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Deux Symboles de la Résistance Berbère à la conquête Arabe

20 10 2018

Aksel (Koceila) & Dihia (Kahéna)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’établissement éphémère et chancelant des Byzantins en Afrique n’avait d’autre appui que l’armée ; or l’armée romaine de cette époque, indigne du grand nom qu’elle portait encore, ne se composait plus guère que d’aventuriers recrutés à prix d’or chez tous les peuples barbares. Les généraux, mercenaires eux-mêmes, étrangers à tout sentiment patriotique, ne reculaient, pour satisfaire leur soif de pouvoir, ni devant l’assassinat de leurs rivaux, ni devant l’alliance avec les ennemis de l’empire. Aussi, voyons-nous au bout de peu d’années Iabdas, rentré dans ses Etats, soutenir les prétentions d’un général révolté contre Constantinople, et plus tard le patrice Grégoire constituer un royaume indépendant dans le sud de la Tunisie actuelle. 

 

 

 

 

 

 

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La décadence dans laquelle étaient tombés les descendants dégénérés des Romains était assez profonde pour les rendre incapables d’opposer aux Arabes une résistance sérieuse. Ce furent les tribus indigènes qui luttèrent pour leur indépendance avec la même vaillance et la même énergie qu’elles l’avaient fait jadis contre les armées de Rome. Sous le commandement du Byzantin Grégoire , elles soutinrent près de Suffetula le choc des troupes musulmanes. Cette première incursion des Arabes n’était qu’une simple razzia. L’invasion ne prit un caractère permanent qu’après la fondation de Kaïrouan, qui devint le quartier général des vainqueurs. Le général Abou-el-Mohadjer partit de cette ville vers 680 pour achever la conquête du Maghreb. Sur sa route, il se heurta à la tribu libyenne des Aoureba qui occupait les plaines des Zibans et la partie occidentale des Aurès. Si l’on en juge par les récits des historiens arabes, ces indigènes étaient imprégnés de la civilisation romaine au point d’être confondus avec les Romains qui habitaient encore le sud de l’ancienne Numidie. Une grande bataille se livra près de la ville d’Erba. Le chef, qui avait organisé la résistance, Koceila, fait prisonnier, fut contraint d’embrasser l’islamisme. La plupart des Romains périrent en combattant ; ceux qui survécurent abandonnèrent le Zab et allèrent probablement chercher un refuge dans les Aurès. L’illustre Okba-ben-Nafa, qui avait pris le commandement de l’armée musulmane, continua la campagne, traînant à sa suite l’infortuné Koceila, qu’il abreuvait d’outrages et d’humiliations ; il vola de victoire en victoire jusqu’aux rivages de l’Atlantique et ne s’arrêta qu’au bord de l’Océan, en prenant le ciel à témoin que la terre manquait à ses exploits. Mais à son retour il commit l’imprudence de se séparer de son armée et d’aller reconnaître avec une poignée d’hommes les forteresses environnant les Aurès qui ne s’étaient pas encore rendues. Il trouva tout le pays en armes ; Koceila, qui s’était échappé du camp musulman, s’était mis à la tête du mouvement. Le général arabe, voulant racheter sa faute par sa vaillance, se lança courageusement à l’assaut du village fortifié de Thouda ; il y périt avec tous ses compagnons. On montre encore son tombeau dans l’oasis qui porte son nom à peu de distance de Biskra. 

 

 

Koceila, que cette victoire fit acclamer chef de toutes les tribus berbères, poursuivit ses succès, s’empara de Kairouan, et délivra l’Afrique du joug musulman. Pendant cinq ans son autorité fut reconnue dans toute la partie orientale du Maghreb, dans laquelle il fit régner la paix et la justice. 
Mais une nouvelle invasion se préparait. Le général Zoheir-ben-Kaïs arriva à la tête d’une nombreuse armée. Koceila tenta de lui barrer la route et, avec ses fidèles Aoureba, il livra bataille aux Arabes à Mems, près de Sbiba, dans la Tunisie actuelle. Le héros de l’indépendance berbère y trouva la mort et son armée se débanda. 

 

 

 

 

 

 

Les Berbères étaient vaincus mais non domptés. La vieille race libyenne avait noblement accompli son devoir 
durant les premières luttes contre les musulmans. Pendant la période suivante, le même rôle patriotique fut rempli par les Zénatas, qui occupaient depuis plusieurs siècles le nord et l’est des Aurès, où ils avaient fondé un État prospère depuis l’effondrement de la puissance romaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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Koceila mort, ce fut une femme qui releva le drapeau de l’indépendance africaine. Dihia ou Damia, qui gouvernait la tribu zénatienne des Djeraoua, fut mise à la tête de la confédération berbère. La vie de cette femme de génie, qui exerça sur ses compatriotes une influence extraordinaire, mérite d’être mieux connue qu’elle ne l’est en général du public. « Il est temps, dit avec raison M. Mercier, de restituer à cette héroïne la place qu’elle doit occuper dans l’histoire à côté des femmes qui se sont illustrées par leur courage et leur dévouement à la patrie, y De religion juive, comme la tribu à laquelle elle appartenait, elle portait le surnom de Kahéna , la prêtresse, que ses ennemis les Arabes avaient traduit par « la Sorcière ». 

 

 

 

Les légendes nationales ont entouré sa jeunesse de récits merveilleux. Douée d’une grande beauté, elle était recherchée en mariage par les chefs les plus puissants, et repoussa les offres d’un jeune homme que son caractère cruel et ses habitudes de débauche lui rendaient particulièrement odieux. Son père, chef suprême de la tribu, étant mort, ce fut ce prétendant évincé qui lui succéda. Il fit peser sur ses sujets la plus insupportable tyrannie, allant jusqu’à exiger de toute jeune fille qui se mariait ce que l’on appelait au moyen âge le droit duseigneur. La Kahéna forma le projet de délivrer son peuple du monstre qui l’opprimait. Elle annonça son mariage avec un fiancé digne d’elle, et le jour des noces se rendit auprès du tyran, qui se réjouissait déjà de goûter le triomphe si longtemps désiré. Nouvelle Judith, elle lui plongea un poignard dans le sein. La libératrice fut immédiatement nommée reine par ses compatriotes reconnaissants. Mais le patriotisme de la Kahéna ne se trouva pas satisfait d’avoir rendu la liberté à sa tribu. Il fallait maintenant la conduire au combat contre l’envahisseur musulman. Elle prit une part active au soulèvement qui coûta la vie à Okba, et après la mort de Koceila, ce fut vers elle que se tournèrent toutes les tribus berbères qu’elle parvint à réunir en un faisceau. Le général arabe Hassan, qui venait de détruire une dernière fois Carthage (693), se dirigeait avec une nombreuse armée vers les Aurès. La Kahéna marcha à sa rencontre. Ce fut dans la grande plaine qui s’étend au nord des montagnes que le combat eut lieu, sur les bords de l’oued Nini, à quelques kilomètres de l’endroit où s’élève aujourd’hui la ville d’Aïn-Beïda. Les Berbères, électrisés par le courage de leur reine, remportèrent une éclatante victoire et forcèrent les Arabes à s’enfuir jusqu’en Tripolitaine. 

 

 

 

 

 
La Kahéna, instruite par l’expérience du passe, comprit que les musulmans vaincus reviendraient en plus grand nombre. Elle résolut de rendre leur retour inutile en ruinant toutes les villes dont les richesses pouvaient tenter leur cupidité, et elle donna l’ordre de tout détruire dans la plaine et d’entourer ses montagnes d’un désert, qui serait la barrière la plus efficace à opposer aux envahisseurs . Malheureusement pour l’Afrique, cette exaltation sublime de patriotisme ne fut pas comprise des Berbères, qui ne parvinrent jamais à s’élever jusqu’à la notion d’une nationalité commune réunissant toutes les tribus établies sur le même sol. Ils ne virent que le dommage momentané que leur causaient les ordres de la Kahéna, et dès lors se détachèrent en grand nombre de sa cause. Les Arabes furent bientôt instruits de la situation du Maghreb. Un jeune musulman nommé Khalid ibn Yazid (neveu de Hassan) , fait prisonnier dans un combat, et que la Kahéna avait adopté, comblé de bienfaits et élevé avec ses propres fils, faisait passer à ses compatriotes des avis secrets.  

 

 

 

En l’an 703, le général Hassan, à la tête d’une armée nombreuse, tenta de nouveau la conquête des Aurès. Il se dirigea en ligne directe vers la montagne par Gabès et Gafsa, et y pénétra probablement par le versant méridional. A la nouvelle de son approche, la Kahéna appela les Berbères aux armes. Cette fois sa voix ne fut pas écoutée; de rares contingents répondirent seuls à ses appels désespérés. L’héroïne comprit alors que c’en était fait de l’indépendance de son pays. On l’engageait à prendre la fuite ; elle repoussa ces lâches conseils, et, réunissant ses derniers fidèles, elle se prépara à périr dignement. Toutes les amertumes lui étaient réservées ; après avoir vu le peuple berbère l’abandonner au moment de la lutte suprême, elle eut la douleur de voir son fils adoptif la trahir au dernier instant. Khalid eut l’ingratitude de passer à l’ennemi et de guider lui-même l’armée musulmane à la rencontre de sa bienfaitrice. Les fils de la Kahéna, désespérant de la victoire, se rendirent avant la bataille et embrassèrent l’islamisme (1). La Kahéna attendit probablement l’armée musulmane au centre de ses montagnes, dans quelque guelaa où elle avait concentré tous ses moyens de défense. Le combat fut longtemps indécis, mais la supériorité du nombre donna la victoire aux Arabes. La Kahéna tomba glorieusement les armes à la main. Hassan décapita son cadavre et envoya sa tête au khalife de Bagdad. Avec cette femme héroïque succomba l’indépendance berbère (2)

 

 

 

 

Ce n’était pas assez d’avoir vaincu les habitants des Aurès ; il fallait s’assurer leur soumission pour l’avenir, et dans ce but les convertir à l’islamisme. Le général arabe en fit un épouvantable massacre, et pour être certain de la fidélité des survivants, il en incorpora 12,000 dans son armée. Ce premier contingent attira par la suite de nombreuses recrues. Les fils de la Kahéna reçurent le commandement de ces Berbères devenus les soldats du Prophète. Ces Zénatas émigrés dans « l’Extrême-Occident », comme les Arabes appellent le Maroc, prirent une part active à toutes les guerres religieuses ou dynastiques qui ensanglantèrent l’Afrique du Nord. Ce furent eux qui firent la conquête de l’Espagne, et qui tentèrent celle de la France, où Charles Martel arrêta leur invasion à Poitiers. 

 
Cependant les, habitants des Aurès n’avaient pas tous embrassé l’islamisme, ou s’ils avaient paru, sous la pression de la nécessité, accepter le Coran, ils s’étaient hâtés de revenir à leurs anciennes croyances après le départ des envahisseurs. Ce ne fut que deux siècles plus tard qu’ils se convertirent définitivement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1):Les historiens arabes prétendent que ce fut d’après les conseils de leur mère. Mais il est permis de mettre en doute la véracité de cette assertion, contre laquelle proteste la vie tout entière de la Kahéna. 

 

 

 

 

(2): Le capitaine Wolf, commandant supérieur du cercle de Khenchela, a recueilli parmi les Chaouïas une intéressante légende, de laquelle il résulterait que la Kahéna avait une fille nommée Mechoucha, douée, comme sa mère, du don de prophétie, qui partagea ses luttes contrôles envahisseurs arabes, et qui continua la résistance après sa mort, enfermée dans la guelaa qui domine le mont Djafaa. 

On y trouve une ruine berbère qui porte le nom à’Enchir-Mechoucha. D’après l’éminent officier, plusieurs tolbas affirment, contrairement à l’assertion formelle d’Ibn-Kaldoun que la Kahéna était chrétienne. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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