• Accueil
  • > Histoire
  • > La guerre froide: Un instrument utilisé par l’Etats -Unis

La guerre froide: Un instrument utilisé par l’Etats -Unis

19 02 2018

pour dominer le monde capitaliste et le Tiers-Monde

 

 

 

 

 

 

 

La guerre froide: Un instrument utilisé par l'Etats -Unis  dans Histoire 1514646078-guerre-froide

 

 

 

 

 

La guerre froide a été l’instrumentalisation de la menace soviétique par les Etats-Unis, centre du système, pour contraindre les pays du Tiers-Monde à entrer dans le système, et les alliés capitalistes à se maintenir dans une position subordonnée. La ligne de partage Est/Ouest a donc finalement moins d’importance que les relations centre/périphérique (ce qu’en termes politiques on peut appeler le Nord/Sud), et que les relations entre pôles à l’intérieur du Centre (les relations Ouest/Ouest). Immanuel Wallerstein, figure la plus importante de ce type d’approche, voit dans Yalta un modus vivendi des Etats-Unis avec le seul pouvoir militaro-politique qui échappait à leur emprise, dans la prétendue menace communiste une justification pour réduire les velléités gauchistes aux Etats-Unis et dans le monde, dans le monde communiste une réserve d’espace pendant que les Etats-Unis s’efforçaient d’intégrer le reste du monde au système. Par la guerre froide, les Etats-Unis, puissance hégémonique, combattaient toutes les forces antisystémiques, soutenues de façon discontinue par l’Union soviétique, qui s’opposaient au triomphe de l’ordre économique sous hégémonie américaine. Ils favorisaient l’intégration dans le système-monde capitaliste et, parce qu’ils étaient l’Etat le plus puissant, ils prétendaient gérer la contradiction fondamentale entre les impératifs internationalistes du capitalisme et les instincts autarciques du système d’Etats-Nations. La prospérité des années 1945-73 fut le produit de cette hégémonie : système de Bretton Woods, marché commun ouest-européen, système régional de croissance d’Asie oriental…..

 

 

 

Prenons l’exemple de l’intérêt croissant des Etats-Unis pour l’Asie du Sud-Est dans les années 1947-50. Le souci de réserver une région vitale (pour ses communications et ses matières premières) au redressement de l’Europe occidentale et du Japon, une région qui procurait des dollars aux métropoles exsangues, et donc permettait de mettre en place l’ordre multilatéral du capitalisme libéral que souhaitaient les Etats-Unis, a été conforté par la logique de guerre froide (crainte de l’effet domino, nécessité de soulager les alliés européens du fardeau des guerres coloniales pour qu’ils puissent se concentrer sur le danger soviétique en Europe, nécessité aussi du redressement ouest-européen et japonais pour préserver une corrélation mondiale des forces favorables face à l’URSS, acceptation dans l’urgence du protectionnisme colonial, du despotisme et du colonialisme, volonté de compenser, aussi pour des raisons de politique intérieure, la perte de la Chine…). La Corée par exemple était importante en 1950 moins par rapport à l’Union soviétique que par rapport au Japon. S’est mis en place en effet un système organisé par les Etats-Unis et centré sur le Japon, qui a permis à celui-ci de retrouver son rôle dans la division régionale du travail qu’il avait instaurée durant la période coloniale, et qui a permis à un pays comme la Corée du Sud de poursuivre une industrialisation entamée sous occupation japonaise. La différence est que Washington après 1950 a poussé Tokyo à interrompre ses relations commerciales avec la Chine communiste, et à orienter ses exportations vers un marché américain qui multipliait les privilèges (ouverture sans réciprocité, yen sous-évalué) pour le Japon. D’où l’extraordinaire prospérité régionale. 

 

 

 

 

Autre exemple : le Moyen-Orient. Certes l’intérêt précoce que les Etats-Unis ont eu pour cette région est fortement lié à la nécessité d’avoir des bases aériennes sûres pour lancer des offensives aériennes en cas de guerre contre l’URSS. Certes aussi, les conseillers les plus influents de la présidence étaient obsédés par le rapport de force idéologique et politique avec l’URSS, et ont crée un « Empire de l’anticommunisme » en voulant se défendre d’agissements soviétiques perçus avec exagération. Cependant, l’intérêt porté à la région concernait surtout le pétrole. Les buts étaient de contrôler les espaces majeurs de production, d’en priver d’accès l’URSS, enfin d’assurer l’approvisionnement de l’Europe occidentale et du Japon, à la fois pour permettre la reconstruction de leur économie et pour éviter que ces régions deviennent dépendantes énergétiquement de l’URSS. 

La doctrine Truman en 1947 servait donc aux Etats-Unis à fonder leur intervention pour le maintien de la stabilité et de la sécurité du Moyen-Orient sur une argumentation politique, la défense du monde libre contre le communisme. 

 

 

 

Dans une optique similaire, la Seconde Guerre froide à partir du milieu des années 1970 a pu être interprétée comme une guerre contre le Sud qui avait osé se rebeller contre l’ordre capitaliste américain : il fallait punir le Sud, que Washington ne cherchait plus désormais à séduire, en maniant l’idée d’une menace soviétique à la périphérie.Pour cela, il fallait détruire l’alternative que constituaient l’OPEP et les projets de Nouvel Ordre Economique International (échec de la conférence de Cancun en 1982), lutter contre la dépendance que le Sud faisait peser sur le Nord pour les matières premières (produits et énergies de substitution, régions de substitution grâce à la ceinture minière blanche Afrique du Sud, Australie, Canada, Scandinavie), étouffer le Tiers-Monde par une politique hypermonétariste et des taux d’intérêts très élevés (la crise de la dette, qui a permis de réaligner nombre d’Etats latino-américains sur les Etats-Unis, éclate en 1982), mener une guerre idéologique contre les néo-marxistes et délégitimer internationalement les élites populistes prônant un développement autocentré, recoloniser grâce aux organisations monétaires et financières internationales et les politiques d’ajustement structurel.

Les coups de boutoir assénés au système onusien, notamment par l’Heritage Foundation, avaient moins pour but de « démarxiser » le Sud (sa vulgate néo-marxiste était bien loin de l’orthodoxie soviétique, et Moscou avait pris ses distances, notamment vis-à-vis de la CNUCED) que de le « détiersmondiser »: d’où, les attaques contre la nation même de Tiers-Monde au début des années 1980. Certaines interprétations de la seconde guerre froide avancent ainsi que le passage pour les Etats-Unis de l’affrontement Ouest/Est à l’affrontement Nord/sud date de 1979_83, en Méditerranée et au Moyen-Orient : déploiements militaires et plans de guerre pour le golfe arabo-persique, réalignement de la Turquie sur l’OTAN par le coup d’Etat militaire de 1980, attaque contre la Libye en 1983, présence des soldats américains au Liban, efforts de Washington pour convaincre les alliés européens que l’OTAN doit envisager des opérations hors-zone (vers le Sud et non plus l’Est) et pour amener l’Espagne dans l’OTAN…..L’exagération de la menace soviétique aurait servi aussi à réaffirmer la domination américaine sur le camp occidental, car l’Europe occidentale maintenait une détente avec l’Est, cherchait des accommodements avec le Sud pour atténuer la crise énergétique, et menait une politique de plus en plus indépendante vis-à-vis du Sud (monde Arabe, Amérique centrale). 

 

 

 

 

Guerre contre le Sud pour réintégrer dans le système, et réalignement politico-stratégique des alliés, le tout légitimé par le retour à la guerre froide, ont été les moyens de masquer le déclin de l’hégémonie américaine sur le système. 

Les Etats-Unis ont mené deux stratégies successives pour masquer ce déclin. La première stratégie, sous Nixon et Carter, fut la rhétorique du repli, associée au concept de trilatéralisme, qui n’était en fait qu’un moyen de réassurer le leadership en faisant partager aux alliés le fardeau de la défense du monde libre. La détente est donc une conséquence du déclin de l’hégémonie américaine. La seconde stratégie, menée par Reagan et Bush fut au contraire l’emphase rhétorique, le keynésianisme militaire, et le défi international, appuyés sur le court cycle de croissance des années 1980. Subordination des alliés européens dans une guerre contre le Sud, réaffirmation de la puissance américaine pour contrer l’idéologie du déclin. 

 

 

 

La fin de la guerre froide n’a donc été que la subordination d’une autre partie du Nord (l’URSS) aux projets des Etats-Unis contre le Sud, plus que la mise en exploitation d’une nouvelle périphérie, malgré certains appétits, pétroliers notamment. Un des éléments de la guerre froide prend fin en 1990 (l’affrontement avec l’URSS), mais demeurent les deux autres composantes ; la volonté américaine de subordination des autres puissances capitalistes et l’effort d’intégration des économies périphériques à l’ordre capitaliste américain.

 

 

 

 

 

 

 

 

  
 
 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45