Timgad: L’Arc de Triomphe (De Trajan)

3 03 2018

 

 

 

 

 

Timgad: L'Arc de Triomphe (De Trajan) dans Archéologie 1515340907-timgad-une

 

 

 

 

Il importe de distinguer entre l’arc [fornix], élevé par un particulier pour rappeler sa mémoire ou pour orner une ville et l’arc de triomphe (arcus triumphalis), érigé pour perpétuer la gloire d’une victoire.

Sous la République romaine, les arcs permanents dont il est fait mention, rentrent dans la première catégorie; à cette époque, on n’employait que des constructions provisoires en bois, jetées en travers de la rue par où passait le triomphe et retirées après la pompe.

Plus tard, sous l’Empire, ils lurent convertis en édifices permanents, bâtis en marbre et élevés dans différentes parties des villes, aussi bien à Rome que dans les provinces. Petits d’abord et sans faste avec une seule arcade, ils prirent dans la suite des proportions plus grandes et furent recouverts de sculptures et de statues, comme, par exemple, l’arc de Septime Sévère à Rome, ceux de Titus, de Constantin, etc.

L’arc formant une des entrées du Forum à Pompéi s’appelait Fornix; il en était de même des arcs élevés par Scipion l’Africain avant le commencement d’une campagne, et par L. Sterninius à l’expiration de son commandement qui se termina sans qu’il obtint les honneurs du triomphe.

« Les portes et les arcs de triomphe, très rares chez les Grecs, sont très fréquents chez les Romains. Aussi ces monuments, issus des circonstances politiques du peuple romain, portent-ils l’empreinte exclusive du génie artistique de Rome » (1)

La différence entre les portes grecques et les portes romaines au point de vue de la structure est dans l’emploi de la voûte qui caractérise ces dernières. Le système de plates-bandes des Grecs et leurs savantes superpositions de pierres en surplomb ne put jamais atteindre l’effet produit par l’arc des Romains.

La forme la plus simple pour les portes est l’arcade unique; il y en a des exemples nombreux et notamment en Afrique à Lambèse , à Marcouna, à Djemilah, à Khremissa, à Announa, à Zana, à Haydra, etc., etc. Viennent ensuite les portes à trois passages, dont celui du milieu est plus élevé que les deux autres. Tels sont : la principale entrée de Pompéi en venant d’Herculanum; les arcs de Septime Sévère et de Constantin à Rome; de Septime Sévère à Lambèse; de Trajan à Thamugadi, etc. 

Ce dernier monument est fort bien conservé. Une inscription (2) dont quelques fragments ont été trouvés en 1853 par un officier, M. Becker, et revus plus tard par Masqueray, ne laisse aucun doute sur l’époque de sa construction. En voici la traduction:

« L’empereur César Nerva Trajan Auguste le Germanique, 

fils du divin Nerva, 

souverain pontife, revêtu pour la quatrième fois de la 

puissance tribunice, trois fois consul, père de la patrie, fonda la colonie Marciane Trajane de

Thamugadi par les soins de la IIIe légion Auguste, Lucius Munatius Gallus étant légat 

impérial propréteur. »

 

C’est donc bien en l’an 100 de notre ère qu’il faut faire remonter la fondation de la cité, le troisième consulat de Trajan coïncidant avec cette date. 

 

 

 

L’Arc de Trajan est le plus élégant de proportions de tous ceux qu’on rencontre en Afrique où ils sont fort nombreux. Le style de ses sculptures, fort soigné, est très particulier et son ordonnance architecturale est remarquable. Les matériaux qui le composent sont : le grès du pays, le calcaire blanc de Menah et le marbre; ce mélange produit une diversité de tons du plus heureux effet.

 

La grande arcade du milieu a 6 m. 93 de hauteur sur 4 m. 20 de largeur et 3 m. 10 d’épaisseur. Elle est surmontée d’un entablement complet et d’un attique n’ayant plus qu’une partie de son architrave . Au-dessus des deux arcades des côtés se trouvaient des niches rectangulaires ornées de statues et décorées de colonnes en marbre coloré reposant sur des corbeaux finement sculptés en pierre calcaire de Menah. Des frontons circulaires (3) couronnaient ces travées latérales : ils n’existent plus dans la partie Sud. Quatre belles colonnes détachées, à cannelures garnies de rudentures dans la partie basse, flanquent les deux faces principales du monument; elles sont en calcaire blanc (et non pas en marbre, comme on l’a dit souvent). Portées sur des piédestaux en grès jaune, elles ont 0 m. 60 de diamètre à la base et 5 m. 7o de hauteur; l’ordre en est corinthien et les chapiteaux des colonnes du milieu de la face occidentale ont des aigles sculptés en forme de caulicoles. Suivant l’usage, un groupe de figures avec quadrige devait occuper le dessus de l’attique. En ce qui concerne l’appareil, le clavage des arcades dépasse la largeur des archivoltes, ainsi qu’on en rencontre tant d’exemples dans la construction des édifices romains.

 

Des bornes milliaires, qui se trouvent du côté Ouest de l’Arc de Trajan, prouvent que ce monument servait de point de départ pour compter les distances. Deux piédestaux hexagonaux (4) sont placés devant les colonnes qui encadrent la grande baie centrale de l’arc, sur la face Est. Sur celui de droite on voit une dédicace à Mars, malheureusement très mutilée; celui de gauche porte une inscription dont voici la traduction:

« A la concorde des Augustes, nos maîtres : l’empereur L. Septime Sévère et Marc-Aurèle Antonin-le Pieux, heureux, Auguste, Parthique-le-Grand, Britannique-leGrand, Germanique; Augustes, et de Julia Augusta, L. Licinius Optatianus, à 

cause de l’honneur du flaminât perpétuel, avait promis d’élever des statues moyennant 20 mille sesterces, avec leurs bases, et cela en plus de la somme légale qu’il devait pour cet honneur; il a augmenté encore la somme et, finalement, a élevé les dites statues pour 35 mille sesterces; il a distribué en outre des cadeaux aux 

décurions, a offert un repas aux curies, a donné des

 jeux scéniques et a dédié le monument. »

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Decumanus maximus vers l’Arc

Le decumanus maximus est un axe routier est ouest.

 

 

 

 

 

 

En suivant le Decumanus dans la direction de Mascula et de Théveste, on rencontre les ruines de l’arc  dont les colonnes gisent à terre; il en est de même de la porte orientale de la ville située plus loin et qu’on peut désigner sous le nom de porte de Mascula. Nous n’avons aucun renseignement sur celle qui se trouvait au sud de la cité; jusqu’ici son emplacement ne saurait être déterminé. Il est fort probable qu’elle a été démolie pour être réemployée dans la construction du Fort byzantin qui a été élevé près de là.

La porte Ouest ou de Lambèse, au contraire, a été mise à jour par soins; elle était ornée de quatre colonnes (5) sur chaque face et percée d’une seule ouverture, large de 4 m. 12; les trous destinés à recevoir les pivots de la fermeture existent encore.

La porte Nord  qui conduisait à Cirta, a été également déblayée; elle est bien plus épaisse que la précédente. Son unique ouverture était flanquée de deux pièces servant de corps de garde ou de postes pour les gardiens; on y pénétrait par une petite entrée disposée latéralement. Une colonne engagée et un pilastre de même saillie, d’ordre corinthien, décoraient chaque côté des deux faces Nord et Sud. La largeur de l’arcade est de 3 m. 50; là aussi on voit les trous des pivots creusés dans une dalle. Les pilastres et les colonnes ont 0 m. 75 de largeur à la base; l’épaisseur des bâtiments de la porte est de 4 m. 20; les portes ont 2 m. 75 sur 2 m. 65. En avant de la porte, de chaque côté de l’ouverture centrale, nous avons constaté sur le dallage la trace de piédestaux, aujourd’hui disparus, dont la base mesurait 2 m. 15 x 2 m. 15.

Deux inscriptions ornaient les faces Nord et Sud de l’attique de l’édifice : l’une est identique à celle de l’Arc de triomphe, à part de légères différences dans la disposition des lettres; l’autre est une dédicace à Antonin-le-Pieux et nous reporte à l’année 148. On la traduit ainsi:

« A l’empereur César, fils du divin Hadrien, petit fils du divin Trajan le Parthique, arrière-petit fils du divin Nerva, à T. Hadrien Antonin-le Pieux, Auguste, père de la patrie, empereur pour la deuxième fois, grand pontife, revêtu pour la vingt-deuxième fois de la puissance tribunice, consul pour la quatrième, L. Novius Crispinus, légat impérial propréteur, consul désigné, patron de la colonie, dédia ce monument par décret des décurions, avec les deniers publics. »

 

De la présence de ces deux inscriptions, il résulte que la porte Nord étant, comme l’arc dit de Trajan, datée de l’an 100, pourrait, aussi bien que l’Arc de triomphe, porter le nom du grand empereur. En second lieu, la dédicace de l’an 149 semble indiquer que le monument a été terminé à cette date ou, plus probablement, a été l’objet de quelques remaniements.

Le même raisonnement doit s’appliquer à la porte de Lambèse, au bas de laquelle L. Renier a découvert une inscription incomplète, nous reportant à vingt années plus tard. Elle est ainsi conçue:

« A l’empereur César MarcAurèle Antonin Auguste, l’Arménien, le grand Parthique et Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la vingtième fois de la puissance tribunice……….empereur pour la……fois, consul pour la troisième; et à l’empereur César L. Aurelius Verus, Auguste, F Arménien, le grand Parthique, Médique, père de la patrie, grand pontife, revêtu pour la septième fois de la puissance tribunice…. empereur pour la…….fois, consul pour la troisième »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1): La vie antique, par 0. Riemann, p. 143.

 

(2): Cette inscription était jadis gravée sur la face Ouest de l’attique de l’arc: elle avait t m. 10 de haut et 2 mètres de largeur. Celle qui figurait sur l’autre face n’a pas été retrouvée.

 

(3): L’arc de triomphe de Timgad est peut-être le seul ayant cette disposition de frontons circulaires.

 

(4): En examinant avec soin le dallage sur lequel reposent ces piédestaux, on remarque la trace de deux autres bases rectangulaires qui ornaient primitivement le bas de l’arc de triomphe.

 

(5): Ces colonnes cannelées avec rudentures à la partie inférieure ont 0 m. 65 de diamètre inférieur; 0 m. 55 de diamètre supérieur. La hauteur du chapiteau est de 0 m. 65 ; de la base, 0 m. 29. Les colonnes, détachées, sont adossées à des pilastres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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