Le Chaouia (dialecte) de l’Ahmar-Khaddou – 18ème Partie
8 11 2020D’après le minutieux travail de Gustave Mercier
Étude Grammaticale
Chapitre Quatrième – Du Verbe
Noms d’action
La racine verbale sert encore à former des substantifs exprimant l’idée du verbe d’une manière abstraite, indépendamment de toute circonstance de temps et de personne. Cette formation suit des lois assez variables, et ne peut guère être apprise que par l’usage. M. R. Basset a donné, pour tous les dialectes, une classification des noms d’action aussi complète que possible ?. Nous n’avons qu’à la suivre en ce qui concerne le Chaouia :
I.— Le nom d’action est quelquefois le radical lui-même du verbe.
Ex. : irar, jouer, irar, jeu;
soud’en, baiser, soud’en, baiser (substantis).
Cette forme est assez rare.
II. Il s’obtient en préfixant un a au radical :
ouk’k'ah’, se chauffer, aouk’k'ah’, action de se chauffer;
sired’, laver, asired’, lavage;
serrouil, battre le beurre, aserrouil, action de battre le beurre.
Forme secondaire A. Beaucoup de substantifs de cette forme donnent à la dernière syllabe le son a :
eχnef, rôtir, aχenaf, action de rôtir;
ezder’, habiter, azdar’, action d’habiter
ch’kem, viser, ah’χam, action de viser ;
h’areb, aboyer, ah’arab, aboiement;
efredh, balayer, afradh, action de balayer ;
eidhou, tomber, aïdhaou, chute.
Forme secondaire B. D’autres ajoutent à la fin du radical la voyelle a.
Ex.: edhs, rire, adhsa, rire (subst.).
Forme secondaire C. – Addition d’un i après la dernière radicale :
soudh, souffler, asoudhi, souffle ;
Eχfa (1), terminer, aχfaï. fin;
sens, éteindre, asensi, extinction;
r’im (2), être assis, ar’imi, action d’être assis.
On trouve aussi l’addition de aï :
af, trouver, afaï, découverte;
ar’, prendre, ar’aï, prise, etc.
ili, être, demeurer, fait alili, habitation.
Cette forme est très répandue.
1. Racine arabe كفى
2. Arabe يقيم, IVe forme de قام .
III. – En préfixant la voyelle ou :
Ex.:
ebbi, couper, oubbi, coupure;
elef, divorcer, oulef, divorce;
eks, ôter, ouks, enlèvement;
er’s, piquer, our’es, piqûre.
A cette forme peut se rattacher celle de ouridh, pet, de ardh, péter.
IV. – En préfixant la voyelle i.
Ex. : ezdh, moudre, izdh, action de moudre.
A cette forme, assez rare, se rattache celle de ettou, oublier, itta, oubli.
1. Racine arabe وطى .
V. — En préfixant un t au radical. La première articulation prend le son ou, et l’on ajoute un i à la fin du mot.
Ex. : ens, passer la nuit, tenousi, action de passer la nuit;
zenz (pour enz), vendre, tenouzi, vente ;
ers, descendre, terousi, descente, etc.
On trouve aussi quelques noms d’action qu’on peut rattacher à cette forme, avec le préfixe ten ou im,
Ex. : ekker, se lever, tenouχeri, action de se lever;
edj, laisser, imoudjith, abandon;
etch, manger, imoutchith, action de manger, etc.
VII. — En préfixant un t ordinairement vocalisé en i. On suffixe généralement au radical l’une des voyelles i et a.
Ex.: outh, frapper, tithi, coup, pl. tiitha;
ougged’, craindre (pour ououed’), tioudi, crainte.
Forme secondaire .-
erz, labourer, tiarza, labour;
meier, moissonner, tmeira, moisson.
A cette forme on peut rattacher les suivantes :
zououer, être obèse, hizououerth, obésité;
berχen, être noir, hiberχent, noirceur;
erz, casser, erzith, action de casser.
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