Halilifa: La Salvatrice de Constantine

5 03 2018

 

 

 

 

 

Dès que son autorité fut bien établie (1700), Mourad-Bey (de Tunis) résolut de tirer vengeance des Turcs d’Alger et de Constantine, il fut encouragé dans ses entreprises par les Henancha, parents de sa mère. Selon l’auteur tunisien Ben-Abd-El-Aziz, la rupture éclata à la suite du refus des cadeaux qu’il avait 
expédiés au dey d’Alger, Hassan Chaouch. Dès lors, Mourad prépara une grande expédition et entra en relations, si déjà cela n’avait pas eu lieu, avec Moulaï-Ismaïl, le sultan de la dynastie chérifienne du Maroc. Il fut convenu entre eux que celui-ci envahirait la province d’Oran, à la tête d’une puissante armée, tandis que Mourad arriverait de l’est. 

 

Au commencement de l’été 1700, le bey tunisien se mit en route vers l’ouest avec des forces imposantes et vingt-cinq canons. Lorsqu’il fut arrivé près de Constantine, il rencontra le bey de cette ville, Ali-Khodja, sorti à sa rencontre, à la tête des troupes turques. La bataille eut lieu à El-Melâb (l’hippodrome) et se termina par la défaite complète du bey qui perdit ses meilleurs guerriers. Mourad fit couper les têtes des ennemis morts et les envoya à Tunis avec ordre de les pendre aux créneaux.  

 

 

Un deuxième combat fut encore plus funeste aux assiégés et chacun s’accorde à dire que si les Tunisiens avaient profité de la stupeur causée par ces revers, ils seraient entrés sans difficultés à Constantine. Mourad préféra entreprendre le blocus régulier de la ville; il le maintint durant trois longs mois, dans le cours desquels il s’empara d’un fort situé, sans doute, sur le mamelon du Koudiat et fut rejoint par Khalil, gouverneur de Tripoli, lui amenant des renforts. 

 

 

 

Selon une tradition recueillie à Constantine,  les assiégés, se voyant perdus,envoyèrent un courrier à Alger pour demander des renforts.
Par une nuit sombre, ils descendirent Ben-Zekri, le Bach-seiar du bey (courrier du cabinet) du haut de la cour romaine, dans un panier de palmier nain. Sa jument Halilifa fut descendue en même temps dans un filet. L’ennemi ne put voir ce manège. Ben-Zekri se rendit auprès du pacha, en trois jours, par la route de Hamza. Il dépeignit si éloquemment la situation qu’il provoqua un mouvement populaire, dans lequel Hassan-Chaouch fut déposé. Le nouveau dey, Hadj-Moustafa, se hâta d’envoyer vers l’est toutes les troupes disponibles pour sauver Constantine. 

 

En mémoire de l’avantage remporté sur Mourad-bey, les gens de Constantine composèrent un mahdjouz, محجوز‘ ou chant de guerre dont on a que les premières strophes. En voici le commencement: 

 

 

Chut! Voici l’armée d’Alger! 
C’est Ben-Zekri qui l’amène, 
Ben-Zekri, l’intrépide cavalier. 
Monté sur Halilifa, 
La mignonne et la soyeuse. 
Halilifa va paître avec les gazelles, 
Et revient avec les vaches. 
Elle se lave les mains 
Et dîne avec le sultan. 
Sa litière est un lit de soie ; 
On emmaillote son corps avec de la mousseline. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Halilifa: La Salvatrice de Constantine dans Attributs d'Algérienneté 1515432458-520px-blason-de-constantine2

Blason de Constantine: L’Azur représente le ciel d’Algérie, les gueules (d’un mot persan signifiant les couleurs) symboliseraient le désert ; ou, selon une autre signification, les gorges du Rhumel (décrites par Guy de Maupassant telles q’un « Abîme rouge comme si les flammes éternelles l’avaient brûlé« ).

Le chevron représente le confluent en amont et près de Constantine des Oueds Rhumel et Bou Merzoug. Certains croient y voir l’éperon des cavaliers arabes. Le barbeau est l’évocation du Rhumel qui traverse la ville ; poisson commun des oueds algériens. La couronne murale est le timbre normal des blasons des cités. Ici, elle a une signification particulière. Constantine (ex. Cirta) était dès la plus haute antiquité, un place forte, entourée de solides fortifications. Quant au cheval, à robe noir de Numidie (gai signifiant nu c’est à dire ni sellé ni bridé), il rappelle l’importance de l’animal de selle pour les populations de la région. Il peut rappeler aussi le souvenir de la célèbre jument noire Halilifa, passée dans la légende arabe, qui par son instinct, sa vigueur et son galop, contribua à la délivrance de Constantine assiégée par les Tunisiens en 1700.


 

 

 

 

 

 

 

A cette nouvelle, Mourad leva le siège de Constantine et s’avança à la rencontre des Algériens. Les deux troupes se trouvèrent en présence à Djouamâ-El-Eulma, auprès de la zaouia de Mâmmra, à une journée à l’est de Sétif. Pour contrebalancer l’avantage du nombre qui était aux Tunisiens, les Algériens attaquèrent courageusement, à l’improviste et sans doute de nuit, leurs adversaires, dans leur camp, et 
en firent un carnage horrible; bientôt les débris de l’armée tunisienne, avec le bey en tête, furent en déroute (3 octobre 1700). Le butin recueilli par les Algériens et le nombre des prisonniers qu’ils arrêtèrent furent considérables. Ils ne tardèrent pas à arriver à Constantine, tandis que Mourad gagnait Tunis, sans avoir pu rallier ses fuyards, avant le Kef. 

Peu après, le cherif Moulaï-Ismaïl était entièrement défait, dans la région du Chelif, par l’heureux dey d’Alger, 

 

Ali Khoudja, bey de Constantine, avait été tué, soit dans une sortie, soit dans la dernière bataille. Il fut remplacé par Ahmed, fils de l’ancien bey 
Farhate, dont la famille avait déjà fourni trois beys au pays. 

Cependant, à Tunis, Mourad, en dépit des bons offices de la Porte qui avait voulu amener ses représentants de Berbérie à conclure la paix, se préparait à une nouvelle campagne. Au mois de mai 1702, il sortit de Tunis à la tête de toutes ses troupes; mais parvenu à l’Ouad-Zerga, 
près de Badja, une sédition, depuis longtemps préparée par ses officiers, éclata dans son camp et il périt massacré. Son agha des spahis, Ibrahim-Chérif le frappa le premier et recueillit son héritage. Les parents du malheureux Mourad furent recherchés et mis à mort, ce qui détermina son aïeul maternel, le cheikh des Henanecha à se rapprocher des Turcs de Constantine. Bientôt, cet Ibrahim-Chérif réunit en sa personne les fonctions de bey, de dey et de pacha et ainsi fut détruite une division de pouvoirs qui avait été si funeste à l’autorité turque, à Tunis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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