Le Lion dans la Croyance Populaire Algérienne

9 01 2020

 

 

 

 

 

Le lion est en Afrique , dit le général Daumas, un être redoutable, sur lequel on raconte un grand nombre de mystérieuses et terribles légendes, dont une superstition épouvantée protège la formidable majesté. Avec cet esprit observateur qui les distingue, les Arabes (Algéries) ont fait sur le lion une sérié de remarques dignes d’être recueillies et conservées.

 

 

 

 

 

 

 

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Algérie, La lionne de Sidi M’Hamed Benaouda 1900

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant le jour , le lion cherche rarement a attaquer l’homme ; d’ordinaire même, si quelque voyageur passe auprès de lui il détourne la tête et fait semblant de ne pas l’apercevoir. Cependant, si quelque imprudent, côtoyant un buisson où il est couché, s’écrie tout à coup : « Il est là (ra hena), » le lion s’élance sur celui qui vient troubler son repos.

 

Avec la nuit, l’humeur du lion change complètement. Quand le soleil est couché , il est dangereux de se hasarder dans les pays boisés, accidentés, sauvages : c’est là que le lion tend ses embuscades, qu’on le rencontre sur les sentiers qu’il coupe en les barrant de son corps.

 

Voici, suivant les Arabes, quelques-uns des drames nocturnes qui se passent alors habituellement. Si l’homme isolé, courrier, voyageur, porteur de lettres, qui vient à rencontrer le lion, a le cœur solidement trempé, il marche droit à l’animal en brandissant son sabre ou son fusil, mais en se gantant de tirer ou de frapper. Il se borne à crier: Oh ! le voleur, le coupeur de routes , le fils de celle qui n’a jamais dit non! Crois-tu m’effrayer? Tu ne sais donc pas que je suis un tel , fils d’un tel? Lève-toi et laisse-moi continuer ma route.

 

Le lion attend que l’homme se soit approché de lui, puis il s’en va se coucher à mille pas plus loin. C’est toute une série d’effrayantes épreuves que le voyageur est obligé de supporter. Toutes les fois qu’il a quitté le sentier, le lion disparaît, mais pour un moment seulement; bientôt on le voit reparaître, et, dans toutes ses manœuvres, il est accompagné d’un terrible bruit. Il casse dans la forêt d’innombrables branches avec sa queue, il rugit, il hurle, il grogne, il lance des bouffées d’une haleine empestée, il joue avec l’objet de ses multiples et bizarres attaques, qu’il lient continuellement suspendu entre la crainte et l’espérance, comme le chat avec la souris. Si celui qui est engagé dans cette lutte ne sent pas son courage faiblir, s’il parvient, suivant l’expression arabe, à bien tenir son âme, le lion le quitte et s’en va chercher fortune ailleurs.

 

Si le lion, au contraire, s’aperçoit qu’il a affaire à un homme dont la contenance est effrayée, dont la voix est tremblante, qui n’a pas osé articuler une menace, il redouble , pour l’effrayer davantage encore, le manège que nous avons décrit. Il s’approche de sa victime, la pousse avec son épaule hors du sentier, qu’il intercepte à chaque instant, s’en amuse enfin de toute manière, jusqu’à ce qu’il finisse par la dévorer à moitié évanouie.

 

Rien d’incroyable, du reste, dans le phénomène que tous les Arabes ont constaté. L’ascendant du courage sur les animaux est un fait incontestable.

 

Suivant les Arabes, quelques-uns de ces voleurs de profession, qui marchent la nuit armés jusqu’aux dents, au lieu de redouter le lion, lui crient, quand ils le rencontrent:

 

Je ne suis pas ton affaire. Je suis un voleur comme toi; passe ton chemin , ou , si tu veux, allons voler ensemble.

 

On ajoute que quelquefois le lion les suit et va tenter un coup sur le douar où ils dirigent leurs pas. On prétend que cette bonne amitié entre les lions et les voleurs se manifeste souvent d’une manière assez frappante. On a vu, dit on, des voleurs, aux heures de leurs repas, traiter les lions comme des chiens, en leur jetant, à une certaine distance, les pieds et les entrailles des animaux dont ils se nourrissaient.

 

Des femmes arabes ont aussi, à ce qu’on raconte, employé avec succès l’intrépidité contre le lion. Elles l’ont poursuivi au moment où il emportait des brebis, et lui ont fait lâcher sa prise en lui donnant des coups de bâton, accompagnés de ces paroles : « Voleur ! fils de voleur !»

 

La honte, disent les Arabes, s’emparait alors du lion , qui s’éloignait au plus vite. Ce dernier trait prouve que le lion, chez les Arabes, est une sorte de créature à part, tenant le milieu entre l’homme et l’animal; une créature qui, en raison de sa force, leur paraît douée d’une intelligence toute particulière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir aussi Croyances autour de la chasse au lion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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