Les Romains Au Hoggar?

5 11 2018

D’après les Fouilles de M. REYGASSE Au Sahara algérien 1933

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Maurice Reygasse

 

 

 

 

 

 

Si l’auto a triomphé des dunes de sable du Sahara, le grand désert est encore loin d’avoir livré ses secrets aux savants, géologues, archéologues, préhistoriens qui fouillent ce squelette énorme, où vivaient autrefois des plantes, des arbres, des hommes. 

 

Parmi ces savants, M. Reygasse a voué son existence à l’étude archéologique et préhistorique du Sahara. D’après ses fouilles au Hoggar: 

 

Nous nous demanderons si les Romains ont connu, et jusqu’à quel point, le Hoggar. Auparavant, il faut noter que, jusqu’à ces derniers temps, 

on n’avait découvert aucun vestige de l’âge préhistorique au Sahara. M. Reygasse vient de faire à ce sujet les observations les plus étonnantes : un atelier paléolithique, très riche, un peu au Nord du Hoggar, sur environ deux kilomètres de long, avec des vestiges, par milliers, d’une industrie de l’âge de pierre. 

 

Dans cette même région, et pour la première fois, nous apprenons de M. Reygasse que les haches polies abondent, et qu’on en trouve de très belles chez tous les nobles Touaregs ; comme tous les primitifs, ils voient en elles des pioches envoyées du Ciel, et qui protègent de la foudre. Ne sait-on pas qu’au moyen âge, on mettait de telles haches polies sur le seuil des maisons pour les protéger contre le feu du ciel et, comme chez les Touaregs du Hoggar, beaucoup de personnes conservent avec soin ces sortes de pierres. 

 

Il y a plus : dans ces lieux riches en vestiges préhistoriques, comme aussi dans certains coins du Ténéré, à peu près inexplorés et si totalement morts aujourd’hui, le capitaine Wauthier a découvert des tombes extrêmement nombreuses. 

 

De cet ensemble de découvertes, il ne fait point de doute pour M. Reygasse qu’il y a eu, à la période néolithique, et à l’âge des métaux, pendant des siècles, des habitats humains durables ; des sédentaires ont vécu dans ces régions sahariennes, où aujourd’hui il n’y a plus aucune possibilité de vie ni végétale, ni humaine. 

 

Nous avons, grâce à ces découvertes, grâce aussi aux nécropoles préhistoriques, ou plus exactement préislamiques, découvertes par M. Reygasse au Hoggar, la preuve que le dessèchement du Sahara est beaucoup plus récent qu’on le suppose. 

 

Nous en arrivons au point capital des fouilles de M. Reygasse : elles ont porté sur le fameux tombeau de Tin-Hinan, fouillé déjà à plusieurs reprises  par M. Reygasse lui-même et la mission franco-américaine. On se souvient que ce monument se dresse en plein Hoggar sur une 

petite colline de 40 mètres d’altitude et que, d’après la légende touareg, il renferme le tombeau de la première reine du Hoggar, venue là avec de nobles Touaregs. 

 

 Grâce à ses travaux on a mis à jour une chambre de 4m,50 de long et, sous des dalles énormes, on y découvrit un lit en bois sur lequel une femme avait été inhumée. Elle était parée de bijoux splendides : 7 bracelets en or à un bras, 7 bracelets en argent à l’autre bras et, autour du cou, un collier avec des éléments byzantins d’or et de pierres précieuses. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un des quatorze squelettes trouvés dans un des chouchets du monument de TinHinan. (Fouilles de M. Reygasse). 

 

 

 

 

 

 

 

Le squelette étudié par le docteur Leblanc a révélé que cette femme était probablement de race noble égyptienne. 

 

En reprenant les fouilles du monument de Tin-Hinan, M. Reygasse y a trouvé, à 8 mètres de la partie supérieure, 14 tombes avec 14 squelettes qui sont, d’après la légende touareg, les premiers nobles qui ont accompagné la première reine venue au Hoggar. 

 

Ces squelettes ont été transportés à Alger où ils font l’objet des études du docteur Leblanc. 

 

Mais d’ores et déjà, cette nouvelle fouille du monument de Tin-Hinan apporte des révélations sensationnelles : il ne s’agit pas, en elfet, comme on le croyait, jusqu’à ces derniers mois, d’une immense nécropole comparable au fameux tombeau de la chrétienne, mais plutôt, semble-t-il à M. Reygasse, d’un petit fortin. 

 

Dans une salle à proximité de celle où se trouvait le tombeau de Tin-Hinan, M. Reygasse a trouvé du verre, un fragment de lampe romaine, de gros éléments en fer qui ont dû servir à réunir des poutres, des clous énormes, des pointes de flèches ; matériel plutôt romain. 

 

Deux hypothèses se présentent : ou bien ces éléments romains ont appartenu à des Romains qui ont habité ce coin du Hoggar ; ou bien ils ont été apportés et mis là par des individus qui avaient été en relations avec les Romains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A gauche, le tombeau de TinHinan. Sous ces dalles énormes, on a découvert un lit en bois sur lequel reposait la reine du Hoggar, et les tombes de 14 chefs Touaregs, venus au Hoggar avec la reine. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette deuxième hypothèse est difficile à admettre : on ne conçoit pas, en effet, que des nomades se soient donné la peine de rapporter le long de plusieurs centaines de kilomètres, des objets aussi fragiles et sans signification comme sans valeur pour eux. Il est certain que ces éléments avaient pour ceux qui les ont déposées dans ce fortin une valeur rituelle ou une valeur de souvenir. Qu’ils aient été transportées par un Romain, ceci ne veut pas dire d’ailleurs qu’il y ait eu dans cette région un peuplement romain. Il semble que nous soyons en présence d’un fort. La situation du monument de Tin-Hinan, la disposition des salles, l’épaisseur des murs extérieurs qui ont parfois jusqu’à 30 mètres de large au 

sommet d’une colline escarpée sans aucune facilité d’accès : tout cela donne l’impression d’un fort. 

 

Notez qu’il n’y a qu’une seule porte de 1m,70 de large, mettant cet énorme monument en communication avec l’extérieur, ceci pour la facilité de la défense. 

 

M. Reygasse songe aux petits postes que nous avons dans l’extrême Sud saharien sur la limite soudanaise, où il y a parfois un seul sous-officier 

et un seul lieutenant qui habitent des constructions analogues à celles des indigènes et qui vivent de la vie de ceux-ci. 

 

Supposez que dans trois cents ans, c’est-à-dire dans un temps beaucoup plus court que celui qui nous sépare du monument de Tin-Hinan, un voyageur archéologue passe par là ; s’il trouve un bouton de métal, un bidon de pétrole, comme vestige de notre occupation, c’est qu’il aura eu de la chance. 

 

Nous concluons donc, avec M. Reygasse, que le monument de Tin-Hinan représente un fortin romain qui servait sans doute à protéger les com-merçants qui allaient vers le Niger chercher de l’ivoire et de la poudre d’or. 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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