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Les monnaies de l’Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs

9 12 2017

(203 – 60 av. J.-C.)

 

 

 

 

 

Avec ces monnayages, nous abordons un numéraire extrêmement abondant, qui correspond au véritable développement de l’économie monétaire numide, et qui constituera plus largement l’ossature du système monétaire africain d’un bout à l’autre de la région, le seul, en somme, qui fut utilisé de l’Atlantique aux autels des Philènes.

 

L’analyse de ces monnaies que l’on appelle habituellement « de Massinissa et de ses successeurs » soulève de nombreuses difficultés. D’abord ce sont dans l’ensemble des émissions d’iconographie très peu différenciée, produites en masses sur une très longue période et sans indication explicite d’atelier émetteur. Il est donc difficile de les répartir suivant une chronologie interne et de distinguer ensuite les éventuelles évolutions pondérales. Quant aux ateliers émetteurs c’est essentiellement, pour l’instant, par déduction et probabilité que l’on peur les suggérer.

 

L’épigraphie de la quasi-totalité de ces monnaies est bien laconique puisqu’elle se réduit le plus souvent à deux lettres indiquant l’initiale et la finale du nom royal. Cela laisse place à beaucoup d’incertitudes dans la mesure où nous ne connaissons pas le nom de tous les souverains, où ces noms ne sont souvent attestés que par les sources gréco-latines qui peuvent les déformer gravement, et où ces lettres sont parfois susceptibles de se rapporter à deux souverains.

 

 

 

Les monnaies de l'Afrique antique : de Massinissa et ses successeurs  dans Archéologie 1509448306-nouvel342 

Bronze du Roi Massinissa ou Micipsa

Atelier : Cirta, (203-118) Av -JC

A/ Anépigraphe
Tête laurée et barbue du roi à gauche.

R/ Anépigraphe
Cheval bondissant à gauche ; au-dessous, un globule

 

 

 

 

 

Toutes ces monnaies sont bien connues des archéologues, puisqu’on les retrouve d’un bout à l’autre de l’Afrique du nord. Leur banalité même les a souvent fait dédaigner et a empêché que les trouvailles en soient systématiquement signalées. Leur situation est ici comparable à celle des bronzes puniques souvent négligés, et, longtemps, la seule trouvaille importante de bronzes numides qui ait donné lieu à une étude fut celle de Mazin en Croatie. Ce n’est que depuis peu qu’on note un intérêt nouveau pour l’étude de ces monnayages, maintenant mieux répertoriés.

 

 

 

 

 

Les deux ateliers : Cirta et Siga

  

L’ensemble de toutes ces monnaies dites de Massinissa et de ses successeurs se divise en deux groupes d’importance très inégale et de caractéristiques très distinctes. Le groupe le moins abondant comporte des pièces caractérisées par l’effigie diadémée du roi alors qu’elle est laurée sur les monnaies de l’autre groupe. Il existe aussi des différences stylistiques dans l’effigie royale. Si certains types de portraits sont communs aux deux groupes, la distinction ne tenant qu’au port du diadème ou de la couronne laurée, une variété d’effigie, en revanche, ne se retrouve que dans le groupe au diadème. L’exécution en est très soignée, en particulier pour le traitement des boucles de la barve et de la chevelure. La forme générale de la tête est plus allongée en hauteur que sur les autres monnaies, la barbe plus longue et plus tombante.

 

L’iconographie du revers est différente pour les deux groupes. Sur les monnaies à tête laurée on trouve un cheval au galop ou à l’arrêt, sur les autres un cheval au trot ou au pas accompagné d’un astre ou d’une palme.

 

 

 

 

1509449581-3410 dans Archéologie 

Bronze du roi Syphax

Atelier : Siga (213-202 av. J.-C.)

A/ Tête barbue et diadémée

R/ Cavalier galopant à g. sur un cheval bridé, globule et légende punique dessous dans un cartouche

 

 

 

 

 

 

Toutes ces différences, révèlent-elles deux ateliers différents ou deux époques d’un même atelier ? L’étude de la répartition des trouvailles, indispensable ici, pâtit de l’absence de documentation. Il semblerait cependant que les monnaies à tête diadémée soient beaucoup plus rares en Tunisie que les autres, qui y sont très communes. Même s’il faut tenir compte du fait que les monnaies diadémées ont été émises en moindre quantité, l’observation garde tout de même une certaine valeur. Elle est renforcée par l’analyse de deux trouvailles de monnaies numides, l’une de Cherchell (Algérien centrale), l’autre de Tarhouna (Tripolitaine) : à Cherchell sur un total de 80 monnaies, on retrouve 29 monnaies à tête diadémée, alors qu’à Tarhouna il ne s(en trouve qu’une sur 176 monnaies. Il semble donc que l’on trouve de moins en moins de monnaies à tête diadémée à mesure que l’on quitte le Maghreb central pour son extrémité orientale. D’autre part, les deux groupes obéissent à une métrologie très différente. Tout cela nous amène à imaginer qu’il y eut en réalité deux ateliers. On pense naturellement aux deux grandes capitales du royaume numide : Siga et Cirta. Et dans ce cas, les monnaies à tête diadémée seraient émises à Siga, à laquelle d’ailleurs on propose d’attribuer les monnaies de Syphax, elles aussi diadémées. La métrologie de toutes ces monnaies de Siga semble identique, ce qui paraît un argument supplémentaire décisif. Et c’est donc à Cirta qu’il faudrait attribuer les monnaies à tête laurée, de loin les plus nombreuses, et dont la métrologie est claquée sur celle de Carthage.

 

L’existence de portraits quelquefois très proches sur les deux séries n’est pas une objection décisive à cette hypothèse.

 

 

 

 

On remarquera que les seuls souverains mentionnés sur les monnaies « de Siga » sont Massinissa ou Micipsa, tandis que celles « de Cirta » font également mention de leurs successeurs, Adherbal et GN. Il semblerait donc que l’atelier de Siga ait fermé sous Micipsa ou juste après sont règne, au profit d’une centralisation des frappes à Cirta, plus proche du lieu d’origine de la dynastie Massyle et ainsi promue au rang de véritable capitale. Il y aurait là un processus de centralisation étatique conforme à l’idée faite de l’évolution du royaume numide. Et cela expliquerait la large prédominance numérique des monnaies de Cirta.

 

 

 

Une dernière précision à propos de ces ateliers. La proposition de Cirta et Siga car ce sont les deux « capitales » (avec toutes les nuances qu’il faut apporter ici à ce terme) du royaume numide, l’une située en Massylie, et l’autre en Masaesylie. Mais il est bien évident, compte tenu du nombre impressionnant de monnaies frappées, que l’on ne saurait exclure l’existence momentanée d’ateliers parallèles officiels semi-officiels, et cela sans parler des ateliers vraisemblablement marginaux. La centralisation évoquée plus haut se serait donc faite en réalité au profit de la Massylie en général, avec pour foyer monétaire principal la ville de Cirta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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