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Le Marché Kabyle d’antan – Marchés Extérieurs: Relations Particulières de La Kabylie avec Chacune des Villes Algériennes et avec Tunis

21 07 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marchés Permanents – Villes

 

 

 

Nous désignons par le nom de marchés permanents, ceux qui restent constamment ouverts aux transactions: ce sont les villes. Nous ferons donc connaître, dans ce qui suit, les villes fréquentées par les marchands kabyles sous la domination turque, les tribus qui les fréquentaient, et, autant que possible, le genre spécial d’affaires auxquelles chacune d’elles se livrait.

 

 

 

 

1. ALGER

 

La proximité de cette ville et son importance , comme centre de consommation, y attiraient autrefois des marchands kabyles de presque toutes les tribus; voici celles qui ont été indiquées comme prenant la part la plus active à ce mouvement de circulation.

 

Amraoua (canton de Dellis). – Ils paraissaient presque tous les jours au marché , où ils apportaient sur leurs chameaux de l’huile, des fruits secs et des légumes.

 

Beni-Ir’ât’en (canton des Zouaoua). -Ils se fournissaient à Alger, d’armes, de merceries, de quincaillerie et de soieries; en échange, ils y apportaient de l’huile; mais leur commerce, de ce côté, surtout celui des armes, a été gêné par la présence des Français, et c’est du côté des Beni-’Abbês qu’ils se sont tournés.

 

Beni-Fraoucen (canton des Zouaoua). -Ils portaient à Alger de l’huile, de la cire, des figues et des raisins secs; s’approvisionnaient de soieries, de merceries et d’objets de toilette.

 

Beni-Yahia (canton des Zouaoua). – Ils venaient acheter des soieries, des merceries et autres articles de luxe et de toilette qu’ils allaient revendre ensuite sur les marchés kabyles.

 

Beni-Our’lis (canton d’Ak’fâdou). – On n’a pas de détails sur la nature des spéculations qui les amenaient à Alger; il est probable qu’ils y apportaient de l’huile et du savon, et qu’ils prenaient en échange des soieries et des merceries.

 

Ma’tk’a (canton de Bou-R’ni). – Ils apportaient de l’huile et des figues.

 

Canton de Flîcet-Mellîl. – Les tribus de Flîça, voisines d’Alger, y venaient très-fréquemment; elles y apportaient de l’huile, des olives et des fruits secs. L’occupation française créa pendant longtemps un état de méfiance qui interrompit ces relations.

 

Beni-Ma’ned (canton de Ben-Hini). – Ils venaient vendre à Alger l’huile et les fruits secs achetés aux Kabyles.

 

OuIâd-el-‘Azîz (canton de Ben-Hini). – Ils apportaient de l’huile, achetée aux Kabyles et produite par leur territoire.

 

Beni-Khalfoun (canton de Ben-Hini). – Ils apportaient à Alger des quantités considérables de raisins secs.

 

Nezlioua (canton de Ben-Hini). _ Les Nezlioua apportaient du beurre, du miel et du blé; mais ils ne se chargeaient de cette dernière denrée que lorsque le prix en était élevé; autrement ils n’y trouvaient pas leur compte; en temps ordinaire, ils apportaient des fruits secs, achetés aux tribus kabyles de leur voisinage.

 

 

 

 

 

2. Bougie

 

Bougie, par sa position, devrait être le principal marché intérieur de la Kabylie; mais les Kabyles l’ont tenu, depuis 1830, en dehors de leurs fréquentations commerciales, et nous ne l’inscrivons ici que pour mémoire. Ce blocus n’est cependant pas le résultat d’une détermination unanime, quoique presque toutes les tribus circonvoisines aient pris part, dans une mesure variable, aux combats qui se sont livrés. Elles subissaient l’influence de deux d’entre elles, les Mezzaïa et les Oulâd-Tamzalt. Ce sont elles qui ont le plus contribué à entretenir l’état de guerre, en interceptant, avec une vigilance infatigable, toute communication entre la ville et les tribus. Pour justifier et maintenir cette interdiction, ils faisaient valoir, par l’organe des marabouts, l’intérêt de la religion et de l’indépendance commune. C’était le seul moyen d’empêcher tout contact avec les infidèles; mais au fond (et personne ne s’y trompait) la prohibition ne servait que des intérêts de boutique.

 

Si l’on excepte les Mezzaïa, les Oulâd-Tamzalt et deux ou trois autres peuplades voisines, toutes les tribus qui habitent les rives de l’Ouad-Akbou produisent d’immenses quantités d’huile.

 

Par suite du blocus de Bougie, elles ne peuvent s’écouler que par Constantine et Bou-Sa’da. C’est sur ces deux points que s’exporte la masse des produits de cette région, même ceux des Beni-Our’lis et des Fenaïa, quoique situés à une journée de marche de Bougie. Si cette ville devenait accessible à tous les négociants de la Kabylie, une grande partie de la récolte, au lieu de remonter la rivière, la descendrait. Mais ce changement de direction, profitable aux tribus chez lesquelles abonde l’olivier, source principale de richesse, frapperait les autres d’un appauvrissement, non point absolu, mais relatif. Les Beni-Our’lis et les Fenaïa y trouveraient largement leur compte; mais les Mezzaïa et les Oulâd-Tamzalt n’y trouveraient pas le leur; car ils perdraient en influence tout ce que les autres gagneraient en richesse.

 

Ce qui prouve bien qu’il existe une dissidence réelle, au sujet du marché de Bougie, parmi les populations circonvoisines, c’est que toutes laissent passer les Kabyles qui vont à Bougie; les deux tribus réfractaires sont les seules qui les arrêtent au passage. Ils vont de jour jusqu’à leur territoire , et attendent la nuit pour le traverser. Si les Mezzaïa les saisissaient, ils seraient impitoyablement dépouillés. Ceux qui se présentent pour tenter le passage ne sont pas des négociants, ils risqueraient trop, mais de pauvres journaliers que la misère chasse de leur pays. On assure que si l’accès de Bougie était libre , cette ville recevrait un grand nombre d’ouvriers.

 

Cependant, même au sein de ces deux tribus, l’opinion qui veut le blocus commercial n’est pas aussi unanime qu’elle le paraît. Dès 1842 , époque où elles étaient divisées en deux partis, dont l’un désirait vivement entrer en relations d’échange avec les Français, et dont l’autre ne le voulait pas. A cette époque, le parti prohibitionniste formait encore la majorité dans les deux tribus, et il entraînait la masse; mais il s’affaiblissait progressivement par des défections qui tournaient au profit de la minorité , c’est-à-dire des échangistes. L’opposition à l’ouverture du marché de Bougie tenait sans doute à la volonté personnelle des cheikhs, qui ralliaient à eux tous les esprits faibles et indécis.

 

La tribu des Beni-Mîmoun, placée sous l’influence immédiate des Oulâd-Tamzalt, et à peu près dans les mêmes conditions, était, comme elle, divisée en deux partis, dont l’un voulait le maintien, à l’égard de Bougie, du régime de quarantaine, et dont l’autre, au contraire, appelait de tous ses vœux le régime de la libre pratique.

 

Mais dans la plupart des autres tribus, l’opinion de la majorité n’était pas douteuse et demandait la levée du blocus.

 

A leur tête figuraient les Toudja; quelquefois, à la faveur d’une nuit sombre, ils parvenaient à tromper la vigilance des gardes Mezzaïa et à porter un chargement d’oranges sur quelque navire européen. Mais ces actes de contrebande se renouvelaient rarement, à cause des difficultés et des dangers qu’ils présentaient.

 

La tribu des Beni-Slimân était une de celles qui désiraient le plus ardemment l’ouverture de relations commerciales avec Bougie; mais elle ne pouvait franchir la ligne de douanes établie par les Oulâd-Tamzalt. Il en était de même des Beni-Ourlis et des Fenaïa , auxquels les Mezzaïa barraient le passage.

 

Parmi les autres tribus qui se plaignaient du blocus et soupiraient après la liberté du commerce avec Bougie, des indications précises nous ont signalé particulièrement

 

Les Beni-Aïdel,

 

Les Beni-Khiâr,

 

Les Sanhadja,

 

Les Oulâd-Djelîl,

 

Les Guifsâr,

 

Les Beni-Khâteb ,

 

Les Barbâcha,

 

Les Beni-Mouah’li,

 

Les Beni-Chebâna,

 

Les Beni-Ourtilân ,

 

Et les Beni-Oudjehân.

 

Des événements récents ont modifié la situation de Bougie; dans les deux tribus les plus réfractaires, le parti de la minorité a gagné de nouvelles forces. Une fraction des Mezzaïa et aussi, assure-t-on, des Oulâd-Tamzalt, fatiguée de l’état d’inquiétude continuelle où la guerre les maintenait, a pris le parti de se soumettre. Ces deux tribus profiteront ainsi des avantages que leur offre le marché de Bougie. Elles n’en chercheront pas moins, pensons-nous, à éloigner les autres, autant qu’il leur sera possible; mais il est douteux qu’elles réussissent, quand le prétexte de la religion et de l’indépendance aura disparu avec le prestige du désintéressement.

 

 

 

 

 

 

3. Constantine

 

Cette ville est fréquentée en général par les tribus situées à l’Est du Jurjura : les tribus situées à l’Ouest de cette chaîne fréquentent plus particulièrement Alger. Cependant, durant les premières années de l’occupation française, une partie des tribus de la Kabylie occidentale, ne trouvant pas assez de sécurité à Alger, se détourna de sa route habituelle et prit le chemin de Constantine.

 

Les Zouaoua , en tout temps, fréquentent également les deux villes. Nous avons dit plus haut en quoi consiste leur commerce.

 

Constantine reçoit en outre , journellement, des Beni-Our’lis, des Beni-Aïdel, des négociants de Zammôra, des Beni-Ia’la, des Beni-Ourtilân , des Beni-Oudjehân, etc.; mais un grand nombre d’entre eux préféreraient aller à Bougie, qui est leur marché naturel et qui leur offrirait en outre le débouché de la mer.

 

 

 

4. Bou-Sa’da

 

Cette ville est fréquentée par plusieurs tribus kabyles, particulièrement les Beni-’Abbès, les Beni-Ourtilân , les Beni-Ia’la. Les colporteurs zouaoua y portent de l’huile, des fruits secs, des bernous grossiers, des armes et des ustensiles en bois. C’est de là que tous ces articles se répandent dans le Sahara.

Ils en rapportent de la laine, du h’enna et des dattes.

 

 

 

5. Msîla

 

Cette ville est sur la route qui conduit de la Kabylie à Bou-Sa’da; elle est donc visitée par les tribus qui se rendent dans cette ville : les Beni-’Abbès et les Beni-Ourtilân apportent surtout des savons.

 

 

 

 

6. Tunis

 

Tunis est visitée par les négociants de plusieurs tribus de la Kabylie; nous y avons vu des Beni-’Abbès, des Beni-Ourtilân, des Beni-Our’lis, des Ma’tk’a et des colporteurs zouaoua.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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