• Accueil
  • > Art
  • > Bijoux et Joyaux Islamiques en Algérie

Bijoux et Joyaux Islamiques en Algérie

8 12 2019

 

 

 

 

 

 

Les bijoux et les joyaux ont de tout temps occupé une place particulière chez les musulmans; aucune des longues époques de l’histoire islamique n’a été dépourvue de leur port à l’instar de toutes les précédentes civilisations.

 

 

Cette importance qu’ont revêtues la joaillerie et l’orfèvrerie en tant que manifestations de la vie humaine, trouve un écho dans le Saint Coran. En effet plusieurs versets ont trait à l’or, l’argent, aux perles et autres pierres précieuses et la meilleure illustration en est sûrement la Sourate «zokhref» verset 18 où le Créateur évoque le bijou en tant qu’objet d’ornement aussi dans la vie terrestre que dans la vie de l’au-delà.

Et dans le verset 33 de la sourate «fatar»: «Ils entreront dans les jardins d’Eden, où ils seront parés de bracelets en or ainsi que de perles et d’habits en soie». C’est là une référence au bijou dans la vie de l’au-delà.

 

 

Cette conception coranique du bijou et du joyau expliquerait la place de choix qu’ils occupent chez les musulmans comme souligné précédemment.

 

 

Les œuvres littéraires ne sont pas exemptes de citations et de textes témoignant de l’importance des bijoux chez les peuples arabes depuis l’antiquité. A titre d’exemple, le poète antéislamique Maymûn Al-Aacha décrivit aussi bien «El-Khelkhal» (anneau porté à la cheville) que le bracelet dans un de ses poèmes.

 

 

Certains écrits historiques rapportent que la femme antéislamique avait plusieurs sortes de bijoux pour l’ornement des différentes parties du corps.

 

 

Aussi, portait-elle le diadème ou le bandeau frontal d’étoffe garni de pierres précieuses comme parure sur le front, les pendeloques et les pendants d’oreilles, différents bracelets portés autour du poignet, de l’avant bras et du bras ainsi que des bagues serties ou non de pierres.

 

 

Ibn Khaldoun évoqua également l’un des bijoux masculins, en l’occurrence la bague chez les Fatimides et les Omeyyades. L’on peut lire, dans sa Mouqadima, en substance que «..Les gens du Maghreb ont considéré comme signe de puissance la bague sertie de pierres précieuses comme le corindon (topaze, le rubis, saphir…) la turquoise ou l’émeraude. Portée par le sultan, elle était, dans leur us, un insigne de pouvoir».

Par ailleurs, les historiens attribuent l’ornement de tête serti de perles et de breloques incrusté de pierres précieuses à Oulayah, sœur d’Haroun Al Rachid. On lui attribue également le port du bandeau frontal d’étoffe garni de pierres précieuses pour dissimuler une anomalie sur son front. Les femmes l’imitèrent depuis ce temps là.

 

 

Les femmes de la classe moyenne utilisaient comme parure une plaque en or sur laquelle elles entouraient un bandeau garni de perles et d’émeraudes; elle portaient des anneaux autour des chevilles (Khelkhal) et des bracelets autour des poignets et des bras.

 

 

Tout chercheur qui se penche sur l’étude des bijoux et de la joaillerie des époques islamiques dans les pays du Maghreb remarquera que rares sont les spécimens qui nous sont parvenus, qu’elles en sont donc les raison?

 

 

 

 

 

 

 

 Bijoux et Joyaux Islamiques en Algérie dans Art 1

 

2 dans Art

Médaillon / Argent gravé et découpé, Ø 2,8 cm, poids 2,11 g

Qalâa Beni hammad – 9ème – 11ème siècle

Musée National de Cirta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chercheurs qui nous ont précédés dans l’étude de cette question ont émis de nombreux avis que nous exposerons ici dans l’espoir d’apporter quelques éclairages sur ce sujet:

Pour Paul Eudel, la rareté des bijoux datant des premiers siècles de la civilisation islamique s’explique par la valeur matérielle même de ces bijoux à savoir les matériaux précieux qui les composent.

De son côté, Heniette Camps-Fabrer estime que la cause en est une pratique perpétrée par les artisans bijoutiers depuis des siècles à savoir la fonte des anciens bijoux pour en fabriquer de nouveaux à la demande de leurs clientes. C’est ce qui explique, selon elle, la rareté des anciens bijoux islamiques.

 

 

Ces hypothèses et bien d’autres ont été faites avant les importantes découvertes archéologiques réalisées dans les années soixante du siècle dernier, parmi elles les bijoux mis à jour à Qalaat Beni Hamad lors des fouilles de Lucien Golvin et Rachid Bourouiba respectivement en 1965 et 1967.

 

 

Ceci nous amène à ajouter une autre raison à la rareté des premiers bijoux islamiques à savoir l’arrêt des fouilles archéologiques dans de nombreux sites islamiques et l’absence de fossiles dans d’autres. C’est là, à notre avis, une cause objective à ne pas négliger malgré le caractère fortuit de ces découvertes.La rareté, voir l’absence de données matérielles, ne permet donc pas d’avoir une bonne connaissance des bijoux de l’époque médiévale en Algérie ou de leur évolution notamment dans les grands centres civilisationnels comme Tlemcen.

 

 

L’absence de preuves matérielles dans ce domaine n’est heureusement pas totale. Grâce à l’importante découverte archéologique opérée par le professeur Rachid Bourouiba à Qalaat Beni Hamad en 1967, une découverte singulière a permit de pallier un grand vide en matière d’études sur les bijoux islamiques en Algérie.

 

 

La découverte faite ce jour de septembre 1967 dans la mosquée du site archéologique de Qalaat Beni Hamad est un véritable trésor dont la valeur historique et artistique réside dans le fait qu’il s’agit de pièces uniques jamais dévoilées par le passé comme il apparaît à travers le descriptif qui suivra des modèles choisis.

 

 

Ce trésor comprenant 25 pièces en argent exposées actuellement aux musées nationaux de Sétif et de Constantine, est composé de 7 pendants d’oreilles, un bracelet, 3 bagues, 7 paillettes brillantes, 6 perles et une tête de fibule (épingle).

 

Pour notre exposé sur la joaillerie algérienne à travers l’histoire, nous avons choisi les plus importantes pièces composant cette collection:

 

 

 

 

 

 

Les Pendants d’oreilles

  

Le choix a été porté sur une paire de pendants d’oreilles en argent pesant entre 2.8 et 3 gr. Formées d’un fil en argent creux d’un millimètre de diamètre, elles sont de forme ronde (8 cm de diamètre) avec deux ouvertures aux extrémités laissant passer une attache.

 

Sur le côté de l’une des ouvertures nous remarquons une perle creuse constituée de deux chatons (segments); elle est soudée au fil sur lequel elle est montée. Le diamètre de la perle creuse mesure 13.5 mm. Elle porte des motifs ajourés à partir de fins fils circulaires larges de 0.5 mm formant hui lignes entrecoupées de petits cercles de 2 mm de diamètre chacun.

 

 

 

 

 

 

 

 1

Pendentif / Argent – Diamètre: 2,2 cm .

Qalâa Beni hammad – 9ème – 11ème siècle

Musée National de Sétif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Bracelet

 

Il s’agit de l’unique bracelet entier jamais découvert à Qalaat Beni Hamad, après le fragment de bracelet découvert par Lucien Golvin en 1965. Ce bracelet en argent ciselé semble, d’après ses dimensions (4 cm de diamètre et 12.6 cm de circonférence), avoir appartenu à une fillette. Le plus frappant dans ce bracelet, large de 11.5 mm, sont les gravures réalisées sur des triangles face à face dont les bases sont parallèles aux rebords du bracelet. Ils sont reliés entre eux par des figures hexagonales oblongues portant des inscriptions en calligraphie «Neshki», représentant la formule de «Félicité et Prospérité». Sur une petite surface formée d’autres triangles, nous remarquons une autre figure hexagonales, plus petite que la première portant, avec la même écriture l’inscription «Louanges à Dieu seul»

 

En dépit de la découverte de ce bracelet à Qalaat Beni Hamad, le professeur Rachid Bourouiba a émit des doutes quant à sa fabrication dans la citadelle. Il suppose qu’il a été fabriqué à une époque ultérieure et ce sur la base de nombreuses constatations dont:

 

 

 

 

- La non utilisation de la formule de «Félicité et Prospérité» dans l’ornementation des bijoux et autres objets durant les 5ème et 6ème siècle de l’Hégire ( XIe et XIIe siècle) lorsque Qalaat Beni Hamad était à l’apogée de son développement. Cependant, son utilisation est confirmée ultérieurement, soit au 7ème siècle de l’Hégire ( XIIIe siècle) sur des constructions et des œuvres d’art à Tlemcen et en Andalousie.

 

 

- Il a été confirmé à la faveur d’une étude minutieuse du professeur Lucien Golvin que la calligraphie utilisée sur tous les objets découverts à la citadelle est le «Koufi», alors que le bracele porte une calligraphie «Neskhi» utilisée à Tlemcen et en Andalousie.

 

Partant donc de ces observations, le professeur Rachid Bourouiba a exclu l’hypothèse de la fabrication du bracelet en question à la citadelle et pense qu’il a été ramené d’Andalousie ou de Tlemcen. Sa date de fabrication remonte au 7ème siècle de l’hégire (XIIIe siècle).

 

 

 

 

 

Les Paillettes

Nous avons choisi, parmi les sept paillettes en argent découvertes à Qalaat Bani Hamad, deux représentatives de la collection du point de vue des gravures. La première est une pièce ronde en argent émaillé avec une substance brillante noire obtenue à partir d’une mixture de plomb, de cuivre et d’argent ayant subi un traitement spécifique effectué par l’artisan. Cette pièce, pesant 1.4 gr et mesurant 22 mm de diamètre porte à une extrémité un anneau décoré de trois fils en relief. Elle est décorée de motifs géométriques en filigrane en forme de croix enchevêtrées et de trois triangles dont les côtés sont courbés, ornés au centre avec un joyau ovale.

 

La deuxième paillette, plus grande que toutes les autres, mesure 28 mm de diamètre et porte à l’extrémité supérieure trois petits anneaux dont les espacements mesurent 0.5 mm. L’autre extrémité porte un creux de forme circulaire mesurant 6 mm de diamètre. Alors qu’il n’existe aucune gravure sur une face, l’autre est ornée de deux traits circulaires. Le plus petit est formé de trois lignes courbées entrecoupées à égale distance; celle du milieu, dont la largeur est de 8 mm, porte la formule «Louange à Dieu seul» en calligraphie «Neskhi» mais de moindre splendeur que celle existant sur le bracelet.

 

Les deux autres courbes sont constituées de figures géométriques torsadées pour la supérieure et linéaire pour l’inférieure. Le reste de la surface porte un décor végétal.

 

 

 

 

 

 

Une partie d’épingle (de fibule)

Il ne s’agit que d’un fragment d’argent ciselé mesurant 35 mm et pesant 3.6 gr. La fibule ou plutôt la partie qui nous est parvenue est une pièce cylindrique de 4 mm de diamètre reliée au fermoir. Son centre creux et bombé mesure 11 mm de diamètre et se rétrécit pour atteindre à l’extrémité 7.5 mm de diamètre. La décoration de cette pièce ressemble à des pommes de pins enchevêtrées, le reste de la surface est couvert de granulés d’une grande précision reflétant le savoir-faire des artisans de la citadelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 1

2

3

Fragment d’un agrafe / Argent – Longueur: 3,5 cm

Qalâa Beni Hammad – 9eme -11ème siècle

Musée National de Sétif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Perles

 

Ces trois perles parmi les six découvertes représentent les éléments d’un seul objet; il s’agit d’une petite pièce cylindrique creuse en argent dont la petite extrémité mesure 8 mm de diamètre et la grande 9.5 mm.

 

 

 

 

 

Les parures en or

 

Les bijoux en or découverts lors des différentes campagnes de fouilles archéologiques sont, quantitativement et qualitativement, modestes.

La raison serait les invasions Hilaliennes qu’a subi Qalaat Beni Hamad au début du 6ème siècle de l’hégire (XIIe siècle). Une autre hypothèse est avancée, à savoir que les objets précieux, y compris les bijoux ont été emportés lors de l’exode des Hamadites vers Bejaia.

Les bijoux en or choisis pour cette exposition ont été découverts lors des fouilles effectuées par le professeur Lucien Golvin en 1965. Ils sont aujourd’hui exposés au musée de Cirta à Constantine.

 

 

 

 

 

 

 

 1

Boucles d’oreilles / Argent ciselé, Poids 2 g, Ø 3 cm, Ø de la boule 1,4 cm

Qalâa Beni Hammad – 9eme -11ème siècle

Musée National de Sétif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les boucles d’oreilles

 

Cette paire de boucles d’oreilles est formée d’un fil en or cylindrique dont le diamètre mesure 4 à 5 mm. Courbées jusqu’à se fermait presque, leurs extrémités se terminent par des trous permettant d’attacher la boucle. Tout au long de la courbe, se trouvent trois petites calottes creuses en forme d’anneaux qui ne devaient pas être vides comme elles le sont aujourd’hui. On suppose qu’il s’agit de supports de pierres précieuses ou semi précieuses. Ces anneaux portent des décors, en forme de granulés, obtenus par la technique du moulage.

 

 

 

 

La fibule

 

Il s’agit d’un arc aplati dont les extrémité représentent deux têtes d’oiseaux se faisant face. La pièce porte de décor constitué de stries et pointillages. Le fermoir qui n’a pas été trouvé est facilement imaginable en ce sens que cet objet est connu pour retenir les pans d’un vêtement.

Le fait que les décors n’existent que sur une face de cet objet a amené Lucien Golvin à dire qu’il était peut-être utilisé comme épingle.

 

 

 

 

La plaque triangulaire

 

Cet objet constitue le bijou le plus important découvert à la citadelle. Il s’agit d’une feuille en or triangulaire dont le cœur est creux. Le décor est constitué de deux éléments en forme de «S» et de granulés sur tout le bord et les côtés. En outre la pièce est ornée de formes ovales, trois à la base du triangle serties de pierres semi précieuses et une quatrième au sommet mais la perle qui l’habillait a été égarée.

Au sommet du triangle existe une petite anse permettant de suspendre cet objet qui fait peut-être partie d’un grand bijou. Cette hypothèse est étayée par l’existence d’une autre petite anse soudée au centre de la base du triangle.

 

 

 

 

 

Le collier

 

Ce collier n’a pas été découvert dans le même état dans lequel il se présente aujourd’hui.

Il s’agit en fait d’une tentative de reconstitution à partir des perles et pierres précieuses trouvées à Qalaat Beni Hamad et plus précisément dans l’une des fouilles du palais «Es-salam». Ces perles et pierres précieuses trouvées éparpillées n’étaient pas toutes destinées à être enfilées en collier mais aussi pour être utilisées comme sertissage de nombreux autres bijoux, entre autres les diadèmes, les ceintures…..

 

Aussi modestes que soient les pièces que nous avons présentées, d’un point de vue quantitatif et qualitatif, elles nous ont néanmoins appris énormément sur les techniques utilisées en orfèvrerie à Qalaat Beni Hamad. Grâce à elles nous savons que les artisans bijoutiers maîtrisaient les techniques de la bijouterie comme le repoussage, le martelage, le sertissage et l’ajouré ainsi que l’utilisation des perles de certaines matières précieuses pour le sertissage des bijoux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45