La jument de Mohamed-ben-Mokhtar

4 01 2018

 

 

 

 

 

La jument de Mohamed-ben-Mokhtar   dans Attributs d'Algérienneté 1512725290-pl039

 

 

 

 

 

Un Arabe du sud, nommé Mohamed-ben-Mokhtar, était venu acheter des grains dans le Tell, après la moisson ; ses tentes étaient déjà placées sur Oued-Seghouan, et il s’occupait de son commerce avec les Arabes du Tell, quand le bey Bou-Mezrag* (le père de la lance) vint fondre sur lui, à la tête d’une nombreuse cavalerie, pour châtier l’un de ces délits imaginaires que savaient inventer les Turcs comme prétextes à leur rapacité.

 

Aucun bruit n’avait transpiré ; la razzia fut complète, et les cavaliers du Makhzen se livrèrent à toutes les atrocités ordinaires en pareil cas. Mohamed-ben-Mokhtar monte alors rapidement sur sa jument bai brûlé, magnifique bête enviée et connue de tous les Sahariens, et, comprenant la gravité de la position, il se décide à sacrifier toute sa fortune au salut de ses trois enfants; il met l’un d’eux, âgé de quatre ans, sur le devant de sa selle; un autre, âgé de six ou sept ans, derrière lui, embrassant le troussequin, et il allait emporter le dernier dans le capuchon de son burnous, quand il en fut empêché par sa femme, qui lui dit: « Non, non, je ne te le donnerai pas: Ils n’oseront jamais tuer un enfant à la mamelle. Pars, je le garde avec moi, Dieu nous protégera! » Mohamed-ben-Mokhtar s’élance alors, fait le coup de fusil et sort de la mêlée; mais, vivement pressé, il marche le jour et la nuit suivante, et entre le lendemain soir dans Laghouat, où il est en sûreté. 

 

 

Peu de temps après, il sut que la femme avait été sauvée par des amis qu’il avait dans le Tell, 
Mohamed-ben-Mokhtar et sa femme vivent encore, et les deux enfants qu’il a emportés sur sa selle sont aujourd’hui cités parmi les plus beaux cavaliers de la tribu. 

 

 

Est-il une scène plus dramatique, plus digne du pinceau, que cette famille sauvée par un cheval au milieu du pillage et de l’ardente mêlée? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*:  Mostéfa Boumezrag dernier bey du beylik du Titteri, de 1819 à 1830. Mort en exil à Alexandrie en Égypte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45