La Tente de l’Agha Ibrahim

28 11 2020

 

 

 

 

 

 

La Tente de l’Agha Ibrahim dans Attributs d'Algérienneté 201104080157919188

Le camp de Staoueli, le jour du débarquement de l’armée française en Algérie, le 14 juin 1830 : la tente de l’Agha Ibrahim

 

 

 

 

 

 

On sait quel rôle important, la tente joue dans la vie arabe et quel soin est apporté à sa confection par les Musulmans. Ce logis d’étoffe est-il destiné à abriter un grand personnage, c’est alors une chose vraiment remarquable et par son agencement pratique et par son luxe. Aussi, les tentes princières dont s’emparèrent les soldats français au cours de leurs campagnes d’Afrique, comptent elles au nombre de leurs plus brillants trophées.

 

Voici ce que dit, le capitaine Barchou, de la tente de l’Agha Ibrahim, qui fut prise à Staouéli par les troupes du général de Bourmont:

 

«Cette tente fut occupée par l’Etat-Major de la 1re Division. Elle avait échu en partage au général Berthezène. Le péristyle ouvert, nous offrit un lieu de repos bien nécessaire après les rudes fatigues de la journée.

 Elle était formée de plusieurs compartiments distincts les uns des autres : c’était un appartement complet où l’on passait d’une pièce à l’autre en soulevant un coin de tapisserie.

 La première était un immense salon, dont la tenture de drap rouge était toute parsemée d’une profusion de rosaces, d’ornements, de dessins, de broderies de toutes sortes de couleurs, où pourtant dominait un vert éclatant. Plus loin, était l’appartement des femmes, et au delà de celui-ci, le poste des eunuques.

 La pièce occupée par les femmes ne recevait de jour que par le premier salon ; d’épaisses tentures en dérobaient les mystères à tous les yeux, à toutes les oreilles. Elle avait été récemment habitée. Des coussins et des tapis dont elle avait été encombrée, une forte odeur de musc qu’elle exhalait, en étaient autant de preuves.

 L’esclave favorite s’était exposée à voir la mystérieuse draperie soulevée à l’heure du berger, par quelque officier français, à la place du sultan qu’elle attendait : l’aventure eut été plaisante.

 La tenture de la première pièce était soutenue, de distance en distance, par de grands piliers de bois peints en vert et ornés de sculptures variées : Ils imitaient d’élégantes colonnes et supportaient, à diverses hauteurs, des armes en trophée.

 Un des petits côtés de la tente, dont la forme était un carré long, se relevait en s’appuyant sur un certain nombre de piliers semblables à ceux de l’intérieur ; on avait alors un péristyle élégant, une gracieuse colonnade. Là, I’Agha venait voir manœuvrer les troupes, donner ses ordres, entendre les rapports ; là, il fumait sa longue pipe en respirant la fraîcheur du soir et du matin ; puis, lorsqu’il avait assez de tout cela, la toile retombant sur un mot de sa bouche, un signe de sa main lui rendait aussitôt une retraite inaccessible à la chaleur et au bruit.

 Tout autour se trouvaient d’autres tentes de dimensions beaucoup moindres que celle-là ; elles étaient occupées par des esclaves, les domestiques, ce qu’on pourrait appeler les officiers de la maison de l’Agha.

 La civilisation de l’Orient était là, tout entière.»

 

 

La tente ci-dessus décrite avait quatorze mètres de long sur sept de large et de cinq à six mètres de hauteur; échut au général Berthezène. L’Agha-Ibrahim possédait en outre une tente d’agrément, de moindres dimensions, qui était surmontée de boules d’argent doré et dont il fit hommage au général Loverdo. 

Les autres généraux reçurent également une tente de luxe. Deux cent soixante-dix tentes furent prises à Staouéli. Seuls, les Turcs en avaient.

Ce fut sous la tente de l’Agha qu’eut lieu, le soir de la bataille de Staouéli le 18 juin 1830, le repas du général Berthezène et de ses officiers d’Etat-Major. Rappelons qu’après la victoire, des généraux cueillirent sur le champ de bataille un bouquet de lauriers roses que le général de Bourmont trouva, au dîner, sous sa serviette.

 

 

Les tentes des beys de Constantine et de Tittery étaient construites sur un même modèle. Ce fut sous celle du bey de Tittery que coucha le général en chef. Les autres tentes du camp étaient d’une blancheur éblouissante ; il s’en trouvait aussi quelques-unes, bariolées de couleurs diverses ; les unes, de forme conique, ressemblaient à de petites pyramides ; les autres étaient oblongues, allongées à la façon des vaisseaux. Le croissant étincelait au sommet des unes ; sur d’autres, c’était un globe doré. Elles étaient de tailles et de dimensions diverses. Aucun ordre, aucun alignement n’avait présidé à leur arrangement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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