Aïd-el Foul

4 04 2018

 

 

 

 

 

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A quelques pas du jardin d’essai, sur la plage, et non loin de l’Oued-Krenis, plus connu sous le nom du ruisseau, on voyait la koubba de Sidi-Belal, à moitié enfoncée sous les sables. C’est là, dit M. de Rouzé, que les nègres d’Alger venaient, chaque année, célébrer l’Aïd-el Foul, la fête des Fèves. Cette fêle avait lieu un mercredi, à l’époque appelée Nissam par les indigènes, c’est-à-dire, celle où commence à noircir la plante qui porte les fèves. Jusque-là les nègres s’abstenaient de manger de ce légume. 
   

 

Les traditions ne sont nullement d’accord au sujet de Sidi Belal, si fort en honneur parmi les nègres : quelques uns 

croient pouvoir le rattacher au Belal, esclave noir de Mohammed, qui embrassa l’islamisme l’un des 
premiers. Celte version ne paraît guère admissible, malgré l’identité du nom de Belal, qui fut effectivement le 
premier noir musulman. 
   

 

Affranchi par Mohammed, il avait été chargé par lui de la surveillance des fontaines. Mais les sacrifices et les 
cérémonies de la fête s’accordaient peu avec l’honneur qu’on voulait lui faire. Les nègres, dans leur pays natal, 
sont encore tous adonnés à l’idolâtrie : ils ne reconnaissent en rien la religion de Mohammed, à laquelle ils ne sont initiés qu’après être tombés au pouvoir des musulmans. 

 

 

 

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En reproduisant donc à Alger, une fêle qui leur rappelait leur pays natal, il est peu probable qu’ils eussent en 
vue de glorifier un souvenir des premiers jours de l’islamisme. Si l’on considère en outre que, sous le gouvernement des Turcs, alors que toutes les fêtes musulmanes étaient célébrées avec une rigoureuse observation, jamais les nègres n’avaient évoqué la mémoire de leur patron, et qu’ils n’avaient commencé à la faire qu’à l’abri de la tolérance des cultes, on sera conduit à chercher une autre origine. 
Le nom de Belal semble rappeler Belus ou Baal, ou Bel, ce dieu importé en Afrique par les Phéniciens, et à qui on offrait des sacrifices d’animaux de toutes espèces; et l’Aïd-el-Foul pourrait bien n’être autre chose qu’une trace, persistant à travers les siècles, du culte rendu à ce faux dieu. Du reste, le sacré était mêlé au 
profane dans le cérémonial de cette fête. 
   

 

Elle consistait d’abord à célébrer le Fatha ou prière initiale du Coran et à égorger ensuite un boeuf, des moutons, des poulets, au milieu de danses et de chants. Le bœuf destiné au sacrifice était préalablement couvert de fleurs; sa tète était ornée de foulards, et ce n’était qu’après que les sacrificateurs avaient exécuté des danses, dans lesquelles ils tournaient sept fois dans un sens et sept fois dans un autre, que l’animal recevait le coup 
mortel. La manière dont l’animal subissait la mort, soit qu’il tombât subitement sous le couteau qui l’avait 
frappé, soit qu’il s’agitât dans une pénible et lente agonie, était le sujet de pronostics heureux ou malheureux qu’interprétaient aussitôt les aruspices noirs. 
   

 

Après le sacrifice, commençait la danse nègre. La troupe des enfants du Soudan se dirigeait vers un bassin carré rempli d’eau, consacré à Lella-Houa, sainte femme qui est également en grande vénération chez eux. Dans ce moment, on voyait des individus, hommes ou femmes, se précipiter, ruisselants de sueur, dans les eaux de la 
mer, d’où leurs compagnons avaient grand’ peine à les retirer. 
   

 

D’un autre côté, et sous des tentes improvisées, les négresses s’occupaient à faire cuire les fèves, les premières que les nègres devaient manger de l’année, et qui servaient d’assaisonnement au mouton et au couscoussou, base du festin. Tout le reste de la journée se passait en danses et en chants, auxquels la musique appelée 
derdeba, c’est-à-dire l’horrible tapage si aimé des nègres, servait d’accompagnement. Les autres musulmans, habitants d’Alger, s’abstenaient en général d’assister à ce spectacle. Il n’en était pas de même des femmes qui, probablement excitées par les récits de leurs négresses y venaient en foule. Il est juste de dire cependant que les femmes qui appartenaient aux principales familles ne figuraient pas dans ces réunions. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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