Maqamat Badi’ al-Zamān al-Hamadāni

29 10 2017

 

 

 

 

 

Abu el Fadhl Ahmed, fils de Hussein Al-Hamadhânî, surnommé, à cause de son éloquence, بديع الزمان la merveille de son siècle (le Prodige du Siècle). II composa des Maqamatou séances, avant le célèbre Hariri, qui se fit gloire de marcher sur ses traces et de le prendre pour modèle. Ce genre de composition, dont Hamadhânî n’est peut-être pas l’inventeur, se perfectionna entre les mains de Hariri. Celui-ci est plus fleuri, plus abondant, plus éloquent et plus riche en images que Hamadhânî, dont l’extrême concision fait le supplice de ses lecteurs.

Ibn-Khilkân a tracé en peu de mots l’éloge de Hamadhânî. Suivant ce biographe, il mourut à Hérat, ville du Khorasan, l’an 398 de l’hégire (de J. C. 1007). Ibn-Khilkân dit tenir de gens dignes de foi que Hamadhânî, ayant été frappé d’apoplexie, fut enterré aussitôt; mais qu’ensuite étant revenu de son état, il poussa des cris aigus pendant la nuit. On accourut et on le retira de terre: il avait saisi sa barbe dans ses mains, et il était mort de l’effroi que lui avait causé le tombeau. Voici à la suite trois maqamat de cet auteur.

 

 

 

 

 

Maqamat Badi' al-Zamān al-Hamadāni dans Littérature 1506761440-1237-al-harith-companions

Page des Maqamat Badi’ al-Zamān al-Hamadāni remonte au 9ème siècle 

 

 

 

 

 

 

(مقامة الدينار (المقامة البلخية

حَدَّثَنَا عِيسى بْنُ هِشَامٍ قَالَ: نَهَضَتْ بِي إِلى بَلخَ تِجَارَةُ الْبَزِّ فَوَرَدْنُهَا وَأَنَا بِعُذْرَةِ الشَّبَابِ وَبَالِ الفَرَاغِ وَحِلْيَةِ الثَّرْوَةِ، لا يُهِمُّنِي إِلاَّ مُهْرَةُ فِكْرٍ أَسْتَقِيدُهَا، أَوْ شَروُدٌ مِنَ الْكَلِمِ أَصِيدُهَا، فَمَا اسْتَأْذَنَ عَلَى سَمْعِي مَسَافَةً مُقَاِمي؟؟، أَفْصَحُ مِنْ كَلاِمي، وَلمَّا حَنَى الْفِراقُ بِنَاقَوْسَهُ أَو كَادَ دَخَلَ عَليَّ شَابٌّ في زَيٍّ مِلءِ العَيْنِ، وَلْحَيةٍ تَشُوكُ الأَخْدَعَيْنِ، وَطَرفٍ قْد شَرِبَ مَاءَ الرَّافِدَيْنِ، وَلَقِيَنِي مِنَ الْبرِّ فِي السَّناءِ، بِمَا زِدْتُهُ فِي الثَّناءِ، ثُمَّ قَالَ: أَظَعْناً تُرِيدُ؟ فَقُلْتُ: إِيْ وَاللهِ، فَقَالَ: أَخْصَبَ رَائِدُكَ، وَلاَ ضَلَّ قَائِدُكَ، فَمَتَى عَزَمْتَ؟ فَقُلْتُ: غَدَاةَ غَدٍ، فَقَالَ:

صَبَاحُ اللهِ لا صُبْحُ انطِـلاقٍ *** وَطَيرُ الوَصْلِ لا طَيْرُ الفِراقِ

فأَيْنَ تُريدُ؟ قُلْتُ: الوَطَنَ، فَقَالَ:بُلِّغْت الوَطَنَ، وَقَضَيْتَ الوَطَرَ، فَمَتَى العَوْدُ؟ قُلْتُ: القَابِلَ، فَقَالَ: طَوَيْتُ الرَّيْطَ، وَثَنَيْتَ الْخيْطَ، فَأَيْنَ أَنْتَ مِنَ الكَرَمِ؟ فَقُلْتُ: بِحَيْثُ أَرَدْتَ، فَقَالَ: إِذَا أَرْجَعَكَ اللهُ سَالِماً مِنْ هَذَا الطَّريقِ، فَاسْتَصْحِبْ لي عَدُوّاً في بُرْدَةِ صَديقٍ، مِنْ نِجار الصُّفْرِ، يَدْعُو إِلى الكُفْرِ، وَيَرْقُصُ عَلَى الظُّفرِ، كَدَارَةِ العَيْنِ، يَحُطُّ ثِقَلَ الدَّيْنِ، وَيُنافِقُ بِوَجْهَيْنِ. قَالَ عِيسى بْنُ هِشَامٍ: فَعَلِمْتُ أَنَّهُ يَلْتَمِسُ دِيناراً، فَقُلْتُ: لَكَ ذلِك نَقْداً، وَمِثْلُهُ وَعْداً، فَأَنْشأَ يَقُولُ:

رَأيُكَ مِمَّا خَطَبْتُ أَعْـلَـى *** لا زِلْتَ لِلمَكْرُمَاتِ أَهْـلا

صَلُبْتَ عُوداً، وَدُمْتَ جُوداً *** وَفُقْتَ فَرْعاً، وَطِبْتَ أَصْلا

لا أَسْتَطيعُ العَطَاءَ حَمْـلاً *** وَلا أُطيقُ السُّؤَالَ ثِـقْـلا

قَصُرْتُ عَنْ مُنْتَهَاكَ ظَنّـاً *** وَطُلْتَ عَمَّا ظَنَنْتُ فِعْـلا

يا رُجْمَةَ الدَّهْر والمَعَالـي *** لا لَقِىَ الدَّهْرُ مِنْكَ ثُكْـلا

قَالَ عِيسَى بْنُ هِشَام: فَنُلْتُهُ الدِّينَارَ، وَقُلتُ: أَينَ مَنْبِتُ هَذا الفَضْلِ؟ فَقَالَ: نَمَتْنِي قُرَيشٌ وَمُهِّدَ لِيَ الشَّرفُ فِي بَطَائِحِهَا، فَقالَ بَعْضُ مَنْ حَضَرَ: أَلَسْتَ بِأَبِي الْفَتْحِ الإْسْكَنْدَريِ؟ أَلَمْ أَرَكَ بِالْعِراقِ، تَطُوفُ فِي الأَسْواقِ، مُكَدِّياً بِالأَوْرَاقِ؟ فَأَنْشِأَ يَقُولُ:

إِنَّ لـلـهِ عَـبِـيدَاً *** أَخَذُوا الْعُمْرَ خَلِيطاً

فَهُمُ يُمْسُونَ أَعْـرَا *** باً، وَيُضْحُونَ نَبِيطا

 

 

 

 

 

Séance de la pièce d’or

 

Issa, fils de Hicham, nous a raconté l’aventure suivante: Le commerce que je faisais de la soie m’engagea à porter mes pas vers la ville de Balkh: je m’y rendis. J’étais alors dans l’innocence de la jeunesse, libre de soucis et dans une situation prospère. Je ne songeais qu’à recueillir des pensées vives, pleines d’agréments, qui pussent m’être utiles, et qu’à saisir au passage des traits fugitifs d’éloquence. Mais pendant la durée de mon séjour à Balkh, il ne parvint à mes oreilles aucun discours qui fût plus éloquent que les miens. Lorsque la séparation eut tendu son arc sur nous, ou fut sur le point de le tendre, un jeune homme se présenta à moi avec un extérieur rempli de charmes. Une barbe épaisse couvrait son menton, et ses regards avoient puisé leur douceur dans les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Il m’adressa des compliments auxquels je répondis par des actions de grâces. Ensuite il me dit: Est-ce-que tu désires t’en aller Oui, certes, lui répondis-je. II reprit: Puisse ton guide te montrer des pâturages abondants, et ton conducteur ne point t’égarer! Mais quand comptes-tu partir! Demain matin, répliquai-je. Alors il dit:

« Que ce soit la matinée de Dieu, et non celle du départ! » l’augure de l’union et non celui de la séparation ! »

Où désires-tu donc aller! Dans ma patrie, lui dis-je. Puisses-tu, reprit-il, y arriver sans encombre, et y terminer heureusement tes affaires! Mais quand reviendras-tu! Je lui répondis: L’année prochaine, II reprit: Puisses-tu derechef quitter ta patrie et revenir ici! Mais quelle est la mesure de ta générosité! Je lui dis: Ce que tu voudras. Eh bien! répliqua-t-il, lorsque Dieu te ramènera à Balkh, apporte-moi un ennemi qui porte la marque d’un ami, jaune de sa nature, qui mène à l’incrédulité, et qui échappe facilement aux doigts qui le tiennent; qui ressemble à la prunelle de l’œil, qui débarrasse du fardeau des dettes, et qui a deux faces comme l’hypocrisie. Alors, dit Isa, fils de Hicham, je vis qu’il me demandait une pièce d’or. Je lui dis: Tiens, je te donne cette pièce, et je t’en promets une semblable. Aussitôt il dit:

« Tes sentiments sont au dessus des éloges que je t’ai don» nés. Puisses-tu être toujours orné des plus nobles vertus!

Puisse ton bois être plein de force! Puissent les pluies qui  t’arrosent ne jamais cesser, tes rameaux être touffus et tes  racines embaumer!

Je ne puis consentir à porter le fardeau  des dons: demander est pour moi une charge trop lourde.

Mon imagination est demeurée loin de ton mérite, et ton  action a surpassé de beaucoup ma pensée.

O toi, qui fais le  bonheur du siècle et des vertus sublimes, puisse le siècle  ne te perdre jamais! »

Lorsqu’il eut ainsi parlé, dit Issa, fils de Hicham, je lui donnai la pièce d’or et je lui dis: Quel pays a donné naissance à de si grands talents! II répondit: Je tire mon origine de Koraïch, et c’est dans la vallée qu’habite cette tribu que la gloire m’a été préparée. Alors un de ceux qui étaient présents se mit à dire: N’es-tu pas Abu el fatah Aliskandery ! Ne l’ai-je pas vu rôder dans les marchés de l’Iraq, cherchant à séduire les esprits avec des papiers que tu tenais à la main ! II répondit:

« Certes, Dieu a des serviteurs dont la vie n’est que changements: le soir Arabes errants, et le matin Nabatéens. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(مقامة الصوفي (المقامة الكوفية 

حَدَّثَنَا عِيسَى بْنُ هِشَامٍ قَالَ: كُنْتُ وَأَنَا فَتِىُّ السِّنِّ أَشُدُّ رَحْلِي لِكُلِّ عَمَايَةٍ، وَأَرْكُضُ طِرْفَي إِلَى كلِّ غِوَايَةٍ، حَتَّى شَرِبْتُ مِنَ العُمْرِ سَائِغَهُ، وَلَبِسْتُ مِنَ الدَّهْرِ سابِغَهُ، فَلَمَّا انْصَاحَ النَّهَارُ بِجَانِبِ لَيْلَى، وَجَمَعْتُ للمَعَادِ ذَيْلي، وَطِئتُ ظَهْرَ المَرُوضةِ، لأداءِ المَفْرُوضَةِ، وَصَحِبَني فِي الطَّريقِ رَفيقٌ لَمْ أُنْكِرْهُ مِنْ سُوءٍ، فَلَمَّا تجَالَيْنا، وَخَبَّرْنا بحالَيْنا، سَفَرَتِ القِصَّةُ عَنْ أصْلٍ كُوفيّ، وَمَذْهَبٍ صُوفِيّ، وَسِرْنا فَلَمَّا أَحَلَّتْنا الكُوفَةُ مِلْنا إِلى دَارِهِ، وَدَخلْنَاهَا وَقَدْ بَقَلَ وَجْهُ النَّهَارِ وَاخْضَرَّ جَانِبُهُ وَلَّما اغْتَمَضَ جَفْنُ اللَّيْلِْ وَطَرَّ شَارِبُهُ، قُرِعَ عَلَيْنا البابُ، فَقُلْنا: مَنِ القارِعُ المُنْتابُ؟ فقالَ: وَفْدُ اللَّيْلِ وَبَريدُهُ، وَفَلُّ الجُوعِ وَطَريدُهُ، وَحُرُّ قَادَهُ الضُّرُّ، والزَّمَنُ المُرُّ، وَضَيْفٌ وَطْؤُهَ خَفيفٌ، وَضَالَّتُهُ رَغيفٌ، وَجَارٌ يَسْتَعْدِى عَلى الجُوعِ، وَالجْيبِ المَرْقُوعِ، وَغَرِيبٌ أَوقِدَتِ النَّارُ عَلى سَفَرِهِ، وَنَبَحَ العَوَّاءُ عَلَى أَثَرِهِ، وَنُبِذَتْ خَلْفَهُ الحُصَيَّاتُ، وَكُنِسَتْ بَعْدَهُ العَرَصاتُ، فَنِضْوُهُ طَليحٌ ، وَعَيْشُهُ تَبْريحٌ، وَمِنَ دُونِ فَرْخَيْهِ مَهَامِهُ فِيحٌ.

قَالَ عِيسى بْنُ هِشَامٍ: فَقَبَضْتُ مِنْ كِيسي قَبْضَةَ اللَّيْثِ، وَبَعَثْتُها إِلَيهِ وَقُلْتُ: زِدْنا سُؤَالاً، نَزِدْكَ نَوَالاً، فَقَالَ: ما عُرِضَ عَرْفُ العُودِ، عَلى أَحَرَّ مِنْ نَارِ الجُودِ، وَلا لُقِيَ وَفْدُ البِرِّ، بأَحْسَنَ مِنْ بَريدِ الشُّكْرِ، وَمَنْ مَلَكَ الفَضْلَ فَلْيُؤَاسِ، فَلَنْ يَذْهَبَ العُرْفُ بَيْنَ اللهِ وَالنَّاسِ، وَأَمَّا أَنْتَ فَحَقَّقَ اللهُ آمَالَكَ، وَجَعَلَ اليَدَ العُلْيا لَكَ.

قَالَ عِيسى بْنُ هِشامٍ: فَفَتَحْنا لَهُ البَابَ وَقُلْنا: ادْخُلْ، فَإِذا هُوَ وَاللهِ شَيْخُنا أَبُو الفَتْحِ الإِسْكَنْدَريُّ، فَقُلْتُ: يا أَبَا الفَتْح، شَدَّ مَا بَلَغتْ مِنْكَ الخصَاصَةُ. وَهذَا الزِّيِّ خَاصَّةٌ، فَتَبَسَّمَ وَأَنْشأَ يَقولُ:

 

لاَ يَغُـرَّنَـكَ الـذِي *** أَنَا فيهِ مِنَ الطَّلَـبْ

أَنَا فِي ثَـرْوَةٍ تُـشَ *** قُّ لَهَا بُرْدَةُ الطَّرَبْ

أَنَا لَوْ شِئْتُ لاَتَّـخَـذْ *** تُ سُقُوفاً مِنَ الذَهَبْ

 

 

 

 

 

Séance du Soufi

Issa, fils de Hicham, nous a raconté ce qui suit: Tandis que j’étais jeune, je dirigeais aveuglément ma monture vers tous les plaisirs, et poussais mon coursier du côté des égarements: ainsi je m’enivrais de tout ce que la vie a de plus doux, et je me revêtais de la robe la plus ample de la fortune. Mais lorsque la vieillesse eut commencé à blanchir ma noire chevelure, et que j’eus relevé le pan de ma robe flottante pour entrer dans la bonne voie, je pressai le dos de ma docile jument, afin d’accomplir les devoirs prescrits par la religion. J’eus pour compagnon de voyage un homme en qui je n’aperçus aucun défaut qui méritât ma haine. Lorsque nous nous fûmes découverts l’un à l’autre et que l’amitié se fut établie entre nous, notre entretien aboutit à me faire connaître qu’il tirait son origine de Koufa, et qu’il était de la secte des soufis. Nous continuâmes notre route. Arrivés à Koufa, nous nous dirigeâmes vers la maison de mon compagnon de voyage, et nous y entrâmes au moment où la face et les flancs du jour commençaient à brunir. Lors donc que la paupière de la nuit se fut fermée, et que sa noire moustache se fut montrée, quelqu’un frappa à la porte. Nous dîmes: Quel est cet importun qui vient frapper à notre porte! C’est, répondit-on, l’envoyé de la nuit et son courrier, celui que la faim a mis en déroute et chassé loin de chez lui, un homme libre que le besoin et la fortune cruelle ont conduit, un hôte dont la présence n’est pas incommode, qui n’a pas un seul pain à lui, un ami qui implore l’assistance d’autrui contre la faim, et qui se plaint de sa poche qui n’est que pièces; un étranger sur le chemin duquel le feu a été allumé, sur les traces duquel les chiens ont aboyé, et derrière lequel des pierres ont été lancées; dont la place, après son départ, a été balayée. Son chameau est exténué, sa vie n’est qu’affliction, et de vastes déserts le séparent de ses deux enfants. Issa, fils de Hicham, dit : Alors je pris dans ma bourse quelques monnaies de l’extrémité de mes doigts, et je la lui donnai en lui disant : Demande encore, et nous te donnerons de nouveau. Alors il dit :

« Le parfum de l’aloès ne peut être exposé sur un feu plus actif que celui de l générosité ; Et cette vertu prévenante ne peut rien rencontrer de mieux que le courrier de la reconnaissance. Que celui qui est doué des plus nobles qualités vienne au secours des malheureux ; Car les bienfaits ne se perdent jamais entre Dieu et les hommes. Pour toi, que Dieu remplisse tes espérances ! Qu’il t’accorde un haut rang parmi les hommes !

 

Issa, fils de Hicham, dit : Nous lui ouvrîmes la porte en lui disant :

Entre ; et voilà qu’à l’instant je reconnais Abu el Fatah Aliskandery. Abu el Fatah, lui dis-je, l’état ou la pauvreté t’a réduit, est bien affligeant ; ton extérieur surtout inspire la compassion. Il sourit et répliqua de la sorte :

« Que l’état de détresse où tu me vois ne te trompe pas.

Je jouis d’une aisance si grande, que la joie, tant elle est vive, déchire ses vêtements.

Ah ! Si je l’avais voulu, j’aurais habité sous des lambris dorés. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

مقامة بغير اسم **

حَدَّثَنَا عِيسَى بْنُ هِشَامٍ قَالَ: كُنْتُ بِبَغْذَاذَ وَقْتَ الاَزَاذِ، فَخَرَجْتُ أَعْتَامُ مِنْ أَنْواعِهِ لاِبْتِيَاعِهِ، فَسِرْتُ غَيْرَ بَعِيدٍ إلى رَجُلٍ قَدْ أَخَذَ أَصْنَافَ الفَوَاكِهِ وَصَنَّفَهَا وَجَمَعَ أَنْوَاعَ الرُّطَبِ وَصَفَّفَهَا، فَقَبَضْتُ مِنْ ُكلِ شَيءٍ أَحْسَنَهُ، وَقَرَضْتُ مِنْ كُلِ نَوعٍ أَجْوَدَهُ، فَحِينَ جَمَعْتُ حَوَاشِيَ الإِزَارِ، عَلى تِلْكَ الأَوْزَارِ أَخَذَتْ عَيْنَايَ رَجُلاً َقدْ لَفَّ رَأْسَهُ بِبُرْقُعٍ حَيَاءً، وَنَصَبَ جَسَدَهُ، وبَسَطَ يَدَهُ وَاحْتَضَنَ عِيَاَلهُ، وَتَأَبَّطَ أَطْفَالَهُ، وَهُوَ يَقُولُ بِصَوْتٍ يَدْفَعُ الضَّعَفَ فِي صَدْرِهِ، وَالْحَرضَ فِي ظَهْرِهِ:

وَيْلِي عَلَى كَفَّينِ مِنْ سَويقِ *** أوْ شَحْمَةٍ تُضْرَبُ بالدَّقِيقِ

أَوْ قَصْعَةٍ تُمْلأُ مِنْ خِرْدِيقِ *** يَفْتَأُ عَنَّا سَطَواتِ الـرِّيقِ

يُقِيمُنَا عَنْ مَنْهَجِ الطَـرِيقِ *** يَارَازِقَ الثَّرْوَةِ بَعْدَ الضِّيقِِ

سَهِّلْ عَلى كَفِّ فتىً لَبِـيقِ *** ذِي نَسَبٍ فِي مَجْدِهِ عَرِيقِ

يَهْدي إِلَيْنا قَدَمَ التَّـوْفـيقِ *** يُنْقِذُ عَيِشي مِنْ يَدِ التَّرْنيقِ

قالَ عِيسى بْنُ هِشامِ: فَأخَذْتُ مِنَ الكِيس أَخْذَةً وَنُلْتُهُ إِياهَا، فَقَالَ:

يَا مَنْ عَنَانِي بِجَمِـيلِ بِـرِّهِ *** أَفْضِ إِلى اللهِ بِحُسْنِ سِرِّهِ

وَاسْتَحْفظِ الله جَمِيلَ ستْـرِهِ *** إِنْ كانَ لا طَاقَةَ لِي بِشُكْرِهِ

فَاللهُ رَبِّي مِنْ وَرَائي أَجْرِهِ قَالَ عِيسى بْنُ هِشَامٍ: فَقُلْتُ لَهُ: إِنَّ فِي الكيسِ فَضْلاً فَاُبْرُزْ لِي عَنْ بَاطِنِكَ أَخْرُجْ إِلَيْكَ عَنْ آخِرِهِ، فَأَمَاطَ لِثَامَهُ، فَإِذَا وَاللهِ شَيْخُنَا أَبُو الفَتْحِ الإِسْكَندريُّ، فَقُلْتُ: وَيْحَكَ أَيُّ دَاهِيَةٍ أَنْتَ؟ فَقَالَ:

فَقَضِّ العُمْرَ تَشْبيهَاً *** عَلَى النَّاسِ وَتَمْويهَا

أَرَى الأَيَّامَ لا تَبْقَـى *** عَلَى حَالٍ فَأَحْكِيهَا

فَيَوْماً شَرُّهَـا فِـيَّ *** وَيَوْماً شِرَّتِي فِيهَا

 

 

 

 

 

Séance  qui ne porte point de nom

Issa, fils de Hicham, nous a raconté l’aventure suivante: Me trouvant à Bagdad dans la saison de Yazâd, je sortis avec l’intention de choisir les meilleures espèces de fruits et de les acheter. Je m’approchai d’un homme qui avait mis chaque espèce à part, et rangé avec ordre plusieurs sortes de dattes. Je pris de tous ces fruits ce qui me parut le plus beau et le meilleur. Comme je relevais le pan de ma robe pour les y placer, mes yeux rencontrèrent un homme qui avait caché sa tête sous le voile de la honte. II tenait son corps droit, et tendait la main. Sa famille était à ses côtés, et il portait sous ses bras ses enfants en bas âge: il disait d’une voix semblable à celle d’un homme que l’on frapperait alternativement sur la poitrine et sur le dos:

« Malheureux que je suis! Qui me donnera deux poignées  d’orge moulu, ou de la graisse battue avec de la farine,

 Ou une écuelle remplie de bouillon, pour que je puisse calmer la violence de la faim

Qui nous éloigne de la droite  voie ! O toi qui répands l’abondance après la détresse,

Rends  généreuse la main d’un homme sage, noble par sa naissance et par ses actions !

Qu’il dirige vers nous le pied de la bonne fortune, et qu’il arrache ma vie des mains de  l’affliction! »

 

Lorsque j’eus entendu ces mots, dit Issa, fils de Hicham, je pris une poignée de ce qu’il y avait de meilleur dans ma bourse, et je le lui donnai. II dit aussitôt:

« O toi dont la générosité m’a été secourable, puisses-tu arriver jusqu’à Dieu par le mérite de ta bonne conscience!

 Que Dieu lui-même prenne ta vertu sous sa protection!  Si je ne puis te témoigner ma reconnaissance,

Dieu mon maître te récompensera largement. »

 

Alors je lui dis: « J’ai encore quelque chose dans ma bourse: dis-moi qui tu es, et je te donnerai tout ce qui me reste. » Aussitôt il écarta le voile qui lui cachait le visage, et à l’instant je reconnus Abu el fatah Aliskandéry. Je lui dis: « Malheureux! Tu es un monstre! » II répliqua sur-le-champ:

« Passe ta vie parmi les hommes dans le déguisement et  la dissimulation.

Je vois bien que la fortune ne reste jamais  dans le même état; c’est pourquoi je cherche à lui ressembler. Tantôt j’éprouve ses malices, tantôt elle éprouve  les miennes. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

**: يطلق عليها في بعض المراجع المقامة الأزاذية 


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