Révolution et Guerre Civile Russes

14 04 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Révolution Russe (février - octobre 1917) 

 

 

 

 

 

 

En 1917, la Russie va connaître deux révolutions successives qui ébranleront le monde. Entrée en 1914 dans la Première Guerre Mondiale dans un état de totale impréparation, la Russie a accumulé les défaites militaires. Le mécontentement est grand au sein de la population soumise à une pénurie terrible due aux difficultés de ravitaillement comme parmi les soldats qui désertent en masse (un million de déserteurs en 1917). Les populations allogènes (Baltes, Polonais, Finlandais) en profitent pour s’agiter. Le tsar Nicolas II est largement discrédité par la présence dans son entourage de l’aventurier Raspoutine. A cela s’ajoutent les séquelles de la première Révolution avortée de 1905 et de la défaite de 1905 contre le Japon.

 

 

 

 

 

Face au régime tsariste existent trois mouvements d’oppositions.

 

 

 

Les libéraux ou réformistes du parti constitutionnel démocrate (les KD ou cadets) représentent les milieux d’affaires, l’industrie et la grande bourgeoisie. Leur but est l’établissement d’une monarchie constitutionnelle à l’occidentale.

 

 

 

 

 

Les socialistes révolutionnaires s’appuient sur la paysannerie.

 

 

 

 

 

Le parti socialiste démocrate, d’obédience marxiste, est scindé en deux branches: les mencheviques, qui souhaitent créer un parti ouvrier de masse, et les bolchevique, partisans d’un parti centralisé composé de militants actifs. Ces derniers sont dirigés par Lénine. Les bolcheviques croient la révolution possible dans immédiate, les mencheviques préfèrent passer par une phase de transition: industrialisation de la Russie et formation d’une classe ouvrière. Le 22 février 1917 la population manifeste à Saint-Pétersbourg contre la pénurie. Des grèves éclatent.

 

 

 

 

 

 

 

Les revendications se font bientôt plus politique, les manifestants réclament la fin de la guerre et l’abdication du tsar. Celui-ci dissout la Douma et ordonne à l’armée de réprimer l’émeute. Le 27 février, les soldats fraternisent avec les émeutiers. La révolte se transforme en révolution. Dans toute la Russie les paysans s’approprient les terres des grands propriétaires, les ouvriers prennent le contrôle des usines, les soldats se mutinent et refusent de combattre. On assiste même à des scènes de fraternisation avec l’ennemi. Partout se forment des soviets (assemblée d’ouvriers ou de soldats). Le 2 mars 1917, le tsar Nicolas II abdiqué en faveur de son frère Michel. Ce dernier refuse le pouvoir. C’est la fin de la dynastie des Romanov.

 

 

 

 

 

 

 

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Premiers membres du gouvernement provisoire dans la chambre du Conseil d’état. Alexander Kerenski est debout au deuxième rang à partir de la droite (visage dans la lumière). / Petrograd, en Russie, en 1917.

 

 

 

 

 

Le 27 février 1917, les libéraux issus de la Douma constituent un gouvernement provisoire comprenant quelques socialistes révolutionnaires. Le nouveau gouvernement, dirigé par le prince Lvov, accorde les libertés fondamentales et promet la tenue d’élections libres. Cependant, il commet l’erreur de condamner les occupations d’usine par les ouvriers et les appropriations de terre par les paysans. En outre, le nouveau gouvernement entend poursuivre la guerre conte l’Allemagne et rester fidèle à ses alliés de la Triple-Entente.

 

 

 

 

 

Face à la protestation de la rue, le prince Lvov ouvre plus largement son gouvernement aux socialistes et aux mencheviques en mai 1917. C’est à nouveau l’échec. Les grèves et les occupations de terres se multiplient. Les nationalités, auxquelles on a proposé l’autonomie, se soulèvent et proclament leur indépendance (Polonais, Finlandais, Baltes). Les revers militaires du socialiste révolutionnaire Kerenski, ministre de la Guerre, entraîne la chute du gouvernement Lvov. Kerenski devient chef du gouvernement provisoire, à majorité socialiste révolutionnaire, en juillet 1917.

 

 

 

De leur côté les bolcheviques, qui n’ont pas participé à la révolution de février, noyautent les soviets de soldats et d’ouvriers. Lénine, en exil en Suisse, rentre en Russie avec l’aide des Allemands. En avril, il publie les «Thèses d’avril»: paix immédiate sans conditions, collectivisation des terres, nationalisation des usines et des banques, condamnation du gouvernement provisoire. Un moment exilé en Finlande, Lénine parvient à organisé les bolcheviques. En septembre 1917, le gouvernement de Kerenski est obligé de faire appel à eux pour faire échouer la tentative de putsch du général Kornilov, le chef d’état-major nommé par Kerenski!

 

 

 

 

 

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 Des partisans du gouvernement provisoire à l’intérieur du Palais d’hiver. 

 

 

 

 

 

 

En octobre, Lénine décide de s’emparer du pouvoir malgré les réticences de Kamenev et de Zinoviev, les autres dirigeants bolcheviques. Dans la nuit du 24 octobre 1917, les bolcheviques occupent les points stratégiques de la capitale, puis s’emparent du palais d’Hiver, siège du gouvernement provisoire. Kerenski et les membres de son gouvernement prennent la fuite. Le Congrès des soviets, qui réunit les représentants de tous les soviets de Russie, noyauté par les bolcheviques, approuve la seconde Révolution. Le pouvoir appartient à un conseil de commissaires du peuple dirigé par Lénine (Staline, Trotski, Kamenev, Zinoviev). En octobre, Lénine fait adopter des décrets qui entérinent un état du fait: redistribution des terres aux soviets, contrôle ouvrier sur les usines bientôt nationalisés de Russie, auxquelles est reconnu le droit à l’autodétermination. En décembre 1917, la Russie signe un armistice avec l’Allemagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Révolution Russe a triomphé.

 

 

 

 

 

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Les intérieurs du Palais d’hiver après sa prise par le comité militaire révolutionnaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Guerre Civile en Russie (1918 - 1921)  

 

 

 

 

Octobre 1917 marque le triomphe de la Révolution russe. En novembre 1917, les bolcheviques adoptent les décrets: décrets sur la paix, décrets sur la terre, décrets sur les nationalités. En mars 1918, Lénine se résout à signé la paix de Brest-Litovsk avec l’Allemagne. La Russie perd la Finlande, la Russie blanche, l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes, soit un quart de sa population et 800 000 km² de son territoire.

 

 

 

 

 

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Les délégations lors de la signature du protocole de paix de l du Traité de paix de Brest-Litovsk le 9 février 1918. Au cours des négociations de paix, un traité de protectorat des Puissances centrales avec la République populaire ukrainienne a été signé le 9 février 1918. Les négociations ont abouti à la signature du traité de paix de Brest-Litovsk du 3 mars 1918 entre les Puissances centrales et la Russie soviétique.

 

 

 

 

 

 

 

Le gouvernement bolchevique va se retrouver confronté à une double opposition. À l’intérieur, il est contesté sur sa droite par les armées blanches monarchistes, sur sa gauche par les mencheviques, les socialistes révolutionnaires et les anarchistes. À l’extérieur, la Russie bolchevique est l’objet d’une intervention militaire de la part des puissance étrangères. En outre, la Russie se retrouve plongée dans un climat de chaos et d’anarchie, aggravé par la famine. Les voies de communication sont paralysées. Les ouvriers pillent leurs propres usines. Les paysans stockent leurs récoltent afin de faire monter les prix. Des bandes de pillards parcourent les routes. Les habitants des grandes villes sont confrontés à la disette. Sur le plan intérieur, la population se détourne des bolcheviques au profit des socialistes révolutionnaires.

 

 

 

 

 

 

 

En janvier 1918, les socialistes révolutionnaires obtiennent 58% des voix à l’assemblée constituante. Les bolchevique, qui n’ont obtenu que 25% des voix, répliquent en faisant dissoudre l’assemblée. Les socialistes révolutionnaires ripostent en fomentant une tentative de putsch à Moscou en juillet 1918, puis en installant un contre-gouvernement à Samara.

 

 

 

 

 

 

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Troisième congrès du Soviet, janvier 1918.

Approbation de la « Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité » conçue par Lénine, le 23 janvier 1918.

Le congrès pendant une séance au Palais de Tauride à Petrograd.

 

 

 

 

 

Sur le plan international, la Russie bolchevique se voit attaquée par plusieurs armées étrangères qui envahissent son territoire. Au début de l’année 1919, les bolcheviques ne contrôlent qu’une minuscule portion de territoire située entre Moscou et Petrograd. Amorcée en mars 1918, l’intervention alliée a originellement pour but de maintenir un front oriental contre l’Allemagne. Après l’armistice de novembre 1918, l’intervention alliée se transforme progressivement en guerre contre le bolchevisme, les Alliés voulant empêcher une contagion révolutionnaire à leurs propres pays. En outre, les Français et les Anglais entendent se faire rembourses les emprunts russes émis par le régime tsariste, que le nouveau gouvernement bolchevique refuse de rembourses. Les pays occidentaux se répartissent des zones d’influence: les Anglais agissent en mer Blanche, en Asie centrale et dans le Caucase; les Français interviennent en mer Noire, en Crimée, en Pologne et en Ukraine; les Japonais opèrent en Sibérie orientale. Ces derniers espèrent agrandir leur territoire et se constituer un empire côtier au détriment de la Russie. Les Américains envoient eux aussi un corps expéditionnaire en Sibérie orientale, davantage dans le but de surveiller les Japonais, dont les menées expansionnistes inquiète Washington, qu’afin de lutter contre le bolchevisme.les corps expéditionnaires soutiennent les armées blanches monarchistes (500 000 hommes). Les Français et les Anglais apportent leur appui au général Miller au nord, et aux généraux Krasnov, Denikine et Wrangel au sud, en Ukraine. Au nord ouest, dans les pays baltes, les Alliés aident le général Youdenitch, lequel marche sur Petrograd. Des militaires tchèques, faits prisonniers, sont libérés et constitués en légion tchécoslovaque (50 000 hommes). Celle-ci opère en Sibérie occidentale de pair avec les troupes de l’amiral Koltchak. Aux armées étrangères et aux troupes monarchistes viennent s’ajoute les peuples allogènes, désireux de secouer le joug de Moscou. A l’issue de la défaite allemande, Finlandais, Baltes, Ukrainiens et Polonais prennent leur indépendance et entendent bien la défendre face à la Russie.

 

 

 

 

 

En Ukraine, les bolcheviques doivent affronter à la fois les nationalistes de Petlioura et les bandes anarchistes de Makhno. Dans le Caucase même, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie forment un gouvernement de la Transcaucasie, dirigé par les mencheviques et soutenu par les Anglais. Non contents d’avoir acquis son indépendance, la Pologne cherche à agrandir son territoire au détriment de la Russie. En 1920, les Polonais mènent une offensive victorieuse sur Kiev.

 

 

 

 

 

 

 

Attaqués de toutes parts, obligés de se battre sur plusieurs fronts, les bolcheviques répliquent en instaurant le communisme de guerre. Le parti bolchevique, devenu parti communiste, impose sa dictature.

 

 

 

 

 

En 1920, il compte 600 000 membres. Après la dissolution de l’assemblée constituante en janvier 1918, les bolcheviques réduisent les pouvoirs des soviets (octobre 1918). Le tsar et sa famille sont massacrés en juillet 1918. Le parti étend son emprise sur tous les secteurs de la société. Payés à la pièce, les ouvriers se voient imposer des cadences infernales conjuguées à une discipline de fer dans des entreprises nationalisées. Dans les campagnes, les bolcheviques réquisitionnent les récoltes. Ces réquisitions se heurtent à la résistance farouche des paysans. Les bolcheviques réagissent en créant des brigades armées, composées d’ouvriers et de paysans pauvres, chargées d’opérer les réquisitions en employant la force.

 

 

 

 

 

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Emblème de la Tchéka

 

 

 

 

 

 

 

En décembre 1917, les bolcheviques créent une police politique: la Tcheka. Celles-ci fait régner la terreur parmi les opposants au régime. Elle s’en prend aux paysans qui refusent de livrer leurs récoltes comme à tous les contre-révolutionnaires, c’est-à-dire à tous ceux qui ne sont pas bolcheviques: monarchistes, KD, mencheviques, socialistes révolutionnaires et anarchistes. En septembre 1918 voient le jour les premiers camps de détention, passés à la postérité sous terme de goulag.

 

 

 

 

 

Sur le plan militaire, Trotski organise l’Armée rouge en janvier 1918. Commissaire du peuple à la guerre, Trotski décide d’intégrer à la jeune armée des officiers tsaristes, étroitement surveillés par des commissaires politiques. Grâce à la conscription, les effectifs de l’Armée rouge passent de 150 000 hommes en 1918 à 5 millions en 1921. Dotée d’une discipline de fer, menée par de brillants généraux comme Toukhatchevski, l’Armée rouge remporte des victoires décisives contre les armées blanches. En 1921, les bolcheviques finissent par l’emporter. La même année, la paix de Riga met fin à la guerre avec la Pologne. Les corps expéditionnaires étrangers quittent la Russie à la fin de l’année 1919. Les généraux blancs survivants doivent s’exiler en Europe. La Russie est parvenue à reconquérir l’Ukraine et le Caucase.

 

 

 

 

 

 

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Léon Trotski parle aux soldats de l’Armée rouge, durant la guerre civile de 1918-21.

 

 

 

 

 

 

 

La victoire des bolcheviques s’explique d’une part par le climat de violence et de terreur instauré par la Tcheka et par l’Armée rouge, d’autre part par l’absence de coordination entre leurs ennemis. Socialistes, anarchistes et mencheviques refusent de s’allier aux armées blanches. En Ukraine, les monarchistes de Wrangel se heurtent aux nationalistes de Petlioura et aux anarchistes de Makhno. Les armées blanches elles-mêmes sont d’ailleurs déchirées par des rivalités politiques, voire des ambitions personnelles.

 

 

 

 

 

Enfin, les Alliés agissent sans concertation réelle, chacun appuyant son général blanc, sans concevoir de stratégie globale. Pire encore, les troupes alliées se montrent parfois réceptives à la propagande bolchevique. Ainsi des mutineries éclatent-elles au sein de la flotte française d’Odessa. Cependant, les bolcheviques doivent compter avec un bilan effroyable. En 1921, la Russie est exsangue. La guerre civile, la famine et les épidémies ont fait 8 millions de morts, auxquels il faut ajouter les 4 millions de morts de la Première Guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

AKG1425649 

Appel manuscrit, daté du 5 juillet 1922, de membres arrêtés du Parti des Révolutionnaires socialistes, à l’adresse de la révolutionnaire russe Véra Nicolaïevna Figner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 


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