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Le Bisat (Tapis) dans l’Occident Musulman

29 10 2019

 

 

 

 

 

Le terme Bisat, pl. Busut est attesté en Occident, notamment par Ibn Khaldûn, Mukaddima, qui l’emploie pour évoquer les redevances versées chaque année par les Aghlabides aux califes Abbasides (mention de cent vingt tapis (busut) sous le califat d’al-Mamun). On peut penser qu’il s’agit alors d’objets précieux d’une réelle valeur artistique et l’on est naturellement enclin à songer au “tapis sur lequel sont assis le souverain avec son conseil“.

 

 

Nous ne savons malheureusement rien de ces tissages qu’on imagine exécutés dans de grandes cités: Kairouan, et ses satellites, Abbasiyya ou Rakkada en particulier. Le fait que ces tissages étaient destinés aux plus hauts dignitaires permet-il de penser que, déjà à cette époque, l’Ifrikiya possédait au moins un tiraz.

 

Un tel atelier est attesté à Mahdiyya à l’époque et on y mentionne la fabrication de tapis. Il ne semble pas impossible d’imaginer que, sous les Aghlabides, on ait pu tisser des tapis de luxe (sans doute inspirés des tapis orientaux) destinés aux califes et aux plus hauts personnages du personnages du monde musulman.

 

 

Le terme bisat se trouve également chez Yâkût qui cite des busut dans la région de Tébessa et les qualifie de somptueux, de solides et de durables. Faut-il voir, dans ces tissages, les ancêtres des tapis à points noués qui constituaient encore, voici quelques années, une des pièces maîtresses du mobilier de la tente, en particulier dans la région de Tébessa: tribus des Nememsha, des Harakta, des Mahadba, des Hamama.

 

 

Les plus anciennes de ces pièces, à décor strictement géométrique, paraissent perpétuer de vieilles traditions locales que l’on peut retrouver au Djebel Amour, puis dans le Moyen et dans le Haut Atlas marocain.

 

 

 

Bisât n’est actuellement employé nulle part en Afrique du Nord, où divers vocables arabes désignent ces longs tissages polychromes: Ktîf ou Katîfa, Matrah, Frâsh, Farrâshiyya, tandis qu’au Maroc, on emploie aussi des termes berbères ou berbérisés; quant aux tapis citadins (Kairouan, Guergour, Nédroma, Rabat, Médiouna) on les appelle Zarbiyya, pl. Zrâbi ou Sadjdjâda, pl. Sadjdjadât. Ces tissages sont fortement inspirés des tapis d’Anatolie et des tapis anciens d’Andalousie.

 

 

 

L’existence de tapis Busut est attestée en Espagne musulmane par divers auteurs, en particulier à Murcie. Ces tissages étaient très appréciés en Orient. Yâkût évoque les Busut d’Elche; mais on emploie de préférence l’expression Wata pour évoquer les tapis de Chinchilla ou de Baza, dont la réputation s’étend jusqu’en Orient.

 

 

 

A l’époque moderne et contemporaine, les centres de tissage traditionnels à points noués sont aussi répartis en Afrique du Nord:

 

 

 

1.- Tapis exécutés la plupart du temps par des hommes (reggâm), généralement sous la tente: Tunisie: tribus des Hamâma, des Mahâdba, des Durayd, des Ouled bou Ghanem; Algérie: tribus des Nememsha, des Harâkta, des Maadid, du Hodna.

 

 

Tous ces tapis se caractérisent par des modèles anciens essentiellement géométriques, à compositions peu variées et à coloris réduit à deux ou trois tons, et par des modèles, apparemment plus récents, inspirés des tapis d’Anatolie, caractérisés par un ou plusieurs motifs centraux polygonaux (mihrâb) qu’encadrent des listels orthogonaux. La multiplication des mihrâbs permet des tissages de grandes dimensions. Ils sont tous polychromes, le rouge dominant pour les fonds.

 

 

Les tapis du Djebel Amour(Algérie) sont restés fidèles au décor géométrique et aux compositions anciennes locales; ils ne connaissent guère que deux tons dominants: le rouge pour le fond et le bleu foncé pour les motifs (remplacé récemment par le noir). Les extrémités sont bordées de bandes tissées à décor géométrique polychrome. Ces tapis sont à rapprocher de certains tissages marocains du Moyen Atlas.

 

Maroc: tapis du Haut Atlas: Haouz de Marrakech, Ouled bou Sbaa, Ait Ouaouzguit, etc. Tapis du Moyen Atlas: Zemmour, Zafan, Béni M’tir, Béni Mguild, Ait Youssi, Marmoucha, Ait Seghrouchen, Beni Alaham, Béni Ouarain, etc.

 

 

Tous ces tapis exécutés dans des tribus berbères, sont à décor géométrique et ne font appel qu’à une gamme réduite de couleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le Bisat (Tapis) dans l’Occident Musulman dans Art 1568105987-136169

Début 20e siècle. Tribu Aït Ouaouzguit

 

 

 

 

 

 

 

2.- Tapis citadins d’influence anatolienne (tissages féminins).

 

 

Tunisie: Kairouan, Tunis, et diverses villes de la côte ou l’influence de Kairouan s’est propagée depuis un siècle environ, donnant parfois des types locaux assez originaux (Bizerte en particulier).

  

 

 

 

 

1568115407-zoom-sans-titre3089 dans Art

Marchand de Tapis – Bizerte

 

 

 

 

 

Algérie: Guergour et Sétif (actuellement en voie de disparition), Souf, Kal’a des Banu Rached (influencés de tissage andalous).

 

 

 Maroc: Rabat-Salé, casablanca, médiona (également influencés par l’Andalousie).

 

Tous ces tapis étaient ou sont encore exécutés à domicile, en famille.

 

 

 

A la période contemporaine, le travail du tapis, objet d’exportation, tend à devenir une industrie, en particulier dans les grandes villes telles que Kairouan, Tunis, Tlemcen, Rabat-Salé, Casablanca, voire dans des cités plus modestes: Nabeul, Bizerte, Tébessa, Cherchel, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

  

 

 

 


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