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Orfèvrerie Kabyle et orfèvrerie Aurasienne

6 04 2020

Comparaisons entre deux techniques

Par: Henriette Camps-Fabrer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II est impossible de confondre un bijou provenant de Grande Kabylie d’un autre provenant de l’Aurès. Pourtant, les orfèvreries de ces deux régions appartiennent l’une et l’autre à des populations montagnardes berbérophones d’Algérie, établies, les premières, à l’Est d’Alger, en région méditerranéenne, les secondes dans un autre bastion montagneux déjà semi-aride.

 

Nous tenterons de rechercher ce qui fait l’originalité de chacune de ces orfèvreries rurales en comparant successivement les matières premières utilisées, les techniques de fabrication et les formes de bijoux. Des similitudes apparaîtront mais aussi des différences qui permettront à coup sûr d’identifier leur provenance.

 

 

 

 

 

 

 

 

Orfèvrerie Kabyle et orfèvrerie Aurasienne dans Art 200309072429762034

Photo de Mathéa Gaudry, auteure de « La femme chaouia de l’Aurès ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 – LES MATIÈRES PREMIÈRES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fibule aurèsienne XIXe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.1 – L’argent — Le maillechort

 

La matière première de base des bijoux ruraux nord-africains est l’argent et les deux régions retenues n’échappent pas à cette règle. Généralement en pièces de monnaie d’argent fondu, ces bijoux ont un titre plus bas dans l’Aurès où il n’est pas rare que des alliages à titre inférieur et même le maillechort (composé de nickel, zinc et cuivre) soient utilisés. Depuis la disparition de la monnaie d’argent, les artisans kabyles surtout tendent à utiliser des lingots achetés au comptoir des métaux, lorsqu’ils ne font pas fondre, sur la demande des femmes, d’anciens bijoux.

 

 

 

 

 

 

 

1.2 -La corne.

 

La corne ou l’argent garni de corne, très répandus dans l’Aurès pour la fabrication des bracelets, sont très rares en Grande Kabylie.

 

 

 

 

 

 

 

1 .3 – Le corail – La verroterie – Le celluloïd.

 

Les bijoux tout en argent ou métal furent longtemps garnis de coraux dans l’Aurès.

Mais, dès 1929, M. Gaudry signalait l’abandon progressif du corail pour la verroterie rouge ou verte provenant de Tunisie. En revanche, le maintien de l’usage de cabochons de corail dans les bijoux de Grande Kabylie va de pair avec l’application d’émaux colorés. Il est vrai que la Grande Kabylie était plus proche que l’Aurès des anciens lieux de pêche du corail : golfe de Bougie, La Calle (Dr Bonnafont, 1937); elle a ensuite conservé cette tradition.

 

La Grande Kabylie, plus ouverte aux influences des grandes villes a reçu d’elles aussi l’emploi des feuilles de celluloïd, matière moins onéreuse que le corail qu’elle remplace quelquefois. Mais la verroterie n’y est jamais employée.

 

Perles noires et rouges rapportées de la Mecque par les pèlerins servaient aussi à confectionner des colliers surtout portés par les azriyat de l’Aurès.

 

 

 

 

 

 

1.4 -Les émaux.

 

La grande originalité des bijoux de Grande Kabylie vient essentiellement de l’utilisation d’émaux filigranes, bleus, jaunes et verts sur lesquels nous aurons à revenir.

 

 

 

 

 

 

1 .5 – La qemha — Les clous de girofle.

 

Une pâte odoriférante (la qemha) autrefois à base d’ambre (E.G. Gobert, 1961) est depuis longtemps obtenue en broyant dans un mortier des clous de girofle, avec de l’eau safranée et quelquefois un autre parfum : nard indien, musc ou benjoin. A demisèche, cette pâte était découpée en petits fragments à leur tour pétris en petites pyramides qui, lorsqu’elles étaient devenues dures étaient perforées pour être enfilées sur plusieurs rangs et intercalées avec des perles en argent sphériques ou fuselées; au centre du collier ainsi obtenu (leskhab), était accrochée une main en argent dans l’Aurès ou un autre pendentif émaillé en Grande Kabylie.

 

Il arrive que les clous de girofles soient utilisés à l’état naturel et insérés dans certains colliers de Grande Kabylie, en raison de leurs vertus prophylactiques, voire même aphrodisiaques (D. Jacques-Meunié, 1960-1961).

 

On doit souligner le complet dédain de l’or, tant dans l’Aurès qu’en Grande Kabylie et comme dans toute la bijouterie rurale nord-africaine. Aujourd’hui et surtout depuis 1962, les femmes qui le peuvent essayent d’acquérir des bijoux d’or. Mais les artisans continuent à fabriquer les bijoux avec les matières précédemment décrites et selon les procédés traditionnels, même si leur volume a sensiblement diminué en Kabylie.

 

 

 

 

 

 

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Ceinture en argent et corail rouge méditerranéen émaillé artisanat kabyle Béni Yenni

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 – LES ORFÈVRES KABYLES ET AURASIENS.

 

Si l’orfèvrerie kabyle conserve une réputation qui dépasse les frontières nationales, les bijoutiers kabyles sont aujourd’hui moins nombreux et ceux de l’Aurès encore plus rares. La structure sociale de cet artisanat était très proche dans les deux massifs, où l’on était bijoutier de père en fils.

 

Leur atelier et leurs outils étaient très semblables et un trait caractéristique de ces artisans était le nomadisme de certains d’entre eux. Dans l’Aurès, c’était un nomadisme très réduit à l’intérieur du massif, alors que certains bijoutiers kabyles n’hésitaient pas à sortir de leur montagne pour se rendre dans des régions plus lointaines et particulièrement dans l’Aurès où ils n’ont cependant pas introduit l’usage des émaux.

L’ouverture de la Grande Kabylie au monde extérieur en raison tant de ses conditions physiques que de ses facteurs humains contraste cependant avec le système autarcique de l’Aurès. Ainsi, les artisans chaouïas ne sortaient-ils guère de leur montagne pour faire poinçonner leurs créations par le service de la garantie alors que même si cet usage n’était pas systématique en Grande Kabylie, il était bien connu et souvent observé. Enfin il faut tenir compte de la place importante tenue par les artisans juifs dans l’Aurès et tout le sud algérien en général,alors qu’en Kabylie cette place est tenue essentiellement par les Ait Yenni, auxquels certains ont voulu donner une origine juive.

 

 

 

 

 

 

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3 – LES TECHNIQUES.

 

C’est dans les techniques qu’il faut rechercher les différences essentielles entre bijoux de Grande Kabylie et de l’Aurès.

 

 

 

 

3.1 – Les techniques de fabrication.

Si la plupart des bijoux de l’Aurès sont coulés dans un moule, il n’en est pas de même en Grande Kabylie où tous les bijoux sont exécutés à la main selon un processus très minutieux que nous avons eu l’occasion d’exposer à propos de la fabrication d’une boucle d’oreille (H. Camps-Fabrer, 1970, p. 31-49). Pourtant, certaines opérations essentielles se retrouvent dans l’une et l’autre région et qui font appel aux techniques du feu, du choc et de l’attaque selon des modalités propres à la Grande Kabylie et à l’Aurès.

 

 

 

 

 

3.1 .1 . – Les techniques du feu. — Le moulage.

 

Parmi les techniques du feu, la fusion du lingot de métal se fait de la même manière, dans un creuset.

 

Dans l’Aurès, la fusion du métal est le plus souvent suivie du coulage dans un moule. Le procédé consiste à placer à l’intérieur de deux châssis en forme d’étriers et qui s’emboîtent sur les bords aux moyens de trois oreilles à piton, un mélange d’argile, de sable et d’huile, mélange qui est ensuite chauffé et tassé à l’intérieur du moule.

On introduit sur la face interne de l’un des châssis un exemplaire de la pièce à reproduire. Puis on ferme les deux parties qui s’emboîtent. Par la pression le modèle a laissé son empreinte à peu près également dans le mélange de chacun des châssis. On peut alors retirer le modèle et couler dans le vide ainsi obtenu l’argent fondu ce qui permettra d’obtenir une reproduction rapide d’un type de bijou.

 

II va sans dire que ce procédé n’est pas le seul- qui soit utilisé dans l’Aurès et qu’il n’est pas totalement inconnu en Grande Kabylie. Mais dans cette dernière région, il est presque exclusivement utilisé pour fabriquer les ardillons des grandes fibules (ibzimen).

 

 

 

 

 

La soudure.

 

La soudure joue un rôle essentiel dans l’élaboration de tout bijou de Grande Kabylie, elle est moins fréquente sur ceux de l’Aurès chaque fil, chaque petite boule d’argent, chaque sertissure est soudée à mesure que sont disposés les différents ornements de l’objet. Il en est de même dans l’Aurès pour la fabrication des bijoux non moulés et décorés de filigranes et sertissures, mais dans une moindre proportion. La réussite du bijou dépend, bien entendu, de la qualité de la soudure. En Grande Kabylie du moins, les artisans veillent à ce que la soudure contienne le plus possible d’argent, car l’abaissement de la température de fusion par l’alliage entraîne naturellement un abaissement du titre qui ne doit pas dépasser une certaine tolérance admise par le service de la garantie des Métaux précieux. La proximité d’Alger et des services de la garantie sont vrai semblablement la cause principale de cette plus grande rigueur dans le titre : il s’agit donc d’un phénomène récent d’origine coloniale. Les procédés modernes de soudure au chalumeau à gaz ont remplacé celui du chalumeau à bouche.

 

 

 

 

 

3.1 .2 – Les techniques du choc.

 

Parallèlement à l’action de la flamme, intervient le choc qui tend à modifier la forme du métal par une action mécanique sans en diminuer le poids.

 

 

 

Le martelage.

 

Dans les plus anciens bijoux non moulés de l’Aurès, comme dans ceux de Grande Kabylie, avant que les feuilles de plané d’argent ne soient achetées toutes prêtes, le

lingot d’argent était longuement battu sur l’enclume pour être progressivement aminci en lames destinées à la fabrication soit des grosses chevillères, soit des bracelets, soit des plaques de la Tabzimt ou du diadème. De même, l’étirage du métal permettait d’obtenir des fils d’argent de plus ou moins grand diamètre; autrefois obtenu à la main (H. Camps-Fabrer, 1970, p. 29) en utilisant des filières de différents calibres (M. Gaudry, 1929, p. 292), les fils sont aujourd’hui achetés en rouleaux déjà calibrés. Pour torsader leurs fils, les artisans se servent d’une petite chignole. Le martelage d’un plané à l’intérieur de cupules creusées dans un dé à emboutir permet d’obtenir les calottes en argent qui décorent de nombreux bijoux de Kabylie (boucles d’oreilles, chaînes intercalaires reliant les ibzimen).

 

L’incision et la gravure sur plomb.

Cette technique existe dans les deux régions; certains bracelets et chevillères sont ornés de dessins exécutés à froid à l’aide d’un poinçon.

 

Un autre procédé consiste, après avoir mis en forme l’akhelkhal kabyle ou la boîte à amulettes de l’Aurès à placer à l’intérieur du cylindre pour le premier, de la plaque pour la seconde, un morceau de bois. Dans le vide laissé entre le métal et le bois, l’artisan coulait du plomb fondu et, après refroidissement, il décorait le cylindre ou la plaque au moyen du poinçon — ce qui permettait d’obtenir des décors en relief plus prononcés, matis sur plomb.

 

 

 

 

 

3.1. 3 – Les techniques de l’attaque.

 

Le métal peut enfin être attaqué par le jeu d’instruments divers. Découpage, de feuilles de plané d’argent, des griffes de sertissure, limage, sont communs aux deux régions. Mais certaines fibules ou bracelets de l’Aurès possèdent des décors inconnus en Grande Kabylie et qui rappellent l’opus interrasile de nombreux bijoux antiques grécoromains.

 

Toutes les techniques de fabrication que nous venons d’exposer restent encore très vivaces en Grande Kabylie. Mais elles ont été progressivement supplantées dans l’Aurès par le moulage, plus facile, mais qui ne permet pas de réaliser des bijoux de qualité comparable à celle de Grande Kabylie.

 

 

 

 

 

3.2 – Les techniques de décoration.

 

Le filigrane, qu’il s’agisse d’un fil simple sans décor, tordu sur lui-même, doublé ou torsadé, est très fréquent sur les bijoux de Grande Kabylie, il est cependant encore plus répandu dans l’Aurès et demande, pour être soudé, une grande maîtrise de la part des artisans.

 

Les granules d’argent sont, en revanche, bien plus fréquentes en Grande Kabylie que dans l’Aurès.

 

 

 

 

 

L’émaillage.

 

Mais nous aurions une idée très imparfaite de la décoration de l’orfèvrerie kabyle si nous n’examinions pas les procédés qui permettent la coloration du bijou par remaillage. Cette opération est effectuée quand toutes les pièces ont été soudées entre elles et plus précisément les fils qui compartimentent les décors. Les poudres d’émaux jaune, vert, bleu sont tour à tour abondamment et séparément rincées dans l’eau, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que les émaux deviennent très clairs. Dans chaque interstice limité par les fils d’argent soudés au bijou, les poudres d’émaux sont alors déposées à l’aide d’une curette triangulaire légèrement incurvée. Après séchage des émaux durant quelques minutes, le bijou est placé dans un four électrique qui a remplacé dans certains ateliers le rustique et ancestral procédé de cuisson des émaux dans le foyer de charbon. La surveillance de la cuisson des émaux exige une grande habitude car le degré de fusion de l’émail est très proche de celui de l’argent.

 

 

 

 

 

Les cabochons.

 

Le traitement et le montage des cabochons de corail sont les dernières opérations qui parachèvent la décoration des bijoux de Grande Kabylie. Autrefois, lorsque les orfèvres aurasiens utilisaient le corail — en moins grande abondance toutefois qu’en Grande Kabylie — ils agissaient de même. Tout fragment de corail doit être limé et poli avant d’être encastré dans la sertissure à l’aide de cire ramollie au feu qui, en se refroidissant, assure l’adhérence. Aujourd’hui, les perles de verroterie rouge et verte remplacent le corail dans les bijoux de l’Aurès; mais la couleur y joue un moins grand rôle qu’en Grande Kabylie où l’on doit souligner que la dominante rouge est assurée par le corail et que les émaux sont toujours exclusivement jaunes, bleus ou verts.

 

 

 

 

 

 

3.3 – Le montage des bijoux.

 

L’assemblage des différentes pièces qui composent un bijou n’est pas assuré seulement par la soudure qui joue un rôle essentiel mais non suffisant.

 

En Grande Kabylie le rivetage permet de fixer l’ardillon au verso de certaines grandes fibules triangulaires ou les plaques émaillées de quelques chevillères.

 

Certaines pièces sont réunies entre elles à l’aide de fils presque jamais soudés, de forme circulaire ou en 8, pour accrocher les pendeloques latérales de la tabzimt kabyle.

 

Mais les anneaux permettent aussi la confection de chaînes dont les maillons sont relativement peu variés, surtout dans l’Aurès où elles sont toujours plus fines qu’en Grande Kabylie et y tiennent une très grande place. La longueur des chaînes de l’Aurès est considérable. On les trouve non seulement accrochées aux boucles d’oreilles, aux jugulaires mais aussi aux fibules. Alors que la chaîne n’est qu’un élément de montage en Grande Kabylie, elle devient ornement dans l’Aurès et contribue à donner cette impression de légèreté, de finesse aux bijoux chaouïas. C’est un autre caractère qui rattache l’orfèvrerie aurasienne aux bijoux anciens, voire protohistoriques.

 

Il ne semble pas que les bijoutiers de l’Aurès utilisent comme ceux de Grande Kabylie des bélières pour accrocher certains ornements. La bélière est formée par la torsion de l’extrémité d’une petite plaque d’argent soudée à l’envers du bijou. A ces bélières sont accrochées les différentes pendeloques spécifiques des bijoux de Grande Kabylie et qui sont très différentes de celles de l’Aurès, bien que les termes qui servent à les désigner soient souvent les mêmes.

 

 

 

 

 

 

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Collier kabyle (skhab) en argent émaillé , corail

 

 

 

 

 

 

 

 

3.4 – Les pendeloques.

 

Les pendeloques de l’Aurès ont été classées par M. Gaudry (1929, p. 51). Il peut s’agir de simples fils d’argent diversement enroulés en S, en cercle, ou en cercle surmonté d’un double crochet, de très fines feuilles d’argent atteignant à peine 1 mm d’épaisseur et simplement découpées en forme de langue d’oiseau ou de graine de melon, de main, de peigne, ou de cercles qui, incisés et découpés, peuvent aboutir à la représentation de croissants ou de motifs anthropomorphes.

 

 

Les pendeloques de Grande Kabylie sont à la fois plus volumineuses, plus variées et plus riches. Traitées chacune avec autant de soin que le corps principal du bijou, elles procèdent des mêmes techniques minutieuses, sont émaillées et pour la plupart garnies de corail. Nous y avons reconnu huit types principaux : la tikkefist est une boule d’argent décorée d’émaux filigranes et munie à son extrémité d’une douille allongée servant de sertissure à un fragment de corail poli en pointe. La tabuqalt évoque la forme de la poterie du même nom, la graine de melon est très différente de celle de l’Aurès avec sa sertissure de corail. La tabuhemset a la forme d’un losange, la feuille de chêne n’est ornée que d’émaux, les plaques rondes offrent des aménagements divers, la main, l’étoile sont bien reconnaissables et des formes plus complexes empruntent des éléments à ces types essentiels .

 

 

 

 

 

 

3.5 – Les modes de fermeture des bijoux.

 

Les modes de fermeture des bijoux sont plus soignés en Grande Kabylie que dans l’Aurès. Alors qu’un simple orifice percé aux deux bords d’une chevillère de l’Aurès suffit à faire passer un fil de métal pour la fermer, les charnières sont surtout utilisées en Grande Kabylie.

 

L’un des bords latéraux de la feuille de plané d’argent est découpé par une encoche qui occupe le tiers médian dans laquelle vient s’encastrer le redent dégagé sur l’autre bord. Il suffit alors d’enrouler sur eux-mêmes chaque dépassant des deux bords pour obtenir sans soudure les charnerons où pénétrera la goupille de fermeture.

 

Ce type de charnière est connu cependant dans l’Aurès pour fermer les bracelets qui ne sont pas moulés en une seule pièce.

 

 

 

 

 

 

3.6 – La fixation des bijoux aux vêtement.

 

Les crochets soudés au sommet de certaines fibules ou des diadèmes Kabyles ou des jugulaires de l’Aurès permettent de renforcer la fixation au vêtement, assurée cependant pour la plupart des ibzimen des régions étudiées par un ardillon à l’intérieur duquel coulisse un anneau en oméga. Le principe de la fibule en oméga est d’ailleurs commun à tout le monde rural nord-africain qui n’en connaît pas d’autres (H. CampsFabrer, 1973).

 

Parvenus au terme de cette étude technique nous avons souligné chemin faisant les caractères propres de chacune des orfèvreries étudiées, dans un fonds de procédés communs aux deux régions. A l’exécution très soignée et minutieuse des bijoux kabyles entièrement montés à la main, s’oppose le fréquent moulage des bijoux de l’Aurès qui sont ajourés, garnis de filigranes mais ne présentent guère de variété dans le montage. Le chatoiement des émaux jaunes, verts, bleus, rehaussés de l’éclat rouge des gros cabochons de corail confèrent aux bijoux kabyles une richesse de couleur dont sont dépourvus les bijoux de l’Aurès plus modestement ornés de perles de verroterie rouge et verte. Mais il ne faudrait pas pour autant déprécier la qualité esthétique des bijoux de l’Aurès qui tient à la finesse du filigrane, à la profusion de chaînes et à l’agencement élégant des différentes parures.

 

Dans l’ensemble les techniques utilisées dans l’Aurès sont très nettement plus archaïques que celles du bijoutier kabyle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

………. à suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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