La Poésie Populaire Traditionnelle Chantée au Proche-Orient Arabe

4 05 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est ce que la poésie populaire?

 

 

 

 

Il n’existe aucune définition adéquate de ce que l’on est convenu d’appeler: la poésie ou la musique populaires.Étymologiquement, il s’agirait de la poésie “propre au peuple”. Mais qu’entend-on précisément par “peuple”? Ce mot, de nos jours, prêterait évidemment à de graves confusions. Mais l’on ne saurait, en tout état de cause, exclure du mot “populaire” le sens sociologique qu’il revêt et qui explique l’emploi d’une terminologie caractérisant un art et une littérature. “Populaire” s’oppose à “savant”, “lettré”, “cultivé”.

Il s’agit donc d’un milieu social auquel appartient l’art populaire et au sein duquel, tout au moins dans le passé, il a trouvé naissance.

 

 

 

Mais selon que l’on considère la genèse et l’évolution de l’art populaire en Occident ou en Orient notamment arabe, le problème est différent.

 

 

 

Il paraît certain que, dans les sociétés primitives, il n’y avait pas encore, selon les termes d’un des théoriciens de la poésie du Moyen Age, Gaston Paris, “entre les lettrés et les illettrés, cette distinction terrible, fruit de l’instruction différente, qui sépare aujourd’hui les peuples en deux classes presque étrangères l’une de l’autre, dont la première est à peu près sevrée de littérature, dont la seconde dédaigne et ignore ce qui n’est pas conforme aux règle de ses docteurs”.

 

 

 

En Occident, avec l’apparition de la polyphonie et de l’harmonie, le chant populaire – auquel la poésie populaire est intimement liée – se distingua de plus en plus nettement d’un art plus savant et plus raffiné réservé à la fois aux classes lettrées et aux centres urbains. Ainsi, “la chanson resta le domaine des paysans, tandis que la musique savante fut réservée aux classes élevées et éclairées”. Mais le chant populaire, en raison des conditions sociales, n’ayant pas comme en Orient une vie propre, se figea dans des formules stéréotypées, devenant ainsi, avec tous les vestiges du passé, partie du patrimoine folklorique de chaque pays, de chaque contrée ou de chaque groupe ethnique.

 

 

 

En Orient arabe où le chant et la poésie populaires conservent une vie distincte de la musique et de la poésie dites “savantes ou classiques”, il est difficile de préciser historiquement comment et à quel moment s’est fait la séparation, ou même s’il y a eu véritable séparation.

 

 

 

On ne saurait, en effet, définir le chant et la poésie traditionnels de cette région ni en fixer les caractères. On constate une grande confusion chez les auteurs arabes eux-même quand ils traitent de la poésie ou du chant populaires.

 

 

 

Cette poésie est communément appelée الشعر العامي (la poésie commune ou vulgaire), et, quand il s’agit du chant lui-même: الغناء البلدي ou الأغاني البلدية que l’on pourrait rendre par “chants indigènes ou de terroir”.

 

 

 

Avec le développent de l’étude des arts populaires, les auteurs arabes ont emprunté la terminologie occidentale et appellent الأدب الشعبي la littérature populaire en générale, et الشعر الشعبي la poésie populaire.

 

 

 

Mais, quand il s’agit de désigner plus particulièrement la poésie en langue vulgaire, les auteurs arabes emploient le mot زجل .

 

 

 

Az-zagel est le seul terme que les lexicographes et auteurs arabes aient tenté de définir.

La définition la plus explicite en est donnée par R. Dozy qui dit: “ Zagel: espèce de poème ou plutôt de chanson populaire, dont l’invention est attribuée par quelques-uns à un certain Rachid, mais par la plupart à Abou-Bekr-ibn-Cozmân (Abou-Bekr Mohammed Ibn-Isâ Ibn-Abdelmelik as-Zhrî), de Cordoue, qui mourut en 555. Il est en langue vulgaire, sans désinences grammaticales. La versification en est fondée, non pas sur la quantité, mais sur l’accent, et l’on emploie différents mètres. On en a composé non seulement en Espagne, mais aussi en Égypte”.

 

 

 

 

Plus récemment, le dictionnaire de l’Académie arabe du Caire s’est contenté de donner cette définition: “ الزجل نوع من الشعر تغلب عليه العاميّة : genre de poésie composée en grande peine en langue vulgaire

 

 

 

Par ailleurs, si nous revenons aux définitions plus anciennes des lexicographes arabes, nous trouvons que le Zagel est un des genres de la poésie arabe classique, et non de la poésie populaire en langue dialectale. Ce n’est donc qu’improprement et par extension que le terme Zagel désigne l’ensemble de la poésie populaire.

 

 

 

 

Même quand il s’agit de définir le Zagel pris dans ce sens très large, les auteurs arabes aboutissent à une extrême confusion. Passons sur les définitions qui n’en sont pas et qui déterminent le Zagel selon la racine même du mot: “une poésie dont les strophes se répètent en cadence régulière, comme le bruit du vent….” ou “parce qu’il est un genre de distraction fait de jeux de mots et de rimes….

 

 

 

Même chez Jabbour Abdel-Nour qui nous donna la première étude systématique et valable, illustrée par des textes, sur le Zagel représenté plus particulièrement au Liban, nous cherchons en vain une définition de la poésie populaire arabe en général et du Zagel libanais en particulier. Dans une certaine confusion, J. Abdel-Nour ne se contente pas de présenter comme poésie populaire toute composition faite en langue dialectale, mais la limite presque à l’oeuvre éditée de poètes libanais professionnels, lettrés et même versés dans l’arabe classique, mais qui s’expriment en dialectal. Ne pouvant ignorer la vraie poésie populaire traditionnelle, particulièrement riche au Liban, il aboutit à la conclusion qu’il existe deux ou même plusieurs sortes de Zagel: “le Zagel a cessé donc depuis des années d’être une production mouvante et insaisissable et s’est ramifié en plusieurs branches dont une, la plus importante, s’élabore consciencieusement et raisonnablement en des esprits éclairés et cultivés comme s’il s’agissait de composition classique.les données se compliquent et se mêlent, de sorte que l’enquêteur a devant lui non pas une seule poésie à étudier, mais plutôt deux poésies: la poésie traditionnelle et la poésie nouvelle dont les caractéristiques, la formes, le fond et la technique sont si opposés qu’on croirait qu’elles appartiennent à des langues différentes….

 

 

 

 

Malgré son ambiguïté et son caractère vague, la définition qu’a tenté de donner du chant populaire le Congrès de musique arabe tenu au Caire en 1932 semble plus proche de la vérité. Ce Congrès, où se trouvaient associés musicologues, ethnologues, linguistes arabes et orientalistes arabisants, a eu le premier mérite d’attirer l’attention du monde arabe sur l’existence d’une littérature populaire nettement distincte de la littérature classique: “ La commission des enregistrements a décidé d’indiquer l’intérêt que lui semble présenter la musique campagnarde et les chansons liées à la vie de chaque jour. Au-delà de la musique raffinée des cités, existent des musiques simples (chants de travail, de bateliers, berceuses, cris des rues…). Ces chants sont souvent mal connus. Avec l’évolution rapide actuelle, ils risquent de se perdre. Ils n’ont pas seulement l’intérêt d’être d’ancienne tradition nationale: par leur archaïsme, ils peuvent permettre de mieux comprendre la musique classique.

D’une composition facile, et que le peuple peut répéter aussitôt qu’il les entend, ces chants ont pour but de propager les bonnes mœurs et d’aider les ouvriers dans leurs travaux…..”

 

 

Alors que Jabbour Abdel-Nour présente comme caractéristique essentielle de la poésie et du chant populaire appelé Zagel, l’usage du dialectal, ici on insiste sur le caractère ancien et le cachet de simplicité qui séparent le chant populaire de la musique classique.

Ceci nous amène à nous demander quels sont les critères qui permettent de placer la poésie populaire dans son contexte véritable?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Poésie Populaire Traditionnelle Chantée au Proche-Orient Arabe dans Littérature

Le premier Congrès de musique arabe – Caire en 1932

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caractéristiques de La Poésie Populaire

 

 

 

 

 

 

 

Posons tout d’abord comme principe général, ressortant des travaux des historiens et théoriciens qui se sont penchés sur les origines et les structures du chant et de la poésie populaire, que vers et mélodie sont associés de manière indissoluble, de sorte que ce que nous disons ici de la chanson, ou de la musique populaire arabe, s’applique, dans notre esprit, à la poésie de même nom: “La chanson est la première forme sous laquelle les peuples naissants ont conçu la poésie et la musique. Vers et mélodies sont nés ensemble d’une même inspiration, engendrés en quelque sorte l’un par l’autre et d’abord inséparables. Le vers n’est-il pas l’intermédiaire naturel entre la parole et le chant, lui qui possède de ce dernier l’élément vital par excellence, le rythme?….Toute poésie primitive est chantée…..”

 

 

 

 

Simplement, ce qui est vrai de l’art populaire en Occident s’applique encore davantage à l’Orient arabe dont le langage poético-musical garde, en l’absence du développement harmonique et symphonique et en raison de la primauté incontestable de la tradition orale, cette fraîcheur primitive dont parlent les musicologues.

 

 

 

Cependant, la monodie et l’homophonie continuant à réagir aussi bien la musique “savante ou classique” arabe que le chant populaire, il n’est pas si facile d’arriver à les distinguer. Il est pourtant nécessaire d’avoir un critère si l’on veut éviter de graves erreurs dans l’attribution des sources et l’interprétation de l’expression mélodique et poétique, comme il arrive assez souvent.

 

 

 

Un premier indice peut être trouvé dans l’emploi de la langue classique ou littérale et de la langue vulgaire. La poésie populaire est, en effet, uniformément en dialectal.

 

 Ce critère est essentiel, mais non absolu. En effet, la musique savante moderne, surtout dans ses formes légères, se sert de l’arabe dialectal plus que du littéral. En outre, en marge de la poésie populaire traditionnelle en dialectal, s’est développée, dans certains centres arabes, une littérature dialectale due à des poètes classiques ou du moins très aptes à manier l’arabe littéral, et qui emprunte à la poésie populaire certaines de ses formes. Tel est le cas, notamment au Liban, d’une abondante littérature en dialectal connue, sous le titre général de Zagel, et qui est en réalité un “Zagel savant”, destiné le plus souvent à la lecture ou à la déclamation, et dans lequel la fantaisie créatrice de l’auteur se donne libre cours, empruntant tantôt à la poésie classique, tantôt à la poésie populaire, mêlant les formules et les genres et se présentant en fait comme un art indépendant. Notons que de distingués poètes classiques peuvent exceller dans cet art: il n’est que de citer, pour le Liban, des poètes comme Saïd Aql et Michel Trad, ou pour l’Égypte Bayram At-Tunusi et Salah Gahin.

 

 

 

 

 

 

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Le critère du dialectal et du littéral n’étant pas à lui seul suffisant, pourrait-on dire que le chant populaire se distingue du chant classique par des rythmes et des airs simples, ou des thèmes puisés dans la vie du peuple?

 

 

 

Ici encore, nous risquons des confusions auxquelles pourrait donner lieu une certaine littérature poético-musicale que nous qualifierons d’égypto-arabe. Celle-ci en effet, probablement dans le souci de trouver plus facilement accès auprès des masses, imite la musique populaire en parodiant non seulement ses rythmes et ses airs, mais également ses particularismes phonétiques, nous offrant ainsi des sortes de chansons “simili-populaires” improprement appelés “chants indigènes”: أغاني بلديّة .

 

 

 

Réservons cependant une place à part pour une certaine littérature que nous pourrions appeler “néo-populaire” et qui est dûe à d’authentiques poètes et musiciens du peuple pénétrés des anciennes traditions du chant folklorique, mais soucieux de les adapter aux conditions et aux soucis de leur milieu contemporain. Il s’agit là d’une forme moderne du chant populaire qui a sa valeur propre mais ne doit pas être confondue avec le chant traditionnel. Tel est le cas, par exemple, des compositions de Sayed Darwiš en Égypte, et de Umar Za’enni au Liban, pour ne citer que deux des anciens et des plus distingués créateurs de ce genre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Sayed Darwiš

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il paraît plus exact de dire que la poésie populaire de l’Orient arabe doit être recherchée et trouvée à sa source la plus pure, là où elle est restée à l’abri des influences étrangères: le désert, la montagne et la campagne. Ce sont les Bédouins: nomades, semi-sédentarisés ou sédentaires, les fellahs et les montagnards qui semblent avoir le mieux gardé leurs coutumes et leurs traditions séculaires. Leurs chants nous servent de modèles.

 

 

 

L’observation de l’état actuel de ces chants et l’étude de leurs formes et de leurs structures poétiques et mélodiques permettent de résumer en quelques points les caractéristiques essentielles de la poésie populaire arabe:

 

 

 

 

 

1.Le chant populaire est essentiellement chose impersonnelle. En l’absence de documents écrits, il est impossible d’en dire les origines, d’en connaitre les auteurs véritables.

 

 

 

 

2.Il se transmet principalement par la voie de la tradition orale. Même, si quelques documents écrits nous sont parvenus et si, ces derniers temps, les publications de certains recueils de poèmes commencent à faire leur apparition, c’est la mémoire populaire qui demeure la principale gardienne du patrimoine poético-musical arabe. C’est elle qui fait, en vertu d’un éclectisme d’instinct, la sélection entre ce qui est appelé à rester et ce qui, tôt ou tard, doit tomber dans l’oubli.

 

 

 

 

 

 

3.La poésie populaire chantée se présente, en outre, sous deux aspects qui paraissent, à première vue, contradictoires, mais qui en réalité se complètent: elle comporte des formules-types, selon des structures métriques, rythmiques et mélodiques stéréotypées, auxquelles doivent se conformer poètes et chanteurs de tous les temps et de tous les âges. Mais elle reste en même temps le fruit de l’improvisation, et appartient pratiquement à une sorte de fonds commun que les générations de poètes et chanteurs viennent enrichir, mais où chacun peut puiser son inspiration.

 

 

 

 

 

 

4.Enfin, au centre de toute poésie populaire se trouve le ša’er, شاعر : poète-improvisateur-chanteur, personnage pittoresque et attachant du folklore de l’Orient arabe.

En Occident, où l’époque des troubadours, trouvères et ménestrels appartient déjà à un passé lointain, il peut paraître anachronique d’entendre parler de la survivance de cette tradition sous une forme actuelle. Or, c’est justement au ša’er que la poésie populaire doit de rester toujours aussi vivante, telle une “caisse de résonance faisant écho à la poésie de langue classique, et s’appliquant, à l’instar de cette dernière, à garder le contact avec l’actualité.

 

 

 

Le ša’er populaire ne fait pas profession officielle de poète ni d’écrivain. C’est un obscur Bédouin, paysan ou montagnard, qu’aucune instruction ou éducation littéraire et musicale ne distingue des autres. Il est berger, chamelier, laboureur, petit artisan ou simple ouvrier lorsque la disette le pousse vers la ville. Comment arrive-t-il à composer des vers et à les chanter? Il a appris au contact de quelque vieux ša’er à aimer passionnément le folklore de son pays, de sa tribu ou de son village, puis le don de dire des vers et de les chanter a surgi du fond de lui-même, comme sous l’effet “d’une révélation venue de Dieu”, nous répondent-ils quand on leur pose la question. Et ainsi, il n’est pas rare de voir des šu’ara affirmer leur talent dès leur jeune âge et se passionner pour le chant du terroir sous l’oeil attendri et fier des vieux aînés.

 

Le Mont-Liban, qui possède un des patrimoines folkloriques les plus riches et les mieux conservés, nous offre assez fréquemment l’exemple de ces jeunes talents, tel le M’anna, dans le petit village de Bqerqasa, village de la montagne du Liban-Nord habité en majeure partie par des chrétiens grecs-orthodoxes. La violence des sentiments qui sont exprimés dans ce poème d’amour peut évidemment surprendre chez un ša’er encore enfant. Mais nous sommes là dans un domaine où il est impossible de faire la part de la tradition et de la création personnelle, de la mémoire et de l’imagination. Le ša’er ne sait peut-être pas lui-même si ce qu’il chante est de sa propre composition ou s’il ne lui vient pas inconsciemment des réminiscences d’autres šu’ara dont il a subi l’influence et retenu les vers.

 

 

 

 

C’est cette tradition vivante – en fait toute la poésie populaire de l’Orient arabe- qui devient le creuset où sont éprouvées les compositions du ša’er et où se forme une littérature à la fois poétique et musicale dans laquelle l’ancien et le moderne se confondent. Il devient ainsi difficile de distinguer le ša’er: poète-improvisateur, du Qawwal, celui qui récite des vers, ou du mughanni: chanteur qu’une mémoire prodigieuse a fait le fidèle interprète des compositions traditionnelles.

 

 

 

 

 

 

Ainsi, n’ayant aucune prétention littéraire, ignorantes de toutes les règles de la rhétorique et de la syntaxe, n’étant ni recueillies ni publiées, ces compositions naissent on ne sait trop comment, sans nom d’auteur, libres de toute appartenance et patrimoine de tous. Elles se contentent de rester fidèles à leur petit coin d’origine qu’elles ne quitteront peut-être jamais, à moins qu’elles ne débordent les frontières locales, allant de village en village, de pays en pays, adaptées ou tronquées quelquefois, enrichies le plus souvent d’un couplet ou d’un refrain qui se transmettront de génération en génération.

 

 

 

 

L’important n’est pas de connaître leurs auteurs, mais de savoir surtout qu’elles ont jailli du plus profond de l’âme, qu’elles constituent comme les archives orales et vivantes de l’histoire du Bédouin, du fellah, du montagnard ou même du simple homme du peuple dont elles relient le passé au présent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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