Le rocher de Constantine

21 11 2018

 

 

 

 

 

Le rocher de Constantine dans Nature 1539928995-rocher

© constantine d’hier & d’aujourdhui 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rocher de Constantine fait partie de la ceinture de tables calcaires qui entourent le Djebel Ouach Ouest et au Sud- Un profond canyon de Oued Rumel le divise en deux parties une qui porte la ville Ouest autre le Djebel Sidi Mcid Est une large vallée dans laquelle ne coule un simple ruisseau Oued Mêla sépare cet ensemble du Djebel Chettaba Le Djebel Ghettaba et le Djebel Ouach forment les monts de Constantine reliefs du Tell intérieur de la Numidie encadrés par les dépressions et les plateaux de Constantine au Nord et au Sud par le Ferdjioua Ouest par les monts de Guelma Est

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Modelé du sol

Le rocher de Constantine est constitué par des calcaires massifs éo-et mésocrélacés de couleur grise ou un gris blanchâtre Une assise marneuse remarque vers le tiers supérieur elle correspond peu près la limite des étages cénomanien et turonien La masse calcaire qui porte la ville aspect un prisme base trapézoïdale Les arêtes de ce prisme correspondent sensiblement aux quatre points cardinaux celui du Nord est couronné par la citadelle (kasba) celui de Ouest portait autrefois le Bordj Asous celui du Sud était surmonté par la koubba de Sidi Rached celui de Est fait face au pont kantera qui pendant fort longtemps relié la ville au Sidi Mcid La grande diagonale du trapèze formant le plan supérieur du prisme est dirigée N-S sa surface présente pour une longueur de 1 km environ une différence de niveau de 110 m (alt. max. du rocher angle Nord 644 m ; ait min. angle Sud 534 m).

 

 

 Le profond canyon creusé par le Rumel occupe les faces Sud-Est et Nord-Est du prisme importants escarpements correspondent la face Nord-Ouest tandis que au Sud-Ouest un isthme de 300 m de largeur compris entre des murailles pic relie le rocher au Koudiat-Ati. 

 

 

Les Constantinois ont appelé leur ville (Constantine) el bled el haoua expression qui signifie à la fois cité aérienne et cité du ravin mais aussi cité des passions. Si les deux premières acceptions de Bled el haoua se réfèrent la situation topographique de la ville la dernière révèle état moral de sa population qui confinée dans un isolement relatif dû être vouée dans tous les temps de violentes réactions internes.

 

 

 Le Djebel Sidi Mcid couronné par un fort qui élève à l’altitude de 725 m domine de 130 le Kef Chekora le point culminant de la ville Sa surface s’abaisse à la cote 600 vers usine gaz en face el Kantara elle présente donc une pente de 125 m sur 1 km environ.

 

Ses contours assez irréguliers sont limités au Sud-Ouest par le canyon du Rumel et se terminent au Nord-Ouest et au Nord-Est par imposants abrupts au Sud-Est il est séparé du Mansoura par le faible vallonnement du Chabet Aïn el Areb.

 

 

 Le plateau qui le couronne entouré de multiples corniches n’a pas subi de la main de homme d’aussi profondes modifications que le rocher qui porte Constantine. Ses escarpements sont restés peu près intacts. Ceux du Nord-Ouest particulièrement exposés aux pluies offrent un aspect ruiniforme très caractéristique dû à l’association de différentes formes de relief tours crénelées arêtes déchiquetées petites aiguilles rocs en surplomb etc.

 

 

 Le versant Sud-Est soumis à l’active érosion des eaux de ruissellement venues de la crête Nord-Ouest présente de vastes champs de lapiez ciselés étroits sillons irrégulièrement anastomosés larges de quelques centimètres profonds parfois de plusieurs mètres que séparent tantôt de minces lames tranchantes tantôt de larges bourrelets plus ou moins arrondis .

 

L’assise marneuse intercalaire détermine dans le profil des murailles périphériques du Sidi Mcid une rupture de pente bien visible surtout au-dessus de la route de la corniche

 

 

 

 

 

 

 

 
1539929506-img-1-small5802 dans Nature

Le rocher de Constantine vu de l’est (Photo F. Bertrandy)

 

 

 

 Architecture du sous-sol

 

 

 

Le rocher de Constantine est un témoin resté en surélévation de la retombée Sud-Est d’un large anticlinal disharmonique dirigé WSW-ENE La retombée Nord-Ouest de ce pli est effondrée. L’axe en est jalonné par le lambeau triasique du Sidi Bou Chakour dans le Djebel Chettaba. 

 

L’anticlinal de Constantine- Sidi Mcid dessine une série de rebroussements déterminés par une déviation de l’axe du pli à la rencontre d’une ligne tectonique SSW-N qui semble pendant l’Oolithique, l’Eocrétacé et le Mésocrétacé avoir joué le rôle d’un géanticlinal secondaire formant un relief sous-marin sur l’emplacement duquel s’édifia une puissante série de calcaires zoogènes dont le rocher de Constantine n’est qu’un élément dissocié.

 

 Les rebroussements successifs qui accidentent le rocher se sont traduits par un champ de fractures en relation manifeste avec le gauchissement des strates rigides du calcaire. Dans ce champ les lignes de rupture sont constamment groupées en deux systèmes conjugués dont un correspond à l’allongement du pli c’est-à-dire la direction des bancs et l’autre à leur inclinaison.

 

 

 Le plus méridional des groupes vers Sidi Rached comprend des fractures SW-NE et NW-SE. Le suivant est formé d’accidents SSW- NNE et WNW-ESE Le troisième est composé de cassures SW-NE et NW-SE comme le premier Le quatrième renferme des dislocations W-E et N-S.

 

 

Chaque groupe est constitué à la fois par des ruptures à déplacements verticaux constituant de petites failles et autres ruptures simplement diaclasiques sans déplacements verticaux. Les premières limitent un certain nombre de compartiments rocheux disposés en gradins inclinés. Il est à noter que dans les angles dièdres de cette surface réglée se sont conservés sur plusieurs points du calcaire turonien de Sidi Mcid des paquets de marnes néocrétacées notamment: 1° au-dessus du deuxième tunnel de la voie ferrée entre deux failles NE-SW, 2° au voisinage du fort le long d’une faille NW- SE, 3° entre l’ancien et le nouveau cimetière juif également le long d’une faille NW-SE, 4° auprès de hôpital et du lazaret contre deux failles NE-SW.

 

 

 Le même dispositif q dû se retrouver dans le rocher de Constantine mais ici les marnes ont été partiellement ou totalement enlevées diverses époques au cours de l’extension de la ville Nonobstant cette érosion humaine les petits jardins des quartiers arabes la présence même de simples arbres isolés dans des cours de maisons indigènes au-dessus de Sidi Rached au Sud du carrefour Perrégaux et au-dessous du lycée sont autant indices de la conservation toute locale de lambeaux marneux néocrétacés 

 

 La toponymie ailleurs nous révèle l’existence, à la surface du rocher de Constantine de deux accidents topographiques remarquables: 1° el Rhedir Bou el Rharat au Sud de la rue Orléans. 2° el Batha au Nord de la grande mosquée. Le premier de ces deux noms applique un bas-fond naturel où l’eau séjournait (rhedir); le second un bas-fond sec (batha) Tous deux devaient se trouver situés sur la lèvre abaissée d’une faille SE-NW, se dirigeant du carrefour Perrégaux vers le Nord du Bordj Asous. La surface de cette lèvre abaissée était certainement constituée par un revêtement de marnes néocrétacées qui retenaient les eaux. 

 

 

Le profil des rues actuelles du quartier Sud de la ville offre une série de gradins ayant nécessité la construction d’escaliers dont ils ont été peut-être les premiers éléments. On peut suivre ces gradins dans la série des rues parallèles de Sidi Rached. Une observation attentive permet de reconstituer ainsi le tracé d’au moins six abrupts qui découpent la presqu’île de Sidi Rached en sept compartiments limités chacun par une faille NE-SW parallèlement à la diaclase de l’entrée du canyon .

 

 

Des travertins du Pliocène récent subsistent encore en trois points du Sidi Mcid: 1° au fort où ils surmontent des sables marneux jaunes; 2° derrière hôpital civil; 3° au-dessus du lazaret où ils sont superposés des sables également pliocenes récents des travertins- pliocenes anciens et à des poudingues miocènes pontiens.

 

 Ces travertins ont été eux-mêmes affectés par importantes dislocations dont témoignent les altitudes variées auxquelles on les rencontre: 670 m à l’hôpital, 681 m au lazaret; 785 m au fort. Des mouvements tectoniques ont donc continué d’affecter le rocher de Constantine après leur dépôt. Plus au Nord et plus au Sud on retrouve ailleurs les mêmes formations constituant de larges nappes entre 785 m et 610 m Bou Keira, entre 718 m et 660 m au Mansoura.

 

A notre époque le rocher de Constantine été le théâtre de fréquents tremblements de terre. Des secousses particulièrement violentes ont été ressenties diverses reprises notamment en 1857, 1871, 1883, 1896. Le dernier grand séisme qui eut lieu le août 1908 causa des dégâts de quelque importance non seulement à la ville même mais encore dans plusieurs localités des environs particulièrement au Hamma, à Bizot et à Smendou. L’ébranlement atteignit tout particulièrement la zone voisine de l’anticlinal de Constantine, anticlinal qui semble depuis le Miocène jusqu’à l’époque actuelle avoir toujours été un obstacle à la propagation des mouvements de l’écorce terrestre. En opposant leur translation normale il détermine son voisinage accentuation maximum de l’effort des poussées successives

 

 

 

 

 

 

 

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© constantine d’hier & d’aujourdhui

 

 

  

 

 

 

 

Le canyon de Constantine

 

Le canyon de Constantine, long de 2800 m présente au début à une profondeur de 35 m (alt. de la surface du rocher 534 m; alt du niveau eau du Rumel à l’étiage 499 m).

 

 Les parois de la gorge légèrement inclinées l’une vers l’autre dans la zone supérieure, se rapprochent d’abord graduellement puis deviennent verticales surplombant alors le fond du torrent qui plus bas les a excavées en entaillant sa cuvette au fond étroit et tortueux.

 

A la hauteur du carrefour Perrégaux les eaux du Rumel s’engouffrent sousune voûte naturelle formée de travertins qui s’appuient de part et d’autre sur le rocher crétacé. L’altitude relative de cette arche est pas telle que lors des grandes crues elle puisse livrer passage toutes les eaux que collecte le canyon et celles-ci parfois la submergent.

 

 

A el Kantara, le torrent tourne presque à angle droit abandonnant son orientation première SW-NE pour aller droit au Nord-Ouest au sommet de l’angle que forme alors son cours, vient déboucher l’unique affluent du ravin le Chabet Aïn el Areb appelé plus en amont Chabet Sfa. Celui-ci prolonge exactement en direction le premier secteur de la gorge. Après avoir suivi le fond de la dépression qui sépare le Mansoura du Djebel Sidi Mcid il aboutit presque au faîte de la paroi du canyon sans aucune indentation importante de la falaise marque son confluent.

 

 Les deux systèmes de lignes orthogonales qui découpent le rocher correspondent exactement aux deux orientations principales des failles et des diaclases qui ont affecté ainsi non seulement le tracé du canyon est intimement lié à la direction des cassures du calcaire mais il en est de même du tracé du seul affluent qui vienne s’y déverser.

 

 Indépendamment de l’arche du carrefour Perrégaux d’autres grandes voûtes naturelles recouvrent le ravin à partir et en aval d’el Kantara.

 

 Ces voûtes naturelles sous lesquelles disparaissent à plusieurs reprises les eaux du Rumel semblent avoir été primitivement au nombre de deux seulement. L’une d’entre elles celle située en amont été par la suite rompue en trois tronçons inégaux d’ailleurs, et voisins les uns des autres. Elle est constituée dans son ensemble par la soudure de deux séries de couches travertineuses concentriques dont les centres réciproques se trouvent en regard l’un de l’autre sur chacune des parois du ravin. La clé de voûte de cet ensemble domine de 40 m le plan d’étiage du Rumel à l’amont et de 75 m à l’aval.

 

 La seconde arche qui se montre à 100 m plus bas ne comprend qu’une seule série de couches traverlineuses dont le centre de dépôt est situé sur la paroi de droite du ravin. Aujourd’hui très réduite terminée en amont et en aval par des surfaces concaves cette arche limitée sans doute autrefois par de larges surfaces convexes offre à l’écoulement des eaux une ouverture de 70 m de hauteur 

 

 

Plusieurs placages de travertins se rencontrent encore le long des flancs crétacés du ravin ils peuvent correspondre à d’autres anciennes voûtes naturelles entières ou bien figurer la naissance de voûtes incomplètement formées.

 

 Les deux grandes arches naturelles actuellement existantes ont ce caractère commun que leurs pieds-droits s’appuient directement sur la saillie calcaire qui surplombe le fond du Rumel et que la seconde précède de peu les superbes cascades de Sidi Mcid où les eaux du Rumel se précipitent avec fracas d’une hauteur de 80 m (alt du sommet des cascades 541m; alt de leur base 461 m). Le sommet du rocher de Constantine qui atteint 664 m domine cette base d’une hauteur de 203 m.   

 

 

 

 

 

 

 

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