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La Guerre de Dahis et Ghabra – حرب داحس و الغبراء

16 12 2020

 

 

 

 

 

 

La Guerre de Dahis et Ghabra - حرب داحس و الغبراء dans Histoire 201125093354940413

 

 

 

 

 

Nom donné à une guerre qui eut lieu dans la seconde moitié du VIᵉ siècle de J.-C. entre deux tribus des Ghatafân étroitement apparentées, les Banū ‘Abs et les Banū Dhubyân, ou plus exactement, une fraction de ces derniers, les Banū Fazâra. Cette guerre tire son nom d’un étalon nommé Dâhis (devenu proverbial comme porte-malheur) et d’une jument, al-Ghabrā, qui sont à l’origine du conflit.

 

Les vraies raisons de la guerre doivent probablement être recherchées dans l’hostilité engendrée par la domination des ‘Abs sur tous les Ghatafân, ainsi que sur les Hawâzin; cette autorité avait atteint son summum vers le milieu du siècle, mais avait commencé à décliner après la mort du chef des ‘Abs, Zuhayr b. Djadhîma. La guerre, qui aurait duré 40 ans, se poursuivit quelques années après la Journée (Yawm) de Shi’b Djabala, où les ‘Abs joints aux ‘Âmir combattirent les Dhubyân et les Tamîm; cette bataille est traditionnellement datée de l’année de la naissance du Prophète.

 

Les grandes péripéties de la guerre, ainsi que leur succession, mais nombre de détails sont incertains, car les principales sources primaires montrent que le récit a été tendancieusement refondu pour donner plus de relief aux deux chefs, Kays b. Zuhayr b. Djadhîma al-’Absi et Hudhayfa b. Badr al-Fazâri des Dhubyân.

 

Dâhis était de mauvais augure dès avant sa naissance, car le propriétaire de son père avait essayé sans succès de retirer la semence déposée dans la matrice de sa mère parce que l’accouplement avait eu lieu à son insu et sans son consentement. L’étalon grandit, devint un rapide coursier et finit par devenir la propriété de Kays b. Zuhayr, des ‘Abs, qui s’en empara au cours d’une razzia. Diverses raisons sont données de l’hostilité qui régnait entre Kays et Hudhayfa, mais quelle qu’en fût la cause, elle aboutit à une course organisée d’un commun accord.

 

Chacun d’eux accepta de faire courir un cheval et une jument: Kays choisit Dâhis et al-Ghabrā, et Hudhayfa engagea al-Khattâr (ou Kurzul) et al-Hanfā. Pour être sûr de gagner, Hudhayfa plaça le long du parcours des hommes qui arrêtèrent et retinrent Dâhis jusqu’à ce que les autres chevaux fussent passés; une fois relâchés Dâhis rattrapa les deux chevaux de Hudhayfa et il serait arrivé deuxième, après al-Ghabrā, mais les Banû Fazâra intervinrent à nouveau, repoussèrent les gagnants et les empêchèrent d’arriver en tête. Les deux parties prétendirent avoir gagné, et l’enjeu ne fut pas versé.

 

Dans le conflit, le premier sang fut répandu par Kays qui, au cours d’un raid, tua les frère de Hudhayfa, ‘Awf b. Badr. Le prix du sang (100 chameaux) fut remis par al-Rabi’ b. Ziyâd al-’Absî, mais Hudhayfa se vengea tout de même en envoyant un groupe d’hommes, parmi lesquels se trouvait son frère, Hamal b. Badr, contre le frère de Kays, Mâlik b. Zuhayr, qui avait épousé une femme des Fazâra et demeurait dans le voisinage. Hamal tua Mâlik, et lorsque al-Rabi’ l’apprit, il quitta le djiwâr de Hudhayfa dont il avait joui jusqu’alors, et rejoignit Kays.

 

A ce point du récit, il y a une digression pour expliquer une brouille survenue entre Kays et al-Rabi’ qui avait volé une cotte de mailles appartenant au premier. Le meurtre de Mâlik réconcilia cependant les deux hommes qui joignirent leurs forces contre Hudhayfa. Ils exigèrent la restitution des chameaux remis pour prix du sang à ‘Awf, mais Hudhayfa refusa. Un autre frère de ce dernier, Mâlik b. Badr, fut alors tué par un lointain parent de Kays, un nommé Djunaydib des Banû Raâba.

 

Al-Asla’ b. ‘abd Allah al-’Absi, qui donna plusieurs jeunes Fazârites en otages, chercha alors à faire la paix; mais Hudhayfa resta implacable: il prit possession des jeunes gens et les tua un à un, les obligeant à appeler leurs pères au secours tandis qu’il leur lançait des flèches mortelles. Parmi les garçons, il y avait Wâkid b. djunaydib et ‘Utba, fils de Kays b. Zuhayr.

 

Suit une série de batailles dans lesquelles les ‘Abs sont victorieux. A la Journée Khathira, à laquelle n’assistait pas Hudhayfa, les Fazâra perdirent plusieurs personnages importants, notamment un autre frère de ce dernier, al-Hārith. Hudhayfa rassembla ses troupes et se mit à la poursuite des ‘Abs, mais il tomba dans un piège tendu par Kays qui envoya les animaux et les non combattants dans une direction et se rendit dans une autre avec ses guerriers; comme attendu, Hudhayfa et les Dhubyân suivirent les animaux et, alors qu’ils se dispersaient pour recueillir le butin, les ‘Abs leur tombèrent dessus et en firent un tel carnage qu’al-Rabî’ b. Ziyâd et ses frères les supplièrent de l’arrêter. Cette bataille porte le nom de Yawm Dhî Husâ. Hudhayfa et son frère Hamal échappèrent à la tuerie et, avec quelques compagnons, se rendirent au Puits d’al-Habâ’a, où ils firent finalement traqués par un groupe de ‘Abs comprenant notamment Shaddād, le père du poète ‘Antara. Hudhayfa et Hamal furent tous deux tués. Certaines sources ajoutaient que Hudhayfa avait tué la mère de Kays qu’il avait trouvée avec les animaux, le Jour de Dhu Huša.

 

A partir de ce moment, le sort de la guerre change. Le reste de la chronique est consacré à l’errance des ‘Abs qui, serrés de près par les forces combinées des Dhubyān, quittent leur territoire pour essayer de trouver des alliés (djiwār) chez les Arabes n’appartenant pas aux Ghatafān. Ils battent d’abord les Banū Kalb à la Journée de ‘Urā’ir, puis se rendent auprès des Banū Sa’d b. Zayd Manât qui leur donnent une garantie de sécurité pour trois jours, mais les attaquent ensuite et les battent à la Journée de Farûk. Les ‘Abs vont ensuite chez les Banū Hanifa dans la Yamāma, mais ne trouvent auprès d’eux aucun appui. Ils obtiennent finalement le djiwār des ‘Âmir b. Şa’şa’a, mais il leur est accordé à contre-cœur, et ils sont soumis à toutes sortes d’indignités. C’est au cours de cette période qu’ils participent à la Journée de Shi’b Djabala déjà citée. Par la suite, ils quittent les ‘Âmir et vont vers les Banū Taghlib qui réagissent favorablement à leur requête et leur envoient une délégation en consultation, mais Kays reconnaît parmi les délégués un vieil ennemi, Ibn Khims al-Taghlabi qui avait tué al-Hârith b. Zālim, le vengeur du meurtre du père de Kays. Ce dernier tue Ibn Khims, et les chances d’obtenir le djiwār des Taghlib sont ruinées.

 

Par la suite, las de faire la guerre, Kays renvoie sa tribu chez elle pour essayer de conclure la paix avec les Dhubyân. Après quelques difficultés, ce but est atteint, mais Kays lui-même refuse d‘être jamais un mudjâwir d’une famille quelconque des Ghatafân et part pour le ‘Umān où il meurt quelque temps plus tard. La paix est conclue avec les Dhubyân par al-Rabi’ b. Ziyâd et le reste des Banū ‘Abs.

 

Il est clair que celui qui a rassemblé les éléments de ce récit de la guerre, al-Kalbi ou ses informateurs, était un partisan des ‘Abs. Kays est présenté comme un parangon de mansuétude (hilm), et Hudhayfa comme un parfait gredin. Au début, Kays essaie d’annuler le pari, fait sans son consentement, car il comprend qu’il ne peut provoquer que des malheurs.

 

Hudhayfa insiste pour que la course ait lieu et ne la gagne qu’en trichant. Il envoie ensuite Hamal tuer Mâlik b. Zuhayr, alors qu’il a déjà reçu le prix du sang de son frère ‘Awf, et refuse de rendre les chameaux. Kays laisse un de ses fils partir comme otage afin de réaliser la paix, et Hudhayfa le tue avec d’autres enfants d’une façon barbare. Il tue ensuite la mère de Kays. Finalement, au Puits d’al-Habâ’a, Hudhayfa se montre lâche et doit être poussé dans la bagarre par son frère Hamal. Kays, qui n’était pas présent, regrette l’incident dans des vers où il parle de Hamal comme du «meilleur des hommes» et dit qu’il le pleurerait toujours s’il ne s’était pas conduit injustement.

 

Dans les autres sources, Kays n’apparaît pas sous d’aussi belles couleurs, et Hudhayfa n’est pas si méchant. D’après le ‘Ikd, Dâhis et al-Ghabrā couraient l’un contre l’autre et non pas en équipe; le pari avait été fait entre Kays et Hamal b. Badr, propriétaire d’al-Ghabrā, qui organisa la fraude et apparaît donc comme l’instigateur de la guerre au lieu de son frère.

 

Kays aurait tué non le frère, mais le fils de Hudhayfa, Mâlik (ou Nabda), que son père avait envoyé en messager pour demander le versement de l’enjeu; en tant que messager, sa personne aurait dû être sacrée, mais Kays dit d’un ton menaçant: «je te paierai plus tard» et lui enfonce son sabre jusqu’au dos.

 

Le meurtre des garçons est raconté en deux épisodes distincts. Rayyān b. al-’Asla’ est fait prisonnier, mais relâché par Hudhayfa et il donne ses deux fils et son neveu en otages. Kays tue Mâlik b. Badr et c’est alors seulement que Hudhayfa, en représailles, tue les deux fils de Rayyān qui meurent en appelant leur père. Il est empêché de tué le neveu par les oncles maternels du garçon qui étaient, semble-t-il, des Fazâra. Ensuite, les ‘Abs acceptent de verser à Hudhayfa dix prix du sang pour ses pertes et donnent en otages un fils de Kays et un fils d’al-Rabi’ b. Ziyād. Hudhayfa ne peut mettre la main que sur le fils de Kays, mais capture deux autres ‘Absites et les tue tous les trois; il n’est pas précisé que ce dernier groupe était constitué par des enfants. Dans une autres relation de cet incident, Kays encourt le blâme pour avoir sottement insisté sur l’envoi des otages, contre le conseil d’al-Rabi’ b. Ziyād qui voulait résister et combattre. En général, les autres sources donnent beaucoup plus d’importance à al-Rabi’ que ne le fait l’auteur du récit des Nakā’id.

 

D’après ce dernier, Kays n’était pas présent à al-Habâ’a lorsque Hudhayfa et Hamal furent tués, mais il y assiste dans les autres versions et encourage ses compagnons en criant labbaykum et en répondant aux cris des enfants au moment où il sont tués.

 

Les ‘Abs et les Dhubyān se réconcilièrent définitivement, et la guerre de Dâhis n’eut pas de conséquences politiques sur le cours des événements après la naissance de l’Islam. Pour les Musulmans, les résultats les plus importants de la guerre sont d’ordre littéraire, car de toutes les guerres des tribus arabes païennes, c’est sur elle que l’on possède la meilleurs documentation. Plusieurs poètes célèbres y participèrent ou y firent allusion dans leurs œuvres, notamment ‘Antara b. Shaddâd, al-Nâbigha al-Dhubyāni, Labid, dont la mère était des ‘Abs, et les chefs de la tribu, Kays et al-Rabi’. Le souvenir des principaux épisodes de la lutte était sans aucun doute encore frais lorsque les savants commercèrent à recueillir la poésie et les données anecdotiques qui la concernaient, mais il est vraisemblables que les incidents mineurs, la personnalité des participants et les causes réelles du conflit avaient déjà été entourés d’une auréole romantique. Il est probable que la grande quantité des données facilita ce processus, qui est visible dans les récits conservés. Même à l’époque umayyade, la guerre fut exploitée dans le fakhr et le hijā’; plusieurs proverbes ou expressions proverbiales arabes proviendraient du dialogue entre Hudhayfa et Kays, et Dâhis est devenu un élément permanent du folklore et de la littérature comme symbole de la malchance et de l’hostilité durable incarné dans les proverbes: Ash’am min Dâhis (أشأم من داحس) et kad waka’a baynâ-hum harb Dâhis wa-l-Ghabrâ’ (وقع بينهم حرب داحس و الغبراء).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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