Éléments du dialecte algérien – Verbe

4 02 2020

 

 

 

 

 

Le point de départ de la conjugaison est la 3e pers. Du masculin singulier du parfait; elle constitue ce qu’on appelle la racine ou le radical du verbe. Tous les mots se rattachant à une même idée dérivent de la racine du verbe relatif à cette idée. C’est cette racine que les dictionnaires indiquent en regard de l’infinitif français; aussi, quand on lit dans le lexique keteb = écrire, il faut comprendre que ce mot signifie en réalité “il a écrit’’

 

 

C’est la forme même de la racine qui marque quelle conjugaison le verbe doit suivre. On distingue, à cet égard, six catégories de verbes:

 

1° Les verbes trilitères réguliers sont ceux qui contiennent trois lettres radicales dont les deux dernières sont dissemblables et qui ne commencent pas par u, ou, y. On les reconnaît dans le langage à ce que, sans commencer par u, ou, y, ils ont deux syllabes dont la première est terminée par une voyelle et la seconde, par une consonne;

Ex.: do/rob = il a frappé

 

 

 

 

2° Les verbes quadrilitères sont ceux qui contiennent quatre lettres radicales. On les reconnaît à ce qu’ils ont deux syllabes dont la première est terminée par une consonne, et la seconde, soit par une consonne soit par le son a (1).

Ex.: ker/keb = il a renversé

  

 

 

 

 

3° Les verbes sourds sont ceux qui contiennent trois lettres radicales dont les deux dernières sont semblables. On les reconnaît à ce qu’ils n’ont qu’une syllabe terminée par une consonne redoublée.

Ex.: chedd = il a tenu.

  

 

 

 

 

4° Les verbes assimilés sont ceux qui contiennent trois lettres radicales dont la première est soit w, soit, ou, soit y. On les reconnaît à ce qu’ils ont deux syllabes et commencent les uns par le son ou, les autres par le son y.

Ex.: ousol = il est arrivé

        ybes = il s’est desséché.

 

 

 

 

 

5° Les verbes concaves sont ceux qui contiennent trois lettres radicales dont la deuxième est un u ou un y. Comme ceux-ci sont toujours remplacés par un â dans la 3e personne du parfait, on reconnaît les verbes concaves à ce qu,ils ne comprennent qu’une syllabe formée par la voyelle â enclavée entre deux consonnes.

Ex: kân = il a été

       sâb = il a trouvé

 

 

 

 

6° Les verbes défectueux  sont ceux qui contiennent trois lettres radicales dont la dernière est un u ou un y. On les reconnaît à ce qu’ils ont deux syllabes, et à ce qu’ils se terminent par le son a en raison de certaines règles phonétiques qui sont du domaine de l’arabe littéral.

Ex.: beqa = il est resté

       jera = il a couru

 

 

Les verbes trilitères réguliers (appelés aussi verbes forts), les verbes assimilés et les verbes quadrilitères (2) suivent une même conjugaison.

On distingue deux temps: le parfait, qui exprime les actes ou les états accomplis et correspond au passé défini ou indéfini du français; et l’imparfait, qui exprime les actes ou les états inachevés, correspondant ainsi tantôt au présent, tantôt au futur du français. Pour éviter l’amphibologie pouvant résulter de l’emploi de l’imparfait, on place devant le verbe de l’expression rany, ou bien on ajoute après lui in châ Allah (= si Dieu veut), selon qu’il s’agit du présent ou du futur.

 

Ex.: nekteb = j’écris ou j’écrirai

rani nekteb = je suis j’écris, j’écris

nekten in châ Allah = j’écrirai si Dieu veut.

 

 

 

A ces deux temps il faut ajouter le mode impératif qui ne contient que la 2e personne et sert à la fois pour le présent et pour le futur, et les participes actif et passif qui prennent indistinctement le sens du passé, du présent ou du futur.

 

L’infinitif employé comme mode du verbe, c’est-à-dire avec un complément direct ou indirect, ne se rencontre guère dans le langage; on lui attribue seulement la valeur d’un substantif et c’est dans cette acceptation que les lexiques le mentionnent quand il est usité.

 

L’arabe parlé ne possède pas de voix passive. Pour rendre le passif on a recours soit à l’une des formes dérivées qui seront mentionnées plus tard, soit à une tournure appropriée.

Ex.: jerah = il a blessé

 

enjerah = il a été blessé (7e forme)

                                                                                   Passif

sâr mejrh = il est devenu blessé

 

Les participes actif et passif du verbe quadrilitère n’ont, dans le langage, qu,une seule et même forme. Voici comme exemple, le participe de kerkeb (= il a renversé):

 

Mekerkeb = renversant ou renversé

Mekerkebà = renversant ou renversée

Mekerkebîn = renversant, renversés ou renversées .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) dans ce cas, de beaucoup le plus rare, ils se conjuguent comme les verbes défectueux.

 

(2) les participes actif et passif des verbes quadrilitères diffèrent de ceux du verbe fort. Quant aux rares verbes quadrilitères terminés par le son a, ils suivent, comme il a été dit précédemment, la conjugaison des verbes défectueux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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