Quelques Particularités du Dialecte Berbère des Beni Snous – 1ère partie

7 10 2019

 

 

 

 

 

Quelques Particularités du Dialecte Berbère des Beni Snous - 1ère partie dans Attributs d'Algérienneté 1567504771-60066694

Sources à El-Khemis (Beni Snous)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les éléments du présent travail ont été recueillis pendant les mois de juillet, août et septembre 1904 chez les Beni Snous, dans les villages du Kef, de Ait Larbi, A. Achir, A. Ziddaz, Ajdir, Mazzer et dans les douars épars de la région de Tr’alimet et du Bou Hallou. Soit sous la tente, soit dans les villages, un grand nombre d’informateurs de chaque sexe et de tout âge.

 

 

 

Les Beni Snous occupent la partie sud de la région désignée par les géographes algériens sous le nom de massif de Tlemcen. Sur ce sol d’âge ancien, une langue également ancienne s’est conservée, plus ou moins pure, dans quelques villages. Les sédentaires du Kef, des Aït Larbi, des Aït Achir, des A’it Ziddaz, de Mazzer parlent un dialecte berbère, ainsi que les nomades qui vivent sous les tentes de Tr’alimet et du Bou Hallou.

 

Mais ces montagnards, obligés, pour écouler les produits de leur industrie (nattes, poteries), à un incessant contact avec les populations de Maghnia, de Tlemcen oublient peu à peu, pour s’exprimer en langue arabe, la zenatia que, tout jeunes, ils parlaient avec leurs mères et qui était aussi la langue de leurs jeux. (1)

 Aussi un certain nombre de racines berbères, ailleurs conservées, ne sont pas usitées actuellement chez les Beni Snous; des termes empruntés ordinairement à l’arabe en tiennent lieu.

 

Ex. : descendre, Zouaoua, ad’er; B. Snous, houwwed’ ; (ar. هوّد) le mot âfer (Zouaoua : ifer, aile, feuille) désigne seulement l’aile, le mot feuille se rend par thaouregth (ar. ورق) etc.

 

 

 

 

En revanche, ce dialecte a conservé des termes, des formes anciennes, parfois perdues ailleurs, et qui lui constituent, quant au vocabulaire, une sorte d’originalité, vite saisie par les Berbères des régions voisines.

 

Les racines berbères usitées chez les Beni Snoûs ont gardé à de rares exceptions près, la même acception que dans les autres dialectes. Mais si le sens des racines a peu varié, leur forme s’est modifiée ; des permutations se sont produites, des accommodations phonétiques sont intervenues, des voyelles ou des articulations, tantôt ont disparu, tantôt sont venues s’ajouter aux racines primitives.

 

La présence de nombreux termes empruntés à l’arabe pourrait, tout d’abord, attirer l’attention si ces mots n’étaient déformés de façon notable. Ce qui, dons ce dialecte, frappe immédiatement une oreille habituée au zouaoua, c’est une certaine fluidité que lui communique la fréquence des palatales ;

le g du zouaoua devient ici un j, parfois un y ou un î.

 

 

Le j

 

Ex. : Zouaoua : natte ____ thagerthilt. Beni Snous : thajerthilt.

 

corbeau ___ agarfiou. — : jarfi

 

tison ____ thirgets. — : thirjit.

 

moissonner ____ emger. — : emjer.

 

 

 

 

Le y

 

Ex. : Zouaoua : soc ____ thagersa. Beni Snous : thayirsa.

 

orphelin ____ agoujil. — : ayoujil.

  

pioche ____ agelzim. — : ayizzim.

 

Puiser ____ ougem. — : ayem.

 

 

 

 

 

 

Le î

 

Ex. : Zouaoua: vert ____ azegzaou. Beni Snous : azîza.

 

musette ____ asegres. — : asîres.

 

peau ____ agoulim. — : îlem.

 

 

 

 

 

 

 

 

le k des dialectes forts devient ch ou x ou un ch mouillé ou un i.

 

Ex. : Zouaoua : mouton ____ ikerri. Beni Snous : icherri.

 

terre ____ akal. — : châl.

 

perdrix (pl.) ____ thiskourin — : thichcherin.

 

 

 

 

* A peu près le grec.

 

Ex. Zouaoua : labourer ____ ekrez. Beni Snous (Mazzer) : exrez.

 

selle ____ tharikth — : thrixth.

 

 

 

 

Zouaoua : tu as ____ r’ourek. Beni Snous (Mazzer): r’rech.

 

 

 

 

Zouaoua : soleil ____ thafoukth. Beni Snous : tfouith.

 

Viande ____ aksoum. — : aisoum.

 

se souvenir____ mekthbi. — : mîthi.

 

 

 

 

 

 

On observe aussi fréquemment la permutation du z au j et au y.

 

Ex. Zouaoua : fièvre ____ thazerzaith. Beni Snous : thajerjaith.

 

gale ____ azedjidh. — : ajedjid.

 

labourer ____ kerez. — : echrej.

 

 

 

 

 

 

 

Les explosives du zouaoua et d’autres dialectes sont fréquemment représentées par des spirantes.

 

Le t devient th (ث), le d devient d’ (ذ) et le b, un w

 

 

* Ex.: Le t signe du féminin ; il peut même devenir une simple expiration h.

 

yeux : hittawin.

 

il l’a caché, ifferih.

 

 

 

* Ex. : Bougie, Mzab, idammen, sang. — B. Snous id’ammen.

 

adrar, montagne. — ad’rar.

 

 

 

 

* Ex. : Zouaoua, porte thabbourth. — B. Snous : thawwourth.

 

— cuire sebb. — oww.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): Chez ces rudes populations, la langue arabe parlée à Tlemcen est pour ainsi dire à la mode. Alors que le chef de famille parle la zenatia avec les femmes, il s’exprime, en s’adressant à ses enfants, dans le langage propre aux Tlemceniens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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