La Créativité de l’Architecture Mamelouk

27 06 2018

 

 

 

 

 

 

Nombreux sont les aspects créatifs qui ont marqué les différents domaines de l’architecture islamique à l’époque mamelouke. S’il est bien évident que les Mamelouks conservèrent certaines caractéristiques des modèles traditionnels dans quelques constructions, comme le plan hypostyle des mosquées qui se maintient clairement dans la mosquée de al-Dahir Baybars, dans celle de al-Nasir Muhammad dans la Citadelle du Caire, ou dans celle de al-Tunbugha al-Maridani entre autres, le désir d’innovation n’en a pas moins caractérisé cette période. L’époque mamelouke a donc contribué aux réussites architecturales les plus représentatives, dans lesquelles le vocabulaire architectural s’est modifié de différentes façons. 

 

 

 

Les édifices destinés à des fonctions diverses (religieuses, éducatives et charitables) sont rassemblés en d’impressionnants complexes - abritant souvent la tombe du mécène – conçus pour glorifier la mémoire du fondateur. Dans le quartier al-Nahhasin, le complexe du sultan al-Mansour Qalawun, qui combine une madrasa et un mausolée avec un hôpital, est considéré comme le plus ancien et le plus grand du nouveau style architectural mamelouk qui nous soit parvenu dans un état proche de l’original. Tout au long de l’époque mamelouke, ces complexes étaient situés de préférence dans les rues principales, sur des parcelles de plus en plus petites et irrégulières du fait de la saturation du tissu urbain. Plus l’espace se raréfiait, plus les édifices gagnaient en hauteur pour compenser l’étroitesse de la surface occupée. La typologie des plans se diversifie, et l’on voit apparaître une surprenante variété de plans des plus ingénieux – un des traits les plus caractéristiques de l’architecture mamelouke -, tandis que se multiplient les constructions à usage public tels les sabilskuttabs, hôpitaux, hammams et autres. 

 

 

 

L’incorporation des sabils aux madrasas trouve sa plus ancienne expression dans celui que al-Nasir Muhammed annexa en 726/1326 à la façade est de la madrasa construite par son père al-Mansour Qalawun.

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Kubba de al-Manufi – Le Caire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fusion entre les différents types de plans de mosquées et de madrasas conduit à la division de l’iwan de la qibla en nefs au moyen d’arcades. La madrasa de al-Mansur Qalawun, à al-Nahhasin, fournit le premier exemple de cette configuration. L’organisation raffinée des madrasas à iwans se révèle dans sa structure, composée d’une cour centrale découverte flanquée de quatre iwans disposés en croix, dont le plus grand correspond à celui de la qibla. L’exemple le plus ancien, celui de la madrasas de al-Dahir Baybars, située dans la rue al-Mu’izz, date de 662/1263, tandis que le plus représentatif correspond à la madrasa du sultan Hassan.  

 

 

Couronnant la koubba de al-Monufi, située dans le Petit Cimetière du Caire et qui date de la fin du VIIIe/XIIIe siècle, apparaît le premier spécimen de gawsaq (kiosque), alors que cet élément sur colonnes se manifeste pour la première fois sur le minaret de al-Tunbugha al-Maridani (739/1340). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mosquée de Qaytbay, ensemble et détails du minaret (XVe. siècle)

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mosquée Qanibay Emir Akhur, Minaret à double couronnement 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau type de minaret apparaît, caractérisé par la diversité de ses plans, qui passent de la forme carrée à la forme octogonale et à la circulaire, et par la délicate et parfaite décoration de son fût. Ces minarets sont remarquables non seulement par leur hauteur extrême, mais aussi parce qu’ils représentent l’apogée de leurs propres valeurs architecturales et artistiques. 

Au VIIIe/XIVe siècle, le couronnement du minaret égyptien se développe jusqu’à adopter cette forme de bulbe qui le différencie des autres minarets du monde islamique et, à la fin de l’époque mamelouke, apparaît le minaret à double couronnement (ou couronnement jumeau). Cette dernière typologie peut être observée avec le minaret de la mosquée de al-Ghuri, avec celui construit par le même sultan dans la mosquée al-Azhar, et avec celui de Qanibay Emir Akhur, sur la place Salah al-Din (place de la Citadelle). Les coupoles prennent de l’ampleur, et ne couvrent plus seulement une travée unique devant le mihrab, à la manière des coupoles de l’époque fatimide – parmi lesquelles figure celle du mihrab de la mosquée de al-Hakim bi-Amr Allah, le modèle le plus représentatif de celles qui ont été conservées -, mais elles sont agrandies pour couvrir dorénavant les trois travées qui font face au mihrab. On en trouve des exemples dans la mosquée de Baybars al-Bunduqdari, dans celle de al-Nasir Muhammad dans la Citadelle et dans celle de al-Tunbugha al-Maridani, dans la rue al-Tabbana. 

 

 

 

 

 

Un soin particulier est apporté à la décoration des façades, réalisée en pierre et en stuc et dont le répertoire comprend des motifs géométriques et floraux, des bandeaux d’inscriptions et d’autres registres sur les arcs et les murs, comme al-ablaq ou al-muchahhar (tous deux en maçonnerie bicolore en noir et blanc ou blanc et rouge). C’est au cours de cette période qu’apparaît, avec l’accès à la madrasa du sultan Baybars, dans le quartier al-Gamaliyya, le premier modèle d’entrée à mouqarnas de l’architecture islamique en Egypte. Autres innovations, les pendentifs à mouqarnas, qui meublent les zones de transition avec les coupoles et dont l’application la plus ancienne se trouve sur les arcs de la koubba de Tankizbugha (VIIe/XIVe siècle), dans le petit Cimetière. 

 

Durant l’époque des Mamelouke circassiens, la maîtrise du travail des mouqarnas progresse considérablement et atteint un niveau élevé qui en fait un art d’une suprême maestria, en multipliant le nombre de rangées, qui va jusqu’à osciller entre huit et treize.  

 

 

 

D’autre part, l’utilisation des matériaux disponibles dans les environs répond à la nécessite de pallier les rigueurs du climat. C’est ainsi qu’on emploie la pierre pour la construction des murs extérieurs, les étages inférieurs, les coupoles et les voûtes, tandis que la brique cuite est utilisée pour la construction des lieux d’aisance dans les différents édifices, les citernes d’eau dans les sabils et la salle chaude des hammams ; pour le revêtement des murs, sols, sabils, et colonnes, on emploie le marbre ; et le bois est utilisé pour les toits, les machrabiyyas (ou moucharabieh), les claires-voies, les portes, les fenêtres, les minbars et les dikkat al-muballigh (tribunes des répétiteurs) – autant d’éléments caractéristiques de l’époque mamelouke.    

 

 

 

En dehors du Caire, épicentre du mécénat mamelouk, des styles régionaux se développent dans d’autres villes auxquelles se consacrèrent moins d’émirs mamelouks. Par exemple, dans la plupart des villes du Delta – dont les plus importantes sont Rosette et Fuwa – , on a recours à un style local de décor architectural appelé al-mangur, caractérisé par l’emploi alterné de brique de couleur rouge et noir – à micuisson, la brique rouge est cuite une seconde fois pour prendre la couleur noir – avec des joints réalisés au moyen d’un mortier blanc qui tranche, si bien que la construction elle-même revêt à son tour une forme décorative caractéristique. 

 

 

 

 

 

 

 

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Mosquée de Abu al-Makarim: détail de l’entrée avec maçonnerie bicolore, Fuwa. 

 

 

 

 

 

 

Aussi bien les documents d’époque que les inscriptions des constructions font état des noms des architectes qui réalisèrent ces grands monuments, au premier rang desquels il faut citer Ibn al-Suyufi, le plus important architecte du sultanat de al-Nasir Muhammad Ibn Qalawun. Parmi ses œuvres les plus emblématiques figurent la madrasa al-Aqbughawiyya, incorporée à la mosquée al-Azhat par l’émir Aqbugha Abd al-Wahid en 740/1339, et la mosquée al-Tunbugha al-Maridani. 

Parmi les architectes de la seconde période mamelouke, la famille toulounide occupe aussi une place éminente. Elle eut le mérite d’ériger la madrasa du sultan Barquq, le premier des sultans circassiens, ainsi que les bâtiments construits par Qaytbay au cours de son règne. A la fin de l’époque mamelouke brillera aussi l’étoile de l’architecte Inal, qui supervisa la construction de la mosquée du sultan al-Ghuri. 

 

 

 

 

 

D’une manière générale, les architectes mamelouks étaient confrontés à trois contraintes principales : la localisation des édifices dans les rues principales et leur intégration dans des parcelles irrégulières, l’orientation en direction de La Mecque de tout espace destiné à la prière, et le désir des mécènes que leurs édifices soient visibles depuis un maximum de points de la ville.

Tous les architectes de cette époque se distinguent pour avoir conçu leurs édifices selon ces critères, ce qui est particulièrement évident dans les mosquées de al-Tunbugha al-Maridani et de Qujmas al-Ishaqi. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 
  
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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