La grande mosquée d’Alger

30 04 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La grande mosquée d'Alger dans Archéologie s-l1600

Alger. Grande mosquée de la rue de la Marine – photochromie 1897 -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On lit sur le minbar de la Grande Mosquée d’Alger « Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. Ce minbar a été achevé le 1er du mois de Redjeb de l’an 409. Il est l’ouvrage de Mohammed ». 409 correspond à l’année 1018 de notre ère . Une seconde inscription, à l’intérieur du bâtiment, nous apprend qu’en 1323, un roi de Tlemcen fit construire le minaret, auquel le document épigraphique prête cet hymne de reconnaissance : « La lune du firmament s’est présentée à moi dans tout son éclat et m’a dit : sur toi mon salut, ô toi la seconde lune ! Aucune vue, en effet, ne captive les cœurs comme la mienne. Allons, venez donc contempler ma beauté et l’aspect réjouissant de mes couronnes. Puisse mon Dieu accroître l’élévation de celui qui m’a achevé comme ce dernier l’a fait à mon égard et comme il a exhaussé mes parois. Que l’assistance de Dieu ne cesse d’être autour de son étendard, le suivant comme un compagnon et lui servant de seconde armée » (version Devoulx).

 

 

 

 

 

 

 

 

s-l1600 dans Archéologie

Intérieur de la grande mosquée El Kebir – 1880 -

 

 

 

 

 

 

 

 

Une tradition reporte à Ibn Tachfin (1061-1106) la fondation de cet établissement. Rien ne permet, en l’absence de texte, de se prononcer définitivement. Mais il est vraisemblable qu’Ibn Tachfin, almoravide dévot, à, la fois mystique et guerrier, ambitieux d’ouvrir dans chaque rue un oratoire, ait voulu doter la ville d’une Mosquée.

 

 

 

 

Nous ne pouvons guère aujourd’hui en reconstituer l’économie primitive. De nombreuses modifications y ont été successivement apportées, ne serait-ce que, sans remonter très loin, la galerie d’arcades, soutenue par des piliers de l’ancienne mosquée El-Sida, et qui a été construite par l’administration française (coloniale) en 1837.

 

 

 

 

 

 

 

 

1549964408-sans-titre

Cour de la Mosquée Djama El Kebir vers 1870 - 1875 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’édifice suit dans son axe l’orientation Nord-Ouest Sud-Est. Il emplit un quadrilatère d’environ 2,000 m², 48 mètres environ à la façade Nord-Ouest, 40 au Nord-Est et au Sud-Ouest. En 1866, avant les transformations, de voirie du quartier, Devoulx signalait contre le mur sud-ouest une annexe, El Djenina, et du côté nord-est, le Msolla, oratoire des dernières prières prononcées aux enterrements. Il mentionnait, en outre, 5 portes au nord-ouest, 2 au nord-est et au sud-ouest. A la porte des Bocaux, le passant altéré pouvait se rafraîchir, avec l’eau contenue dans de grandes jarres et renouvelée chaque jour.

 

L’intérieur comporte 72 piliers en maçonnerie, rectangulaires ou cruciformes, distants de 3m.40 et formant onze nefs parallèles orientées du nord-ouest au sud-est. La nef médiane a une largeur de 5 mètres. Elle aboutit, au milieu du mur oriental, au mihrab, niche à fond plat à pans coupés,

Des analogies saisissantes rapprochent la grande Mosquée d’Alger de la grande Mosquée de Tlemcen l’allure des nefs allant de la cour au mur oriental centré du mihrab ; le nombre impair de ces nefs dont la médiane est, dans les deux mosquées, plus large que les autres; — la forme des arcs, tantôt en fer à cheval déformé, tantôt bordés de lobes incurvés; — la forme rectangulaire ou cruciforme des piliers, etc…

Le minbar (chaire à prêcher) de la grande Mosquée d’Alger a une haute valeur documentaire. Il va nous permettre de surprendre les premières influences andalouses. 

 

 

 

 

 

Il a fait dans Hespéris (1921, 4e trimestre) l’objet d’une monographie très fouillée et très suggestive de M. Marçais .

D’abord, en avant des 8 marches, le grand arc, en fer à cheval brisé. Or, cette forme n’est pas spécifiquement orientale; elle est devenue comme la signature de l’architecture maghrébine et andalouse. – L’inscription ensuite.

 

 

 

 

 

 

 

 

1549964570-s-l1600

 

 

 

 

 

 

 

 

La décoration musulmane a admirablement utilisé l’écriture, sous deux formes, le koufique et le cursif, dont il faut ici dire un mot. Le koufique, épigraphie géométrique, d’abord anguleux, rigide, isolé du reste du décor, s’est peu à peu dégagé de sa gangue primitive assez fruste. Il a évolué de manière à s’arrondir, à s’assouplir, à se lier aux buissons voisins de l’arabesque. Le cursif, généralement privé d’angles, arrondi, délié, d’un mouvement rapide et échevelé, est allé en s’enroulant en de gracieux écheveaux, en s’affinant, en jetant de longues tiges flexibles et flottantes. – Or, l’inscription du minbar n’a pas le type fleuri du Koufique oriental du XIème siècle. Elle évoque le genre qui sera usité à la grande mosquée de Tlemcen. – L’ornementation des 48 panneaux de bois, enfin, est significative : la décoration végétale, tant par les jeux divers de la tige que par les combinaisons de la flore, acanthe ou feuille de vigne, rappelle certains motifs de l’Aljaferia de Saragosse. Elle inclut le minbar de la grande Mosquée d’Alger dans l’art musulman de l’Occident: « Le meuble de 1097 montre le rattachement d’Alger, la ville sanhadjienne, à l’influence civilisatrice de l’Andalousie et du Maghreb » (Marçais).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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