Légende Musulmane Sur La Mort De Mariam Bint Imran

28 05 2019

                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La légende suivante est tirée d’un petit opuscule imprimé plusieurs fois à Kazan (Russie) sous le titre suivant : حضرت مريم رضي الله تعالى عنها كتابي. Cette légende est prise de l’édition de 1896.        

 

 

Ce texte a déjà été réimprimé avec une traduction russe par M. Matvjeev. M. Matvjeev a fait suivre le texte de quelques notes dans lesquelles il a rappelé les passages du Coran où il est fait allusion à Marie, Marie fille d ‘Imran (III, 30, 31; LXVI, 12) et sœur d’Aaron (XIX, 29) fut élevée sous la surveillance du prophète Zacharie (III, 32), frère de Jean le Précurseur. Marie reçut une nourriture céleste (III, 39) et vécut dans l’état de virginité (XXI, 91 , LXVI, 12) : les anges lui annoncèrent qu’elle était choisie par Dieu (III, 37) et serait mère de Jésus-Christ (III, 32-42) : elle enfanta Jésus (XIX, 18-31) né du souffle divin (XIX, 17) et fut pour cela insultée par les Juifs (IV, 155; XIX, 28-29). Le Coran parle de sa vie avec Jésus-Christ (XXIII, 52), dit qu’elle a été un signe pour le monde (XXI, 91), etc.        

 

 

 

M. Matvjeev remarque que Solaiman, l’auteur du livre,a très peu emprunté au Coran. Ainsi il n’y est pas question dans le Coran de la montagne sur laquelle se retirent Jésus et sa mère, et que le texte publié par M. Matvjeev appelle Tabian (تبيان). Cette montagne porte le nom de لم لم (lamlam) dans la variante de la légende recueillie chez les Tatars de la Chine par M. Katanov. Mais il est visible que ce nom propre est simplement une altération de l’arabe لبنان (Liban) : Jésus en effet descend de la montagne après la mort de sa mère pour aller trouver les Juifs, il est donc vraisemblable de croire que cette montagne n’est pas située loin de la Judée et c’est en effet le nom que donne l’édition de Kazan de 1896. C’est sur cette montagne qu’Azrail, l’ange de la mort, vient annoncer à la Vierge que sa dernière heure est arrivée. Comme un épisode analogue se trouve dans des récits chrétiens où Gabriel annonce à la Vierge, sur le mot Eleon (des Oliviers) qu’elle doit mourir, il en a conclu que cet épisode avait été emprunté au christianisme. Mais cette opinion nous paraît peu vraisemblable, les emprunts directs faits au christianisme étant fort rares ; il n’y a là qu’une pure coïncidence et l’intervention d’Azrail s’explique tout naturellement par les croyances musulmanes.        

 

 

 

Dans le récit de Solaiman, la Vierge meurt avant Jésus : on ne rencontre cependant rien de semblable ni dans l’histoire des prophètes de Kisa’i', ni dans son manuels intitulé : أنباء الأنبياء عليهم السلام و تاريخ الخلفاء ni dans Tha’lebi (قصص الأنبياء) Voici ce que dit ce dernier au sujet de la mort de la Vierge, d’après Wahb-ibn Monabbih :    

 

 

 

 

 

   

لما أراد الله تعالى أن يرفع عيسى عليه السلام آخى بين الحواريين فأمر رجلين منهم يقال لأحدهما شمعون الصفار و للآخر يحي أن يلتزما أمه و لا يفارقاها فانطلقا و معهما مريم إلى ماروت ملك الروط يدعونه إلى الله تعالى و قد بعث الله تعالى إليه قبل ذلك يونس عليه السلام فلما أتوه أمر شمعون و اندراوس فقتلا و صبا منكسين و هربت مريم و يحي حتى إذا كانا في بعض الطريق لحقهما الطلب فخافا فانشقت لهما الأرض فغابا فيها و أقبل ماروت ملك الروم و أصحابه فحفروا ذلك الموضع فلم يجدوا شيئا فردوا التراب على حاله و علموا أنه أمر من الله تعالى فسأل ملك الروم عن حال عيسى فأخبروه به فأسلم كما ذكرنا

 

                

 

 

 

 

Toutefois cette légende sur la mort de la Vierge n’a pas été imaginée de toutes pièces par Solaiman. Il n’a fait que mettre en vers en la développant et y ajoutant quelques épisodes une légende arabe dont nous possédons une rédaction en aljamiado. L’épisode de la retraite de Jésus sur la montagne et de la mort de Marie font partie d’un récit intitulé « Relato del nacimiento de Jésus». Après les miracles de Jésus chez le teinturier, il est chassé par les Juifs comme sorcier et se retire avec sa mère sur une montagne.    

 

« Et les Juifs les chassèrent de la ville et Jésus s’en alla avec sa mère servant Dieu, combien il est élevé! du mieux qu’ils pouvaient.

Après être partis de cette ville, voici qu ils arrivèrent à une montagne élevée et Jésus et sa mère vinrent à une caverne qui était au pied de la montagne et Jésus trouva des herbes tendres et bonnes, et il vint à sa mère et ils en mangèrent et reposèrent leurs cœurs.    

 

Ensuite Jésus fit une demeure afin que sa mère y pût servir Dieu; il fit une autre demeure pour lui et ils suivaient Allah chacun en son logis. Puis quand les ténèbres de la nuit venaient, Jésus adorait Dieu, en son logis, et sa mère dans le sien : au milieu de la nuit, Jésus alla voir sa mère et la trouva endormie, du moins il le croyait, et en la voyant, il l’appela ainsi en disant :  

« Louange à Allah, ô mère, de ce qu’il t’a fait la faveur d’un tel sommeil, jamais je ne t’avais vue tant dormir. »

 

Ensuite Jésus revint à l’endroit où il servait Dieu jusqu’au moment où l’aube parut; alors étant revenu vers sa mère il la trouva dans l’état où il l’avait laissée et lui dit :  

« O mère, lève-toi, déjà l’aube commence à poindre, voici un sommeil comme je n’en avais jamais vu en toi ».  

 

Et elle était morte : et Dieu donna la patience et la résignation à Jésus, au sujet de la mort de sa mère : il la prit sur ses épaules et il l’emportait pour l’ensevelir.  

 

Puis quand le jour parut et que le soleil brilla, il regarda et vit au pied de la montagne des gens d’entre les Beni-Israël. Il descendit vers eux et leur demanda de l’aider à ensevelir sa mère et de faire la prière sur elle.

 

Et quand il fut près d’eux, il déposait des baisers sur son cou et leur disait : « Aidez-moi à ensevelir ma mère, car elle a goûté la mort. »   Et ils lui répondirent : « N’es-tu pas le sorcier chassé des terres du Yémen? »  

 

Et ils lui lançaient des pierres; et quand Jésus vit cela, il s enfuit loin d’eux et revint au pied de la montagne ; et il pensait à sa mère, et à ce moment il entendit une voix venue du ciel qui disait :  

« O Jésus, souffle d’Allah, laisse ta mère car les alhorras de l’alchanna (les houris du ciel) viennent pour la taharrar (pour la purifier). »  

 

Et aussitôt Jésus la laissa, et s’éloigna d’elle, et à ce moment il entendit une voix qui disait :  

« O Jésus, retourne vers ta mère et fais la prière sur elle. »  

 

Et Jésus revint et fit la prière avec les rangées des anges dont personne ne savait le nombre, sauf Dieu (combien il est élevé).  

 

Ensuite il l’ensevelit, et Allah égalisa la terre sur elle, et Jésus loua Allah sur son tombeau et lui fit de nombreuses louanges.  

 

Et après qu’elle eut été ensevelie, il s’en revint vers ceux des Beni-Israël. »  

 

 

 

 

L’auteur de la légende en turc-oriental se désigne à la fin de son livre par le nom de Solaiman. M. Matvjeev n’a point identifié ce personnage qui est cependant fort connu, sous le nom de Hakim Khodjah, de Solaiman atà ou de Solaïman de Baqyrghan. Il fut disciple de Khodja Ahmed Yesevî. On a de lui une biographie mêlée de légendes qui a été publiée en 1846 et 1858 à Kazan sous le titre de حكيم اتا. Solaiman habita la ville de Baqirghan dans le khanat de Khiva. Cette ville qui n’existe pas dans les cartes modernes serait selon M. Salemann la même que celle qui est citée dans Moqadesi’. Riza Qouli Khan dans le récit de son ambassade à Khiva dit que ce cheikh est enterré dans le village de Hakim ata : « Hakim ata, dit-il, est une localité située sur le bord du Djihoun, Hekim ata, qui y est enterré, était l’un des cheikhs turcs de l’ordre des Naqchbendî. Hekim ata est à la limite extrême de la partie cultivée du Kharezm. Quand on dépasse cette localité, on arrive au pays occupé par les Qazaq et les Qara Qalpaq,soumis au Khan de Khiva. » M. Schefer ajoute en note que ce village doit son nom au tombeau de Hakim ata enterré à Ak-Qourghan. Solaiman de Baqirghan vécut, selon M. Salemann, vers la fin du VIe et le commencement du VIIe siècle de l’hégire. On lui attribue les ouvrages suivants :

 

 

 

  باقران كتابي , recueil de poésies religieuses et morales 

حضرت مريم كتابي; Kazan 1878 et 1896.

آخر زمان كتابي p. in-16, 1847. Kazan, et 1856. Cet ouvrage traite des signes annonçant la fin du monde : il porte aussi le titre de تقى العجب parce que tous les deux vers se répètent les mots اندين ارتوق عجب دنكلارى وار. Cet ouvrage a été édité avec trad. par M. Malov sous le titre Kniga o poslĕdnem vremeni, Kazan (XIV, 1, p. 1-96), 1897. La vente de cet ouvrage aux Tatars est interdite par la censure russe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

بسم الله الرّحمن الرّحيم 

Au nom du Dieu clément et miséricordieux. 

   

part1 

Prêtant attention à la puissance du Tout-puissant, je me

souviens d une de mes paroles; il n’est point possible de

la cacher : mon Dieu me la donna en présent.

part2

  Jésus, fils de Marie, fut un serviteur particulier de mon 

maître : mon maître l’ayant appelé lui donna l’Évangile. 

part3

 Comme au descendant des saints, au chef des prophètes, 

 Dieu fit connaître sa bienveillance pour lui et lui donna 

 une place dans le ciel.

part4

Il ne regarda pas le monde, son cœur fut détaché des 

richesses, il ne demeura pas au milieu des hommes : tel

 fut ce Jésus. 

part5

Il répudia ce monde, et se dirigea vers l’autre : il pratiqua

 le culte de Dieu, et passa les nuits sans sommeil.

part6

Marie fut sa mère ; il n’eut point de père ; il fut le prince

 des prophètes et naquit de l’esprit (mot à mot, du vent).

part7

Partout où il allait, s’il voyait un aveugle-né, il disait

les prières et l’aveugle voyait (m. à m. quel que fût le

peuple chez qui il allait).

part8

Il faisait marcher les paralytiques, guérissait toutes les

infirmités, ressuscitait les morts : tel était Jésus.

part9

Jésus dit : « Mère, que je te donne un conseil : écoute-

le ; je me souviens d’une parole.

part10

Mère et fils levons-nous ; revêtons-nous de l’habit de derviche :

laissons ce monde ; le moment est venu de servir Dieu.

part11

Marie lui répond : « Mon fils, ô mon œil clair, ô mon

enfant (mon poulain), cette mort va venir, tu as bien parlé ».

part12

La mère et le fils se levèrent, ils revêtirent l’habit de

derviche; ils quittèrent ce monde; le moment de l’autre

est venu.

 part13

Ils allèrent au mont Liban, ils montèrent sur le sommet

de la montagne. Marie dit à son fils : « Bâtis un édifice où

nous prierons ».

part14

Jésus amassa des pierres, il les disposa en rond et les

recouvrit (d’un toit); il bâtit ainsi une cellule et Marie y

entra.

 part15

Ils passaient le jour dans le jeûne; les nuits à veiller;

ils récitaient les prières du culte ; ils vécurent (ainsi)

quelque temps.

 part16

Les serpents qui se tiennent dans les vallées (?), les

animaux sauvages (1) du désert, les oiseaux dont l’air est le

domaine, les vers (2), tous vinrent les saluer.

part17

Un jour, par hasard, Jésus alla chercher de quoi manger,

il alla chercher des racines et tarda un peu. 

part18

Par Dieu, mon Seigneur, l’ordre fut donné à ‘Azraïl de

prendre l’âme de Marie ; Azraïl ayant reçu cet ordre partit.

part19

Cet Azraïl partit et alla vers Marie; se tenant debout

devant elle, il la salua.

part20

Marie se leva rapidement, répondit en hâte à son salut et

dit : « D’où es-tu venu? Mon âme (corps) a été frappée de

terreur.

 part21

Dans mes os je sens un frisson, mon cœur tremble, ma

pauvre âme est abattue : quel est ton nom?» demanda-t-elle.

 part22

« Je suis, répondit-il, celui qui ravage les demeures, qui

sépare les époux, je suis celui qui va rendre Jésus orphelin,

je suis Azraïl.

 part23

Mon nom est Azraïl, sache-le, Marie; achève vite ce que

tu fais, je vais prendre ton âme », dit-il.

 part24

Il répondit qu’il allait prendre l’âme de Marie, l’emporter

dans les régions supérieures et rendre Jésus orphelin.

 part25

Marie lui dit : « Je t’en prie, ne fais point de telles

choses, attends un instant, que mon fils revienne.

 part26

Que mon fils revienne, que je le voie, que je caresse sa

tête et ses yeux, que je lui donne une bénédiction, (ensuite)

prends mon âme », dit-elle.

 part27

«L’ordre que j’ai reçu ne permet pas d’agir ainsi; je ne

puis attendre que ton fils revienne; je vais prendre ton

âme de suite. » Telle fut la réponse d’Azraïl.

part28

« Je ne reçois pas de l’argent du riche : je ne donne aucun

délai aux pauvres : je ne m’engage dans aucune dispute,

dans aucune querelle, je vais prendre ton âme », ajouta-t-il.

part29

Marie consentit à donner son âme et à la porter au ciel,

les anges, en pleurant, vinrent à la cérémonie funèbre.

part30

La prière du coucher du soleil passa, la prière de la

nuit vint : Jésus en pleurant revint vers sa mère.

part31

«Ma mère, lève-toi, pourquoi dors-tu encore ? c’est le

moment de la prière du matin », dit Jésus en gémissant et

en la suppliant. 

part32

« Ma mère, dit-il, que t’est-il arrivé? Elle s’est endormie

en priant, elle s’est fatiguée à force de prier. » Jésus

attendit quelque temps.

part33

Il ne mangea point des aliments qu’il avait apportés

disant : « Que ma vie soit en offrande, » et, gardant sa

mère, il laissa la nourriture. 

part34

Cette journée Marie ne se leva point : Jésus n’ouvrit

point la bouche; il attendit sa mère jusqu’à ce que parût

l’aube du lendemain.

part35

Une voix se fit entendre du ciel : « Marie a quitté ce

monde, tu es orphelin. » C’est ainsi que parla la voix.

 part36

Jésus en l’entendant gémit et pleura ; il se jeta le visage

(mot à mot le ventre) contre terre et demeura étendu

privé de sentiment.

part37

Les trônes, (r’arch et le koursî) des cieux furent ébranlés :

la tablette, la plume (du destin) pleurèrent, les anges

pleurèrent, en disant : « Que Dieu fasse miséricorde ». 

part38

Jésus dit : « O Marie, je ne t’ai pas connue assez, mes

yeux ne se sont pas rassasiés de ta vue ; tu as pris l’âme

de ma mère (Azraïl), qui la remplacera désormais?

part39

Où irai-je? Qui appellerai-je ma mère? Avec qui vivrai-

je?» C’est ainsi qu’il se lamenta.

part40

« O miséricordieux, donne-lui ta miséricorde; tu es le

juge qui décrète, c’est toi qui a pris l’âme de ma mère,

comment ferai-je désormais? »

part41

Un ordre vint de mon Dieu, le mont Liban trembla :

« Pars, Jésus, vers ton peuple ». Telle fut sa réponse.

part42

Jésus alla vers son peuple, il entra au milieu de son

peuple, aux fils d’Israël il donna le salut. 

part43

Ce peuple se leva, répondit à son salut et lui demanda :

« D’où viens-tu? Quel est ton nom?

part44

« Je suis le bienheureux Jésus, ma mère est morte, et je

suis affligé, je vous demande une pièce d’étoffe pour son

linceul. » C’est en ces termes qu’il se fit connaître (m. à

mot, il fit connaître son secret).

part45

Cette nation lui répond : « Ce n’est qu’un amas de mensonges. »

Ils ne lui donnent rien en disant : « Qu’elle

demeure cent ans » (sans sépulture).

 part46

Quelque fût celui à qui il s’adressât, nul ne voulut lui

donner un linceul : « Personne autre que toi n’ira (au tombeau),

ainsi pars vite », lui dirent-ils.

part47

Jésus entendit leurs paroles, il revint sans espoir ; sans

avoir trouvé de linceul; il s’en revint de nouveau.

 part48

Du ciel descendirent des houris, des tentes furent dressées;

les houris lavèrent Marie et l’enveloppèrent du

linceul.

 part49

Elles lavèrent Marie, elles la revêtirent du linceul et la

déposèrent dans le tombeau ; les anges descendirent

(du ciel).

part50

Soixante-dix mille anges vinrent; ils firent la prière pour 

Marie ; celui qui dirigea la prière fut le fidèle Gabriel.

part51

 « O si, par l’ordre de mon Seigneur, le tombeau de Marie

 s’ouvrait et que je pusse voir son visage » ! telle fut la 

prière de Jésus.

part52

Un ordre vint de mon Dieu, le tombeau de Marie s’ouvrit;

par la puissance de Dieu elle ressuscita et commença

 à parler. 

part53

Cette lumière du tombeau apparut, le tombeau de Marie 

s’ouvrit, des fleurs de toute sorte apparurent, elle se leva 

pleine de force. 

part54

Marie dit : « Pourquoi es-tu tel? Pourquoi n’as-tu point 

de fermeté (dans le malheur)? Ne connais-tu pas les douleurs

de l’âme? » Telle fut sa réponse. 

part55

« Ne jette pas les yeux sur ce monde (méprise-le) : ne 

donne pas ton cœur à la richesse, ne cesse pas de servir 

Dieu, cela est nécessaire pour toi. »

part56

Solaiman le serviteur de Dieu, se compare à un sage qui 

parcourt le désert (du monde) ou à celui qui orne un habit 

de dessins ou qui dispose des perles sur un fil. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. كيك animal sauvage en tatar.  

2. Ou « les loups ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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