La pietà de Bentalha

16 10 2018

 

 

 

 

 

La pietà de Bentalha, La pietà d’Alger, La Madone de Bentalha, La Madone en enfer. Ce sont là quelques titres ou légendes qui ont accompagné et interprété la photo de Hocine Zaourar réalisée en pleine décennie noire, le 23 septembre 1997 et qui fut largement publiée dans la presse internationale. 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, on considère que le massacre perpétré à Bentalha a été le plus sanglant. On parle de 600 morts. il est devenu le fait emblématique de la décennie noire. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Oum Saâd, «la Madone de Bentalha» HOCINE ZAOURAR/AFP 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bentalha est une petite ville située dans la grande banlieue d’Alger. Un commando s’y introduit dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997 et se livre à une épouvantable tuerie, détruisant les maisons et tuant leurs occupants avec sauvagerie. 

 

 

Informés des événements, quelques journalistes arrivent sur les lieux vers 9 heures du matin. « Il y avait une confusion extrême , raconte Hocine Zaourar, dont les propos sont rapportés par Michel Guerrin dans le journal Le Monde, les façades étaient cramées, ça sentait le brûlé. J’ai dû être interpellé quatre ou cinq fois par les policiers en civil, au point de ne pouvoir sortir mon boîtier. Les corps des victimes étaient entreposées dans une école, impossible à approcher, avant d’être enterrées à l’abri des regards.«  

 

 

Un autre journaliste Algérois raconte: «  Les massacres ont eu lieu la nuit. Quand vous arrivez le matin, le sang est encore frais sur les murs (…). Mais, à moins d’avoir un complice dans la sécurité ou chez les pompiers, on ne voit jamais les victimes. » Ces dernières remarques expliquent l’attachement des photographes qui couvrent ces événements à trouver les victimes. Un journaliste d’El Watan raconte à Michel Guerrin qu’il a réussi à pénétrer dans le cimetière de Bentalha, il a compté les tombes fraîches et en a dénombré 252, tandis que la police annonçait 85 morts. 

 

Les accès à la ville étant impossibles, Hocine Zaourar se rend à l’hôpital Zmiri d’El-Harrach où les blessés ont été transportés. Beaucoup ne survivront pas. Dans la cour de l’hôpital les familles, (une centaine de personnes, surtout des femmes) attendent les nouvelles et scrutent la liste des blessés décédés que l’on affiche périodiquement à l’extérieur. C’est là, dans cette cour d’hôpital, que Hocine Zaourar photographie une femme qui vient d’apprendre la mort de son frère et de sa famille. Par précaution, il retire immédiatement la pellicule de son boîtier et la mêle à d’autres dans son sac, puis il introduit un autre film dans son appareil. Peu après, il sera interpellé par un policier qui saisira plusieurs pellicules. Par chance, celle sur laquelle se trouve la photo est préservée. 

 

 

Hocine Zaourar rentre à Alger. A 15h 22, ce 23 septembre, le cliché signé AFP est diffusé par l’agence parisienne avec la mention ‘en priorité‘. La plupart des grands quotidiens français, anglais, espagnols, italiens diffuseront la photo le lendemain à la une, ainsi que l’International Herald Tribune, le Washington Post, et le Los Angeles Times. Mais aucuns des 10 quotidiens indépendants d’Alger, qui disposent de leurs propres photographies réalisées par leurs reporters. 

 

La plupart des photos prises en Algérie à l’époque sont réalisées par moins d’une vingtaine de journalistes intrépides, très jeunes et qui travaillent pour la presse indépendante algéroises. Très peu de photos sortent du pays. L’Agence France Presse et l’Associated Press travaillent sur place avec une équipe restreinte.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Hocine Zaourar (Birmandreis, 18 décembre 1952 – ) dit Hocine est un photographe photojournaliste algérien. 
Hocine a publié sa première photo en 1979 dans la revue Afrique No 1. Hocine a travaillé pour les agences Sipa, Reuters, AFP. il aussi artiste photograhe avant d’arrivée au photo journalisme entre 1972 et 1984. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au moment des faits, Hocine Zaouarar est l’unique photographe salarié de l’antenne algéroise de l’AFP. Il travaillent seul pour ne pas risquer la vie d’autrui. 

 

La photographie de 23 septembre va connaître un singulier destin puisque non seulement elle sera très largement diffusée par la presse internationale (700 journaux l’ont publiée) mais elle sera aussi couronnée par des prix prestigieux. La World Press, notamment, la consacre meilleure photo de l’année 1997. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                            

 


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