Histoire de la Gazelle et du Lion de Mansoura

7 03 2018

Conte de Tlemcen

 

 

 

 

 

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Tlemecen est une ville florissante et riche où s’arrêtent les caravanes du grand désert; ses guerriers sont nombreux et intrépides, les beys des princes magnifiques; ils sont aimés d’Allah et adorés des tribus. Ali, le bey, avait une fille plus belle que la plus belle Heur de ses jardins; sa voix était plus douce que la voix de l’ange, ses yeux étaient fendus et timides comme ceux d’une gazelle effrayée. Lorsque, par hasard, un mortel la voyait, il en devenait fou s’il n’en perdait la vie.

 

Elle s’entourait toujours d’un long voile qui couvrait sa tête et son corps, et retombait sur la pointe de ses sandales, laissant entrevoir le pied d’une biche. — Les femmes esclaves la suivaient dans ses promenades et ne la quittaient jamais.

 

Mais le Seigneur Dieu avait mis dans la florissante ville de Tlemecen, en même temps que le bey Ali et sa fille, un homme pauvre qui gagnait sa vie à de petits trafics avec les chameliers des caravanes. Il s’appelait Kaddour, les pauvres l’aimaient, les riches ne le connaissaient pas, car les riches ne sont pas bons mahométans, et ne vont pas au devant des pauvres. Kaddour avait un fils jeune, déjà renommé dans les guerres, et beau comme l’ange des batailles. Sa taille était droite et hardie comme celle d’un pin de la montagne, ses yeux vifs et braves comme ceux du lion magnanime, et sa voix forte, comme celle d’un soldat du Prophète. Un jour, après s’être promené dans les grands et magnifique jardins qui entourent la ville, le fils de Kaddour s’assit près d’un ruisseau et s’endormit sous le feuillage d’un citronnier chargé de fleurs. Le Seigneur lui apparaissait en songe, car ses lèvres laissaient échapper un doux sourire. — Tout-à-coup un bruit léger le réveille; il aperçoit une femme à demi-voilée qui venait à lui. Il se cache, et cette femme, appelant ses esclaves, leur donne son voile. — C’est la fille du Bey ; le jeune homme la voit, sa raison s’égare, il veut sortir du bosquet, mais la jeune fille, effrayée par le bruit des feuilles, s’enfuit et disparaît à ses yeux.

 

 

Depuis, le malheureux enfant de Kaddour ne put chasser l’amour qui s’était glissé dans son âme. Il revenait à chaque heure du jour dans les jardins, mais sans rencontrer celle qu’il y cherchait.

Le pauvre marchand, qui voyait dépérir son fils, voulut savoir la cause de son chagrin, et n’y parvint qu’après l’avoir bien tourmenté. Effrayé des dangers qu’il affrontait, craignant la colère du Bey, il va trouver le fou Ben-Meida, saint homme que tout le monde adorait, et qui faisait des miracles.—Après s’être prosterné devant le saint, Kaddour lui conta ses peines et lui demanda conseil. — Je sais, répondit le fou, que la fille du Bey, est amoureuse comme une tourterelle, de ton fils, l’heureux Salem; mais les deux amants ne pourront parler de leurs amours qu’en échangeant leurs formes humaines contre celles des animaux qui courent la plaine et le désert. Si ton fils veut prendre la peau d’un lion, elle prendra la tunique d’une gazelle, et le bois d’oliviers de Mansoura sera le heu de leurs rendez-vous amoureux.

 

Après avoir baisé les haillons du fou, le marchand le remercia, et fut trouver son fils auquel il raconta les paroles saintes et prophétiques du marabout. Salem, au comble du bonheur, consentit avec joie aux conditions imposées, et disparut aussitôt de la maison de son père. Les gardes de la porte de Maghreb furent effrayés par l’apparition subite d’un lion qui s’élança vers Mansoura, et les soldats qui gardaient la porte du Levant (men el-Chark), ne furent pas moins surpris du passage rapide d’une jeune gazelle qui franchit les barrière et se perdit dans la plaine.

 

Dès le lendemain, tout le beylick fut en grande rumeur, les cavaliers couraient les plaines et les montagnes, pour retrouver la jeune fille du bey, disparue. Le bey Ali, après l’avoir redemandée au Seigneur Dieu et à tous les hommes, mourut de chagrin.

 

Le marchand Kaddour riait seul dans sa barbe. Cependant, ne voyant pas revenir son fils chéri, le seul espoir de sa vieillesse, il fut trouver le saint, pour lui demander à faire redevenir homme le lion.—Mais le fou fit d’horribles grimaces, et se mit à rire aux éclats, en lui disant qu’il ne le comprenait pas. — Jamais il ne put se ressouvenir de la métamorphose qu’il avait faite !!!

 

Souvent les chasseurs ont poursuivi une jolie gazelle, légère comme le vent qui souille sur la mer des tourbillons du désert. Mais ils ont toujours entendu des rugissements terribles qui grondaient dans les ruines de Mansoura et qui effrayaient leurs chevaux. — On voit souvent dans la forêt des oliviers, un lion superbe, qui protège et défend une timide gazelle, —c’est le malheureux Salem près de sa belle amante.

 

 

Dieu seul est Dieu, il est juste et punit les ambitieux comme les femmes infidèles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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