Martín Chambi – Pionnier de la photographie latino-américaine
31 07 2019

Autoportrait (1922)
Martín Chambi Jiménez ou Martín Chambi de Coaza (né le 5 novembre 1891 près de Puno, dans le village de Coaza. Il meurt le 13 septembre 1973 à Cuzco) Martin Chambi fut l’un des premiers grands photographes autochtones d’Amérique latine.
Son oeuvre est influencée par l’adoption des conventions issues de la photographie d’art européen. Martin Chambi doit sa réputation à deux traditions photographiques distinctes qu’il maîtrise parfaitement et avec talent. Les effets stylisés du pictorialisme européen et l’utilisation de la lumière dans ses portraits de studio.
Il expose dans les compétitions et salons locaux et dans les foires industrielles. C’est la base de son succès commercial.
Martín Chambi a mis à nu la complexité sociale de la Cordillère des Andes. Ces images nous placent au cœur du féodalisme montagnard, dans les haciendas des grands propriétaires terriens, avec leurs serviteurs et leurs concubines, comme dans les processions coloniales de foules contrits et ivres.
Les photographies de Chambi capturent tout. Les mariages. Les fêtes et les premières communions. La pauvreté et la jovialité. C’est pourquoi, sans doute sans le vouloir, Chambi est devenu le photographe symbolique de sa race. Il a su capter la voix tellurique de l’homme andin, sa mélancolie millénaire, sa négligence éternelle. Il est sans doute le plus grand photographe post colonial d’Amérique latine du début du 20ème siècle.


La famille d’Ezequiel Arce et sa récolte de pomme de terre

- Cusco


Si Martin Chambi a été le premier à enregistrer la lumière péruvienne avec un oeilpost colonial, il est surtout connu pour ses clichés de paysans loqueteux. Pourtant, sa photographie n’est pas misérable. Pas triste du tout. Un peu « nostalgique » tout au plus. Non. Sa photographie est noble. Elle témoigne du quotidien. Du réel.
Chambi adore parcourir les campagnes, son matériel solidement arrimé sur le dos d’une mule. Indien Quechua à la peau mat et au nez aquilin, il parle la langue des gens qu’il rencontre. C’est ainsi qu’il gagne facilement leur confiance et leur demande de poser pour lui. Il photographie souvent les gens seuls, en couple. Au repos ou dans l’action. Son cadre privilégié, la nature au cœur des Andes.
Les groupes ? Il les immortalise aussi bien dans des poses étudiées que dans leur environnement quotidien, offrant ainsi un sentiment d’authenticité à ses photographies. C’est ainsi que Chambi s’installe rapidement à l’avant-garde de la photographie de son époque.
Entre 1920 et 1950, Chambi a amassé une collection importante de photos de différents sites archéologiques, des peuples indigènes et des vues de Cuzco qui a été largement diffusée et présentée dans toute l’Amérique du Sud.
Beaucoup de ces photos, souvent les plus fascinantes, n’ont pas été publiées de son vivant. Sans doute à cause des conventions artistiques limitées de l’époque. Ou plus simplement, en raison de leur aspect non commercial.





1934 – Cavaliers dans la neige
TÉMOIGNAGE DE MARTIN CHAMBI
Martin Chambi a été le premier photographe à photographier son peuple à travers les yeux d’un des siens. Lors d’une de ses expositions à Santiago du Chili et à Viña del Mar, en 1936, il déclara : « J’ai lu qu’au Chili, on pense que les Indiens n’ont pas de culture. Qu’ils sont justes civilisés. Mais qu’ils sont intellectuellement et artistiquement inférieurs aux Blancs et aux Européens. (…) C’est une idée simple. (…) Mon espoir et que témoins impartiaux et objectifs étudient ce point de vue. Je suis un représentant de ma race. Mes compatriotes s’expriment à travers mes photos«





1933 – La tristeza del hombre andino Cusco




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