dans l’émigration. Les négociants sont les banquiers des travailleurs. Voici, au reste, comment ce lien s’établit. La population flottante des ouvriers indigènes se compose presque entièrement, dans les villes d’Algérie, de Sahariens et de Kabyles; leur but, en venant travailler parmi nous, est, comme on sait, d’amasser quelques économies, pour retourner dans leur pays et y devenir propriétaires. Mais ces économies s’amassent avec lenteur, et, en attendant que la boule de neige ait atteint les dimensions désirées, comment soustraire le noyau déjà formé aux mains rapaces qui le convoitent? Quelques-uns pratiquent une cachette loin de tous les regards , et y enfouissent leur trésor. Cependant le hasard peut le faire découvrir. et leur ravir en un instant le fruit de plusieurs années de travail. Pour échapper à cette chance terrible, le plus grand nombre des Auvergnats indigènes, Sahariens ou Kabyles , préfèrent remettre en des mains sûres le fruit de leurs épargnes, et c’est aux négociants de leur contrée qu’ils confient le précieux dépôt. Les ouvriers sahariens s’adressent, soit aux négociants de Djerba , soit aux Beni-Mzâb; les ouvriers kabyles s’adressent aux Beni-’Abbès.

 

C’est entre leurs mains que les pauvres journaliers, venus des deux régions extrêmes de l’ Algérie, déposent le produit de leurs économies quotidiennes, avec autant de confiance, disent-ils eux-mêmes, que s’ils plaçaient leur trésor dans la main de Dieu. Cependant le Djerbi, le Mzâbi et l’Abbâci ne donnent à l’ouvrier aucun titre de dépôt, aucune garantie écrite; l’ouvrier, d’ailleurs, ne leur en demande pas; il se présente et compte une à une les pièces d’argent qu’il apporte; le trafiquant les compte à son tour, puis il inscrit le nom et le prénom du déposant, le nom de sa tribu et de son village , après quoi le registre se referme, l’argent tombe dans le coffret, et l’ouvrier s’en retourne à son travail, les mains vides, l’esprit tranquille et le cœur joyeux.

 

La fidélité de ces dépositaires est à l’abri de tous les soupçons. On ne cite pas un seul exemple de dépôt nié ou contesté. L’ouvrier demande-t-il à être remboursé, il est remboursé sur l’heure. Si le déposant vient à mourir, sa famille hérite de ses droits; si c’est le dépositaire , son registre lui survit, et il oblige aussi bien ses parents et ses associés que lui-même.

 

Un Kabyle des Zouaoua, longtemps employé à Bône, avait amassé, tant dans les travaux du génie militaire que dans ceux des entrepreneurs, une somme de 300 francs. L’ouvrage étant venu à manquer, il résolut de quitter Bône pour quelques mois; mais, avant de partir, il se rendit chez un ‘Abbâci et lui consigna la somme amassée à la sueur de son front. Il alla d’abord à Tunis, où l’emploi qu’il trouva de son temps le retint six mois. Il apprit alors qu’il s’exécutait à Constantine des travaux considérables: c’était une bonne veine dont il voulut profiter. Il se joignit donc à une caravane qui partait pour cette ville; il ne revint à Bône qu’après plus d’une année d’absence. Il s’informa aussitôt de ce qu’était devenu son banquier : il était mort; mais il devait avoir un associé: l’associé était parti. Cette double nouvelle n’inspira pas à l’ouvrier la moindre inquiétude; il s’enquit, au fondouk des Beni-‘Abbès, des relations de cet associé , et on lui désigna, comme étant son ami le plus intime , un négociant de la même tribu , établi dans la ville. C’est à ce dernier qu’il s’adressa: il lui lit connaître l’objet de sa réclamation. Le marchand lui demanda ses nom, prénom, qualité, origine; consulta son livre de commerce, et remboursa immédiatement la somme réclamée.

 

Les Beni-’Abbès, les Beni-Mzâb et les Djerâba ne payent pas d’intérêt pour les sommes déposées entre leurs mains, et ils les emploient eux-mêmes dans des opérations qui produisent jusqu’à 50% de bénéfice; on comprend dès lors l’importance solidaire qu’ils attachent à soutenir, par la ponctualité des remboursements, le crédit dont ils jouissent.

 

Ils n’en rendent pas moins un service incontestable à leurs clients sahariens ou kabyles, heureux de trouver, pour la garde de leurs capitaux modestes , un abri sûr et des mains fidèles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Résumé Général

13072020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En résumé général, il y avait en Kabylie 67 marchés intérieurs répartis sur 15 cantons:

 

 

 

1.Bougie: comprend 5 marchés: Toudja (le dimanche); Beni-Mîmoun (le mardi); Beni-bou-Msa’oud (le mercredi); Mezzaïa (le jeudi); Oulâd-Tamzelt (le samedi)

 

 

 

 

2.Bou-Daoud: comprend 4 marchés: Aït-ou-Mâlek (le dimanche); Aït-’Amer (le jeudi); Aït-Ahmed-Gâret (le vendredi); Mzâla (le samedi)

 

 

 

 

3.Zeffoun: comprend 5 marchés: Zekhfaoua (le dimanche); Beni-Djennâd (le lundi); Flîça-sur-Mer (le mardi); Oulâd-sidi-Yahia-ou-Sa’âd-Allah et Beni-’Azzouz (le vendredi)

 

 

 

 

4.Taksebt: comprend 2 marchés: Beni-Ouarguennoun (le lundi et le mercredi)

 

 

 

 

5.Dellis: comprend 3 marchés: Beni-Tour (le lundi et le jeudi); ‘Ali-Khodja (le samedi)

 

 

 

 

6.Zouaoua: 16 marchés: Beni-Ir’âten, Beni-bou-Chaïb, Beni-Sedka (le dimanche); Beni-’Aïci (le lundi); Beni-Sedka, Beni-Ianni, Beni-Ir’âten (le mardi); Beni-Ir’âten, Beni-’Aïci, Beni-Ouâif (le mercredi); Illoula-Amalou (le jeudi); Beni-H’amsi, Beni-Fraoucen (le vendredi); Beni-R’oubri, Beni-Yahia (le samedi).

 

 

 

 

7.Akfâdou: comprend 2 marchés: Fenaïa (le lundi); Beni-Ouar’lis (le mercredi).

 

 

 

 

8.Bou-R’ni: comprend 3 marchés: Mechras (le lundi), Ma’tka (le jeudi); Guechtoula (le samedi).

 

 

 

 

9.Flîcet-Mellîl: comprend 5 marchés: Mzâla et Timezrit (le dimanche); Beni-’Amrân (le lundi); Hel-T’aïa (le mardi); Mkiira (le jeudi).

 

 

 

 

10.Jurjura méridional: comprend 2 marchés: Illoula (le lundi); Beni-Mlîkeh (le jeudi).

 

 

 

 

11.Beni-Hini: comprend 3 marchés: Oulâd-El-’Aziz (le mardi); Beni-Khalfoun (le mercredi); Nezlioua (le vendredi).

 

 

 

 

12.Bibân: comprend 5 marchés: Beni-’Abbès (le lundi), Beni-’Abbès [Talefsa], Beni-’Abbès [Tazaïrt] (le mercredi); Beni-’Abbès (le jeudi); K’olla (le vendredi).

 

 

 

 

13.Ilmaïn: comprend 5 marchés: Zammôra (le dimanche); Beni-Ia’la (le mercredi); Beni-’Aïdel (le jeudi); Beni-Ourtilân, Beni-Chebâna (le vendredi).

 

 

 

 

14.Amacîn: comprend 3 marchés: Beni-Immel (le dimanche); Oulâd-djelîl (le mardi); Guifsar (le mercredi).

 

 

 

 

15.Kendirou: comprend 4 marchés: Beni-H’açaïn (le lundi); Barbâcha (le mardi); Djermouna (le jeudi); Beni-Sliman (le samedi) .

 

 

 

 

 

Par jours, on compte: 11 marchés le dimanche, 10 marchés le lundi, 9 marchés le mardi, 11 marchés le mercredi, 10 marchés le jeudi, 9 marchés le vendredi et 7 marchés le samedi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Samedi

9072020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. – Samedi des Oulâd-Tamzalt (canton de Bougie). Se tient un peu au-dessous du village d’lbak’k’ouren , sur le bord de l’Ouad-Akbou. L’emplacement du marché est indiqué par une mosquée couverte en tuiles.

 

 

 

 

 

2. – Samedi des Mzâla (canton de Bou-Daoud). Les Mzâla sont une fraction des Beni-K’sîla. Leur marché est fréquenté par les Aït-Sa’ïd (Bou-Daoud) et par les tribus du canton.

 

 

 

 

 

3. – Samedi d’Ali-Khodja (canton de Dellis). Ce marché, quoique d’origine turque, était devenu un des plus importants de la Kabylie; il portait le nom du caïd qui l’avait institué; il se tenait près de Dra’-bel-Khedda, vers le confluent de l’Ouad-el-K’s’ab dans l’Ouad-Amraoua, et sur le territoire de la tribu des Amraoua. C’était là que toutes les tribus kabyles circonvoisines s’approvisionnaient de blé. Il était fréquenté par toutes les tribus du canton de Dellis, les Beni-Tour, les Oulâd-Mahiddîn, les Oulâd-bou-Hinoun, les Beni-Khelîfa. Les Beni-Ouarguennoun (Tak’s'ebt) apportaient les mêmes marchandises qu’au marché de Dellis; ils en ramenaient des bœufs et des mulets. Les tribus de Flîcet-Mellîl y achetaient du blé, des légumes, de la laine, et livraient en échange de l’huile, des figues sèches, des raisins secs et des meules à mains. Enfin il était encore fréquenté par les tribus de Guechtoula (Bon-R’ni). 

 

Le samedi d’Ali-Khodja reçoit encore des tribus étrangères à la Kabylie, les Beni-Dja’ad et les Isser; ils y vendent de la laine et du blé achetés sur les marchés arabes; ils achètent de l’huile, des figues sèches, des raisins secs, du miel, de la cire et des peaux.

 

 

 

 

 

4. – Samedi des Beni-R’oubri (canton des Zouaoua). Se tient près de la ville d’Ifir’a, chef-lieu. Ce marché est assez éloigné des tribus de la plaine, ce qui lui fait du tort. Il souffre encore du voisinage de Djema’t-es-Sahridj et du samedi des Beni-Yahia. Il n’est pas très-achalandé. Il est fréquenté par les Beni-bou-H’aï, lorsque les deux tribus ne sont pas en guerre; par les Beni-Haçaïn , les Beni-bou-Chaïb, les Beni-Idjer et, en général, les Zouaoua.

 

Les Beni-R’oubri vendent, sur leur marché et sur ceux qu’ils fréquentent, du blé, de l’orge, des fèves, et surtout du lin; ils y vendent aussi des chèvres, dont ils ont beaucoup.

 

 

 

 

 

5. – Samedi des Beni-Yahia (canton des Zouaoua). Se tient près du village d’Aït-H’eïchem. Il est fréquenté par les tribus des deux versants du Jurjura (cantons des Zouaoua et du Jurjura méridional). Dans le canton des Zouaoua, les tribus qui viennent le plus habituellement y faire des affaires sont les Beni-Khelîli, les Beni-Fraoucen, les Beni-Manguellât, les Beni-bou-Chaïb et les Beni-R’oubri; dans le canton du Jurjura méridional, les Beni-Mansour, les Beni-Mlîkech et les Illoul-Açammer.

 

 

 

 

 

6. – Samedi de Guechtoula (canton de Bou-R’ni). Situé à côté du village de Tizi-n-el-H’ad, chez les Beni-Isma’ïl , sur le bord de l‘Ouad-bou-R’ni , à peu de distance de l’ancien fort construit par les Turcs. Il est fréquenté par toutes les tribus du canton de Bou-R’ni , qui lui forment déjà une assez belle clientèle, et, en outre, par les tribus du canton de Ben-Hini. Dans le premier, les Beni-K’oufi y vendent de l’huile et des glands; les Beni-Mendès, de l’huile; les Beni-bou-Rerdân, de l’huile et des figues; les Beni-bou-Ouaddou, des figues, de l’huile et des glands; les Ir’îl-Imoula, de l’huile et des figues; les Frek’ât, même commerce.

 

Les tribus du canton de Ben-Hini y vendent des grains et des bestiaux achetés aux Arabes : ce sont les Nezlioua et les Oulâd-el-‘Azîz. Les Oulâd-el-’Azîz y vendent, en outre, une partie de leur huile.

 

 

 

 

 

7. – Samedi des Beni-Slîmân (canton du Kendirou). Se tient un peu au-dessus de Tala-Ifàcen et au-dessous de la zaouïa de Cherih’a, dans le Djebel-bou-Andàs. Très-achalandé. Les Beni-Slimân y vendent des benous, ouvrage de leurs femmes, des noix et du fer. L’emplacement du marché est indiqué par une mosquée blanchie au dedans et au dehors, et entourée d’une galerie extérieure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Vendredi

5072020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. – Vendredi des Aït-Ahmed-Gâret (canton de Bou-Daoud). Très-peu achalandé; fréquenté par les Aït-Saïd (Bou-Daoud).

 

 

 

 

 

2. – Vendredi des Oulâd-Sidi-Yahia-ou-Sa’âd-Allah (canton de Zeffoun). Situé près du village de R’arrou, à côté et sous la protection d’un marabout qui sert de sépulture au patron de la tribu.

 

 

 

 

 

3.- Vendredi des Beni-‘Azzouz (canton de Zeffoun). Très achalandé; se tient autour de la mosquée de Sidi-Ahmed-bou-Châfa‘, et auprès d‘un village appelé lui-même El-Djema‘, du nom du marché. On désigne quelquefois le marché des Beni-‘Azzouz par le nom de Djema’-bou-Châfa’ (le vendredi des Bou-Chàfa’). La mosquée est blanchie à la chaux, et renferme une zaouïa dans laquelle sont entretenus dix à douze tâlebs. Ce marché est fréquenté par les Beni-Aïâd, marabouts; par les Beni-Yahia-ou-Youcef, par les marabouts de Tazrout, par les Aït-ou-Mâlek, par les Beni-H’açaïn. Ces diverses tribus appartiennent au canton de Bou-Daoud. Il est fréquenté, en outre, par les Oulâd-Sidi-Ahmed-ben-Youcef et par les Zekhfaoua, deux tribus du canton de Zeffoun, et enfin par les Beni-bou-H’aï (Zouaoua); ces derniers y vendent un peu d’huile, du blé, de l’orge et des bestiaux.

 

 

 

 

 

4. – Vendredi des Beni-H’amsi (Zouaoua).Très-achalandé. Beni-H’amsi est un village des Beni-Kebîla, auprès duquel se tient le marché de la tribu; c’est de là que lui vient son nom; on l’appelle aussi quelquefois le vendredi de K’ebîl, a cause du nom de la tribu. Il est fréquenté surtout par les Zouaoua, et en particulier par les Beni-Manguellât, par les Beni-bou-Drar et par les Beni-Yahia. Les Beni-Our’lis (Akfâdou) s’y montrent eux-mêmes assidûment, ainsi que les Beni-Ouakkour (Jurjura méridional). Ces derniers y vendent des ligues, un peu d’huile et des fèves, et prennent en échange du blé.

 

 

 

 

 

5.- Vendredi des Beni-Fraoucen (canton des Zouaoua). C’est un des principaux marchés, sinon le principal, de la Kabylie; il se tient à Djema’t-es-Sahridj (le vendredi du bassin), petite ville qui lui doit son nom. Ce marché est fréquenté par presque toutes les tribus de la Kabylie, et même par des tribus étrangères. Voici, parmi les populations qui s’y montrent le plus assidûment, celles qui nous ont été signalées: les Beni-Djennâd ( Zeffoun ) , les Beni-Ouarguennoun (Taksebt), les Amraoua (Dellis); enfin, dans le canton des Zouaoua, les Beni-Khelili, les Beni-Ir’ât’en, les Beni-Yahia , les Beni-bou-Cha’îb et les Beni-R’oubri. On y trouve encore habituellement les Beni-Chelmoun (Flîcet-Mellîl) , et enfin les Isser (extérieur). Ces derniers y achètent de l’huile et des figues, qu’ils prennent en échange du blé, pour les aller vendre a Alger.

 

 

 

 

 

6. – Vendredi des Nezlioua (canton de Ben-Hini). Se tient en un lieu appelé Bou-Seggâcen , à la limite du territoire des Nezlioua, près du village de Beni-Matas, qui appartient aux Frek’ât, canton de Bou-R’ni. Il est fréquenté par les Beni-Dja’âd (extérieur), qui vraisemblablement y apportent du blé.

 

 

 

7. – Vendredi de Kolla (canton du Bîbân). Se tient à Kolla même, village qui a donné son nom à la tribu de Kolla-ou-Satour, dont il fait partie. Il est fréquenté par les trois tribus voisines de Tafreg, de Bounda et de Dja’fra, comprises dans le canton d’Ilmaïn.

 

 

 

 

 

8.- Vendredi des Beni-Ourtilân (canton d’Ilmaïn). Voici encore un des marchés les plus achalandés de la Kabylie; il se tient au village d’El-Djema’ (le vendredi), qui lui doit son nom. Sur leur marché, les Beni-Ourtilân vendent des bernous, de l’huile et des fruits secs. Le marché des Beni-Ourtilân est fréquenté par presque toutes les tribus de la rive droite de l’Ouad-Akbou et aussi par des tribus étrangères à la Kabylie. On signale, comme paraissant le plus régulièrement sur le marché, les Beni-Our’lis (Akfâdou), les Beni-Aïdel (Ilmaïn), les Beni-Khiâr (Ilmaïn), les Beni-Mouah’li (Ilmaïn). Toutes ces tribus apportent, comme marchandises à vendre, de l’huile et des fruits secs; elles trouvent là, pour les acheter, les négociants de Bou-Sa’da et les tribus de l’Ouennour’a et de la Medjâna.

 

Les négociants de Bou-Sa’da apportent de la laine, du h’enna, des dattes, des cordes en poil de chameau, dont les hommes font des turbans, des ceintures de laine pour les femmes. Ils prennent, en échange de ces produits, des fruits secs, de l’huile, des bernous communs , des plats (gâça’) et des petites tables en bois (mtâred). Ils vont vendre ces divers objets dans le Sahara, et surtout dans l’Ouad-Mzâb.

 

Les tribus de l’Ouennour’a qui fréquentent le plus assidûment le vendredi des Beni-Ourtilân sont les Kherâbcha, les Oulàd-Slâma et les Oulâd-Djellâl. Les Kherâbcha y vendent des moutons, des bœufs, de la laine, du h’alfa pour les fabricants de paillassons et du blé; ils y achètent des fruits secs, des olives et de l’huile. Les Oulâd-Slâma font le même commerce. Les Oulâd-Djellâl vendent du blé, de l’orge et des bestiaux; ils en rapportent des fruits secs, du fer et de la poudre. Les tribus du Djebel-Dre’ât, et en particulier la tribu de Hel-el-Hamra, fréquentent aussi le vendredi des Beni-Ourtilân; elles y font le même commerce que celles de l’Ouennour’a.

 

 

 

 

 

9. – Vendredi des Beni-Chebâna (canton d’Ilmaïn). Peu achalandé. Fréquenté par les Beni-Khâteb.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Jeudi

1072020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.- Jeudi des Mezzaïa (canton de Bougie). Se tient à Tala-ou-Drar. Sans importance.

 

 

 

 

 

2. – Jeudi des Aït-‘Amer (canton de Bou-Daoud). Peu achalandé.

 

 

 

 

 

3. – Jeudi des Beni-Tour (canton de Dellis). Se tient à Dellis même; les Beni-Tour y vendent les mêmes articles que le lundi. Il est encore fréquenté par les Amraoua (Dellis), par les Beni-Ouarguennoun (Taksebt) , par les Isser (extérieur). Il s’y fait les mêmes affaires que le lundi.

 

 

 

 

 

4. – Jeudi d’Illoula (canton des Zouaoua). Assez achalandé. Il est fréquenté par les Zouaoua, habitant la région supérieur du Jurjura, et en particulier par les Beni-Yahia, les Beni-Illilten, les Beni-bou-Adnân; les Beni-bou-Cha’ïb et les Beni-Khelîli.

 

 

 

 

 

5. – Jeudi des Ma’tka (canton de Bou-R’ni). Se tient au centre de la tribu. Les Ma’tka y vendent de l’huile et des figues sèches; il est en outre fréquenté par les Amraoua (Dellis) et par les tribus de la confédération de Guechtoula (Bou-R’ni).

 

 

 

 

 

6. – Jeudi des Mkîira (canton de Flîcet-Mellîl). Fréquenté par les tribus du canton. Les Beni-Mekla y vendent du blé, de l’huile et des figues.

 

 

 

 

 

7.- Jeudi des Beni-Mlîkech (canton du Jurjura méridional). Peu achalandé, à cause du voisinage du jeudi des Beni-’Abbês, qui lui fait concurrence.

 

 

 

 

 

8. – Jeudi des Beni-‘Abbês (canton du Bîbân). L’un des principaux marchés de la Kabylie. Il se tient à K’ala’ même, qui est le chef-lieu de la tribu et l’une des villes les plus considérables de cette contrée. Ce marché est fréquenté par presque toutes les tribus kabyles, et aussi par un grand nombre de tribus arabes. C’est là que les Beni-Ir’ât’en et plusieurs des tribus zouaoua viennent acheter les armes et objets de luxe, tels que soieries , cotonnades, essences, merceries, quincaillerie. Il est fréquenté, en outre, par la tribu d’Illoul-Açammer (Jurjura méridional). Les Beni-Mlikech (Jurjura méridional) y apportent de l’huile et des fruits secs. On y voit aussi, tous les jeudis, des marchands des Beni-Aïdel, de Kolla-ou-Satour, de Tafreg, de Bounda et de Dja’fra.

 

Parmi les trafiquants qui viennent du dehors, on cite les Oulâd-Sidi-Brahim-bou-Bekker, qui habitent au pied de l’Ouennour’a. Les négociants de Bou-Sa’da, l’une des principales villes du Sahara, viennent fréquemment au marché de K’ala’; ils y apportent de la laine, du h’enna et des dattes, des brîma ou cordes en poil de chameau, qui servent de turbans aux hommes, et des ceintures de laine teintes en lek (*) pour les femmes.

 

 

Ils en rapportent de l’huile, des figues et des raisins secs, des bernous, des platines de fusil, des gâça’ ou grands plats en bois , dans lesquels se sert le Kouskouçou, et des mtâred ou petites tables en bois; enfin des bois de fusil. Ils vont vendre ces divers articles dans le Sahara, et surtout dans l’Ouad-Mzab, d’où ils sont expédiés encore vers le Sud.

 

 

 

 

 

9. – Jeudi des Beni-Aïdel (canton d’Illmaïn). Se tient au village de Tensaout. Ce marché souffre de la concurrence de K’ala‘.

 

 

 

 

 

10. – Jeudi des Beni-Meh’ammed (canton du Kendirou). Établi depuis environ trois ans. Il se tient au pied des montagnes, près de la mer. Fréquenté par les Aït-ouart-ou-’Ali, les Beni-bou-’Affân et les Aït-‘Ali.

 

 

 

 

 

11. – Jeudi de Djermouna (canton du Kendirou). Se tient à côté du village de Djermouna, autour d’un amas de pierres de taille, reste d’une fontaine construite par les anciens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*) Le lek est le kermès (coccu-ilicis), que l’on trouve sur le chêne nain (quercus coccifera) en Espagne. en Provence et en Grèce.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Mercredi

27062020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 . – Mercredi des Beni-bou-Msa’oud (canton de Bougie). Se tient près du village d’Ir’îl-ou-Berouag (le plateau de l’asphodèle). L’emplacement du marché est indiqué par une mosquée couverte en chaume.

 Fréquenté par les Mezzaïa, les Beni-Mîmoun, les Oulâd-Amrïoub (canton de Bougie), les Sanhadja (canton d’Amacin) , les Beni-Meh’ammed (canton du Kendirou).

 

 

 

 

 

2. – Mercredi des Beni-Ouargaennoun (canton de Taksebt). Se tient près de la limite des Beni-Tour (Dellis) , dans la fraction des Beni-H’aceb-Allah.

 

 

 

 

 

3. – Mercredi des Beni-lr’ât’en (canton des Zouaoua). Se tient auprès de Charrîta; c’est pourquoi on l’appelle souvent le Mercredi de Charrîta.

 

 

 

 

 

4. – Mercredi des Beni-’Aïci (canton des Zouaoua). Se tient dans la fraction des Beni-Douâla.

 

 

 

 

 

5.- Mercredi des Beni-Ouâcif (canton des Zouaoua). Peu achalandé.

 

 

 

 

 

6. – Mercredi des Beni-Our’lis (canton d’Ak’fâdou). Se tient près de la petite ville d’Aourir’-ou-Sammer, où l’on trouve d’ailleurs toutes les marchandises qui se voient dans les villes . Très-achalandé. Il est fréquenté par les Beni-Aïdel et toutes les tribus de la vallée de l’Akbou, et par les tribus du canton de Bou-Daoud, les Beni-H’açaïn, les Tazrout, etc.

 

 

 

 

 

7 . – Mercrerli des Beni-Khalfoun ( canton de Ben-Hini). Se tient sur le bord de I’Isser, près des Beni-Ma’ned. Assez achalandé; il est fréquenté par les Beni-Ma’ned et les Nezlioua (Ben-Hini), par les Beni-Mekla (Flîcet-Mellîl), et enfin par quelques tribus des Beni-Dja’âd (extérieur), qui y apportent du blé et de l’orge.

 

 

 

 

 

 

8 et 9. – Les deux Mercredis des Beni-’Abbês (canton du Bîban). Deux marchés très importants , quoique ayant lieu le même jour et non loin l’un de l’autre, dans la même tribu. L’un se tient au-dessus du village de Talefsa, l’autre entre Tazaïrt et Ir’îl-’Ali. Ils sont fréquentés par un grand nombre de tribus, les unes intérieures, les autres extérieures.

 

Parmi les tribus intérieures, on signale les Beni-bou-Drar et les Beni-Ir’ât’en (Zouaoua); les Beni-Ouakkour (Jurjura méridional); ils y vendent des figues, un peu d’huile , des fèves; ils achètent du blé; les Beni-Mansour (Jurjura méridional); ils vendent de l’huile et achètent des blés; la tribu d’Illoul-Açammer (Jujura méridional), qui fait probablement le même commerce; les Beni-Mlîkech (Jurjura méridional); les tribus de Kolla-ou-Satour (Bîbân); Tafreg, Bounda et Dja’fra (Ilmaïn).

 

Parmi les tribus extérieures qui fréquentent les deux mercredis des Beni-’Abbês, on signale les Oulàd-Sidi-Brahim-bou-Bekker, marabouts habitant au pied de l’Ouennour’a, à côté du passage des Bibân; la plupart des tribus de l’Ouennour’a , et particulièrement les Oulâd-Djellâl, qui viennent y vendre du blé, de l’orge, des moutons, des bœufs et des ânes, et qui emportent en échange du fer, des pierres à feu, de la poudre, des ligues, des olives, de l’huile; les Oulàd-’Ali, qui y vendent du h’alfa pour les fabricants de paillassons, de la laine, des burnous communs et des haïk, des moutons et des bœufs, du blé et de l’orge, et qui prennent en échange des figues et des raisins secs, de l’huile et des cotonnades, des soieries, des calottes rouges (chachïa), des essences et divers autres articles de mercerie. Les deux mercredis des Beni-’Abbès sont aussi fréquentés par d’autres tribus de l’Ouennour’a, telles que les Slâtna, les Khrabcha et les Oulâd-Slâma; ces tribus s’y livrent aux mêmes opérations. Parmi les populations étrangères à la Kabylie qui fréquentent les deux mercredis, on cite encore les deux tribus des Oulâd-el-’Abbès et de Hel-el-Hamra , habitant le Djebel-Dre’ât, l’un des contre-forts annexes de l’Ouennour’a. Enfin les Rbia‘ du Djebel-Mzila s’y montrent aussi. et y apportent surtout une grande quantité de h’alfa pour les ouvriers en paillassons qui viennent s’y approvisionner.

 

 

 

 

 

10.- Mercredi des Beni-Ia’la (canton d’Ilmaïn). Se tient près du village de Guerzât; les Beni-Ia’la y vendent des bernous, de l’huile et des fruits secs. Ce marché est fréquenté par la tribu de Kolla-ou-Satour (Bibân) et par celle des Beni-Khiar (Ilmaïn). Cette tribu y vend de l’huile et des fruits. Il est probable que les tribus de la Medjâna y apportent des grains.

 

 

 

 

 

11. – Mercredi des Guifsar (canton d’Amacin). Se tient au-dessous du village ‘d’Ir’il-Iguifsar. Fréquenté particulièrement par les Beni-Khàteb.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Mardi

23062020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. – Mardi des Beni-Mîomun (canton de Bougie). Se tient au pied Nord du Djebel-Djoua , près du village appelé Tlâta, du jour où se tient le marché. Là , suivant l’usage, est le cimetière de la tribu, et, au milieu, une mosquée entourée d’une galerie extérieure.

 Il est fréquenté par les Oulâd-Amrïoub et tribus circonvoisines.

 

 

 

 

 

2. – Mardi de Fliça-sur-Mer (canton de Zeffoun). Peu achalandé.

 

 

 

 

 

3. – Mardi des Beni-Sêdka (canton des Zouaoua). Se tient près du village d’Aït-’Ali , appartenant à la fraction des Beni-bou-Chennâcha : c’est pourquoi on l’appelle souvent le mardi des Beni-bou-Chennâcha. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

4. – Mardi des Beni-Ianni (canton des Zouaoua). Se tient sur le bord de l’Ouad-el-H’ad, près du village de Taourir’t-el-H’adjadj.

 

 

 

 

 

5. – Mardi des Beni-Ir’ât’en (canton des Zouaoua). Très achalandé. Ce marché se tient à Tizi-Râched; il est fréquenté par les Beni-Ouarguennoun (Taksebt). qui y portent des grains et prennent en échange de ligues sèches et des glands; par les Beni-Djennâd (Zeffoun); par les Amraoua (Dellis); par les Beni-Khelîfi et les Beni-Fraoucen (Zouaoua).

 

 

 

 

 

6. – Mardi de Hel-Taïa (canton de Flîcet-Mellîl). Se tient près d’une mosquée couverte en tuiles appelée Djâma’-Settini-Mouna. Il est fréquenté par les Ma’tk’a (Bou-R’ni), par les Isser (extérieur) et les Amraoua (Dellis). Les Kabyles y apportent de l’huile , des fruits secs et des meules à main; les Arabes, du blé, de la laine et des légumes.

 

 

 

 

 

7. – Mardi des Oulâd-el-’Azïz (canton de Ben-Hini). Assez achalandé; l’un des points par où les grains entrent en Kabylie. Ce marché se tient près du village de Ma’alla, au centre de la tribu. Ce point est situé vers le col de passage qui conduit de la vallée du haut Akbou dans celle de l’Amraoua. Il est fréquenté par les tribus de Bou-R’ni et en particulier par celle des Frek’ât. En outre, depuis l’occupation française, il est fréquenté par les Arib; du temps des Turcs, il leur était interdit, afin de frapper de séquestration les Kabyles insoumis. Depuis que l’interdiction est levée, les Arib y portent du blé, de l’orge, de la laine; ils prennent en échange de l’huile, des figues et des raisins secs, des armes et de la poudre.

 

 

 

 

 

8. – Mardi des Oulâd-Djelîl (canton d’Amacin). Se tient à côté du village d’Aït-Sekher; fréquenté par les Beni-Khiâr (Ilmaïn), qui y vendent de l’huile et des fruits, les Sanhadja et les Beni-Khâteb (Amacin).

 

 

 

 

 

9. – Mardi des Barbâcha (canton du Kendirou). Fréquenté par les Beni-Slîmân et tribus circonvoisines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Lundi

19062020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. – Lundi des Beni-Tour (canton de Dellis). Ce marché se tient à Dellis même. Les Beni-Tour y vendent du blé , de l’orge , des moutons , des bœufs, du miel, du beurre et quelques légumes. Il est fréquenté par les lsser (extérieur), par les Amraoua (Dellis), et par les Beni-Ouarguennoun (Taksebt). Ces derniers y portent des poules, des œufs, du beurre, de l’huile, des glands , des moutons, des bœufs, du blé et de l’orge; ils en rapportent des essences, des merceries, du sel; ils y achetaient aussi, du temps des Turcs, du fer et de l’acier apportés d’Alger par les tribus intermédiaires et par les Amraoua.

 

 

 

 

 

 

2. – Lundi des Beni-Djennâd (canton de Zeffoun). C’est un des marchés les plus achalandés. Il se tient à côté du village d’Agrib, près d’un bois d’oliviers, autour d’une mosquée couverte en tuiles, où siègent, les jours de marché, le kâd’i et les notables de la tribu. Agrib est situé au centre des trois fractions qui composent la tribu des Beni-Djennâd, à peu près à moitié chemin entre la mer et l’Ouad-Amraoua.

 

Il est particulièrement fréquenté par les Oulâd-Sidi-Ahmed-ben-Youcef et les Zekhfaoua (Zeffoun); ces derniers y portent de l’huile, des figues sèches, du savon et du blé; par les Fliça-sur-Mer (Taksebt); par les Amraoua (Dellis); par les Beni-R’oubri, les Beni-Khelili et les Beni-lr’ât’en (Zouaoua).

 

 

 

 

 

3. – Lundi des Beni-Ouarguennoun (canton de Taksebt). Ce marché se tient sur une colline, dans la fraction des Beni-Khelîfa, sur la limite des Flîça-sur-Mer, auprès de deux marabouts appelés, l’un Tifilkout, l’autre Tlâta, du nom du jour où se tenait jadis le marché. Il est fréquenté par un bon nombre de tribus, et, en particulier, par les Beni-Djennâd (Zeffoun) , Flîça-sur-Mer (Tak’s'ebt), et Amraoua (Dellis).

 

 

 

 

 

4. – Lundi des Beni-’Aïci (canton des Zouaoua). Se tient près de Taguemmount-’Azzouz , dans la fraction des Beni-Mah’moud.

 

 

 

 

 

 

5. – Lundi des Fenaïa (canton d’Ak’fâdou). Très achalandé; se tient à côté et au-dessous du village d’Aït-Ahmed-ou-Mansour, dans la fraction des Aït-Zeïàn.

 

Il est fréquenté par les Mezzaïa, par les riverains de l’Akbou et par les tribus du canton de Bou-Daoud , de l’autre côté de la montagne, et, en particulier, par les marabouts de Tazrout, par les Aït-Sa’ïd, par les Aït-ou-Mâlek, les Aït-Ahmed-Gâret, les Beni-K’sila et les Beni-H’açaïn. Ces diverses tribus appartiennent au canton de Bou-Daoud.

 

 

 

 

 

6. – Lundi des Mechras (canton de Bou-R’ni). Se tient prés du village d’lh’asnaouen; peu achalandé; fréquenté parles tribus de Guechtoula, et particulièrement par les Frek’ât.

 

 

 

 

 

7. – Lundi des Beni-’Amrân (canton de Flîcet-Mellîl). Ce marché s’appelle aussi Lundi de Za’moum, du nom du chef de la confédération dont il est le siège principal d’autorité. Il se tient près du village de Beni-’Amrân, où Za’moum fait sa résidence habituelle; très achalandé. Les Kabyles y portent de l’huile, des figues et des raisins secs , des meules à main; ils achètent aux Arabes des légumes , du blé et de la laine. Il est particulièrement fréquenté par les Ma’tk’a (Bou-R’ni) , les Isser (extérieur), les Amraoua, Oulâd-bou-Hinoun et Beni-Khelifa (Dellis).

 

 

 

 

 

 

8. – Lundi Illoula (canton du Jurjura méridional). Se tient près du village de Taralât, à quelque distance de l’Ouad-Akbou (rive gauche); fréquenté par les tribus voisines, et en particulier par les Beni-Mlikech; sur la route des Zouaoua à K’ala’ des Beni-’Abbès.

 

 

 

 

 

9. – Lundi des Beni-‘Abbès (canton du Bîbân). Se tient à Bou-Djelîl, près de la rivière; fréquenté par la tribu de Kolla-ou-Satour (Bîbân) et par les tribus de Tafreg, Bounda et Dja’fra (Ilmaïn).

 

 

 

 

 

10. – Lundi des Beni-H’açaïn (canton du Kendirou). Se tient sur le bord de l’Ouad-Aguerioun; peu achalandé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Intérieurs : Le Dimanche

15062020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. – Dimanche des Toudja, canton de Bougie.

 

Ce marché est désigné sous le nom de H’ad-ou-Akli (le dimanche du nègre), parce que, dit-on, un nègre apparut un jour au milieu des Toudja, les conduisit en ce lieu, y planta son bâton et leur dit : « Voici la place du marché. »

 

Fréquenté par les Aït-Ahmed-Gâret et les Mezzaïa.

 

 

 

 

 

2.- Dimanche des Aït-ou-Mâlek, canton de Bou-Daoud.

 

Se tient près du village de Timizer-H’amed. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

3. – Dimanche des Zekhfoua, appelé aussi Dimanche d’Abach, canton de Zeffoun.

 

Établi, depuis l’occupation française, au village d’Abach. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

4. – Dimanche des Beni-Ir’ât’en, canton de Zouaoua.

 

Se tient au village d’Adni. Très-achalandé. Il est fréquenté, en temps ordinaire,

 

- Par les Isser (extérieur); ils y portent du blé et des bestiaux, et prennent, en échange, des figues et de l’huile, qu’ils vont revendre à Alger;

 

- Par les Beni-’Aïci (Zouaoua);

 

- Par les Amraoua (Dellis);

 

- Par les Beni-Ouarguennoun. Ils y portent des céréales, et en rapportent des figues et des glands.

 

 

 

 

 

5.- Dimanche des Beni-bou-Cha’ïb, canton de Zouaoua. Se tient près du village de Souâma; très achalandé; fréquenté surtout par:

 

Les Beni-Fraoucen (Zouaoua);

 

Les Beni-Yahia (Zouaoua);

 

Les Beni-Khelili (Zouaoua),

 

Et les Beni-R’oubri (Zouaoua).

 

 

 

 

 

6.- Dimanche des Beni-Sêdka (Zouaoua). Ce marché s‘appelle aussi Dimanche des Oaadïa, du nom de la fraction sur le territoire de laquelle il est situé. Il se tient près du village d’Aït-Helâl, situé sur la limite entre les deux fractions de la tribu.

 

Très-achalandé; fréquenté particulièrement par:

 

Les Amraoua (Dellis);

 

Les Beni-‘Aïci (Zouaoua );

 

Les Ma’tk’a (Bou-R’ni);

 

Les Frek’ât (Bou-R’ni);

 

 

 

 

7.- Dimanche des Beni-bou-Drar (Zouaoua). Fréquenté par les Zouaoua , et, en particulier, parles Beni-Mislaïm et les Beni-K’ebîla.

 

 

 

 

 

8.- Dimanche des Mzâla (Flîcet-Mellîl). Très-achalandé. C’est là qu’Abd-el-Kâder s’est présenté lorsqu’il est venu faire appel au fanatisme des Kabyles, qui l’ont éconduit.

 

Ce marché est fréquenté par toutes les tribus de Flicet-Mellîl, puis par les Beni-Khalfoun (Ben-Hini), qui y apportent leur produit spécial, des raisins secs; par les Nezlioua (Ben-Hini); par les Ma’tk’a (Bou-R’ni), les Isser (extérieur), et les Amraoua (Dellis); par les huit tribus de Guechtoula (Bou-R’ni).

 

Les tribus de Flîça y vendent de l’huile , des figues; il paraît même que la tribu des Beni-Mekla y vend un peu de blé, qu’elle a peut-être acheté aux Isser.

 

Les Kabyles y vendent des fruits secs, de l’huile et des meules de ménage. Ils achètent aux Arabes du blé, de la laine et des légumes.

 

 

 

 

 

9. – Dimanche de Timezrît (Flîcet-Mellîl). Très-achalandé, malgré sa proximité du précédent. Ce marché se tient dans la partie élevée du territoire de Flîça, autour d’un marabout qui porte lui-même le nom de Timezrît; il occupe une position à peu près centrale entre les Rouâfa, les ‘Azàzna, les Oulâd-Yahia-Mouça et les Beni-Hammâd.

 

Il est particulièrement fréquenté par les tribus des Flicet-Mellîl, qui suffisent, à elles seules, pour animer un marché; en outre, par les Ma’tk’a (Bou-R’ni); les lsser (extérieur), et les Amraoua (Dellis).

 

Les Kabyles y vendent, comme au marché précédent, des meules à main, venues des Oulâd-m-bou-Rouba, des fruits secs et de l’huile; ils y achètent aux Arabes du blé, des légumes et de la laine.

 

 

 

 

 

10. – Dimanche de Zammorà (canton d’Ilmaïn). Se tient auprès du village de Souika, au centre de la tribu. Fréquenté par les tribus du voisinage, et nommément par celles de Kolla-ou-Satour (Bîbân) et de Tafreg, Bounda et Dja’fra (Ilmaïn).

 

 

 

 

 

 

11. – Dimanche des Beni-Immel (canton d’Amacin). Se tient un peu au-dessous du village d’Ak’abbïou. Peu achalandé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Le Marché Kabyle d’antan – Caractères Généraux

11062020

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Marché Kabyle d’antan - Caractères Généraux dans Attributs d'Algérienneté 200412074906702045

Kabylie – Café Maure au Marché 1913

 

 

 

 

 

 

 

Dans tous les pays où les hommes vivent en contact journalier, parlent la même langue, suivent les mêmes usages, pratiquent la même religion , il existe, à travers des divergences et des rivalités inévitables, une tendance générale, une volonté dominante qui résume la majorité des tendances et des volontés partielles; c’est ce qu’on appelle l’opinion publique.

 

En Algérie, où les opinions ne s’impriment pas, mais s’expriment, l’opinion publique ne se manifeste pas par les journaux, mais par les marchés. C’est là que les mille voix du peuple se font entendre, que les nouvelles et les idées s’échangent, que les questions se discutent, que l’opinion publique se prononce.

 

Le mercredi des Beni-Mouça et le lundi de Boufarik furent les premiers foyers de résistance à l’autorité française coloniale.

 

Chaque jour encore, sur cent points différents du vaste territoire occupé, il se tient des assemblées où tous les actes de l’administration coloniale sont commentés, contrôlés, jugés. Semblable au bourgeois français qui a lu son journal, le bourgeois indigène qui a fait son marché porte dans sa tribu l’impression qui lui reste; et il en résulte des déterminations hostiles ou bienveillantes.

 

Chaque jour l’autorité française est mise en cause à son insu, et le plus souvent condamnée par défaut.

 

Le marché est donc, pour l’Algérie, l’assemblée politique, le forum indigène. C’est là que, sous l’influence des marabouts, se prennent les résolutions communes. C’est là que toutes les attaques sont concertées. Chez les Kabyles, l’ordre pour la prise d’armes est proclamé en plein marché. Toutes les dispositions y sont arrêtées entre les cheikhs; le jour, l’heure, le signal, le lieu de rassemblement, y sont convenus à l’avance. Ce jour-là tous les travaux demeurent suspendus; les femmes et les enfants restés au village ne travaillent pas; ils songent à ceux qui combattent, et invoquent pour eux le maître de toutes les destinées. Car, suivant l’expression locale, le métier, la charrue, le pressoir, s’arrêtent, se taisent quand la voix de la poudre résonne dans la montagne.

 

Le marché est aussi une cour de justice; cour d’assises, quand y paraît le représentant du prince; tribunal de première instance dans tous les cas. A la vérité, on n’y voit pas, des emblèmes plus ou moins intelligibles, un petit compartiment pour le public, une vaste barre pour les avocats, un banc pour les plaideurs, des fauteuils pour les juges. Non; le juge siégé au pied d’un arbre; tous les objets qui l’entourent le rappellent aux plus graves pensées; à sa droite, un cimetière; à sa gauche, un temple; la terre sous ses pieds; devant lui, un auditoire et un horizon sans bornes; enfin, sur sa tête, le ciel qui le voit, qui l’entend et le juge lui-même.

 

Tel est le marché dans les mœurs musulmanes; telle est la place qu’il occupe dans l’existence politique et morale des peuples de l’Algérie; mais, avant tout, c’est l’organe principal de la vie matérielle; c’est le centre où viennent concourir tous les efforts productifs; c’est le nœud où viennent se joindre tous les fils visibles et palpables , tous les intérêts saisissables de cette contrée.

 

A ce point de vue surtout, les marchés indigènes nous paraissent dignes de la plus haute sollicitude.

 

Pour la Kabylie, nous les divisons en deux classes : les marchés intérieurs et les marchés extérieurs. Voici l’énumération des uns et des autres.

 

Les premiers, à raison de leur nombre, sont classés suivant les jours de la semaine qui leur sont consacrés, ce qui permettra de suivre le mouvement quotidien d’échange et de circulation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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