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L’Artisanat domestique féminin Algérien

29 07 2018

 

 

 

 

 

L’artisanat familial et l’artisanat professionnel constituent un savoir-faire au service de la société, savoir-faire qui s’était développé par nécessité, par besoin d’autonomie et d’autosuffisance. Les techniques de fabrication étaient transmises de mère en fille et de père en fils. 

Grâce à la créativité populaire et à une main-d’oeuvre nombreuse et bon marché, le travail manuel traditionnel permettait au familles, aux veuves et aux orphelins de gagner honnêtement un peu d’argent pour acheter de quoi manger ou apporter un appoint indispensable au maigre salaire du chef de famille. 

 

 

En plus des nombreuses activités et travaux ménagers ordinaires et quotidiens, les mères de famille qui ont une résistance à la fatigue et un courage exceptionnels, font le sacrifice de leur temps de repos et de loisir. Elles se retrouvent, en été, au moment de la sieste (la sieste pour les autres), dans le patio, assises, sur des peaux de moutons, pour effilocher, carder ou filer à la quenouille, la laine qu’elles avaient auparavant lavée et séchée au soleil. Lorsque le tas de laine filée suffisant, la femme en fait des écheveaux en se servant de son pied et de sa main gauche comme deux piquets et de la main droite, elle passe le fil de la laine en décrivant un cercle. Les écheveaux rattachés entre eux sont prêts à être vendus le lendemain .

 

Parfois, l’une des voisines disposait d’un métier en bois et fabriquait des tapis dans un coin de la cour près de sa chambre. Tous ces travaux se réalisent pendant que la discussion battait son plein.  »El Hadith wa l’moghzel » ; (Paroles et quenouille) sont la traduction littéraire, ce que veut dire que le dialogue et la discussion continuent pendant que les mains voltigeaient habilement et utilement, le travail ne s’arrête pas, le temps est précieux, « Time is money » disent les Anglo-Saxons. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans les familles les plus huppées, les activités artisanales sont d’un niveau plus élevé. La broderie avec fil d’or ou d’argent sur velours ou sur peau en cuir, était un art que les femmes ainsi que les hommes de la bourgeoisie pratiquaient à l’intérieur des maisons ou dans des échoppes mal éclairées. Le velours brodé servait à la confection des caftans et des caracos, habits de grand standing pour la jeune mariée issue de famille aisée. Avec les peaux de cuir brodées par les femmes, les hommes fabriquaient des selles (es-serdj) pour chevaux de parade ou de fantasia (el-goum), des babouches, des coiffes coniques pour la mariée (chéchiat el Aroussa), etc. 

 

 

 

 

 

 

 

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Selle d’apparat- Tlemcen 1937 

 Selle d’apparat de type  » tsata  » avec ses tapis et étriers se composant de : – une chemise de selle – un harnais – une sangle double à extrémités de cuir avec deux boucles – trois cordelières attachés et repliées – un arçon dit  » Herbous  » comporte à l’arrière un haut troussequin dit  » guedda  » – un tapis de selle tissé – un tapis de selle tisé à motifs de chevrons – six tapis de selle fixés sur une housse de cuir ( les couleurs des tapis de feutre ( de l’extérieur vers l’intérieur ) 1 noir- 1 rouge – 1 jaune- 1 vert- 2 blancs ) – un support de présentation de la selle

 

 

 

 

 

 

 

Les métiers fins comme la broderie ou la couture, sont l’apanage des femmes de l’aristocratie qui, d’ailleurs, gardent jalousement secrètes les techniques de travail. Elles s’adonnent à leur activité presque en cachette. Si un (ou une) visiteur (se) survient et les surprend en plein action, elles s’arrêtent de travailler et couvre nonchalamment leur ouvrage, comme d’un geste machinal. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Caftan long en velours de Gênes du XVIIIe siècle provenant de la ville d’Annaba. (©Association Arrawnek El-Annabi)

 

 

 

 

 

 

Ces familles ne transmettrons leurs connaissances techniques qu’à leurs propres enfants. Il y a en fait, une protection du brevet de fabrication ou de la marque déposée. Elles ignorent que le Prophète avait dit: (Quiconque cache une science à mes croyants, Allah le punira en lui mettant un mors chauffé à blanc entre les mâchoires, le Jour du Jugement dernier.)

 

 

 

Certaines femmes développent progressivement leur propre entreprise à l’intérieur même de leur domicile. Elles commencent avec un métier, puis deux, puis trois, puis davantage. Elles emploient des ouvrières, jeunes filles ou femmes divorcées et des apprenties fillettes pour la fabrication de tapis par exemple. C’est ainsi qu’à Tlemcen de nombreuses fortunes sont dues à l’esprit d’entreprise de la femme. 

 

 

L’épouse peut donc, quand elle a les qualités intellectuelles requises, aider son mari à s’élever dans l’échelle sociale, si ce n’est pas matériellement comme raconté précédemment, cela peut être par des conseils judicieux, en l’encourageant et en lui donnant confiance en ses possibilité comme elle peut aussi le diminuer en le critiquant à tout moment et lui donner des complexes d’infériorité qui les paralysent dans toutes ses entreprises et ses décisions ou par sa façon de gérer le foyer, en évitant le gaspillage et en faisant des économies. D’où, encore une fois, le rôle important que peut jouer l’épouse intelligente et sage dans un foyer musulman. 

 

 

Dans le milieu rural, le couscoussier (qallal), les plateaux à pain (tbaq), les nattes, les éventails, les balais, etc. étaient tressés par les mains expertes des campagnardes, à l’aide de l’alfa et des feuilles de palmier nain (doum).

Les marmites (qadra), les plats (tadjine), les gargoulettes (el-qoulla), les braseros (nafekh et medjmer) confectionnés en terre cuite étaient la spécialité des femmes de Nedroma. Peut-être est-ce dû à la présence d’une argile de qualité dans la région. 

 

 

 

 

 

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Arabe tressant un samour

 

 

 

Finalement, les femmes algériennes étaient polyvalentes dans le travail. Elles savaient tout faire. Elles ne se plaignaient jamais et n’avaient sans doute pas conscience de leur situation. 

C’était, en quelque sorte, un sacrifice perpétuel qu’elles acceptaient volontairement, stoïquement, pour le bonheur de la famille. Quelle abnégation!  Nos grands-mères, nos mères et nos sœurs étaient de véritables saintes sans auréole. Elles ont droit à notre reconnaissance infinie, à notre hommage sincère et éternel car ce sont elles, par leur abnégation de tous les instants, qui ont élevé et éduqué les générations de militants qui ont éveillé le sentiment nationaliste du peuple algérien et réussi à libérer le pays du joug colonial. Plus près de nous, les jeunes femmes ont accéléré le mouvement pour l’émancipation du sexe faible en participant avec ardeur au combat pour la libération de l’Algérie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

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