L’Empire des Sanhadja

6 01 2018

 

 

 

 

 

L’Empire des Sanhadja   dans Histoire

Achir, la cour du palais de Ziri

 

 

 

 

 

 

Les Sanhadja de la première race descendaient de Telkat, fils de Kert, fils de Sanhadj. Leur pays renfermait les villes d’El-M’cila (M’sila), Hamza, Alger, Lemdïa [Médéa], Miliana et les régions occupées plus tard par les Beni-Yezîd, les Hossein, les Attaf, tribus zoghbiennes, et par les Thâleba. Au milieu des Sanhadja vivaient plusieurs peuplades ayant la même origine qu’eux et dont la postérité habite encore les territoires où leurs ancêtres avaient demeuré. Ces peuplades sont les Metennan, les Ouannougha, les Beni-Othman, les Beni-Mezghanna, les Beni-Djâd, les Telkata, les Botouïa, les Beni-Aïfaoun et les Beni-Khalîl. On rencontre les descendants des Telkata dans les provinces de Bougie et de Tunis. Les Telkata avaient la prééminence sur toutes ces tribus.

 

Quelques historiens de Maghreb racontent que Menad, fils de Mencous, gouverna une partie de l’Ifriqiya et du Maghreb central au nom des Abbassides, et qu’il tint son autorité des Aghlabides. Il eut pour successeur son fils Zîri-Ibn-Menad, qui devint un des plus puissants des princes berbères et qui eut à soutenir une longue guerre contre ses voisins, les Maghraoua, peuple de race zenatienne qui habitait le Maghreb central.

 

Quand les Fatimides furent parvenus à établir leur domination en Ifriqiya, Zîri passa de leur côté à cause des liens de clientèle qui attachaient sa famille à celle d’Ali-Ibn-Abi Taleb, et, dès lors, il se montra un de leurs partisans les plus dévoués. S’étant fait appuyer par eux, il obtint l’ascendant sur ses adversaires, les Maghraoua : aussi, cette grande tribu et tous les autres peuples d’origine zenatienne s’éloignèrent à jamais des Fatimides pour embrasser le parti des Omeyades espagnols, dont ils firent reconnaître la souveraineté dans le Maghreb central et dans le Maghreb-el-Aksa.

 

A l’époque où Abou-Yezîd eut presque anéanti la puissance des Fatimides à Kairouan et à El-Mehdïa, Zîri attaqua les Kharidjites, partisans du chef rebelle, et, tout en les harcelant, il fit passer des secours aux Fatimides enfermés dans El-Mehdia.

 

Il rendit ainsi à cette dynastie un service qu’elle n’oublia pas. Voulant toutefois s’assurer un lieu de retraite en cas de revers, il bâtit la ville d’Achîr sur le flanc d’une montagne située dans le pays des Hossein et appelée encore aujourd’hui la montagne de Tîteri. Ayant fortifié cette résidence avec l’autorisation d’El Mansour [le fatimide], il sévit bientôt seigneur d’une des plus grandes villes du Maghreb. L’étendue et la population d’Achîr s’accrurent rapidement, et les pays les plus éloignés y envoyèrent leurs savants et leurs négociants. Quand Ismaïl-el-Mansour assiégea Abou-Yezîd dans le château de Kîana, Zîri lui amena une armée composée de Sanhadja et d’autres peuples berbères. Jusqu’à la prise de cette forteresse, il ne cessa de harceler l’ennemi, et s’étant ainsi acquis l’amitié d’El-Mansour, il rentra en Maghreb, comblé d’honneurs et de riches présents. Outre un diplôme qui le constituait chef des Sanhadja, il obtint de ce prince la permission d’élever des palais, des caravansérails et des bains dans Achîr, Il reçut aussi le commandement de la ville et de la province de Tahert. Quelque temps après, il autorisa son fils Bologguîn à fonder trois villes, l’une sur le bord de la mer et appelée Djézaïr Beni-Mezghanna (les îles des enfants de Mezghanna/ Alger), et l’autre sur la rive orientale du Chélif et appelée Miliana; la troisième porta le nom des Lemdïa (Médéa), tribu sanhadjienne. Bologguîn fut investi par son père du gouvernement de ces trois places, qui sont devenues les villes les plus importantes du Maghreb central. Zîri ne suspendit jamais ses hostilités contre les Maghraoua, et il montra toujours une fidélité inaltérable à la cause des Fatimides. Djouher-el-Kateb ayant fait une expédition dans le Maghreb-el-Aksa, par l’ordre d’El-Muez-li-Dîn-Allah-Mâdd, amena Zîri avec lui, d’après la recommandation de son souverain, et eut souvent occasion de louer les grands services rendus par ce chef. Pendant le siège de Fez, où Ahmed-Ibn-Bekr-el-Djodami résista très-longtemps au général Djouher, Zîri déploya une grande bravoure, et dans une attaque nocturne, emporta la ville par escalade.

 

La guerre entre Zîri et les Maghraoua devint enfin si acharnée que ceux-ci formèrent une alliance avec El-Hakem-el-Mostancer [souverain omeyade de l'Espagne] et firent proclamer l’autorité de ce prince dans le Maghreb central. Mohammed, fils d’El-Kheir et petit-fils de Mohammed-lbn-Khazer, prit une part si active à cette démonstration qu’El-Muez jugea nécessaire de lui opposer les troupes sanhadjiennes. Il donna en même temps à leur commandant, Zîri, le gouvernement du Maghreb et l’autorisation de s’approprier tous les pays qu’il parviendrait à soumettre. Zîri réunit aussitôt les forces de son territoire et se mit en marche. Son avant-garde poussa en avant, sous la conduite de Bologguîn, afin d’attaquer à l’improviste les troupes zenatiennes qu’Ibn-elKheir était en train de rassembler. Le chef maghraouien n’avait pas encore complété ses dispositions, quand les Sanhadja fondirent sur lui. Il s’ensuivit un des conflits les plus acharnés qu’on eût jamais vus; la ligne de l’armée zénato-maghraouienne fut enfoncée, et Mohammed-Ibn-el-Kheir, se trouvant dans l’impossibilité d’échapper et jugeant la mort inévitable, passa dans un endroit écarté et mit fin à ses jours en se jetant sur son épée. Les Zenata prirent la fuite, et pendant le reste de la journée, les Sanhadja continuèrent à les poursuivre et les tailler en pièces. Plusieurs siècles après, on voyait encore les ossements des morts répandus sur le champ de bataille. L’on rapporte que plus d’une dizaine de leurs principaux émirs y perdirent la vie. El-Muez reçut les têtes de ces chefs et ressentit la joie la plus vive à l’aspect de ce cadeau que Zîri lui avait envoyé. Quant à El-Hakemel-Mostancer, il éprouva un chagrin profond du coup terrible qui avait ainsi ébranlé son autorité.

 

Zîri et les Sanhadja parvinrent alors à dompter les peuples nomades du Maghreb; il s’acquit ainsi une grande supériorité sur Djâfer-lbn-Ali seigneur d’El-Mecîla et du Zab, et son rival en rang à la cour du khalife. El-Muez ayant alors pris la résolution de transporter au Caire le siège de son gouvernement, invita Djâfer à quitter El-Mecîla et à venir prendre le commandement de l’Ifriqiya. Cet émir, redoutant les intrigues qui s’ourdissaient contre lui depuis quelque temps, hésita d’obéir, et ayant appris qu’un des affranchis d’El-Muez était en route pour le chercher, il céda à la crainte et s’enfuit d’El-Mecila. Arrivé au milieu des Maghraoua, il les rallia autour de lui, et profitant des bonnes dispositions que ces peuples lui témoignèrent ainsi que de leur ancien attachement pour les Omeyades, il proclama de nouveau la souveraineté d’El-Hakem-el-Mostancer. Zîri sentit la nécessité de comprimer cette révolte avant que les insurgés eussent le temps de raffermir leur puissance. Il se hâta donc de marcher contre eux et de leur livrer bataille. A la suite d’un combat sanglant, l’armée sanhadjienne fut mise en déroute; le cheval de Zîri s’abattit sous lai, et la retraite des vaincus laissa voir les corps de leur chef et de ses gardes étendus au milieu d’un champ de carnage. La tête de Zîri fut portée à Cordoue par une députation d’émirs maghraouiens, qui avaient pour mission de renouveler à El-Hakem-el-Mostancer le serment de fidélité et de lui demander l’appui de ses armes. Yahya-Ibn Ali, le frère de Djâfer, conduisit cette députation. Zîri perdit la vie en l’an 360, après avoir gouverné pendant vingt-six ans. Quand la nouvelle de ce désastre parvint à Achîr, Bologguîn se mit aussitôt en campagne et remporta sur les Zenata une victoire éclatante. Par cet exploit il vengea non-seulement la mort de son père et de ses parents, mais il mérita les éloges d’El-Muez et obtint sa nomination au gouvernement d’Achîr, de Tèhert et de toutes les provinces du Maghreb qui avaient composé les états de son prédécesseur. Il reçut, de plus, le gouvernement d’El-Mecîla, du Zab et des autres provinces qui avaient appartenu à Djâfer-lbn-Ali. L’accroissement de sa puissance et l’étendue que ses états venaient de prendre, lui permirent d’écraser les Mezata, les Hoouara, les Nefza et les autres Berbères qui habitaient des maisons construites de broussailles. Il pénétra au fond du Maghreb pour châtier les Zenata, et, cette entreprise accomplie, il revint, l’an 361, à la cour du sultan, qui l’avait invité à venir se charger du gouvernement de l’Ifriqiya. Les honneurs dont El-Muez le combla en cette occasion, excitèrent au plus haut degré la jalousie des Ketama. Ce monarque partit alors pour le Caire, après avoir constitué Bologguîn son lieutenant en Ifriqiya. Tel fut le commencement de la dynastie ziride.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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