L’Art nouveau en Russie

24 01 2019

 

 

 

 

 

Saint-Pétersbourg, baptisé ainsi en hommage à son créateur Pierre le Grand, fut officiellement reconnu comme capitale de La Russie en 1712, mettant un terme à la dispute de préséance entre Kiev et Moscou. Au gré des successions, de tsar en tsarine en tsar, les architectes européens* et russes se virent confier des bâtiments de prestige sans limite budgétaires. Ils furent chargés de mettre en œuvre tout leur génie pour interpréter la personnalité du souverain dans la représentation architecturale et l’intégrer dans le contexte urbanistique existant.

 

 

 

 

 

 

 

L’Art nouveau en Russie dans Architecture & Urbanisme 1543503756-dv-belbel-b1

Palais Belosselski-Belozerski

 

 

 

 

 

 

 Vers 1850, soit un siècle et demi après sa fondation, Saint-Pétersbourg présente déjà son aspect définitif. Les quelques constructions électriques érigées jusqu’en 1890, le palais Belosselski-Belozerski, le théâtre Mariinski ou l’église du Saint-Sauver sur le Sang Versé, ne parvinrent pas à troubler l’harmonie magique de la capitale, unie par la polychromie des façades – une palette de couleurs pastel alliant le blanc, le vert, le bleu, le jaune, le turquoise et le rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 dans Architecture & Urbanisme

Épicerie Elisseïev

 

 

 

 

 

 

 

 Entre 1890 et 1910, l’Art nouveau séduit quelques architectes de talent, tels Alexandre Goguen, Gavril Baranovski ou Friedrich Lidval. Dans l’île de Petrograd, quartier ouvrier et de la petite-bourgeoisie, les premiers immeubles à appartements apparaissent au long des perspectives Kamenoostrovsky et Dobreliubova ; les façades s’incurvent et deviennent asymétriques, les lignes se font sinueuses. La résidence de Mathilde Kchessinskaia, danseuse étoile de l’opéra de Saint-Pétersbourg, située aux n° 1-2 de la perspective Kronverski, présente une architecture ciselée en 1905 par A. Goguen dans le style de la Sécession viennoise. Dans le centre historique, peu de bâtiments Art nouveau ont trouvé place. Signalons toutefois l’immeuble Elisseïev, érigé en 1907 par Baranovski au n° 56 de la perspective Nevski, pour un riche négociant en épicerie fine. Dans la même perspective, face à l’église Notre-Dame de Kazan, apparait la Maison du Livre couronnée d’une coupole, elle-même surmontée d’un globe terrestre tournant sur son axe au gré du vent. Cette curieuse construction présente certaines réminiscences de l’Ecole de Chicago. Référence compréhensible puisque l’immeuble fut conçu à l’origine pour abriter le siège local de la compagnie américaine Singer. A l’angle des rues Konyuchiennaia et Wolinski, le grand magasin D. L. T. présente une certaine ressemblance avec le magasin de l’Innovation à Bruxelles, conçu par Horta. Mis à part ces quelques exemples, il serait exagéré de dire que l’architecture Art nouveau a fortement marqué le visage de la capitale. L’explication pourrait être que l’Art Nouveau, tel que conçu en Europe occidentale, est peu compatible avec la monumentalité des constructions qui caractérisent le centre historique de la ville. Il s’agit des lors tout au plus d’un Art nouveau simplement décoratif. Il est vrai que la décoration intérieure de certains palais, comme celui d’Alexandre à Tsarskoïe Selo, fut entièrement réaménagée en style Art nouveau à la demande du tsar Nicolas II, lorsqu’il décida d’y établir sa résidence après la révolution de 1905.

 

 

 

 

 

Vue panoramique du palais d’Alexandre

 

 

 

 

 

 

 

1543584202-1024px-singer-house-spb-01

Vue de l’immeuble Singer

 

 

 

 

1543584288-globe-de-la-maison-du-livre-587x390

 

 

 

 

 

 

 

A Moscou par contre, ou l’urbanisme et l’architecture paraissent plus hétéroclites, les bâtiments Art nouveau sont beaucoup plus nombreux, inspirés de l’art populaire et de l’architecture des églises orthodoxes. Dans les années 1900, le palais Riabouchinsky, devenu l’actuel Musée Gorki, et la gare de Jaroslav, réalisée par Fjodor Ossipovitch Schechtel, illustrent la créativité de l’architecture Art nouveau russe. De même, l’hôtel Metropol, qui s’ouvre sur un vaste hall composé d’éléments en verre et métal combiné au béton armé par William Franzevitch Walkot. L’Exposition d’architecture et d’industrie des arts de nouveau style, qui se tient à Moscou en 1902, permit de populariser l’art européen, représenté entre autres par l’Ecole de Glasgow et la Sécession.

 

 

 

 

 

 

  

1543583696-metropol12-1024x520

Hôtel Metropol Moscou

 

 

 

 

 1543583881-hotel-metropol-fresque2

Sur la façade de l’hôtel, la fresque de Vrubel, qui représente « la Princesse des Rêves », est réalisée en céramique.  

 

 

 

 

 

 

Après plus de dix ans d’expériences, les architectes russes se désintéressent de l’Art nouveau, dans lequel ils découvrent des contradictions flagrantes entre solutions structurelles, exigences fonctionnelles et formes décoratives traditionnelles. Ils annoncent un nouveau style d’architecture moderne russe à découvrir en suivants d’autres voies : ce sera le cas notamment du style Rétrospectiviste développé à partir de 1910 par les architectes Ilia Fomine, Vladimir Chtouko et Alexandre Tamanian. Ce mouvement, comme tous les autres courants novateurs, fut balayé par les marxistes après la Révolution de 1917.          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : parmi ces architectes européens Les Rastrelli

 

 

Italiens d’origine, les deux Bartolomeo Rastrelli, le père et le fils, sont devenus par adoption des artistes russes. Le père naît en 1675 à Florence et meurt en 1744 à Saint-Pétersbourg ; le fils, né en 1700 à Paris, meurt lui aussi à Saint-Pétersbourg en 1771.

 

 

 

 

C’est à 1716 que remonte l’installation de la famille en Russie. Pierre le Grand et ses successeurs, désireux de faire de leur Etat une monarchie conforme aux modèles de l’Europe occidentale, feront ainsi appel tout au long du XVIIIe siècle à des artistes italiens ou français, et les plus aventureux d’entre eux trouveront dans ce lointain empire un terrain d’action bien plus vaste et bien moins concurrencé qu’à Paris ou à Rome. Rastrelli, le père, était à la fois architecte, ingénieur et sculpteur. On lui doit deux importantes statues en bronze de Pierre le Grand et de la tsarine Anna Ivanovna.

 

 

 

 

 Le fils, plus remarquable que son père, fut essentiellement un architecte, d’une inspiration si délibérément moderne que, pour les Russe, le nom de Rastrelli est à peu près l’équivalent de rococo. Ses travaux, fort nombreux, sont disséminés dans tout l’ancien empire des tsars ; il faut citer le palais d’Hiver, le couvent Smolny et, au sud de Saint-Pétersbourg, le palais de Tsarskoïe Selo, non pas construit, mais totalement remanié par Rastrelli de 1749 à 1756.

 

 

 

 

 

 

1543584474-1024px-smolny-cathedral-spb-02

Le couvent Smolny à Saint-Pétersbourg

 

 

 

 

 

800px-Chr%C3%A1m_svat%C3%A9ho_Ond%C5%99eje_%28Kyjev%29

L’église Saint-André de Kiev

 

 

 

 

 

 

L’ampleur du parti général, l’importance des cours et des espaces extérieurs montrent l’attention soutenue prêtée aux maîtres italiens, sinon à ceux de l’Europe centrale. Mais, dans le détail du décor, l’influence française est nettement perceptible. Il serait d’ailleurs injuste de ne voir en Rastrelli qu’un épigone qui transpose en Russie des modèles occidentaux ; il sut, au contraire, tirer parti de l’adaptation des formules baroques aux traditions locales, par exemple dans l’église Saint-André de Kiev (1747-1752).   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45