Mouynak* et La Mer d’Aral (Orol Dengizi)

10 04 2020

 

 

 

* (Moynoq en ouzbek, et Mojnak en karakalpak)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mouynak* et La Mer d’Aral (Orol Dengizi)  dans Nature 706px-Aral_Sea_1989-2008

Images satellites de la mer d’Aral en 1989 (à gauche) et en 2008 (à droite).

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’un des lieux les plus désolés de l’ancienne Union Soviétique se cache une réalité consternante: la disparition apparemment inéluctable, en l’espace de deux générations, de la mer d’Aral, auparavant la quatrième mer intérieure du monde. Le port Mouynak, désormais au milieu des terres, témoigne de ce désastre et, tout comme Tchernobyl et Semipalatinsk, accuse en silence la gestion suicidaire au point de vue écologique des édiles de la période soviétique.

 

Mouynak fut le plus grand port de la mer d’Aral, où une grande partie de la pêche était traitée et mise en conserve. En 1921, une grave famine sévissait dans la région de la Volga; Lénine appela la flotte de la mer d’Aral à l’aide et, en quelques jours, des milliers de tonnes de poissons furent acheminées, sauvant des milliers de Russes. Aujourd’hui, victime de la folie des Soviétiques, Mouynak vit un vrai cauchemar, entre mares stagnantes et usines désertées. Aucun poisson ne peut plus survivre dans la mer, 10 000 pêcheurs ont perdu leur emploi, et Mouynak sa raison d’être. Le seul intérêt d’une visite est bien macabre: être le témoin de cette lente agonie. Des bateaux de pêche à l’abandon, aux amarres rouillées, gisent sur la crête d’une dune, à des kilomètres du littoral. La ville a créé un petit musée (photos et peinture) sur la mer d’Aral avant son agonie.

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mer Qui Fuit Ses Rives

 

La Mer d’Aral n’existe bientôt plus. L’Amou Darya et le Syr Darya, les deux fleuves qui compensaient les 60 km3 d’eau qui s’évaporaient chaque année de la mer d’Aral, ne l’atteignent plus, absorbés qu’ils sont par les quotas imposés d’une monoculture de coton et d’une économie qui demeure toujours très planifiée. Le niveau de la mer baisse d’un mètre par an, et le cocktail chimique des pesticides et des défoliants déversés dans les champs de coton se concentre sur des milliers de kilomètres pour se déposer en croûte sur les rives asséchées. En quarante ans, la superficie de la mer a diminué de 90% et ce qui était autrefois le quatrième plus grand lac du monde s’est divisé en trois plans d’eau distincts.

 

Une île se trouvait jadis au milieu de la mer, à propos de laquelle d’anciennes légendes faisaient état d’un château hanté d’où l’on ne revenait pas, où des dragons gardaient des trésors entourés de sables mouvants ardents.

À l’époque soviétique, cette île s’est révélée tout aussi dangereuse, puisqu’elle abritait des bases ultra-secrètes destinées aux tests d’armes biologiques. Ce lieu se trouve maintenant sur la terre ferme. En 2002, alarmés par les risques environnementaux (et peut-être aussi terroristes) que cela représentait, les Etats-Unis ont organisé, dans le secteur, la décontamination de dix sites d’enfouissement d’antrax!

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mer d’Aral N’est pas un Problème local. A cheval sur le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, la mer d’Aral est alimentée par des fleuves qui prennent leurs sources dans les glaciers du Kirghizistan et du Tadjikistan. Pour alimenter en eau le Turkménistan et l’Ouzbékistan, une partie des eaux de l’Amou Darya, un des fleuves tributaires, est détournée, privant d’autant la mer, et aggravant encore le déficit imputable, on l’a vu, aux cultures de coton. Les tempêtes de sable, elles, emportent des milliers de tonnes de sels toxiques – les «larmes sèches de la mer d’Aral» – dans l’atmosphère pour les disperser sur des distances énormes, jusqu’à la vallée du Ferghana, jusqu’en Géorgie et même jusque sur la côte arctique, provoquant de nombreux cas de maladies chroniques gravissimes: le taux des personnes atteintes d’anémie est le plus élevé du monde, tout comme d’une forme de tuberculose résistant à tous les traitements connus. Les enfants présentent de malformation prénatales et des immunologiques et neurologiques, dont les malformations prénatales et des cancers.

 

Le nombre des espèces d’oiseaux et de mammifères relevé dans la région de la mer d’Aral a été divisé par deux en cinquante ans. Le rat musqué, dont ont capturait autrefois jusqu’à 500 000 bêtes par an pour leur fourrure, a complètement disparu. La totalité des 24 espèces de poisson n’a pas survécu à la salinité excessive de l’eau: celle-ci est de plus de 100 g/litre contre 35g/litre pour une eau de mer ordinaire (300 à 350 g//litre pour la mer Morte). la mer, en se rétrécissant, ne tempère plus le climat continental devenu extrême dans cette vaste région. Les étés sont plus chauds, les hivers plus froids, et les récoltes de coton chutent en flèche.

 

La Russie est cependant toujours intrinsèquement liée tant aux problèmes qu’aux solutions, surtout depuis que la crise a pris une dimension ethnique et ravive des rancœurs liées à l’ancienne colonisation soviétique et à son obsession de dominer à tout prix les forces de la nature.

 

 

Y a-t-il une solution pour sauver cette mer en perdition?

En 1992, les gouvernants des cinq Etats d’Asie centrale se sont réunis dans une conférence désormais annuelle afin d’établir un plan de secours cohérent. Mais dans un premier temps, confronté aux graves problèmes économiques liés à sa séparation de l’ancienne URSS, aucun d’entre eux n’a pu se permettre de réduire sa production de coton, pas plus qu’il ne dispose des fonds nécessaire pour mettre en oeuvre une gestion plus saine des eaux.

 

De théoriques espoirs s’accrochaient alors à des projets peu réalistes, dont la construction d’un pipe-line partant de la mer Caspienne, la plantation de végétation sur les rives de cette mer pour freiner l’érosion, ou un plan visant à provoquer artificiellement des pluies dans ce vaste bassin.

 

Au début des années 2000, sous l’impulsion de l’UNESCO, de la Banque Mondiale et d’autres instances internationales, le Kazakhstan a été le premier à entreprendre des travaux pour restaurer le lac septentrional en construisant des barrages et en réparant des canaux d’irrigation sur le Syr Darya, ce qui, à la surprise des experts, a très rapidement conduit à un agrandissement notable du lac et même à un redémarrage de l’industrie de la pêche. Encouragés par ces premiers succès, les travaux de restauration de la mer d’Aral continuent: en août 2011, le gouvernement kazakh a décidé de créer une nouvelle digue, permettant d’augmenter encore la surface du lac et de le relier à nouveau à l’ancienne ville portuaire d’Aralsk.

 

Ces efforts ne concernent pour le moment que le nord du lac. Quant à la partie sud, située sur le territoire ouzbek, elle demeure dans un état désespérant, le gouvernement ouzbèke n’ayant visiblement pas la même volonté (et peut-être aussi les moyens?) de la revitaliser. Au contraire, il semble même privilégier des projets de forages pétroliers et gaziers sur les terres asséchées du lac….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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