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La Révolution Islamique en Iran (janvier – mars 1979)

25 03 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

Au pouvoir en Iran depuis 1953, le Shah, Mohammed Reza Pahlavi, veut engager son pays dans la voie d’une modernisation à marche forcée. En 1962, le Shah lance la révolution blanche: l’Iran adopte une réforme agraire destinée à améliorer le rendement de son agriculture, bientôt suivie par une politique d’industrialisation à outrance. Le Shah peut compter sur la manne des revenus pétrolier dont dispose l’Iran. En outre, le souverain iranien entend doter son pays d’une infrastructure moderne (ponts, ports, autoroutes, métros). Un effort est effectué en faveur de l’éducation et de l’émancipation de la femme iranienne.

 

En politique extérieure, le shah d’Iran mène une ambitieuse politique d’hégémonie régionale. Armée et formée par les États-Unis, l’armée iranienne devient l’une des armées les plus puissantes du monde. L’Iran entend s’imposer comme «le gendarme du Golfe», chargé de protéger le libre accès aux voies d’approvisionnement pétrolières et d’assurer la stabilité de la région.

 

 

 

 

 

 

 

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Mohammad Reza Pahlavi dans les années 1970.

 

 

 

 

 

 

La politique de modernisation du Shah provoque troubles et mécontentements. La révolution blanche n’améliore guère le sort de la paysannerie. Au contraire, elle accélère l’exode des paysans vers les grandes villes où ils vont grossir la masse des chômeurs. L’industrialisation du pays creuse le fossé entre une petite élite de privilégiés (banquiers, hommes d’affaires, hauts fonctionnaires, technocrates, officiers, grande bourgeoisie) et la masse des déshéritées (paysans, artisans, commerçant du Bazar, chômeurs). La population iranienne est durement touchée par la hausse du chômage et de l’inflation. En outre, les Iraniens sont choqués par la corruption et le luxe ostentatoire du régime. En octobre 1971, les fêtes de Persépolis, marquant le 2500e anniversaire de l’Empire perse, indignent les Iraniens par leur débauche de faste et de clinquant. La subordination de l’Iran aux États-Unis, matérialisée par la présence de 40 000 conseillers militaires et techniciens américains en Iran, blesse l’orgueil national.

 

Enfin, le régime du Shah réprime impitoyablement toute opposition à l’aide de sa redoutable police politique, la Savak. Celle-ci recourt aux arrestations arbitraires, aux jugements expéditifs, à la torture et aux exécutions sommaires. Le clergé chiite, fort de 180 000 mollahs, constitue la principale force d’opposition à la monarchie iranienne. 90% des Iraniens se réclament de l’islam chiite. Les mollahs vitupèrent contre la corruption du régime et la déliquescence des mœurs.

 

La contestation chiite s’organise autour de l’ayatollah Khomeiny. Issu d’une famille d’imams, chef de la communauté chiite, l’ayatollah Khomeiny vit réfugié en France depuis 1978 après un long exil en Irak (1963-1978). Il appelle au renversement de la monarchie, stigmatisant dans ses discours un régime stipendié par l’étranger. L’année 1978 constitue une année cruciale pour l’opposition iranienne. Les différents partis politiques surmontent leurs divergences et se rallient au dignitaire religieux. Des émeutes éclatent en janvier 1978 à Qom. En septembre, les Iraniens manifestent en masse dans les rues de Téhéran. La police intervient, tuant des centaines de personnes. En décembre 1978, à l’occasion d’une fête religieuse chiite, des millions de personnes manifestent leur opposition au régime du Shah. Le souverain iranien tente de composer en faisant des concessions. Le 31 décembre, il nomme au poste de Premier ministre Chapour Bakhtiar, un opposant démocrate et patriote. La mesure arrive trop tard. Les États-Unis adoptent une attitude ambiguë, alternant proclamations de soutien et critiques voilées au régime du Shah.

 

 

 

 

 

 

 

 

433px-Portrait_of_Ruhollah_Khomeini_By_Mohammad_Sayyad dans Histoire

Rouhollah Khomeini

 

 

 

 

 

 

Finalement, Jimmy Carter renonce à soutenir un régime devenu par trop impopulaire. Le 16 janvier 1979, le Shah prend la route de l’exil. Le régime de Chapour Bakhtiar ne tarde pas à s’effondrer. Le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeiny effectue un retour triomphal à Téhéran sous les acclamations d’une foule de quatre millions de personnes.

 

Le 31 mars 1979, le chef religieux chiite proclame la république islamique d’Iran. Le nouveau régime s’appuie sur les gardiens de la révolution, véritable milice armée, et sur le clergé chiite (les mollahs). Khomeiny plonge l’Iran dans la révolution islamique. La charia est rétablie, l’adultère et la consommation d’alcool sont sévèrement punis. Khomeiny cherche à éradiquer toute influence occidentale. Les films, la musique, les vêtements occidentaux sont proscrits. Les femmes iraniennes sont astreintes à porter le tchador. La république islamique s’avère être tout aussi répressive et intolérante que la monarchie, les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires. La classe moyenne iranienne, d’abord favorable à Khomeiny, se dissocie du régime. Mais la masse des déshérités, qui a obtenu des avantages sociaux, lui reste fidèle. C’est d’ailleurs parmi elle que sont recrutés les gardiens de la révolution.

 

Sur le plan extérieur, la révolution islamique iranienne qui agite les thèmes de la justice sociale, de l’orgueil national et du rejet de l’Occident, fait preuve d’un prosélytisme qui vise non seulement les pays où vivent des communautés chiites significatives (Liban, Irak, Koweït, Afghanistan) mais plus largement l’ensemble du monde musulman. La révolution islamique inquiète aussi bien les États-Unis, qui perdent leur meilleur allié dans la région du Golfe, que l’URSS, qui craint une possible contagion de la propagande chiite à ses propres républiques musulmanes. En novembre 1979, Khomeiny organise, ou tout du moins tolère, la prise en otages des diplomates américains restés en Iran par des «étudiants» islamiques. Ceux-ci réclament l’extradition du Shah, réfugié aux États-Unis, afin qu’il puisse être jugé en Iran. En avril 1980, les Américains organisent une opération commando pour libérer les otages qui échoue lamentablement. La mort du Shah en juillet 1980 facilite la résolution de la crise: les otages américains sont libérés en janvier 1981. en septembre 1980. le déclenchement de la guerre avec l’Irak radicalise la révolution iranienne tout en provoquant un sursaut patriotique. Le conflit fournit un prétexte à Khomeiny pour éliminer ses anciens alliés politiques (libéraux, moujahidine du peuple des Bani Sadr, communistes). Le régime islamique procède à des milliers d’arrestation suivies de plusieurs centaines d’exécutions. Entrées en rébellion depuis août 1979, les minorités turkmène, azérie et surtout kurde font l’objet d’une répression sanglante.

 

La fin de la guerre avec l’Irak en 1988 suivie par le décès de l’ayatollah Khomeiny en juin 1989 marquant le déclin de la révolution islamique. Tenants d’une ligne plus réaliste, les nouveaux dirigeants iraniens tentent de se rapprocher des pays du Golfe et de se concilier l’Occident. L’arrivée au pouvoir du «modéré» réformateur Khatami en 1997 ouvre la voie à une timide libéralisation du régime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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