L’Art du Zellige au Maroc

7 07 2017

 

 

 

 

 

Le zellige est une terre cuite émaillée dans différentes teintes et taillée à la main dans diverses formes qui sert à décorer les murs, les colonnes et parfois les pavements.

 

 

 

 

 

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Panneau de revêtement / Fès 19e siècle

 

 

 

 

 

Le départ historique des zelliges 

 

Certains historiens affirment que l’art du zellige dérive, dans un premier temps, de la mosaïque byzantine faite de pierres colorées et de smalt. Il faut cependant attendre le 10ème siècle pour que cette tradition architecturale devienne populaire au Maroc. En effet, les échanges artistiques et culturels entre le Maroc et l’Andalousie auraient donné naissance à la créativité qui a longtemps caractérisé la céramique utilitaire du Maroc, mais aussi les ornementations de l’architecture religieuse et domestique. La mosquée Karaouine à Fès (11ème siècle), présente les plus anciens spécimens de zelliges connus au Maroc.

 

Au 14ème siècle la vogue du zellige est en plein essor. Fès regorge d’artisans spécialistes qui décorent les murs des mosquées et les villas des riches Fassis. Au 16ème siècle, apparaît l’école de Tétouan, qui pratique l’art du zellige aux tons prédominants de vert turquoise, bleu pâle, jaune, brun et blanc, composé d’étoiles à seize pointes ou à damiers.

 

 

Les couleurs sont caractéristiques d’une époque :

Vers le Xème siècle : nuance de blanc et de vert

-   XIVème siècle : prédominance du vert et du jaune

-   Au XVIIème siècle : le rouge apparaît.


 

 

 

 

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Panneau de zellige de la madrasa Bu‘Inaniya. Fès, Musée Dar Batha. 

© Fondation nationale des musées marocains.

 

 

 

 

 

 

La création du zellige 

Le travail du maalem (le maître zelligeur)

 

La création doit cependant être considérée comme une fantaisie habile, mais tout à fait inhabituelle. Quelle que soit la dimension des pièces de zelliges, le maalem zlaiji a dû réaliser un échantillon de forme et de motif. Cette création est faite à l’endroit, c’est-à-dire avec émail visible, mais nous verrons ensuite qu’en fait le zellige se travaille et se pose à l’envers. Pour sélectionner les motifs et les couleurs, le maalem exécute son panneau originel sur le sable. Les ferrägha se baseront ensuite sur cet échantillon pour effectuer le travail.

 

 


 

 

 

 

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Avant de procéder à la pose et à l’assemblage des zelliges, le maalem « khattät », ou dessinateur prend des dimensions avec un mètre qui lui sert de règle, et marque des repères au crayon.

 

Une fois le panneau de zelliges composé (à l’envers à terre), le ghabbär le saupoudre de plâtre et de ciment qui sont ensuite mouillés afin de coller les différentes pièces entre elles. Le hamri ou terre ma’den (minérale) – sorte de mortier de support – est ainsi préparé pour servir le liant.

 

Après quoi, il ne restera plus qu’à fixer le panneau constitué au mur auquel il adhérera par un lait de mortier coulé entre ce panneau et le mur lui-même, les panneaux se posent ainsi côte à côte, mais il faudra bien entendu, exécuter entre ceux-ci le raccord de zelliges. Plus les motifs sont compliqués, plus le raccord est difficile. Les petites pièces de zelliges seront posées minutieusement, mais il faudra souvent les limer souvent sur une pierre afin de rectifier les formes pour permettre une parfaite intégration.

Il s’agit alors de procéder à la taille des zelliges. Mais, au préalable, s’impose l’exécution du rachm, ou dessin en forme de tatouage. Au moyen d’un bâtonnet de bambou (oud el khizran) trempé dans un encrier, l’artisan trace le contour de la pièce à tailler en se servant d’un gabarit. Il répartit en fonction des dimensions du dessin un maximum de tracés sur chaque carré.

 

Enfin l’opération la plus délicate est la découpe même du zellige : le taksir. Tenu d’une main ferme est sûre, le gros marteau aiguisé, menqach, du zelligeur taille les différentes pièces en formes ou en biais.

Lorsque le motif est composé d’une rosace centrale, l’artisan commence son travail par cette rosace qui, comme une mère dans le tracé régulateur, commande la poursuit de la pose des autres motifs. Inspiré par le panneau originel fait par le maallem zelligeur, le maallem ferragh connaît toujours le départ de la composition d’un panneau. Ses aides posent ensuite les pièces à l’envers. Ce travail semble mystérieux et d’une habileté rare pour le profane.

 

En réalité, il est plus simple qu’on en le pense, car chaque motif a une couleur donnée. La pose s’effectue donc en fonction de chacune des pièces qui dans l’esprit du ferrägh détermine automatiquement la couleur.

Les Ferrägha connaissent toutes les formes des pièces et savent par habitude que telle pièce vient automatiquement autour d’une rosace centrale ou que telle autre pièce sert de joint entre une grande rosace et les petites rosaces satellites.

Un panneau de zelliges peut être composé par plusieurs ferrägha à la fois. Il arrive même que les zelliges soient posés assez loin les un des autres et regroupés ensuite, car chacun en connaît d’avance l’emplacement.

 

 


 

 

 

La symbolique des formes et des nombres

 

-     Le CARRE symbolise la matérialité et la terre

-     Le TRIANGLE symbolise la conscience et l’esprit

-     L’HEXAGONE symbolise le bonheur, le ciel

-     L’OCTOGONE symbolise le passage de la Terre (carré) au Ciel (le cercle)

 

 

 

Auxquels se surajoutent les symboles berbères :

-          Le losange : la femme

-          Le triangle : le bélier

-          Le zig-zag : la virilité.

 

 


 

 

 

 

 

Les nombre :

 

-     Un : unité du monde islamique ou appartenance à la communauté

-     Trois et Quatre : les minarets symbolisent les trois mondes par les trois boules : céleste, intermédiaire et terrestre ; le croissant étant le monde inaccessible

-     Cinq : les obligations légales ou piliers de la religion islamique ainsi que les personnes du manteau : Mohammed, Ali, Fatima, Hasan et Husayn.

-     Sept : nombre de versets de la sourate liminaire du Saint Coran.

 

 

L’Art se l’Islam est allusif, il est aussi affleurement, il est surtout humilité devant Celui qui Toute Grandeur, et cette humilité se traduit dans le choix des matériaux souvent périssables, comme le stuc ou le plâtre, et jusque dans les instruments, car ‘’la pauvreté de l’instrument n’est autre que celle du serviteur (‘abd) alors que la beauté de l’œuvre ne peut être que le reflet de la qualité du Seigneur (rabb)’’.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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