L’Architecture Islamique

3 07 2017

 

 

 

 

 

De façon générale, l’architecture islamique peut être classée en deux catégories : religieuse, avec notamment les mosquées, les madrasas, les mausolées, et séculaire, tout particulièrement avec les palais, les caravansérails, les fortifications, etc.

 

 

 

 

 

 

Architecture religieuse

 

 

° Les Mosquées : 

Pour des raisons évidentes, la mosquée se trouve au cœur de l’architecture islamique. Elle représente le clair symbole de la foi qu’elle sert. Très tôt, les musulmans comprennent ce rôle symbolique qui constitue un facteur important dans la création d’indices visuels appropriés dans le domaine de la construction : les minarets, coupoles, mihrabs, minbars, etc.

 

La cour de la maison du Prophète à Médine représente la première mosquée de l’islam, sans raffinements architecturaux. Les premières mosquées construites par les musulmans au fur et à mesure de l’expansion de leur empire sont simples. A partir de ces édifices se développe la mosquée du vendredi (jami’ ; جامع), dont les traits essentiels n’ont pas changé depuis 1400 ans. Son plan général consiste en une grande cour entourée d’arcades, avec un nombre de rangées plus élevé sur le côté orienté vers la Macque (qibla) que sur les autres côtés. La Grande Mosquée omeyyade de Damas, dont le plan s’inspire de celui de la mosquée du Prophète, sert de modèle aux nombreuses mosquées construites dans les différentes provinces du monde islamique.

 


 

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

 

 

Deux autres types de mosquées se développent en Anatolie et, plus tard, sur les territoires ottomans : les mosquées basilicales et les mosquées à coupoles. Le premier type consiste en une simple salle à piliers ou basilique, style influencé par la tradition romaine tardive et par la tradition byzantine de Syrie, introduite avec quelques modifications au Ve / XIe siècle.

 

Le deuxième type de mosquées, qui se développe au cours de la période ottomane, organise l’espace intérieur sous un dôme unique. Les architectes ottomans créent dans les grandes mosquées impériales un nouveau style de construction à coupoles qui réunit la tradition de la mosquée islamique et la construction des édifices à coupoles en Anatolie. Le dôme unique devient le point de départ d’un style diffusé au Xe/XVIe siècle. Au cours de cette période, les mosquées deviennent des complexes multifonctionnels à caractère social, composés d’une zaouïa, d’une madrasa, d’une cuisine publique, de bains, d’un caravansérail et du mausolée du fondateur. La Mosquée Süleymaniye à Istanbul, construite en 965/1557 par le grand architecte Sinan, construite à l’exemple suprême de ce style.

 


 

 

L’Architecture Islamique  dans Architecture & Urbanisme floor-plan-of-the-suleymaniye-mosque-2

La Mosquée Süleymaniye

 

 

 

 

 

Le minaret du haut duquel le muezzin appelle les fidèles à la prière constitue l’indice le plus saillant de la mosquée. En Syrie, le minaret traditionnel consiste en une tour carrée construite en pierre. Dans l’Égypte mamelouke, les minarets sont divisés en trois zones distinctes : une section carrée à la base, une section médiane octogonale et une section cylindrique au sommet, surplombée d’une petite coupole. Les fûts sont richement décorés et la transition entre deux sections se fait au moyen d’un bandeau de mouqarnas. Les minarets d’Afrique du Nord et d’Espagne, qui partagent leur tour carrée avec la Syrie, sont décorés de panneaux à motifs autour de fenêtres jumelées. Pendant l’époque ottomane, les minarets octogonaux ou cylindriques remplacent la tour carrée. Il s’agit souvent de hauts minarets effilés, et bien que les mosquées ne possèdent généralement qu’un seul minaret, dans les grandes villes, elles peuvent avoir deux, quatre, voir six minarets.


 

 

 

 

 °Les Madrasas :

 

Il est probable que les Seldjoukides ont construit leurs premières Madrasas en Perse au début du Ve/XIe siècle. Il ne s’agit encore que de petites structures dotées d’une cour surmontée d’un dôme et de deux iwans latéraux.  Un autre type de Madrasas se développe ultérieurement avec une cour ouverte et un iwan central entouré d’arcades. Au cours du VIe/XIIe siècle en Anatolie, la madrasa devient multifonctionnelle et sert d’école de médecine, d’hôpital psychiatrique, d’hospice équipé d’une cuisine publique (imaret) et d’un mausolée. 


 

 

 

 

1496674238-la-madrasa-de-sifaiye-620x465 dans Architecture & Urbanisme

©GEO La madrasa de Sifaiye – Sivas (Anatolie) / Turquie

 C’est notamment sous l’empire seldjoukide, qui régna sur la région du XIe au XIIIe siècle, que Sivas connut une période de grande modernité. La madrasa de Sifaiye en est un très bel exemple. Construit en 1217, cet ensemble architectural (aussi appelé « médersa ») fut un des premiers hôpitaux de l’histoire, et la plus grande faculté de médecine de l’époque en Anatolie. A l’intérieur, autour de la cour centrale (ici à l’image) se croisaient patients et étudiants. La madrasa de Sifaiye, bâtie en briques, en pierre et en mortier, et finement décorée de mosaïques colorées, est considérée comme l’un des plus beaux achèvements de style seldjoukide.

 

 

 

 

 

 

Le développement de l’islam sunnite orthodoxe atteint un nouvel apogée en Syrie et en Egypte avec les Zengides et les Ayyoubides (VIe/XIIe – début VIIe/XIIIe siècle). Cette époque voit l’introduction de la Madrasa fondée par un dirigeant civique ou politique, dans le but de développer la jurisprudence islamique. Ce type d’établissement est financé par des biens de mainmorte (waqf), généralement les revenus de terres ou de propriétés, comme les vergers, les échoppes dans un marché (souk) ou les bains publics (hammam). La madrasa suit généralement un plan cruciforme avec une cour centrale entourée de quatre iwans. Très vite, la madrasa devient une forme architecturale dominante avec des mosquées adoptant leur plan à quatre iwans. La madrasa perd progressivement son seul rôle religieux et de fonction politique comme instrument de propagande et tend à avoir une fonction civique plus large, servant de mosquée du prêche et de mausolée pour le bienfaiteur.  

 

 

 

 

 

 

 1496674649-05-madrasa-sultan-hassan3

 

 

1496674815-mosque-sultan-hassan6

Madrasa du Sultan Hassan, Caire / Egypte

 

 

 

 

 

La construction de madrasas en Égypte, et tout particulièrement au Caire, apporte un nouveau souffle avec l’arrivée des Mamelouks. La Madrasa cairote typique de cette époque est une structure multifonctionnelle à quatre iwans avec un portail à stalactites (mouqarnas) et de splendides façades. Avec l’arrivée des Ottomans au début du Xe/XVIe siècle, la double fondation – généralement une mosquée-madrasa – devient un grand centre très répandu qui jouit de la protection impériale. L’Iwan disparaît progressivement, remplacé par une seule salle à coupole dominante. L’augmentation considérable du nombre de cellules pour étudiants surmontées de coupoles constitue l’un des éléments qui caractérisent les madrasas ottomanes.  

 

 

la khanqa constitue l’un des types d’édifices qui, du fait de sa fonction et de sa forme, peut être associé à la madrasa. Ce terme indique une institution plutôt qu’un type particulier d’édifice, qui abrite les membres d’un ordre mystique musulman. Il existe de nombreux autres termes synonymes de khanqa, utilisés par les historiens musulmans: au Maghreb, zaouïa; dans les territoires ottomans, tekke et, le terme le plus généralement utilisé, ribat. Le soufisme domine constamment la khanqa, en provenance de Perse orientale au cours du IVe/Xe siècle. Dans sa forme la plus simple, une khanqa est une maison rassemblant un groupe d’étudiants autour d’un maître (cheikh). Celle-ci est dotée de salles de réunion, de prière et communautaires. La création de khanqas se développe sous les Seldjoukides au cours des Ve/XIe et VIe/XIIe siècles et bénéficie de l’étroite association entre le soufisme et le madhhab (doctrine) shafiite favorisés par l’élite au pouvoir.   

 

 

 

 

 

 

 

 

Le khanqah Nadir Divan-Begui/ Ouzbékistan


 

 

 

 

 

 

° Les Mausolées:  

 

Dans les sources islamiques, la terminologie servant à désigner le type de construction des mausolées est très riche. Le terme descriptif usuel turbé se réfère à la fonction d’inhumation de l’édifice. Un autre terme, la koubba, se réfère à son élément le plus identifiable, la coupole, et s’applique souvent à une construction qui commémore les prophètes bibliques, les compagnons du Prophète Mohammed et des notables religieux ou militaires. La fonction des mausolées ne se limite pas simplement à un lieu d’inhumation et de commémoration, mais joue également un rôle important dans la religion « populaire ». Ils sont vénérés comme des tombeaux de saints locaux et sont devenus des lieux de pèlerinage. Très souvent, la structure du mausolée est embellie par des citations du Coran et est dotée d’un mihrab, afin d’en faire un lieu propice à la prière. Dans certains cas, le mausolée fait partie d’une institution commune. Les formes des mausolées islamiques de l’époque médiévale sont variées mais la forme traditionnelle consiste en un quadrilatère recouvert d’une coupole.                                                                                                                                                                                                                                                                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Architecture séculaire    

 

 

 

 

° Les Palais: 

 

La période Omeyyade se caractérise par des palais et des bains publics somptueux dans les lointaines régions désertiques. Leur plan de base découle des modèles de campements militaires romains. Malgré leur décoration éclectique, ils constituent les meilleurs exemples du style décoratif islamique naissant. Les mosaïques, les peintures murales, les sculptures en stuc ou en pierre sont les moyens utilisés pour cette remarquable variété de décorations et de thèmes. Les palais abbassides en Irak, notamment ceux de Samarra et d’Ukhaidir, suivent le même plan que leurs prédécesseurs Omeyyades mais se caractérisent par des dimensions plus imposantes, par l’utilisation de grands iwans, de coupoles et de cours, et par l’utilisation intensive de décorations en stuc. Les palais de la fin de la période islamique élaborent un nouveau style distinctif, plus décoratif et moins monumental. L’Alhambra constitue probablement l’exemple le plus remarquable de palais royaux ou princiers. La grande superficie du palais est fragmentée en une série d’unités indépendantes: jardins, pavillons et cours. Cependant, l’élément le plus singulier de l’Alhambra est la décoration qui produit un effet extraordinaire à l’intérieur de l’édifice.  

 

 

 

 

 

iraq05-112-06

 


 

 

 

 

° Les Caravansérails:  

 

Un caravansérail se réfère généralement à une grande structure qui offre le gête aux voyageurs et aux commerçants. Il s’agit normalement d’un espace carré ou rectangulaire, avec une entée monumentale en saillie et des tours qui flanquent l’enceinte extérieure. Une cour centrale est entourée de portiques et de pièces réservées à l’hébergement des voyageurs et au stockage des marchandises, et qui abritent également des écuries pour les animaux. Cette typologie d’édifice répond à une grande variété de fonctions, comme le démontrent ses différentes dénominations: khan, han, fondouk, ribat. Ces termes ne sont que le reflet de différences linguistiques régionales et ne désignent pas véritablement des fonctions ou des types distinctifs. Les sources architecturales des différents types de caravansérails ne sont pas aisément identifiables. Certaines découlent probablement du castrum ou campement militaire romain, dont les palais Omeyyades du désert se rapprochent. D’autres types d’édifices qui existent en Mésopotamie et en Perse sont associés à l’architecture domestique.  

 


 

 

 

 

 

 1496675988-caire-caravanserail

 le wikala (caravansérail) de Bazar’a(quartier Darb al Asfar)/ Caire ,
centre d’accueil de l’époque ottomane (17ème siècle) pour commerçants ambulants et leurs marchandises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Organisation urbaine    

 

A partir du IIIe/Xe siècle, chaque ville, quelle que soit son importance, se dote d’enceintes fortifiées et de tours, de grandes portes élaborées et d’une puissante citadelle (qal’a ou casbah), symbole du pouvoir établi. Celles-ci sont des constructions massives réalisées avec des matériaux typiques de la région où elles sont édifiées: pierre de taille en Syrie, Palestine et Egypte ou brique, pierre de taille et terre battue dans la péninsule ibérique et en Afrique du Nord. Le ribat constitue un exemple unique d’architecture militaire. Techniquement, il s’agit d’un palais fortifié conçu pour les guerriers de l’islam engagés, temporairement ou de façon permanente, à défendre les frontières. Le ribat de Sousse en Tunisie comporte des similitudes avec les premiers palais islamiques, mais présente des différences dans l’organisation intérieure pour ce qui de la grande salle, de la mosquée et du minaret.  

 

La division de la plupart des villes islamiques en quartiers est basée sur l’affinité ethnique et religieuse et constitue, par ailleurs, un système d’organisation urbaine qui facilite l’administration de la population. La mosquée est toujours présente dans le quartier. Un bain public, une fontaine, un four et un ensemble de magasins se trouvent soit à l’intérieur du périmètre du quartier, soit à proximité. Sa structure se compose d’un réseau de rues et d’impasses, et d’un ensemble de maisons. en fonction de la région et de l’époque, les maisons présentent différentes caractéristiques régies par les traditions historiques et culturelles, le climat et les matériaux de construction disponibles.    

Le marché (souk), qui fonctionne comme le centre névralgique du commerce local, constitue l’élément le plus caractéristique des villes islamiques. Sa distance par rapport à la mosquée détermine l’organisation spatiale par corps de métiers. Par exemple, les professions considérées comme propres et honorables (libraires, parfumeurs, tailleurs) se trouvent à proximité immédiate de la mosquée, tandis que les métiers bruyants et nauséabonds (forgeron, tanneurs, teinturiers) s’en éloignent progressivement. Cette distribution géographique répond à des impératifs qui s’appuient sur des critères purement techniques.                    

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45