Le palais omeyyade de la citadelle d’Amman

18 01 2018

 

 

 

 

 

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Le palais des Omeyades vraisemblablement érigé vers 720 est le monument le plus impressionnant de la citadelle d’Amman. C’est un bel exemple de l’architecture omeyyade.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir établi leur capitale à Damas, les Omeyyades prennent la citadelle d’Amman pour résidence des gouverneurs. La terrasse supérieure est restructurée et divisée en trois zones entourées de murs, dominées au centre par la salle des audiences, qui sert aussi de porte monumentale. Selon les archéologues, cet emplacement correspondrait à l’entrée vestibule d’un ancien édifice romain qui continuera d’être utilisé pendant la première période byzantine et sera reconstruit par les Omeyyades.  

 

 

 

 

la porte monumentale, presque carrée (24.50 m sur 26.10 m), est construite selon un plan cruciforme ; elle est surmontée d’un dôme central, et chaque bras de la croix est recouvert de coupoles en cul-de-four. Une porte s’ouvre sur chacun des côtés nord et sud. Les deux bancs qui flanquent la porte sud étaient probablement destinés aux gardes. 

 

 

L’intérieur est organisé autour d’un carré central de 10.30 m de côté d’où partent les quatre bras de la croix. Chacun des quatre angles du bâtiment forme une pièce : celle du sud-ouest possède un escalier qui conduit au toit ; celle du nord-est renferme une volée de marches conduisant à la porte nord. Ce passage mène aux bains et à la citerne. 

 

 

 

La décoration intérieure de la salle des audiences, sculptée dans la pierre, est absolument remarquable. Les décors sont ordonnés en plusieurs registres : du sol jusqu’à une hauteur de 1.60 m, deux couches de gros blocs de pierre de taille qui sont probablement des réemplois de constructions romaines. Une corniche moulée sépare cet appareillage inférieur d’une rangée de niches aveugles, chacune encadrée par deux petites colonnes engagées supportant un arc dentelé. Au-dessus d’une autre corniche, on retrouve un second étage de niches aveugles, plus grandes celles-ci. Ces niches, bordées elles aussi de colonnes miniatures, sont ornées de médaillons avec des palmettes ou des rosettes. Une troisième rangées de niches aveugles, plus petites, reprend le même décor jusqu’en haut du mur. Une frise merlée couronne la façade. Une canalisation couverte traverse toute la salle sur un axe sud-nord. Une autre canalisation couverte part de l’enceinte sur pour déboucher dans une citerne circulaire. Des gouttières ménagées sur le côté est du mur recueillent l’eau de pluie, qui est récupérée dans le réservoir circulaire. 

 

 

Au début du XIXe siècle, des voyageurs avaient identifié dans le monument « le tombeau d’Urie », du fait qu’il est raconté dans la Bible comment Urie le Hittite trouva la mort devant les murs de Rabbath Ammon (cf. ‘Amman, la résidence des gouverneurs’). D’après des recherches récentes, il s’agit simplement de la porte monumentale qui permettait d’accéder aux bâtiments de la seconde enceinte. S’il est certain que certaines parties de l’édifice sont d’origine romaine –en particulier la cour pavée et le mur d’enceinte, avec sa décoration de niches- l’étude du monument montre que ces vestiges ont été remaniés par les Omeyyades pour aménager la salle des audiences, comme dans le Dar al-lmara d’Abou Mouslim al-Khorasani, à Merv.  De même, l’ancienne interprétation donnant le monument pour une église byzantine est considérée comme caduque en raison des caractéristiques clairement persanes du décor : les palmettes, les rosettes et les dentelures sont très similaires aux décors en stuc des constructions sassanides. Toutefois, les influences irano-sassanides indubitables pourraient aussi bien s’expliquer par l’intervention courante d’artisans irakiens en Jordanie après la conquête islamique. Ces problèmes d’interprétation doivent surtout tenir compte de l’existence dans la région d’un certain nombre de monuments similaires : la porte du palais omeyyade de Khirbat Al-Minyeh, sur le lac de Tibériade, la salle des audiences d’al-Mouchatta, au sud d’Amman, ou encore celle de Khirbat Al-Mafjar, près de Jéricho.  

 

 

 

 

 

 

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Le palais d’Amman, plus communément nommé ‘palais d’Hicham’, a été attribué à tort à Hicham Ibn Abd al-Malik (105/724 – 125/743), qui, par contre, a fait édifier la célèbre salle des audiences de Rousafa, en Syrie, sur le modèle de celle d’Amman. C’est toutefois sous son règne qu’on doit faire remonter la construction du palais. 

 

 

 

 

Les bains, à l’est de la salle des audiences, ont été fouillés et restaurés récemment. Cet ensemble comporte un vestiaire équipé de bancs, un tepidarium avec des bassins d’eau et un caldarium avec sa chaufferie (cf. ‘Qousayr Amra’). 

 

 

 

La citerne est un réservoir circulaire situé à l’est de la salle des audiences et au sud de l’enceinte romaine. Elle mesure 16 m de diamètre et au moins 5 m de profondeur. Le mur de retenue, de 2 m d’épaisseur, est maçonné avec de solides blocs de pierre et renforcé par des fûts de colonnes. Les deux canalisations couvertes qui alimentent la citerne recueillent l’eau des gouttières du toit de la salle des audiences, à l’ouest, et de celles de l’enceinte romaine, au nord. La seconde canalisation passe par un puits carré qui faisait probablement fonction de filtre. On peut donc imaginer que le réservoir est d’origine romaine, que les Byzantins ont à leur tour utilisé le dispositif romain, le tout étant finalement réaménagé par les Omeyyades. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, pour construire leur citerne, les Omeyyades ont dû détruire un quartier résidentiel byzantin au centre duquel on a retrouvé un pressoir à olives.  

 

 

 

Il a fallu des recherches patientes et systématiques pour identifier la localisation de la mosquée de la résidence des gouverneurs omeyyades sur la terrasse supérieure. Un travail qui a trouvé sa récompense en 1997. Le monument a été érigé sur un terre-plein artificiel au sud-est de la salle des audiences. Venant de la cour inférieure, devant la salle des audiences, on y pénètre par un escalier monumental qui conduit à un portique à six colonnes. La façade nord de la mosquée était décorée d’arcs-boutants et d’une frise de petites niches aveugles ou ouvertes. Il y avait une porte dans le mur nord et une autre du côté sud. Il est possible qu’une troisième porte ait été ménagée spécialement pour l’imam dans le mur est, non loin de la niche de prières. 

 

 

La salle de prière est trapézoïdale ; elle mesure 34.10 m d’est en ouest et 33.67 m du nord au sud. Son sol était revêtu d’un fin pavage irrégulier recouvert d’une couche de plâtre à la chaux. Les murs intérieurs étaient probablement recouverts d’un enduit, comme de petits fragments résiduels près du mihrab le laissent supposer. Cette niche, qui prend place dans le long mur sud de la salle de prière, mesure 2.93 m de large sur une profondeur de 1.52 m. A l’origine, deux petits pilastres décoraient l’entrée à l’intérieur de la niche. La salle de prière comporte quatre nefs de six colonnes parallèles au mur de la qibla. Il y a enfin une cour à péristyle laquelle a été retrouvée une citerne souterraine. 

 

 

 

Sur les côtés est et ouest de la grande cour, donnant sur la porte monumentale et la mosquée, une enfilade de onze petites pièces servaient de boutiques. Au centre de la cour, un réservoir circulaire était alimente en eau de pluie par des rigoles dont l’une partait de la mosquée. Après les destructions massives causées par le tremblement de terre catastrophique de 131/749, les boutiques furent transformées en logements. 

 

Face à l’entrée nord de la monumentale, une rue à colonnades conduit vers le nord à la porte d’enceinte. La base carrée et le premier tambour des colonnes sont sculptés en un seul bloc. Il a été retrouvé sur l’un de ces socles une croix byzantine : un indice qui permet de dire avec certitude qu’on a utilisé des matériaux de récupération. L’imposte encore visible sur la façade sud de la porte d’entrée montre que les colonnades étaient reliées par des arches. Sur les côtés est et ouest de la rue, les deux passages couverts donnaient sur des logements. Derrière, côté est, se succédaient trois cours fermées par des portiques à colonnes du même type que celle de la rue. Quatre pièces s’ouvreraient généralement sur chaque cour, et certaines disposaient d’un escalier pour gagner les terrasses ou l’étage. Dans l’une des cours, à l’ouest de la rue, on a retrouvé le squelette d’un chameau, possible victime du tremblement de terre de 131/749. 

 

 

 

La porte nord de la rue conduit à la résidence princière. On accède à ce palais par un vestibule qui était recouvert d’une voûte en berceau. Le sol en est pavé de cailloux –probablement les restes de la sole d’une mosaïque disparue. L’entrée du vestibule était décorée de colonnes engagées habillées de stucs. 

 

 

 

 

Entrant par le vestibule, le visiteur pénètre dans la salle du Trône, grande pièce cruciforme recouverte autrefois d’un dôme. D’après les fragments de pierre sculptée retrouvés dans les ruines, il semble que la technique de construction utilisée pour cette salle soit exactement la même que celle de la porte monumentale. Sur le côté sud de la salle, une petite pièce rectangulaire était ornée de mosaïques et servait probablement de toilettes. Une porte conduit de la salle du trône à un portique, orienté au nord, qui surplombe la ville et regarde vers le Djebel al-Hussein. De ce côté de la citadelle, on peut voir encore les vestiges massifs de fortifications datant de l’âge du fer et de l’époque romaine. Ils ont encore plusieurs mètres de haut. Sous l’enceinte romaine, une citerne a été creusée à même la roche.  

 

 

 

La salle du Trône est flanquée de deux séries de quatre pièces : dans celles du côté est étaient probablement aménagés les appartements du prince, originellement décorés de stuc. Dans l’un des murs, on peut encore voir un bloc de pierre de réemploi qui porte une inscription grecque dédiée à un empereur romain et qui fait allusion à la Philadelphie de Coele (Syrie). L’inscription date du IIe siècle et provient certainement d’un temple. Les quatre pièces de l’ouest faisaient fonction de réserves et de cuisines pour les appartements. 

 

 

 

Par sa similitude au Dal al-Imara de Koufa, il est à peu près certain que l’ensemble servit de résidence au gouverneur d’Amman pendant toute la période omeyyade. 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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