La Guerre chez Les Touareg

3 12 2018

 

 

 

 

 

 

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Combat à l’épée chez les Touaregs Ahaggar. Photo cl. P. Ichac, Musée de l’Homme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les représentants les plus frustes de la race berbère contemporaine sont aujourd’hui les Touareg du Sahara, mais ces barbares ont gardé certaines des qualités primitives de leurs devanciers. Comme le faisaient les Ibères, ils procèdent dans leurs guerres de tribu à tribu par coups de mains, surprises. Ce sont toujours des razzias rapides et inattendues qu’ils exécutent. Avant d’entreprendre ces petites expéditions, on lance en avant des éclaireurs, qui flairent la proie, la guettent et la signalent. Les Touareg ont en général la vue très perçante et tous les sens extrêmement subtils; mais leurs éclaireurs sont surtout particulièrement doués sous ce rapport: c’est même pour cette raison qu’on les choisit ; de plus, ils s’informent et ne manquent jamais d’interroger sur les points qui les intéressent tous les voyageurs rencontrés. Dès qu’on a découvert l’ennemi, la proie, car l’ennemi est toujours une proie, on combine tout pour le surprendre. Réussit-on ? le parti attaqué à l’improviste ne se pique point de résister quand même. Si la surprise est la tactique des assaillants; la fuite est celle des assaillis. Toujours ceux-ci détalent, en abandonnant ce qu’ils possèdent; mais ce n’est pas sans espoir de retour.

 

 

 

Les vainqueurs, soucieux surtout de butin, se hâtent de piller et de partir. Ils font même diligence ; car ils savent fort bien qu’il est prudent de se hâter et c’est à leur tour maintenant de redouter une surprise. En effet, si le parti pillé a fui, ce n’est pas par lâcheté mais bien par calcul. Aussitôt en sûreté les fuyards rassemblent leurs chameaux de course, leurs méharis, font appel à leurs amis et alliés et, une fois toutes leurs forces réunies, ils se mettent on campagne pour devancer les pilleurs aux puits ou forcément ils doivent passer. Ceux-ci, de leur côté, se hâtent, mais leur butin même alourdit leur marche et, très souvent il arrive que les voleurs soient à leur tour volés, quelques jours seulement après leur trop facile razzia.

 

 

 

 

Quand, durant un engagement, l’un des partis voit l’autre plier, il manque rarement de le railler en lui criant: « Hia ! Hia! Hia ! Hia! Il n’y aura donc pas de rebàza, » c’est-à-dire de triomphe. Le rebàza est un sorte de violon rudimentaire, avec lequel les femmes touareg s’accompagnent en chantant la valeur et les haut-faits de leurs admirateurs: flatterie fort prisée, car c’est un caractère sociologique des races berbères de laisser aux femmes une liberté rare chez les populations primitives. Chez les Touareg notamment, on retrouve des mœurs qui rappellent assez les Cours d’amour du Moyen âge ; les femmes, les femmes libres, bien entendu, les dames, ont leurs cavaliers servants, donnent des fêtes musicales et littéraires ; aux yeux des hommes, leur opinion a beaucoup de prix. Aussi le trait railleur lancé aux vaincus par les vainqueurs, «Il n’y aura pas de rebàza », suffit souvent à ramener au combat des hommes, qui allaient lâcher pied.

 

 

 

Ces mêlées entre Touareg sont rarement très meurtrières; il est d’usage de les cesser, dès qu’il y a de part et d’autre quelques morts ou blessés. Mais, en dehors de la tactique reçue, le courage est obligatoire ; se dérober isolément aux coups de l’ennemi et compromettre ainsi le succès de ses compagnons entache à jamais l’honneur d’un homme et lui interdit de reparaître au milieu des siens ; aussi ces actes de lâcheté sont-ils presque sans exemple. L’agilité, la dextérité des Touareg, leur adresse à se servir du bouclier font qu’ils peuvent combattre longtemps sans résultat. Pour eux, c’est la fuite surtout, qui est dangereuse; car les fuyards sont poursuivis, la lance aux reins, et, si le combat ne cesse pas suivant l’usage, dès que l’honneur est tenu pour satisfait, le parti vaincu peut être totalement exterminé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Guerrier Berbère Touareg avec le bouclier caractéristique et l’épée takouba

 

 

 

 

 

 

 

 

Les armes des Touareg sont : un long sabre droit à double tranchant et une lance de près de trois mètres de longueur. Cette lance consiste en une mince tige de fer, ayant quatre centimètres seulement de circonférence et une pointe barbelée. Les armes de jet sont d’abord un javelot, dont la hampe est en bois et la pointe barbelée en fer, puis un arc en bois léger et des flèches en roseau à pointe de fer aussi barbelées, mais jamais empoisonnées. Il est à remarquer que l’arc est surtout en usage chez les Touareg du sud, c’est-à-dire chez ceux qui sont le plus souvent en rapport avec les nègres de l’Afrique centrale. Les armes à feu sont rares ; quelques chefs cependant possèdent des fusils et pistolets à pierre, de fabrication arabe.

 

 

 

 

La seule arme défensive des Touareg est un grand bouclier circulaire, couvert de peau d’antilope et qui peut garantir presque tout le corps. Une arme plus spéciale est l’ahâbedj, anneau de pierre, ceignant le bras droit au-dessous du deltoïde et qui, dans les luttes corps à corps, peut servir à casser la tête de l’adversaire.

 

 

 

 

Telles sont les armes des Touareg libres et nobles; les serfs, qui accompagnent volontiers leurs maîtres au combat, ne doivent avoir d’autres armes qu’un poignard et une lance en bois .

 

 

 

Le plus ordinairement ces armes sont de fabrication indigène; elles sont l’ouvrage des forgerons formant, comme dans certains Etats de l’Afrique centrale fondés par les Berbères, une classe fort estimée et qui vient immédiatement après les nobles.

 

Les vastes et dangereuses solitudes du Sahara ne comportent pas la guerre de fantassins. Aussi les Touareg sont toujours montés, non sur des chevaux qui sont assez rares, mais sur des chameaux et leurs chameaux de guerre sont des méharis, des coureurs aussi légers, aussi vifs que les chameaux porteurs sont lents et lourds. Sur ce coursier de guerre rapide et robuste, le Targui emporte tout un attirail assez considérable ; à droite et pouvant être couvert par le bouclier, un grand sac en cuir renfermant les armes et les munitions ; à gauche un autre sac aussi en cuir et contenant, dans des compartiments distincts, de la farine, du tabac à fumer et à chiquer, des pipes, du natron (nitrate de soude), etc., etc. Enfin des outres en peau tannée contiennent l’indispensable provision d’eau.

 

 

Un motif favori de l’ornementation targuie, motif que les Touareg reproduisent sur leurs objets fabriqués, partout où la chose est possible et particulièrement sur leurs boucliers , est la croix le plus ordinairement à branches égales et pas toujours encerclées. On sait que cette figure très répandue dans le monde antique, avant le christianisme, symbolisait ordinairement le soleil et on a pu constater qu’elle était d’un usage fréquent dans l’ornementation de l’ancien Mexique. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 
 
 

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