Califat

29 06 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

 

Le terme “califat” désigne une fonction; il dérive de calife, emprunté à l’arabe khalifa qui, jusqu’à nos jours, a servi à qualifier la dignité du chef de la communauté musulmane Importante à l’époque des Omeyyades, la fonction de calife a décliné après la chute du calife de Bagdad dont les pouvoirs étaient déjà très amoindris Le prestige de ce titre donné aux héritiers de Mahomet (prophète Mohamed saw) n’en avait pas moins été considérable dans le monde islamique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Califes Légitimes (633-661)

 

Le Prophète Mohamed n’avait pas prévu sa succession, et c’est pour assumer sa charge de chef d’État, pour prendre la direction des affaires publiques, que les premiers musulmans de Médine choisirent le beau-père du Prophète, Abu Bakr. Il aurait pris le titre de khalifa, “successeur” de l’Envoyé de Dieu. Les quatre premiers califes, qui réghnèrent à Médine, furent désignés par acclamations ou à la suite de transactions. On ne peut guère s’appuyer sur cette courte période pour épiloguer sur la manière dont s’établit l’autorité de ces premiers califes, qui entrent dans l’histoire avec le qualificatif de “légitimes” retenu par la tradition arabe, peut-être par réaction contre le régime héréditaire qui allait prévaloir par la suite. Dès cette époque, les Arabes, exaltés par leur foi nouvelle, se virent donner la mission de conquérir le mode: en quelques années, ils annexèrent la Syrie, l’Égypte et une bonne partie de la Perse, tandis que les confins de la Tripolitaine étaient dépassés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Califat Omeyyade (661-750)

 

Le dernier de ces califes légitimes, Ali, cousin et gendre du Prophète Mohamed, vit s’insurger contre lui son préfet de Syrie, Mo’awiya, lequel, après un arbitrage suspect, fut proclamé calife, dignité qu’il conserva à la suite de l’assassinat d’Ali. Damas devenait la capitale de l’empire naissant. Tels furent les débuts de la nouvelle dynastie, celle des Omeyyades, du nom d’Omeyya, arrière-grand-père du monarque. Le premier soin de Mo’awiya fut d’instaurer définitivement, mais non sans difficultés, le principe de la succession héréditaire. On doit à cette famille, qui conserva le trône pendant près d’un siècle, l’organisation du nouvel État, dont l’extension territoriale fut alors prodigieuse: on vit dans le même temps les cavaliers arabes non loin des rives de la Loire et sur les bords de l’Oxus et de l’Indus.

 

 

 

Le calife omeyyade est par un certain côté un chef bédouin et, de plus, il administre des régions dont les populations ne sont ni arabes ni musulmanes. Le protocole des califes omeyyades, empruntés à la titulature du second calife de Médine, Omar. Est simple et précis: le calife est “l’esclave de Dieu et le chef militaire (émir) des croyants”. Le nom et les titres du calife sont proclamés chaque vendredi à la prière publique.

 

 

 

Ces souverains sont en partie responsables des rapides progrès de l’islamisation. Cette réussite extraordinaire même va faire crouler l’édifice: les convertis n’ont pas perdu le souvenir de leur race ni les traditions de leur patrie d’origine. En ce milieu du VIIe siècle se manifestent les diversités ethniques qui contribuent à rompre l’unité islamique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Califat Omeyyade en 750

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Califat Abbasside (750-847)

 

 

 

C’est en Iran, dans la province du Khorassan, que naquit un complot anti-omeyyade, hostile aux Arabes. Un descendant d’un oncle paternel du Prophète Mohamed (saw) sut profiter de cette conjuration, et ce fut l’avènement de la dynastie abbasside, qui, abandonnant la Syrie, se fixa en Mésopotamie, où elle fonda une capitale, Bagdad (765). Cet établissement sur les rives du Tigre vouait la centralisation de l’empire à un échec complet, en tout cas en Occident, où se manifestèrent les premières dissidences. L’Espagne avait accueilli un rejeton de la famille omeyyade, qui fonda l’émirat de Cordoue: le prestige califien restait en effet très grand et à la prière du vendredi on promettait allégeance au calife abbasside, sans toutefois mentionner son nom personnel. Mais déjà, en pays berbère, étaient apparues des dynasties chiites ou hérétiques. Le calife Harun al-Rachid (786-809), percevant le danger, avait accordé au gouverneur de la Tunisie actuelle les pleins pouvoirs et les privilèges de la succession héréditaire. Telle fut la plus ancienne reconnaissance du morcellement territorial.

 

 

 

Dès lors, le calife abbasside passe peu à peu du rang de chef actif de tous les croyants à celui d’un pontife suprême: sa fonction devient insensiblement celle d’un monarque de droit divin. En tout cas, la titulature est explicite: elle ajoute à l’ancien protocole le titre d’imam, c’est-à-dire de chef suprême de la prière, et un surnom en Allah- appelé fort justement le surnom imamien, puisqu’il s’agit en fait d’un adjectif mis en apposition au titre imam, par exemple Mu’tasim billah (833-841).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Califat Abbasside dans sa plus grande extension, à la fin du VIIIe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Califat Abbasside en Tutelle (850-1050)

 

 

 

Mention vient d’être faite à dessein de Mu’tasim billah sous le règne duquel l’armée change de nature: des mercenaires turcs sont attachés au service du califat. Ces prétoriens se montrent insupportables, et leur chef semble n’avoir qu’une préoccupation: faire et défaire les califes à sa guise. C’est la notion du pouvoir temporel qui pénètre ainsi dans la vie constitutionnelle de l’Islam et, principalement en Iran, l’empire va se disloquer en une série de principautés, dont les seigneurs tiendront leur puissance d’un geste califien; le calife, reclus dans sa capitale, n’en sera qu’à peine le souverain territorial.

 

 

 

 

 

 

 

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Mausolée des Mamelouks au Caire

 

 

 

 

 

 

 

 

Califat Fatimide et Omeyyade de Cordoue

 

 

 

La propagande alide n’avait pas désemparé: les tenants de ce mouvement avaient toujours considéré que l’imamat appartenait à la descendance du calife Ali. Au Xe siècle, les descendants d’Ali s’étalaient au grand jour et réussissaient à fonder en Afrique du Nord du nouveau califat, plus justement un anticalifat, qui très vite prendra pied en Égypte, où il fondera Le Caire. En dehors de l’Égypte et d’une grande partie de la Syrie, les Fatimides n’eurent aucune autorité réelle, mais il était grave pour la communauté sunnite, dont le chef s’affaiblissait d’année en année, que la souveraineté Chiite fût reconnue en Syrie, en Arabie, avec les villes saintes, et en haute Mésopotamie. Enfin, durant douze mois, le calife abbasside dut quitter Bagdad, administrée par un officier partisan des Fatimides.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le califat Fatimide

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De son côté, l’émir omeyyade de Cordoue, préoccupé de la décadence du califat abbasside et de l’essor inquiétant du califat fatimide, se proclama émir des croyants. Il l’annonça par un manifeste en l’année 929: ce califat andalou durera jusqu’en 1031.

 

 

 

On retient ainsi trois siècles en arrière, avec les trois grandes familles de l’Islam: les Omeyyades, les Alides-Fatimides et les Abbassides, ces derniers étant au Xe siècle les moins influents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Impuissance Califienne et Rôle Religieux du Calife

 

 

 

Par une singulière ironie, le calife abbasside est en effet contraint d’accepter dans sa capitale même la tutelle de princes iraniens, les Buyides, qui, par surcroît, sont Chiites, mais appartiennent à une secte rivale de celle des Fatimides. La situation morale des califes abbassides ne subit aucun changement lorsque les réformateurs seldjukides imposent leur suprématie au califat, tout en rétablissant le sunnisme. Le calife pense retrouver son ascendant en multipliant de façon singulière ses titres. Déjà le Fatimide s’était intitulé l’(esclave et ami de Dieu), titre que l’Abbasside s’octroie bien vite pour ne pas déchoir, en se qualifiant de “calife de Dieu”, formule étrange qui, dans l’usage littéraire au moins, était d’un emploi courant. À vrai dire, cette même expression se rencontre pour la première fois à Cordoue, jointe au nom du calife omeyyade dans une inscription datée de 969, qui était passée inaperçue. Tandis qu’aux XIe et XIIe siècles la faiblesse du pouvoir temporel de l’Abbasside (rendait plus nécessaire, de faire ressortir sa dignité ecclésiastique). De ce protocole officielle, l’épigraphie fournit une demi-douzaine d’exemples, mais on doit convertir que les juristes condamnèrent la formule “calife de Dieu” comme une marque d’impiété.

 

 

 

Il est donc indiqué d”examiner ici quel était le rôle légal du calife. Il n’a aucune compétence pour définir le dogme, domaine où il ne lui appartient pas de légiférer. S’il veille à l’application de la loi religieuse, il ne crée pas la loi. Si l’on se tourne vers le camp Chiite, on voit que l’imam est plus impeccable qu’infaillible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chute du Califat de Bagdad (1258)

 

La période qui s’étend du milieu du XIIe siècle au milieu du XIIIe siècle représente pour le califat une sorte de crépuscule doré: les califes de Bagdad ont sans doute beaucoup perdu de leur prestige, mail ils sont délivrés de la tutelle des Buyides, et la désagrégation de la famille seldjukide leur a rendu quelque indépendance. Le calife se sentait bien le maître d’une administration et le commandant d’une petite armée; mais, en fait, Bagdad n’était que le chef-lieu d’un califat fantomatique. La tragédie est proche:les hordes mongoles de Hulagu envahissent la Mésopotamie, assiègent et prennent Bagdad; le dernier calife abbasside Musta’sim est mis à mort le 10 février 1258. Cette date marque la fin d’un âge, bien que le califat ne représentât déjà plus grand-chose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 1557576004-provottomanempire16092

Les provinces de l’Empire ottoman (en jaune) en 1609. Vert : États vassaux musulmans (régence d’Alger, khanat de Crimée, sharifat de La Mecque). Rose : États vassaux chrétiens (Raguse, Transylvanie, Moldavie, Valachie, Abkhazie, Kakhétie-Iméréthie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Temps Modernes: La Suppression du Califat

 

 

 

À la suite de cette catastrophe, on pensa en Occident à relever le califat: le titre d’émir des croyants fut pris par les Almohades, et surtout les Hafsides de Tunis, ces derniers portant en bloc toutes les épithètes califiennes, “calife (titre imamien) et émir des croyants”.

 

 

Mais ces dynasties maghrebins ne furent reconnus comme tels que dans leurs principautés respectives. Le sultan Baïbars, sultan mamlouk d’Égypte, fit preuve d’une grande finesse diplomatique en accueillant au Caire un descendant authentique du calife abbasside mésopotamien. En même temps qu’il donnait un certain éclat à son propre gouvernement, il justifiait ainsi son protectorat sur les villes d’Arabie. Le dernier calife abbasside d’Égypte, Mutawakkil III, fut emmené en captivité à Istanbul par le conquérant ottoman de l’Égypte, le sultan Sélim Ier, qui se fit céder, dit-on, par l’intéressé, ses droits et ses titres (1517). On n’a guère ajouté foi à cette transmission de pouvoirs et, de fait, rares sont les sultans ottomans qui se sont targués du titre de calife dans les actes diplomatiques ou dans leurs inscriptions monumentales. Toutefois, le sultan Abd-al Hamid II (1876-1909) y attacha quelque importance au moment où, sous ses directives, on lançait le mouvement du panislamisme.

 

 

La soudaine laïcisation de la Turquie par Mustafa Kemal Atatürk éclata comme un coup de tonnerre au sein d’un monde musulman inquiet et posa un temps la question du rétablissement du califat, aboli le 3 mars 1924. La suppression du califat avait revêtu une très grande importance pour des raisons secondaires, mais surtout parce qu’il était devenu une habitude. On assista à quelques polémiques, puis des congrès se réunirent à Jérusalem, à la Mecque et au Caire, en 1926; mais l’indifférence des milieux islamiques fut presque totale. Les considérations précédentes prouvent assez que le califat était une institution désuète et sans efficacité réelle pour l’Islam.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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